1Faut rigoler, Henri Salvador, Barclay, 1960 (sur des parole de Boris Vian, 1959).
2Césaire, 2005, p. 51. Voir aussi Senghor, 1964, p. 99.
3Lescarbot, 1617, p. 15-16. L’orthographe des citations a été modernisée.
4Bouche, 1968 ; Ha, 2003.
5Sur les débats sur les origines de la France (ancêtres troyens, Gaulois et/ou Francs) et sur la représentation des Gaulois en peuple de colonisateurs à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, voir Asher, 1993 ; Beaune, 1985, p. 19-54 ; Dubois, 1972 ; Melzer, 2012. Sur l’évolution de ce débat au xviiie siècle, voir Foucault, 2001 ; Furet et Ozouf, 1979. Sur les usages politiques successifs qui ont été faits des origines de la France, les origines gauloises ne s’imposant qu’au xixe siècle, voir Burguière, 2003 ; Pomian, 1997.
7Bideau, 1998 ; Lestringant, 2012.
8Deslandres, 2003 ; Conklin, 1997 ; Daughton, 2006.
9Sur le tournant impérial et la nouvelle histoire impériale (britannique), voir Ghosh, 2012.
10Bancel, Blanchard et Lemaire, 2005 ; Cottias, 2005 ; Dulucq et Zytnicki, 2005 ; Bertrand, 2006 ; Liauzu et Manceron, 2006 ; Vergès, 2006 ; Blanchard et Veyrat-Masson 2008 ; Coquery-Vidrovitch, 2009.
11Liauzu, 2007 ; Rioux, 2007.
12Il existe une abondante historiographie, assez récente, qui s’intéresse aux rapports entre nation, empire et race à la période contemporaine, sous l’angle privilégié du statut juridique, et contribue à transformer de la sorte l’histoire nationale en une histoire impériale, voir notamment : Bancel, Blanchard et Vergès, 2003 ; Callahan et Curtis, 2008 ; Conklin, 1998 ; Cooper, 2009 et 2011 ; Merle, 2003 ; Peabody et Stovall, 2003 ; Saada, 2007 ; Shepard, 2012 ; Stoler, 1992.
13Dubois, 2000, republié dans Howe, 2010, p. 429 pour la citation.
14Pour une démarche comparable, voir Gaschem, 2012.
15Wilder, 2003, p. 136 pour la citation. Sauf mention expresse, toutes les traductions ont été effectuées par Cécile Vidal.
16Sur la manière dont les historiens (contemporéanistes) ont traité les concepts de nation et d’identité nationale, voir Breuilly, 2002 ; Noiriel, 1991 et 1994 ; Wiebe, 2000.
17Braudel, 1989-1992. Comme en témoigne la date de publication de ce livre, le débat public sur l’identité nationale, qui devait transcender l’échiquier politique, avait commencé dès le milieu des années 1980 en relation avec l’ascension électorale du Front national. Voir, par exemple : Club de l’Horloge, 1985 ; Être français aujourd’hui et demain, 1988 ; Secrétariat d’État auprès du Premier ministre chargé du Plan, 1990. Pour des ouvrages d’historiens publiés en réaction au débat lancé par Nicolas Sarkozy : Noiriel, 2007 ; Thiesse, 2010 ; P. Weil, 2008c et 2011.
18Schaub, 2007, p. 162 pour la citation.
19Pour des articles historiographiques sur le sujet, voir Bell, 1996 ; Bossenga, 1997. Pour des travaux pionniers, voir entre autres : Beaune, 1985 ; Church, 1975 ; Dupront, 1972 ; Godechot, 1971 ; Yardeni, 1971. Pour la nouvelle historiographie sur la nation à la période moderne, voir notamment : Babel et Moeglin, 1997 ; Baker, 1987 ; Dubost et Sahlins, 1999 ; Dziembowski, 1998 ; Fiévet, 2000 ; Greenfeld, 1992 ; Maes, 2003 ; Maire, 1998 ; Morieux, 2008 ; Nordman, 1998 ; Rémi-Giraud et Rétat 1996 ; Sahlins, 1989 et 2004 ; Smith, 2005 ; Tallon, 2002 ; Van Kley, 1994 ; Wells, 1995.
20Madame de Staël, Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, t. 1, p. 297, cité par Fritz, 1988, p. 34.
21Descimon et Guéry, 2000.
22Bell, 2001a, p. 20 pour la citation et 2001b, p. 1215 pour la citation.
24Bell, 1999, 2001a, p. 78-106 et 2002.
25Pour des travaux pionniers sur la francité dans le premier Empire colonial français, voir notamment : Aubert, 2013a ; Belmessous, 2004 et 2005 ; Carpin, 1995 ; Dechêne, 2008, p. 61-92 ; Dorlin, 2006 ; Garraway, 2005 ; Garrigus, 2006a ; Horguelin, 2005 ; White, 2012.
26Cooper et Stoler, 1997.
27Cette définition du laboratoire colonial s’éloigne quelque peu de l’idée communément admise dans la nouvelle historiographie coloniale et impériale des colonies comme lieux d’expérimentation pour les Européens. Elle permet de reconnaître la contribution de tous les acteurs, colonisateurs comme colonisés. Pour la définition traditionnelle employée principalement pour la période contemporaine, voir Aldricht, 2002, p. 935 ; Conklin et Clancy-Smith, 2004, p. 500 ; Cooper et Stoler, 1997, p. 5.
28Sur la proximité ou confusion entre « peuple », « race » et « nation » à la période moderne, voir Fritz, 1988, p. 30-38 ; Hudson, 1996 ; Sebastiani, 2011 ; Wilson, 2003, p. 6-14. Sur la nécessité épistémologique d’étudier ensemble, nation, ethnicité et race, voir notamment Brubaker, 2009 ; Brubaker, Loveman et Stamatov, 2004 ; Wimmer, 2008.
30Pour l’historiographie sur la Britishness dont s’inspirent les nouveaux travaux sur la francité, voir notamment Colley, 1992 ; Greene, 1998 et 2010 ; C. Hall, 2002 et 2012 ; C. Hall et Rose, 2006 ; Kidd, 1999 ; Potter, 2007 ; Sebastiani, 2012 ; Wilson, 1995, 2003 et 2004.
31Brubaker et Cooper, 2000 ; Avanza et Laferté, 2005.
32Voir notamment Ruggiu, 2005 et 2009.
35Brubaker et Cooper, 2000.
36Fisher et O’Hara, 2009, p. 20 pour la citation.
37Pour la dénonciation d’une telle démarche, voir Wilson, 2003, p. 1-5 ; Bell, 2001a, p. 20 ; Canny et Pagden, 1987b, p. 270.
39Wilson, « Introduction », p. 4.
40Vidal, 2012. Pour d’autres travaux théoriques sur l’histoire atlantique, voir Special issue : The Nature of Atlantic History, 1999 ; Armitage, 2002 ; Bailyn, 2005 ; Games, 2006 ; Greene et Morgan, 2009 ; Marzagalli, 2001.
41Burnard, 2007 ; Zuñiga, 2007 ; Grasso et Wulf, 2008 ; Vidal, 2009b.
42Banks, 2002 ; Pritchard, 2004 ; Dubé, 2005.
44Pagden, en particulier p. 29-62.
45Kramer, 2011, p. 1359 pour la citation.
46Burbank et Cooper, p. 16.
47Stoler, McGranahan et Perdue, 2007.
48Sur la conceptualisation de l’empire en terme de réseaux, voir notamment Lambert et Lester, 2006 ; Lester, 2002 et 2006 ; Ward, 2009.
49Daniels et Kennedy, 2002 ; Metcalf, 2007.
51Dictionnaire de l’Académie française, 1694, p. 211.
53Alors que pendant longtemps, les études relatives aux empires européens des xixe et xxe siècles prenaient comme acquis le fait ou la situation coloniale, le questionnement sur ce qui constitue spécifiquement le colonial est maintenant au cœur de leur démarche. Voir Cooper, 2005b, p. 49. Il est souhaitable qu’une telle problématique soit étendue aux empires de la période moderne. Pour une dénonciation du « colonial » comme étant seulement un marqueur chronologique, notamment dans les historiographies relatives au Brésil et aux États-Unis, voir Schaub, 2008, en particulier p. 632-637. Pour des tentatives récentes de problématisation du colonial dans le champ américaniste, voir Blair St. George, 2000 ; Bauer et Mazzotti, 2009. Pour une définition du colonial reposant sur le droit, voir Cooper, 2005a ; Benton, 2002. Pour une caractérisation des colonies comme des lieux d’exceptionnalité juridique, voir Fradera, 2008 ; Spieler, 2009.
54Elliott, 1992 ; Descimon et Consandey, 2002, p. 52-55.
55Paul Cheney n’insiste que sur l’Exclusif, mais l’esclavage était tout aussi important (2010, p. 168-194).
56Clément, 2006 ; Tarrade, 1972.
58« Colonie », dans Diderot et d’Alembert, 1751, vol. 3, p. 648-651.
59Sur le Code noir, voir Aubert, 2013b ; Ghachem, 2012. Sur le principe du sol libre et la condition des noirs en France métropolitaine, voir Boulle, 2007 ; Noël, 2006 ; Peabody, 1996.
60Sur les tensions entre intégration et différenciation juridique entre métropole et colonie dans les empires atlantiques européens, voir Benton, 2011 ; Gould, 2003.
62Le concept de « pensée raciale » a d’abord été emprunté à Hannah Arendt par Irene Silverblatt afin de démontrer comment « la danse de la bureaucratie et de la race » trouva ses origines dans l’impérialisme de la période moderne. Il permet aussi de souligner que la race a toujours été un concept polysémique se référant tant au phénotype, au sang, au lignage ou à la biologie qu’à d’autres critères tels que la culture ou la religion pour expliquer les différences entre les populations humaines. Il permet enfin d’insister sur le fait que des politiques discriminatoires, incluant notamment l’interdiction des mariages mixtes, furent mises en place bien avant que ne se développent des théories scientifiques de la couleur et de la race et des idéologies racistes à partir de la seconde moitié du xviiie siècle. Arendt, 1944 ; Silverblatt, 2004, p. 3-4, 16-19 ; Wilson, 2003, p. 11-12. Pour une étude récente des conceptions scientifiques de la race à l’époque des Lumières, voir Curran, 2011.
63Sur la race comme construction sociale, voir l’article pionnier dans les études américaines de Fields, 1982.
64Le fait de ne pas mettre race entre guillemets, comme c’est souvent le cas dans les ouvrages publiés en France, ne signifie évidemment pas que les auteurs de ce volume souscrivent à l’idée que la race a un quelconque fondement biologique. Que les pratiques sociales aient été et puissent encore être informées par une telle croyance constitue en revanche une réalité observable que les chercheurs en sciences sociales se doivent d’analyser.
65Pour une remise en cause de l’interprétation des guerres d’indépendances américaines comme des mouvements nationalistes, les colons d’origines européennes se revendiquant comme Anglais, Français ou même Espagnols, même si les élites coloniales de l’Amérique espagnole se distinguaient par l’affirmation conjointe de leur hispanité et de leur créolité, voir Brading, 1991 ; Breen, 1997 ; Conway, 2002 ; Canny et Pagden, 1987a. Pour une proposition alternative au « récit conventionnel menant inexorablement de l’Empire à l’État-nation », voir Burbank et Cooper, 2011, p. 14 pour la citation.
66Dans un bel ouvrage récemment paru, Brett Rushforth (2012) a montré que l’alliance nouée entre les Français et de nombreuses nations amérindiennes généra une importante traite d’esclaves autochtones qui joua un rôle complexe dans l’évolution des rapports de force entre les différentes parties en présence. Le modèle caribéen servit à justifier ce système esclavagiste. L’auteur souligne la nécessité de tenir compte de l’esclavage tant des Amérindiens que des Africains pour analyser les dimensions raciales de l’esclavage à la période moderne.
67Sur les rapports entre Britishness, liberté et esclavage, ainsi qu’entre Britishness et whiteness, voir notamment Brown, 1999 ; Burnard, 2010 ; Greene, 2000 ; Lambert, 2005 ; Hawkins et Morgan, 2004.
68Voir à ce sujet la première version publiée de trois communications du colloque dont est originaire le présent ouvrage, Havard, 2009 ; Vidal, 2009a ; Peabody, 2009.
69Voir notamment Blackburn, 1988 ; Davis, 2006 ; Drescher, 2009.
70Sur le « complexe de la plantation », voir Curtin, 1990.
71Bayly, 2007. Pour une critique du concept de modernité, voir Cooper, 2005c.
72Morelli, Thibaud et Verdo, 2009, p. 10 pour la citation ; Sanders, 2009.
73Gabaccia, 2004. Pour d’autres travaux qui militent en faveur de l’extension de l’histoire atlantique aux dernières abolitions de l’esclavage à la fin du xixe siècle, voir McNeil, 1992 ; Fogleman, 2009 ; Kaye, 2009.
74Hazard, 1934-1935 ; Bell, 2003.
75Gerbi, 1973 ; Brading, 1991 ; Cañizares-Esguerra, 2001.
76Contrairement à l’usage établi, nous avons choisi de traiter les catégories raciales comme les catégories ethniques, religieuses, statutaires, et donc de ne pas appliquer la majuscule lorsque le substantif sert à désigner une catégorie.
78Journal officiel, Débats, Assemblée constituante, 11 mars 1946, p. 659, Aimé Césaire, cité par Dimier, 2005, p. 52-53 pour la citation. Sur la mobilisation de l’édit de Caracalla de 212 dans les débats sur le statut des colonies dans la Constitution de 1946, voir Burbank et Cooper, 2008, en particulier p. 495-499.