Voyageurs immobiles. La géographie idéelle des Kulung Rai du Népal
p. 227-247
Résumés
Afin de révéler la manière dont les Kulung – une population de l’Himalaya népalais – découpent et conçoivent leur environnement géographique, organisent l’espace des lieux qu’ils retiennent et valorisent, l’article étudie des pratiques rituelles nommées natabom. Il s’agit de voyages immobiles, de parcours verbaux composés essentiellement de noms d’étapes en grande partie localisables, et dont la finalité est d’aller chercher des bienfaits ou de rejeter des infortunes. On présente les espaces parcourus, ce que les Kulung en disent et ce qu’ils y font, pour ensuite les comparer à d’autres pratiques rituelles (rites territoriaux et pèlerinages). Il en ressort un rapport ambigu et complexe à l’extériorité et à l’altérité.
In order to reveal how Kulung (an Himalayan population living in Nepal) think their geographical environment, this article focuses on the study of ritual practices named natabom. These immobile travels, these verbal routes are mainly composed of a listing of names in large part localizable. The purpose of these travels is to seek benefits or reject misfortunes. The article present the places traveled, what Kulung say about them, and then it compare and contrast this natabom to others rituals practices (territorial cults and pilgrimages). It shows an ambiguous and complex relationship to exteriority and otherness.
Extrait
1 Les Kulung Rai forment une société fortement territorialisée. Environ la moitié des 30 000 Kulung occupent leur vallée de référence – la vallée de l’Hongu, au pied de l’Everest –, où ils se répartissent en une dizaine de villages vivant d’agriculture en terrasse et d’un peu d’élevage, et ce depuis une vingtaine de générations, soit environ quatre à cinq siècles, si l’on se fonde sur leurs généalogies. À l’image des autres groupes Rai et Kirant (les ensembles ethniques auxquels ils se rattachent), les Kulung se distinguent des autres populations dites « tribales » du centre et de l’ouest du Népal par une histoire singulière. Après leur intégration par conquête dans le royaume du Népal, à la fin du xviiie siècle, ils se sont vus reconnaître une certaine autonomie politico-foncière sur leur ancien territoire de chasse et d’essartage, walikha-dibuka, devenu dans le langage administratif népalais kipat1. Bien que progressivement réduite, jusqu’à sa suppression vers les an
Les formats HTML, PDF et ePub de cet ouvrage sont accessibles aux usagers des bibliothèques partenaires qui l’ont acquis. L’ouvrage pourra également être acheté sur les sites des libraires partenaires, aux formats PDF et ePub, si l’éditeur a fait le choix de cette diffusion commerciale. Si l’édition papier est disponible, des liens vers les librairies sont proposés sur cette page.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Circulation et territoire dans le monde indien contemporain
Véronique Dupont et Frédéric Landy (dir.)
2010
Construire les savoirs dans l’action
Apprentissages et enjeux sociaux en Asie du Sud
Marie-Claude Mahias (dir.)
2011
Politique et religions en Asie du Sud
Le sécularisme dans tous ses états ?
Christophe Jaffrelot et Aminah Mohammad-Arif (dir.)
2012
L’Inde des Lumières
Discours, histoire, savoirs (XVIIe-XIXe siècle)
Marie Fourcade et Ines G. Županov (dir.)
2013
Cosmopolitismes en Asie du Sud
Sources, itinéraires, langues (XVIe-XVIIIe siècle)
Corinne Lefèvre, Ines G. Županov et Jorge Flores (dir.)
2015
L’Inde et l’Italie
Rencontres intellectuelles, politiques et artistiques
Tiziana Leucci, Claude Markovits et Marie Fourcade (dir.)
2018
