1 Le reste du texte n’est que de la publicité déguisée pour tel ou tel accessoire d’équitation. ccchttp://mode.blog.lemonde.fr/2011/10/21/lequitation-un-sport-haute-couture/(22/10/2011).
2 Cf. J. -P. Digard, Les Français et leurs animaux, Paris, 1999, p. 59-62 ; la réflexion de Digard est reprise et approfondie par C. Tourre-Malen dans La femme à cheval. La féminisation des sports et des loisirs équestres, une avancée ? Paris, 2006, livre au titre un peu long mais fort éloquent, dont il a écrit la préface.
3 J. -P. Digard avait rédigé auparavant un petit ouvrage à vocation didactique dont le titre est sans ambiguïté à cet égard : Le cheval, la force de l’homme (Paris, 1994). L’homme en question est, ici, incontestablement vir, viri.
4 Ibid., p. 111.
5 La littérature sur le thème est immense ; nous ne citons ici qu’un seul titre, J. Cornette, Le roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle, Paris, 1993.
6 D’où une fascination pour certaines configurations exotiques qui soient à la fois montées, démocratiques et guerrières ; cf. E. Désveaux, « L’Indien des Plaines, le peintre et le philosophe », in G. Havard, M. Augeron (eds.), Un continent en partage. Cinq siècles de rencontres entre Amérindiens et Français, Paris, 2013, p. 473-481.
7 La première version, datée de 1634-1635, est conservée au Metropolitan Museum of Art à New York, la seconde datée de 1637-1638 est au musée du Louvre.
8 Tableau daté de 1635-1640 et conservé à la National Gallery de Londres.
9 R. Hamann, Geschichte der Kunst von der altchristlichen Zeit bis zur Gegenwart, Berlin, 1933, p. 568.
10 On pourrait s’interroger sur le fait que la blondeur soit du côté du « sauvage » et le brun du côté du « civilisé ». Nous suggérons d’y voir une opposition entre les Nordiques et les Latins, ces derniers étant les dépositaires privilégiés de la « civilisation » ; mais du coup, ils se retrouvent aussi du côté du sombre, de la nuit, versus le clair, le soleil.
11 Arioste, Roland furieux, Paris, 2003 (éd. orig., 1516).
12 Madame de Staël, De l’Allemagne, Paris, 1968 (1810), vol. I, p. 286.
13 Dans le cinéma, l’adéquation faite entre l’âne, le poney ou le cheval, de préférence à la robe de couleur noire et l’objectivation érotique du féminin est récurrente, serait-elle synonyme d’illusion : citons pour mémoire La ruée vers l’or de Charlie Chaplin ou encore Au hasard Balthazar de Robert Bresson. Le thème est susceptible d’inversion pour les besoins de la parodie. Dans le film Airplane ! (Y a-t-il un pilote dans l’avion ?), de David Zucker, l’épouse du pilote, au sol, chargé de sauver l’avion en perdition a pour amant un cheval. À moins justement qu’il fallut signifier qu’elle était lesbienne.
14 T. Fontane, Effi Briest, Berlin, 1896.
15 Un curieux avatar de l’histoire d’Effi Briest se retrouve chez Joseph Kessel. Son roman Belle de jour (Paris, 1928) s’ouvre sur une scène qui évoque une contraction de la balade à traîneau et de l’exercice d’équitation tout à la fois. Ici, Séverine et son mari, fraîchement mariés sont en vacances d’hiver à Megève. Ils s’adonnent ensemble côte à côte à une course de ski joëring, c’est-à-dire une pratique où, ski aux pieds, on se laisse tirer par un cheval au galop. La glissade, chez Kessel comme chez Fontane, renvoie à ce qui est susceptible de déraper, en l’occurrence la sexualité normative du mariage bourgeois, tandis que la neige et le froid en appellent à la frigidité de Séverine. Notons que Buñuel, dans le prélude de son célèbre film dont le roman est l’éponyme, opte pour une solution beaucoup plus conventionnelle que la course de ski joëring en mobilisant plutôt les fondamentaux du genre : femme attachée, écuyers, voiture attelée, etc.
16 M. Foucault, Histoire de la sexualité. 1. La volonté de savoir, Paris, 1976.
17 P. Bourdieu, La distinction. Critique sociale du jugement, Paris, 1979.
18 R. L. Stevenson, Travels with a donkey in the Cevennes, New York, 1909 (ed. orig. : 1879), p. 6.
19 Le tableau daté de 1434 et conservé à la National Gallery à Londres est aussi connu sous le titre Portrait de Giovanni Arnolfini et de Giovanna Cenemi.
20 Cf. C. Stukenbrock, B. Töpper, 1000 chefs-d’ouvre de la peinture européenne, Cologne, 1999, p. 319. Si nous reprenons la leçon des auteurs concernant sainte Marguerite, nous nous en écartons au sujet des socques. La mise à l’écart des socques signifierait, selon elles, la sacralité du mariage. On a peine à croire que le tableau saisit le moment même d’un mariage et on ne voit pas le rapport entre nudité des pieds de la femme (d’ailleurs non montrée) et sacralité de l’instant. Qu’il s’agisse du moment où se noue le mariage serait contradictoire avec le fait que Giovanna Cenemi soit enceinte, sauf à admettre qu’il y aurait hypergamie de fait, car la femme serait partiellement déchue à cause de son état. Du coup, dans une interprétation générale du tableau qui concilierait la leur et la nôtre, s’expliquerait le caractère privé de la célébration.
21 H. Marcuse, Eros et civilisation, Paris, 1963 (éd. orig. : 1955).
22 In S. Freud, Cinq psychanalyses, Paris, 1954 (éd. orig. : 1909).
23 Ibid., p. 181.
24 Ibid., p. 105.
25 Ibid., p. 133-137.