Éléments de chronologie
p. 389-394
Texte intégral
Dynastie Balšić, princes de Zeta (vers 1360-1421) : Balša Ier (vers 1360-vers 1368) ; règnent conjointement les trois fils de Balsa Ier : Stracimir (vers 1368- 1373), Georges Ier (vers 1373-1378), Balsa II (vers 1368-1385), puis Georges II (1385-1403, fils de Stracimir et époux d’Hélène, fille du prince Lazar Hrebeljanović de Serbie), Balsa III (1403-1421, fils cadet de Georges II). La dynastie Balšić s’éteint avec Balsa III, qui meurt à la cour de Serbie, où il avait été invité par le despote Étienne IX. Son conseiller Étienne, à qui il a confié la régence avant son départ, va lui succéder en 1426 : or, c’est précisément Étienne qui inaugure la dynastie Crnojević.
28 juin 1389 : bataille historique entre les Serbes et les Turcs, dans la plaine de Kosovo polje (« Champ des merles »), non loin de l’actuelle Pristina, au Kosovo.
fin XIVe siècle : apparition de l’appellation « Monténégro » (traduction littérale de : Crna Gora = Montagne noire).
Dynastie Crnojević, princes de Zeta (1426-1499), première grande force unificatrice du Monténégro : Étienne Ier (1426-1465, dont la femme Maria était la fille d’Ivan Castriota, lequel était aussi le père du héros albanais Sander-Beg, dit Georges Castriota), Ivan le Noir (1465-1490, fils d’Étienne Ier), Georges IV (1490-1496, fils d’Ivan), Étienne II (1498-1499, cousin germain de Georges IV).
1648 : après une longue période assez trouble, les Monténégrins demandent la protection de la Sérénissime République de Venise.
1654-1669 : les Monténégrins participent à la guerre de Candie (Crète) aux côtés des Vénitiens contre les Turcs.
1685-1699 : les Monténégrins participent à la guerre de Morée aux côté des Vénitiens contre les Turcs.
Période des « vladika [évêques] élus » publiquement par une assemblée populaire (1499-1597). Pendant une centaine d’années, les vladika monténégrins jouent un rôle social important qui permet aux différentes composantes de la petite communauté perdue dans ses montagnes de vivre dans une sorte de quasi-autonomie. Avec l’élection de Danilo PetroviĆ Njegoš, en 1597, commence une ère nouvelle.
L’ère des « vladika [évêques] héréditaires » (d’oncle à neveu) de la dynastie Petrović Njegoš (1697-1851) et des « guvernadur » (lire : « gouvernadours », à savoir « gouverneur civil », ayant notamment la charge des affaires de la guerre ; inaugurée par Danilo PetroviĆ Njegoš, cette institution perdurera 114 ans et sera supprimée sous Pierre II, en 1830). Les vladika : Danilo (1670-1735, de 1697 à 1735), Sava (1700-1781, premier gouvernement de 1735 à 1750), Vasilije (1709-1766, de 1750 à 1766), intermède (hors dynastie petrovićienne) de l’aventurier (qui a voulu se faire passer pour Pierre III de Russie) Šcepan Mali (Étienne le Petit, ? -1733, de 1767 à 1773), Sava (second gouvernement, de 1773 à 1781), Petar (Pierre) Ier (1747-1830, de 1781 à 1830), Petar (Pierre) II dit simplement Njegoš (1813-1851, de 1830 à 1851).
Principauté héréditaire laïque de « Crna gora [Monténégro] et de Brda » sous la dynastie Petrović Njegoš (1851-1910), instituée par le successeur de Njegoš qui, en renonçant à exercer la charge de vladika, inaugure la principauté héréditaire laïque : Danilo Ier (1826-1860, de 1851 à 1860), Nicolas (1841-1921, prince de 1860 à 1910).
3 mars 1878 (traité de San Stefano), et 13 juillet 1878 (congrès de Berlin) : consacration internationale de l’indépendance du Monténégro.
24 octobre 1896 : mariage du prince de Naples, Victor-Emmanuel de Savoia, et de la princesse monténégrine Jelena (Éléna) Petrović Njegoš.
30 juillet 1900 : accession au trône d’Italie de Victor-Emmanuel III. Éléna Petrović Njegoš Savoia devient reine d’Italie.
Royaume de Crna gora (Monténégro) sous la dynastie Petrović Njegoš (1910-1918), institué par le dernier prince, Nicolas, qui va s’appeller : Nicolas Ier (du 28 août 1910 au 26 novembre 1918).
26 novembre 1918 : déchéance de la dynastie Petrović Njegoš, par une Assemblée nationale monténégrine réunie à Podgorica (Monténégro), et fusion avec le royaume de Serbie qui est en train de vivre ses dernières heures.
21 mars 1921 : mort du roi déchu du Monténégro, Nicolas Ier, au Cap d’Antibes, en France.
1er décembre 1948 : institution du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes.
3 octobre 1929 : le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes est rebaptisé royaume de Yougoslavie. Institution de neuf Banovines, dont celle de Zeta (incluant le Monténégro et la totalité de la région des Bouches de Kotor).
26 août 1939 : réaménagement territorial du royaume de Yougoslavie et institution de la Banovine autonome de Croatie. La banovine de Zeta subit d’importantes transformation et elle perd notamment l’entrée nord du golfe des Bouches de Kotor (presqu’île de Prevlaka) qui est attribuée à la Banovine autonome de Croatie.
6 avril 1941 : attaque surprise contre le royaume de Yougoslavie, suivie de l’invasion et du partage du territoire entre les puissances de l’Axe. Le 10 avril est proclamé l’État indépendant de Croatie.
15 avril 1941 : le jeune roi de Yougoslavie s’envole vers un exil sans retour, depuis l’aéroport de Nikšić (Monténégro).
17 avril 1941 : après être pénétrée au Monténégro par le nord-ouest de la frontière albanaise (la région de Skadar), l’armée italienne entre dans Cetinje (la capitale du pays), et dans Kotor (le chef-lieu des Bouches de Kotor), accompagnée du Comité de libération du Monténégro collaborationniste constitué à Tirana, en Albanie, dans le but de rétablir le royaume du Monténégro sous la dynastie Petrović Njegoš.
24 avril 1941 : institution purement formelle du Comité administratif provisoire.
28 avril 1941 : mise en place du Commissariat civil pour le Monténégro, sous l’autorité du Commissaire Sérafino Mazzolini, qui entre en fonction le 29.
16 mai 1941 : Victor-Emmanuel III se rend, en visite privée, dans la capitale monténégrine, Cetinje.
18 mai 1941 : établissement de la « Provincia di Cattaro » (province de Kotor), annexée au royaume d’Italie. Elle est une des trois nouvelles provinces italiennes qui composent le « Governatorato » de Dalmatie (décret royal du même jour). Elle est régie par un préfet.
20 mai 1941 : désignation du diplomate Carlo Umiltà comme Commissaire du Commissariat civil du Kosovo et du Dibrano.
22 mai 1941 : le Commissariat civil pour le Monténégro est transformé en Haut commissariat civil pour le Monténégro, sous la responsabilité du haut Commissaire Sérafino Mazzolini.
4 juin 1941 : lettre du prince Michel Petrović Njegoš, héritier de la dynastie monténégrine déchue le 26 novembre 1918, adressée à sa tante Éléna, reine d’Italie, expliquant les raisons de son refus de ceindre la couronne de son pays, qui lui est offerte par l’occupant fasciste italien.
4 juillet 1941 : le GQG communiste réuni à Belgrade charge un enfant du Monténégro, Milovan Djilas, de l’organisation de l’insurrection monténégrine.
12 juillet 1941, Cetinje : « Déclaration du retour du Royaume du Monténégro », par une Assemblée collaborationniste. « Proclamation » du Comité central du Parti communiste yougoslave appelant à l’insurrection armée des « peuples de Yougoslavie : Serbes, Croates, Slovènes, Monténégrins, Macédoniens et autres...! ».
13 juillet 1941 : début de l’insurrection populaire dans l’aire monténégrine.
18 juillet 1941 : institution du commandement suprême provisoire des troupes de Libération nationale du Monténégro, des Bouches de Kotor et du Sandjak (« Privremena Vrhovna Komanda Nacionalno-oslobodilačkih Trupa Crne Gore, Boke i Sandžaka »).
26 juillet 1941 : les pleins pouvoirs militaires et civils du général d’Armée italienne, Alessandro Pirzio Biroli, et mise en place, par ce dernier, du Bureau pour les Affaires civiles du Monténégro.
10 août 1941 : lettre de la reine d’Italie qui exprime la déception que lui cause le refus du prince Michel de ceindre la couronne royale offerte par l’Italie, en réponse à la lettre écrite par son neveu, le 4 juin 1941.
3 octobre 1941 : institution du « Governatorato du Monténégro », sous l’autorité du gouverneur Alessandro Pirzio Biroli.
27 octobre 1941, Zagreb : le Poglavnik de l’État indépendant de Croatie, Ante Pavelic, et le chef du « Bureau armistice-paix » du ministère des Affaires étrangères italien, Luca Pietromarchi, paraphent le Traité des confins entre le Monténégro et la Croatie.
6 mars 1942 : accord conclu entre le « Commandement suprême des troupes italiennes du Monténégro et le Commandement des nationalistes monténégrins de Podgorica et de la vallée de la Zeta » scellant leur alliance dans la lutte contre les partisans.
juillet 1942-mai 1943 : fonctionnement du Commissariat civil pour les régions à population mixte, au Monténégro, sous l’autorité du diplomate italien Carlo Umiltà.
7 février 1943 : l’« artisan » de l’Albanie, comte Galeazzo Ciano, est destitué de sa charge de ministre des Affaires étrangères et il est nommé ambassadeur auprès du Vatican.
9 mai 1943, Cetinje : mise en circulation d’une étonnante série de dix timbres-poste d’usage courant, ayant comme illustration des scènes du poème national serbe (composé à Cetinje, en 1846, et publié à Vienne, en 1847) des Lauriers de la montagne, du prince évêque Pierre II Petrović Njegoš. Des textes sont aussi inscrits au verso. L’auteur des illustrations est le peintre Pero Poček.
15 juillet-8 septembre 1943 : la reprise en main militaire et administrative du Monténégro, avec l’aide des partis collaborateurs, étant achevée, après l’insurrection populaire du 13 juillet 1941, le drapeau de l’occupant fasciste italien flotte à nouveau sur l’ensemble du territoire.
25 juillet 1943, à Rome : arrestation de Mussolini, et nomination de Pietro Badoglio comme chef du nouveau gouvernement du royaume d’Italie.
19 août 1943 : suppression du « Governatorato » de Dalmatie et, par là même, de l’annexion à l’Italie de la « Provincia di Cattaro » instituée en 1941.
8 septembre 1943 : les Alliés annoncent au monde l’armistice concédé au royaume d’Italie. Les Allemands commencent l’occupation de l’aire monténégrine.
9-21 octobre 1944 : le gouvernement italien du Royaume du Sud envoie le sous-secrétaire d’État à la Guerre, et membre du parti communiste, Mario Palermo, en visite officielle dans les zones libérées du Monténégro.
29-30 novembre 1943, Jajce, en Bosnie : AVNOJ (« Antifašističkog VijeĆe Narodnog Oslobodjenja Jugoslavije » : Conseil antifasciste de Libération nationale de la Yougoslavie), pierre milliaire de la future Yougoslavie titiste.
13 novembre 1944 : libération de Cetinje, la capitale du Monténégro.
21 novembre 1944 : libération de Kotor, chef-lieu des Bouches de Kotor.
13 décembre 1944 : le maréchal Tito annonce que la nouvelle Yougoslavie sera une fédération composée de six républiques autonomes, dont le Monténégro.
20 décembre 1944 : libération de Podgorica.
29 novembre 1945 : proclamation de la République populaire fédérative populaire de Yougoslavie (FNRJ).
25 juillet 1946 : Podgorica devient la nouvelle capitale du Monténégro, avec l’appellation de Titograd. Le décret de loi l’établit, à titre rétroactif, à partir du 13, en souvenir du début du soulèvement populaire du 13 juillet 1941 contre l’occupant fasciste italien.
28 juillet 1974 : inauguration du mausolée voulu par Tito, en l’honneur ( !) de Njegoš, sur le sommet du mont sacré monténégrin, le Jezerski vrh (1657 m), dans le massif du Lovćen, construit d’après un ancien projet d’Ivan Meštrović, après avoir fait détruire la petite chapelle primitive, souhaitée par le prince-évêque et auteur des Lauriers de la montagne.
4 mai 1980 : mort de Tito.
2 avril 1992 : Titograd redevient Podgorica.
27 avril 1992 : naissance de la « troisième » Yougoslavie, dite République fédérale de Yougoslavie (SRJ : Savezna Republika Jugoslavje), réunissant les seules républiques de Serbie et du Monténégro.
29 décembre 1993 : Cetinje redevient officiellement (mais surtout symboliquement) la capitale du Monténégro.
19 octobre 1997 : Milo Djukanović gagne l’élection présidentielle monténégrine en battant le président sortant Momir Bulatović, soutenu par Slobodan Milošević.
24 mars 1999 : début des attaques aériennes de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie de Slobodan Milošević.
7 novembre 1999 : le mark allemand, déjà utilisé depuis plusieurs années dans le pays, devient officiellement la seconde monnaie du Monténégro.
24 septembre 2000 : premier tour des élections pour la présidence de la République fédérale de Yougoslavie gagnées par l’opposition à Slobodan Milošević. Ce dernier essaie en vain d’imposer un second tour, dans le but de se maintenir au pouvoir.
5 octobre 2000 : « Exit [Slobodan] Milošević » !
6 octobre 2000 : Vojislav Koštunica devient le nouveau président de la République fédérale de Yougoslavie.
13 novembre 2000 : abandon du dinar yougoslave et adoption du mark allemand en qualité d’unique monnaie officielle du Monténégro.
4 février 2003 : proclamation de l’État « Serbie-Monténégro ». Par cet acte, le nom de « Yougoslavie » disparaît de la géographie actuelle.
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