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  • Chapitre V. Le mobilier
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral MOBILIER MÉTALLIQUECLOUTERIE ET ÉLÉMENTS DE CONSTRUCTIONFIBULESBAGUES COUDÉES EN ORPARURE ET VAISSELLE EN VERREPARURES EN LIGNITERONDELLES DE CÉRAMIQUEAUTRES PETITS MOBILIERSMONNAIESCATALOGUE DES MONNAIES DU SANCTUAIRE DE CORENTAMPHORESCATALOGUE DES TIMBRESCÉRAMIQUES LATÉNIENNESCÉRAMIQUES ROMAINESFAUNERESTES HUMAINSLES RESTES TEXTILES. ANALYSE DES VESTIGES EN MATIÈRE ORGANIQUE DE LA COTTE DE MAILLESLES GRAFFITI SUR CÉRAMIQUEDESCRIPTIF DES GRAFFITI Notes de bas de page Auteurs

    Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre V. Le mobilier

    Matthieu Demierre, François Blondel, Magali Garcia, Adeline Richard, Hélène Duchamp, Aline Colombier, Alexandre Michel, Romain Guichon, Pascal Brand, Katherine Gruel, Matthew Loughton, Romain Lauranson, Aurélie Tripier, Sylvain Foucras, Patrice Courtaud, Elisabeth Rousseau, Fabienne Médard et Richard Sylvestre

    p. 137-504

    Texte intégral MOBILIER MÉTALLIQUEPARURE ET HABILLEMENTBraceletsAnalyse qualitativeAnalyse taphonomiqueAnalyse spatialeAnneauxAnalyse qualitativeAnalyse taphonomiqueAnalyse spatialeAutres objets de paruresAnalyse qualitativeAnalyse spatiale et taphonomiqueClous de chaussuresUne méthode particulièreDescription et analyse par catégorieSynthèseAnalyse quantitative de la parureARMEMENTAnalyse qualitativeLes armes d’hast et de jetLes fourreaux, les épées et le fourniment annexeL’armement défensifDépôt de type « trophée »Équipement militaire romain (militaria)Analyse taphonomiqueAnalyse spatialeAnalyse quantitative de l’armementACTIVITÉS CULINAIRESAnalyse qualitativeCouteauxRécipientsInstruments du foyer et ustensiles de cuisineAnalyse taphonomiqueAnalyse spatialeAnalyse quantitative des activités culinairesACTIVITÉS ARTISANALESAnalyse qualitativeOutils liés au travail du boisOutils liés aux travaux d’entretienOutils liés au travail du textileOutils liés au travail du cuirOutils inclassables selon la matière travaillée ou d’identification incertaineOutils et déchets liés au travail du métalLes outilsLes déchetsAnalyse spatiale et taphonomiqueAnalyse quantitative des activités artisanalesPOIDS ET MESURESBalances et poidsFragments de balancesPoidsOBJETS LIÉS AU TRANSPORTOBJETS DE TOILETTEOBJETS À CARACTÈRE RELIGIEUXOBJETS RELATIFS À L’ÉCRITUREMOBILIER ET IMMOBILIERLa serrurerieOBJETS INCLASSABLES ET POLYVALENTSOBJETS INDÉTERMINÉSCLOUTERIE ET ÉLÉMENTS DE CONSTRUCTIONMÉTHODOLOGIEDéfinition et modalités d’usageHistorique des recherchesMéthode de classificationMesures et observations de référenceRestitution des clous fragmentésDensité et répartitionLimites de l’étudeLES CLOUSAnalyse factorielle des correspondancesTypologieLES RIVETS ET CLOU-RIVETSTypologieINTERPRÉTATIONS ET RÉSULTATSSanctuaire laténienSanctuaire gallo-romainFIBULESTYPES REPRÉSENTÉS1. Fibules de schéma La Tène moyenne (Fibeln vom Mittellatèneschema)Typologie : Metzler 1 ; Gebhard 13 à 22 ; Feugère 1.2. Fibules de Nauheim et variantes (Nauheimer Fibeln und Varianten)Typologie : Feugère 5a et c ; Metzler 3 ; Gebhard 6a, 7, 8 et 27 ; Ettlinger 1.3. Fibule de type Lauterach (Lauteracher Fibel)Typologie : Gebhard 9b ; Feugère 5c5.4. Fibules filiformes (Drahtförmige Fibeln)Typologie : Feugère 2, 4abc et 5b ; Metzler 7 et 8 ; Gebhard 5.5. Fibule à arc coudé à l’angle droit (Knickfibel)Typologie : Poux, 1999 ; Metzler, 1991.6. Fibule à tête couvrante / à coquille (Schüsselfibel)Typologie : Feugère 7a : tête couvrante ; Feugère 7b à d : coquille ; Metzler 9 ; Ettlinger 2 ; Riha 1.13 ; Gebhard type 10.7. Fibules à nodosités (Knotenfibeln, Geschweifte Fibel mit Bügelknopf)Typologie : Feugère 8 ; Metzler 3d, 4 et 6a, b et d ; Ettlinger 8 ; Almgren 65/66 ; Gebhard 11, 12, 26, 30-34.8. Fibule filiforme à pied fenestré (Drahtförmigefibel mit reich durchbrochenem Fuss)Typologie : Feugère 9a.9. Fibule à collerette (Kragenfibel)Typologie : Feugère 10 ; Metzler 10 ; Ettlinger 19.10. Fibule à ressort à fixe-corde et à arc rubané (Einfache Spiralfibel mit Sehnenhaken und Blechbügel)Typologie : Feugère 9b ; Metzler 15.11. Fibule à cache-ressort de type Langton-Down (Hülsenspiralfibeln vom Typ « Langton-Down »)Typologie : Feugère 14b1 ; Metzler 17 ; Ettlinger 23 ; Riha 4.4.12. Fibule simple à cache-ressort (Einfache Hülsenspiralfibel)Typologie : Metzler 19 ; Ettlinger 21 ; Riha 4.2 ; Feugère 14b3.13. Fibule à couvre-ressort de type Nertomarus (Nertomarusfibel)Typologie : Feugère 14b2 ; Metzler 19 ; Ettlinger 21 ; Riha 4.3, var. 1.14. Fibule à queue-de-paon (Distelfibel)Typologie : Feugère 19 ; Metzler 12-13 ; Riha 4.5.15. Fibule de type « Aucissa » (Aucissafibel)Typologie : Feugère 22 ; Metzler 24 ; Ettlinger 29 ; Riha 5.2.16. Fibule de type pseudo-La Tène II (Fibel mit zurückgelegtem Fuß)Typologie : Feugère 3 ; Metzler 2 ; Ettlinger 3 ; Lerat 2 à 17 ; Riha 1.4 ; Bertrand 3.17. Fibule à charnière à protubérances latérales (Scharnierflügelfibel)Typologie : Feugère 23d ; Ettlinger 34 ; Riha 5.7.18. Fibule à charnière à arc continu et à pied à petit bouton (Scharnierfibel mit ungeteiltem Bügel und Fussknopfrudiment)Typologie : Feugère 23b ; Riha 5.10.19. Fibules géométriques plates (Einfache runde Scheibenfibel mit Mittelzier)Typologie : Feugère 24 ; Riha 7.2.20. Fibule à charnière à deux axes de symétrie (Gleichseitige Scheibenfibel)Typologie : Feugère 26 ; Riha 7.16.21. Fibule oméga ou pénannulaire (Omegafibel)Typologie : Feugère 30 ; Ettlinger 51 (Omegafibel).LE CAS DES FIBULES DU TYPE DE NAUHEIMRÉPARTITION SPATIALEANALYSE TAPHONOMIQUEBAGUES COUDÉES EN ORTYPOLOGIEDIFFUSION ET ORIGINEMATÉRIAUX, USAGES ET CONTEXTES DE DÉPOSITIONPARURE ET VAISSELLE EN VERREPARURELes braceletsBracelets à profil lisse à section en « D »Bracelets à profils moulurésLes perlesGrosses perles annulairesGrosses perles annulaires à décor spiraléPerles toriques à décor mouchetéPerles en verre monochromeLes perles de taille moyennePerles de taille moyenne mouchetéesPerles de taille moyenne en verre monochromeLes petites perlesPetites perles « grains de collier »Petites perles à décor de fils de verre rapportésPetites perles à décor oculéPetites perles allongéesAnalyse spatialeConclusionVAISSELLE EN VERREPARURES EN LIGNITEBRACELETSPERLESRONDELLES DE CÉRAMIQUETYPOLOGIEPHASAGERÉPARTITIONMOBILIER ASSOCIÉFONCTIONSCas particuliers : grandes rondelles d’amphore et rondelles perforéesInterprétations généralesAUTRES PETITS MOBILIERSINTAILLES EN CORNALINEPERLES EN AMBREOBJETS EN MATIÈRE ANIMALELES OBJETS EN CÉRAMIQUEOUTILS EN PIERREPIERRE GRAVÉEMONNAIESCOMPOSITION DE L’EFFECTIFPOTINSOR, ARGENT ET BRONZES FRAPPÉSPETITS BRONZES LOCAUXPHASAGE DES TYPES MONÉTAIRESLE CAS PARTICULIER DE LA STRUCTURE SUR POTEAUX DCONCLUSIONCATALOGUE DES MONNAIES DU SANCTUAIRE DE CORENT1. Monnaies de Marseille2. Monnaies ibériques3. Potins4. Monnaies arvernes5. Petits bronzes de Corent6. Monnaies des Bituriges Cubi7. Petits bronzes à gueule de loup, Levroux8. Monnaies des Lemovices9. Monnaies carnutes10. Monnaies de Narbonnaise11. Monnaies du Centre-Est12. Monnaies romainesAMPHORESFACIÈS GÉNÉRALANALYSE PAR STRUCTURE ET NIVEAU ARCHÉOLOGIQUEFossé de périboleFosse cuvelée E2Fosse cuvelée E4Tranchée de palissade extérieureEnclos AEnclos BNiveaux d’épandages laténiens de la structure sur poteaux DEstampillesCATALOGUE DES TIMBRESCÉRAMIQUES LATÉNIENNESCORPUSMÉTHODOLOGIECritères technologiquesTexture de la pâteFaçonnageModes de cuissonTraitements de surfaceClassifications des productionsRépertoire des formesNormes de présentationFOSSÉ DE PÉRIBOLE (ÉTAT 1)Ensembles étudiésPhase 1.1Phase 1.2Éléments résiduels et intrusifsCéramique indigèneCéramique grossièreCéramique mi-fineCéramique fineImportationsAnalyse chronologiquePhase 1.1. (construction de l’enclos palissadé et premiers dépôts)Phase 1.2 (fonctionnement et condamnation de l’enclos palissadé)Analyse fonctionnelleGALERIE MONUMENTALE (ÉTAT 2)Lots étudiésPhase 2.1Phase 2.2Phase 2.3Phase 2.x (indifférenciée)Éléments résiduels et intrusifsCéramique indigèneCéramique grossièreCéramique mi-fineCéramique fineVaisselle d’importationAnalyse chronologiquePhase 2.1 (construction de la galerie)Phases 2.2 et 2.3 (utilisation et abandon de la galerie)Analyse fonctionnelleENCLOS ACéramique indigèneCéramique grossière et mi-fineCéramique fineImportationsAnalyse chronologiqueENCLOS BCéramique indigèneAnalyse chronologiqueNIVEAUX DE SOLS ET STRUCTURES LIÉESEnclos CStructure sur poteaux DCuves libatoires (E)Analyse chronologiqueAnalyse fonctionnelleCÉRAMIQUES ROMAINESCÉRAMIQUES FINESCéramique sigilléeCéramique à paroi fineCéramique métallescenteCéramique fine engobéeLampeCÉRAMIQUES COMMUNESCéramique commune griseCéramique commune rougeCéramique grise fineCéramique claire calcaireCéramique pâle fineCéramique à engobe blancCéramique à engobe rougeCéramique à vernis interneCéramique claire micacéeCONCLUSIONFAUNEENCLOS ALes caprinésEstimation quantitativeEstimation de l’âgeEstimation du sexeLe porcEstimation quantitativeEstimation de l’âgeEstimation du sexeLe bœufLe chienL’avifauneConclusionENCLOS BLes caprinésLe porcConclusionSTRUCTURE SUR POTEAUX DLe porcLes caprinésLe bœufLe chienL’avifauneAutresConclusionPÉRIBOLELe porcLes caprinésLe bœufLe chienLe chevalLes espèces sauvagesLes animaux sauvages non consommésLes animaux sauvages consommésConclusionBIOMÉTRIE DES ESPÈCESÉVOLUTION DU FACIÈSRESTES HUMAINSLES RESTES HUMAINS DU SQUELETTE CÉPHALIQUEDentsFaceMandibulesMaxillaire et fragment de pariétalFragment d’occipitalFragment de pariétalVoûte crânienneLES RESTES HUMAINS DU SQUELETTE INFRA-CRÂNIENDiaphyse fémoraleTêtes fémoralesFragment d’humérusOs coxalCONCLUSIONLES RESTES TEXTILES. ANALYSE DES VESTIGES EN MATIÈRE ORGANIQUE DE LA COTTE DE MAILLESCARTOGRAPHIE DES MATÉRIAUX ORGANIQUESZones 1 et 6Zones 8 et 3LE VESTIGE DE TISSU LOCALISÉ EN ZONE 9Données techniquesIDENTIFICATION DE LA MATIÈRE PREMIÈRECONCLUSIONLes vestiges textilesTaphonomieLES GRAFFITI SUR CÉRAMIQUEDESCRIPTIF DES GRAFFITI Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Le principal intérêt d’une étude monographique consacrée au sanctuaire de Corent réside dans l’abondance et la grande diversité du mobilier retrouvé dans son enceinte (tabl. I). Au fil des cinq campagnes de fouilles menées entre 2001 et 2005, ce sont près de 300000 artéfacts et écofacts, dont le poids avoisine la dizaine de tonnes, qui ont été répertoriés.

    Tabl. I – Diagramme de présentation générale du mobilier.

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    2L’analyse de certaines catégories de mobilier particulièrement pondéreuses a nécessité le recours à un échantillonnage. C’est le cas des céramiques, des amphores et de la faune, dont l’étude repose sur une sélection d’ensembles issus de contextes fiables, considérés comme pertinents du point de vue typo-chronologique et fonctionnel. En revanche, l’intégralité des petits mobiliers, tous matériaux confondus (métal, verre, os, pierre) a fait l’objet d’un examen détaillé. L’étude du mobilier métallique n’intègre pas certaines catégories particulières (clous, fibules, monnaies), traitées individuellement à l’instar des parures en verre, en lignite et en os.

    3Les prochaines parties se sont focalisées sur l’étude qualitative, taphonomique et spatiale de chaque catégorie de mobilier afin de fournir les éléments nécessaires à la confrontation chronologique des différents marqueurs (céramiques, monnaies, parures, amphores) et à la mise en perspectives d’assemblages exposées dans le chapitre VI. De même, ces analyses de mobilier n’abordent que superficiellement les questions interprétatives qu’elles soulèvent. Ces aspects sont en effet développés dans les synthèses thématiques en regroupant les apports des différents champs de spécialisation (chapitre VII).

    MOBILIER MÉTALLIQUE

    4Matthieu Demierre

    5Aborder les pratiques religieuses à partir du mobilier métallique est une tâche ardue, a fortiori lorsque les textes liturgiques ne sont pas conservés. Les pratiques cultuelles sont toutefois perceptibles par le biais de la culture matérielle, grâce à des indices permettant leur identification. Celle-ci s’appuie sur plusieurs critères : la qualité des objets découverts, leur nombre, leur concentration ainsi que les traitements qu’ils ont subis. Utilisés conjointement, ils permettent de distinguer le matériel liturgique du mobilier lié au fonctionnement du lieu de culte. Pour ce faire, seule une approche prenant en compte la totalité du corpus, indépendamment du matériau qui le compose, permet de cerner la globalité de l’activité d’un sanctuaire. Ce chapitre ne prend toutefois en considération que le mobilier métallique qui sera confronté dans un deuxième temps aux autres types de matériel lors de l’analyse des assemblages (chap. VI, p. 530-542).

    6L’ensemble traité comprend 7992 restes en fer, en alliage cuivreux ou en plomb issus des fouilles du sanctuaire à partir de l’année 1992. Il représente la totalité du mobilier métallique du sanctuaire à l’exception des monnaies, des fibules et du matériel relevant de l’âge du Bronze et du Hallstatt. Le matériel ferreux des fouilles de 1992 et 1993, étudié par Lionel Orengo (2003), a été intégré afin d’aborder l’intégralité du matériel provenant du sanctuaire. L’examen des objets en fer a pu bénéficier de nettoyages systématiques à la microsableuse mise à disposition par le Centre archéologique européen du Mont Beuvray. À de rares exceptions près, l’identification des objets en base-cuivre n’a pas nécessité de restauration en raison de leur bon état de conservation.

    7La méthode d’étude employée consiste en l’établissement d’un catalogue raisonné par catégorie fonctionnelle. Ce classement permet d’appréhender le mobilier selon l’activité qu’il représente. Malgré certains efforts de normalisation (Guillaumet, 2003, p. 83-84), les classements fonctionnels diffèrent quelque peu selon les chercheurs, raison pour laquelle leur définition est présentée en en-tête de chaque séquence d’analyse.

    8Une fois le corpus trié selon ces grands thèmes, il est présenté suivant quatre approches distinctes : analyses qualitatives, quantitatives, spatiales et taphonomiques. Cette méthode a été systématiquement exploitée pour les principales catégories fonctionnelles : la parure, l’armement et les activités culinaires et artisanales. Les autres catégories fonctionnelles, nettement moins bien représentées, n’ont été traitées que du point de vue de l’analyse qualitative. Une approche associative est finalement entreprise en combinant à nouveau ces différents prismes d’analyse, mais en englobant, cette fois-ci, toutes les catégories fonctionnelles ainsi que les autres types de mobilier (voir infra, chap. VI, p. 530-542), afin de caractériser et comparer les différents pôles d’activité du lieu de culte.

    9L’analyse qualitative comprend l’identification, la recherche de parallèles et la datation du corpus à partir d’ensembles clos. Ici, la datation sera effectuée à l’aide des parallèles locaux dans un premier temps puis par le biais de divers ensembles clos de tous horizons. Les objets dont la datation fine est problématique ou de datation typo-chronologique large seront replacés dans leur contexte, afin d’établir leur chronologie relative.

    10L’analyse quantitative effectuée en nombre de restes (NR) et en nombre minimum d’individus (NMI) est réalisée selon les protocoles de comptage du matériel métallique normalisés par G. Bataille et J.-P. Guillaumet (Guillaumet, 2003, p. 111-118 ; Bataille, 2008). Le corpus y est traité en trois phases. Les comptages sont tout d’abord réalisés par catégorie fonctionnelle sur l’ensemble du site, puis le mobilier est analysé par type d’objet au sein de chaque catégorie. Les différents secteurs du site seront confrontés sur le plan quantitatif en intégrant toutes les catégories de mobiliers (voir infra, chap. VI, p. 530-542). Les NMI présentés par catégorie fonctionnelle concernent uniquement les objets laténiens, les éléments gallo-romains étant trop peu nombreux pour être pertinents pour ce type d’analyse.

    11Les objets ébauchés ainsi que tous les déchets artisanaux n’ont pas été comptabilisés par la méthode du NMI, pour plusieurs raisons. N’ayant jamais été achevés, ces objets n’ont donc jamais constitué un véritable individu. Le dénombrement des déchets en NR et surtout en poids semble bien plus révélateur d’une quelconque activité artisanale qu’un éventuel NMI. De même, la relative abondance de déchets que peut produire une activité artisanale, même de courte durée, conduirait à surestimer son importance par rapport aux autres catégories de mobilier. D’autres types d’objets n’ont pas non plus été quantifiés selon les protocoles de NMI présentés ici. C’est le cas de nombreux éléments de quincaillerie et d’objets de fonction incertaine ou ubiquiste traités dans l’analyse qualitative, mais n’entrant pas dans la réflexion quantitative globale. Il en est de même pour les clous de chaussures, leur nombre – jusqu’à plus d’une centaine par soulier – et la diversité des types pouvant se trouver sur la même chaussure ne permettent pas une quantification fiable. Les objets d’identification sujette à caution ne sont intégrés aux comptages que s’ils ont pu indubitablement être attribués à une catégorie fonctionnelle.

    12Toutes les catégories fonctionnelles de mobilier sont appréhendées sur le plan taphonomique, selon deux approches distinctes. La première observe les différentes modalités de traitement des objets, qu’il s’agisse de leur fragmentation ou d’éventuelles mutilations volontaires. Faute de moyens techniques, les phénomènes de dégradation des objets dans le sol (corrosion pré- et post-inhumation par exemple) n’ont malheureusement pu être intégrés dans cette analyse. La seconde approche est étroitement liée à l’étude spatiale. Son objectif principal est de mettre en exergue les éventuelles concentrations d’un type ou d’une catégorie d’objet sélectionné ainsi que d’interpréter la position du mobilier par rapport à certaines structures archéologiques. L’établissement des cartes est réalisé à partir des objets inventoriés sur le site en utilisant leurs coordonnées. Les artéfacts non individualisés à la fouille sont repositionnés de manière aléatoire, soit dans le carré de 4 m2 correspondant à leur unité de fouille, soit dans leur structure d’origine. La nature du substrat géologique du site ainsi que les différentes perturbations modernes ayant bouleversé les couches archéologiques (voir supra, chap. I, p. 17-19) seront prises en compte avant d’interpréter les cartes de répartition. Ces dernières sont réalisées en fonction des catégories fonctionnelles, puis par type d’objet. Ce choix, bien qu’offrant une vision réductrice de la répartition des objets, permet d’appréhender les différentes catégories de mobilier successivement et offre une meilleure lisibilité.

    13Le contexte de chaque objet est pris en considération afin de déterminer s’il se trouvait en position de dépôt primaire, secondaire ou tertiaire. Un code couleur a été adopté suivant le contexte de découverte. Ainsi, les marqueurs noirs correspondent aux objets en position de dépôt primaire et les gris aux objets en position de dépôt secondaire, tandis que le blanc est attribué aux objets en position de dépôt tertiaire.

    14Le mobilier issu d’un dépôt peu ou non perturbé est traité comme du mobilier en position primaire. Les niveaux de sol conservés, le deuxième état du fossé interprété comme un niveau de sol affaissé, les remplissages des fossés d’enclos A et B, l’entrée ainsi que les diverses structures en creux ne présentant qu’un seul remplissage, entrent dans cette catégorie. Les niveaux laténiens, constitués lors des nettoyages liés aux réfections du sanctuaire, sont considérés comme des dépôts secondaires. C’est le cas du premier remplissage du fossé d’enclos (état 1.2) ou encore du comblement de la palissade extérieure et des trous de poteaux de la galerie (fin état 2). Les objets gaulois issus de contextes de remblai ou de destruction gallo-romains sont traités comme du mobilier en position tertiaire.

    PARURE ET HABILLEMENT

    15Les objets de parure et d’habillement représentent la catégorie la plus fréquente sur le site, abstraction faite de la quincaillerie, avec plus de 780 restes, soit 10 % du nombre total des objets recueillis. Cette catégorie regroupe les objets personnels de parure ainsi que tous les éléments vestimentaires comme les clous de chaussures, bien que ces derniers puissent être perçus comme caractéristiques d’autres catégories (transport, militaria). Précisons que les fibules ont été intégrées à l’analyse quantitative de ce corpus qui englobe ainsi la totalité des objets de parure métalliques.

    Bracelets

    Analyse qualitative

    16Les trente-six exemplaires laténiens et gallo-romains sont classés suivant la méthodologie utilisée par S. Devilliers pour le sanctuaire de Fesques (Devilliers, 1997). Après avoir séparé les bracelets à jonc creux, aussi appelés tubulaires, de ceux à jonc plein, le classement a pris en considération leurs décors, terminaisons et sections respectifs.

    17– Bracelets à jonc creux ou tubulaires (pl. 1, nos 1 à 8). Ces bracelets sont composés d’une tôle de bronze enroulée sur une âme en matériau périssable ou en fer et fermée par un système de tenon et mortaise ou d’emboîtement. Étant donné la fragilité de ce genre d’assemblage, ces deux modes de fermeture, qui sont les plus fréquents pour ce type, n’ont pu être observés dans ce corpus. Des exemplaires à épissures sont plus rarement attestés, notamment à Gandaillat où un bracelet en argent de ce type a été mis au jour (Orengo, 2002, pl. 12).

    18Apparaissant à La Tène C2 dans les régions orientales et septentrionales de la Gaule, ces bracelets semblent n’être diffusés que plus tardivement durant La Tène D1 dans le centre et le sud de la France (Guichard, 1997, p. 157 ; Devilliers, 1997, p. 217). En témoignent les horizons 3 de Feurs et de Roanne dont le milieu de fourchette chronologique se situe vers 110/100 avant J.-C. (Guichard, 1997, p. 157 ; Devilliers, 1997, p. 217). Ces parures sont donc considérées en Auvergne comme des marqueurs d’une La Tène D1 évoluée correspondant au dernier quart du iie s. av. J.-C. (Deberge et al., 2007). Leur présence dans des contextes tant de La Tène C2 que de La Tène D2 empêche cependant de les considérer comme de véritables fossiles directeurs (Devilliers, 1997, p. 217 ; Debord, 1998, p. 78).

    19Dans le corpus étudié, seuls deux fragments de ce type (nos 4 et 5) ne présentent pas de décor (Devilliers, 1997, type 3, p. 218). Les autres, appartenant au type Ib de Devilliers, sont ornés de rainures gravées longitudinalement (nos 3, 6 et 7) ainsi que diagonalement par rapport à l’axe du jonc. Des exemplaires identiques, décorés ou non, sont connus régionalement dans la seconde moitié du iie s. av. J.-C. dans la phase 3 du Pâtural (Deberge et al., 2007, p. 160, pl. 78, nos 17-23), ainsi que dans la sépulture (17) de Gandaillat où ils sont associés à deux fibules, la première proche du type classique de Nauheim et le seconde en fer, de schéma de La Tène moyenne (Orengo, 2002).

    20Seuls deux individus (nos 2 et 3) issus de contextes non remaniés permettent une tentative de datation plus fine. Provenant du comblement de l’enclos B, le premier exemplaire, dont les stries du décor se développent en diagonale par rapport à l’axe du jonc, trouve un parallèle exact dans le dernier comblement du ruisseau (5557) du Pâtural, daté de la transition entre La Tène D1a et La Tène D1b. Le second, orné de deux rainures centrales et de lignes latérales soulignant le bord du jonc, est attesté à Fesques (Devilliers, 1997, n° inv. 242.7, p. 214, p. 218). Il provient du niveau de marche de la galerie (état 2.2).

    21Un bracelet tubulaire à décors de chevrons alternés (n° 8) a été récolté dans l’épandage entre la « structure de boucherie » et l’enclos C. Déjà attesté à deux reprises sur le Plateau (Daugas, Malacher, 1976, fig. 4 ; Poux et al., 2005, fig. 45), ce type de décor est également attesté au Puy-du-Tour en Corrèze (Hatt, 1941, pl. 2, n° XII). Sa rareté laisse envisager une production sur l’oppidum ou à proximité, même si trois occurrences ne suffisent pas pour le certifier. Si le contexte du sanctuaire n’est d’aucune aide pour proposer une datation, l’exemplaire provenant de l’habitat a été découvert à proximité immédiate de monnaies bretonnes datées entre les années 50 et 35 av. J.-C. (Poux et al., 2005, fig. 25, LT 9541) et dans le même horizon que la paire de fibules en or à ailettes naissantes des années 60-40 av. J.-C. (Poux, 2006). Il permet par conséquent de postuler, avec réserve, une datation de La Tène D2, voire La Tène D2b pour cette variante (fig. 132).

    22– Bracelets à jonc plein sans décor ou à jonc lisse (pl. 1, nos 19 à 30). Les douze fragments de ce type constituent le groupe le mieux représenté sur le sanctuaire. Ils se distinguent par des sections allant du rond (nos 23, 26 et 29) à l’ovale (nos 21, 27, 28 et 30) en passant par la section en « D » (nos 19, 20, 22, 24 et 25). Le seul mode de fermeture conservé, par chevauchement, provient de l’entrée du sanctuaire (n° 20) et est typique de La Tène C2, pour les bracelets à terminaisons bouletées (Devilliers, 1997, p. 223 ; Bataille, 2004, Annexes, p. 46.). Le type à terminaison simple semble toutefois avoir été diffusé durant toute La Tène finale, comme en témoignent les découvertes de Bâle (Fürger-Gunti, Berger, 1980, pl. 10, p. 196) et de Villeneuve-Saint-Germain (Debord, 1998, p. 80). Le mode de fixation de deux autres fragments (nos 19 et 29) est suggéré par l’amincissement de leur tige qui permet de les rapprocher des exemplaires à épissures.

    23Les autres fragments de bracelets filiformes, dont seul le jonc est conservé, sont particulièrement indatables en l’absence de leur terminaison. Notons toutefois que des exemplaires fermés de section ovale sont déjà attestés sur le site dans un ensemble scellé par des épandages de La Tène D1b (Poux et al., 2005, fig. 45). On en retrouve également dans l’horizon 3 de Roanne et dans la phase 3 du Pâtural, datés de la seconde moitié du iie s. av. J.-C. (Guichard, 1997, p. 157 ; Deberge et al., 2007). Leur présence dans les deux états du sanctuaire exclut une datation plus précise que celle de La Tène D.

    24– Bracelets à jonc plein à épissures (pl. 1, nos 13 à 18). La particularité de ces bracelets réside dans leur mode de fixation, constitué de deux fils de section ronde s’enroulant autour du jonc pour créer une butée. Seuls quatre fragments (nos 13, 14, 16 et 18) parmi les huit attribués à ce type sont d’identification assurée, en comptant les deux bracelets à jonc plein lisse dont les extrémités sont amincies. Les épissures fragmentaires peuvent en effet aussi bien appartenir à des bagues avec le même système de fixation ou à d’autres éléments de parure (bracelet méandriforme, bague, armille, etc.). Ce type est bien représenté localement à La Tène C2 et La Tène D1, notamment à Gandaillat (Orengo, 2002), au Pâtural (Deberge et al., 2007, p. 166) et à Pontcharaud (Loison et al., 1991) dans deux tombes datées, respectivement, de la fin du iie s. av. J.-C. et de la transition entre le iie et le ier s. av. J.-C. Il perdure pendant toute l’époque romaine (Swift, 2000, fig. 158 ; Pernet, Carlevaro, 2006, p. 119). Il n’est par conséquent pas possible de proposer une datation plus détaillée de ces éléments, souvent issus de couches remaniées.

    Fig. 132 – Fragment de bracelet tubulaire à décor de chevrons issu de l’empierrement de LTD2.

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    Fig. 133 – Bracelet complet à terminaison bouletée et moulurée, fermé par chevauchement.

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    25– Bracelets à jonc plein à terminaisons bouletées et moulurées (pl. 1, nos 9 à 12). Ces bracelets sont connus pour la période allant de La Tène B2 / La Tène C1 à La Tène D1 dans toute l’Europe tempérée (Van Endert, 1991, p. 9-10, variante I). Ils sont attestés en Auvergne à Aigueperse, à Corent, à Gandaillat et au Pâtural dans la seconde moitié du iie s. av. J.-C. (Faye, 1995, pl. 24, n° 205 ; Mennessier-Jouannet, Dunkley, 1996, p. 25 ; Orengo, 2002). Même si une datation large est généralement admise pour ces exemplaires, les études récentes de sanctuaires, comme celles réalisées à Fesques ou à Mirebeau, proposent une datation de La Tène C2 (Bataille, 2004, Annexe, p. 46 ; Devilliers, 1997, p. 219-223) pour les exemplaires dont les extrémités se chevauchent (fig. 133). Cette datation se base sur des exemplaires mis au jour en contexte clos, comme la tombe T. 2-1 de Gempenach (Kaenel, 1990, pl. 68, T 2-1). Même déformés, les deux individus complets de ce type (nos 9 et 12) correspondent tout à fait à cette catégorie. Leur provenance des deux états du fossé d’enceinte semble pourtant plaider pour une perduration de ce type de mobilier à Corent. La datation typologique de La Tène C2 / La Tène D1 sera néanmoins retenue pour ce type, au regard des problèmes de terrain et des parallèles régionaux.

    26La sphère en fer interprétée comme l’extrémité d’un bracelet (n° 11) provient d’un remblai du sanctuaire antique, qui valide la datation fournie par la pièce issue d’une sépulture du Pâtural attribuée par la stratigraphie à l’époque romaine (Dunkley, 1994, fig. 16).

    27– Bracelet à terminaison de palmipède (pl. 2, n° 1). Ce bracelet de section ronde est terminé par une tête de palmipède stylisée, décorée de lignes pointillées réalisées au poinçon, soulignant le dessus de la tête et le bec de l’animal. En l’absence de parallèle probant, il est risqué de proposer une datation et une attribution culturelle. Les représentations de palmipèdes sont en effet très rares dans le domaine celtique (communication orale E. Vial), alors qu’elles sont communes sur les simpula ou les porte-strigiles tardo-républicains d’importation romaine (Ulbert, 1984, Taf. 12, p. 69-71 ; Feugère, Rolley, 1991). La technique des lignes pointillées ne permet pas non plus de choisir entre les deux cultures. L’abstraction dans la réalisation de la tête de l’animal ferait plutôt penser à un objet de tradition indigène même si ce critère ne semble pas déterminant à la vue des réalisations romaines énoncées. Son contexte de découverte, à l’interface entre les comblements gallo-romains et laténiens du fossé périphérique, n’apporte malheureusement aucune précision.

    28– Bracelets à jonc plein et à décor (pl. 2, nos 2 à 4). Ces trois exemplaires à jonc plein sont rassemblés sous la même appellation même s’ils présentent tous une section et un décor différents. Le premier, de section ovale (n° 4), comporte des rainures sur la tranche du jonc. Il correspond au type Ib de Devilliers, daté de La Tène C2 à La Tène D2 (Devilliers, 1997, p. 223). Mis au jour dans la fosse d’implantation d’un poteau de la galerie, une datation vers La Tène D2 paraît donc envisageable pour cet individu.

    29Bien qu’attesté à La Tène finale (Cordie-Hackenberg, Haffner, 1991, Taf. 443, tombe 1694, h), le bracelet à section en « D » comportant des rainures diagonales (n° 3) peut être daté de l’époque romaine grâce à son contexte. Son décor se retrouve en effet sur des bracelets à épissures ou sur des exemplaires typiques de Rhétie (Riha, 1990, Taf. 17, n° 520 ; Ibid., Taf. 23, n° 600) datés de la première moitié du ive s. apr. J.-C. Sa fragmentation empêche cependant de l’attribuer à un type connu.

    30Le bracelet complet, de section rubanée, orné de lignes pointillées (n° 4), provient du premier comblement du fossé daté de La Tène D1 (état 1.2). Son parallèle à datation large (La Tène C2 - La Tène D2) du sanctuaire de Fesques n’autorise toutefois pas une attribution formelle à cette période (Devilliers, 1997, p. 222-223, type Ia).

    31– Bracelet méandriforme ou serpentiforme (pl. 2, n° 5). Ce bracelet composé d’un fil de bronze tressé, formé en « S », appartient au type 4 des modes de torsion de H. Delnef (Delnef, 2003, fig. 3, p. 273). Caractéristique de la parure de la fin du ive s. et du iiie s. av. J.-C., il est bien attesté en Auvergne avec des occurrences à Aigueperse, à « La Grande Borne » ainsi qu’au Pâtural (Deberge et al., 2007, pl. 78, n° 3 ; Mennessier-Joannet, Dunkley, 1996, fig. 25, n° 19), dans des contextes de La Tène B2 et de La Tène C1.

    32– Terminaison à disque de bracelet (pl. 1, n° 6). Ce mode de fermeture peut être complété soit par un fil à l’autre extrémité, soit par la même terminaison en disque dans laquelle est passé un élément en fibre végétale. Attesté de La Tène moyenne à la période augustéenne (Riha, 1990, Taf. 20, n° 558 ; Devilliers, 1997, p. 219-222), sa provenance stratigraphique ainsi que son absence sur les sites laténiens régionaux plaident ici pour une datation de la période augustéenne.

    Fig. 134 – Répartition des bracelets de typologie laténienne.

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    Analyse taphonomique

    33Sur les trente-trois fragments de bracelets laténiens découverts, seuls quatre peuvent être considérés comme complets (pl. 1, nos 9, 12 et 20 ; pl. 2, n° 4). Tous les autres exemplaires sont dans un état plus ou moins fragmentaire. La relative fragilité de constitution des bracelets tubulaires peut expliquer leur fragmentation, a fortiori lorsqu’ils proviennent de couches de remblai. En revanche, les nombreux exemplaires à jonc plein présentent des manipulations spécifiques. Certains comportent en effet des traces de torsion (pl. 1, nos 12 et 21 à 23) et même d’entailles, réalisées à l’aide d’une cisaille ou d’un petit marteau (n° 21). Ces mutilations volontaires, pratiquées durant les deux phases du sanctuaire, ont également pu être observées sur les sanctuaires de Mirebeau et de Fesques à la fin de La Tène moyenne et au début de La Tène finale (Devilliers, 1997 ; Almodovar, 2004). Les destructions volontaires de bracelets par torsion ou par cisaillement y côtoient, comme à Corent, le dépôt d’objets entiers. Ces pratiques rendent plus complexe l’approche des fragments ne portant aucune trace de manipulation même si seuls les exemplaires comportant des indices indéniables de traitements peuvent être considérés comme relatifs à un acte religieux.

    Analyse spatiale

    34La carte de répartition des bracelets montre une certaine concentration dans la zone proche de l’entrée avec huit fragments et trois individus complets, soit un tiers du NR (fig. 134). Ces artéfacts sont pour la plupart en position primaire avec sept individus (pl. 1, nos 3, 9, 14, 17, 20, 22 et 30) issus des sols de la galerie et de l’entrée. Ces dépôts de la seconde phase du sanctuaire coïncident avec certains de la première phase comme le démontrent les trois individus (pl. 1, nos 10 et 25 ; pl. 2, n° 4) du premier état, retrouvés de chaque côté de l’entrée. Un bracelet complet (pl. 2, n° 4) de ce lot est situé à proximité d’un autre exemplaire intact de l’état 2 (pl. 1, n° 9), avec des altitudes variant de moins de 0,10 m. La situation en bordure de fossé (proche d’une fosse romaine) de cet individu à terminaison bouletée fermée par chevauchement attribué à La Tène C2 / La Tène D1 laisse supposer que les deux individus aient été associés dans un même lieu de dépôt. Dans ces conditions, il s’agirait d’un dépôt secondaire, résultant du déplacement dans le fossé d’un premier dépôt contenant les deux parures.

    Anneaux

    Analyse qualitative

    35Les anneaux en alliage cuivreux peuvent être utilisés comme boucle de ceinture ou comme perles de colliers. Ils appartiennent au domaine de la parure, contrairement aux anneaux ferreux, impossibles à classer. Bien que certains − les plus grands en particulier − puissent servir à d’autres fins, ils ont tous été intégrés à cette catégorie fonctionnelle afin de simplifier les comptages. Ce postulat se justifie d’autant plus au vu des différentes concentrations reconnues, où toutes les dimensions d’anneaux sont représentées. En témoigne l’inhumation d’un adolescent à Pontcharaud (Puy-de-Dôme), datée du deuxième quart du ier s. av. J.-C., où un collier présente huit perles, dont cinq en verre et trois en bronze de diamètres intérieurs variant entre 8 mm et 19 mm. Pour l’analyse qualitative, les anneaux ont cependant été arbitrairement séparés en trois types, avec le diamètre intérieur comme critère discriminant, suivant une méthode également utilisée pour l’étude du corpus de l’oppidum de Manching (Van Endert, 1991, p. 104).

    36– Les perles (pl. 2, nos 7 à 27). Les perles en alliage cuivreux et en fer (nos 26 et 27) présentent un faible diamètre (moins de 7 mm) et une épaisseur plus importante que leur section, majoritairement droite sur sa face interne. Aucun doute n’est possible quant à l’attribution de ces fragments au domaine de la parure. Au même titre que les petites perles en verre, elles font partie intégrante de colliers dont l’assemblage est maintenu par un lien organique.

    37– Les petits anneaux (pl. 2, nos 28 à 67 ; pl. 3, nos 1 à 31 ; pl. 4, nos 1 à 19). Proche de celui des perles, le diamètre de ces anneaux − variant entre 6 mm et 14 mm − permet de leur attribuer la même fonction sans trop de réserve. Ils peuvent présenter des sections diverses, allant du rond au losange, en passant par plusieurs variantes de formes comme la section en « D » ou en quart-de-rond. Les nombreux individus de ce type d’anneaux − avec des diamètres internes variant entre 4 mm et 22 mm −, dont la section est cannelée ou décorée de rainures (pl. 4, nos 1 à 19), valident l’interprétation de perles pour tous les anneaux de cette taille, identification confirmée par des associations en contextes funéraires et d’habitat. Le site de Villeneuve-Saint-Germain (Debord, 1998, p. 75-77, fig. 16), par exemple, livre un assemblage de quatorze perles cannelées − de toutes dimensions −, avec deux autres perles en verre. Ce parallèle permet de fixer le nombre de perles d’un seul et même collier à quatorze, donnée qui sera utilisée pour la réalisation des NMI.

    38– Les grands anneaux (pl. 3, nos 32 à 54). Sont appelés ainsi les exemplaires non cannelés dont le diamètre dépasse 15 mm. Leurs sections sont similaires à celles des petits anneaux. Contrairement à ceux-ci, il n’est pas certain qu’ils fassent partie des accessoires vestimentaires. Leur utilisation comme boucle de ceinture et comme perle est tout de même probable.

    39– Les anneaux à protubérances (pl. 3, nos 55 et 56). Typiques de La Tène finale (Déchelette, 1927, p. 475, fig. 404), ces anneaux, dont le jonc est agrémenté de boules, servaient de pendentif ou de perle suivant leur mode de fixation. Considérés comme caractéristiques des oppida de l’Est, les occurrences du Mont Beuvray, de Lacoste, de Gondole (Van Endert, 1991, p. 21 ; Deberge et al., 2009, fig. 67) et de Corent permettent d’en douter, ou du moins de relativiser leur origine. Leur datation s’échelonne sur tout le ier s. av. J.-C. et perdure jusqu’au Haut-Empire. L’exemplaire de Gondole ainsi que celui du sanctuaire de Corent proviennent de contextes évolués de La Tène D2.

    40– Un anneau cloué ? (pl. 3, n° 57). Un anneau récolté sur le sol gaulois à l’entrée du sanctuaire est traversé par un clou. Il est difficile de déterminer si cet acte est volontaire, car les nombreux anneaux et clous issus de cette zone rendent plausible la thèse d’une association fortuite due au délabrement du porche d’entrée. Il demeure toutefois envisageable que l’anneau ait été volontairement cloué compte tenu de sa situation, immédiatement sous la tête du clou. Si tel est le cas, on peut considérer cette association comme un ex-voto ou un dépôt particulier, réalisé à l’entrée du sanctuaire. Son unicité, par contre, ne plaide pas pour une interprétation rituelle de cet objet, de même que mettre en évidence une pratique religieuse à partir d’une seule occurrence archéologique demeure aléatoire.

    Fig. 135 – Répartition des anneaux en alliage cuivreux.

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    Analyse taphonomique

    41La fragmentation des anneaux change considérablement suivant leur taille. Alors que les perles sont toutes complètes, 11 % des petits anneaux (11 sur 99) et 65 % des grands anneaux (15 sur 23) sont fragmentaires. Ces différences s’expliquent sans aucun doute par la robustesse des petits anneaux. Leurs contextes de découverte (des couches de remblai pour la majeure partie des fragments de grands anneaux) démontrent que leur état de conservation résulte davantage de cassures accidentelles que d’actes volontaires. Il ne faut donc pas considérer cette fragmentation comme la marque d’un quelconque rituel, mais plutôt comme la conséquence des différents remaniements du terrain.

    42De nombreuses traces d’usure ont été relevées sur la plupart des anneaux. Elles se manifestent par un amincissement du jonc de l’anneau sur nombre d’exemplaires (par ex. : pl. 2, nos 34, 52 et 62) et par des cannelures lissées à peine lisibles sur les perles cannelées (pl. 4, nos 11 et 12). Cette empreinte du temps sur les anneaux démontre que ceux-ci étaient portés avant leur dépôt dans le sanctuaire et écarte l’hypothèse d’anneaux produits dans la perspective d’un dépôt immédiat dans le sanctuaire1.

    Analyse spatiale

    43L’entrée du sanctuaire se distingue par une forte concentration d’anneaux de tous types (fig. 135). Leur répartition marque le passage de l’entrée à l’endroit où le fossé s’arrête et s’étend au nord sur le fossé périphérique. Cet étalement au-delà de la zone de passage peut s’expliquer par la position stratigraphique des anneaux. Ces derniers proviennent en effet de l’entrée du sanctuaire, mais aussi du remplissage supérieur du fossé alors qu’ils sont presque absents de la première phase. Ces dons de mobiliers ont par conséquent eu lieu plutôt durant le deuxième état du sanctuaire. Leur position à l’entrée coïncide avec les concentrations de monnaies, de jetons et de perles en verre déjà mises en évidence à cet endroit (Poux et al., 2004, p. 90-91, fig. 57 ; Guichon, 2006). Conjugués, ces dépôts d’objets circulaires laissent présumer d’une pratique particulière (manifestation de vote, perception ritualisée d’une sorte de droit d’entrée, pratique de libéralité) à cet endroit du site, qui sera débattue en synthèse (cf. supra, chap. VII, p. 591-609). Si l’on revient à leur fonction de perle, leur dépôt sous forme de colliers à l’entrée du sanctuaire est également envisageable. Dans ces conditions, ils peuvent autant avoir été déposés à même le sol qu’avoir été suspendus le long de l’entrée.

    44Hormis à l’entrée, les anneaux sont également bien représentés dans les enclos A et B. Les individus de l’enclos A proviennent des couches de sol, des fossés et des remblais gallo-romains2. Leur concentration au milieu de la branche sud de cet enclos permet toutefois d’y voir la trace d’un dépôt volontaire. Leur association avec des jetons à cet endroit précis témoigne d’un même rituel que celui pratiqué à l’entrée du sanctuaire. Ce tronçon du fossé pourrait de ce fait correspondre à l’entrée de l’enclos (Poux et al., 2003, p. 71-79, fig. 37) ; son orientation vers le centre du sanctuaire plaide également pour cette interprétation. La pierre de seuil retrouvée au centre de la branche est de l’état maçonné du bâtiment relativise toutefois la pertinence de cette interprétation.

    45Le fossé nord de l’enclos B livre sept anneaux en position primaire qui peuvent être considérés comme une forte concentration, compte tenu du degré d’arasement des vestiges dans la zone. Les deux enclos semblent donc être le théâtre de pratiques cultuelles identiques du point de vue des assemblages métalliques, similarité déjà soulignée par les nombreux crânes de chèvres et de moutons découverts dans leurs fossés respectifs.

    Autres objets de parures

    Analyse qualitative

    46Le corpus d’objets de parure est complété par un ensemble de treize bagues, deux torques en fer, divers éléments de ceinture, deux pendentifs, ainsi qu’une épingle gallo-romaine, présentés par type et par période.

    47– Torques ou colliers en fer (pl. 4, nos 20 et 21). Les deux torques de section ronde du sanctuaire présentent deux terminaisons différentes : un système de fermoir (n° 20) et une extrémité enroulée (n° 21). Leur aspect fruste suggère une utilisation comme lien d’une parure plus élaborée comprenant des perles en verre, voire des matériaux périssables, sans exclure qu’ils aient été portés tels quels.

    48Le système de fixation en fermoir est trop commun pour permettre toute datation. L’exemplaire à l’extrémité enroulée (n° 20) a le même type de terminaison qu’un bracelet en fer de Condé-sur-Suippe (Pion, 1996, Type F1, pl. 171). Un torque en fer ouvert à terminaison simple et de section ronde est également connu sur l’oppidum des Castels à Nages avec une datation de La Tène D2 (Tendille, 1980, p. 101, fig. 3, n° 23). Mis à part ces quelques éléments, nos connaissances sur la parure annulaire en fer de La Tène finale sont néanmoins assez réduites, en raison de sa rareté et de la difficulté de l’identifier à l’état fragmentaire. C’est pourquoi, par manque de comparaison typo-chronologique idéale, la datation de nos exemplaires sera donnée par leur contexte : soit l’état 1.2 (La Tène D1) pour l’exemplaire à fermoir (n° 20), et l’état 2.2 (La Tène D1b / La Tène D2) pour celui à terminaisons enroulées (n° 21).

    49– Bagues laténiennes ou issues de contexte laténien (pl. 4, nos 22 à 27). Six bagues répondent à ce critère.

    50L’anneau ouvert terminé par deux spirales opposées (n° 22) pourrait être affilié au type 300 de Waldhauser (Waldhauser, 1998), type qui comprend les exemplaires ouverts à terminaisons décorées (Endprofilierte Fingerringe). Des pièces similaires sont attestées dans les nécropoles de Wederath (Haffner, 1971, tombe 302, Taf. 76, n° 12) et de Chevilly (communication orale D. Josset), en association avec du mobilier de La Tène D1a3. Cette bague provient du remblai de construction de l’état 2 au sud de l’entrée, qui laisse supposer une perduration de ce type de bague jusqu’à La Tène D1b, même s’il se peut que cet individu puisse être rattaché à la phase précédente, le niveau de destruction de la palissade (état 2.1).

    51L’anneau fermé à décor perlé (n° 23), récolté dans des couches d’occupation de la galerie (état 2.2), peut être attribué au type 150 de Walhauser (Waldhauser, 1998, type 100 à anneau fermé, geschlossene Fingerringe). Déjà attesté au iie s. av. J.-C. avec des exemplaires en or (Waldhauser, 1998, Abb. 2, n° 37, n° 38), la relative simplicité de ce type explique sa perduration durant tout le Haut-Empire romain. E. Riha le considère comme caractéristique des régions du Rhin et des provinces danubiennes, avec des datations centrées sur le iie s. apr. J.-C. et ne dépassant pas la première moitié du ive s. apr. J.-C (Riha, 1990, type 21, p. 43). Elle estime que ce type est d’origine celtique, tout comme H. Guiraud qui attribue une datation post-conquête aux anneaux fermés (Guiraud, 1989, p. 203, type de bague 8, type de décor d). Compte tenu de son contexte, notre exemplaire peut être daté de La Tène D2, voire La Tène D2b, si l’on suit la datation proposée par H. Guiraud. L’exemplaire de Mirebeau, issu d’une couche de remblai, ne permet pas de proposer une datation plus fine (Almodovar, 2004, pl. 16, n° 216).

    52La dernière bague en fer (n° 24) n’est pas d’origine celtique puisqu’il s’agit d’un bijou à intaille ayant perdu sa pierre, dont la présence en Gaule interne est très rare avant la Conquête (Guiraud, 1989, p. 173-174). Mise au jour sur le sol gaulois du sanctuaire, cette parure est classifiable dans le type Ic de Guiraud qui comprend les exemplaires à épaules convexes dont l’anneau forme un tout avec la tête et se développe verticalement (Guiraud, 1989, type Ic, p. 180, 189 et 203). Ce type, dont les premières occurrences en Gaule proviennent de la Narbonnaise dès la première moitié du ier s. av. J.-C., est attesté dans les fossés d’Alésia (Brouquier-Reddé, Deyber, 2001, pl. 93, p. 76-83). Les créations romaines de cette province ainsi que de la Rhénanie fournissent la grande majorité des exemplaires connus du type qui perdurera jusqu’à la seconde moitié du ier s. apr. J.-C. L’exemplaire de Corent, issu d’un niveau de sol gaulois, ne doit donc pas forcément être daté après la Conquête, compte tenu du fort niveau de romanisation du pays arverne au ier s. av. J.-C. et de la découverte à proximité du sanctuaire d’un exemplaire similaire dans un épandage de La Tène D1b. On retiendra donc la datation de son contexte (La Tène D1b / La Tène 2a) pour ce bijou, même si celle de La Tène D2b semble plus indiquée, comme l’attestent également les occurrences mises au jour dans les faubourgs artisanaux de l’oppidum de Gondole (Deberge, 2010, fig. 67).

    53Trois bagues coudées en or ont été mises au jour dans une tranchée de palissade venant s’appuyer sur la cloison nord de l’état 2 (nos 25 à 27). Ces parures font l’objet d’une étude détaillée dans ce même chapitre V (p. 272-275).

    54– Boucle d’oreille (pl. 4, n° 28). La seule boucle d’oreille répertoriée est constituée d’un anneau simple dont les extrémités pointues se pincent sur l’oreille. Déjà attesté à l’âge du Bronze, ce système de boucle d’oreille a aussi été mis au jour sur l’oppidum d’Ambrussum dans un remblai contenant du matériel du ive s. av. J.-C. au ier s. apr. J.-C (Tendille, 1980, p. 99-100, fig. 2, 13 et 18). La longue perduration de ce type, également présent sur le sanctuaire gallo-romain du Puy-de-Dôme (Bataille, Guillaumet, 2004, pl. 1, 2001/4048/02), ne permet pas de dater cet exemplaire autrement que d’après son contexte, en l’occurrence le sol de la galerie laténienne.

    55– Espaceur de collier (pl. 4, n° 29). Récolté sur un niveau de circulation laténien, cet objet constitué d’un fil enroulé de manière hélicoïdale était intercalé entre les perles d’un collier comme le prouvent les nombreuses occurrences de Giubiasco (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 128). Daté de La Tène finale au sud des Alpes, il est plutôt rare dans le Centre de la France où il est attesté dans l’horizon 2 ou 3 de Roanne (Guichard, 1997, p. 158, pl. 109, n° 47).

    56– Applique vestimentaire (pl. 4, n° 30). Ce fragment de tôle, dont chaque extrémité est enroulée pour former une petite douille, peut être interprété comme une applique vestimentaire ou un élément de pendentif ; les deux douilles serviraient alors à suspendre la plaque de bronze à un lien organique. Il provient d’un niveau de sol laténien.

    57– Éléments de ceinture ou de vêtement (pl. 4, nos 31 à 35). Les cinq objets regroupés sous cette appellation posent un problème, car aucun d’entre eux n’a de parallèle exact. Leur identification repose donc plus sur leur morphologie que sur la base de références bibliographiques.

    58Les deux appliques en forme de tonneau ou de bobine (nos 31 et 32) sont attestées avec un mode de fixation différent − des rivets matés − sur le sanctuaire des Bolards à Nuits-Saint-Georges (Sautot, 1977, pl. XXX, n° 2), où elles sont interprétées comme une applique de ceinture. La même désignation est donnée aux douze agrafes à griffes et à tête ogivale creuse retrouvées en association à Villeneuve-Saint-Germain (Debord, 1998, pl. 19-20). La combinaison des parallèles du décor et du mode de fixation permet donc de qualifier ces éléments d’ornements de ceinture. Leur datation est fournie par leur contexte : le comblement de l’état 2 du fossé. Cette position stratigraphique proche des premiers niveaux gallo-romains, de même que son style, n’exclut toutefois pas une datation à l’époque romaine.

    59Le petit cône tronqué à griffes (n° 33) devait lui aussi être fiché dans le cuir d’une ceinture, vraisemblablement comme extrémité renforcée, aussi appelée ferret. La même identification peut être proposée pour les deux fragments de bande de tôle triangulaires maintenus par deux rivets (n° 34). L’espacement entre les deux tôles concorde tout à fait avec l’espace laissé par la disparition d’un élément organique de tissu ou de cuir. L’attribution au domaine vestimentaire de la petite frette en tôle de bronze (n° 35) reste quant à elle sujette à caution. Aucune datation fiable ne peut être attribuée à ces trois derniers objets provenant de remblais.

    Fig. 136 – Détail du plateau de la bague avec l’inscription « SI DAS, DABO ».

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    60– Pendentifs (pl. 5, nos 1 et 2). Le pendentif, dont seul l’anneau de suspension et un départ de tige sont conservés (n° 2), est trop fragmentaire pour permettre une quelconque identification. Une attribution chronologique demeure également impossible en raison de sa découverte lors d’une passe mécanique.

    61L’autre pendentif apparaît sous la forme d’une hache miniature en fer dont la lame est percée et striée (n° 1). Sa douille pleine enlève toute fonctionnalité à cet objet et plaide pour une interprétation de parure. Il ne semble pas devoir être considéré comme une miniaturisation d’outils4 ou d’armes (Squévin, 1994) comme nous en connaissons pour certains sanctuaires gallo-romains à partir de la seconde moitié du ier s. av. J.-C.5 Cet objet s’inscrit plutôt dans la filiation des pendentifs d’objets miniatures laténiens en bronze comme ceux trouvés en contexte La Tène C2 / La Tène D1 dans les sépultures (561, 585) de Gandaillat (Deberge et al., 2007, fig. 14, p. 16-17) ou le chaudron miniature de Levroux (Guillaumet, 2000, p. 13, n° 8). Malgré le contexte remanié dont elle est issue, cette parure peut être datée de La Tène D2, voire de La Tène D2b, au vu de l’exemplaire identique récolté dans l’habitat en association avec du mobilier d’une phase avancée de La Tène D2, comportant notamment une boîte à sceau en forme de bourse tardo-républicaine (Poux et al., 2005, p. 31, fig. 45, 2005/15428/655 ; Ibid., fig. 22).

    62– Maillon de chaînette (pl. 5, n° 3). Ce genre de maillon de chaînette est fréquemment retrouvé en association avec divers objets de parure comme les fibules et plus rarement les bracelets (Deimel, 1987, Taf. 46), durant La Tène finale et l’époque romaine. Son contexte plaide pour une attribution à cette période.

    63– Bagues gallo-romaines (pl. 5, nos 4 à 7). Trois des quatre bagues de typologie gallo-romaine appartiennent au type 2 de Guiraud (Guiraud, 1989, p. 181-185) et proviennent de contextes gallo-romains remaniés. Leur morphologie, la plus commune en Gaule, est constituée d’un anneau qui forme un tout avec la tête et se développe horizontalement.

    64Les deux exemplaires monométalliques en alliage base-cuivre (nos 4 et 5) sont classés dans la variante 2g de la même typologie, qui débute à l’époque augustéenne voire césarienne6 et perdure jusqu’au ive s. apr. J.-C. Aucune précision supplémentaire ne peut être avancée pour le fragment à plateau plat (n° 5) issu du premier nettoyage de la zone de l’édifice cultuel à galerie périphérique.

    65Le large plateau de l’autre bague monométallique (n° 4) comporte une inscription latine gravée en lettres cursives « SI DAS, DABO » (fig. 136) traduisible par la promesse « si tu (me) donnes (ton amour), je (te) donnerai (mon amour) ». Son faible diamètre – 13 mm à 15 mm − laisse supposer que ce bijou appartenait à une femme ou à un adolescent. Les deux propositions de l’inscription sont séparées par un trait gravé partageant le large plateau de la bague. On le retrouve sur deux bagues à inscription d’Augst datées de la seconde moitié du iie s. à la première moitié du ive s. apr. J.-C. Elles constitueraient, la bague de Corent mise à part, les deux exemplaires connus les plus méridionaux d’un type de bague de morphologie similaire à notre exemplaire, originaire de la région rhénane (Henkel, 1913, Taf. 33, p. 818-873 ; Riha, 1990, p. 35). Hormis les deux exemplaires d’Augst et six autres dispersés, une cinquantaine de bagues similaires ont été retrouvées empaquetées dans un sol des canabae du camp de légionnaire à Bonn. Elles sont interprétées en commun accord par plusieurs auteurs (Henkel, 1913, p. 239 ; Riha, 1990, p. 35 ; Guiraud, 1989, p. 204-205) comme une production locale du début du iiie s. apr. J.-C., destinée aux habitants peu fortunés de cette zone périphérique du camp militaire. Ce type de bague serait destiné, selon ces auteurs, a des individus issus des classes sociales plus modestes. La même observation peut être formulée pour la précédente (n° 17).

    66En plus du trait central de l’inscription, les formules amoureuses sont également mentionnées sur tous les exemplaires rhénans avec des graffiti comme « DA VITA », « TE AMO » ou « DULCIS » (Henkel, 1913, Taf. XXXIV, nos 833, 851/1, 853/4 et 837-839). Le thème de l’amour, tout à fait récurrent sur les bagues romaines (Henkel, 1913, p. 325 ; Riha, 1990, p. 35), est exprimé selon les mêmes termes que ceux de notre exemplaire sur une bague comportant le texte « SI DAS, DO », « si tu me donnes (ton amour), je te donne (le mien) » (Henkel, 1913, p. 325).

    67Quoi qu’il en soit, le verbe « donner » n’a aucun objet sur notre exemplaire. Bien que la référence au cadeau entre amants demeure l’interprétation la plus plausible, cette formule peut également correspondre à du racolage auquel cas l’inscription signifierait alors : « si tu me donnes (de l’argent), je te donne (mon corps) ». Le contexte de découverte des exemplaires de Bonn, les canabae, va également dans ce sens en considérant les contacts fréquemment prouvés entre l’armée romaine et les prostituées (Stump, 1998, p. 186-172). Une scène de l’Asinaire de Plaute7 permettrait également de justifier cette hypothèse. On y voit deux hommes établir un contrat pour la « location » d’une prostituée pendant une année. Entre autres formalités visant à protéger le locataire et à lui garantir l’entière et exclusive propriété de la jeune fille, une clause du contrat stipule qu’elle ne devra ni montrer sa bague ni demander à voir celle des autres. La bague pourrait donc refléter l’idée de racolage ou du moins de séduction.

    68La bague en fer (n° 6) pouvait servir de sceau contrairement aux deux autres bagues gallo-romaines. Elle comporte en effet une pastille en pâte de verre jaune gravée insérée dans le corps de l’anneau selon la technique du serti clos. L’intaille représente un animal quadrupède à l’air imposant (cheval, bœuf ?). Une identification plus catégorique de l’animal n’a pu être réalisée, comme c’est souvent le cas pour ce genre de motif (Guiraud, 1989, p. 104). Appartenant à la variante 2a de Guiraud (Guiraud, 1989, p. 204-205), datée de la seconde moitié du ier s. av. J.-C. au début du iie s. apr. J.-C., cette bague a un parallèle en tout point identique à Augst dans un contexte du troisième quart du ier s. apr. J.-C. (Riha, 1990, p. 32, Taf. 4, n° 54), datation retenue pour l’exemplaire de Corent. Deux autres intailles, dont l’une représentant une abeille et l’autre un jeune garçon sacrifiant un insecte sur un autel, sont également présentées dans ce même chapitre (voir infra, p. 304).

    69Un anneau de section hémisphérique et orné de stries alternées (n° 7) a été recueilli hors contexte. Bien que de forme simpliste et difficile à dater, on soulignera le nombre d’objets similaires durant le Bas-Empire, notamment dans les phases A et B du ive et du ve s. apr. J.-C. de la nécropole de Kaiseraugst (Martin, 1991, p. 18, Abb. 10, 15-16).

    70– épingle (pl. 5, n° 8). Cette épingle recueillie dans un niveau de démolition gallo-romain présente une tête moulurée vasiforme surmontée d’une boule, caractéristique de la variante I du type 26 de Riha, dont la particularité est une tête non débordante par rapport à la tige (Riha, 1990, p. 111, Taf. 59, nos 2535-2542). À Augst, ce genre de parure est attesté dans des niveaux du iie s. apr. J.-C. et de la première moitié du iiie s.

    Analyse spatiale et taphonomique

    71Ces objets sont trop peu représentés pour permettre une véritable analyse taphonomique concluante. De même, il est difficile de distinguer les objets perdus des objets déposés, en l’absence de concentration marquée. Notons cependant que la seule bague à intaille (pl. 5, n° 6) est issue de la zone de concentration des fibules du début du ier s. apr. J.-C., à proximité de l’entrée. Son appartenance au même dépôt semble donc plausible (voir infra, chap. V, p. 257-258). De même, la boucle d’oreille (pl. 4, n° 28), ainsi que la bague à double spirale (pl. 4, n° 22), correspondent au niveau de dépôt d’anneaux de l’entrée. Leur forme circulaire permet également de les appréhender comme une partie du dépôt de l’entrée, bien que leur perte à cet endroit reste plausible.

    Clous de chaussures

    72Les clous de chaussures font leur apparition en Gaule sous les caligae des légionnaires de César, dont ils protégeaient la semelle de l’usure (Poux, 2008, p. 376-381). Par la suite, ils sont principalement fichés sur des chaussures d’extérieur qu’elles soient civiles ou militaires (Amrein et al., 1999, p. 328-329). Malgré une relative diversité, nous en distinguerons deux principaux types : les clous de chaussures ordinaires et les clous de type militaire présentant un relief sous la tête (Guillaumet, 2003, p. 131). Ces décors, apparaissant sous la forme de globules et de croix, sont souvent interprétés comme des protubérances favorisant l’adhérence du clou à la semelle (Brouquier-Reddé, Deyber, 2001, p. 303-305 ; Ogay, 2004, p. 299). Bien que cette hypothèse puisse toujours être retenue, deux arguments permettent de la nuancer, voire de l’invalider. Tout d’abord, les tiges des clous de chaussures sont volontairement courbées dans la semelle afin de garantir leur fixation et de simples globules ne favorisent que dans une moindre mesure leur adhérence (communication orale M. et S. Volken, Musée de la Chaussure / Gentle Craft Shoe Museum, Lausanne). De plus, les décors ou reliefs disparaissent après la période augustéenne alors que les clous de chaussures deviennent de plus en plus fréquents. Si ces motifs avaient un véritable intérêt fonctionnel, il paraîtrait surprenant que cette technologie soit abandonnée au moment même où ils sont couramment diffusés en Gaule. Ces marques peuvent par conséquent tout aussi bien correspondre au sigle d’un cloutier, voire d’un atelier spécialisé comme cela est connu, par exemple, pour les potiers qui marquent leur céramique d’une estampille.

    Une méthode particulière

    73L’étude des clous de chaussures a été effectuée en partie selon un protocole établi par Markita Volken (2011), à partir des clous de divers corpus valaisans (Suisse). Cette méthode, qui prend à la fois en compte les clous ordinaires et ceux de type militaire, part du postulat que ces divers clous, issus de la matrice d’une cloutière, peuvent être traités de manière similaire à celle des monnaies frappées à l’aide du même coin monétaire. Un protocole tant pour le dessin que pour la description standardisée des clous s’imposait donc afin de pouvoir comparer les différents corpus. Cette approche, loin de se limiter à l’observation des décors et de la morphologie des clous de chaussures, a ensuite été développée pour mettre en évidence une évolution pondérale. Fondée sur le lot de métal brut utilisé pour la réalisation d’un ensemble de clous, cette méthode permet de suivre l’évolution de la masse des clous de chaussures au gré des réformes monétaires et militaires. Faute de temps, le corpus analysé ne sera exploité que sur le plan de la morphologie exposée dans cette méthode afin de déterminer l’apport chronologique de ces artéfacts (Guillaumet, Nillesse, 2000, p. 253). Les décors placés sous la tête de ces clous ainsi que leur taille permettent la distinction entre les exemplaires tardo-républicains et ceux du début de l’Empire romain. Ainsi, les exemplaires comportant un décor géométrique associé à des globules ne sont attestés que dans des contextes tardo-républicains et augustéens anciens, et présentent un diamètre pouvant atteindre plus de 20 mm. Les individus à globule sont quant à eux attestés jusqu’à la période augustéenne avec des dimensions plus restreintes (15 mm) (Poux, 2008, fig. 53 et 56).

    Description et analyse par catégorie

    74Une fois ces jalons chronologiques posés, les clous du sanctuaire peuvent être abordés selon leur type et leur lieu de découverte. Le corpus est composé de 303 clous dont 37 en contexte initial de découverte, 74 issus de remblais et 192 hors contexte. Traitée par type de clous, l’analyse mettra l’accent sur les différents contextes non remaniés où les clous peuvent avoir une incidence chronologique. Les clous hors contexte seront utilisés uniquement à des fins de chronologie absolue.

    75– Clous à décors géométriques et à croix (pl. 5, nos 9 à 14). Parmi les sept exemplaires de ce type, les deux seuls découverts en fouille proviennent de la cour du sanctuaire. Leur présence sur le niveau de circulation laténien atteste que le sol gaulois est resté en fonction jusqu’à la fin de la République.

    76– Clous à globules (pl. 5, nos 15 à 26 ; pl. 6). Les clous à décor globulaire ont été classés en différents exemplaires à quatre, cinq, six, sept, huit et plus de huit globules. On se limitera ici à souligner la provenance de leurs divers types. Un exemplaire à quatre globules a été récolté sur le sol gaulois et un autre lors d’une passe mécanique dans la cour du sanctuaire. Les clous à cinq, six et sept globules sont principalement issus des niveaux de sol liés à l’état 2.3, avec notamment un exemplaire à sept globules provenant de l’empierrement calcaire recouvrant le fossé. Les clous à huit globules se retrouvent essentiellement dans les remblais gallo-romains, même si quelques exemplaires sont également attestés sur le niveau de sol de la cour ainsi que dans les empierrements sus-jacents. Les clous à plus de huit globules sont tous issus de contextes gallo-romains, suscitant toutefois quelque doute quant à leur attribution à la période césarienne. Plusieurs contextes laténiens livrent des clous à globules de type illisible. C’est notamment le cas du comblement supérieur du fossé de l’enclos A, du comblement supérieur du fossé périphérique au sud et au nord de l’entrée et de la couche supérieure de la structure de boucherie. Ces contextes laténiens plaident pour une fréquentation militaire romaine proche de la guerre des Gaules.

    77– Clous particuliers ou ordinaires (pl. 7). Quelques clous présentent un intérêt typologique particulier, comme les clous à bol hexagonal issus de contextes gallo-romains (nos 1 à 4). On notera également un ensemble de clous de petite taille dans la cour du sanctuaire, pouvant être attribués à une sandale (n° 17). La standardisation de ces exemplaires permet d’imaginer la perte d’une telle chaussure.

    78Enfin, deux individus peuvent témoigner de l’activité ponctuelle d’un cordonnier. Le premier peut être considéré comme un raté de fabrication, car il comporte une tige excentrée par rapport à son axe général empêchant sa fixation (pl. 7, n° 6). De même, la tige droite d’un exemplaire atteste qu’il n’a jamais été planté dans une semelle (pl. 7, n° 5). L’absence de repli sur sa tige, ainsi que son cône absolument pas usé, suggèrent que cet individu est neuf.

    Synthèse

    79Le grand nombre de clous de type militaire récoltés indique une fréquentation répétée du site par des soldats romains durant la seconde moitié du ier s. av. J.-C. et le tout début du siècle suivant. Leur présence dans les comblements supérieurs de l’enclos A et dans les niveaux de sols de la galerie témoigne du passage de légionnaires à l’époque césarienne. De même, les exemplaires issus des empierrements de l’état 2.3 du sanctuaire démontrent une fréquentation militaire directement après la Conquête. Leur nombre, leurs diverses provenances et leur variété typologique nous incitent à les interpréter comme la trace d’une fréquentation régulière plutôt que comme la marque de quelques passages sporadiques de troupes.

    Analyse quantitative de la parure

    80Les objets de parures et d’habillement laténiens représentent 438 fragments, sans tenir compte des clous de chaussures s’élevant au nombre de 303. Le NMI a été calculé de deux façons afin d’intégrer à la discussion quantitative les anneaux en tant que dépôt individuel ou constituant de collier. Leur association avec les jetons et les monnaies à l’entrée du sanctuaire ainsi que dans les enclos A et B justifiait cette distinction. Le NMI pondéré (NMIP) le plus important, de 347 individus, ne sera utilisé que dans la confrontation entre les différents éléments de parure. Le NMI comparé aux autres catégories de mobilier sera celui le plus bas, soit 218 individus (fig. 137).

    81Indépendamment de la méthode de calcul utilisée, les fibules apparaissent comme l’élément le mieux représenté dans le sanctuaire. Malgré leur importante fragmentation, leur découverte dans des zones de concentrations, ainsi que dans les enclos, permet de les considérer comme l’élément de parure le plus souvent déposé dans le sanctuaire. Avec 172 individus, les fibules représentent entre 49 % (NMIP) et 80 % (NMI) des objets de parures.

    82Les 141 fragments d’anneaux ne représentent qu’une dizaine de colliers quand on les considère comme l’un de leurs constituants. Traités ainsi, les anneaux ne représentent que 5 % du NMI de parure. Leur représentativité augmente considérablement avec plus de 39 % du NMIP, lorsqu’ils sont appréhendés individuellement. Ce chiffre permet d’estimer la fréquence d’une pratique religieuse où chaque anneau récolté est le signe d’un acte rituel. Cette pratique serait alors presque équivalente au dépôt de fibules dont l’importance doit être pondérée par l’hypothétique perte de certains individus.

    83Les bracelets ne représentent que 23 individus, soit 7 % (NMIP) ou 11 % (NMI), selon la méthode de comptage. Ce faible pourcentage est peut-être dû à la rareté relative des bracelets par rapport aux fibules. À titre de comparaison, dans le sanctuaire de Mirebeau, également caractérisé par des pratiques de dépôt de parure, le ratio des bracelets de La Tène finale par rapport aux fibules est de un pour dix (Bataille, 2004, Annexes, fig. 4-5, p. 46), proportion explicable par un changement tout aussi bien de mode vestimentaire que de pratiques cultuelles.

    84La faible représentation des autres accessoires de parures (bagues, pendentifs…) peut s’expliquer par leur rareté à La Tène finale par rapport aux fibules et autres bracelets.

    ARMEMENT

    85Cette catégorie de mobilier est loin d’être aussi fréquente à Corent que dans les sanctuaires à armes comme ceux de Gournay-sur-Aronde, de Ribemont-sur-Ancre ou de La Villeneuve-au-Châtelot (Bataille, 2008). Il s’agit ici d’appréhender le mode de dépôt ainsi que les pratiques liées à l’armement dans un sanctuaire où cette catégorie fonctionnelle semble sous-représentée avec seulement 92 fragments, soit un peu plus de 1 % du corpus. Tous les objets relevant de l’activité guerrière sont intégrés dans cette catégorie et présentés par types d’objet : les armes d’hast et de jet, les fourreaux, leurs épées et le fourniment annexe (agrafe de ceinturon, chaîne), ainsi que l’armement défensif (boucliers, cottes de mailles, casques). L’étude des éléments relevant de l’équipement militaire romain, les militaria, est réalisée indépendamment. Un dépôt de type « trophée », mis au jour dans la branche nord de la galerie, constitue un assemblage dont tous les éléments sont exposés conjointement, afin de conserver sa cohérence.

    Fig. 137 – Quantification de la parure laténienne en NR (en haut) et en NMI, en comptant les anneaux de manière individuelle (NMI Pondéré) (au milieu) et en les quantifiant en tant que partie d’un collier (NMI Pondéré) (en bas).

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    Analyse qualitative

    Les armes d’hast et de jet

    86Quinze artéfacts peuvent être classés sous l’appellation « armes d’hast », qui désigne toutes les armes offensives dont le fer est emmanché sur une hampe de bois.

    87– Fers de lance ou de javelot (pl. 8, nos 1 à 3). Les fers de lance et de javelot sont composés de trois parties, dont une douille permettant leur fixation à la hampe, une pointe et un empennage, qui prolongent latéralement la pointe. L’association de ces deux derniers éléments forme la flamme (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 53).

    88Le seul individu présentant une flamme complète (n° 1) peut être attribué au type I de Rapin (Rapin, 1988, p. 133, fig. 66, n° 1), dont la particularité est de présenter un empennage convexe à carène moyenne. L’absence de la douille sur notre exemplaire ne permet toutefois pas d’affiner sa datation, tant le type est récurrent durant toute l’époque laténienne. La typologie réalisée précisément sur ce type de fers de lance dans le cadre de l’étude de la nécropole de Giubiasco mène pour l’instant au même constat (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 58). Notre exemplaire correspondrait alors au type 4t de cette typologie, soit un exemplaire à flamme triangulaire de section nervurée8. L’auteur considère que la rigidité procurée à l’arme par la nervure pouvait lui éviter de rompre lors des chocs (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 57). Elle devait être employée comme pique servant à briser les assauts adverses. Compte tenu de la longue utilisation du type, une datation de La Tène D1 fournie par le contexte (état 1.2) sera donc retenue pour cet individu.

    89Les fers de section lenticulaire (pl. 8, nos 2 et 3) peuvent être rapprochés de la morphologie des javelots, destinés à être lancés. Cette fonction est soulignée par une douille plus longue que la flamme qui alourdit ainsi le fer afin qu’il atteigne toujours sa cible en premier. Cette caractéristique, ainsi que leur forme losangique, permet de les attribuer au type 1l de Pernet (Rapin, 1988, p. 103 ; Pernet, Carlevaro, 2006, p. 56). Cette sorte d’armement, rare à La Tène moyenne, semble devenir plus fréquente durant le ier s. av. J.-C., comme le démontrent les nombreux exemplaires d’Alésia9. Une datation large de La Tène D sera attribuée à l’exemplaire issu de la tranchée de fondation moderne, ayant détruit la branche sud de l’enclos A (pl. 8, n° 3), tandis qu’une attribution à l’état 2.3 peut être retenue pour le second (pl. 8, n° 2), même si des exemplaires similaires sont également connus à l’époque romaine (par ex. : Voirol, 2000, pl. 3, n° 23).

    90Les pointes de section losangique (pl. 8, nos 5 et 6) et nervurée sont trop fragmentaires pour leur assigner une fonction précise (lance, javeline, flèche, pique…) et a fortiori une datation. Leurs contextes, le dépôt supérieur de l’enclos A et un sol de l’état 2 permettent toutefois de les rattacher respectivement à La Tène D2b et à La Tène D1b-La Tène D2a (Poux et al., 2002, p. 98).

    91– Pointe de flèche (pl. 8, n° 4). L’interprétation de cet objet, provenant des sols proches de l’entrée, est due au faible diamètre de sa douille10. Sa morphologie foliacée la rapproche du type E de Duval, repris par Sievers (Sievers, 2001, p. 171-172). Son origine celtique ou romaine n’est pas déterminable, compte tenu du faible nombre de représentations de ce type à Alésia.

    92– Talons de lance (pl. 8, nos 7 à 15). Les talons à douille servent à protéger l’extrémité de la hampe en bois tandis que les exemplaires à soie équilibrent l’arme afin de favoriser sa manipulation et/ou d’optimiser sa trajectoire (Rapin, 1988, p. 89, fig. 42). L’identification de seulement cinq des neuf talons est assurée. Il s’agit d’un exemplaire à soie (n° 7), à douille à enroulement comportant un trou de rivet (n° 10) et de trois à douille soudée formant un cône marqué (nos 11 à 13). Par contre, les deux longues douilles soudées (nos 8 et 9) ainsi que les deux plus petites (nos 14 et 15) sont sujettes à caution en raison de leur faible diamètre − entre 10 mm et 17 mm − et de leur morphologie. Les individus similaires attestés à Alésia sont également d’identification incertaine. Notons encore que le diamètre de 10 mm des deux douilles de taille réduite (nos 14 et 15) permet aussi de les interpréter comme des pointes de flèches (Sievers, 2001, p. 168). Les talons à soie disparaissent à la fin de La Tène C2 tandis que les talons à douille, jusqu’alors minoritaires, perdurent jusqu’à la période romaine. Présents dans toutes les phases du sanctuaire, ces derniers sont répartis chronologiquement en fonction de leur contexte.

    Les fourreaux, les épées et le fourniment annexe

    93Les épées, les fourreaux et les éléments aidant à leur suspension (pl. 9 à 11) sont attestés à hauteur de trente-huit restes pour seulement huit individus. Compte tenu de la fragmentation du corpus, les divers composants de fourreau issus d’un même contexte ont été rassemblés afin de procéder à l’analyse typologique (fig. 138). Comme aucune partie proximale de fourreau (pontet, entrée) n’a été mise au jour, l’analyse se concentre sur les bouterolles et les plaques. Les deux parties distales d’épée sont traitées en association avec les fragments de fourreau de leur contexte.

    Fig. 138 – Planche récapitulative des types de fourreau et des fragments représentés (en grisé).

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    94– Fragments de fourreau du type A1 de Guillaumet (pl. 9, nos 1 à 5). Cinq fragments retrouvés dans les couches de l’état 1 de l’angle nord-ouest du fossé périphérique permettent de reconstituer une extrémité de fourreau du type A1 de Guillaumet (Guillaumet, 2003, fig. 58, p. 91-93). Caractérisée par des plaques triangulaires et une bouterolle comportant deux petites nodosités, cette forme est attribuée à La Tène C2 au vu de son association avec des fibules de schéma La Tène moyenne dans le dépôt de Berne-Tiefenau (Müller, 1990, p. 47). Une perduration à La Tène D1 peut être envisagée compte tenu du faible nombre d’occurrences. Les tôles serties sur deux fragments (nos 1 et 2) ne sont solidaires que grâce à la corrosion sur l’extrémité distale triangulaire repliée à deux reprises sur elle-même (n° 4). Un hypothétique fragment de barrette avec pince (n° 3) et une gouttière comportant une petite nodosité (n° 5) complètent l’ensemble et justifient son attribution typologique.

    95– Fragments de bouterolle de type Giubiasco 2 (pl. 9, nos 6 à 9). Quatre fragments peuvent être attribués au type Giubiasco 2 caractérisé par des fourreaux à bouterolle longue à bords parallèles (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 37-40). Ce type, proche des fourreaux du groupe 7 de Gournay-sur-Aronde, a été préféré à ce dernier trop restrictif pour les exemplaires de Corent. Si les trois fragments (nos 6 à 8) d’un même fourreau issu de l’état 1.2 dans la partie médiane de la branche nord du fossé peuvent être rapprochés de la variante 7A2 de Gournay-sur-Aronde (Lejars, 1994, p. 24-25 et 53), la partie de bouterolle à pince double (n° 9) provenant d’un trou de poteau de la galerie est attestée sur plusieurs fourreaux du type Giubiasco 211. Les pinces pleines de ces deux exemplaires permettent de les attribuer à la variante B de ce type, la variante A comportant des pinces embouties. Ce type, défini par L. Pernet, est daté de la fin de La Tène C2 et du début de La Tène D1 sur la base de comparaisons avec de nombreux exemplaires recueillis en contexte funéraire. L’exemplaire arverne d’Aigueperse attribué à la seconde moitié du iie s. av. J.-C. confirme cette datation (Orengo, 2003, pl. 39, n° 1). La bouterolle de la branche nord présente une section rectangulaire comprise entre la pince et l’extrémité de la bouterolle à nouveau en forme de gouttière comportant encore l’extrémité de la plaque. Cette particularité par rapport aux exemplaires caractéristiques du type rappelle la morphologie des orles de bouclier de section rectangulaire (voir supra, p. 154-155, pl. 12, nos 1-6), détail typologique qui ne semble pas devoir remettre en question la datation de cet exemplaire de l’état 1.

    96– Fragments de bouterolle du groupe Ludwigshafen (pl. 9, nos 10 à 12). Les exemplaires de ce type se répartissent au sud (nos 10 et 11) et au nord (n° 12) de l’entrée du sanctuaire dans l’état 1, les exemplaires de la partie méridionale faisant vraisemblablement partie du même fourreau compte tenu de leur proximité (5 cm). Ces fragments de bouterolle à deux pinces triangulaires formant une ellipse constituent des éléments significatifs pour une attribution aux fourreaux du groupe Ludwigshafen.

    97Récemment redéfini par L. Pernet dans le cadre de sa thèse (Pernet, 2010, p. 89-94), le groupe de Ludwigshafen comprend des fourreaux en bronze et en fer à bouterolle longue comportant deux pinces à ellipse et une extrémité naviforme. Il peut être partagé entre les exemplaires de type Montmartin dont la principale caractéristique réside en une faible distance entre la pince inférieure et l’extrémité de la bouterolle (moins de 10 cm) et ceux de type Ludwigshafen présentant une distance plus importante. Le type Montmartin apparaît à la transition entre La Tène C2 et La Tène D1a tandis que le type Ludwigshafen est attesté au plus tard à La Tène D1b. Il est tentant de rapprocher les éléments de Corent du type Montmartin, principalement en fer, même s’ils demeurent trop fragmentaires pour l’affirmer. La datation générale du groupe Ludwigshafen (fin La Tène C2 / La Tène D1) semble, par conséquent, devoir leur être appliquée.

    98– Fragment de bouterolle en bronze (pl. 9, n° 13). Un fragment de bouterolle triangulaire en bronze comportant une barrette a été retrouvé hors contexte. De faible largeur (22 mm), il pourrait correspondre à une extrémité distale des types Ormes ou Pîtres de la fin de La Tène D1 et de La Tène D2a, l’attribution au type Ormes semblant plus probable compte tenu de la rareté des exemplaires en bronze de second type (Pernet, 2010, p. 94-96). Il demeure néanmoins difficile de le confirmer au vu de sa fragmentation et de sa largeur, plus proches du fourreau de couteau que d’épée. L’attribution aux différents types de fourreau demeure donc sujette à caution.

    99– Fragment de bouterolle du type 3B de Lejars (pl. 9, n° 14). Cette bouterolle ajourée a une forme légèrement anguleuse, typique du groupe 3 défini par T. Lejars (Lejars, 1994, p. 22 et 45). Son faible ajour ainsi que la taille de sa partie basse (56 mm) − comprise entre les globules et l’extrémité distale de la pièce – autorisent à la rattacher à la variante B de ce type, datée de La Tène C1a, soit le second tiers du iiie s. av. J.-C. Cette forme est déjà attestée en Auvergne au Pâtural ainsi qu’à « La Grande Borne » dans des contextes de la seconde moitié du iiie s. av. J.-C. (Orengo, 2003, p. 109, pl. 21, n° 2 ; Ibid., p. 99, pl. 3, n° 10).

    100– Fragments d’un fourreau de La Tène finale (pl. 10, nos 1 à 6). L’ensemble des fourreaux découverts sur le sol de l’enclos A est constitué de trois fragments de barrette (nos 1, 2 et 5), d’une agrafe (n° 3), d’un fragment de gouttière (n° 4) et d’une pince subtriangulaire (n° 6). Sans autoriser une attribution typologique claire, la morphologie légèrement arrondie de cet élément permet de rapprocher ces fragments des exemplaires de type Giubiasco 2 (Pernet, Carlevaro, 2006, p. 37-40). L’emplacement de la cassure de l’objet empêche toutefois d’exclure une attribution aux fourreaux du groupe de Ludwigshafen à deux pinces triangulaires (Pernet, 2010, p. 89-94). Une fourchette chronologique pour ces deux types, qui sera détaillée ultérieurement (fin La Tène C2 / La Tène D1), doit donc être envisagée pour dater ces fragments de bouterolle.

    101– Extrémités de lame d’épée et leur fourreau ? (pl. 10, nos 7 à 11). Les deux extrémités distales de lame d’épée font partie d’armes conçues pour frapper d’estoc plutôt que de taille. Elles correspondent au type d’épée communément rencontré à La Tène finale en association avec les fourreaux présentés (Pernet, 2010, p. 96). Ces extrémités de lame étaient associées à deux fragments de plaque (n° 9 et 11) et à une gouttière (n° 10) dans le passage de l’entrée de l’état 2. Les largeurs respectives des plaques correspondent à celles des deux fragments d’épées suggèrent deux assemblages de fourreau et épée cohérents. Les deux décrochements de la plaque (n° 11) indiquent sa position originelle à l’extrémité distale du fourreau. La même constatation peut être formulée pour la plaque rainurée (n° 9) dont la largeur la plus faible du corpus évolue entre 31 mm et 28 mm (fig. 139). On signalera l’aspect moucheté de la corrosion de cet individu qui permet de supposer la présence de chagrinage sur cet exemplaire.

    102– Fragments de plaque de fourreau (pl. 11, nos 1 à 3). Les différentes plaques ont subi de telles déformations que leur gouttière est l’unique élément permettant de les identifier. Considérées dans leur ensemble, elles offrent des informations utiles à l’étude des fourreaux et montrent l’homogénéité du corpus. Toutes les plaques présentent des barres parallèles sans nervure centrale. Leur sertissage est toujours obtenu par repli d’une des plaques sur l’autre. Leur largeur, constituée vraisemblablement uniquement des parties médiane et distale, est très standardisée entre 46 mm et 53 mm, avec un exemplaire nettement plus petit (31 mm) (voir fig. 139, p. 153).

    Fig. 139 – Largeur des plaques de fourreau en mm.

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    103Un fragment de plaque très corrodée (n° 1) peut être interprété comme la tôle avers d’un fourreau grâce à un gros bouton de bouterolle fixé par corrosion. Cet élément, caractéristique des fourreaux de La Tène ancienne et de La Tène moyenne (Lejars, 1994), disparaît au début de La Tène finale avec notamment les exemplaires du groupe 7 de Lejars et permet de dater cet individu au plus tard de La Tène C2 / La Tène D1. La présence toute proche dans le même comblement de l’exemplaire du type A1 de Guillaumet (pl. 9, nos 1 à 5) va dans le même sens. L’état de conservation de cet exemplaire demande toutefois de considérer ces informations avec prudence.

    104– Agrafes de renfort (pl. 11, nos 4 et 5). Ces agrafes servent à renforcer la cohésion des deux tôles du fourreau. Plus le fourreau est long, plus elles sont nécessaires. Leur nombre sur un même fourreau augmente donc à La Tène finale, période durant laquelle les épées ont tendance à s’allonger. Elles ne fournissent cependant aucune information chronologique fiable.

    105– Fragments de gouttière (pl. 11, nos 6 à 12). Les gouttières avec (n° 6) ou sans (nos 7 à 12) départ de barrette sont si fragmentaires qu’il est impossible de les exploiter d’un point de vue chronologique.

    106– Agrafe de ceinturon (pl. 11, n° 13). Les agrafes de ceinturon permettent d’attacher les deux parties du ceinturon militaire indispensables à la suspension du fourreau. Cet exemplaire de l’état 1 est composé d’un anneau de section losangique avec une plateforme atrophiée sur laquelle vient se greffer un bouton émaillé. Déjà attestée sur le site (Faye, 1995, pl. 32, n° 335), elle peut être attribuée au type 4A1b de G. Bataille daté de La Tène D1a (Bataille, 2001, p. 450, fig. 5, n° 19).

    107– Fragment de chaîne de suspension (pl. 11, n° 14). Ce fragment de maille en forme de « 8 », baguée au niveau de son rétrécissement, fait partie d’un système de suspension de fourreau atypique conjuguant à la fois l’association habituelle anneau et agrafe de ceinturon et la chaîne de suspension. Attesté dans la nécropole d’Acy-Romance, au lieu-dit « La Noue Mauroy », ce système a été trouvé en association avec des fibules filiformes à corde interne. Ces parures permettent de dater cet individu de la phase 4 de cette nécropole, soit un faciès La Tène D1 évolué, entre les années 110 et 90 av. J.-C (Lejars, 1996, p. 85). Le contexte de cet exemplaire, découvert sous les niveaux gallo-romains de la branche nord du fossé périphérique, peut être attribué à l’état 2.

    L’armement défensif

    108L’équipement défensif du guerrier laténien comprend toujours un bouclier, parfois un casque et plus rarement une cotte de mailles. Tous ces types de protections personnelles sont présents à l’état fragmentaire dans l’enceinte du sanctuaire. Les boucliers représentent la majeure partie de ce type de mobilier, avec une vingtaine de restes, tandis que deux fragments de casque et au moins deux cottes de mailles sont attestés.

    109– Boucliers (pl. 12). Les boucliers celtiques sont fabriqués en associant des pièces de bois et des éléments métalliques. La coque en fer située au centre du bouclier, appelée umbo, a pour fonction de protéger la main tenant le bouclier. Elle est fixée à la planche du bouclier par des rivets pouvant être hémisphériques creux, discoïdes ou recouverts d’une feuille de bronze (Rapin, 1988, p. 34, fig. 20). À ces quelques composantes métalliques indispensables, on ajoute parfois l’orle et le manipule. L’orle présente généralement une forme de gouttière qui est insérée sur une partie ou la totalité du pourtour de la planche du bouclier pour renforcer sa tranche. Contrairement à l’orle, le manipule, qui sert à consolider la poignée du bouclier, est indispensable, mais souvent réalisé uniquement en bois.

    110– Fragments d’orles (pl. 12, nos 1 à 11). Deux types d’orles sont attestés avec, en premier lieu, des orles de section rectangulaire (nos 1 à 6), simplement rivetés au bouclier par des pattes circulaires (nos 5 et 6) ou trapézoïdales (n° 3). Ce type rare avait déjà été mis au jour à Corent dans la parcelle située au nord du sanctuaire avec un même individu déformé, presque complet, mesurant 68 cm (Orengo, 2003, pl. 55, nos 1 à 5). Il est également attesté sur la colline de Sainte-Blandine à Vienne (Chapotat, 1970, pl. I, n° 12) ainsi qu’à Larina dans l’Isère (Perrin, 1990, fig. 102, nos 372-374). Le second type est constitué d’orles classiques (nos 7 à 11) à gouttière maintenue par des pinces rivetées plus ou moins développées (nos 7 et 10). Les deux types se retrouvent dans les deux états du sanctuaire.

    111Un des plus grands fragments (n° 5) résulte d’une combinaison des deux types suite à une réparation. Une section à gouttière est en effet maintenue sur le bouclier grâce à une pince massive appartenant à un orle de section rectangulaire. Cette réparation résulte de la cassure d’une pince ou de la gouttière de l’orle. On a préféré la conserver en partie et la réparer plutôt que de tenter de changer la totalité de la pièce, choix présentant l’avantage de préserver la planche du bouclier.

    112– Manipules (pl. 12, nos 12 et 13). Les deux manipules, provenant de l’état 1 et 2, présentent une morphologie très simple (Bataille, 2008, type 6, fig. 29) : un fer plat épais (3 mm) élargi et troué aux deux extrémités. Leur identification est confirmée par leur contexte respectif où d’autres fragments de bouclier ou d’armement sont attestés.

    113– Fragments d’umbo (pl. 12, nos 14 et 15). Hormis les exemplaires du dépôt, le sanctuaire n’a livré que deux fragments d’umbo de types différents. Le premier type (n° 14) comporte une faible section de spina (41 mm), impliquant une spina très amincie, caractéristique du type 6 de Gournay-sur-Aronde daté de la fin de La Tène C2 et de La Tène D1 (Rapin, 1988, p. 81, fig. 39, VI). La convergence des ailettes observée sur cet exemplaire ne peut être retenue tant elle peut résulter des traitements qu’a subis cet umbo et qui expliquent également son aspect aplati. Issu d’un nettoyage de la branche nord du fossé périphérique, ce fragment pourrait être attribué à l’état 1.

    114De morphologie peu marquée, l’identification du fragment d’ailettes trapézoïdales (n° 15) est confirmée par un fragment d’orle de section rectangulaire issu du même contexte remanié. Cet objet correspond à un individu du type 5 de Rapin, déjà avéré sur le site (Orengo, 2003, pl. 54, n° 3). La forme peu développée du trapèze évoque également les ailettes rectilignes des petits umbones, attestées notamment dans le dépôt. Sur la base de ces comparaisons, une datation entre la fin de La Tène C2 et La Tène D1 peut être évoquée pour cet exemplaire.

    115– Rivets (pl. 12, nos 16 et 17). Le rivet hémisphérique à tête creuse (n° 16), maintenant un fragment de tôle, est le seul rivet de ce type interprétable ainsi grâce à son association avec un fragment d’orle (n° 2), les rivets similaires comportant une trop longue tige. Le clou à large tête discoïde (n° 17) pourrait également correspondre aux clous utilisés pour la fixation des umbones circulaires de La Tène D2 (Rapin, 1988, Type VIIC, p. 82), dont de nombreuses occurrences sont attestées à Alésia ou au Dünsberg (Schlott, 1999, Taf. 24, n° 6 ; Sievers, 2001, pl. 46, p. 93-99). Découvert hors contexte, il peut également être interprété comme un simple clou de décoration.

    116– Fragments de cottes de mailles (pl. 16, nos 1 et 2). Le rivet de l’anneau (n° 1) découvert hors contexte prouve son appartenance à une cotte de mailles. Le diamètre de cet individu (8 mm) ne permet pas de le faire coïncider avec l’exemplaire mis au jour dans le dépôt dont les mailles sont de taille inférieure (6,5 à 7 mm) (voir infra). Même si une attribution au sanctuaire gaulois est plus probable, cette maille pourrait également être postérieure (Voirol, 2000, pl. 7, p. 49).

    117L’identification du second fragment (n° 2) demeure incertaine, car il comporte trois diamètres d’anneaux différents et a été découvert dans les déblais de fouille. Or, seuls des exemplaires à un ou deux diamètres de maille sont connus (Viand, 2008, p. 41).

    118– Fragments de casque (pl. 16, nos 3 et 4). Le fragment n° 3 avait d’abord été considéré comme une tôle de fourreau (Orengo, 2003, pl. 60, p. 11) avant le nettoyage à la sableuse. Cette opération a fait apparaître une perforation qui permet d’interpréter cet objet comme un fragment de paragnathide, aussi nommé couvre-joue. Sa typologie incertaine, ainsi que son état fragmentaire, ne permettent pas d’assurer cette identification.

    119La charnière triangulaire (n° 4) était à l’origine fixée à un casque en alliage cuivreux, comme l’atteste la tôle encore prise dans le rivet et servait à l’articulation du paragnathide sur la calotte du casque. De forme standard, il demeure impossible de rattacher cet objet à un quelconque type de casque. Aucune datation basée sur le contexte ne peut non plus être envisagée pour cet objet récolté lors du premier nettoyage d’une zone très arasée.

    Dépôt de type « trophée »

    120Le dépôt comprenant un ensemble de onze objets en fer et en alliage cuivreux, répartis et superposés sur une surface d’environ 1 m de longueur et 0,80 m de largeur, provient du fossé de clôture nord de la galerie (état 2). Il est associé à quelques éléments de faune et de céramique représentatifs de toute la période de fonctionnement du sanctuaire laténien. On note, en particulier, la présence de quatre umbones de bouclier, d’une plaque de fourreau, de deux ferrures, et surtout d’un important amas ferreux, attribuable à une cotte de mailles complète ou conservée en grande partie (fig. 140). À cet ensemble d’objets en fer s’ajoute une crête de sanglier porte-enseigne en bronze, déposée une vingtaine de centimètres plus au nord. Les observations qualitatives de cet assemblage sont présentées dans ce chapitre tandis que les problématiques d’ordre taphonomique seront développées ultérieurement lors de l’analyse de l’assemblage (chap. VI, p. 532-533) ainsi que dans l’étude des restes organiques de cet ensemble (chap. V, p. 498-502).

    Fig. 140 – Fragments de bouclier, plaque de fourreau et autres objets associés au dépôt.

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    121– Umbones (pl. 13, nos 1 à 4). Les quatre umbones constituent une variante à bords convergents du type 4 de Gournay-sur-Aronde, fortement minoritaire sur ce site (Lejars, 1996, p. 94), dont la typologie détaillée a été établie par M. Schönfelder à partir des exemplaires de la tombe de Verna (Perrin, Schönfelder, 2003, p. 80-85). Les exemplaires de Corent présentent tous une coque sphérique avec des rebords plus ou moins saillants. Les hauteurs de coques sont de petite dimension pour trois individus (81 mm, 102 mm et 105 mm), et relativement importante pour un exemplaire (126 mm). Les trois variantes, définies à Verna selon la disposition des rivets sur les ailettes ainsi que la forme de ces dernières, se côtoient dans cet ensemble. Le premier umbo (n° 1) présente des ailettes rectilignes trapézoïdales comportant deux rivets alignés dans leur partie médiane correspondant à la variante « Nierstein ». Caractéristique de la variante de Nîmes, le deuxième umbo (n° 2), fortement détérioré, possède des ailettes rectilignes fixées à l’aide de trois rivets, un central et un dans chaque angle. Ces deux variantes peuvent être attribuées à La Tène D1 à partir de nombreux ensembles de référence.

    122Enfin, le dernier exemplaire (n° 3) pouvant être rapproché de cette typologie livre un seul rivet central par ailette rectangulaire, particularité du type Sion, attesté uniquement à Verna ainsi que dans deux tombes sédunes (Curdy et al., 2009, p. 180). Il présente toutefois une hauteur de coque nettement plus importante (126 mm) que les autres occurrences déjà connues du type (80 mm - 96 mm). Cette particularité, héritée de La Tène moyenne, pourrait constituer un élément pour une datation précoce dans La Tène D1 même si les rebords saillants ainsi que la forme convergente ne permettent pas de remonter plus anciennement. Cet exemplaire, de même que l’umbo de la variante « Nierstein » (n° 1), comportent en outre une particularité atypique au niveau des ailettes dont le rebord est légèrement replié, peut-être afin de mieux s’insérer dans le bois du bouclier ou d’assurer une meilleure fixation au cuir recouvrant la planche. Le dernier umbo (n° 4), percé en son centre, est trop fragmentaire pour être identifié selon cette typologie de manière assurée. Toutefois, un fragment d’angle d’ailette d’umbo (n° 5), retrouvé à proximité, pourrait correspondre à ce dernier individu. Il comporte un rivet et une forme trapézoïdale permettant de proposer à titre d’hypothèse une attribution au type de Nierstein pour ce dernier individu.

    Fig. 141 – Cotte de mailles après restauration.

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    Fig. 142 – Détail des rivets de la cotte de mailles.

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    123– Cotte de mailles (pl. 14 et fig. 141). Les cottes de mailles font leur apparition dans la sphère laténienne au plus tard à partir du iiie s. av. J.-C., avec, notamment, les exemplaires de Kirkburn en Angleterre ou de Ciumesti en Roumanie (Viand, 2008, p. 41, fig. 7). Considérée par les auteurs classiques comme une invention celtique, cette armure est constituée d’un assemblage de mailles de diamètre variable, formée par deux parties distinctes. En premier lieu, le pectoral assure la protection de la totalité du torse et du dos tandis que l’épaulière vient se placer sur ce dernier au niveau de la nuque et des épaules doublant ainsi l’épaisseur à traverser pour toucher cette partie du corps (fig. 141). Elles sont assez rares en Europe occidentale en milieu laténien et presque inexistante durant le iie s. av. J.-C., avec un corpus plutôt concentré sur le iiie s. av. J.-C. (La Tène B2 / La Tène C1) et la seconde moitié du ier s. av. J.-C. (La Tène D2b).

    124La cotte de mailles mise au jour à Corent se compose de quatre éléments empilés ainsi que d’un fragment isolé découvert à proximité immédiate, qui correspondent tous, vraisemblablement, au même individu. Ils sont constitués de maillons rivetés de 6,5 à 7 mm de diamètre externe pour un rapport de quatre en un, soit une liaison de chaque anneau avec quatre autres (Viand, 2008, type C, p. 40) (fig. 142). Cette technique d’assemblage est notamment attestée à partir du iie s. av. J.-C., tout particulièrement sur l’oppidum de Zavist en Bohême ou encore à Lexden en Angleterre et semble toutefois plus fréquente au ier s. apr. J.-C. et durant l’époque romaine (Id., p. 41, fig. 7). Compte tenu de l’état de conservation de cet exemplaire, il est difficile d’affirmer que toutes les mailles sont rivetées ou que seule une partie d’entre elles comporte ce système de fermeture optimisant la résistance de la protection aux projectiles et aux coups d’estoc.

    Fig. 143 – Étude et restitution de l’épaulière de la cotte de mailles.

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    125Un seul fragment peut clairement être rattaché à une partie identifiable de la cotte de mailles, à savoir l’épaulière, tandis que les autres semblent provenir du pectoral (fig. 143). Ces éléments possèdent en effet des bords droits qui laissent imaginer leur présence dans la partie basse, à l’encolure ou au niveau de l’ouverture pour les bras de cette partie de la cotte de mailles. Ils sont composés de pièces pliées, enroulées et parfois même arrachées ou découpées attestant des manipulations dont les spécificités seront détaillées lors de l’analyse de l’assemblage (chap. VI, p. 532-533).

    126L’épaulière montre également ce type de traitements qui obligent l’étude à prendre en considération les traces de plis ainsi que les cassures dues à une découpe ou à un arrachage afin de restituer ses contours (fig. 143). Une fois cette opération réalisée, la forme en « U » de ce fragment permet, de manière indubitable, de l’interpréter comme un fragment d’épaulière. Cette identification est confirmée par la présence de deux rivets composant le système de maintien de l’épaulière sur le pectoral (fig. 143). Le rivet inférieur comporte, sur une face de la cotte de mailles, une tête circulaire plate, tandis que l’autre face présente une rondelle assurant le maintien sur la cotte de mailles traversée par une tige, elle-même terminée par un bouton hémisphérique plein. Le second rivet présente, sur une face, une tête plate circulaire disposée sur l’autre face de la cotte de mailles, et une pièce en forme de cœur avec la pointe orientée vers le haut. Cet élément est composé d’un fer plat replié sur lui-même de manière non jointive. Les radiographies n’ont pas permis de démontrer si ces deux éléments étaient reliés par la tige du rivet ou si seule la partie en contact avec les mailles était rivetée. Ces deux rivets devaient servir à la fixation de l’épaulière sur le pectoral, à la fois sur le plan horizontal et vertical. Cette double fixation empêche l’épaulière de glisser sur le bras et de gêner le mouvement tandis que le rivet assurant le maintien dans le sens longitudinal exclut la possibilité d’un déplacement de l’épaulière vers le haut, qui pourrait incommoder le combattant au niveau de l’encolure. Ce système permet en même temps de régler le tombé de la cotte de mailles au niveau de la nuque. Cette double fixation est attestée dès la fin du ive s. av. J.-C., comme en témoigne la cotte de mailles de Kirkburn ou encore celle de Ciumesti qui montrent la juxtaposition d’un système de fermeture horizontal à agrafe lyriforme ou à barrette métallique et la présence d’un rivet positionné légèrement au-dessus de cette fixation (Hansen, 2003).

    Fig. 144 – Hypothèse de restitution de la cotte de mailles et références iconographiques.

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    127Les cottes de mailles des Galates représentées sur la balustrade de l’entrée principale du temple d’Athéna Nikephoros à Pergame fournissent également un exemple de cette double fixation (fig. 144). Cette représentation iconographique de la première moitié du iie s. av. J.-C. montre une barrette horizontale, vraisemblablement réalisée avec un lien organique et un rivet circulaire disposé dans le prolongement de la barrette. Un système de fermeture similaire en matériau organique est attesté sur l’équipement d’un soldat romain figurant sur l’autel de Domitius Ahenobarbus, daté vers 100 av. J.-C. (fig. 144). Cette représentation se distingue de celles de Pergame par l’absence des rivets de maintien verticaux ainsi que par une fixation de la barrette entre le pectoral et l’épaulière et non en surface de cette dernière.

    128Le système de fermeture de l’exemplaire de Corent semble attribuable à cette catégorie de cottes de mailles attestée jusqu’alors uniquement par l’iconographie (Viand, 2008, fig. 8 et 12). En effet, la morphologie du rivet inférieur doublé d’une contreplaque est très similaire à celle des boutons d’agrafe de ceinturon militaire laténien (Bataille, 2001). La forme hémisphérique pleine de son bouton terminal laisse imaginer une fixation dans une bande de cuir d’une épaisseur de 3 mm au maximum, donnée correspondant à celle des ceintures militaires. Sur la base des représentations de Pergame, il semble que ce rivet à bouton doive être disposé sur la face visible de l’épaulière. Cette interprétation se justifie également par le diamètre du bouton, supérieur à celui des mailles, ainsi que par la distance de 3 mm entre la base du bouton et la rondelle, nettement inférieure à l’épaisseur de la cotte de mailles (6 à 7 mm), dimensions qui excluent ainsi une attache directe de cet élément sur le pectoral. Si les documents iconographiques aident à la restitution du mode de fixation horizontal, force est de constater qu’elles sont d’une aide restreinte pour le système de maintien et de réglage vertical, compte tenu de sa situation sous l’épaulière. La boucle que forme le second rivet de la cotte de mailles suppose le passage d’un lien organique (lanière de cuir ?) orienté vers le bas à partir du rivet. L’attache de ce lien sur le pectoral devait, si l’on se réfère aux documents iconographiques, se situer sous l’épaulière, aucun système n’étant visible sur les différentes représentations évoquées. Un rivet similaire à celui de l’épaulière semble sur cette base être préférable à un anneau tel que celui représenté plus tardivement sur un portait de Septime Sévère (Viand, 2008, p. 41), car la présence d’un anneau sous l’épaulière engendrerait une trop grosse épaisseur. Il semble par conséquent que la restitution A soit plus pertinente que la restitution B.

    129La cotte de mailles de Corent semble donc pouvoir être datée de l’ensemble du iie s., voire du début du ier s. av. J.-C., sur la base des comparaisons iconographiques du temple d’Athéna de Pergame (fin de la première moitié du iie s. av. J.-C.) et de l’autel de Domitius Ahenobarbus (vers l’année 100 av. J.-C.). Cette proposition de datation est en outre confortée par l’association avec des umbones à ailettes attribués à La Tène D1 lato sensu. Cette armure défensive constitue la première attestation formelle de ce type de cotte de mailles à barrette rigide en cuir attesté auparavant uniquement sur la statuaire. Elle semble devoir être considérée comme de tradition gauloise compte tenu de la légère différence technologique observée au niveau de la barrette du légionnaire sur l’autel de Domitius Ahenobarbus, qui passe sous l’épaulière. Cette divergence n’empêche toutefois pas que l’équipement défensif mis au jour à Corent ait pu être porté par un soldat romain.

    130– Crête de sanglier-enseigne (pl. 15, n° 1). Cette crête de sanglier-enseigne est formée par une tôle ajourée à décor de « esses » maintenue par une gouttière rectiligne, qui garantit son identification – par comparaison avec les crêtes de carnyx, incurvées à une extrémité (Hunter, 2009, fig. 5). Elle peut être rapprochée de la dizaine d’exemplaires actuellement connus en Gaule, notamment sur les sites de Mandeure, Neuvy-en-Sullias, Tintignac, Souillac-sur-Mer, du Gué-de-Sciaux ou encore de Vieux-Poitiers (Vial, Kaufmann-Heinimann, 2007 ; Lejars, 2007, p. 132). Ces différents sites correspondent à des sanctuaires ou des dépôts métalliques particuliers où les sangliers-enseignes sont souvent associés à de l’armement dans un contexte du iie s. av. J.-C. (La Tène C2 / La Tène D1). Ces enseignes, utilisées au combat comme point de ralliement dans la mêlée, font par conséquent intégralement partie de l’équipement militaire d’une armée.

    131– Plaque de fourreau (pl. 15, n° 2). L’extrémité distale de la plaque de fourreau comporte des bords parallèles et une pointe triangulaire émoussée avec une largeur de 46 mm. Elle correspond morphologiquement aux types de fourreau de La Tène D1 mis en évidence à d’autres emplacements dans le sanctuaire, même si elle demeure trop fragmentaire pour pouvoir l’affirmer avec certitude.

    132– Manipule (pl. 15, n° 3). Un manipule, identifiable par sa forme de ferrure élargie à ses deux extrémités et par sa taille, correspond au système de préhension d’un des boucliers, le plus grand umbo (pl. 13, n° 3) pouvant être exclu compte tenu de la longueur plus importante entre ces deux rivets de fixation.

    133– Fragments de ferrure et autres éléments (pl. 15, nos 4 à 7). L’ensemble est complété par un rivet en alliage cuivreux à tête circulaire pouvant, sans certitude, être utilisé comme rivet d’umbo (trop fragmentaire pour être illustré), une ferrure doublement coudée possédant encore ses clous de fixation en position fonctionnelle (n° 5), un clou de menuiserie complet (n° 7) et deux fines tôles avec plusieurs perforations (nos 4 et 6). Tous ces éléments devaient à l’origine faire partie d’un assemblage de menuiserie dont la nature est difficile à restituer en raison de la pauvreté du corpus à disposition.

    Équipement militaire romain (militaria)

    134Seulement cinq des dix artéfacts présentés dans ce chapitre (pl. 16) peuvent être attribués avec certitude à l’armée romaine et justifient la désignation de militaria, l’interprétation des cinq autres étant à considérer avec prudence. Le nombre restreint ainsi que la fragmentation importante de ce lot de mobilier excluent toute analyse spatiale ou taphonomique.

    135– Virole de pilum (pl. 16, n° 5). Cette virole de pilum a la forme d’une douille carrée, légèrement amincie, décorée de petites stries. Elle sert à fixer la soie des pila, l’arme de jet que les légionnaires romains utilisaient avant tout pour blesser et gêner l’ennemi avant d’engager le corps à corps (Sievers, 2001, p. 163). Cet exemplaire, issu d’une zone perturbée du fossé périphérique, ne peut pas être daté précisément. Il en est de même pour l’exemplaire similaire découvert à Lyon dans un contexte de remblai du tout début de notre ère (Desbat, Maza, 2005, p. 82, fig. 63).

    136– Balle de fronde ? (pl. 16, n° 2). Cette balle de fronde issue du sol gaulois possède toutes les caractéristiques du type classique 2b de Völling sauf le poids, qui est trop léger (Völling, 1990, p. 34-35). Ces 18 g semblent toutefois suffisants pour interpréter cet objet comme une balle de fronde, si l’on considère qu’il est fragmentaire et qu’un exemplaire du même type du Dünsberg (Schlott, 1999, Taf. 25, 36)12 ne pèse que 27 g. Les exemples plus proches d’Alésia, fluctuant entre 50,5 g et 60 g, invalident par contre cette interprétation. On évitera donc de statuer définitivement sur cet objet qui peut également correspondre à un déchet de plomb ou à un poids.

    137– Frette de fourreau de gladius (pl. 16, nos 7 et 8). Caractéristique des fourreaux d’épée romaine composites, cette frette décorée de quatre rainures (n° 7) est fixée dans la partie supérieure du fourreau, dont elle entoure le bois ou les tôles. Un anneau est inséré entre la frette et le corps du fourreau afin de permettre sa suspension à la ceinture. Ce genre de frette est attesté sur des fourreaux de tradition romaine dès le ier s. av. J.-C (Pernet, 2010, type de glaive 1, p. 104). Hors contexte, il demeure difficile de lui attribuer une datation, compte tenu de la perduration de cette pièce de fourreau (Deschler-Erb, 1999, p. 27). L’anneau, présentant trois cannelures marquées, issu d’une interface entre les couches laténiennes et romaines (n° 8), peut également correspondre à un simple anneau cannelé comme le prouve le parallèle de Neuss (Simpson, 2000, pl. 26, n° 20).

    138– Applique bobine de cingulum ? (pl. 16, n° 9). Ce bouton d’applique en forme de bobine peut orner le cingulum, sorte de baudrier du légionnaire romain, comme des harnais ou des courroies d’harnachement de cheval (Aurrecoechea Fernandez, 1996, p. 98-99 ; Voirol, 2000, p. 27). Sa datation est difficile à préciser puisqu’on le retrouve depuis le iie s. jusqu’au milieu du ive s. apr. J.-C (Aurrecoechea Fernandez, 1996, p. 98-99, type I-A.3, fig. 4, nos 66-71 ; Labaune, 2000, pl. 125, n° 83). Sa ressemblance morphologique avec un rivet par refoulement ainsi que son contexte (la première passe mécanique dans l’édifice cultuel à galerie périphérique) invitent toutefois à rester prudent quant à cette identification.

    139– Fragments de lorica segmentata (pl. 16, nos 10 à 13). La lorica segmentata est la cuirasse de plaques segmentées reliées les unes aux autres par des charnières, des crochets et des courroies. Elle est attestée dès l’époque augustéenne comme le prouvent les exemplaires de la défaite de Varus à Kalkriese, en l’an 9 apr. J.-C., même si une apparition plus ancienne reste plausible (Bishop, 2002, p. 91). Deux types de cuirasses sont connus au ier s. apr. J.-C. : le type Kalkriese et le type Corbridge avec ses variantes A et B/C.

    140Le fragment d’attache verticale (n° 11) en forme de crochet est justement une composante de la variante B/C du type de Corbridge, datée de la seconde moitié du ier s. apr. J.-C. (Bishop, 2002, p. 92 ; Thomas, 2003, Cat. Gii, fig. 57, n° 3). Il sert à assembler les plaques pectorales et dorsales de la cuirasse. Il est alors riveté sur une plaque, qui est ainsi suspendue à une autre par une attache présentant un anneau à son extrémité.

    141L’anneau d’attache (n° 12), qui est inséré dans la plaque, a la même fonction que l’attache verticale. Il appartiendrait à une cuirasse du type Newstead apparaissant au cours du iie s. apr. J.-C (Bishop, 2002, p. 92 ; Thomas, 2003, Cat. Iiii, fig. 69). Son contexte de découverte, un empierrement augustéen de l’entrée, remet en cause la détermination de cet artéfact.

    142Il en est de même pour les deux autres fragments à traiter avec précaution. Le fragment de tôle en fer (n° 13) avec un léger rebord est d’identification incertaine. Il pourrait s’agir d’un fragment de plaque des épaules ou du cou, mais seuls le renflement et sa forme globale permettent de le postuler. Il manque trop d’éléments, dont notamment des traces de corrosion cuivreuse, pour interpréter cet objet de manière assurée. De même, le disque à décor de pétales stylisés, attesté dès l’époque augustéenne (Unz, Deschler-Erb, 1997, Taf. 31, 643-647 ; Thomas, 2003, Cat. Ji, fig. 72, n° 8), peut tout aussi bien orner un casque qu’une cuirasse segmentée (Deschler-Erb, 1999, p. 30, fig. 25).

    143– Stimulus ? (pl. 16, n° 14). Cette tige de section carrée présente deux angles droits en son centre et une courbure à une extrémité. Appointée à chaque bout, une terminaison peut se ficher dans le bois tandis que l’autre pointe à l’extérieur du bois. La planche de bois munie du stimulus peut alors être placée dans une fosse. Ce système de piège, employé par l’armée de César, sert à blesser les pieds et les sabots des montures ennemies. Il a été notamment utilisé lors du siège d’Alésia. Il manque toutefois la barbelure des stimuli de ce lieu de bataille (Sievers, 2001, p. 173-174, pl. 85, nos 753-757) pour interpréter notre exemplaire, issu du sol gaulois, de manière assurée. Il est toutefois très semblable à un artéfact découvert hors contexte, en 1958, au pied du Mont Rhéa (Sievers, 2001, pl. 85, n° 758), dont l’extrémité cassée ne permet pas de valider complètement l’identification. Il pourrait également s’agir d’un pêne, une pièce de serrure habituellement de section rectangulaire (voir pl. 34). De même, la découverte d’un tel objet isolé dans un sanctuaire s’explique mal.

    Analyse taphonomique

    144Toutes les pièces d’armement, qu’il s’agisse des armes offensives, défensives ou du fourniment annexe, sont fragmentaires à l’exception des individus du dépôt de type « trophée ». Il manque ainsi à chaque arme d’hast soit la douille (pl. 8, nos 1 et 4), soit la pointe (pl. 8, nos 2 et 3). Elles ont donc toutes perdu leur fonction guerrière avant leur enfouissement. Alors que la découpe de la pointe est un traitement commun subi par les petites armes de jet, aucune mutilation portant sur la douille n’est attestée dans les autres sanctuaires (Bataille, 2008, fig. 95-96), sans qu’il faille pour autant en déduire que les exemplaires démunis de douille n’ont fait l’objet d’aucune manipulation. Les douilles des talons de lances ne contiennent, pour la plupart, à une exception près, aucune trace de bois minéralisé et aucun rivet n’a été décelé lors du nettoyage à la microsableuse, laissant supposer une désolidarisation de leur hampe, volontaire ou fortuite, avant enfouissement.

    145Sur le plan de l’armement défensif, les orles des boucliers sont particulièrement touchés avec une longueur moyenne de seulement 87 mm pour des objets pouvant recouvrir le pourtour d’un bouclier. Mis bout à bout, tous ces éléments peineraient à constituer plus d’un orle complet alors qu’ils appartiennent au moins à trois individus. Un seul orle présente de véritables traces de manipulation, attestées sur la forme d’ondulations (pl. 12, n° 1) qui laissent entrevoir une volonté de le désolidariser de la planche du bouclier. L’umbo du type 6 de Gournay-sur-Aronde (pl. 12, n° 14) semble avoir été aplati et une de ses ailettes arrachée à partir d’un de ses angles de la même manière que certains umbones de l’assemblage de type « trophée ». Les deux manipules comportent un pli qui a dû survenir lors du démontage de leur bouclier d’origine.

    146L’analyse des éléments représentés montre que tous les fragments de fourreau et d’épée résultent du démantèlement de leurs parties distales. La pointe d’épée la plus effilée (pl. 10, n° 8) a ainsi été coupée volontairement comme en témoigne la cassure en biseau qu’elle comporte. Il est en revanche impossible de déterminer si les traces de coup sur la seconde épée (pl. 10, n° 7) résultent d’une manipulation dans un cadre rituel ou de son utilisation au combat, le tiers supérieur étant la partie touchant le plus souvent lorsqu’une épée est utilisée de taille comme d’estoc (communication orale, M. Hewer, maître d’arme). Il en est de même pour les fourreaux dont les plaques présentent des caractéristiques permettant de les repositionner à l’extrémité du fourreau et ont fait l’objet de manipulations avant leur enfouissement. Ces traitements sont particulièrement visibles sur la plupart des tôles qui ont été pliées (pl. 9, n° 4 ; pl. 11, nos 1 et 2) ou froissées (pl. 10, n° 11). Certains fragments de bouterolle portent également des marques de manipulation, comme de légères traces de pli (pl. 9, nos 5 et 8 ; pl. 10, n° 2) et même de torsion (pl. 10, n° 4).

    147L’absence d’entrée de fourreau questionne quant à son caractère volontaire ou taphonomique. En effet, la bouterolle étant la partie basse du fourreau, on peut se demander si leur découverte n’est pas due à une chute après une suspension de longue durée comme c’est le cas à Gournay-sur-Aronde, notamment pour les fourreaux de typologie ancienne (Lejars, 1994, p. 107-109). Cette hypothèse est toutefois invalidée par l’important degré de fragmentation des bouterolles, qui ne résulte pas d’une simple chute. On soulignera encore que ce phénomène touche principalement les bouterolles plus lourdes de typologie ancienne. Les fourreaux semblent donc dans un premier temps avoir été l’objet de manipulations destructives, puis d’un tri, avant leur dépôt.

    Analyse spatiale

    148Tous les fragments de bouclier proviennent des structures de l’enceinte du sanctuaire avec une concentration à l’entrée, avec six des seize fragments (fig. 145). Les individus de cette zone sont en outre les mieux conservés du site avec quatre des plus longs fragments (pl. 12, nos 1, 3, 5 et 10). Il n’est pas rare de constater que plusieurs fragments de bouclier apparaissent souvent au même emplacement, comme, par exemple, le fragment d’orle (pl. 12, n° 9) et le manipule (pl. 12, n° 13), l’ailette trapézoïdale d’umbo, le rivet hémisphérique creux et le fragment d’orle (pl. 12, nos 15, 16 et 2), ou encore le fragment d’ailette rectangulaire et l’orle (pl. 12, nos 11 et 7) issus de l’angle nord-ouest du fossé d’enclos.

    149Deux concentrations différenciées selon le type d’arme offensive apparaissent sur les cartes de répartition (fig. 145). Tout d’abord, les éléments d’armes d’hast se retrouvent au nord du sanctuaire et plus particulièrement dans l’enclos A, qui livre deux talons et deux fers de lance dont le javelot (pl. 8, n° 3), issu, il est vrai, de la tranchée moderne jouxtant l’enclos. Signalons également la présence d’un talon sur le sol de l’enclos B qui fait écho aux exemplaires présents dans l’enclos A. Les deux extrémités d’épées (pl. 10, nos 7 et 8) sont situées à moins d’un mètre l’une de l’autre au nord de l’entrée, en association avec des fragments de fourreau, qui laissent supposer une distribution identique.

    150La plupart des concentrations de fragments de fourreau sont dues au démantèlement d’un même individu comme le prouvent les quatre assemblages traités dans l’analyse qualitative (voir fig. 138 ; pl. 9 ; pl. 10, nos 1 à 6). Tous les fragments en contexte proviennent des comblements du fossé périphérique – avec une concentration dans le fossé nord – et de l’intérieur de l’enclos A. L’absence d’éléments de fourreau dans les branches sud et ouest ne semble pas due au mauvais état de conservation de ces zones. Le comblement inférieur du fossé, qui livre la majorité du fourniment dans le reste du site, y est en effet conservé dans son intégralité.

    Fig. 145 – Répartition de l’armement .

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    Analyse quantitative de l’armement

    151L’importante fragmentation de l’armement est flagrante au vu de la confrontation du nombre de restes (81) avec le nombre minimum d’individus (25) (fig. 146). Elle est essentiellement due aux fourreaux et aux umbones de bouclier qui passent respectivement de trente-six restes à six individus et de vingt-et-un restes à cinq individus. Les fourreaux restent toutefois les individus les mieux représentés avec les armes d’hast, qui, selon la méthode de comptage, auraient pu être le type d’armement le plus commun. Il convient en effet de préciser que les talons, qui peuvent simplement ferrer un bâton, n’ont pas été pris en considération pour la réalisation des NMI. Leur proportion par rapport au nombre de fers − neuf talons pour six fers − s’oppose au faciès habituel rencontré dans les sanctuaires où les fers sont toujours plus nombreux que les talons (Bataille, 2008, p. 26).

    152La faible représentation de l’armement s’accentue encore lorsque l’on tente de reconstituer des panoplies, soit l’équipement complet standard du guerrier. La panoplie offensive (épée et lance) représente deux individus, l’équipement défensif trois, tandis que la panoplie annexe (fourreau, ceinturon, chaîne de suspension) ne correspond qu’à un seul individu. Ces chiffres peuvent démontrer la faible représentativité des pratiques liées à l’armement ou simplement le faible nombre de guerriers impliqués.

    Fig. 146 – Quantification de l’armement laténien en NR (en haut) et NMI (en bas) .

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    ACTIVITÉS CULINAIRES

    153L’appellation regroupant toute la vaisselle métallique et tous les ustensiles culinaires a été préférée à celle d’activité domestique plus communément usitée. En effet, le contexte global du site ainsi que l’utilisation de ce mobilier dans la cuisine de banquet ne se prêtaient guère à cette dénomination. Elle est assez bien représentée avec soixante restes pour un total de trente-deux individus. Cette catégorie est étudiée en privilégiant une approche fonctionnelle différenciant les récipients, les instruments du foyer, les ustensiles de cuisine et les couteaux.

    Analyse qualitative

    Couteaux

    154Les couteaux servent principalement à la préparation et à la consommation des aliments et ont donc été classés dans la catégorie des activités culinaires, même s’ils peuvent également être significatifs d’autres activités (chasse, guerre, artisanat). Il est toutefois possible, par le biais d’un examen morphologique, d’attribuer une fonction aux exemplaires de Corent en les confrontant à leur contexte d’origine à la manière de J. Kaurin dans son étude des couteaux du Titelberg (Kaurin, 2008).

    155– Couteaux de poche (pl. 17, nos 1 et 2). Ces deux couteaux, par leur taille, remplissent sans doute des fonctions de découpe fine comme l’épluchage ou la préparation de fruits et légumes et se rapprochent, du point de vue de leur propriété fonctionnelle, du type A du Titelberg. Contrairement aux autres exemplaires (nos 3 à 7), ils sont faciles à transporter. Une utilisation en tant que couteau d’appoint est donc tout à fait envisageable.

    156L’exemplaire à plaquettes et à lame sinueuse est attribuable à la période gallo-romaine, grâce à son contexte : une couche de démolition. Son système d’emmanchement à soie plate avec deux plaquettes rivetées en matériau organique est toutefois attesté régionalement dans des contextes laténiens à Roanne ou à « La Grande Borne » (Guichard, 1997, pl. 116, nos 2 et 6 ; Orengo, 2003, pl. 11, n° 6) sur des exemplaires de taille supérieure. Le tranchant sinueux de la lame, plutôt rare en milieu laténien, confirme son attribution à l’époque romaine (Manning, 1985, Q18-22).

    157Le second petit couteau s’inscrit dans la lignée des couteaux laténiens à soie plate, munis d’un anneau terminal. Il provient des niveaux d’occupation de l’état 2, non loin d’un plus grand exemplaire de morphologie similaire (n° 2). Tous les deux en position primaire, leur proximité appuie l’hypothèse d’une fonction complémentaire de ces deux ustensiles culinaires : le plus grand aidant à la découpe d’aliments nécessitant plus de force, le plus petit servant plutôt à des mises en place fines.

    158– Couteaux à soie plate et/ou à anneaux (pl. 17, nos 3 à 6). Deux couteaux issus de l’état 2 possèdent un manche qui se termine par un anneau, soit fermé et contrepercé (n° 5), soit ouvert et réalisé en étirant le fer du manche (n° 6). Leur dos légèrement courbe permet de les attribuer au type 4 de la nécropole de Thugny-Trugny (Lambot et al., 1994, p. 164- 165). Ce type de couteau est tout à fait commun à La Tène (par exemple : Jacobi, 1974, Taf. 18-21) et est interprété comme un couteau de cuisine multifonctionnel, servant à la préparation et à la découpe de tous les aliments (Kaurin, 2008, fig. 8, type b1). Son anneau devait servir à le suspendre à un crochet en bois ou en fer (Jacobi, 1974, p. 117). Les deux exemplaires présentent toutefois une différence morphologique à la jonction entre la lame et le manche. Le premier comporte en effet un décrochement à cet endroit tandis que la lame du deuxième s’inscrit dans le prolongement du manche. Cette disparité peut effectivement correspondre à une fonction déterminée sans possibilité de l’identifier clairement dans l’état de nos connaissances.

    159Le troisième couteau, dont seule une partie du manche et le départ de la lame sont conservés (n° 3), est trop fragmentaire pour permettre une étude tant fonctionnelle que typologique. Il en est de même pour l’extrémité de la lame (n° 4).

    160– Couteau à soie plate et lame effilée (pl. 17, n° 7). Ce couteau à soie plate élargie à son extrémité comporte une lame effilée à dos sinueux. Sa forme effilée suggère une utilisation dans plusieurs opérations spécifiques de boucherie. Ce type de couteau peut servir à la mise à mort de l’animal en le saignant ou en le frappant au cœur, et surtout être utilisé pour le dépouillage de la bête, la désarticulation des os ou la découpe des muscles et des ligaments (Munoz, 1994, p. 61 ; Kaurin, 2008, fig. 8, type b2). On se gardera néanmoins d’être trop affirmatif quant à ces fonctions, tant il est vrai que cet exemplaire semble trop grand en comparaison avec les couteaux utilisés actuellement pour de telles opérations. Son contexte de découverte, l’empierrement gallo-romain posé sur la couche de l’entrée laténienne, permet de l’attribuer à l’état 2.3.

    Récipients

    161Le vaisselier comprend vingt-huit restes pour un total de onze individus. Suivant une approche fonctionnelle, les récipients ont été divisés en trois sous-types : les chaudrons, les seaux et les autres récipients métalliques. Les récipients employés pour la cuisson de la nourriture font l’objet d’une étude séparée de celle des récipients utilisés pour le service et la présentation de boissons et d’aliments.

    162– Fragments de chaudrons (pl. 18). Les chaudrons laténiens sont des récipients bimétalliques pourvus d’une collerette en fer, sur laquelle est riveté un fond en tôle de bronze. Contrairement à certains exemplaires gallo-romains monométalliques, ils ne comportent jamais d’anse mais sont maintenus au-dessus du foyer à l’aide de deux anneaux souvent cannelés suspendus aux crochets d’une crémaillère. La collerette reçoit également une lèvre tubulaire qui est rapportée sur la tranche de la tôle de cette dernière. Ils servent à la préparation de plats bouillis, solides ou liquides, à base ou non de viande (Merleau, 1997, p. 279). L’utilisation de ces exemplaires pour chauffer le vin est peu probable en l’absence d’association significative avec des objets relevant du service de cette boisson (Poux, 2004, p. 246-247).

    163Un fragment de chaudron très corrodé (n° 1) possède encore sa partie inférieure en alliage cuivreux. Elle est maintenue au bas de la collerette en fer par un léger ourlet qui la renforce lors de la fixation des rivets en fer. Ce fragment, indatable par la typologie, est attribué à l’état 2.

    164Les autres fragments de collerette (nos 7 à 10) présentent tous la même doublure de la tôle sur une partie finie. Ce renfort, ainsi que les nombreux trous de fixation et rivets qu’ils comportent, justifie l’interprétation de chaudron, par similitude avec le premier exemplaire. En l’absence de bronze, on peut cependant préférer par prudence une interprétation générique de récipients métalliques comme l’attestent des pièces mises au jour dans l’habitat (Orengo, 2003, pl. 56, nos 1-4). L’identification des plus petits fragments (nos 2 à 6) est par contre assurée grâce aux traces d’alliage cuivreux qu’ils comportent. Absents de l’état 1, ces fragments de chaudrons proviennent de niveaux de sols internes et de la galerie, d’un trou de poteau de cette construction ainsi que de remblais gallo-romains. Ils ne semblent être utilisés que lors du second état du sanctuaire.

    165– Récipients à anse (pl. 19). Les seaux sont les récipients à anse les mieux représentés pour la période laténienne. Ce sont des récipients composites pouvant présenter une panse en bois comme en métal. Lorsqu’elle est en bois, la panse nécessite des cerclages en fer ou en bronze pour tenir les douelles. Un système d’attache est alors riveté sur le bois pour fixer l’anse (Jacobi, 1974, p. 138, Abb. 32). Les récipients indigènes en bronze, parfois nommés situliformes, en référence à la vaisselle méditerranéenne, comportent un système d’attache pouvant être soit riveté, soit composé d’un cerclage entourant le bas de la lèvre du récipient (Jacobi, 1974, Abb. 31 ; Guillaumet, 2000, p. 104). Leur importance dans le service du banquet indigène est soulignée par leur présence récurrente dans les tombes aristocratiques dès La Tène moyenne. Ils peuvent bien entendu être employés pour servir de l’eau, mais aussi des boissons alcoolisées indigènes comme la bière et l’hydromel (Poux, 2004, p. 247).

    166– Anses (pl. 19, nos 1 à 6). La plupart des anses − à l’extrémité simplement recourbée (nos 1 et 6) et/ou bouletée (n° 3) − ne permettent aucune distinction typo-chronologique, tout comme l’exemplaire à section changeante (n° 4), qui peut également être interprété comme une barre de gril et n’entrera donc pas dans les comptages. Seule l’anse à rebord élargi afin de faciliter la préhension peut être attribuée à l’époque romaine en l’absence d’attestations en contexte laténien. La majorité des fragments d’anse provient de contextes gallo-romains même si deux individus, issus de l’interface entre les sols laténiens et les remblais gallo-romains (n° 6), ainsi que d’un niveau de circulation sur un empierrement (n° 1), pourraient être attribués à l’état 2.3.

    167– Cerclages de seau (pl. 19, nos 7 à 11). Contrairement aux anses de seau, les deux fragments en fer interprétés comme des cerclages de seau (nos 7 et 8) peuvent être attribués à la période laténienne en fonction de leur contexte (état 2). Il en va de même pour le fragment de cerclage en bronze avec un seul rebord (n° 11), issu de la palissade extérieure. Les exemplaires en alliage cuivreux possédant deux rebords (nos 9 et 10) sont attestés en Auvergne dès La Tène C2 à Gandaillat (Orengo, 2002, sép. 474, pl. 53, n° 4). Le seul individu provenant d’un contexte exploitable est à mettre en relation avec l’anse (pl. 19, n° 1) issue de l’empierrement en face de l’entrée, daté de La Tène D2b (état 2.3).

    168– Attaches (pl. 19, nos 12 à 14). L’attache à deux rivets (n° 12) présente un mode de fixation qui permet de la rattacher à un récipient situliforme composite en fer et en bronze, attesté dès La Tène C2 (Guillaumet, 2000, p. 104). Son contexte de découverte, le remblai gallo-romain non loin de l’entrée, exclut toute attribution chronologique précise.

    169L’artéfact à œillet en fer (n° 13) présente toutes les caractéristiques d’une attache de récipient en bronze (Van Endert, 1991, Taf. 25, n° 397). Il est néanmoins impossible de valider cette interprétation sans trace de soudure ou de rivet comme nous le connaissons pour des artéfacts en bronze ou en fer (Perrin, 1990, fig. 62, n° 249). Sa découverte hors contexte n’apporte aucune aide et justifie de ne pas le considérer pour la réalisation des NMI. Il en sera de même pour la tôle rectangulaire à double perforation surmontée d’un triangle (n° 14), provenant de remblais gallo-romains et pour laquelle aucun parallèle probant ne peut être fourni. Ses deux trous pour les anses ne sont pas sans rappeler un unicum du dépôt du Leisenhart à Manching (Van Endert, 1991, Taf. 25, n° 398). Le triangle apparaît également au niveau des attaches d’anse de certains chaudrons gallo-romains. Ces arguments laissent supposer que cet objet était accolé à la tôle d’un récipient pour renforcer l’ancrage de deux anses.

    170– Récipients en base-cuivre (pl. 20). Les fragments de vaisselle en bronze incluent les fragments de datation laténienne ou d’importation tardo-républicaine (nos 1 à 10) et les exemplaires gallo-romains (nos 11 à 16). Ils seront donc analysés par forme de récipient en suivant leur datation typologique. Parmi les importations méridionales, on recense des éléments de passoire, un pied de situle ainsi qu’un fond de récipient.

    171– Passoires (pl. 20, nos 1 à 3). Les passoires sont le fruit de l’assemblage d’un corps en tôle perforé et d’un système de préhension composé d’un poucier et d’un doigtier. Le poucier est une tôle épousant horizontalement la lèvre, tandis que le doigtier est fixé sur la panse. Il ferme verticalement l’espace entre la panse, le doigtier et le poucier. Attestées de la fin du iie s. av. J.-C. à l’époque de Tibère (Guillaumet, 1991, p. 92), les passoires servent à filtrer le vin importé, mais également certaines boissons indigènes, qu’elles soient alcoolisées ou non (Poux, 2004, p. 244 ; Feugère, Rolley, 1991). Une partie de chaque constituant de la passoire a été mise en évidence avec un fragment de tôle (n° 1), un fragment de doigtier (n° 2) et une extrémité de poucier (n° 3). Les fragments de doigtier et de poucier ne sont pas exploitables chronologiquement en raison de leur contexte perturbé par les labours, tandis que le fragment de tôle peut être attribué à l’état 2.3.

    172– Pied de situle (pl. 20, n° 4). La morphologie de ce pied de récipient creux, haut de 12 mm, permet de le rattacher à une situle plutôt qu’à une cruche, qui comporte généralement des pieds pleins et peu épais (Boube, 1991, p. 25). Il est cependant difficile de lui attribuer un type quelconque en l’absence d’autres parties du récipient. Nous suggérons à titre de comparaison les types 18 et 19 d’Eggers qui figurent parmi les rares situles à posséder un pied (Bolla et al., 1991, p. 22, nos 13-17). Ces deux types, datés de La Tène D1 au règne de Claude, sont principalement attestés dans l’Europe centre-orientale, avec de nombreux exemplaires au nord-est de l’Allemagne, en Pologne et dans l’ancienne Tchécoslovaquie. La datation de son contexte, état 2.2 (La Tène D1b / La Tène D2), lui sera donc attribuée compte tenu de la perduration du type. L’hypothèse d’une réparation indigène peut également être proposée pour cet objet, pour lequel nous ne connaissons aucun parallèle exact. La fonction de la situle est de mélanger l’eau et le vin et parfois même de le chauffer (Guillaumet, 1991, p. 8 ; Poux, 2004, p. 246). D’origine méditerranéenne, elle fait partie intégrante du service du symposium, le banquet classique. Leur découverte, particulièrement rare en Gaule chevelue avant la Conquête, n’atteste néanmoins pas la tenue de banquets classiques antérieurs à cette époque (Poux, 2004, p. 243-244).

    173– Applique à tête d’animal (pl. 20, n° 5 et fig. 147). L’applique zoomorphe représente la tête d’un mammifère au museau allongé et à longues oreilles, dont l’identification plus détaillée s’avère périlleuse. Il s’agit néanmoins d’un grand quadrupède, tel un cheval ou un cerf, ressemblant aux animaux figurés sur les vases de Gandaillat ou de Clermont-Ferrand (Megaw, 2005, p. 263). La représentation de chevaux sur des récipients est avérée dès le Bronze final (Vial, 2001, p. 31), tandis que l’on retrouve également le cerf à La Tène finale avec par exemple l’attache de seau du Titelberg (Metzler, 1995, Abb. 167, n° 1). Cette applique (fig. 147) était originellement fixée sur une anse, un couvercle ou un rebord de récipient en bronze ou en bois comme l’atteste le petit tenon situé à la base de son cou. Cette interprétation est renforcée par son contexte de découverte (état 2.2), qui a livré le pied de situle et les hypothétiques fragments de cruche (pl. 20, nos 7 et 8).

    174– Fond de récipient (pl. 20, n° 6). Cette tôle fortement dégradée par la corrosion peut être interprétée comme un fond de récipient importé grâce aux stries concentriques et au trou central qu’elle comporte. Ces traces résultent en effet de l’usinage d’un récipient comme une cruche, un plat ou un bassin (Pernot, 1991, fig. 1, p. 132). Le trou central − formé sous l’action de la corrosion − est dû au point de centrage du tour tandis que les stries correspondent à un enlèvement de matière effectué à l’aide d’un outil tranchant lors du façonnage du récipient. Il est impossible de dater typologiquement cet élément issu de l’état 2.2.

    175– Fragments de cruche ? ou d’autres récipients (pl. 20, nos 7 à 9). La courbure de ce fragment de fer plat (n° 7) permet de l’interpréter comme un fragment d’anse de cruche identique à ceux mis au jour à Manching (Jacobi, 1974, Taf. 36, 647-648). G. Jacobi estime toutefois que ce type d’objet peut également correspondre à l’anse d’un récipient en bois, voire à un cerclage de seau situliforme (Jacobi, 1974, p. 150). Il est néanmoins impossible de confirmer cette hypothèse en l’absence de cruche d’importation comportant une anse en fer. La présence dans le même contexte d’un fragment de tôle de bronze rivetée (n° 8) et la possibilité d’une réparation d’une anse en alliage cuivreux par une pièce en fer confortent toutefois cette identification.

    176– Lèvre de coupelle (pl. 20, n° 10). Ce fragment de lèvre de récipient correspond à la lèvre d’une petite coupelle. Ce genre de vaisselle est très peu commun dans les contextes laténiens. Un parallèle de Tartigny, en contexte La Tène C1 (Rapin, 1986, fig. 46, f.), confirme néanmoins l’attribution à la période laténienne de ce fragment issu de l’enclos B. Ce type de récipient peut être utilisé pour le service de la boisson ou pour des libations, comme son contexte de découverte permet de le supposer.

    177– Pieds de récipients (pl. 20, nos 11 à 16). La plupart de ces éléments sont inexploitables du point de vue de la typo-chronologie. Ils correspondent à des pieds de vaisselle métallique gallo-romaine dont la forme ne peut être restituée. Seul le fragment cannelé (n° 13) pourrait correspondre à un type attribué au début de l’Empire (Deimel, 1987, Taf. 9, n° 3).

    Fig. 147 – Applique à tête d’animal.

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    Fig. 148 – Potence en fer (L. 440 mm).

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    Instruments du foyer et ustensiles de cuisine

    178Le reste de l’instrumentum lié aux activités culinaires a été réparti en deux parties comportant les objets relatifs aux aménagements du foyer, et ceux correspondant aux ustensiles de cuisine. Sept artéfacts relèvent de la première subdivision. Ces objets, contrairement aux ustensiles de cuisine, sont fixes et aident à la gestion du foyer comme à la cuisson des aliments. L’appellation d’ustensile de cuisine est utilisée ici pour décrire tous les instruments mobiles, couteaux exceptés, employés lors de la préparation et surtout de la cuisson de la nourriture. Il s’agit, en l’occurrence, d’une cuillère et de fragments de crocs à viande, de louches ou d’autres ustensiles servant à la cuisson.

    179– Potence (pl. 21, n° 1 et fig. 148). Mis au jour dans une couche charbonneuse de vidange de foyer, l’objet interprété comme une potence se présente sous la forme d’une longue barre de fer doublement coudée comportant une pointe à l’une de ses extrémités et un anneau à l’autre (fig. 148). L’interprétation de cet unicum se justifie en comparaison avec les quelques trépieds (fig. 149) connus à la fin de la période gauloise dans les tombes aristocratiques de Wincheringen (Allemagne), de Neuvy-Pailloux (Indre) ou de Stanford en Angleterre (Ferdière, Villard, 1993, p. 147). La restitution (fig. 149) d’une potence en bois d’Augst (Munoz, 1994, fig. 9-10), réalisée ainsi grâce à la présence d’un trou de poteau à côté du foyer, permet d’imaginer le mode de fonctionnement de l’exemplaire représenté (pl. 21, n° 1 et fig. 148), qui devait originellement être fiché dans un tronc d’arbre préalablement creusé (fig. 149). Ce système présente l’avantage d’éviter de dépendre le chaudron pour y rajouter des ingrédients ou le sortir du foyer (Munoz, 1994, p. 63). La section carrée de la partie censée être intégrée dans le bois, et donc mobile, empêche toutefois de valider de manière assurée cette hypothèse.

    Fig. 149 – Trépied (en haut, à gauche) et reconstitution d’un foyer (en bas, à gauche) (extraits de Munoz, 1994, fig. 9-10) et essai de restitution de la potence (à droite). Schéma comparatif des systèmes de suspension de crémaillère. 1. Trépied de Wincheringen (Allemagne). 2. Potence restituée à Augst (Suisse). 3. Potence de Corent.

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    180L’interprétation d’une potence servant à suspendre les carcasses d’animaux afin de « faire boucherie » a également été envisagée. Dans ce cas-là, l’anneau devait recevoir un crochet qui lui permettrait de suspendre l’animal. De même, il est envisageable que la potence soit fixée à son anneau et que l’extrémité serve de crochet. À notre connaissance, aucun objet de la sorte n’apparaît sur les stèles gallo-romaines de boucher, où l’animal est découpé sur le dos posé sur une sorte d’établi (Munoz, 1994, p. 63-64). L’absence de couteaux et de crochets dans ce secteur ne permet pas non plus de valider cette interprétation, même si le contexte faunique du secteur le sous-entend.

    181– Crémaillère (pl. 21, n° 2). Les crémaillères servent à suspendre le chaudron et sont composées d’une chaîne terminée par plusieurs crochets qui se placent sous les poignées du chaudron et le maintiennent au-dessus du feu (fig. 149). Cet exemplaire ne représente qu’un fragment de chaîne d’une crémaillère plus complexe dont l’identification est fondée sur son association avec le fragment de chaudron (pl. 18, n° 1) ainsi que sur le parallèle fourni par une tombe de La Tène C2 de Wederath, où une pièce similaire est déposée avec un couteau en bronze plié et de l’armement (Haffner, 1978, tombe 1228, Taf. 315, n° 5).

    182– Barres de gril (pl. 21, nos 3 à 6). Les quatre fragments de barre de gril se présentent sous la forme d’une longue tige comportant une extrémité amincie. Cette partie ressemble à une petite soie (nos 3 et 6) ou est simplement marquée par un petit ressaut (n° 4). Elle vient se fixer dans les trous de deux autres barres latérales qui constituent les pieds de cet ustensile servant principalement à la cuisson de la viande. Ces fragments de gril proviennent à la fois des niveaux d’occupation laténiens (état 2) et gallo-romains.

    183– Fragment de chenet ou de broche ? (pl. 21, n° 7). Un fragment de tige de section carrée comporte deux coudes et une terminaison de section ronde. Cet objet, trop fragmentaire pour être identifié de façon certaine, pourrait correspondre à une extrémité de broche (Munoz, 1994, fig. 6, n° 1) ou de chenet (Hoffmann, 1979, pl. XVII, n° 6). Son contexte de découverte, une concentration cendreuse de l’état 2, permet de renforcer cette identification, sans la valider. La fonction de cet objet serait donc soit de maintenir les bûches sur le feu, soit de rôtir des viandes, le seul mode de cuisson encore manquant dans le sanctuaire.

    184– Cuillère (pl. 22, n° 1 et fig. 150). La cuillère à manche terminé par un anneau a été mise au jour à proximité d’un foyer de la galerie. Ce type d’ustensile est particulièrement rare en milieu laténien. À notre connaissance, un seul exemplaire sans manche est attesté sur l’oppidum de La Cloche (Chabot, 2004, fig. 260, VH6-003) dans la couche de destruction de l’oppidum (fin La Tène D2a). On peut imaginer qu’elle servait de mesure à épices lors de la confection de plats même si une utilisation dans le cadre de la toilette peut également être évoquée.

    185– Fragment de croc à viande (pl. 22, n° 2). Le fragment de croc à viande à trois dents provient du même contexte que la cuillère. Ces objets sont bien attestés durant La Tène finale avec de nombreuses occurrences en territoire allobroge à Larina ou à Sainte-Blandine. La fonction généralement évoquée pour ces éléments serait de puiser la nourriture solide, principalement la viande, dans le bouillon brûlant des chaudrons. Ils sont toutefois rarement attestés en association à ces récipients dont les pics des crocs à viande pourraient, de surcroît, endommager la cuve en bronze. Leur association plus fréquente avec des grils plaide en faveur d’une fonction d’ustensile servant à retourner la viande sur le gril ou à la faire cuire directement sur le feu (Poux, 2004, p. 265-266).

    186– Fragment de louche (pl. 22, n° 3). Les louches en fer servent à puiser le liquide à l’intérieur des chaudrons ou des pots à cuire. Tout comme la cuillère, ce type d’instrument est particulièrement rare en contexte laténien. Déjà attestée dans l’oppidum, la louche est avérée à La Tène finale en association avec d’autres ustensiles de cuisine à Fléré-la-Rivière, à Sainte-Blandine ou encore dans le tumulus de Celles (Ferdière, Villard, 1993, fig. 1-80 ; Chapotat, 1970, pl. XXII, n° 12 ; Guillaumet, 1983, n° 35).

    187– Fragments d’ustensiles de cuisine d’identification indéterminée (pl. 22, nos 4 à 6). Une douille munie d’un anneau (n° 4) comportait des traces de bois à l’intérieur. Elle est interprétable comme un manche d’ustensile de cuisine indéterminé en raison de cet anneau de suspension, constituant récurrent de la plupart des instruments culinaires (couteau, croc, louche, spatule en bois, tisonnier…). Son lieu de découverte, à proximité immédiate d’un foyer de la galerie (La Tène D2), corrobore cette hypothèse.

    188Deux tiges torsadées (nos 5 et 6) peuvent par ailleurs être interprétées comme des fragments d’ustensiles culinaires ou d’instruments liés au foyer en raison de leur torsade. Cette particularité technique, attestée notamment sur des crocs, tisonniers, pelles à feu ou autres crémaillères, sert d’évacuateur de chaleur afin d’éviter que les manches ne chauffent trop par conductivité.

    Fig. 150 – Cuillère en fer avec anneau terminal.

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    Analyse taphonomique

    189La très grande majorité des objets liés à la cuisine ou au service et à la consommation de boissons sont dans un état fragmentaire qui plaide pour un mode de dépôt détritique de ces artéfacts dans le sanctuaire. Le phénomène se remarque tout particulièrement sur le fragment de chaudron (pl. 18, n° 1) dont la collerette a été démontée et dont le fond en alliage cuivreux a dû être récupéré. Il en va de même pour la plupart des récipients (passoire, seau…) dont il ne subsiste que des fragments épars. Les couteaux, par contre, échappent à la règle et sont retrouvés, pour la plupart, dans un bon état de conservation. Ils comportent quelques ébréchures qui peuvent tout aussi bien être attribuées à leur utilisation qu’à la fouille. On ne peut par conséquent pas en déduire une volonté de dépôt, stricto sensu, comme en témoigne également la répartition lâche des couteaux. Le matériel culinaire suggère donc davantage l’activité religieuse du sanctuaire qu’une véritable pratique de dépôts relative à cette catégorie fonctionnelle, comme sur la colline Sainte-Blandine ou à Larina (Chapotat, 1970 ; Perrin, 1990). Il peut en l’occurrence être qualifié de mobilier liturgique, autrement dit de matériel servant à la préparation et/ou à l’office de cérémonies de banquets dans un cadre religieux.

    Analyse spatiale

    190L’analyse spatiale de l’instrumentum culinaire, presque absent du premier état du sanctuaire, met en évidence deux zones d’activités préférentielles à l’état 2 : l’une consacrée à la boisson et l’autre dédiée à la nourriture. Le secteur entre l’entrée et les cuves d’amphores livre de nombreux fragments de seaux et de récipients liés au service et à la consommation de boissons (fig. 151). Le phénomène perdure à l’état 2.3 avec les mêmes éléments, principalement issus de l’empierrement recouvrant la zone à cette période. Cette concentration correspond à la consommation de boissons ainsi qu’aux rites de libations pratiqués aux abords des cuves à amphores. Ces pratiques se prolongent au moins jusqu’à la fin de l’état 2 (état 2.3) comme le prouvent les éléments de mobilier de l’empierrement ainsi que la reprise des cuves par des structures en calcaire.

    Fig. 151 – Répartition des instruments liés aux activités culinaires : les seaux et les récipients sont représentés par des ronds et des ovales ; les instruments liés au feu, par des rectangles ; les chaudrons, par des moitiés de cercle ; les ustensiles de cuisine par des carrés et les couteaux par des triangles.

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    Fig. 152 – Quantification des objets liés aux activités culinaires en NR (en haut) et NMI (en bas).

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    191La consommation et surtout la préparation de nourriture semblent réservées aux zones périphériques des cellules à amphores de la galerie du second état. Ce constat est particulièrement marqué dans l’angle nord-est du fossé, ainsi qu’au milieu de la branche nord. La présence de foyer à proximité de ces deux concentrations permet de leur attribuer une fonction plus proche de la préparation de nourriture que de la consommation. L’association d’un croc, d’une cuillère ainsi que de deux couteaux à proximité du foyer situé au milieu de la branche nord révèle, par exemple, l’utilisation d’une véritable batterie de cuisine à cet endroit. L’angle nord-ouest livre une association de fragments de chaudron, de crémaillère et d’autres instruments de cuisine. Elle correspond plus à une zone de rejet des activités culinaires se déroulant plus au sud et à l’ouest, contrairement à l’autre secteur où les objets ont été abandonnés sur place. Le même phénomène avec un matériel plus diversifié s’observe près de la cellule ouest avec notamment la grande potence, des fragments de chaudrons et de passoires. L’absence de couteau à cet endroit est surprenante au vu de l’étude archéozoologique de la zone qui démontre le déroulement d’activités de boucherie dans le secteur (voir infra).

    Analyse quantitative des activités culinaires

    192Les activités culinaires ne comprennent qu’un faible pourcentage du corpus avec seulement cinquante restes pour vingt-quatre individus concernant l’ensemble du sanctuaire laténien (fig. 152). La faible différence entre le NR et le NMI illustre davantage la diversité et les fonctions complémentaires (découpe, cuisson, service…) du mobilier affilié à cette catégorie fonctionnelle plutôt que son état de conservation. L’équilibre entre les divers types de mobilier démontre également la complémentarité des différents types d’objets de cette catégorie.

    193La dichotomie évidente entre les amas de faune et d’amphores, ainsi que le peu de mobilier métallique lié à des pratiques de banquet soulignent le caractère communautaire et liturgique de la plupart de ces objets, comme les chaudrons ou les instruments du foyer. Il ne serait pas étonnant, non plus, que même le croc ou les couteaux fassent également partie de l’instrumentum religieux et que, par conséquent, la totalité du mobilier puisse être envisagée comme la propriété du sanctuaire. La faible représentativité des objets, que l’on pourrait qualifier de personnels, pourrait s’expliquer par le fait que les convives devaient arriver et repartir avec leurs couverts individuels (Poux, 2004).

    ACTIVITÉS ARTISANALES

    194Les objets classés dans cette catégorie sont étudiés en fonction de la matière travaillée représentée par un outil ou un déchet. Sont pris en compte les outils et, lorsque cela est possible, les déchets occasionnés par une activité artisanale afin d’évaluer si leur présence résulte d’une pratique cultuelle ou des vestiges d’une production artisanale. Les artisanats représentés sont le travail du bois, du textile, du cuir, des métaux et d’entretien. Les quatre premiers artisanats ne peuvent être abordés qu’à travers leurs outils spécifiques, car leurs déchets ne sont que très rarement conservés. Il demeure en revanche indispensable de confronter les outils et les déchets liés au travail des différents métaux (fer, bronze, métaux précieux), afin de distinguer leur importance respective.

    Analyse qualitative

    Outils liés au travail du bois

    195Parmi les outils découverts liés au travail du bois (pl. 23, nos 1 à 3), trois servent indéniablement à cette activité : une herminette, un hypothétique fragment de bédane et une extrémité de scie égoïne.

    196– Herminette à douille (pl. 23, n° 1). Cette herminette comporte une douille, une composante protohistorique qui la distingue des exemplaires gallo-romains dont le système d’emmanchement est à œillet (Anderson et al., 2000, p. 258 ; Duvauchelle, 2005, p. 43). Cet outil sert à dresser une surface de bois, qu’il s’agisse de raboter une planche ou d’écorcer un tronc. Son tranchant droit, bien qu’il ne l’exclue pas, prouve que cet exemplaire n’était pas spécialement conçu pour creuser la matière (Duvauchelle, 2005, p. 43-44). Son contexte permet de le rattacher au second état du sanctuaire.

    197– Fragment de bédane ou de ciseau droit ? (pl. 23, n° 2). Les bédanes sont des outils composés d’une tige, plus épaisse que large, qui se termine par un tranchant ne présentant qu’un seul biseau (Duvauchelle, 2005, p. 47-48). C’est principalement cette caractéristique qui permet d’identifier le fragment (n° 2) découvert dans le fossé de l’enclos A. Il faut toutefois nuancer l’interprétation de cet exemplaire pouvant également correspondre à un ciseau droit, car le bédane est considéré comme une invention romaine (Duvauchelle, 2005, p. 48).

    198Cet exemplaire constituerait une exception rarissime compte tenu de son contexte de découverte. Si l’interprétation de bédane est validée, il semble opportun de préciser que ses parois verticales facilitent le creusement des mortaises, principale fonction de cet outil. Retrouvé à l’intérieur du négatif d’une tranchée palissadée, il permettrait d’envisager l’utilisation de cette technique dans la construction des deux enclos centraux du sanctuaire.

    199– Extrémité de scie égoïne (pl. 23, n° 3). Retrouvée à même le sol du sanctuaire laténien, une extrémité de scie égoïne s’illustre par sa voie composée de triangles équilatéraux particulièrement bien conservée (Duvauchelle, 2005, type A, fig. 23, p. 42). Ce type de scie est principalement utilisé pour la réalisation de travaux plus délicats lorsque l’emploi de scies de dimension plus importante devient difficile (Duvauchelle, 2005, p. 40-43).

    Outils liés aux travaux d’entretien

    200Cette catégorie d’outils (pl. 23, nos 4 à 6) a été créée pour classer les trois dents de râteau découvertes dans des contextes de démolition gallo-romaine et habituellement attribuées à l’outillage agricole. Il semble, en effet, plus pertinent d’y voir une trace de l’entretien du sol du sanctuaire plutôt que la marque d’objets liés à l’agriculture.

    201– Dents de râteau (pl. 23, nos 4 à 6). Ces dents sont composées d’une tige de section carrée, présentant un épaississement central, une extrémité pointue et un petit crochet à l’autre extrémité. Elles étaient originellement fichées dans une planche de bois dans laquelle elles étaient maintenues à l’aide de leur petit crochet. L’interprétation de ce type d’objet est bien souvent sujette à caution compte tenu de sa similitude avec des tiges de toutes sortes. C’est le cas de l’exemplaire le plus fin (n° 6), dont le petit crochet est la seule caractéristique d’une dent de râteau.

    Outils liés au travail du textile

    202L’artisanat du textile est représenté par huit fragments d’aiguilles (pl. 23, nos 7 à 14) qui, comme précisé précédemment, peuvent être la preuve de l’activité d’un artisanat du cuir. Ils proviennent du deuxième état du sanctuaire laténien ainsi que des remblais gallo-romains.

    203– Fragments d’aiguilles (pl. 23, nos 7 à 14). Parmi six fragments d’aiguilles à coudre (nos 8 et 10 à 14), quatre sont en bronze et deux en fer dont un est complet (nos 7 et 10). Leur chas, lorsqu’il est conservé, peut être soit rectangulaire aux angles arrondis (n° 7), soit ovale (n° 9), soit rond (nos 11, 12 et 14). Il est parfois prolongé par deux concavités (nos 7, 9 et 10) qui reçoivent le fil lorsque l’aiguille traverse le tissu. Les variations de longueur et d’épaisseur de l’aiguille, de même que les diverses morphologies du chas, doivent correspondre à des utilisations spécifiques impossibles à déterminer dans l’état de nos connaissances (Duvauchelle, 2005, p. 75-76).

    204Deux exemplaires (nos 11 et 14), pour lesquels aucun parallèle n’a été trouvé, présentent une morphologie proche de l’aiguille sans qu’il soit possible de l’affirmer. Le premier comporte une tête aplatie biseautée sur un côté (n° 11). Cette caractéristique aiderait à la découpe du fil si l’interprétation d’aiguille est retenue. C’est principalement l’épaisseur du second combinée avec sa dimension relativement petite (n° 14) qui met en doute son identification.

    Outils liés au travail du cuir

    205Les sept outils (pl. 23, nos 15 à 20) relatifs à l’artisanat du cuir se répartissent entre un couteau en demi-lune, un emporte-pièce et cinq alênes.

    206– Couteau en demi-lune (pl. 23, n° 15). L’objet interprété comme un couteau à pied ou demi-lune se présente sous la forme d’une petite hache à douille rectangulaire. Son tranchant convexe en forme de demi-lune, permettant de découper le cuir par pression avec un mouvement de va-et-vient, est caractéristique des couteaux liés au travail du cuir (Duvauchelle, 2005, p. 81). L’exemplaire de taille similaire de la Heuneburg a toutefois été interprété comme une hachette servant à des travaux plus fins (Sievers, 1986, Taf. 167, n° 1858). Bien que cette hypothèse ne puisse être exclue pour notre exemplaire, l’identification de demi-lune pour cet objet reste la plus probable, comme le confirme M. et S. Volken (Musée de la Chaussure à Lausanne). Cet outil provenant de l’interface entre le sol laténien et le remblai gallo-romain, sa datation reste envisageable entre La Tène D2 et le début du Haut-Empire.

    207– Emporte-pièce (pl. 23, n° 16). Cet outil retrouvé hors contexte comporte une douille circulaire à son extrémité active servant à percer des trous de dimension identique par percussion indirecte dans du cuir ou même parfois dans une tôle de métal (Duvauchelle, 2005, p. 82-83). Considéré comme une invention romaine, cet objet sera donc attribué à la période gallo-romaine.

    208– Alênes (pl. 23, nos 17 à 20). L’alêne est l’instrument qu’utilisent les artisans du cuir pour le percer. Deux exemplaires (nos 17 et 18) peuvent être attribués au type 4A de Manning, dont la soie de fixation n’est pas marquée par un renflement (Manning, 1985, p. 38, fig. 9). Tous les deux peuvent être rattachés à l’état 2 en raison de leur contexte. Les deux exemplaires en bronze, appointés aux deux extrémités, sont particulièrement rares à La Tène finale d’après D. Van Endert (Van Endert, 1991, p. 86). Provenant de structures en creux, il est vraisemblable qu’ils soient attribuables aux occupations antérieures.

    Outils inclassables selon la matière travaillée ou d’identification incertaine

    209Certains outils (pl. 24, nos 5 à 17) servent au travail de matières diverses et demeurent inclassables selon ce critère. De même, certains fragments peuvent être attribués à des outils sans qu’il soit possible de l’affirmer. Alors que ces derniers ne seront pas exclus des approches spatiale, taphonomique et quantitative, les outils inclassables sont intégrés à l’étude.

    210– Fragment de panne de marteau (pl. 24, n° 5). Ce fragment de barre de section triangulaire est considéré comme une panne de marteau d’identification incertaine. Lorsqu’ils sont fragmentaires, ces outils, employés dans la plupart des artisanats, ne peuvent être clairement attribués à un corps d’artisans en particulier.

    211– Spatule (pl. 24, n° 6). Les spatules servent à modeler toutes sortes de matières comme l’argile, le plâtre ou même la cire. Elles peuvent être utilisées par différents artisans tels que des potiers, stucateurs, maçons ou bronziers. L’exemplaire à lame triangulaire (n° 6) appartient au type 1 de Manning attesté tant à la période gallo-romaine (Dolenz, 1998, Taf. 85, W442 ; Manning, 1985, pl. 13, C5) que laténienne (Jacobi, 1974, Taf. 10, n° 175). Son contexte de découverte, le comblement gallo-romain du fossé périphérique, ne permet pas d’établir sa provenance exacte.

    212– Fragment d’outil indéterminé (pl. 24, n° 7). Ce fragment de barre issu de l’entrée du sanctuaire (état 2) présente une soie qui justifie une interprétation d’outil, sans qu’il soit possible de préciser lequel en l’absence de sa partie active.

    213– Coins ou angrois (pl. 24, nos 8 à 10). Ces trois petits coins de forme triangulaire matés sur leur partie supérieure pourraient être identifiés comme des outils, en particulier l’exemplaire plié très proche de certains ciseaux (Jacobi, 1974, Taf. 6, nos 63-65). Il semble néanmoins plus judicieux de les interpréter comme des angrois, c’est-à-dire la petite pièce que l’on fiche dans le manche en bois d’un outil à douille afin d’en renforcer l’emmanchement (Anderson et al., 2003, fig. 327, p. 259).

    214– Tranchants de ciseau droit d’identification incertaine (pl. 24, nos 11 et 12). Les deux fragments retrouvés peuvent correspondre à des tranchants de ciseaux droits en raison des deux biseaux qu’ils comportent à leur extrémité (Duvauchelle, 2005, p. 49-51). Il est impossible de statuer sur cette interprétation en l’absence de l’emmanchement.

    215– Fragments d’outil d’identification incertaine (pl. 24, nos 13 à 17). Ces fragments sont trop lacunaires, voire trop mal conservés, pour valider une interprétation comme outil. Il pourrait tout aussi bien s’agir d’une chute de tige (n° 13), d’une clavette (n° 14), d’un stylet ou d’un objet de toilette (n° 15), voire d’un talon de lance (n° 16). C’est pourquoi ces objets ont été considérés comme indéterminés et n’ont pas été pris en considération dans les comptages de NMI.

    Outils et déchets liés au travail du métal

    216L’analyse des vestiges relevant du travail des métaux est abordée en deux phases. La première prend en compte les outils employés dans la transformation manufacturière de tous les métaux. La seconde aborde la question des déchets relatifs aux différents métaux afin de qualifier et de quantifier les diverses activités artisanales selon le métal travaillé.

    Les outils

    217Quatre outils, dont deux clairement identifiés, témoignent de la pratique d’un artisanat des métaux dans le sanctuaire : deux petits outils de frappe d’interprétation incertaine ainsi que deux limes.

    218– Tas et enclumette d’identification incertaine (pl. 24, nos 1 et 2). Le tas comporte une table affaissée de forme circulaire et un pied constitué d’une tige (n° 1). Il pourrait être rattaché au type 5 ou 6 Duvauchelle, sans qu’il soit possible de trancher en l’absence d’un pied conservé jusqu’à son extrémité. Ce bris ainsi que la faible section du pied (7 mm) ne permettent toutefois pas d’assurer l’identification de cet individu découvert hors contexte. Il en est de même pour l’enclumette provenant du comblement inférieur du fossé de l’enclos A (n° 2). Elle possède une table rectangulaire facettée excentrée par rapport au pied, qui est également de section rectangulaire sous la table. Malgré des similarités indéniables avec un important clou de construction, il semble néanmoins qu’il s’agisse d’une petite enclume mobile à fixer sur un billot. Son aspect fragmentaire, la corrosion ainsi que le manque de parallèles flagrants invitent toutefois à la prudence quant à l’interprétation de cet objet.

    219– Limes (pl. 24, nos 3 et 4). Les deux limes diffèrent grandement par leur taille et leur fonction. La plus grande (n° 3) présente un emmanchement à soie, des dents formant une taille fine transversale et une section carrée. La finesse de sa taille (terme technique désignant l’ensemble des dents) indique qu’elle a dû être utilisée pour le travail de métaux durs (Duvauchelle, 2005, p. 28-29). Elle provient de remblais gallo-romains ayant livré du matériel augustéen. L’individu n° 4 se présente comme un fragment de petite lime (50 mm) en forme de feuille de sauge, de section plate à taille transversale. Également issue des remblais gallo-romains, ses dimensions pourraient indiquer une utilisation dans la finition d’objet ou dans l’orfèvrerie. Notons encore que la taille transversale de ces deux individus permet de qualifier ces deux limes de gallo-romaines car les premiers outils présentant cette innovation technique ne se retrouvent pour l’heure que sur le limes avec les premières occurrences issues des camps de Saalburg et de Rheingönheim (Duvauchelle, 2005, p. 28). On ne manquera pas de souligner l’exception que constitue l’exemplaire similaire du Pâtural issu d’un contexte du iie s. av. J.-C. (Orengo, 2003).

    Fig. 153 – Chaîne opératoire de fabrication des clous selon L. Orengo (à gauche) et selon A. Duvauchelle (à droite) (extraits de Orengo, 2003, fig. 21 et de Flutsch et al., 2002, fig. 210).

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    Les déchets

    220Le site a livré 119 déchets liés au travail du fer (pl. 25, 26 et 27), dont principalement des chutes de différents types et quelques scories. Afin de caractériser l’activité artisanale relative à ces déchets, le corpus est traité en deux temps. On procède d’abord à une analyse qualitative des éléments retrouvés puis on les confronte à l’aide d’une analyse spatiale et quantitative.

    221– Chutes de tige de section carrée (pl. 25 et pl. 26, nos 1 à 25). Ce sont des objets présentant une trace de découpe qui ont été écartés en cours de travail par le forgeron. Deux raisons expliquent cet abandon et permettent de distinguer deux types de chutes : les chutes de quantité et celles de qualité. Les premières proviennent d’un surplus de matière lors du forgeage d’un objet, les secondes résultent soit d’une inattention du forgeron qui rend une partie du fer inapte à la forge, soit d’un fer de mauvaise qualité (pailles dans la structure du métal, mauvais raffinage) qui doit être abandonné, car il a perdu les propriétés requises pour l’objet en cours de fabrication (Anderson et al., 2003, p. 106-107).

    222Les chutes de tige composent la plus grande partie du corpus des déchets liés au travail des métaux avec 99 individus. Elles sont principalement issues des comblements supérieurs du fossé et des couches gallo-romaines remaniées. Plusieurs individus mis au jour en 1993 (pl. 25, nos 43 et 50 ; pl. 26, nos 2 et 21 à 23) ont déjà été étudiés et interprétés comme des ébauches de clous par L. Orengo (Orengo, 2003, p. 88-90). Nous préférons garder pour l’instant le terme neutre de « chute de tige » et discuterons ensuite de leur interprétation.

    223Ces chutes sont pour la plupart constituées d’une tige de section carrée appointée avec une trace de découpe, qui ne fera pas ici l’objet d’une description poussée selon le protocole établi par A. Duvauchelle à propos des chutes de l’atelier de Châbles en Suisse, dans le canton de Fribourg (Anderson et al., 2003, p. 133-145). Leur section varie entre 2 et 4 mm avec quelques exceptions pouvant atteindre jusqu’à 6 mm. La longueur des éléments fragmentaires et entiers évolue entre 10 mm et 10 cm. L’extrémité pointue de la majorité des individus prouve que ces objets étaient en cours de fabrication ; il semble donc plus judicieux de les qualifier d’ébauches plutôt que de simples chutes. La longueur des chutes, qui les qualifierait plutôt de chutes de qualité, plaide également pour une identification d’ébauche ; il est en effet peu plausible que tous ces déchets soient la résultante d’une maladresse de l’artisan ou d’un fer de mauvaise qualité (Ibid., p. 118)13. L’identification de l’objet en cours de fabrication pose cependant un problème.

    224Au premier abord, l’interprétation d’ébauche de clou paraît séduisante. En effet, la chaîne opératoire de la fabrication du clou fournie par L. Orengo (Orengo, 2003, fig. 21, p. 88-90) est tout à fait plausible (fig. 153, à gauche). Elle consiste, à partir d’une tige de section carrée, à appointer une extrémité puis à la couper à l’autre extrémité. L’ébauche est ensuite placée dans la cloutière et la tête est formée à partir du surplus de la tige. Il suffit au forgeron de juger à l’œil de l’épaisseur de la section de la tige selon la grandeur du trou de la cloutière, de chauffer à blanc l’extrémité et de former ensuite la tête avec l’extrémité découpée rendue très malléable par la température.

    225Cette chaîne opératoire s’oppose toutefois à celle proposée par A. Duvauchelle (Flutsch et al., 2002, p. 204-205). La différence principale consiste en la façon de former la tête : au lieu de partir directement de la tige, la tête est formée avec le reste de la barre, de laquelle la tige a été extraite (fig. 153, à droite). Ces deux méthodes testées par l’expérimentation sont plausibles pour la fabrication du clou. Si l’on se réfère au mode opératoire proposé par L. Orengo, les chutes de tige appointées de Corent correspondraient à des ébauches de clous.

    226Cette interprétation demande néanmoins à être nuancée. Tout d’abord, la section de la grande majorité des ébauches − moins de 4 mm14 − semble trop fine pour la formation d’une tête selon le procédé énoncé. La mesure de la section des tiges de clou issues du sanctuaire va dans le même sens : la part des sections inférieures à 4 mm y est minime (Orengo, 2003, fig. 38 ; Blondel, 2005, p. 3-7). Cette dichotomie entre la taille des ébauches et celle des clous ne permet guère de qualifier la totalité d’entre elles d’ébauches de clou. De même, la production d’ébauches en série occasionnerait leur standardisation, car la fabrication de clous était une « industrie » spécialisée et standardisée. Cette variable ne correspond pas non plus au corpus étudié puisque la longueur des individus complets ne démontre aucune volonté de créer une quantité de clous de dimension identique (fig. 154). Cet argument doit cependant être reconsidéré par la possibilité de l’emploi d’une cloutière comportant des trous de plusieurs dimensions, permettant de varier la production (Orengo, 2003, p. 89).

    227Enfin, la production de clous n’engendre en principe pas ou très peu de déchets et surtout pas en aussi grand nombre (Anderson et al., 2003, p. 118). En effet, même un mauvais forgeron ne gâcherait pas autant de métal dans la fabrication de clous. La quantité et surtout les dimensions des ébauches de Corent ne permettent pas d’interpréter ces chutes comme les reliquats de l’activité d’un cloutier itinérant. Si cette identification reste envisageable pour les plus grands individus à large section, il convient de la nuancer en ce qui concerne les exemplaires de taille inférieure. Qualifier la production, à laquelle ces objets en cours de fabrication correspondent, n’est en revanche pas possible compte tenu de l’absence d’ébauches d’objet à un stade plus évolué de la chaîne opératoire qui permettraient d’identifier le produit manufacturé. L’interprétation de tiges de clou-rivet à coude simple coupées concernant ces objets peut être envisagée (voir infra, fig. 155 et 160). Leur concentration dans l’angle nord-est s’expliquerait alors par le démantèlement systématique d’un bâtiment, attesté en outre par des éléments de torchis dans ce comblement du fossé.

    228– Autres chutes de tige et chutes de barre, de bande et de tôle (pl. 26, nos 26 à 36 ; pl. 27, nos 1 à 9 et 14-15). Hormis les chutes de tiges carrées, le sanctuaire a livré d’autres chutes de tige de section changeante qui correspondent très certainement à une production plus diversifiée que celle des chutes de tige. Les individus de section ronde ou facettée (pl. 26, nos 26 à 39) illustrent tout à fait ce propos. De même, les chutes de barre (pl. 26, nos 30 à 36), de bande (pl. 27, nos 1 à 7), de plaque (pl. 27, nos 8 et 9) ou de tôle (pl. 27, nos 14 et 15) démontrent que l’artisanat pratiqué dans le sanctuaire produisait des objets manufacturés variés sans qu’il soit possible de les qualifier nommément.

    229– Chutes atypiques ou ébauches ? (pl. 27, nos 10 à 13). Quatre artéfacts présentent plusieurs découpes (n° 10) et sont repliés, fendus (nos 11 et 12), si bien qu’il est difficile de déterminer s’il s’agit de chutes ou d’objets en cours de fabrication. Un dernier fragment (n° 13) montre un petit dégorgement qui pourrait correspondre à une soie de préhension. Cette particularité, mise en évidence par A. Duvauchelle, accuse l’utilisation d’un outil à douille employé par les forgerons actuels, mais encore inconnu pour l’Antiquité (Anderson et al., 2003, p. 126-130). L’absence de trace de découpe sur cet exemplaire ne permet cependant pas d’assurer l’identification de cette pièce.

    230– Scories et fragment de paroi de four. Les scories résultent de l’agglomération de matériaux au fond d’un foyer, qu’il soit domestique ou artisanal. Les scories de foyer sont principalement issues de la fusion des parois du foyer tandis que les scories artisanales reçoivent en plus les apports du métal travaillé et de différentes matières utilisées pour sa confection (Guillaumet, 2003, p. 60-61). Afin de distinguer les deux types, nous avons opté pour une classification non spécialisée des scories selon la présence ou l’absence d’oxyde de fer à leur surface et une réponse à l’aimant. Parmi les dix-huit fragments de scories observés, on dénombre seize fragments de scories de forge, pour un total de 594 g et seulement deux scories de foyer. Elles sont pour la plupart issues du comblement gallo-romain de l’angle nord-est du fossé. Hormis ces quelques éléments, le corpus de déchets liés au travail des métaux est complété par un fragment de paroi de four à l’aspect de terre vitrifiée argilosableuse issue du nettoyage de la stratigraphie du fossé périphérique ouest.

    Fig. 154 – Longueur des chutes de tige appointées de section carrée complètes.

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    Fig. 155 – Interprétation de clou-rivet à coude simple coupé.

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    231– Déchets liés au travail du bronze et des métaux précieux (pl. 27, nos 16 à 31). Seuls quarante-quatre restes de déchets et de demi-produits en alliage cuivreux témoignent du déroulement d’un artisanat du bronze. Ces artéfacts ont été séparés en deux groupes : d’une part, les demi-produits, autrement dit la matière première de l’artisan ; d’autre part, les déchets de fabrication et les éléments destinés à la refonte, comme les gouttes et les coulures, les tôles de récupération ou la scorie d’alliage cuivreux.

    232– Demi-produits de base-cuivre (pl. 27, nos 16 à 27). Une douzaine de demi-produits d’alliage cuivreux ont été mis en évidence. Il s’agit pour la plupart de tiges à section changeante (nos 18, 19, 21, 23 et 24), avec parfois des traces de martelage (n° 17), ou de découpe nette (nos 16, 17, 20 et 22). Le lot est complété par deux exemplaires de plat triangulaire (nos 25 et 26) avec des bords droits qui ont dû servir de lingot. Ces demi-produits représentent la matière première que l’artisan a utilisée pour produire des objets. Le bronze étant une matière sans cesse recyclable, il peut s’agir d’une perte ou d’un oubli de l’artisan. Lorsqu’ils ne sont pas hors contexte, ils apparaissent essentiellement dans les remblais gallo-romains.

    233– Objets destinés à la refonte et autres déchets liés au travail des alliages cuivreux (pl. 27, nos 28 à 31). Quatre chutes de tôles pliées, pour certaines plusieurs fois, correspondent à une volonté de récupérer le métal afin de le refondre (Guillaumet, 2003, p. 49). Le corpus des déchets est complété par treize gouttes, quinze coulures, un fond de patelle et une scorie de bronze qu’il convient d’expliciter. Les gouttes, à l’aspect de bille, résultent de la projection d’alliage cuivreux liquide dans l’air. Les coulures se présentent sous la forme de flaque de métal de surface irrégulière causée par une chute hors du creuset au moment de la coulée (Guillaumet, 2003, p. 60-61). Le fond de patelle est un fragment de métal hémisphérique qui a été formé dans une cavité destinée à recevoir le reste du creuset après la coulée.

    234– Déchets liés au travail de métaux précieux (pl. 27, nos 32 à 35). Deux objets prouvent le déroulement d’activités liées au travail de métaux précieux. Il s’agit tout d’abord d’un filament d’argent de section rectangulaire alternée entre ses deux extrémités (n° 32). Cette torsion, bien visible malgré la finesse de l’objet, prouve que nous avons affaire à un objet en cours de façonnage ou d’un demi-produit, pouvant tout aussi bien attester l’activité d’un orfèvre que celle d’un monnayeur, comme pourrait également l’attester sa découverte, dans le même comblement du fossé que le fond de creuset. Il provient de la cellule à amphores de la branche nord du fossé périphérique, donc de l’état 2 du sanctuaire.

    235Un fil en or (n° 33), pouvant provenir d’une bague coudée, est issu de l’angle nord du sanctuaire. Il peut être associé à une coulure en or (n° 34) retrouvée à quelques mètres et correspondrait à une activité artisanale monétaire et de transformation des métaux dans le secteur. De même, issu de l’état 2, un fond de creuset d’électrum (n° 35) témoigne du travail de matériaux précieux. Composé à 70 % d’or et 20 % d’argent selon l’analyse de S. Nieto, cet alliage est uniquement utilisé dans la fabrication de monnaie. Sa seule présence dans l’enclos du sanctuaire laisse supposer la tenue de frappe ou de coulée de monnaie dans son enceinte. Ce type de reliquat de matière précieuse est également attesté dans le sanctuaire de Fesques (Devilliers, 1997, fig. 266, surf. 28). L’émission de monnaie dans les sanctuaires a déjà été mise en évidence dans le Belgium et en pays trévire, notamment sur les lieux de culte des centres d’oppidum du Martberg et de Wallendorf (Fichtl, 2000, p. 107). L’hypothèse d’une démonétarisation de monnaies précieuses, comme on en retrouve à Mandeure (Pichot, 1996), doit être écartée compte tenu de la petitesse de l’exemplaire de Corent ainsi que de l’absence d’alliages cuivreux dans l’objet en question. Les découvertes anciennes de plusieurs coins de frappe sur le plateau appuient l’hypothèse d’une émission monétaire sur le site. La présence de balances sur le sanctuaire, avec un exemplaire à quelques mètres du lieu de découverte du fond de creuset, corrobore l’idée d’une frappe monétaire non loin de l’angle nord-est du fossé périphérique.

    Analyse spatiale et taphonomique

    236La répartition des outils servant au travail du bois et du textile ne montre aucune concentration nette (fig. 156). À part quelques éléments, la plupart sont fragmentaires et les objets complets doivent relever plus de la perte, pour les aiguilles, ou de l’oubli, pour l’herminette. La concentration des outils liés au travail du cuir − alêne, couteau en demi-lune et aiguille − dans l’angle nord-est du fossé du péribole semble en revanche attester l’activité d’un artisan à cet endroit15. Bien que dans un bon état, ces outils comportent des cassures qui empêchent leur utilisation. Il manque, par exemple, un angle du tranchant du couteau en demi-lune ou la pointe des alênes. Ces bris corroborent l’observation établie à partir de la répartition, à savoir la présence de reliquats de l’activité d’un artisan du cuir même si le contexte remanié dont sont issues ces pièces peut gêner leur identification.

    Fig. 156 – Répartition des outils liés au travail du bois, du textile, du cuir et des outils inclassables

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    237Sur le plan du travail du fer, deux concentrations de chutes de tiges sont lisibles sur la carte de répartition (fig. 157). La plus importante, localisée au nord-est du sanctuaire, est marquée par des individus présents tant dans les niveaux laténiens de la galerie que dans les couches supérieures de remblais. Les nombreuses chutes y sont associées à quelques scories, dont une calotte. Aucune structure artisanale clairement identifiable n’est présente dans la zone. Plusieurs foyers culinaires situés à proximité permettent d’évoquer l’hypothèse d’utilisation de ces structures pour une activité artisanale temporaire. La seconde concentration de chutes de tige, au nord de la cellule à amphores de la branche ouest du fossé, provient du comblement inférieur de ce dernier. L’absence d’autre déchet métallurgique de cet état du sanctuaire pourrait constituer un argument supplémentaire pour interpréter les chutes de tiges comme des pointes de clous coupées. On soulignera également l’association de quatre chutes et d’une lime dans un remblai gallo-romain au sud de l’entrée, constituant la trace d’une activité métallurgique pouvant correspondre à la construction ou à l’entretien du sanctuaire gallo-romain.

    238Les coulures et les gouttes ont été découvertes dans des contextes trop variés pour pouvoir identifier une zone d’activité du travail du bronze (fig. 158). Seule l’association de deux coulures et d’une scorie, au niveau de la structure de boucherie, peut témoigner d’une activité localisée. Soulignons encore les quelques fragments de tôle repliée issus du sol de la galerie au sud de l’entrée. Ces éléments découverts dans les mêmes contextes que la plupart des fragments de vaisselle peuvent correspondre à une volonté de recycler le bronze de ces récipients. On notera encore dans ce secteur la présence de poids en plomb qui sont les seuls éléments de cette catégorie de mobilier pour lesquels une fonction artisanale peut être suggérée, même si leur présence près de l’entrée et de nombreuses monnaies tend à démontrer le contraire. Les autres individus de cette catégorie ont semble-t-il dû être utilisés dans le cadre de transactions plutôt que dans la sphère artisanale. On ne peut néanmoins pas nier totalement leur utilisation dans des activités de frappe monétaire, comme en témoignent également le creuset d’électrum, le poids ou matrice de coin, ainsi que le fil et la coulure en or découverts dans l’angle nord-est du sanctuaire.

    Fig. 157 – Répartition des outils, des chutes et des déchets liés au travail du fer.

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    Fig. 158 – Répartition des déchets liés au travail des alliages cuivreux, des métaux précieux ainsi que des poids et mesures.

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    Tabl. II – Tableau quantitatif des outils (en NMI).

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    Analyse quantitative des activités artisanales

    239Très peu d’outils issus de contextes laténiens peuvent être inclus dans les comptages de NMI (tabl. II). C’est pourquoi deux méthodes de comptage ont été réalisées : une première prenant en compte la totalité des outils artisanaux et une seconde retenant uniquement les outils issus de contextes laténiens et qui servira de référence pour les comparaisons avec les autres catégories fonctionnelles.

    240Aucun artisanat ne présente de dépôt en nombre suffisant pour constituer une véritable pratique cultuelle à l’époque laténienne. L’artisanat du bois, par exemple, n’est représenté que par trois objets utilisés dans le cadre de la construction, du fonctionnement ou de l’entretien du sanctuaire, tandis que les artéfacts liés au travail du textile sont matérialisés par huit individus sur l’ensemble du sanctuaire, mais ne sont attestés en contexte laténien que par deux occurrences. L’artisanat du cuir livre un assemblage caractéristique de ce corps de métier avec des alênes, un couteau en demi-lune, un emporte-pièce sans oublier les aiguilles pouvant également être utilisées. On ne peut pas pour autant en déduire qu’un artisan spécialisé dans la manufacture du cuir exerçait dans le sanctuaire tant les contextes dont sont issus les outils sont différenciés. On notera encore que les dents de râteau attestant de l’entretien du sanctuaire proviennent toutes de contextes gallo-romains.

    241Les activités artisanales liées au travail des métaux se quantifient en fonction de la masse de déchets qui résultent de leur production. Les scories constituent normalement la part la plus importante des déchets résultant du travail du fer. Or, le faciès des déchets de Corent présente la particularité de livrer une masse de scories (395 g) inférieure à celle des chutes (419 g). De même, le nombre de chutes s’élève à cent onze restes tandis que seulement seize fragments de scories ont été découverts sur le site. Deux hypothèses peuvent expliquer cette dichotomie entre scories et chutes : soit les scories livrées par l’activité métallurgique ayant eu lieu dans le sanctuaire ont été soigneusement ramassées et jetées à l’extérieur, soit l’activité dont résultent ces déchets a dû être ponctuelle, comme en témoigne la présence d’une seule calotte. Ce type de scorie représente en effet une seule et même activité d’une forge, soit un cycle d’utilisation du foyer commençant par l’allumage du foyer et se terminant lorsque le feu s’éteint (Serneels, 2004, p. 111). Cette dernière explication pose néanmoins un problème, car une production, quelle qu’elle soit, qui engendre autant de chutes, ne peut fournir si peu de scories. L’interprétation des chutes de tige appelle une autre réflexion. Considérées comme des ébauches de clou − hypothèse improbable pour la plupart des exemplaires −, l’activité artisanale pourrait correspondre à un niveau de construction du sanctuaire gallo-romain. Si, au contraire, elles sont interprétées comme des tiges de clous coupées, elles pourraient être assimilées à une activité de récupération du métal sur le sanctuaire lors du démantèlement des structures du second état. Compte tenu des nombreux autres restes métalliques découverts dans cette zone, il ne faut pas négliger non plus la possibilité d’une récupération du bois qui nécessite la désolidarisation des divers assemblages de menuiserie. Notons que cette activité a dû se produire, au vu des contextes de découverte, dans le fossé d’enclos entre le deuxième état du sanctuaire et la période gallo-romaine.

    242Les déchets résultant du travail des alliages cuivreux atteignent 119 g composés principalement de gouttes, de coulures ainsi que de tôles de récupération et de demi-produits. Ce poids doit être pondéré par les contextes des objets : seuls 32 g proviennent de contextes laténiens (état 2) tandis que 31 g sont issus des couches gallo-romaines et 56 g ont été retrouvés hors contexte. La possibilité d’une contamination des niveaux laténiens et des remblais par des éléments de l’âge du Bronze et du Hallstatt relativise encore ces chiffres. Il est toutefois difficile de quantifier ce type d’artisanat à partir de ces déchets compte tenu de la récupération quasi systématique des alliages cuivreux. La même observation prévaut également pour le travail des métaux précieux dont les restes ne totalisent que quelques grammes.

    POIDS ET MESURES

    243Les balances et les poids peuvent aussi bien être utilisés dans un cadre commercial pour régulariser les échanges que dans l’artisanat, pour la réalisation d’alliages par exemple. C’est pourquoi une catégorie fonctionnelle a dû être spécialement créée pour englober ces artéfacts. Le corpus comprend six éléments de balance et quatre à cinq poids d’identification certaine.

    Balances et poids

    Fragments de balances

    244Les éléments de balances typiques de La Tène finale sont composés de deux plateaux et d’un fléau à trois œillets, un central et deux situés à chaque extrémité. L’assemblage des trois constituants est effectué par un lien en matières périssables ou plus rarement par une chaînette (Van Endert, 1991, p. 60). Ces instruments de précision étaient utilisés pour la pesée de monnaies (Guichard, 1997, p. 164) lors d’opérations de change (Fichtl, 2000, p. 106) ou lors de leur production, même si une utilisation dans le domaine artisanal reste plausible (Van Endert, 1991, p. 60).

    245– Fléaux de balances (pl. 28, nos 1 à 3). Les trois fléaux de balances ont des bras de longueurs différentes allant de 39 mm à plus de 68 mm. Deux exemplaires proviennent de la zone de l’entrée (nos 2 et 3), dans le comblement laténien supérieur du fossé (état 2.2), ainsi que sur l’empierrement de basalte sus-jacent (état 2.3). Leur contexte fournit donc une datation à La Tène D2 lato sensu pour ces deux exemplaires. La même attribution chronologique pourrait être appliquée à l’individu de plus petite taille (n° 1) comportant des renflements autour de l’œillet central, découvert hors contexte.

    246– Plateaux (pl. 28, nos 4 et 6). Deux tôles circulaires fortement corrodées (nos 4 et 5) ont été mises au jour à proximité immédiate du fléau (n° 3) découvert à l’entrée du sanctuaire (La Tène D2a) (voir fig. 60, p. 68). Cette association laisse supposer qu’elles servaient de plateaux de balance, malgré leur état de conservation qui empêche de voir les trous indispensables à leur fixation. Étant donné l’absence de chaînette dans ce contexte, un lien organique entre les plateaux et le fléau semble indéniable.

    247L’interprétation du dernier fragment comme étant un plateau de balance (pl. 30, n° 6) est justifiée par son léger rebord ainsi que par un trou de fixation caractéristique. Issu d’un sol gallo-romain, il a pu fonctionner avec les divers poids romains mis au jour.

    Poids

    248Les poids issus du sanctuaire peuvent être répartis selon plusieurs types : les poids en fer circulaires et biconiques, et les poids en plomb. Alors que le ou les différent(s) système(s) de pesée laténien(s) sont largement méconnus, le système pondéral romain est quant à lui bien documenté. Nous confronterons donc systématiquement les valeurs des artéfacts découverts afin de juger de leur influence. Il ne va pas sans dire qu’un poids ne correspondant à aucune valeur romaine n’est pas nécessairement d’origine celtique et peut relever de phénomènes d’uniformisation des échanges attestés notamment pour les monnaies (Gruel, 1990).

    249– Poids en fer cylindriques et coin monétaire ? (pl. 28, nos 7 et 8). La pièce cylindrique de 32,1 g issue d’un contexte laténien (n° 7) provient des niveaux de circulation de la galerie. Fortement corrodée, elle comporte une légère cupule intérieure qui lui a valu l’interprétation de coin monétaire (Poux et al., 2002). Il est cependant impossible d’assurer cette interprétation compte tenu de l’état de conservation de l’objet. Notons néanmoins qu’il reposait non loin du fond de creuset d’électrum et qu’il a pu, quelle que soit l’identification retenue, être employé dans le cadre de la frappe de monnaie, ou du moins dans le cadre de l’artisanat des métaux (cf. supra, chap. V, p. 174-178). La densité de cet objet renforce également cette hypothèse.

    250Très corrodé, l’autre exemplaire découvert hors contexte (n° 8) pèse 17,2 g, un poids qui ne correspond à aucun système pondéral. Ces deux objets trouvent des parallèles au Col de Saverne ainsi que dans un épandage de la parcelle au nord du sanctuaire daté de La Tène D1b (Poux et al., 2005, fig. 46). Il peut donc être considéré comme un poids d’origine laténienne. Ces deux artéfacts peuvent également être interprétés comme des tampons de chaudron, servant à protéger la collerette de l’anneau de suspension du chaudron, notamment attestés à Roanne (Guichard, 1997, pl. 116, n° 1) ainsi que dans la tombe B de Göblingen / Scheiereck (Metzler et al., 1991, fig. 88, n° 7).

    251– Poids en fer biconiques facettés (pl. 28, nos 9 et 10). Ces poids comportent une petite tige sur leur face supérieure. Cette excroissance semble servir à la fois de système de préhension et de tare pouvant être limée ou coupée à volonté pour affiner le poids de l’objet lors de sa confection. Les deux exemplaires devaient à l’origine peser une once, soit 27,28 g. Le premier pèse en effet 27,20 g alors que le second, présentant une face délitée sous l’effet de la corrosion, pèse 25,10 g. Ils trouvent un parallèle identique sur le plan de la forme et du poids (27,10 g) dans le camp militaire augustéen de Haltern (Harnecker, 1997, Taf. 35, n° 380). Les exemplaires plus tardifs de morphologie similaire proviennent d’une voie du Jura suisse et d’Oberwinterthur, mais diffèrent par leur valeur pondérale (Schaltenbrand-Obrecht, 1996, Taf. 50, n° 322 : poids de 35,80 g ; Demarez, Othenin-Girard, 1999, p. 206-207, n° 170 : poids de 65,40 g).

    252– Poids ou peson percé ? (pl. 28, n° 11). Le poids cylindrique percé en son centre est légèrement brisé sur une de ses faces, ce qui empêche de comparer son poids avec une unité de mesure. Les parallèles en plomb percés (Demarez, Othenin-Girard, 1999, p. 85, n° 96-97), ainsi qu’un exemplaire similaire en fer provenant du quartier artisanal du vicus tout proche des Martres-de-Veyre (Romeuf, 2001, pl. 155, n° 46), autorisent néanmoins cette interprétation. Au regard des divers parallèles, une datation romaine est justifiable pour cette pièce découverte hors contexte.

    253– Poids en plomb ? (pl. 28, n° 12). Également hors contexte, cet objet se présente sous la forme d’une sphère en plomb assez régulière de 102 g. Son interprétation comme balle de fronde voire d’onagre étant aléatoire16, il a semblé plus judicieux de l’identifier comme un poids ou un contrepoids qui aurait perdu son système d’attache.

    254– Poids ou pion, jeton de jeu en plomb (pl. 28, nos 13 à 18). L’interprétation de ces objets, composés d’une pastille ronde de plomb avec une face bombée et une face plane peut varier entre le jeton de jeu et le poids (Romeuf, 2001, p. 217). La plupart d’entre eux ont été découverts hors contexte et seuls deux individus proviennent du comblement supérieur du fossé périphérique au sud de l’entrée, soit à quelques mètres du fragment de balance. Ces deux exemplaires (pl. 30, nos 16 et 18) pèsent 3 g et 3,20 g contrairement aux autres dont le poids varie entre 1,70 g et 2,80 g. Il n’est donc pas inconcevable que ces deux éléments aient servi de poids de balance compte tenu de leur poids, de leur position très proche et de leur contexte laténien. Il est par contre impossible de statuer sur l’identification des autres pastilles, découvertes hors contexte.

    OBJETS LIÉS AU TRANSPORT

    255Les seize artéfacts liés au transport de personnes ou de matériaux se répartissent entre quatre pièces de char, huit éléments de harnachement, un éperon et trois aiguillons.

    256– Piton à œil riveté (pl. 29, n° 1). Ce type de piton est constitué d’une tige formant un œillet, fixée à l’aide d’un système de contreplaque. Il est utilisé dans la construction des bas de caisse de char où il sert à la suspension (Bouchette et al., 1998, p. 87 ; Schönfelder, 2002, p. 188-190). Attesté dès le Hallstatt final et courant sur les chars de La Tène finale, ce système ne permet pas d’apporter une datation fine ; mis au jour à l’entrée du sanctuaire, il peut être daté de La Tène D2.

    257– Fragment de boîte à moyeu (pl. 29, n° 2). Il se présente sous la forme d’un cerclage de bande ouverte avec une extrémité recourbée. Cet élément est utilisé en tant que revêtement et renfort de la face interne du moyeu dans laquelle est inséré l’essieu (Schönfelder, 2002, p. 156). Cette pièce caractéristique des chars du Haut-Empire, selon M. Schönfelder, est attestée dès la période augustéenne, notamment au travers de plusieurs exemplaires recueillis sur le camp de Haltern (Harnecker, 1997, p. 24, Taf. 53-54). Ces occurrences coïncident avec le contexte de sa découverte : l’empierrement situé à l’entrée du sanctuaire, attribué à la fin de La Tène (La Tène D2b) et au début de l’Empire.

    258– Fragment d’embout de timon ou de phalère ? (pl. 29, n° 3). Ce fragment d’embout se compose d’une fine tôle circulaire au centre évidé comportant des renflements décoratifs. La trace d’un trou de rivet permet d’imaginer le système de fixation de l’objet. Interprété comme un embout de timon, il trouve un parallèle sur le char de Boé (Schönfelder, 2002, p. 110, Abb. 70). Une identification de phalère peut également être proposée en comparaison avec celles mises au jour dans la tombe à char de Heimbach-Weis (Schönfelder, 2002, Abb. 161). Le diamètre central de cet exemplaire (4 cm) infirme toutefois cette hypothèse, même si l’ajout d’un imposant rivet à cet endroit reste vraisemblable. Malgré ces deux hypothèses, l’interprétation de cet objet demeure sujette à caution, compte tenu de la qualité des parallèles retrouvés et de la relative rareté de ce type d’objet. Découvert lors d’un décapage mécanique au niveau du sol laténien, son contexte ne permet pas non plus de valider cette identification.

    259– Clou décoratif (pl. 29, n° 4). Le clou mouluré, issu du comblement gallo-romain du fossé périphérique est entièrement en fer. Ce type de clou décoratif − dont la tête est plus fréquemment réalisée en bronze − trouve un parallèle monométallique à Saintes, qui permet de l’attribuer à un char (Bouchette et al., 1998, p. 100, fig. 72, 269). Il convient néanmoins de garder à l’esprit que ce type de clou mouluré peut également servir à l’ornementation de meubles (Demarez, Othenin-Girard, 1999, p. 196-197). Il est cependant impossible de lui attribuer une datation plus précise que l’époque romaine.

    260– Applique à bélière (pl. 29, n° 5). Cette applique peut correspondre à une décoration de courroie de harnais, mais ne peut être attribuée de manière certaine aux éléments de harnachement. En effet, même si S. Schlott classe plusieurs objets identiques dans cette catégorie, il émet un doute quant à leur fonction (Schlott, 1999, Taf. 14, nos 3-7 ; Ibid., Taf. 15, nos 1-8) tandis que C. Tendille les considère comme des parures (Tendille, 1980, fig. 5, nos 41-44). La datation typologique de ces appliques invite à la prudence quant à sa détermination : attestées au Bronze final et au premier âge du Fer, elles apparaissent à nouveau à La Tène D2 (Tendille, 1980, p. 1), datation qui sera retenue pour cet objet issu de la quatrième passe mécanique de 1993, bien que son contexte de découverte ne permette pas de l’affirmer avec certitude.

    261– Fragment de phalère (pl. 29, n° 6). La datation de ce fragment formé d’un disque troué aux bords bombés n’apparaît pas clairement établie. Issu d’un remblai de la cour, il trouve en effet des parallèles à la fois dans des contextes gallo-romains (Bishop, 1988, fig. 39) et laténiens (Van Endert, 1991, Taf. 19, 361, 375). À La Tène finale, ce type d’objet sert soit de décoration de la tête du cheval ou de la bride, soit d’ornement situé sur les flancs ou le poitrail de l’animal. Dans ce cas précis, il est muni d’un rivet à anneau sur lequel viennent s’attacher les diverses courroies en cuir constituant le harnachement (Schönfelder, 2002, p. 257-259). Compte tenu de l’état fragmentaire de cet exemplaire, il est impossible de déterminer sa fonction exacte.

    262– Pendant de harnais, applique ajourée ? (pl. 29, n° 7). En l’absence d’un système de suspension adéquat, ce fragment de tôle ajourée ne peut être interprété avec certitude comme un pendant de harnais, tel que l’explique M. Schönfelder à propos des exemplaires proches découverts dans l’habitat de Lacoste et dans une tombe de La Pierre d’Appel (Schönfelder, 2002, p. 264). L. Chabot émet également un doute quant à l’interprétation d’une pièce provenant d’une voie de l’oppidum de La Cloche (Chabot, 2004, p. 233). Cet objet pourrait également correspondre à une applique ajourée fixée sur des vêtements ou de l’ameublement. Une datation à La Tène C2 / La Tène D1 peut cependant être attribuée à cet objet issu d’un comblement du fossé périphérique qui a livré deux fragments de fourreau du groupe Ludwigshafen (voir pl. 9, nos 10-11, p. 153).

    263– Boucles de harnais ? (pl. 29, nos 8 à 10). Deux boucles (nos 8 et 9) présentent un cadre rectangulaire tandis que la dernière est circulaire (n° 10). Considérés comme un système de harnachement romain, les deux plus grands exemplaires (nos 8 et 10) servent sans aucun doute de boucle de harnais tandis que le plus petit (n° 9) peut également correspondre à une pièce d’équipement militaire romain (Harnecker, 1997, p. 28). Provenant du sol de la cellule à amphores de la branche ouest du fossé du sanctuaire, cette boucle pourrait attester la trace du passage de militaires romains à La Tène D2b ; ce qui coïnciderait avec la datation de certains clous de chaussures.

    264– Mors rudimentaire ou distributeur de courroie ? (pl. 29, n° 11). Composé d’un grand anneau rectangulaire aux extrémités arrondies auxquelles sont joints deux anneaux circulaires, cet objet est indéniablement lié au harnachement de cheval au regard de plusieurs attestations en contexte de tombe à char comme celles d’Arnot, Curtuiseni et Léry (Schönfelder, 2002, p. 261-262). Son utilisation, en revanche, reste problématique. Les exemplaires à deux anneaux circulaires similaires à celui de Corent sont interprétés comme des mors rudimentaires ou des mors de dressage. Cette fonction est cependant infirmée par les diverses occurrences présentant trois anneaux circulaires. Ne pouvant pas correspondre à des mors, ces éléments sont interprétés comme les distributeurs de courroie d’un attelage. Une datation de La Tène D2 sera retenue pour cet élément issu du comblement supérieur du fossé périphérique.

    265– Fragment d’éperon (pl. 29, n° 12). Seul l’arrière de cet éperon est conservé sous la forme de l’aiguillon fixé dans le corps de l’objet. Découvert à l’aide du détecteur de métaux dans l’angle nord-est du fossé périphérique, il est malaisé de lui attribuer une datation typologique en l’absence de son système de fixation. Ce fragment peut en effet correspondre aussi bien à des exemplaires gallo-romains (Manning, 1985, pl. 29, H26 ; Dolenz, 1998, Taf. 23, M249) qu’à des éperons laténiens, comme l’attestent les découvertes de Stradonice (Moscati et al., 1991, p. 546). Quelle que soit sa datation, il convient de souligner la relative rareté de ce type d’objet en Celtique occidentale, comme sa connotation aristocratique (Nillesse, 2009, p. 64).

    266– Aiguillons ou pique-bœufs (pl. 29, nos 13 à 16). L’interprétation de ces objets constitués d’une bande de tôle enroulée de manière hélicoïdale et terminée par une pointe varie selon les auteurs, entre le chandelier (Bourgeois et al., 1999, fig. 88 ; Eneau, 2002, pl. 23, nos 344 et 355) et l’aiguillon (Guillaumet, 2000, fig. 4 et 6 ; Brouquier-Reddé, Deyber, 2001, pl. 113, nos 395 et 401 ; Schönfelder, 2002, Abb. 171 ; Anderson et al., 2003, p. 185, fig. 228). Cette dernière identification semble prévaloir au regard des éléments iconographiques et textuels évoqués par V. Brouquier-Reddé et A. Deyber (2001, p. 326). Les individus issus de la voie jouxtant la forge de Châbles, alors qu’aucun ne provient de la zone d’habitat, confortent cette identification (Anderson et al., 2003, p. 185, fig. 228). La pointe, fixée au sommet d’un bâton, sert à piquer des animaux de grande taille comme les bœufs ou les chevaux afin de les faire avancer. Attestés dès La Tène C2 (Guillaumet, 2000, fig. 4 et 6), ces objets perdurent durant toute la période romaine. Ils peuvent être datés, selon leur contexte, entre La Tène D1b et le début de la période romaine.

    OBJETS DE TOILETTE

    267Peu d’objets relèvent des soins du corps et de la toilette. Cette catégorie ne comprend qu’une quinzaine d’éléments parmi lesquels figurent trois pinces à épiler, quelques fragments de miroir, un rasoir, un fragment de force et des instruments de trousse de toilette.

    268– Pinces à épiler (pl. 30, nos 1 à 3). Aussi appelées pincettes, elles n’ont guère évolué durant tout l’âge du Fer (Tendille, 1981, n° 63 ; Guichard, 1997, p. 160). Contrairement à certaines idées reçues, ces objets ne sont pas l’apanage des femmes puisqu’ils se retrouvent aussi bien dans des tombes féminines que masculines. Les trois exemplaires de Corent, dont un en fer (n° 2) et deux en alliage cuivreux, sont datables de la fin du second état laténien.

    269– Fragments de miroir (pl. 30, nos 4 à 9). Ils se présentent sous la forme de fragment de plat, en alliage cuivreux, revêtu d’une surface étamée avec parfois une tranche biseautée. Leur état fragmentaire exclut une quelconque attribution typologique. Soulignons qu’aucun d’entre eux ne provient d’un contexte laténien, une absence qui incite à attribuer tous ces éléments à la période gallo-romaine.

    270– Fragments d’instruments de toilette ? (pl. 30, nos 10 et 11). Les deux tiges identifiées comme des instruments de toilette ou de médecine comportent une section torsadée pour la première, et hexagonale puis ronde pour la seconde. Bien que cette morphologie soit caractéristique des instruments liés aux soins du corps à l’époque gallo-romaine, il n’est pas possible de déterminer lesquels (spatules à cuilleron, sonde…). Voir, par exemple, Riha, 1986, Taf. 27, nos 39, 41, 60.

    271– Sondes de trousse de toilette (pl. 30, nos 12 et 13). Deux sondes étaient initialement suspendues à une trousse de toilette comportant d’autres instruments, comme en témoigne la perforation à leur extrémité. L’épaississement marqué et des cannelures à proximité de cette perforation permettent de rattacher le premier individu aux trousses de toilette à charnière du début de la période augustéenne (Miron, 1989, type E ; Metzler, 1995, p. 313). Son contexte d’origine, une interface entre les sols gaulois et gallo-romain du sanctuaire, confirme cette datation.

    272Le second objet identifié comme un élément de trousse de toilette est constitué d’une tige de section ronde à l’extrémité mousse. Généralement interprétés comme des sondes, ces éléments sont fréquents à la fin de La Tène (Guichard, 1997, pl. 113, n° 29). Issu des niveaux de dépôts de l’état 1, cet individu sera donc attribué à La Tène D1.

    273– Fragment de forces (pl. 30, n° 14). Les forces, composées de deux lames de section en triangle rectangle articulées avec un ressort peuvent être classées selon leur taille, soit parmi les instruments de toilette, soit avec l’outillage agricole ou domestique. Elles peuvent en effet tout aussi bien servir à la tonte du bétail qu’à celle des cheveux comme le laissent supposer les diverses associations issues de tombes masculines (Guichard, 1997, p. 160). Le fragment de ressort (n° 14), de petite dimension, est attribuable aux instruments de toilette à la fois par sa taille et par l’absence d’autres outillages agricoles dans le sanctuaire. Il semble toutefois hasardeux de l’affirmer, étant donné le nombre de moutons sacrifiés sur le site et la présence d’outils liés au travail du textile. Ce type d’outils n’évolue guère entre La Tène et l’époque gallo-romaine ; il ne peut cependant être intégré aux comptages de NMI, en raison de sa découverte hors contexte.

    274– Rasoir (pl. 30, n° 15). Ce rasoir se présente sous la forme d’un petit couteau à tranchant arrondi et dos droit associé à un manche réalisé en repliant légèrement la bordure de la soie. Aucun parallèle exact ne peut être fourni pour cet objet, dont la forme circulaire de la lame et les faibles dimensions semblent toutefois valider l’identification de rasoir. Son contexte, un remblai gallo-romain, ne permet pas de lui attribuer une datation.

    OBJETS À CARACTÈRE RELIGIEUX

    275La fonction religieuse des quatre artéfacts classés dans cette catégorie est sujette à caution. Le sanglier en ronde-bosse, par exemple, revêt plus une fonction décorative que strictement religieuse. La part symbolique qu’il recèle permet toutefois de le considérer comme un objet dont la découverte dans le sanctuaire n’est pas fortuite. Il en va de même pour les fragments de feuille d’arbre en tôle de bronze. L’interprétation du battant de cloche peut également varier entre une attribution à du mobilier liturgique tout comme à celle d’une simple clarine de bétail. À nouveau, seul le contexte général de sanctuaire permet de classer cet objet sous ce thème.

    276– Sanglier en ronde-bosse (pl. 31, n° 1 et fig. 159). La statuette de sanglier figure un animal arc-bouté, prenant élan sur ses pattes postérieures. Des vestiges d’émail sont encore conservés à l’intérieur des yeux de l’animal. Comme évoqué précédemment, cette statuette avait avant tout une fonction décorative. Malgré l’absence de trace de brasure, on peut supposer qu’elle était posée sur un récipient ou tout autre support. Plusieurs autres individus sont connus régionalement avec des découvertes anciennes provenant de Corent, Vichy, Gannat, ou plus récemment des Martres-de-Veyre (Romeuf, 2001, p. 195) et du sanctuaire du Puy-de-Dôme dans un contexte du début du ier s. apr. J.-C. (Bataille, 2004, pl. 6, 2003/3142/1). Bien que connu dès la fin du Hallstatt et surtout à la fin de La Tène (Vial, 2001, p. 33), il s’avère particulièrement difficile de dater ce type de représentation qui perdure à l’époque romaine sans une véritable recherche stylistique. Issu d’un remblai gallo-romain, cet exemplaire sera daté du ier s. apr. J.-C. en raison de son association avec une fibule de Langton-Down et une fibule d’un type dérivé d’Aucissa. La comparaison avec l’exemplaire des Martres-de-Veyre, le vicus gallo-romain situé en contrebas du plateau de Corent, plaide également pour une attribution à la période romaine.

    277– Feuilles de bronze (pl. 31, nos 2 et 3 ; fig. 159). La forme de la première feuille (n° 2) s’inscrit dans un triangle isocèle dont chaque côté est trilobé tandis qu’une tige part de sa base. Cet exemplaire, mis au jour dans une couche de destruction romaine, n’est pas sans rappeler l’arbre cultuel en or de Manching (Maier, 1991). Cet objet diffère néanmoins grandement par la forme de ses feuilles, identifiées comme du lierre, et surtout par la matière le composant. Signalons également une feuille de chêne découverte dans un sanctuaire gallo-romain local à Rajat (Puy-de-Dôme), dans un contexte daté de la première moitié du ier s. apr. J.-C. (Provost, Mennessier-Jouannet, 1994, p. 42). Le contexte de découverte de cet artéfact − d’où proviennent également une fibule d’Aucissa ainsi qu’une fibule de schéma pseudo-La Tène moyenne − plaiderait plutôt en faveur d’une datation romaine, même si des fragments d’armement suggèrent que cette couche contenait aussi du matériel laténien.

    278L’identification de la seconde feuille (n° 3), issue du niveau de circulation de l’état 2, est, quant à elle, sujette à caution au vu de ses petites dimensions. Elle n’a pas été retenue dans les comptages, son identification étant trop douteuse.

    279– Battant de cloche (pl. 31, n° 4). Ce battant, dont l’anneau de suspension est brisé, est muni, à son extrémité, d’une petite pointe servant à faire sonner la cloche. Il est interprété comme une constituante d’un tintinnabulum, clochette fréquemment retrouvée sur les sanctuaires gallo-romains, comme ceux de Sichelen 1 à Augst en Suisse (Furger, Schneider, 1993) ou du Puy-de-Dôme (Bataille, 2004, p. 33). Retrouvé hors contexte, il est impossible de déterminer l’endroit où se trouvait initialement cet objet. Il pourrait, dans un cadre liturgique, avoir été actionné lors de prières ou après une offrande selon des parallèles ethnologiques (Bataille, 2008, p. 123), mais aussi avoir servi de clarine de bétail ou avoir été fixé à une porte et être utilisé de la même manière que nos sonnettes modernes comme l’indique Suétone (Vies de Douze César, Auguste, 91, 3).

    Fig. 159 – Sanglier en ronde-bosse et feuille en tôle de bronze.

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    OBJETS RELATIFS À L’ÉCRITURE

    280Bien que les stylets puissent relever du commerce ou des échanges, les exemplaires retrouvés sur le sanctuaire s’inscrivent dans cette catégorie dont la dénomination paraissait plus neutre.

    281– Stylets (pl. 31, nos 5 à 7). Seuls trois stylets, dont deux d’identification certaine, intègrent cette catégorie. Le premier (n° 5) comporte une spatule arrondie et une pointe sans décor. Découvert dans un remblai gallo-romain, il est difficile de lui attribuer une datation plus précise. Le stylet à spatule ronde (n° 6), formée par écrasement de la tige, provient également d’une couche de remblai gallo-romaine. Appartenant au type 1 de Manning, soit le type le plus rudimentaire (Manning, 1985, p. 85, fig. 24, type 1), il est également impossible d’en préciser la datation. Le fragment de tige moulurée (n° 7) pose quant à lui plusieurs questions concernant son identification. Alors que les moulures sont bien connues pour les stylets gallo-romains (Pommeret, 2001, fig. 11, n° 3 ; Ibid., fig. 5, n° 52), le diamètre de cette tige est trop important (8 mm) pour valider une identification de stylet, dont le diamètre moyen est de 4 mm (Schaltenbrand-Obrecht, 1998, p. 202). Son contexte de découverte, l’entrée du sanctuaire laténien (La Tène D2a), invite également à la prudence, raison pour laquelle cet objet n’a pas été pris en considération dans les comptages.

    MOBILIER ET IMMOBILIER

    282Déterminer si une clé, une ferrure ou une serrure composait anciennement un meuble ou faisait partie intégrante d’un bâtiment est souvent fort peu aisé. En effet, la plupart du temps, seule la taille de ces éléments permet de trancher entre l’une ou l’autre catégorie. C’est pourquoi l’analyse qualitative est réalisée par type d’objet indépendamment de leur attribution fonctionnelle. On tâchera, dans une seconde phase, de mettre en évidence les individus qui peuvent être indubitablement classés dans l’une ou l’autre catégorie.

    283Ces deux catégories, qui rassemblent la majeure partie de la quincaillerie, représentent, en les additionnant, 72 % du nombre total de restes (5794 restes sur un total de 7964). Elles regroupent les éléments d’huisserie (pl. 33 à 35), les ferrures et les rivets en fer (pl. 36) ainsi que d’autres pièces d’assemblage (pl. 37). Les clous ont fait l’objet d’une différenciation simple avant d’être confiés à F. Blondel pour son étude traitant des problématiques relatives à ce type d’objet (voir infra, « Clouterie et éléments de construction », p. 231-243).

    La serrurerie

    284Les éléments de serrures (pl. 32 à 34) sont abordés d’après la typologie récente de J.-P. Guillaumet et G. Laude, établie à partir du corpus de l’agglomération gallo-romaine de Vertault (Guillaumet, Laude, 2009). Les types utilisés se réfèrent à cette publication, à laquelle on se reportera pour le fonctionnement des différentes serrures.

    285– Clés (pl. 32). Le type de clé le mieux représenté est utilisé avec des serrures à fonctionnement par soulèvement de cheville et translation (type 04). Les exemplaires figurés (nos 1 à 4) comportent un panneton à deux ou trois dents orientées vers le haut. Les clés de facture simple (nos 7 et 8), aussi appelée de type « palafitte » (type 02), fonctionnent quant à elles uniquement par translation. Il demeure impossible de rattacher les fragments de manches de clé à aucun de ces deux types, en raison de leur aspect lacunaire (nos 5 et 6).

    286Si l’on confronte ces individus à leur contexte, seule une de ces clés (n° 8) peut en effet être rattachée à l’occupation laténienne du site alors que trois exemplaires sont retrouvés hors contexte (nos 4, 5 et 7). Néanmoins, plusieurs d’entre elles (nos 1, 2 et 6) apparaissent dans le comblement gallo-romain de l’angle nord-est du fossé, vraisemblablement perturbé. Il est donc envisageable que certaines de ces clés proviennent du second état du sanctuaire malgré leur contexte. C’est le cas notamment du fragment de clé du type 02 provenant de l’entrée du sanctuaire (n° 8) et dont la taille permet d’imaginer son utilisation dans l’immobilier : il pourrait tout à fait s’agir de la clé d’entrée d’une des portes du sanctuaire même si son aspect fragmentaire incite à la prudence quant à cette interprétation.

    287De typologie gallo-romaine, toutes les autres clés et fragments de clés (nos 9 à 12) fonctionnent avec des mécanismes à soulèvement de cheville et translation à panneton à dents déportées et contrecoudées (type 04-03) (n° 9) ou à rotation (nos 10 et 11) (type 01). Provenant toutes de contextes gallo-romains, elles peuvent être attribuées à de l’ameublement (coffre, armoires…).

    288– Foncets (pl. 33). Ils se présentent sous la forme d’une plaque fixée à l’aide de rivets sur la face visible de la serrure et percée d’un trou faisant office d’entrée pour la clé. Les deux exemplaires à perforation rectangulaire (nos 6 et 7) sont issus du premier état. Ce type de foncet est caractéristique des serrures par retrait, attestées dès La Tène D2b (Guillaumet, Laude, 2009, p. 31, type 3). La présence d’un individu dans une couche de l’état 1 suggère une utilisation de celui-ci dans le cadre d’un système de serrure à translation (Guillaumet, Laude, 2009, type 2).

    289Les foncets à entrée de serrure en « L » (nos 1 à 3) proviennent de couches de l’état 2 et correspondent à des systèmes à soulèvement de cheville et translation commun à La Tène finale (type 04-01 de Vertault). Il est très difficile pour ces éléments de trancher entre une utilisation dans le cadre immobilier (porte) ou mobilier (coffre…). La dichotomie entre les contextes de découverte des clés, presque exclusivement gallo-romains, et ceux des foncets, principalement de l’état de la galerie laténienne, est à souligner.

    290– Autres éléments d’huisserie (pl. 34). Avec une quinzaine d’individus (nos 1 à 15), les pênes sont l’élément le mieux représenté parmi les autres pièces d’huisserie. Ils prennent place à l’intérieur de la serrure et font partie de son mécanisme de blocage. Ils fonctionnent par glissement (nos 1 à 13) ou par basculement (nos 14 et 15), avec des serrures à rotation, technologie méconnue avant l’époque romaine (Guillaumet, Laude, 2009, p. 57-58, n° 24). Le palâtre (n° 20) devait également fonctionner avec une serrure de même technologie (Guillaumet, Laude, 2009, p. 70, 86-94). Tous ces éléments proviennent de couches gallo-romaines ou de niveaux laténiens perturbés, à l’exception d’un fragment (n° 2) issu de la palissade extérieure, dont l’identification n’est pas assurée. Comme pour les foncets, leur fonction dans le cadre mobilier ou immobilier est difficile à affirmer, si ce n’est pour l’individu de plus grande taille (n° 6) issu d’une couche de démolition gallo-romaine, qui peut être attribué à l’immobilier. Il en est de même pour la gâche de verrou par glissement (n° 18) − élément placé dans la tranche d’une porte afin d’empêcher le verrou de sortir (Guillaumet, 2003, p. 135, fig. 95) − issue du comblement gallo-romain de la branche ouest du fossé périphérique.

    291– Ferrures (pl. 35, nos 1 à 8). Ce sont des bandes de tôle ou de fer plat, de forme et de taille variables, percées pour être fixées à un support, le plus souvent en bois (Amrein et al., 1999, p. 364). Elles servent à assembler et à consolider diverses parties d’objets entrant tout aussi bien dans la composition de meubles, de portes ou de char (Mirimanoff, 2003, p. 32). En sus de leur emploi dans nombre d’assemblages, elles peuvent également revêtir une fonction ornementale (nos 6 à 8). Il est fort peu aisé de déterminer précisément leur fonction première, car elles sont la plupart du temps retrouvées isolées de leur support d’origine. C’est simplement afin de faciliter leur classification qu’elles ont été regroupées dans cette catégorie fonctionnelle. La distinction entre les individus relevant du mobilier et ceux de l’immobilier a été réalisée en prenant en compte la largeur, la longueur et surtout l’épaisseur des ferrures. Il en résulte que sur quatre-vingt neuf fragments, seuls huit ont dû assurément être utilisés dans la construction (par ex., n° 2). Les deux types sont attestés dans toutes les phases du sanctuaire.

    292– Autres éléments d’assemblage (pl. 35, nos 9 à 16). Les rivets, pitons, crampons et autres éléments de quincaillerie ont été analysés selon la typologie établie par J.-P. Guillaumet (Guillaumet, 2003, p. 49-56). Ils servent pour la plupart à assembler et à maintenir solidement des pièces de bois ; précisons également que les pitons, une fois fixés dans le bois, servent à faire coulisser ou à suspendre un lien ou la partie femelle d’une charnière (Guillaumet, 2003, p. 53).

    293Quatre types de rivets ont été mis en évidence : les clous-rivets en une pièce par repli (n° 13), à tête plate et à tête hémisphérique creuse (n° 14)17 et les rivets à contreplaque à tête hémisphérique creuse (n° 15) et à tête plate (n° 16). Les individus à tête hémisphérique creuse comportent, outre leur fonction d’assemblage, une fonction ornementale. Ils figurent principalement sur des portes ou des volets dont ils maintiennent les planches de manière décorative, comme le montre une restitution du sanctuaire de Bennecourt (Bourgeois, 1999, p. 116-117, fig. 87). Leur répartition, compte tenu de leur faible nombre (six), ne permet pas de déterminer l’emplacement d’une quelconque porte. Leur utilisation est cependant avérée dans le sanctuaire dès le second état avec deux individus issus de la branche nord du fossé. L’emploi des autres types de rivets peut tout aussi bien correspondre à des assemblages de bois de grande dimension dans le domaine de la construction qu’à des pièces d’ameublement nécessitant des planches de moindre épaisseur.

    294Avec respectivement treize et quinze individus, les pitons (nos 9 et 10) et les crampons (nos 11 et 12) sont particulièrement rares dans le sanctuaire, que ce soit à l’époque gauloise ou à l’époque romaine. Ils sont toutefois, comparativement, nettement plus nombreux dans les couches gallo-romaines que dans les couches laténiennes, qui ne livrent que deux pitons et cinq crampons.

    295Quelques charnières (pl. 36, nos 7 à 13) mises en évidence peuvent correspondre à la présence de coffres ou de meubles présentant des portes (armoire, vaisselier…) (Guillaumet, 2003, p. 130-131). Une poignée (pl. 36, n° 14) peut être attribuée à un coffret tandis qu’une penture (pl. 36, n° 15) peut correspondre à un élément de fixation de porte ou plutôt de volet compte tenu de sa taille. Tous ces éléments se retrouvent majoritairement dans des contextes gallo-romains ainsi que dans l’état 2 du sanctuaire laténien. La plupart des individus laténiens proviennent des cellules à foyer, preuve de l’ameublement de ces structures. Les cinq éléments d’assemblages de menuiserie (pl. 36, nos 1 à 5) découverts sur le sol de ces unités de cuisines confirment ce postulat. L’hypothèse de fragment de baquet proposée par L. Orengo (2003, p. 123) ne peut être validée, en l’absence de grands fragments de cerclage servant à maintenir les douelles du baquet. En effet, seul un élément des fouilles récentes (pl. 36, n° 1) pourrait correspondre à un assemblage d’un récipient de ce type, connu notamment dans la tombe biturige de Fléré-la-Rivière (Ferdière, Villard, 1993, p. 77-81). L’anneau à piton de fixation cannelé (pl. 36, n° 6), anciennement interprété comme une poignée de chaudron, pourrait également être attribué à un meuble ou à l’agencement de ces cellules.

    OBJETS INCLASSABLES ET POLYVALENTS

    296Les objets classés dans cette catégorie sont des artéfacts identifiés ne pouvant être attribués individuellement à une activité humaine précise en raison de leur utilisation dans de nombreux domaines. Les éléments de quincaillerie employés tant pour leur aspect décoratif que pour leurs qualités fonctionnelles ont également été intégrés à cette catégorie. Elle regroupe tous les rivets et cabochons en bronze, les fragments d’appliques ainsi que diverses pièces de quincaillerie d’usage multiple.

    297– Clous-rivets émaillés (pl. 31, nos 8 à 18). La dizaine de clous-rivets émaillés issus du sanctuaire se présente sous la forme de clous en alliage cuivreux – plus rarement en fer (n° 8) – dont la tête comporte des stries remplies d’émail. Ils ont autant pu décorer des casques, des éléments de harnachement ou des chars, que des ceintures (Challet, 1992, p. 118 ; Schönfelder, 2002, p. 217). Ces rivets sont classés selon les typologies de M. Schönfelder (Ibid.) et de V. Challet (1992, p. 118-123) qui propose une datation fine des rivets de son type 1 (nos 15 et 16) − à tête divisée en quatre quartiers − qu’elle date, tout comme G. Hamm (2005, p. 63), de La Tène D1, alors que les exemplaires du type 2 (nos 8 à 13 et 17-18) sont attribués à toute la durée de La Tène finale. M. Schönfelder considère, quant à lui, qu’il est impossible, dans l’état de nos connaissances, d’attribuer une datation plus précise que La Tène finale à ce type d’objets. Les contextes des deux individus de Corent ne permettent nullement d’émettre un avis sur le sujet ; une datation à La Tène D sera donc maintenue sans plus de précision pour tous les clous-rivets émaillés, même ceux attribuables au type 2 de V. Challet.

    298– Rivets en bronze (pl. 37, nos 1 à 14). Les rivets en alliage cuivreux ont été classés selon la typologie de J.-P. Guillaumet (Guillaumet, 2003, p. 45-46). D’utilité variable, ces artéfacts peuvent servir, selon leur type, à décorer des meubles, des habits ou tout support en bois, tout comme à maintenir les tôles de vaisselle métallique ou à fixer des éléments métalliques sur du bois ou du cuir. On notera que certains clous-rivets (type 6 de Guillaumet) (pl. 37, nos 53 à 65) comportent une tige en fer. Cette dernière est fixée sur une tête hémisphérique creuse remplie d’une substance blanchâtre qui a dû faire office de colle (voir, par exemple, pl. 37, n° 30).

    299– Cabochons décoratifs (pl. 38). Les cabochons, aussi appelés caches-clou ou cupules, sont des décorations composées d’une tôle circulaire légèrement bombée. Comme certains clous-rivets en une pièce, ces artéfacts sont fixés sur un support à l’aide d’une colle, apparaissant sous la forme de la même substance que les clous-rivets. Cet usage est également avéré sur les sites de l’usine à gaz de Bâle (Fürger-Gunti, Berger, 1980, Taf. 11, 237) et de Villeneuve-Saint-Germain (Debord, 1998, fig. 10, nos 30-31). Ils peuvent servir à orner la tête d’un clou, mais semblent plus souvent être utilisés seuls, en tant qu’applique. En témoigne le seau de la tombe (3) de Vieux-les-Asfeld, qui comportait cinquante-trois individus sur ses douelles (Lambot et al., 1994, fig. 120). Cet exemple démontre également le manque de pertinence de l’étude quantitative de ces objets, même avec quatre-vingts individus.

    300– Appliques circulaires (pl. 39, nos 1 à 5). Les cinq appliques circulaires présentent toutes un décor de rainures (nos 1, 3, 4 et 5) ou de stries (n° 2) sur leur bordure. Ces artéfacts, souvent très fragmentaires et attestés à toutes les phases du sanctuaire, peuvent servir à la décoration d’objets appartenant tout aussi bien au domaine du harnachement (Unz, Deschler-Erb, 1997, Taf. 33-34), du mobilier (Riha, 2001, Taf. 11, 161-166) ou de la parure, sans qu’il soit possible d’en faire la distinction.

    301– Fragments de ferrures décoratives (pl. 39, nos 7 à 25). Les divers fragments de ferrures décoratives, ornés de rainures ou non décorés, sont trop peu caractéristiques pour les rattacher à une quelconque catégorie fonctionnelle. Comme les appliques circulaires, ils se retrouvent dans des contextes tant laténiens que gallo-romains. On peut proposer une utilisation dans la décoration de meuble pour les éléments présentant des trous de fixation (nos 7, 8, 10, 12, 14, 17 et 18) sans pouvoir exclure une utilisation sur du cuir.

    302– Autres éléments de quincaillerie décorative (pl. 39, nos 26 à 38). Ces rivets à contreplaque en alliage cuivreux (nos 26 à 29), ces fragments de clous en bronze (nos 30 à 33) et en fer (nos 34 à 37) ou cette applique ciselée en fer (n° 38) servent tout autant d’élément d’assemblage que de décor. Déterminer s’ils ont orné des pièces de mobilier, de char ou simplement une porte n’est pas aisé en l’absence de concentration nette comme, par exemple, dans le sanctuaire d’Allonnes, où des clous en bronze, regroupés par dizaines, ont permis d’émettre l’hypothèse qu’ils ornaient une porte monumentale (Loiseau, 2002, p. 134).

    303– Pièces de quincaillerie de fonction non classifiable (pl. 40). Toutes les pièces de quincaillerie à fonction multiple ont été classées dans cette catégorie qui regroupe, entre autres, les viroles, les maillons rapides, les maillons de chaîne et autres anneaux en fer. Les frettes de renfort (nos 20 et 21), trop petites pour constituer des frettes de moyeu, présentent un système d’assemblage à un ou deux rivets, ne correspondant pas non plus à celui connu pour les chars qui n’en comportent aucun (Schönfelder, 2002, p. 157).

    304– Objets et fragments d’objet en bronze non classifiés (pl. 41, nos 1 à 7). Sept objets en alliage cuivreux ne peuvent pas vraiment être associés à une catégorie. Il s’agit de gouttières (nos 1 et 3), de tubulure droite (nos 2 et 4), de deux étuis (nos 5 et 6) et d’une pendeloque (n° 7). Les gouttières et les tubulures sont des éléments récurrents qu’il est difficile d’associer avec certitude à une catégorie quelconque. Les étuis, dont l’un est partiellement rempli d’une surface blanchâtre et l’autre comporte une extrémité fermée, peuvent avoir servi à ranger autant des instruments de toilette que des matières de toute sorte. Leur aspect fragmentaire n’aide pas non plus à l’identification : l’exemplaire fermé pourrait, par exemple, correspondre à un étui à aiguilles, objet déjà attesté sur le site. Aucun parallèle n’a été trouvé pour la pendeloque issue des couches de décapages artificielles de la fouille de 1993. En dépit de certaines ressemblances avec les pendeloques de ceintures féminines de La Tène moyenne (Kaenel, 1990), toujours pleines alors que l’exemplaire de Corent est évidé, nous avons préféré ne pas classer cet objet qui peut également avoir servi de pendant de harnachement ou être daté de périodes plus récentes. Des boutons tronconiques du nord de l’Italie, datés du premier âge du Fer, comportent en effet certaines similarités avec l’exemplaire étudié, mais leur suspension est réalisée à l’aide d’une tige fixée aux parois de la pièce et non sur son fond (Damiani et al., 1992, Tav. XC, nos 1424-1428).

    OBJETS INDÉTERMINÉS

    305De nombreux artéfacts en fer et en bronze, soit 6 % du corpus (478 restes sur 7992 du nombre total de restes), n’ont pu être identifiés ou attribués à une catégorie de mobilier, de façon indubitable. La plupart d’entre eux, trop fragmentaires ou trop peu significatifs, n’ont pas fait l’objet d’une représentation graphique. Parmi ces artéfacts, une partie présentant un réel intérêt figure sur un ensemble de deux planches (pl. 41, nos 8 à 21 et pl. 42). Notons tout particulièrement, en ce qui concerne les indéterminés en fer, le fragment de tôle comportant des gorges formant un décor trapézoïdal (pl. 42, n° 1), dont l’interprétation peut varier entre le fragment d’applique (de char ?) et le fragment de paragnathide. De même, l’imposante barre de section irrégulière (pl. 42, n° 2) pourrait correspondre à un demi-produit, souvent appelé « currency bar » ou même à un heurtoir en raison de sa découverte à l’entrée du sanctuaire. Cependant, son aspect symétrique, le fragment de barre disposé à une de ses extrémités et l’absence d’autres objets de ce type incitent à la prudence. Signalons encore quelques indéterminés en alliage cuivreux, comme la bande de plat enroulée de manière hélicoïdale (pl. 41, n° 20) ou le fragment bombé excisé (pl. 41, n° 21).

    Pl. 1 – Bracelets en alliage cuivreux, excepté no 11 en fer. 1-8 : bracelets tubulaires ; 9-11 : bracelets à extrémité bouletée ; 11 : extrémité de bracelet bouleté ; 12 : bracelet à extrémités moulurées et empattées ; 13-18 : bracelets à épissures ; 19-30 : bracelets à jonc lisse (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 2 – Bracelets, perles et petits anneaux en alliage cuivreux, excepté nos 26 et 27 en fer. 1 : bracelet zoomorphe ; 2-4 : bracelet à jonc décoré ; 5 : bracelet méandriforme ; 6 : terminaison de bracelet ; 7-27 : perles ; 28-67 : petits anneaux (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 3 – Petits anneaux et grands anneaux en alliage cuivreux, excepté no 57 en fer et alliage cuivreux. 1-21 : petits anneaux ; 22-31 : fragments de petits anneaux ; 32-39 : grands anneaux ; 40-54 : fragments de grands anneaux ; 55-56 : anneaux à protubérances ; 57 : anneau enfilé dans un clou (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 4 – Perles cannelées et autres objets de parure en alliage cuivreux, excepté nos 20, 21, 24 en fer et nos 25 à 27 en or. 1-19 : perles cannelées ; 20-21 : collier, torque collier et/ou torque ? ; 22-27 : bagues et anneaux de typologie laténienne ou issus de contexte laténien ; 28 : boucle d’oreille ; 29 : espaceur (?) ; 30-35 : appliques vestimentaires (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 5 – Autres objets de parure et clous de chaussure en fer, excepté nos 2, 3, 4, 5, 7 et 8 en alliage cuivreux. 1-2 : pendentifs ; 3 : maillon de chaînette ; 4-7 : bagues de typologie gallo-romaine ; 8 : épingle ; 9-14 : clous de chaussure à décor à croix et quatre globules, excepté no 10 avec deux globules ; 15-26 : clous de chaussure à décor à quatre, cinq et six globules (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 6 – Clous de chaussure à décor globulaire en fer (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 7 – Clous de chaussure en fer. 1-15 : clous de chaussure ordinaire ; 16-17 : clous de sandale (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 8 – Armes d’hast en fer. 1-6 : pointes de lance, javelines et flèche ; 7-15 : talons de lance (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 9 – Fragments de bouterolle par type et par contexte, en fer, excepté no 13 en alliage cuivreux. 1-5 : fragments de bouterolle de type Guillaumet A1 ; 6-9 : fragments de bouterolle d’une variante du type Giubiasco 2 ; 10-12 : fragments de bouterolle du groupe Ludswishafen ; 13 : fragment de bouterolle de type Ormes (?) ; 14 : bouterolle ajourée de type Lejars 3b (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 10 – Fragments d’épée et de fourreau en fer issu d’un même contexte. 1-6 : fragment de bouterolle provenant de l’enclos A ; 7-11 : extrémités distales d’épée et fragments de plaque et gouttière provenant de l’entrée (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 11 – Fragments de fourreau isolés et autres fourniments annexes, en fer, excepté no 13 en alliage cuivreux. 1-3 : plaques de fourreau ; 4-5 : agrafes de renfort ; 6 : fragment de bouterolle avec départ de barrette ; 7-12 : fragments de gouttière ; 13 : agrafe de ceinturon ; 14 : chaîne de suspension de fourreau (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 12 – Boucliers en fer. 1-11 : fragments d’orles (no 4 d’après Orengo 2003 : pl. 59, 7) ; 12-13 : manipules ; 14-15 : fragments d’umbo ? 16-17 : rivets de fixation d’umbo (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 13 – Umbones en fer du dépôt de type « trophée ». 1-4 : umbones à bords convergents ; 5 : fragment d’ailette d’umbo (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 14 – Cotte de mailles en fer du dépôt de type « trophée », vues recto et verso des fragments (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 15 – Autres objets du dépôt de type « trophée ». 1 : crête de sanglier-enseigne ; 2 : plaque de fourreau ; 3 : manipule ; 4 : fragment de tôle ; 5-6 : ferrures ; 7 : clou (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 16 – Armement défensif et fragments d’armement ou de militaria d’identification incertaine, en fer (nos 1-3, 5, 13-14), en base-cuivre (nos 4, 7-12) et en plomb (no 6). 1-2 : fragments de cotte de mailles ; 3 : fragment de paragnathide ou de fourreau ? 4 : charnière de casque ; 5 : virole de pilum ; 6 : balle de fronde ? 7 : frette de gladius ? 8 : frette de gladius/anneau ; 9 : applique bobine ; 10-12 : éléments de lorica segmentata ; 13 : fragment de lorica segmentata ? 14 : stimulus ? (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 17 – Couteaux en fer. 1 : petit couteau à plaquette ; 2 : petit couteau à anneau ; 3-4 : fragment de couteau ; 5-6 : couteaux à manche massive et anneau ; 7 : couteau à manche massif (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 18 – Fragments de collerette de chaudron en fer, excepté nos 1, 3 à 6 en fer et alliage cuivreux. (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 19 – Fragments de récipients à anse, en fer (nos 1-4, 7, 8, 12-13, 15) et en alliage cuivreux (nos 5-6, 9-11, 14). 1-6 : anses ; 7-11 : cerclages de seau ; 12-14 : attaches de seau ; 15 : fragment de récipient ? (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 20 – Fragments de récipients en alliage cuivreux, excepté no 7 en fer. 1-3 : fragments de passoire ; 4 : pied de situle ou de cruche ; 5 : applique décorative zoomorphe à tête de cheval ; 6 : fond de récipient ; 7 : anse de cruche ? 8-9 : fragments de récipient ; 10 : lèvre de récipient ; 11-16 : pieds de récipient (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 21 – Instruments du foyer en fer. 1 : potence ; 2 : fragment de crémaillère ; 3-6 : barres de grill ; 7 : fragment de landier ? (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 22 – Ustensiles culinaires en fer. 1 : cuillère ; 2 : fragment de louche ; 3 : manche d’ustensile ; 4 : croc à viande ; 5-6 : fragments d’ustensiles liés au feu, indéterminés (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 23 – Outils pour le travail du bois, d’entretien, des textiles et du cuir, en fer (nos 8-9, 11-14, 19-20) et en alliage cuivreux. 1 : herminette ; 2 : bédane ; 3 : scie ; 4-6 : dents de rateau ; 7-14 : aiguilles ; 15 : demi-lune ; 16 : emporte-pièce ; 17-20 : alènes (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 24 – Outils en fer pour le travail du métal, non classifiable et d’identification incertaine. 1 : herminette ; 2 : tas ; 3-4 : limes ; 5 : panne de marteau ; 6 : spatule ; 7 : outil indéterminé ; 8-10 : coin, angrois ? 11-13 : ciseau ? 14-17 : outils d’identification incertaine ? (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 25 – Chutes de tiges en fer (nos 43 et 53, d’après Orengo 2003 : pl. 60, 5-6) (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 26 – Chutes de tige et de barre en fer. 1-29 : chutes de tiges (nos 9 à 12 d’après Orengo 2003 : pl. 60, 1-3, 13) ; 30-36 : chutes de barre (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 27 – Chute de fer et déchets et chutes liées au travail des métaux fusibles, en fer (nos 1-15), en alliage cuivreux (nos 16-31), en argent (no 32), en électrum (no 33) et en or (nos 34-35). 1-9 : chute de barre ; 10-13 : chutes/ébauches atypiques ; 14-15 : chutes de tôle ; 16-30 : demi-produits ; 28-31 : tôles de récupération ; 32-33 : fils d’argent et d’or ; 34 : coulure d’or (échelle 1/1) ; 35 : fond de creuset d’électrum (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 28 – Poids et mesures, en alliage cuivreux (nos 1-6), en fer (nos 7-11) et en plomb (nos 12-17). 1-3 : fléaux de balance ; 4-6 : plateaux de balance ; 7-11 : poids en fer ; 12 : poids en plomb ; 13-18 : poids/jetons de jeux (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 29 – Éléments de transport en fer, excepté nos 5-7 en alliage cuivreux. 1 : piton à œillet et contreplaque ; 2 : fragment de boîte à moyeu ; 3 : embout de timon ? 4 : clou décoratif ; 5 : applique à bélière ; 6 : fragment de phalère ; 7 : pendant de harnais, applique ? 8-10 : boucles de harnais ; 11 : distributeur de courroie, mors rudimentaire ? 12 : fragment d’éperon ; 12-16 : aiguillons (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 30 – Instruments liés aux soins du corps en alliage cuivreux, excepté nos 2, 15 et 16 en fer. 1-3 : pinces à épiler ; 4-9 : fragments de miroir ; 10-11 : instruments de toilette, de médecine ? 12-13 : éléments de trousse de toilette ; 14 : fragment de force ; 15 : rasoir (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 31 – Mobilier à caractère religieux, écriture et rivets émaillés. 1 : sanglier en ronde-bosse (alliage cuivreux) ; 2-3 : feuilles d’arbre (alliage cuivreux) ; 4 : battant de cloche (fer) ; 5-7 : stylets (fer) ; 8-18 : clous-rivets émaillés (alliage cuivreux et tige en fer pour les nos 8-9, 11, 13 -15 et 17-18) (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 32 – Clés en fer (nos 1-10) et en base-cuivre (nos 11-12) (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 33 – Foncets en fer. 1-3 : foncets à entrée de clé en « L » ; 4-5 : foncets à entrée de clé indéterminée ; 6-7 : foncets à entrée de clé rectangulaire (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 34 – Éléments d’huisserie en fer. 1-15 : pênes et fragments de pênes ; 16-17 : auberon ; 18 : gâche de verrou ; 19 : ressort de serrure ? 20 : palatre (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 35 – Ferrures (nos 1-4), ferrures décoratives (nos 6-8), pitons (nos 9-10), crampons (nos 11-12) et rivets (nos 13-16) en fer (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 36 – Éléments d’assemblage en fer. 1-5 : éléments d’assemblage de menuiserie ; 6 : anneau d’écure, de meuble (nos 2 à 6, d’après Orengo 2003 : pl. 59, 8-10 ; pl. 60, 1 ; pl. 61, 8) ; 7-14 : fragments de charnière ; 14 : poignée ; 15 : penture de porte (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 37 – Rivets en alliage cuivreux, excepté nos 53 à 65 en alliage cuivreux et fer. 1-18 : rivets par refoulement ; 19-44 : clous-rivets en une pièce à tête hémisphérique creuse ; 45-52 : clous-rivets en une pièce à tête plate ; 53-65 : clous-rivets en une pièce à tête hémisphérique creuse bimétallique ; 66-68 : contreplaques de rivet ; 69-78 : clous-rivets en une pièce à tête matée (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 38 – Cabochons décoratifs en alliage cuivreux (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 39 – Éléments de quincaillerie décoratifs en alliage cuivreux excepté nos 34-38 en fer. 1-5 : appliques circulaires ; 6-25 : fragments de quincaillerie décorative ; 26-29 : contreplaques décoratives ; 30-33 : clous ; 34-36 : clous décoratifs en fer ; 37 : applique (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 40 – Quincaillerie non classifiée en fer excepté no 8 en base-cuivre. 1-6 : maillons rapides ; 7-10 : viroles ; 11-14 : anneaux ; 15-18 : maillons de chaîne ; 19 : anneau de sertissage ; 20-21 : frettes de renfort ; 22 : tôle de renfort (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 41 – Objets non classifiés (nos 1-7) et indéterminés nos 8-21) en alliage cuivreux (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    Pl. 42 – Objets indéterminés en fer (DAO : M. Demierre, UNIL).

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    CLOUTERIE ET ÉLÉMENTS DE CONSTRUCTION

    306François Blondel

    307Peu d’études consacrées aux clous et autres éléments de construction ont été réalisées. Ce mobilier, lorsqu’il se trouve en grande quantité sur un site, permet pourtant d’appréhender certains modes et usages de construction, afin de mieux comprendre certaines réalités architecturales. L’important corpus de clous découverts sur le sanctuaire de Corent permet ainsi d’enrichir les typologies existantes (Manning, 1985 ; Guillaumet, 2003 ; Blondel, 2007), mais également de proposer des restitutions architecturales des aménagements du sanctuaire gaulois et gallo-romain.

    MÉTHODOLOGIE

    308Cette étude comprend les clous, les rivets et tous leurs fragments mis au jour à l’exception des clous de chaussure et des ferrures. Les rivets ont été intégrés à la problématique, au regard de leur mode de fabrication et d’utilisation proche, voire similaire à ceux des clous selon le type de rivets. Le corpus des artéfacts soumis à l’analyse comporte un total de 6602 clous, rivets et fragments, toutes époques confondues (tabl. III).

    Tabl. III – Inventaire synthétique des quantités et types de clous, de rivets et de fragments découverts lors de différentes campagnes de fouilles.

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    Définition et modalités d’usage

    309Le clou est utilisé dès le second âge du Fer en Europe, mais plus massivement à partir du iie s. av. J.-C. et durant la période romaine (Arcelin, Buchsenschutz, 1985, p. 16). Il est généralement réalisé en fer, parfois en alliage cuivreux. Constitué d’une tige de section carrée, très rarement de section ronde, sa pointe est effilée tandis que l’autre extrémité est munie d’une tête de forme diverse (ronde à ovale) qui peut être plate ou hémisphérique, creuse ou pleine, voire même absente (clou tête homme). Il sert à assembler différentes pièces de bois (fig. 160), à suspendre des objets, ou encore à décorer des menuiseries. Dans certains cas, le clou traverse les éléments assemblés et forme un clou-rivet après le rabat de la tige sortante.

    310Le rivet sert à solidariser de manière définitive des matériaux semblables ou différents comme l’attestent de multiples utilisations : penture sur une porte ou un volet, charnière pour une trappe ou un couvercle de coffre, poignée et umbo sur des boucliers (Rapin, Brunaux, 1988, fig. 20 et 22 ; Guillaumet, 2003, p. 54-56). Il a la même morphologie qu’un clou, excepté au niveau de son extrémité qui se compose soit d’un refoulement de sa pointe pour former une « tête », soit d’une plaque (Guillaumet, 2003, p. 139-140).

    Historique des recherches

    311L’intérêt que portent les chercheurs aux clous est relativement récent. La première typologie a été élaborée au cours des années 1980 par W. H. Manning, qui classe les pièces de quincaillerie selon leur poids, leur forme, leurs dimensions et leurs fonctions (Manning, 1985, p. 134). Cette typologie est assez pertinente car les regroupements par classe sont relativement larges et peu nombreux. Une dizaine d’années plus tard, J.-P. Guillaumet propose une autre typologie à partir, entre autres, d’une étude de C. Fernandez sur le mobilier métallique issu des fouilles de la Porte du Rebout à Bibracte (Guillaumet, 2003, p. 49). Cette recherche, qui a essentiellement porté sur des paramètres fiables, est fondée sur une méthode simple de comptage et de classement des clous selon leur longueur, leur section de tige, leur forme de tête. Cette typologie offre un éventail plus large de classification, mais elle ne prend pas en compte le poids et le diamètre de la tête des clous, contrairement à celle de W. H. Manning. À partir de ces deux typologies et du corpus du sanctuaire de Corent, il est possible de concevoir un nouveau classement de ce mobilier, permettant à la fois de trier les clous selon leur utilisation et de déterminer le type de certains clous fragmentés. Dans un second temps, des cartes de répartition et de densité ont été établies afin de compléter les restitutions architecturales du site.

    Fig. 160 – Représentation des différents modes et utilisations possibles à partir d’un clou : 1, utilisation courante d’un clou ; 2, façonnage d’un clou-rivet à coude simple ; 3, façonnage d’un clou-rivet à double coude (DAO F. Blondel).

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    Méthode de classification

    312Afin d’obtenir le maximum d’informations, les clous ont été traités comme du mobilier de référence dans une étude exhaustive prenant en compte la forme, les dimensions, le poids, le degré de conservation et le contexte de chaque clou, rivet ou fragments de ceux-ci.

    313Les clous, les rivets et leurs fragments sont classés selon leur état de conservation :

    • clou : sont désignés comme « clous » les exemplaires les mieux conservés, c’est-à-dire préservés de la tête jusqu’à la pointe ;

    • clou sans pointe (pointe non conservée) : un clou dont l’extrémité inférieure mesure plus de 3 mm d’épaisseur est considéré comme un clou sans pointe. Ce type est très fréquemment attesté sur les sites archéologiques ;

    • tête de clou : cette classification concerne peu d’exemplaires, en raison d’une plus forte résistance de la tige que de la tête ;

    • tige de clou : cette partie que constitue la tige fournit peu de renseignements, mais elle tient son importance du nombre de ses exemplaires (généralement majoritaires sur les sites) qui sont alors comptés et pesés ;

    • pointe de clou : sont ainsi désignées les tiges n’excédant pas 3 mm d’épaisseur à une de leurs extrémités ;

    • reste d’un clou : cela concerne tous les fragments indéterminés ;

    • rivet et clou-rivet : cette catégorie est facilement reconnaissable par sa physionomie, qui est la même que celle d’un clou à la différence près que l’extrémité du rivet présente une tête (formée par un refoulement de la pointe) ou une plaque, et le clou-rivet présente une partie coudée au niveau de la tige.

    Fig. 161 – Différentes photographies de traces ligneuses sous binoculaire représentant la conservation de telles traces ainsi que le sens des fibres visibles (cliché F. Blondel).

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    Mesures et observations de référence

    314– Longueur : elle est mesurée à partir du dessous de la tête jusqu’à la pointe pour les clous entiers, et sur la longueur conservée pour les clous fragmentés. Cette mesure est primordiale à la détermination du type de clous.

    315– Section : elle est mesurée sous la tête, à l’endroit le plus large. Cette donnée est tout aussi importante que la longueur.

    316– Diamètre de la tête : cette mesure permet de restituer certains clous sans pointe et peut aider parfois à préciser le type d’un clou.

    317– Poids : il permet l’élaboration des cartes de densité à partir du plan du site fouillé et sert à l’élaboration d’une typologie pour tel ou tel site. Chaque substrat engendrant des oxydations altérant le poids des objets ferreux de manière différenciée, les données pondérales obtenues à partir de ce corpus ne sont valables que pour le site de Corent.

    318– Estimation d’une épaisseur de planche ou d’un assemblage : concernant principalement les rivets et clous-rivets, la longueur utile se mesure depuis le dessous de la tête jusqu’au premier coude, au refoulement ou à la contre-plaque du rivet. Elle permet aussi de déterminer l’épaisseur de bois que le rivet ou le clou-rivet fixait.

    319Cette dimension peut également être obtenue sur certains clous comportant des restes de bois minéralisés par l’oxydation, qui permettent parfois l’identification de leur essence. Ces observations n’ont pas été possibles sur les clous du sanctuaire de Corent. Par ailleurs, selon l’emplacement et la conservation du sens des fibres minéralisées, il est possible de déterminer l’épaisseur de planche de bois que le clou fixait. Soixante-quinze clous possèdent de telles traces dont vingt ont pu indiquer l’épaisseur de planche (fig. 161). Ces données confirment qu’un clou permet la fixation d’une pièce de bois équivalent à environ la moitié de sa longueur.

    320– Forme de la tête : elle peut dans certains cas révéler l’utilisation du clou. Les clous à tête ronde ou ovale sont les plus nombreux et d’emploi courant. Une tête hémisphérique ou discoïde peut suggérer une fonction décorative en plus de son utilisation première.

    Restitution des clous fragmentés

    321La fréquence des clous sans pointe sur le site nous a amené à tenter une méthode de restitution de leur longueur afin de pouvoir les exploiter sur le plan typologique. Cette opération est réalisée en fonction du rapport entre la section de la tige d’un clou et le diamètre de sa tête (fig. 162). Ce rapprochement tient au moment du forgeage du clou. Le diamètre d’une tête de clou dépend de trois facteurs principaux :

    • la matière disponible, qui se résume à la section de la tige lors de sa confection ;

    • la température de la tige (portée au rouge) avant son façonnage en tête de clou ;

    • le nombre de coups de marteau donnés sur la tige pour façonner la tête.

    322À l’aide de cette classification, il est possible de déterminer le type des clous sans pointe à partir de la longueur conservée, de la section de la tige et du diamètre de la tête du clou. La limite de cette méthode s’observe sur les types III et IV, qui ne peuvent être départagés que grâce à la longueur de tige conservée, en raison de leurs dimensions de section de tige et de diamètre de tête similaires (voir infra, p. 236).

    323Ces restitutions permettent d’envisager une approche architecturale plus précise de par l’augmentation des quantités de types de clou.

    Densité et répartition

    324L’étude implique la réalisation de cartes de répartition et de densité des différents clous. Pour ce faire, les clous doivent être positionnés sur le plan de fouille, ou du moins être localisés dans un carroyage d’un ou deux mètres carrés, comme c’est le cas pour le sanctuaire de Corent. Ces relevés permettent de percevoir les alignements de clous, localiser les entrées, comprendre l’écroulement des édifices et/ou des structures, et d’aider à la reconstitution architecturale.

    Fig. 162 – Graphique représentant la moyenne des diamètres de tête par section de tige des clous, ainsi que les diamètres de tête maximale et minimale. L’accroissement du diamètre de la tête des clous s’observe selon l’importance de la section de la tige.

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    325Les cartes de densité sont établies à partir de la somme du poids des clous, des rivets et leurs fragments sur chaque mètre carré du site par discrétisation. Cette méthode consiste à subdiviser le domaine de variation d’une série statistique continue en classes de valeur symbolisées selon une légende de couleur allant du blanc au rouge. Chaque classe de variation est calculée par une moyenne et par l’écart type. Elle est ensuite reportée sur le plan du site dans les limites des unités stratigraphiques ou de fouilles. On se référera à la moyenne pour établir les limites des classes, et à l’écart type pour calculer leurs amplitudes (Béguin, Pumain, 2003, p. 85-107).

    326Les cartes de répartition sont réalisées à partir des clous, des rivets et des clous restitués. Elles se limitent aux quantités par mètre carré, tout comme les cartes de densité. La répartition par type offre la possibilité de percevoir des réalités architecturales, comme l’emploi d’un type de clou est révélateur des épaisseurs de bois employés et oriente les interprétations.

    327La lecture globale de la carte de répartition en recoupement avec la carte de densité permet de confirmer les structures mises au jour lors de la fouille (puits, cuvelage de fosse ou de fossé, petit édifice, gros édifice, coffre, porte, volet…) et éventuellement de repérer des aménagements inédits.

    Limites de l’étude

    328Malgré l’ampleur des fouilles et l’importance du corpus, il convient de pondérer les interprétations en gardant à l’esprit que l’ensemble des clous mis au jour ne reflète qu’une réalité biaisée par rapport à la véritable quantité de clous utilisée sur le site. Les raisons de cette perte de mobilier sont multiples et tributaires de l’état de conservation et de l’arasement des vestiges (substrat, oxydation, érosion du site ou labour), ainsi que de la fragmentation du mobilier. Ces paramètres de pertes de mobilier demeurent impossibles à pondérer.

    LES CLOUS

    329La grande quantité de clous conservés et l’ensemble des données les concernant permettent d’enrichir les typologies existantes et de créer de nouvelles approches pour l’étude de ce type de mobilier.

    Analyse factorielle des correspondances

    330L’analyse factorielle des correspondances de la base de données des clous de Corent a permis de classer par type tous les clous entiers découverts sur le sanctuaire. Elle met en relation les différentes mesures décrites précédemment à partir d’un tableau Booléen (présence, absence) et se représente sous la forme d’un graphique de nuage de points en trois dimensions. Afin de ne pas biaiser les données, seulement les clous entiers sont pris en compte (903 individus au total). L’analyse distingue cinq classes de clous (fig. 163).

    • La première classe est représentée par 30 individus, qui mesurent moins de 20 mm de longueur, avec une section inférieure à 3 mm et un poids en dessous de 2 g.

    • Les 136 individus que compte la deuxième classe mesurent de 20 à 40 mm de longueur, 3 à 4 mm de section et pèsent entre 2 et 4 g.

    • les 212 individus de la troisième classe mesurent de 40 à 60 mm de longueur, 4 à 5 mm de section et pèsent 4 à 7 g.

    • La quatrième classe comprend le plus grand nombre d’individus, soit 420. Ils mesurent de 60 à 100 mm de longueur, avec une section de 5 à 6 mm et un poids de 7 à 15 g.

    • La cinquième classe intègre 105 individus, qui mesurent plus de 100 mm de longueur et plus de 6 mm de section. Leur poids atteint plus de 15 g.

    Fig. 163 – Différents angles de vue d’un nuage de points en trois dimensions réalisé à partir d’une analyse factorielle des correspondances. Les couleurs correspondent à la classification de l’analyse. En raison de leurs dimensions particulières (et souvent uniques), certains clous sortent des concentrations (DAO F. Blondel, nuage 0.9.1).

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    331Ces résultats statistiques doivent cependant être pondérés. Certains clous non classables en raison d’une tête de fort diamètre et d’une section de taille importante, associés à une faible longueur, peuvent toutefois biaiser les résultats. Il importe donc de retourner aux mobiliers et comparer ces résultats avec les typologies existantes.

    Typologie

    332À partir des résultats obtenus par l’analyse factorielle et confrontés aux travaux de W. H. Manning et J.-P. Guillaumet, il est possible de proposer une nouvelle typologie. Rappelons que la valeur « poids » est spécifique à Corent et ne doit pas être prise en référence.

    333Cinq types de clous ont pu être recensés (tabl. IV et fig. 164).

    • Clous de tapisserie (type I). Utilisés pour tapisser les sièges ou doubler les coffres en cuir ou en tissus, ils sont en fer ou en alliage cuivreux. Leur longueur mesure environ 5 à 20 mm. Ils présentent en général une tête plate de forme ronde, parfois une tête hémisphérique creuse ou pleine qui mesure entre 5 et 10 mm de diamètre. Leur tige est de section carrée pour les clous en fer, mais peut être ronde pour les clous en alliage cuivreux. Leur section est inférieure ou égale à 3 mm. Ils pèsent en général moins de 2 g.

    • Clous de menuiserie (type II). Ils sont employés pour la fabrication de meubles ou la pose de parquets, également pour la décoration ou pour maintenir des petits éléments métalliques de décoration. En fer et en alliage cuivreux, ils mesurent entre 20 et 40 mm. Leur tige est de section carrée, elle varie entre 3 et 4 mm. Ils présentent en général une tête plate de forme ronde, parfois losangique ou hémisphérique creuse pour orner des meubles. Leur tête mesure entre 5 mm et 15 mm de diamètre, avec un poids entre 2 et 4 g. Certains clous de décoration possèdent une tête discoïde ou hémisphérique d’un diamètre beaucoup plus important, susceptible d’atteindre jusqu’à 30 mm. Ces derniers pèsent entre 2 et 10 g.

    • Clous de bardage (type III). Servant à recouvrir un toit de bardeau, mais aussi à assembler une ossature en bois par bardage, autrement dit pour des planches de petite épaisseur, ils sont toujours en fer. Leur longueur varie entre 40 et 60 mm. De forme carrée, la section de leur tige est comprise entre 4 et 5 mm. Ils présentent en général une tête plate de forme ronde ou ovale (parfois carrée), qui mesure entre 10 et 15 mm de diamètre (parfois jusqu’à 20 mm) et pèsent entrent 4 et 7 g.

    • Clous de construction (type IV). Utilisés pour le maintien de pièces de bois n’excédant pas une épaisseur de 50 à 60 mm, ces clous sont toujours en fer. Leur longueur mesure entre 60 mm et 10 cm. La section de leur tige est de forme carrée et mesure 5 à 6 mm. La forme de leur tête est en général ronde, parfois hémisphérique, mais il y en a également de forme carrée et rectangulaire. Elle varie entre 10 et 20 mm de diamètre. Leur poids est compris entre 7 et 15 g.

    • Clous de gros œuvre (type V). Ces clous servent à l’assemblage de pièces de bois dont la section peut atteindre jusqu’à 80 mm, mais aussi à la suspension d’objet. Ils sont toujours en fer. Leur longueur est supérieure à 10 cm ; certains spécimens peuvent mesurer au-delà de 18 cm de longueur. Les tiges sont de section carrée et mesurent au minimum 6 mm. La forme de la tête est ronde et parfois carrée et rectangulaire. Le diamètre de leur tête est égal ou supérieur à 15 mm, certaines têtes de clou peuvent atteindre 35 mm de diamètre. Leur poids est en général supérieur à 15 g, certains pouvant peser jusqu’à 150 g.

    Tabl. IV – Typologie des clous découverts sur le sanctuaire de Corent, classification et quantification par type de clou (Blondel, 2007).

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    LES RIVETS ET CLOU-RIVETS

    334Les rivets et les clou-rivets sont moins nombreux que les clous, avec seulement soixante-dix-neuf individus. La détermination des types de rivet ne prend pas en compte les mêmes paramètres que celle effectuée pour les clous. C’est la forme du rivet qui détermine son type et non ses dimensions, même si ces dernières permettent d’interpréter leur usage. Cette classification se réfère principalement à la typologie de Guillaumet (2003, p. 54-55 ; Ibid., p. 139-140), à l’étude de M. Demierre (2006) et aux observations formulées en 2007 (Blondel, 2007, p. 27-30).

    Fig. 164 – Planche représentant différents types de clous et de rivets : 1-2, clous de gros œuvre (type V) ; 3-6, clous de construction (type IV) ; 7, clous de bardage de décoration à tête hémisphérique (type III) ; 8-9, clous de bardage (type III) ; 10, clou de menuiserie de décoration à tête discoïde (type II) ; 11-12, clous de menuiserie (type II) ; 13-14, clous de tapisserie (type I) ; 15, clou-rivet à coude simple ; 16, clou-rivet à double coude ; 17, rivet à contre-plaque ; 18, rivet à refoulement. (DAO, F. Blondel)

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    Typologie

    335Les quatre types de rivets observés sur le sanctuaire de Corent se répartissent en deux grandes catégories : les rivets et les clou-rivets (fig. 164). Pour ces derniers, leur confection est réalisée à partir d’un clou et par repli de sa pointe en un ou deux coudes. L’observation d’un coude net et angulaire, dont l’intérieur de la tige est légèrement aplati, permet de différencier les clous-rivets à coude simple des clous tordus par la démolition des structures. Les autres rivets présentent une contreplaque ou un refoulement martelés.

    • Les clous-rivets. Comme les rivets, ils sont utilisés pour maintenir ensemble des matériaux semblables ou différents. Dans la construction, ils servent à la confection de portes et de volets. À usage unique, le rivet est réalisé pour un assemblage précis.

    • Les clous-rivets à coude simple. Ils sont confectionnés à partir d’un clou dont l’extrémité est repliée en un coude. C’est le type de rivet le plus utilisé, car certainement le plus simple à réaliser. Leurs longueurs sont très variables du fait qu’un clou est utilisé pour réaliser ce rivet. Tous les types de clou sont utilisables pour ce type de rivet, toujours en fer. La section de la tige est carrée et sa mesure dépend du type de clou utilisé. La forme de la tête est souvent ronde, mais peut parfois être hémisphérique ou discoïde. Le diamètre de la tête est variable selon le type de clou utilisé, son poids également.

    • Les clous-rivets à double coude. Fabriqués à partir d’un clou dont l’extrémité est repliée à deux reprises, leur teneur de fixation est plus importante que le premier type de rivet. Ils sont toujours en fer. Tout comme le premier type, la longueur, la section, le diamètre de tête et le poids dépendent du clou utilisé. La forme de la section est également carrée et celle de la tête est souvent ronde, mais peut être parfois hémisphérique ou discoïde.

    • Les rivets à refoulement. Ils sont utilisés pour assembler des éléments en bois à des éléments métalliques. Le martelage de l’extrémité du rivet se fait sur la partie métallique, le bois n’offrant pas une résistance suffisante. Ce type de rivet est révélateur d’assemblages particuliers comme, par exemple, une penture sur une porte, et se réalise sur place. Ils peuvent être en fer ou en alliage cuivreux. La longueur de la tige varie entre 20 et 40 mm en général ; sa section, mesurant autour de 5 à 7 mm, de forme carrée, est parfois ronde. La forme de la tête est discoïde ou hémisphérique ; son diamètre est très variable, tout comme son poids. Pouvant être utilisé autant dans la construction que pour l’armement, il est difficile de lui attribuer une utilisation spécifique.

    • Les rivets à contre-plaque. Tout comme les rivets à refoulement, ils sont utilisés pour assembler des éléments de bois à des éléments métalliques. Constitués de deux pièces, ils sont le plus souvent en fer. La première pièce est formée d’un rivet du même type que le précédent avant le martelage. La seconde est une contreplaque ou œillet, toujours de forme carrée. Elle présente souvent une dimension plus ou moins égale à celle de la tête du rivet, ce qui empêche de leur attribuer une utilisation spécifique.

    336Même si l’épaisseur des bois fixés par les clous peut être plus ou moins estimable selon les types, cette donnée est moins approximative pour les rivets et les clous-rivets. Alors que le premier type d’assembler une pièce métallique sur une pièce de bois, le second sert à l’assemblage de deux pièces de bois. La fourchette d’épaisseur pour les rivets à refoulement ou contreplaque s’étend de 1 à 50 mm (fig. 165). Ne pouvant estimer l’épaisseur des pièces métalliques, il paraît vraisemblable que ces épaisseurs soient plus appropriées aux huisseries. L’emploi des clous-rivets est par contre beaucoup plus large : il s’observe sur des épaisseurs allant jusqu’à 90 mm. Ces épaisseurs dites utiles permettent de mieux connaître les modes et usages de l’emploi du bois et du métal dans la construction et/ou la menuiserie.

    INTERPRÉTATIONS ET RÉSULTATS

    337De manière générale, le substrat du plateau de Corent a favorisé une assez bonne conservation du mobilier métallique. En revanche, la fragmentation du mobilier est assez élevée, avec un taux de 82,5 %, calculé selon le rapport entre les clous (903 individus) ainsi que les rivets (79 individus) entiers et leurs différents fragments (5620 éléments).

    338Tous les clous du sanctuaire ont été classés et étudiés selon leur contexte de découverte. Les périodes laténienne et gallo-romaine sont traitées et interprétées séparément en raison des changements de modes et d’usages des clous, selon le type d’architecture. Les clous, rivets et clous restitués (clou sans pointe) représentent quasiment la même quantité pour ces deux périodes (tabl. V et VI) : 1076 clous entiers et restitués, ainsi que 27 rivets et clous-rivets sont attribués à l’époque laténienne, tandis que 991 clous entiers et restitués ainsi que 25 rivets et clous-rivets proviennent de contextes gallo-romains. Une partie du corpus, soit 223 clous et 11 rivets, n’a pu être classée dans l’une ou l’autre période. Enfin, 782 clous et 16 rivets demeurent indéterminés.

    Fig. 165 – Histogramme représentant les différentes épaisseurs de bois maintenus par les rivets et clou-rivets, découverts sur le sanctuaire de Corent, fixent selon chaque type (d’après Blondel, 2007).

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    Tabl. V – Représentation des quantités et des types de clous répertoriés par période d’occupation du sanctuaire de Corent.

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    Tabl. VI – Représentation des quantités et des types de rivets et clous-rivets répertoriés par période d’occupation du sanctuaire de Corent.

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    Sanctuaire laténien

    339L’ensemble des 2280 clous, rivets et fragments attribués à La Tène concerne les deux états d’aménagement du sanctuaire gaulois (état 1 et 2). Ce mobilier n’a pu être différencié en fonction de l’une ou de l’autre phase, par manque de cohérence stratigraphique. La superposition des densités de clous entre le fossé d’enclos du premier état et le portique rend les interprétations suivantes à mettre sous réserve, pour cette partie du sanctuaire. Il est néanmoins possible de dire que 531 clous et fragments appartiennent bien au fossé d’enclos. Les quantités et les types de clous observés confortent la présence d’une palissade, certainement solidarisée par des traverses hautes clouées.

    340Une grande quantité de clous a été mise au jour au nord et à l’est du sanctuaire, au niveau de l’entrée monumentale et de ses abords, ainsi qu’à l’angle nord-est du portique et une partie de son tronçon nord, puis de l’enclos nord (fig. 166-167). Plusieurs facteurs l’expliquent. Tout d’abord, le sud et le sud-ouest du sanctuaire sont plus arasés, et certaines structures sont érodées. La politique de fouille a également changé au cours des diverses campagnes. Si les clous des premières campagnes dans la zone nord-est du sanctuaire ont été systématiquement localisés, cette démarche a par la suite été abandonnée. Enfin, la destruction du sanctuaire, au milieu du ier s. av. J.-C., et les réaménagements postérieurs perturbent les résultats.

    341La grande concentration de clous à l’ouest de l’entrée du sanctuaire laisse supposer l’effondrement du bâti de l’entrée. Si ces interprétations sont exactes, l’étendue des fortes densités de clous permet de restituer un éventuel édifice de type tour pouvant atteindre de 6 à 10 m de hauteur. Les quantités et les types de clous entiers et restitués confortent l’hypothèse d’un édifice monumental charpenté et habillé de planches de forte épaisseur. La densité et les types de clous au niveau des trous de fondations devant l’entrée suggèrent la présence d’un possible parquet. Le plan et l’aspect de cette entrée sont difficilement restituables. D’autres trous de poteaux de grandes dimensions localisés dans le prolongement interne de l’entrée complique la compréhension globale de l’édifice.

    342La position du portique à l’emplacement du fossé d’enclos du premier état du sanctuaire rend peu aisées les interprétations à partir des densités et types de clous. Le manque de structures en creux liées au portique donne un plan incomplet et difficilement restituable. La destruction du portique par les fondations des aménagements gallo-romains a grandement perturbé cette partie du sanctuaire. Néanmoins, un toit à un ou deux pans peut être envisagé. La série de poteaux internes espacés d’une longueur égale conforte l’hypothèse d’un édifice de type galerie. Même si la présence importante de clous de type IV et V confirme l’existence d’une ossature imposante, le plan incomplet du portique ne permet pas d’aller plus avant dans les interprétations.

    343L’enclos A est bien documenté, tant au niveau de son plan que des densités et types de clous mis au jour. Alors que le fossé de cet enclos comporte une grande quantité de clous, l’espace interne de l’édifice est totalement vierge de clous et de structures. La présence de clous peut justifier une structure en élévation, mais ne permet pas de trancher sur le type d’édifice. S’agit-il d’un simple enclos palissadé ou d’un bâtiment charpenté avec couverture ? L’absence de structures en creux porteuses à l’intérieur de la limite fossoyée fragilise cette dernière hypothèse. L’existence de poteaux posés à même le sol peut être envisagée, mais aucune donnée archéologique ne conforte cette possibilité. Les alignements de clous parallèles au tronçon sud, mais surtout au tronçon ouest du fossé d’enclos, espacés de 3 à 4 m environ, peuvent être interprétés soit comme des effets de parois non identifiés lors de la fouille, soit comme des traverses hautes clouées et solidarisant la palissade de l’enclos effondrées à plat. Dans ce dernier cas, la distance de ces alignements de clous suggère une hauteur de palissade d’environ 3 à 4 m. Si ces interprétations sont exactes, il s’agit bien d’un enclos palissadé dont la localisation de l’entrée est indéterminée.

    Fig. 166 – Plan de répartition des clous, des rivets et de leurs fragments de la période laténienne du sanctuaire de Corent, à partir de la valeur « poids » sur un carroyage de 2 m2 (DAO F. Blondel, fond de carte M. Garcia).

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    344Malgré une assez faible concentration, la présence de clous en face de l’entrée et à l’extrémité ouest du sanctuaire révèle une structure en bois. La faible quantité de structures en creux qui subsistent sous l’édifice cultuel à galerie périphérique gallo-romain ne permet pas de proposer une restitution d’élévation fiable.

    Sanctuaire gallo-romain

    345Un ensemble de 2134 clous, rivets et fragments ont été attribués à l’époque gallo-romaine (voir supra, tabl. V). Les clous relevant de cette période sont plus souvent employés dans la charpente et la couverture, le reste du bâti étant principalement maçonné. L’étude des clous n’offre par conséquent guère la possibilité d’effectuer des approches architecturales.

    Fig. 167 – Plan de répartition des quantités de clous par type et de rivets de la période laténienne du sanctuaire de Corent, sur un carroyage de 2 m2 (DAO F. Blondel, fond de carte M. Garcia).

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    Fig. 168 – Plan de répartition des clous, des rivets et de leurs fragments de la période gallo-romaine du sanctuaire de Corent, à partir de la valeur « poids » sur un carroyage de 2 m2 (DAO F. Blondel, fond de carte M. Garcia).

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    346Les concentrations de clous du sanctuaire gallo-romain se situent aux mêmes emplacements qu’à la période laténienne (fig. 168-169). Les raisons taphonomiques similaires à celles décrites précédemment peuvent être avancées pour cet état du sanctuaire et les observations effectuées doivent être pondérées par la forte résidualité du mobilier laténien dans les contextes gallo-romains. Comme pour les états laténiens, les densités de clous les plus marquantes se situent au niveau de l’entrée du sanctuaire, des branches nord et est de la galerie et à proximité d’un bâtiment annexe.

    347Une forte densité de clous à l’entrée du sanctuaire révèle un effondrement probable de la toiture vers le sud.

    348À la différence de l’entrée, une moins grande concentration de clous est attestée dans les branches nord et est de la galerie, dont l’intérieur et les façades montrent une distribution plus éparse. Un alignement de forte densité à 6 m environ de la galerie peut sans doute révéler un effondrement de la toiture vers l’intérieur du sanctuaire. Ce glissement de la couverture confirme au moins la présence d’un pan orienté vers l’intérieur du sanctuaire. Le bâtiment annexe a livré quelques clous devant et à l’intérieur de cet édifice qui devait supporter également une toiture. La fouille de l’édifice cultuel à galerie périphérique n’a pas permis de mettre au jour une grande quantité de clous, sans doute en raison de l’arasement du site.

    Fig. 169 – Plan de répartition des quantités de clous par type et de rivets de la période gallo-romaine du sanctuaire de Corent, sur un carroyage de 2 m2 (DAO F. Blondel, fond de carte M. Garcia).

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    FIBULES

    349Matthieu Demierre, Magali Garcia

    350Les diverses campagnes réalisées sur le sanctuaire de Corent ont permis la découverte de plus de 249 fibules, dont la moitié en alliage cuivreux. Ce corpus exclut les fragments de tige appointée de section circulaire susceptibles d’être confondus avec des fragments d’aiguille.

    351Afin de faciliter la compréhension de l’étude, chaque type de fibule est décrit et défini avec sa datation communément admise. La présentation est effectuée par type correspondant à un classement chronologique par ordre d’apparition. Il a été réalisé en se basant principalement, pour les fibules de tradition laténienne, sur les typologies de J. Metzler pour le territoire trévire (Metzler, 1995), de R. Gebhard pour Manching et le sud de l’Allemagne (Gebhard, 1991) et de M. Feugère pour la Narbonnaise (Feugère, 1985). Ce dernier ouvrage est aussi utilisé pour l’étude des fibules romaines, qui se base également sur la typologie d’E. Riha, élaborée à partir du corpus de la colonie d’Augst en Suisse (Riha, 1994). Le mobilier des sites auvergnats du Pâtural (Deberge et al., 2007), de Gondole (Deberge et al., 2009) et de « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand et Gandaillat (Orengo, 2003 ; Deberge et al., 2007) ont souvent servi de référence pour les parallèles régionaux. Les références bibliographiques n’étant pas mentionnées systématiquement, nous renvoyons le lecteur à l’ensemble de ces publications.

    TYPES REPRÉSENTÉS

    1. Fibules de schéma La Tène moyenne (Fibeln vom Mittellatèneschema)

    Typologie : Metzler 1 ; Gebhard 13 à 22 ; Feugère 1.

    352Toutes les fibules en fer présentant un schéma de La Tène moyenne – un pied réalisé dans le prolongement de l’arc et fixé sur ce dernier à l’aide d’une bague, ainsi qu’un ressort à corde externe basse ou en arbalète – ont été classées dans ce type dont on trouve plusieurs variations sur le site. La quasi-totalité des fibules de ce type provient de contextes remaniés ou semble en position résiduelle, raison pour laquelle nous nous en tenons ici à une datation obtenue uniquement à l’aide des typologies disponibles.

    353La variante la plus fréquente correspond à des fibules à ressort à quatre spires et corde externe basse. Un seul exemplaire de grand module (pl. 1, n° 1) présente encore la bague caractéristique de ce type tandis que les autres occurrences y ont été rattachées par la seule présence d’un ressort à corde externe basse (pl. 1, nos 2 à 7), mode de fixation absent sur les fibules postérieures. Les trois fibules dont la morphologie générale est encore observable présentent soit un arc tendu (n° 2), soit un arc formant une large courbe au-dessus du ressort (pl. 1, nos 2 et 3).

    354Des fibules de schéma La Tène moyenne à ressort à quatre spires et corde externe basse sont attestées en Auvergne à partir de La Tène C1, avec des occurrences à Gandaillat ou encore dans le premier état du site du Pâtural. Elles perdurent dans la seconde moitié du iie s. av. J.-C., comme en témoignent les exemplaires de la dernière phase de cet établissement rural. Sans caractère morphologique plus prononcé, il demeure difficile d’attribuer une datation précise à ce type. Sur le sanctuaire de Corent, une seule de ces fibules (pl. 1, n° 2), issue d’un contexte de l’état 1.1, n’est pas associée à l’horizon Nauheim. Cette fibule provient d’un ensemble ayant livré une bouterolle de type Giubiasco 2, qui permet de lui attribuer une datation entre la fin de La Tène C2 et le début de La Tène D1. La taille et surtout l’arc tendu de l’exemplaire (pl. 1, n° 1) issu d’un niveau de sol incitent à le rattacher au groupe 16 de Gebhard (MLT-Eisenfibel mit flachgewölbtem Bügel), sans qu’il soit possible de l’affirmer avec certitude en l’absence du pied. Cette attribution conduit à une datation légèrement plus ancienne (La Tène C2).

    355Une fibule provenant du sol du sanctuaire (pl. 1, n° 8) présente un arc formant une large courbe au-dessus d’un ressort à corde externe devant posséder à l’origine au moins dix spires (cinq sont conservées). Elle est attribuable à un type caractéristique de la transition entre La Tène C2 et La Tène D1, avec, le plus souvent, un axe de renfort dans le ressort. L’exemple de la sépulture de guerrier (474) de Gandaillat fournit des parallèles très probants pour ce type de fibule qui est associé à un armement caractéristique du milieu du iie s. av. J.-C., soit de la fin de La Tène C2 et du tout début de La Tène D1 (pointe de lance à baïonnette, fourreau de type Giubiasco 2b).

    356Bien que largement ouverte, une fibule issue du niveau de sol gaulois (pl. 1, n° 9) comporte un ressort à six spires et corde externe qui permet de la rattacher à La Tène C2, comme l’attestent les parallèles du Pâtural, où ce type de fermeture est fortement majoritaire durant toute la phase 2 (La Tène C2). Bien que cet individu soit très fragmentaire, cette identification se justifie en l’absence de fibules en fer pourvues d’un ressort à autant de spires au sein des autres types représentés sur le site.

    357Un exemplaire à ressort à corde externe haute (pl. 1, n° 10) présente un arc formant un angle droit au-dessus de la tête où vient s’attacher le pied. Il s’apparente à la variante « d » du groupe 19 de Manching, soit des fibules en fer de schéma La Tène moyenne à arc allongé et tête de l’arc recouverte (MLT-Eisenfibel mit gestrecktem Bügel und einziehen-dem Bügelkopf). Cette variante constitue la dernière évolution du type apparaissant à la transition entre La Tène C2 et La Tène D1 et qui perdure jusqu’à une phase évoluée de La Tène D1b, comme en témoigne sa présence dans la tombe aristocratique de Verna (Perrin, Schönfelder, 2003, p. 37-38, fig. 13). Cette datation semble tout à fait probable compte tenu de sa provenance, une vidange de foyer sur le fossé périphérique ouest (état 2.2), en association avec une fibule filiforme en alliage cuivreux (pl. 5, n° 3).

    358Une fibule hors contexte à ressort à quatre spires et corde interne (pl. 1, n° 11) peut également être attribuée à un type attesté à Manching (groupe 21, kleine MLZ-Einsenfibeln mit gewölbtem Bügel und vier Schleifen mit innerer Sehne). Elle apparaît au début de La Tène finale (La Tène D1a) avec une date dendrochronologique à Manching de 104 (-+ 10) attestant son utilisation au moins jusqu’à la fin du iie s. av. J.-C.

    359Il demeure enfin impossible de classer plus finement les deux arcs de fibules (pl. 1, nos 12 et 13), même si nous pouvons souligner que la taille du premier fragment suppose une datation relativement ancienne au cours de La Tène moyenne.

    2. Fibules de Nauheim et variantes (Nauheimer Fibeln und Varianten)

    Typologie : Feugère 5a et c ; Metzler 3 ; Gebhard 6a, 7, 8 et 27 ; Ettlinger 1.

    360Parure caractéristique de la culture des oppida, la fibule de Nauheim constitue le type le mieux représenté sur le sanctuaire, qui en a livré soixante-trois exemplaires (pl. 2 à 4). Elle comporte un ressort à quatre spires et corde interne, un arc rubané triangulaire souvent orné de décors incisés et un porte-ardillon trapézoïdal ajouré. Traditionnellement en bronze, quelques exemplaires en fer sont également connus notamment à Corent (pl. 3, nos 11 à 13).

    361Considéré comme « fossile directeur » de La Tène D1 (Metzler, 1999, p. 291), ce type de fibule est attesté principalement à partir d’une phase évoluée de La Tène finale avec une concentration lors de La Tène D1b, soulignée par des dates dendrochronologiques de 109 av. J.-C. à Besançon (Pinette, Goy, 1992) ou encore de 123 av. J.-C. dans le cuvelage d’un puits de Fellbach-Schmiden (Wieland et al., 1999). Précisons néanmoins que l’exemplaire de ce site provient d’un fossé en association avec le puits fournissant la datation dendrochronologique et non celle de la structure elle-même. La tombe (82) d’Ornavasso fournit également une association caractéristique avec un denier de L. PORCIVS LICI-NIVS daté de 112 av. J.-C. Enfin, la fibule de Nauheim issue du comblement du puits profond de 23 m de Bruchhöhe à Nordheim (Neth, 1996) pourrait constituer un élément en faveur d’une datation relativement plus ancienne que La Tène D1b. Cuvelé en chêne dans sa partie basse immergée à partir de -17 m, cette structure datée de 160 av. J.-C. +- 10 livre un ensemble comportant des amphores Dressel 1a, une pelle à feu, des fragments de meule ainsi que des bouteilles en céramique et les restes de deux nouveau-nés. S’il demeure difficile d’estimer le laps de temps entre la construction du puits et son comblement, la datation fournie par le cuvelage laisse supposer une datation dans une phase légèrement plus ancienne que La Tène D1b, sans qu’il soit possible de l’affirmer.

    362En Auvergne, les fibules de Nauheim apparaissent dans une phase peu évoluée de La Tène D1 dans le fossé (34) du site de « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand, en association avec des perles et des bracelets en verre caractéristiques de La Tène C2 et du début de La Tène D1 (perles monochromes, bracelets bleus côtelés et à section en « D »). Elles sont également présentes dans le deuxième comblement du ruisseau (5557) du Pâtural, daté entre 130 et 110 av. J.-C. Le site de Gondole, daté d’une phase évoluée de La Tène D2, fournit deux fibules de ce type, attestant par là même la baisse de fréquence du type durant la deuxième partie de La Tène finale. Au vu de ces différentes données, ce type semble donc caractéristique de La Tène D1b avec une apparition légèrement antérieure probable, mais, pour l’heure, invérifiable. Il déborde sur La Tène D2 sans qu’il soit possible de déterminer s’il s’agit là uniquement de la conséquence de phénomènes résiduels ou que certaines fibules de Nauheim aient encore été produites au début de cette période.

    363Le corpus du sanctuaire de Corent est de ce point de vue tout à fait éloquent. La fibule de Nauheim y est représentée dans toutes les phases, en proportion variable à l’exception de la phase de construction (état 1.1). Dans les niveaux correspondant à l’horizon 1, une seule occurrence est attestée dans la phase de démantèlement de la palissade (état 1.2), dans une couche non scellée par les niveaux de remblais de la galerie, et deux exemplaires provenant du remblai de la phase 2.1 peuvent vraisemblablement être attribués à l’activité du sanctuaire durant cette phase. Les états suivants (état 2.2 et 2.3) livrent de nombreuses occurrences jusqu’à la fin du fonctionnement du sanctuaire laténien, fixé vers le milieu du ier s. av. J.-C. Cette fréquence invite à la plus grande prudence quant à son utilisation comme élément datant, même s’il convient de souligner que son absence des contextes les plus anciens constitue un argument appuyant des datations hautes.

    364Deux fibules à arc large (pl. 2, nos 1 et 2) diffèrent légèrement des autres individus présents sur le site. Bien que le reste de l’objet soit morphologiquement identique, elles présentent, en effet, un arc très fin (moins de 1 mm d’épaisseur) avec une largeur (10 cm) nettement supérieure à celle observée habituellement. Des parallèles sont attestés en Auvergne dans le fossé (34) du site de « La Grande Borne », daté de La Tène D1a (130- 110 av. J.-C.), ainsi qu’à Nages, à Ensérune et sur le site des Arènes de Levroux (Bouyer, Buchsenschutz, 1983). Sur ce dernier site, ce type est considéré comme plus ancien par rapport au type classique et serait encore influencé par les fibules de La Tène moyenne. A. Colin (1998), à propos d’un exemplaire à arc large des Alleuds, considère le type comme « archaïque (?), proche des exemplaires de Vieille-Toulouse ».

    365Une hypothèse d’élément plus ancien que les exemplaires classiques est avancée à partir de ces découvertes. Le contexte (état 2.1) d’un des individus de Corent (pl. 2, n° 2) pourrait soutenir ce propos compte tenu de la rareté des fibules de Nauheim avant la phase suivante (état 2.2). Il est néanmoins associé, tout comme sur le site de « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand, à des fibules de Nauheim de schéma classique. De même, une occurrence à Gondole, site n’ayant fonctionné qu’à partir de La Tène D2, invite à la prudence même si cet exemplaire fragmentaire présente un arc droit et pourrait être rapproché du type Nauheim I.7 de Demetz attribué, au sud des Alpes, à une phase évoluée de La Tène D2 (Demetz, 1999, p. 88-89). L’absence de cette variante sur le reste de l’oppidum de Corent constitue vraisemblablement un argument favorable à une datation légèrement plus ancienne que celle retenue pour les exemplaires classiques.

    366Les autres fibules de Nauheim comportent des décors sur l’arc avec deux variantes principales, à bordures soulignées par une ligne incisée (pl. 2, nos 3 à 17) et à échelle composée entre deux lignes longitudinales (type Feugère 5a31) (pl. 3). Cette dernière variante compte au total vingt-trois exemplaires avec un décor plus ou moins soigné dont la taille semble standardisée, en moyenne, inférieure à 5 cm. Cette donnée plaide pour une production particulière qui peut avoir des incidences sur la datation (plus tardive ?), point qui sera abordé de manière plus approfondie en conclusion (voir infra). La variante à bordure incisée (Feugère 5a12 et 5a13) ou encore les autres types de décor à multiples lignes incisées (pl. 2, nos 18 à 20), à points incisés (n° 21), à bordures soulignées par des stries perpendiculaires (nos 22 et 23) sont trop peu fréquents pour permettre ce genre d’analyse. Il en est de même pour les exemplaires fragmentaires ou non ornés (pl. 4, nos 1 à 10).

    367Une perle est fixée à l’extrémité du triangle de l’arc de trois fibules à ressort à corde interne en alliage cuivreux, de morphologie proche du type classique de Nauheim (pl. 4, nos 14 à 16). Cette particularité spécifique à la variante 3d de J. Metzler, ou Nauheim I.6 de Demetz (Demetz, 1999, p. 88), permet d’en déduire une apparition à la transition entre La Tène D1 et La Tène D2, voire dans la phase initiale de La Tène D2. Ce type constitue une forme transitoire entre la fibule de Nauheim, dont elle possède le décor au sommet de l’arc, et la fibule à nodosité caractéristique d’une phase évoluée de La Tène D2. Deux individus étant issus de couches de remblais gallo-romains (pl. 4, nos 14 et 15), un seul exemplaire (pl. 4, n° 16) peut être confronté à son contexte, un empierrement de l’état 2.3.

    3. Fibule de type Lauterach (Lauteracher Fibel)

    Typologie : Gebhard 9b ; Feugère 5c5.

    368Ce type de fibule est considéré par certains auteurs comme une variante de la fibule de Nauheim dont elle reprend la morphologie, à l’exception de l’arc dont les bords sont altérés par des découpes ou des encoches. Une paire de ces fibules, reliées par une chaînette, a été découverte dans le dépôt éponyme composé uniquement de mobilier en argent en association avec trois monnaies celtiques et vingt-trois monnaies romaines, datées entre 120 et 110 av. J.-C. et un bracelet à épissure. À Ornavasso, San Bernardo, deux exemplaires fragmentaires proviennent d’une tombe (127-128). Ils sont associés à un denier de C. IVNIVS C. daté de 140-135 av. J.-C., et un denier de P. AELIVS AETVS de 137- 134 av. J.-C., corroborant une datation similaire à celle de la fibule de Nauheim (La Tène D1b), avec, selon M. Feugère, une perduration dans le ier s. av. J.-C.

    369Le seul exemplaire du sanctuaire (pl. 4, n° 17) se présente sous la forme d’une petite fibule en argent à arc tendu et aplati, dont le sommet s’élargit pour former un triangle. Son porte-ardillon, bien que fragmentaire, semble ajouré. Mesurant moins de 2,5 cm, elle peut être considérée comme une pièce miniature (fibule miniature). Elle provient d’une couche de l’état 2.2, en contact avec le remblai gallo-romain sus-jacent. Son contexte ne peut donc être pris comme élément de datation même s’il corrobore la datation retenue pour ce type. Sa taille, de même que son module, peuvent en effet être liés à une production ou à une utilisation particulière (maintien de voile, de pièces de tissu légères ?).

    4. Fibules filiformes (Drahtförmige Fibeln)

    Typologie : Feugère 2, 4abc et 5b ; Metzler 7 et 8 ; Gebhard 5.

    370Ce type de fibule de conception basique caractéristique du ier s. av. J.-C. connaît une évolution déjà clairement développée par différents chercheurs dont, pour la France, P. Pion (1996) et M. Poux (1999, p. 82-87). Un simple résumé de ces études est présenté avant de confronter le corpus du sanctuaire de Corent qui constitue, ponctuellement, une bonne illustration des changements opérés au sein de ce type.

    371La principale caractéristique de ces fibules est leur arc composé d’un simple fil de métal en alliage cuivreux, et plus fréquemment en fer à partir de La Tène D2. Le système de fermeture de ce type est constitué de ressorts à corde interne ou externe, majoritairement à quatre spires. De taille variable, l’arc filiforme évolue entre une forme tendue, cambrée puis avec une cambrure outrepassant le ressort. Le plus souvent filiforme de section ronde, l’arc se complexifie pour devenir rubané ou anguleux dans une phase avancée du type. Le pied connaît également une évolution technologique allant du porte-ardillon trapézoïdal ajouré, vers une forme triangulaire parfois pleine dès une phase avancée de La Tène D2, et à partir de La Tène D2b, avec de multiples ajours désignés par le terme « multifenestré ».

    372P. Pion remarque une évolution des formes et la représentativité des diverses variantes de datation complémentaires grâce à la chronologie ainsi qu’à la succession des sites de la vallée de l’Aisne, tels que Villeneuve-Saint-Germain (90-30 av. J.-C.), Pommiers (60 av. J.-C.) et Condé-sur-Suippe (occupation principale dans la première moitié du ier s. av. J.-C.). Cette étude, reprise et complétée par M. Poux, montre que l’évolution du type, marquée par des contextes et des associations chronologiquement fiables, se déroule comme suit : les premières fibules filiformes sont à arc tendu et corde interne, le type évolue ensuite vers un arc de plus en plus cambré et la technologie du ressort passe des exemplaires à corde interne vers des individus à corde externe.

    373Ces fibules filiformes et leurs variantes sont bien représentées avec soixante-huit restes pour cinquante individus, sans compter les vingt-six fragments de ressort à corde interne (pl. 11, nos 1 à 10) (six en bronze et quatre en fer) et surtout externe (pl. 11, nos 11 à 22 et pl. 12, nos 1 à 4 : douze en fer et cinq en bronze), pouvant vraisemblablement être également rattachés à ce type (pl. 5 à 8). Absent durant tout l’état 1, ce type apparaît sur le site à partir de la phase 2.2 et se retrouve dans toutes les phases postérieures (état 2.3 et remblais gallo-romains).

    374Elles sont relativement caractéristiques de l’évolution mentionnée en introduction (tabl. VII et VIII ; fig. 170). Les premiers modèles de fibules filiformes en alliage cuivreux à corde interne et arc tendu dérivent des fibules de Nauheim dont elles constituent la simplification. Elles apparaissent à la fin de La Tène D1b, vers 100 av. J.-C., comme l’atteste leur absence de tous les sites de plaine auvergnats du iie s. av. J.-C. : « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand, Gandaillat, Le Pâtural ou encore Aigueperse, où les fibules de Nauheim sont représentées dans les dernières phases d’occupation. Au vu du corpus de Corent, l’arc tendu sur des individus en fer comme en bronze semble être une caractéristique ancienne compte tenu de leur présence majoritaire dans les contextes les plus récents. Il en va de même concernant les pieds de forme trapézoïdale ajourée et les ressorts à corde interne, qui sont minoritaires dans les phases les plus récentes.

    375Sur le plan de la morphologie de l’axe, l’évolution du type débute par des exemplaires à arc tendu, puis à arc coudé, cambré, et enfin à arc dont la cambrure outrepasse le ressort, comme l’atteste la présence de cette variante uniquement dans des couches perturbées ou attribuées au début de l’époque romaine. Le seul exemplaire à arc outrepassant (pl. 7, n° 13), issu du niveau de sol gaulois, présente un arc rubané, un pied triangulaire et une taille de près de 10 cm sans commune mesure par rapport à ce qui est attesté sur le site. Attribuable à une phase évoluée de La Tène D2a, il peut être considéré, sur le plan formel, comme un précurseur du type 15a à griffe de J. Metzler, dont l’apparition est datée de la transition La Tène D2a / La Tène D2b (Metzler, 1999, p. 296 et 350).

    376Les fibules à arc cambré semblent légèrement plus récentes que les exemplaires coudés, qui apparaissent dès la transition La Tène D1b / La Tène D2a (Poux, 1999). Elles sont parfois associées à cette dernière variante ou encore à des fibules à coquille, notamment dans la tombe (75) de Feulen qui incite à leur attribuer une datation à La Tène D2 lato sensu. Leur arc est majoritairement non circulaire, avec des sections polyédriques, rubanées ou subcirculaires ; un critère qui semble également déterminer une forme évoluée du type à Corent. La comparaison peut être effectuée avec les exemplaires du site de Gondole qui sont systématiquement attribués à la phase 2, datée de La Tène D2b, majoritairement en association avec une forme générale outrepassant l’arc. Enfin, les fibules à arc rubané en anse de panier se retrouvent exclusivement dans des contextes gallo-romains, évolution corroborant celle proposée par J. Metzler.

    377En ce qui concerne la morphologie du pied, on remarque qu’un seul exemplaire plein, mais de forme trapézoïdale, est attesté dans le niveau de destruction de l’état 2.2, daté d’une phase avancée de La Tène D2a. Les pieds triangulaires n’apparaissent qu’ensuite, à partir de l’état 2.3, pour perdurer jusqu’à l’époque romaine, notamment en association avec des fibules à arc en anse de panier.

    Tabl. VII – Répartition chronologique des fibules filiformes et de leurs variantes.

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    Tabl. VIII – Évolution typologique des fibules filiformes selon leur morphologie.

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    Fig. 170 – Synthèse évolutive des fibules filiformes.

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    5. Fibule à arc coudé à l’angle droit (Knickfibel)

    Typologie : Poux, 1999 ; Metzler, 1991.

    378Variante des fibules filiformes, les fibules à arc plié à angle droit au-dessus de la tête, plus connues sous l’appellation allemande Knickfibel (pl. 9, nos 1 à 3), présentent un ressort à corde interne et, selon les modèles, une perle décorative au niveau de l’angle formé sur l’arc (n° 3). Elles sont attribuables à La Tène D2a au vu de leur association avec des fibules à tête couvrante (Schüsselfibel) à Wederath, ou avec un exemplaire à ailettes naissantes (Knotenfibel) dans la tombe (13) de Biewer. La tombe (185) datée de La Tène D1b / La Tène D2a de Feulen (Schendzielorz, 2006, p. 469, pl. 129), fournit également un argument supplémentaire pour une apparition à la fin de La Tène D1b ou au début de La Tène D2a, en raison de la présence dans cette structure de fibules de schéma La Tène moyenne ainsi que d’un individu à arc coudé en fer à porte-ardillon allongé. Elles sont attestées sur le sanctuaire à partir de l’état 2.2 au niveau de l’entrée et à l’état 2.3 en surface d’un empierrement.

    6. Fibule à tête couvrante / à coquille (Schüsselfibel)

    Typologie : Feugère 7a : tête couvrante ; Feugère 7b à d : coquille ; Metzler 9 ; Ettlinger 2 ; Riha 1.13 ; Gebhard type 10.

    379Le seul exemplaire de ce type, caractérisé par un arc qui s’évase vers la tête pour couvrir le ressort (pl. 9, n° 5), provient d’un décapage en surface du fossé périphérique, à l’interface entre les niveaux laténiens et gallo-romains. Presque complète, cette fibule présente un arc couvrant cambré et un ressort à quatre spires et corde externe haute qui peut la rattacher au type Metzler 9a.

    380Ce type de fibule est considéré par J. Metzler comme le « fossile-directeur » de La Tène D2, sur la base de nombreuses attestations et associations en contexte funéraire. Si l’ouest de la région trévire livre encore de nombreuses occurrences au début de la période augustéenne, le pic de sa fréquence demeure dans les deuxième et troisième quarts du ier s. av. J.-C.

    381À l’exception du site de Corent qui en livre quelques exemplaires, ce type est très rare en Auvergne. On notera tout particulièrement son absence sur le site de Gondole, pourtant attribué à La Tène D2 lato sensu, qui livre un corpus relativement important : vingt-sept fibules dans les fouilles récentes. L’association de la fibule du sanctuaire de Corent avec une monnaie à EPAD au guerrier, caractéristique d’un faciès post-conquête, pourrait constituer un argument pour une apparition relativement basse du type dans cette région.

    7. Fibules à nodosités (Knotenfibeln, Geschweifte Fibel mit Bügelknopf)

    Typologie : Feugère 8 ; Metzler 3d, 4 et 6a, b et d ; Ettlinger 8 ; Almgren 65/66 ; Gebhard 11, 12, 26, 30-34.

    382Il s’agit d’une fibule dont l’arc est coudé à la tête et dont le sommet est marqué par une ou plusieurs nodosité(s) ou par des protubérances plus ou moins développées (ailettes). L’évolution morphologique du type, présentant de nombreuses variantes, est décrite par J. Metzler, par S. Demetz (1990), et plus récemment M. Poux, qui fournit un argumentaire solide à propos de la datation des fibules en or à ailettes naissantes découvertes à proximité du sanctuaire (Poux, 2007). Après les premiers exemplaires à arc interrompu par un bouton en fer et en alliage cuivreux, ce type évolue vers des fibules dont les décorations de l’arc sont de plus en plus développées. Les individus dont l’arc comporte une simple bague apparaissent à la fin de La Tène D1, mais cette interruption de l’arc évoluera pour former des ailettes plus ou moins développées à partir d’une phase évoluée de La Tène D2. En plus de l’augmentation des ailettes, le type reprend souvent d’autres caractéristiques typiques des fibules de La Tène D2b, comme un long pied ajouré, parfois multifenestré, ou encore des ressorts à fixe-corde.

    383Les quatre exemplaires de Corent présentent tous des caractéristiques morphologiques distinctes. Le premier exemplaire en bronze (pl. 9, n° 5) comporte un arc cambré, filiforme, interrompu par trois moulurations et un ressort à quatre spires et corde externe. Il peut être rattaché au type 4a de J. Metzler, correspondant aux fibules à arc interrompu par un bouton (Geschweifte Fibel mit Bügelknopf). Son ressort à corde externe, la section circulaire de l’arc ainsi que la morphologie peu développée du bouton, caractéristique du type Demetz 65a1a, plaident pour une attribution de cet exemplaire à une phase récente de La Tène D2 (La Tène D2a). Son contexte, un niveau de sol du sanctuaire, n’est d’aucune aide pour valider cette datation.

    384Correspondant à une variante plus évoluée du type précédent, l’arc circulaire à cambrure outrepassant le ressort est interrompu par une perle (pl. 9, n° 6), à partir de laquelle sa section devient losangique. Il peut être attribué (sous réserve de la morphologie du ressort) au type Meztler 4b ou c ou encore au type Almgren 18a2 ou 3 de Demetz. Les deux auteurs considèrent ce type comme une version plus tardive que le précédent, avec généralement un système de fermeture à fixe-corde et parfois plaquettes, situant son apparition à l’extrême fin de La Tène D2b. Ce type est particulièrement commun durant le début et le milieu de la période augustéenne. Le contexte dont est issu l’exemplaire de Corent, une fosse recoupant les radiers empierrés de l’état 2.3, corrobore sur le plan stratigraphique une attribution à l’extrême fin de La Tène D2 ou au début de l’époque augustéenne.

    385La fibule en fer (pl. 9, n° 7) comporte un arc triangulaire à proximité de la tête, interrompu au tiers par une boule ornée, encadrée par deux anneaux décoratifs. Son système de fermeture est constitué d’un ressort à quatre spires et corde interne. Classé dans cette catégorie de fibule à nodosité en raison de l’épaisseur de l’arc et de la qualité du bouton décoratif légèrement lobé de type Demetz 65b1a (mit gelapptem Zierelement), cet exemplaire est très proche des fibules en or découvertes dans l’habitat daté d’une phase évoluée de La Tène D2, voire plutôt de La Tène D2b. Un exemplaire complet en argent, en tout point similaire, provient d’un contexte clos de l’habitat où il est associé en dépôt à une fibule entière. Cette autre parure, à arc étroit et à pied à bouton rapporté, peut être considérée comme un prototype du type Aucissa (Metzler 23) et datée de l’extrême fin de La Tène D2 et surtout du début de l’époque augustéenne. Cet assemblage corrobore une datation récente (La Tène D2b / début Auguste) pour la fibule du sanctuaire, qui provient d’une fosse entamant les niveaux supérieurs du fossé de l’état 2.3. Sa datation typologique ainsi que le fait qu’elle soit conservée dans son intégralité suggèrent un dépôt ponctuel en fosse, sans qu’il soit possible d’exclure sa provenance du niveau sous-jacent.

    Fig. 171 – Fibule filiforme à pied fenestré orné d’un cabochon en or.

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    386Découverte dans un contexte remanié, une autre fibule de ce type (pl. 9, n° 8) est très proche de la précédente, avec la particularité d’être en fer et à ressort à corde externe haute. Elle peut être attribuée à la variante d’Almgren 65a1a de S. Demetz (Demetz, 1990, Taf. 6, 1), comprenant les exemplaires à décor simple composé d’éléments arrondis. Ce type est daté – au sud des Alpes – du début de La Tène D2a, comme en témoigne son association fréquente avec des fibules à tête couvrante (Schüsselfibeln), et plus rarement avec des fibules de Nauheim.

    8. Fibule filiforme à pied fenestré (Drahtförmigefibel mit reich durchbrochenem Fuss)

    Typologie : Feugère 9a.

    387Une grande fibule en bronze mise au jour sur un empierrement de l’état 2.3 (pl. 9, n° 9 et fig. 171) montre toutes les caractéristiques du type 9a de M. Feugère, à savoir un arc triangulaire de section polyédrique fortement coudé avec un long porte-ardillon à multiples ajours. Son pied présente en outre un cabochon en or fixé dans la partie multifenestrée tandis que son ressort est à quatre spires et corde interne. De production typiquement languedocienne, ce type de fibule est attesté en grand nombre sur les sites de Mailhac, Vieille-Toulouse, ou encore Ensérune où est suspecté un atelier de production.

    388Ce type de fibule peut être considéré comme un marqueur significatif de La Tène D2b, compte tenu de ses particularités morphologiques (arc polyédrique fortement cambré et pied multifenestré). Son ressort à corde interne, caractéristique plus fréquente durant La Tène D1, constitue toutefois un argument pour une apparition relativement haute à la transition La Tène D2a / La Tène D2b. Encore attesté au début de la période augustéenne, il est daté par M. Feugère, tout comme par J. Metzler, entre 60 et 10 av. J.-C.

    389Bien qu’aucun parallèle à corde interne ne soit recensé en Auvergne, huit occurrences à corde externe (sept en bronze et une en fer) sont attestées à Gergovie (Jouannet [dir.], en cours) dans la fouille des fosses du Chemin de la Croix, dont certaines en association avec de la céramique italique et des gobelets d’Acco, tandis que deux fibules sont issues de la phase 2 de Gondole. Bien qu’un peu différents, ces parallèles constituent autant d’arguments pour une datation à La Tène D2b pour le type Feugère 9a, qui pourrait même être légèrement antérieur aux exemplaires à corde externe connus sur ces deux sites.

    9. Fibule à collerette (Kragenfibel)

    Typologie : Feugère 10 ; Metzler 10 ; Ettlinger 19.

    390Ce type de fibule est défini par son arc triangulaire ou foliacé interrompu par une collerette circulaire ou semi-ovalaire fixée perpendiculairement à l’arc ; le pied est bien développé, généralement allongé, cachant un porte-ardillon rectangulaire souvent multifenestré. Diverses variantes correspondent à une évolution du modèle entre La Tène D2b et l’époque augustéenne, soit dans la seconde moitié du ier s. av. J.-C.

    391Un seul objet complet hors contexte est attribuable à ce type (pl. 9, n° 10). Son arc est foliacé, interrompu par une collerette circulaire, son ressort à corde externe haute maintenue par une griffe est protégé par des plaquettes issues de l’arc. Le pied est trapézoïdal allongé et multifenestré. Il se rattache à la variante 10a3 de Feugère et la variante 10a de Metzler. La présence de plaquettes protégeant un ressort à fixe-corde de la fibule induit une forme relativement évoluée du type entre la fin de la période laténienne et le début du règne d’Auguste (Metzler, 1995, p. 221).

    392Le petit ressort à corde externe qui présente un axe traversant (pl. 9, n° 12) pourrait correspondre à des fibules de ce type, ou du moins de la même période, comme l’atteste, par exemple, un parallèle répertorié à Genève (Demierre, Poux, 2009, pl. 3, n° 17). Son contexte, un niveau de sol de la structure D impossible à attribuer à une phase, et la présence en Auvergne de renfort de ressort similaire sur des fibules de schéma La Tène moyenne au milieu du iie s. av. J.-C. ne permettent toutefois pas d’assurer cette interprétation.

    10. Fibule à ressort à fixe-corde et à arc rubané (Einfache Spiralfibel mit Sehnenhaken und Blechbügel)

    Typologie : Feugère 9b ; Metzler 15.

    393Une fibule intacte de type Metzler 15 a été découverte lors de nettoyages de surface (pl. 8, n° 11). Elle présente un arc continu qui rétrécit régulièrement en direction du pied, décoré de trois séries de lignes longitudinales incisées. Elle comporte une plaque soudée sur le départ de l’arc de manière à aménager une griffe qui tient la corde depuis le sommet de la tête.

    394Cet exemplaire correspond à une forme intermédiaire entre la variante A du type composé de grandes fibules en fer ou en bronze à arc rubané tendu fortement et coudé directement au-dessus de la tête puis rectiligne jusqu’au pied, et la variante B de plus petite taille et présentant un arc coudé au-dessus de la tête. Ce type peut comporter un pied à porte-ardillon très allongé, ajouré, parfois multifenestré. Le ressort est à six ou huit spires, avec une corde externe retenue par une griffe, pouvant provenir d’une plaque martelée fixée au niveau de la cambrure de la tête de l’arc.

    395Le type fait partie de la phase d’expérimentation de la fabrication du ressort : l’arc élargi à l’extrémité soutient les spires du ressort (Metzler, 1999, p. 296 et 350). Cette évolution aboutit à la formation des plaquettes de protection du ressort, caractérisant les fibules à ressort nu de l’extrême fin de La Tène finale et de l’époque augustéenne. La variante B, considérée comme précurseur du type de Langton-Down, est généralement datée de la totalité du règne d’Auguste, avec une apparition légèrement antérieure à celle de ce type augustéen moyen et final. La présence d’une occurrence issue de la seconde phase du site de Gondole, où l’horizon augustéen ancien n’est pas attesté, pourrait constituer un argument pour un développement du type dès l’extrême fin de La Tène D2b, entre 40 et 30 av. J.-C. Une perduration du type durant la première moitié du ier s. apr. J.-C. est toutefois plausible au vu des nombreuses occurrences attestées au sein d’agglomérations gallo-romaines.

    11. Fibule à cache-ressort de type Langton-Down (Hülsenspiralfibeln vom Typ « Langton-Down »)

    Typologie : Feugère 14b1 ; Metzler 17 ; Ettlinger 23 ; Riha 4.4.

    396La définition du type Langton-Down comprend les fibules en alliage cuivreux à cache-ressort dont l’arc rubané rectangulaire forme un angle droit au-dessus de la tête et comporte un décor de cannelures longitudinales. Une seule fibule du corpus répond à cette définition (pl. 10, n° 1). Le second exemplaire classé ici (pl. 10, n° 2) correspond à une variante de ce type de fibule à cache-ressort, très fréquent en Europe occidentale. La datation proposée par la plupart des auteurs est la période augustéenne avec un pic de fréquence durant la période moyenne et finale. Une apparition peut toutefois être proposée dans le courant des années 30-15 av. J.-C., sur la base d’un exemplaire mis au jour dans le camp de Dangstetten fournissant un terminus post quem de 15 av. J.-C. Ce type perdure au moins durant toute la première moitié du ier s. apr. J.-C.

    397Ces deux exemplaires complets (pl. 10, nos 1 et 2) proviennent des niveaux de démolition et d’occupation gallo-romains de la cour du sanctuaire où des dépôts de fibules semblent avoir été pratiqués au ier s. apr. J.-C. (voir infra). Sur le plan typologique, l’exemplaire classique peut être attribué au type Metzler 17b (pl. 10, n° 1), et celui comportant un arc lisse plat (pl. 10, n° 2) à la variante Metzler 17d, ou Feugère 14b1a, sans aucune incidence sur leur attribution chronologique.

    12. Fibule simple à cache-ressort (Einfache Hülsenspiralfibel)

    Typologie : Metzler 19 ; Ettlinger 21 ; Riha 4.2 ; Feugère 14b3.

    398Comportant le même système de fermeture à cache-ressort caractéristique de la période augustéenne, ce type se différencie du précédent par un arc lisse présentant souvent une arête centrale. Issue du même contexte que les deux exemplaires de type Langton-Down, la fibule rattachée à ce type (pl. 10, n° 3) peut être attribuée à la première moitié du ier s. apr. J.-C. Elle semble en effet être légèrement postérieure au type précédent, comme l’attestent sa rareté au Titelberg et sa fréquence dans les agglomérations gallo-romaines telles que Augst. Les nombreux contextes de découverte de la colonie rauraque démontrent en effet que ce type apparaît autour du changement d’ère, connaît un pic de fréquence durant la première moitié du ier s. apr. J.-C. et régresse au cours de la seconde moitié de ce siècle.

    13. Fibule à couvre-ressort de type Nertomarus (Nertomarusfibel)

    Typologie : Feugère 14b2 ; Metzler 19 ; Ettlinger 21 ; Riha 4.3, var. 1.

    399L’appellation « Nertomarus » a été donnée à ce type de fibule sur la base des rares exemplaires de ce type portant la signature de leur fabricant. Sont dénommées ainsi les fibules à cache-ressort dont l’arc droit présente une section incurvée au dos, et surtout par la présence d’un décor en filigrane situé au départ de l’arc au-dessus du système de fermeture.

    400La fibule attribuée à ce type (pl. 10, n° 5) est complète et provient des mêmes contextes que les derniers types présentés découverts dans la cour, au sud-ouest de l’entrée est. Ce type est daté par différents auteurs (M. Feugère, I. Bertrand, E. Riha) de l’époque tibéroclaudienne.

    14. Fibule à queue-de-paon (Distelfibel)

    Typologie : Feugère 19 ; Metzler 12-13 ; Riha 4.5.

    401Ce type, très fréquent au début de l’époque romaine, présente un système de fermeture à cache-ressort, avec un arc trapu, interrompu par un disque de forme circulaire à décor concentrique fixé sur un pied en forme de queue-de-paon. L’arc et le pied comportent la même décoration, généralement composée de lignes longitudinales en relief.

    402La datation communément admise pour ce type est la période augustéenne et la première moitié du ier s. apr. J.-C., comme l’attestent les nombreuses occurrences en contexte funéraire à Wederath, où ces parures sont portées par paire dans des tombes attribuées au milieu et à la fin de la période augustéenne jusqu’au début du règne de Tibère. L’exemplaire complet mis au jour sur le sanctuaire (pl. 10, n° 4) correspond au type 13a de J. Metzler ou 19a2 de M. Feugère. Il a été découvert dans les niveaux de démolition gallo-romains de la cour.

    15. Fibule de type « Aucissa » (Aucissafibel)

    Typologie : Feugère 22 ; Metzler 24 ; Ettlinger 29 ; Riha 5.2.

    403Estimé comme étant le type de fibule le plus fréquent à l’époque, le type d’Aucissa est également celui qui semble le mieux distribué dans tout l’Empire romain. Considéré comme caractéristique de l’armée romaine, il servait vraisemblablement à tenir le manteau du soldat, comme en témoigne la forte représentativité du type dans tous les camps de l’époque augustéenne du ier s. apr. J.-C. Ce type se définit par un arc bombé légèrement triangulaire, de section moulurée, terminé par une charnière dans le prolongement de l’arc dans laquelle passe une goupille ornée de perles décoratives à ses deux extrémités. Son pied triangulaire plein reçoit un bouton de bronze rapporté à son extrémité. Ce type apparaît vers 25-20 av. J.-C., comme l’atteste sa présence à Dangstetten, et perdure jusqu’au début du iie s. apr. J.-C., même s’il semble que sa production cesse à l’époque claudienne. Il est par conséquent des plus fréquents à l’extrême fin du ier s. av. J.-C., et surtout dans la première moitié du siècle suivant.

    404L’exemplaire de Corent, 13024-65 (pl.10, n° 6), attribuable à la variante la plus commune du type (Feugère 22b2), provient du premier niveau de démolition gallo-romain. Complète et de petite taille (2,1 cm), cette fibule comporte un arc à moulures longitudinales recouvert de métal blanc ainsi que deux lignes de stries en zigzag situées au-dessus de sa charnière. Ses dimensions suggèrent une forme évoluée du type, entre la forme classique et celle de ses dérivés (Aucissa-Nachbildungen), et incite à exclure une datation ancienne pour privilégier une attribution de la première moitié du ier s. apr. J.-C.

    16. Fibule de type pseudo-La Tène II (Fibel mit zurückgelegtem Fuß)

    Typologie : Feugère 3 ; Metzler 2 ; Ettlinger 3 ; Lerat 2 à 17 ; Riha 1.4 ; Bertrand 3.

    405Apparaissant à l’extrême fin de la période augustéenne ou au début du règne de Tibère, ce type, très majoritairement en alliage cuivreux, présente un pied rattaché sur l’arc similaire au schéma observé à La Tène moyenne. Il se distingue néanmoins des fibules de cette période par le métal qui le compose, par son arc filiforme, un arc voûté, coudé en perpendiculaire et surtout par un ressort à quatre spires, généralement à corde interne, alors que la majorité des fibules de La Tène moyenne sont en fer, et à corde externe basse. Les fibules de schéma La Tène moyenne à corde interne attestées dans le Languedoc à La Tène D1 (type Feugère 3a) se différencient également assez aisément des occurrences du ier s. apr. J.-C. par une taille légèrement inférieure et parfois par la présence de mouluration sur la bague fixée sur un arc généralement plus tendu.

    406En l’occurrence, toutes les fibules du type (pl. 10, nos 7 à 10) peuvent être attribuées à la forme gallo-romaine, tant sur le plan morphologique que contextuel. Elles proviennent toutes, en effet, de couches d’occupation ou de remblais gallo-romains, dont les niveaux de la cour comportant des dépôts de fibules déjà évoqués précédemment. Elles sont attribuables aux variantes Feugère 3b1b (pl. 10, nos 7 et 8) et 3b1a (pl. 10, n° 9), respectivement, avec ou sans bague décorée. L’exemplaire à corde externe haute (pl. 10, n° 10) est d’identification plus discutable, le pied étant absent, et s’appuie sur la forme de l’arc et sur son contexte, un remblai de cour ou un sol gallo-romain. Seule la forme de l’arc permet d’attribuer ce type à ce fragment hors contexte (pl. 10, n° 11), dont l’identification demeure discutable. Au vu de leur contexte, tous ces individus peuvent être datés de la période claudienne, qui constitue l’apogée de ce type très répandu.

    17. Fibule à charnière à protubérances latérales (Scharnierflügelfibel)

    Typologie : Feugère 23d ; Ettlinger 34 ; Riha 5.7.

    407Présent dans toute la Gaule, ce type est caractérisé par un système à charnière dans le prolongement de l’arc, ce dernier comportant deux larges protubérances latérales. Il est communément daté des deuxième et troisième quarts du ier s. apr. J.-C.

    408L’occurrence (pl. 10, n° 13) mise au jour dans le niveau de cour en association avec les autres fibules complètes, présente une petite arête centrale spécifique à la variante 2 de la typologie d’Augst, dont les parallèles en contexte fournissent une chronologie identique à celle utilisée en référence.

    18. Fibule à charnière à arc continu et à pied à petit bouton (Scharnierfibel mit ungeteiltem Bügel und Fussknopfrudiment)

    Typologie : Feugère 23b ; Riha 5.10.

    409Également apparu sous Claude, ce type de fibule à charnière dans le prolongement de l’arc est surtout fréquent dans la seconde moitié du ier s. apr. J.-C. Notamment attesté dans le nord-est de la Gaule, il se caractérise par un arc orné de bulbes et terminé par un pied comportant une petite excroissance. Issue d’un remblai, la fibule de ce type (pl. 10, n° 12) est attestée par des parallèles exacts à Annecy (Feugère, 1985, pl. 140, n° 1745) ainsi qu’à Augst (Riha, 1994, Taf. 27, n° 2247), dans un contexte daté du milieu du ier s. apr. J.-C. au début du siècle suivant, datation retenue pour cet exemplaire.

    19. Fibules géométriques plates (Einfache runde Scheibenfibel mit Mittelzier)

    Typologie : Feugère 24 ; Riha 7.2.

    410Ces fibules à charnière rapportée sont fabriquées à l’aide d’une plaque décorée de forme circulaire et sont généralement étamées. Ce type présente en outre un petit bouton en son centre qui reçoit parfois un remplissage en pâte de verre. Elles sont des plus fréquentes sous Claude et Néron et restent à la mode dans la seconde moitié du ier s. apr. J.-C.

    411Les deux fibules de ce type, hors contexte, se distinguent par la forme de leur plaque. Le premier individu à décor de cercles concentriques à stries spiralées et un bouton central (pl. 10, n° 14) peut être attribué à la variante 1 d’E. Riha ou 24a de M. Feugère. Le parallèle d’Augst se distingue par son ornementation centrale similaire (Riha, 1994, Taf. 39, n° 2766). Il est issu d’un contexte daté de la période flavienne à la première moitié du iie s. apr. J.-C. Le disque étamé du second exemplaire comporte des petites excroissances sur son pourtour, ainsi qu’une divergence assez prononcée pour la fixation du pied donnant à l’objet une forme générale de goutte (pl. 10, n° 15). Attribuable à la variante 3 d’Augst ou 24e de M. Feugère, cette fibule est attestée par des parallèles exacts sur le site rauraque, ou encore dans le sanctuaire du Gué-de-Sciaux dans un contexte flavien. Compte tenu du manque de fiabilité des contextes de Corent, la datation usuelle du type sera conservée pour leur attribution chronologique, bien qu’il semble que les parallèles précis fournissent une datation légèrement plus tardive pour les deux individus étudiés.

    20. Fibule à charnière à deux axes de symétrie (Gleichseitige Scheibenfibel)

    Typologie : Feugère 26 ; Riha 7.16.

    412La fibule cruciforme (pl. 10, n° 16) comporte une loge centrale rectangulaire à émail orangé qui permet de l’attribuer aux types 26 de M. Feugère ou 7.16 d’Augst, datés de la seconde moitié du ier s. apr. J.-C. à la fin du iie s. apr. J.-C. Elle a été mise au jour sur le sol de la cour du sanctuaire avec d’autres fibules complètes, toutes datées du ier s. apr. J.-C. Si cette association plaide en faveur d’une datation basse de cet exemplaire, on notera néanmoins que son contexte est relativement perturbé avec du mobilier laténien et surtout une monnaie constantinienne. La loge à émail, de technologie assez rudimentaire, pourrait toutefois justifier une datation dans le ier s. apr. J.-C. pour cet individu. Le parallèle très proche du site « Le Chaufour » à Pécy-en-Brie fournit néanmoins une datation plus haute dans la seconde moitié du iie s. apr. J.-C. On se gardera donc de postuler une datation plus fine que celle attribuée au type sur la base de ces données.

    21. Fibule oméga ou pénannulaire (Omegafibel)

    Typologie : Feugère 30 ; Ettlinger 51 (Omegafibel).

    413Le système de fermeture de ce type fonctionne de manière originale, avec un ardillon qui est maintenu à un anneau ouvert qu’il suffit de tourner pour assurer la fixation de la fibule au vêtement. L’anneau est replié vers l’extérieur, donnant à l’objet une forme générale d’oméga, d’où le nom du type. Les extrémités peuvent être recourbées vers l’intérieur ou vers l’extérieur. Ce type et ses différentes variantes semblent avoir connu une large diffusion dans le temps et dans l’espace puisqu’il se retrouve dans tout l’Empire romain, du ier au ive s. apr. J.-C. Il se trouve par exemple en Espagne dans le camp tardo-républicain de Caceres el Viejo, à partir de l’année 80 av. J.-C. (Ulbert, 1984, nos 47, 49, 50), également en milieu laténien à Avenches (Morel, 2007, fig. 17) ou encore à Genève (Demierre, Poux, 2009, p. 194) dans des contextes de La Tène D1a et de La Tène D2.

    414L’exemplaire en alliage cuivreux (pl. 10, n° 17) présente un arc de section circulaire avec chaque extrémité repliée vers l’extérieur, créant une demi-boucle ; il peut donc être classé dans les variantes 30e1 de Feugère et semble devoir être attribué à la période laténienne par son contexte. Il provient en effet du comblement de la branche ouest du fossé de l’enclos A, daté de La Tène D1b. Malgré la rareté du type en contexte laténien, cette datation se justifie au vu des parallèles fournis par le lieu de culte du Mormont à Eclépens en Suisse, daté principalement de La Tène D1b (communication orale G. Kaenel) ou encore par l’exemplaire de l’oppidum de la Cloche (Chabot, 2004, fig. 140). La seconde fibule en fer (pl. 10, n° 18) de section circulaire offre l’originalité de présenter des extrémités repliées vers l’intérieur de l’anneau. Elle est issue d’un niveau de démolition gallo-romain sur le fossé périphérique et pourrait correspondre au type gallo-romain très fréquent au iie et iiie s. apr. J.-C.

    LE CAS DES FIBULES DU TYPE DE NAUHEIM

    415Les branches de l’enclos A livrent huit fibules de Nauheim qui comportent toutes un décor à base de deux lignes longitudinales avec une échelle centrale, pour quatre d’entre elles, et un exemplaire à lignes perpendiculaires de part et d’autre des lignes longitudinales. La seule fibule de l’enclos B comporte également le même décor. Au centre du bâtiment, la fosse (10058) présentait dans son comblement une fibule de Nauheim complète et fermée au moment de sa découverte (pl. 2, n° 21) ; elle est ornée de trois lignes parallèles de petits carrés, décor attesté uniquement par cet exemplaire sur le site. Son module est légèrement supérieur à celui des autres fibules de l’enclos.

    416Presque toutes complètes, ces fibules sont associées à des fragments de fibule filiforme ainsi qu’à une fibule pénannulaire en fer, et sont attestées sur l’ensemble des branches de cette structure. Elles fournissent une chronologie cohérente pour l’ensemble du comblement de ces fossés, à La Tène D1b.

    417Le modèle de fibule à lignes longitudinales est le plus courant sur le sanctuaire de Corent, avec un module de 41 mm en moyenne, nettement inférieur à la moyenne des fibules de Nauheim, estimé par M. Feugère à 60,935 mm, avec des minima et des extrema situés à 41 mm et 97 mm. Malgré leur petite taille, ces exemplaires n’en sont pas moins fonctionnels. Leur standardisation, tant au niveau du décor que de leur dimension, laisse imaginer la fabrication de ce modèle dans ou à proximité de l’oppidum de Corent. La surreprésentation de fibules de morphologie très proche dans le sanctuaire supposerait une production spécialisée destinée aux activités du sanctuaire. La découverte de fibules similaires dans l’habitat contemporain (30 % de l’ensemble du corpus) ne permet toutefois pas de valider ce postulat et plaide plutôt pour une production non soignée, peut-être réalisée à la chaîne. En témoignent les décors à échelle incisés réalisés rapidement et sans application, comme le démontre l’irrégularité des traits qui ressemblent à de petites plaques rectangulaires creusées, semble-t-il, à l’aide d’un outil au tranchant plat. Ces incisions débordent parfois près du bord de l’arc en dehors de l’espace circonscrit par les deux lignes longitudinales de l’échelle.

    418Les fibules de Nauheim sont attestées dans toutes les phases d’occupation du site, jusque dans les niveaux de démolition et d’abandon du site. Leur présence seule ne peut donc pas être considérée comme un critère de datation fiable en raison de leur abondance et des phénomènes de résidualité observés sur le site. En revanche, leur absence dans des contextes considérés comme les plus anciens constitue un élément de datation a silentio très fiable, au vu de leur fréquence.

    RÉPARTITION SPATIALE

    419Les fibules de Corent se retrouvent dans l’ensemble des couches stratigraphiques du sanctuaire, reflétant le fonctionnement continu et long de cet espace cultuel, du iie s. av. J.-C. au iie s. apr. J.-C. La quantité et la qualité de ces objets permettent d’avancer certaines hypothèses quant à leur utilisation au sein de cet espace. Les cartes de répartition par phase de fonctionnement du sanctuaire fournissent des informations qu’il convient de pondérer par quelques remarques préliminaires sur l’état de conservation du site. En effet, si la carte montre une répartition majoritaire sur la moitié est du sanctuaire, il faut cependant préciser que celui-ci a été construit sur un pendage naturel sud-ouest/nord-est, ce qui a ainsi favorisé une conservation maximale des niveaux dans l’angle nord-est de l’enclos (voir supra, chap. I, p. 15-16). Ce phénomène est confirmé par la distribution des fibules gallo-romaines, retrouvées principalement dans les niveaux de remblais et de démolition. Les niveaux de sols ont été intégralement arrachés au sud-ouest. Ainsi, dans la moitié ouest, les fibules laténiennes ne proviennent que de structures en creux (fig. 172).

    420Néanmoins, la répartition de celles-ci dans lesdites structures en creux, conservées de manière variable, indique que la branche est du grand fossé est plus riche que la branche ouest, vraisemblablement en raison de l’arasement des vestiges dans cette zone où l’état 2 n’est attesté que sporadiquement. La concentration maximale, comme pour la plupart du mobilier, se situe dans l’angle nord-est, dans la zone perturbée, empêchant toute tentative d’interprétation (fig. 173).

    421La distribution des fibules est homogène dans toutes les branches de l’enclos A, à l’exclusion de la branche est, absence qui pourrait signifier la localisation de l’entrée à ce niveau ou résulter d’un remaniement plus poussé de cette branche lors de l’installation du système d’entrée à l’époque romaine. Cette seconde hypothèse est corroborée par la faible quantité de mobilier mis au jour dans cette portion de l’enclos par rapport aux autres branches. Il semble donc bien que les fibules aient été déposées systématiquement avec les autres types de mobilier et que leur répartition corresponde au même mode de dépôt que le reste du mobilier. On peut noter néanmoins, dans la branche sud, la plus riche en mobilier, une concentration de fibules de Nauheim, associées à une fibule filiforme tendue, concentration similaire à celle des anneaux en alliage cuivreux et des jetons ; ce qui pourrait également indiquer le lieu de passage à l’époque laténienne.

    422Même s’il convient de préciser que les sols liés aux cuves à amphores font partie des rares endroits où les niveaux romains ont protégé les couches de circulation laténiennes, la concentration de fibules sur les niveaux de sol liés aux cuves à amphores est à relever. De même, une seconde concentration en bordure sud de ce secteur suggère la présence d’une fosse – manquée à la fouille – qui aurait été le réceptacle de dépôts de fibules.

    423L’absence de fibules dans des contextes riches en petit mobilier doit être prise en compte afin de caractériser les différentes zones de dépôt. Ainsi, l’entrée est, pourtant très riche en petit mobilier (monnaies, perles, rondelles en céramique) ne livre qu’une dizaine de fibules. Leur dépôt semble donc répondre à des modalités et des espaces différenciés par rapport à celui de ces éléments.

    Fig. 172 – Répartition générale des fibules.

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    Fig. 173 – Répartition des fibules en contexte laténien.

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    424Concernant les fibules gallo-romaines, on remarque quelques zones de concentration (fig. 174), notamment près de l’entrée, avec des exemplaires complets (pl. 10). Leur présence comme l’état exceptionnel de leur conservation permettent de valider l’hypothèse d’un bâtiment fortement arasé – très peu perceptible à la fouille –, que suppose la présence d’effets de parois. Sa fonction pourrait être assimilée à celle d’un aedicula ou d’un sacellum dans le complexe architectural gallo-romain.

    425Au vu des cartes de répartition et de l’état de conservation du site, la présence de fibules est un élément à traiter avec précaution lorsqu’il s’agit de définir les pratiques de dépôts dans le sanctuaire. De simples pertes lors d’autres activités du site peuvent également être évoquées, notamment sur les niveaux de sol. Néanmoins, leur nombre ainsi que leur taphonomie particulière fournissent des éléments suffisants pour valider de telles pratiques.

    ANALYSE TAPHONOMIQUE

    426Si le nombre de fibules mises au jour sur le site est déjà un argument de poids pour valider une interprétation de dépôt volontaire de ces éléments, leur taphonomie présente des spécificités à même de valider cette hypothèse. En effet, peu de fibules sont intactes, observation qui demande toutefois à être pondérée par une analyse très précise du degré de fragmentation de chaque type de fibule. Pour ce faire, un indice de fragmentation a été créé en tenant compte du nombre d’éléments constitutifs de la fibule (arc, pied, ressort, ardillon), en attribuant une valeur pour chaque élément conservé et en comptant cinq lorsque la fibule est complète. L’indice de fragmentation est ensuite calculé en divisant le total des valeurs de conservation pour un type par le nombre de fibules du type (tabl. IX).

    Tabl. IX – Fragmentation des fibules par type de fibule.

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    427Cette analyse met en évidence que les types plus anciens, comme les fibules de schéma La Tène moyenne, sont les plus fragmentaires, avec une moyenne de 2, tandis que les types les plus récents (à nodosités, à pied grillagé, à collerette…) présentent un indice nettement plus élevé pouvant parfois atteindre 5, valeur correspondant à des exemplaires complets. Le relatif bon taux de conservation des fibules de Nauheim s’explique par les exemplaires déposés dans l’enclos A lors de son démantèlement (fig. 175). Cette donnée permet également de comprendre la conservation différenciée entre les fibules anciennes et récentes. En effet, les fibules les plus anciennes ont subi les nombreux remaniements du sanctuaire ainsi que, pour celles déposées sur les sols, un éventuel piétinement. A contrario, les exemplaires déposés à l’extrême fin de l’activité laténienne du sanctuaire ont été préservés par une baisse de fréquentation. Un phénomène identique est observé dans le dépôt complexe de Larina où seules les fibules les plus récentes sont encore intactes (Perrin, 1990). La même dynamique peut être postulée pour les fibules gallo-romaines qui sont presque toutes complètes à l’exception des rares exemplaires issus de remblais.

    428Certaines fibules intactes ont été déposées avec l’ardillon en position fonctionnelle fermé sur le pied. Tel est le cas de deux fibules de Nauheim de l’enclos A (pl. 2, n° 21 ; pl. 3, n° 3), d’une fibule filiforme à arc rubané (pl. 6, n° 15) et d’une fibule de type Nertomarus (pl. 10, n° 5). Cette particularité laisse supposer que les fibules soient déposées encore attachées à des vêtements. Il reste cependant impossible de valider cette interprétation en l’absence de traces de textiles dans la corrosion de ces individus. Cette configuration pourrait également avoir une incidence symbolique, démontrant le lien entre le pratiquant du culte et la divinité (voir infra, chap. VII, p. 571-572).

    Fig. 174 – Répartition des fibules en contexte gallo-romain.

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    429Les traces de destruction volontaire de fibules sont assez rares, avec trois exemplaires pour lesquels ce type de pratique est avéré. Le ressort a parfois été volontairement déroulé (pl. 6, nos 10 et 13) et l’arc replié sur lui-même (pl. 5, n° 14) (fig. 175). S’il est impossible de savoir si les cassures des exemplaires fragmentaires sont volontaires, la rareté des attestations, ainsi que leur absence dans des lieux de dépôts privilégiés comme l’enclos A, plaident plutôt pour des pratiques de dépôt de fibules intactes sur le site.

    Fig. 175 – Fibules de Nauheim complètes et fibules filiformes volontairement détruites.

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    Pl. 1 – Fibules de schéma La Tène moyenne, en fer (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 2 – Fibules de Nauheim en alliage cuivreux. 1-2 : fibules de Nauheim à arc large ; 3-17 : fibules de Nauheim à bordures soulignées par une ligne incisée ; 18-23 : fibules de Nauheim à décor de lignes incisées (nos 18 et 20), de points (no 21), à bordures soulignées par des stries (nos 22 et 23) et illisible (no 19) (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 3 – Fibules de Nauheim à décor d’échelle, en alliage cuivreux (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 4 – Fibules de Nauheim et variantes en alliage cuivreux, excepté nos 11 à 13 en fer et no 17 en argent. 1-10 : fragments de fibules de Nauheim sans décor et à décor illisible ; 11-13 : fibules de Nauheim ; 14-16 : variantes de fibules de Nauheim ; 17 : fibule de Lauterach (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 5 – Fibules filiformes en fer, excepté nos 1 à 5 et 17 en alliage cuivreux. 1-4 : fibules filiformes à ressort, à corde interne et arc tendu ; 5 : fibule filiforme à ressort, à corde interne et arc cambré ; 6-14 : fibules filiformes à corde interne et arc tendu ; 15-16 : fibules filiformes à corde interne et arc coudé ; 17 : fibule à corde interne et arc en anse de panier (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 6 – Fibules filiformes en fer, excepté no 1 en alliage cuivreux. 1-5 : fibules filiformes à ressort, à corde externe et arc tendu ; 6-16 : fibules filiformes à ressort, à corde externe et arc cambré (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 7 – Variante de fibules filiformes en fer. 1-7 : variantes de fibules filiformes à ressort, à corde externe et arc coudé ; 8-14 : variantes de fibules filiformes à ressort, à corde externe et arc cambré outrepassant le ressort (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 8 – Fibules filiformes de variante non identifiée, en fer excepté nos 1 à 4, 15 et 16 en alliage cuivreux. 1-7 : fragments d’arc cambré de fibules filiformes ; 8-9 : fragments d’arc coudé de fibules filiformes : 10 : fragment d’arc outrepassant le ressort de fibule filiforme ; 11-12 : fragments d’arc rubané en anse de panier ; 13 : arc indéterminé ; 14 : ressort indéterminé ; 15-16 : pieds trapézoïdales ajourés ; 17-18 : pieds triangulaires ajourés ; 19-20 : pieds trapézoïdales pleins ; 21 : pied triangulaire plein (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 9 – Fibules de La Tène D2 et du début de l’époque augustéenne, en alliage cuivreux excepté nos 1 à 4 et 6 à 7 en fer. 1-3 : fibules de type Knickfibeln ; 4 : fibule à tête couvrante ; 5-8 : fibules à nodosités ; 9 : fibule filiforme à pied multifenestré ; 10 : fibule à collerette ; 11 : fibule à arc rubané et ressort à fixe-corde ; 12 : ressort de fibule à six spires et axe de renfort (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 10 – Fibules gallo-romaines en alliage cuivreux, excepté nos 12 et 19 en fer. 1 : fibules de type Langton-Down ; 2-3 : fibules à cache-ressort simples et variantes ; 4 : fibule à queue de paon ; 5 : fibule de type Nertomarus ; 6 : fibule de type Aucissa ; 7-11 : fibule de type pseudo-LT moyenne ; 12 : fibule à arc continu et à pied à petit bouton ; 13 : fibule à protubérance latérales ; 14-15 : fibules géométriques plates ; 16 : fibule cruciforme émaillée ; 17-18 : Fibules omega (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 11 – Ressorts de fibule en alliage cuivreux (nos 1-6 et 11-15) et en fer (nos 7-10 et 16-22). 1-6 : ressorts de fibule à corde interne ; 7-10 : ressorts de fibule à corde interne ; 11-15 : ressorts de fibule à corde externe ; 16-22 : ressorts de fibule (filiforme ?) à corde externe (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Pl. 12 – Ressorts et fragments indéterminés de fibules en fer, excepté nos 5 à 11 en alliage cuivreux. 1-4 : ressorts de fibules (filiformes ?) à corde externe ; 5-19 : fragments de ressort et d’ardillon de fibule ; 20 : fragment d’arc de fibule indéterminé (DAO : M. Garcia, AOROC).

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    Fig. 176 – Dépôt de trois anneaux en or retrouvés à proximité du trophée.

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    BAGUES COUDÉES EN OR

    430Adeline Richard

    431Trois anneaux en or massif ont été découverts en 2009, dans le comblement final du fossé (19034) qui sert de fondation au mur périphérique auquel venait s’adosser le portique délimitant la branche septentrionale du péribole de l’état 2 (fig. 176 et pl. mob. métal. 4, nos 25 à 27). Ce type de bague à profil « coudé » ou « plié » était déjà attesté sur le site à hauteur de deux exemplaires, composés respectivement d’argent et d’alliage cuivreux (voir les rapports de fouilles 2006 et 2008). Il s’agit, à l’exception du statère et des fibules en argent mises au jour par les fouilles du sanctuaire, des seuls objets en métaux précieux découverts dans son enceinte. Leur regroupement sur une surface de quelques centimètres carrés, à proximité du dépôt d’armes de type « trophée » extrait du même contexte, participe à l’évidence d’une déposition volontaire et justifie qu’ils soient traités à part, indépendamment de l’étude des autres parures métalliques. Ils s’en distinguent en outre par leur chronologie ancienne, puisque ce type d’anneau est considéré comme caractéristique de La Tène B et C.

    432Une étude préliminaire18 a permis d’analyser plus spécifiquement ce type de bagues coudées, qui n’avaient encore jamais fait l’objet d’une étude monographique approfondie. La recherche a porté sur la typo-chronologie des objets, la stylistique de leur décor, leur répartition géographique, leurs contextes de découverte et les usages qu’ils mettent en évidence.

    TYPOLOGIE

    433La bague coudée est un anneau filiforme de section circulaire ou plane, ayant subi une torsion à 180° dans l’axe de son diamètre. De profil, sa forme se rapproche de celle d’un « 8 » aplati. Elle est fabriquée principalement en métaux précieux, mais un exemplaire en fer existe à Manching (Krämer, 1985, p. 85). Ce type de bague n’est attesté à l’échelle de toute l’Europe qu’à hauteur de 101 individus, ce qui souligne le caractère exceptionnel de leur dépôt groupé dans le sanctuaire de Corent.

    434Selon la typologie de Waldhauser (Waldhauser, 1998, p. 91), les bagues coudées peuvent être classées selon trois groupes morphologiques qui se distinguent essentiellement par les variations d’épaisseur du fil (fig. 177). Le premier type (510) est un fil ou une tige métallique de section plano-convexe ou ovalaire. Le deuxième type (520) est un fil métallique étiré en ruban fin, de section plano-convexe. Le troisième type (530), qui est le moins représenté au sein de l’inventaire, désigne les bagues les plus massives, composées d’un large ruban. Les trois bagues coudées de Corent appartiennent au premier type (510).

    435La finition de ces anneaux, qui apparaissent au milieu du ive siècle avant notre ère, peut paraître rudimentaire au regard des autres types de bagues contemporains, dont le décor de style végétal ou de Waldalgesheim caractérise les débuts de l’art celtique laténien (Megaw, 2005, p. 115). Riche de formes entrelacées, de volutes, d’esses ou de lyres, ce style abstrait et éloigné du réalisme classique est mis en œuvre sur différents types de bagues à chaton spiraliforme ou ornées de gemmes (Déchelette, 1914, p. 773), ou encore sur le type serpentiforme qui se développe à partir de simples anneaux comme c’est le cas pour les bagues coudées. Issues du même cercle de productions, ces dernières sont plus sommairement ornées à quelques rares exceptions près comme la bague de Kapiteljska Njiva. Leur forme coudée, interprétée au travers de l’abstraction du style Waldalgescheim, se rapproche néanmoins de certains motifs artistiques connus comme le double esse, la tresse ou le guillochis, fréquents dans l’art antique comme dans le répertoire celtique. On pourrait y déceler une version simplifiée du nœud d’Héraclès, qui partage avec la bague coudée l’apparence de deux boucles entrelacées et semble avoir connu une certaine popularité en milieu laténien puisqu’elle se retrouve sur des parures annulaires et sur quelques fibules datables de la fin du ive s., découvertes entre l’Irlande et les Carpates (Kruta, 1987, p. 35).

    Fig. 177 – Typologie des bagues coudées d’après Waldhauser.

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    DIFFUSION ET ORIGINE

    436La carte de la figure 178 illustre la répartition spatiale des bagues coudées recensées dans le corpus, qui s’étend de l’Angleterre à la Bohême au nord, de la France à la Slovénie au sud, en passant par la Lombardie, et jusqu’à la Roumanie à l’est. Deux noyaux à forte densité se distinguent : le premier, en Europe centrale, où 15 % des bagues inventoriées se concentrent dans la région du Danube moyen, notamment dans la moitié ouest de la Slovaquie et en Hongrie ; le second, sur le plateau suisse, du lac Léman au lac de Constance, avec près de 60 % des bagues recensées, dont 53 % proviennent de la nécropole de Münsingen-Rain. Cette répartition peut résulter de différents facteurs, en particulier de mouvements migratoires amorcés au ve siècle avant notre ère en Europe centrale (Szabó, 1983, p. 13). Les plus anciennes bagues coudées retrouvées dans cette région proviennent effectivement de Bohême et d’Autriche. Les vagues de migration successives vers l’Italie au ive s. (Kruta, 1983, p. 71), puis vers la Bohème dans la première partie du ive s., conduisent au développement de communautés celtiques en basse Autriche, dans l’ouest de la Hongrie et le sud-ouest de la Slovaquie, jusqu’en Roumanie (Cunliffe, 2006, p. 88). Il est intéressant d’observer que tous ces territoires se superposent aux régions concernées par les découvertes de bagues coudées.

    437Il est également possible de rapprocher la diffusion des bagues aux mouvements de populations engendrés par le mercenariat, ou encore, aux flux commerciaux qui se développent à l’intérieur du monde celtique durant La Tène B et C (Adam, 2006, p. 199 ; Cunliffe, 1993, p. 102) stimulés réciproquement par les migrations (Chossenot, 1997, p. 149 ; Eluère, 2004, p. 106). La bague coudée a pu servir de monnaie d’échange, à une époque pré-monétaire favorisant le troc et les relations de don/contre-don (Szabó, 1971, p. 43), encouragées par les liens de parenté entre familles, par les mariages ou les prises d’otages (César, La Guerre des Gaules, I, 18 ; Lewuillon, 1990, p. 305 et 1992, p. 110). Pour les bagues coudées de chronologie plus récente, l’hypothèse d’une diffusion vers la Gaule due au reflux des populations galates chassées par les défaites subies en Orient aux iiie et iie s. peut être également retenue (Charpy, 1995, p. 128 ; Szabó, 1983, p. 29).

    438Entre La Tène moyenne et La Tène finale, le nombre de bagues coudées mises au jour diminue radicalement : seules six bagues sont datées de La Tène D, soit à peine 6 % du corpus. Du point de vue statistique, les trois anneaux de Corent constituent une découverte d’autant plus exceptionnelle qu’ils ont été regroupés délibérément au même endroit et ne sauraient donc être interprétés comme des apports résiduels, liés au remaniement de couches d’occupation antérieures. Leur contexte de découverte, en revanche, est tout à fait conforme à l’évolution des pratiques de déposition observées au cours de cette période (voir infra). Leur association dans la même structure peut aussi correspondre à une seule parure si l’on considère que les trois anneaux peuvent être juxtaposés sur un même doigt.

    Fig. 178 – Répartition des bagues coudées en Europe.

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    MATÉRIAUX, USAGES ET CONTEXTES DE DÉPOSITION

    439L’analyse statistique des matériaux utilisés établit que le métal le plus représenté est le bronze, près de 31,7 % des bagues coudées étant fabriquées dans cet alliage. Vient ensuite l’argent pour 30,7 % des bagues et enfin l’or, à 23,7 %. Ce dernier matériau est plus rarement utilisé et ne concerne pratiquement que les types 510 et 520, formés des fils les plus fins. De plus, alors que les défunts portent souvent plusieurs exemplaires de bagues en argent ou en bronze, la bague coudée en or est presque toujours portée seule, comme si elle se suffisait à elle-même.

    440Les objets découverts en contexte funéraire représentent 90 % du corpus. La diagnose sexuelle, quand elle est rendue possible par l’état de conservation des restes humains, indique que ce sont des objets plutôt féminins. En effet, 50,9 % des bagues proviennent de tombes féminines pour seulement 9 % de sépultures masculines avérées. Les femmes portent la bague coudée de préférence à la main droite et en combinent souvent plusieurs exemplaires, en suivant une hiérarchisation des métaux : bronze, argent puis or. Les hommes ne portent généralement qu’une seule bague en métaux précieux et plutôt à la main gauche, comme le veut la coutume dans le monde romain (Pline, Histoire naturelle, XXXIII, 4). Ce schéma se reproduit dans les sépultures de Münsingen-Rain, qui rassemble près de 32 % des bagues de l’inventaire, alors que peu de sites archéologiques ont livré plus de deux bagues coudées. En l’occurrence, cette concentration peut s’expliquer par des phénomènes d’endogamie susceptibles d’avoir entraîné la conservation de certains bijoux.

    441La découverte associée de trois anneaux du même type est exceptionnelle et inscrit Corent dans la liste très restreinte de sites ayant livré plus de deux individus (Münsingen-Rain, Andelfingen et Broc en Suisse, ainsi que Chotin en Slovaquie), qui fournissent la majeure partie du corpus. Leur enfouissement dans un contexte cultuel bien caractérisé, qui n’a par ailleurs pas livré la moindre trace de sépulture, traduit un acte de déposition intentionnelle d’objets précieux, conservés sur le sanctuaire et peut-être dérobés au titre de butin, à l’instar du trophée d’armes retrouvé à proximité immédiate.

    442L’étude des sépultures confirme que le dépôt de ces anneaux est surtout réservé aux tombes de défunts privilégiés, même s’ils figurent parfois dans des sépultures plus modestes (Müller, Lüscher, 2004, p. 75). À Chotin, en Slovaquie du Sud, la tombe masculine 34/72 datée de La Tène B2-C1 (Waldhauser, 1998, p. 117), contient une bague coudée en or de type 510, accompagnée d’une bague en argent, d’une fibule en bronze, de trois fibules en fer, d’un anneau en sapropélite et d’un rasoir. À Mannersdorf (Waldhauser, 1998, p. 114), dans une tombe féminine datée de La Tène B1b, le dépôt de bague en or est complété de celui de fibules, d’un bracelet en bronze, d’une perle en ambre et d’une situle en bronze. À l’opposé, à Münsigen-Rain (Furger, Müller, 1991, p. 128), la tombe 64 (La Tène B2a) d’un homme de 60 ans, contient « seulement » une bague en or de type 520, portée au majeur de la main droite, ainsi qu’une fibule en fer et des os d’animaux.

    443Ces bagues ne se trouvent pas seulement en milieu funéraire, mais aussi en contexte de dépôts : ces derniers regroupent près de 8 % du corpus et relèvent comme à Corent de pratiques votives, par exemple à Biggleswade et Yoxal en Angleterre19.

    444Comme indiqué plus haut, le port de bagues coudées tend à se raréfier dans le courant de La Tène moyenne et finale et leurs modalités de dépôt évoluent également. Du point de vue des pratiques funéraires, le recours croissant à l’incinération peut expliquer la disparition d’objets détruits ou endommagés par l’action du feu, voire le simple changement de mode ou de valorisation des élites.

    445La perduration des bagues coudées dans certains dépôts votifs, comme à Corent ou en Angleterre, illustre de façon plus générale l’appauvrissement des mobiliers funéraires au profit des offrandes accumulées sur les grands sanctuaires. Les anneaux en or, métal aux propriétés thaumaturges, employé pour les amulettes dans de nombreuses civilisations (Pline, Histoire naturelle, XXXIII, 25 ; Chevalier, Gheerbrant, 1982, p. 105 ; Edrizzi, Marzatico, 1997, p. 21) représentent une offrande privilégiée. Leur conservation en milieu cultuel traduit peut-être l’attachement à des bijoux anciens et prestigieux, ayant appartenu aux ancêtres de la lignée. Comme à Rome, la valorisation de l’héritage familial par leurs descendants a pu servir à manifester l’ancienneté de leur installation en territoire arverne. À cet égard, signalons une bague coudée de chronologie plus ancienne découverte dans la nécropole de Bonnabry à Cournon d’Auvergne (Provost, Mennessier-Jouannet, 1994, p. 84). Plus prosaïquement, la présence de ces bagues sur le plateau de Corent peut illustrer les liens commerciaux établis entre les populations de l’oppidum et leurs voisins proches ou plus éloignés.

    PARURE ET VAISSELLE EN VERRE

    446Les objets en verre provenant des fouilles anciennes et récentes du sanctuaire de Corent constituent un corpus d’une soixantaine d’éléments de parure, répartis entre 10 bracelets et 54 perles, ainsi que 246 fragments de récipients en verre.

    447Le classement des parures est effectué par groupes techniques et morphologiques selon les typologies de R. Gebhard (Gebhard, 1989) et de T.E. Haevernick (Haevernick, 1960), fondées sur la forme et les couleurs représentées. Les datations proposées sont basées sur le contexte archéologique, les parallèles locaux ou extra-régionaux, mis en perspective avec les typo-chronologies existantes. On se référera aux typologies de Gebhard et Haevernik en l’absence de renvoi bibliographique plus précis.

    448Selon le même principe, l’analyse des récipients, principalement gallo-romains, repose sur la typologie traditionnelle de C. Isings ainsi que sur les formes décrites pour le site d’Augusta Raurica (abrégé AR dans le texte), et d’Avenches (abrégé AV V) et de Trève (abrégé Trier) (Isings, 1957 ; Rütti, 1991 ; Bonnet-Borel, 1997 ; Goethert-Polaschek, 1977).

    PARURE

    Les bracelets

    Bracelets à profil lisse à section en « D »

    449Six fragments présentant un profil lisse à section en « D » et une couleur bleu cobalt peuvent être attribués à la série 38 de Gebhard et au groupe 3a de Haevernick. Ces deux typologies proposent une datation de La Tène D1 pour ces bracelets apparaissant à l’extrême fin de La Tène C2 et dont la fréquence diminue fortement durant La Tène D2. Ce type de bracelet peut être considéré comme la parure en verre la plus fréquente à La Tène finale, avec des occurrences sur la plupart des sites d’agglomération importants.

    450Le premier exemplaire, conservé sur un tiers de son diamètre (pl. 1, n° 1), mesure 45 mm, pour une épaisseur de 6 mm et un diamètre externe de 80 mm. En bon état de conservation à l’exception de quelques traces de dévitrification, ce fragment est issu du comblement nord du fossé palissadé (état 1.2) attribué au début de La Tène D1. Les autres fragments de bracelet (pl. 1, nos 2 à 6) ont tous été mis au jour dans des contextes remaniés ne permettant pas une attribution chronologique plus fiable.

    451Dans la région de l’actuelle Auvergne, ce type de bracelet est attesté à partir du milieu du iie s. av. J.-C. Nous pouvons citer à ce titre les exemplaires collectés sur le site du « Pâtural » (Deberge et al., 2007, fig. 14), plus précisément au sein des comblements initial et final du ruisseau (5557), ainsi que ceux provenant des fossés (34) et (38) du site de « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand (Deberge et al., 2000, fig. 141). La zone funéraire du site de « Sarliève », à Cournon d’Auvergne, a également livré un bracelet de type Gebhard 38 au sein d’un contexte daté de La Tène D1a (Deberge, Orengo, 2002) ; il était déposé sur l’avant-bras gauche de la défunte de la sépulture (2213).

    452Au regard de ces données et du seul exemplaire du corpus en contexte, les bracelets auvergnats du groupe 38 de Gebhard peuvent être considérés comme caractéristiques de La Tène D1 lato sensu. Leur absence des niveaux clairement attribués à l’état 2 pourrait même amener à une datation plus précise, à savoir la seconde moitié du iie s. av. J.-C.

    Bracelets à profils moulurés

    453Quatre bracelets au profil mouluré ou côtelé attestent la présence de parure de typologie légèrement plus ancienne. Le premier exemplaire (pl. 1, n° 7) est un fragment de bracelet en verre translucide bleu, à quatre côtes, avec application d’un filet jaune opaque d’une longueur de 10,5 mm et d’une épaisseur de 4,5 mm. Issu d’une couche de démolition gallo-romaine, ce fragment est apparenté au groupe 19 de Gebhard, qu’il situe à La Tène C1b, voire au début de La Tène C2 (Gebhard, 1989, pl. 20, n° 275), datation corroborée par plusieurs autres études (Bride, 1998-1999, p. 56, n° 28 ; Feugère, Leyge, 1989, n° 4 ; Clément, Galliou, 1985, p. 68, n° 39 ; Py, Lebeaupin, 1986, fig. 17, n° 12 ; Vaginay, 1988, fig. 133, n° 17 ; Vanpeene, 1989, fig. 1, n° 3). Un parallèle exact provient du fossé (12/13) de « La Grande Borne » à Clermont-Ferrand (Deberge et al., 2007, fig. 14), en association avec six autres bracelets moulurés datés de La Tène C1 et du début La Tène C2, dont quatre exemplaires bleus à décor de filament jaune ; le nombre de moulures varie entre trois et cinq. Une datation légèrement plus tardive est proposée à Nages, avec des occurrences dans la phase Nages II récent, datée de La Tène C2 (Feugère, Py, 1989).

    454Un petit fragment de bracelet en verre translucide bleu cobalt (pl. 1, n° 8) présente un décor à fil central. Il possède une section presque « triangulaire », qui résulte du rajout d’un fil central de verre de la même couleur, certainement en suivant le procédé d’une technique de rajout à chaud sur la base d’une section lisse. Provenant d’un nettoyage de surface du fossé ouest, où seul l’état 1 est conservé, il peut être attribué à cette phase du début de La Tène D1. La morphologie particulière de cet exemplaire, plus complexe que les profils lisses à section en « D », nous incite à postuler une datation plus ancienne (La Tène C2 ?), proposition impossible à vérifier en l’absence de parallèle probant.

    455Composé de verre violet translucide, le fragment de bracelet (pl. 1, n° 9) comporte trois côtes avec un décor gravé en zigzag sur la côte centrale. Il provient de la couche (12074) de l’entrée du sanctuaire attribuée à l’état 2.2. La datation de ce fragment reste sujette à caution, car sa forme ainsi que son décor sont caractéristiques de La Tène C1 (forme moulurée et gravée), alors que sa couleur le rapprocherait davantage des productions de La Tène D1 ou de la fin de La Tène C2. La morphologie de cette pièce invite toutefois à l’apparenter aux premières productions de verre violet côtelé attribuées à La Tène C2. Dans ce cas, ce fragment pourrait être considéré comme un objet en position résiduelle, compte tenu de son contexte.

    456Le dernier fragment de bracelet (pl. 1, n° 10), en verre translucide incolore, possède trois côtes dont l’une centrale est nettement plus marquée. Suivant la typologie de Gebhard (série 25 ou 26), cet exemplaire appartiendrait aux productions de La Tène C2, au vu de sa morphologie et compte tenu de la fourchette chronologique du verre incolore, qui apparaît à La Tène C1b. Il est absent des contextes du début de La Tène D1 à Manching. Ce fragment, vraisemblablement en position secondaire, provient du comblement détritique d’une des fosses à amphores.

    457Bien que tous issus de contextes remaniés, ces fragments de bracelets en verre moulurés datés typologiquement de la fin de La Tène C1 et surtout de La Tène C2 constituent des éléments de datation supposant un contact avec La Tène moyenne.

    Les perles

    458Les cinquante-quatre perles du corpus offrent une grande variété de formes et de couleurs (fig. 179). Afin d’en faciliter l’étude, elles sont classées selon leur taille et leur décor, d’après la typologie de Manching (Gebhard, 1989) et se répartissent de la façon suivante :

    • vingt-six grosses perles annulaires (ou dites « toriques », avec un diamètre externe supérieur à 20 mm et une épaisseur supérieure à 7 mm), dont douze à décor de fils de verre rapportés (neuf spiralées des groupes VIIB et IXB, trois en damier du groupe IXE), un exemplaire à décor moucheté (groupe IXD), sept perles en verre monochrome bleu cobalt (groupe VI), deux pourpres (groupe X), deux brunes (groupe VIII), une noire et une jaune vif (groupe II) ;

    • neuf perles de taille moyenne, d’un diamètre externe inférieur à 20 mm et d’une épaisseur inférieure à 7 mm, avec deux exemplaires en verre bleu cobalt moucheté de tâches de verre blanc opaque (groupe VIIDc), une perle en verre bleu monochrome (groupe VIc), cinq perles brunes (groupe VIIIc) et une en verre incolore (groupe IIIc) ;

    • dix-neuf petites perles caractérisées par un diamètre externe inférieur à 12 mm, dont neuf dites « grains de collier » : une brune (groupe IXb), quatre bleues cobalt (groupe VIb), une jaune translucide (groupe IIa), une incolore (groupe IIIa), et quatre petites perles vertes-eau dont deux à décor de fil de verre blanc rapporté. On compte également cinq petites perles oculées (dont un fragment à protubérance), deux petites perles allongées et, enfin, une petite perle en verre noir de l’Antiquité tardive portant un décor de fil de verre blanc opaque rapporté.

    Grosses perles annulaires

    459Les grosses perles annulaires attestées durant la majeure partie de La Tène finale sont déjà décrites par J. Déchelette. Volumineuses, monochromes ou avec des décors spiralés ou quadrillés, elles sont le plus souvent en verre bleu foncé, jaune, blanc, vert ou marron et se trouvent en quantité abondante sur les oppida de Bibracte, de Corent ou de Gergovie (Déchelette, 1914, p. 827). Leur abondance à cette période s’explique, selon M. Feugère, par le fait qu’elles ont remplacé les fragiles bracelets de verre dans le courant de La Tène D1 (Feugère, 1992, p. 157).

    460Les perles à décor à fils sont considérées par N. Venclovà comme un type de perle se déclinant dans absolument toutes les teintes de verre usitées dans le monde celtique (Venclovà, 1990). La combinaison la plus fréquente semble être le bleu et le blanc (Bride, 1999, p. 221), phénomène également observé sur le site de Corent. Les perles monochromes semblent être produites dès La Tène C2 et perdurer à La Tène D1, voire La Tène D2 en ce qui concerne les exemplaires en verre bleu cobalt (Zepezauer, 1993, p. 95).

    Fig. 179 – Perles en verre représentatives du corpus (ensemble de parure déposé à l’entrée du sanctuaire).

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    Grosses perles annulaires à décor spiralé

    461Parmi les neuf perles à décor spiralé, quatre fragments sont composés de verre bleu cobalt, orné de fils blanc opaque (pl. 2, nos 1 à 4). Un exemplaire est issu du comblement du fossé de l’état 1.2 (n° 2), deux autres proviennent de l’interface entre les couches romaines (nos 1 et 4) et laténiennes, tandis que le dernier posé sur un terrazzo (n° 3) peut être considéré comme hors contexte.

    462Ce type de perle se retrouve en grande quantité sur les oppida de Manching (Gebhard, 1989, pl. 52, n° 780) et de Bibracte (Bride, 2005, p. 147), avec une datation généralement admise de La Tène D. Des perles semblables ont été mises au jour au sein de la sépulture 2235 de « Sarliève » à Cournon-d’Auvergne, datée de La Tène D1a/b (Deberge, Orengo, 2002). Plusieurs exemplaires ont été recueillis sur le site du « Pâtural » (Deberge et al., 2007, fig. 141), notamment au sein de la structure 5557, accompagnés de bracelets de type Gebhard 36, 37 et 38, et d’autres grosses perles annulaires. Tous ces objets sont datés de La Tène D1. Enfin, nous retrouvons un exemplaire identique à ceux de Corent sur le sanctuaire du Gué-de-Sciaux à Antigny (Vienne), dans un contexte daté du ier s. av. J.-C (Bertrand, Maguer, 2007). Ces diverses comparaisons, ainsi que les contextes d’où sont issus les exemplaires de Corent, plaident pour une apparition du type au moins au début de La Tène D1b avec une perduration jusqu’à la fin de l’époque laténienne.

    463Les cinq autres individus de cette catégorie (pl. 2, nos 5 à 9) comportent une âme de verre brun. Les deux premiers fragments (nos 5 et 6) sont décorés de fils blancs opaques, tandis que les autres (nos 7 à 9) comportent des fils jaunes opaques. Une perle complète (n° 8) peut être attribuée à l’état 2.3, à un niveau d’empierrement de calcaire situé à l’entrée du sanctuaire. Un autre individu fragmentaire (n° 7) provient du comblement de l’enclos B. Aucun parallèle probant ne peut être fourni pour ces exemplaires sur fond brun qui semblent tardifs (La Tène D2a/b ?) au vu de leur contexte et de leur absence des sites en plaine auvergnats. Notons également que l’état de conservation très fragmentaire des exemplaires provenant de contextes remaniés (nos 5 et 6) n’exclut pas un rapprochement avec les perles à décor en damier.

    464Les trois dernières perles à décor spiralé (pl. 2, nos 10 à 12) possèdent un fil supplémentaire rapporté à la perpendiculaire de l’axe du jonc, qui crée un décor à l’aspect de damier. Elles semblent plus tardives que les grosses perles annulaires monochromes ou à spirales. Deux exemplaires sont fabriqués à partir de verre brun très foncé et portent un décor blanc (nos 10 et 11). L’une (n° 12) de ces perles à décor spiralé, plus complexe encore, a été réalisée sur une âme en verre brun (observable au niveau des cassures), pour être ensuite entièrement revêtue d’une couche de blanc opaque et ornée d’un décor spiralé double de fils de verre violet translucide et de verre foncé (bleu ou brun). Deux pièces (nos 10 et 11) attribuables à l’état 2.3 plaident pour une datation basse de la variante à damier, même si cette technologie apparaît dès La Tène D1 en Auvergne sur le site du Pâtural, avec quatre exemplaires en verre bleu translucide à applications croisées jaunes et bleues opaques (Deberge et al., 2007, fig. 141). Ce type de perle est présent à Mandeure (Guilhot, Goy, 1992, p. 152, n° 87), à Bibracte (Bride, 1999, p. 52, n° 16 ; La Tène D1) et à Manching (Gebhard, 1989), mais demeure rare en Auvergne. Un exemplaire ressemblant beaucoup à celui de Corent, avec des spirales en verre bleu, est attesté sur le site de « La Bossette » à Muron en Charente-Maritime (Bertrand, Maguer, 2007, p. 235).

    Perles toriques à décor moucheté

    465Une perle (pl. 2, n° 13) porte un décor de points en verre jaune opaque sur une âme brun foncé. Attribué au groupe typologique IX D de Gebhard, cet exemplaire à décor de points en saillie provient du comblement de fossé de palissade (état 1.2). Trois parallèles exacts sont connus dans la sépulture 2213 de la nécropole de « Sarliève » à Cournon-d’Auvergne, datée de La Tène D1a (Deberge, Orengo, 2002). Quatre exemplaires proviennent également des découvertes anciennes sur l’oppidum, laissant supposer une perduration du type (Faye, 1995, pl. 29, nos 272-275). Bien que peu présent sur l’ensemble de La Grande Limagne, ce type de perle pourrait être attribué à la seconde moitié du iie s. av. J.-C., compte tenu de l’occurrence de Sarliève et du contexte de l’exemplaire de Corent.

    466Une perle à fond bleu et décor moucheté de petites pastilles blanches (pl. 2, n° 14), attribuable au groupe VII D de Gebhard, provient de la couche de l’état 2.2 de l’entrée du sanctuaire (fin LTD1b / LTD2a). Les parallèles du site du Pâtural (Deberge et al., 2007, fig. 141) laissent toutefois envisager une apparition du type dès la fin de La Tène D1a, ou, au plus tard, au début de La Tène D1b pour cette variante.

    Perles en verre monochrome

    467Six perles toriques monochromes sont composées de verre bleu cobalt (pl. 2, n° 15 et pl. 3, nos 1 à 5). Les individus en contexte sont attestés durant toutes les phases du sanctuaire avec des occurrences aux phases 1.2 (pl. 3, n° 5), 2.2 (pl. 3, n° 1) et 2.3 (pl. 3, nos 2 et 5). Précisons toutefois que la perle monochrome de l’état 1 (pl. 3, n° 5) ne présente pas une surface aussi lisse que les autres exemplaires. Elle possède une sorte de décor certainement fabriqué à froid sur la masse de verre de base, et correspond à une extraction d’une partie de celle-ci pour former des motifs. Le motif, en creux, suit la forme d’une spirale, laissant supposer la présence d’un filet rapporté. Aucune trace de verre résiduelle, éventuellement d’une autre couleur, ne permet toutefois de l’affirmer. Déjà attestées en Auvergne au début de La Tène D1, ces perles toriques en verre bleu cobalt monochromes semblent perdurer durant toute la période d’activité du sanctuaire laténien.

    468Les grosses perles annulaires en verre bleu cobalt sont relativement courantes dès le début de La Tène D1 et montrent une répartition relativement large, avec des occurrences au Camp de la Bure (Vosges) (Tronquart, 1987), à Levroux (Indre) (Tillard, 1989, p. 138), à Verdun-sur-le-Doubs (Saône-et-Loire) (Bride, 1999), à Bâle-Gasfabrik (Suisse), où l’on retrouve une perle de ce type en contexte funéraire (Fürger-Gunti, 1980, n° 153). Elles sont aussi présentes dans la nécropole de Berne-Aaregg en Suisse, dans une tombe datée de La Tène C2 (Stähli, 1997, n° 14) et dans la tombe (D28) de Solduno, au sein d’un contexte daté de La Tène D par la présence d’un bracelet en verre bleu à section en « D » (Gebhard 38) et d’une grosse perle annulaire pourpre à décor de fils de verre jaune (Stöckli, 1975, n° 3c).

    469Les deux perles toriques en verre pourpre (pl. 3, nos 6 et 7) proviennent respectivement de l’empierrement de l’état 2.3 de l’entrée et du puits (13031), mis au jour à proximité de l’entrée du sanctuaire. L’agglomération de Levroux (Indre) (Tillard, 1989, p. 138), comme la dernière phase du site du Pâtural où trois exemplaires sont attestés ainsi que la sépulture 2247 de « Sarliève » fournissent des exemplaires semblables. Ces grosses perles en verre pourpre sont également attestées en Limagne, dès La Tène D1, au sein de contextes archéologiques datés du dernier quart du iie s. av. J.-C (Deberge, Orengo, 2002).

    470Les deux fragments de grosse perle annulaire en verre brun proviennent d’un comblement du fossé de l’enclos palissadé (pl. 3, n° 8) et d’un sol en pouzzolane, à l’interface entre l’état 2.3 et l’occupation gallo-romaine (pl. 3, n° 9). Il demeure par conséquent difficile d’attribuer une datation fine plus précise que La Tène finale à ces exemplaires sur la base de leur contexte de découverte. Diverses études démontrent que la couleur brune est relativement fréquente dans le monde celtique oriental, mais demeure peu attestée dans la partie occidentale et centrale du territoire (Bride, 1999, n° 30, p. 81 [La Tène D1] ; Haevernick, 1960, n° 124, p. 242 ; Venclovà, 1990, n° 80, p. 294 et p. 138 ; Zepezauer, 1993, n° 673, p. 177 ; Guillard, 1989, n° 89, p. 150). Absentes des sites de Feurs, Roanne ou Levroux, les perles en verre brun sont en revanche attestées sur les agglomérations de Mandeure, Manching, Stradonice et Ensérune (Feugère et al., 1994, p. 275, n° 11), de Verdun-sur-le-Doubs (Bride, 1999) ou de Bâle-Gasfabrik en Suisse (Fürger-Gunti, 1980, n° 154).

    471Aucun parallèle n’a été trouvé pour la perle de verre noir découverte hors contexte (pl. 3, n° 10). Quant à la perle en verre jaune vif opaque (pl. 3, n° 11), celle-ci semble plutôt rare puisqu’un seul parallèle a, pour l’heure, pu être observé dans le puits (219) attribué à La Tène D2a du site de Saint-Gence en Haute-Vienne (Bertrand, Maguer, 2007, p. 273).

    Les perles de taille moyenne

    Perles de taille moyenne mouchetées

    472Deux perles de taille moyenne, dont une entière (pl. 3, nos 12 et 13), en verre bleu cobalt, comportent un décor moucheté de points de verre blanc opaque. Elles proviennent respectivement d’un nettoyage de surface du fossé périphérique où seul l’état 1 est conservé, et d’un niveau de sol. Le procédé qui consiste à moucheter les perles avec des points de verre rapportés et laissés en relief apparaîtrait dès La Tène D1a, comme l’attestent les parallèles évoqués lors de l’analyse des perles toriques présentant le même décor, mais de couleur jaune. Des parallèles manquent toutefois pour affirmer avec certitude cette même appartenance à propos des exemplaires à décor de points blancs.

    Perles de taille moyenne en verre monochrome

    473Une perle bleu cobalt provient d’une couche de remblais (pl. 3, n° 14). Six autres sont en verre brun (pl. 3, nos 15 à 19) et une dernière est en verre incolore (pl. 3, n° 20). Elles proviennent toutes de niveaux de sol ou de remblais, exceptée la perle de verre incolore issue de l’état 1.2, qui trouve un parallèle de taille et de couleur identiques (Maine-et-Loire) dans un trou de poteau appartenant à un grenier daté du iie s. av. J.-C. sur le site de Puy-Saint-Bonnet (Bertrand, Maguer, 2007, p. 262). En Auvergne, un exemplaire est attesté dans la fosse (61) du site de « Clos-Clidor » d’Aigueperse, datée du milieu du iie s. av. J.-C. (Guichard et al., 1999), et un autre est issu du fossé (511) du site de Gandaillat, attribué à la fin de La Tène C2 ou de la transition La Tène C2 / La Tène D1 (Orengo, 2002). Cinq autres exemplaires sont également présents sur le site du Pâtural, dont deux dans la dernière phase du site (La Tène D1a / La Tène D1b) (Deberge et al., 2007, p. 168, fig. 141). Les exemplaires des sépultures de Sarliève sont datés de la seconde moitié du iie s. av. J.-C. (sépulture 2253) et sont associés à des perles également datées de cette époque (groupe IIIB, VIIB et X), ainsi qu’à une fibule de schéma La Tène moyenne (Deberge, Orengo, 2002). Les parallèles évoqués tendent à démontrer que cette nuance de verre apparaît dès la fin de La Tène C2 pour se diffuser en Limagne jusqu’à la fin de la seconde moitié du iie s. av. J.-C., voire le début du siècle suivant.

    Les petites perles

    Petites perles « grains de collier »

    474Le sanctuaire de Corent a livré neuf perles dites « grains de collier », composées d’un verre monochrome de forme sphérique sans décoration. Ces perles, très fréquentes, demeurent très difficiles à dater du point de vue typologique. Le lot est composé d’une perle « grains de collier » en verre brun (pl. 3, n° 21), de quatre exemplaires en verre bleu cobalt des plus courantes (Gebhard, 1989, pl. 47, nos 658 à 687 ; Bride, 1999, p. 158, n° 30 ; Bride, 2005, p. 138, n° 168 ; Guillard, 1989, p. 100) (pl. 3, nos 22 à 25), d’une perle en verre jaune, d’une autre en verre incolore (pl. 3, nos 26 et 27) et enfin deux en verre de couleur vert d’eau (pl. 4, nos 1 et 2) de forme légèrement plus allongée. On soulignera que le jaune et le translucide sont des couleurs rares pour les « grains de collier », tandis que le bleu est attesté au moins durant toute La Tène finale (Bride, 1998-1999, n° 26, p. 133). Six de ces petites perles proviennent de contextes remaniés, tandis qu’un exemplaire en verre bleu cobalt est issu de la phase de construction de l’état 2 (état 2.1), et que deux perles (bleu cobalt et incolore) ont été collectées dans un niveau appartenant à l’état 2.2.

    475Les perles en verre de couleur vert d’eau, absentes de la typologie de Gebhard (pl. 4, nos 1 et 2), pourraient être assimilées aux nombreux essais de verrier, fréquents à La Tène C2. Leur présence sur plusieurs sites tend toutefois à discréditer cette hypothèse (Bride, 1999, p. 58, nos 34 et 35). À défaut de pouvoir dater avec certitude ces perles, nous pouvons néanmoins avancer l’hypothèse qu’il s’agisse d’exemplaires romains, compte tenu de leur contexte d’origine (des remblais du sanctuaire) et de parallèles relativement proches attestés durant l’Antiquité tardive (Bertrand, 2003, tabl. 5a et b).

    Petites perles à décor de fils de verre rapportés

    476Il en est de même pour les deux perles (pl. 4, nos 3 et 4) qui sont pratiquement identiques au type précédent, avec une couleur similaire (vert d’eau) et un décor de fil de verre blanc opaque fondu dans la masse. Leur surface est lisse. Elles proviennent toutes les deux de contextes de remblais et ne semblent pas devoir être attribuées à la période laténienne.

    Petites perles à décor oculé

    477Quatre exemplaires à décor oculé peuvent être attribués au type dont les yeux sont fondus dans la masse : deux présentent une base en verre bleu cobalt (pl. 4, nos 5 et 6), l’une avec des yeux de verre blanc et bleu cobalt fondus dans la masse, l’autre avec des yeux de verre jaune et bleu ; deux autres perles (pl. 4, nos 7 et 8) comportent une âme bleu ciel, l’une avec des yeux de verre blanc et bleu cobalt, l’autre avec des yeux de verre jaune, blanc et bleu cobalt. Deux exemplaires (nos 7 et 8) proviennent de contextes fiables attribuables à l’état 2.2 du sanctuaire (La Tène D1b / La Tène D2a). Il semble donc pouvoir être exclue, pour ces dernières, une attribution chronologique plus ancienne, même s’il est à signaler que ce type de décor est attesté depuis le Bronze final avec une fréquence accrue à la fin du premier âge du Fer et durant La Tène ancienne.

    478Le fragment de décor de perle oculée à protubérance (pl. 4, n° 9) est composé d’un verre bleu cobalt avec un décor spiralé de fils de verre jaune. Trop fragmentaire pour être attribuée à un type précis de la typologie de M.A. Zepezauer, une datation de La Tène C2 / La Tène D1 peut être retenue pour cette pièce issue d’un trou de la galerie périphérique (état 2).

    Petites perles allongées

    479Aucun parallèle ne peut être fourni pour la petite perle en verre blanc opaque légèrement conique issue d’un niveau de démolition d’époque romaine (pl. 4, n° 10). La perle de verre translucide vert émeraude cassée à ses deux extrémités présente une forme allongée, presque rectangulaire et comporte des stries longitudinales (pl. 4, n° 11). Attribuable au type 11.23 d’E. Riha (Riha, 1990), cette parure est portée dès la fin du ier s. jusqu’au ve s. apr. J.-C. (Bertrand, 2003, p. 68-69, fig. 75).

    480La petite perle en verre noir décorée d’un mince filet de verre blanc opaque fondu dans la masse (pl. 4, n° 12) provient d’une fosse entamant le dernier état gallo-romain (10131). Ce type de perle est attribuable au ve s. apr. J.-C., comme en témoigne son absence dans la majorité des nécropoles tardo-antiques (Martin, 1991, Abb. 13, 8, p. 19). Un exemplaire très proche est toutefois attesté sur le sanctuaire du Gué-de-Sciaux dans un contexte du ive s. apr. J.-C. (Bertrand, 2003, pl. XVI, 33). Quelle que soit la datation retenue pour cette parure, elle constitue l’une des traces les plus récentes de la fréquentation du site, vraisemblablement après l’activité du sanctuaire gallo-romain.

    Analyse spatiale

    481L’étude spatiale des parures en verre du sanctuaire de Corent apporte une vision globale de la disposition de ces objets au sein des structures du site. Nous pouvons, de prime abord, constater une plus forte présence des objets archéologiques dans certaines zones du sanctuaire, comme l’entrée et l’angle nord-ouest du fossé d’enclos. Si la répartition des bracelets ne montre aucune concentration notable (fig. 180), la présence en grand nombre de perles en verre à l’entrée du sanctuaire est à mettre en parallèle avec certains regroupements d’objets circulaires (monnaies, jetons, perles en alliage cuivreux), également très présents sur cette zone (voir fig. 179). Bien que cette concentration puisse être due aux dépôts de colliers entiers, l’hypothèse de pratiques en relation avec leur forme circulaire semble prévaloir et souligne le rôle spécifique de l’entrée au sein du sanctuaire. Nous renvoyons par conséquent au chapitre de synthèse consacré à cette question (voir infra, chap. VII, p. 591-609).

    Fig. 180 – Carte de répartition des bracelets et perles en verre du sanctuaire de Corent.

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    Conclusion

    482Le faciès des parures en verre de Corent est majoritairement constitué d’objets datés de La Tène D. La présence au sein de ce corpus d’individus de facture plus ancienne, comme des bracelets moulurés et côtelés, témoigne d’un contact avec La Tène moyenne, corroborant un début d’occupation du site au cours de La Tène D1a. Les perles montrent une évolution caractéristique, avec des exemplaires monochromes, à spirale de filament jaune, ou à appliques mouchetées dans l’état 1, pour terminer par des perles à décors encore plus complexes, comme celles à damier associant plusieurs couleurs distinctes. Traité dans son ensemble, le corpus du sanctuaire de Corent comporte un assemblage caractéristique d’une phase évoluée de La Tène finale avec une proportion de perles nettement majoritaire aux bracelets, phénomène qui atteste sa postériorité au site de Feurs ou encore à celui du Pâtural.

    Pl. 1 – Bracelets en verre. 1-6 : bracelets en verre bleu cobalt à section en « D » ; 7-10 : bracelets en verre à section moulurée en verre bleu cobalt, pourpre et incolore (DAO : H. Duchamp, AOROC).

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    Pl. 2 – Perles en verre. 1-4 : grosses perles annulaires en verre bleu cobalt, à décor de fils de verre blanc ; 5-9 : grosses perles annulaires en verre foncé, à décor de fils de verre blanc et jaune ; 10-12 : grosses perles annulaires en verre foncé, à décor double de fils de verre en damier ; 13 : grosse perle annulaire en verre brun foncé, à décor de points jaunes ; 14-15 : grosses perles annulaires en verre bleu cobalt (DAO : H. Duchamp, AOROC).

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    Pl. 3 – Grosses perles annulaires : 1-5 : verre bleu cobalt ; 6-7 : verre pourpre ; 8-9 : verre brun foncé ; 10 : verre noir opaque ; 11 : verre jaune opaque. Perles moyennes : 12-13 : verre bleu cobalt avec tâches de verre blanc opaque ; 14 : verre bleu cobalt ; 15-19 : verre brun ; 20 : verre incolore. Petites perles : 21 : « grain de collier » en verre brun ; 22-25 : « grains de collier » en verre bleu cobalt ; 26 : « grain de collier » en verre jaune ; 27 : « grain de collier » en verre incolore ; 28-29 : verre vert-eau ; 30-31 : verre vert-eau et décor de fils de verre blanc opaque ; 32-36 : « à yeux » ; 37-38 : forme allongée en verre incolore et vert ; 39 : verre noir et décor de fil de verre blanc, époque tardive (DAO : H. Duchamp, AOROC).

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    VAISSELLE EN VERRE

    483Le sanctuaire de Corent a livré 246 fragments de vaisselle en verre. Ils sont pour la très grande majorité en verre soufflé à la volée et seulement quelques-uns sont en verre moulé. Comme le montre le tableau X, le verre soufflé dépasse les 90 % du nombre de restes. La proportion plus faible (88 %) en nombre typologique d’individus (NTI) s’explique par le taux d’identification maximal des verres moulés. Ces derniers, qui ne comptent que sept exemplaires, se répartissent en deux catégories : les verres polychromes, dont un seul fragment de millefiori ; les verres monochromes, au nombre de six.

    Tabl. X – Récapitulatif de la vaisselle en verre.

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    484En ce qui concerne les couleurs utilisées, on note que le verre naturel et le verre incolore sont les plus représentés (près de 90 %), ce qui est tout à fait habituel pour le verre romain. Le verre naturel prédomine. Il présente les gammes de couleurs bleu à vert ou jaune à ambre, dues à des oxydes de fer, sans adjonction de colorant ou de décolorant. Au contraire, le verre incolore est obtenu par une décoloration volontaire. Les verres colorés sont exclusivement bleus outremer. On note l’absence de verre violet, mais surtout celle des verres de couleurs vives, comme le vert émeraude. Ces nuances sont caractéristiques de la production de vases en verre moulé à profil de céramique connu au tournant de notre ère. Les fragments de couleur ambre sont ici plus fréquents en raison de la découverte de plusieurs coupes en verre moulé monochrome, sur lesquelles nous reviendrons.

    485Parmi les 246 fragments mis au jour, on dénombre une soixantaine de formes. Elles appartiennent principalement au service de table avec toutefois deux petits flacons de type balsamaire liés à la toilette. Le verre moulé polychrome est peu représenté avec un seul fragment de panse en verre millefiori vert et jaune issu du comblement du fossé de l’état 1. Quatre bords et une panse en verre moulé monochrome (pl. 1, nos 1 à 4) (Foy et al., 2008) s’inscrivent au sein d’une production de Méditerranée orientale, importée en Occident dès la seconde moitié du iie s. av. J.-C. et jusqu’au ier s. apr. J.-C. Le commerce par bateau de cette vaisselle est attesté par la cargaison de l’épave de La Tradelière, qui a coulé au large des îles de Lérins à l’époque augustéenne (Fougère, Leyge, 1989).

    486Ces coupes, d’origine syro-palestinienne, abordent des formes simples, hémisphériques, coniques ou même ovoïdes. Deux grandes catégories se distinguent : les grooved bowls et les linear cut. La première de ces catégories comporte des coupes à parois épaisses, le plus souvent décorées de rainures internes, plus rarement externes. Les quatre bords en verre de Corent se rattachent à cette première génération de vaisselle et peuvent être répartis selon trois types de formes.

    487Le premier fragment possède une panse ovoïde ou conique et un bord à lèvre légèrement déversée, souligné par trois stries internes. Des similarités sont attestées sur plusieurs coupes côtelées retrouvées à Olbia et Gignac (Foy et al., 2008), sur deux grooved bowls à décor végétal du site de Camarat 2 (Id., 2008 ; Foy, Nenna, 2001), ainsi que sur un exemplaire à paroi lisse du musée de Tolède (Grose, 1989, n° 249). Si le départ de panse du fragment de Corent semble écarter le rapprochement avec les coupes côtelées, les parallèles des trois derniers grooved bowls semblent plus convaincants.

    488Le deuxième individu de ce type se compose d’une panse conique et d’un bord avec deux stries internes, attesté par des exemplaires d’Olbia et de Camarat (Foy et al., 2008). Enfin, les deux derniers bords sont caractérisés par leur panse ovoïde et leur lèvre arrondie, avec un individu comportant des stries internes, tandis que l’autre est orné d’une strie sur ses faces interne et externe. Ils sont comparables à des occurrences mises au jour à Olbia, Fréjus, Arles, Serre-La-Croix, ou encore à Ambrussum (Id., 2008).

    489La seconde catégorie de vaisselle, les linear cut, plus récente que la première, n’apparaît qu’à partir du ier s. av. J.-C. et possède des parois plus fines. Même si cette production semble être particulièrement abondante en Méditerranée orientale, l’hypothèse d’une production purement italienne n’est pas exclue, compte tenu des nombreuses occurrences connues en Italie. En France, les linear cut, bien que majoritairement localisées en Provence orientale, sont attestées dans toute la Narbonnaise, notamment à Valence (Robin, 2009) ou encore à Vienne (Colombier-Gougouzian, en cours). Le fragment de panse, en verre moulé de couleur brune, peu épais et orné d’une rainure interne, pourrait appartenir soit à cette production, soit à celle des grooved bowls sans pouvoir distinguer entre l’une et l’autre parmi ces deux catégories de vaisselle.

    490Cette vaisselle en verre présentait des couleurs variées, comme le brun (cinq fragments à Corent) et le vert (un fragment), mais aussi le bleu, le jaune ou encore le pourpre. Elle était façonnée sur un moule convexe à partir d’une masse plate et ronde de verre encore chaud et donc malléable. Cette technique permettait de réaliser des formes ouvertes à parois lisses ou côtelées. Ces vases étaient ensuite entièrement polis. Leur confection demandait beaucoup de temps, ce qui en faisait des objets précieux et une vaisselle de luxe. Cependant, elle reste beaucoup moins exceptionnelle sur le territoire français que les premières découvertes ne le laissaient penser. Les recherches actuelles montrent une répartition dans toute la Narbonnaise mais aussi dans le reste de la Gaule : Mâcon, Bibracte et bien sûr les exemplaires de Corent (Foy et al., 2008).

    491Une coupe côtelée de type Isings 3b / AR 2 (pl. 1, n° 5) en verre de couleur bleu-vert dit « naturel » vient compléter cet ensemble de vaisselle en verre moulé. On ne peut la rattacher aux coupes côtelées les plus précoces, contemporaines des linear cut, mais plutôt à une production plus récente. Couvrant le ier s. apr. J.-C., ces coupes, très répandues dans tout l’Empire, ont certainement été fabriquées en milieu gallo-romain.

    492Le verre soufflé est particulièrement présent à Corent. L’invention de la canne à souffler, probablement au ier s. av. J.-C. au Proche-Orient, a révolutionné la fabrication de la vaisselle en verre. Ce n’est, en revanche, qu’à partir du ier s. apr. J.-C. que la vaisselle en verre soufflé apparaît en Gaule. Souvent, l’état très fragmentaire du corpus de cette catégorie de mobilier en verre ne permet pas de préciser la forme exacte du récipient, si bien que, pour la majorité des tessons, seule une indication du type de vases représentés (coupe, bol, bouteille, cruche, petit flaconnage…) est possible.

    493La vaisselle de table se distingue entre formes ouvertes et formes fermées. Se classe dans la première catégorie une petite coupe AR 87 (pl. 1, n° 6) à panse hémisphérique basse et bord arrondi rentrant, dont le type est connu à Augst et Autun (Rütti, 1991 ; Colombier, en cours). Une coupe AR 109.1 et une assiette AR 109.2 (pl. 1, nos 7 et 8) se présentent sous la forme de vases à lèvre ourlée, repliée pour former un bandeau horizontal. Leur production s’étend de la seconde moitié du ier s. au ive s. apr. J.-C.

    494Le service à boire est représenté par quatre bords de gobelet à lèvre arrondie en verre naturel de type AR 77 (pl. 1, nos 9 à 12) et une dizaine de bords de bol cylindrique AR 98 (pl. 1, 13 à 17 et pl. 2, 1 à 4), dont deux en verre naturel. Ces bols sont caractérisés par leur pied annulaire et leur lèvre arrondie évasée, droite ou rentrante. Ils se répartissent en deux variantes, à panse lisse ou décorée de filets rapportés. Généralement fabriqués en verre incolore, ils sont également attestés en verre naturel. Très fréquents dans tout l’Empire depuis le milieu du iie s. jusqu’à la fin du iiie s. apr. J.-C., leur production semble avoir débuté antérieurement, comme en témoignent les deux exemplaires en verre de couleur bleu-vert retrouvés à Avenches (Bonnet-Borel, 1997) dans des contextes plus anciens. Deux pieds pincés dans la masse sont assimilables à des gobelets coniques Isings 34 / AR 37 (pl. 2-5 et 6), datés du deuxième quart du ier s. au iie s. apr. J.-C. Un fragment de bord de gobelet AR 66.1 (pl. 2-7), composé d’une panse conique et d’une lèvre coupée, est remarquable par sa datation tardive (ive s. apr. J.-C.). Enfin, quatre bords (pl. 2-8 à 11) à lèvre arrondie ne peuvent être rattachés à des formes ouvertes précises.

    495Nous distinguons également un fond apode, plusieurs anses20 (pl. 2-8 et 17 à 19) et quatre bords (pl. 2, nos 13 à 16) à lèvre ourlée ayant pu appartenir à des bouteilles, des cruches ou des flacons. L’un d’eux conserve la trace d’une anse parmi les formes fermées. Aucune cruche n’a été identifiée, mais un fragment d’anse (pl. 2, n° 19) présente une arête horizontale qui permet de l’assimiler à ce type de vases. Sept bouteilles à section carrée de type Isings 50 (une anse, quatre panses et deux fonds [pl. 2.20 et 21] ont été dénombrées. Ces bouteilles, soufflées dans un moule, sont extrêmement fréquentes dans tout l’Empire durant la totalité de la période romaine. Elles ont un rôle fonctionnel de transport ou de stockage de marchandises mais font également office de vases à verser pour le service de table. Leur fond porte parfois des marques, des signatures ou, le plus souvent, de simples cercles concentriques destinés probablement à améliorer leur stabilité. Deux cercles concentriques sont ainsi visibles sur le fond de bouteille de type Isings 50-51, et un ensemble de plusieurs lignes et cercles sur l’un des fonds de bouteille à section carrée semble correspondre à une marque incomplète.

    496Notons également la présence d’un bord de pot de type AVV 91 / AR 104.2 (pl. 2, n° 22), qui se compose d’un bord à lèvre arrondie et d’une épaule prononcée, ornée d’un filet rapporté à chaud. Comme nous l’avons déjà mentionné, le corpus comporte également des éléments de toilette. Deux fragments de col-épaule en verre bleu outremer et un bord à lèvre ourlée appartiennent à des balsamaires (pl. 2, 23,24), même si leur fragmentation ne permet pas d’en dire plus. Un dernier fragment à panse bulbeuse avec un fond légèrement aplati s’apparente à une fiole de type Isings 8 (pl. 2, 23 à 25).

    Pl. 1 – Vaisselle en verre. 1-4 : fragments de panses en verre moulé monochrome ; 5 : fragment de coupe côtelée de type Isings 3b/AR2 ; 6 : fragment de coupe de type Isings AR87 ; 7 : fragment de coupe de type Isings AR109.2 ; 8 : fragment d’assiette de type Isings AR109.1 ; 9-11 : fragments de gobelets à lèvre arrondie de type Isings AR77. 12 : fragment de gobelet à lèvre arrondie de type Isings AR77 ; 13-17 : fragments de bords de bols de type Isigns 85/AR 98 (DAO : A. Colombier-Gougouzian, UMR 5138).

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    Pl. 2 – Vaisselle en verre. 1-4 : fragments de bords 811 de bols de type Isigns 85/AR 98 ; 5-6 : fragments de pieds de type Isings 34/AR 37 ; 7 : bord de gobelet de type Isings 66.1 ; 8-11 : fragments de bords à lèvre arrondie ; 12 : fond apode ; 13-16 : fragments de lèvres ourlées ; 17-19 : fragments d’anses ; 20-21 : fragments de bouteilles de type Isings 50 ; 22 : fragment de bord de type AVV91/AR104.2. 23-24 : fragments de cols de balsamaires. 25 : fragments de panse bulbeuse de type Isings 8 (DAO : A. Colombier-Gougouzian, UMR 5138).

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    PARURES EN LIGNITE

    497Alexandre Michel

    498Parmi les différents matériaux employés pour la fabrication de parures annulaires, les artisans des populations anciennes de l’Europe occidentale ont choisi une matière naturelle fossile, organo-minérale : le lignite ou le schiste bitumeux. Les nombreuses variétés existantes peuvent être regroupées sous le terme de matières organiques fossilisées ou de roches noires (Baron, 2009). Au second âge du Fer, une des plus grandes concentrations de sites producteurs est attestée dans le nord du Massif central, en Auvergne, plus précisément dans le département de l’Allier. Un nombre élevé d’ateliers de confection de bracelets et d’anneaux en schiste bitumineux y ont été découverts depuis la fin du xixe s. Centrés autour de deux communes, Buxières-les-Mines et Montcombroux-les-Mines, ces complexes artisanaux ont sans nul doute diffusé leur production vers les grands sites d’habitats du bassin clermontois, et ce dès l’âge du Bronze (Pouenat, Vernhet, 2002). Les bracelets, anneaux et perles en roches noires sont omniprésents sur l’ensemble du territoire auvergnat et montrent la mise en place d’intenses réseaux de diffusion. La mode des parures en roches noires est perceptible en Auvergne durant tout le second âge du Fer, avec une présence remarquable dès la première moitié du iiie siècle avant notre ère et une apogée au cours de la seconde moitié du iie s. av. J.-C., à La Tène C2-D1 (Deberge et al., 2007, p. 192-193). À cette époque, la majorité des grands sites d’habitats consomment ce type de parure, parfois en grande quantité à l’exemple du site de Gandaillat.

    499Avec soixante-trois exemplaires recensés à ce jour en incluant l’habitat, le site de Corent est le plus richement doté en parures annulaires en roches noires de la toute fin de l’époque gauloise (La Tène D1b-D2). La plupart des bracelets et des anneaux ont été découverts dans les niveaux d’occupation de la riche zone d’habitat. Il s’agit toujours de produits finis, lissés, polis et parfois lustrés. Ils sont présents en nombre dans tous les types de structures : niveaux de sols, épandages de mobiliers, fosses, trous de poteaux, sablières basses, solins… Leurs dimensions et leurs formes sont très variées avec des types spécifiques au site de Corent.

    500Dans le sanctuaire, seuls sept exemplaires sont issus de contextes laténiens tandis que quatre autres objets résiduels proviennent des vestiges gallo-romains. Le corpus regroupe les trois types de parures annulaires connues et diffusées en Auvergne durant tout le second âge du Fer : les bracelets, les anneaux et les perles (pl. 1). Leur distinction respective appelle toutefois quelques remarques. On admet parfois qu’un bracelet possède un diamètre interne minimal compris entre 55 et 60 mm, en oubliant tout simplement le port des bracelets par les individus immatures. Certaines inhumations de la vallée de la Saône et d’Ile-de-France ont permis d’observer que des traces d’utilisations ou d’usures sont souvent le seul moyen de différencier un anneau d’un bracelet. Ainsi, le terme d’anneau est généralement employé pour désigner un probable bracelet de petites dimensions.

    BRACELETS

    501Huit exemplaires de bracelets ont été mis au jour au sein du sanctuaire. Nous les considérons tous ici comme des bracelets. Ceux ayant un faible diamètre sont très probablement portés par des individus graciles et/ou immatures : deux exemplaires ont un diamètre égal à 55 mm et seul un anneau possède un diamètre interne de 48 mm.

    502Trois types de section de jonc sont répertoriés. Il s’agit de formes simples, plutôt grêles, mais d’une parfaite régularité d’exécution.

    503La majorité des bracelets découverts ont une section de jonc de forme ovale, ovoïde plus ou moins régulière (pl. 1, nos 1 à 7). Ce type est largement diffusé en Auvergne durant tout le second âge du Fer (voir, par exemple, Deberge et al., 2007, fig. 13 et 14). Il n’est pas représentatif d’une époque mais son étude diachronique permet d’affirmer que, depuis son apparition, au cours du Bronze final, le bracelet à jonc de section ovoïde s’affine progressivement jusqu’à la fin du second âge du Fer. Cette diminution de l’épaisseur du jonc est d’ailleurs mesurable : par rapport à l’évolution générale du type, les exemplaires retrouvés à Corent sont plus trapus avec des épaisseurs de jonc dépassant toujours 10 mm. Ils sont ainsi de taille plus importante que les autres types, notamment celui à section en D, fréquemment plus massif. Sur le site de Corent, il y a une inversion des proportions observées sur l’ensemble du territoire auvergnat.

    PERLES

    504Au second âge du Fer, les perles sont rarissimes dans les habitats et sont davantage réservées aux défunts même si le nombre d’occurrences reste très faible. Les fouilles menées sur le sanctuaire laténien de Corent ont permis de mettre au jour quatre exemplaires de perles (pl. 1, nos 8 à 11).

    505Le premier exemplaire (pl. 1, n° 8) correspond à un type plutôt classique (diam. : 35 mm ; h. : 8 mm ; l. : 11 mm) et son percement, de forme circulaire, est très légèrement excentré. Le jonc de cette perle, de section ovale, gagne néanmoins en épaisseur de façon régulière, et malgré l’érosion d’une des faces, on observe des traces d’usure sur la partie fine du jonc. Ainsi, l’orientation de ce bijou est facilement identifiable. La particularité de la parure est donc artisanale : elle réside dans la régularité d’exécution du jonc, de la massivité à la finesse. Retrouvé proche de l’entrée (UF 12045), il s’agit probablement d’un dépôt dans un niveau de remblai ou d’installation de sol.

    506Les trois autres exemplaires (pl. 1, nos 9 à 11) relèvent d’un type spécifique au sanctuaire de Corent, inconnu ailleurs en Auvergne toutes périodes confondues. Il s’agit de perles plutôt fines dont le creusement central est excentré et en forme de « goutte d’eau ». Deux d’entre elles (pl. 1, nos 9 et 10) sont clairement identifiées et la troisième (pl. 1, n° 11), très fine, est par comparaison rattachée à ce groupe. Leur jonc possède un profil de forme ovale aplatie. Le ou les artisans ont joué sur la variation d’épaisseur du jonc, comme pour la perle du premier type. L’axe de suspension de ces bijoux est observable grâce à la forme du creusement en « goutte d’eau », comme en témoignent les traces d’usure sur la partie fine du jonc d’un exemplaire (pl. 1, n° 9). Ces objets peuvent être considérés comme exceptionnels à plusieurs niveaux : il s’agit des objets en matières organiques fossilisées les plus raffinés des corpus auvergnats tant par leur qualité de réalisation, nécessitant un savoir-faire spécifique élevé, que par leur originalité typologique. La présence de ces objets dans un contexte cultuel pourrait expliquer ce fait.

    Pl. 1 – Bracelets et perles en lignite. 1-7 : bracelets de section ovale ; 8 : perle à perforation centrale circulaire ; 9-11 : perles à perforation centale ovoïde (DAO : A. Michel, ?) Université Lumière-Lyon II.

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    RONDELLES DE CÉRAMIQUE

    507Romain Guichon

    508Rares sont les sites de La Tène C2-D qui n’ont pas livré au moins une rondelle de céramique21. Ce mobilier, pour lequel est souvent employé le terme moins neutre de « jeton », est omniprésent, mais en quantité variable (de quelques éléments à plusieurs centaines) et suivant parfois des concentrations particulières. Citons Varennes-les-Mâcons : 124 exemplaires dont 31 contenus dans un vase (Barthélemy, 1985) ; Varennes-sur-Allier : 169 exemplaires dans une fosse (Lallemand, 2000 ; Lallemand, Orengo, 2007) ; Feurs : 82 exemplaires dans une seule fosse également (Vaginay, Guichard, 1988). Plusieurs contextes identifiés à des lieux de culte ou de rassemblement sont également concernés : Chilly (Collart, 1987), Amplepluis « Le Terrail » (Périchon, Jacquet, 1985) ou encore les puits rituels de Vieille-Toulouse (Fouet, 1958)22.

    509Si ces rondelles laténiennes ont pu éveiller la curiosité de certains chercheurs, tel que par exemple A. Guillot (en 1971) posant « L’énigme des jetons de céramique gaulois », elles n’ont retenu le plus souvent que peu d’attention, généralement remisées sans précision au fond de l’instrumentum céramique. Pour ce mobilier polyvalent par nature, un dénombrement ou un simple examen typologique n’éclairent guère les modes d’utilisation ; il semble plus opportun de raisonner sur le contexte de découverte. Un parti adopté dans l’étude récente des rondelles du site rhénan de Breisach-Münsterberg (La Tène D2) : regrettant également le manque d’intérêt pour ce mobilier et leur lecture purement formelle, l’auteur présente les objets et fait le point sur les diverses théories interprétatives sans les extraire de leur cadre, à savoir un site de hauteur fortifié à vocation militaire, probable centre politico-commercial avec rempart, importations italiques et atelier monétaire (Wendling, 2009). Dans le sanctuaire de Corent, les rondelles ont bénéficié d’un enregistrement méthodique et peuvent être pleinement reliées à leur environnement en termes de répartition, d’association de mobilier et de chronologie. Leur nombre s’élève à 765 exemplaires23.

    TYPOLOGIE

    510Les rondelles sont taillées sommairement dans des tessons de céramique, les découpes parfaitement circulaires demeurant rares (45 exemplaires, soit 5,9 % de la série). L’examen des bords, s’ils ne sont pas trop émoussés, permet d’observer les impacts de fabrication (fig. 181) (Castro Curel, 1978, p. 175). Pour un certain nombre d’entre elles (72 exemplaires), l’aspect fruste a été atténué par le polissage des tranches (fig. 182 et pl. 3, n° 8 à 14). Les autres formes spécifiques concernent vingt-sept rondelles perforées (pl. 2) et trente-quatre fractionnées, ces dernières pouvant être des ratés de production (pl. 1, nos 1 à 3) (Py, 1978, p. 296). Les perforations exceptées, l’absence ou presque de marques distinctives est notoire, seuls trois cas peuvent être relevés : une rondelle en céramique peinte de couleur rouge dont le revêtement est nettement gratté au centre24 ; une autre en campanienne avec le graffito grec « ς » incisé (qui préexistait peut-être déjà sur le tesson) et surtout un exemplaire présentant une croix gravée sur une face (pl. 1, nos 4 à 6). Tous les traitements de surface (enfumage, lissage, peignage…) ainsi que tout le répertoire décoratif (décors moletés, incisés, ocellés…) de la vaisselle locale sont représentés dans la série mais aucune fréquence particulière susceptible de traduire un choix esthétique ou un signe distinctif n’est observée, d’autant plus que la découpe n’est jamais centrée sur un motif et chevauche souvent deux registres (pl. 1, nos 7 à 12). Ces objets sont donc peu discernables par leur aspect immédiat, à moins d’imaginer des marques peintes dont la trace aurait complètement disparue…

    Fig. 181 – Technique de fabrication : empreintes laissées par les huit derniers impacts sur la rondelle n° 119 (UF11076) et tentative de restitution sur un tesson de céramique laténienne.

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    Fig. 182 – Types et sous-types principaux : a) bord brut ; b) bord poli ; c) perforation ; d) fraction.

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    Fig. 183 – Diamètres.

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    Fig. 184 – Diamètres moyens.

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    511Les tessons travaillés proviennent majoritairement de panses et donnent aux rondelles un profil « concave-convexe » plus ou moins marqué selon la courbure du récipient. Toutefois, quelques-uns sont issus d’autres parties : bords, cols, épaulements et fonds. Signalons un cas atypique prélevé dans l’épaisseur d’un fragment de campanienne, sûrement au niveau de l’anse.

    512Les diamètres moyens oscillent entre 1,4 cm et 13 cm, pour une valeur moyenne de 3,1 cm (pl. 4). La courbe suit une évolution linéaire sans paliers distincts ; l’inflexion finale correspond au petit nombre de rondelles de grande taille, essentiellement réalisées à partir d’amphores (fig. 183). L’immense majorité (soit 715 individus) se situe entre 1,4 cm et 5 cm de diamètre, et environ huit individus sur dix sont compris dans la fourchette de 2 à 4 cm (fig. 184). Il s’agit donc d’objets aux dimensions assez proches, mais sans calibrage précis. Notons que la moyenne de 3-4 cm s’observe pour la plupart des séries étudiées sur d’autres sites (pl. 5). Cela ne traduit-il pas simplement la volonté de créer des objets aisément maniables ? A. Guillot ne manquait pas de remarquer que cet ordre de grandeur correspond à l’ouverture créée par le pouce et l’index joints (Guillot, 1971). Comme le diamètre, le poids n’est pas un critère essentiel : la courbe est également linéaire et ne traduit aucune volonté conceptuelle (fig. 185).

    Fig. 185 – Poids (g.) (sauf les exemplaires hors-normes supérieurs à 20 g).

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    513Tous les types de céramique connus dans le sanctuaire sont utilisés (fig. 186). Les données relatives à la campagne 2001 sont déterminantes (Pasquier, 2002, p. 102-103) : l’analyse des 137 rondelles avait déjà montré que leur composition reflétait « celle observée au niveau des restes de vases du sanctuaire ». Ainsi « il y a une majorité de rondelles en céramique fine grise tournée, car cette catégorie est la plus fréquente sur le site ». Il faut donc relativiser ces proportions déséquilibrées, qui correspondent surtout à la matière première disponible sur place. Cette observation nous incite toutefois à considérer les rondelles comme une production interne au sanctuaire, à l’instar d’autres objets du même calibre (monnaies, perles en os) et comme l’indiquent peut-être les rondelles fractionnées « ratées » (voir supra). Ainsi, pas plus que le profil ou la présence d’un décor, la nature même de la céramique n’est pas un critère déterminant pour le choix des fragments à retailler. La série est finalement assez homogène et semble résulter d’un emploi empirique des tessons sur le site. La spéculation sur la forme, l’aspect ou la taille des rondelles semble être une impasse (usage particulier des rondelles soignées ou perforées ?…) ; l’analyse de leur répartition chronologique ou spatiale et du mobilier associé, en revanche, nous paraît plus pertinente.

    Fig. 186 – Répartition des rondelles selon les catégories céramiques.

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    PHASAGE

    514Suivant le phasage établi d’après la stratigraphie du fossé périphérique du sanctuaire, une répartition des rondelles par état peut être établie : sur les 221 exemplaires issus de ces couches, 33 sont rattachés à l’état 1 et 188 à l’état 225 (fig. 187). La distribution des rondelles, dont l’altitude a été mesurée (soit 48 individus), dans la coupe est-ouest du péribole au niveau de l’entrée est de ce point de vue particulièrement éloquente (voir fig. 189) : elles se concentrent toutes soit dans les strates d’utilisation de la galerie (état 2) suivant un léger pendage dû à leur affaissement dans le fossé, soit éparpillées dans les empierrements qui perturbent et recouvrent ces couches. Les rondelles de céramique n’apparaissent donc en nombre qu’après la réfection du sanctuaire qui voit l’édification de la galerie couverte. La lecture stratigraphique semble d’ailleurs préciser que les dépôts se sont formés progressivement, durant le fonctionnement de cette nouvelle structure architecturale. Quant au mode d’enfouissement, il n’y a que deux alternatives possibles : soit les dépôts étaient intentionnels (primaires ou secondaires) mais peu fréquents, soit, ce qui est plus vraisemblable, les objets étaient perdus ou négligemment abandonnés après usage. Ce qui suppose qu’un bien plus grand nombre de rondelles a été manipulé dans le sanctuaire.

    Fig. 187 – Répartition des rondelles par phase chronologique dans les couches du péribole.

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    RÉPARTITION

    515Sur le terrain, les fouilleurs se sont attachés à relever précisément les coordonnées des emplacements des rondelles. Ainsi, plus de 300 individus ont pu être placés au centimètre près sur le plan. Grâce aux unités de fouilles (UF), les individus restants ont été placés dans des carrés mesurant 2 m x 2 m26. Les rondelles provenant de nettoyages superficiels ou d’unités de fouilles générales n’apparaissent pas. En définitive, le plan comporte 554 rondelles localisées (fig. 188). Notons tout d’abord que la raréfaction des points dans la moitié sud-ouest de l’enclos – à l’exception de la structure sur poteaux D, dont les niveaux sont bien préservés – reflète surtout le fort degré d’arasement des couches dans ce secteur, engendré par la déclinaison du plancher basaltique. Les rondelles apparaissent donc dans tous les contextes conservés au nord-est du sanctuaire, mais suivant des proportions bien distinctes : si l’affleurement est sporadique sur le sol de la cour, y compris aux abords des cuves libatoires, il est bien plus marqué dans les fossés de l’enclos A (où l’on observe trois zones denses distinctes côtés sud, est et ouest), ainsi que dans la branche nord du péribole ou la tranchée de clôture extérieure à l’est ; mais on observe surtout une concentration massive dans la zone d’entrée, secteur qui regroupe à lui seul 314 rondelles, soit 44 % des individus en contexte stratigraphique (fig. 189).

    Fig. 188 – Carte de répartition générale des rondelles de céramique.

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    Fig. 189 – Répartition et fréquence des rondelles dans les couches du péribole au niveau de l’entrée.

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    MOBILIER ASSOCIÉ

    516D’autres catégories de mobilier suivent une diffusion spatiale similaire à celle des rondelles de céramique. Il s’agit d’une part des perles et anneaux en verre, bronze et os, d’autre part des monnaies. En effet, l’observation croisée des cartes de répartition démontre clairement le même phénomène de concentration à l’entrée (voir fig. 135, 180 et 308). De toute évidence, la parenté formelle de ces objets (petit mobilier circulaire ou « monétiforme ») est accompagnée d’une proximité géographique au sein du sanctuaire27. A contrario, la répartition d’autres types de mobilier, par exemple les fibules ou l’instrumentum culinaire, n’obéit pas aux mêmes dynamiques (voir les parties descriptives concernées). De plus, pour les rondelles tout du moins, on constate aussi une distribution verticale spécifique qui n’est pas celle du reste du mobilier : ainsi, à l’entrée, avec la remontée puis l’interruption du fossé, certains dépôts présents dans les niveaux inférieurs et médians se raréfient (faune, amphore, métal…) alors que les rondelles abondent particulièrement en surface.

    517L’examen couplé des rondelles et des monnaies, dont les valeurs numériques élevées sont proches (respectivement 765 et 901 individus), illustre précisément ces associations privilégiées de mobilier (voir fig. 308). La carte indique des répartitions jumelles, avec la même apparition diffuse dans la cour, plus dense dans la branche nord du péribole, dans l’enclos A (avec les mêmes points de regroupement) et surtout une concentration massive à l’entrée. Sur le terrain, nous avions déjà constaté la principale caractéristique des dépôts accumulés dans cette dernière zone, à savoir « la présence de très nombreuses monnaies et rondelles » (Poux et al., 2003, p. 130). Ici, il apparaît clairement que les deux fonctionnent ensemble : la concentration la plus forte se trouve sur l’interruption du fossé / téménos et la structure à neuf poteaux qui la précède. Un net effet de paroi se dessine le long de la cloison sud de ce bâtiment. Au-delà n’apparaissent que des éléments épars, excepté la concentration de quarante-deux rondelles dans la tranchée de clôture extérieure. Au nord également, au-delà du vide crée par la tranchée moderne d’épierrement, l’affleurement est très faible. La raréfaction des dépôts vers l’ouest, dans la cour, souligne encore le rôle central de l’entrée. Les densités atteintes ici, en termes de quantité et de fréquence, sont sans commune mesure avec le reste du sanctuaire. Ainsi, dans certaines couches, près d’un tesson sur huit est une rondelle28 (voir supra, fig. 189).

    Fig. 190 – Diamètres (cm) des rondelles en amphore.

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    FONCTIONS

    Cas particuliers : grandes rondelles d’amphore et rondelles perforées

    518La question d’une fonction particulière se pose pour les trente-deux rondelles fabriquées à partir de tessons d’amphores, essentiellement, car elles sont d’un calibre plus important que le reste de la série. En effet, leurs diamètres oscillent entre 2,7 cm et 13 cm, avec une valeur moyenne de 6,5 cm, et vingt-sept exemplaires dépassent 5 cm (voir fig. 190 et pl. 3, n° 3 à 7). Ces dimensions supérieures, qui en font des « jetons » moins maniables que les autres, pourraient indiquer une fonction plus pratique, celle de bouchons de récipients par exemple. Divers procédés ont été utilisés pour fermer les vases à embouchure étroite : opercules en terre cuite modelée, en liège (Pline, Histoire naturelle, XVI, 13-14), bouchon de chaux, et parfois des rondelles de céramique taillée29. Ces bouchons étaient rendus hermétiques avec de la poix ou de la chaux vive. À Corent, de tels résidus n’ont pas été observés sur les exemplaires les plus grands, mais il est possible qu’ils aient servis à fermer notamment les amphores italiques, nombreuses sur le site. Cette idée d’une fonction différentielle des rondelles en tesson d’amphore trouverait en outre un écho dans leur apparition chronologique spécifique : dans le fossé de péribole, sept exemplaires sur les trente-trois de l’état 1 sont en amphore (soit 21 %), alors qu’aucune ne se trouve dans les couches de l’état 2.

    519Parmi les différentes interprétations recensées dans la plupart des études, à propos des rondelles perforées (pêle-mêle : pesons, boutons de vêtement, balles de fronde, roues de voiturettes, amulettes…), celle de fusaïole est la plus fréquente, voire presque systématique, à tel point que les rondelles pleines ont parfois été perçues comme des demi-produits de ces instruments de filage30. Sachant que les fileuses ont utilisé comme fusaïoles, à diverses périodes, des rondelles de pomme de terre ou des fragments de boîtes de conserves percés, il est très probable que des tessons retaillés et perforés aient fait l’affaire. Toujours dans l’artisanat textile, la fonction de peson de métier à tisser est aussi souvent proposée, pour les objets perforés ou non. Ainsi, sur l’oppidum du Moulin à Peyriac-de-Mer (Aude), une rondelle percée était associée à un lot de fusaïoles et de pesons (Solier, Fabre, 1963) et les rondelles perforées de Lattes sont aussi interprétées comme telles (Gardeisen, Raux, 2000)31. Cela dit, ces exemplaires méridionaux sont en moyenne beaucoup plus épais, plus larges et plus lourds que leurs homologues de Gaule intérieure. Paramètre important car, comme une grande rondelle pleine en tesson d’amphore est un bouchon approprié pour certains récipients, une rondelle percée de 10 cm de diamètre en dolium peut très bien tendre des fils de trame en laine ; en revanche, cela paraît beaucoup plus incertain pour des rondelles inférieures à 2 cm de diamètre, pesant quelques grammes, avec un trou de 2 mm de largeur. Précisons qu’aux mêmes périodes sur les oppida de l’arrière-pays méridional on trouve aussi des séries de plus petites rondelles, y compris perforées32. Ce qui, à l’évidence, illustre la polyvalence de ce mobilier. Suivant la même réflexion, en contexte laténien à Montmartin dans l’Oise (Brunaux, Méniel, 1997), on recense, dans un contexte domestique, une rondelle perforée parmi des fusaïoles plus classiques, alors que d’autres objets identiques se trouvaient dans les fossés de l’aire cultuelle publique, où il n’y avait que très peu de déchets artisanaux : avaient-ils la même fonction ? Rien n’est moins sûr, et attribuer systématiquement la nature de fusaïoles ou pesons aux rondelles percées n’est pas objectif. Pour le sanctuaire de Corent, qui a livré par ailleurs plusieurs fusaïoles biconiques en terre cuite plus conventionnelles, le caractère minoritaire des rondelles percées, ainsi que leurs dimensions et leurs répartitions sensiblement égales à celles de leurs congénères pleines, nous ont amené à ne pas les traiter séparément.

    Interprétations générales

    520Concernant l’abondant corpus du sanctuaire de Corent (fig. 191) − dont on peut rappeler les principales caractéristiques : objets modiques et très maniables, pratiquement indistincts, produits en partie sur place et utilisés le plus massivement à l’entrée, essentiellement lors de la deuxième phase d’occupation du lieu, en association avec les perles, les anneaux et surtout les monnaies – nous avons choisi de développer des hypothèses conformes aux activités supposées (religieuses, politiques, économiques) d’un sanctuaire central de cité gauloise. Ces interprétations comme offrandes, pions de jeux cérémoniels, jetons de vote, de libéralité ou de calcul sont développées en fin de volume (voir infra, chap. VII, p. 591- 609).

    Fig. 191 – Sélection de rondelles issues du sanctuaire.

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    Pl. 1 – Jetons. 1-3 : rondelles fractionnées ; 4-6 : marques distinctives ; 7-12 : décors (DAO : R. Guichon, Archeodunum).

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    Pl. 2 – Jetons, rondelles perforées (DAO : R. Guichon, Archeodunum).

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    Pl. 3 – Sélection de rondelles (diamètre de plus de 5 cm) : 1-2 : céramique grossière modelée ; 3-7 : amphore. Sélection de rondelles aux bords polis : 8-13 (DAO : R. Guichon, Archeodunum).

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    Pl. 4 – Sélection de rondelles céramiques (diamètre de 1,4 à 3 cm) (DAO : R. Guichon, Archeodunum).

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    Pl. 5 – Sélection de rondelles céramiques (diamètre de 3 à 3,7 cm) : 1-12. Sélection de rondelles céramiques (diamètre de 3,7 à 4,6 cm) : 13-24 (DAO : R. Guichon, Archeodunum).

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    AUTRES PETITS MOBILIERS

    521Pascal Brand

    522Il s’agit du petit mobilier non traité précédemment, en pierre, en os et en terre cuite présenté, par souci de cohérence, par type de matériau.

    INTAILLES EN CORNALINE

    523Le site de Corent a livré deux intailles en cornaline, calcédoine largement utilisée à cet effet dans l’ensemble de l’Empire romain33. Ces pierres semi-précieuses gravées, destinées à être enchâssées dans un support permettant leur port au doigt ou autour du cou, sont utilisées comme sceau ou comme bijou d’ornement. Elles seront largement diffusées après la Conquête, même si des occurrences sont attestées en contexte laténien notamment dans la zone d’habitat de Corent.

    524Les pierres du sanctuaire proviennent de niveaux perturbés et ont été mises au jour sans leur support. Bien qu’elles aient pu être « simplement perdues », il est envisageable de les considérer comme des dépôts votifs de parures, au même titre que d’autres types de mobiliers (voir supra).

    525L’intaille à l’orthoptère (pl. 1, n° 1), la plus ancienne, ovale à surface bombée, représente un orthoptère – criquet, grillon ou sauterelle – à gauche, dont la paire de pattes antérieures est repliée le long du corps, et dont la seule paire de pattes avant est dépliée sur un sol symbolisé par une ligne. Sa tête est figurée par une boule, les extrémités de ses membres, ainsi que les articulations de ses pattes antérieures, par des perles. Les ailes repliées sont représentées par une série de lignes parallèles.

    526La relative simplicité de la figure, composée de globes, de perles et de lignes, témoigne d’une exécution apparemment sans recherche de fluidité ou de cohérence des formes. Les sillons travaillés à la scie fine évoquant les ailes et leur donnant une impression de volume placeraient cette représentation dans le courant stylistique classique linéaire des ier et iie s. apr. J.-C. (Guiraud, 1988, p. 48-52).

    527Deux intailles figurant ce sujet ont été mises au jour dans le quart sud-est de la Gaule : l’une provient des thermes de Gaujac (Gard), en pâte de verre et daté du iie s. apr. J.-C., l’autre de la zone d’habitat des fouilles du Verbe Incarné à Lyon, en cornaline, et datée du ier s. apr. J.-C. (Guiraud, 1988, nos 793 et 794).

    528L’intaille au sacrifice de Psyché par Eros (pl. 1, n° 2), ovale à surface bombée, est fragmentaire : environ un tiers de la pierre est manquante. Elle représente Eros, adulte ou adolescent, potentiellement ailé, sur le genou droit, sacrifiant Psyché sous la forme d’un papillon ; une ligne figure le sol. Il tient de la main gauche l’animal et un couteau dans sa main droite. Plusieurs éléments au-dessus de l’autel laissent penser qu’il est représenté embrasé. Des caractères sont lisibles le long de la cassure. Il s’agit d’un « S », probablement suivi d’une seconde lettre. Le mot se prolonge dans la lacune.

    529Contrairement à la première occurrence, ce sujet est traité avec grande minutie et précision du détail. La mise en valeur des volumes du personnage présente un rendu fluide. Bien cadré, aux proportions respectées, il s’inscrit dans le courant du style classique modelé du ier s. et de la première moitié du iie s. apr. J.-C. (Guiraud, 1988, p. 48-52).

    PERLES EN AMBRE

    530Les perles en ambre (pl. 1, nos 3 à 9) provenant des niveaux laténiens sont au nombre de sept, que vient compléter une occurrence des remblais gallo-romains se rattachant sans aucun doute à ce corpus. Cinq d’entre elles présentent une section en « D », deux autres une section ronde. L’utilisation de l’ambre pour ce type d’objets est attestée en Auvergne dès La Tène C2/ D1, sur le site du Pâtural à Clermont-Ferrand ou encore en territoire biturige, à Levroux, avec deux exemplaires chacun (Deberge et al., 2007, p. 170 ; Buchsenschutz, Colin et al., 2000).

    531Ces perles, d’une diffusion relativement large en Gaule préromaine, sont considérées comme des éléments de parure, notamment par leur association, en contexte funéraire, à des perles en verre ou en bronze portées en collier34. Il faut cependant noter ici le grand nombre d’objets monétiformes ou toriques présents autour de l’entrée et dans le fossé périphérique (voir infra).

    OBJETS EN MATIÈRE ANIMALE

    532– Perles et anneaux en os et leurs déchets de fabrication (pl. 1, nos 10 à 34 ; pl. 2, nos 1 à 10). L’ensemble du site a livré une série de vingt-cinq éléments annulaires en os. Bien que provenant de contextes très différents, les occurrences – minoritaires – des niveaux tardifs appartiennent au même ensemble et se trouvent en dépôts secondaires, voire tertiaires. Nous les attribuerons donc aux deux premiers états du sanctuaire. Il en va de même pour les déchets de fabrication, qui correspondent aux perles prélevées par le diamètre de leurs négatifs. Deux catégories peuvent être distinguées : les perles, dont le diamètre varie de 10 à 16 mm, et les anneaux de 19 à 29 mm. Une perle particulièrement massive fait exception (pl. 1, n° 18).

    533Ces perles en os sont généralement interprétées comme des constituants de parures. Elles ne sont pourtant que rarement associées sur les colliers « complets » trouvés dans les tombes laténiennes35. Elles sont de plus sous-représentées dans les contextes d’habitat contemporain : le site de Roanne (Loire) compte une perle en os pour onze en verre, celui du Pâtural (Auvergne) en compte une en os pour quarante-sept en verre (Lavendhomme, Guichard, 1997 ; Deberge et al., 2007). Sur le sanctuaire, vingt-cinq occurrences en os répondent à une quarantaine en verre, proportion correspondant à celle des parcelles fouillées de l’oppidum.

    534Les déchets de fabrication en dépôt primaire reposaient sur le sol de la structure de boucherie. Ils sont composés d’os longs et d’un condyle mandibulaire dégrossis, dans lesquels les perles ont été prélevées par « découpe au tour »36 après que leur centre ait été entièrement percé37. Ce type de déchets est attesté dans différents contextes artisanaux et d’habitat sur le quartier fouillé de l’oppidum de Corent, à Gondole (Deberge et al., 2007), à Levroux (Buchsenschutz, Colin et al., 2000) et à Sarliève La Grande Halle (inédit).

    535Le nombre proportionnellement élevé de perles ainsi que leur production sur place témoignent d’une fonction particulière de ces anneaux, à mettre en relation avec les éléments monétiformes et toriques en diverses matières recensés à la période gauloise (voir infra).

    536– Médaillon en bois de cerf (pl. 2, n° 11). Le fragment de médaillon en bois de cerf, dont le contexte est inconnu, est sans doute à rattacher à la phase romaine du sanctuaire. Par un travail grossier effectué à la scie, le médaillon, base du bois, a été séparé du merrain, « tronc » central, puis divisé. La partie qui nous est parvenue a été vidée de son centre afin de ne garder que la couronne extérieure, percée trois fois. Le tiers de cercle conservé présente des signes de cassures à ses deux extrémités. Ce traitement est tout à fait exceptionnel.

    537Les amulettes en bois de cerf, bien connues pour la période romaine en Europe38, présentent généralement le médaillon en entier, simplement séparé du merrain, et, le cas échéant, du crâne39. Elles peuvent être ensuite perforées, leur contour décoré au tour et leur centre sculpté40. Ce traitement particulier peut être dû au bris de la pièce lors de la séparation du médaillon, entaillé à la scie puis séparé par percussion. La partie la moins endommagée a alors pu être récupérée et portée comme un croissant. Ses perforations se situant aux extrémités, étroites (< 1 mm), et profitant discrètement des anfractuosités de la pierrure excluent en effet l’utilisation de clous pour la fixation du médaillon à une paroi. On attribue aux médaillons de bois de cerf une fonction apotropaïque, dont le sens fondamental serait lié à leur repousse annuelle (Alonso, 2006).

    538– Dent de porc percée (pl. 2, n° 12). Une canine de porc domestique percée, portée vraisemblablement comme amulette, a été retrouvée dans les remblais gallo-romains. Un parallèle se trouve à Augst (Deschler-Erb, 1998, Kat. 3978), où les dents d’animaux domestiques, minoritaires, côtoient celles de loups, d’ours, de sangliers ainsi que des bois de cerf. S. Deschler-Erb discerne dans la canine de porc l’évocation des défenses de leurs cousins sauvages, dont l’importance dans l’imaginaire religieux celtique n’est plus à démontrer (Deschler-Erb, 1998, p. 86). Bien que l’on ne puisse être absolument certain que cette dent en particulier n’ait été portée qu’à l’époque romaine – les parallèles abondent sur la période néolithique –, l’attribution d’une valeur apotropaïque à une dent de suidé à cette période irait, au sein du sanctuaire de Corent, dans le sens d’un reliquat de croyances liées à l’iconographie du sanglier41.

    539– Aiguille (pl. 2, n° 13). Les niveaux romains ont livré une petite aiguille dont les extrémités manquent. Son sommet est toutefois identifiable : il s’agit d’un type à palette et chas rectangulaire, attesté largement sur l’ensemble de la période romaine (Béal, 1983, type A XIX 6, p. 169-170), sans qu’une véritable évolution typologique puisse être établie (Schenk, 2008, p. 63). Ce type d’instrument est utilisé pour coudre des textiles.

    540– Tiges indéterminées (pl. 2, nos 14 et 15). Deux fragments de tiges polies en os provenant du sol gaulois et des remblais gallo-romains sont cassés aux deux extrémités. Leur identification précise n’est pas possible. Il pourrait s’agir d’épingles, d’aiguilles ou encore de manches de cuillères.

    541– Épingle (pl. 2, n° 16). Une épingle à tête sphérique, dont l’attribution à un contexte particulier n’a pas été possible, relève d’un type (Béal, 1983, type A XX 10) des plus fréquents en Gaule romaine42. Sa taille est relativement importante (longue d’environ 13 cm) et sa finition grossière. Ces objets de parure sont utilisés dans le maintien des coiffures féminines complexes.

    542– Cylindre percé (pl. 2, n° 17). Dans les comblements laténiens du fossé périphérique a été mis au jour un tube percé sept fois de part en part et brisé à l’une de ses extrémités. Les objets tubulaires en os sont généralement interprétés comme des étuis, des éléments de charnières de coffres, des éléments d’instruments de musique à vent, ou des manches d’outil. La disposition des perforations interdit cependant ces interprétations. On notera la présence de cylindres de même dimension, mais biseautés à une extrémité et dont des décors à ocelles prennent la place des trous, dans le sanctuaire de Bennecourt (Bourgeois, 1999, p. 122).

    543– Fragment d’applique ? (pl. 2, n° 18). Un petit fragment d’objet figurant deux esses sculptées provient des remblais gallo-romains. La grande fragmentation de l’objet (< 0.3 g) empêche toute identification précise. Seule peut être avancée l’hypothèse d’une applique décorative.

    544– Élément de meuble (pl. 2, n° 19). Les niveaux de démolitions gallo-romains ont livré un élément hémisphérique, percé en son centre sur la moitié de sa largeur, ainsi que sur sa face plane, sans que les trous ne se rejoignent. L’objet est soigneusement poli et ne présente pas de cassure. Le perçage de la surface plane est sans doute destiné à accueillir l’extrémité d’une tige, potentiellement de meuble. Dans l’autre s’enchâssait probablement une pastille ornementale en métal, en pâte de verre, voire en émail.

    545– Dé rectangulaire (pl. 2, n° 20). Daté par son contexte du premier état, un dé de forme parallélépipédique rectangle présente la séquence suivante : il oppose sur ses deux plus grandes faces cinq et six ocelles, puis trois et quatre ocelles, les deux petites faces ne présentant aucune marque. Ce type de dé est attesté à partir de La Tène C1 sur le site du Pâtural (Deberge et al., 2007, pl. CVI, 1). De nombreux parallèles sont attestés sur l’ensemble de la période gauloise. Son procédé de fabrication est connu par des produits à moitié finis, notamment à Levroux (Buchsenschutz, Colin et al., 2000, p. 137). Présent aussi bien en contexte d’habitat, commercial – notamment en périphérie de la grande cave à vin de l’oppidum de Corent – ou de sanctuaire, il est difficile d’en appréhender la réelle fonction (Deberge et al., 2007, p. 189) : jeu, comptage, divination… cette dernière prenant tout son sens au sein du sanctuaire.

    546– Dé cubique (pl. 2, n° 21). Le second dé provient de niveaux de l’extrême fin de La Tène et du début de la période augustéenne. Cubique et opposant les paires de chiffres dont la somme vaut sept, il est de type tout à fait commun pour l’ensemble de l’Empire (Béal, 1983, type BIII). La fonction des dés cubiques romains semble plus évidente que celle de leurs cousins rectangulaires ; on connaît divers jeux d’argent et de plateaux avec leurs accessoires, gobelets et plateaux (Schenk, 2008, p. 76-77).

    547– Jetons (pl. 2, nos 22 à 27). Six jetons proviennent de la phase finale du sanctuaire laténien (état 2.3) et des niveaux gallo-romains. Trois jetons présentent une section bombée (pl. 2, nos 25 à 27), les autres une section plate (pl. 2, nos 22 à 24). L’un d’entre eux est décoré de gorges concentriques (pl. 2, n° 22), un autre est simplement pointé (pl. 2, n° 24). Aucun ne présente de signes évidents de coloration. Leur utilisation est variée : principalement pions de jeu, ils pourraient également être utilisés pour compter. Considérés comme des plus rares en contexte laténien (Lavendhomme, Guichard, 1997, p. 165) et diffusés en Europe centrale à partir de la seconde moitié du ier s. av. J.-C. (Schenk, 2008, p. 71-76), ces jetons peuvent être perçus comme des témoins de la romanisation. Dans le sanctuaire de Corent, la moitié d’entre eux provient au plus tôt de l’état 2.3.

    LES OBJETS EN CÉRAMIQUE

    548– Fragment de statuette aviforme (pl. 3, n° 1). Les premières passes mécaniques dans les remblais gallo-romains ont révélé un fragment de statuette en terre blanche des ateliers de l’Allier. Il s’agit de la moitié gauche d’un sujet aviforme43. Nous pouvons observer la quasi-intégralité de l’aile, une cassure au niveau du raccord en barbotine du pied circulaire rapporté et le trou d’évent. La présence d’engobe sur d’autres figurines similaires (à titre d’exemple Rouvier-Jeanlin, 1972, n° 1212), laisse supposer qu’elle a pu être peinte. En l’absence de la queue ou de la tête du volatile, l’attribution à un type ou à un atelier n’est pas envisageable.

    549Sur le plan fonctionnel, ces statuettes servent d’éléments décoratifs, de sifflets imitant l’animal ou de jouets (Rouvier-Jeanlin, 1972, p. 34). Les ateliers de l’Allier datent, en fonction du milieu, du premier au deuxième quart du iiie s. apr. J.-C. (Lange, 1993, p. 224- 229). Durant toute cette période, ils produisent des sujets aviformes qui connaissent une large diffusion en Auvergne, particulièrement dans les contextes funéraires et les sanctuaires (Lintz, Romeuf, 1993).

    550– Hochet (pl. 3, n° 2). Les nettoyages de la structure de boucherie ont mis au jour une sphère en terre cuite, creuse, contenant plusieurs éléments produisant un léger cliquetis lorsque leur enveloppe est secouée. Un objet de ce type avait déjà été remarqué sur le site (Perot, 1916, p. 139). Il est toutefois de forme très irrégulière. Des parallèles sphériques très similaires peuvent cependant être recensés dans un certain nombre de tombes laténiennes en Champagne. Ainsi, quatorze exemplaires, dont trois ont été trouvés dans la même tombe et huit autres fonctionnant par paires, ont accompagné des défunts adultes en contexte La Tène finale (Stead et al., 2006, p. 90-91). Leur diamètre varie entre 30 et 34 mm, ce qui correspond parfaitement à l’exemplaire de Corent et ses 33 mm. Tous contiennent des éléments libres internes et disposent d’un trou destiné à l’emmanchement. Si le mobilier avec lequel ces hochets sont associés ne permet pas de déterminer une fonction précise des personnages incinérés, on peut cependant mettre en doute l’hypothèse du jouet d’enfant.

    551Le son émis étant relativement faible, il semble peu probable qu’ils aient été utilisés seuls. En revanche, on imagine que la mise en mouvement d’une série de hochets liés entre eux, et/ou par un grand nombre de personnes à la fois, leur donne une portée plus importante. L’association de plusieurs hochets par tombe en Champagne abonde en ce sens. Si l’on sait qu’un orifice est prévu pour leur « emmanchement » en bois, on ignore par contre s’il s’agissait de véritables manches, ou d’un système quelconque permettant de les accrocher à une chaîne, à un vêtement ou à un collier… L’hypothèse d’instrument liturgique est donc plausible.

    552Des sphères similaires sont attestées encore au ier s. apr. J.-C., en marge d’un atelier de potier de Soumaltre dans l’Hérault, daté de 40 à 70 apr. J.-C. (Feugère, 2004), et dans une tombe à incinération de la nécropole du « Clos au Duc » à évreux dans l’Eure (Pluton et al., 2008, p. 217). Celles-ci sont cependant de dimensions plus importantes (respectivement 74 et 55 mm) et sont décorées de pointillés peints.

    553– Objets en tessons d’amphores taillés (pl. 3, nos 3 à 5). Deux cylindres grossièrement taillés dans des tessons d’amphores n’ont pu être rattachés à un état du site. Leur forme permet toutefois une bonne prise en main pour un travail relativement précis. La différence de diamètre de coupe d’une extrémité à l’autre impliquerait que l’objet soit destiné à une utilisation particulière ; la pointe pourrait servir à piqueter la terre ou décorer des céramiques au tour. L’embout large ferait par exemple office de pilon pour matériau fin ou de « baguette » pour le mélange de liquide, comme le délayage de pigments… à moins qu’ils soient utilisés sur leur face longue pour polir de petits objets en os. Un troisième objet, lui aussi hors contexte, plus court que les premiers, porte plusieurs marques de lame parallèles sur l’une de ses extrémités. Il est possible d’imaginer un petit objet conçu pour tester le fil d’un couteau ou pour affûter une pointe ou une gouge, mais sa fonction reste obscure. Quoi qu’il en soit, nous avons affaire à trois objets peu communs qui ne demandent aucun savoir-faire particulier pour leur réalisation et qui sont potentiellement fabriqués à partir des nombreux débris d’amphores présents sur place.

    554– Fusaïoles ou perles en terre cuite et en pierre (pl. 3, nos 6 à 16). L’ensemble du site a livré dix fusaïoles en terre cuite et une en pierre. Leur forme, leur masse et leur nombre sur un fuseau, principalement en bois ou en os, modifient le mouvement rotatif de celui-ci et permettent de calibrer le fil en fonction de son utilisation. Elles sont largement attestées en contexte d’habitat44. L’exemplaire en pierre trouve un parallèle à Bennecourt, dans les Yvelines (Bourgeois, 1999, p. 134). Fréquente en contexte domestique, la présence de ces outils est plus difficilement justifiable dans un sanctuaire. Si elle peut s’expliquer par la présence de moutons, dont le traitement in situ de la matière carnée qu’ils fournissent est attesté par les structures de boucherie, on notera que, sur le sanctuaire de Bennecourt, les fusaïoles ont été associées aux perles et anneaux en matériaux divers en tant qu’offrandes de substitution45. Ces objets rejoindraient alors, à Corent, l’ensemble des perles en os, verre ou métal, des monnaies et des jetons (voir infra). Une interprétation n’exclut pas l’autre : une utilisation propre au domaine du sanctuaire pour les fusaïoles s’inscrirait en parallèle d’un usage relevant du profane qu’elles perdraient, de même que les monnaies n’ont plus d’usage strictement économique, les perles en verre de rôle de parure, etc.

    555– Plaques foyères mobiles (pl. 4, nos 1 à 9). Neuf éléments de plaques foyères mobiles ont été identifiés. Sept d’entre eux sont des bords. Répartis dans le fossé périphérique, la majorité d’entre eux provient des comblements du premier état (pl. 4, nos 1-2, 4, 6, 8-9), les autres sont issus de niveaux perturbés. Pour un NR de neuf, nous constatons un NMI de six. Seuls quelques fragments ténus nous sont ainsi parvenus pour chaque plaque, ce qui laisse imaginer qu’un nombre bien plus important d’individus a été utilisé.

    556Le fragment de plaque circulaire (pl. 4, n° 1) connaît un parallèle d’un diamètre restitué de 35 à 40 cm à Roanne (Lavendhomme, Guichard, 1997, p. 60). Une plaque rectangulaire presque entière, mesurant 58 cm x 55 cm, a été retrouvée à Aulnat et datée de La Tène D1a (Périchon, Vichy, 1967). Les éléments de Corent approchaient sans doute ces dimensions.

    557On attribue à ces ustensiles, bien connus dans les habitats de la Gaule centrale (Deberge et al., 2007, p. 178), une fonction culinaire. Dans le contexte du sanctuaire, ils palliaient l’absence de foyers construits à l’état 1. Ce choix peut s’expliquer par la morphologie même des plaques. Leurs dimensions permettent en effet de travailler par « modules ». Éventuellement empilées, puis disposées en ligne en fonction des dimensions de la surface de combustion souhaitées, elles permettent une optimisation dans la gestion d’un espace délimité. De plus, leur utilisation ne dégrade pas le sol et restreint la diffusion de cendres et de charbon à l’intérieur de l’enceinte.

    558– Boulettes de pigment (pl. 4, nos 10 à 12). Le sanctuaire a livré trois boulettes de pigment : une rouge-orange, probablement de l’ocre (pl. 4, n° 12), et deux d’un bleu soutenu. Si l’une des deux bleues provient du comblement gallo-romain du fossé périphérique, les deux autres sont assurément datables du second état du sanctuaire laténien. Le traitement des couleurs rouges est attesté en territoire arverne, notamment pour l’enduction de la céramique46. En Gaule méridionale, la peinture sur les statues et les piliers de la Roquepertuse indique une utilisation principalement d’ocre sur des éléments architecturaux de sanctuaires dès le iiie s. av. J.-C. (Barbet, 1991). Le pigment bleu est en revanche bien plus rare. Il s’agit d’un bleu « égyptien », constitué synthétiquement de sable siliceux, de roches calcaires et de matière cuivreuse (Cavassa, 2008, p. 7-8). Importé de méditerranée orientale (Auxiette et al., 2008, p. 10), il trouve un parallèle gaulois à Bibracte sur la fouille du second rempart (Buchsenschutz et al., 1999, p. 207-208).

    559Délayées et apprêtées, ces boulettes constituent la base de fards et de peintures destinées à être appliquées sur différents supports, objets ou éléments architecturaux. Il n’est pas exclu que le rouge et le bleu aient décoré la galerie du second état du sanctuaire, couleurs attestées sur les enduits peints des maçonneries du troisième état.

    OUTILS EN PIERRE

    560– Les aiguisoirs/polissoirs (pl. 5 / pl. 6, nos 1 à 5). Dans cette catégorie sont regroupés les outils lithiques identifiés comme des aiguisoirs ou des polissoirs sans grande certitude, et sans pouvoir en préciser la fonction. Quatre d’entre eux proviennent des structures du premier état (pl. 5, nos 3 à 5 / pl. 6, n° 5), quatre autres du deuxième état (pl. 5, n° 1 / pl. 6, nos 1, 2 et 4), et deux ne peuvent être reliés à une période d’occupation (pl. 5, n° 2 / pl. 6, n° 3). Certains éléments peuvent avoir été utilisés au Hallstatt, et s’être retrouvés dans les fossés en dépôt secondaire.

    561L’ensemble des formes identifiées est connu sur la phase finale du site du Pâtural (La Tène D1a) en proportion comparable (Deberge et al., 2007, p. 180). Suivant la distinction établie pour ce corpus, il est possible de regrouper trois exemplaires massifs de section rectangulaire (pl. 5, nos 1 à 3), une plaquette fine de section rectangulaire (pl. 5, n° 5), quatre oblongs de section circulaire et rectangulaire (pl. 6, nos 1 à 4), et un allongé de section carrée (pl. 6, n° 5). Dans le contexte du sanctuaire, on suppose qu’ils devaient servir à l’aiguisage des lames liées à la boucherie, à la cuisine et aux sacrifices rituels. De petits polissoirs peuvent être mis en relation avec le travail de l’os.

    562– Le mortier et le broyon (pl. 6, nos 6 et 7). Deux outils en basalte, un mortier et son broyon, ont des parallèles sur le site du Pâtural en phase 3 (La Tène D1a) (Deberge et al., 2007, p. 86-87). Ils n’ont pu être attribués à un contexte (potentiellement hallstattien), et l’état très fragmentaire du mortier ne permet pas son rattachement à un type particulier. Leur fonction – ils sont utilisés pour la mouture des céréales – plaide en faveur d’une attribution chronologique antérieure au sanctuaire.

    PIERRE GRAVÉE

    563La tranchée de fondation (13061) a livré une pierre gravée de nature exceptionnelle, tant du point de vue de sa composition que de son décor (voir fig. 192). Elle a déjà fait l’objet d’une publication préliminaire, dont on se bornera ici à résumer les principaux arguments (Poux et al., 2004).

    564Son matériau très spécifique ne connaît aucun équivalent sur le site. Particulièrement dense, sa texture l’apparente au marbre ou à un calcaire très dur. De couleur ocre, elle présente dans sa coupe une succession de strates blanc et marron. La face gravée est parfaitement lisse, vraisemblablement polie de main d’homme. L’autre face est rugueuse et semble, par endroits, avoir été en contact avec de l’argile. L’ensemble de la pierre paraît avoir été exposé à un feu prolongé, responsable de sa couleur rubéfiée. Sa face inférieure comporte, en certains endroits, des traces qui s’apparentent à de l’argile brûlée. Elle pourrait provenir d’un plaquage en pierre, apposé à l’origine sur un sol ou une paroi en terre crue. Sa rubéfaction poussée suggère que son arrachage a été causé par un incendie. Cette hypothèse doit être avancée avec prudence, ce type de revêtement étant, à notre connaissance, inconnu dans le monde gaulois.

    Fig. 192 – Pierre gravée retrouvée à proximité de l’entrée du sanctuaire. (cliché : G. Verrier)

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    Fig. 193 – Relevé de la pierre gravée (DAO : G. Verrier).

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    565La face supérieure est gravée de fines incisions, tracées à l’aide d’une pointe en métal après le bris du bloc. On peut en déduire que le dessin est complet, puisqu’il occupe tout l’espace délimité par les lignes de fracture. Il se présente sous la forme de motifs géométriques complexes, combinant carrés, rectangles, triangles, damiers et croisillons. Gravé à la main, sans règle, il relève plus du croquis ou de l’esquisse préparatoire que du dessin très élaboré.

    566L’hypothèse d’un décor apposé sur une dalle de sol ou de mur est difficilement envisageable, s’agissant d’un bloc brisé. Pas plus que celle d’un tracé préparatoire, d’un modèle pour la réalisation d’un décor, généralement gravé à même le support. Également celle d’un dessin abstrait, réalisé par simple divertissement, est difficilement compatible avec la dureté du support. À toutes ces hypothèses s’oppose le recours à un type de pierre rare, vraisemblablement importé sur le site, qui n’évoque pas un simple remploi dicté par des motifs purement pratiques.

    567L’hypothèse d’un dessin figuratif oriente l’analyse dans une toute autre direction. Son tracé géométrique exclut d’emblée une représentation d’êtres animés, de paysages ou de scènes figuratives, connus par les graffiti d’époque romaine. Il n’est pas difficile, en revanche, de reconnaître dans ces motifs orthogonaux, cloisonnés et symétriques, une forme construite évoquant le plan ou l’élévation d’un bâtiment.

    568Représentée de face, la structure comporterait un corps principal, surmonté d’un triangle figurant un toit à deux ou quatre pans, flanqué de deux piliers, colonnes, bastions ou départs de murs latéraux (voir fig. 193). Les croisillons et damiers sur la façade des bâtiments peuvent symboliser des portes et/ou fenêtres. Cette lecture apparaît néanmoins brouillée par certaines irrégularités (toit asymétrique, différence de taille et de décor des bastions latéraux, quadrillage en damiers sur le flanc gauche du bâtiment central) qui entravent la lisibilité de l’ensemble. Elles peuvent s’expliquer par des contraintes d’espace liées à la forme du bloc, ou des tentatives maladroites de représentation en perspective.

    569Ces éléments peuvent, à première vue, caractériser n’importe quel bâtiment public ou domestique. Le contexte dont est issue la gravure invite à l’interpréter comme une représentation de sanctuaire indigène ou romain. La plus proche comparaison réside, à l’heure actuelle, dans l’édicule en pierre du Titelberg (Espérandieu, 4193), formé d’un édifice à tour centrale flanquée de deux bas-côtés identifiés à une galerie périphérique (fig. 194). La gravure de Corent pourrait théoriquement constituer la version simplifiée du même motif. Son degré de précision n’est pas suffisant pour établir s’il s’agit d’une représentation générale ou partielle d’un sanctuaire et de son péribole, ou de son seul temple principal enceint d’une galerie. De facture beaucoup plus soignée, l’édicule du Titelberg aide à identifier certains détails moins explicites : fronton cloisonné, pans gauches des toitures représentés en perspective, portes et fenêtres symbolisées par deux carrés inscrits, damier latéral figurant un appareil en opus quadratum, des blocs de chaînage d’angle ou un mur à ossature en bois (colombage). Ce parallèle représente l’un des très rares exemples connus (sinon le seul) de représentation d’édifice cultuel à cella centrée et galerie périphérique (Fauduet, 1993, p. 10).

    570Cette proposition de lecture n’est pas définitive. Le caractère esquissé et hâtif des traits, qui évoque plus un dessin « croqué sur le vif » qu’une œuvre aboutie, laisse la place à bien d’autres interprétations. Ce document vient enrichir, quoi qu’il en soit, le corpus très restreint de représentations d’édifices cultuels gaulois ou gallo-romains documentées par les peintures, reliefs et monnaies. Sa datation précoce et son contexte archéologique, dans un niveau de démolition et/ou de fondation lié à la démolition ou à la réfection totale du sanctuaire à l’époque de la Conquête (voir supra, chap. III, p. 76), documentent la période de transition entre les derniers édifices cultuels indigènes en bois et les premiers sanctuaires en dur d’époque romaine. Il n’est pas inutile, à cet égard, de rappeler que la pierre gisait au sommet de la tranchée (13061), à l’interface de la première assise de fondation du mur romain de la galerie maçonnée. Bien qu’environnée de mobiliers laténiens, elle pourrait également être liée aux premières structures romaines érigées sur le site.

    Fig. 194 – Édicule du Titelberg représentant un édifice à tour centrale entouré d’une galerie périphérique.

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    Pl. 1 – Intailles, perles en ambre et en os. 1-2 : intailles en cornaline ; 3-9 : perles en ambre ; 10-17 : anneaux en os ; 18-34 : perles en os (DAO : P. Brand, UNIL).

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    Pl. 2 – Objets en matières animales (sans les anneaux - pl.1). 1-10 : déchets de fabrication d’anneaux ; 11 : amulette en bois de cerf ; 12 : amulette en dent de porc ; 13 : aiguille ; 14-15 : fragments de tiges ; 16 : épingle ; 17-19 : indéterminés ; 20-21 : dés ; 22-27 : pions. Os, excepté no 11-12 (DAO : P. Brand, UNIL).

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    Pl. 3 – Objets en terre cuite excepté no 16, objet lithique. 1 : fragment de statuette aviforme ; 2 : hochet ; 3-5 : indéterminés ; 6-16 : fusaïolles (DAO : P. Brand, UNIL).

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    Pl. 4 – Plaques foyères en terre cuite et pigments. 1-9 : fragments de plaques foyères ; 10-11 : boulettes de pigment bleu ; 12 : boulette de pigment rouge-orange (DAO : P. Brand, UNIL).

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    Pl. 5 – Aiguisoirs/polissoirs lithiques. 1-4 : aiguisoirs/polissoirs massifs ; 5 : aiguisoir/polissoir en plaquette (DAO : P. Brand, UNIL).

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    Pl. 6 – Aiguisoirs/polissoirs et mortier lithiques. 1-5 : aiguisoirs/polissoirs ; 6 : broyon ; 7 : mortier (DAO : P. Brand, UNIL).

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    MONNAIES

    571Katherine Gruel

    572Le système monétaire arverne associant des monnaies d’or, d’argent, de bronze, et même de laiton qui ont circulé conjointement, compte parmi les plus complexes de la Gaule indépendante (Gruel, Lallemand, 2009). Les témoignages des textes antiques sur les Arvernes apportent un éclairage particulier sur cette Civitas, et l’on retrouve sur les monnayages épigraphes de la fin de l’indépendance les noms de plusieurs chefs cités dans la Guerre des Gaules par César.

    573Dans ce contexte, l’intérêt de l’oppidum de Corent pour la numismatique celtique tient aussi au fait que la fouille ne s’est pas limitée à la zone cultuelle, mais a aussi largement exploré les habitats associés. Ces conditions permettront, à terme, de préciser les usages monétaires par les contextes de découvertes et les aires de diffusion de chaque série monétaire. Seule la circulation monétaire dans le sanctuaire sera abordée ici, mais on peut d’ores et déjà relever que les mêmes séries monétaires sont présentes à l’intérieur et à l’extérieur de son enceinte. Seule leur concentration diffère.

    COMPOSITION DE L’EFFECTIF

    574La présence du monnayage est particulièrement marquée dans la partie cultuelle, avec 881 pièces dont 635 identifiées, et situe Corent dans la catégorie des sanctuaires à monnaies (Gruel, 2004 ; Id., 2005 ; Gruel, Lallemand, 2009).

    575L’effectif se répartit en 15 % de potins, 8 % d’argent et 70 % de bronze. Les deux monnaies d’or fourrées découvertes sur le sanctuaire influent peu sur ces proportions, même si, par leur valeur intrinsèque, elles représentent beaucoup plus (fig. 195). Sur l’ensemble de cet effectif, 246 exemplaires restent indéterminés, en raison du mauvais état de conservation général des pièces sur le site. Ce fort taux de monnaies non identifiées tient, d’une part, au nombre élevé de monnaies brûlées et surtout à la nature des sols, qui favorise la corrosion des alliages cuivreux.

    576Avec 713 monnaies gauloises, dix monnaies massaliotes, deux monnaies ibériques et seulement soixante-quinze monnaies romaines identifiées, le faciès monétaire du sanctuaire est nettement pré-romain (fig. 196). Il faut cependant tenir compte du fort degré d’usure des bronzes romains (99 exemplaires non identifiés) qui rend difficile leur identification précise. Ce faciès monétaire permet d’avancer une occupation du sanctuaire jusqu’au ive siècle apr. J.-C, avec une baisse de la circulation monétaire après Hadrien.

    577Le nombre de séries monétaires exogènes représentées sur le site est un bon marqueur de la renommée du sanctuaire et de sa fréquentation (fig. 197). Ici, on dénombre cent treize séries monétaires différentes, dont soixante-neuf gauloises, sur deux siècles d’occupation. Ces séries monétaires ne sont pas toutes fonctionnelles au niveau des échanges, puisque certaines d’entre elles ne circulent pas dans la région et donc doivent être exclues pour l’achat de biens ou le paiement de services dans la cité arverne. Leur présence dans le sanctuaire doit alors être reliée à des offrandes monétaires directes ou à des opérations de change sous le contrôle de la ou des divinité(s) honorée(s) dans son enceinte.

    578On distinguera les monnaies locales (233 pièces), qui constituent la principale catégorie représentée sur l’oppidum (petits bronzes au renard ou au cheval-cheval), des émissions considérées comme arvernes (150 monnaies de bronze, d’argent ou d’or) (fig. 198). Les monnaies du Centre-Ouest (52 pièces), attribuées essentiellement aux Bituriges et aux Lémovices (7 % du total, 11 % en ajoutant les petits bronzes à la gueule de loup de Levroux), semblent circuler régulièrement sur la cité arverne (fig. 198 et 199) (Gruel, Lallemand, 2009). Bien intégrée dans le centre-ouest de la Gaule, la cité arverne est associée à la Narbonnaise (dix monnaies à la croix) où circulent aussi des monnaies de Marseille (neuf pièces sur le sanctuaire) et des monnaies ibériques (une monnaie de Kastulo et une monnaie d’Ilerda). Les monnaies provenant d’autres régions que le Centre-Ouest représentent moins de 12 % des pièces identifiées (fig. 199).

    Fig. 195 – Répartition des monnaies selon leur métal de composition.

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    Fig. 196 – Distribution des provenances monétaires en NR.

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    Fig. 197 – Nombre de séries monétaires identifiées sur le sanctuaire.

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    Fig. 198 – Provenance des monnaies gauloises identifiées.

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    Fig. 199 – Carte de répartition des monnaies du Centre-Ouest (52 pièces) en territoire arverne (d’après Gruel, Lallemand, 2009).

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    POTINS

    579Les potins s’ajoutent à la première catégorie, car leur diffusion coïncide rarement avec des cités gauloises (fig. 200). Soit ils couvrent une région plus vaste, soit, au contraire, ils ne sont connus que sur un ou deux sites voisins. Pour l’essentiel, il s’agit de potins au long cou, souvent mal conservés, ce qui a rendu difficile leur répartition par classe. Ces potins sont présents sur tous les sites arvernes et apparaissent très tôt dans les contextes archéologiques, dès La Tène C2 et restent en circulation très longtemps. Ils circulent aussi en Narbonnaise, en particulier autour de Marseille et dans la vallée du Rhône (Gentric, 1981).

    580Viennent ensuite les potins provenant du Centre-Ouest : deux potins à l’aigle dont l’émission commence à La Tène C2, dans les contextes d’Orléans ; neuf potins à la tête diabolique ; deux potins au swastika ; un potin à la chevelure bouclée ; deux potins au taureau ; deux potins à la tête casquée. Tous ces potins indiquent des relations soutenues avec la moyenne vallée de la Loire, où se place l’épicentre de leur diffusion (Gruel et al., 2008). Les treize potins à la Grosse Tête, dominant dans une large zone qui s’étend des Éduens aux Helvètes, restent ici marginaux, tout comme d’autres potins qui circulent à Bibracte, avec seulement deux potins au torque (Gruel, Popovitch, 2007). Les potins au sanglier de l’est de la Gaule sont présents dans la même proportion que les potins à la Grosse Tête. En revanche, les potins de Gaule belgique, au personnage courant (deux exemplaires) et aux animaux affrontés (un exemplaire), demeurent ici très anecdotiques.

    Fig. 200 – Potins découverts sur le sanctuaire.

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    Fig. 201 – Faciès en nombre et en pourcentage des monnaies circulant à Corent.

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    OR, ARGENT ET BRONZES FRAPPÉS

    581Les monnaies d’argent arvernes, bituriges et lemovices semblent s’aligner sur les mêmes étalons pondéraux : leur poids se situe autour de 2,30 g, avec une dégradation progressive jusqu’à 1,90 g, passage présumé d’un étalon-drachme – aligné sur les drachmes ampuritaines et rhodiennes des comptoirs grecs d’Espagne – à un étalon quinaire marquant le passage dans un système romain. Cette évolution parallèle permet de supposer l’existence, à l’ouest du Massif central, d’une zone monétaire particulière associant Arvernes, Bituriges et Lemovices, similaire à la « zone du denier » identifiée dans le centre-est de la Gaule (fig. 201).

    582Le monnayage arverne est particulièrement complexe, puisqu’il associe des monnaies d’argent, leur division en oboles et des bronzes frappés de même type (tabl. XI et fig. 202). Les 150 monnaies arvernes répertoriées sur le sanctuaire appartiennent pour une partie aux séries anépigraphes présentes dans le trésor de La Chapelle Laurent, et, pour l’autre, aux séries épigraphes se référant aux chefs cités dans la Guerre des Gaules : Epasnasctus (Bell. Gall. VIII, 44), abrégé EPAD dans les légendes monétaires et Vercassivellaunus (Bell. Gall. VII, 76, 83, 85, 88), abrégé VERCA, appartiennent au cercle des aristocrates arvernes proches de César (Gruel, 1989, p. 126-127). C’est un faciès qui est globalement contemporain de la Conquête, la plupart de ces séries étant présentes à Alésia ou dans le trésor de La Chapelle Laurent (Fischer, Malacher, 1984 ; Fischer, Gruel, 2001).

    583Deux coins monétaires apparentés aux émissions à la légende ADCANAVNOS ont été trouvés sur l’oppidum, ce qui laisse supposer un atelier de frappe sur place (Malacher, 1987 ; Malacher, Collis, 1992). Le droit de cette série est assez proche des séries CAS et IIPOS. Certaines séries, comme les EPAD au guerrier, sont émises après la Conquête (51- 52 av. J.-C.). On constate cependant l’absence, sur le site, des statères arvernes circulant pourtant à la même époque, comme les pièces à légende CAS (voir tabl. XI) (Nieto-Pelletier, 2013 : CMC1).

    Fig. 202 – Représentation des émissions arvernes dans le sanctuaire.

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    Tabl. XI – Récapitulatif des émissions monétaires arvernes.

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    PETITS BRONZES LOCAUX

    584Un ensemble monétaire spécifique, « les petits bronzes de Corent », apparaît très tôt sur l’oppidum et quasi exclusivement en ces mêmes lieux (fig. 203). Deux séries monétaires ont été identifiées : les pièces au cheval-cheval, dont l’exemplaire le plus ancien apparaît dans l’état 1.2 du sanctuaire, et les pièces au renard, présentes seulement à partir de l’état 2.1., au début du ier siècle av. J.-C.

    585Ces datations sont extrêmement précoces pour des bronzes frappés, qui se généralisent en Gaule à La Tène D2 (fig. 204). Actuellement, seuls les petits bronzes à la gueule de loup, relativement bien représentés à Corent, ont été trouvés dans des fosses datées de La Tène C2 à Levroux. Les bronzes carnutes à l’aigle circulent dans des niveaux aussi anciens à Orléans (Gruel et al., 2009).

    586Il est très difficile de proposer une typologie pour ces petits bronzes. La plupart d’entre eux sont mal centrés, et difficilement lisibles car très mal conservés. Les petits bronzes au renard comprennent plusieurs classes, dont certaines sont caractérisées par la présence d’une roue sous le renard, d’autres par son absence.

    Fig. 203 – Carte de répartition des petits bronzes de Corent comparés aux bronzes arvernes.

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    587Le module (de 9 à 19 mm) et le poids (de 1 à 3 g) des pièces laissent entrevoir l’existence de divisions. Les petits modules sont généralement épais et les grands modules plus fins, mais la corrosion rend difficile de préciser leur étalon pondéral. Les petits bronzes au cheval-cheval présentent la même dispersion pondérale (de 0,78 g à 3 g), mais avec des modules moins dispersés (7 à 14 mm) et une épaisseur constante.

    588On peut se demander qui contrôle ces émissions de petits bronzes. Si leur phase d’utilisation est la même, pourquoi en existe-t-il deux séries ? Leur circulation est limitée à l’oppidum de Corent et à quelques unités qui apparaissent sur les oppida voisins. Ils ne circulent pratiquement pas sur l’ensemble du territoire arverne, et il ne s’agit donc pas d’émissions de Cité.

    589Deux solutions sont envisageables. Il est possible que le sanctuaire ait constitué leur lieu d’émission et que ces pièces aient été frappées pour répondre aux besoins importants de l’activité cultuelle en numéraire. On peut également entrevoir dans ces petits monnayages les frappes concurrentes de deux familles aristocratiques contrôlant, conjointement ou l’une après l’autre, les activités de l’oppidum et assurant la protection du sanctuaire. En effet, l’iconographie très particulière de ces petits bronzes pourrait faire référence aux symboles héraldiques propres à ces familles. M. Poux (Poux et al., 2006) propose d’associer les petits bronzes au renard à la lignée royale de Luern, dont le nom dérivé du gaulois luperno* signifie « le renard » (Delamare, 2003). Roi des Arvernes vers le milieu du iie siècle av. J.-C. et père de Bituit (Posidonios d’apamée, Histoires, XXIII ; Strabon, Géographie, IV, 2, 3), son règne précède de peu les émissions les plus anciennes attestées sur le sanctuaire.

    590Ces petits bronzes sont contemporains des potins, pour lesquels un contrôle par les familles aristocratiques, plutôt que par la cité, est aussi envisagé, avec une diffusion parfois très large au gré des alliances matrimoniales (Gruel, 1996). Il pourrait s’agir ici de « monnaies de princes » au sens médiéval du terme, plus que de monnaies d’État, au sens moderne du mot. C’est pourquoi on n’attribuera aux Arvernes que les séries monétaires qui circulent sur l’ensemble de la cité et exclusivement sur son territoire. Les petits bronzes de Corent n’entrent visiblement pas dans cette catégorie, même si aucun texte et aucune inscription ne permet de le confirmer.

    Fig. 204 – Faciès des émissions les plus anciennes circulant à Corent.

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    PHASAGE DES TYPES MONÉTAIRES

    591Les sanctuaires sont l’objet de nombreux remaniements et le mobilier y est souvent déplacé. Corent n’échappe pas à la règle et une bonne partie des pièces se trouve en position secondaire ou dans des remblais.

    592En ne conservant que les monnaies en stratigraphie fiable, on aboutit cependant à un phasage cohérent en chronologie relative (tabl. XII). Le critère le plus important est bien évidemment la date d’apparition de la série dans le sanctuaire. Seul le potin au long cou est présent dans la phase 1 de l’état 1, ce qui s’accorde parfaitement avec sa chronologie de circulation en Auvergne. Dans ce même état 1, on ne trouve que des potins, à l’exception d’un petit bronze de Corent au cheval-cheval. Les petits bronzes au renard et les oboles arvernes n’apparaissent que dans la phase 1 de l’état 2. L’ensemble des séries monétaires se concentrent massivement dans la phase 2 de l’état 2, qui correspond à la période d’apogée du sanctuaire gaulois.

    Tabl. XII – Phasage des différentes émissions monétaires attestées sur le sanctuaire.

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    Fig. 205 – Analyse stratigraphique des monnaies de la structure de boucherie (D).

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    LE CAS PARTICULIER DE LA STRUCTURE SUR POTEAUX D

    593L’analyse approfondie de certaines structures, comme la structure sur poteaux construite dans l’axe de la porte, confirme cette impression chronologique (fig. 205).

    594Les niveaux les plus profonds livrent (à droite du diagramme) des oboles, un potin au long cou, un petit bronze au renard, un statère. En surface, apparaissent les monnaies épigraphes. En revanche, on peut s’étonner du nombre et de la diversité des séries monétaires associées à cette structure identifiée à un espace de boucherie (voir supra, chap. III, p. 86-91). Soit on considère qu’en cet endroit sont déposés en offrande des morceaux de viande et des monnaies en paiement pour la mort d’un animal, selon le rite décrit par Arrien (Chasse, 34) ; soit les monnaies et ossements sont en position secondaire, mais cela n’explique pas la présence des pièces sur toute la hauteur stratigraphique ; soit on associe réellement ces monnaies à une structure de boucherie et on envisage un paiement des morceaux de viande en ce point, en fonction de leur qualité ou de leur quantité, ce qui expliquerait les différences de valeur entre les pièces, dont le nombre reste compatible avec une fonction d’échange.

    CONCLUSION

    595Dans une société où le sacré rythme la vie quotidienne (César, Bell. Gall. VI), le sanctuaire est un lieu pluriel où se règlent non seulement les relations entre les hommes et les dieux, mais aussi des actions économiques et politiques sous la protection des divinités. Les textes antiques, peu nombreux et souvent tardifs, soulignent l’implication des druides dans la sphère juridique et économique. Tous les actes importants de la vie sociale se traduisent par des échanges cérémoniels dont on peut admettre, par postulat, qu’ils se concrétisent en partie dans l’enceinte du sanctuaire : passage à l’âge adulte, fiançailles, mariages, funérailles, guerre, paix, adjudications, « contrats »…

    596Le sanctuaire de Corent permet une analyse spatiale fine de la distribution des mobiliers. Chaque objet a son rôle et, par définition, il n’est pas anodin d’utiliser l’un plutôt que l’autre. Il nous manque certaines clefs de lecture mais on peut tenter de proposer des modèles interprétatifs qui s’appuient sur les associations de mobiliers, leur localisation et les textes (voir infra, en synthèse, chap. VII, p. 591-609).

    597Si on examine la répartition des monnaies trouvées dans le sanctuaire (fig. 206-207), on a d’emblée l’impression d’avoir des monnaies disséminées partout, mais si on décompose cette image globale en distinguant de grands ensembles monétaires, on constate tout d’abord qu’il y a très peu de pièces dans la cour et quasi-exclusivement des petits bronzes de Corent au renard et au cheval-cheval, ainsi que des bronzes à gueule de loup de Levroux, en particulier entre les deux enclos. Ces monnaies à gueule de loup sont très rarement trouvées loin de leur épicentre de circulation. Cette position particulière des bronzes à gueule de loup et leur association systématique avec les petits bronzes de Corent laisseraient supposer des liens matrimoniaux entre une famille aristocratique arverne et une famille biturige, si notre hypothèse concernant les pouvoirs émetteurs de ces petits bronzes se révèle juste. Ces séries sont pratiquement absentes de l’enclos A, qui contenait pourtant des potins, des monnaies arvernes et même quelques monnaies en alliages précieux. Il n’y a presque pas de monnaies dans l’enclos B. C’est dans les galeries et surtout à l’entrée que se concentrent les trouvailles monétaires. La répartition des monnaies est loin d’être homogène dans les galeries et leur nombre augmente aux abords des foyers. La densité des pièces est particulièrement forte à l’entrée et on peut se demander si certaines activités monétaires ne se pratiquaient pas à l’étage, au-dessus de la porte, pour le change, les contrats…

    598Les abords de l’entrée ont livré plusieurs indices convergents, attestant la fabrication sur place de monnaies gauloises en bronze et en argent. Un atelier monétaire lié au sanctuaire serait donc localisé plus précisément dans son enceinte même, à proximité de l’entrée, sous la grande galerie sur poteaux qui succède à l’enclos palissadé au ier siècle av. J.-C. Cet artisanat laisse des vestiges fugaces. Ont été trouvés dans cette zone des petits outils en fer utilisés pour le travail du métal : petit burin ou ciseau, ainsi qu’une lime, une balance en bronze intacte, avec son fléau et ses deux plateaux. Cet instrument de précision, utilisé pour l’orfèvrerie, la production monétaire et le change, était associé à de nombreuses pastilles en plomb, utilisées comme poids ou pour la fusion des alliages. À quelques mètres de là, un petit cylindre en fer, identique aux trois coins monétaires anciennement recueillis dans une parcelle attenante au sanctuaire, était associé à une pastille en métal coulé, que l’on peut interpréter comme un fond de creuset. Son analyse a révélé un alliage composé à 70 % d’argent et à 20 % d’or, caractéristique de certains numéraires arvernes.

    599On peut schématiser les activités qui ont été exercées dans le sanctuaire afin de mieux comprendre dans quelles circonstances ces pièces ont pu être utilisées :

    600L’entrée et la sortie du sanctuaire sont un point de passage obligé pour le fidèle.

    601En entrant, que fait-on ?

    • on change sa monnaie pour pouvoir consommer dans l’oppidum et dans le sanctuaire si on est étranger (balance, abaque de compte, réserve monétaire),

    • on atteste de son droit à participer à la cérémonie (jeton),

    • on se fournit « en articles » nécessaires au rituel : pierres ou jetons divinatoires, animal à sacrifier, vin, amulette à faire consacrer,

    • on paie les servants,

    • on reçoit une attestation pour une mise en dépôt,

    602En sortant, que fait-on ?

    • on paie les servants pour poursuivre ou reproduire un rituel,

    • on achète une amulette ou tout autre objet du même ordre,

    • on emporte une partie de la nourriture préparée rituellement ; éventuellement on achète ou du moins on paie pour sa purification,

    • on récupère un dépôt.

    603Dans le sanctuaire :

    • on offre au dieu : dépôts en des points précis d’objets, de monnaies, de bourses, de nourriture, de vin, d’amulettes, selon des rituels pouvant être différents d’un point à l’autre (dépôt au pied ou sur un autel, rite a jactatio vers des endroits à entrée limitée),

    • on consomme avec les dieux : qui ? Pour quelle valeur ?

    • on pratique et on assiste à des rituels : pratiques divinatoires, examen des entrailles des animaux ; cuit/non-cuit, jeux, festins sacrés,

    • on fait bénir ses amulettes,

    • on met sous la protection des dieux (argent de la dot ou de l’héritage, capital après une vente),

    • on paie ses taxes à la communauté,

    604La cité y stocke le fruit des impôts, taxes, fermages sous la protection des dieux : le trésor, qui est récupéré lors de la fermeture du sanctuaire en cas de guerre ou de reconstruction.

    605Tous ces gestes possibles expliquent la diversité des séries monétaires présentes dans le sanctuaire.

    606Les sanctuaires sont l’un des premiers lieux monétarisés de l’économie gauloise. Ceci s’explique en partie par les besoins rituels et par le rôle des druides sur le plan religieux mais aussi judiciaire et économique.

    Fig. 206 – Distribution monétaire des potins, des bronzes à la gueule de loup et des petits bronzes de Corent à partir de LTD1.

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    Fig. 207 – Distribution monétaire des monnaies arvernes, étrangères et romaines. Le cas particulier des monnaies d’or et d’argent.

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    CATALOGUE DES MONNAIES DU SANCTUAIRE DE CORENT

    607Les astérisques désignent les monnaies illustrées dans les planches. L’état de conservation de certaines pièces étant très médiocre, aucune mesure les concernant n’a pu être effectuée.

    1. Monnaies de Marseille

    608Obole de Marseille

    609Droit : tête à droite, favoris.

    610Revers : roue à quatre rayons M A dans deux des cantons.

    611Brenot, Lyon 111-115.

    612– 1*. 2004-13032-317 : argent, 0,46 g, 10 mm.

    613Bronze de Marseille

    614Droit : tête d’Apollon laurée.

    615Revers : taureau chargeant à droite, sur une

    616ligne d’exergue, au-dessus MAZZA.

    617Brenot, Lyon série 21.

    618– 2. 2001-10253-312 : bronze, 1,40 g, 15 mm.

    619– 3. 2001-10096-57 : bronze, 3,33 g, 18 mm.

    620– 4. 2002-11136-218 : bronze, 1,80 g, 13 mm.

    621– 5. 2003-12000-657 : bronze, 1,54 g, 14 mm.

    622– 6. 2003-12074 ?-1105 : bronze, 1,66 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    623– 7. 2003-12000-1150 : bronze, 1,86 g, 11 mm.

    624– 8. 2003-12037-510 : bronze, 2,34 g, 13 mm, état 2.3.

    625– 9. 2004-13014-26 : bronze, 2,45 g, 15 mm.

    626Imitation, petit bronze de Marseille Droit : tête.

    627Revers : taureau chargeant, légende Mazza.

    628– 10. 2001-HC-444/3 : bronze, 1,13 g.

    629– 11*. 2004-13032-257 : bronze, 1,83 g, 12 mm.

    630– 12. 2004-13059-270/1 : bronze, 2,14 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    631– 13*. 2004-13583-188 : bronze, 2,31 g, 17 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    632– 14. 2004-13032-380 : bronze, 2,70 g, 14 mm.

    633– 15. 2005-15066- ? : bronze.

    634Imitation, bronze de Marseille Droit : tête.

    635Revers : taureau chargeant, légende Mazza.

    636– 16. 2003-12074-647 : bronze, 3,24 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    2. Monnaies ibériques

    637Bronze ibérique de Ilerda (Lérida)

    638Ilerda (Lérida).

    639Droit : tête virile entre trois poissons.

    640Revers : cavalier casqué portant une palme.

    641– 17. 2003-12027-82 : bronze, 11,92 g, 20 mm.

    642Bronze ibérique à légende KASTILO

    643Monnaie ibérique, Castulo, Cazlona,

    644Linares (Jaen).

    645Droit : tête d’homme diadémée.

    646Revers : légende ibérique rétrograde KASTILO.

    647Villaronga, 1994, p. 330-335.

    648– 18. 2003-12068-768 : bronze, 19,20 g, 32 mm, état 2.3.

    649Bronze à la corne d’abondance, attribué aux Longostalètes

    650Droit : tête à droite coiffée d’un bonnet conique.

    651Revers : corne d’abondance d’où s’échappent deux grappes de raisin.

    652Feugère, Lhermet & Py in les Cahiers numismatiques 165, 2005, p. 13-21.

    653– 19*. 2003-12000-1053 : bronze, 3,31 g, 17 mm.

    3. Potins

    654Potin au long cou

    655Droit : tête ronde et rudimentaire, bandeau et cou légèrement marqués.

    656Revers : taureau au long cou, échine parallèle au sol, tête basse ou inexistante.

    657Scheers, Lyon 434-435 ; Nash 594-596.

    658– 20*. 2001-10071-43 : potin, 2,64 g, 16 mm.

    659– 21*. 2001-10213-209 : potin, 2,67 g, 17 mm.

    660– 22. 2001-10310-363 : potin, 2,68 g, 17 mm.

    661– 23*. 2001-10289-337 : potin, 2,79 g, 17 mm.

    662– 24. 2001-10066-35 : potin, 2,90 g, 16 mm.

    663– 25. 2002-H.C.-167 : potin, 2,10 g, 15 mm.

    664– 26. 2002-11249-521 : potin, 2,68 g, 14 mm.

    665– 27*. 2002-11060-57 : potin, 2,94 g, 16 mm.

    666– 28. 2003-12000-1063 : potin, 1,91 g, 14 mm.

    667– 29. 2003-12000-1093 : potin, 2,05 g, 16 mm.

    668– 30. 2003-12000-1098 : potin, 2,17 g, 15 mm.

    669– 31. 2003-12000-1177 : potin, 2,17 g, 15 mm.

    670– 32. 2003-12028-121 : potin, 2,18 g, 17 mm.

    671– 33*. 2003-12033-242 : potin, 2,32 g, 16 mm.

    672– 34. 2003-12000-138 : potin, 2,49 g, 15 mm.

    673– 35. 2003-12037-535 : potin, 2,49 g, 15 mm, état 2.3.

    674– 36. 2003-12516-335 : potin, 2,53 g, 17 mm, état 2-GR.

    675– 37. 2003-12109-1006 : potin, 2,65 g, 15 mm, état 1, phase 1 (const.).

    676– 38. 2003-12000-1139 : potin, 2,68 g, 12 mm.

    677– 39. 2003-12037-554 : potin, 2,74 g, 16 mm, état 2.3.

    678– 40. 2003-12069-604 : potin, 2,76 g, 16 mm.

    679– 41. 2003-12068-624 : potin, 2,81 g, 16 mm, état 2.3.

    680– 42. 2003-12106-978 : potin, 2,91 g, 17 mm.

    681– 43. 2003-12054-549 : potin, 2,97 g, 16 mm.

    682– 44*. 2003-12073-822 : potin, 3 g, 15 mm, état 2.3.

    683– 45. 2003-12704-435 : potin, 3,02 g, 16 mm.

    684– 46. 2003-12037-579 : potin, 3,03 g, 17 mm, état 2.3.

    685– 47. 2003-12074-700 : potin, 3,07 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    686– 48*. 2003- ?-998 : potin, 3,13 g, 16 mm.

    687– 49. 2003-12510-114 : potin, 3,14 g, 16 mm.

    688– 50. 2003-12086-857 : potin, 3,15 g, 16 mm.

    689– 51. 2003-12069-612 : potin, 3,29 g, 15 mm.

    690– 52. 2003-12055-378 : potin, 3,31 g, 16 mm, état 2.3.

    691– 53. 2003-12033-304 : potin, 3,33 g, 16 mm.

    692– 54. 2003-12068-615 : potin, 3,34 g, 17 mm, état 2.3.

    693– 55. 2003-12033-244 : potin, 3,39 g, 16 mm.

    694– 56. 2003-12505-134 : potin, 3,40 g, 17 mm, comblement GR.

    695– 57. 2003-12033-179 : potin, 3,45 g, 18 mm.

    696– 58. 2003-12037-568 : potin, 3,55 g, 17 mm, état 2.3.

    697– 59*. 2003-12074-1095 : potin, 3,59 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    698– 60. 2003-12000-1097 : potin, 3,59 g, 15 mm.

    699– 61. 2003-12074-1094 : potin, 3,86 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    700– 62. 2003-12000-1092 : potin, 3,87 g, 16 mm.

    701– 63. 2004-13039-230 : potin, 2 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    702– 64. 2004- ?-336 : potin, 2,10 g, 16 mm.

    703– 65. 2004-13583-187 : potin, 2,16 g, 16 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    704– 66. 2004-658 : potin, 2,31 g, 17 mm.

    705– 67*. 2004-13509-220 : potin, 3,43 g, 15 mm.

    706– 68*. 2004-13050-261 : potin, 3,66 g, 19 mm.

    707– 69. 2005-15217-23 : potin.

    708– 70. 2005-15050-139 : potin.

    709– 71. 2005-15062-206 : potin.

    710– 72. 2005-HC-232 : potin.

    711– 73. 2005-hc-270 : potin.

    712– 74. 2005-15012-93 : potin, 2,06 g, 15 mm.

    713– 75. 2005-15237-149 : potin, 3,06 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    714– 76. 2005 ou 2004-13071-388 : potin.

    715– 77. 2009-HC-87 : potin, 2,13 g.

    716Potin à l’aigle

    717Droit : tête casquée.

    718Revers : aigle de face aux ailes déployées, sorte de serpent le long des ailes.

    719Scheers, Lyon 373 ; BMC 1995, 316 ;

    720DAG 197 ; Bibracte 93 ; LT 5275-5277.

    721– 78. 2003-12000-462 : potin, 3,54 g, 17 mm.

    722– 79*. 2003-12037-518 : potin, 7,37 g, 18 mm, état 2.3.

    723Potin à la tête diabolique

    724Droit : tête diabolique fruste à gauche, œil rendu par une profonde cavité.

    725Revers : taureau chargeant, queue en forme de esse au-dessus du dos.

    726Gallia 52, p. 28 ; Blanchet, p. 250, fig. 114- 115 ; Bibracte 113.

    727– 80*. 2001-10245-321 : bronze, 3,28 g, 16 mm.

    728– 81*. 2001-10186-129 : potin, 3,99 g, 17 mm.

    729– 82*. 2002-11219-541 : potin, 3,55 g, 17 mm, état 2 (non différencié).

    730– 83. 2003-12000-1051 : potin, 3 g, 15 mm.

    731– 84. 2003-12028-119 : potin, 3,40 g, 16 mm.

    732– 85*. 2003-12074-706 : potin, 3,70 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    733– 86. 2003-12074-1149 : potin, 4,08 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    734– 87. 2003-12000-1099 : potin, 4,20 g, 15 mm.

    735– 88*. 2004-13741-555 : potin, 3,58 g, 17 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    736Potin à la swastika

    737Droit : tête à droite.

    738Revers : swastika dextrogyre (deux esses en croix).

    739BnF 7930-7932 ; Blanchet, p. 170, fig. 21 ;

    740Nash, pl. XXV, nos 601-604.

    741– 89. 1993-9216-1 : potin, 2,64 g, 16 mm.

    742– 90. 2003-12033-291 : potin, 2,58 g, 16 mm.

    743Potin au sanglier

    744Droit : tête diadémée à gauche, chevelure en trois mèches, cou rayé.

    745Revers : sanglier-enseigne à gauche.

    746Scheers, Lyon 1085-1118 ; LT 9044, 9147 ; Bibracte 119.

    747– 91. 2001-H.C.-414 : potin, 2,42 g, 15 mm.

    748– 92*. 2003-12000-1062 : potin, 1,54 g, 14 mm.

    749– 93*. 2003-12969-927 : potin, 1,65 g, 15 mm.

    750– 94. 2003-12000-1090 : potin, 1,98 g, 15 mm.

    751– 95. 2003-12000-481 : potin, 2,06 g, 15 mm.

    752– 96. 2003-12037-517 : potin, 2,10 g, 15 mm, état 2.3.

    753– 97. 2003-12054-1091 : potin, 2,31 g, 15 mm.

    754– 98*. 2003-12517-203 : potin, 2,61 g, 16 mm.

    755– 99. 2004-13032-310 : potin, 2,51 g, 16 mm.

    756– 100. 2004-13032-382 : potin, 2,60 g, 15 mm.

    757– 101. 2009-17-7 : potin, 1,61 g.

    758Potin au sanglier et au masque humain

    759Droit : tête réaliste à gauche.

    760Revers : sanglier avec un masque de visage humain entre les pattes.

    761LT 9180 ; BnF 9167-9186 ; Scheers,

    762Lyon 1151-1152 ; Bibracte 118.

    763– 102. 2002-11203-423 : potin, 3,84 g, 18 mm, état 1 (perturbé).

    764Potin au torque

    765Droit : tête casquée à gauche.

    766Revers : taureau sans tête et au long cou à droite, torque au-dessus.

    767Bibracte 89 ; Scheers, Lyon 372 ; Blanchet 112.

    768– 103. 2003-12074-1101 : potin, 3,23 g, 18 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    769– 104. 2003-12073-807 : potin, 4,61 g, 20 mm, état 2.3.

    770Potin à la grosse tête (GTA1)

    771Droit : grosse tête à double bandeau lisse, calotte du crâne courte, lèvres marquées par une fine ligne ; cou souligné par un trait ou deux traits verticaux légèrement écartés.

    772Revers : taureau gracile chargeant à gauche, inclinaison de l’échine variant entre 10° et 45° par rapport au sol, queue relevée au-dessus du corps.

    773GTA 1 ; Bibracte 94,3.

    774– 105. 2003-12071-632 : potin, 3,60 g, 18 mm.

    775– 106*. 2004-13028-73 : potin, 3,22 g, 19 mm, état 2-GR.

    776Potin à la grosse tête (GTA9)

    777Droit : grosse tête à bandeau lisse, calotte large occupant la moitié de l’espace, œil en creux, grande bouche contenant un globule. Revers : taureau chargeant à gauche, queue relevée au-dessus du corps, tête basse et massive, corne partant du front, échine légèrement redressée.

    778GTA 9,1 ; Bibracte 94,1.

    779– 107. 2003-12007-13 : potin, 4,52 g, 21 mm.

    780– 108. 2003-12074-770 : potin, 5,90 g, 21 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    781Potin à la grosse tête (GTA)

    782Droit : grosse tête à bandeau lisse.

    783Revers : taureau chargeant à gauche, queue relevée au-dessus du corps.

    784GTA ; Bibracte 94.

    785– 109. 2002-11191-386 : potin, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    786– 110. 2002-11203-437 : potin, 3,43 g, 16 mm, état 1 (perturbé).

    787– 111. 2002-11219-456 : potin, 4,60 g, 20 mm, état 2 (non différencié).

    788– 112. 2002- ?-504 : potin, 6,86 g, 20 mm.

    789– 113. 2003-H.C.-187 : potin, 2,92 g, 16 mm.

    790– 114. 2003-12702-436 : potin, 3,33 g, 21 mm.

    791– 115. 2003-12033-296 : potin, 4,52 g, 19 mm.

    792– 116. 2003-12926-1100 : potin, 4,93 g, 20 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    793– 117. 2005-15248-134 : potin, 3,44 g, 19 mm, état 2, phase 1 (const.).

    794– 118. 2005 -11382-702 : potin, 2,10 g, 15 mm (fragment).

    795Potin au cheval gracile

    796Droit : tête à gauche, chevelure composée de deux arcs parallèles réunis par des hâchures horizontales, globule pour l’œil, le nez et la bouche.

    797Revers : cheval gracile à gauche.

    798Scheers, Lyon 583-584 ; Bnf 7434 ; Bibracte 106.1.

    799– 119. 2005-15010-71 : potin, 4,93 g, 18 mm.

    800Potin à la tête casquée

    801Droit : tête stylisée à gauche, visage traitée en silhouette, le nez et le menton saillants, l’œil représenté par un globule, lèvres en globule.

    802Revers : taureau cornupète à droite, au corps mince, sur une ligne mince.

    803Scheers, Lyon 671-672 ; Bibracte 109.

    804– 120. 2004-13057-297 : potin, 3,20 g, 19 mm.

    805Potin à la tête casquée et aux globules

    806Droit : tête casquée à gauche, nez droit, sourcil dessiné, œil circulaire.

    807Revers : cheval à gauche, trois globules au-dessus, un devant et un dessous.

    808LT 7396.

    809– 121. 2003-12074-1166 : potin, 5,10 g, 19 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    810Potin au taureau chargeant (potin du Berry)

    811Droit : tête à gauche.

    812Revers : taureau cornupète au corps lourd et informe sur une ligne de sol.

    813Scheers, Lyon 673 ; Nash 588-591.

    814– 122. 2002-11343-236 : potin, 1,62 g, 12 mm.

    815– 123. 2009-35-19 : potin, 3,52 g.

    816– 124. 2005-15239-239 : potin, 4 g, 19 mm.

    817Potin au personnage courant

    818Droit : personnage natté courant, portant un torque dans une main et une lance dans l’autre.

    819Revers : quadrupède à droite, fibule au-dessus, serpent (?) au-dessous.

    820LT 8124 ; BnF 8145-8157 ; Scheers,

    821Lyon 1019-1030 ; BMC 1995.477-482.

    822– 125*. 2001-10071-40 : potin, 5,28 g, 21 mm.

    823– 126*. 2003-12077-747 : potin, 3,69 g, 20 mm.

    824Potin à légende TVRONOS CANTORIX Droit : tête casquée à gauche, devant TVRONOS.

    825Revers : cheval libre au galop à gauche, au-dessus annelet et CANTORIX ; au-dessous, ornement en forme de lyre.

    826LT 7011 ; Scheers, Lyon 566-568 ; RIG 291.

    827– 127. 2004-13018-27 : bronze, 3,54 g, 17 mm.

    828Potin à la chevelure bouclée

    829Droit : tête à gauche, chevelure bouclée, bourrelet.

    830Revers : aigle vu de trois-quarts, la tête à droite, posé sur une branche ou un serpent. BnF 6151 ; Scheers, Lyon 811-812 ; Bibracte 58.2.

    831– 128*. 2009-17-6 : potin, 3,65 g.

    832Potin aux animaux affrontés

    833Droit : deux animaux affrontés.

    834Revers : loup et sanglier affrontés. LT 7458.

    835– 129. 2004-13200-368 : potin, 4,60 g, 20 mm.

    836Potin indéterminé

    837Ligne perlée au revers.

    838– 130. 2009-62-64 : potin, 3,60 g, 18 mm.

    4. Monnaies arvernes

    839Statère à la lyre

    840Droit : tête d’Apollon laurée à droite, grènetis au pourtour.

    841Revers : cheval galopant à gauche, conduit par un aurige, lyre sous le cheval.

    842Fiches, Malacher, Richard, 1978, RAC 65-66, p. 69-77 (Un statère arverne d’Ambrussum).

    843– 131. 2004-H.C.-327 : or, fourrée, 5,17 g, 17 mm.

    844Statère au chien sous cheval

    845Droit : tête aspectée à gauche, sourcil marqué, chevelure bouclée.

    846Revers : cheval arverne à droite, forme humaine en longue jupe flottant au-dessus, au-dessous un chien à droite, au-dessus un oiseau ou un aurige.

    847Nash 400, BnF 3718A ; Scheers, Lyon 381.

    848– 132. 2005-15047-164 : or, fourrée, 5,72 g, 15 mm.

    849Obole arverne

    850Droit : tête.

    851Revers : cheval.

    852Changarnier, p. 10-11, n° 5.

    853– 133. 1993-9374-1 : argent, 0,53 g, 8 mm.

    854– 134. 2003-12587-722 : argent, 0,64 g, 7 mm, état 2, phase 1 (const.).

    855– 135. 2005-15076-209 : argent, 0,40 g, 7 mm.

    856Obole au cercle pointé sous cheval, arverne

    857Droit : tête à gauche, grènetis.

    858Revers : cheval galopant à droite, une esse au-dessus ; un cercle perlé et centré au-dessous.

    859A2 La Chapelle-Laurent ; DAG 128.

    860– 136. 2001-10212-196 : argent, 0,59 g, 9 mm.

    861– 137. 2002-H.C.-162 : argent, 0,58 g, 9 mm.

    862– 138*. 2003-12035-214 : argent, 0,52 g, 7 mm.

    863– 139*. 2003-12547-586 : argent, 0,52 g, 8 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    864– 140*. 2004-13038-205 : argent, 0,56 g, 9 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    865Cercle pointé sous cheval, arverne

    866Droit : tête à gauche, grènetis.

    867Revers : cheval galopant à droite, une esse au-dessus ; un cercle perlé et centré au-dessous. A2 variante La Chapelle-Laurent ; DAG 128.

    868– 141*. 2001-618 : argent, 1,96 g, 15 mm.

    869Obole à la palme sous cheval, arverne

    870Droit : tête à gauche, grènetis au pourtour.

    871Revers : cheval galopant à droite, une volute au-dessus ; au-dessous, une palme.

    872A7 La Chapelle-Laurent.

    873– 142*. 2003-12000-1133 : argent, 0,57 g, 10 mm.

    874Bronze à la palme sous le cheval, arverne

    875Droit : tête à gauche, grènetis au pourtour.

    876Revers : cheval galopant à droite, une volute au-dessus ; au-dessous, une palme.

    877A7 La Chapelle-Laurent ; BnF 3814-3815.

    878– 143*. 2002-HC-542 : bronze, 1,83 g, 14 mm.

    879Obole à l’oiseau sous cheval, arverne

    880Droit : tête à gauche, grènetis.

    881Revers : cheval galopant à droite, une roue à quatre rayons au-dessus ; au-dessous, un oiseau.

    882A3 La Chapelle-Laurent, LT XI 3694.

    883– 144. 2003-12073-818 : argent, 0,55 g, 10 mm, état 2.3.

    884Oiseau sous cheval, arverne

    885Droit : tête à gauche, grènetis.

    886Revers : cheval galopant à droite, une roue à quatre rayons au-dessus ; au-dessous, un oiseau.

    887A3 La Chapelle-Laurent ; BnF 3784-3802.

    888– 145. 1993-9109-1 : argent, 2,31 g, 14 mm.

    889– 146. 1993-9370-1 : argent, 2,52 g, 13 mm.

    890– 147*. 2003-12000-1058 : argent, fourrée, 2,16 g, 12 mm.

    891– 148. 2003-12516-321 : argent, 2,28 g, 13 mm, état 2-GR.

    892– 149*. 2003-12000-1134 : argent, 2,35 g, 12 mm.

    893– 150*. 2003-12000-474 : argent, 2,37 g, 11 mm.

    894– 151*. 2003-12074-691 : argent, 2,40 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    895– 152*. 2003-12036-325 : argent, 2,48 g, 12 mm (monnaie incluse).

    896– 153. 2004-13032-381 : argent, 2,70 g, 17 mm.

    897Obole à la roue sous cheval, arverne

    898Droit : tête à droite, coiffure en petites mèches serrées.

    899Revers : cheval galopant à gauche ; au-dessous, roue à quatre raies.

    900Nash 373, BnF 3849.

    901– 154. 2005-15045-126 : argent, 0,48 g, 7 mm.

    902Bucrâne sous cheval, arverne

    903Droit : tête à droite, grènetis au pourtour.

    904Revers : cheval galopant à droite, une esse au-dessus ; au-dessous, un bucrâne.

    905A6 La Chapelle-Laurent ; BnF 3804-3813.

    906– 155*. 2001-10054-31 : argent, 2,21 g, 14 mm.

    907– 156*. 2003-12000-1143 : argent, 2,15 g, 14 mm.

    908– 157. 2003-12035-1132 : argent, 2,71 g, 16 mm.

    909Chien sous cheval, arverne

    910Droit : tête à droite, coiffure en petites mèches serrées.

    911Revers : cheval galopant à droite, une volute au-dessus ; au-dessous, un chien.

    912A4 La Chapelle-Laurent ; BnF 3825-3829.

    913– 158. 1993-9093-1 : argent, 2,47 g, 16 mm.

    914– 159. 1993-9339-2 : argent, 2,64 g, 9 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    915– 160. 2001-H.C.-438 : argent, 1,56 g, 14 mm.

    916– 161. 2001-10094-191 : argent, 2,08 g, 12 mm.

    917– 162. 2005-HC-106 : argent, 1,86 g, 12 mm.

    918– 163*. 2003-12033-1131 : bronze, 2,49 g, 14 mm.

    919Cheval arverne

    920Droit : tête à gauche, grènetis.

    921Revers : cheval galopant à droite, tête triangulaire évidée aux oreilles marquées dont la base est circulaire, naseaux et œil réalistes.

    922A - La Chapelle-Laurent.

    923– 164. 1993-9213-1 : argent, 1,46 g, 10 mm.

    924– 165. 2001-HC-411 : argent, 1,83 g, 13 mm.

    925– 166. 2001-10327-379 : argent, 2,26 g, 16 mm.

    926– 167. 2009-54-52 : argent, 2,10 g, 14 mm.

    927– 168. 2009-17-5 : argent, 2,35 g.

    928Légende IIPOS, arverne

    929Droit : tête humaine à droite, arête du nez dans la prolongement du front.

    930Revers : gros échassier courant à gauche, devant IIPOS. Grènetis au pourtour.

    931BnF 3950-3962 ; LT, pl. XII, n° 3952 ; Blanchet, p. 120, 421-422 ; Nash, pl. XVIII, nos 439-440, RIG 167 ; Scheers, Lyon 419.

    932– 169. 2001-10023-11 : argent, 0,72 g, 15 mm.

    933– 170*. 2003-12000-1031 : argent, 2,60 g, 14 mm.

    934– 171. 1993-9258-1 : bronze, 1,30 g, 14 mm.

    935– 172. 1993-9223-1 : bronze, 1,90 g, 13 mm.

    936– 173. 1993-9027-1 : bronze, 2,01 g, 14 mm.

    937– 174*. 2001-10226-223 : bronze, 1,89 g, 14 mm.

    938– 175*. 2001-10064-33 : bronze, 2,96 g, 16 mm.

    939– 176*. 2002-11168-300 : bronze, 1,59 g, 13 mm.

    940– 177*. 2002-11035-25 : bronze, 1,89 g, 14 mm.

    941– 178*. 2002-HC-545 : bronze, 2,12 g, 13 mm.

    942– 179. 2003-12000-1079 : bronze, 1,81 g, 15 mm.

    943– 180. 2003-12505-67 : bronze, 1,89 g, 15 mm, comblement GR.

    944– 181. 2003-12086-848 : bronze, 2,10 g, 14 mm.

    945– 182. 2003-12068-595 : bronze, 2,40 g, 17 mm, état 2.3.

    946– 183. 2003-12000-419 : bronze, 2,43 g, 14 mm.

    947– 184. 2003-12000-465 : bronze, 2,73 g, 16 mm.

    948– 185. 2003-12033-257 : bronze, 2,90 g, 15 mm.

    949– 186. 2004-13059-270/2 : bronze, 1,54 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    950– 187. 2004-13032-313 : bronze, 2,03 g, 16 mm.

    951– 188. 2004-12014-31 : bronze, 2,17 g, 16 mm.

    952– 189. 2005-15239-242 : bronze, 1,10 g, 15 mm.

    953Légende MOTVIDIACA, arverne

    954Droit : tête à gauche, cheveux bouclés.

    955Coupe du cou perlée ou non.

    956Revers : hippocampe à gauche, MOTVIDIACA centripète. Grènetis au pourtour.

    957BnF 3990-4005 ; LT, pl. XII, n° 3994 ; Blanchet, pl. III, n° 16 ; Nash, pl. XVIII, n° 438 ; RIG 208 ; Scheers, Lyon 419.

    958– 190. 2003-12074-714 : argent, 2,24 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    959– 191. 1993-9338-2 : bronze, 2,21 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    960– 192. 1993-9236-1 : bronze, 2,70 g, 17 mm.

    961– 193. 1993-9096-1 : bronze, 3,65 g, 19 mm.

    962– 194. 2001-HC-144 : bronze, 1,19 g, 12 mm.

    963– 195. 2001-H.C.-412 : bronze, 2,27 g, 16 mm.

    964– 196*. 2001-10264-327 : bronze, 2,87 g, 21 mm, état 2 (non différencié).

    965– 197*. 2001-10289-339 : bronze, 2,98 g, 18 mm.

    966– 198. 2002-11062-56 : bronze, 1,81 g, 16 mm.

    967– 199. 2002-11116-173 : bronze, 2,02 g, 16 mm.

    968– 200. 2002-11111-128 : bronze, 2,05 g, 16 mm.

    969– 201. 2002-11138-228 : bronze, 2,29 g, 16 mm.

    970– 202. 2002-11226-487 : bronze, 2,53 g, 16 mm, état 1 (perturbé).

    971– 203. 2003-12033-263 : bronze, 2,90 g, 18 mm.

    972– 204*. 2003-12068-622 : bronze, 1,76 g, 17 mm, état 2.3.

    973– 205. 2003-12033-298 : bronze, 1,77 g, 13 mm.

    974– 206. 2003-12000-1074 : bronze, 1,82 g, 15 mm.

    975– 207. 2003-12000-669 : bronze, 1,84 g, 15 mm.

    976– 208. 2003-12074-705 : bronze, 2,17 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    977– 209. 2003-12074-710 : bronze, 2,26 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    978– 210. 2003-12074-692 : bronze, 2,30 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    979– 211. 2003-12033-273 : bronze, 2,42 g, 15 mm.

    980– 212. 2003-12000-1073 : bronze, 2,51 g, 16 mm.

    981– 213. 2003-12000-416-2 : bronze, 2,63 g, 16 mm.

    982– 214. 2003-12074-1172 : bronze, 2,68 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    983– 215. 2003-12000-1072 : bronze, 2,70 g, 18 mm.

    984– 216. 2003-12000-656 : bronze, 2,71 g, 18 mm.

    985– 217. 2003-12000-1075 : bronze, 2,78 g, 17 mm.

    986– 218. 2003-12074-1156 : bronze, 3,50 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    987– 219. 2004-13039-182 : bronze, 2,02 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    988– 220*. 2004-12017-13 : bronze, 2,73 g, 17 mm.

    989– 221. 2005-15257-236 : bronze, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    990– 222. 2005-15000-4 : bronze, 1,34 g, 14 mm.

    991– 223. 2005-HC-117 : bronze, 2,16 g, 16 mm.

    992– 224. 2005-15229-80 : bronze, 2,46 g, 18 mm, état 2.3.

    993– 225. 2005-HC-108 : bronze, 2,56 g, 16 mm.

    994Légende CICIIDV. BRI-EPAD au cavalier, arverne

    995Droit : buste humain à droite, chevelure disposée en mèches, collier. Devant la face CICIIDU-BRI, centripète.

    996Revers : cavalier armé d’une lance, au galop à droite ; sous le cheval, deux esses ; sous la ligne d’exergue, IIPAD. Grènetis au pourtour.

    997LT, pl. XII, n° 3894 ; BnF 3886-3899 ; Nash 421-422 ; Scheers, Lyon 406-408 ; RIG 106.

    998– 226. 2004-13024-149 : argent, 2 g, 20 mm.

    999– 227*. 2005-15230-104 : argent, 2,18 g, 19 mm.

    1000– 228. 2003-12028-152 : bronze, 2,67 g, 18 mm.

    1001– 229. 2004-13032-165 : bronze, 2,46 g, 18 mm.

    1002Bronze à légende EPAD, au guerrier, arverne

    1003Droit : buste ailé à droite, tête casquée et laurée, imité d’un denier romain de la gens Plaetoria. Coupe du cou perlé et paludamentum. Devant la face réaliste, EPAD (centrifuge). Grènetis au pourtour.

    1004Revers : guerrier debout de trois-quarts, tenant dans la main droite une enseigne-militaire ornée de deux ailes et de la gauche une lance, un bouclier rond et une épée. À ses pieds, un casque. Grènetis au pourtour.

    1005Scheers, Lyon 409 ; LT 3900 ; BnF 3900- 3920 ; RIG 16 ; Nash, pl. XVII, nos 423-424.

    1006– 230. 1993-9083-1 : bronze, 1,90 g, 16 mm, comblement GR.

    1007– 231. 1993-9221-2 : bronze, 2,36 g, 16,9 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1008– 232. 1993-9225-1 : bronze, 2,58 g, 17 mm.

    1009– 233*. 2001-10249-271 : bronze, 1,56 g, 18 mm.

    1010– 234. 2001-10253-303 : bronze, 2,03 g, 20 mm.

    1011– 235*. 2001-10076-52 : bronze, 2,08 g, 19 mm.

    1012– 236*. 2001-10289-336 : bronze, 2,27 g, 17 mm.

    1013– 237*. 2001-10146-85 : bronze, 2,48 g, 17 mm.

    1014– 238*. 2001-10281-403 : bronze, 2,74 g, 20 mm.

    1015– 239*. 2001-10253-299 : bronze, 2,83 g, 17 mm.

    1016– 240*. 2002-11300-59 : bronze, 2,79 g, 17 mm.

    1017– 241*. 2002-11167-449 : bronze, 3,01 g, 16 mm.

    1018– 242. 2003-12704-186 : bronze, 2,22 g, 16 mm.

    1019– 243. 2003-12000-463 : indéterminée, 2,65 g, 17 mm.

    1020– 244. 2003-12033-167 : bronze, 3,11 g, 17 mm.

    1021– 245. 2003-12035-390 : bronze, 3,43 g, 17 mm.

    1022Bronze à légende ADCANAVNOS arverne

    1023Droit : tête laurée de type juvénile à gauche, profil réaliste, oreille bien dessinée, chevelure en mèches. À droite de la coupe du cou, lettre A ; à gauche, DCANAVNOS. Grènetis au pourtour.

    1024Revers : cheval à gauche. Au-dessus, un S couché. Au-dessous, un cercle ou un pentagone ou les deux.

    1025LT, pl. XII, n° 3868 ; ABT 114-115 ; Nash 426-428 ; Scheers, Lyon 401-403 ; RIG 12.

    1026– 246. 1993-9062-1 : bronze, 1,70 g, 16 mm.

    1027– 247*. 2002-11342-403 : bronze, 2,05 g, 14 mm.

    1028– 248*. 2002-HC-567 : bronze, 2,58 g, 17 mm.

    1029– 249. 2003-12000-658 : bronze, 1,59 g, 14 mm.

    1030– 250. 2003-12033-165 : bronze, 2,14 g, 18 mm.

    1031– 251. 2003-12045-385 : bronze, 2,18 g, 16 mm.

    1032– 252. 2003-12033-202 : bronze, 2,36 g, 15 mm.

    1033– 253. 2003-12074-1160 : bronze, 2,47 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1034– 254. 2003-12000-76 : bronze, 2,58 g, 18 mm.

    1035– 255. 2003-12074-1173 : bronze, 2,60 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1036– 256. 2003-12033-1077 : bronze, 2,90 g, 19 mm.

    1037– 257. 2003-12074-663 : bronze, 3,12 g, 18 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1038– 258. 2003-12074-1076 : bronze, 3,15 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1039– 259. 2004-13521-289 : bronze, 2,03 g, 11 mm, nett. surface.

    1040– 260. 2004-H.C.-41 : bronze, 2,12 g, 18 mm.

    1041– 261. 2005-15018-26 : bronze, 2,78 g, 17 mm.

    1042Bronze arverne, anépigraphe classe V

    1043Droit : tête laurée de type juvénile à gauche, profil réaliste, oreille bien dessinée, chevelure en mèches.

    1044Revers : cheval à gauche. Au-dessus, un S couché ; au-dessous, un cercle ou un pentagone ou les deux.

    1045Variante anépigraphe d’ADCANAVNOS/ LT, pl. XII, n° 3868 ; ABT 114-115 ; Nash 426-428 ; Scheers, Lyon 401-403. Bronze anépigraphe classe V.

    1046– 262. 1993-9219-1 : bronze, 1,60 g, 16 mm.

    1047Bronze à légende VERCA, arverne

    1048Droit : buste à gauche, chevelure retenue par un cordon. Devant la face, VERCA avec une ligature entre le V et le E. Grènetis au pourtour.

    1049Revers : cheval libre au pas à droite. Au-dessus de la croupe, un annelet centré d’un point. Grènetis au pourtour.

    1050LT 3943 ; BnF 3936-3947 ; Nash 437 ; Scheers, Lyon 414-416 ; RIG 304.

    1051– 263. 2001-10203-361 : bronze, 2,35 g, 14 mm.

    1052– 264. 2002-11195-453 : bronze, 1,80 g, 19 mm.

    1053– 265*. 2003-12000-468 : bronze, 1,13 g, 16 mm.

    1054– 266*. 2003-12033-249 : bronze, 1,80 g, 16 mm.

    1055– 267. 2003-12000-1080 : bronze, 1,97 g, 16 mm.

    1056Bronze à légende DONNADV, arverne

    1057Droit : tête humaine à gauche, chevelure en deux rangées de boucles, coupe du cou marquée, DONNADV devant la face. Grènetis au pourtour.

    1058Revers : cavalier à droite non armé mais casqué, cape au vent ; à l’exergue, deux esses horizontales affrontées en lyre.

    1059LT XII 3921 ; RIG 138 ; BnF 3921-3930.

    1060– 268. 2001-10256-288 : bronze, 1,85 g, 18 mm.

    1061– 269. 2003-12033-305 : bronze, 3,04 g, 17 mm.

    5. Petits bronzes de Corent

    1062Petit bronze au renard, Corent Droit : un buste.

    1063Revers : un renard caractérisé par ses oreilles pointues et la queue en panache rabattue au dessus du dos ; dessous, souvent une roue.

    1064LT, pl. XI, nos 3966-3969 ; BN 3963-3981 ;

    1065LT, pl. XI, nos 3966-3969 ; Blanchet, p. 422 ;

    1066Nash, pl. XVI, nos 394-396.

    1067– 270. 1993-9324-1 : bronze, 1,24 g, 12 mm.

    1068– 271. 1993-9221-1 : bronze, 1,26 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1069– 272. 1993-9026-1 : bronze, 1,33 g, 13 mm.

    1070– 273. 1993-9061-1 : bronze, 1,37 g, 13 mm.

    1071– 274. 1993-9292-1 : bronze, 1,45 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1072– 275. 1993-9218-1 : bronze, 1,47 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1073– 276. 1993-9373-1 : bronze, 1,50 g, 14 mm.

    1074– 277. 1993-9296-1 : bronze, 1,64 g, 12 mm.

    1075– 278. 1993-9341-2 : bronze, 1,75 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1076– 279. 1993-9059-1 : bronze, 2,16 g, 11 mm.

    1077– 280. 1993-9341-3 : bronze, 2,33 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1078– 281. 1993-9341-1 : bronze, 2,44 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1079– 282. 2001-H.C.-437 : bronze, 1,25 g, 13 mm.

    1080– 283. 2001-H.C.-229 : bronze, 1,26 g, 11 mm.

    1081– 284. 2001-H.C.-404 : bronze, 1,33 g, 13 mm.

    1082– 285. 2001-10187-141 : bronze, 1,35 g, 12 mm.

    1083– 286. 2001-10085-226 : bronze, 1,41 g, 13 mm.

    1084– 287. 2001-H.C.-413 : bronze, 1,50 g, 12 mm.

    1085– 288. 2001-10024-9 : bronze, 1,62 g, 10 mm.

    1086– 289. 2001-10025-616 : bronze, 1,74 g, 11 mm.

    1087– 290. 2003-12000-468 : bronze, 1,13 g, 16 mm.

    1088– 291. 2003-12033-249 : bronze, 1,80 g, 16 mm.

    1089– 292. 2003-12000-1080 : bronze, 1,97 g, 16 mm.

    1090– 293. 1993-9324-1 : bronze, 1,24 g, 12 mm.

    1091– 294. 1993-9221-1 : bronze, 1,26 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1092– 295. 1993-9026-1 : bronze, 1,33 g, 13 mm.

    1093– 296. 1993-9061-1 : bronze, 1,37 g, 13 mm.

    1094– 297. 1993-9292-1 : bronze, 1,45 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1095– 298. 1993-9218-1 : bronze, 1,47 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1096– 299. 1993-9373-1 : bronze, 1,50 g, 14 mm.

    1097– 300. 1993-9296-1 : bronze, 1,64 g, 12 mm.

    1098– 301. 1993-9341-2 : bronze, 1,75 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1099– 302. 1993-9059-1 : bronze, 2,16 g, 11 mm.

    1100– 303. 1993-9341-3 : bronze, 2,33 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1101– 304. 1993-9341-1 : bronze, 2,44 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1102– 305. 2001-H.C.-437 : bronze, 1,25 g, 13 mm.

    1103– 306. 2001-H.C.-229 : bronze, 1,26 g, 11 mm.

    1104– 307. 2001-H.C.-404 : bronze, 1,33 g, 13 mm.

    1105– 308. 2001-10187-141 : bronze, 1,35 g, 12 mm.

    1106– 309. 2001-10085-226 : bronze, 1,41 g, 13 mm.

    1107– 310. 2001-H.C.-413 : bronze, 1,50 g, 12 mm.

    1108– 311. 2001-10024-9 : bronze, 1,62 g, 10 mm.

    1109– 312. 2001-10025-616 : bronze, 1,74 g, 11 mm.

    1110– 313. 2003-12033-238 : bronze, 1,56 g, 13 mm.

    1111– 314. 2003-12074 ?-1108 : bronze, 1,56 g, 10 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1112– 315. 2003-12000-1136 : bronze, 1,56 g, 11 mm.

    1113– 316. 2003-12074-901 : bronze, 1,57 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1114– 317. 2003-12035-336 : bronze, 1,61 g, 13 mm.

    1115– 318. 2003-12028-149 : bronze, 1,62 g, 11 mm.

    1116– 319. 2003-12000-678 : bronze, 1,63 g, 11 mm.

    1117– 320. 2003-12000-674 : bronze, 1,65 g, 12 mm.

    1118– 321. 2003-12074 ?-1119 : bronze, 1,66 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1119– 322. 2003-12074-1123 : bronze, 1,67 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1120– 323. 2003-12000-467 : bronze, 1,68 g, 13 mm.

    1121– 324. 2003-12053-458 : bronze, 1,69 g, 12 mm.

    1122– 325. 2003-12074 ?-1109 : bronze, 1,74 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1123– 326. 2003-12074 ?-1107 : bronze, 1,76 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1124– 327. 2003-12073-819 : bronze, 1,76 g, 12 mm, état 2.3.

    1125– 328. 2003-12037-529 : bronze, 1,79 g, 14 mm, état 2.3.

    1126– 329. 2003-12074 ?-1112 : bronze, 1,80 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1127– 330. 2003-12000-1060 : bronze, 1,81 g, 12 mm.

    1128– 331. 2003-12074 ?-1121 : bronze, 1,84 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1129– 332. 2003-12000-476 : bronze, 1,85 g, 17 mm.

    1130– 333. 2003-12510-120 : bronze, 1,87 g, 13 mm.

    1131– 334. 2003-12000-675 : bronze, 1,87 g, 13 mm.

    1132– 335. 2003-12033-237 : bronze, 1,89 g, 13 mm.

    1133– 336. 2003-12000-1054 : bronze, 1,89 g, 13 mm.

    1134– 337*. 2003-12000-660 : bronze, 1,92 g, 11 mm.

    1135– 338. 2003-12074 ?-1120 : bronze, 1,92 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1136– 339. 2003-12000-1059 : bronze, 1,94 g, 12 mm.

    1137– 340. 2003-12000-661 : bronze, 1,95 g, 12 mm.

    1138– 341. 2003-12037-1122 : bronze, 1,98 g, 12 mm, état 2.3.

    1139– 342. 2003-12000-414 : bronze, 2,02 g, 13 mm.

    1140– 343. 2003-12027-107 : bronze, 2,03 g, 14 mm.

    1141– 344. 2003-12033-275 : bronze, 2,04 g, 13 mm.

    1142– 345. 2003-12074 ?-1116 : bronze, 2,04 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1143– 346*. 2003-12000-1102 : bronze, 2,04 g, 14 mm.

    1144– 347. 2003-12074-688 : bronze, 2,05 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1145– 348. 2003-12504-22 : bronze, 2,07 g, 19 mm.

    1146– 349*. 2003-12086-893 : bronze, 2,09 g, 14 mm.

    1147– 350. 2003-12074-1158 : bronze, 2,09 g, 9 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1148– 351. 2003-12071-627 : bronze, 2,09 g, 13 mm.

    1149– 352. 2003-12028-136 : bronze, 2,10 g, 13 mm.

    1150– 353. 2003-12037-557 : bronze, 2,10 g, 13 mm, état 2.3.

    1151– 354. 2003-12013-39 : bronze, 2,12 g, 13 mm.

    1152– 355. 2003-12000-71 : bronze, 2,12 g, 14 mm.

    1153– 356. 2003-12074 ?-1118 : bronze, 2,14 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1154– 357. 2003-12074-907 : bronze, 2,15 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1155– 358*. 2003-12056-266 : bronze, 2,16 g, 13 mm, état 2.3.

    1156– 359. 2003-12085-873 : bronze, 2,16 g, 13 mm.

    1157– 360. 2003-12000-659 : bronze, 2,19 g, 13 mm.

    1158– 361. 2003-12033-240 : bronze, 2,27 g, 15 mm.

    1159– 362. 2003-12000-482 : bronze, 2,29 g, 13 mm.

    1160– 363. 2003-12074-1171 : bronze, 2,32 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1161– 364*. 2003-12074 ?-1114 : bronze, 2,33 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1162– 365*. 2003-12074 ?-1111 : bronze, 2,35 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1163– 366. 2003-12000-1147 : bronze, 2,36 g, 11 mm.

    1164– 367. 2003-12516-322 : bronze, 2,38 g, 14 mm, état 2-GR.

    1165– 368. 2003-12000-677 : bronze, 2,45 g, 12 mm.

    1166– 369. 2003-12074 ?-1115 : bronze, 2,49 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1167– 370. 2003-12074-690 : bronze, 2,51 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1168– 371. 2003-12587-739 : bronze, 2,52 g, 12 mm, état 2, phase 1 (const.).

    1169– 372. 2003-12074-696 : bronze, 2,58 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1170– 373. 2003-12000-1144 : bronze, 2,60 g, 11 mm.

    1171– 374. 2003-12000-413 : bronze, 2,90 g, 17 mm.

    1172– 375. 2004-13060-364 : bronze, 1,10 g, 13 mm, état 2, phase 1 (const.).

    1173– 376. 2004-13543-81 : bronze, 1,29 g, 12 mm.

    1174– 377. 2004-13052-240 : bronze, 1,38 g, 11 mm.

    1175– 378. 2004-13663-232 : bronze, 1,40 g, 12 mm, comblement GR.

    1176– 379*. 2004-13032-314 : bronze, 1,47 g, 12 mm.

    1177– 380*. 2004-H.C.-44 : bronze, 1,48 g, 12 mm.

    1178– 381*. 2004- ?-170 : bronze, 1,64 g, 14 mm.

    1179– 382. 2004-13032-316 : bronze, 1,65 g, 12 mm.

    1180– 383. 2004-H.C.-326 : bronze, 1,67 g, 11 mm.

    1181– 384*. 2004-13032-386 : bronze, 1,70 g, 11 mm.

    1182– 385. 2004-13032-312 : bronze, 1,75 g, 12 mm.

    1183– 386. 2004-13032-254 : bronze, 1,82 g, 12 mm.

    1184– 387*. 2004-13713-390 : bronze, 1,90 g, 13 mm.

    1185– 388. 2004-13500-36 : bronze, 1,91 g, 12 mm.

    1186– 389. 2004-13509-54 : bronze, 1,95 g, 16 mm.

    1187– 390. 2004-13544-324 : bronze, 1,97 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1188– 391. 2004-13548-142 : bronze, 2,05 g, 15 mm, nett. surface.

    1189– 392*. 2004-H.C.-42 : bronze, 2,20 g, 12 mm.

    1190– 393. 2004-13536-80 : bronze, 2,23 g, 13 mm.

    1191– 394. 2004-H.C.-166 : bronze, 2,26 g, 15 mm.

    1192– 395. 2004-13032-311 : bronze, 2,26 g, 14 mm.

    1193– 396. 2004-H.C.-318 : bronze, 2,40 g, 12 mm.

    1194– 397. 2004-13060-307 : bronze, 2,43 g, 13 mm, état 2, phase 1 (const.).

    1195– 398. 2004-13032-255 : bronze, 2,50 g, 14 mm.

    1196– 399. 2004-13675-332 : bronze, 2,60 g, 11 mm.

    1197– 400. 2004-H.C.-43 : bronze, 2,80 g, 11 mm.

    1198– 401. 2005-15047-170 : bronze.

    1199– 402. 2005-15269-204 : bronze, 2,90 g, 13 mm.

    1200– 403. 2005-15064-226 : bronze.

    1201– 404. 2005-H.S.-15 : bronze, 1,27 g, 12 mm.

    1202– 405. 2005-15035-111 : bronze, 1,65 g, 12 mm.

    1203– 406. 2005-15001-3 : bronze, 1,83 g, 13 mm.

    1204– 407. 2005-HC-107 : bronze, 1,83 g, 10 mm.

    1205– 408. 2005-15051-132 : bronze, 1,94 g, 13 mm.

    1206– 409. 2005-15051-121 : bronze, 2,39 g, 13 mm.

    1207– 410. 2009-HC-81 : bronze, 1,38 g, 13 mm.

    1208– 411. 2005-15060-233 : bronze, 1,90 g., 13 mm.

    1209– 412. 2005-HC-256 : bronze, 2,10 g, 10 mm.

    1210– 413. 2005-15287-260 : bronze, 2,0 g, 13 mm.

    1211– 414. 2005-15010-76 : bronze, 1,55 g, 12 mm.

    1212– 415. 2005-15039-123 : bronze, 1,73 g, 14 mm.

    1213– 416. 2009-HC-93 : bronze.

    1214Petit bronze au cheval-cheval, Corent

    1215Droit : cheval à gauche.

    1216Revers : cheval à gauche.

    1217BnF 3982-3989 ; BnF 4021-4022 ; Nash 398 ;

    1218Scheers, Lyon 429-433.

    1219– 417. 1993-9258-2 : bronze, 0,92 g, 10 mm.

    1220– 418. 1993-9338-1 : bronze, 2,59 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1221– 419. 1993-9264-1 : bronze, 2,82 g, 12 mm.

    1222– 420. 1993-9340-1 : bronze, 2,99 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1223– 421. 2001- ?-617 : bronze, 1,33 g, 11 mm.

    1224– 422. 2001-10069-38 : bronze, 1,43 g, 12 mm.

    1225– 423. 2001-10205-338 : bronze, 2,02 g, 12 mm.

    1226– 424*. 2001-10173-114 : bronze, 2,20 g, 12 mm.

    1227– 425*. 2001-10173-121 : bronze, 2,34 g, 11 mm.

    1228– 426. 2001-10203-206 : bronze, 2,38 g, 11 mm.

    1229– 427. 2001-H.C.-436 : bronze, 2,40 g, 11 mm.

    1230– 428. 2001-H.C.-434 : bronze, 2,48 g, 11 mm.

    1231– 429. 2002-11121-178 : bronze, 1,37 g, 10 mm.

    1232– 430. 2002-11218-450 : bronze, 2,07 g, 9 mm.

    1233– 431. 2002-11219-459 : bronze, 2,09 g, 10 mm, état 2 (non différencié).

    1234– 432. 2002-11074-105 : bronze, 2,15 g, 10 mm.

    1235– 433. 2002-11121-186 : bronze, 2,26 g, 12 mm.

    1236– 434*. 2002-11195-454 : bronze, 2,27 g, 10 mm.

    1237– 435. 2002-11118-543 : bronze, 2,33 g, 10 mm, état 2-GR.

    1238– 436. 2002-11067-67 : bronze, 2,49 g, 12 mm.

    1239– 437. 2002-11118-275 : bronze, 2,62 g, 13 mm, état 2-GR.

    1240– 438. 2002-11360-250 : bronze, 2,63 g, 13 mm.

    1241– 439*. 2002-11372-334 : bronze, 2,83 g, 12 mm.

    1242– 440. 2003-12037-574 : bronze, 0,78 g, 12 mm, état 2.3.

    1243– 441. 2003-12000-1037 : bronze, 1,49 g, 10 mm.

    1244– 442. 2003-12033-289 : bronze, 1,75 g, 12 mm.

    1245– 443. 2003-12705-923 : bronze, 1,81 g, 9 mm.

    1246– 444. 2003-12074-1163 : bronze, 1,84 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1247– 445. 2003-12074-646 : bronze, 1,90 g, 9 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1248– 446. 2003-12000-1087 : bronze, 1,93 g, 11 mm.

    1249– 447. 2003-12000-671 : bronze, 1,94 g, 10 mm.

    1250– 448. 2003-12074-783 : bronze, 2,05 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1251– 449. 2003-12054-542 : bronze, 2,13 g, 11 mm.

    1252– 450. 2003-12074-654 : bronze, 2,17 g, 10 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1253– 451. 2003-12000-1151 : bronze, 2,19 g, 12 mm.

    1254– 452. 2003-12068-613 : bronze, 2,20 g, 11 mm, état 2.3.

    1255– 453. 2003-12000-1085 : bronze, 2,20 g, 10 mm.

    1256– 454. 2003-12000-673 : bronze, 2,22 g, 11 mm.

    1257– 455. 2003-12000-487 : bronze, 2,25 g, 11 mm.

    1258– 456. 2003-12000-328 : bronze, 2,30 g, 11 mm.

    1259– 457. 2003-12000-672 : bronze, 2,31 g, 11 mm.

    1260– 458. 2003-12000-1081 : bronze, 2,33 g, 11 mm.

    1261– 459. 2003-12074-1086 : bronze, 2,34 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1262– 460. 2003-12074-887 : bronze, 2,35 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1263– 461. 2003-12000-475 : bronze, 2,42 g, 11 mm.

    1264– 462. 2003-12000-1056 : bronze, 2,44 g, 11 mm.

    1265– 463. 2003-12033-1089 : bronze, 2,44 g, 10 mm.

    1266– 464. 2003- ?-498 : bronze, 2,49 g, 11 mm.

    1267– 465. 2003-12074-1084 : bronze, 2,57 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1268– 466*. 2003-12000-1055 : bronze, 2,6 g, 11 mm.

    1269– 467. 2003-12074-1083 : bronze, 2,65 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1270– 468. 2003-12000-1052 : bronze, 2,68 g, 11 mm.

    1271– 469. 2003-12074-1082 : bronze, 2,85 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1272– 470. 2003-12084-845 : bronze, 2,91 g, 11 mm.

    1273– 471. 2003-12000-1088 : bronze, 2,92 g, 11 mm.

    1274– 472. 2003-12037-571 : bronze, 2,94 g, 11 mm, état 2.3.

    1275– 473. 2004-14030-550 : bronze.

    1276– 474. 2004-13902-112 : bronze, 1,28 g, 10 mm.

    1277– 475. 2004-654 : bronze, 1,36 g, 13 mm.

    1278– 476. 2004-13707-660 : bronze, 1,86 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1279– 477. 2004-13039-172 : bronze, 2,11 g, 10 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1280– 478. 2004-12083-293 : bronze, 2,17 g, 8 mm.

    1281– 479. 2004- ?-357 : bronze, 2,21 g, 12 mm.

    1282– 480. 2004-13032-253 : bronze, 2,22 g, 11 mm.

    1283– 481. 2004-13675-284 : bronze, 2,24 g, 7 mm.

    1284– 482*. 2004-13032-383 : bronze, 2,40 g, 11 mm.

    1285– 483. 2004-13583-278 : bronze, 2,41 g, 11 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1286– 484. 2004-H.C.-319 : bronze, 2,42 g, 11 mm.

    1287– 485. 2004-13544-320 : bronze, 2,50 g, 12 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1288– 486. 2004-13032-385 : bronze, 2,50 g, 11 mm.

    1289– 487. 2004-13032-379 : bronze, 2,50 g, 11 mm.

    1290– 488. 2004-13010-9 : bronze, 2,66 g, 12 mm, non phasable.

    1291– 489. 2005-HC-107 : bronze, 1,82 g, 10 mm.

    1292– 490. 2005-15017-89 : bronze, 2,50 g, 10 mm.

    6. Monnaies des Bituriges Cubi

    1293Épée au dessus du cheval, Bituriges Cubi Droit : tête à gauche.

    1294Revers : cheval à gauche, au-dessus une épée, au-dessous un cercle perlé et centré. Nash 503-508.

    1295– 491. 2003-12000-483 : argent, 1,96 g, 14 mm.

    1296Cavalier au bouclier, Berry ouest

    1297Droit : tête aquitanique à droite.

    1298Revers : cavalier à droite, tenant les rênes et un bouclier ovale, fleuron dessous.

    1299Nash 87 à 90.

    1300– 492. 2003-12909-592 : argent, 2,73 g, 15 mm.

    1301Bronze au cheval et aux trois annelets

    1302Droit : tête aquitanique à droite.

    1303Revers : cheval à gauche, trois annelets au-dessous.

    1304En trois fragments.

    1305Nash 542-545.

    1306– 493. 2003-12037-559 : bronze, 2,76 g, 16 mm, état 2.3.

    1307Bronze au pégase, Bituriges Cubi

    1308Droit : tête aquitanique à gauche.

    1309Revers : pégase sexué à gauche, au-dessous trois annelets.

    1310Nash, pl. XXII, nos 538-540, Biturige Cubi.

    1311– 494. 1993-9220-1 : bronze, 3,29 g, 16 mm.

    1312– 495. 2003-12074-1155 : bronze, 2,46 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1313– 496. 2003-12516-608 : bronze, 3,73 g, 18 mm, état 2-GR.

    1314– 497. 2003-12033-274 : bronze, 3,90 g, 19 mm.

    1315– 498. 2004-13028-79 : bronze, 1,59 g, 13 mm, état 2-GR.

    1316– 499*. 2004-13276-374 : bronze, 2,65 g, 17 mm.

    1317– 500. 2005-15009-66 : bronze, 6,38 g, 18 mm.

    7. Petits bronzes à gueule de loup, Levroux

    1318Petit bronze à gueule de loup et au pégase, Levroux

    1319Droit : gueule de loup.

    1320Revers : pégase, esse couchée dessous.

    1321Nash 581 var. ; BnF 4295.

    1322– 501. 1993-9212-1 : bronze, 1,57 g, 13 mm.

    1323– 502. 2001-10173-112 : bronze, 1,86 g, 16 mm.

    1324– 503*. 2001-10193-178 : bronze, 2,96 g, 18 mm.

    1325– 504. 2003-12071-630 : bronze, 1,85 g, 14 mm.

    1326– 505. 2003-12000-417 : bronze, 2,05 g, 14 mm.

    1327– 506. 2003-12000-1096 : bronze, 2,61 g, 16 mm.

    1328– 507. 2004-xx : bronze.

    1329Petit bronze à gueule de loup Droit : gueule de loup.

    1330Revers : ?

    1331Nash 577 à 579.

    1332– 508. 2001-HC-444/1 : bronze, 1,16 g, 12 mm.

    1333– 509. 2001-10327-380 : bronze, 2,15 g, 16 mm.

    1334– 510. 2001-10172-127 : bronze, 4,03 g, 13 mm.

    1335– 511. 2003-12037-561 : bronze, 1,50 g, 11 mm, état 2.3.

    1336– 512. 2003-12074-1124 : bronze, 1,54 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1337– 513. 2003-12000-1140 : indéterminée, 1,67 g, 17 mm.

    1338– 514. 2003-12106-983 : bronze, 2,24 g, 13 mm.

    1339– 515. 2003-12071-631 : bronze, 3,30 g, 17 mm.

    1340– 516. 2004-13265-537 : bronze, 1,41 g, 12 mm, état 2.3.

    1341Petit bronze à gueule de loup et au sanglier

    1342Droit : gueule de loup.

    1343Revers : sanglier à droite.

    1344Nash 574.

    1345– 517. 2002-11613-540 : bronze, 1,08 g, 11 mm.

    1346– 518. 2003-12068-611 : bronze, 1,23 g, 12 mm, état 2.3.

    1347– 519*. 2003-12000-670 : bronze, 1,47 g, 12 mm.

    1348– 520. 2004-13902-115 : indéterminée, 1,38 g, 13 mm.

    1349Bronze au revers lisse

    1350Droit : tête.

    1351Revers : lisse.

    1352– 521. 2001-HC-444/2 : bronze, 1,12 g, 12 mm.

    8. Monnaies des Lemovices

    1353Bronze à la grue et au fleuron

    1354Droit : tête aquitanique à droite, collier de perles autour du cou.

    1355Revers : cheval galopant à droite, monté par une grue ; au-dessous, un fleuron trilobé.

    1356G. Charvilhat, p. 150-151 ; F. Delage, p. 57-70, fig. 2 ; Bnf 4082 ; Depeyrot III, 44 ; Nash 1978, 652 ;

    1357Nash 644-646/648-649. Type de la cachette de Vaulry.

    1358– 522. 1993-9339-1 : bronze, 6,76 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1359– 523. 1993-9044-1 : bronze, 6,78 g, 16 mm.

    1360– 524. 2003-12510-89 : bronze.

    1361– 525. 2003-12035-370 : bronze, 6,42 g, 15 mm.

    1362– 526*. 2003-12000-1078 : bronze, 6,78 g, 15 mm.

    1363– 527. 2003-12074-686 : bronze, 6,82 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1364– 528. 2004-13509-207 : bronze, 6,95 g, 16 mm.

    1365– 529. 2005-1050-143 : bronze.

    1366– 530. 2005-15208-43 : bronze, 3,35 g, 20 mm.

    1367– 531. 2005-12022-49 : bronze, 4,04 g, 20 mm.

    1368– 532. 2009-HC-98 : bronze, 6,80 g, 15 mm.

    1369– 533. 2009-HC-82 : bronze, 7,01 g, 15 mm.

    1370– 534*. 2004-13711-487 : bronze, 7,19 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1371– 535. 2009-78-98 : bronze, 6,90 g, 17 mm.

    1372Bronze à la tête sous cheval

    1373Droit : tête à gauche.

    1374Revers : cheval à gauche, tête humaine à gauche entre les jambes.

    1375Nash 447, BnF 4557.

    1376– 536. 2005-15046-128 : bronze, 2,53 g, 13 mm.

    1377Bronze au cheval, au sanglier et à la croix

    1378Droit : tête aquitanique à gauche.

    1379Revers : cheval sexué à gauche. Au-dessus, un sanglier ; au-dessous, une croix en X.

    1380Nash 515-520 ; BnF 4111 ; Scheers, Lyon 624.

    1381– 537. 2004-14030-548 : bronze, 1,02 g, 13 mm.

    1382Bronze au sanglier

    1383Droit : tête aquitanique à gauche.

    1384Revers : sanglier à gauche.

    1385Nash 584.

    1386– 538. 2002-11600-544 : bronze, 2,11 g, 21 mm.

    1387– 539. 2003-12000-1142 : bronze, 3,75 g, 16 mm.

    9. Monnaies carnutes

    1388Denier ANDECOMBOS

    1389Droit : tête à gauche, à chevelure stylisée en rinceaux et barbe tressée ; [devant, légende ANDECOM] ; grènetis (ici, illisible).

    1390Revers : cheval libre au galop à gauche ; [au-dessus ANDECOMBO] ; au-dessous, sanglier-enseigne sur sa hampe ; grènetis.

    1391LT 6342, BnF 6342-6357, RIG 23.

    1392– 540. 2003-12037-511 : argent, fourrée, 1,99 g, 15 mm, état 2.3.

    1393Bronze à l’aigle déployé

    1394Droit : tête réaliste, casquée à gauche.

    1395Revers : aigle déployé, tête à gauche, grènetis au pourtour.

    1396LT 6140 var.

    1397– 541. 2002-11218-446 : bronze, 3,79 g, 16 mm.

    1398– 542. 2005-15000-7 : bronze, 2,14 g, 15 mm.

    1399Bronze à l’aigle et l’aiglon

    1400Droit : tête à gauche, chevelure en résille, cavités centrées d’un point.

    1401Revers : aigle et aiglon aux ailes déployées, devant leur tête un serpent ; dans le champ, pentogramme, croix pommetée cantonnée de quatre globules.

    1402LT 6088 ; Scheers, Lyon 764-767.

    1403– 543. 2005-15287-269 : bronze, 5,60 g, 19 mm.

    1404Bronze à l’aigle et au serpent

    1405Droit : tête à droite, cheveux en deux rangées, grènetis.

    1406Revers : aigle déployé à droite, tenant dans ses serres un serpent ; dans le champ, pentogramme, croix pommetée cantonnée de quatre globules.

    1407Scheers, Lyon 770-771, LT 6108 ; BnF 6108- 6111.

    1408– 544. 2004-13201-20 : bronze, 1,57 g, 14 mm.

    1409Bronze à l’oiseau

    1410Droit : tête à droite, grènetis au pourtour.

    1411Revers : oiseau debout sur la queue, aile droite déployée, pentogramme et croix bouletée dans le champ, grènetis au pourtour.

    1412LT XIX 6108.

    1413– 545. 2003-12054-552 : bronze, 2,97 g, 16 mm.

    1414– 546. 2003-12034-449 : bronze, 2,17 g, 16 mm.

    10. Monnaies de Narbonnaise

    1415Quinaire NERCOD

    1416Droit : tête diadémée à gauche, chevelure disposée en traits parallèles, devant NERCOD.

    1417Revers : cheval bridé et sanglé au pas ; au-dessus NERCOD, annelet pointé.

    1418Scheers, Lyon 689, LT 4535, BnF 4535- 4536. BMC 1990, 586-587.

    1419– 547. 2004-13039-180 : argent, 2,07 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1420Obole à la croix

    1421Droit : tête.

    1422Revers : divisé en 4 quadrans.

    1423– 548. 2003-12068-590 : bronze, 0,21 g, 10 mm, état 2.3.

    1424– 549*. 2003-12000-1030 : argent, 0,24 g, 8 mm.

    1425Monnaie à la croix

    1426Droit : tête.

    1427Revers : divisé en 4 quadrans.

    1428– 550*. 2001-10186-143 : argent, 1,48 g, 14 mm.

    1429– 551. 2003-12000-1050 : argent, 1,71 g, 14 mm.

    1430– 552. 2009-77-69 : argent.

    1431Monnaie à la croix, tête négroïde

    1432Droit : tête aux lèvres lippues à gauche ; chevelure représentée par une rangée de esses. Revers : divisé en 4 quadrans.

    1433Scheers, Lyon 26-31.

    1434– 553*. 2001-10301-349 : argent, 2,28 g, 14 mm.

    1435– 554*. 2003-12000-668 : argent, 2,23 g, 14 mm.

    1436Imitation de monnaie à la croix

    1437Droit : illisible.

    1438Revers : imitation de monnaie à la croix : une croix, deux globules pleins et un cercle visibles ; traces argent.

    1439– 555. 2002-11082-74 : argent, 2,2 g, 16 mm.

    1440Quinaire à l’hippocampe

    1441Droit : tête casquée à droite.

    1442Revers : hippocampe stylisé à droite.

    1443Vallée du Rhône, attribué aux Allobroges.

    1444Scheers, Lyon 164-167 (classe 1) ; BMC 1990, 195-205.

    1445– 556. 2003-12074-1176 : argent, 2,18 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    11. Monnaies du Centre-Est

    1446Légende KALETEDV, éduen ou lingon

    1447Droit : tête casquée à gauche.

    1448Revers : cheval sanglé, galopant à gauche, légende KALETEDV.

    1449Scheers, Lyon 445-471 ; BMC 1990, 284- 332 ; Bibracte 13.

    1450– 557. 2003-12000-1048 : argent, 1,65 g, 10 mm.

    1451Légende SEQVANOIOTVOS

    1452Droit : tête humaine à gauche, chevelure composée de six esses juxtaposées, grènetis au pourtour.

    1453Revers : sanglier debout à gauche ; au pourtour, légende SEQVANOIOTVOS.

    1454LT XVI 5351 ; RIG 260 ; Scheers, Lyon 569- 571 ; Bibracte 30.

    1455– 558*. 2001-H.C.-439 : argent, 1,68 g, 12 mm.

    1456Bronze à légende EPADVMNACA, Gaule belgique

    1457Droit : personnage nu, bras et jambes écartés. En plusieurs parties dans le champ, légende éclatée EPADVMNACA ; grènetis au pourtour.

    1458Revers : cheval à droite. Au-dessus, tête de face ; au-dessous, boucle ornée de trois points.

    1459LT 7331, RIG 162.

    1460– 559. 2003-12037-566 : bronze, 2,04 g, 13 mm, état 2.3.

    1461Indéterminée gauloise, argent

    1462– 560. 2001-10120-62 : argent, 1,57 g, 17 mm.

    1463– 561. 2003-12000-1128 : argent, 2,04 g, 11 mm.

    1464– 562. 2004-13039-156 : argent, 4,42 g, 19 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1465Indéterminée gauloise, bronze

    1466– 563. 2009-63-63 : bronze, 3,50 g, 19 mm (MOTVDIACA).

    1467– 564. 2004-13695-343 : bronze, 0,89 g, 9 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1468– 565. 1993-9057-1 : bronze, 0,96 g, 11 mm.

    1469– 566. 1993-9000-1 : bronze, 1,77 g, 15 mm.

    1470– 567. 1993-9204-1 : bronze, 2,71 g, 16 mm.

    1471– 568. 2001-10203-211 : bronze, indéterminée.

    1472– 569. 2001-10025-12 : bronze, indéterminée.

    1473– 570. 2001-10072-42 : bronze, indéterminée.

    1474– 571. 2001-10076-46 : bronze, indéterminée.

    1475– 572. 2001-10124-71 : bronze, indéterminée, état 2 (non différencié).

    1476– 573. 2001-10215-215 : bronze, indéterminée.

    1477– 574. 2001-10310-376 : bronze, indéterminée.

    1478– 575. 2001-10158-96 : bronze, 0,30 g, 14 mm.

    1479– 576. 2001-10019-18 : bronze, 0,34 g, 14 mm.

    1480– 577. 2001-10068-34 : bronze, 1,75 g, 15 mm.

    1481– 578. 2001-H.C.-140 : bronze, 1,98 g, 15 mm.

    1482– 579. 2001-10193-137 : bronze, 2,12 g, 18 mm.

    1483– 580. 2001-10012-2 : bronze, 2,49 g, 18 mm.

    1484– 581. 2001-H.C.-230 : bronze, 2,93 g, 17 mm.

    1485– 582. 2001-H.C.-70 : bronze, 3,25 g, 18 mm.

    1486– 583. 2002-11111-140 : bronze, 2 g, 14 mm.

    1487– 584*. 2002-11123-204 : bronze, 3,07 g, 17 mm.

    1488– 585. 2002-11239-490 : bronze, indéterminée.

    1489– 586. 2002-11311-60 : bronze, indéterminée.

    1490– 587. 2002-11088-84 : bronze, indéterminée.

    1491– 588. 2002-11104-109 : bronze, indéterminée.

    1492– 589. 2002-11104-122 : bronze, indéterminée.

    1493– 590. 2002-11107-150 : bronze, indéterminée.

    1494– 591. 2002-11115-157 : bronze, indéterminée.

    1495– 592. 2002-11118-199 : bronze, indéterminée, état 2-GR.

    1496– 593. 2002-11118-209 : bronze, indéterminée, état 2-GR.

    1497– 594. 2002-11118-234 : bronze, indéterminée, état 2-GR.

    1498– 595. 2002-11357-238 : bronze, indéterminée.

    1499– 596. 2002-11143-245 : bronze, indéterminée.

    1500– 597. 2002-11146-255 : bronze, indéterminée.

    1501– 598. 2002-11118-276 : bronze, indéterminée, état 2-GR.

    1502– 599. 2002-11160-289 : bronze, indéterminée, état 2-GR.

    1503– 600. 2002-11600-302 : bronze, indéterminée.

    1504– 601. 2002-11369-320 : bronze, indéterminée.

    1505– 602. 2002-11343-336 : bronze, indéterminée.

    1506– 603. 2002-11203-417 : bronze, indéterminée, état 1 (perturbé).

    1507– 604. 2002-11311-433 : bronze, indéterminée.

    1508– 605. 2002-H.C.-440 : bronze, indéterminée.

    1509– 606. 2002-11219-461 : bronze, indéterminée, état 2 (non différencié).

    1510– 607. 2002-11220-462 : bronze, indéterminée, état 2 (non différencié).

    1511– 608. 2002- ?-467 : bronze, indéterminée.

    1512– 609. 2002-11226-489 : bronze, indéterminée, état 1 (perturbé).

    1513– 610. 2002-HC-568 : bronze, indéterminée.

    1514– 611. 2002-HC-549 : bronze, 0,61 g, 10 mm.

    1515– 612. 2002-11343-237 : bronze, 0,87 g, 13 mm.

    1516– 613. 2002-11216-473 : bronze, 1,27 g, 16 mm.

    1517– 614. 2002-11160-548 : bronze, 1,29 g, 15 mm, état 2-GR.

    1518– 615. 2002-11202-390 : bronze, 1,51 g, 14 mm, non phasable, plutôt état 2.

    1519– 616. 2002-11355-352 : bronze, 1,67 g, 17 mm.

    1520– 617. 2002-11343-237-2 : bronze, 2,01 g, 13 mm.

    1521– 618. 2002- ?-429 : bronze, 2,03 g, 13 mm.

    1522– 619. 2002-11361-273 : bronze, 2,08 g, 14 mm.

    1523– 620. 2002-11169-538 : bronze, 2,20 g, 15 mm.

    1524– 621. 2002-11225-539 : bronze, 2,28 g, 11 mm.

    1525– 622. 2002-11114-537 : bronze, 2,97 g, 16 mm.

    1526– 623. 2002- ?-412 : bronze, 3,62 g, 17 mm.

    1527– 624. 2003-12516-608 : bronze, non phasable.

    1528– 625. 2003-12068-612 : bronze, état 2.3.

    1529– 626. 2003-12068-616 : bronze, état 2.3.

    1530– 627. 2003-H.C.-112 : indéterminée.

    1531– 628. 2003-H.C.-115 : indéterminée.

    1532– 629. 2003-12028-153 : indéterminée.

    1533– 630. 2003-12033-196 : indéterminée.

    1534– 631. 2003-12038-264 : indéterminée.

    1535– 632. 2003-12045-353 : indéterminée.

    1536– 633. 2003-12000-415 : indéterminée.

    1537– 634. 2003-12538-450 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1538– 635. 2003-12000-466 : indéterminée.

    1539– 636. 2003-12000-477 : indéterminée.

    1540– 637. 2003-12037-519 : indéterminée, état 2.3.

    1541– 638. 2003-12037-525 : indéterminée, état 2.3.

    1542– 639. 2003-12054-528 : indéterminée.

    1543– 640. 2003-12037-575 : indéterminée, état 2.3.

    1544– 641. 2003-12068-589 : indéterminée, état 2.3.

    1545– 642. 2003-12074-639 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1546– 643. 2003-12074-640 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1547– 644. 2003-12074-643 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1548– 645. 2003-12074-644 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1549– 646. 2003-12074-715 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1550– 647. 2003-12074-759 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1551– 648. 2003-12073-824 : indéterminée, état 2.3.

    1552– 649. 2003-12086-883 : indéterminée.

    1553– 650. 2003-12074-941 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1554– 651. 2003-12074-948 : indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1555– 652. 2003-12107-961 : indéterminée, état 2, phase 1 (const.).

    1556– 653*. 2003-12516-331 : argent, 2,30 g, 14 mm, état 2-GR.

    1557– 654. 2003-12547-386 : bronze, indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1558– 655. 2003-12068-652 : bronze, indéterminée, état 2.3.

    1559– 656. 2003-12000-655 : bronze, indéterminée.

    1560– 657. 2003-12074-689 : bronze, indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1561– 658. 2003-12074-940 : bronze, indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1562– 659*. 2003-12000-1049 : argent, 1,70 g, 16 mm.

    1563– 660. 2003-12000-263 : bronze, indéterminée.

    1564– 661. 2003-12074-605 : bronze, indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1565– 662. 2003-12068-606 : bronze, indéterminée, état 2.3.

    1566– 663. 2003-HC-1002 : bronze, indéterminée.

    1567– 664. 2003-12538-450 : bronze, indéterminée, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1568– 665. 2003-12000-485 : bronze, 0,23 g, 11 mm.

    1569– 666. 2003-12074-649 : bronze, 0,53 g, 10 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1570– 667. 2003-12000-681 : indéterminée, 1,03 g, 13 mm.

    1571– 668. 2003-12000-680 : indéterminée, 1,21 g, 11 mm.

    1572– 669. 2003-12000-1130 : bronze, 1,56 g, 13 mm.

    1573– 670. 2003-12000-1138 : indéterminée, 1,82 g, 10 mm.

    1574– 671. 2003-12000-1129 : bronze, 1,88 g, 14 mm.

    1575– 672. 2003-12000-684 : indéterminée, 1,92 g, 14 mm.

    1576– 673*. 2003-12000-662 : bronze, 2,08 g, 11 mm.

    1577– 674. 2003-12000-679 : indéterminée, 2,24 g, 13 mm.

    1578– 675. 2003-12000-682 : indéterminée, 2,44 g, 14 mm.

    1579– 676. 2003-12000-683 : indéterminée, 2,49 g, 13 mm.

    1580– 677. 2003-12000-1145 : indéterminée, 2,82 g, 12 mm.

    1581– 678. 2003-12028-141 : indéterminée, 3,43 g, 12 mm.

    1582– 679. 2003-12069-600 : indéterminée, 3,59 g, 18 mm.

    1583– 680. 2003-12000-1154 : indéterminée, 3,94 g.

    1584– 681. 2003-12037-562 : bronze, 4,75 g, 20 mm, état 2.3.

    1585– 682. 2004-13060-344 : bronze, indéterminée, état 2, phase 1 (const.).

    1586– 683. 2004-H.C.-45 : bronze, indéterminée.

    1587– 684. 2004-13238-304 : bronze, indéterminée, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1588– 685. 2004-13689-345 : bronze, indéterminée.

    1589– 686. 2004-13236-353 : bronze, indéterminée.

    1590– 687. 2004-13039-234 : bronze, 1,10 g, 11 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1591– 688. 2004-13543-83 : bronze, indéterminée, 1,31 g, 21 mm.

    1592– 689. 2004-13032-256 : bronze, 1,52 g, 11 mm.

    1593– 690. 2004-13052-247 : potin, 2,53 g, 17 mm.

    1594– 691. 2004-13236-350 : potin, 3,20 g, 18 mm.

    1595– 692. 2004-13059-325 : potin, 3,25 g, 18 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1596– 693. 2004-13666-645 : potin, 3,42 g, 18 mm.

    1597– 694. 2005-15046-161 : bronze, 1,98 g, 14 mm.

    1598– 695. 2005-15047-169 : bronze, 2,20 g, 15 mm.

    1599– 696. 2005-15063-224 : bronze, indéterminée.

    1600– 697. 2005-15063-227 : bronze, indéterminée.

    1601– 698. 2005-15270-228 : bronze, 1,80 g, 11 mm.

    1602– 699. 2005-15257-237 : potin, 3 g, 18 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1603– 700. 2005-15278-246 : bronze, 1,20 g, 11 mm.

    1604– 701. 2005-15276-247 : bronze, 2 g, 14 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1605– 702. 2005-15278-248 : bronze, 1,70 g, 14 mm.

    1606– 703. 2005-HC-253 : bronze, 2,40 g, 18 mm.

    1607– 704. 2005-15270-264 : bronze, 2,30 g, 17 mm.

    1608– 705. 2005-15270-265 : bronze, indéterminée.

    1609– 706. 2005-15270-266 : bronze, 2,10 g, 13 mm.

    1610– 707. 2005-15287-268 : bronze, indéterminée.

    1611– 708. 2003-12074- ? : bronze, 2,50 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1612– 709. 2005-15010-73 : bronze, 1,57 g.

    1613– 710. 2005-15014-109 : bronze, 4,59 g, 15 mm.

    1614– 711. 2005 ou 2001-déblais, clandé-197.

    1615– 712. 2009-51-32 : bronze, 2,10 g, 14 mm.

    1616– 713. 2009-77-69 : bronze, indéterminée.

    1617– 714. 2009-HC-93 : bronze, indéterminée, 1,60 g, 12 mm.

    1618– 715. 2009-HC-A : bronze, 1,77 g.

    1619– 716. 2009-51-32 : bronze, 2,40 g, 16 mm.

    1620– 717. 2009-78-99 : bronze, indéterminée.

    1621– 718. 2009-HC-94 : bronze, 1,10 g, 13 mm.

    1622– 719. 2009-HC-95 : bronze, 2,50 g, 17 mm.

    1623– 720. 2009-HC-96 : bronze, 2,50 g, 15 mm (Nash 380 ?).

    1624– 721. 2009-HC-98 : bronze, 2,20 g, 13 mm.

    1625– 722. 2009-HC-83 : potin, 1,30 g, 21 mm.

    1626– 723. 2003-12027-101 : potin, 4,72 g, 20 mm.

    1627– 724. 2003-12074-1161 : potin, 2,68 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1628– 725. 2003-12507-77 : potin, 2,89 g, 19 mm.

    12. Monnaies romaines

    1629As de la république

    1630As oncial, atelier de Rome

    1631– 726*. 2003-HC-1125 : bronze, 13,92 g, 33 mm (gens PAPIRIA, 169-158 av. J.-C.) ; RRC 193/1, CRR 366.

    1632– 727. 2003-12033-286 : bronze, 14,52 g, 28 mm (gens LICINIA, 84 av. J.-C.) ; RRC 354/3A.

    1633– 728. 2005-15201-51 : bronze, 11,93 g, 27 mm, état 2.3.

    1634Avgvste (27 av. J.-C. - 14 apr. J.-C.) Dupondius, atelier de Nîmes

    1635IMP//DIVI F

    1636COL – NEM

    1637– 729*. 2003-12028-144 : bronze, 9,74 g, 26 mm (groupe 2, 16-9 av. J.-C.) ; RPC 523, RIC 155.

    1638– 730. 2003-12036-337 : bronze, 9,92 g, 26 mm.

    1639– 731. 2002-11369-319 : bronze, 5,01 g, 25 mm (groupe 3, 8-3 av. J.-C.) ; RIC 158, ½ dupondius.

    1640Demi dupondius de Nîmes

    1641IMP / P | P // DIVI F

    1642COL | NEM

    1643– 732. 2001-10129-75 : bronze, 5,24 g, 25 mm (groupe 4, 10-14 av. J.-C.) ; RPC 525.

    1644– 733*. 2005-15208-37 : bronze, 5,37 g, 27 mm (groupe 4, 10-14 av. J.-C.) ; RPC 525.

    1645– 734. 2013-HC-1126 : bronze, 5,20 g, 25 mm (groupe 4, 10-14 av. J.-C.) ; RPC 525.

    1646Quart de dupondius de Nîmes

    1647– 735. 2003-12000-74 : bronze, 2,55 g, 16 mm (groupe 4, 10-14 av. J.-C.) ; RPC 523-525.

    1648Imitation des bronzes à l’autel de Lyon

    1649BMC 1995 cxxx 276 ; Blanchet 431.

    1650SST 214 (10-1 av. J.-C.)

    1651– 736. 2009-17-8 : bronze, 1,26 g, 12 mm.

    1652– 737. 2009-17-8 bis : bronze, 1,27 g, 12 mm.

    1653As d’Auguste, atelier de Rome (7 av. J.-C.)

    1654CAESAR AVGVST PONT MAX TRIBVNIC POT

    1655Légende autour de S. C

    1656M SALVIVS OTHO III VIR A A A F F

    1657– 738*. 2002-11239-563 : bronze, 10,24 g, 26 mm ; RIC 432, C 516.

    1658Tibère césar (4-14)

    1659As à l’autel de Lyon, atelier de Lyon

    1660Tibère-César, 4-14 apr. J.-C.

    1661TI CAESAR AVGVST F IMPERAT VII ROM ET AVG

    1662– 739*. 2002-11174-314 : bronze, 11,33 g, 27 mm, état 2-GR ; RIC 245, C 37.

    1663– 740. 2009-HC-97 : bronze, 8,30 g, 24 mm ; ric 245, c 37.

    1664– 741. 2002-11102-561 : bronze, 2,81 g, 20 mm ; ric 245, c 37.

    1665Semis à l’autel de Lyon, atelier de Lyon

    1666Tibère-César, 12-14 apr. J.-C.

    1667TI CAESAR AVGVST F IMPERAT VII ROM ET AVG

    1668742*. 2002-11115-557 : bronze, 4,54 g, 19 mm ; C 38, BN 4758.

    1669Néron (54-68)

    1670– 743. 2005-12043-16 : bronze, 10,38 g, 28 mm.

    1671Caligula (37-41)

    1672Sesterce de Caligula, 37-38 av. J.-C., atelier de Rome

    1673C CAESAR AVG GERMANICVS PON M TR POT

    1674VESTA / S|C

    1675– 744*. 2003-12028-1126 : bronze, 10,95 g, 28 mm ; RIC I 38, C 27.

    1676Claude (41-54)

    1677As de Claude

    1678TI CLAVDIVS CAESAR AVG P M TR P IMP P P

    1679S|C

    1680– 745. 2003-12035-319 : bronze, 5,54 g, 24 mm ; ric i 116, c 84.

    1681Domitien (81-96)

    1682As, 85, atelier de Rome

    1683IMP CAES DOMITIAN AVG GERM COS XI CENS PER P P

    1684MONETA AVGVSTI / S|C

    1685– 746. 2002-11104-130 : bronze, 10,69 g, 29 mm ; RIC 301b.

    1686Nerva (96-98)

    1687As, septembre-décembre 97, atelier de Rome

    1688IMP NERVA CAES AVG P M TR P II COS III P P

    1689CONCORDIA EXERCITVVM // S C

    1690– 747*. 2003-12069-591 : bronze, 10,83 g, 27 mm ; RIC 79, C 21, BMC/RE 128.

    1691Hadrien (117-138)

    1692Sesterce, 134-138, atelier de Rome

    1693HADRIANVS AVG COS III P P AFRICA // S C

    1694– 748. 2002-11113-139 : bronze, 27,83 g, 34 mm (AFRIQUA) ; RIC 840, C 144.

    1695As d’Hadrien indéterminé (légende illisible)

    1696– 749. 2002-11117-171 : bronze, 10,02 g, 27 mm.

    1697Antonin le Pieux (138-161)

    1698As, 142, atelier de Rome

    1699ANTONINVS AVG PIVS P P TR P COS III

    1700FELICITAS AVG / S|C

    1701– 750. 2001-HC-615 : bronze, 8 g, 24 mm ; ric 679, c 366, bmc/re 1362.

    1702As, 151, atelier de Rome

    1703IMP CAES T AEL HADR ANTONINVS AVG PIVS P P

    1704TR POT XIII. I COS IIII // IVSTITIA151

    1705– 751*. 2002-11046-41 : bronze, 13,07 g, 26 mm ; RIC 881, C 474.

    1706Marc aurèle (161-180)

    1707Dupondius, 163, atelier de Rome

    1708IMP CAES M AVREL ANTONINVS AVG PM

    1709SALVTI AVGVSTOR TR P XVII // COS III / S|C

    1710– 752. 2002-11060-65 : bronze, 12,22 g, 24 mm ; ric 846, c 558.

    1711Elagabal (218-222)

    1712As, 220, atelier de Rome

    1713IMP CAES M AVR ANTONINVS PIVS AVG

    1714P M TR P III COS III P P / -|- // SC

    1715– 753*. 2005-15270-261 : bronze, 9,70 g ; ric 311, c 174.

    1716Gallien (260-268)

    1717Antoninien, 267, atelier de Rome

    1718GALLIENVS AVG

    1719DIANAE CONS AVG // XII

    1720– 754. 2002-11119-192 : bronze, 2,64 g, 20 mm ; ric 181, c 162.

    1721Claude II (268-270)

    1722Antoninien, septembre 268 - début 269, atelier de Rome

    1723IMP C CLAVDIVS AVG

    1724VIRTVS AVG

    1725– 755. 2002-11106-133 : bronze, 2 g, 21 mm, 6 h ; RIC 109.

    1726Victorin (269-271)

    1727Antoninien, imitation, atelier barbare

    1728– 756. 2002-11174-308 : bronze, 0,98 g, 16 mm, état 2-GR.

    1729Tétricus I (271-274)

    1730Antoninien, imitation, atelier barbare

    1731– 757. 2001-10023-10 : bronze, 0,70 g, 14 mm.

    1732– 758. 2001-10187-142 : bronze, 0,89 g, 15 mm.

    1733– 759*. 2001-10069-37 : bronze, 0,94 g, 15 mm.

    1734– 760. 2002-11098-113 : bronze, 0,98 g, 15 mm.

    1735– 761. 2002-11108-560 : bronze, 1,89 g, 17 mm.

    1736– 762. 2002-11124-223 : bronze, 1,50 g, 16 mm.

    1737– 763. 2002-11118-176 : bronze, 0,81 g, 16 mm, état 2-GR.

    1738– 764. 2002-11118-233 : bronze, 2,01 g, 16 mm, état 2-GR.

    1739– 765. 2002-11118-257 : bronze, 0,90 g, 14 mm, état 2-GR.

    1740– 766. 2002-11118-260 : bronze, 1,88 g, 15 mm, état 2-GR.

    1741– 767. 2002-11118-270 : bronze, 1,12 g, 15 mm, état 2-GR.

    1742– 768. 2002-11118-562 : bronze, 1,03 g, 14 mm, état 2-GR.

    1743– 769. 2002-HC-554 : bronze, 1,40 g, 15 mm.

    1744– 770. 2002-HC-558 : bronze, 1,77 g, 17 mm.

    1745Tétricus II (273-274)

    1746Antoninien, imitation, atelier barbare

    1747– 771. 2002-11118-282 : bronze, 2,52 g, 21 mm, état 2-GR ; RIC 80.

    1748– 772. 2002-11118-279 : bronze, 1,15 g, 16 mm, état 2-GR.

    1749– 773. 2002-11118-565 : bronze, 0,89 g, 19 mm, état 2-GR ; RIC 272.

    1750– 774*. 2002-11063-62 : bronze, 3,39 g, 17 mm ; RIC 272.

    1751– 775. 2002-HC-553 : bronze, 2,02 g, 17 mm ; ric 255.

    1752Empereur gaulois (260-274)

    1753– 776. 2002-11104-131 : bronze, 1,47 g, 15 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1754– 777. 2001-10022-29 : bronze, 2,35 g, 18 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1755– 778*. 2001-10155-102 : bronze, 1,34 g, 16 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1756– 779. 2002-11076-155 : bronze, 1,02 g, 12 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1757– 780. 2002-11146-278 : bronze, 1,35 g, 15 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1758– 781. 2002-11118-263 : bronze, 2,09 g, 20 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1759– 782. 2002-11118-307 : bronze, 1,34 g, 18 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1760– 783. 2002-11118-179 : bronze, 1,37 g, 13 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1761– 784. 2002-11118-259 : bronze, 0,61 g, 15 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1762– 785. 2002-11118-566 : bronze, 1,01 g, 16 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1763– 786. 2002-11118-559 : bronze, 1,08 g, 15 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1764– 787. 2002-11118-232 : bronze, 1,81 g, 16 mm, état 2-GR (empereur gaulois, 260-274).

    1765– 788. 2003-12000-1127 : bronze, 0,61 g, 14 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1766– 789. 2002-11119-200 : bronze, 2,43 g, 16 mm (empereur gaulois, 260-274).

    1767Tacite (275-276)

    1768Aurelianus, novembre-décembre 275, atelier de Lyon (?)

    1769PIM C CL TACITVS AVG.

    1770AEQVITAS AVG

    1771– 790. 2002-11104-564 : argent, fourrée, 4,10 g, 23 mm ; RIC temporaire 3260.

    1772Aurelianus, mai-juin 276, atelier de Lyon ; atelier de Gaule

    1773IMP C M CL TACITVS P F AVG

    1774PAX AETERNA / B - *. //

    1775– 791*. 2001-10072-614 : bronze, 3,21 g, 23 mm ; RIC 33, C 64.

    1776Aurelianus, mai-juin 276, atelier de Lyon

    1777IMP CL TACITVS AVG

    1778TEMPORVM FELICITAS / D|* // -

    1779– 792. 2002-11104-556 : argent, fourrée, 3,85 g, 24 mm ; RIC 65, C 144.

    1780Probus (276-282)

    1781Aurelianvs, atelier de Ticinum

    1782IMP C PROBVS P F AVG

    1783CONCORD MILIT / -|- // PXXT

    1784– 793*. 2002-11107-555 : argent, fourrée, 3,95 g, 24 mm ; RIC 333, C 123.

    1785Maximilien Hercule (286-305 ; 307- 308)

    1786Quart de follis, printemps-été 307, atelier de Trèves

    1787IMP MAXIMIANVS P F AVG

    1788VO/TIS / XXX

    1789– 794*. 2002-11068-61 : bronze, 2,01 g, 17 mm ; ric 754, c 673.

    1790Constantin I (307-337)

    1791Nummus, 310-313, atelier de Trèves

    1792CONSTANTINVS P F AVG

    1793SOLI INVICTO COMITI / T|F // PTR

    1794– 795*. 2005-15270-252 : bronze, 3 g, 21 mm ; ric 873, c 525.

    1795Constantin II (317-337)

    1796Centenionalis, 328-329, atelier d’Arles

    1797CONSTANTINVS IVN NOB C

    1798PROVIDENTIAE CAESS / S|F // TCONST

    1799– 796*. 2001-10072-45 : bronze, 3,13 g, 21 mm ; ric 311, c 165.

    1800Constance II (337-361)

    1801Centenionalis, 337-348, atelier indéterminé CONSTANTIVS P F AVG

    1802VICTORIAE DD AVGGQ NN / (...) // (...)

    1803– 797. 2003-12000-78 : bronze, 1,66 g, 15 mm.

    1804Centenionalis, 343-347, atelier de Lyon

    1805CONSTANTIVS P F AVG

    1806VICTORIAE DD AVGG Q NN / PHL // PLG

    1807– 798. 2003-12035-381 : bronze, 1,63 g, 16 mm ; ric 55.

    1808Centenionalis, 353-355, atelier d’Arles

    1809D N CONSTANTIVS P F AVG

    1810FEL TEMP REPARATIO / -|- // PCON

    1811– 799*. 2009-HC-84 : bronze, 2,73 g, 17 mm ; ric 215.

    1812Valens (364-378)

    1813Nummus, 365, atelier de Trèves

    1814D N VALENS P F AVG

    1815SECVRITAS REIPVBLICAE / -|- // TRS*

    1816– 800*. 2003-12045-1178 : bronze, 2,48 g, 18 mm ; RIC 32.

    1817Minimissime du IVe siècle

    1818– 801. 2001-10054-36 : bronze, 0,15 g, 12 mm.

    1819Indéterminée romaine

    1820Illisible, très mal conservée, identification incertaine ou imprécise.

    1821– 802. 2001-10066-41 : bronze, 0,75 g, 12 mm.

    1822– 803. 2002-11300-1 : bronze, 0,17 g, 9 mm.

    1823– 804. 2003-12074-1162 : indéterminée, 0,23 g, 13 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1824– 805. 2003-12000-1169 : indéterminée, 20,43 g, 32 mm.

    1825– 806. 2005 ou 2002-11369-320 : bronze.

    1826– 807. 2001-10213-217 : bronze, 1,66 g, 18 mm.

    1827– 808. 2001-H.C.-225 : bronze, 2,14 g, 14 mm.

    1828– 809. 2002-11219-455 : bronze, 0,20 g, 7 mm, état 2 (non différencié).

    1829– 810. 2002-11226-482 : bronze, 0,57 g, 13 mm, état 1 (perturbé).

    1830– 811. 2002-11372-377 : bronze, 1,28 g, 13 mm.

    1831– 812. 2002-11076-160 : bronze, 1,35 g, 14 mm.

    1832– 813. 2002-11146-546 : bronze, 1,50 g, 15 mm.

    1833– 814. 2002-11311-547 : bronze, 1,56 g, 12 mm.

    1834– 815. 2002- ?-427 : bronze, 1,83 g, 12 mm.

    1835– 816. 2002-11225-471 : bronze, 2,11 g, 18 mm, état 2 (non différencié).

    1836– 817. 2002-11602-287 : bronze, 2,26 g, 14 mm.

    1837– 818. 2002-11045-49 : bronze, 2,30 g, 20 mm.

    1838– 819. 2002-11222-443 : bronze, 2,52 g, 16 mm, état 2 (non différencié).

    1839– 820. 2002-11374-402 : bronze, 2,67 g, 16 mm.

    1840– 821. 2003-12000-1153 : indéterminée, 0,69 g, 8 mm.

    1841– 822. 2003-12000-1057 : indéterminée, 0,94 g, 12 mm.

    1842– 823. 2003-12069-623 : bronze, 1 g, 16 mm.

    1843– 824. 2003-12074-701 : base-cuivre, 1,09 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1844– 825. 2003-12000-1061 : indéterminée, 1,30 g, 12 mm.

    1845– 826. 2003-12045-368-3 : bronze, 1,36 g, 14 mm.

    1846– 827. 2003-12922-553 : indéterminée, 1,37 g, 14 mm, état 2-GR.

    1847– 828. 2003-12000-494 : indéterminée, 1,47 g, 13 mm.

    1848– 829. 2003-12000-486 : bronze, 1,58 g, 17 mm.

    1849– 830. 2003-12074-708 : indéterminée, 3,37 g, 18 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1850– 831. 2003-12074-1159 : indéterminée, 1,60 g, 14 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1851– 832. 2003-12037-506 : indéterminée, 1,61 g, 17 mm, état 2.3.

    1852– 833. 2003-12000-1137 : bronze, 1,64 g, 15 mm.

    1853– 834. 2003-12068-599 : indéterminée, 1,68 g, 17 mm, état 2.3.

    1854– 835. 2003-12000-464 : indéterminée, 1,73 g, 18 mm.

    1855– 836. 2003-12033-248 : bronze, 1,86 g, 16 mm.

    1856– 837. 2003-12037-1170 : indéterminée, 1,98 g, 15 mm, état 2.3.

    1857– 838. 2003- ?-117 : bronze, 2,06 g, 16 mm.

    1858– 839. 2003-12074-698 : bronze, 2,07 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1859– 840. 2003-12000-1141 : indéterminée, 2,07 g, 16 mm.

    1860– 841. 2003-12054-544 : bronze, 2,12 g, 17 mm.

    1861– 842. 2003-12074-1165 : indéterminée, 2,16 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1862– 843. 2003-12074-645 : indéterminée, 2,19 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1863– 844. 2003-12085-908 : indéterminée, 2,24 g, 17 mm.

    1864– 845. 2003-12027-92 : argent, 2,27 g, 17 mm.

    1865– 846. 2003-12593-882 : bronze, 2,30 g, 15 mm, état 2 (non différencié).

    1866– 847. 2003-12069-610 : bronze, 2,37 g, 14 mm.

    1867– 848. 2003-12045-355 : indéterminée, 2,37 g, 16 mm.

    1868– 849. 2003-12112-990 : 2,40 g, 15 mm.

    1869– 850. 2003-12000-1135 : bronze, 2,42 g, 17 mm.

    1870– 851. 2003-12028-131 : bronze, 2,44 g, 16 mm.

    1871– 852. 2003-12033-295 : bronze, 2,48 g, 16 mm.

    1872– 853. 2003-12514-361 : bronze, 2,56 g, 13 mm.

    1873– 854. 2003-12538-1175 : bronze, 2,56 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1874– 855. 2003-12085-874 : bronze, 2,60 g, 16 mm.

    1875– 856. 2003-12000-416 : indéterminée, 2,73 g, 15 mm.

    1876– 857. 2003-12033-247 : indéterminée, 2,81 g, 15 mm.

    1877– 858. 2003-12069-582 : indéterminée, 2,83 g, 16 mm.

    1878– 859. 2003-12074-1157 : indéterminée, 2,83 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1879– 860. 2003-12073-808 : bronze, 2,85 g, 16 mm, état 2.3.

    1880– 861. 2003-12074-1164 : indéterminée, 2,99 g, 16 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1881– 862. 2003-12074-1167 : indéterminée, 3,14 g, 17 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1882– 863. 2003-12012-21 : 3,16 g, 15 mm.

    1883– 864. 2003-12069-609 : bronze, 1,36 g, 14 mm.

    1884– 865. 2004-13646-212 : bronze, 0,76 g, 9 mm.

    1885– 866. 2004-13032-315 : bronze, 0,95 g, 11 mm.

    1886– 867. 2004-13032-387 : bronze, 1 g, 12 mm.

    1887– 868. 2004-646 : bronze, 1,14 g.

    1888– 869. 2004-13695-342 : bronze, 1,40 g, 12 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1889– 870. 2004-13080-407 : bronze, 1,40 g, 13 mm, état 1, phase 2 (occup./démol.).

    1890– 871. 2004-13059-270/3 : indéterminée, 2,41 g, 15 mm, état 2, phase 2 (occup./démol.).

    1891– 872. 2004-13032-384 : bronze, 1,70 g, 14 mm.

    1892– 873. 2004-coupe-23 : bronze, 1,76 g, 12 mm.

    1893– 874. 2004-13900-114 : bronze, 1,99 g, 15 mm.

    1894– 875. 2004-13051-239 : bronze, 2,10 g, 15 mm.

    1895– 876. 2004-13210-341 : bronze, 2,30 g, 16 mm.

    1896– 877. 2004-13056-262 : bronze, 2,48 g, 15 mm.

    1897– 878. 2004-13531-82 : bronze, 3,27 g, 16 mm.

    1898– 879. 2005-15013-102 : bronze, 0,21 g.

    1899– 880. 2004-13531-82 : bronze, 3,27 g, 16 mm.

    1900– 881. 2005-15013-102 : bronze, 0,21 g.

    Pl. 1 – Sélection de monnaies gauloises (le numéro renvoie au catalogue).

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    Pl. 2 – Sélection de monnaies gauloises.

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    Pl. 3 – Sélection de monnaies gauloises.

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    Pl. 4 – Sélection de monnaies gauloises et romaines.

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    Pl. 5 – Sélection de monnaies romaines.

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    AMPHORES

    1901L’étude du mobilier amphorique47 repose sur un échantillonnage de quelque 80000 tessons recueillis entre 1992 et 2005 dans l’enceinte du sanctuaire laténien, dont le poids cumulé dépasse les six tonnes (tabl. XIII-XIV). Les lots étudiés attestent la présence d’au moins 900 récipients (NMI)48. Ces derniers correspondent en quasi-totalité à des amphores vinaires d’époque tardo-républicaine produites sur la côte thyrrénienne de l’Italie (Campanie, Latium, Étrurie). Le mobilier ne comporte qu’un exemplaire d’amphore de Brindes et quelques tessons d’amphores de type Lamboglia 2, produits sur la côte adriatique.

    Tabl. XIII – Quantités de mobilier étudiées, par année de découverte.

    Nombre (NR)

    Poids (kg)

    1992

    141

    29

    1993

    6048

    624

    2001

    6137

    739

    2002

    11250

    1341

    2003

    31521

    2988

    2004

    15278

    130

    2005

    9233

    305

    Total

    79608

    6156

    Tabl. XIV – Comptage des parties de récipient, par année de découverte.

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    Tabl. XV – Comparaison de l’assemblage découvert à Corent 2001-2005 avec plusieurs ensembles régionaux du ier s. av. J.-C.

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    FACIÈS GÉNÉRAL

    1902Du point de vue métrologique, l’indice de hauteur médian des lèvres mesurées est de 40 mm, pour un degré d’inclinaison de 77° (fig. 208). La majorité des bords se range dans la classe 2 de V. Guichard (1997), équivalente au type Dressel 1A (tabl. XV). Un nombre plus restreint de lèvres appartiennent aux classes 2/3 (Dressel 1A/B ou Dressel 1B) (fig. 209 et 210).

    1903Considéré globalement, cet assemblage est très similaire à celui des amphores constitutives de l’épandage mis en évidence en 1992 au nord du sanctuaire, daté de La Tène D1b/ D2a (tabl. XV et fig. 211). Les pourcentages des classes de lèvres sont obtenues à partir de l’étude des amphores d’Aulnat (La Grande Borne, Gandaillat, Le Brézet, Pontcharaud, Elisée-Reclus), de la fouille de Corent en 1992, du sanctuaire de Corent, de l’oppidum de Gondole (espace intérieur, Les Chaumes 2005-2006) et de Gergovie (Chemin-de-la-Croix) (Loughton, en cours ; Deberge et al., 2001). Il diffère du faciès global qui caractérise l’agglomération de plaine d’Aulnat à La Tène D1, comme de celui identifié sur les oppida plus tardifs de Gondole et de Gergovie, occupés à La Tène D2 (fig. 211).

    Fig. 208 – Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords, avec courbe de tendance.

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    Fig. 209 – Comparaison du mobilier amphorique du sanctuaire de Corent (faciès global) avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    ANALYSE PAR STRUCTURE ET NIVEAU ARCHÉOLOGIQUE

    Fossé de péribole

    1904Le fossé d’enclos de péribole a livré un total de 420 récipients, dont quatre amphores de type Dressel 1C et une amphore de Brindes.

    1905La majorité des amphores issues du fossé semble ne former qu’un seul dépôt. En témoignent les nombreux recollages opérés entre différentes sections de son tracé, ainsi qu’entre certains tessons situés à la base et au sommet du creusement. Les fragments de l’amphore de Brindes, par exemple, ont été recueillis aussi bien dans les branches est (13081, 13070, phase 2a ; 13075, 13070, phase 2b) et ouest (13695, 13697, 13750, niveau supérieur) que nord (12597, 12628, niveau supérieur) du fossé. De même, de nombreux tessons d’amphores Dressel 1 recollent entre les différents niveaux fouillés dans la branche orientale49.

    1906Considéré dans sa globalité, ce lot se caractérise par une hauteur de lèvre médiane de 38 mm et une inclinaison de 75° (fig. 212). Une majorité de bords se rattache à la classe 2 de V. Guichard, et une minorité à la classe intermédiaire 2 ou 3, soit au type Dressel 1A. Un nombre plus restreint d’amphores appartiennent aux types gréco-italique et Dressel 1B (fig. 213 et 214). Ce faciès global est très similaire à celui de l’épandage fouillé en 1992 au nord du sanctuaire (tabl. XV), datable de La Tène D1b/D2a, ainsi qu’à celui du site du Bay, datable de la fin de La Tène D1b (Loughton, en cours). Il diffère, en revanche, d’autres assemblages auvergnats caractéristiques de La Tène D2a et D2b (tabl. XV).

    Fig. 210 – Définition et analyse des différentes classes morphologiques en présence (d’après le système de classification des bords proposé par V. Guichard à partir des fouilles de Roanne : Lavendhomme, Guichard, 1997).

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    Fig. 211 – Pourcentages des classes de lèvres obtenues à partir de l’étude des amphores d’Aulnat (La Grande Borne, Gandaillat, Le Brézet, Pontcharaud, Elisée-Reclus), de la fouille de Corent en 1992, du sanctuaire de Corent, de l’oppidum de Gondole (espace intérieur, Les Chaumes 2005-2006) et de Gergovie (Chemin-de-la-Croix).

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    1907L’étude détaillée des contextes de découvertes met en évidence des distinctions entre les différentes phases du fossé. Les niveaux inférieurs (13090, état 1) de la branche orientale fouillée en 2004 et 2005 comprennent un nombre sensiblement plus élevé de bords appartenant aux classes 1, 1/2 et de nombreux pieds courts et étroits, dont la datation pourrait remonter à la fin du iie s. av. J.-C. Les dépôts inférieurs de la section nord du fossé contrastent avec ce faciès, puisqu’ils comprennent des variantes plus tardives d’amphores de type Dressel 1A/B et, dans certains cas, des bords de type Dressel 1B. Certains dépôts supérieurs du fossé et les « pavages » d’amphores constitutifs du sol de la galerie de l’état 2 sont également plus tardifs, avec une proportion plus importante de bords de la classe 2 ou 3. Théoriquement datables des débuts de La Tène D2a, ils montrent de nettes différences avec d’autres assemblages de cette période, comme celui de Gondole « Les Chaumes ».

    Fig. 212 – Fossé de péribole. Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 213 – Fossé de péribole. Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 214 – Fossé de péribole. Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    1908La présence d’une amphore de Brindes constitue le premier exemplaire de ce type attesté en Auvergne ; la plupart des lieux de découverte se concentrent dans le sud de la France, à l’exception de quelques exemplaires signalés en Bourgogne (Loughton, 2003 ; Id., en cours). La majorité d’entre eux sont datés du ier s. av. J.-C., plus précisément de La Tène D2, à l’instar de l’exemplaire de Corent.

    Fosse cuvelée E2

    1909Les dépôts d’amphores qui entourent la fosse cuvelée E2 (11342) comportent 393 tessons, pour un poids de 86,200 kg. Les bords indiquent un nombre minimal de quatorze récipients, pour beaucoup incomplets. La majorité des tessons se rapportent à la panse, les cols accusant un net déficit (fig. 215). Cet assemblage accuse également un déficit en pieds et bas de panse. Le nombre réduit de récipients limite toutefois la pertinence de cette observation statistique. À noter enfin que des recollages ont été observés entre cette structure et les niveaux environnants (11355, 11374).

    1910La hauteur moyenne de lèvre est de 44 mm, pour un angle d’inclinaison de 82° (fig. 216). La majorité d’entre elles relèvent de la classe 2 de V. Guichard, d’autres de la classe 2 ou 3 (voir tabl. XV). Dans cet assemblage prédominent les Dressel 1A et une combinaison d’amphores de type 1A ou 1B (fig. 217-218). Comparé aux principaux lots d’amphores républicaines découverts en Auvergne, ce dépôt diffère sensiblement des assemblages et des sites datés de La Tène D2a, dominés par les bords de classe 2 ou 3, ainsi que par un nombre non négligeable d’amphores de la classe 3. Leurs valeurs de hauteur et d’inclinaison sont également supérieures (cf. tabl. XV).

    Fig. 215 – Fosse cuvelée E2. Typologie des fragments d’amphores.

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    Fig. 216 – Fosse cuvelée E2. Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 217 – Fosse cuvelée E2. Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 218 – Fosse cuvelée E2. Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    1911La constitution de cet assemblage peut être datée des débuts de La Tène D2a. Il est probablement contemporain de la première occupation de Gondole, qui débute dans les années 80/70 av. J.-C. (Loughton, en cours ; Deberge et al., 2009).

    Fosse cuvelée E4

    1912La morphologie des amphores républicaines constitutives du dépôt d’amphores de la fosse E4 (12113) est similaire à celle des amphores du dépôt précédent. La hauteur et l’inclinaison moyennes des bords atteignent, respectivement, 45 mm et 85° ; la majorité d’entre eux appartiennent à la classe 2 de Guichard et le reliquat aux classes 2 ou 3. Le spectre des mesures de hauteur et d’inclinaison est relativement homogène, les valeurs restant confinées dans une étroite fourchette (fig. 219). Selon l’interprétation de ces données, cet assemblage est soit dominé par les Dressel 1A, soit il comprend une combinaison d’amphores de type 1A et 1B (fig. 220-221). À noter que les amphores issues de l’atelier campanien de Mondragone y prédominent sur celles d’Étrurie méridionale. Sa constitution est probablement contemporaine de celle du dépôt précédent, datée du début de La Tène D2a.

    Fig. 219 – Fosse cuvelée E4. Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 220 – Fosse cuvelée E4. Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 221 – Fosse cuvelée E4. Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    Tranchée de palissade extérieure

    1913La tranchée de palissade (13061) qui fonde le mur extérieur de la galerie de l’état 2 contenait 638 tessons d’amphores républicaines, pour un poids de 76,600 kg. Les amphores issues des officines d’Étrurie méridionale, et en particulier de l’atelier d’Albinia, sont majoritaires. Ce lot montre une légère prédominance des fragments d’anse (fig. 222). Il comprend trente-neuf tessons de lèvre issus de vingt-deux récipients (fig. 223), caractérisés par une hauteur moyenne de 47 mm et une inclinaison de 80° (tabl. XV). La majorité d’entre eux se rattachent à la classe intermédiaire 2 ou 3 de Guichard. Dominé par les types de transition Dressel 1A et 1B et les amphores de type Dressel 1B (fig. 224-225), l’assemblage peut être daté de la fin de La Tène D2a.

    Enclos A

    1914Les branches nord, est et sud du fossé d’enclos fouillées en 2001 comprennent deux couches de remplissage (Poux et al., 2002). Des recollages existent néanmoins entre ces deux horizons et la branche ouest du fossé dégagée en 2003. Les amphores correspondent à vingt-neuf récipients, dont une Dressel 1C. Une part significative des bords provient de l’Étrurie méridionale, en particulier de l’atelier d’Albinia. Le spectre typologique est extrêmement large, avec une forte variation des mesures de hauteur et d’inclinaison des bords (fig. 226). La hauteur médiane est de 46 mm, pour une inclinaison de 77°. Les lèvres se répartissent dans toutes les classes de V. Guichard, avec une prédominance des classes 2-3 et 3. Combinant des amphores Dressel 1A, des Dressel 1B et des variantes de transition entre les deux types (fig. 227-228), l’hétérogénéité de l’assemblage plaide pour l’existence de deux phases datées, respectivement, de La Tène D1b/D2a et de La Tène D2a.

    Fig. 222 – Tranchée de palissade (13061). Typologie des fragments d’amphores.

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    Fig. 223 – Tranchée de palissade (13061). Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 224 – Tranchée de palissade (13061). Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 225 – Tranchée de palissade (13061). Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    Fig. 226 – Enclos A. Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/ d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 227 – Enclos A. Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 228 – Enclos A. Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    Enclos B

    1915Le second enclos, fouillé au sud du premier, a livré un nombre trop limité d’amphores pour permettre une analyse statistique fiable. On notera seulement qu’une lèvre de type Dressel 1B figure dans son remplissage.

    Niveaux d’épandages laténiens de la structure sur poteaux D

    1916Cet assemblage, qui comprend trente et un récipients, est très similaire à ceux mis en évidence dans le fossé de péribole et les épandages fouillés en 1992 (tabl. XV), datés de La Tène D1b/D2a. La hauteur moyenne des bords est de 41 mm, pour une inclinaison de 77° (fig. 229). La majorité des bords se range dans la classe 2 de V. Guichard, au sein d’un assemblage dominé par les amphores de type Dressel 1A (fig. 230- 231).

    Estampilles

    1917Le mobilier amphorique étudié comprend un total de quatre-vingt-quatre estampilles, subdivisées en deux lots étudiés successivement : cinquante-et-une d’entre elles proviennent des fouilles de 1993, 2001 et 2002, et trente-trois autres des campagnes 2003-2005. Une part significative des tessons présente des argiles caractéristiques des officines d’Étrurie méridionale, attribuables majoritairement aux ateliers d’Albinia et de La Parrina/PDR.

    Fig. 229 – Niveaux laténiens de la structure sur poteaux D. Diagramme de mise en rapport des mesures de hauteur/d’inclinaison des bords avec courbe de tendance.

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    Fig. 230 – Niveaux laténiens de la structure sur poteaux D. Définition et analyse des classes de bords.

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    Fig. 231 – Niveaux laténiens de la structure sur poteaux D. Comparaison du faciès typologique en présence avec une sélection de cargaisons d’épaves méditerranéennes.

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    1918Le détail de l’étude des timbres issus des fouilles 1992-1993 et 2001-2002 a été développé dans une précédente publication (Loughton, 2005). Le catalogue figurant ci-dessous ne considère que les autres timbres découverts par la suite entre 2003 et 2005.

    CATALOGUE DES TIMBRES

    19191. Contexte : 12506, base maçonnée gallo-romaine.

    1920Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1921Estampille : AF

    1922Atelier : Albinia.

    1923Parallèles : épave de l’Estérel, Nages, Titelberg (Olmer, 2003, p. 277).

    19242. Contexte : 13050, palissade (13061).

    1925Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1926Estampille : AK

    1927Atelier : Albinia.

    1928Parallèles : Bibracte, Hyères (Olmer, 2003, p. 278).

    19293. Contexte : 13678, fossé de péribole (13700), branche nord, état 1.2

    1930Emplacement : haut de l’anse.

    1931Estampille : AN(

    19324. Contexte : 13278, fossé de péribole (13222), branche sud, état 1.2

    1933Emplacement : haut de l’anse.

    1934Estampille : A(N ?

    1935Atelier : Albinia.

    19365. Contexte : 13052, palissade (13061).

    1937Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1938Estampille : CA

    1939Atelier : Albinia.

    1940Parallèles : Vieux-Châlons, Forêt de Compiègne, Bibracte, Auterive (Olmer, 2003, p. 284).

    19416. Contexte : 12608, fossé de péribole (12628), branche ouest, état 1.2

    1942Emplacement : lèvre.

    1943Estampille : C.SEXTILI. L

    1944Atelier : Paestum ?

    1945Parallèles : Bibracte, Lyon (Olmer, 2003, p. 287 ; Desbat, Maza, Picon, 2007).

    19467. Contexte : 12087, niveau de sol laténien. Emplacement : lèvre.

    1947Estampille : Δ (Delta)

    1948Atelier : Feniglia.

    1949Parallèles : Baou-Roux, Feniglia, Roanne (Olmer, 2003, p. 287).

    19508. Contexte : 13538, fosse (13538).

    1951Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1952Estampille : E(

    1953Atelier : PDR/Parrina.

    19549. Contexte : 13030, puits 13031.

    1955Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1956Estampille : E(C ou G

    1957Atelier : PDR/Parrina.

    1958Parallèles : divers exemples (Olmer, 2003, p. 290-291).

    195910. Contexte : 13050, palissade (13061).

    1960Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1961Estampille : F(

    1962Atelier : Albinia.

    196311. Contexte : 13074, fossé de péribole (13070), état 1.2

    1964Emplacement : épaulement.

    1965Estampille : F ? (

    196612. Contexte : 13532, trou de poteau (13533).

    1967Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1968Estampille : HE

    1969Atelier : Albinia.

    1970Parallèles : Tillay, Tournus, Bibracte, épave de la Fourmigue C, Pamiers, Toulouse, Auterive, Millau (Olmer, 2003, p. 295).

    197113. Contexte : 13204, épandage de l’enclos C.

    1972Emplacement : haut de l’anse.

    1973Estampille : HERM(

    1974Atelier : diverses variantes HERM, HERM/ SVL, HERMA, HERMO, HERMON (Olmer, 2003, p. 295-296).

    197514. Contexte : 13279, fossé de péribole (13222), branche sud, état 1.2

    1976Emplacement : haut de l’anse.

    1977Estampille : ISID

    1978Atelier : Latium, Fondi.

    1979Parallèles : Bâle, Pamiers, Auterive, Albinia (Olmer, 2003, p. 297), Ciotat 3 wreck (Long et al., 2002).

    198015. Contexte : 13532, trou de poteau (13533).

    1981Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1982Estampille : K(

    1983Atelier : Albinia.

    198416. Contexte : 13507, trou de poteau (13506).

    1985Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1986Estampille : MB

    1987Atelier : Albinia.

    1988Parallèles : Bibracte, Albinia (Olmer, 2003, p. 301).

    198917. Contexte : 13053, palissade (13061).

    1990Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    1991Estampille : MC

    1992Atelier : PDR/Parrina.

    1993Parallèles : Essalois, Roanne, Rome, Alès (Olmer, 2003, p. 301).

    199418. Contexte : 12087, niveau du sol laténien. Emplacement : lèvre.

    1995Estampille : MEN

    199619. Contexte : 12500, décapage de surface. Emplacement : épaulement/départ d’anse. Estampille : MH

    1997Atelier : Albinia.

    1998Parallèles : Essalois (Olmer, 2003, p. 302).

    199920. Contexte : 13700, fossé de péribole (13750), branche ouest niveau supérieur.

    2000Emplacement : épaulement, côté du départ d’anse.

    2001Estampille : P

    2002Atelier : Falerne.

    2003Parallèles : Weymouth, Tournus, Bibracte, épave de Spargi, La Lagaste, Auterive, Sinuessa (Olmer, 2003, p. 305).

    200421. Contexte : 13679, fossé de péribole (13700), branche nord.

    2005Emplacement : épaulement.

    2006Estampille : Q.A(

    200722. Contexte : 13737, fossé de péribole (13750), état 1.2

    2008Emplacement : haut de l’anse.

    2009Estampille : RAN ?

    2010Atelier : Latium.

    201123. Contexte : hors contexte 2003.

    2012Emplacement : lèvre.

    2013Estampille : SOS. B

    2014Atelier : Pompéi/faux Pompéi.

    2015Parallèles : SOS seul attesté à Welwyn, Tillay, Mâcon, Bibracte, Fourmigue C, Besançon (Olmer, 2003, p. 313).

    201624. Contexte : 12714, enclos A.

    2017Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    2018Estampille : ) A

    2019Atelier : Albinia.

    202025. Contexte : 13081, fossé de péribole (13070), état 1.2

    2021Emplacement : haut de l’anse.

    2022Estampille : ) D

    2023Atelier : Albinia.

    202426. Contexte : 13081, fossé de péribole (13070), état 1.2

    2025Emplacement : haut de l’anse.

    2026Estampille : ) OL(I ou L

    2027Atelier : Latium, Fondi.

    202827. Contexte : 12027, remblai gallo-romain.

    2029Emplacement : épaulement/départ d’anse.

    2030Estampille : ?

    2031Atelier : Albinia.

    203228. Contexte : 12245, trou de poteau (12245).

    2033Emplacement : lèvre.

    203429. Contexte : 13074, fossé de péribole (13070), état 1.2

    2035Emplacement : lèvre.

    2036Estampille : illisible.

    2037Atelier : Albinia.

    203830. Contexte : 13081, fossé de péribole (13070), état 1.2

    2039Emplacement : lèvre.

    2040Estampille : illisible.

    204131. Contexte : 13081, fossé de péribole (13070), état 1.2

    2042Emplacement : haut de l’anse.

    2043Estampille : illisible.

    2044Atelier : Albinia.

    204532. Contexte : 13723, fossé de péribole (13700), branche nord, état 1.2

    2046Emplacement : épaulement.

    2047Estampille : illisible.

    204833. Contexte : 15060, structure sur poteaux D.

    2049Emplacement : lèvre.

    2050Estampille : illisible.

    2051Atelier : Albinia.

    Pl. 1 – Amphores, niveaux supérieurs du péribole, branche nord (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 2 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, branche est (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 3 – Amphores, péribole, branche nord. a : occupation de l’état 1 ; b : état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 4 – Amphores, péribole, branche nord. a : partie ouest, état 2 ; b : partie ouest, état 1 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

    Image 1000000000000440000004C8611F170897EF1B38.jpg

    Pl. 5 – Amphores, péribole, branche nord. a : état 1.2, fond du remplissage ; b : état 1.2, passe 3 ; c : passe 2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 6 – Amphores, péribole, branche nord. a : état 1.2, passe 2 ; b : état 1.2, première passe (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 7 – Amphores, péribole, branche est. a : état 1, calage ; b : état 1.2 (13079) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 8 – Amphores, péribole, branche est. Fossé est 13070, état 1.2 (13079) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 9 – Amphores, péribole, branche est. a : fossé est 13070, état 1.2 (13071) ; b : occupation de la galerie, état 2.2 (13048) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 10 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, branche est, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 11 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, branche est. a : état 1.2 ; b : empierrement, état 2.3 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 12 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, angle nord-est, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 13 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, angle nord-est, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 14 – Amphores, niveaux d’occupation de la galerie, angle nord-est, état 2.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 15 – Amphores, niveaux inférieur du péribole, angle nord-est, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 16 – Amphores, niveaux d’occupation de la galerie, angle nord-est. a : état 2.2 ; b : épandage 11225 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 17 – Amphores, comblement gallo-romain du fossé de péribole, angle nord-est (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 18 – Amphores, comblement gallo-romain du fossé de péribole, angle nord-est (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 19 – Amphores, comblement gallo-romain du fossé de péribole, angle nord-est (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 20 – Amphores, occupation de l’état 2 lato sensu, angle nord-est (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 21 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, branche nord, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 22 – Amphores, niveaux inférieurs du péribole, branche ouest, état 1.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 23 – Amphores, niveaux supérieurs du péribole, branche ouest, état 2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 24 – Amphores, péribole, tranchée de fondation 13061 du mur externe de la galerie (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 25 – Amphores, péribole, tranchée de fondation 13061 du mur externe de la galerie (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 26 – Amphores, péribole, branche sud. a : décapage de surface et état 1.2 ; b : occupation de la galerie, état 2.2 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 27 – Amphores, péribole, branche sud, comblements inférieurs (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 28 – Amphores, péribole, branche sud. a : état 1.2 ; b : fossé sud 13222, comblement supérieur (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 29 – Amphores, fosse 11264, sommet du fossé du péribole (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 30 – Amphores, fossé de l’enclos A, branche ouest. a : comblements laténiens ; b : comblement romain (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 31 – Amphores, fossés de l’enclos A (M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 32 – Amphores, fossés de l’enclos A (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 33 – Amphores, fossé de l’enclos B et contextes variés. a, TP 11239, TP 11241 ; b, TP 12105, TP 12335, TP 12245 ; c, TP 13089, puits 13031, fosse 13538 (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 34 – Amphores, structure sur poteaux (D) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 35 – Amphores, sols laténiens (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 36 – Amphores, sols laténiens (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 37 – Amas d’amphores du péribole (11220) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 38 – Amphores, fosse cuvelée (E2, UF 11342) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 39 – Amphores, fosse cuvelée (E2, UF 11342) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 40 – Amas d’amphores (11385), fosses cuvelées (E) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 41 – Amas d’amphores (12113), fosses cuvelées (E) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    Pl. 42 – Amas d’amphores (12113), fosses cuvelées (E) (DAO : M. Loughton, ARAFA).

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    CÉRAMIQUES LATÉNIENNES

    2052Romain Lauranson

    2053Plus de 57700 tessons de vaisselle (hors amphores), pour un poids supérieur à 640 kg, ont été recueillis au fil des cinq campagnes de fouille effectuées sur le sanctuaire. Une part non négligeable de ce mobilier correspond à des fragments erratiques, non identifiables ou découverts hors stratigraphie. Ils n’ont pas été pris en compte par l’étude, qui procède par échantillonnage des contextes les plus fiables et des ensembles les plus représentatifs, réunissant un corpus de vaisselle céramique de plus de 12500 tessons correspondant à 1139 récipients (fig. 232). Sont également intégrés les comptages et dessins d’une étude inédite réalisée par G. Verrier sur le secteur de l’entrée du sanctuaire, concernant au total 2236 tessons issus des dépôts du fossé 11176 (1546 restes) et de la tranchée de sablière basse 13061 attenante (690 restes)50. L’effectif total s’élève ainsi à plus de 14 700 tessons pour un NMI de 1351 récipients.

    2054Les lots proviennent en premier lieu de la fouille du fossé périphérique (11176) – échelonnée de 2002 à 2005 – qui fournit à elle seule 9245 tessons, soit 818 vases51. Il s’agit d’un ensemble conséquent vis à vis des études régionales sur La Tène finale, qui plus est stratifié et représentatif sur la durée du fonctionnement et des aménagements du sanctuaire : comblements du fossé palissadé (état 1), auxquels succèdent les niveaux piégés à son sommet, sous la galerie (état 2). C’est principalement à l’appui de cette documentation céramique que l’on se propose ici de contribuer au phasage chronologique du sanctuaire. Le regroupement des lots en ensembles, basé sur les données stratigraphiques, offre en effet un corpus de référence plus ou moins équilibré entre chacune des phases, mais assez également réparti entre les deux états successifs.

    2055Le tiers restant du corpus est issu de structures fossoyées et de niveaux provenant principalement de l’espace interne. Les structures porteuses du portique (trous de poteaux et tranchées de palissade) sont associées au deuxième état du sanctuaire à galerie monumentale. Les fossés et couches associés aux enclos A et B ne bénéficient pas de liaison stratigraphique stricte avec le fossé, de même que les épandages de sols dont l’échantillonnage a été ciblé au niveau des structures C, D et E. Il s’agira principalement de tenter de rattacher ces organes internes à la chronologie de référence établie d’après les contextes du fossé.

    2056Au-delà de la problématique chronologique, la sélection du corpus étudié vise à obtenir une bonne représentativité de l’ensemble de l’espace cultuel, propre à en nourrir l’analyse fonctionnelle. À l’instar des fossés de clôtures des établissements ruraux, la répartition des rejets de céramique le long du fossé périphérique du premier état apparaît à même de renseigner et discerner les activités qui avaient cours au sein de l’enclos. Le deuxième état, mieux caractérisé à partir des aménagements construits, tels que les cellules à foyer abritées sous le portique, mérite à ce titre une attention particulière. L’approche de cette question à partir de la vaisselle céramique prend un relief particulier dans le cas d’un sanctuaire où les rites de festins et de libations ont clairement été identifiés.

    2057L’étude du mobilier céramique de Corent bénéficie d’un cadre chrono-typologique régional particulièrement étoffé : dans le sillage des premières approches systématiques entreprises dès les années 1970 à l’échelle de l’est du Massif central (Périchon, 1977), et des études pilotes des sites ségusiaves (Vaginay, Guichard, 1988 ; Lavendhomme, Guichard, 1997), le PCR « Chrono-typologie des mobiliers du Second Âge du Fer en Auvergne », dirigé par Christine Mennessier-Jouannet (rapports 1999 à 2003, publication à paraître) a abouti à la sériation d’une cinquantaine d’ensembles provenant pour la plupart du bassin clermontois et s’échelonnent sur l’ensemble de la période laténienne. La documentation prise en compte est très abondante pour le iie s. avant notre ère, grâce au corpus des sites de plaine dont notamment le complexe d’Aulnat/Gandaillat/ La Grande Borne et l’établissement rural du Pâtural. Le ier siècle est illustré essentiellement par les occupations des oppida de Gergovie et plus encore de Gondole, dont la fouille programmée d’un quartier artisanal et domestique extra muros a livré de nombreux ensembles céramiques et des ateliers de production (Deberge, 2010). L’état des connaissances sur la sériation des répertoires et les modes de production de la céramique indigène de La Tène finale a été synthétisé par Y. Deberge (Deberge, Orengo, Loughton, Verrier, 2007).

    2058Pour autant, la chrono-typologie régionale souffre d’un déficit documentaire pour le milieu de La Tène finale, qui correspond très exactement à l’apogée de l’oppidum de Corent. La liaison entre la fin de l’occupation des sites de plaine étudiés (La Tène D1a-/D1b) et le développement des oppida de Gondole et Gergovie (La Tène D2) n’est pour l’heure documentée qu’au travers des ensembles du site du Bay, établi au pied de Corent (Guichard et al., 2001b), et de niveaux d’occupation provenant justement de l’oppidum de Corent (Deberge et al., 2001a), dont la datation suscite des réserves depuis l’extension des fouilles. Cet enjeu typo-chronologique est de nature à encourager l’étude systématique des ensembles céramiques livrés par la fouille de Corent, entreprise engagée et partiellement présentée sous forme de notices intégrées aux rapports de fouilles sur lesquelles pourront s’appuyer les comparaisons de cette présentation52.

    Fig. 232 – Effectifs de céramique étudiée en NR et en NMI, par contexte et diagramme de répartition en NR.

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    CORPUS

    2059La qualité des ensembles est moyenne au regard de ceux livrés par les habitats environnants ; à quelques exceptions près, il s’agit d’un mobilier très fragmentaire, issu de rejets détritiques ou d’apports erratiques dans les remblais. En témoigne le rapport NR/NMI global de 10,9 des ensembles du sanctuaire, à comparer aux 8,2 de l’espace urbain53. Cette forte fragmentation s’accompagne d’altérations assez marquées de la surface des tessons, qui peut aller jusqu’à la disparition complète de leur épiderme. Les dégradations paraissent sensiblement équivalentes sur la globalité des ensembles, hormis quelques phénomènes plus ponctuels (traces de feu, dépôts de calcite).

    2060Cet état de conservation du mobilier n’est pas sans incidence sur les résultats de l’étude : les vases ne sont souvent représentés que par des parties restreintes, peu exploitables du point de vue de la typologie, et l’appréciation des modes de cuisson, traitements de surfaces et décors s’avère parfois délicate.

    2061Par ailleurs, la segmentation des ensembles en petits lots – nécessaire aux analyses approfondies puisqu’elle traduit la stratification et la spatialisation des vestiges – handicape l’étude dans la mesure où elle ne permet pas de réunir physiquement et de façon systématique le mobilier des contextes contemporains et contigus pour en offrir une appréciation globale et favoriser les remontages. En conséquence, les commentaires statistiques sont émis sur la base de requêtes informatiques (tableau Excel unique) renvoyant et cumulant les comptages détaillés opérés pour le contenu de chaque lot.

    2062Ont été exclus les lots incluant des éléments gallo-romains intrusifs de façon récurrente, pouvant résulter de perturbations non perçues à la fouille ; ce phénomène n’est, globalement, que peu préjudiciable à la qualité du corpus. En revanche, l’ampleur des apports résiduels, tributaire des occupations protohistoriques successives du site, s’avère franchement contraignante et amène à relativiser la quantité de mobilier étudié. Présents en proportion souvent importante, ils tendent à brouiller l’ensemble des faciès céramologiques et ne sont naturellement d’aucun intérêt ni sur le plan chronologique, ni sur le plan fonctionnel.

    2063Au fil des campagnes de fouilles de 2001 à 2005, des études ciblées des céramiques indigènes, vaisselles d’importation et amphores ont contribué à la construction du phasage du sanctuaire ; elles ont porté sur son fossé périphérique et sur l’un des deux enclos internes. L’angle nord-est du fossé a fait l’objet d’une étude effectuée par D. Pasquier (mémoire de maîtrise inédit). L’analyse de cet ensemble substantiel, comportant près de 3000 tessons de vaisselle céramique, a débouché sur un phasage de son comblement en six étapes s’échelonnant du début au milieu du ier s. avant notre ère. La portion de la branche est du fossé périmétral, au sud de l’interruption marquant l’entrée, ajoutée à la prise en compte d’une structure proche, a permis à G. Verrier (inédit) de valider cette chronologie et d’en simplifier le phasage, en quatre étapes depuis le démantèlement de la première palissade jusqu’à la destruction de la galerie laténienne ; les comptages catégoriels et les dessins enrichissent le corpus de la présente étude. L’ensemble issu des branches nord, est et sud du fossé de l’enclos A (10325) (Deberge et al., 2002) établit, à partir de 700 tessons environ, la datation du démantèlement de cet organe interne du sanctuaire après le milieu du ier s.

    MÉTHODOLOGIE

    2064À l’exception de quelques ensembles perturbés, traités de façon sommaire et exclus des présentations normalisées, tous les lots ont fait l’objet d’un traitement homogène, adapté à la composition des ensembles. Les comptages sont déclinés en nombre de restes (NR) et en nombre minimum d’individus (NMI) « non-raisonné », qui correspond strictement au nombre de bords après remontage. Les modalités de présentation du corpus sont conformes aux normes des recherches régionales définies dans le cadre du PCR « Chrono-typologie des mobiliers du Second Âge du Fer en Auvergne » (Deberge, Mennessier-Jouannet, en cours).

    Critères technologiques

    2065Les critères technologiques pris en compte sont la texture de la pâte, le mode de façonnage, le mode de cuisson et les traitements de surface. Ces descripteurs sommaires, communément utilisés dans les études régionales (Feurs, Roanne, sites de la Limagne), visent à une classification simple et statistiquement exploitable des productions indigènes.

    2066Une classification systématique des argiles, d’après l’observation à l’œil nu, ne serait pas forcément pertinente du fait des productions indigènes courantes, qui sont caractérisées par l’absence manifeste des pâtes à forte teneur en calcaire et ne permettent guère de regroupement évident d’après les dégraissants (feldspath, quartz, ou micas). Une particularité attire néanmoins l’attention, qui mériterait confirmation par des analyses archéométriques : l’emploi vraisemblablement généralisé pour les céramiques fines d’argile à forte teneur en kaolinite, dont résultent des pâtes dures, à texture légèrement feuilletée, de couleur blanchâtre à bleutée en fonction du mode de cuisson.

    Texture de la pâte

    2067Le rapport entre matrice argileuse et présence d’inclusions détermine la texture de la pâte et reflète la qualité de la matière première employée pour la confection des récipients. Une argile grossière est définie par l’abondance de constituants minéraux grossiers au sein de la matrice argileuse (quartz, feldspath…), dont le calibre avoisine ou dépasse fréquemment le millimètre54. À l’inverse, les pâtes fines correspondent à des argiles très épurées et dépourvues de dégraissant : les inclusions visibles à l’œil nu y sont absentes ou rares, sauf une présence ponctuelle. Les argiles sont dites mi-fines dans les cas intermédiaires de pâtes à inclusions relativement abondantes, mais de calibre nettement inférieur au millimètre.

    2068La distinction entre panses de céramique modelée grossière et mi-fine n’a pas été opérée systématiquement, car elles correspondent fréquemment à des éléments résiduels sans pouvoir être systématiquement identifiées de manière formelle ; leur prise en compte faussant les statistiques en NR, il est préférable d’exprimer les comptages statistiques uniquement en termes de NMI, à partir des bords permettant une appréciation typologique du récipient. Les productions tournées fines laténiennes sont suffisamment caractérisées et méritent, en revanche, une détermination détaillée de leurs caractéristiques technologiques, dont les variations sont susceptibles d’être exploitées sur le plan chronologique.

    Façonnage

    2069Les récipients dont la production ne fait pas usage du tour rapide se reconnaissent à l’irrégularité des parois, leur aspect facetté, « inerte », et l’absence de stries régulières ; ils sont englobés dans les productions non-tournées, sans distinction plus précise du mode de façonnage (colombin, plaque, etc.). Plus pertinente – en ce qui concerne les productions de La Tène finale – est la distinction entre les récipients strictement non-tournés et ceux qui ont fait l’objet d’une finition au tour. Cette dernière concerne au premier chef des formes hautes (pots de stockage), sur lesquels s’observent, au niveau du col, des stries régulières témoignant d’un usage du tour, n’ayant toutefois pas suffi à estomper complètement les irrégularités de la paroi55. L’identification des productions tournées, aux parois régulières et plus tendues, ne pose généralement pas de problème même dans le cas de traitements de surface ayant effacé les stries de tournage.

    Modes de cuisson

    2070Le système descriptif des modes de cuisson, basé sur les atmosphères successives auxquelles sont exposés les récipients dans le laboratoire, a été défini par M. Picon (2002). On distingue deux modes principaux : le mode A (réducteur-oxydant) et le mode B (réducteur-réducteur). À ces deux modes s’ajoutent le mode primitif (à tendance réductrice ou oxydante) et les variations induites par l’emploi ou non de l’enfumage – ou fumigation, en fin de cuisson. Appliqués aux productions laténiennes rencontrées à Corent, ces modes présentent les caractéristiques suivantes :

    • Le mode primitif (B’) produit des teintes de pâte et de surface à dominante brune, à zonage plus ou moins sombre ou plus clair. On pourrait théoriquement le décliner en une variante A’ (cuisson mal maîtrisée à tendance oxydante) et, à l’inverse, une cuisson plus saturante en carbone qui donne des pâtes très franchement noircies, mais les altérations pouvant être liées à l’utilisation des récipients rend cette distinction hasardeuse. Ce mode de cuisson concerne essentiellement les productions à pâte grossière.

    • Le mode A se caractérise par des couleurs de pâte à tonalité chaude, allant du beige-jaune au rouge-orangé ; cette coloration, issue de l’oxydation de l’atmosphère de postcuisson, est souvent superficielle, limitée au derme des parois trop épaisses. Elle est parfois si mince qu’elle peut être effacée par l’altération de surface.

    • Le mode A suivi d’un enfumage (Aenf) induit une gamme de pâte identique, mais l’épiderme est constitué d’une pellicule noirâtre, sensible elle aussi aux aléas de la conservation. Elle résulte d’un apport de combustible en fin de cuisson, qui sature l’atmosphère du laboratoire et dépose des particules de carbone ; l’emploi d’un engobe destiné à mieux réagir à cette opération est envisageable dans certains cas.

    • Le mode B véritable diffère du mode B’ par la maîtrise de l’atmosphère de cuisson qui offre des pâtes de couleur homogène. Cette atmosphère apparaît « neutre », dans le sens où les pâtes ont bien été réduites (absence d’oxydation) sans toutefois être saturées en particules de carbone (absence de carburation56). À Corent, cette technique ne s’applique quasiment qu’aux céramiques fines, qui présentent souvent des pâtes et surfaces à tonalité froide, allant du gris clair au gris-bleuté.

    2071Il en va de même avec le mode B suivi d’un enfumage (Benf), qui présente une pellicule de surface noirâtre, parfois légèrement bleutée. Comme dans le cas du mode « Aenf », la présence d’un engobe peut être envisagée pour certains récipients.

    Traitements de surface

    2072On opère une distinction entre le lissage et le lustrage des parois. Ce dernier confère aux surfaces un aspect luisant et concerne essentiellement les productions tournées fines. Le lissage est fréquent sur les récipients de céramique grossière et même généralisé à la finition du col des formes hautes, souvent associé à une égalisation des surfaces au peigne qui s’observe sous forme de traces fines serrées, disposées sans soin apparent. Le traitement par raclage est marginal au sein du faciès de Corent, de même que le balayage végétal des surfaces.

    2073Les engobes non grésés correspondent principalement à des vases peints polychromes, pourvus d’une couverte blanche rehaussée de plages ou de décors de couleur brun, rouge ou sépia. Dans les phases tardives, les engobes rouges sont appliqués de façon uniforme sur des productions fines cuites en mode A, qui peuvent être qualifiées de terra rubra. Les mêmes phases voient l’apparition des engobes micacés de couleur dorée, appliqués notamment sur les céramiques à pâte claire.

    Classifications des productions

    2074La combinaison des critères du mode de façonnage et de la texture de la pâte aboutit à la définition de six catégories de productions indigènes, auxquelles s’ajoutent deux séries particulières (tabl. XVI), qui structurent les tableaux de comptages. Les céramiques d’importation sont classées selon les catégories définies notamment dans la base du DICOCER (Py et al., 1993).

    Tabl. XVI – Catégories de productions de la vaisselle indigène.

    Famille de production

    Abréviation

    Commentaire

    Modelée grossière

    MoGr

    Catégorie courante dans le faciès de Corent, recouvrant l’essentiel des céramiques communes, parfois difficile à distinguer des éléments résiduels ; pâte à gros dégraissant de quartz et feldspaths, brune à sombre (cuisson en mode B’), ou rougeâtre à « blonde » (mode A) ; récipients souvent finis au tour lent.

    Tournée grossière

    ToGr

    Production marginal au sein du faciès de Corent, qui ne connaîtra de véritable essor qu’à la fin du Ier s. av. n. è.

    Modelée mi-fine

    MoMF

    Correspond très majoritairement à des productions de la protohistoire ancienne, mais aussi à certaines céramiques communes de La Tène finale.

    Tournée mi-fine

    ToMF

    Production marginale au sein du faciès de Corent, l’emploi du tour pour le façonnage de récipient à pâte mi-fine étant plus caractéristique des céramiques communes arvernes au Haut-empire.

    Modelée fine

    MoFi

    Caractérise de rares occurrences attribuables à la protohistoire ancienne.

    Tournée fine

    ToFi

    Catégorie de production dominante au sein du faciès de Corent.
    Correspond à des productions soit sombres, cuites en mode Aenf, ou Benf, soit grises cuites en mode B, généralement claires, à teinte souvent bleutée (« froide »), soit dans une moindre mesure à des productions à teinte « chaude », cuites en mode A.

    Céramique peinte

    pein

    Production emblématique du faciès des sites de plaine arvernes du iie s., en fort déclin à La Tène D1b et très rare au 1er s. av. n. è ; pâtes brun à rouge orangé, couverte engobée blanche de préparation rehauts ou motifs éventuels.

    Pâtes claires non-calcaires

    pcnc

    Catégorie de production récurrente en Auvergne dès La Tène D1b, caractérisée par une pâte blanchâtre à beige-jaune, dure et serrée, à teneur plus ou moins élevée en kaolin, et par un répertoire dominé par des cruches.

    Répertoire des formes

    2075Le répertoire morphologique mis en place pour les besoins de l’étude, qui demandera à être affiné pour élaborer une typologie détaillée, distingue huit formes usuelles parmi les céramiques utilitaires d’une part, et la vaisselle de table d’autre part (pl. 1 et 2). Ce thésaurus employé au fil des descriptions typologiques des ensembles sert également de base à l’analyse fonctionnelle, chaque forme répondant à une sphère d’utilisation plus ou moins large. L’application de ce cadre théorique, bien que réducteur pour refléter fidèlement la complexité des usages, vise à mettre en évidence des tendances dans l’évolution chronologique et dans l’organisation spatiale des restes de céramique.

    2076Les céramiques grossières comptent principalement des dolia, pots et pots à cuire, formes hautes fermées dont la distinction repose, dans un premier temps, sur le module. Si les premiers apparaissent a priori plutôt dévolus au stockage des denrées, les pots à cuire présentent systématiquement des traces de passage au feu indiquant leur usage pour la cuisson des aliments. Les formes basses correspondent essentiellement à des jattes, hypothétiquement assignables à la préparation des aliments. Cette appellation stricte les distingue des écuelles de tables en céramiques fines, dont elles se différencient par des modules plus importants.

    2077Le répertoire des céramiques fines est plus diversifié, excepté en ce qui concerne les formes hautes ; leur fragmentation ne permet que rarement d’en appréhender la morphologie générale. Hormis quelques cruches et pichets, identifiés par la présence d’une – ou exceptionnellement deux – anse de préhension, les formes hautes seront indistinctement qualifiées de vases ; l’ensemble des formes hautes en céramique fine est attribué au service à boisson. Des formes intermédiaires par leur hauteur et leur vasque fermée sont désignées bols carénés, ou parfois jattes carénées dans la terminologie régionale. Les formes basses incluent quelques bols à bord verseur, mais l’essentiel des formes basses consiste en bols (hémisphériques, tronconiques ou cylindriques) et écuelles à vasque plus ouverte, dont le bord à tendance à se refermer. Les récipients à vasque très basse et ouverte seront rassemblés sous la dénomination d’assiettes, quel que soit leur module. L’ensemble des formes basses est rattaché au service et à la consommation des aliments, qu’ils soient solides ou liquides ; notons que la récurrence des gabarits modestes semble renvoyer, en partie au moins, à la consommation individuelle.

    Normes de présentation

    2078Les planches illustrent les récipients les plus représentatifs, dessinés à l’échelle ¼, à l’aide de codes signalétiques qui expriment les caractères technologiques de chaque individu (pl. 3). La section des tessons est associée à un code de remplissage qui permet d’identifier la texture de la pâte (trame) et le mode de cuisson (niveau de gris et cerne foncé pour l’enfumage). Le mode de façonnage est signalé par une ondulation du trait supérieur des coupes (modelées et finies au tour lent). Les trames qui illustrent les traitements de surface sont conformes à celles utilisées pour d’autres ensembles régionaux : traits horizontaux lâches (lissage) ou rapprochés (lustrage), traces de peigne plus ou moins réalistes dans leur orientation et leur densité, ou traits désordonnés (raclage).

    FOSSÉ DE PÉRIBOLE (ÉTAT 1)

    2079Sont ici présentés des lots de vaisselle céramique issus des couches inférieures du fossé d’enclos de péribole, attribuées au premier état du sanctuaire. Les comptages font état de 5459 restes pour un NMI de 421 récipients. On observe un net déséquilibre de représentation entre les niveaux liés à la construction de l’enclos palissadé (phase 1.1, 15,7 %) et ceux liés à sa période d’utilisation (phase 1.2, 80,3 %), qui est la seule à fournir un ensemble céramique suffisamment abondant pour en étayer la chronologie (tabl. XVII).

    2080Les 4 % restants sont exclus de l’analyse, car ils correspondent à certains lots provenant de l’angle nord-est du fossé, où la présence d’éléments très tardifs trahit l’existence de perturbations mal perçues à la fouille (voir supra, chap. III, p. 42-44). Bien que situés dans la moitié inférieure du fossé, les niveaux 11257 et 11259 contenaient, notamment, un bord de gobelet en sigillée de Gaule centrale et d’autres marqueurs tardo-laténiens ou romains avérés (terra rubra, claire engobée, ou commune gallo-romaine). Les autres lots étudiés ne comprennent que deux éléments intrusifs (bord de gobelet en paroi-fine engobée à couverte métallescente dans le contexte 15257, tesson de sigillée dans le contexte 13684), que l’on mettra sur le compte d’erreurs de fouille ou de conditionnement. Leur présence, tout à fait anecdotique, ne saurait remettre en cause la datation des ensembles.

    Tabl. XVII – Fossé d’enclos, phase 1 et 2 : effectifs par catégorie, en NR et en NMI.

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    Ensembles étudiés

    Phase 1.1

    2081Les lots attribués à la phase de construction de la palissade du péribole comportent 848 restes de vaisselle céramique pour un NMI de 57 éléments. La série étudiée correspond à un échantillonnage des remblais de calage constitutifs du comblement inférieur du fossé, provenant en grande majorité de sa branche septentrionale.

    2082Le corpus initial, qui ne totalise que 365 tessons, ne paraissait pas susceptible d’offrir une représentativité chronologique de cette première période d’activité du sanctuaire, d’autant plus que ces remblais sont fortement marqués par les apports résiduels liés aux niveaux d’occupations antérieurs, perturbés par le creusement du fossé (Néolithique, âge du Bronze et premier âge du Fer). L’étude a cependant permis d’identifier un ensemble homogène issu des comblements inférieurs du fossé de la partie médiane de la branche septentrionale, présentant des caractères indubitables de précocité par rapport au faciès de la phase suivante de dépôt (cf. infra). Directement superposées aux remblais de calage de la palissade, ces couches (12518, 12522) peuvent résulter de simples apports détritiques, de dépôts intentionnels, ou encore être le fruit d’une distinction artificielle à la fouille ; quelle que soit leur origine, les lots qui en proviennent seront considérés comme représentatifs de la première phase du sanctuaire, contemporains ou de peu postérieurs à l’érection de la palissade de l’enclos.

    Phase 1.2

    2083Sont attribués à la phase 2 les lots issus des couches de remblais et de dépôt interprétées comme consécutives au démantèlement de la palissade du premier état du sanctuaire. Antérieures aux niveaux de construction de la galerie qui lui succède à l’état suivant, elles documentent l’occupation de la phase 1. Outre la présence massive de restes d’amphores et de faune, elles livrent également 3685 restes de vaisselle céramique pour un NMI de 303 récipients.

    2084La répartition des effectifs au long du tracé, relativement homogène, témoigne néanmoins d’une sous-représentation des restes issus de la branche méridionale, imputable à l’arasement des niveaux de comblement du fossé. À l’inverse, la céramique est plus abondante au niveau de l’angle nord-est (fig. 233), conformément à ce qui a déjà été noté pour les dépôts de petits mobiliers (voir supra, chap. V, p. 256). Le pic de fréquence au niveau médian de la branche nord – correspondant aux effectifs des Ufs 12518 et 12522 – ajouté au corpus de la phase 1.1, d’après l’ancienneté de leur faciès (cf. supra), n’en témoigne pas moins d’une abondance de rejets anciens de vaisselle, qui reflètent peut-être un trait particulier de l’activité du sanctuaire des origines.

    Éléments résiduels et intrusifs

    2085L’examen révèle une forte proportion d’éléments résiduels, que traduit le taux important de céramique modelée (60,2 %), excédant nettement les moyennes constatées régionalement à La Tène finale (Deberge, Orengo, 2007 ; Deberge, Mennessier-Jouannet, en cours). La représentation des modelées mi-fines et fines (respectivement 19,4 % et 1,9 % du NMI), qui correspondent à des productions quasiment étrangères au faciès de l’oppidum laténien, indique le poids des éléments prélaténiens dans les lots de chacune des deux phases.

    2086Les lots de la première phase comprennent quatre-vingts tessons pour un NMI de trente récipients attribuables avec certitude à la Protohistoire ancienne (Néolithique, âge du Bronze et premier âge du Fer). Dans la deuxième phase, on dénombre 197 restes pour un NMI de 121 (tabl. XVIII).

    2087Cette présence résiduelle atteint respectivement 52,6 % et 39,4 % du NMI, soit des taux bien supérieurs aux maxima établis d’après les études d’ensembles du quartier urbain (Poux et al., 2009 ; Lauranson, en cours). En partie imputables à la difficulté de suivre les bords du fossé lors de la fouille57, ces tessons résultent aussi d’apports bien réels : présents au sein même des dépôts laténiens, de la base au sommet du fossé, ils caractérisent manifestement des remblais de comblement, formés de terres prélevées sur place – déblais liés à l’excavation du fossé, qui a entamé les niveaux d’occupation sous-jacents.

    2088Ce constat oblitère fortement l’analyse du faciès céramique laténien – fortement biaisé par les apports résiduels – et en particulier les statistiques portant sur le nombre de restes, une majorité de tessons de panses étant susceptibles d’appartenir aux horizons pré-laténiens.

    Fig. 233 – Fossé d’enclos, phase 2 : répartition des effectifs par branches, en NR (non pondéré par les longueurs de tronçon).

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    Tabl. XVIII – Fossé d’enclos, phases 1.1 et 1.2 : détail des effectifs résiduels par catégorie.

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    Céramique indigène

    2089Après déduction de la part d’éléments résiduels, indifférenciés et intrusifs, l’étude typo-chronologique de la céramique indigène ne peut guère s’appuyer que sur un NMI de 24 vases pour la première phase, effectif à l’évidence insuffisant pour une analyse fine du faciès (fig. 234). La deuxième phase inclut, quant à elle, 211 vases en NMI pour un spectre de productions plus varié, nettement plus représentatif et conforme aux ensembles régionaux. Il se caractérise par la prédominance de productions tournées fines (58,7 % du NMI), une part importante de céramiques grossières modelées ou finies au tour lent (26,5 %), une proportion moindre de céramiques fines modelées et la présence bien établie de céramiques peintes (4,3 %) ou de productions à « pâte claire non calcaire » (2,8 %).

    Céramique grossière

    2090Cette catégorie concerne environ un quart des éléments laténiens et décroit d’une phase à l’autre (de 33,3 % à 26,5 % du NMI) (cf. fig. 234). Les modes de production ne peuvent s’appréhender qu’à la phase 2 : l’usage du tour rapide ne concerne que quatre individus, l’essentiel de l’effectif correspondant à des productions non tournées (13 NMI, soit 27,7 %) ou finies au tour lent (30 NMI, soit 63,8 %), ce mode de façonnage étant systématique sur les formes hautes. Le mode de cuisson primitif (36,7 %) est concurrencé par les cuissons à tendance oxydante (15 %) ou en mode A véritable (26,7 %), modes quasi-exclusifs pour les dolia.

    2091Pour la phase 1.1 (fig. 235, pl. 4), on dénombre cinq dolia, finis au tour (dont trois cuits en mode A), à col incurvé éversé et bord arrondi, deux bords de pots à cuire à lèvre éversée, ainsi qu’un fond plat. On note également une panse lissée de pot de stockage. Plus intéressant, un fragment d’anse incurvée à section circulaire (pl. 4, n° 12518.309), cuite en mode A permet d’identifier une « jatte d’Aulnat », récipient archétypique des sites du bassin clermontois au iie s. av. J.-C.

    Fig. 234 – Fossé d’enclos, phases 1.1 et 1.2 : tableau et diagramme de répartition des principales catégories indigènes laténiennes (diagramme en NMI).

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    Fig. 235 – Fossé d’enclos, phases 1 et 2 : répertoire morphologique des céramiques grossières (en NMI).

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    2092Avec un NMI de quarante-neuf récipients identifiés, la phase 1.2 offre un répertoire plus complet (fig. 235, pl. 6, 7 et 8). Deux tiers des éléments bien caractérisés correspondent aux trois formes hautes utilitaires classiques : huit dolia cuits en mode A, au col incurvé, arrondi et légèrement épaissi à son extrémité ainsi qu’un exemplaire à col infléchi massif ; au moins dix-sept pots caractérisés par un col plus ou moins développé et déversé, dont certains de typologie atypique peuvent correspondre à des exemplaires plus précoces. On reconnaît en outre dix pots à cuire, préférentiellement cuits en mode B’, à l’épaule éventuellement ornée d’ondes réalisées au peigne ou encore d’une baguette, ainsi qu’un pot de type Besançon, à lèvre massive moulurée et épaulement orné d’incisions obliques (pl. 15, n° 13688.112). Les fonds associables à ces formes sont tous plats. Les formes basses comptent au moins une douzaine de jattes, à bord droit plus ou moins rentrant, simple, biseauté ou mouluré, à l’exception d’un exemplaire à lèvre aplatie portant une incision curviligne. Une petite écuelle tournée, à bord biseauté et aux parois soigneusement lissées, s’apparente au répertoire des céramiques fines.

    Céramique mi-fine

    2093Cette famille compte dix individus (8,4 % du NMI), dont cinq sont modelés et cinq tournés. Elle n’est représentée, pour la phase 1, que par le remontage de quarante-huit tessons constitutifs de la moitié supérieure d’un vase ovoïde tourné, cuit en mode A, à panse renflée, épaulement, col cylindrique et lèvre déversée (pl. 4, n° 12518.205). À la phase suivante, elle comprend quatre récipients tournés pour trois modelés et deux finis au tour (pl. 7, 8 et 9). Les formes sont apparentées tant au répertoire des céramiques modelées grossières (trois pots, un pot à cuire, trois jattes) qu’à celui des céramiques tournées fines (deux vases). On identifie aussi un bord de vase à col court, de typologie plus archaïque (pl. 15, n° 11251.01).

    Céramique fine

    2094Les céramiques fines, peintes et pâtes claires non calcaires mises à part, totalisent plus de la moitié du faciès laténien de chacune des deux phases (respectivement 58,3 % et 58,7 % du NMI). Tous les récipients de typologie laténienne sont tournés, sauf un récipient de la phase 2, peut-être résiduel. Le mode de cuisson indique une évolution d’une phase à l’autre (fig. 236). Dans la première, une grande majorité d’éléments sont cuits en mode A (78,1 % du NR), pour la plupart enfumés (59,7 %). On y reconnaît notamment des pâtes à cœur sombre, derme brun-jaune et surface noirâtre lissée ou lustrée, typiques des productions auvergnates du iie s. av. J.-C. Le mode B ne concerne que 21,9 % des tessons, enfumés dans 72,6 % des cas. Dans la deuxième phase, ce dernier mode progresse nettement au détriment du mode oxydant, jusqu’à atteindre 54,8 % du NMI ; cette progression concerne surtout le mode B sans enfumage, qui atteint à lui seul 24,6 % du NMI, mais les deux modes demeurent majoritairement suivis d’un enfumage.

    Fig. 236 – Fossé d’enclos, phases 1 et 2 : modes de cuisson des tournées fines (en NR).

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    Fig. 237 – Fossé d’enclos, phases 1.1 et 1.2 : répertoire des tournées fines par classe morphologique (en NMI).

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    2095Pour la phase 1.1, on dénombre quatorze récipients (pl. 5), répartis légèrement en faveur des formes hautes ; ces dernières correspondent pour l’essentiel à des vases à col resserré, éventuellement souligné par un tore (4 ex.), ou très développé et très évasé, souligné par une baguette. Un ensemble de vingt-quatre tessons correspondent au haut et au bas de panse d’un même vase ovoïde cuit en mode A, à épaule renflée portant une onde lissée, et col évasé souligné par une baguette (n° 13740.304). Un probable fond de vase miniature est à signaler (n° 13740.306). Les décors observés sur les panses sont essentiellement des lignes lissées (11 ex.).

    2096Les formes basses comptent deux écuelles, l’une à bord infléchi rentrant, l’autre à bord droit convexe sur méplat externe, auquel on peut associer un fond en couronne. Quatre bols/coupes imitent ou dérivent du type Lamb. 31 des céramiques italiques à vernis noir : ils présentent soit une panse concave et un bord arrondi (2 ex.), soit une panse droite sur carène et un bord souligné par une baguette (1 ex.), ou encore une panse très ouverte à bord droit orné d’une baguette développée (1 ex. : n° 12522.154).

    2097Le catalogue typologique de la phase 1.2, doté de 127 récipients dont 103 bien caractérisés, offre un répertoire relativement diversifié, dominé par les formes basses (fig. 237, pl. 9 à 15). Sur quarante-et-une formes hautes, trente-quatre correspondent à des vases aux modules divers. Des variations sont observables au niveau de leur col : resserré à inflexion nette ou droit et plus massif, cylindrique plus élevé, éventuellement souligné par des moulurations, ou encore de diamètre important, désignant vraisemblablement des formes plus ouvertes. Épaules renflées, cols rentrants, panses ovoïdes et quelques carènes arrondies ou infléchies, complètent ce répertoire et illustrent la diversité des procédés décoratifs : plastiques (moulurations), lissés (14 ex.) ou motifs à la molette (8 ex.), contre seulement une occurrence d’ondes réalisées au peigne. On remarque la présence, au sein du corpus étudié par G. Verrier, d’un décor lissé à connotation végétale (rinceaux) ornant l’épaule d’un vase cuit en mode A suivi d’un enfumage (n° 13080.2), évoquant les séries arvernes de grands vases à décor lissé complexe de La Tène C2/D1a. Les fonds sont relativement diversifiés, plats ou soulevés, à base simple, resserrée, munie d’un bourrelet, ou franchement élargie.

    2098Viennent s’ajouter quelques éléments atypiques (pl. 15) : un col évasé se rattache aux séries de vases du plein iie siècle (n° 11260.123), présentant une pâte conforme à celle des vases oxydés-fumigés, de même qu’un goulot étroit orné d’une baguette qui relève en revanche d’une typologie très inhabituelle (n° 13281.305). Une autre forme de vase à col très développé sur carène basse, orné de quatre baguettes régulièrement espacées et portant un décor de marques obliques (ébauchoir ?), est étrangère au répertoire auvergnat (nos 13697/13521.337). De même, plusieurs fragments de formes hautes, à cœur jaunâtre et surface externe noire lustrée, comportent un décor estampé qui évoque les productions ségusiaves (nos 12587.105 et 12608.102).

    2099Parmi les dix-sept écuelles répertoriées (pl. 11), aux modules également très divers, on compte neuf bords à profil simple, arrondi ou légèrement ourlé, qui côtoient des variantes plus évoluées : bord biseauté, épaissi en croissant de lune, ourlé rentrant et muni d’une baguette (2 ex.), ou mince et nettement infléchi, éventuellement souligné par une faible rainure (1 ex. : n° 15257.10). Une écuelle à col droit légèrement incurvé tend vers un développement cylindrique (n° 12521.113), tandis qu’un bord déversé plus ouvert, achevant un col en « S », renvoie davantage à un bol à bord verseur (n° 15257.18).

    2100Hormis ces formes issues du répertoire indigène, les formes basses comprennent une majorité (68,5 % du NMI) de types imités ou dérivés de modèles du répertoire des céramiques italiques à vernis noir (fig. 238, pl. 12, 13 et 14). Au premier rang figure une série de dix-huit bols (pl. 12), de forme tronconique ou hémisphérique, dont le bord est soit rigoureusement identique à celui du type Lamb. 31, rectiligne ou légèrement incurvé (15 ex.), soit muni d’une baguette se développant parfois en petit marli (3 ex.) ; un remontage fournit un profil complet, associé à un pied annulaire, et l’illustration d’un décor lissé radial interne. Du type voisin à lèvre biseauté (Lamb. 33b), on dénombre douze imitations (pl. 13), à bord droit (2 ex.), légèrement déversé (6 ex.) ou à vasque très ouverte, qui tend vers la morphologie d’une assiette (3 ex.).

    2101Largement représentées également (pl. 14), les imitations d’assiette Lamb. 6 (17 ex.), caractérisées par un bord à marli ondulé, apparaissent beaucoup plus standardisées et fidèles au type campanien, ce qui n’interdit pas l’application de décor lissé radial interne indigène (pl. 13, n° 12608.101) ; un récipient profond, à base de panse carénée, fait figure de hapax (pl. 16a, n° 12593.10), et renvoie peut-être davantage au répertoire des communes italiques. Le type Lamb. 36, peu fréquent à Corent, est représenté par un exemplaire assez complet à marli bombé (n° 12821.1), et par une extrémité de marli massif biseauté (n° 13583.338). Seul un exemplaire est attribuable, avec réserve, à une imitation de Lamb. 27 (n° 15257.22).

    2102La céramique peinte (pl. 35), est surreprésentée en NR (soit 242), probablement du fait de sa fragilité ; elle ne correspond en réalité qu’à dix individus constituant 4,2 % des céramiques indigènes de chacune des deux phases. Quelques éléments de forme particulière laissent entrevoir des vases à panse ovoïde ou fuselée, dont certains de grand module, à en juger par le diamètre des fonds (nos 15257.30 et 12596.202).

    2103La céramique à pâte claire non calcaire est absente de la phase 1.1. Dans la phase 1.2 (pl. 16a), elle est présente en proportion moindre que celle des céramiques peintes (2,9 %) ; elle comprend des cols cylindriques, des anses trifides et des pieds moulurés constitutifs des cruches à col cylindriques inspirées des importations méridionales, mais également un col de vase ainsi qu’un fragment de décor peint à l’engobe rouge orangé appliqué sur la panse, ornementation tout à fait inhabituelle pour ce type de production (pl. 35, n° 12596.105).

    Fig. 238 – Fossé d’enclos, phases 1.1 et 1.2 : imitations et dérivés de Campanienne (en NMI).

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    Importations

    2104Aucun fragment de vaisselle importée n’a été identifié dans les ensembles de la phase 1.1. Cette catégorie ne comprend que vingt-cinq tessons dans la phase 1.2, soit 1,54 % du faciès en NR (voir tabl. XVII et pl. 36). Au côté de sept fragments de panse de Campanienne A, correspondant à des formes basses indéfinies, on remarque, au sein du corpus étudié par G. Verrier, un fond à pied annulaire, orné d’un cercle blanc interne, attribué à un bol Lamb. 31/33 (n° 13084.5), et le remontage, à partir de cinq tessons, d’une assiette Lamb. 6 de petit module (n° 13084.6). Ils présentent des enduits plus ou moins grésés, de couleur noire à bleutée métallescente, et des pâtes diversifiées : beige rosé, saumon clair à orange foncé, ou brune (1 ex.). Les productions apparentées au cercle de la Campanienne B ou « B-oïde » à pâte beige-jaunâtre et enduit noir bleuté à brunâtre, la plupart du temps non grésé, sont quasiment aussi récurrentes (12 restes) et comprennent les fragments d’au moins deux bols de type Lamb. 1 (n° 13284.501). Deux autres fragments, dont un fond de cruche, pourraient correspondre à des importations italiques (n° 11236.03). Enfin, on identifie la panse fuselée d’un possible balsamaire tardo-républicain, dont la pâte est de couleur grisanthracite vers l’intérieur, orange sur une large frange externe et en surface (n° 12596.401).

    Analyse chronologique

    Phase 1.1. (construction de l’enclos palissadé et premiers dépôts)

    2105Bien qu’assez mal documenté, le faciès de la phase 1.1 s’inscrit sans conteste dans le cadre des ensembles régionaux de La Tène D1, antérieurs à la fin du iie s. av. J.-C. (La Grande Borne ou Le Pâtural ; cf. Deberge, Orengo, 2007 ; Deberge, 2008). On peut énoncer un faisceau de critères qui indiquent la précocité de l’ensemble au sein de cette période :

    • la prédominance de la cuisson en mode A en ce qui concerne les céramiques fines, tout à fait signifiante par comparaison avec les ensembles plus tardifs de l’oppidum ; cette statistique est confortée par l’observation des pâtes, qui tranchent par rapport aux modes de productions classiques de Corent ;

    • l’absence totale de céramiques à pâte claire non calcaire, pourtant relativement bien représentée à Corent ;

    • la typologie des céramiques grossières, conforme aux répertoires de la fin du iie s. av. J.-C., ne présente aucun type reconnu pour le ier s. av. J.-C. (dolia à méplat interne ou à col infléchi, pots à profil anguleux, pots à cuire à lèvre triangulaire, jatte à bord massif mouluré…) ;

    • Les imitations de céramique italique à vernis noir, qui représentent un tiers des formes basses, comptent uniquement des imitations et dérivés de coupe Lamb. 31, type présent parmi les importations précoces de céramique italienne à vernis noir, couramment imitées dès la phase 3 du Pâtural, datée de La Tène D1a/b ; la quasi-absence du type Lamb. 27, imitation de « première génération », nuance ce constat.

    2106À la forte proportion de céramique tournée fine par rapport aux modelées grossières (en NMI, éléments résiduels mis à part), nous pouvons donner une explication fonctionnelle : ce faciès particulier découle vraisemblablement de la nature des rites exercés dans le sanctuaire des origines, où les activités culinaires occupent une place moins importante que durant ses états postérieurs (voir supra, fig. 10), alors que le service à boisson semble prédominant. La rareté des écuelles à bord rentrant, en revanche, peut sans aucun doute être mise sur le compte des lacunes du corpus.

    2107Si l’on se fie aux sériations établies à partir des autres sites du bassin clermontois, certains critères, tels que le recours récurrent au mode B « véritable » pour la cuisson des céramiques fines, ainsi que leur répertoire typologique, interdisent de situer la datation de ces ensembles trop anciennement dans le iie s. av. J.-C. (La Tène C2). L’établissement et le début du fonctionnement de l’état palissadé du sanctuaire sont à placer, d’après la vaisselle céramique du fossé périphérique, dans le courant de La Tène D1a, sur une fourchette chronologique centrée sur le troisième quart du iie s. av. J.-C.

    Phase 1.2 (fonctionnement et condamnation de l’enclos palissadé)

    2108Le répertoire céramique de la phase 1.2, constitué de dépôts piégés dans les négatifs de la palissade et les comblements consécutifs à sa condamnation, est autrement plus fourni que celui de la phase précédente. Sa pertinence est toutefois limitée par les phénomènes de résidualité (au moins 121 vases, soit 35 % du NMI).

    2109Des évolutions significatives se manifestent toutefois par rapport à la phase précédente :

    • le mode de cuisson B « véritable » est désormais majoritaire parmi les céramiques fines, et comprend une part croissante d’éléments non enfumés ;

    • si le répertoire typologique conserve des caractères anciens, tels que des pots à provisions à col court, des décors lissés radiaux sur céramiques fines, dont la datation paraît s’échelonner sur tout le premier état du sanctuaire, il comprend aussi des éléments réputés plus caractéristiques du ier s. av. J.-C. Ainsi, les imitations de Campanienne occupent désormais une place prépondérante dans le répertoire des formes basses en céramiques fines. Bien que toujours dominées par les bols Lamb. 31, elles s’enrichissent de la présence de bols/coupes Lamb. 33b et d’assiettes Lamb. 6 ;

    • les cruches à pâte claire non calcaire apparaissent dans cette phase, et sont désormais bien représentées ;

    • la vaisselle importée, absente de la phase précédente, accuse déjà une prépondérance de la Campanienne B (11 tessons) sur la Campanienne A (7 tessons) et comprend au moins une forme caractéristique du ier s. av. J.-C. (bol lamb. 1).

    2110La constitution de cet ensemble paraît relativement hétérogène comme tend à le confirmer la part importante d’apports résiduels. Les éléments de datation disponibles pour l’époque laténienne se rapportent à La Tène D1 et se rangent majoritairement dans le dernier tiers du iie s. av. J.-C. L’apparition de certaines formes caractéristiques de la première moitié du ier s. av. J.-C. confirme le renouvellement du répertoire typologique arverne propre au faciès des oppida, qui s’amorce à la fin de La Tène D1. La datation du démantèlement de la palissade et de la condamnation du fossé se situe donc au plus tôt au milieu de La Tène D1b, autour de 100/90 av. J.-C.

    Analyse fonctionnelle

    2111Le faible corpus de la phase 1.1 ne permet pas de procéder à des analyses spatiales très poussées, sauf à signaler le cas particulier des lots des contextes US 12518 et 12522 (fig. 239) issus de la branche septentrionale du fossé. Attribuables à des rejets détritiques chronologiquement intercalés entre la construction de l’enclos proprement dite et sa période de fonctionnement, ces lots peuvent être considérés comme représentatifs des premières activités exercées sur le sanctuaire. Le faciès se compose, pour les céramiques utilitaires, de dolia et de pots à cuire ; la vaisselle de service compte cinq vases, quatre bols/coupes et deux écuelles.

    Fig. 239 – Fossé d’enclos, phase 1.1 : diagramme de faciès fonctionnel des Ufs 12518 et 12522.

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    2112Les ensembles de la phase 1.2 relèvent d’un faciès plus particulier, si on le compare à d’autres ensembles d’habitat de la fin du iie s. av. J.-C. ; la vaisselle de service y totalise 70 % des éléments laténiens, un taux bien supérieur à ceux d’ensembles plus tardifs des quartiers urbains de Corent (Poux et al., 2009 ; Lauranson, en cours). Ce faciès se caractérise, en outre, par un taux de céramique peinte (4,2 %) légèrement en deçà de la moyenne des ensembles régionaux de la fin du iie s. av. J.-C., assorti d’un taux de pâtes claires non calcaires déjà relativement élevé (2,9 %).

    2113Le pourcentage de vaisselle d’importation, qui n’atteint que 1,54 % du NR, est particulièrement faible par rapport à des ensembles de Corent à peine postérieurs (Poux et al., 2009 ; Lauranson, en cours)58. Cette différence ne reflète pas uniquement un écart chronologique, même si le contexte est antérieur au floruit des importations de vaisselle méditerranéenne, et même si ce taux est somme toute comparable à ceux des sites de plaine à la charnière de La Tène D1a/D1b. L’abondance des importations d’amphores témoigne, pour cette même phase, d’un approvisionnement déjà très soutenu du vin italique sur le sanctuaire de Corent. La rareté des vaisselles fines, qui accompagnent généralement ce flux d’importations, suscite quelque interrogation ; la comparaison avec un ensemble clos homogène et représentatif de la fin de l’état 1, nécessaire à l’analyse de cette apparente carence en vaisselle d’importation sur le sanctuaire, sera sûrement fournie par les études ultérieures sur les quartiers d’habitat.

    2114La distribution spatiale des effectifs accuse de nettes différences sur tout le tracé du fossé (voir fig. 233). On relève ainsi des lacunes importantes au niveau de la branche méridionale et au nord de la branche occidentale. Plus fournis, les effectifs des branches nord et est montrent une concentration au niveau de l’angle nord-est. Ces déséquilibres affectent de façon plus marquée la répartition des céramiques grossières, qui ne sont vraiment récurrentes qu’aux abords de l’angle nord-est, occupant une part importante du NR dans la moitié est de la branche septentrionale (fig. 240). Les céramiques fines dominent dans quasiment tous les tronçons, tandis que la répartition des céramiques peintes et des pâtes claires non calcaires semble plus ponctuelle, ce qui reflète leur relative rareté dans l’enceinte du sanctuaire.

    2115La répartition des formes de céramique grossière est affectée par des disparités importantes : les tronçons de la branche méridionale, de l’angle nord-est et de l’entrée sont plus fortement marqués par les pots à cuire, et dans une moindre mesure par les jattes dont la présence est très ponctuelle (fig. 241). Certaines portions de fossé sont presque exemptes de dolia et de pots à provisions, formes plus récurrentes – voire exclusives – aux abords de l’angle nord-ouest. Ces disparités (infra, fig. 244) tendent à indiquer une prédominance des récipients liés à la préparation culinaire dans la branche méridionale et sur un large angle nord-est ; par contraste, les récipients de stockage occupent plutôt la branche septentrionale, notamment les plus volumineux d’entre eux (dolia) qui se concentrent au nord-ouest.

    2116La distribution spatiale des classes morphologiques de céramiques fines (peintes et pâtes claires non calcaires incluses) est relativement régulière (fig. 242). En revanche, le décompte des formes hautes montre une absence de cruche dans tout l’angle nord-est et une plus forte concentration dans les branches méridionale et occidentale. Les vases sont présents dans tous les tronçons, mais plus concentrés dans l’angle nord-est. Les bols connaissent quelques zones lacunaires restreintes, à l’ouest de la branche méridionale, au milieu et dans la portion est de la branche septentrionale, et surtout dans l’angle nord-est.

    2117En termes de tendance fonctionnelle (fig. 243-244), ces disparités se traduisent par une plus forte proportion des vases liés au service à boisson dans les branches sud et ouest respectivement, par une répartition plus homogène des formes basses liées au service et à la consommation, excepté une carence à l’est de la branche nord.

    Fig. 240 – Fossé d’enclos, phase 1.2 : distribution spatiale des catégories laténiennes entre les différents tronçons (en NR).

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    Fig. 241 – Fossé d’enclos, phase 1.2 : diagramme de distribution spatiale des formes de céramiques grossière (en NMI).

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    Fig. 242 – Fossé d’enclos, phase 1.2 : diagramme de distribution spatiale des formes de céramiques fine (y compris peinte et PCNC, en NMI).

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    Fig. 243 – Fossé d’enclos, phase 1.2 : diagrammes de distribution des tendance fonctionnelles d’après les formes (NR).

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    Fig. 244 – Fossé d’enclos, phase 1.2 : histogramme synthétique de distribution formes et fonctions (NMI).

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    GALERIE MONUMENTALE (ÉTAT 2)

    2118Le deuxième état du péribole, qui voit l’édification de la galerie monumentale, est aussi bien documenté que la phase précédente, avec 5575 restes de vaisselle céramique et 564 vases (voir fig. 232). Les lots proviennent en majorité des niveaux sommitaux de la séquence de comblement du fossé périphérique (4044 restes), le restant de l’ensemble étant constitué par les lots issus des trous de poteaux, tranchées et fosses d’implantation de la galerie.

    2119Comme dans l’état 1, la documentation est déséquilibrée au profit des phases de fonctionnement du sanctuaire (tabl. XIX), qui livrent largement plus de mobilier en contexte. La distribution des effectifs entre les différentes branches du fossé témoigne de disparités pouvant être imputées à l’arasement des niveaux supérieurs du fossé, particulièrement prononcé dans sa branche méridionale et dans la portion ouest de la branche nord, qui n’a livré aucun contexte de cette période ; il faut en outre signaler la présence d’une perturbation à l’est de la branche nord ayant conduit à exclure certains lots de l’étude. La prise en compte des comptages effectués par G. Verrier témoigne en revanche d’une abondance de vaisselle au niveau de l’entrée du sanctuaire (fig. 245), qui en dénombre près de 1600 restes, soit 28 % du corpus céramique total de la galerie.

    Lots étudiés

    2120En plus des niveaux piégés au sommet du comblement du fossé (sols, dépôts, et aménagements divers de la galerie), ont été inclus les lots qui comblent les fosses d’implantation des structures porteuses du portique, dont le phasage est problématique. Il est difficile, en effet, de déterminer s’il s’agit d’éléments rapportés dans les remblais de calage au moment de l’implantation des éléments architecturaux ou, au contraire, de mobiliers piégés à la surface après leur construction, voire lors de leur démantèlement. Le problème se pose également pour certains niveaux de la galerie (pavages d’amphore). Leur fouille n’a pas permis de dissocier le mobilier utilisé pour l’aménagement des sols, des dépôts piégés à leur surface.

    Phase 2.1

    2121Seuls les contextes directement associés à la construction de la galerie sont attribués à la phase 2.1 ; il s’agit de niveaux d’interface ou de remblais, scellés par les aménagements de sol conservés dans les branches septentrionale et orientale. Pour dater cette phase de construction, on dispose de 1053 restes pour 87 récipients.

    Phase 2.2

    2122Les niveaux de sols sont surmontés de rejets représentatifs de la phase de fonctionnement de ce deuxième état (phase 2). Ils sont relativement abondants, avec 1798 restes pour 181 individus.

    Phase 2.3

    2123Il ne s’agit pas ici d’une phase consécutive à la phase 2.2, mais plutôt d’une série d’aménagements de sol contemporains de la galerie qui paraissent néanmoins intervenir avec un décalage, au cours ou à la fin de sa phase de fonctionnement. Constitués de radiers empierrés, ils se distinguent nettement de ceux de la phase précédente. La représentativité de la céramique est comparable à celle de la phase 2.1, avec 567 restes pour 68 individus.

    Fig. 245 – Galerie, état 2 : répartition des effectifs par branches et par phases, en NR (non pondéré par les longueurs de tronçon).

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    Tabl. XIX – Galerie, état 2 : effectifs par phases, en NR et en NMI.

    nr

    nmi

    2.x

    1413

    144

    2.1

    1054

    87

    2.2

    1781

    179

    2.3

    589

    68

    Total

    4837

    478

    Phase 2.x (indifférenciée)

    2124Les lots problématiques ne s’inscrivant dans aucune de ces trois phases sont rattachés à l’état 2 au sens large : il s’agit principalement des trous de poteaux du portique, de sa tranchée de fondation extérieure (13032, 13061) et des sols pavés d’amphore des cellules de la galerie. Cet ensemble, qui comprend 2139 restes pour un total de 228 vases, complète le faciès global du deuxième état du sanctuaire. Sur les courbes d’évolution technologique et typologique, ce faciès occupe une position médiane, intercalable entre les phases 2.1 et 2.2.

    Éléments résiduels et intrusifs

    2125Comme pour l’état précédent, on constate une part importante d’éléments résiduels : 143 vases antérieurs à La Tène (soit 25,3 % du NMI) sont encore présents dans l’échantillon (tabl. XX). Ce phénomène, particulièrement prégnant pour la phase de construction (phase 2.1, 32 % du NMI), relève peut-être en partie de la proximité des comblements supérieurs du fossé et des niveaux protohistoriques environnants, qu’il n’est pas toujours aisé de distinguer à la fouille. Un autre facteur de pollution réside dans le prélèvement de matériaux pour l’aménagement des sols, et en particulier du cailloutis de pouzzolane constitutif des sols d’occupation du Néolithique et de l’âge du Bronze (voir supra, chap. II, p. 21-36). Pour les époques plus récentes, quatre éléments intrusifs figurent dans les lots retenus dans la moitié nord de la branche orientale (trois tessons de sigillée et un col de cruche à engobe rouge).

    2126Le faciès est également marqué par des apports résiduels moins anciens, sous la forme de récipients caractéristiques de La Tène D1 dont les tessons recollent parfois avec ceux des niveaux inférieurs. L’impossibilité de les distinguer clairement du reste de l’échantillon nous oblige à adopter une présentation plus synthétique, ciblée sur les évolutions perceptibles depuis la phase précédente et les éléments susceptibles de fournir un terminus post quem.

    Tabl. XX – Galerie, état 2 : comptages des éléments résiduels par phase et par catégorie (en NR et en NMI).

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    Céramique indigène

    2127Le séquençage stratigraphique de l’ensemble porte, après déduction des éléments résiduels, sur un corpus d’individus trop faible pour dater le faciès de la phase de construction de la galerie (phases 2.1), pourvue de 39 récipients. Il est, en revanche, relativement important en ce qui concerne sa phase de fonctionnement (phase 2.2 : près de 906 restes pour 125 individus), et dans une moindre mesure pour les réaménagements (phase 2.3 : 335 restes pour 55 individus) ; ce corpus est complété par 1111 restes pour 160 récipients, issus de contextes non phasés précisément (fig. 246).

    Céramique grossière

    2128Exprimée en NMI, la part de la céramique grossière décroît très légèrement par rapport à l’état précédent (de 27,2 % à 24 %), selon une tendance inverse à celle observée dans les sériations établies régionalement pour La Tène finale. Dans le détail, ce taux est anormalement élevé durant la phase 2.2, puisqu’il y atteint 31,4 % du NMI et 18,7 % du NR. Pour toutes les autres phases, il demeure voisin de 10 % du NR et 20 % du NMI. Ces valeurs contradictoires peuvent être mises sur le compte de la composition du répertoire des formes en usage, en particulier durant la phase 2.2, vers des récipients moins volumineux dont le bris engendre moins de fragments (voir infra).

    2129Les récipients laténiens à pâte grossière demeurent majoritairement modelés ou finis au tour (respectivement 38,2 % et 57,9 % du NMI). Le façonnage au tour rapide est toutefois attesté pour trois vases (phase 2.2 et indifférenciée). Relativement stable, le mode de cuisson dénote une très légère progression des cuissons primitives, qui s’établissent désormais à 38 % du NMI (contre 36,7 % pour la phase 1) et progresse sensiblement au fil des phases (jusqu’à 7 individus sur 11 à la phase 2.3).

    2130Ce phénomène est également imputable à l’évolution du répertoire (fig. 247 et pl. 16b, 17, 18, 22, 23 et 26), qui traduit, par rapport à la phase précédente, un recul des récipients de stockage (dolia et pots : de 43,5 % à 30,8 % du NMI) au profit des pots à cuire et des jattes, qui comptent désormais respectivement 21 (soit 23 %) et 28 (soit 30,8 %) individus. Nul durant la phase 2.1, le taux de représentation des pots à cuire atteint son maximum au cours de la phase 2.2 avec 30 % du NMI (pl. 16a) du répertoire des céramiques grossières. Associés aux dolia à col incurvé, similaires à ceux du premier état, apparaissent des cols rentrants, légèrement moulurés et munis d’un bord massif nettement infléchi, type bien attesté avec cinq exemplaires de modules variés (par ex., pl. 26, n° 12545.101). Les pots à cuire présentent des variantes plus évoluées, à bord nettement incurvé, lèvre plus affirmée parfois triangulaire et épaule anguleuse (pl. 23, n° 11191.04). Les jattes représentent un éventail typologique assez diversifié (voir notamment pl. 18), où les profils simples (5 ex.) cèdent nettement la place à des bords évolués, soit triangulaires (4 ex.), soit marqués par des moulurations douces à anguleuses (8 ex.). L’une de ces jattes est munie d’un goulot verseur (phase 2.1 : pl. 16b, n° 12517.317). La présence d’un « gobelet » au profil complet (phase 2.1 : pl. 16b, n° 12517.316), forme peu attestée parmi les céramiques grossières de La Tène finale, est à considérer comme anecdotique ou résiduelle.

    Fig. 246 – Galerie, état 2 : tableau et diagramme de répartition des éléments laténiens par catégorie (diagramme en NMI).

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    Céramique mi-fine

    2131La part de céramique mi-fine décroit sensiblement depuis l’état 1 (15 vases, soit 4 % du NMI). On constate cependant un usage du tour généralisé pour douze individus. Si les éléments modelés se rattachent au répertoire des céramiques grossières (un pot et deux jattes), les éléments tournés intègrent pleinement le répertoire des céramiques fines.

    Céramique fine

    2132Le mode de cuisson des céramiques fines témoigne d’une évolution technologique amorcée dès l’état 1.2, principalement marquée par un recours croissant au mode B (67,2 % des restes) (fig. 248). En forte hausse, les céramiques « froides » (mode B sans enfumage) atteignent 34,2 % des restes de céramique fine de la phase 2.2 ; elles concurrencent ainsi fortement les céramiques sombres cuites en mode B suivi d’un enfumage (entre 29,5 % et 41,2 %). La baisse progressive du mode A sans enfumage se poursuit, de sorte qu’il paraît marginal si ce n’est résiduel dès la phase 2.2 (5,3 % du NR). Le mode A enfumé, en revanche, se maintient de la phase 2.1 à la phase 2.3 (entre 25,5 % et 29,5 %).

    2133Le rapport entre formes hautes et basses se rééquilibre légèrement au regard de la phase 1.2 : le taux de formes hautes augmente de 38,5 % à 42,2 % et atteint son maximum durant la phase 2.3 (55,6 %). Leur répertoire compte trente-neuf éléments bien caractérisés, principalement issus des contextes indifférenciés et de la phase 2 (fig. 249).

    Fig. 247 – Galerie, phases 2.1, 2.2, 2.3 et 2 indifférenciée : répertoire morphologique des céramiques grossières (en NMI).

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    Fig. 248 – Galerie, phases 2.1, 2.2, 2.3 et 2 indifférenciée : modes de cuisson des céramiques tournées fines (en NR).

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    Fig. 249 – Galerie, phases 2.1, 2.2, 2.3 et 2 indifférenciée : répertoire des tournées fines par classe morphologique (en NMI).

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    2134Il s’agit essentiellement de trente-sept vases, dont certains relèvent de types nouveaux (pl. 16b, 19 et 24). Entre autres formes de cols plus évoluées, on remarque notamment au moins deux vases à col tronconique pourvu d’un épaulement (phase indifférenciée, pl. 19, nos 13572.1 et 13061.4), qui renvoient à un type bien attesté dans les faciès de La Tène D2 à Gondole (Deberge et al., 2010). Un bord de diamètre très faible appartient probablement à un gobelet ou un vase miniature (pl. 19, n° 15239.7). De la phase 2.3 est issue une anse à section en D rattachable à un pichet inspiré des productions ampuritaines. On note également la présence de deux vases miniatures provenant du secteur de l’entrée.

    2135Les formes basses affichent une part beaucoup plus importante d’écuelles que durant l’état précédent (28,4 % du NMI contre 11,5 % à l’état 1). Elles témoignent d’un faciès évolué, où les types canoniques du iie s. av. J.-C. (lèvre en bourrelet) cèdent la place à des déclinaisons caractéristiques du ier s. av. J.-C. (pl. 16b, 20, 25 et 27) : lèvre rentrante en biseau (pl. 20, n° 13061.3), inflexion nette du bord (pl. 20), éventuellement rainuré, ou encore muni d’une baguette ténue (pl. 20, n° 11254.132).

    2136Les bols verseurs sont en augmentation (au moins 6 ex.) ; ils présentent toujours une lèvre ourlée achevant un bord droit ou légèrement rentrant. La diversification du répertoire est encore illustrée par un bol à col cylindrique sur carène basse (phase 2.1 : pl. 16b, n° 12517.120), ou encore un récipient cylindrique à paroi concave ornée de cannelures (vase « baquet »), de même qu’au moins une faisselle (pl. 21, n° 12517.120), identique à un exemplaire retrouvé à Sarliève dans un contexte de La Tène D2a. On note enfin la présence d’un bord de bol rentrant souligné par une baguette (pl. 25, n° 13707.317), ainsi que d’une lèvre en gouttière signalant un bol caréné à col resserré (pl. 21, n° 15239.6) ; ce dernier type, attesté dans des contextes tardifs de l’habitat de Corent ou des oppida voisins de Gondole et Gergovie, fait figure de marqueur tardif.

    2137La recrudescence des écuelles et autres formes de type indigène concurrence les imitations et dérivés de céramique italique à vernis noir, en net recul par rapport à la phase précédente, et ne comptent plus que trente individus attestés sur soixante-six formes basses (fig. 250, pl. 16b, 21, 25 et 27). Confronté au corpus de l’état 1, le répertoire affiche des évolutions significatives concernant les modèles d’emprunt déjà représentés à l’état 1 : recul des bols/coupe Lamb. 31 (de 27,8 % à 9,4 %), des Lamb. 33b (de 15,2 % à 4,2 %), et des assiettes de type Lamb. 6 (de 21,5 % à 13,5 %). Apparaissent, en outre, de nouvelles formes imitées qui constituent de précieux indicateurs chronologiques : un bol à bord droit souligné par une cannelure, inspiré du type Lamb. 1 (phase indifférenciée, pl. 21, n° 12103.2) et deux bords droits et biseautés renvoyant aux assiettes Lamb. 5 (phase 2.3 : pl. 25, nos 12071.105 et 12922.313). Si ce phénomène de diversification des modèles d’emprunts est bien conforme aux séries régionales, le recul de la part globale occupée par les imitations est plus problématique ; il procède manifestement d’une évolution interne au deuxième état du sanctuaire, où les écuelles, quel que soit leur usage, occupent une part anormalement importante du vaisselier.

    2138Les décors sur céramiques tournées fines sombres ou froides affichent un recul global par rapport à l’état 1, mais aussi une certaine diversification (fig. 251). Les décors lissés appliqués sur la paroi externe des formes hautes ou sur la paroi interne des formes basses tendent à décroître. En revanche, les décors à la molette se maintiennent, et voient, outre la pérennité des décors en carrés ou losanges, la diffusion des impressions de « fougères » (incisions obliques d’orientation alternée), et l’apparition de leur variante miniaturisée (phase 2.2). Beaucoup plus fréquentes que durant l’état 1, les ondes peignées voient aussi l’apparition d’une variante miniaturisée (phase 2.3).

    2139Les céramiques peintes accusent un certain recul par rapport à l’état 1, en nombre de restes (de 12,3 % à 7,3 %), et dans une moindre mesure en NMI (13 vases, soit 3,5 %). Leur présence peut être essentiellement due aux apports résiduels, si l’on en juge par la typologie tout à fait classique des vases et leur fragmentation (pl. 35). Elle peut aussi procéder pour partie d’une perduration marginale de cette production comme semble l’indiquer un marli d’assiette Lamb. 6, forme étrangère au répertoire canonique du iie s. av. J.-C. (pl. 35, n° 13710.401).

    2140Le taux de céramique à pâte claire non calcaire progresse légèrement en NR comme en NMI (de 2,5 % à 3,7 % du NMI), illustrant la place occupée par ces productions sur les oppida arvernes. Bien qu’assez fragmentaire, la typologie des éléments recueillis correspond à des cruches à col tronconique très standardisées : col cylindrique s’achevant par une lèvre qui présente des variations mineures, épaule renflée, anses trifides s’appuyant sur des paires de filets sur le col comme sur l’épaule (pl. 21).

    2141Enfin, on constate l’apparition de deux productions typiques de La Tène D2b, qui se limitent à un reste chacune dans les couches de la phase 2.3 : un tesson de céramique « claire-engobée » (pâte siliceuse rougeâtre et engobe blanc) et un tesson de « terra rubra » (distincte des céramiques peintes par l’emploi unique d’un engobe rouge totalement couvrant), correspondant à un fond strié de patina.

    Fig. 250 – Galerie, état 2 : imitations et dérivés de Campanienne (en NMI).

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    Tabl. XXI – Galerie, état 2 : répertoire typologique des céramiques campaniennes (en NMI).

    état 1

    état 2

    camp-a

    1

    2

    Lamb. 31/33

    1

    Lamb. 5

    1

    Lamb. 6

    1

    Lamb. 31

    0

    camp-b

    1

    10

    Lamb. 1

    1

    5

    Lamb. 2

    1

    Lamb. 5

    2

    Lamb. 5/7

    2

    Total

    2

    12

    Vaisselle d’importation

    2142La vaisselle importée (pl. 36) est en augmentation par rapport à l’état 1 : avec cinquante-neuf tessons pour vingt-et-un individus, elle atteint 5,3 % du NMI (contre 1,5 %), soit un taux comparable à celui observé dans d’autres ensembles contemporains de l’oppidum (Poux et al., 2009 ; Lauranson, en cours) (tabl. XXI).

    2143La Campanienne A compte douze restes pour trois individus, correspondant aux bords d’un bol Lamb. 31 (n° 13711.502), d’une coupe Lamb. 8b (n° 11194.13), et d’une assiette Lamb. 5/7. L’augmentation concerne principalement les Campaniennes dites « B-oïdes », qui comptent trente-sept restes pour quinze individus et comprennent :

    • cinq bols apparentés au type Lamb. 1, au bord souligné par des cannelures (par ex., n° 13248.4), forme également représentée par un bas de panse concave et massif (n° 13227.7) ;

    • deux bords minces et recourbés, plus ou moins développés, d’assiette Lamb. 5 ou Lamb. 5/7 ;

    • un bord de coupelle évasée Lamb. 2 (n° 13050.11) ;

    • une forme non-identifiée, à bord vertical et lèvre épaissie (n° 11239.7).

    Fig. 251 – Galerie, phases 2.1, 2.2, 2.3 et 2 indifférenciée : décors sur tournées fines (en NR).

    Image 10000000000002A40000018292391D612EA14735.jpg

    2144Parmi les céramiques fines d’importation, on identifie aussi, avec plus de réserves :

    • deux tessons de paroi fine issus de la phase 2.2, dont un bord de gobelet à pâte orangée et engobe rouge (n° 12547.301) ;

    • cinq tessons de céramique à pâte claire méridionale, dont le fond et la panse d’un petit pichet (nos 13711.501 et 11220.8), un fond de cruche (n° 13038.8) et un possible bord à lèvre en amande (n° 13711.501) ;

    • deux tessons de céramique grise de la côte catalane, identifiés par G. Verrier ;

    • une patina de type Goudineau 1 relève peut-être d’une importation de production à enduit rouge interne ou « pompéien » (n° 12922.502) ; elle est caractérisée par une pâte beige saumonée présentant des vacuoles, des inclusions de feldspath, de micas dorés et argentés très fins et de chamotte, des vestiges d’enduit rouge interne et des sillons concentriques externes.

    Analyse chronologique

    2145Considéré dans sa globalité, le faciès de l’état 2 présente des différences notables avec celui de l’état précédent. Le répertoire des céramiques grossières voit l’apparition de nouvelles variantes de dolia à bord infléchi et de formes de pots à cuire à col et épaulement plus affirmés.

    2146Les changements les plus notables affectent le répertoire des céramiques fines, qui tend vers une diversification générale. On constate en effet l’apparition de formes hautes nouvelles, telles que des vases bitronconiques, ainsi que la généralisation des procédés décoratifs expérimentés précédemment (molettes et ondes peignées). Les formes basses présentent de multiples déclinaisons d’écuelles, une part croissante de formes verseuses. Elles manifestent une évolution du répertoire imité des Campaniennes, avec plus d’assiettes Lamb. 6 au détriment des Lamb. 31, et l’apparition encore discrète des imitations de Lamb. 1 et Lamb. 5. Le mode de cuisson des céramiques fines se distingue désormais par la nette prépondérance du mode B et l’augmentation des céramiques « froides », cuites en mode B sans enfumage.

    2147La vaisselle d’importation est largement dominée par la Campanienne B, qui voit l’apparition des assiettes Lamb. 5. Elle s’enrichit de nouvelles productions, comme les pâtes claires méridionales, les parois fines et la céramique culinaire à enduit rouge interne.

    2148Par comparaison avec les autres ensembles étudiés sur l’oppidum de Corent, ces lots présentent de nombreuses caractéristiques propres aux faciès de La Tène D2, même si elles sont associées à des éléments déjà présents dans l’état précédent.

    Phase 2.1 (construction de la galerie)

    2149Hormis le terminus post quem fourni par les éléments les plus récents présents dans l’état précédent (phase 1.2), la datation de la construction de la galerie (phase 2.1) ne peut s’appuyer que sur 333 tessons pour 39 récipients, hors éléments résiduels. Ces éléments comportent quelques innovations, comme une jatte à goulot verseur en céramique grossière ou une coupe à col cylindrique en céramique fine, mais dont le nombre est trop faible pour manifester une réelle différence. En revanche, l’évolution du mode de cuisson des céramiques fines accorde une place plus importante au mode B par rapport à la phase précédente (de 54,8 % à 65,7 % des restes de céramique fine tournée), évolution corrélée au recul du mode A. Cet indice témoigne d’un faciès technologique légèrement plus avancé, caractéristique de la fin de La Tène D1b dans les deux premières décennies du ier s. av. J.-C.

    Phases 2.2 et 2.3 (utilisation et abandon de la galerie)

    2150La présence, dans les niveaux d’occupation et de démantèlement de la galerie (niveaux de sol et trous de poteaux, phases 2.2 et 2.3), de marqueurs tardifs identifiés au sein de la sériation régionale et sur le site même de Corent, garantit la pérennité du fonctionnement du sanctuaire jusqu’à une étape avancée de La Tène D2.

    2151Il s’agit principalement d’importations d’assiettes de type Lamb. 5 et, surtout, de leurs imitations indigènes attestées par deux exemplaires issus des empierrements de la phase 2.3. On recense également une lèvre en gouttière rattachable à un bol caréné, ainsi que des céramiques indigènes à engobe rouge, qualifiables de « terra rubra », dont la production tardive est attestée à La Tène D2 sur l’oppidum voisin de Gondole, ou encore de quelques pâtes claires régionales à engobe micacé.

    2152Ces éléments restent toutefois discrets, même dans les lots recueillis au sommet des empierrements qui correspondent à l’ultime phase d’aménagement de la galerie. On remarque, de manière globale, la rareté des éléments caractéristiques des faciès régionaux de La Tène D2b de Gondole ou de Gergovie, comme les pichets à col tronconique, les bols carénés à lèvre en gouttière, les écuelles à bord mouluré, ou encore les formes plates. D’après la céramique, l’activité liée à l’utilisation de la galerie monumentale ne semble donc pas franchement excéder le milieu du ier s. av. J.-C.

    Analyse fonctionnelle

    2153Seuls les ensembles issus du comblement sommital du fossé 11176 seront pris en compte dans cette analyse excluant de fait tous les lots provenant des structures porteuses de la galerie dont la pertinence sur le plan fonctionnel est contestable (phase indifférenciée). Les effectifs se répartissent de façon inégale entre les différents tronçons, en faveur notamment de la branche est ; l’ouest de la branche nord n’est pourvu d’aucun lot attribuable à l’état 2 (fig. 252). La phase de fonctionnement de l’état 2 (phase 2.2) livre des contextes intéressants du point de vue fonctionnel, comme les vidanges de foyer présentes ponctuellement au niveau des sols pavés d’amphore de la branche occidentale, des tronçons est et médian de la branche septentrionale, ou de la moitié nord de la branche orientale.

    2154Comme nous l’avons déjà précisé, le faciès global de l’état 2 témoigne d’un recul des restes de céramique grossière, concomitant d’une augmentation du nombre de récipients, qui s’explique par la part accrue des pots à cuire au détriment des dolia et d’autres pots. Cette évolution traduit vraisemblablement la nature des activités pratiquées au sein du sanctuaire au ier s. av. J.-C., qui accordent manifestement une place plus importante à la préparation et à la cuisson des aliments (fig. 253).

    2155La répartition des formes de céramique grossière fournit un éclairage éloquent sur cette activité, au travers de concentrations ponctuelles plus ou moins importantes de pots à cuire, perceptibles au niveau des foyers abrités par le portique (fig. 254). La plus pertinente est liée à la présence d’une vidange de foyer au centre de la branche occidentale : sur treize récipients utilitaires au total, on dénombre au minimum sept pots à cuire, qu’accompagnent cinq jattes pour seulement un pot.

    2156Le tronçon sud de la branche orientale, de part et d’autre de l’entrée, se caractérise, à l’inverse, par une part plus importante de dolia et de pots à provisions (5 ex. sur 10 récipients utilitaires), ce qui semble procéder d’une évolution – déplacement d’activités ? – par rapport à la situation observée pour la phase 1.2. La portion nord de la branche est présente, quant à elle, un faciès relativement équilibré.

    2157La répartition des formes de céramique fine traduit, en termes de pics d’effectifs, une représentation plus forte des formes hautes dans la moitié est du sanctuaire ; parmi les formes basses, globalement présentes dans chacun des tronçons, seules les écuelles sont réparties de façon uniforme (fig. 255).

    2158Ainsi se dégagent plusieurs tendances fonctionnelles : rareté des récipients de stockage, excepté dans la branche est ; concentration de la préparation alimentaire au milieu de la branche ouest et dans l’angle nord-est ; répartition globalement plus homogène de la vaisselle de table (fig. 256-257).

    Fig. 252 – Galerie, état 2 : distribution spatiale des principales catégories de céramique laténienne entre les différents tronçons (en NR).

    Image 1000000000000264000001467AA581F6361A7ABD.jpg

    Fig. 253 – Comparaison des faciès fonctionnels des états 1 et 2, d’après la part des principales catégories de céramique laténienne (en NR).

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    Fig. 254 – Galerie, état 2 : diagramme de distribution spatiale des formes de céramique grossière (en NR).

    Image 100000000000029600000146BA36FF807048387C.jpg

    Fig. 255 – Galerie, état 2 : diagramme de distribution spatiale des formes de céramique fine (y compris peinte et PCNC, en NMI).

    Image 10000000000002A0000001466BA6C6221B02E5E9.jpg

    Fig. 256 – Galerie, état 2 : diagramme de distribution des tendances fonctionnelles d’après les formes (en NR).

    Image 10000000000002E400000147A59E31318E25AC66.jpg

    Fig. 257 – Galerie, état 2 : histogramme synthétique de distribution formes et fonctions (en NMI).

    Image 100000000000043E000004420825DD73524A1865.jpg

    Fig. 258 – Enclos A, état 2 : diagramme de répartition des effectifs par branches et par phases (en NR).

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    ENCLOS A

    2159Cet ensemble correspond aux lots issus des comblements et couches superficielles associées aux quatre branches du fossé de l’enclos A. Il se décompose, selon les données stratigraphiques présentées au chap. III (p. 79-81), en quatre phases de comblement, auxquelles a été ajouté le mobilier issu des sols et structures empierrées liés à sa construction et à son fonctionnement. Les lots provenant des fouilles de 1993 n’ont pas été pris en compte pour assurer l’homogénéité d’un corpus qui réunit, malgré cette lacune (tronçon de 4 m au centre des branches nord et sud du fossé), plus de 1400 restes pour 126 individus. Cet effectif se répartit inégalement entre les différentes phases (fig. 258) ; en effet, le mobilier se concentre principalement dans les niveaux de dépôt (phase 2) et de comblement (phase 3) du fossé.

    2160La part des éléments antérieurs à La Tène s’élève à quarante-quatre individus (soit 35 % du NMI), répartis sur l’ensemble des phases. Seul un élément intrusif est à signaler dans un niveau superficiel : il s’agit d’un bord de pot à lèvre en bandeau d’époque romaine. Ces quelques éléments écartés, la céramique issue des fossés constitue un ensemble relativement fiable et homogène.

    Céramique indigène

    2161Dans cette catégorie prédominent nettement les céramiques tournées fines (près de 80 % du NR et du NMI), alors que les céramiques grossières sont peu représentées (7,3 % du NR). La céramique peinte apparaît résiduelle, avec huit tessons seulement. La céramique à pâte claire non calcaire, qui ne comprend aucun bord, compte cependant quarante-deux tessons, soit 7,5 % des restes du faciès laténien. Enfin, l’ensemble comporte cinq tessons (pour un vase NMI) de céramique fine à engobe rouge (terra rubra) (tabl. XXII).

    Tabl. XXII – Enclos A : répartition par catégorie des éléments laténiens (en NR et en NMI).

    nr

    nmi

    Vaisselle indigène

    550

    75

    MoGr

    41

    12

    ToGr

    3

    1

    MoMF

    2

    1

    ToMF

    6

    0

    ToFi

    443

    60

    pein

    8

    0

    pcnc

    42

    0

    Terra rubra

    5

    1

    Vaisselle d’importation

    9

    3

    camp-a

    2

    1

    camp-b

    1

    0

    pc

    3

    0

    parfin

    3

    2

    Total

    559

    78

    Céramique grossière et mi-fine

    2162Sur quarante-quatre tessons de céramique grossière (pl. 31), pour treize NMI, tous les individus sont modelés ou finis au tour (respectivement sept et cinq individus) à l’exception d’un vase. Le mode primitif est largement dominant (33 tessons). On identifie :

    • un dolium de très grand volume, à en juger par son diamètre, à col déversé et léger méplat interne (n° 10094.101) ;

    • quatre pots à cuire, parmi lesquels se démarquent un exemplaire à encolure resserrée et épaule ornée d’un décor d’onde réalisé au peigne (n° 10256.102) et un bord triangulaire de typologie évoluée (n° 10245.106) ;

    • sept jattes à bord plus ou moins recourbé et épaissi, dont deux exemplaires à bord massif mouluré (nos 12705.906 et 10310.308) et un exemplaire, tourné, à bord muni d’un sillon (non illustré).

    2163Huit tessons dont un individu présente une pâte mi-fine : il s’agit de six éléments tournés, dont un fond de forme haute, et d’une jatte modelée à lèvre en bourrelet qui apparaît résiduelle (n° 10193.203) (pl. 31).

    Céramique fine

    2164La cuisson est majoritairement réalisée en mode B (78 % des individus), sans enfumage dans presque un cas sur deux. Le mode A sans enfumage est quasiment absent (5 tessons).

    2165Le répertoire est assez équilibré entre formes hautes et formes basses (respectivement 24 et 26 individus). Les formes hautes comptent vingt récipients bien caractérisés (pl. 29) :

    • dix-huit bords de vases, pour la plupart très fragmentaires, dont deux ovoïdes à lèvre infléchie (nos 10315.303 et 12705.912) et un exemplaire à épaule moins renflée, ornée d’une baguette (n° 10309.328) ;

    • un vase miniature au profil complet (n° 10315.302) ;

    • l’éventail des formes est complété par une anse de pichet à section en « D » (n° 10222.354) et deux cols très resserrés à moulurations, correspondant à des pichets « de type Gergovie » (nos 12705.913 et 12702.903) ;

    • un bord vertical incurvé peut se rapporter à une imitation de gobelet importé en paroi fine (phase 3, n° 10199.351).

    2166Les formes basses sont dominées par les profils indigènes (16 ex.), qui relèvent d’un faciès évolué (pl. 30) :

    • en premier lieu, les écuelles (15 ex.) dont quatre exemplaires à bord recourbé ou en biseau (par ex., n° 10229.301), mais surtout cinq à bord infléchi rainuré, plus ou moins rentrant, type courant au sein des ensembles de l’oppidum de Corent (voir notamment nos 12705.908 et 10216.340) ;

    • deux variantes encore plus évoluées, à lèvre triangulaire (phase 3, nos 10199.350 et 10199.348) ;

    • un bol atypique, à panse hémisphérique ornée d’une cannelure et d’un décor ondé au peigne (n° 10310.321) ;

    • un petit bol verseur (n° 10216.339) ;

    • deux bords de récipient en forme de bol caréné à lèvre en gouttière (phase 2, pl. 31, nos 10311.319 et 10309.327 ;

    • une coupe cylindrique à panse resserrée ornée de baguettes et d’ondes peignées (n° 10250.01).

    2167Peu nombreuses, les imitations de céramiques italiques sont représentées par six exemplaires (pl. 30) :

    • un bord de bol Lamb. 31 ;

    • un bol à bord épaissi classique (n° 10289.324), dérivé distinct des habituelles imitations de Lamb. 33b ;

    • deux marlis de Lamb. 6 ;

    • un bord droit d’assiette, renvoyant au type Lamb. 5/7 (pl. 31, n° 12705.914) ;

    • une patina au profil complet (phase 3, n° 10289.323), avec cernes incisés ponctuant la paroi externe, inspirée des plats culinaires italiques ; cette variante n’est pas sans évoquer les assiettes Ménez 6 du répertoire des terra nigra gallo-romaines « précoces ».

    2168Les niveaux de la phase 3 ont livré un récipient atypique, probablement indigène, cuit en mode A, mais dont la pâte diffère de celle des pâtes claires non calcaires ; sa vasque est très basse et ouverte, son bord triangulaire ménage une surface moulurée inclinée vers l’intérieur (phase 3, n° 10208.406).

    2169Vraisemblablement résiduelle, la céramique peinte ne compte que cinq tessons, à couverte blanche ou rouge, l’essentiel des tessons de panse se rapportant manifestement à des formes hautes ; l’une d’entre elles comporte une frise de décor géométrique que surmonte un registre animalier (n° 12705.915).

    2170Les pâtes claires non calcaires, dont les quarante-deux tessons équivalent à 7,5 % des restes laténiens, sont représentées par un fond de forme haute et, surtout, par trois anses et une panse de cruches, dont deux de grand module (pl. 31). On remarque en outre une panse hémisphérique à décor de chevrons et engobe micacé, qui se rapporte à une forme basse tardive (phase 3, pl. 35, n° 10315.401).

    2171On dénombre enfin cinq tessons de terra rubra, dont un bord en gouttière assimilable à un bol caréné (phase 2, pl. 35, n° 10309.334). Sa pâte cuite en mode A et revêtue d’un engobe rouge, autant que sa forme, sont caractéristiques des horizons tardifs de Corent (cf. par ex. la fosse 18593, Poux et al., 2009). Ce type de production est principalement attesté au cours de la deuxième phase d’occupation de l’oppidum de Gondole (La Tène D2b).

    Importations

    2172La vaisselle d’importation affiche un taux relativement faible, avec neuf restes (soit 1,6 % du NR) pour trois vases (3,8 % du NMI) :

    • deux tessons de Campanienne A, dont un bord de bol Lamb. 27a-b (?) ;

    • trois tessons de pâte claire méridionale, dont une anse de cruche sur épaule arrondie (n° 917) ;

    • trois restes de paroi fine, dont deux bords de gobelet : l’un concave, l’autre à rainure ;

    • la Campanienne B n’est représentée que par un tesson indéterminé.

    Analyse chronologique

    2173Les lots issus de l’enclos A forment un ensemble relativement homogène, une fois écartés les éléments résiduels se rapportant à la Protohistoire ancienne. De rares éléments, renvoyant plutôt au iie s. av. J.-C., signalent des apports plus anciens, dont notamment le tesson de céramique peinte à décor composite.

    2174Peu d’évolutions sont perceptibles d’une phase de comblement à l’autre : on remarque l’apparition, dès la deuxième phase de comblement, des marqueurs tardifs qui ont valeur de terminus post quem pour l’ensemble du fonctionnement de la structure. Cet horizon ne livre cependant pas un corpus suffisant pour appréhender un éventuel décalage chronologique, de l’établissement de la structure jusqu’à la fin de son fonctionnement. En tout état de cause, c’est bien à la période d’abandon de la structure que se rapportent les éléments de datation fournis par la vaisselle céramique.

    2175Un faisceau d’indices chronologiques, renvoyant aux phases tardives de l’oppidum de Corent ou aux ensembles régionaux de Gondole et Gergovie, est caractéristique d’une phase avancée de La Tène D2 :

    • faible taux de céramique grossière (12 % du NMI) ;

    • mode de cuisson B prédominant sur les productions de céramique fine, de surcroît souvent exempt d’enfumage ;

    • répertoire évolué des céramiques fines, qui s’illustre notamment au travers des déclinaisons d’écuelles à bord infléchi ;

    • apparition, dès la phase 2, de productions et de formes tardives, comme des bols carénés à lèvre en gouttière, des imitations de gobelet en paroi fine, le bol à engobe micacé en pâte claire non calcaire et la terra rubra.

    2176Le comblement des fossés, qui paraît corrélé à la condamnation de la structure, ne saurait être antérieur au deuxième quart du iie s. av. J.-C. Certains éléments renvoient, dès la deuxième phase de comblement, au milieu du ier s. av. J.-C. L’abandon de l’enclos se situe vraisemblablement au milieu de La Tène D2, entre les années 60 et 40 av. J.-C. L’ensemble se rattache donc à une étape avancée de l’évolution de la galerie de péribole (phase 2.3).

    ENCLOS B

    2177Localisée dans un secteur fortement arasé, cette structure ne bénéficie pas d’un phasage stratigraphique précis. Les lots provenant des comblements du fossé d’enclos ont été traités indistinctement. Ils totalisent seulement 336 restes pour un NMI de 29 récipients. Les effectifs sont plus nombreux dans les branches orientale et occidentale (respectivement 195 et 109 restes) que dans la branche septentrionale (32 restes), un déséquilibre en partie dû aux lacunes du corpus, qui n’intègre pas les lots issus des tronçons fouillés en 1993 par V. Guichard (fig. 259).

    2178Peu abondant, cet ensemble céramique est fortement marqué par les apports résiduels, qui totalisent seize individus clairement identifiés, soit plus de la moitié de l’effectif. Cette proportion est peut-être liée à l’arasement du fossé et aux difficultés de lecture du terrain au cours de la fouille.

    2179La définition du faciès laténien ne peut donc s’appuyer que sur quatre-vingt-sept restes pour un NMI de treize récipients, assez largement dominé par les productions de céramique fine (tabl. XXIII et pl. 32).

    Fig. 259 – Enclos B, diagramme de répartition des effectifs par branches (en NR).

    Image 1000000000000176000000DCD3ED82C6207D8A43.jpg

    Céramique indigène

    2180La céramique grossière compte cinq NR pour trois NMI :

    • un fond de dolium ;

    • un bord de pot à cuire de forme évoluée et un bord de pot ;

    • une jatte à lèvre triangulaire.

    2181La céramique mi-fine compte cinq NR pour deux NMI :

    • une petite jatte à lèvre triangulaire (n° 13236.104) ;

    • une panse de vase ovoïde à l’épaule muni d’une baguette.

    2182La céramique fine compte soixante-quatorze restes pour un NMI s’élevant à sept. Elle est très majoritairement cuite en mode B (66 tessons contre 88 pour le mode A) :

    • quatre vases dont un col développé sur tore aplati, rattachable à un grand vase ovoïde ou bitronconiques (n° 11375.304) ;

    • deux anses de pichet, à section en « D » ou ronde (n° 11375.306) ;

    • une écuelle à lèvre en biseau (n° 13236.309), et une toute petite écuelle à bord droit muni d’une baguette (n° 12974.305) ;

    • une imitation de bol Lamb. 31 (n° 11375.305).

    2183On compte enfin trois tessons et un bord de cruche en pâte claire non calcaire (n° 12964.403).

    Tabl. XXIII – Enclos B : effectifs laténiens en NR et en NMI.

    nr

    nmi

    MoGr

    185

    10

    MoMF

    67

    9

    ToMF

    5

    2

    ToFi

    76

    7

    pcnc

    3

    1

    Total

    336

    29

    Analyse chronologique

    2184Si l’attribution de l’enclos à La Tène D ne fait aucun doute, le corpus s’avère trop limité pour fournir une datation précise. Quelques éléments plaident toutefois en faveur d’un comblement survenu au plus tôt dans la première moitié du ier s. av. J.-C., comme la prédominance des céramiques fines, majoritairement cuites en mode B, les variantes évoluées de jattes et écuelles (bord en biseau et bord mouluré), la présence de pâte claire non calcaire, et de l’anse de pichet. Cet ensemble peut être raisonnablement rattaché au second état du sanctuaire, sans distinction de phase.

    NIVEAUX DE SOLS ET STRUCTURES LIÉES

    2185Ce corpus réunit les lots issus de la fouille des niveaux de sols de la cour intérieure du sanctuaire et des aménagements internes qu’ils révèlent : enclos d’angle (C), structure sur poteaux (D) et cuves libatoires (E) inscrites dans l’axe de l’entrée. Les trois quarts des quelques 2000 restes et 200 récipients examinés proviennent de la structure D ; à l’inverse, l’échantillonnage de l’enclos C ne porte que sur 142 tessons (tabl. XXIV-XXV et pl. 33-34).

    Tabl. XXIV – Effectifs des niveaux de sols en NR et en NMI.

    nr

    nmi

    Enclos C

    142

    21

    Structure D

    1481

    147

    Structure E

    624

    50

    Tabl. XXV – Niveaux de sols (STC, D et E) : effectifs des principales catégories laténiennes.

    Image 10000000000002EC0000021CE16F4294AA695A66.jpg

    Enclos C

    2186Sur les dix-sept individus représentatifs du faciès laténien, issus d’épandages piégés contre les poteaux de l’enclos ou dans les négatifs d’arrachage, plusieurs marqueurs tardifs permettent de placer son abandon au ier s. av. J.-C. : des imitations d’assiettes Lamb. 6, un bol fermé à décor d’ocelles (pl. 34, n° 13202.1), une cruche à pâte claire non calcaire, quatre tessons de Campanienne B dont un bol Lamb. 1/8 (pl. 1-36, n° 13202.7). Le mode de cuisson des céramiques fines, largement dominé par le mode B (71 %), corrobore cette proposition chronologique.

    Structure sur poteaux D

    2187Le taux de céramique résiduelle présent dans cette structure est relativement bas (26 vases, soit 18 % du NMI). Seuls trois éléments intrusifs sont à signaler (dont un bord de récipient en sigillée). Ces éléments mis à part, l’ensemble renvoie à un faciès évolué au sein de La Tène D, auquel se mêlent quelques éléments erratiques plus anciens.

    2188La céramique modelée grossière, qui ne représente que 20 % du NMI, comprend surtout des formes hautes, dont plusieurs dolia à col incurvé ou à bord infléchi massif (n° 15066.01), des pots à cuire et des pots à lèvre déversée. Les formes basses sont composées quasi exclusivement de jattes à bord mouluré (nos 15074.01 et 15066.02). La céramique tournée mi-fine représente 5 % du NMI, avec trois vases et deux écuelles.

    2189Soixante-seize récipients (soit 68 % du NMI) relèvent des productions tournées fines, majoritairement cuites en mode B (71 %, dont plus de la moitié sans enfumage). Elles comptent surtout des formes hautes, au sein desquelles figurent des vases à col tronconique, des pichets ansés à section en « D » et carène basse, au côté d’autres formes plus classiques. Les formes basses illustrent également le caractère évolué du répertoire, avec des écuelles à bord infléchi (par ex., n° 15014.02), souvent rainuré (n° 15047.02), avec seulement un exemplaire à lèvre en bourrelet caractéristique du iie s. av. J.-C. (n° 15059.0 5) ; les imitations sont au nombre de neuf NMI (sur 28 formes basses) et correspondent à trois bols Lamb. 31 ou 33b, cinq marlis de Lamb. 6, ainsi, peut-être, qu’à un dérivé de bol Lamb. 1 (n° 15288.03). On reconnaît en outre une lèvre en gouttière attribuable à un bol caréné (n° 15048.03).

    2190La céramique peinte ne compte que douze restes (1,5 % du NR laténien) ; quant aux pâtes claires régionales, elles totalisent quarante-cinq restes pour trois individus, correspondant à des cruches de type standard (voir, par ex., n° 15066.04).

    2191Si la présence de Campanienne A reste discrète (trois restes), en revanche la Campanienne B est bien représentée avec dix-huit restes (2,3 % du NR), dont plusieurs bords attribuables à des assiettes de type Lamb. 5/7 (2 à 5 ex., voir surtout pl. 36, n° 15053.07). On note aussi la présence de deux tessons de céramique commune à engobe interne rouge, dont la pâte évoque pour l’un d’eux une production de patina campanienne « à enduit rouge pompéien » (R-POMP).

    Cuves libatoires (E)

    2192La part de mobilier résiduel est relativement importante dans ces structures aménagées à même le sol, avec quinze récipients (soit 34 % du NMI). Le faciès laténien se compose très majoritairement de céramique tournée fine (22 sur les 27 individus) ; il comporte peu d’éléments typologiques caractéristiques. Le mode de cuisson des céramiques fines accorde une très large part au mode B (76 %), souvent sans enfumage (28 %), plaidant pour une attribution de cet ensemble à l’état 2 du sanctuaire.

    Analyse chronologique

    2193Bénéficiant d’un corpus fourni, les épandages délimitant au sol la structure sur poteaux (D), située face à l’entrée, illustrent le mieux la chronologie de la constitution des niveaux de sols de la cour. Ils témoignent d’un faciès céramique similaire à celui de la phase d’utilisation du deuxième état du sanctuaire, dominé par les céramiques fines qui procèdent d’une diversification du répertoire propre à la première moitié du ier s. av. J.-C. Ils se caractérisent, à l’inverse, par la discrétion des formes qui abondent dans le corpus du premier état, comme les imitations de bol Lamb. 31. Peu d’éléments traduisent la persistance de ces apports au-delà du premier tiers du siècle. La céramique de la structure D fait figure d’ensemble relativement homogène, dont la constitution est à placer entre la fin de La Tène D1b et la fin de La Tène D2a, soit dans la première moitié du ier s. av. J.-C.

    2194Malgré l’aspect lacunaire du corpus, les ensembles associés à l’enclos C et à la structure E présentent des caractères technologiques (cuisson des céramiques fines) et typologiques (bol à décor d’ocelles, variantes d’écuelles) qui renvoient, eux aussi, à une datation entre la fin de La Tène D1b et la fin de La Tène D2a. La céramique d’importation s’accorde pour une datation basse au cours de La Tène finale, avec une prédominance des Campaniennes B, dont plusieurs occurrences d’assiettes Lamb. 5/7 et la présence possible d’une céramique à enduit rouge pompéien.

    2195La rareté des éléments tardifs présents dans d’autres ensembles du sanctuaire (terra rubra, céramique dorée au mica) tend à confirmer que la date de désaffection du sanctuaire n’est pas postérieure aux années 60-50 av. J.-C. La présence de quelques éléments intrusifs gallo-romains ne plaide pas pour une érosion des niveaux supérieurs, qui aurait oblitéré toute trace d’une occupation de la cour durant La Tène D2b.

    2196Quoi qu’il en soit, la composition globale du faciès et la discrétion des marqueurs très précoces (La Tène D1a) autant que très tardifs (La Tène D2b) permettent de rattacher l’ensemble des niveaux de sols des structures C, D et E au second état du sanctuaire laténien, sans distinction de phase.

    Analyse fonctionnelle

    2197La concentration de tessons au mètre carré est sensiblement plus élevée au niveau des cuves libatoires (E : 37 restes au m2) qu’au niveau de la structure sur poteaux (D : 25 restes au m2). Pour l’ensemble des niveaux de sol, on relève un taux global de céramique fine important (70 % des individus laténiens). Les importations sont relativement bien représentées (3,2 % du NR laténien), de même que les pâtes claires non calcaires (5,6 % du NR laténien).

    2198La décomposition de ces comptages par structure révèle des déséquilibres certains (voir fig. 260-261) : les céramiques grossières ne sont relativement bien représentées qu’au niveau de la structure sur poteaux D (21 % du NMI laténien) et sont quasiment absentes des amas qui entourent les cuves libatoires (E : seulement trois restes). Les lacunes du corpus ne permettent pas d’approfondir l’analyse fonctionnelle des céramiques utilitaires, dont seule la structure D livre un répertoire complet, assez uniformément réparti entre dolia, pots, pots à cuire et jattes.

    2199La distribution des céramiques fines ne souligne aucune disparité significative en termes de part du NR, qui s’établit autour de 70 %. La répartition par classe morphologique et par variantes de formes montre, en revanche, une plus forte représentation des formes hautes, essentiellement des vases, au niveau des structures C et D (plus de 60 %) qu’au niveau de la structure E (moins de 40 %). Le répertoire des formes basses met en exergue la structure D, où les écuelles sont fortement représentées (17 des 29 formes basses en céramique fine). La part des restes de céramique à pâte claire non calcaire est plus uniforme, variant de 4,5 % (structure E) à 7,7 % (structure C) du NR laténien.

    2200Quasiment tous les restes de vaisselle importée proviennent des structures C et D (respectivement 6 et 24 restes), alors qu’ils sont particulièrement discrets au niveau de la structure E (2 tessons seulement, sur 602 restes étudiés).

    Fig. 260 – Niveaux de sols (STC, D et E), diagramme de répartition des principales catégories laténiennes (en NMI).

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    Fig. 261 – Organes internes du sanctuaire : histogramme synthétique de distribution formes et fonctions (NMI).

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    Pl. 1 – Répertoire simplifié des formes de céramique indigène : récipients utilitaires (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 2 – Répertoire simplifié des formes de céramique indigène : vaisselle de service et de consommation (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 3 – Normes de représentations des céramiques (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 4 – Fossé d’enclos (état 1), phase 1. Céramique grossière : formes hautes (dolia, pots à provisions) ; forme basse (anse de « jatte d’Aulnat » ?) ; céramique tournée mi-fine (vase) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 5 – Fossé d’enclos (état 1), phase 1. Vaisselle céramique : tournée fine ; formes hautes (vases) ; formes basses (écuelles, bols/coupes). (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 6 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique grossière : formes hautes (dolia) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 7 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique grossière : pots à provisions (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 8 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique grossière : a : formes hautes (ollae) ; b : formes basses (jattes) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 9 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine : formes hautes (vases) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 10 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine : formes hautes (panses et fond) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 11 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine : formes basses indigènes ; écuelles ; bols ; fonds (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 12 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine, formes basses (imitations et dérivés de bols campaniens) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 13 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine, formes basses (imitations et dérivés de bols campaniens) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 14 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique fine, formes basses (imitations d’assiettes campaniennes) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 15 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. a : céramiques laténiennes précoces ; b : céramiques atypiques (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 16. a : Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique peinte ; céramiques à pâte claire non calcaire ; coupe dérivée de Lamb. 6/36 en mode A ; b : galerie (état 2), phase 1, céramique grossière et céramique fine.

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    Pl. 17 – Galerie (état 2), phase indifférenciée. Céramique grossière, formes hautes : dolia ; pots à provisions ; ollae (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 18 – Galerie (état 2), phase indifférenciée. Céramique grossière, formes basses (jattes) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 19 – Galerie (état 2), phase indifférenciée. Céramique fine, formes hautes (vases) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 20 – Galerie (état 2), phase indifférenciée. Céramique fine, formes basses (écuelles) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 21 – Galerie (état 2), phase indifférenciée. Céramique fine, formes basses : bols ; assiettes ; autres (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 22 – Galerie (état 2), phase 2. Céramique grossière, formes hautes : dolia ; pots à provisions (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 23 – Galerie (état 2), phase 2. Céramique grossière : a : formes hautes (ollae) ; b : formes basses (jattes) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 24 – Galerie (état 2), phase 2. Céramique grossière : formes hautes (vases), pâte claire non calcaire (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 25 – Galerie (état 2), phase 2. Céramique fine, formes basses : bols ; écuelles ; assiettes (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 26 – Galerie (état 2), phase 2. a : céramique grossière, formes hautes (dolium, pots à provisions) et basses (jattes) ; b : céramique peinte et céramique à engobe rouge (cruche) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 27 – Galerie (état 2), phase 3. Céramique fine, formes hautes (vases et pichet) et formes basses (bols et écuelles) et assiettes (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 28 – Enclos A (état 2). a : céramique grossière, formes hautes (dolium, pots à provisions, ollae), formes basses (jattes) ; b : céramique commune gallo-romaine intrusive (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II)

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    Pl. 29 – Enclos A (état 2). Céramique fine, formes hautes : vases ; pichets. (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 30 – Enclos A (état 2). Céramique fine, formes basses : écuelles ; bols ; assiettes et autres (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 31 – Enclos A (état 2). a : céramique fine ; b : céramique à pâte claire non calcaire et céramique fine cuite en mode A (10208.406) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 32 – Enclos B (état 2). a : céramique grossière, formes hautes (pots à provisions, ollae) et basses (jattes) ; b : céramique fine et mi-fine (vases, pichets, écuelles, bol), céramique à pâte claire non calcaire (12964.403) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 33 – Stuctures C, D et E (état 2). a : céramique grossière (pots à provisions, ollae et jattes) ; b : céramique fine (formes hautes) ; céramique à pâte claire non calcaire (15066.4 et 13900.6) (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 34 – Stuctures C, D et E (état 2). Céramique fine : vases ; écuelles ; bols ; et autres (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 35 – Céramique peinte et céramiques à pâte claire non calcaire (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 36 – Céramiques d’importations : céramique campaniennes A et B-oïdes, pâtes claires méridionales, parois fines tardo-républicaines, commune italique et balsamaire (DAO : R. Lauranson, université Lumière-Lyon-II).

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    Pl. 37 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. Céramique grossière, formes hautes et formes basses. (DAO : G. Verrier).

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    Pl. 38 – Fossé d’enclos (état 1), phase 2. a : céramique fine formes hautes et formes basses (cuisson en mode A sauf 13076.2, 13081.8, 13081.9 et 13090.3, cuisson en mode B) ; b : cruche à pâte claire non calcaire (en bas à gauche) (DAO : G. Verrier).

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    Pl. 39 – Galerie (état 2), phase 1. a : céramique grossière ; b : céramique fine (cuisson en mode A sauf 13060.11 et 13060.16, cuisson en mode B) ; pâte claire non calcaire (13060.15) (DAO : G. Verrier).

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    Pl. 40 – Galerie (état 2), phase 2, palissade 13032. a : céramique grossière, formes hautes et formes basses ; b : pâte claire non calcaire (DAO : G. Verrier).

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    Pl. 41 – Galerie (Etat 2), phase 2, palissade 13032. Céramique fine, formes hautes et formes basses (cuisson en mode B sauf 13050.14, 13051.5, 13051.6, 13052.8, 13052.9, 13052.7 et 13052.11, cuisson en mode A) (DAO : G. Verrier).

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    Pl. 42 – Galerie (Etat 2), phase 2. a : céramique grossière, formes hautes ; b : céramique fine, formes hautes et formes basses (cuisson en mode A sauf 13038.2, 13039.2, 13039.3, 13039.4 et 13059.1, cuisson en mode B) ; pâte claire non calcaire (en bas à gauche) (DAO : G. Verrier).

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    CÉRAMIQUES ROMAINES

    2201Aurélie Tripier

    2202Le matériel d’époque romaine récolté dans les niveaux tardifs du sanctuaire de Corent est peu abondant, en comparaison avec celui issu des niveaux laténiens sous-jacents. Il comporte une forte proportion de mobilier résiduel, appartenant aux périodes de fréquentation antérieures du site. Seul le mobilier lié à la période de fonctionnement du sanctuaire à l’époque romaine est ici pris en compte : il s’agit d’un effectif de 2068 restes (NR) pour 226 individus (NMI) (tabl. XXVI).

    2203Les céramiques fines, avec trente individus, ne représentent que 18 % de cet effectif, tandis que les céramiques communes totalisent 80 % du NMI. Les amphores, peu nombreuses, sont présentes avec seulement 2 % du NMI.

    Tabl. XXVI – Comptage général du mobilier par catégories techniques.

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    CÉRAMIQUES FINES

    2204Au sein des céramiques fines, servant au service et à la présentation des mets, les catégories techniques sont dominées par les sigillées de Gaule centrale.

    Céramique sigillée

    2205Cette appellation désigne des céramiques recouvertes d’un vernis grésé, dont la teinte varie du rouge au brun. La céramique sigillée retrouvée à Corent provient exclusivement des ateliers de Gaule centrale. Leur activité débute de façon marginale au début du ier s. apr. J.-C. et les productions ne présentent pas encore les traits de la véritable céramique sigillée. Ce n’est qu’à la fin du ier s. apr. J.-C. qu’elle fait son apparition dans ces ateliers, pour être ensuite diffusée de façon assez large sur le territoire gaulois et dans l’ouest de l’Empire.

    2206La céramique sigillée est représentée par une majorité de récipients caractéristiques des productions du iie s. apr. J.-C. Un fragment sort du lot et présente les caractéristiques des premières productions non grésées de Lezoux, datées du début du ier s. Il s’agit d’un fond de coupelle de type Ritterling 5 qui porte une estampille illisible dans un cartouche rectangulaire (pl. 1, n° 1).

    2207La sigillée du iie s. apr. J.-C. est représentée par quatre formes seulement : les coupelles, les plats, les coupes et les gobelets. La forme de quatre individus n’a pu être déterminée, en raison de la fragmentation des restes.

    2208Les coupelles sont présentes au nombre de cinq individus : on compte un Drag. 24/25 (pl. 1, n° 2), deux Drag. 27 (pl. 1, nos 4-5), un Drag. 33 et une coupelle Curle 23 / Lez. 042 (pl. 1, n° 11). À ces récipients, on peut ajouter un fond de Drag. 27 (pl. 1, n° 6). Deux coupelles de type Drag. 27 comportent des estampilles : on peut lire la marque du potier VICTOR, qui a travaillé à Lezoux entre les années 150 et 225 apr. J.-C. (Bet, 1988). La seconde marque est celle du potier VIDVCVS, en activité aux Martres-de-Veyre au cours des années 100-150 apr. J.-C. (Bet, 1988).

    2209Les plats sont représentés par huit individus : trois plats appartiennent au type Drag. 18/31 (pl. 1, nos 7 et 9) dont au moins un (n° 9) au type 054 de Lezoux ; un plat à lèvre à marli mouluré appartient au type Lez. 030 (pl. 1, n° 13) ; un fragment de plat à lèvre à marli plat avec décor de feuilles d’eau à la barbotine appartient au type Lez. 017 (pl. 1, n° 10). Un autre plat présente un décor de feuilles d’eau à la barbotine : la lèvre éversée arrondie permet de le rattacher au type Drag. 36. Un fond de plat appartient également à un récipient de type Drag. 36 (pl. 1, n° 3). Le dernier plat inventorié présente une lèvre tombante arrondie de type Curle 23 / Lez. 043 (pl. 1, n° 12).

    2210Les sigillées moulées sont représentées par une majorité de coupes hémisphériques à décor en relief de type Drag. 37, identifiées pour deux individus (pl. 2, n° 1) et huit fragments de panse (pl. 2, nos 2 et 4). Les décors observés n’ont pu être rattachés à des styles de potier en particulier. Le reste des sigillées moulées est illustré par deux fragments de coupe cylindrique de type Drag. 30 (pl. 2, n° 5) et deux gobelets ovoïdes de type Déchelette 67. Tous ces récipients sont caractéristiques des productions du iie s. apr. J.-C. provenant des ateliers de Gaule centrale (Bet, Delor, 2000). Les estampilles correspondent elles aussi à des potiers en activité au iie s. apr. J.-C.

    Céramique à paroi fine

    2211Une production de céramiques à paroi fine est identifiée à Lezoux entre la période flavienne et le milieu du iie s. apr. J.-C. Cette catégorie est caractérisée par des produits en pâte siliceuse couverte d’un engobe non grésé de teinte sombre, allant de l’orange au brun (Bet, Gras, 1999 ; Delage, 2002). Trois récipients à boire appelés « gobelets » composent cette catégorie : ils présentent une lèvre éversée arrondie (pl. 2, n° 6) ou biseautée (pl. 2, n° 7). Un fond de gobelet a également été observé (pl. 2, n° 8).

    Céramique métallescente

    2212Cette catégorie se caractérise par des récipients dont la pâte est souvent de teinte rouge et couverte d’un revêtement noir grésé présentant des reflets métalliques irisés. Cette production se développe dans les ateliers de la Gaule centrale de la seconde moitié du iie s. et du iiie s. apr. J.-C. (Bet, Gras, 1999 ; Delage, 2002).

    2213Trois fragments ont été inventoriés : un bord de gobelet à lèvre éversée et sillons sur la panse (pl. 2, n° 9) ; une anse de tasse de type Lez. 302 (pl. 2, n° 10) ; des fragments de panse à décor de guillochis (pl. 2, nos 11-12).

    Céramique fine engobée

    2214Cette appellation désigne un ensemble de céramiques à pâte calcaire recouverte d’un engobe non grésé de teinte le plus souvent rouge. La finesse de la pâte incite à les classer dans les céramiques fines. Cinq individus appartiennent à cette catégorie technique. On dénombre un bord de plat (pl. 2, n° 13) et trois bords de gobelets à lèvre éversée en bourrelet (pl. 2, n° 14). Le dernier individu n’est pas identifié.

    Lampe

    2215Les fragments de lampe observés dans le mobilier du sanctuaire sont peu nombreux. On peut cependant signaler la présence d’une lampe à volutes avec un médaillon à décor moulé (pl. 2, n° 15), sur lequel il semble possible de distinguer les jambes d’un personnage marchant vers la droite. Ce type de lampe se retrouve en majorité dans des contextes du ier s. apr. J.-C. (Deneauve, 1969).

    CÉRAMIQUES COMMUNES

    2216Par le terme de céramiques communes, on désigne des récipients servant à la préparation, à la cuisson, au stockage et éventuellement au service des aliments. Plusieurs catégories techniques ont été identifiées ; parmi elles, la céramique commune grise est majoritaire et rassemble plus de la moitié des individus.

    Céramique commune grise

    2217Elle peut être tournée ou non tournée. Les récipients sont réalisés dans une argile siliceuse cuite en mode B, ce qui leur confère une teinte allant du gris au noir. La céramique tournée rassemble cent sept individus qui se répartissent selon trois formes majoritaires : le pot (50 individus), la jatte (30 individus) et la marmite (13 individus).

    2218Les pots recensés dans cette catégorie appartiennent à différents types. Le pot le plus fréquent adopte une lèvre éversée courte plus ou moins épaisse (pl. 3, nos 1-4). Le module est souvent petit. Cinq pots présentent un bord en bandeau, doté pour certains d’une lèvre arrondie, pour d’autres, d’une lèvre de section carrée (pl. 3, nos 5-8). Le pot à lèvre en bourrelet constitue le troisième type marquant pour cette forme (pl. 3, n° 9).

    2219Les jattes en céramique commune grise présentent de fortes ressemblances avec le mobilier issu des occupations laténiennes du sanctuaire. Cette forme comprend de nombreux types : jatte à bord rentrant et lèvre arrondie (pl. 3, n° 10), jatte carénée (pl. 3, nos 11-12), jatte à lèvre en bourrelet soulignée d’un sillon (pl. 3, nos 13-15). Avec treize individus, la jatte à bord rentrant et lèvre arrondie est majoritaire et représente presque la moitié des récipients de cette forme.

    2220À l’exception d’une imitation de marmite Haltern 56, les marmites appartiennent au type à fond tripode et collerette (pl. 3, nos 16-19), caractéristique du répertoire de la céramique commune de la Gaule centrale des iie et iiie s. apr. J.-C. (Delage, 2002). Les autres formes rencontrées dans cet ensemble sont le couvercle et le plat. Au sein des plats, un individu à lèvre pendante présente une morphologie qui s’inspire du répertoire précoce des sigillées italiques (service I). Le pot à lèvre en bourrelet est le seul type inventorié pour la céramique non tournée grise.

    Céramique commune rouge

    2221Cette catégorie présente les mêmes caractéristiques que la céramique commune grise. Seul varie le mode de cuisson, qui confère aux récipients une teinte allant du rouge au brun.

    2222La céramique commune tournée cuite en mode A comporte essentiellement des marmites à collerette. Ce type est le même que celui identifié pour la céramique commune grise. Les autres formes inventoriées ne livrent que quelques exemplaires : pots (neuf individus : pl. 4, n° 1), cruche (pl. 4, n° 2), jattes (cinq individus, pl. 4, nos 3-4) et plats (deux individus). Certains récipients peuvent porter un engobe micacé doré (fragment de panse comportant un graffito : pl. 4, n° 5).

    Céramique grise fine

    2223Présentant des caractéristiques très proches de celles de la céramique tournée grise, elle s’en distingue par une pâte plus fine et épurée, ainsi que par un traitement de surface plus soigné. Parmi les trois pots observés, l’un possède une lèvre en bourrelet (pl. 4, n° 6), un autre une lèvre arrondie allongée (pl. 4, n° 7) ; le troisième type n’est pas identifié.

    Céramique claire calcaire

    2224Cette céramique présente une pâte non calcaire qui n’a pas vocation à être exposée au feu dans le cadre d’activités culinaires. Les récipients servent plutôt au service de liquides (cruches), au stockage (pots) et à la préparation des mets (mortiers).

    2225Une coupe à lèvre en bourrelet (pl. 4, n° 8), un pot à lèvre éversée (pl. 4, n° 9), un pichet (pl. 4, n° 10), un mortier à lèvre pendante (pl. 4, n° 11), ainsi que trois cruches à lèvre en bourrelet, triangulaire ou arrondie (pl. 4, nos 12-14) constituent les principaux objets de cette catégorie. Signalons la présence de deux fragments de panses de céramique retaillés en jeton à la manière de certaines céramiques gauloises. Un dernier fragment d’anse plate appartient probablement à une cruche.

    Céramique pâle fine

    2226Cette catégorie se compose de récipients réalisés dans une pâte siliceuse fine, qui comporte des inclusions de mica. Les récipients répondent à la même fonction que ceux en pâte calcaire.

    2227Le pot est la forme qui rassemble le plus d’individus (neuf objets). Ces récipients présentent des lèvres en bourrelet, arrondie, éversée ou en amande (pl. 4, n° 15). Cinq autres individus ont été inventoriés : un couvercle, deux cruches et deux jattes.

    Céramique à engobe blanc

    2228Il s’agit d’une catégorie technique constituée de récipients à pâte beige micacée recouverte d’un engobe blanc, représentée par trois cruches et un gobelet (pl. 4, nos 16-19). Les cruches appartiennent à trois types différents : bord en bandeau lisse, lèvre en bourrelet, lèvre éversée avec gorge interne. Cette production se développe dans les ateliers de Gaule centrale au ier s. apr. J.-C. (Delage, 2002).

    Céramique à engobe rouge

    2229Les récipients classés dans cette catégorie présentent une pâte fine couverte d’un engobe rouge non grésé. Les formes rencontrées sont peu nombreuses. On peut identifier une cruche à lèvre triangulaire (pl. 5, n° 1), une jatte à lèvre arrondie (pl. 5, n° 2), un pot à lèvre débordante (pl. 5, n° 3). Cette production se développe dans les ateliers de Gaule centrale au cours du ier s. apr. J.-C. (Delage, 2002). Signalons également la présence d’un bord d’amphorette (pl. 5, n° 4), à lèvre en entonnoir, récipient fréquemment attesté dans les contextes des iie et iiie s. apr. J.-C. de la Gaule centrale (Delage, 2002).

    Céramique à vernis interne

    2230La céramique dite « à vernis rouge pompéien » (VRP) tire son appellation du revêtement rouge épais qui enduit le fond des plats. Les couvercles en sont dépourvus. Les fragments de VRP identifiés à Corent ne présentent pas les baguettes noires caractéristiques des productions campaniennes. Un fragment de plat à lèvre en bourrelet triangulaire figure dans cet ensemble (pl. 5, n° 5) ; il correspond à des productions bien attestées en Gaule centrale (Desbat, 2003).

    Céramique claire micacée

    2231Bien représentée parmi le mobilier du sanctuaire, la céramique claire micacée regroupe dix-sept individus. Douze marmites tripodes à lèvre en collerette sont observées (pl. 5, nos 6-12) ; ce récipient est caractéristique des contextes des iie et iiie s. apr. J.-C. sur les sites de consommation en Gaule centrale (Delage, 2002). Soulignons la présence d’autres objets appartenant à cette même catégorie : un pot globulaire à petite lèvre éversée (pl. 5, n° 13), ainsi que quatre jattes à bord rentrant et lèvre arrondie, à lèvre débordante moulurée, ou à lèvre débordante arrondie (pl. 5, nos 14-16).

    2232Les amphores servant au transport et au stockage des denrées comme le vin, l’huile et les sauces de poissons, sont très peu représentées au regard de la masse considérable de conteneurs vinaires italiques qui caractérise la période antérieure (voir infra, chap. V, p. 341-396). Une cinquantaine de fragments d’amphores ont été inventoriés, correspondant pour l’essentiel à des tessons de panse ; ils proviennent de Bétique et d’Italie. Il n’a pas été possible de déterminer si ces vestiges relèvent de la fréquentation romaine du sanctuaire ou bien s’ils appartiennent au mobilier résiduel.

    CONCLUSION

    2233Peu abondant, le mobilier céramique lié aux états romains du sanctuaire de Corent présente une forte proportion de formes dont la période de production et de diffusion couvre les iie et iiie s. apr. J.-C. Seule la présence d’un tesson de céramique sigillée non grésée (attribuée au ier s. apr. J.-C.), d’une imitation de plat sigillée italique appartenant au service I, d’un fragment de lampe à volutes et d’un fragment de céramique engobée blanche ou rouge (dont la production s’inscrit essentiellement au ier s. apr. J.-C.), permet d’établir un lien de continuité avec les occupations de la fin de l’époque gauloise et du début de la période romaine. La faiblesse de cet échantillon, qui s’oppose au nombre non négligeable de fibules et de monnaies du ier s. apr. J.-C. retrouvées dans la cour (voir supra, chap. V, p. 258 et 317), ne suffit pas à postuler une occupation durable du sanctuaire à l’époque julio-claudienne, ni même à l’époque flavienne. Tout au plus offre-t-elle la possibilité d’affirmer qu’il a fait l’objet d’une fréquentation sporadique au cours de cette période. La plupart des indices chronologiques récoltés (sigillée de Gaule centrale, céramique à paroi fine, céramique métallescente) permettent d’ancrer son occupation principale durant les iie et iiie s. apr. J.-C.

    Pl. 1 – Céramiques fines. 1-13 : sigillée du centre de la Gaule (DAO : A. Tripier, TRACES, UMR 5608).

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    Pl. 2 – Céramiques fines. 1-5 : sigillée du centre de la Gaule ; 6-8 : céramique à paroi fine ; 9-12 : céramique métallescente ; 13-15 : céramique fine engobée ; 15 : lampe (DAO : A. Tripier, TRACES, UMR 5608).

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    Pl. 3 – Céramiques communes. 1-19 : céramique tournée grise (DAO : A. Tripier, TRACES, UMR 5608).

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    Pl. 4 – Céramiques communes. 1-5 : céramique tournée rouge ; 6-7 : céramique grise fine ; 8-14 : céramique claire calcaire ; 15 : céramique pâle fine ; 16-19 : céramique engobée blanche (DAO : A. Tripier, TRACES, UMR 5608).

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    Pl. 5 – Céramiques communes. 1-4 : céramique engobée rouge ; 5 : céramique à vernis rouge pompéien ; 6-16 : céramique claire micacée (DAO : A. Tripier, TRACES, UMR 5608).

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    FAUNE

    2234Les quelque 150000 restes animaux prélevés dans les nombreuses structures mises au jour sur le sanctuaire témoignent de l’importance que revêt la faune parmi les activités religieuses. De telles quantités n’autorisant pas une étude exhaustive, une sélection représentative d’environ 20 % du mobilier a été opérée dans le but d’en cerner les différents aspects. Au total, 24 066 fragments osseux répartis dans différentes structures ont été analysés (fig. 262).

    2235Le fossé du péribole est le principal pourvoyeur en restes animaux. Leur étude s’est concentrée sur six tronçons distincts sur la base d’un taux d’échantillonnage de 30 % à 75 % selon les structures (4863 restes).

    2236Mis à part quelques ossements isolés, l’ensemble des contextes analysés témoigne d’un faciès faunique homogène, commun à l’ensemble du péribole. Cette homogénéité vaut également pour la densité des restes osseux qui sont assez équitablement répartis sur toute la longueur du fossé.

    2237Un septième tronçon regroupe l’intégralité de la branche est, qui livre un mobilier similaire au reste du péribole mais s’en distingue aussi ponctuellement par la présence d’éléments particuliers. Pour cette raison, un examen plus approfondi a été pratiqué, à hauteur de 50 % à 75 % (2174 restes).

    2238Au terme de l’étude, l’examen faunique concerne environ 17 % du mobilier mis au jour dans le péribole.

    2239La zone située à l’emplacement du bâtiment D constitue un niveau de sol caractérisé par un important épandage d’ossements animaux. Cette zone, fortement perturbée par les aménagements gallo-romains, a été étudiée à plus de 75 % (4482 restes).

    2240Les enclos internes A et B ont chacun fait l’objet d’une étude exhaustive des vestiges mis au jour (12547 restes).

    Fig. 262 – État de l’échantillonnage opéré pour l’étude du mobilier faunique.

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    Fig. 263 – Dépôts osseux dans l’enclos A : mandibules et crânes ovins dans la branche ouest (à gauche) ; concentration de crânes ovins au centre de la branche sud (au centre, photographie V. Guichard), crâne de bélier présentant une découpe de la partie occipitale (à droite) ; détail du chien découvert dans la branche ouest.

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    ENCLOS A

    2241Les vestiges animaux prélevés dans l’enclos A constituent un ensemble composé de 7644 restes osseux (70,425 kg), dont 3060 indéterminés (40 % du nombre total de restes, soit 7,6 % du poids total des restes). La presque totalité est issue du fossé peu profond qui ceint l’enclos laténien (tabl. XXVII). La répartition des restes n’a rien d’homogène et témoigne plutôt de concentrations au centre des branches orientale et méridionale en particulier (fig. 263).

    2242L’état de fragmentation est relativement important mais les vestiges ont toutefois été épargnés par les divers facteurs d’altération ; ce mobilier assez bien conservé mais fragmenté.

    2243L’analyse de ces restes témoigne d’une forte domination des caprinés (67 %) sur les autres espèces représentées, le porc (24,5 %) en particulier et le bœuf (5,5 %). Le porc progresse cependant sensiblement dans les niveaux supérieurs, au détriment des restes ovicaprins. Le chien est la quatrième espèce du fossé d’enclos (2,7 %) et on ne compte que dix-neuf restes de mammifères sauvages ; la majorité est composée de microfaunes dont l’origine laténienne reste douteuse. Il faut enfin mentionner trente-cinq restes de volailles sur lesquels nous reviendrons.

    Les caprinés

    Estimation quantitative

    2244L’estimation du nombre d’individus établi à partir des mandibules est le seul qui nous paraisse fiable, compte tenu de leur grande quantité présente dans le fossé (tabl. XXVIII).

    2245Il fournit un effectif de 228 sujets à partir des mandibules gauches et 194 d’après les droites. Cela dit, les écarts importants avec les autres parties anatomiques ne permettent pas de confirmer ces données. Cette estimation doit alors être considérée avec prudence, les mandibules étant de toute évidence en surreprésentation dans le fossé.

    2246Le NMI de fréquence établi d’après les crânes complets59 est de trente-neuf, et d’après les humérus (droits ou gauches) il est de huit. Comme on le voit, les restes ovicaprins présents dans l’enclos A ne composent pas des ensembles anatomiques complets, mais plutôt des parties de squelettes.

    Tabl. XXVII – Quantification générale de la faune dans l’enclos A.

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    Tabl. XXVIII – Estimation du nombre minimum d’individus (NMI) de fréquence pour les caprinés de l’enclos A, d’après les os les plus représentés.

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    Fig. 264 – Distribution des parties anatomiques des caprinés.

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    Fig. 265 – Estimation de l’âge des caprinés dans l’enclos A.

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    Fig. 266 – Diagramme de dispersion des métatarses en fonction de la longueur totale (GL) et de la largeur de la diaphyse (SD).

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    Fig. 267 – Distinction des sexes à partir des chevilles osseuses des moutons en fonction de la largeur antéro-postérieure (Dt) et de la largeur de la base (Dt).

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    2247La part que représentent les chèvres est anecdotique face aux restes de moutons. Bien que la discrimination soit peu aisée au vu de la ressemblance morphologique de ces deux espèces, il semble que ces dernières ne totalisent que 3 % des restes ovicaprins, si l’on se fie à l’observation des crânes (chevilles osseuses) et, à nouveau, aux nombreuses mandibules (selon Payne, 1985).

    2248La distribution des parties anatomiques témoigne d’une forte prépondérance des restes issus de la tête, qui constituent 62 % des vestiges prélevés dans le fossé d’enclos (fig. 264). Les bas de pattes (autopodes et phalanges) sont également bien représentés (15 %), au détriment des parties les plus propices à l’alimentation carnée ; les membres ne composent que 16 % des restes et le tronc (vertèbres et côtes) 7 %.

    Estimation de l’âge

    2249L’âge des caprinés a été estimé à partir de 173 séries dentaires. Il relève d’une sélection majoritaire de sujets adultes (69 %) : la plus grande part des caprinés a été abattue au cours de la deuxième année (36 %), puis la part des individus diminue chaque année (fig. 265). On constate, malgré cela, que les animaux âgés de plus de cinq ans demeurent assez nombreux (6,5 %).

    2250La part des jeunes individus est également à souligner puisque 21 % d’entre eux sont des agneaux de moins d’un an, les jeunes sujets de deux ans étant clairement moins fréquents (4 %).

    2251La sélection préférentielle de jeunes adultes atteignant un optimum pondéral, comme aussi celle des agneaux offrant une viande de meilleure qualité, laisse entrevoir une finalité alimentaire dans la présence de ces animaux.

    2252L’estimation des âges dentaires est largement confirmée par le degré d’épiphysation des os longs qui témoignent d’une nette opposition entre des individus de moins d’un an et des animaux ayant dépassé la seconde année.

    Estimation du sexe

    2253Le sexe des caprinés n’a pu être établi qu’en de rares cas. Seules les chevilles osseuses des crânes déposées dans le fossé attestent d’une relative équité entre les sexes (neuf mâles pour douze femelles). Il semble également que des individus mâles castrés soient représentés dans cet ensemble. Ils se différencient par une section des chevilles osseuses intermédiaire, entre celles des mâles et des femelles. L’analyse ostéométrique pratiquée sur les métapodes semble le confirmer (fig. 266-267).

    2254L’absence d’autres marqueurs contrarie une estimation fiable de la détermination des sexes dans l’enclos A, pour les caprinés comme pour toutes les autres espèces représentées.

    Fig. 268 – Distribution des parties anatomiques des porcs dans l’enclos A.

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    Fig. 269 – Estimation de l’âge des porcs de l’enclos A.

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    Le porc

    Estimation quantitative

    2255Le NMI a été obtenu dans la seule branche ouest, qui est la mieux conservée et la plus fournie en vestiges osseux. Établi à partir des scapulas gauches (pièces osseuses les plus nombreuses), le NMI de fréquence est de treize individus ; ce qui, par extrapolation, permet d’estimer à une cinquantaine le nombre de porcs dans l’ensemble des quatre branches du fossé (tabl. XXIX). Il s’agit-là, bien entendu, d’un ordre de grandeur très relatif puisque rien ne permet de préciser si ces vestiges sont répartis de façon homogène dans les branches du fossé.

    Tabl. XXIX – Estimation du nombre minimum d’individus (NMI) de fréquence pour les porcs de l’enclos A, d’après les os les plus représentés.

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    2256La distribution des restes de porc suit globalement celle établie pour les caprinés, bien que les parties les plus charnues soient mieux représentées (fig. 268). Les restes issus de la tête (31 %), et les extrémités de pattes (32 %) sont les plus nombreux, dominant les quartiers les plus nobles, jambons et épaules (28 %) et tronc (9 %).

    Estimation de l’âge

    2257L’estimation de l’âge des individus a été établie à partir de vingt-huit mandibules (fig. 269). Aucune sélection particulière n’a pu être mise en évidence. La part des jeunes de moins d’un an (39 %) – parmi lesquels on trouve des sujets nouveaux-nés (7 %) – est équivalente à celle des adultes de plus de quatre ans (39 %). Les jeunes adultes âgés de un à quatre ans (21 %) sont légèrement moins bien représentés alors qu’ils offrent une quantité de viande plus importante. Le degré d’épiphysation des os permet de compléter quelque peu ces données, confirmant une proportion importante de porcelets de moins d’un an (38 %).

    Estimation du sexe

    2258La détermination des sexes est limitée par la carence des restes et leur degré de fragmentation. Celle-ci s’est effectuée pour l’essentiel à partir des canines, donnant seize femelles pour vingt-deux mâles. Bien que réduites, ces données démontrent qu’il n’y a pas eu de sélection drastique des sexes dans cet enclos.

    Le bœuf

    2259Les restes de bovins sont bien moins nombreux que ceux de caprinés ou de porcs (5,5 % du total faunique). À l’instar des caprinés, le nombre d’individus est établi à partir des mandibules et donne un minimum de cinq bovins dans l’enclos. La majorité des restes (33 %) provient du tronc (côtes et vertèbres), mais les bas de pattes (15 %) et la tête (26 %) sont toujours très bien représentés ; les membres ne constituent que 26 % des restes.

    2260Fort limitée, l’estimation des âges témoigne de la présence d’animaux juvéniles et d’adultes faits (os longs épiphysés). Aucune estimation des sexes n’a pu être réalisée à partir de ce mobilier.

    Le chien

    2261La part des vestiges canins dans l’enclos A est équivalente à la moyenne établie pour l’ensemble du sanctuaire (2,7 %). Les différentes régions anatomiques sont représentées de façon équivalente ; il s’agit de restes épars fragmentés. La présence du chien dans l’enclos A tient surtout à l’ensemble anatomique complet d’un jeune mâle de trois ou quatre ans, selon l’oblitération des sutures interfrontales. Aucune trace de découpe ou de consommation n’a été perçue ; cet individu a manifestement été déposé dans le fossé avant que sa décomposition soit achevée.

    L’avifaune

    2262Les trente-cinq restes d’oiseaux sont composés de volailles domestiques, la poule et/ou le coq principalement (27 restes), dont ne subsistent que les os longs. La datation de ces vestiges est incertaine, car ils sont tous situés dans les niveaux les plus hauts du fossé gaulois, à l’interface des phases augustéennes, période à laquelle les gallinacés sont bien plus représentés (cf. tabl. XXX).

    2263Les autres espèces aviaires (huit restes) n’ont pu être déterminées. Il s’agit de passereaux (grives et merles probablement) représentés par des fragments d’os longs ; la consommation de ces oiseaux n’est nullement établie.

    Conclusion

    2264L’évolution des pratiques dans les différentes phases d’utilisation du fossé montre que les caprinés restent l’espèce privilégiée durant toute l’époque gauloise, même si la part des porcs augmente nettement au cours de la dernière phase d’utilisation, au détriment de celle des caprinés.

    2265Les modalités de choix des animaux représentés dans l’enclos A ne répondent pas réellement à des règles de sélection drastiques. Les caprinés, qui restent assurément l’espèce privilégiée durant toute l’époque gauloise, voient cependant le porc augmenter dans la dernière phase d’utilisation.

    2266Les parties crâniennes (crânes et mâchoires) sont nettement plus nombreuses que les autres parties du squelette chez les caprinés et, dans une moindre mesure, chez les porcs. Les autres parties du squelette portent des traces de découpe (fig. 270) témoignant des pratiques bouchères (vertèbres arasées, mandibules et épiphyses sectionnées, etc.) reconnues sur nombre de sites. De même, la plupart des canines de porcs ainsi que certains talus (extrémités de membres) livrent des traces d’un passage à la flamme. Si la majorité des vestiges animaux portent des traces de cuisson, de découpe et de consommation, il est à noter que les parties les plus propices à une alimentation carnée de qualité ne sont pas les plus représentées. Peut-être faut-il établir un distinguo entre les vestiges issus de la tête (mâchoires et crânes) et le reste du squelette, dont la finalité n’est sans doute pas la même : les premiers proviennent – au moins pour partie – d’animaux étrangers à l’enclos A, ces crânes et mâchoires étant concentrés et accumulés le long des palissades à des fins ostentatoires (fig. 271) ; les seconds composent des rejets alimentaires déposés ou évacués dans le fossé.

    2267La distribution des restes dans les branches ouest et sud montre de véritables accumulations de restes osseux et une organisation certaine des crânes le long de la palissade, dans sa face interne. C’est effectivement plus d’une quarantaine de crânes qui ont été alignés au bord du fossé, à l’intérieur de l’enclos. S’il ne semble pas y avoir eu de sélection particulière des individus, certains de ces crânes ont subi un traitement spécifique consistant à découper la partie occipitale le long des sutures occipito-pariétales, tout en prenant soin de conserver intacte le reste de la boîte crânienne (fig. 272). Cette découpe très particulière, que l’on retrouve à l’identique sur le sanctuaire voisin de Gergovie, témoigne vraisemblablement d’une extraction de la cervelle – à des fins rituelles et/ou alimentaires – tout en conservant le crâne, peut-être en vue d’une exposition (Foucras, 2011). Cette pratique, qui n’est pas systématique, ne se limite pas aux crânes de l’enclos A même s’ils y sont plus nombreux que dans les autres structures du sanctuaire.

    Tabl. XXX – Les oiseaux de l’enclos A : nombre de restes déterminés par espèce.

    poule/coq

    tarsométatarse

    5

    tibiotarse

    1

    humérus

    2

    bréchet

    3

    clavicule

    1

    fémur

    5

    humérus

    3

    coracoïde

    7

    passereau

    tarsométatarse

    4

    fémur

    2

    humérus

    2

    Fig. 270 – Traces de consommation et de découpe bouchère sur les os animaux.

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    Fig. 271 – Localisation des crânes de caprinés mis au jour (seuls les crânes possédant pariétaux, frontaux et occipitaux, ont été pris en compte).

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    Fig. 272 – Différents aspects de la découpe de l’occipital sur des crânes ovi-caprins (à gauche) ; entailles probablement dues à une tentative de décollation (en haut à droite) et traces de décollation avec ablation des condyles occipitaux et passage à la flamme (en bas à droite).

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    ENCLOS B

    2268Au sud de l’enclos A, ce second enclos n’a pas été fouillé dans sa totalité et seules les branches nord et est ont été mises au jour. C’est la branche nord qui a livré le plus grand nombre de restes animaux (355 restes), la branche est étant fortement arasée (266 restes) et les vestiges particulièrement fragmentés (tabl. XXXI).

    2269À l’instar de l’enclos A, les caprinés dominent le spectre faunique, dans des proportions toutefois bien supérieures puisqu’ils composent 93 % des restes de l’enclos. Le porc (6 %) est à nouveau la seconde espèce, devant le bœuf et le chien, qui ne sont représentés que par un seul reste chacun (respectivement un os isolé du tarse et un métapode).

    Tabl. XXXI – Quantification générale de la faune dans l’enclos B.

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    Les caprinés

    2270Le NMI de fréquence établi à partir des mandibules est de 151 animaux pour les mandibules gauches et de 134 pour les droites. À l’instar de l’enclos A, il est évident qu’il ne s’agit-là que d’une partie de ces animaux accumulée ici, mais dont le reste des squelettes se trouve ailleurs.

    2271La distinction des chèvres et des moutons, établie à partir des prémolaires inférieures selon les critères de Payne, dénombre vingt-cinq ovins pour neuf caprins (soit six individus au minimum), ce qui indique une part assez importante de chèvres.

    2272La distribution anatomique est cette fois largement composée de mâchoires et de crânes. Il apparaît clairement qu’une sélection des restes a été mise en œuvre, favorisant les mandibules qui représentent 53,5 % des vestiges ovicaprins60 du fossé mis au jour ; ajoutés aux éléments de crânes (16 %), la tête représente près de 70 % des restes pour cette espèce. Le reste du corps (membres et tronc) ne compte que pour 31 % des restes, parmi lesquels 30 % sont des bas de pattes.

    2273L’estimation de l’âge a été effectuée à partir des séries dentaires prélevées (N = 217) ; elle est conforme à celle de l’enclos A pour les sujets de moins de quatre ans, avec une tendance à favoriser les agneaux de moins d’un an puis les jeunes de deux à trois ans (fig. 273). On remarque cependant que la part des individus âgés est plus importante qu’elle ne l’était dans l’enclos A ; les individus de plus de cinq ans dépassent en effet 13 % et comptent parmi eux deux individus séniles de sept ans.

    2274La disposition des mandibules dans le fossé n’a rien d’anarchique et il est apparu, dès la fouille, que bon nombre de ces mandibules étaient alignées ou associées par deux (voir fig. 85). Bien qu’évoquant, à première vue, les paires de mandibules constituant la mâchoire inférieure de l’animal, leur examen détaillé a montré, contre toute attente, qu’elles ne provenaient pas d’un même individu : deux mandibules d’une même latéralité sont parfois appareillées, de même que celles appartenant à des animaux d’âges différents, une mandibule de mouton est parfois associée à celle d’une chèvre… Seules deux de ces paires pourraient, en théorie, avoir appartenu à la même mâchoire.

    Fig. 273 – Estimation de l’âge des caprinés dans l’enclos B.

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    Le porc

    2275Une nouvelle fois, ce sont les restes de la tête qui sont les plus nombreux (12 restes, soit 48 %). La faiblesse de l’échantillon (25 restes seulement) ne suffit cependant pas à distinguer une sélection préférentielle de certaines parties. Pour les mêmes raisons, l’estimation des âges d’abattage est peu fiable, d’autant que la fragmentation des quelques mandibules n’a pas permis de calculer leur nombre. On note simplement l’absence de jeunes individus, tous les restes osseux analysés étant épiphysés (N = 5).

    Conclusion

    2276Le second bâtiment, situé au sud de la parcelle (enclos B), constitue le fidèle pendant du premier. De morphologie et de taille identiques, ses fossés ont livré des dépôts de même nature, au sein desquels la faune domine très largement.

    2277Les mandibules de caprinés, qui composent l’essentiel du dépôt, et leur position au centre du fossé, associées par paires, impliquent une sélection drastique des os qui ne peut être imputée qu’à une action humaine délibérée (voir fig. 85). Ces appareillages relèvent d’un acte volontaire dont la signification nous échappe. Bien que plausible dans ce contexte, l’explication rituelle (symbolique) ne s’impose pas forcément. Basées sur des critères aléatoires, ces associations avaient peut-être un caractère purement décoratif : leur alignement continu au fond du fossé évoque la forme de guirlandes constituées de plusieurs faisceaux de mandibules, chues d’une seule pièce à l’aplomb des parois. Même en l’absence de perforations, on peut supposer qu’elles étaient attachées à l’aide de liens aujourd’hui disparus, afin d’être suspendues à la structure du bâtiment.

    STRUCTURE SUR POTEAUX D

    2278D’importantes quantités de faunes ont été mises au jour à l’emplacement de l’édifice cultuel à galerie périphérique gallo-romain. Au total, ce sont 4573 restes (28,104 kg) qui composent cet ensemble parmi lesquels les mammifères sont les plus nombreux (tabl. XXXII). Les quatre restes d’oiseaux renvoient chacun à une espèce différente et la microfaune, conséquente, est essentiellement constituée de muridés (345 restes), sur lesquels nous reviendrons.

    2279Il s’agit d’une concentration de restes osseux répartis sur une surface de 40 m2 environ. Cet épandage est relativement bien localisé malgré de nombreuses perturbations gallo-romaines. L’examen des surfaces osseuses témoigne d’une exposition aux intempéries, qui explique notamment le mauvais état de conservation des restes dans cette partie du sanctuaire et un taux d’indéterminés de 33 %.

    2280L’intérêt de cet épandage réside dans le fait que le faciès des espèces est conforme à celui du péribole, mais la distribution des parties anatomiques y est différente, rejoignant plutôt celle perçue dans l’enclos A. C’est donc bien un faciès faunique distinct du reste du sanctuaire que nous rencontrons-là.

    Tabl. XXXII – Quantification générale de la faune dans la structure sur poteaux D.

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    Tabl. XXXIII – Estimation du nombre minimum d’individus (NMI) de fréquence pour les porcs du bâtiment D, d’après les os les plus représentés.

    gauche

    droit

    talus

    34

    20

    calcaneum

    20

    16

    scapula

    7

    15

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    Le porc

    2281Avec 48 % des vestiges animaux, le porc est le mieux représenté. L’estimation du nombre minimum d’individus est établie à partir des talus : il est de trente-quatre sujets, bien qu’une nouvelle fois des écarts importants soient à souligner selon les os considérés (tabl. XXXIII).

    2282On remarque que les parties les mieux pourvues en viande sont les moins présentes à cet endroit du site. Les os de mains et de pieds composent plus de la moitié des restes de cette espèce et ceux de la tête 18 %. La part du tronc, du jambon et de l’épaule ne représentent que 30 %.

    2283Seules sept mandibules permettent d’estimer l’âge des suidés (infra, fig. 277). Si deux d’entre elles appartiennent à des individus de cinq ans, les cinq autres sont issues d’individus juvéniles de moins d’un an. Le stade d’épiphysation est pourtant absolument identique à celui établi en d’autres points du sanctuaire avec des sujets adultes en majorité. C’est la présence de périnataux mais aussi de fœtus qui surprend (N = 37). Ces restes renvoient à différentes parties du squelette et sont disséminés sur l’ensemble de la zone.

    Les caprinés

    2284En assez grand nombre (38 %), les vestiges de caprinés sont également répartis entre les différentes parties du squelette ; seuls les bas de pattes dominent (fig. 274). Le NMI de fréquence établi d’après les scapulas est de treize individus.

    2285Comme pour le porc, la part des très jeunes sujets est élevée (infra, fig. 278). Les agneaux de moins d’un an représentent 67 %, mais très peu de fœtus (N = 4) et de périnataux (N = 10) ont été dénombrés. Seule une douzaine de séries dentaires ont permis une estimation des âges, fournissant un panel équivalent d’animaux de tous âges, même s’il apparaît que les sujets de moins de quatre ans sont les plus nombreux. La répartition des sexes ne laisse pas entrevoir une sélection particulière ; deux crânes appartiennent à des individus castrés (cf. diag.).

    Le bœuf

    2286Les restes bovins sont bien moins nombreux (7 %). Leur distribution est proche de celle rencontrée ailleurs sur le sanctuaire avec une forte majorité de côtes et de vertèbres, mais également de bas de pattes (fig. 275). Les membres antérieurs (17 %) et postérieurs (15 %) sont toutefois assez bien représentés ; les parties crâniennes sont les moins nombreuses (9 %). Aucune détermination des sexes n’a pu être établie et la totalité des animaux ont été abattus entre trois et cinq ans si l’on se fie au stade d’épiphysation des os.

    2287La mise au jour d’un crâne de boeuf situé à l’aplomb de la structure constitue une découverte d’importance (voir fig. 88). Découpé dans la longueur, de façon à ne préserver que la partie faciale, le crâne est dépourvu des zygomatiques et temporaux qui ont manifestement été éliminés (fig. 276). Cette découpe très particulière évoque des pratiques d’exposition de crâne de type trophée. Cette hypothèse d’une exposition est confortée par sa position au sommet d’un des trous de poteaux porteurs de la structure. Il est à noter que ce type de découpe n’a été pratiqué sur aucun des nombreux crânes d’ovins conservés du sanctuaire, dont l’exposition n’est que suggérée.

    Le chien

    2288Parmi les autres espèces représentées, le chien compte plus de 5 % : un taux supérieur à la moyenne du site (2 %). En outre, la distribution anatomique des restes est surprenante, puisque ce sont les extrémités qui dominent très largement. Ainsi, les bas de pattes composent 52 % des vestiges canins, la tête 22 % et la queue (vertèbres coccygiennes) 11 %. Les membres et le tronc ne représentent que 15 % des restes de chien dans cette zone.

    Fig. 274 – Distribution des parties anatomiques des caprinés dans la structure sur poteaux D.

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    Fig. 275 – Distribution des parties anatomiques des bœufs dans la structure sur poteaux D.

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    2289Pour l’essentiel, il ne s’agit pas ici de restes alimentaires. La mise au jour de bas de pattes en connexions (tarses ou carpes, métapodes et phalanges), comme aussi des ensembles de vertèbres coccygiennes connectées, permet d’envisager la présence de dépouilles.

    L’avifaune

    2290Les oiseaux sont peu nombreux. Des quatre restes déterminés, deux au moins sont ceux d’espèces sauvages : le milan et le grand corbeau. Une extrémité de tarsométatarse d’oie évoquerait plutôt une espèce domestique.

    Autres

    2291La part des espèces sauvages est anecdotique et ne constitue environ que 1,5 % des restes animaux (les microfaunes n’étant pas comptabilisées ici).

    Conclusion

    2292La distribution des espèces dans cette structure est identique à celle constatée dans le fossé du péribole. Pour autant, on retrouve également certaines caractéristiques des dépôts de l’enclos A, avec notamment des crânes de caprinés alignés (dont plusieurs ont subi l’ablation de la partie occipitale), une forte représentation des mandibules et des bas de pattes de cette même espèce ; il en est de même pour le porc. On recense également de nombreux restes de fœtus porcins et caprins parmi les vestiges. Bien représenté, le chien est notamment attesté par des bas de pattes encore en connexion.

    2293L’importance du nombre de parties impropres à la consommation et la présence de fœtus ou de néonatals évoque davantage des rejets de boucheries que de consommations. Elle peut témoigner d’un espace réservé à la découpe des carcasses, qui constitue une étape de la chaîne opératoire. Cette interprétation d’une zone qui demeure très mal préservée est renforcée par la présence d’objets métalliques directement liés aux activités de découpes.

    Fig. 276 – Schéma de découpe du crâne de bœuf.

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    PÉRIBOLE

    2294C’est le fossé de péribole qui a livré le plus grand nombre de vestiges animaux. L’ensemble est composé de 35000 restes dont un échantillon de 17 % (N = 7037) a été étudié (tabl. XXXIV).

    2295S’il est évident qu’une étude plus étendue du mobilier aurait été souhaitable, on constate que le faciès est strictement identique dans les diverses branches du fossé. Il apparaît clairement que le comblement faunique du péribole est le même sur toute la longueur du fossé, avec toutefois des dépôts ponctuels particuliers, bien localisés, sur lesquels nous reviendrons.

    2296La très grande majorité de ces restes animaux est issue de porcs (45 %) ou de caprinés (34 %). Les bovins sont là encore bien moins représentés, de même que le chien qui se fait plus rare ici, alors que le cheval reste anecdotique.

    Tabl. XXXIV – Quantification générale de la faune dans le fossé du péribole.

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    Le porc

    2297Le nombre d’individus, évalué à partir de notre échantillon, est de quarante-six porcs selon les mandibules droites (tabl. XXXV). Cette estimation est à pondérer si l’on considère les autres types de vestiges, mais, globalement, une quarantaine d’individus paraît vraisemblable. Sachant que cette estimation n’est établie qu’à partir de 20 % des vestiges du péribole, on peut estimer que plus de deux cents porcs étaient initialement présents dans ce fossé.

    2298La distribution des restes de porc n’est pas éloignée de celle rencontrée ailleurs sur le sanctuaire, dans l’enclos A en particulier, avec une majorité d’éléments de pieds et de tête (30 % chacun). Membres et tronc ne dépassent pas les 17 % chacun.

    2299L’âge des individus se différencie de celui des suidés de l’enclos A. Bien que les jeunes sujets de moins d’un an soient très majoritaires (55 %), la part des adultes est en revanche bien moins importante dans le péribole, notamment les individus de plus de trois ans (24 %) (fig. 277). Cela conforte l’hypothèse d’une consommation de viande de qualité.

    2300La détermination des sexes a pu être établie à partir de 133 canines, avec une nette prépondérance des mâles (64 %) sur les femelles (36 %). Il n’est donc nullement question d’une sélection des sexes. On note que cette distribution est analogue à celle rencontrée dans les habitats ruraux environnants (Foucras, 2011) et reflète plutôt une gestion conventionnelle de l’élevage porcin.

    Fig. 277 – Distribution des âges d’abattage des porcs d’après le degré d’usure dentaire (selon Grant, 1982).

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    Tabl. XXXV – Estimation du nombre minimum d’individus (NMI) de fréquence pour les porcs du péribole, d’après les os les plus représentés.

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    Les caprinés

    2301L’évaluation du nombre de caprinés dans le péribole est de trente-six sujets pour l’échantillon analysé, soit plus de cent quatre-vingt individus estimés sur l’ensemble du péribole (tabl. XXXVI).

    2302La part des chèvres demeure une fois encore anecdotique (1 %), elle est même inférieure à celle de l’enclos A. Cela s’explique peut-être par la plus faible présence de crânes, éléments à partir desquels l’essentiel des distinctions a pu être réalisé. Pour cette même raison, l’estimation du sexe est peu évidente mais on entrevoit une part sensiblement égale des mâles et des femelles. Ainsi, à l’instar des porcs, rien ne laisse supposer une quelconque sélection des sujets en fonction de leur sexe.

    2303L’âge des caprinés présents dans le péribole se différencie de ceux de l’enclos A, avec une part très supérieure des juvéniles (78 %) et notamment des agneaux de moins d’un an (56 %). Même constat que pour les porcs : une alimentation de qualité favorise les viandes les plus tendres (fig. 278).

    2304Les restes de côtes et de vertèbres prédominent (28 %), mais les écarts demeurent peu marqués entre les différentes régions anatomiques : les membres antérieurs et postérieurs sont représentés de façon égale (14 % chacun). La tête (23 %, dont 8 % sont des dents isolées) et les bas de pattes (21 %) s’équilibrent également.

    Tabl. XXXVI – Estimation du nombre minimum d’individus (NMI) de fréquence pour les caprinés du péribole, d’après les os les plus représentés.

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    Fig. 278 – Distribution des âges d’abattage des caprinés d’après le degré d’usure dentaire (selon Grant, 1982).

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    Le bœuf

    2305En quantité moindre, les ossements bovins ne représentent que 20 % du nombre de restes du péribole. Pour autant, cette espèce est la mieux représentée si l’on considère le poids des restes (soit 40 %).

    2306Ainsi, l’estimation du nombre d’individus de fréquence ne dépasse guère les neuf sujets dans l’échantillon analysé, ce qui établirait à une quarantaine d’individus le nombre minimum de bovins dans le péribole. Ces animaux, qui ont indiscutablement été consommés, constituent une masse de viande non négligeable qui, finalement, n’est peut-être pas en deçà des caprinés et des porcs, contrairement à ce que pourrait laisser penser le nombre de restes.

    2307La distribution anatomique est proche de celle rencontrée ailleurs sur le sanctuaire avec une majorité de côtes et de vertèbres (31 %), ainsi que de bas de pattes (30 %). La tête est plus faiblement représentée (20 %) ; les épaules ne représentent que 12 % des restes bovins et les cuisses 7 %.

    2308L’âge et le sexe de ces animaux n’ont pu être établis avec précision. La majorité des bovins semblent être des adultes – ou jeunes adultes – de quatre à six ans, selon le stade d’épiphysation. Quelques jeunes sujets ont été reconnus, mais ils demeurent vraisemblablement très minoritaires.

    Le chien

    2309Les restes de chien sont en faible nombre (1,8 %) mais présents dans tous les contextes étudiés. Les nombreuses traces de découpes attestent la consommation de cet animal. Par ailleurs, la présence de nombreux coprolithes témoigne des allées et venues de chiens dans l’espace cultuel. Ceux-ci auront occasionnellement pu avoir accès aux rebuts de consommations rejetés dans les divers fossés du sanctuaire, particulièrement ceux du péribole dont quelques-uns portent, ça et là, des traces de crocs.

    2310La majorité des restes canins sont des extrémités de pattes (33 %) et des éléments de têtes (39 %). Les côtes et vertèbres représentent 17 % des restes alors que les membres antérieurs et postérieurs n’atteignent que 11 %. Il est difficile de savoir si tous ces restes sont issus de la cynophagie. Les bas de pattes en connexions pourraient très bien signaler la présence de dépouilles comme on le suppose dans la structure sur poteaux D.

    Le cheval

    2311Les restes équins du péribole sont rares et disséminés sur l’ensemble du fossé. L’essentiel est constitué de dents isolées (N = 5) et de phalanges (N = 3). Des deux restes de membre mis au jour (un fémur et une scapula), seul le fémur a été découpé.

    2312Mais l’élément principal réside dans la présence d’un membre antérieur en connexion anatomique, vraisemblablement déposé dans la partie centrale de la branche nord du fossé.

    Tabl. XXXVII – Mammifères et oiseaux sauvages : nombre de restes déterminés par espèce.

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    Les espèces sauvages

    Les animaux sauvages non consommés

    2313La branche est du péribole livre une série de restes d’espèces sauvages qui se démarquent de façon très spectaculaire des vestiges animaux déjà évoqués (fig. 279-280 et tabl. XXXVII). Il s’agit de prédateurs carnivores représentés par des vestiges crâniens.

    2314Le renard est le plus représenté avec onze restes dont trois fragments de mandibules, quatre de maxillaires, un de frontal, un axis et deux canines, auxquels s’ajoute une tête complète découverte parmi les épandages de mobiliers de la galerie.

    2315Une tête complète de chat gisait également contre le versant occidental du fossé. L’examen du crâne révèle qu’il s’agit d’un animal adulte, de taille modeste pour une espèce sauvage. Bien que difficilement envisageable a priori, l’hypothèse d’une espèce domestique n’est pas totalement à exclure d’un point de vue ostéométrique (Frouin, 1946).

    2316Le loup est également présent avec deux mandibules issues d’un seul adulte, probablement un mâle d’après les données biométriques (voir infra). La présence de mâchoire montre, comme pour le renard ou le chat, une prédilection pour la partie crânienne et les dents, en l’occurrence, c’est-à-dire la caractéristique dominante du prédateur.

    2317Enfin, à ces restes de mammifères s’ajoute un squelette de hibou grand-duc en connexion anatomique, dont seule la tête manque (fig. 280). Épargné in extremis par une fosse d’épierrement moderne, cet ensemble anatomique est celui d’un individu adulte, certainement une femelle d’après sa très grande taille. L’examen in situ de la position du corps montre que l’animal avait les ailes retournées comme s’il était tombé au sol. Pour l’anecdote, la cage thoracique renfermait encore des restes de muridés ; dernier repas probable du rapace, ces restes nous indiquent que l’animal fut abattu en tout début de matinée, dans ses heures de digestion.

    2318Loin des reliefs de repas, ces vestiges constituent un élément nouveau des pratiques cultuelles mises en scène. La marginalité de ces espèces au sein d’un mobilier dominé à plus de 99 % par des animaux domestiques témoigne du caractère singulier alloué à ces carnivores.

    2319Même si le chien, en tant que canidé, est aussi à considérer, ce sont avant tout des carnivores sauvages qui ont été choisis : le loup, le renard et le chat sauvage sont trois des plus grands prédateurs de Basse Auvergne61. Le choix de la tête et surtout des mâchoires met en évidence l’attribut principal de ces prédateurs terrestres, qui ont manifestement fait l’objet d’une mise en scène particulière. Si l’exposition de ces têtes au poutrage ou aux poteaux de la galerie semble logique, la position connectée des éléments crâniens sans dispersion des restes laisse plutôt penser à un dépôt au sol, voire un enfouissement consécutif à un rite chtonien.

    2320Le hibou occupe une place à part : lui aussi est un prédateur carnivore, le plus grand parmi les oiseaux d’Auvergne, mais, contrairement aux mammifères, c’est le corps qui semble devoir faire sens et non la tête. Cela étant, le fait que seule cette partie ait été éliminée montre bien que nous sommes en présence d’une même préoccupation que pour les prédateurs terrestres. Attribut principal du rapace, les ailes et les serres témoignent de la force du strigidé, comme la mâchoire pour les canidés. La présence de ces carnivores constitue un ensemble cohérent répondant d’une pratique analogue.

    2321Leur situation, de part et d’autre de l’entrée du sanctuaire, et leur sélection évidente témoignent d’une fonction symbolique qui demeure énigmatique. Si l’exposition reste incertaine, ces pièces n’en constituent pas moins des trophées, au sens cynégétique du terme, c’est-à-dire une partie d’un animal tué à la chasse faisant l’objet d’un rite signifiant à caractère ostentatoire (Hell, 1993). Le choix d’animaux nocturnes comme le hibou, ou vespéraux comme le loup, le renard ou le chat, renvoie peut-être au sens même du culte et de la divinité honorée.

    2322Selon nous, les pratiques mises en œuvre autour de ces animaux ne sont en rien comparables avec celles impliquant des espèces domestiques (en particulier les manipulations centrées sur les crânes de moutons et de chiens). En effet, la présence de ces espèces sauvages peut être dissociée des pratiques sacrificielles et des offrandes aux divinités : le caractère sacré de l’animal sauvage empêche d’en faire un objet de sacrifice et sa chasse impose un dédommagement à la divinité qu’il représente. Les sources ethnographiques évoquées par A. Testart témoignent de ce trait commun aux différentes religions : le chasseur se doit de « respecter de nombreux interdits et observer plusieurs prescriptions62 ».

    2323La présence de ces espèces semble davantage alimenter l’hypothèse développée par J.-L. Brunaux (2000a, p. 136), selon laquelle ces animaux sont l’expression symbolique d’une élite guerrière affirmant son rang social, en proximité avec les dieux. Ainsi, en plus de participer directement au culte pratiqué sur le sanctuaire, ces trophées revêtaient plus vraisemblablement une fonction identitaire valorisant les élites locales et leur prestige.

    2324C’est dans la zone supposée de découpe bouchère, située face à l’entrée, qu’ont été mis au jour d’autres restes du même type. On y retrouve le chat sauvage (une ulna) et le renard (un axis, un atlas, une mandibule et deux dents isolées), mais aussi le milan (un radius) et le grand corbeau (une mandibule). Au centre de la branche ouest du péribole, qui jouxte cette zone, deux fragments de mustélidés – l’hermine probablement – peuvent aussi être associés à ces restes erratiques. La présence de ces animaux sauvages distingue cependant ce secteur de celui de la branche est du péribole. Cette fois, les parties représentées ne trahissent pas de sélection particulière. Par ailleurs, si l’hermine renforce la thématique du prédateur carnivore, le milan noir (si c’est bien de lui qu’il s’agit) est plutôt charognard, comme le corbeau. Ce dernier n’est d’ailleurs pas anodin puisqu’il revêt une symbolique forte dans la mythologie celtique63.

    Fig. 279 – Localisation des restes d’espèces sauvages dans le sanctuaire.

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    Fig. 280 – Faunes sauvages dans la branche est du péribole. Tête complète de chat (en haut, à gauche) ; mandibules de loup (au centre) ; tête complète de renard (en bas) ; ensemble anatomique de hibou grand-duc (à droite).

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    2325N’ayant certainement pas été consommés, ces restes isolés peuvent révéler une exposition délibérée si l’on tient compte de leur emplacement, c’est-à-dire exactement en face de l’entrée du sanctuaire. Il est également possible de considérer ces restes comme des déchets d’une activité de découpe des viandes (une découpe sacrée ?).

    Les animaux sauvages consommés

    2326Il convient de mentionner d’autres animaux qui complètent l’échantillon des espèces sauvages du sanctuaire. Ce ne sont plus des prédateurs, mais des proies : le lièvre en est le principal représentant. On le retrouve à travers dix restes localisés aux mêmes points du sanctuaire que les autres espèces sauvages : trois éléments de tête dans la branche est du péribole ainsi qu’une tête complète, un fragment de mandibule dans la branche ouest et six fragments divers dans la zone de découpe. On mentionnera également l’oie, dont le statut sauvage n’est toutefois pas certain, et le sanglier représenté par un métatarse.

    2327Les lièvres sont toujours représentés par des éléments de tête, ce qui n’est pas sans rappeler les dépositions de prédateurs déjà évoquées. Pour autant, il s’agit là d’une proie et sa chasse ne peut être considérée comme l’apanage de la noblesse (Méniel, 2002). En tant qu’espèces sauvages ces animaux se différencient malgré tout des espèces domestiques, d’autant que leur consommation n’est que supposée. Dans ce cas, ils auront pu représenter des mets de prestige.

    2328La zone de découpe bouchère s’est révélée particulièrement riche en microfaunes diverses. Répandus sur le sol, quelques 345 restes ont été prélevés sur une surface de seulement 15 m2. Une telle concentration n’est attestée à aucun autre endroit du sanctuaire, même si ces fouisseurs constituent ça et là une faune intrusive mêlée aux vestiges laténiens. Rien de comparable cependant, ce taxon essentiellement composé de muridés et soricidés fait partie intégrante du mobilier archéologique laténien.

    2329Le spectre faunique atteste d’une représentation variée des espèces du genre muridé et correspond à celui peuplant la campagne environnante : le campagnol et le mulot composent au moins 20 % de l’échantillon prélevé, la musaraigne est également présente ainsi que le rat, mais plus de 75 % de ces restes n’ont pu être déterminés. La représentation des régions anatomiques montre un équilibre relatif entre les différentes parties et témoigne de la présence de squelettes complets à l’origine64. Enfin, la localisation de cet ensemble, bien que très perturbé par des creusements inhérents à la construction de l’édifice cultuel à galerie périphérique, correspond à l’emplacement de la structure sur poteaux D.

    2330La signification de tels vestiges au sein des activités cultuelles, ou seulement humaines, reste énigmatique et l’hypothèse la plus probable nous paraît d’un autre ordre : le faciès présenté ci-dessus est en tous points conforme aux rejets de consommations des strigidés, qui évacuent sous forme de pelotes de réjection les parties non comestibles de leurs proies (poils et os). Ainsi se justifierait la présence d’un tel épandage de microfaunes éparpillées sur un niveau de sol, à l’aplomb d’un édifice.

    2331Sous réserve d’admettre cette hypothèse, nous pouvons supposer que cet oiseau a pu s’introduire dans le sanctuaire et y revenir régulièrement pour pouvoir y laisser autant de déjections. Par ailleurs, loin de s’en débarrasser, les occupants ont vraisemblablement préservé ces déchets. Peut-être devient-il alors possible de relier cet ensemble à la symbolique de l’animal sauvage et nocturne évoquée précédemment, mais dans l’état actuel des données disponibles cela relève encore de l’hypothèse de travail.

    Conclusion

    2332Le mobilier, constitué de milliers d’ossements, de céramiques et d’amphores accumulés au sommet du grand fossé du péribole fouillé entre 2002 et 2004 ne diffèrent pas, à première vue, de celui issu des deux enclos, si ce n’est par des effectifs et une masse nettement supérieurs. Leur étude révèle cependant un faciès très différent et témoigne de pratiques distinctes de celles observées dans les fossés d’enclos A et B.

    2333Si les espèces représentées dans ce mobilier sont les mêmes que celles déjà rencontrées sur le sanctuaire, leur taux de représentation diffère de manière considérable. En effet, les caprinés ne sont plus majoritaires ; ils sont généralement dominés, dans la plupart des contextes, par les porcs. On constate également une présence plus importante des ossements de bovins et, dans une moindre mesure mais de manière constante, des restes de canidés.

    2334On notera également quelques rares vertèbres et restes de poissons, probablement prélevés dans le cours de l’Allier. Attestée par les textes, leur consommation au cours du festin l’est également par l’archéologie (Méniel, 2001, p. 65-67). Pour autant, à Corent, leur nombre est dérisoire face à celui des espèces mammaliennes, et le poisson n’a vraisemblablement pas été favorisé dans la consommation. Les différentes tentatives de tamisage appliquées en divers points du sanctuaire sont toujours restées infructueuses.

    2335Les parties représentées dans ce fossé sont, pour une grande part, représentatives des vestiges de consommation carnée : forte proportion de membres, de côtes et d’épaules qui correspondent aux parties les plus riches en viande. Si les restes issus de la tête sont également bien représentés (en particulier les mandibules), ils sont dominés par le porc et participent, au moins pour ce dernier, au repas.

    2336L’étude des traces révèle la mise en œuvre des pratiques de découpes bouchères courantes à la fin du second âge du Fer. La quasi-totalité des vertèbres lombaires ont été arasées, les mandibules de porc sont généralement sectionnées dans le sens sagittal, les crânes sont également fendus (notamment au niveau du groin pour les porcs). Concernant les os longs, les épiphyses sont fréquemment sectionnées, suivant un schéma de découpe établi qui semble avoir été la norme lors de la découpe des pièces de viande (voir infra). Ces traces sont conformes à des activités de boucherie « classiques », révélatrices d’une finalité alimentaire.

    2337Aux traces propres à la découpe des quartiers s’ajoutent de nombreuses autres traces directement liées à la préparation et à la consommation des viandes. Le passage à la flamme presque systématique des mâchoires porcines ou des tarses (calcanéums et talus) est une des pratiques déjà largement observées (fig. 270). On voit également fréquemment les incisions laissées par une lame fine de couteau sur les diaphyses ou au niveau des tendons.

    BIOMÉTRIE DES ESPÈCES

    2338L’estimation de la stature des ovins est conforme à la moyenne établie sur l’ensemble des occupations laténiennes en Auvergne (tabl. XXXVIII). La trentaine de pièces étudiées permet une évaluation des tailles au garrot s’échelonnant entre 57,2 cm et 69 cm (coefficients de Teichert, 1975). Ces caprinés présents sur le site ne semblent pas différer des espèces locales : il s’agit principalement de moutons d’élevage.

    2339Concernant les caprins, seul un métacarpe a permis de connaître la stature d’un individu qui mesure 63 cm au garrot (selon Schramm, 1967).

    2340Concernant les porcs, la hauteur au garrot se situe entre 59,2 cm et 77,9 cm, ce qui constitue un écart de variation assez important, pour une moyenne de 63 cm (N = 45). Ces écarts sont toutefois à relativiser, notamment ceux établis à partir des talus. Ces derniers livrent, en effet, des statures inférieures d’environ 10 % à celles des métapodes, selon un phénomène maintes fois souligné (Méniel, 1984, p. 30 ; Horard-Herbin, 1997, p. 89).

    2341L’évaluation des statures des bovins n’a pu se faire qu’à partir d’un nombre très restreint de pièces (N = 7). Les tailles (d’après Matolsci, 1970) varient entre 107,1 cm et 134,8 cm, pour une moyenne de 119 cm, ce qui est inférieur à la moyenne régionale de 113 cm pour cette période (Foucras, 2011).

    2342On constate pour le chien de forts écarts de tailles au garrot, qui sont toutefois conformes à celles connues au ier s. av. J.-C. en Auvergne. Ainsi, les statures s’échelonnent entre 43,7 cm et 58,1 cm pour une moyenne de 48 cm. À l’instar des bovins, cependant, ces estimations ne sont fondées que sur un faible nombre d’ossements (N = 9). À défaut de distinguer différentes types de chiens, on recense des individus aux tailles distinctes, avec notamment deux grands sujets, au moins, dont la taille – plus de 50 cm – dépasse la moyenne des chiens dans la Gaule du ier s. av. J.-C.

    2343Concernant les chevaux, les deux seuls vestiges qui permettent une estimation de taille livrent des hauteurs au garrot sensiblement identiques (128 cm). Il faut ajouter à cela le membre antérieur, découvert dans la branche nord du péribole, qui appartient à un individu mesurant 126,6 cm. Ces tailles s’inscrivent parfaitement dans la moyenne des chevaux de la fin de l’époque laténienne qui est de 125 cm au garrot en moyenne et ne dépasse guère les 130 cm pour les sujets les plus grands.

    Tabl. XXXVIII – Estimation de la taille au garrot selon le type de reste.

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    Fig. 281 – Représentation des principales espèces dans les deux états de comblement du péribole.

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    ÉVOLUTION DU FACIÈS

    2344Dans le fossé du péribole, la représentation des espèces ne présente pas de réel changement entre les différentes phases de comblement. La part des suidés est majoritaire dès les premiers niveaux de comblement (47,5 %) et se maintient dans la seconde phase, en dépit d’une légère baisse (43,5 %) qui profite au bœuf. Celui-ci connaît effectivement une évolution de 12 % qui le maintient en seconde place mais creuse un écart, désormais conséquent, avec les caprinés dont le nombre diminue de 8 % entre la première et la seconde phase de comblement. Il est clair que les dépôts de restes bovins dans le péribole sont plus nombreux que lors des premières phases d’utilisation, ce qui peut être lié au développement de l’importante zone de boucherie aux abords du sanctuaire.

    2345Le chien se maintient à moins de 5 % ; il demeure présent dans la majorité des contextes mais toujours dans de faibles proportions (fig. 281). De même, les restes équins (N = 11) se répartissent dans les deux niveaux, autant dans la branche nord que dans la branche est.

    2346Globalement, la distribution des parties anatomiques reste la même pour chacune des espèces et la sélection des individus représentés demeure également inchangée.

    2347Les espèces sauvages déposées dans le péribole appartiennent majoritairement à la première phase. On trouve ainsi, pour la branche nord, l’humérus de milan et dans la branche sud le métacarpe de sanglier ; pour la branche est, le hibou grand-duc et les deux mandibules de loup, la tête de lièvre, trois éléments crâniens de renard et le maxillaire d’oie. On note également la présence du membre antérieur de cheval dans cette première phase.

    2348La tête de chat ainsi que les fragments de mandibules de renard et de lièvre de la branche est, comme le fragment de mustélidé de la branche ouest, appartiennent au deuxième état d’utilisation du péribole.

    2349La plus grande prudence est toutefois de rigueur quant à ces phasages. Il n’est pas exclu, en effet, que ces dépôts aient été enfouis dans le péribole, « polluant » les niveaux de comblement inférieurs du fossé. C’est effectivement plausible au regard du maintien des connexions anatomiques de certains ensembles, comme les têtes complètes de lièvre et de renard de la branche est. Le squelette de hibou semble plutôt être tombé au sol, au vu de la position désarticulée du squelette. Si la tête de chat a également pu être enfouie, elle demeure dans un niveau supérieur du fossé.

    RESTES HUMAINS65

    2350Patrice Courtaud, Elisabeth Rousseau

    2351L’analyse anthropologique des vestiges retrouvés sur le sanctuaire porte sur un total d’une dizaine de restes humains, issus de différents contextes.

    LES RESTES HUMAINS DU SQUELETTE CÉPHALIQUE

    Dents

    2352– Deux dents (n° 12547-H1), dont l’une est une incisive centrale supérieure gauche, l’autre une M2 droite (poids : 2,2 g). Ces éléments appartiennent à la face n° 12547-H3 décrite ci-dessous.

    2353– Un fragment de sphénoïde et deux dents (n° 12587-H2) : une M2 gauche et une M3 gauche (poids : 6,7 g). Ces éléments se rattachent également à la face n° 12547-H3.

    2354– Une P2 supérieure gauche (n° 12587) était isolée.

    Face

    2355Il s’agit d’une face presque complète (n° 12547-H3), avec l’arcade dentaire supérieure (poids : 75,3 g) (fig. 282-286). La conservation peut paraître paradoxale : les os nasaux, peu épais et fragiles, sont présents tandis que la région sub-orbitaire droite, beaucoup plus résistante, est absente.

    2356Une partie de l’os temporal gauche est représentée avec l’articulation temporo-mandibulaire. Après avoir testé l’occlusion avec la mandibule n° 13695-529, il n’y a aucune certitude de l’appartenance de ces deux pièces à un même sujet en raison de l’absence de l’articulation temporo-mandibulaire droite.

    2357Cette face appartient à un adulte jeune, comme l’indique la faible usure des dents : M1 - stade 3 (Brothwell, 1981). Les reliefs sus-orbitaires sont peu développés, et la robustesse générale relativement faible. Il est ainsi difficile de lui attribuer un sexe. On observe des malpositions des canines et des deux prémolaires gauches. Aucune autre pathologie n’est à signaler : ni carie, ni tartre, ni parodontopathie, ni hypoplasie et aucune cribra orbitalia affectant l’orbite gauche n’a été observée.

    2358L’aspect de l’os frontal évoque une fracturation qui s’est produite à l’état frais. Un biseau irrégulier se développe sur la partie latérale gauche de l’os. Un arrachement endocrânien est observable dans la région glabellaire. Néanmoins, aucune atteinte de surface, aucune trace de découpe n’évoquent l’utilisation d’un outil tranchant. La conservation de cette pièce, assez inhabituelle, évoque une intervention humaine qui ne repose cependant sur aucune trace anthropique directe (fig. 285).

    Mandibules

    2359– Mandibule incomplète (n° 13695-529). Il manque la partie droite du corps et la branche homolatérale (poids : 47,1 g) (fig. 287-288). Elle est associée à une M3 gauche isolée (13696.525 ; poids : 1,3 g). Toujours à gauche, sont incluses la M2, les racines de la M1 et la canine complète. Pour le côté symétrique, sont présentes la P2 et la M2. L’absence d’alvéole dentaire indique une perte ante-mortem de M1 droite. Les dents sont peu usées et ne montrent aucune pathologie. La robustesse de la mandibule est moyenne, le relief mentonnier est marqué sans être trop prononcé. Le relief goniaque présente une légère extroversion. Aucune modification osseuse de surface n’est à signaler.

    2360Cette mandibule appartient à un sujet adulte. On distingue des points d’altération de la dentine sur chaque dent (M2 - stade 3 de Brothwell, 1981) à l’exception de la M3, ce qui suggère un individu relativement jeune. Une petite dépression rectiligne se développe obliquement sur la face latérale à proximité du bord postérieur de la branche montante. Ce secteur a été minutieusement observé car il peut comporter des traces de découpe qui ont déjà été mises en relation avec des décollations (Brunaux, Méniel, 1997). L’absence d’une dépression nette et profonde nous incite à imputer cette atteinte de surface à un phénomène taphonomique.

    2361– Mandibule quasi-complète (n° 13684-444). Elle comprend cinq dents (poids : 42,7 g) et se compose de deux fragments quasi-symétriques avec une cassure de la région mentonnière (fig. 289 ; voir également fig. 288). L’apophyse styloïde gauche et la région goniaque symétrique sont absentes. Ces cassures sont anciennes et érodées. Une perte ante mortem concerne la M1 inférieure droite. La pièce est relativement gracile, les dents sont petites, ce qui suggère une appartenance au sexe féminin. L’usure de la M1 est au stade 5 et celles des M2 au stade 3+ (Brothwell, 1981) ; elles indiquent un décès survenu au-delà de 25 ans. La M2 droite présente une carie proximale. La parondotopathie est assez nette (stade 2, Brothwell, 1981). Aucune intervention d’origine anthropique n’est à signaler.

    Fig. 282 – Face n° 12547, vue antérieure.

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    Fig. 283 – Face n° 12547, vue postérieure où un arrachement de la table interne de la paroi crânienne au niveau de la région galbellaire.

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    Fig. 284 – Face n° 12547, vue inférieure.

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    Fig. 285 – Face n° 12547, fracturation de l’os frontal.

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    2362– Mandibule (n° 1992-8343) constituée de la majeure partie du corps (poids : 32,4 g) (fig. 288 et 292). Elle appartient à un sujet adulte, comme l’attestent les dents présentes et l’alvéole ouverte de la M3 gauche. Le relief mentonnier présente un tubercule qui se situe préférentiellement dans la variation masculine. Cependant, l’ensemble paraît peu robuste, si bien que l’attribution au sexe masculin doit être considérée avec prudence, elle ne repose que sur ce seul paramètre. L’âge au décès peut être évalué d’après le degré d’usure dentaire. Si l’on se fie à l’attrition de la M1 (stade 2), on obtient un âge de moins de 25 ans (Brothwell, 1981).

    2363Les molaires présentent deux caries : une carie occlusale de stade 2 pour la M1 droite et une plus modeste de stade 1 sur la face vestibulaire pour la M2 gauche. La canine possède deux lignes d’hypoplasies linéaires de l’émail sur le tiers inférieur de la couronne, dont l’une bien marquée (stade 2) est visible sur les faces vestibulaire et linguale. Ce critère est un indicateur de stress non spécifique, certains estiment que l’alimentation est toutefois un facteur déterminant. Le tartre est absent, tout comme l’atteinte parodontopathique. Le maxillaire supérieur est uniquement représenté par une incisive centrale supérieure isolée.

    Fig. 286 – Schéma de conservation de la face (Corent, 2003 : nos 12547 et 12587), os pariétal (Corent, 2003 : n° 12085), os pariétal (Corent, 2002 : n° 11386-524).

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    Fig. 287 – Mandibule, n° 13695-529.

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    Fig. 288 – Schéma de conservation de la mandibule (Corent, 2004 : nos 13695-529 et 13696), mandibule (Corent, 2004 : n° 13684-444), mandibule (Corent, 1992 : n° 08343).

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    Maxillaire et fragment de pariétal

    2364Cet ensemble (n° 12085-H1) intègre deux éléments (poids : 11,1 g) non jointifs : un fragment de maxillaire (poids : 5,5 g), qui comprend les alvéoles de deux molaires, l’une est en cours de résorption (perte ante mortem) et l’autre est intacte (perte post mortem).

    2365La seconde pièce (fig. 290) (poids : 5,6 g) est constituée d’un fragment de voûte pariétale (à proximité de l’astérion) qui présente un contour semi-circulaire de 4,8 mm de diamètre. Il est difficile de déterminer l’ancienneté de la fracture, une partie de la cassure est récente tandis que la partie opposée paraît plus ancienne. Cet aspect est inhabituel, mais aucun indice ne permet d’avancer l’hypothèse d’une intervention humaine volontaire, comme une perforation. La limite exocrânienne est nette, contrairement à celle de l’endocrâne plus large et plus diffuse.

    Fragment d’occipital

    2366Ce petit fragment d’occipital (n° 12102-H1) issu de l’une des fosses cuvelées aménagées face à l’entrée du sanctuaire (poids : 3,8 g) ne porte aucune suture et les bords sont très érodés.

    Fragment de pariétal

    2367Ce fragment de pariétal gauche (n° 11386-524) comprend la partie antérieure avec les quatre cinquièmes de la suture coronale (le bregma est conservé) et le quart antérieur de la suture sagittale (poids : 29,6 g). La suture squameuse montre une trace d’oxydation de cuivre. Les cassures sont anciennes et ne montrent aucune trace suspecte (fig. 286 et 291).

    Voûte crânienne

    2368Une calotte crânienne (fig. 293-297) incomplète (poids total : 183,4 g) a été retrouvée parmi les dépôts fouillés en 1992 aux abords de la façade septentrionale du sanctuaire, au-delà du chemin moderne. Elle est formée de trois éléments :

    • os occipital (n° 1992-08349-H1) ;

    • os pariétal gauche (n° 1992-8345-8346) ;

    • os frontal (n° 1992-08349-H2).

    2369Les relations de collage et de complémentarité articulaire permettent d’affirmer que ces trois os constituent la calotte crânienne d’un sujet de taille adulte, sur la base de l’épaisseur de l’os. Le frontal est quasi-complet, seul le côté gauche du pariétal est présent et l’occipital est matérialisé par sa partie postérieure. Ces trois os sont fragmentés. La taille de l’élément reconstitué correspond à celle d’un adulte. Aucun critère ne permet de lui attribuer un sexe. Le front est bien relevé. Ce sujet a souffert d’une anémie comme le suggère la cribra orbitalia (Walker et al., 2009). Cette atteinte est une hypertrophie du tissu osseux hématopoïétique, situé à la partie supérieure des orbites. L’hyperostose porotique est très peu marquée (stade 0-1) sur l’os pariétal.

    2370Ce crâne présente plusieurs traces de découpe visibles (fig. 294, 295 et 297).

    2371Seule la face exocrânienne montre des atteintes de surface. Les plus nombreuses concernent l’os pariétal. Elles se situent dans le secteur antéro-latéral et plus largement vers la partie postérieure, à proximité de la suture lambdoïde. Elles évoquent des traces de scalp. Ce sont des atteintes très fines qui se développent sur une longueur de quelques millimètres à 25 mm. La plupart sont regroupées en stries parallèles. Seules quatre stries sont isolées. L’os frontal possède quatre fines stries au dessus du relief sus-orbitaire gauche qui recoupent la crête latérale. Sur l’os occipital, on trouve une strie dans l’angle inférieur gauche et une autre plus proche du plan sagittal. Elles sont parallèles mais éloignées. Aucune trace n’est à signaler au niveau de l’insertion des muscles nucaux.

    2372Cette calotte crânienne incomplète montre trente-quatre stries, vingt-huit pour l’os pariétal gauche, quatre pour l’os frontal et deux pour l’os occipital. La majorité apparaît en séries parallèles. À l’exception d’une atteinte sur l’os pariétal, elles sont toutes à distance des sutures crâniennes. Si la cassure de la partie antérieure de l’os frontal semble la plus inhabituelle en raison de la robustesse de cette région anatomique, aucun indice n’évoque l’utilisation d’un outil tranchant. Les sutures crâniennes encore présentes sont bien conservées.

    LES RESTES HUMAINS DU SQUELETTE INFRA-CRÂNIEN

    Diaphyse fémorale

    2373Les membres inférieurs ne sont représentés que par des éléments de fémur (poids : 189,2 g). Le plus important d’entre eux est une diaphyse fémorale gauche adulte (n° 13695- 533) d’une longueur minimale de 362 mm (fig. 298). Cette pièce est robuste. Aucun indice d’intervention humaine n’est à signaler. La fragmentation de l’extrémité distale est récente.

    Têtes fémorales

    2374– Tête fémorale gauche (n° 12072-H1) (poids : 14,7 g) appartenant à un adulte jeune, comme en témoigne la limite de l’ossification ; ce qui indique un décès survenu entre 20 et 30 ans. D’une taille relativement petite (diamètre maximal : 40,1 mm), elle est sectionnée selon un plan oblique de haut en bas et de l’intérieur vers l’extérieur selon un axe parallèle au plan sagittal (fig. 298-299). La section est rigoureusement plane, ce qui suggère qu’elle a été opérée en une seule fois et probablement sur os frais. Étant donné le plan de section, le coup a été porté soit sur un sujet encore vivant, mais il faut alors imaginer une personne à terre, soit sur un cadavre. Cet élément pourrait alors témoigner d’un coup violent porté par une épée qui aurait abouti à un démembrement. Cependant, la zone articulaire ne présente pas de trace de désarticulation. La taille de cette pièce, tout comme son état de conservation, n’autorise pas son attribution à la diaphyse décrite ci-dessus (13695, n° 533).

    Fig. 289 – Mandibule, n° 13684-444.

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    Fig. 290 – Fragment de pariétal, n° 12085-H1.

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    Fig. 291 – Fragment de pariétal, n° 11386-524.

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    Fig. 292 – Mandibule, n° 1992-8343.

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    Fig. 293 – Calotte crânienne, n° 08346-49.

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    Fig. 294 – Détail du frontal, n° 08349.

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    Fig. 295 – Détail du pariétal, n° 08345.

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    2375– Tête fémorale (fouille 2004 : hors stratigraphie, remblais) de taille adulte très altérée (poids : 23,6 g). La fossilisation est très différente de celle de la pièce précédente (fig. 298 et 300). Sa face inférieure est totalement spongieuse avec une altération importante. Cependant, ce fragment osseux ressemble à la tête fémorale sectionnée n° 13695-533. Ainsi l’hypothèse d’un fémur sectionné ne peut être totalement rejetée malgré l’absence de critères pertinents, la fossilisation n’ayant pas permis une conservation satisfaisante de cet élément.

    Fig. 296 – Schéma de conservation de la calotte crânienne (en haut, Corent, 1992 : os occipital n° 08349 ; os pariétal gauche n° 08345/08346 ; os frontal n° 08349) et de l’os pariétal (en bas, Corent, 2002-03 : n° 12518-429).

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    Fig. 297 – Dessin de la calotte crânienne (Corent, 1992 : os occipital n° 08349 ; os pariétal gauche n° 08345 : os frontal n° 08349) avec les stries.

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    Fragment d’humérus

    2376Le membre supérieur est représenté par une diaphyse incomplète d’humérus droit (n° 13695) de taille adulte (poids : 87,7 g). La fracture est ancienne. La surface osseuse vermiculée ne présente aucune trace suspecte (voir fig. 298).

    Os coxal

    2377Le bassin est représenté par un os coxal droit (n° 13588-H1) fragmenté comprenant l’acétabulum, la région auriculaire et une partie de l’ilium (poids : 71 g). La morphologie de la grande échancrure ischiatique est masculine. Les autres caractères sexuels secondaires ne sont pas appréciables. Cette pièce appartiendrait à un sujet décédé entre 20 et 25 ans, étant donné que le point d’ossification de la tubérosité ischiatique n’est pas soudé (voir fig. 298). Aucune trace de découpe n’a été observée.

    CONCLUSION

    2378Les restes céphaliques sont les plus nombreux. Sur la base des vestiges mandibulaires, ils représentent au minimum trois individus adultes et deux pour la calotte crânienne. Aucune association par complémentarité articulaire n’a pu être réalisée entre les restes mandibulaires et crâniens. La détermination sexuelle sur la base de crâne incomplet est très hasardeuse (Bruzek et al., 2005 ; Walrath et al., 2004). L’âge n’a pu être apprécié que selon le degré d’usure dentaire ; il s’agirait d’adultes relativement jeunes.

    Fig. 298 – Schéma de conservation du squelette infra-crânien.

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    2379L’unique face conservée est complète à l’exception de la partie supérieure droite qui se caractérise par l’absence de la zone orbitaire. Une fracturation sur os frais a été observée mais aucune section conservée n’atteste l’utilisation d’un outil tranchant. Cette pièce osseuse évoque par ailleurs les quelques masques connus notamment à Gournay et Montmartin. Toutefois, ces derniers diffèrent de celui de Corent dans la mesure où ils ont été détachés de la boîte crânienne par désengrènement des sutures (Brunaux, Méniel, Poplin, 1985 ; Boulestin, Duday, 1997). Si la fracturation sur os frais relève véritablement d’un coup intentionnellement porté pour séparer la face du reste du crâne, alors la pièce obtenue serait plus proche des masques datés du premier âge du Fer de la grotte de Hraska, à Karst dans le sud de la Slovaquie (Vlček, Kukla, 1959).

    2380De nombreuses modifications osseuses de surface ont été observées sur une calotte crânienne incomplète. Elles correspondent à de fines traces de découpe et sont au nombre de trente-quatre petites stries, en majorité parallèles et situées sur les os frontal, occipital et pariétal gauche. Néanmoins, leur répartition topographique concerne principalement le pariétal. Des stries de découpe observées sur la face exocrânienne de certaines têtes osseuses sont souvent la preuve d’une action anthropique consistant à décharner le crâne. Il peut s’agir soit du scalp, c’est-à-dire de l’ablation partielle ou totale du cuir chevelu, soit de l’écorchement de la tête qui consiste en un véritable traitement préparatoire pour une utilisation ultérieure du crâne (Boulestin, Duday, 1997 ; Boulestin, 1999). Aucun indice ne privilégie une intervention particulière.

    2381Des vestiges du squelette infra-crânien ont également été exhumés. Trois éléments appartiennent au fémur, soit une diaphyse et deux têtes fémorales ; ce qui représente deux ou trois adultes. La diaphyse ne porte aucune trace suspecte, ce qui n’est pas le cas de l’une des têtes fémorales qui a été sectionnée à l’état frais. Le diagnostic sur l’autre pièce est rendu difficile par son mauvais état de conservation. Les autres segments squelettiques mis au jour se composent d’une diaphyse humérale et d’un fragment d’os coxal très probablement masculin. Aucune trace suspecte n’a été observée, mais leur piètre état de conservation a rendu la surface corticale parfois fortement vermiculée. Cette remarque vaut également pour la plupart des restes osseux. Ainsi, d’éventuelles atteintes de surface ont pu être masquées par les empreintes causées par le réseau racinaire.

    Fig. 299 – Schéma de conservation du squelette infra-crânien.

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    Fig. 300 – Tête fémorale découverte hors stratigraphie (fouille 2004).

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    LES RESTES TEXTILES. ANALYSE DES VESTIGES EN MATIÈRE ORGANIQUE DE LA COTTE DE MAILLES

    CARTOGRAPHIE DES MATÉRIAUX ORGANIQUES

    2382Les clichés réalisés in situ lors du prélèvement de la cotte de mailles par les restaurateurs du Centre de restauration et d’étude archéologique municipal (CREAM, Vienne, Isère) attestent la présence de vestiges organiques minéralisés en surface de l’amalgame. Ces vestiges se distinguent du support sombre sur lequel ils reposent par leur couleur claire jaune-orangé (fig. 301). Conservés sous une forme altérée, ils ont été soumis à des transformations physico-chimiques. En voie de décomposition au moment de l’examen, ils sont devenus plus ou moins lisibles et extrêmement fragiles.

    2383Dans un premier temps, le relevé des emplacements occupés par les vestiges organiques fournit une cartographie des matières périssables préservées au contact de la cotte de mailles. Leur disposition montre qu’une face de l’amalgame (face A), orientée vers l’extérieur en situation d’enfouissement, était entièrement en contact avec des matériaux organiques ; la face B, tournée vers le sol, ne laisse apercevoir aucun vestige de cette nature (fig. 302).

    2384Les principales zones où apparaissent des matières organiques sont numérotées de 1 à 9. L’observation macroscopique permet a priori de distinguer les matières végétales de type ligneux des restes textiles. La zone 9 est marquée par la présence d’un reste de tissu dont la structure est encore clairement identifiable à l’œil nu. Les restes ligneux peuvent, quant à eux, correspondre à du bois en décomposition initialement présent au contact de la cotte de mailles (bouclier, par exemple), à des restes textiles en matière végétale ou à des racines ou radicelles infiltrées en terre postérieurement au dépôt (tabl. XXXIX).

    Tabl. XXXIX – Identification macroscopique des matières organiques repérées dans les zones définies (schéma : F. Médard).

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    2385Les investigations ne sont pas approfondies lorsque l’observation macroscopique est assurée. L’aspect de certains dépôts laisse en revanche planer un doute quant aux matériaux en présence. Les zones 1, 3, 6 et 8 sont ainsi prélevées pour effectuer le diagnostic en microscopie.

    Zones 1 et 6

    2386Des fibres rigides, très serrées, très structurées et orientées dans le même sens caractérisent les échantillons prélevés en zones 1 et 6 (fig. 303). Comme le laissait supposer l’examen macroscopique, il s’agit de matière ligneuse. Aucune fibre textile n’apparaît. La zone 6 correspond à une partie de la cotte de mailles placée au contact de l’umbo de bouclier n° 7. La matière ligneuse pourrait donc être celle du bouclier, d’autant que la position de l’umbo indique que la face interne du bouclier reposait contre la cotte.

    Zones 8 et 3

    2387L’examen de l’échantillon prélevé sur la zone 8 a révélé de nombreux faisceaux de fibres ligneuses. Comme observé précédemment, ils sont rigides, serrés, structurés et orientés dans la même direction. De nombreux petits nodules ponctuent la surface des fibres ; cette particularité pourrait être déterminante pour caractériser le bois en présence. En zone 3, la matière ligneuse apparaît encore sous la forme de faisceaux de fibres très structurés et serrés les uns contre les autres (fig. 304). En revanche, la matière textile est représentée dans ce secteur par le biais d’une fibre de laine clairement identifiable (fig. 305).

    LE VESTIGE DE TISSU LOCALISÉ EN ZONE 9

    2388Visible sur le terrain lorsque la cotte de mailles était encore en place, ce reste de tissu parfaitement identifiable a joué un rôle essentiel en attirant l’attention sur la présence de restes organiques préservés. Les dimensions du vestige sont de 1,4 cm x 1,8 cm.

    Fig. 301 – Détail d’une zone chargée de matières organiques minéralisées en voie de décomposition. Cotte de mailles in situ (cliché : M. Demierre).

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    Fig. 302 – Principales zones occupées par des vestiges en matière organique ; face A de la cotte de mailles (schéma : F. Médard).

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    Fig. 303 – Cotte de mailles. Zone 6, vue longitudinale des cellules de parenchyme structurant le bois. Vue au MEB : x 300 (clichés : CNRS-IS2M / H. Bonnet).

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    Données techniques

    2389– Orientation du tissu. Elle consiste à déterminer le sens dans lequel sont placés les fils de chaîne et de trame. Cela permet d’appréhender le sens de fabrication de l’ouvrage. En l’absence d’indice déterminant (ondulation des fils, présence de bordures et/ou de lisières, etc.), l’orientation des fils est désignée selon les repères orthonormés OY et OX, comme c’est ici le cas (fig. 306).

    2390– Description des fils. Les fils utilisés pour confectionner ce tissu sont des fils simples tordus en « Z » en OY et en « S » en OX. Ils mesurent environ 1 mm de diamètre en OY et 0,5 mm de diamètre en OX.

    Fig. 304 – Cotte de mailles. Zone 3, vue longitudinale de restes de matière ligneuse (vue au MEB : x 1200) (clichés : CNRS-IS2M / H. Bonnet)

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    Fig. 305 – Cotte de mailles, zone 3. Vue longitudinale de l’empreinte d’une fibre de laine. Vue au MEB : x 1200 (cliché : CNRS-IS2M / H. Bonnet).

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    2391– Réduction. Elle est d’environ cinq fils par centimètre en OY et de huit à dix coups par centimètre en OX.

    2392– Armure de tissage. D’après ce qu’il est possible d’en apprécier, l’armure de tissage est une toile (fig. 306).

    IDENTIFICATION DE LA MATIÈRE PREMIÈRE

    2393Deux prélèvements de matière première ont été effectués. Examinée au microscope électronique à balayage, la fibre est parfaitement lisible. Fortement minéralisée, la matière organique a totalement disparu ; ne subsiste que l’enveloppe minérale recouvrant les fibres désormais absentes. Il s’agit d’une forme de minéralisation négative : l’identification de la matière textile repose dans ce cas sur l’observation des empreintes laissées par le matériau originel (fig. 307).

    2394Observés en vue longitudinale, les négatifs révèlent des fibres circulaires texturées d’écailles dont l’épaisseur et la forme en mosaïque signalent leur appartenance aux ovicapridés (fig. 307). Une soixantaine de mesures sont effectuées grâce à la très bonne lisibilité des fibres en section transversale. Les diamètres moyens sont de 21,65 µm (valeur min. : 13,4 µm ; valeur max. : 32,17 µm) et l’écart type est de 3,95. Les valeurs sont relativement homogènes et l’épaisseur des fibres correspond aux fibres de laine de mouton de finesse moyenne. La lisibilité du matériel permet également d’apprécier la torsion des fils. L’examen au MEB confirme la présence de torsions en « S » et en « Z » selon l’orientation des fils dans le tissage (fig. 308).

    CONCLUSION

    Les vestiges textiles

    2395Le tissu est construit sur une base d’armure toile sans complexité apparente. Les réductions comme le diamètre des fils en chaîne et en trame sont relativement grossiers ; le tissu présente les caractéristiques d’une toile ordinaire. On note des différences de diamètre et de réduction selon que les fils sont orientés dans l’un ou l’autre sens du tissage : il s’agit vraisemblablement d’une toile à dominante chaîne ou trame, un effet très répandu dans les tissages d’armure toile. Même s’il ne remet pas en question le caractère ordinaire de l’ouvrage, un détail est cependant remarquable : selon qu’ils soient orientés en chaîne ou en trame, les fils présentent des torsions différentes. Deux éléments permettent d’expliquer cette opposition : il peut s’agir d’une recherche esthétique ayant pour objectif de créer effectivement un effet visuel ; selon qu’ils soient tordus en « S » ou en « Z », les fils ne renvoient pas la lumière de la même façon. Il peut aussi s’agir d’un choix technique : en associant des fils de torsions différentes le tisserand renforce la cohésion et le maintien de la toile. Ce détail de fabrication ne constitue pas une exception en soi pour cette époque.

    Fig. 306 – Cotte de mailles, zone 9. Orientation et armure de tissage du reste de tissu identifié (cliché et schéma : F. Médard).

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    Fig. 307 – Cotte de mailles, zone 9. Vue longitudinale révélant la structure en écaille caractéristique des fibres de laine. Vues au MEB : x 1200, (clichés : CNRS-IS2M / H. Bonnet).

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    Fig. 308 – Cotte de mailles, zone 9. Cliché de gauche : entrelacement des fils de chaîne et de trame ; OY : fil de torsion Z (rouge) ; OX : fil de torsion S (violet). Cliché de droite : spirale formée par les fibres tordues en S (OX). Vues au MEB : x 80, cliché de gauche ; x 150, cliché de droite (clichés : CNRS-IS2M / H. Bonnet).

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    2396Bien que les fibres textiles souples aient totalement disparu, nous disposons pour les apprécier de leur empreinte minérale. Parfaitement lisibles, les négatifs révèlent des fibres de laine aux diamètres homogènes, situés dans la moyenne de ce que produisent les « toisons de finesse moyenne », autour de 20 µm. On n’observe pas de poils de fort diamètre tels que peuvent en contenir les laines localisées dans les parties jarreuses de la toison ; la matière première était triée avant d’être filée.

    Taphonomie

    2397Les matières organiques ont été préservées par minéralisation ; en d’autres termes, elles étaient encore de bonne tenue lors de l’enfouissement du trophée. Plus encore pour le tissu que pour le bois, une exposition prolongée à l’air libre est destructrice ; le trophée n’est probablement pas resté très longtemps exposé aux intempéries. Un enfouissement « rapide » en milieu confiné a favorisé un processus de minéralisation. Les restes organiques étaient uniquement présents sur la face supérieure de la cotte de mailles lors de sa découverte. Cela signifie que la face plaquée contre terre au moment du dépôt n’était pas au contact de matières organiques ou que ces dernières n’ont pas résisté au temps.

    2398Le tissu localisé en zone 9 et les restes improbables de fibres de laine en zone 3 permettent d’affirmer qu’un tissu couvrait la cotte de mailles, en totalité ou en partie. Leur proximité suggère effectivement qu’il s’agit de la même toile. D’après l’arrangement des plis formé par la cotte in situ, les zones 9 et 3 ne se rapportent pas aux mêmes fragments de la cotte de mailles. La zone 3 est positionnée sur un petit fragment quadrangulaire tandis que la zone 9 est localisée sur une partie de grande taille qui pourrait correspondre au tronc : le tissu devait donc être placé sur l’amalgame.

    2399Les restes ligneux, plusieurs fois attestés, semblent correspondre à des éléments en bois en contact avec la cotte de mailles ; compte tenu de la proximité des umbos, des vestiges de boucliers sont vraisemblables. Ces objets ne semblent pas avoir été couverts de toile ; aucune trace n’a été repérée en macroscopie, ni en microscopie. Par conséquent, avec toute la réserve qu’impose des vestiges aussi ténus, le trophée n’était pas emballé lors de son enfouissement ; tout au plus peut-on imaginer que la cotte de mailles l’était, mais la disposition des éléments du dépôt suggère un arrangement plus aléatoire que soigné. Il est donc peu probable que la cotte ait été méticuleusement protégée par une toile. Le tissu mis en évidence faisait sans doute partie des objets du trophée, tombé par hasard sur la cotte. Un hasard somme toute relatif, car sa présence sur la cotte de mailles pourrait renvoyer à l’organisation première des éléments du trophée ; le lainage pourrait correspondre à une tunique ou à quelque objet vestimentaire en relation avec le port de la cotte de mailles.

    LES GRAFFITI SUR CÉRAMIQUE

    2400Les fouilles réalisées sur l’oppidum de Corent ont permis la découverte de huit graffiti post cocturam gravés sur des récipients en céramique (fig. 309). On compte six messages verbaux (nos 1-6), vraisemblablement tous gravés en majuscule cursive latine (Féret, Sylvestre, 2008, p. 85), ainsi que deux graffiti indéterminés (nos 7-8).

    2401Parmi les marques épigraphes, l’inscription la plus complète est VIIRI (n° 5). Il s’agit du cognomen Verus, ici décliné au génitif, ou de l’abréviation de l’un de ses dérivés comme Verinus, -a. Ces deux noms sont très répandus en Gaule romaine avec respectivement 106 et 44 occurrences (Lörincz, 2002, p. 158-160).

    2402Le graffito suivant est fragmentaire à droite, mais on lit probablement BRIG+[---] ou BRIC++[---]. Selon l’option de lecture choisie, la signification de l’inscription peut être rapprochée du mot gaulois briccos « tacheté, tavelé », bricta (cf. Brixta) « magie », briga- « colline, mont > forteresse » ou encore brigo- « force, vigueur » (Delamarre, 2003, p. 86-88). Brigios « le vigoureux » est d’ailleurs attesté sur des bronzes frappés arvernes de la seconde moitié du ier s. de notre ère, dont l’un découvert à Corent (RIG 4, n° 77).

    2403Les lettres [---]OL[?---]LOS[---] ou [---]OL[?---]IOS[---] sont réparties sur trois fragments qui ne collent pas. Dans sa restitution la plus simple, l’inscription pourrait dériver du terme gaulois ollos « grand » qui compose plusieurs anthroponymes (Ollodagos, Ollilos et Couxollos par exemple) et toponymes (Ollobriga) (Delamarre, 2003, p. 241). Ce terme fait peut-être référence au contenant pour le qualifier de « grand récipient » suivi d’une indication de contenu ou d’une injonction adressée à l’utilisateur (Lat. olla/ola, Féret, Sylvestre, 2008, p. 64-65 ; Sylvestre, 2012, p. 28).

    2404Enfin trois inscriptions, probablement des marques de propriété, sont trop fragmentaires pour proposer une seule restitution : [---]n[---] (n° 2), [---]+pso[---] (n° 4) et [---]xa (n° 6).

    2405L’étude de ces céramiques portant un graffito recense cinq récipients réservés à la consommation (5 assiettes, dont trois d’entre elles sont importées) et trois récipients culinaires (2 pots et 1 cruche). L’observation de l’emplacement des graffiti sur la vaisselle révèle que six inscriptions sont situées sur une partie visible du récipient, tandis que seuls deux graffiti se situent sous le fond d’une assiette. Ce phénomène est peut-être lié au fort développement de l’écriture et à l’intention d’afficher ses compétences graphiques sur son récipient personnel (Lambert, Luginbühl, 2005, p. 220).

    2406Ces quelques témoignages de l’écriture au quotidien apportent diverses informations sur l’onomastique et certains modes de consommation de la population ayant fréquenté le site de Corent.

    Fig. 309 – Ensemble des graffiti du sanctuaire.

    Image 10000000000004140000024037403FF31C8C7331.jpg

    DESCRIPTIF DES GRAFFITI

    24071. BRIG+[---] ou BRIC++[---], Brig+[---] ou Bric++[---]

    2408US 11184, objet n° 375.

    2409Pâte grise fine, assiette.

    2410Majuscule cursive latine ; sous le fond, non visible.

    24112. [---]N[---], [---]n[---]

    2412US 10107, objet n° 115.

    2413Céramique à revêtement argileux, cruche.

    2414Majuscule cursive latine ; sur la panse, visible.

    24153. Fragment a-c : [---]OL[---]LOS[---] ou

    2416[---]OL[---]IOS[---], [---]ollos[---] ?

    2417US 11114, objet n° 149.

    2418Pâte grise fine, pot.

    2419Majuscule cursive latine ; sur la panse, visible.

    24204. [---]+PSO[---], [---]+pso[---]

    2421US 10000, objet n° 1.

    2422Pâte grise, pot ?

    2423Majuscule cursive latine ; sur la panse, visible.

    24245. VIIRI, Veri ou Veri (nus, -a)

    2425US 11184, objet n° 752.

    2426TSGC, assiette.

    2427Majuscule cursive latine ; bas de la panse, non visible.

    24286. [---]XA, [---]xa (graffito incertain)

    2429US 11195, objet n° 2015.

    2430Céramique campanienne A, assiette.

    2431Majuscule cursive latine ? Dans le fond, visible.

    24327. X ou croix (graffito incertain)

    2433US 13212, objet n° 2092.

    2434Céramique campanienne A, assiette.

    2435Dans le fond, visible.

    24368. Illisible

    2437US 11184, objet n° 704.

    2438Pâte grise fine, assiette.

    2439Dans le fond, visible.

    Notes de bas de page

    1  Cette hypothèse est évoquée pour des fibules de Nauheim de petite taille et peu fonctionnelles découvertes dans le sanctuaire, en particulier dans l’enclos A (Poux et al., 2002, p. 15, fig. 17). Voir aussi supra chap. V, p. 255-256.

    2  Soulignons ici que plusieurs de ces éléments sont issus des fouilles de 1993 réalisées sous la forme de passes mécaniques. Il ne serait donc pas surprenant qu’une partie d’entre eux proviennent des comblements supérieurs du fossé d’enclos.

    3  En association avec des fibules de Nauheim à arc large et des exemplaires de schéma La Tène moyenne en fer à Wederath et avec une fibule de Nauheim avec des perles et des bracelets en verre à Chevilly.

    4  Eneau, 2002, p. 58. Avec, notamment, un marteau-herminette et une hache miniature en fer. Cf. Ibid. (nos 172 et 173). Voir également les hachettes miniatures votives en fer ou en bronze du Plateau suisse (SPM V, p. 324, fig. 378).

    5  Fauduet, 1993, p. 117. Sont cités en exemple les sanctuaires de Bouvellemont et de Mouzon.

    6  Comme en témoigne un exemplaire issu des fossés d’Alésia (Brouquier-Reddé, Deyber, 2001, pl. 93, n° 84).

    7  Acte VI : Spectandum ne quoi anulum det, nec roget.

    8  Le rapport entre la distance de la base de la flamme au point où sa largeur totale est maximale et la longueur de la flamme est utilisé pour séparer les individus triangulaires de ceux losangés. Si ce rapport est inférieur à 0,2, la flamme est considérée comme triangulaire. Ici, le rapport est de 0,18, soit 3/16.

    9  Seul 7 % du corpus de Gournay (Rapin, 1988, p. 128 ; Sievers, 2001, p. 161-162, pl. 63-66).

    10  Diamètre interne de 5 mm et externe de 9 mm. Les diamètres externes des pointes de flèches d’Alésia mesurent 10 mm en moyenne (Sievers, 2001, p. 167).

    11  Voir les exemplaires de Giubiasco (Pernet, Carlevaro, 2006, t. 60, 1 ; Ibid., t. 222, 1) et de Sion, Saint-Guérin (Curdy et al., 2009, pl. 14, 40393).

    12  Les balles de fronde de ce site pèsent entre 23 et 60 g. Leur poids moyen ainsi que leurs formes permettraient de les dater de la période augustéenne (Schlott, 1999, p. 48).

    13  A. Duvauchelle précise que l’artisan constate la mauvaise qualité d’un fer bien avant d’atteindre le stade de la tige.

    14  La mesure de la section a été prise à un centimètre de la découpe afin de tenir compte de la fluctuation que peut occasionner cette opération et surtout afin d’imaginer la section du clou directement sous la tête.

    15  On notera à ce propos la découverte d’un raté ainsi que d’un clou de chaussure neuf dans les ensembles de clous de chaussure, sans pouvoir assurément relier ces objets au travail de l’artisan en question au regard des problèmes de taphonomie et de contextes différenciés.

    16  Son poids de 102 g est en effet trop important pour les balles de fronde qui varient entre 20 et 60 g, avec quelques exceptions au Bas-Empire à plus de 100 g. Les quelques vestiges de cette période sur le site laissent néanmoins cette interprétation envisageable.

    17  Ce type de clou-rivet est caractéristique des clous servant à assembler l’umbo et le manipule des boucliers. En l’occurrence, il fait partie d’un assemblage liant une planche d’une épaisseur trop grande pour lui attribuer cette fonction.

    18  Sujet d’un mémoire de Master, soutenu par l’auteur de cette notice en 2010 à l’Université Jean Moulin-Lyon III, sous la direction de B. Cabouret et M. Poux.

    19  Merci à Madame Jody Joy, responsable du département de Préhistoire et Protohistoire du British Museum, pour ces précieuses informations sur les bagues coudées britanniques.

    20  Une petite anse ronde en verre incolore, une anse à section circulaire, une à doubles boudins et deux plates, toutes en verre naturel.

    21  Le contexte local du bassin clermontois ne fait pas exception. Ces rondelles sont présentes sur les sites de Clermont-Ferrand : le Pâtural, Gandaillat, Le Brezet et Gondole (Deberge et al., 2007 ; Deberge, Vermeulen, Collis, 2007 ; Poux, Vernet, 2001 ; Deberge, Blondel, Loughton, 2007).

    22  À mentionner aussi, dans un contexte plus ancien, « l’autel des cendres » de Gaujac (fin ve s. av. J.-C.) (Charmasson, 1986) ou plus tardif, le sanctuaire gallo-romain de Genainville (Mitard, 1993).

    23  Cette catégorie de mobilier a déjà fait l’objet d’une étude spécifique, parue dans le cadre de la SFECAG (Guichon, 2006). Pour la présente synthèse, vingt-six objets issus de la campagne 2005 ont été intégrés au corpus et les hypothèses interprétatives retravaillées (voir infra et chap. VII, p. 591- 609).

    24  Certaines rondelles en céramique campanienne ont été traitées de manière similaire sur l’oppidum des Castels à Nages (Gard) : vernis gratté sur une face, ou vernis préservé sur une face et sur le pourtour seulement de l’autre face (Py, 1978, p. 296- 297).

    25  Vingt-deux exemplaires, également en céramique laténienne, proviennent des remblais tardifs de la branche nord du péribole (phase « gallo-romaine » du site) et peuvent être considérés comme du mobilier résiduel également lié aux couches sous-jacentes de l’état 2.

    26  En s’efforçant de ne pas créer de regroupements ou d’alignements artificiels lorsque beaucoup d’exemplaires provenaient de la même zone (structure sur poteaux D, branche occidentale de l’enclos A, tranchée de clôture extérieure, entrée).

    27  Les qualités fonctionnelles de ces objets sont traitées dans le chapitre VII, p. 591-609.

    28  Contexte 12068/12074 = comblement supérieur du fossé : 125 rondelles ; 826 tessons non travaillés.

    29  Un exemple cité dans Benoît, 1956, p. 23 ; ou encore cinq rondelles en amphore trouvées dans un puits rituel de Vieille-Toulouse : elles correspondent assurément aux cinq amphores décolletées situées dans les niveaux supérieurs du même puits. À noter que J. Fouet signale une autre rondelle, plus petite (moins de 3 cm), en céramique commune grise : avait-elle une fonction différente des cinq « bouchons » ? (Fouet, 1958, p. 120-121 et 136).

    30  Voir H. Wendling (2009) pour ces questions de rondelles percées.

    31  Voir également Z. Castro Curel (1978) pour les sites de l’âge du Fer de Catalogne espagnole (iiie - ier s. av. J.-C.), qui ont livré de nombreuses rondelles en céramique (notamment le Mas Castellar, 380 exemplaires dans trois silos contigus) : l’auteur évoque les fonctions de bouchons, de jetons de vote ou de comptabilité, mais retient finalement celle de pesons de métiers à tisser.

    32  Sites de Nages (Py, 1978, p. 296-297) notamment, ou l’« autel des cendres » de Gaujac (Charmasson, 1986) qui a livré des rondelles perforées et des fusaïoles typiques, seuls vestiges à caractère artisanal de cette aire cultuelle vierge d’implantation domestique. Dans ce cas, un détournement de l’usage premier des fusaïoles est d’ailleurs probable (rites divinatoires, actes civiques…). Voir chap. VII, p. 605.

    33  Près d’un quart des intailles connues dans l’Empire sont gravées dans cette pierre (Guiraud, 1988, p. 26-27).

    34  À titre d’exemple, les nécropoles de Champagne (Stead et al., 2006) et du plateau suisse (Kaenel, 1990).

    35  Voir les nécropoles de Champagne (Rozoy, 1987) ou celles du plateau suisse (Kaenel, 1990).

    36  Concernant la technique de fabrication dite « découpe au tour », voir Minni, 2008, p. 17-18.

    37  Ce procédé est illustré par l’objet (pl. 2, n° 10) cassé lors de la découpe du contour extérieur des perles autour de perforations destinées à en être l’œil.

    38  Pour l’étude spécifique du centre et de l’est de la France, voir Alonso, 2006 ; pour une sélection de parallèles à échelle européenne, voir Schenk, 2008, p. 187.

    39  La seconde possibilité recoupe les pièces taillées dans les bois dits « de massacre », c’est-à-dire prélevées à la scie sur un animal abattu et qui s’oppose aux bois tombés naturellement et recueillis.

    40  Pour la méthode de fabrication, voir Alonso, 2006.

    41  Voir par exemple le sanglier en rond de bosse ou la crête de l’enseigne provenant de l’oppidum de Corent.

    42  Elles représentent ainsi 56 % du corpus d’épingles d’Avenches (Schenk, 2008, p. 26).

    43  Une grande variété de formes d’oiseaux est bien connue (Rouvier-Jeanlin, 1972, nos 1121-1266).

    44  À titre d’exemple : Levroux (Buchsenschutz, Colin et al., 2000), Roanne (Lavendhomme, Guichard, 1997) et le Pâtural à Clermont-Ferrand (Deberge et al., 2007).

    45  Bourgeois, 1999, p. 126. L’auteur s’appuie sur la présence de « perles en céramique » – en tous points semblables à celles de Corent – retrouvées portées au poignet dans une tombe féminine en Champagne (Rozoy, 1987, p. 298-299, tombe Ro 60A). Une interprétation d’élément de parure à également été donnée à un objet similaire à Roanne (Lavendhomme, Guichard, 1997, p. 216).

    46  Voir, à titre d’exemple, la poudre d’hématite retrouvée en contexte d’atelier de potier à Gondole (Deberge et al., 2007, p. 141).

    47  Version française d’un rapport d’étude en anglais remis en 2005 (traduction M. Poux), qui prend en compte le mobilier amphorique recueilli la même année dans les niveaux d’épandage sous-jacents à l’édifice cultuel à galerie périphérique romain (structure D). Il ne considère pas les modifications apportées dès 2002 à la chronologie de l’oppidum, et de l’épandage de 1992 en particulier, qui remettent fortement en cause la validité des datations proposées. Les nets points de divergence qui opposent les opinions exprimées par l’auteur et les résultats exposés dans ce volume sont signalés en note de bas de page (N.d.T.).

    48  N.d.T. : cette estimation a minima ne tient pas compte de l’abondant mobilier recueilli au cours de la campagne 2003, qui n’a pas été enregistré. En ajoutant ces 14397 tessons non comptabilisés et en tenant compte des différents groupes de pâte en présence (étude en cours), l’effectif global des amphores recueillies dans l’enceinte du sanctuaire apparaît bien supérieur ; voir sur ce point infra, chap. VI, p. 507-511.

    49  N.d.T. : affirmation fondée sur un nombre de cas non quantifiés ni localisés, en contradiction avec les données taphonomiques exposées au chap. VI (infra, p. 507-511) et la rareté des recollages inter-horizons observés à partir des autres catégories céramiques. Les liaisons indiquées, à titre d’exemple, au sujet de l’amphore de Brindes, ne concernent que les contextes constitutifs de l’état 2 et les niveaux supérieurs du fossé. Elles ne remettent pas en cause l’homogénéité des deux horizons définis sur la base de l’étude stratigraphique (états 1 et 2).

    50  L’étude étant insuffisamment détaillée en ce qui concerne les critères techniques enregistrés dans les inventaires à disposition, ces effectifs ne seront pas retenus au niveau des analyses d’évolution technique du corpus ; le classement catégoriel est en revanche tout à fait valide et compatible avec la nomenclature retenue dans cette étude. Les dessins sont présentés sur six planches distinctes (Pl. 37 à 42).

    51  Déduction faite des lots provenant de contextes perturbés ou mal phasés.

    52  Cette étude s’inscrit dans la perspective d’un travail d’analyse exhaustive du mobilier céramique du site de Corent, qui prendra également en compte l’intégralité des ensembles livrés depuis 2005 par la fouille des quartiers environnant le sanctuaire (R. Lauranson, thèse de Doctorat en cours, Université Lyon 2, sous la direction de M. Poux).

    53  Moyenne établie à partir des ensembles fouillés au cours de la campagne de 2008 (cf. Lauranson, 2008 et 2009).

    54  La nature accidentelle (inclusion) ou intentionnelle (ajout de dégraissant) de cette présence, à déterminer d’après des études approfondies, n’entre pas ici en ligne de compte.

    55  De fait, la distinction de ce mode de façonnage, seulement décelable sur une partie des fragments, souffre mécaniquement d’un biais statistique en nombre de restes (NR). La part de ce mode de façonnage ne peut être pertinente qu’exprimée en nombre minimum d’individus (NMI) et il convient de garder à l’esprit que le NR des céramiques non-tournées inclut des récipients finis au tour.

    56  Une frange de pâte carburée est toutefois visible dans certains cas, contrastant nettement avec le reste de la pâte.

    57  Cf. par exemple, au sein des lots issus de la portion ouest de la branche nord, le remontage partiel d’un vase néolithique à oreilles et fond bombé, à partir de treize tessons peu fragmentés, qui trahit manifestement plus un excès de zèle au curage d’un bord de fossé qu’une réelle présence résiduelle.

    58  À l’exemple de la fosse 18098, ensemble homogène datable de La Tène D1b, où les importations totalisent 8 % du NR et 13 % du NMI.

    59  Nous considérons qu’un crâne est complet lorsque la boite crânienne est préservée, c’est-à-dire lorsque les pariétaux, les frontaux et la partie occipitale (lorsqu’elle n’a pas été découpée) sont connectés.

    60  Les nombreuses dents isolées (N = 115), qui n’ont pas été prises en compte ici, représentent 32 % du nombre total de restes de caprinés de l’enclos.

    61  L’ours et le lynx, qui pourraient également compléter le tableau des grands mammifères chasseurs d’auvergne, demeurent absents de la documentation archéologique pour cette période, mais leur présence à l’époque est des plus probable.

    62  À propos du chasseur Lamet (Indochine), cf. A. Testart (2006).

    63  Le corbeau y est fréquemment associé à la guerre ou à la mort. Il revêt une symbolique complexe, portant la double image de la mort et de la renaissance. Animal affecté au registre de la magie, il a également un pouvoir de prédiction. Récurrent dans l’imagerie celtique, il accompagne plusieurs divinités (Green, 1989).

    64  Un tamisage systématique de la zone ainsi que des prélèvements ont permis de récolter les plus petits éléments qui composent ces espèces, comme les dents ou les phalanges, dont la taille est inférieure au millimètre.

    65  Photo et dessins P. Courtaud. Schéma de conservation E. Rousseau

    Auteurs

    • Matthieu Demierre

      Archéologue chargé de recherche et d’enseignement à l’université de Lausanne, a participé comme adjoint aux fouilles du sanctuaire de Corent depuis 2003. Il est l’auteur de plusieurs contributions scientifiques consacrées à l’étude des artefacts d’époque gauloise et antique.

    • François Blondel
    • Magali Garcia
    • Adeline Richard
    • Hélène Duchamp
    • Aline Colombier
    • Alexandre Michel
    • Romain Guichon
    • Pascal Brand
    • Katherine Gruel
    • Matthew Loughton
    • Romain Lauranson
    • Aurélie Tripier
    • Sylvain Foucras
    • Patrice Courtaud
    • Elisabeth Rousseau
    • Fabienne Médard
    • Richard Sylvestre
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    Table des matières

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    Chapitre VI. Analyse chronologique et fonctionnelle

    Matthieu Poux, Matthieu Demierre et Romain Lauranson

    Chapitre VII. Synthèses

    Matthieu Poux, Matthieu Demierre, Sylvain Foucras et al.

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    1  Cette hypothèse est évoquée pour des fibules de Nauheim de petite taille et peu fonctionnelles découvertes dans le sanctuaire, en particulier dans l’enclos A (Poux et al., 2002, p. 15, fig. 17). Voir aussi supra chap. V, p. 255-256.

    2  Soulignons ici que plusieurs de ces éléments sont issus des fouilles de 1993 réalisées sous la forme de passes mécaniques. Il ne serait donc pas surprenant qu’une partie d’entre eux proviennent des comblements supérieurs du fossé d’enclos.

    3  En association avec des fibules de Nauheim à arc large et des exemplaires de schéma La Tène moyenne en fer à Wederath et avec une fibule de Nauheim avec des perles et des bracelets en verre à Chevilly.

    4  Eneau, 2002, p. 58. Avec, notamment, un marteau-herminette et une hache miniature en fer. Cf. Ibid. (nos 172 et 173). Voir également les hachettes miniatures votives en fer ou en bronze du Plateau suisse (SPM V, p. 324, fig. 378).

    5  Fauduet, 1993, p. 117. Sont cités en exemple les sanctuaires de Bouvellemont et de Mouzon.

    6  Comme en témoigne un exemplaire issu des fossés d’Alésia (Brouquier-Reddé, Deyber, 2001, pl. 93, n° 84).

    7  Acte VI : Spectandum ne quoi anulum det, nec roget.

    8  Le rapport entre la distance de la base de la flamme au point où sa largeur totale est maximale et la longueur de la flamme est utilisé pour séparer les individus triangulaires de ceux losangés. Si ce rapport est inférieur à 0,2, la flamme est considérée comme triangulaire. Ici, le rapport est de 0,18, soit 3/16.

    9  Seul 7 % du corpus de Gournay (Rapin, 1988, p. 128 ; Sievers, 2001, p. 161-162, pl. 63-66).

    10  Diamètre interne de 5 mm et externe de 9 mm. Les diamètres externes des pointes de flèches d’Alésia mesurent 10 mm en moyenne (Sievers, 2001, p. 167).

    11  Voir les exemplaires de Giubiasco (Pernet, Carlevaro, 2006, t. 60, 1 ; Ibid., t. 222, 1) et de Sion, Saint-Guérin (Curdy et al., 2009, pl. 14, 40393).

    12  Les balles de fronde de ce site pèsent entre 23 et 60 g. Leur poids moyen ainsi que leurs formes permettraient de les dater de la période augustéenne (Schlott, 1999, p. 48).

    13  A. Duvauchelle précise que l’artisan constate la mauvaise qualité d’un fer bien avant d’atteindre le stade de la tige.

    14  La mesure de la section a été prise à un centimètre de la découpe afin de tenir compte de la fluctuation que peut occasionner cette opération et surtout afin d’imaginer la section du clou directement sous la tête.

    15  On notera à ce propos la découverte d’un raté ainsi que d’un clou de chaussure neuf dans les ensembles de clous de chaussure, sans pouvoir assurément relier ces objets au travail de l’artisan en question au regard des problèmes de taphonomie et de contextes différenciés.

    16  Son poids de 102 g est en effet trop important pour les balles de fronde qui varient entre 20 et 60 g, avec quelques exceptions au Bas-Empire à plus de 100 g. Les quelques vestiges de cette période sur le site laissent néanmoins cette interprétation envisageable.

    17  Ce type de clou-rivet est caractéristique des clous servant à assembler l’umbo et le manipule des boucliers. En l’occurrence, il fait partie d’un assemblage liant une planche d’une épaisseur trop grande pour lui attribuer cette fonction.

    18  Sujet d’un mémoire de Master, soutenu par l’auteur de cette notice en 2010 à l’Université Jean Moulin-Lyon III, sous la direction de B. Cabouret et M. Poux.

    19  Merci à Madame Jody Joy, responsable du département de Préhistoire et Protohistoire du British Museum, pour ces précieuses informations sur les bagues coudées britanniques.

    20  Une petite anse ronde en verre incolore, une anse à section circulaire, une à doubles boudins et deux plates, toutes en verre naturel.

    21  Le contexte local du bassin clermontois ne fait pas exception. Ces rondelles sont présentes sur les sites de Clermont-Ferrand : le Pâtural, Gandaillat, Le Brezet et Gondole (Deberge et al., 2007 ; Deberge, Vermeulen, Collis, 2007 ; Poux, Vernet, 2001 ; Deberge, Blondel, Loughton, 2007).

    22  À mentionner aussi, dans un contexte plus ancien, « l’autel des cendres » de Gaujac (fin ve s. av. J.-C.) (Charmasson, 1986) ou plus tardif, le sanctuaire gallo-romain de Genainville (Mitard, 1993).

    23  Cette catégorie de mobilier a déjà fait l’objet d’une étude spécifique, parue dans le cadre de la SFECAG (Guichon, 2006). Pour la présente synthèse, vingt-six objets issus de la campagne 2005 ont été intégrés au corpus et les hypothèses interprétatives retravaillées (voir infra et chap. VII, p. 591- 609).

    24  Certaines rondelles en céramique campanienne ont été traitées de manière similaire sur l’oppidum des Castels à Nages (Gard) : vernis gratté sur une face, ou vernis préservé sur une face et sur le pourtour seulement de l’autre face (Py, 1978, p. 296- 297).

    25  Vingt-deux exemplaires, également en céramique laténienne, proviennent des remblais tardifs de la branche nord du péribole (phase « gallo-romaine » du site) et peuvent être considérés comme du mobilier résiduel également lié aux couches sous-jacentes de l’état 2.

    26  En s’efforçant de ne pas créer de regroupements ou d’alignements artificiels lorsque beaucoup d’exemplaires provenaient de la même zone (structure sur poteaux D, branche occidentale de l’enclos A, tranchée de clôture extérieure, entrée).

    27  Les qualités fonctionnelles de ces objets sont traitées dans le chapitre VII, p. 591-609.

    28  Contexte 12068/12074 = comblement supérieur du fossé : 125 rondelles ; 826 tessons non travaillés.

    29  Un exemple cité dans Benoît, 1956, p. 23 ; ou encore cinq rondelles en amphore trouvées dans un puits rituel de Vieille-Toulouse : elles correspondent assurément aux cinq amphores décolletées situées dans les niveaux supérieurs du même puits. À noter que J. Fouet signale une autre rondelle, plus petite (moins de 3 cm), en céramique commune grise : avait-elle une fonction différente des cinq « bouchons » ? (Fouet, 1958, p. 120-121 et 136).

    30  Voir H. Wendling (2009) pour ces questions de rondelles percées.

    31  Voir également Z. Castro Curel (1978) pour les sites de l’âge du Fer de Catalogne espagnole (iiie - ier s. av. J.-C.), qui ont livré de nombreuses rondelles en céramique (notamment le Mas Castellar, 380 exemplaires dans trois silos contigus) : l’auteur évoque les fonctions de bouchons, de jetons de vote ou de comptabilité, mais retient finalement celle de pesons de métiers à tisser.

    32  Sites de Nages (Py, 1978, p. 296-297) notamment, ou l’« autel des cendres » de Gaujac (Charmasson, 1986) qui a livré des rondelles perforées et des fusaïoles typiques, seuls vestiges à caractère artisanal de cette aire cultuelle vierge d’implantation domestique. Dans ce cas, un détournement de l’usage premier des fusaïoles est d’ailleurs probable (rites divinatoires, actes civiques…). Voir chap. VII, p. 605.

    33  Près d’un quart des intailles connues dans l’Empire sont gravées dans cette pierre (Guiraud, 1988, p. 26-27).

    34  À titre d’exemple, les nécropoles de Champagne (Stead et al., 2006) et du plateau suisse (Kaenel, 1990).

    35  Voir les nécropoles de Champagne (Rozoy, 1987) ou celles du plateau suisse (Kaenel, 1990).

    36  Concernant la technique de fabrication dite « découpe au tour », voir Minni, 2008, p. 17-18.

    37  Ce procédé est illustré par l’objet (pl. 2, n° 10) cassé lors de la découpe du contour extérieur des perles autour de perforations destinées à en être l’œil.

    38  Pour l’étude spécifique du centre et de l’est de la France, voir Alonso, 2006 ; pour une sélection de parallèles à échelle européenne, voir Schenk, 2008, p. 187.

    39  La seconde possibilité recoupe les pièces taillées dans les bois dits « de massacre », c’est-à-dire prélevées à la scie sur un animal abattu et qui s’oppose aux bois tombés naturellement et recueillis.

    40  Pour la méthode de fabrication, voir Alonso, 2006.

    41  Voir par exemple le sanglier en rond de bosse ou la crête de l’enseigne provenant de l’oppidum de Corent.

    42  Elles représentent ainsi 56 % du corpus d’épingles d’Avenches (Schenk, 2008, p. 26).

    43  Une grande variété de formes d’oiseaux est bien connue (Rouvier-Jeanlin, 1972, nos 1121-1266).

    44  À titre d’exemple : Levroux (Buchsenschutz, Colin et al., 2000), Roanne (Lavendhomme, Guichard, 1997) et le Pâtural à Clermont-Ferrand (Deberge et al., 2007).

    45  Bourgeois, 1999, p. 126. L’auteur s’appuie sur la présence de « perles en céramique » – en tous points semblables à celles de Corent – retrouvées portées au poignet dans une tombe féminine en Champagne (Rozoy, 1987, p. 298-299, tombe Ro 60A). Une interprétation d’élément de parure à également été donnée à un objet similaire à Roanne (Lavendhomme, Guichard, 1997, p. 216).

    46  Voir, à titre d’exemple, la poudre d’hématite retrouvée en contexte d’atelier de potier à Gondole (Deberge et al., 2007, p. 141).

    47  Version française d’un rapport d’étude en anglais remis en 2005 (traduction M. Poux), qui prend en compte le mobilier amphorique recueilli la même année dans les niveaux d’épandage sous-jacents à l’édifice cultuel à galerie périphérique romain (structure D). Il ne considère pas les modifications apportées dès 2002 à la chronologie de l’oppidum, et de l’épandage de 1992 en particulier, qui remettent fortement en cause la validité des datations proposées. Les nets points de divergence qui opposent les opinions exprimées par l’auteur et les résultats exposés dans ce volume sont signalés en note de bas de page (N.d.T.).

    48  N.d.T. : cette estimation a minima ne tient pas compte de l’abondant mobilier recueilli au cours de la campagne 2003, qui n’a pas été enregistré. En ajoutant ces 14397 tessons non comptabilisés et en tenant compte des différents groupes de pâte en présence (étude en cours), l’effectif global des amphores recueillies dans l’enceinte du sanctuaire apparaît bien supérieur ; voir sur ce point infra, chap. VI, p. 507-511.

    49  N.d.T. : affirmation fondée sur un nombre de cas non quantifiés ni localisés, en contradiction avec les données taphonomiques exposées au chap. VI (infra, p. 507-511) et la rareté des recollages inter-horizons observés à partir des autres catégories céramiques. Les liaisons indiquées, à titre d’exemple, au sujet de l’amphore de Brindes, ne concernent que les contextes constitutifs de l’état 2 et les niveaux supérieurs du fossé. Elles ne remettent pas en cause l’homogénéité des deux horizons définis sur la base de l’étude stratigraphique (états 1 et 2).

    50  L’étude étant insuffisamment détaillée en ce qui concerne les critères techniques enregistrés dans les inventaires à disposition, ces effectifs ne seront pas retenus au niveau des analyses d’évolution technique du corpus ; le classement catégoriel est en revanche tout à fait valide et compatible avec la nomenclature retenue dans cette étude. Les dessins sont présentés sur six planches distinctes (Pl. 37 à 42).

    51  Déduction faite des lots provenant de contextes perturbés ou mal phasés.

    52  Cette étude s’inscrit dans la perspective d’un travail d’analyse exhaustive du mobilier céramique du site de Corent, qui prendra également en compte l’intégralité des ensembles livrés depuis 2005 par la fouille des quartiers environnant le sanctuaire (R. Lauranson, thèse de Doctorat en cours, Université Lyon 2, sous la direction de M. Poux).

    53  Moyenne établie à partir des ensembles fouillés au cours de la campagne de 2008 (cf. Lauranson, 2008 et 2009).

    54  La nature accidentelle (inclusion) ou intentionnelle (ajout de dégraissant) de cette présence, à déterminer d’après des études approfondies, n’entre pas ici en ligne de compte.

    55  De fait, la distinction de ce mode de façonnage, seulement décelable sur une partie des fragments, souffre mécaniquement d’un biais statistique en nombre de restes (NR). La part de ce mode de façonnage ne peut être pertinente qu’exprimée en nombre minimum d’individus (NMI) et il convient de garder à l’esprit que le NR des céramiques non-tournées inclut des récipients finis au tour.

    56  Une frange de pâte carburée est toutefois visible dans certains cas, contrastant nettement avec le reste de la pâte.

    57  Cf. par exemple, au sein des lots issus de la portion ouest de la branche nord, le remontage partiel d’un vase néolithique à oreilles et fond bombé, à partir de treize tessons peu fragmentés, qui trahit manifestement plus un excès de zèle au curage d’un bord de fossé qu’une réelle présence résiduelle.

    58  À l’exemple de la fosse 18098, ensemble homogène datable de La Tène D1b, où les importations totalisent 8 % du NR et 13 % du NMI.

    59  Nous considérons qu’un crâne est complet lorsque la boite crânienne est préservée, c’est-à-dire lorsque les pariétaux, les frontaux et la partie occipitale (lorsqu’elle n’a pas été découpée) sont connectés.

    60  Les nombreuses dents isolées (N = 115), qui n’ont pas été prises en compte ici, représentent 32 % du nombre total de restes de caprinés de l’enclos.

    61  L’ours et le lynx, qui pourraient également compléter le tableau des grands mammifères chasseurs d’auvergne, demeurent absents de la documentation archéologique pour cette période, mais leur présence à l’époque est des plus probable.

    62  À propos du chasseur Lamet (Indochine), cf. A. Testart (2006).

    63  Le corbeau y est fréquemment associé à la guerre ou à la mort. Il revêt une symbolique complexe, portant la double image de la mort et de la renaissance. Animal affecté au registre de la magie, il a également un pouvoir de prédiction. Récurrent dans l’imagerie celtique, il accompagne plusieurs divinités (Green, 1989).

    64  Un tamisage systématique de la zone ainsi que des prélèvements ont permis de récolter les plus petits éléments qui composent ces espèces, comme les dents ou les phalanges, dont la taille est inférieure au millimètre.

    65  Photo et dessins P. Courtaud. Schéma de conservation E. Rousseau

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    Demierre, M., Blondel, F., Garcia, M., Richard, A., Duchamp, H., Colombier, A., … Sylvestre, R. (2015). Chapitre V. Le mobilier. In M. Poux & M. Demierre (éds.), Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne). Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.46815
    Demierre, Matthieu, François Blondel, Magali Garcia, Adeline Richard, Hélène Duchamp, Aline Colombier, Alexandre Michel, et al. « Chapitre V. Le mobilier ». In Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne), édité par Matthieu Poux et Matthieu Demierre. Paris: CNRS Éditions, 2015. doi:10.4000/books.editionscnrs.46815.
    Demierre, Matthieu, et al. « Chapitre V. Le mobilier ». Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne), édité par Matthieu Poux et Matthieu Demierre, CNRS Éditions, 2015, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.46815.

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    Poux, M., & Demierre, M. (éds.). (2015). Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne). Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.46720
    Poux, Matthieu, et Matthieu Demierre, éd. Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne). Paris: CNRS Éditions, 2015. doi:10.4000/books.editionscnrs.46720.
    Poux, Matthieu, et Matthieu Demierre, éditeurs. Le sanctuaire de Corent (Puy-de-Dôme, Auvergne). CNRS Éditions, 2015, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.46720.
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