1Erving Goffman, Communication Conduct on an Island Community, thèse de doctorat en sociologie, Université de Chicago, 1953.
2Georg Simmel, Sociologie. Études sur les formes de la socialisation, trad. par Lilyane Deroche-Gurcel et Sibylle Muller, Paris, Puf, 2010 [1908], p. 31. De nombreuses traductions utilisent le terme « socialité ». Je privilégierai ici le mot « sociabilité », plus accessible.
3Voir id., « The sociology of sociability », trad. par Everett C. Hughes, American Journal of Sociology, vol. 55, no 3, 1949, p. 254‑261.
4La Cité internationale comporte 43 maisons en 2023. Une vingtaine sont affiliées à une nationalité, d’autres, comme la Fondation Ulysse, sont gérées par la fondation nationale Cité internationale universitaire de Paris et ne sont associées à aucune région du monde spécifique.
5Les international houses font partie du mouvement International House Worldwide. Elles sont au nombre de 14 dans le monde et proposent de faire vivre ensemble des étudiants du monde entier afin de créer un réseau international. La Cité internationale universitaire de Paris, comme l’International House ici étudiée partagent ces valeurs. Nous y reviendrons dans le chapitre 5.
6Les undergraduate houses sont des résidences universitaires réservées aux étudiants de première année d’études supérieures. Le terme undergraduate renvoie au statut des étudiants qui n’ont pas encore obtenu leur diplôme équivalent à la licence en France.
7Les graduate houses sont des résidences universitaires réservées aux étudiants qui sont dans un programme de master ou de doctorat. Alors que les undergraduate houses sont quasi systématiques dans les universités nord-américaines, les graduate houses sont plus rares.
8Un résident permanent est une personne qui a obtenu le statut de résident permanent en immigrant au Canada, mais qui n’est pas encore citoyen.
9Yves Winkin, La communication interculturelle : de l’interaction à l’institution. Approche ethnographique d’une maison internationale étudiante aux États-Unis, thèse de doctorat en information et arts de diffusion, Université de Liège, 1982, p. 333-334.
10Concernant l’histoire de la CIUP, Guillaume Tronchet et Dzovinar Kévonian écrivent : « Il convient […] de distinguer la Fondation nationale, des maisons et fondations étrangères qui composent la Cité, construites au fil des ans, et qui toutes disposent de leur propre directeur et conseil d’administration : certaines, dites “maisons rattachées” à la Fondation nationale, sont administrées par cette dernière, tandis que les autres, si elles font certes partie de l’ensemble en étant soumises à des règles communes, sont dotées de leur propre personnalité juridique et sont gérées de façon indépendante, parfois même par des États étrangers lorsque ces derniers en sont à l’origine, et pour qui elles peuvent représenter alors une forme de projection culturelle en France » (Guillaume Tronchet et Dzovinar Kévonian, « Introduction. La Cité internationale universitaire de Paris dans l’atelier de l’historien », dans G. Tronchet et D. Kévonian [dir.], La Babel étudiante. La Cité internationale universitaire de Paris (1920-1950), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013, p. 13-34).
11Le groupe Facebook réservé aux membres du comité et aux résidents qui gravitent autour se compose de plus de trente membres en février 2013.
12Entretiens avec la directrice adjointe de l’IH et avec des conseillers aux résidents.
13Comme cela a été évoqué, le comité de résidents a été quasiment inactif lors de l’année d’enquête.
14Entretiens avec les personnels administratifs de l’IH et de la GH, ainsi qu’avec leurs conseillers respectifs.
15Extrait traduit du site internet de la GH.
16Les espaces collectifs dans ces résidences sont des terrains d’enquête propices, car ils constituent des « zones tampons » entre espaces privé et public. Voir Constance de Gourcy et Herilalaina Rakoto-Raharimanana, « Coprésence et cohabiter : entre transaction et accommodement. Le cas d’un habitat collectif dans le sud de la France », Socio-logos, no 3, 2008, en ligne : journals.openedition.org/socio-logos/1913 (consulté en nov. 2023).
17Voir Daniel Cefaï (dir.), L’engagement ethnographique, Paris, Éditions de l’EHESS, 2010, p. 32.
18Ulf Hannerz, Cultural Complexity. Studies in the Social Organization of Meaning, New York, Columbia University Press, 1992.
19Maurizio Bettini, Contre les racines, trad. par Pierre Vesperini, Paris, Flammarion, 2017 [2011].
20Erving Goffman définit un ordre social comme « la conséquence de tout ensemble de normes morales qui régule la façon dont des personnes poursuivent leurs objectifs. Cet ensemble de normes ne spécifie pas les finalités que poursuivent les participants, ni le schéma formé par la composition ou l’intégration de ces finalités les unes avec les autres » (E. Goffman, Comment se conduire dans les lieux publics. Notes sur l’organisation sociale des rassemblements, trad. par D. Cefaï, Paris, Economica, 2013 [1963], p. 10).
21Voir Claire Bidart, L’amitié, un lien social, Paris, La Découverte, 1997 ; ead., « Faire couple », Agora débats/jeunesses, vol. 23, no 1, 2001, p. 11‑18 ; Claire Balleys, « Comment s’observe la sociabilité adolescente ? Une étude sur trois fronts », Paris, Actes du colloque international « Enfance et culture », 2011 en ligne : archive-ouverte.unige.ch/unige :163615 (consulté en nov. 2023) ; ead., « Dynamiques d’inclusion et d’exclusion dans la gestion du capital social entre pairs adolescents sur Facebook », Jeunes et médias. Les cahiers francophones de l’éducation aux médias, no 7, 2015, p. 131‑143 ; Claire Bidart, Alain Degenne et Michel Grossetti, La vie en réseau. Dynamique des relations sociales, Paris, Puf, 2011.
22En conclusion de cet ouvrage, je distinguerai les analyses développées en fonction de leur degré de généralisation possible.
23Jack Katz, How Emotions Work, Chicago, University of Chicago Press, 1999. Voir aussi J. Katz, « Analytic induction », dans Neil J. Smelser et Paul B. Baltes (dir.), International Encyclopedia of the Social and Behavioral Sciences, Amsterdam, Elsevier, 2001, p. 480‑484 ; Howard S. Becker, « Inférence et preuve en observation participante. Sur la fiabilité des données et la validité des hypothèses », dans D. Cefaï (dir.), L’enquête de terrain, Paris, La Découverte, 2003, p. 350‑362.
24Y. Winkin, La communication interculturelle, op. cit.
25Pour approfondir ce concept, voir Michael Burawoy, « Revisiter les terrains. Esquisse d’une ethnographie réflexive », trad. par D. Cefaï, dans D. Cefaï (dir.), L’engagement ethnographique, op. cit., p. 107‑127 ; Gilles Laferté, Paul Pasquali et Nicolas Renahy (dir.), Le laboratoire des sciences sociales. Histoires d’enquêtes et revisites, Paris, Raisons d’agir, 2018.
26Pour éviter la confusion des termes, je parlerai de médias sociaux lorsqu’il s’agit de ce que l’on appelle communément « réseaux sociaux en ligne » (Facebook, Twitter, WhatsApp, etc.) et réserverai la terminologie de « réseau social » pour désigner un groupe constitué de liens sociaux.
27La maladie de Stargardt est caractérisée par une perte progressive de la vision centrale, mais avec une vision périphérique intacte, une légère perte de la vision des couleurs, une adaptation à l’obscurité retardée.
28Sur la notion d’« objectivation de la pensée », voir Maurice Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 2009 [1945]. Sur la notion d’« indice », voir John Gumperz, Engager la conversation. Introduction à la sociologie interactionnelle, trad. par Michel Dartevelle, Martine Gilbert et Isaac Joseph, Paris, Minuit, 1989 ; Dell H. Hymes, Vers la compétence de communication, trad. par France Mugler, Paris, Hatier-Credif, 1984 [1973].
29Selon Goffman, les individus, dans une situation où ils sont face à face, perçoivent des cadres, c’est-à-dire un ensemble d’indices qui leur permettent de reconnaître un événement et d’adapter leur conduite. Ainsi, ces cadres permettent aux individus de donner du sens à ce qu’ils vivent, sens partagé par l’ensemble de la société. Goffman distingue les cadres primaires des cadres secondaires. Les cadres primaires évoluent et se transforment en cadres de l’expérience au cours des face-à-face. Voir E. Goffman, Les cadres de l’expérience, trad. par Isaac Joseph, Michel Dartevelle et Pascale Joseph, Paris, Minuit, 1991 [1974].
30Jean-Paul Thibaud, En quête d’ambiances. Éprouver la ville en passant, Genève, MētisPresses, 2015, p. 246.
32Voir Aron Gurwitsch, Théorie du champ de la conscience, trad. par Michel Butor, Bruges, Desclée de Brouwer, 1957.
33J.-P. Thibaud, En quête d’ambiances, op. cit., p. 245.
36Cefaï utilise pour la première fois ce qualificatif de « pratico-sensible » dans sa thèse. Voir D. Cefaï, Anthropologie et phénoménologie. Sur la constitution phénoménale et symbolique du monde vécu, thèse de doctorat en sociologie, Université Paris-IV, 1989.
37Pour saisir les dispositifs d’enquête mis en place par les personnes en situation de handicap avec leurs environnements sociaux, voir Franck Guichet, Antoine Hennion et Florence Paterson, « Le handicap au quotidien. La personne, les proches, les soignants : sept récits d’expérience à domicile », rapport de recherche pour la Haute Autorité de santé (HAS) et la Caisse nationale de solidarité à l’autonomie (CNSA), 2009, en ligne : www.cnsa.fr/documentation/006-hennion-rapport_final.pdf (consulté en nov. 2023) ; Marc Relieu, « Parler en marchant. Pour une écologie dynamique des échanges de paroles », Langage & société, no 89, 1999, p. 37‑67.
38James J. Gibson émet un parallèle entre les animaux et les humains. Il explique que la perception qu’il appelle « visuelle » est spécifique à chaque espèce, mais également à chaque individu, humain ou animal. Voir James J. Gibson, L’approche écologique de la perception visuelle, trad. par Olivier Putois, Bellevaux, Dehors, 2014 [1979].
39Analyses tirées de mon enquête auprès de chercheurs dont les capacités visuelles et/ou auditives sont altérées (observations et entretiens de 2019-2022).
40L’« inattention civile » est un concept utilisé par Erving Goffman pour désigner la manière dont des étrangers qui se trouvent dans un même espace se comportent pour montrer qu’ils sont conscients de leur coprésence, mais sans s’imposer les uns aux autres. Voir E. Goffman, Comment se conduire dans les lieux publics, op. cit.
41L’approche inductive consiste à lire le moins possible avant de recueillir les données pour être peu influencée par des a priori théoriques. Elle se différencie notamment de l’approche hypothético-déductive. Pour approfondir ce point, voir Barney G. Glaser et Anselm L. Strauss, La découverte de la théorie ancrée. Stratégies pour la recherche qualitative, trad. par Marc-Henry Soulet et Kerralie Œuvray, Malakoff, Armand Colin, 2022 [1967].
42Je ne pourrai présenter ici tous les effets que mon altération perceptive produit dans un travail de recherche, mais je mène, depuis 2019, des enquêtes auprès de chercheurs en situation de handicap visuel et auditif pour étudier ce que l’analyse de leurs altérations sensorielles nous apprend sur les pratiques scientifiques, les rapports sociaux, les dispositifs institutionnels et les catégories ordinaires de perception. Mon expérience d’altération perceptive, comme celle de mes collègues porteurs d’un handicap, constituent de véritables expérimentations méthodologiques, analytiques et scientifiques. Ces expérimentations sont en cela riches en apprentissages, aussi pour ceux qui n’éprouvent pas d’altération perceptive significative. Voir Marion Ink, « Pour une approche pratico-sensible de la perception. Ce que les handicaps visuels et auditifs nous apprennent des sens », dans Vincent Battesti et Joël Candau (dir.), Apprendre des sens, apprendre par les sens. Anthropologie des perceptions sensorielles, Paris, Petra, 2023.