« Ouverture » ou « redéfinition » du mariage civil ?

Irène Théry

p. 61-73


Extrait

1Seule une analyse prenant en compte non seulement le droit positif actuel, mais l’histoire longue qui lui donne son sens, permet de comprendre pourquoi il allait de soi, il y a deux siècles, que le mariage civil fût par définition l’union d’un homme et d’une femme, et pourquoi aujourd’hui cette évidence a cessé d’en être une. C’est parce que le mariage a d’ores et déjà changé. Alors que naguère encore le cour de cette institution était la présomption de paternité, aujourd’hui ce n’est plus le cas : le cour du mariage contemporain n’est plus la présomption de paternité, c’est le couple.

Rappel historique

2On a invoqué parfois l’absence de définition du mariage dans le Code civil français pour affirmer qu’il ne serait pas acquis juridiquement que le mariage républicain soit l’union d’un homme et d’une femme. Cette hypothèse fut même à l’origine de ce qu’on a nommé le « mariage de Bègles ». Pourtant, les raisons de cette absence sont parfaitement connues des historiens, et il se tr

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