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    Plan détaillé Texte intégral Le dogmatisme métaphysiqueL’abstraction métaphysiqueLa métaphysique sauvée par la connaissanceLa métaphysique sauvée par la réconciliation Notes de bas de page Auteur

    Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Deux critiques et deux sauvetages de la métaphysique

    Emmanuel Renault

    p. 353-366

    Texte intégral Le dogmatisme métaphysiqueL’abstraction métaphysiqueLa métaphysique sauvée par la connaissanceLa métaphysique sauvée par la réconciliation Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Chez Hegel, l’idée de métaphysique est immédiatement prise dans le double mouvement d’une critique et d’une défense. Alors que le Concept préliminaire semble entendre l’idée de métaphysique en un sens principalement négatif, en identifiant par là une « position à l’égard de l’objectivité » déjà dépassée, la Préface de la Science de la logique se réclame de la « métaphysique proprement dite » (eigentliche Metaphysik)1. Cette double appréciation ouvre la voie à trois types d’interprétations : le premier subordonne la critique de la métaphysique à sa défense (interprétation métaphysique), le second sa défense à sa critique (interprétation non métaphysique), le troisième considère que critique et défense sont indissociables (interprétation en termes de transformation de la métaphysique). S’il s’agit de trancher d’un point de vue philologique, en l’occurrence du point de vue des connotations générales de la notion de métaphysique à l’époque et des acceptions techniques spécifiques que le terme reçoit chez Hegel, c’est indéniablement la troisième interprétation qui doit être retenue2. Mais le conflit des interprétations métaphysiques et non métaphysiques déborde le strict plan philologique. En effet, dès les premiers développements du hégélianisme, ce conflit a concerné la manière dont la philosophie hégélienne devait être non pas seulement interprétée, mais aussi actualisée, complétée, appliquée à de nouveaux objets et à l’histoire présente3.

    2Aujourd’hui, le conflit des interprétations métaphysiques et non métaphysiques délimite le principal cadre de réflexion sur l’actualité de la philosophie hégélienne. La philosophie des deux derniers siècles s’étant développée sous la forme de différentes critiques de la métaphysique (d’inspirations empiristes, kantiennes, positivistes, marxiennes, nietzschéennes, pragmatistes, phénoménologiques, analytiques) et elle a conduit à différentes interprétations non-métaphysiques de Hegel. Certains auteurs ont même pu considérer qu’une interprétation non métaphysique de la philosophie hégélienne constituait l’avenir de la philosophie contemporaine en tant qu’invitation à dépasser le kantisme larvé de la philosophie contemporaine4. Mais la question de savoir si le tournant non-métaphysique de la philosophie contemporaine doit être assumé est elle-même l’objet de débats contemporains. D’une certaine manière, Hegel reste notre contemporain parce qu’il est déjà contemporain de ce tournant et l’on peut tout aussi bien considérer que l’actualité de la philosophie hégélienne consiste précisément en sa critique des préjugés anti-métaphysiques de la modernité philosophique. Reste alors à savoir si cette critique doit être comprise comme une simple défense de la métaphysique ou comme une entreprise consistant à sauver quelque chose d’un projet métaphysique dont on sait qu’il est définitivement périmé5.

    3Dans les débats actuels, les défenseurs de l’interprétation métaphysique de Hegel adoptent le plus souvent une approche philologique alors que les tenants de l’interprétation non métaphysique s’efforcent de reconstruire la position hégélienne à la lumière d’enjeux contemporains en philosophie de l’esprit, en logique et en théorie de la connaissance6, ou en philosophie politique7. Une troisième approche possible consiste à examiner le sens des arguments hégéliens « pour » et « contre » la métaphysique : dans quelle mesure sont-ils compatibles entre eux et à quel type de conception de la métaphysique transformée conduisent-ils ?

    4Dans ce qui suit, on examinera deux arguments hégéliens contre la « métaphysique », et deux arguments qui semblent relever d’une défense de la « métaphysique ». Ces quatre arguments sont liés à des concepts célèbres du hégélianisme : le logique, le concret, la connaissance et la réconciliation. Leurs enjeux engagent le rapport de la « métaphysique » avec la Science de la logique (en tant que reformulation de la métaphysique sous forme de logique) mais aussi avec la Naturphilosophie et la Philosophie de l’esprit (en tant que critique et sauvetage de la métaphysique du point de vue de la connaissance du concret) et enfin avec la doctrine de l’esprit absolu (en tant que théorie de la réconciliation).

    Le dogmatisme métaphysique

    5Le passage du système consacré explicitement à la métaphysique est d’ordre polémique. Il se trouve dans la première section du Concept préliminaire de la Science de la logique. La « Métaphysique » est considérée comme une « croyance naïve » en la capacité de la pensée à saisir la vérité « grâce à la réflexion » (§ 26). Elle est critiquée aussi bien par son contenu que par sa forme : « Cette métaphysique présupposait en général que l’on pouvait arriver à la connaissance de l’absolu en lui attribuant des prédicats, et n’examinait ni les déterminations d’entendement suivant leur contenu et leur valeur propre, ni non plus cette forme qui consiste à déterminer l’absolu par l’attribution de prédicats » (§ 28). Elle se fourvoie quant au mode de détermination de ses objets puisqu’elle présuppose à tort qu’un prédicat isolé peut fournir une connaissance adéquate de l’être en général (ontologie), de l’âme, du monde et de Dieu (métaphysique spéciale). Elle présuppose de façon tout aussi erronée que la forme du jugement constitue une forme pertinente pour cette connaissance.

    6Le sens de cette critique hégélienne est livré par le fait que Hegel déclare reprendre à son compte une critique kantienne de la métaphysique (§ 27), en l’occurrence celle du dogmatisme de la métaphysique scolaire (§ 32). La métaphysique scolaire de Wolff et Baumgarten n’est cependant pas la seule cible. En effet « toute philosophie à ses origines, toutes les sciences, et même l’agir quotidien de la conscience vivent dans cette croyance » (§ 26) et la métaphysique « est d’une façon générale toujours présente » (§ 27). C’est la forme bien plus que l’objet de la critique kantienne de la métaphysique que Hegel pense prolonger. De même que la question de la métaphysique était posée chez Kant dans le cadre d’un retour critique de la raison sur ses propres pouvoirs, de même, elle s’inscrit chez Hegel dans le cadre d’une présentation de la Science de la logique comme retour critique du penser sur ses formes et son contenu, comme position des pensées « dans la forme de la pensée » (§ 2) ou dans « l’élément abstrait de la pensée » (§ 19). S’agissant de sa critique de la métaphysique, Kant n’est valorisé que pour sa critique du dogmatisme, et encore cette critique du dogmatisme est-elle considérée comme inachevée dans la mesure où elle ne s’étend pas des formes du connaître à leur contenu, de l’usage des formes du connaître à leur adéquation à leur contenu (§ 41)8. Le fait mérite d’être relevé : dans cette première ligne argumentative, le reproche adressé à Kant n’est pas d’être allé trop loin dans la critique de la métaphysique, mais au contraire de ne pas l’avoir poussée assez loin. Et c’est parce que Kant n’est pas allé assez loin que ses propres objections sont retournées contre lui : son dogmatisme et sa solidarité avec la problématique de la métaphysique lui sont reprochés9.

    7Dans le cadre de cette argumentation, la Science de la logique apparaît comme une entreprise destinée à poursuivre une critique de la métaphysique de type kantien tout en reformulant l’ensemble de la problématique kantienne. Au lieu d’aborder la question de la métaphysique dans le cadre d’une interrogation sur les conditions de possibilité de la connaissance synthétique a priori et d’un idéalisme transcendantal axé sur les modalités de la constitution de l’objectivité, l’idéalisme spéculatif fait du logique l’élément dont dépend l’exposition de vrai dans la forme de la vérité. L’une des intentions de la Science de la logique est manifestement de développer une analyse critique des rapports que les catégories et les formes du discours métaphysique entretiennent avec l’objet dont elles prétendent exposer la vérité. D’une part, elle procède à une analyse logique du contenu de pensée de chacun des prédicats au moyen desquels la métaphysique prétend connaître l’absolu (Logique objective), et d’autre part elle examine les différentes formes logiques susceptibles d’être mobilisées dans cette connaissance (Logique subjective). Il est très probable que ce soit en référence au fait que chez Kant, l’ontologie « doit faire place » (muss Platz machen) à l’analytique de l’entendement pur10, que Hegel affirme dans l’Introduction de la Science de la logique que « la logique objective prend donc tout simplement la place (tritt an die Stelle) de l’ancienne métaphysique »11. Mais alors que chez Kant, l’ontologie est la seule partie de la métaphysique à être remplacée par la logique transcendantale, et que les catégories fondamentales de la métaphysique spéciale ne ressortissent que d’une dialectique transcendantale, la « la logique objective comprend en elle aussi le reste dans le métaphysique »12. Les formes logiques du discours métaphysique, relevant selon Kant de la logique formelle et donc des présuppositions non critiquées par la Critique de la raison pure, sont elles-mêmes considérées dans « leur nature et leur valeur en et pour soi-même »13 dans la Logique subjective. C’est donc l’ensemble du contenu et des formes de la pensée métaphysique qui sont élevées à la « forme de la pensée » dans la Science de la logique.

    8En développant son argumentation à partir du logique, la première partie du système propose une critique de la métaphysique de type idéaliste. C’est le plus souvent cette critique de la métaphysique que retiennent les interprétations non-métaphysiques de Hegel14. Elle est pourtant étroitement imbriquée dans une seconde dont l’orientation pourrait sembler divergente. Alors que cette première critique dénonce un défaut d’explicitation du contenu logique des pensées qui semble consonner avec les projets de dissolution de l’ontologie dans la logique et la sémantique, la seconde dénonce un défaut de connaissance qui incline plutôt vers une dissolution de l’ontologie dans l’épistémologie. Focalisées sur la Science de la logique, la plupart des interprétations non métaphysiques de Hegel ne retiennent de la spéculation que la pensée de la pensée, alors que celle-ci est ravalée chez Hegel à un moment du connaître systématique : « Assurément, les formes de la pensées ne doivent pas être utilisées avant d’avoir été examinées, mais cet examen est lui-même déjà un acte de connaissance. Il faut donc que l’activité des formes de la pensée et leur critique soient réunies dans l’acte de connaissance15. »

    L’abstraction métaphysique

    9Dès avant le Concept préliminaire de l’Encyclopédie, l’Introduction développe un certain nombre d’arguments contre l’abstraction métaphysique. Ils sont d’une autre nature.

    10Qu’il y ait fondamentalement deux types de critiques de la métaphysique, qui plus est complémentaires l’une de l’autre, c’est d’ailleurs ce que semble suggérer une remarque de la première édition de l’Encyclopédie : « Cette métaphysique a succombé à deux attaques qui vinrent de côtés opposés ; I. l’une est la démarche philosophique se fondant sur l’empirisme (…). II. La manière de voir qui fait tout d’abord face à celle-ci est contenue dans la philosophie kantienne. Elle a, plus précisément, soumis à l’examen la valeur des concepts d’entendements employés dans la métaphysique » (§§ 26-27). D’une certaine manière, l’Introduction de l’Encyclopédie définit la philosophie spéculative à partir de cette double critique en la caractérisant dans un premier temps par la transformation des représentations en pensées, puis des pensées en concepts (§§ 1-5), et dans un deuxième temps, par son contenu qui est l’effectivité et l’expérience (§§ 6-8). Cette dernière orientation méthodologique vers le concret engage une triple polémique avec l’abstraction spécifique du discours métaphysique. Trois types de dépassement de la métaphysique sont envisagés qui sont fondés respectivement sur le principe de l’expérience, sur le concept d’effectivité et sur l’exigence de systématicité.

    11Hegel reformule manifestement les thèmes de la critique empiriste de la métaphysique lorsqu’il critique les philosophies qui en restent à « l’universalité des idées », à « la première universalité abstraite de la pensée » alors que « c’est en un sens plus juste et plus profond que la philosophie est redevable de son développement à l’expérience » (§ 12 Rem.). La philosophie ne doit pas se « comporter seulement abstraitement, comme dans les débuts philosophiques des Grecs » mais se « jeter sur la matière apparaissant sans mesure du monde des phénomènes » et elle doit « emprunter son contenu à l’intuition et perception propre de l’extérieur et de l’intérieur, à la nature présente comme à l’esprit présent et au cœur de l’homme » (§ 7). La critique de la métaphysique porte ici sur la réduction du contenu du savoir à des principes unilatéraux, et à la conception hiérarchique du système qui en résulte16. Hegel y oppose l’universel concret et le système comme « cercle de cercles », ou comme antidote à cette maladie chronique de la philosophie transmise par la métaphysique : la pensée sous complexe.

    12Le concept d’effectivité vient ainsi spécifier la critique méthodologique de l’abstraction métaphysique en la reformulant sur un plan ontologique. Contre le projet visant à saisir l’essence des phénomènes au-delà de leur existence phénoménale, le concept d’effectivité, défini comme « unité devenue immédiate de l’essence et de l’existence, de l’intérieur et de l’extérieur » (§ 142), récuse les présupposés dualistes de cette opération : il n’y a pas d’intérieur caché au-delà des phénomènes parce que « l’essence doit nécessairement apparaître » (§ 131) ; il y a pas d’un côté une réalité immédiatement contingente (celles des choses de la perception) et une réalité immédiatement véritable, essentielle, que la réflexion seule saisirait au-delà des phénomènes ; la seule réalité de l’essence est celle de ses manifestations phénoménales et le concept d’essence ne désigne en définitive que l’hypostase réflexive de ce qui en constitue l’unité17.

    13Là où le projet métaphysique dirige traditionnellement la philosophie vers l’essentiel, Hegel entend la réorienter vers l’effectivité par l’intermédiaire d’un concept original de concret. Suivant sa définition technique, le spéculativement rationnel « bien qu’il soit quelque chose de pensé, abstrait aussi, est en même temps un concret, parce qu’il n’est pas une unité simple, formelle, mais une unité de déterminations différentes. C’est pourquoi en général la philosophie n’a pas du tout affaire à de simples abstractions ou pensées formelles, mais uniquement à des pensées concrètes » (§ 82 Rem.). Bien plutôt que par la contemplation d’essences séparées ou de caractéristiques communes à un ensemble de manifestations phénoménales, la pensée spéculative est ici définie par une connaissance du concret qui suppose une étude systématique des multiples processus et rapports qui traversent les phénomènes ainsi que des multiples connexions entre vérités.

    14Loin de développer sa critique de la métaphysique sur le seul terrain kantien de la pensée de la pensée, Hegel la déplace donc également sur le terrain de la conception de la rationalité et des présupposés ontologiques de la métaphysique ; celle-là étant solidaire de ceux-ci : solidarité de la rationalité abstraite avec l’opposition l’essentiel et le phénoménal. Sur ce terrain se fixe le sens de bien des thèses hégéliennes. Ainsi, par exemple, l’identification de la philosophie à une science systématique ou encore la trop fameuse affirmation de la Préface des Principes de la philosophie du droit : « Ce qui est rationnel est effectif, ce qui est effectif est rationnel. » Si la philosophie veut connaître le concret, elle doit se faire connaissance systématique18 et déployer une rationalité qui soit celle de l’expérience comme effectivité. Le paradoxe mérite d’être relevé : là où l’on voit souvent la preuve que la philosophie hégélienne retombe dans la métaphysique dogmatique après que Kant en a développé la critique, nous avons plutôt affaire aux conséquences d’une critique non kantienne, en l’occurrence empiriste, de la métaphysique.

    15Cette deuxième ligne argumentative polémique à l’égard de la métaphysique a été développée par différents courants de la philosophie des xixe et xxe siècles. Depuis le Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande de Engels, différents courants du marxisme occidental ont conçu l’orientation non métaphysique de la philosophie marxiste sous des oppositions comme celle du statique et du dynamique, de l’unilatéral et du total, de l’abstrait et du concret, en les rattachant généralement à la conception hégélienne de l’effectivité. Le pragmatisme américain des origines, plus précisément, celui de Dewey et Mead a également souligné l’inspiration qu’il puisait dans l’entreprise hégélienne visant à dépasser les dualismes et à privilégier une approche processuelle de l’expérience19 (tout en revendiquant explicitement une interprétation non métaphysique de Hegel20). Pourtant, à l’exception des interprétations (déjà datées) centrées sur la critique du dualisme ontologique21, seule la critique idéaliste de la métaphysique semble retenir l’attention dans les débats actuels. Une première raison s’en trouve dans le fait que les concepts connotés par le marxisme font l’objet d’une sorte de disqualification réflexe, comme en témoignent la péremption de l’opposition métaphysique/dialectique, et plus généralement, la perte d’intérêt pour le débat concernant la dialectique. Une deuxième raison tient au fait que les interprétations néo-pragmatistes dissolvent la métaphysique et l’épistémologie dans la sémantique en tournant ainsi le dos à tout ce qui constituait le cœur du pragmatisme, à savoir le lien de la connaissance et de la normativité avec les dynamiques immanentes de l’expérience22. Dans ce cadre, la critique hégélienne de la métaphysique au nom de l’expérience perd nécessairement de son intérêt. Une troisième raison renvoie à la manière dont sont généralement conçues les entreprises de dissolution de la métaphysique dans l’épistémologie.

    16Dans le cadre de la discussion sur la nature de l’idéalisme hégélien, l’importance donnée aux thèmes de l’aperception transcendantale (c’est-à-dire au Je = Je) et de l’autonomie de la raison23 conduit à faire perdre de vue tout ce qui oppose les concepts kantiens et hégéliens de connaissance : d’une part, la critique du formalisme de l’entendement (et tout ce qui dans le concept d’expérience relève d’un certain primat de l’objet et d’un lien entre connaissance et saisie du non identique24), d’autre part, la redéfinition de l’objectivité comme totalité (et tout ce qui dans fluidification des pensées d’entendement ne renvoie pas seulement à la pensée de la pensée mais aussi aux formes de totalisation spécifiques thématisées dans la section « L’Objet » de la Science de la logique).

    La métaphysique sauvée par la connaissance

    17Le paradoxe est que l’exigence d’une connaissance de l’effectivité, qui organisait le deuxième argument polémique à l’égard de la métaphysique, est également au cœur du plus explicite des arguments en faveur de la métaphysique. Rappelons tout d’abord que Hegel entend le rapport de la logique à la métaphysique en un sens qui n’est pas seulement polémique puisqu’il écrit que « la science logique (…) constitue la métaphysique proprement dite ou la pure science spéculative ». La thèse selon laquelle « La logique objective prend donc tout simplement la place de l’ancienne métaphysique » doit donc sans doute être entendue et au sens polémique que nous avons évoqué et en un sens positif. Du point de vue rétrospectif des débats contemporains, on peut interpréter cette défense de la métaphysique sur le terrain de sa critique comme un « sauvetage » de la métaphysique, à savoir d’une entreprise consistant à sauver quelque chose d’un projet métaphysique dont on sait qu’il est définitivement périmé. Le sauvetage hégélien de la métaphysique est alors un sauvetage par la connaissance.

    18Repartons donc de la manière dont Hegel polémique contre le rejet contemporain de la métaphysique dans les textes introductifs de la Science de la logique. L’argument principal consiste à exiger que soit conservée l’idée de la valeur de connaissance du penser : « l’ancienne métaphysique avait à propos du penser un concept plus élevé que celui qui est devenu monnaie courante à l’époque moderne. Elle posait en effet comme fondement que seul est véritablement vrai en les choses ce qui est connu d’elles et en elles par l’intermédiaire du penser »25. Il s’agit ici de défendre l’idée que la pensée est apte à connaître « la valeur de la chose, l’essentiel, l’intérieur, le vrai » (§ 21), « la nature vraie de l’objet » (§ 22). Ce qu’il faut sauver de la métaphysique, c’est la prétention à saisir l’être véritable et non pas seulement son « apparition phénoménale » (Erscheinung). Et il s’agit de le sauver sur le terrain de ce qui semblait périmer définitivement la métaphysique, à savoir la transformation kantienne de l’ontologie en logique transcendantale, comme en témoigne la présentation de la Science de la logique comme une Aufhebung de l’opposition de l’ancienne métaphysique et de la logique transcendantale26. C’est donc sous la forme d’une théorie des « pensées objectives » (§ 24) que la Science de la logique analysera la capacité des catégories et des formes de pensée à connaître la nature vraie des objets : « La Logique coïncide par conséquent avec la métaphysique, la science des choses saisies en des pensées qui passaient pour exprimer les essentialités des choses » (id.).

    19La défense du projet d’une connaissance de l’essentialité des choses s’exprime sous bien des formes dans le système hégélien. Dans la Préface de la Phénoménologie de l’esprit, elle passe par une défense de la philosophie comme système scientifique et non plus comme simple « amour » du savoir. Dans l’Introduction du même ouvrage, elle conduit à polémiquer contre la « peur de la connaissance » qu’exprimerait l’opposition kantienne du phénomène et de la chose en soi. Dans la Science de la logique (introduction de la Doctrine du concept), elle débouche sur la critique de la définition de la vérité comme adéquation et sur l’élaboration d’une définition alternative en termes d’accord du contenu avec lui-même et avec sa forme. Quant à la Philosophie de la nature et à la philosophie de l’esprit, elles ne sont rien d’autre que le développement du projet d’une connaissance de « l’essentialité des choses ». Dans le cadre de la Philosophie de la nature, Hegel n’hésite d’ailleurs pas à conférer de nouvelles significations au concept de métaphysique en soulignant que toutes les sciences empiriques reposent sur une métaphysique et que ce moment métaphysique joue un rôle déterminant dans la connaissance qu’elles produisent27. Le moment « métaphysique » des sciences empiriques est le moment des principes les plus généraux organisant tout ce qui en elles contribue à la connaissance de l’universel, tout ce par quoi elles parviennent à transformer les singularités et contingences empiriques en connaissance du vrai.

    20Aux oreilles contemporaines, l’idée même d’un sauvetage de la métaphysique par la connaissance ne peut manquer de sembler étrange tant l’idée de connaissance s’est vue associée à des présupposés épistémologiques incompatibles avec l’idée d’une connaissance de « la nature vraie de l’objet ». Si la connaissance scientifique n’est rien d’autre qu’un mode de représentation cohérent des faits au moyen d’un formalisme autorisant une procédure de vérification contrôlée, elle ne peut certes plus entretenir aucun lien avec les prétentions de l’ancienne métaphysique. Mais la philosophie hégélienne pourrait tirer une part de sa pertinence de son rejet de cette conception de la connaissance scientifique car il se pourrait bien également que la critique du formalisme ainsi que le type particulier de réalisme qu’elle défend conserve une actualité épistémologique28.

    21Même si tel n’était pas le cas, il se pourrait néanmoins que la philosophie fasse fausse route lorsqu’elle renonce au projet, hérité de la métaphysique, de parvenir à une connaissance satisfaisante du monde. Nombreux sont les auteurs du siècle précédent qui, tout en puisant une partie de leur inspiration chez Hegel, ont réagi contre ce qu’ils identifiaient comme différentes formes de stérilisation philosophique : retranchement dans l’analyse du discours ordinaire, dans la formalisation réflexive des conditions de production des consensus scientifiques ou des accords publiques en matière de justice et de droits. Dewey et Adorno comptent parmi ces auteurs. Chez le second, l’actualité de Hegel tient précisément aux armes fournies pour réagir contre la liquidation de la philosophie en sauvant la prétention de la métaphysique à dépasser le phénomène subjectif, soumis au principe d’identité et à l’homogénéité quantitative, pour saisir en lui ce qui relève de l’hétérogénéité qualitative et du non identique, en élaborant ainsi une connaissance plus satisfaisante aussi bien d’un point de vue épistémologique qu’éthique et politique29.

    La métaphysique sauvée par la réconciliation

    22Même si le thème hégélien de la réconciliation de la raison et de l’expérience n’est jamais associé explicitement chez Hegel à l’idée de métaphysique, il est souvent considéré comme l’un des éléments métaphysiques du système. Nous retrouvons ici le problème de l’« ambiguïté » de l’affirmation de la Préface des Principes de la philosophie du droit : « Ce qui est rationnel est effectif, ce qui est effectif est rationnel30. » Selon une première interprétation, Hegel postulerait sinon une production de l’être par l’esprit, dans le cadre d’une théologie spéculative, du moins une identité structurelle entre raison subjective et effectivité historique et naturelle, dans le cadre d’une métaphysique de l’identité. Les membres de la gauche hégélienne ont quant eux exclu ce type d’interprétation de la réconciliation de l’esprit avec son autre : de même que la processualité de l’effectivité relèverait de celle de l’esprit, de même, la réconciliation de l’esprit avec l’effectivité devait être rapportée au processus par lequel l’esprit tente de connaître et de réaliser son essence, à savoir la liberté31. C’est bien en ces termes que le thème de la « réconciliation » est introduit dans l’Introduction de l’Encyclopédie, dans un développement destiné à commenter la trop fameuse thèse des Principes de la philosophie du droit. La réconciliation y apparaît effet comme un objectif à produire par l’esprit à partir de la connaissance de son essence (la « raison consciente de soi ») : « le but final, suprême de la science » est « de susciter grâce à la connaissance de cet accord [l’accord avec l’expérience] la réconciliation de la raison consciente de soi avec la raison qui est, avec l’effectivité » (§ 6). Plus généralement, ce type d’interprétation peut s’appuyer sur le fait que le lieu systématique de la réconciliation est la théorie de l’histoire du monde (Principes de la philosophie du droit, § 360) et non la Science de la logique ou la théorie de l’esprit absolu dont elle révèlerait la teneur métaphysique. Dans le cadre des interprétations de la gauche hégélienne, l’esprit absolu n’est d’ailleurs plus absolu en tant que réalité absolue mais en tant que réalisation historique du droit absolu de l’esprit à nier tout ce qui fait obstacle à sa liberté essentielle32.

    23Il n’est pas certain que les interprétations métaphysiques de la réconciliation de la raison et de l’effectivité puissent fournir les instruments d’un sauvetage de la métaphysique à l’époque de sa péremption. Bien qu’elles se fondent sur un « grand récit » de la libération de l’esprit tout aussi périmé, les interprétations non métaphysiques développées par la gauche hégélienne ouvrent des voies plus fécondes. Elles se fondent en effet sur le fait que le dépassement de l’empirie singulière et contingente vers l’essentialité doit être conçu comme une manière de satisfaire les intérêts théoriques aussi bien que les intérêts pratiques de l’esprit. Selon Hegel, la connaissance ne peut être renvoyée à une intelligence séparée du vouloir. Elle n’est qu’une des modalités de l’effort fait par l’esprit pour accéder à une liberté véritable (c’est-à-dire à un être-là conforme à son concept d’esprit). Et de même que la valeur de la connaissance tient à la capacité de la théorie à libérer l’esprit, de même elle dépend de la production pratique des objets qui permettent à l’esprit d’accéder à sa véritable liberté (au sens d’un Droit, d’une société civile, d’un État, etc. conformes à leurs concepts) : « la vérité […] rend l’esprit libre ; la liberté le rend vrai33. »

    24On pourrait montrer que dans l’histoire de la métaphysique, l’idée de « réalité véritable » exprime souvent non pas seulement ce que la réalité est véritablement mais aussi ce qu’elle devrait être. Ces deux éléments tendent à fusionner chez Hegel dans un concept emphatique de la réalité comme effectivité et dans un concept de vérité comme à la fois subjective et objective. D’un point de vue systématique, ces deux éléments relèvent plus spécifiquement de l’imbrication de l’esprit pratique et de l’esprit théorique, du bien et du vrai, et bien entendu, ils sont inscrits dans le concept de réconciliation. En ce sens, le concept de réconciliation, sans reposer sur une théologie spéculative ou une métaphysique de l’identité, participerait d’une entreprise de sauvetage d’une conception de la réalité essentiellement métaphysique, du moins dans sa provenance.

    25Adorno souligne sans doute à juste titre que sur ce point aussi, le projet métaphysique est irrémédiablement périmé sous sa forme traditionnelle parce qu’il n’est plus possible de croire que la connaissance de ce que la réalité présente est essentiellement pourrait livrer la connaissance de ce qu’elle devrait être. Mais il souligne également la nécessité de conserver de la métaphysique la pensée qu’une réalité plus véritable doit exister. Chez lui, parce qu’aucune réconciliation n’est plus pensable entre ce qui est et ce qui devrait être réel, la métaphysique est sauvée par l’utopie ; et cela signifie également qu’elle est sauvée contre Hegel34. Mais que la vérité du monde actuel soit son incompatibilité avec toute réalisation du bien n’exclut pas que ce monde puisse être transformé par la volonté et l’intelligence et que cette transformation permette d’accéder à une expérience plus satisfaisante. Il existe de nombreux arguments pour conserver la thèse hégélienne de la médiation réciproque de l’esprit théorique et de l’esprit pratique, de même que l’exigence hégélienne d’une production du bien dans l’expérience et à partir de l’expérience. Ces arguments conduiraient à unifier les deux sauvetages de la métaphysique que nous venons d’attribuer à Hegel, mais paradoxalement, leur conjonction ferait sans doute perdre tout son sens à l’idée de « sauvetage » de la métaphysique. Combiner des éléments issus du concept métaphysique après les avoir reformulés signifie manifestement transformer la métaphysique en autre chose.

    Notes de bas de page

    1  WdL I, GW 11, p. 7 / SL 11, p. 5.

    2  C’est du moins ce que nous avons soutenu dans E. Renault, « La métaphysique entre logique et sciences particulières », in J. B. Buée, E. Renault, D. Wittmann (dir.), Logique et sciences concrètes (nature et esprit) dans le système hégélien, L’Harmattan, Paris, 2006, pp. 13-32.

    3  Dès les tous premiers développements de l’école hégélienne, la question fut posée de savoir si la Science de la Logique devait être complétée par une métaphysique (comme le soutenaient les pseudo-hégéliens comme le fils Fichte ou Weisse) ou si elle constituait déjà par elle-même une métaphysique complète (comme le soutenaient des hégéliens orthodoxes). Pour une critique du point de vue pseudo-hégélien sur ce point, voir Julius Schaller, Die Philosophie unserer Zeit (1837). Rosenkranz affirmait quant à lui que la Logique hégélienne contenait bien le principe d’une métaphysique complète, mais qu’elle n’avait pas encore été développée par l’école hégélienne (voir la préface de sa Psychologie, 1837). Quant aux Jeunes-hégéliens, leur volonté d’appliquer la philosophie à l’histoire présente les conduisait à des interprétations non-métaphysiques.

    4  Voir notamment R. Rorty, « Quelques usages américains de Hegel », Philosophie 99 (automne 2008), pp. 5-20.

    5  La manière dont Adorno mobilise Hegel dans le cadre d’un polémique contre la « liquidation de la philosophie » et au profit d’un « sauvetage de la métaphysique » fournit une illustration la plus intéressante de cette orientation ; voir Dialectique négative, Paris, Payot, 1978 et Métaphysique. Concepts et problèmes, Paris, Payot, 2006. L’objectif de la dernière partie de sa Dialectique négative est de sauver la métaphysique à l’époque de son impossibilité absolue. Il écrit dans sa lettre à Scholem du 14 mars 1967 que « l’intention de sauver la métaphysique est en fait l’intention centrale de la Dialectique négative ».

    6  Voir notamment W. A. De Vries, Hegel’s Theory of Mental Activity, Ithaca/ London, Cornell University Press, 1988 ; R. Brandom, « Quelques thèmes pragmatistes dans l’idéalisme de Hegel : Négociation et administration dans la conception hégélienne de la structure et du contenu des normes conceptuelles », Philosophiques, 27/2, 2000 ; « Esquisse pour une programme pour une lecture critique de Hegel. Comparer les concepts empiriques et les concepts logiques », Philosophie 99, pp. 63-95 ; J. McDowell, « Hegel et le mythe du donné », Philosophie 99, pp. 46-62.

    7  Voir par exemple A. Honneth, Les Pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel, Paris, La Découverte, 2008.

    8  C’est également le sens de la critique du traitement kantien des antinomies, voir à ce propos G. Lebrun, « L’Antinomie et son contenu », in O. Tinland (dir.), Lectures de Hegel, Paris, Livre de Poche, 2005, p. 395.

    9  Voir sur ce point O. Tinland, « L’idéalisme hégélien », in M. Caron (dir.), Hegel, Paris, Éd. du Cerf, 2007, pp. 213-240.

    10  Critique de la raison pure, B 303.

    11  WdL I, GW 11, p. 7 / SL 11, p. 37.

    12  Ibid.

    13  Ibid.

    14  Mentionnons par exemple K. Hartmann, « Hegel, a Non Metaphysical View », in A. Mac Intyre (ed.), Hegel. A Collection of Critical Essays, London, University of Notre Dame Press, 1972 ; G. Lebrun, La Patience du concept, Paris, Gallimard, 1968 ; R. Pippin, Hegel’s Idealism. The Satisfaction of the Self-consciousness, Cambridge, Cambridge University Press, 1989.

    15  Enzykl., § 41 Zusatz, W 8, p. 114 / Encycl. 1, p. 497.

    16  Hegel se réfère parfois explicitement à la critique des « systèmes » chez des auteurs comme Condillac. Voir par exemple GdP, W 19, pp. 247-248. Sur le rapport entre les conceptions du système chez les Lumières et chez Hegel, voir E. Renault, La Naturalisation de la dialectique, Paris, Vrin, 2001, chapitre. 4.

    17  C’est sans doute dans la Préface de la Phénoménologie de l’esprit que cette prétention métaphysique à saisir immédiatement l’essentiel et à le fixer sous des prédicats fondamentaux est contestée le plus vigoureusement : « La philosophie, par contre, ne considère pas la détermination inessentielle, mais la détermination en tant qu’elle est détermination essentielle ; ce n’est pas l’abstrait ou ineffectif qui est son élément et contenu, mais l’effectif, ce qui se pose soi-même et qui dit dans soi […]. C’est le processus qui se donne en les engendrait ses moments et qui les parcourt, et ce mouvement tout entier constitue le positif et la vérité de celui-ci […]. Le phénomène est le naître et disparaître qui, lui-même, ne naît ni ne disparaît, mais est en soi, et[constitue l’effectivité et le mouvement de la vie de la vérité » (PhG, GW 9, pp. 34-35 / Phénoménologie de l’esprit. Préface et introduction, pp. 117-119).

    18  « La science [de l’absolu] est essentiellement système, parce que le vrai en tant que concret est seulement en tant qu’il se déploie lui-même et se recueille et retient dans l’unité, c’est-à-dire en tant que totalité » (Enzykl., § 14, W 8, p. 58 / Encycl. 1, p. 180).

    19  Voir par exemple G. H. Mead, « Suggestions toward a theory of the philosophical disciplines », Philosophical Review 9 (1900), pp. 1-17 et J. Dewey, « From Absolutism to Experimentalism », in G. P. Adams, W. P. Montague (éd.), Contemporary American Philosophers, New York, 1930, vol. II, pp. 13-27. Une nouvelle lumière est jetée sur ces questions par une publication récente : J. R. Shook, J. A. Good, John Dewey’s Philosophy of Spirit, with the 1897 Lecture on Hegel, Fordham University Press, 2010.

    20  Voir par exemple, G. H. Mead, « A new criticism of Hegelianism : Is it valid ? », American Journal of Theology 5, (1901), pp. 87-96 ; J. Dewey, « Beliefs and Existences » (1906), in The Influence of Darwin on Philosophy and Other Essays, New York, Henry Holt and Co, 1910. Comme l’a montré J. Good, Dewey lutte depuis la fin des années 1880 contre l’interprétation métaphysique et théologique de Hegel par T. H. Green et F. H. Bradley, au nom d’une interprétation alternative développée par les hégéliens de St. Louis. Voir à ce propos, ainsi que pour une spectaculaire réévaluation de l’importance de Hegel dans le pragmatisme deweyien, J. Good, A Search for Unity in Diversity : The « Permanent Hegelian Deposit » in the Philosophy of John Dewey, Lanham, Lexington Books, 2005.

    21  Voir notamment M. Theunissen, Sein und Schein, Francfort/M., Suhrkamp, 1978, et B. Longuenesse, Hegel et la critique de la métaphysique, Paris, Vrin, 1981.

    22  Il serait pourtant possible de faire ressortir les connotations pragmatistes du concept hégélien d’expérience ; voir à ce propos, E. Renault, « L’autonomie de la raison comme “présupposé de l’époque” », à paraître dans les actes du colloque « L’idée d’autonomie : ses enjeux ontologiques, critiques et politiques » (Tozeur 19, 20, 21 et 22 novembre 2009).

    23  Voir R. B. Pippin, Hegel’s Idealism : the Satisfactions of Self-Consciousness, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, et Hegel’s Practical Philosophy : Rational Agency as Ethical Life, Cambridge, Cambridge UP, 2008, ainsi que T. Pinkard notamment dans German Philosophy, 1760-1860. The Legacy of Idealism, Cambridge, Cambridge University Press, 2002. On trouvera des critiques complémentaires de ce genre d’approche dans J.-Ph. Deranty, « La reconnaissance hégélienne et ses enjeux pour la philosophie politique et sociale contemporaine », Politique et société, vol. 28, n° 3, 2009, pp. 45-74 et D. Wittmann, « Faut-il relire Hegel à travers Kant ? », infra, p. 398

    24  Pour cette spécificité du concept hégélien d’expérience, voir Adorno, « Le contenu de l’expérience », Trois études sur Hegel, Paris, Payot, 1979, et « Sujet et objet », Modèles critiques, Paris, Payot, 1984.

    25  WdL I, GW 11, p. 17 / SL 11, p. 13.

    26  WdL I, GW 11, p. 17-23 / SL 11, pp. 13-21.

    27  Enzykl., § 246 Zusatz, W 9, pp. 20-21 / Encycl. 2, pp. 343-344. Sur la place du moment métaphysique dans les sciences, voir notamment J.-M. Buée, « Spéculation et sciences positives : le cas des mathématiques », in J.-M. Buée, E. Renault, D. Wittmann (dir.), Logique et sciences concrètes…, op. cit., pp. 113-126.

    28  Sur l’épistémologie hégélienne, voir E. Renault, « Les ambiguïtés de l’épistémologie hégélienne », in M. Caron (dir.), Hegel, op. cit., pp. 363-393.

    29  Voir l’Introduction de la Dialectique négative.

    30  Sur les ambiguïtés de cette thèse, voir J.-F. Kervégan, L’Effectif et le rationnel. Hegel et l’esprit objectif, Vrin, 2007, pp. 17-32.

    31  Dans un texte fondateur de la gauche hégélienne comme ses Streitschriften zur Vertheidigung meiner Schrift über das Leben Jesu und zur Charakteristik der Gegenwartigen Theologie (1837-1838), D. Strauss s’efforçait de montrer que si l’opposition du rationnel à l’effectif constituait une rechutte de Hegel dans Kant et Fichte, leur identification substantielle constituait une rechute de Hegel dans le panthéisme schellingien (voir 3e cahier, pp. 65-75 sq.), et il reprochait à ce qu’il devait dénommer « droite » hégélienne quelques pages plus loin de succomber à cette seconde erreur.

    32  Voir B. Bauer dans La trompette du jugement dernier – Contre Hegel, l’athée et l’Antéchrist – Un ultimatum (1841 ; trad. Baatsch, Paris, Aubier, 1972).

    33  Enzykl., § 382 Zusatz, W 10, p. 26 / Encycl. 3, p. 392.

    34  Voir la dernière section de la Dialectique négative. Pour un commentaire, voir A. Bellan, A. Cicatello, L. Cortella, « Le “Meditazioni sulla metafisica” nella Diallettica Negativa di Adorno », in L. Cortella (dir.) Teoria critica e metafisica, Milano, Mimesis, 2009, pp. 105-182.

    Auteur

    • Emmanuel Renault

      Maître de conférences à l’École Normale Supérieure de Lyon.
      Publications principales : Marx et l’idée de critique, Paris, PUF, 1995 ; Mépris social. Ethique et politique de la reconnaissance, Éditions du Passant, Bègles, 2000 ; Hegel. La naturalisation de la dialectique, Vrin, Paris, 2001 ; Philosophie chimique. Hegel et la science dynamiste de son temps, PUB, Pessac, 2002 ; L’Expérience de l’injustice. Reconnaissance et clinique de l’injustice, Paris, La Découverte, 2004 ; Souffrances sociales. Psychologie, sociologie, politique, Paris, La Découverte, 2008.

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    1  WdL I, GW 11, p. 7 / SL 11, p. 5.

    2  C’est du moins ce que nous avons soutenu dans E. Renault, « La métaphysique entre logique et sciences particulières », in J. B. Buée, E. Renault, D. Wittmann (dir.), Logique et sciences concrètes (nature et esprit) dans le système hégélien, L’Harmattan, Paris, 2006, pp. 13-32.

    3  Dès les tous premiers développements de l’école hégélienne, la question fut posée de savoir si la Science de la Logique devait être complétée par une métaphysique (comme le soutenaient les pseudo-hégéliens comme le fils Fichte ou Weisse) ou si elle constituait déjà par elle-même une métaphysique complète (comme le soutenaient des hégéliens orthodoxes). Pour une critique du point de vue pseudo-hégélien sur ce point, voir Julius Schaller, Die Philosophie unserer Zeit (1837). Rosenkranz affirmait quant à lui que la Logique hégélienne contenait bien le principe d’une métaphysique complète, mais qu’elle n’avait pas encore été développée par l’école hégélienne (voir la préface de sa Psychologie, 1837). Quant aux Jeunes-hégéliens, leur volonté d’appliquer la philosophie à l’histoire présente les conduisait à des interprétations non-métaphysiques.

    4  Voir notamment R. Rorty, « Quelques usages américains de Hegel », Philosophie 99 (automne 2008), pp. 5-20.

    5  La manière dont Adorno mobilise Hegel dans le cadre d’un polémique contre la « liquidation de la philosophie » et au profit d’un « sauvetage de la métaphysique » fournit une illustration la plus intéressante de cette orientation ; voir Dialectique négative, Paris, Payot, 1978 et Métaphysique. Concepts et problèmes, Paris, Payot, 2006. L’objectif de la dernière partie de sa Dialectique négative est de sauver la métaphysique à l’époque de son impossibilité absolue. Il écrit dans sa lettre à Scholem du 14 mars 1967 que « l’intention de sauver la métaphysique est en fait l’intention centrale de la Dialectique négative ».

    6  Voir notamment W. A. De Vries, Hegel’s Theory of Mental Activity, Ithaca/ London, Cornell University Press, 1988 ; R. Brandom, « Quelques thèmes pragmatistes dans l’idéalisme de Hegel : Négociation et administration dans la conception hégélienne de la structure et du contenu des normes conceptuelles », Philosophiques, 27/2, 2000 ; « Esquisse pour une programme pour une lecture critique de Hegel. Comparer les concepts empiriques et les concepts logiques », Philosophie 99, pp. 63-95 ; J. McDowell, « Hegel et le mythe du donné », Philosophie 99, pp. 46-62.

    7  Voir par exemple A. Honneth, Les Pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel, Paris, La Découverte, 2008.

    8  C’est également le sens de la critique du traitement kantien des antinomies, voir à ce propos G. Lebrun, « L’Antinomie et son contenu », in O. Tinland (dir.), Lectures de Hegel, Paris, Livre de Poche, 2005, p. 395.

    9  Voir sur ce point O. Tinland, « L’idéalisme hégélien », in M. Caron (dir.), Hegel, Paris, Éd. du Cerf, 2007, pp. 213-240.

    10  Critique de la raison pure, B 303.

    11  WdL I, GW 11, p. 7 / SL 11, p. 37.

    12  Ibid.

    13  Ibid.

    14  Mentionnons par exemple K. Hartmann, « Hegel, a Non Metaphysical View », in A. Mac Intyre (ed.), Hegel. A Collection of Critical Essays, London, University of Notre Dame Press, 1972 ; G. Lebrun, La Patience du concept, Paris, Gallimard, 1968 ; R. Pippin, Hegel’s Idealism. The Satisfaction of the Self-consciousness, Cambridge, Cambridge University Press, 1989.

    15  Enzykl., § 41 Zusatz, W 8, p. 114 / Encycl. 1, p. 497.

    16  Hegel se réfère parfois explicitement à la critique des « systèmes » chez des auteurs comme Condillac. Voir par exemple GdP, W 19, pp. 247-248. Sur le rapport entre les conceptions du système chez les Lumières et chez Hegel, voir E. Renault, La Naturalisation de la dialectique, Paris, Vrin, 2001, chapitre. 4.

    17  C’est sans doute dans la Préface de la Phénoménologie de l’esprit que cette prétention métaphysique à saisir immédiatement l’essentiel et à le fixer sous des prédicats fondamentaux est contestée le plus vigoureusement : « La philosophie, par contre, ne considère pas la détermination inessentielle, mais la détermination en tant qu’elle est détermination essentielle ; ce n’est pas l’abstrait ou ineffectif qui est son élément et contenu, mais l’effectif, ce qui se pose soi-même et qui dit dans soi […]. C’est le processus qui se donne en les engendrait ses moments et qui les parcourt, et ce mouvement tout entier constitue le positif et la vérité de celui-ci […]. Le phénomène est le naître et disparaître qui, lui-même, ne naît ni ne disparaît, mais est en soi, et[constitue l’effectivité et le mouvement de la vie de la vérité » (PhG, GW 9, pp. 34-35 / Phénoménologie de l’esprit. Préface et introduction, pp. 117-119).

    18  « La science [de l’absolu] est essentiellement système, parce que le vrai en tant que concret est seulement en tant qu’il se déploie lui-même et se recueille et retient dans l’unité, c’est-à-dire en tant que totalité » (Enzykl., § 14, W 8, p. 58 / Encycl. 1, p. 180).

    19  Voir par exemple G. H. Mead, « Suggestions toward a theory of the philosophical disciplines », Philosophical Review 9 (1900), pp. 1-17 et J. Dewey, « From Absolutism to Experimentalism », in G. P. Adams, W. P. Montague (éd.), Contemporary American Philosophers, New York, 1930, vol. II, pp. 13-27. Une nouvelle lumière est jetée sur ces questions par une publication récente : J. R. Shook, J. A. Good, John Dewey’s Philosophy of Spirit, with the 1897 Lecture on Hegel, Fordham University Press, 2010.

    20  Voir par exemple, G. H. Mead, « A new criticism of Hegelianism : Is it valid ? », American Journal of Theology 5, (1901), pp. 87-96 ; J. Dewey, « Beliefs and Existences » (1906), in The Influence of Darwin on Philosophy and Other Essays, New York, Henry Holt and Co, 1910. Comme l’a montré J. Good, Dewey lutte depuis la fin des années 1880 contre l’interprétation métaphysique et théologique de Hegel par T. H. Green et F. H. Bradley, au nom d’une interprétation alternative développée par les hégéliens de St. Louis. Voir à ce propos, ainsi que pour une spectaculaire réévaluation de l’importance de Hegel dans le pragmatisme deweyien, J. Good, A Search for Unity in Diversity : The « Permanent Hegelian Deposit » in the Philosophy of John Dewey, Lanham, Lexington Books, 2005.

    21  Voir notamment M. Theunissen, Sein und Schein, Francfort/M., Suhrkamp, 1978, et B. Longuenesse, Hegel et la critique de la métaphysique, Paris, Vrin, 1981.

    22  Il serait pourtant possible de faire ressortir les connotations pragmatistes du concept hégélien d’expérience ; voir à ce propos, E. Renault, « L’autonomie de la raison comme “présupposé de l’époque” », à paraître dans les actes du colloque « L’idée d’autonomie : ses enjeux ontologiques, critiques et politiques » (Tozeur 19, 20, 21 et 22 novembre 2009).

    23  Voir R. B. Pippin, Hegel’s Idealism : the Satisfactions of Self-Consciousness, Cambridge, Cambridge University Press, 1989, et Hegel’s Practical Philosophy : Rational Agency as Ethical Life, Cambridge, Cambridge UP, 2008, ainsi que T. Pinkard notamment dans German Philosophy, 1760-1860. The Legacy of Idealism, Cambridge, Cambridge University Press, 2002. On trouvera des critiques complémentaires de ce genre d’approche dans J.-Ph. Deranty, « La reconnaissance hégélienne et ses enjeux pour la philosophie politique et sociale contemporaine », Politique et société, vol. 28, n° 3, 2009, pp. 45-74 et D. Wittmann, « Faut-il relire Hegel à travers Kant ? », infra, p. 398

    24  Pour cette spécificité du concept hégélien d’expérience, voir Adorno, « Le contenu de l’expérience », Trois études sur Hegel, Paris, Payot, 1979, et « Sujet et objet », Modèles critiques, Paris, Payot, 1984.

    25  WdL I, GW 11, p. 17 / SL 11, p. 13.

    26  WdL I, GW 11, p. 17-23 / SL 11, pp. 13-21.

    27  Enzykl., § 246 Zusatz, W 9, pp. 20-21 / Encycl. 2, pp. 343-344. Sur la place du moment métaphysique dans les sciences, voir notamment J.-M. Buée, « Spéculation et sciences positives : le cas des mathématiques », in J.-M. Buée, E. Renault, D. Wittmann (dir.), Logique et sciences concrètes…, op. cit., pp. 113-126.

    28  Sur l’épistémologie hégélienne, voir E. Renault, « Les ambiguïtés de l’épistémologie hégélienne », in M. Caron (dir.), Hegel, op. cit., pp. 363-393.

    29  Voir l’Introduction de la Dialectique négative.

    30  Sur les ambiguïtés de cette thèse, voir J.-F. Kervégan, L’Effectif et le rationnel. Hegel et l’esprit objectif, Vrin, 2007, pp. 17-32.

    31  Dans un texte fondateur de la gauche hégélienne comme ses Streitschriften zur Vertheidigung meiner Schrift über das Leben Jesu und zur Charakteristik der Gegenwartigen Theologie (1837-1838), D. Strauss s’efforçait de montrer que si l’opposition du rationnel à l’effectif constituait une rechutte de Hegel dans Kant et Fichte, leur identification substantielle constituait une rechute de Hegel dans le panthéisme schellingien (voir 3e cahier, pp. 65-75 sq.), et il reprochait à ce qu’il devait dénommer « droite » hégélienne quelques pages plus loin de succomber à cette seconde erreur.

    32  Voir B. Bauer dans La trompette du jugement dernier – Contre Hegel, l’athée et l’Antéchrist – Un ultimatum (1841 ; trad. Baatsch, Paris, Aubier, 1972).

    33  Enzykl., § 382 Zusatz, W 10, p. 26 / Encycl. 3, p. 392.

    34  Voir la dernière section de la Dialectique négative. Pour un commentaire, voir A. Bellan, A. Cicatello, L. Cortella, « Le “Meditazioni sulla metafisica” nella Diallettica Negativa di Adorno », in L. Cortella (dir.) Teoria critica e metafisica, Milano, Mimesis, 2009, pp. 105-182.

    Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?

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    Ce livre est cité par

    • Cardani, Michele. (2018) The Oxford Handbook of Hegel. By Dean Moyar (Ed.). Oxford University Press: Oxford, UK, 2017; 880 pp.; ISBN: 9780199355228. Philosophies, 3. DOI: 10.3390/philosophies3010004
    • (2013) Comptes rendus. Archives de Philosophie, Tome 76. DOI: 10.3917/aphi.761.0125
    • Spector, Céline. (2020) Les Lumières de Charles Taylor. Revue de métaphysique et de morale, N° 108. DOI: 10.3917/rmm.204.0497
    • Vuillerod, Jean-Baptiste. (2020) La production historique des normes dans la philosophie de Hegel. Dialogue, 59. DOI: 10.1017/S0012217320000384
    • Chataignier, Gustavo. (2023) Scenes of action – criticism of the ending. Enrahonar. An international journal of theoretical and practical reason, 71. DOI: 10.5565/rev/enrahonar.1476
    • Marx jeune hégélien, 1841-1844. DOI: 10.70675/60d97049z772ez47b1z992fzd04668901c77
    • L’anti-hégélianisme de la philosophie française des années 1960 : constitution et limites d’un renversement philosophique. DOI: 10.70675/4eac82d9z3cd3z4101z9b87zb2f1768f06f0
    • Concevoir l’historicité. L’histoire et les différentes formes de temporalité chez Hegel et Schelling. DOI: 10.70675/b36f8b14z838ez43a9zb911zf5f623a33f9c
    • Fonder la philosophie. Essai sur les aspects logiques et systématiques de la théoriehégélienne de la fondation. DOI: 10.70675/a8b0605cz840dz4af1za142zb8a82ed60660
    • L'amour et la justice : Hegel et la famille. DOI: 10.70675/b7a50796z4303z4abfz8cf6z9e0900312e61
    • Hegel et la "forme de l’être" : éléments pour une théorie de la référence dans la Science de la logique. DOI: 10.70675/60516f5cz2aaaz49e9zb59fz1d70cb22bbea
    • Le retour de la chouette : étude sur la réception de Hegel dans la philosophie italienne contemporaine. DOI: 10.70675/55b4daf6z0d67z4595zaa3dz9cfcc6883ec3
    • Historicité et présent du discours philosophique. Le modèle hégélien de ses sources à ses critiques. (Gadamer et Foucault). DOI: 10.70675/49ae4edcz8250z4816z900ezccfa25c3d011
    • Jeu et critique. Objet, méthode et théorie de la société dans la philosophie de Th. W. Adorno. DOI: 10.70675/978fb898za93fz442fzaee0z121f276bf93f
    • Rationalité et normativité : Hegel et la question du jugement politique. DOI: 10.70675/57d9e1a9z4c2az4e72z9826za689c8cf9975
    • Le droit du plus faible comme principe d'interprétation judiciaire en droit civil de la personne. DOI: 10.70675/a270293ez84cbz4905zb949zf83cd1ac00d7
    • Normes internationales élargies et dépassement du calcul de la valeur. DOI: 10.70675/18dcaefazdb68z41cdzad45za3f5f30519b6
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    • De la publicité kantienne a l'éthicité hégélienne. Raison et vie des normes. DOI: 10.70675/79170814zc754z4bbfzb3a6z19ffc9693f41

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    • Olivero, Massimo. (2023) Saisir le fondement de la figure : pour une théorie du gros plan organique. Théorème, 35. DOI: 10.4000/11szn

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    Renault, Emmanuel. « Deux critiques et deux sauvetages de la métaphysique ». Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?, édité par Jean-François Kervégan et Bernard Mabille, CNRS Éditions, 2012, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.50172.

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    Kervégan, J.-F., & Mabille, B. (éds.). (2012). Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.49787
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    Kervégan, Jean-François, et Bernard Mabille, éditeurs. Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?. CNRS Éditions, 2012, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.49787.
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