Les fortifications d’Alep
p. 158-159
Texte intégral
1Durant la période byzantine, Alep était dotée d’une muraille, probablement quadrangulaire, englobant la cité, de la Porte d’Antioche jusqu’au pied de la colline sur laquelle s’élève la citadelle actuelle. Cette muraille fut rebâtie par le pouvoir hamdanide au xe siècle. La ville fut assiégée par les Byzantins en 962 qui, à cette occasion, creusèrent un fossé à l’est pour l’isoler.
2À partir de 1146, quand Alep échut à l’émir* zenguide Nūr al-Dīn, celui-ci restaura l’enceinte qu’il fit bâtir entièrement en pierre en variant peu du tracé existant. Puis, au xiiie siècle, dans le contexte des croisades et des luttes entre les princes ayyubides, la citadelle fut rebâtie sous le règne du sultan al-Ẓāhir Ghāzī, fils de Saladin : le parcours de la muraille fut modifié et un avant-mur fut érigé le long du fossé creusé par les Byzantins.
Enceinte d’Alep au xiiie siècle.

3La ville était un poste avancé et devait faire face à différentes menaces. Ainsi, en 1260, elle fut assiégée et occupée par les armées mongoles. Ses murailles furent alors endommagées. Devenue chef-lieu de province du sultanat mamluk, Alep et ses défenses ne firent l’objet d’aucun programme de restauration de grande ampleur de la part du nouveau pouvoir, malgré sa position stratégique et les menaces persistantes, notamment mongoles. Durant cette période, les quartiers situés hors les murs se développèrent considérablement, surtout près des portes.
4Au cours de l’hiver 1400, Alep fut occupée et incendiée par le chef turco-mongol Tamerlan et ses murailles à nouveau détériorées. Cette fois, les parties hautes des murs d’enceinte furent restaurées au début du xve siècle, conservant dans un premier temps le tracé du xiiie siècle.
5Puis au cours du règne du sultan mamluk al-Ashraf Barsbāy, entre 1422 et 1438, la partie orientale de la muraille passant par la forteresse fut détruite, et une nouvelle portion de rempart fut bâtie, plus à l’est, sur l’emplacement du fossé dit « des Byzantins », englobant ainsi les faubourgs qui avaient vu le jour au xive siècle et plaçant la citadelle au cœur de la ville.
« La ville d’Alep est très étendue ; on la voit de la plaine à trois jours de distance les remparts y sont très hauts et des murailles en pierre s’élèvent d’en bas […] Au-delà des murs de la ville et du fossé, à petite distance les unes des autres, s’élèvent des tours auxquelles des souterrains conduisent à la ville. Cette ville est ronde et […] autour de l’enceinte est une autre grande ville, possédant beaucoup de marchés et de bons bains. »
Extrait du récit de pèlerinage du marchand Basile en 1465-1466, Itinéraires russes en Orient I, p. 246.
Enceinte d’Alep au xve siècle.

Enceinte d’Alep, Bāb Qinnasrīn.

© É. Vigouroux, 2009.
Auteur
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