Parmi les ironies de l’affaire Bomarzo

p. 111-118


Extrait

1Parmi les ironies de l’affaire Bomarzo, il faut compter le rôle déterminant de la presse et sa généreuse couverture du « triomphe de l’art argentin » à Washington dans le déclenchement de la censure à Buenos Aires. Et ce avec la collaboration involontaire de Jorge D’Urbano, le prestigieux critique du journal El Mundo, qui dans la revue Panorama, aux côtés de la chronique mondaine de l’événement, publie son évaluation esthétique de l’opéra :

Curieusement l’œuvre n’a pas l’impact d’une musique véritablement moderne. Elle est trop prudente pour être révolutionnaire et trop expérimentale pour être traditionnelle. Elle s’arrête pour ainsi dire à mi-chemin. Dans ce sens l’œuvre résulte d’un compromis malgré son apparente audace. Elle trahit une préoccupation très nette pour avoir l’air actuel tout autant qu’un effort constant pour ne pas dépasser les limites qui garantissent son attrait pour le public. [...] Après avoir assisté à deux répétitions complètes et à la première représenta

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