Préface
p. 875-882
Texte intégral
1« En avant pour la victoire de la République », déclare Jacques Duclos devant le CC du PCF, le 21 avril 19461. Son mot d’ordre illustre le foisonnement d’idées, de projets et d’événements, qui ont jalonné 1946 : année marquée par le départ du général de Gaulle, le 20 janvier, et par le retour de Léon Blum à la tête de la présidence du Conseil, dix ans après le Front populaire. Dans ses Carnets, le père fondateur du PCF donne à la fois son propre regard et celui de l’ensemble de la direction de son parti. Marcel Cachin montre, en particulier les difficultés que le tripartisme a mettre sur pied un nouveau régime républicain : par exemple, quelle sera la Constitution à faire adopter par le peuple français ?
Un commis voyageur du PCF
2Malgré ses 76 ans, Marcel Cachin reprend une activité militante assez impressionnante. Ses Carnets mettent en valeur ses nombreux voyages. S’il prend du repos en Bretagne, à Lancerf2, et dans les Alpes-Maritimes3, il est très souvent en visite dans les régions françaises. Il effectue plus de huit déplacements au cours de l’année, pendant lesquels il préside et anime de nombreux meetings : à Lyon, le 28 juillet, ou à Toulouse, le 7 septembre, où il présente la position du PCF sur le nouveau projet constitutionnel. Lors de ces réunions provinciales, il rencontre les dirigeants communistes fédéraux et est souvent reçu avec chaleur et générosité.
3Son rayonnement, c’est aussi la participation aux meetings, en région parisienne, où il anime de nombreux débats et participe aux anniversaires du mouvement ouvrier. Ainsi il est chargé par le Secrétariat du PCF de diriger les cérémonies commémoratives du 75e anniversaire de la Commune, où il rencontre, à deux reprises, les Amis de la Commune4. Marcel Cachin relate l’exemplarité de l’événement pour le mouvement ouvrier dans l’Humanité 5. Le 25 mai, lors de la diffusion du film Les lendemains qui chantent, il fait une allocution au palais de Chaillot6 et, le 30 juillet, il prononce un discours à la soirée anniversaire de la mort de Jaurès et de Guesde. Dans ce registre commémoratif, il est chargé par le Secrétariat du PCF de préparer avec Jacques Duclos l’anniversaire de 18487.
4Il quitte même le sol national à trois reprises. À la fin qu mois d’avril, il part pour Belgrade, où, le 1er mai, il plaide en faveur d’un rapprochement franco-yougoslave. À cette occasion, il déjeune avec Tito et le « président de la République, [lui] remet la décoration de l’ordre de la Fraternité. »8 En août, il traverse la Belgique et se rend à Amsterdam, et entre en relation avec les dirigeants communistes néerlandais. Enfin, le 28 septembre, il monte dans l’Orient-Express pour se rendre à Budapest9. Au Congrès du PC hongrois, il reçoit des cadeaux comme invité de prestige tout comme Staline, Dimitrov et Rakosi. A son retour il s’arrête à Vienne, qu’il décrit de manière laconique comme une « ville morte. »10
5Représentant officiel du PCF, Marcel Cachin reçoit aussi en France les délégations étrangères des partis frères (comme le PCI) ou des minorités opprimées (le Front national arménien, par exemple). poursuivant ansi ses activités de 1945, il est avide de rencontres et d’échanges sur la situation mondiale. Il ne faut pas oublier qu’il préside la commission des Affaires étrangères à la Chambre des députés11, et qu’à ce titre il aide Maurice Thorez à la mise sur pied de la section centrale de politique extérieure du CC du PCF, le 2 août12.
6C’est pourquoi ses Carnets sont précieux pour appréhender la vision communiste de cet après-guerre, où la reconstruction et les relations internationales constituent l’essentiel des débats. S’il mentionne peu l’activité de l’ONU en 1945, il répare cette omission en 1946, en soulignant à plusieurs reprises les discussions et les résolutions (en particulier, pour la question espagnole), mais aussi les traités de paix. Marcel Cachin reste cependant silencieux ou évasif sur les débuts de la guerre froide, même s’il distingue l’opposition à Churchill de Saillant, suite aux déclarations de Fulton13.
7Cette situation internationale est surtout marquée par les guerres coloniales, avec tout particulièrement les tensions en Asie : Indonésie, Inde et Indochine. Sur ce conflit indochinois, Marcel Cachin tient une position originale au sein du PCF, que révèlent ses Carnets : « En Indochine, les indigènes sont poussés par les Américains qui veulent s’installer en Indochine. Allons-nous laisser les Américains nous chasser ? »14 S’il dénonce l’impérialisme américain il est loin de prôner le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette appréhension, chargée de toute une culture républicaine coloniale, détonne cependant avec le reste des Carnets, puisqu’il souligne le juste combat d’Hô Chi Minh15. Autre contradiction, cette fois plus sensible encore, sur la question allemande : le PCF n’a pas la même vision que la diplomatie soviétique16. C’est toute la question de l’intégration du PCF à la nation française. Les Carnets de Marcel Cachin mettent aussi en relief la place du PCF au sein du tripartisme.
Le PCF, parti de gouvernement
8« Journée historique. Nous avons eu de Gaulle »17 : c’est par cette formule optimiste et de soulagement que Marcel Cachin annonce le départ du général. S’il exagère largement en attribuant au PCF seul la paternité de ce départ, il souligne l’opposition virulente au chef du gouvernement, qui s’est manifestée, depuis la fin de 194518. Cet événement et ses suites donnent au PCF une certaine satisfaction : « La formation du gouvernement est une victoire de notre Parti (éloigner de Gaulle, éviter Auriol). »19 D’ailleurs l’opposition à de Gaulle ne fait que se renforcer à la suite du discours prononcé par le général à Bayeux. Les ministres communistes n’assistent pas aux manifestations officielles du 18 juin20, jour où le siège du Parti est victime d’un attentat21. Marcel Cachin participe à cet élan antigaulliste et s’est félicité, dès janvier, de la désignation de Félix Gouin à la présidence du Conseil puisque les communistes ont fait adopter un accord entre les trois partis. Dans cette gestion des affaires au quotidien, comme le souligne Jean-Jacques Becker, « la politique que suivait le PCF depuis 1945 peut être qualifiée de gestion à caractère progressiste des affaires courantes. »22 Cependant, cette gestion débouche sur des réformes importantes de structure23, soulignées avec intérêt par Marcel Cachin, qui met en valeur, le plus souvent dans ses Carnets, l’action des ministres communistes.
9Surtout, le PCF participe activement à la renaissance de la République24, et, le 19 avril 1946, socialistes et communistes font adopter à l’Assemblée constituante leur projet constitutionnel qui est repoussé par les électeurs, lors du référendum du 5 mai. Plus de deux millions d’électeurs de gauche n’ont pas suivi les consignes de leurs partis. Cet échec marque le reflux du PCF25. Pourtant, cette déconvenue est compensée par l’accord tripartite de gouvernement, où Georges Bidault, président MRP du Conseil, accueille six ministres communistes et un compagnon de route : le PCF renforce ses positions au sein du gouvernement. Le projet suivant – qui est élaboré à partir de juillet et qui voit définitivement le jour en octobre – est un moindre mal pour Marcel Cachin, qui écrit : « La Constitution est moins bonne que celle du 5 mai mais acceptable, meilleure que [18]75. Elle est démocratique. »26 Ce projet, accepté au référendum du 13 octobre, conduit à de nouvelles élections législatives qui redonnent au PCF sa première place dans le paysage politique national. Fort de ce succès, le PCF revendique la présidence du Conseil27 et reprend l’offensive. Maurice Thorez, qui accorde entre temps une interview au Times, parle d’un passage démocratique au socialisme. Dans l’ouvrage qu’il consacre au PCF, à la Libération, Philippe Buton présente cette interview au Times comme l’adaptation du modèle de la démocratie populaire et des modalités de son instauration, et la tonalité plus nationale du PCF serait en fait une forme de double langage, dans la mesure où ce parti visait « à prendre le pouvoir en France afin d’instaurer une démocratie populaire »28. À notre sens, comme en témoignent quelques réactions dans le système communiste, cette interview traduit davantage l’intégration du PCF dans la culture politique républicaine, loin de la définition de la démocratie populaire29. Mais la candidature de Thorez échoue le 4 décembre : il obtient 259 voix alors que pour, l’investiture, il fallait 310 suffrages. Le 16 décembre, c’est le retour de Léon Blum à la tête du gouvernement.
10Le PCF, tout au long de l’année, essaie de maintenir et d’accroître son influence. Ainsi le jeu subtil des alliances, des compromis et des intransigeances scande les annotations quotidiennes de l’auteur. Il suit avec attention le rapport de force au sein de la SFIO ; dès le mois d’avril, il constate avec intérêt le poids grandissant des socialistes unitaires aux dépens des alliés privilégiés du MRP. Cependant, la victoire de Guy Mollet ne constitue pas pour le PCF une avancée suffisante. Marcel Cachin écrit : « La voix de la base [est] étouffée sous des phrases gauchistes. Il y a une poussée [à] gauche à la base. Il y a substitution de personne non de politique. Il faut une action pratique pour l’unité. La base socialiste est heurtée. Elle va agir. Il faut créer le POF. Il faut développer la lutte contre la social-démocratie. »30 L’idée d’une fusion organique n’est pas entièrement enterrée, elle est simplement réactualisée pour faire éclater la SFIO et dénoncer à la fois les droitiers et les gauchistes.
11La renaissance française et la reconstruction sont au cœur de ses Carnets. L’auteur rappelle les difficultés du ravitaillement en condamnant l’activité du ministre Henri Longchambon et en saluant celle de son successeur, Yves Farge, compagnon de route du PCF. Marcel Cachin participe aussi à la bataille de la production, il aime à rappeler que « la production est devenue un but de classe, sans oublier les revendications. »31 Lorsque la CGT se prononce, le 2 juin, pour une augmentation générale des salaires, le PC déclare qu’il soutient les justes revendications des salariés... Il est d’ailleurs intéressant de mettre en perspective le jugement sévère de Marcel Cachin sur les grèves, en particulier celle des PTT32, avec cette déclaration de juin.
12Dans ce domaine de la réorganisation du pays, la réforme de l’armée tient une place importante dans l’activité communiste, dont Marcel Cachin se fait l’écho. Il faut épurer l’armée de ses éléments vichystes et lui redonner son prestige : « il faut une armée démocratique »33, issue de la nation par la conscription. Ainsi, il est utile de limiter les dépenses pour l’armée de métier34, dénoncée comme un élément « réactionnaire », ce qui donnerait à la nouvelle armée des moyens supplémentaires. Cependant, il omet certains débats internes et les tentatives d’infiltation au sein de l’armée35.
13Annie Kriegel évoque le tournant artistique, opéré après le retour de Louis Aragon de Moscou, fondé sur une esthétique conforme au réalisme socialiste36, qui tranche avec les libertés prônées par Roger Garaudy et Pierre Hervé. Marcel Cachin reste muet sur ce débat. Il ne le perçoit pas, mais le pouvait-il ? Car la position d’Aragon reste assez marginale et, comme le souligne Marc Lazar, il faut attendre 1947 et le renvoi des ministres communistes pour enfin percevoir ce changement37.
14Marcel Cachin retrace ainsi toute la ligne politique du PCF : c’est l’intérêt principal de ses Carnets. Une telle source souligne aussi la part de l’homme.
Marcel Cachin, élu et dirigeant communiste
15Huit mois après l’élection de 1945, à la suite du rejet par référendum du projet de Constitution, Marcel Cachin se retrouve face à ses électeurs, en juin 1946. Sa candidature est ratifiée par le Secrétariat, dès le 23 avril38. Au niveau national, le MRP remporte un grand succès et devance le PCF, en obtenant 169 sièges (28,2 %). Le PCF, qui recueille 5 119 111 voix, soit 25,9 % des suffrages exprimés (20,7 % des inscrits), a 153 élus. La troisième composante du tripartisme, la SFIO, a 129 sièges (avec les apparentés soit 21,1 %). Marcel Cachin est réélu (98 866 voix sur 457 556 votants). Étant le doyen d’âge de l’Assemblée, il prononce le discours inaugural dans lequel il « exhorte les constituants à rester fidèles à l’esprit de la Résistance et à sauvegarder les libertés républicaines39 » et déclare : « Nous ne voulons pas que l’on nous accuse d’avoir effacé de nos mémoires les sacrifices sans nombre des héros de la Résistance française. »40
16Cinq mois plus tard, suite à l’adoption par le peuple français du projet de Constitution, les citoyens sont appelés à élire la première Assemblée nationale de la IVe République. Le PCF retrouve la place de premier parti de France avec 5 489 288 voix, soit 28,2 % des suffrages exprimés et 183 sièges (dont les apparentés). Marcel Cachin recueille 105 120 suffrages sur 459 292 votants. C’est encore au député de la Seine que revient la charge de prononcer le discours d’ouverture. L’orateur, « d’une éloquence spontanée et persuasive41 », insiste, dans son propos, sur le rôle du peuple qui a « sauvé l’honneur de la France dans la Résistance » et qui « sauvera définitivement la paix et la production si on ne lui conteste pas – comme on le fait trop souvent – la confiance totale qu’il mérite »42. Il échoue à l’élection à la présidence de la Chambre, battu par le candidat SFIO, Vincent Auriol.
17Directeur de l’Humanité, il continue à se rendre régulièrement au siège du quotidien communiste, où il fête ses 77 ans. Il publie de nombreux articles tout au long de l’année et quelques brochures, dont Science et religion. Comme l’a souligné Sophie Cœuré pour l’année 1945, le journal est véritablement repris en main par Georges Cogniot et Dorval43, qui présentent à chaque fois devant le BP leurs rapports d’activité44. Au cours de l’année, plusieurs réunions du BP sont consacrées à son organisation ; ainsi, le 7 janvier, le BP propose de « rechercher un rédacteur en chef adjoint, un secrétaire général et de rechercher chez les bons rédacteurs de la presse communiste ceux qui pourraient être appelés à l’Humanité »45. D’ailleurs, lors de la session du CC à Montreuil consacrée à la presse communiste, les 30 et 31 août, où il est affirmé que l’Humanité doit être « éducatrice, organisatrice, arme du PC. »46 Marcel Cachin n’intervient pas.
18Présent lors des réunions du BP et des sessions du CC, Marcel Cachin reste silencieux. Comme s’il était là, à l’écoute de ses camarades, dont il rapporte dans ses Carnets la teneur des propos47. Ce travail d’écrivain philosophe et de journaliste peut être ainsi conçu comme un moyen de conforter par écrit son idéal, la justesse de ses convictions ; écrire, c’est aussi, quelque part, peaufiner sa pensée, et c’est, sans aucun doute, un outil pour ne pas perdre confiance en soi, afin d’entretenir sa mémoire et de lutter contre le vieillissement. Marcel Cachin demeure une figure de proue du PCF, mais ne prend plus une part active aux débats internes. Ses Carnets permettent aussi d’appréhender sa vie quotidienne48. Le lecteur peut être parfois surpris par les nombreuses citations religieuses qui parsèment ses Carnets, telle « Le cercueil de Mahomet est resté suspendu entre ciel et terre. »49 mais Marcel Cachin est avant tout « un homme de tolérance surprenante. »50 D’ailleurs, cet espace de liberté met en valeur la richesse de ces écrits, où Marcel Cachin apporte son témoignage sur la période des années 1945-1946 ; années qui renouent avec Père du Front populaire mais qui n’iront pas au-delà de 1947, à cause de la guerre froide et de la création du Kominform51.
Notes de bas de page
1 CC du 21 avril 1946 à Gentilly.
2 Deux jours en mars, dix jours en juillet et huit jours en août.
3 Il prolonge, en janvier, le séjour débuté en décembre 1945 et, le 25 décembre 1946, il quitte Paris pour Cannes.
4 Les 17 et le 27 mars.
5 Dans un article intitulé « 1871 ». Cet article est réédité dans Étienne Fajon, Jean Fréville, Marcel Cachin vous parle, Paris, Éditions sociales, 1959, p. 197-198.
6 Selon les directives du secrétariat du PCF (Archives du PCF, Secrétariat du 20 mai 1946).
7 Il est entouré de différents militants répartis selon leurs spécialités : Lettres (Aragon, Cassou, Fréville, Felire, Bloch), Arts (Jourdain, Grémillon, Dacquin), Sciences (Prenant, Nicolle, Teissier, Chapelan) et Philosophes (Maublanc, Wallon, Bayet. Cain, Garaudy) (Archives du PCF, Secrétariat du 30 décembre 1946).
8 Carnets, 2 mai 1946.
9 Il souligne la durée du voyage : quarante-huit heures (Carnets, 29 septembre).
10 Carnets 2 octobre.
11 Il est réélu à ce poste, le 20 décembre 1946.
12 La « pol-ex » dans le vocabulaire communiste (Archives du PCF, Secrétariat du 2 août 1946).
13 Il mentionne aussi l’attitude hostile des républicains américains à l’égard des Soviétiques, lors de la campagne des élections présidentielles.
14 Carnets, 6 février 1946.
15 N’avait-il pas été rappelé à l’ordre par le secrétariat du PCF, le 3 juillet, pour ne pas avoir publié le discours d’Hô Chi Minh ? (Archives du PCF, 3 juillet 1946).
16 Carnets 27 juillet. Voir infra la note qui accompagne cette affirmation de Cachin.
17 Carnets, 20 janvier. Il minimise ainsi le choix du général et l’action des socialistes avec le mouvement revendicatif des fonctionnaires, et leur position offensive sur les crédits militaires.
18 Voir, en particulier, Marc Lazar, Stéphane Courtois, Histoire du PCF, Paris, PUF, 1995, p. 222-224.
19 Selon le compte rendu de la réunion du secrétariat du 28 janvier 1946. (Archives du PCF...). La composition du gouvernement avait été acceptée lors de la réunion du BP, le 24 janvier.
20 Directive du secrétariat du PCF (Archives du PCF, Secrétariat du 17 juin 1946).
21 Le PCF réagit en organisant une grande manifestation antifasciste, le 21 juin, devant son siège.
22 Jean-Jacques Becker, Le parti communiste veut-il prendre le pouvoir ? La stratégie du PCF, de 1930 à nos jours, Paris, Seuil, 1981, p. 197.
23 Il ne faut pas oublier le rôle des ministres communistes dans l’élaboration du statut de la fonction publique, des nationalisations, de la Sécurité sociale, ...
24 Voir, en particulier, l’étude de Serge Wolikow « Les communistes et 1793 : de la culture politique à la prospective constitutionnelle 1945-1946 », Colloque sur « la Constitution du 24 juin 1793. L’utopie dans le droit public ? », Université de Bourgogne, faculté de droit et de science politique, 16 et 17 septembre 1993 (actes à paraître).
25 Voir Philippe Buton, Les lendemains qui déchantent. Le PCF à la Libération, Paris, Presses de la FNSP, 1993, p. 224-233. L’auteur analyse la « Conquête et la désillusion » du PCF au cours de l’année 1946.
26 Carnets, 4 octobre.
27 Voir Carnets, 25 novembre.
28 Philippe Buton, op. cit., p. 255-256.
29 Philippe Buton op. cit., p. 251-252. À l’inverse, voir la réaction de l’Unita elle-même, l’organe du PC italien, le 17 novembre 1946, et surtout les articles signés Alexandrov dans la Pravda des 5 et 6 décembre (« Dans le cadre de la démocratie bourgeoise, le peuple ne peut jamais avoir d’influence décisive sur la direction des affaires de l’État »).
30 Carnets, 4 septembre.
31 Carnets, 2 mars. Marcel Cachin évoque même à plusieurs reprises la prime au rendement !
32 Voir Carnets, 8 août.
33 Carnets, 2 août.
34 Voire la liquider, Carnets 25 janvier.
35 Voir les rapports présentés, en particulier par Joinville, devant le Secrétariat et le Bureau politique (Archives du PCF).
36 Annie Kriegel, « Le PCF en 1946 : le tournant s’esquisse mais n’est pas perçu », Relations internationales, n° 47, 1986, p. 381-389.
37 C’est au XIe Congrès, en juin 1947, que le PCF adopte une ligne plus rigide à l’égard des intellectuels. Marc Lazar, Maisons rouges. Les partis communistes français et italien de la Libération à nos jours, Paris, Aubier, 1992, p. 60-61.
38 Annexe au compte-rendu de la réunion du Secrétariat : élections à l’Assemblée nationale. Sont ratifiées les candidatures suivantes pour la Seine (2e secteur) : Cachin Marcel, Vermeersch Jeannette, Wallon Henri, Arnould Roger, Auguet Gaston, Delon Pierre, Dumont Yvonne, Millet Louis, Chaussinand Lucienne, Turpin Louis, Ouzoulias André, Denis Camille. (Archives du PCF, Secrétariat du 23 avril 1946).
39 Titre de la Terre, n° 89, du 13 au 19 juin 1946.
40 JO des débats parlementaires, 11 juin 1946.
41 Étienne Fajon, Jean Fréville, op. cit., p. 10.
42 Extraits du discours publié par l’Humanité du 29 novembre 1946.
43 La direction du PCF désigne le nouveau conseil d’administration de l’Humanité : Président : Cachin ; Directeur général : Dorval ; membres : Marty, Rochet, Dupuy, Cogniot, Midol, Henaff, Dutilleul, Berlioz, Gourdeaux. Renoult, Jegou. Commissaires aux comptes : Petit, Lozeray (Archives du PCF, Secrétariat du 28 mai 1945).
44 Archives du PCF, BP du 21 novembre 1946 (par exemple).
45 Archives du PCF, BP du 7 janvier 1946.
46 Carnets, 30 août.
47 Source utile à comparer avec les Archives du PCF, maintenant ouvertes au chercheur.
48 Il est émerveillé par la neige..., Carnets, 1er mars.
49 Carnets, 24 mai.
50 Philippe Robrieux, Histoire intérieure du PCF, tome 4, Paris, Fayard, 1984, p. 121. L’auteur cite à ce propos une phrase antérieure des Carnets de Marcel Cachin : « Pourquoi voulez-vous qu’étant incroyant je déteste les religions et les croyances ? »
51 Voir Roger Martelli, Le rouge et le Bleu. Essai sur le communisme dans l’histoire française, Paris, Les Éditions de l’atelier, 1995, p. 133-138.
Auteur
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Jean Vigreux
Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Bourgogne.
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