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    Plan détaillé Texte intégral I. LES CASTES DOMINANTES DE PERAVALIII. LES ASPECTS TECHNO-ECONOMIQUES DE LA "REVOLUTION VERTE"III. LES CONSEQUENCES DE LA MODERNISATION DE L’AGRICULTURE SUR L’EVOLUTION SOCIO-ECONOMIQUE DES CASTES DOMINANTES Notes de bas de page Auteur

    Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les castes dominantes du village de Peravali face a la modernisation de l’agriculture (Andhra Pradesh)

    The dominant castes in peravali village facing agricultural modernization (Andhra Pradesh)

    Jean-Yves Chailleux

    p. 17-30

    Résumé

    In Peravali village (Andhra Pradesh), four castes (Brahmans, Kappu-reddis, Kammas and Komatis) profited from their possession of social and economic power to make the most of the "green revolution". The main elements of recent agricultural improvement in Peravali are a substantial increase in paddy production accompanied by the use of chemical fertilizers and improved varieties of seeds, the introduction of new high-yielding commercial crops such as oranges and onions, and the extension of irrigation. Wholesale dealers and families with farms of adequate size, having at their disposal wells, agricultural implements and funds for the purchase of fertilizers have been the main beneficiaries of the new techniques. By contrast, small farmers, craftsmen, labourers and small shopkeepers have profited little.

    Texte intégral I. LES CASTES DOMINANTES DE PERAVALIUn statut social élevéUne richesse foncière et mobilièreII. LES ASPECTS TECHNO-ECONOMIQUES DE LA "REVOLUTION VERTE"III. LES CONSEQUENCES DE LA MODERNISATION DE L’AGRICULTURE SUR L’EVOLUTION SOCIO-ECONOMIQUE DES CASTES DOMINANTES Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le village de Peravali est situé dans le district d’Anantapur qui forme avec les trois autres districts, ceux de Kurnool, Cuddapah et Chittoor, le Rayalaseema (Fig. 1 et 2). C’est une région peu développée économiquement. Son niveau de développement mesuré, pour les années 1966-67, par un indice global atteignant 59,7, la classe après la région côtière dont l’indice s’élevait à 62,7 mais avant le Telengana caractérisé par un indice de 46,2. L’analyse des activités économiques du Rayalaseema fait ressortir une prépondérance du secteur agricole, puisque selon les résultats provisoires du recensement de 1971, 69 % des personnes actives sont employées dans l’agriculture. Le secteur industriel est très restreint : des trois régions de l’Etat, le Rayalaseema est celle dont la part, pour ce qui est des revenus industriels moyens, est la plus réduite (24 % en 1967). L’agriculture, secteur économique primordial souffre de dures conditions climatiques. Le Rayalaseema est, en effet, caractérisé par une semi-aridité. Si l’on considère la moyenne pluviométrique annuelle de chacune des trois régions, au cours de la période 1946-56, on constate que le Rayalaseema présente une moyenne annuelle de 676 mm alors qu’elle atteint 880mm dans les districts côtiers.

    2La sécheresse, dans cette région, est un phénomène chronique provoquant des baisses importantes de la production agricole. Ainsi, le district d’Anantapur a subi une dizaine de famines et disettes au cours du XIXe siècle et six dans la première partie du XXe siècle. Le Rayalaseema fut considéré comme l’aire des famines de l’Inde du sud. Cette situation de pénurie alimentaire a été à l’origine, au moins jusqu’à l’indépendance, d’une forte mortalité et d’un exode des populations éprouvées vers d’autres régions plus clémentes telle que la région côtière. La précarité de l’agriculture explique en partie les faibles densités de population du Rayalaseema, comparées à celles des autres régions. Selon les résultats provisoires du recensement de 1971, le nombre d’habitants au km2 était de 116 dans le Rayalaseema, alors que les densités moyennes s’élevaient respectivement à 153 habitants/km2 et 227 habitants/km2 dans le Telengana et les districts côtiers.

    3Depuis 1963, des efforts ont été accomplis pour améliorer la production agricole, notamment par la réalisation de grands projets d’irrigation comme la construction de barrage-réservoirs de grande capacité sur la Tungabhadra (affluent de la Khrishna) et la Pennar et concernant, en particulier, le district d’Anantapur. Les aménagements hydrauliques mineurs, essentiellement le creusement de puits, se sont développés notablement. Cette extension des sources d’irrigation a permis une augmentation de la surface irriguée. Au niveau du district d’Anantapur, cette progression s’est élevée à 4 % entre 1965 et 1967. Néanmoins, ce renforcement de l’irrigation a ses limites dans la mesure où les ressources en eaux, que ce soit les eaux de surface ou les nappes phréatiques à faible profondeur, ne sont pas inépuisables et restent tributaires des pluies, déficientes dans cette région.

    I. LES CASTES DOMINANTES DE PERAVALI

    4Les enquêtes familiales ont permis d’évaluer la population villageoise, pour l’année 1969, à 1341 personnes réparties en 221 familles. Trois groupes ethno-religieux cohabitent : les hindous, les musulmans et les Sugala d’origine tribale. Largement prépondérante, la communauté hindoue est représentée par 207 familles regroupant 1248 personnes. Depuis le recensement de 1901, la proportion des hindous n’a jamais été inférieure à 90 % de la population totale villageoise. Les hindous sont compartimentés en 20 castes et un groupe hors-caste comprenant les Mala et les Madiga. Le tableau ci-contre présente la répartition des familles hindoues en fonction de leur caste. De cet ensemble, quatre castes, regroupant 47 familles et 311 personnes (soit 23 % de la population de Peravali), ont une position sociale et économique dominante. Ce sont les Brahmanes, les Komati, les Kapu-Reddi et les Kamma.

    L’ ANDHRA PRADESH

    Image 1000000000000366000003F8A0299315962CEFAA.jpg

    FIG. 2 LE DISTRICT D ANANTAPUR

    Image 10000000000004C70000036E3696AF967BC5A339.jpg

    TABLEAU DE LA REPARTITION DES FAMILLES HINDOUES EN FONCTION DE LEUR CASTE

    Nom de la caste

    Nombre de familles

    %

    Nombre de personnes

    %

    Castes supérieures :

    BRAHMANE

    2

    0,90

    14

    1,00

    KOMATI

    11

    4,98

    55

    4,15

    LINGAYAT

    2

    0,90

    6

    0,45

    VAISHNAVA

    3

    1 , 36

    12

    3,13

    KAPU-REDDI

    8

    3,60

    43

    3,13

    KAMMA

    26

    11,70

    199

    14,84

    Castes moyennes :

    KUMMARA

    4

    1 , 81

    21

    1 , 56

    KURUBA

    12

    5,42

    55

    4,15

    GOLLA

    2

    0,90

    14

    1,00

    BALIJA

    3

    1,36

    30

    2,23

    KAMMARA

    3

    1,36

    18

    1 , 34

    VADLA

    1

    0,45

    2

    0,15

    Castes inférieures :

    BOYA

    40

    18,10

    270

    20,18

    UPPARA

    10

    4,53

    68

    5,07

    PAMULA

    4

    1,81

    24

    1,79

    SAKALI

    9

    4,09

    52

    3,88

    MANGALI

    4

    1,81

    24

    1,79

    Castes diverses :

    BESTHA-IDIGA et DUNDEKULA

    3

    1,36

    20

    1 , 49

    Intouchables :

    MALA

    20

    9,05

    99

    7,38

    MADIGA

    40

    18,10

    222

    16,60

    Total

    207

    100

    1248

    100

    Un statut social élevé

    5Le haut statut social dont jouissent ces castes est attesté en particulier, par leur localisation privilégiée dans le village et l’exercice de fonctions importantes au niveau de Peravali.

    6Si l’on considère (Fig.3) l’organisation de l’habitat, on constate que celui-ci est groupé en une seule agglomération subdivisée en deux parties. L’une, la plus étendue, est occupée par les castes, les musulmans et les Sugala. L’autre, plus restreinte, située à l’ouest, est réservée aux intouchables Mala et Madiga. L’analyse de la structure interne de l’agglomération fait apparaître un regroupement en quartiers secondaires homogènes, fondé sur l’appartenance à une caste ou à une religion. L’ensemble de ces quartiers forme un système hiérarchisé se référant à la caste. D’une manière générale, on peut dire qu’il y a corrélation étroite entre la structure de l’habitat et la hiérarchie sociale.

    7Si l’on affine l’analyse, on remarque, par exemple, dans la partie principale, une organisation de l’habitat en fonction de deux "pôles" principaux prenant appui sur un temple et un puits, l’un étant situé près de la place centrale, l’autre à l’entrée, lieux éminents du village. Le premier pôle joue le rôle d’un centre autour duquel les quartiers des castes sont disposés d’une manière concentrique. Les familles demeurant à proximité appartiennent, pour la plupart, aux castes que l’on a qualifiées de dominantes : Brahmanes, Kapu-Reddi, Kamma et Komati. A mesure que l’on s’éloigne de ce pôle, en direction de la périphérie, les familles, dans leur majorité, présentent un statut social inférieur, étant issues de moyennes et basses castes. Le second pôle sert de point d’appui à une organisation longitudinale des quartiers secondaires s’échelonnant le long d’une rue principale. Des Kapu-Reddi et des Kamma vivent près de ce pôle situé à l’entrée du village, tandis que des Boya, d’un niveau social inférieur, sont domiciliés à l’extrémité de la rue.

    8Leur haut statut social se manifeste également par des fonctions importantes assumées au niveau du village. Les postes-clés, ceux qui permettent d’exercer le pouvoir socio-économique, voire politique, sont monopolisés par des familles issues de ces castes. La charge de Karnam, en fait héréditaire, et qui consiste à fixer le montant des impôts agraires et à tenir à jour les registres fonciers et de cultures, est détenue par un Brahmane. La fonction de Munsif dont le rôle est de lever les impôts, d’arbitrer les litiges mineurs, de faire régner l’ordre et d’accueillir les fonc tionnaires en déplacement, est assumée par un Kapu Reddi. Les Kamma ont deux représentants au Gram Panchayat1, l’un d’eux étant vice-président (upa-sarpanch) de l’assemblée municipale. Enfin la présidence de la coopérative villageoise de crédit agricole est aux mains d’un Komati.

    PERAVALI Fig 3 ORGANISATION DE L’HABITAT ET CASTES

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    FIG. 4 PERAVALI l’irrigation kharif 1968

    Image 10000000000003AB0000035D6DA349382C635191.jpg

    Une richesse foncière et mobilière

    9La position dominante de ces castes se fonde non seulement sur un haut statut social mais aussi, et cela dans une large mesure, sur un statut économique élevé s’appuyant sur la possession de la terre et la pratique du commerce.

    10L’ensemble de ces castes possèdent à elles seules 67,5 % des terres appartenant aux villageois. Les Kamma apparaissent comme le noyau de propriétaires le plus important, en détenant 38,1 % des terres. Les Reddi dont la part s’élève à 18,1 % viennent en seconde position ; la proportion des terres appropriées par les Brahmanes et les Komati, soit respectivement 6,4 % et 4,9 %, étant moins élevée et comparable à celle détenue par certaines basses castes comme les Boya (9,8 %) et les Uppara (6 %). L’éventail des superficies moyennes dont dispose chaque famille, cernant davantage la réalité, met en relief la prépondérance des Brahmanes, des Kapu-Reddi et des Kamma sur les autres groupes sociaux. La surface moyenne de la propriété chez les Brahmanes s’élève à 20,2ha par famille. Elle n’est plus que de 14,1ha chez les Kapu-Reddi et de 10,3ha chez les Kamma, les Komati ne disposant que de 3,45ha. La prépondérance de la petite propriété, parmi les commerçants s’explique par le caractère secondaire de l’activité agricole.

    11Une concentration de la richesse foncière s’établit donc au profit des castes de haut statut qui bénéficient également d’une accumulation des revenus monétaires provenant, pour l’essentiel, de l’activité commerciale, de la vente de la production agricole (cultures commerciales et excédents vivriers) et des pratiques usuraires. Cet enrichissement d’origine mobilière est attesté, en l’absence de données précises sur les revenus familiaux en espèces, par l’appartenance des plus gros usuriers au groupe considéré. La somme totale des prêts consentis par ces derniers s’élevait, au moment de l’enquête, à 107.250 roupies, ce montant étant réparti entre les divers prêteurs de la manière suivante : quatre Komati avaient prêté 74.560Rs (69,60 %) de la somme totale), deux Kapu-Reddi, 21.460 Rs (20 %), un Kamma, 6.200 Rs (5,75 %) et deux Brahmanes 5.030 Rs (4,65 %). Ces neuf prêteurs, dont certains tels que les Komati et les Reddi jouent le rôle de véritables banquiers locaux, ont constitué un réseau de prêts s’étendant à de nombreuses familles villageoises.

    12Considérées dans leur ensemble, ces castes ont une position socio-économique confortable ; néanmoins une analyse de détail fait ressortir une diversité des statuts. Si l’on excepte les Brahmanes, gros exploitants agricoles, la situation économique des familles est très diverse pour les trois autres castes. Les Kamma comprennent six gros exploitants, quatorze moyens exploitants, trois petits exploitants, un salarié agricole et deux prestataires de services. Chez les Reddi, la répartition est la suivante : trois gros agriculteurs, un moyen agriculteur, trois petits agriculteurs et un ouvrier agricole. Quant aux Komati, ils se partagent entre marchands en gros, cinq détaillants et deux moyens exploitants. Ces différences de niveau socio-économique ont une influence déterminante sur l’évolution interne du groupe, confronté à la modernisation de l’agriculture, en favorisant l’accentuation des disparités, par effet cumulatif, entre les plus riches et les plus pauvres.

    II. LES ASPECTS TECHNO-ECONOMIQUES DE LA "REVOLUTION VERTE"

    13Le système cultural tel qu’il s’est constitué au cours du XIXe siècle repose d’une part sur la riziculture irriguée par un réseau de canaux dérivés du tank de Singanamala et de la rivière pérenne Kuntaleru (Fig.4) et localisée dans les "wet lands", d’autre part sur les millets (sorgho, petit mil et millet italien) et l’arachide, cultures principales des "dry lands", souvent associées, dans un même champ, entre elles ou avec d’autres plantes telles que les pois, le coton et le ricin. Ce dualisme cultural se retrouve d’ailleurs au niveau des exploitations agricoles supérieures à 2ha.

    14L’enquête agraire effectuée par l’administration britannique en 1928, à l’occasion du "resettlement"2 permet de déceler les changements culturaux intervenus au cours de la période 1928-1968.

    15On constate une stabilité des surfaces destinées au riz et une progression des millets, ce qui s’explique, en partie, par le rôle alimentaire de ces plantes. Les cultures commerciales, principalement l’arachide, le coton et le ricin, sont en régression, évolution qui serait la conséquence d’un marché moins favorable. La modification la plus importante fut l’apparition, vers les années 1956-57, des plantations d’orangers dans les terres sèches. Cette nouvelle culture est liée à l’irrigation par puits dont le nombre était encore réduit à cette époque à cause du coût élevé des motopompes diésel (3. D0D Rs en moyenne). Ce n’est qu’à partir de 1962, date de l’électrification du village, que l’on assiste à un accroissement notable des orangeraies et au démarrage des cultures maraîchères intensives, en l’occurence les oignons, grâce à la mise en service de nouveaux puits équipés de moteurs électriques moins onéreux (2.400 Rs environ).

    16Ces transformations culturales restent néanmoins limitées. Elles ne concernaient, pour l’année agricole 1968-69, que 9 % de la surface cultivée (les orangeraies couvrant 79 ha, et les oignons 10 ha) et ne touchaient qu’une fraction réduite des exploitations agricoles, celles dont la taille est supérieure à 4 ha. Il en résulte une faible diffusion à travers le paysannat, les orangers n’étant cultivés que par 22 % des exploitants et les oignons par 6 % seulement.

    17La production des terres irriguées. Les transformations agricoles se manifestent également par un accroissement, en quantité et en valeur, de la production des terres irriguées. Parmi les plantes vivrières, le riz est pratiquement la seule à bénéficier des innovations. Bien qu’il ne soit pas possible, manquant de données rétrospectives, de connaître l’évolution de la production rizicole, on peut cependant affirmer qu’elle a augmenté de manière appréciable, grâce, notamment, à l’apport d’engrais chimiques. Cette croissance est primordiale, car le paddy dont la culture concerne l’ensemble des agriculteurs, constitue la base alimentaire des villageois. Le riz représentait pour l’année agricole 1968-69, 82 % de la production vivrière. La comparaison de la production de paddy à celle des millets, mise en rapport avec la surface occupée par chaque culture est significative à cet égard. Ainsi au niveau des exploitations agricoles de Peravali, 120 ha de riz produisaient, toujours pour la même année agricole, 2790 qtx et 180 ha de millets seulement 572 qtx.

    18En ce qui concerne les plantes commerciales, celles qui sont en culture sèche et cultivées de longue date, comme l’arachide, le coton et le ricin, sont restées à l’écart de toute amélioration. L’émergence de nouvelles cultures intensives, telles que les orangers et les oignons a renforcé le secteur commercial en déterminant une augmentation très importante de la production grâce à des rendements plus importants et à une progression de revenus due à la haute valeur marchande de ces spéculations. A ce propos une comparaison chiffrée entre les cultures commerciales "traditionnelles" et les récentes cultures fruitières et maraîchères est intéressante. Au cours de l’année agricole 1968-69, pour ce qui est du terroir cultivé par les agriculteurs de Peravali, la production commerciale s’est élevée à 2.367 qtx. Sur ce total, l’arachide occupant 172 ha, a fourni 893 qtx, tandis que les orangers dont l’extension était de 42 ha a produit 602 qtx et les oignons couvrant 6 ha, 752 qtx. Cette distorsion se retrouve également au niveau de la valeur brute à l’hectare de chaque type de production. L’arachide, essentiellement culture sèche, donne un revenu brut moyen de 335 Rs/ha, alors qu’il atteind respectivement 2.600 Rs et 6.800 Rs pour les orangers et les oignons.

    19La diffusion des engrais chimiques. L’emploi des engrais chimiques, se limitant aux cultures irriguées, s’est généralisé à l’ensemble des agriculteurs, chacun d’entre eux possédant au moins une parcelle irriguée. A cet égard, le riz est l’objet de soins particuliers, puisque 96 % des riziculteurs en utilisent. Les quantités moyennes fournies s’élèvent à 160 kg/ha pour les variétés locales Kesari et Chennangi irriguées par le tank de Singanamala et la rivière Kuntaleru et à 188 kg/ha pour les riz améliorés sous puits. Les autres cultures irriguées telles que le millet éleusine, les orangers et les oignons bénéficient également de cet apport d’engrais minéraux. Cependant les doses attribuées sont généralement inférieures, se situant entre 50 et 89 kg/ha. D’une manière générale, les engrais chimiques bien qu’employés en quantité insuffisante ont amélioré les rendements des plantes irriguées. Les efforts particuliers consentis en faveur du riz se heurtent néanmoins à la médiocre productivité des riz locaux.

    20L’introduction de variétés plus productives. Jusqu’en 1969, l’amélioration des variétés ne concernait que le riz. L’adoption de variétés plus productives a contribué à une augmentation des rendements, ce qui se traduit par un écart sensible entre la production moyenne par hectare des riz locaux (11,8 qtx pour la saison kharif 1968) et celle de riz améliorés ou à haut rendement comme le G.E.B.24, le C0.2 et le I.R.8 (23 qtx/ha pour la même saison). L’impact des variétés améliorées sur la production agricole est cependant nettement moins important que celui des engrais chimiques, car leur diffusion est très restreinte. Ces riz sont, en effet, exclusivement irrigués par puits, leur extension ne dépassant guère les 10 ha pour l’année agricole 1968-69.

    21L’extension de l’irriqation par puits. Ce type d’irrigation est le facteur primordial de la modernisation de l’agriculture. La partie du terroir, située de part et d’autre de la rivière Kuntaleru et comprenant des rizières irriguées par le tank de Singanamala (153 ha) et des rizières desservies par un réseau branché sur la rivière (78 ha) n’est guère propice aux améliorations culturales à cause de la salinité élevée des sols qui y interdit l’introduction de variétés améliorées. Cet handicap majeur rend impossible dans l’avenir une nouvelle augmentation appréciable de la production agricole de ce périmètre. De ce lait, toute amélioration agricole est jusqu’à présent tributaire de l’irrigation par puits. Leur nombre est passé, pour l’ensemble du terroir de 18 en 1928 à 80 en 1969, dont 50 appartiennent aux exploitants de Peravali, 35 d’entre eux étant équipés de motopompes électriques et diesel. Cette source d’irrigation intéresse une superficie de 115 ha, soit 30,5 % des terres irriguées. Chaque puits irrigue une surface moyenne de 1,4 ha.

    22La mise en service récente (depuis 1964) du South Canal alimenté par le barrage-réservoir du cours moyen de la Pennar ouvre de nouvelles perspectives pour le village. Cependant, jusqu’en 1969, la desserte de Peravali par un distributeur branché sur ce canal n’a pas été très efficiente si l’on considère que seulement 36 ha étaient irrigués durant la saison kharif 1968. D’autre part, ce nouveau moyen d’irrigation n’a pas modifié le système cultural, les plantes bénéficiaires étant l’arachide et les millets. Cet échec relatif s’explique par un manque de souplesse dans son utilisation et surtout par l’absence d’aménagements fonciers appropriés.

    III. LES CONSEQUENCES DE LA MODERNISATION DE L’AGRICULTURE SUR L’EVOLUTION SOCIO-ECONOMIQUE DES CASTES DOMINANTES

    23Les castes dominantes sont les principales bénéficiaires de la "révolution verte", consolidant ainsi leur situation socio-économique. L’adoption de cultures spéculatives, comme les orangers et les oignons et variétés de riz améliorées a surtout été le fait des castes dominantes. Ce sont elles qui, par ailleurs, ont le plus profité de l’augmentation de la production rizicole. Il est symptomatique, à ce propos, de constater que la plupart des agriculteurs autosuffisants ou excédentaires sur le plan alimentaire appartiennent à ce groupe.

    24Pourquoi la modernisation de l’agriculture revêt-elle ce caractère sélectif ? Cela résulte de la concentration, à l’avantage des castes dominantes, des moyens techniques indispensables aux améliorations. Les agriculteurs de ce groupe sont les plus gros utilisateurs d’engrais chimiques et pratiquement les seuls à employer des produits insecticides et anticryptogamiques. Ils détiennent la majeure partie des 50 puits d’irrigation appartenant aux villageois, soit 33, la plupart d’entre eux, soit 31, étant munis d’une motopompe électrique ou diesel.

    25Cette ouverture aux innovations est favorisée par un niveau culturel plus élevé que chez les autres castes. La majorité des membres masculins a reçu une éducation primaire, certains ayant même bénéficié d’une éducation secondaire. Cette scolarisation plus forte que chez les autres groupes sociaux a créé un dynamisme qui se manifeste par un intérêt marqué pour les améliorations proposées par le Panchayat Samithi3 dans le cadre du développement communautaire. La lecture de brochures de vulgarisation agricole et les contacts suivis avec l’animateur rural en sont les indices les plus significatifs.

    26Cependant le facteur le plus déterminant est la possession de domaines dont la plupart ont une superficie supérieure à 4 ha. Sur 35 agriculteurs du groupe considéré, 28 mettent en valeur des exploitations de cette taille. Grâce à cette large base foncière, ces exploitants ont pu solliciter des prêts auprès de la Société Coopérative de crédit agricole de Peravali, mais plus fréquemment à la Land Mortgage Bank d ’ Anantapur4 afin d’assurer le financement du creusement et de l’équipement de puits. Le rôle de la Land Mortgage Bank, dans l’attribution de prêts à long terme (dix ans) à taux d’intérêt modéré (8,75 %), est essentiel, cet organisme de crédit agricole ayant octroyé pour l’année coopérative 1963 – 64 une somme de 97.800 Rs à 24 agriculteurs de Peravali. Les bénéficiaires sont issus des castes dominantes (1 Brahmane, 1 Komati, 2 Kapu-Reddi et 20 Kamma).

    27La composition socio-économique des castes dominantes est hétérogène. La diversité des statuts, dans le contexte de la’révolution verte" est un facteur d’aggravation des disparités internes, ce qui ne peut qu’accroître les tensions entre les catégories socio-économiques du groupe.

    Le rôle prédominant d’une minorité. Cette minorité comprend les 11 gros agriculteurs et les 4 marchands en gros du village. Les premiers se répartissent de la manière suivante : 2 Brahmanes, 3 Kapu-Reddi et 6 Kamma. Ces exploitants mettent en valeur des exploitations supérieures à 12 ha couvrant, en surface, 40 % des terres cultivées par les villageois. La superficie moyenne de leur domaine s’élève à 21,6 ha. Excédentaires sur le plan de la production vivrière, ils ont porté leurs efforts sur la rentabilisation maximale de leur exploitation, en adoptant des cultures spéculatives, en l’occurence, les orangers et les oignons, grâce à la possession de puits dont le nombre, pour cette catégorie, s’élève à 14, tous équipés d’un moteur électrique. Cette modernisation n’a été possible que par le biais d’investissements élevés, chaque agriculteur ayant investi, au cours de la période quinquennale 1964-68, une somme moyenne de 6.604 Rs. Cette mise de fonds importante a été facilitée par l’obtention de prêts de la Land Mortgage Bank d’Anantapur. La majorité des gros exploitants ont bénéficié de prêts dont le montant est compris entre 3.000 et 5.600 Rs.

    28Le rôle d’incitation joué par le Panchayat Samithi n’est, pas négligeable, au niveau de cette catégorie, dans la mesure où les expérimentateurs sélectionnés, pour Peravali, sont des gros agriculteurs. Ainsi le plan agricole 1968-69 prévoit la fourniture de 10 plants de cocotiers à des Reddi et des Brahmanes, ces mêmes exploitants figurant, par ailleurs, comme les seuls bénéficiaires de l’attribution de variétés de riz améliorés ou de variétés à haut rendement (riz, sorgho et petit mil). Dans ce context favorable, les revenus de ces paysans ont augmenté sensiblement. Cet enrichissement s’explique aisément si l’on remarque que la valeur moyenne de production d’oranges, sans déduction des coûts, atteint 2.600Rs/ha et 6.800 Rs pour les oignons. Ceci a pour résultat un renforcement de leur pouvoir économique, social, voire politique au niveau du village par l’utilisation de moyens de pression tels que l’octroi de terres en métayage, la constitution d’un réseau de prêts et le recrutement de salariés.

    29La catégorie des grossistes, de caste komati, a tiré avantage de la "révolution verte", mais à un degré moindre, dans la mesure où la commercialisation de la production fruitière et maraîchère leur échappe. Ces marchands qui ont acheté des terres, ont cependant essayé de les rentabiliser en y plantant des vergers d’orangers.

    30L’adaptation difficile des moyens agriculteurs. Cette catégorie, parmi les castes dominantes, comprend 17 exploitants dont 14 Kamma, 2 Komati et 1 Kapu-Reddi. Ils cultivent des domaines compris entre 4 et 12 ha dont la superficie moyenne avoisiné les 8,6 ha. Leur poids est plus faible que celui des gros agriculteurs puisqu’ils n’exploitent que 24,7 % des terres mises en valeur par les villageois. La taille de leur exploitation est néanmoins suffisante pour satisfaire leurs besoins alimentaires, ce qui leur donne la possibilité d’entreprendre la modernisation de leur domaine. La manifestation la plus tangible est la présence de nombreux puits, 13 agriculteurs de ce groupe en possédant au moins un chacun. L’extension de ce moyen d’irrigation leur a permis, dans un premier temps, de constituer des vergers d’orangers. Ces efforts de rénovation ont été accomplis au prix d’investissements substantiels. Au niveau de la catégorie des moyens exploitants, la somme investie s’est élevée, en moyenne pour la période 1964-68, à 4 . 053 Rs. Limités dans leurs ressources financières, ils ont fait largement appel au crédit agricole et aux usuriers du village : ainsi les Kamma ont bénéficié d’un prêt moyen de 4.000 Rs accordé par la Land Mortgage Bank d’Anantapur. Ils ont par ailleurs sollicité les services des prêteurs villageois, obtenant des sommes s’élevant en moyenne à 5.800 Rs. Cet endettement excessif les place dans une situation économique difficile, accentuant notamment leur dépendance à l’égard des banquiers locaux. Il semble cependant que malgré cette phase délicate d’adaptation, leur promotion soit assurée dans l’avenir, car leur exploitation en devenant plus rentable leur permettra d’éteindre progressivement les dettes contractées et d’accroître leurs revenus.

    31La "marginalisation" des catégories modestes. Ces catégories modestes sont formées de 15 familles et comprennent 6 petits exploitants (3 Reddi et 3 Kamma), 5 marchands au détail (Komati), 2 salariés agricoles (Kamma et Reddi) et 2 prestataires de services (Kamma).

    32Ce groupe hétérogène a été beaucoup moins concerné que les autres par la modernisation de l’agriculture. Sur les 6 petits exploitants, seulement 2 disposent d’un puits équipé d’une motopompe. Cette inovation a été effectuée au prix d’un endettement auprès des usuriers et comporte des aléas du fait même de l’exiguïté de leur exploitation (3,2 ha et 2,2 ha). Les plantations d’orangers qui ont motivé cet équipement risquent d’accaparer tous les efforts de l’agriculteur au détriment des cultures alimentaires. Les 4 autres fermiers ont des domaines de petite taille dont la superficie moyenne n’excède pas les 3 ha. Deux d’entre eux possèdent chacun un puits à traction animale de faible débit utilisé pour l’irrigation de rizières. Soucieux avant tout de satisfaire leurs besoins alimentaires, ce qui n’est pas toujours assuré, ils se montrent réticents pour réserver une partie de leurs terres aux cultures spéculatives, cette transformation culturale étant trop risquée à cause de la petitesse de leur exploitation. D’autre part toute modernisation importante suppose qu’ils contractent des dettes auprès des prêteurs du village, car le crédit agricole leur est refusé en raison de l’étroitesse de leur base foncière.

    33Ces obstacles rendent difficile sinon impossible une adaptation de leur domaine aux nouvelles conditions de l’agriculture. Peuvent-ils au moins espérer une progression de leur production vivrière qui est surtout rizicole ? Ils utilisent les engrais chimiques pour amender les rizières, ce qui leur procure des rendements plus élevés. Néanmoins la croissance de la production se heurte à une limite dans la mesure où l’adoption de variétés plus productives exigerait le creusement de puits ou leur équipement en motopompe.

    34Les autres catégories socio-économiques sont encore restées davantage à l’écart de la modernisation de l’agriculture. C’est le cas des prestataires de services, artisans traditionnels et des ouvriers agricoles dont les salaires ont augmenté moins vite que les prix des denrées de base. Les 5 marchands détaillants souffrent de la concurrence des commerçants d’Anantapur auxquels s’adressent de plus en plus fréquemment les villageois. La dégradation de leur situation a incité certains à exploiter un lopin de terre confié à un métayer.

    35La principale conséquence socio-économique de la "révolution verte" à Peravali est le renforcement de l’oligarchie rurale composée de grands propriétaires et d’usuriers appartenant aux castes supérieures. Ses moyens de pression sur les groupes les plus défavorisés s’en trouvent consolidés par le biais, notamment, d’une extension du réseau de prêts alimentés par de nouvelles ressources monétaires, de l’élargissement de leur recrutement de main d’oeuvre à d’autres catégories en difficulté pour satisfaire leurs besoins croissants et d’une augmentation possible du nombre de leurs métayers, en particulier, par l’achat de nouvelles terres.

    36Aux côtés de ces privilégiés émerge une classe moyenne formée essentiellement d’agriculteurs qui ont pu s’adapter à la modernisation de l’agriculture grâce à la possession de domaines de taille suffisante. La majorité d’entre eux jouit d’un statut social élevé (Komati, Kapu-Reddi et Kamma) et d’un niveau de vie satisfaisant leur assurant une position dominante. La progression prévisible de leurs revenus les incitera, sans doute, dans l’avenir, à jouer un rôle socio-économique plus important, les mettant en concurrence avec l’oligarchie ce qui pourrait faire naître des rivalités. A ce groupe se sont agrégés quelques agriculteurs au niveau économique comparable mais dont l’origine sociale est inférieure (Sakali, Boya et Uppara). Le problème, pour ces derniers, est d’adapter progressivement leur statut social à leur nouvelle situation économique et de le faire accepter par les autres groupes.

    37Des petits agriculteurs, des artisans, des marchands détaillants et quelques salariés agricoles se considérant comme solidaires des castes dominantes de par leur statut social, connaissent une stagnation sinon une dégradation de leur niveau de vie, évolution qui est liée à l’urbanisation et à la "révolution verte". Leur position économique, comparable à celle de la majorité des familles de caste moyenne et inférieure, en fait les marginaux des castes dominantes. Ces familles soumises à la domination socio-économique de la minorité sont susceptibles, dans un avenir plus ou moins lointain, de subir une déchéance progressive de leur statut social, en relation avec l’aggravation de leurs conditions d’existence.

    Notes de bas de page

    1 Le Gram Panchayat qui constitue l’institution de base du développement communautaire, est une assemblée Villageoise élue au suffrage universel par la population adulte pour une durée de 5 ans. Le Gram Panchayat de Peravali comprend 9 membres et étend sa juridiction à Julakalva, village contigu. Sa composition en 1968, pour les membres résidant à Peravali, était la suivante : deux Kamma dont l’un assurait la vice-présidence, un Boya et un Madiga.

    2 L’opération du "resettlement" effectuée par l’administration est une remise à jour des documents cadastraux villageois et concerne aussi bien la délimitation des parcelles que la classification des sols selon leur fertilité. L’objectif de cette enquête foncière est surtout fiscal. Elle était pratiquée régulièrement au temps de l’administration britannique.

    3 Le Panchayat Samithi, dont la juridiction s’étend à l’ensemble du Bloc, nouvelle circonscription créée dans le cadre du développement communautaire, est composé des présidents des Gram Panchayat et de personnalités aux compétences techniques. Des sièges sont réservés aux femmes, aux intouchables et aux groupes tribaux. Le rôle du Panchayat Samithi est essentiel, cette assemblée étant chargée de réaliser les programmes de développement rural. Il prend part également aux activités des divers départements administratifs qui concernent le monde rural.

    4 La Land Mortgage Bank dont le siège est à Anantapur, chef lieu du district, est un organisme de crédit agricole fondé en 1955. L’action de cette banque coopérative est importante dans le domaine de la modernisation de l’agriculture, puisque les prêts qu’elle consent aux sociétaires doivent être affectés à des opérations d’amélioration de l’exploitation agricole (irrigation, matériel..).

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    • Jean-Yves Chailleux
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    3 Le Panchayat Samithi, dont la juridiction s’étend à l’ensemble du Bloc, nouvelle circonscription créée dans le cadre du développement communautaire, est composé des présidents des Gram Panchayat et de personnalités aux compétences techniques. Des sièges sont réservés aux femmes, aux intouchables et aux groupes tribaux. Le rôle du Panchayat Samithi est essentiel, cette assemblée étant chargée de réaliser les programmes de développement rural. Il prend part également aux activités des divers départements administratifs qui concernent le monde rural.

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    Chailleux, J.-Y. (1975). Les castes dominantes du village de Peravali face a la modernisation de l’agriculture (Andhra Pradesh). In Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud. Paris: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales. https://doi.org/10.4000/books.editionsehess.24193
    Chailleux, Jean-Yves. « Les castes dominantes du village de Peravali face a la modernisation de l’agriculture (Andhra Pradesh) ». In Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud. Paris: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1975. doi:10.4000/books.editionsehess.24193.
    Chailleux, Jean-Yves. « Les castes dominantes du village de Peravali face a la modernisation de l’agriculture (Andhra Pradesh) ». Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1975, https://doi.org/10.4000/books.editionsehess.24193.

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    Chambard, J.-L., Chailleux, J.-Y., Biardeau, M., Gaborieau, M., & Malamoud, C. (1975). Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud. Paris: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales. https://doi.org/10.4000/books.editionsehess.24168
    Chambard, Jean-Luc, Jean-Yves Chailleux, Madeleine Biardeau, Marc Gaborieau, et Charles Malamoud. Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud. Paris: Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1975. doi:10.4000/books.editionsehess.24168.
    Chambard, Jean-Luc, et al. Recherches de sciences sociales sur l’Asie du Sud. Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 1975, https://doi.org/10.4000/books.editionsehess.24168.
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