• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16508 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16508 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • CNRS Éditions
  • ›
  • CNRS Alpha
  • ›
  • Le Maghreb et son sud : vers des liens r...
  • ›
  • Introduction
  • CNRS Éditions
  • CNRS Éditions
    CNRS Éditions
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral La redécouverte de l’Afrique subsaharienneLa position du présent ouvrageLa mauritanie comme métaphore Notes de bas de page Auteur

    Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Introduction

    Alain Antil

    p. 9-16

    Texte intégral La redécouverte de l’Afrique subsaharienneLa position du présent ouvrageLa mauritanie comme métaphore Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    La redécouverte de l’Afrique subsaharienne

    1Dans son numéro de début novembre 2012, l’hebdomadaire casablancais Maroc Hebdo1 exhibait en couverture le visage d’un jeune Subsaharien en gros plan, accompagné d’un titre (« Le péril noir ») et de sous-titres2 accrocheurs alors même que le dossier, rédigé par le journaliste Abdelhak Najib, était plutôt descriptif et équilibré. Cette couverture a suscité de nombreux débats dans les médias nationaux, certains soulignant que l’on ne peut à la fois dénoncer la dérive du discours de certains politiciens et médias européens sur les questions migratoires et reprendre ce même discours au Maroc.

    2Au-delà de l’anecdote, cette couverture témoigne du fait que l’immigration subsaharienne fait aujourd’hui débat dans la société marocaine. Le passage ou l’installation de migrants subsahariens sur le territoire marocain n’est pas un phénomène nouveau, mais il a acquis une réelle visibilité médiatique lors des événements de Ceuta et Melilla en 2005. Alors que les autorités des enclaves espagnoles réalisaient depuis plusieurs semaines des travaux d’élévation et de renforcement du mur les séparant du territoire marocain afin d’empêcher les candidats à l’émigration de le franchir, plusieurs centaines de migrants, originaires pour la plupart du sud du Sahara, ont essayé de l’escalader avec des échelles fabriquées à la hâte.

    3Les autorités espagnoles et marocaines réprimèrent très violemment ces tentatives de passage en force sur le territoire européen, faisant plusieurs morts. Les forces marocaines, notamment, ont chassé des collines environnantes des centaines de candidats à l’émigration et reconduit certains d’entre eux à la frontière du Royaume, parfois dans des conditions pénibles. Au-delà de son caractère éminemment dramatique et médiatique, cet événement a revêtu une puissante charge symbolique aux yeux de l’opinion publique marocaine. Ainsi, l’Europe, avec sa nouvelle politique migratoire, demandait aux pays maghrébins de réguler les flux de migrants, autrement dit de faire la police à ses frontières sud. L’opinion publique marocaine trouva injuste que les services de sécurité du Royaume soient critiqués pour leur sévérité alors que l’Algérie et la Mauritanie ne faisaient pas grand-chose pour empêcher les candidats à l’émigration de pénétrer sur le territoire marocain. Elle prit également conscience que le Maroc n’était plus seulement un pays de départ ou de transit de migrants, mais également une terre d’accueil pour ces derniers car un nombre de plus en plus élevé de Subsahariens résidait durablement dans le pays. Le Maroc, qui connaît par ailleurs un développement économique rapide, est ainsi devenu la destination finale de projets de migration, ou bien un territoire de transit de longue durée, puis d’établissement durable, pour un certain nombre de migrants qui visaient initialement le continent européen. Petit à petit, dans certaines grandes villes marocaines (Rabat, Casablanca, Tanger), comme le montre Michel Peraldi dans cet ouvrage, des quartiers s’africanisent, certains petits métiers des villes sont exercés par des Subsahariens. D’autres secteurs, comme le bâtiment, ont également recours à cette main-d’œuvre. L’insertion de ces migrants dans la société marocaine ne se fait pas sans heurt, comme l’ont montré plusieurs épisodes violents durant l’année 2012, notamment dans le quartier Takadoum de Rabat.

    4Loin d’être une exclusivité marocaine, la présence de migrants subsahariens est aujourd’hui une question de société dans chacun des pays du Maghreb. On se souvient que la Libye, qui accueillait une très importante communauté de travailleurs subsahariens, a été le théâtre, bien avant la véritable « chasse aux Noirs » observée pendant la guerre civile libyenne de 2011, d’actes de violence à l’encontre des migrants, notamment en octobre 2000 (130 personnes avaient trouvé la mort)3. Bien évidemment, ni le sort des populations africaines au Maghreb ni a fortiori la relation entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne ne se résument à ces tensions. Mais ces épisodes ont été l’occasion, pour les sociétés maghrébines, de découvrir leurs voisins du Sud. L’accueil, la découverte, la prise de conscience d’une altérité africaine s’accompagnent de phénomènes de fascination et de rejet.

    5La relative méconnaissance des populations maghrébines à l’égard de l’Afrique subsaharienne tranche toutefois singulièrement avec les visions stratégiques des États. En raison de la désunion de l’Union du Maghreb arabe (UMA), des pays qui, pris isolément, peinent à peser sur la scène méditerranéenne ou arabe, voient dans le sud du Sahara un espace stratégique de déploiement de la diplomatie d’influence. Ainsi, Mouammar Kadhafi avait renoncé à son ambition panarabe et avait beaucoup investi, financièrement (via notamment le fonds d’investissement Libya Africa Investment Portfolio) et diplomatiquement (création de la Communauté des états sahélo-sahariens [CEN-SAD]), dans le rayonnement de son pays sur le reste du continent. Le Guide de la Jamahiriya allait même être élu, début 2009, président de l’Union africaine (UA) pour une année. Fidèle à sa légendaire modestie, il s’octroya à cette occasion le titre de « roi des rois traditionnels d’Afrique ». L’Algérie, pour sa part, déploie son influence à travers les instances de l’UA et la construction de liens stratégiques avec certaines puissances clés de l’Afrique subsaharienne comme la République sud-africaine, mais aussi, plus régionalement, en tentant de développer un lien plus fort avec son voisinage sud à travers le Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC)4. Le Maroc, quant à lui, a noué des liens très étroits avec les pays africains francophones. Cette politique africaine dynamique est censée pallier l’absence du royaume chérifien des instances de l’UA5 et permettre à Rabat d’avoir des alliés sur le continent. Elle lui permet également de se ménager une alliance au sud de son territoire, par ailleurs entouré de pays avec lesquels il entretient une relation compliquée : l’Espagne au nord et l’Algérie à l’est. Dans ce contexte, le réchauffement des relations avec la République islamique de Mauritanie depuis le début des années 2000 est l’une des grandes réussites de la diplomatie marocaine.

    6Dans leurs discours ou lors de leurs visites officielles dans les pays d’Afrique, les chefs d’État maghrébins insistent souvent sur l’africanité du Maghreb, la « nécessaire union du continent », la lutte contre la « balkanisation », cet héritage du « lourd passé colonial » de l’Afrique. Néanmoins, en dépit de ces discours, de cette africanité revendiquée ou instrumentalisée, force est de constater que les liens concrets entre le Maghreb et le reste du continent ne sont guère substantiels (faiblesse des échanges économiques, manque d’infrastructures de communication). Les connexions entre les deux zones restent de fait particulièrement limitées.

    La position du présent ouvrage

    7La production scientifique relative aux liens entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, étudiés par des chercheurs des deux horizons6, n’est pas très étendue. Nous n’avons pas l’ambition de dresser ici la liste exhaustive des ouvrages parus sur le sujet mais seulement d’évoquer quelques-unes des publications les plus marquantes pour expliquer le positionnement de notre livre.

    8En 1980, Slimane Chikh coordonne l’ouvrage collectif Le Maghreb et l’Afrique subsaharienne7, qui fait le point sur les relations diplomatiques et économiques qu’entretient chacun des pays du Maghreb avec l’Afrique subsaharienne, dans une approche résolument axée sur les relations internationales et favorisant des entrées par pays. Cet ouvrage est évidemment marqué par les contextes de décolonisation, de construction de l’unité africaine et par les clivages liés à la guerre froide, qui incitent alors les pays du Maghreb à s’insérer dans différents « groupes » (groupe de Casablanca, groupe de Brazzaville puis de Monrovia) et à adopter des positions pro-occidentales pour les uns, prosoviétiques pour les autres ou encore à suivre la voie des non-alignés.

    9Les autres publications que nous avons retenues sont plus récentes. Elles ont en commun, même si leurs objets respectifs diffèrent, de combattre l’idée que le Sahara est un obstacle à la circulation et au développement des échanges humains entre ses deux rives. En effet, l’histoire et l’archéologie ont apporté la preuve que le Sahara est traversé depuis un millénaire par un flux d’hommes, d’expéditions militaires (comme celle du Pacha Djouder contre l’Empire Songhay en 1591), de produits et d’idées dont il est évidemment essentiel de se souvenir. Le système caravanier transsaharien a été l’un des premiers modes de rattachement8 de l’Afrique subsaharienne à l’économie-monde. Ce commerce caravanier a contribué à l’émergence d’un chapelet de villes sahariennes et sahéliennes. Celles-ci ont également été le vecteur de la diffusion de l’islam, via notamment des confréries présentes au Maghreb (cf. la contribution de Bakary Sambe dans le présent ouvrage). Elles ont aussi été parties prenantes dans la traite esclavagiste, dont les sociétés marocaine et tunisienne, notamment, gardent des traces à travers leurs minorités noires. Ainsi se distinguent trois publications qu’il convient de signaler. Ces dernières années, deux numéros de la revue Autrepart ont partiellement traité cette thématique : « Afrique noire et monde arabe9 » et « Migrations entre les deux rives du Sahara10 ». Il faut également signaler l’ouvrage dirigé par Laurence Marfaing et Steffen Wippel11, qui rassemble les actes d’un colloque organisé par leurs soins.

    10Ces trois publications, dont la plus récente a bientôt huit ans, sont certes de grande qualité, mais nous souhaitions nous éloigner de leur approche générale de deux manières. D’une part, nous ne voulions pas que notre ouvrage traite exclusivement des questions transsahariennes et qu’il se résume aux liens entre pays maghrébins et quelques pays (sahéliens) d’Afrique de l’Ouest. D’autre part, nous souhaitions également nous éloigner quelque peu d’une tendance qui, à trop se focaliser sur les échanges entre les deux rives du Sahara et sur l’entrelacs d’influences entre les deux zones, en vient à oublier que le Maghreb et l’Afrique subsaharienne sont en réalité assez peu connectés et que leurs échanges demeurent finalement très faibles. En effet, les sociétés maghrébines tournent le dos à ce continent car leurs regards se portent vers d’autres horizons. En réponse au scepticisme que pourrait susciter cette affirmation quelque peu abrupte, demandons-nous si le niveau actuel des échanges entre les deux régions induit une transformation de l’une ou l’autre zone (économiquement, sociologiquement, idéologiquement). Si l’on excepte les septentrions de quelques pays sahéliens (l’effondrement libyen et ses conséquences, la présence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique [AQMI] au Sahel), on ne peut que répondre par la négative. Prenons l’exemple de la diffusion des courants de l’islam en Afrique de l’Ouest : si, au cours des siècles passés, le Maghreb a joué un rôle de premier plan en la matière, ce n’est plus le cas aujourd’hui, même si des liens vivaces, illustrés notamment par la Tidjaniya, sont toujours actifs. Les centres d’impulsion de ces courants religieux internes à l’islam qui se sont installés le plus récemment en Afrique de l’Ouest ne se trouvent pas au Maghreb. De même, le Printemps arabe qui a déferlé en 2011-2012 sur toute l’Afrique du Nord, à des degrés divers, n’a entraîné aucun bouleversement politique majeur en Afrique subsaharienne, pas même dans des pays proches comme la Mauritanie12. C’est là une preuve supplémentaire de la relative déconnexion des deux zones. Bien sûr, un certain nombre d’éléments (présence de migrants subsahariens au Maghreb, nouvelles infrastructures de communications et d’échanges, impacts déjà visibles des problèmes de l’État libyen sur ses voisins du Sud, nécessité nouvelle pour les pays riverains du Sahara de coopérer dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et les flux de trafics, densification du maillage de coopérations et d’investissements…) prouvent néanmoins que des dynamiques sont à l’œuvre.

    11Notre ouvrage se situe à la croisée de ces constats et des intérêts de deux programmes de recherche de l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’un, le programme « Maghreb/Moyen-Orient », étudie depuis plusieurs années la place du Maghreb dans le monde ; l’autre, le programme « Afrique subsaharienne », s’intéresse en particulier aux politiques africaines des partenaires traditionnels et émergents du continent. Nous avons demandé à un certain nombre de spécialistes de présenter, à l’aide de synthèses très actualisées (dont l’ensemble n’aspire évidemment pas à l’exhaustivité), une vision des dynamiques actuelles les plus intéressantes. Ce livre s’inscrit résolument dans le champ des relations internationales. Ainsi, nous avons souhaité, dans une première partie, traiter des stratégies diplomatiques respectives de l’Algérie (Salim Chena) et du Maroc (Abdelaziz Barre) à l’égard du continent, ainsi que de la politique de la République sud-africaine à l’égard du Maghreb (Thierry Vircoulon), un sujet rarement abordé. Cette approche caractéristique des relations internationales se double d’une nécessaire réflexion sur les évolutions de la géopolitique saharienne à travers les cas de la Libye (Jean-Yves Moisseron et Nadia Belalimat) et du Nord-Mali (André Bourgeot). Dans une deuxième partie, nous avons voulu aborder les rapports humains, les échanges et les coopérations entre les deux zones, en nous intéressant d’abord à l’immigration subsaharienne au Maghreb (Michel Peraldi), au cas particulier des nombreux étudiants présents au Maroc (Johara Berriane), mais également au véritable choc culturel qui a secoué la société tunisienne (Stéphanie Pouessel) du fait de l’arrivée, sur son territoire, d’une présence africaine multiple mêlant clandestins, étudiants mais aussi cadres supérieurs de la Banque africaine de développement (BAD). Ces échanges humains peuvent également être importants dans le domaine religieux, comme en témoigne le rôle des réseaux d’influence tidjanes dans la relation particulière qui unit le Maroc et le Sénégal (Bakary Sambe). En revanche, les échanges commerciaux et économiques entre les deux zones demeurent particulièrement atones (Mustapha Machrafi), même s’il faut relativiser ce constat par la prise en compte de l’économie « trafiquante », qui témoigne à l’inverse d’une sorte d’intégration économique des deux zones, comme le montre, à travers le cas algérien, notre collègue et coresponsable de cet ouvrage, Mansouria Mokhefi.

    La mauritanie comme métaphore

    12Nous avons décidé de ne pas inclure la République islamique de Mauritanie dans le présent ouvrage, non que ce pays ne nous soit pas cher, mais il aurait très certainement nécessité la création d’une catégorie à part. Si elle fait partie du Maghreb de par sa riche histoire arabo-berbère (le mouvement almoravide est né sur le territoire actuel de la Mauritanie) et la volonté de ses dirigeants (le pays est membre de l’UMA mais également du dialogue 5 + 5 sur la Méditerranée), la Mauritanie n’en appartient pas moins à l’Afrique de l’Ouest. Elle a longtemps été membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et n’a quitté cette institution qu’en 2000. Une partie importante de sa population est africaine13, et les populations mauritaniennes sont très majoritairement installées le long des frontières sud du territoire et ont plus de relations avec le Mali ou le Sénégal qu’avec leurs voisins du Nord.

    13La cohabitation et les contacts entre ce que l’on appelait autrefois « l’Afrique blanche et l’Afrique noire » restent délicats depuis l’indépendance. La « question nationale » a été au centre de la vie politique mauritanienne tout au long de ces dernières décennies. Elle s’est traduite, pendant la présidence de Mokthar Ould Daddah, par la « querelle linguistique14 ». Plus tard, dans les années 1980, les tensions autour de la réforme foncière devaient déboucher sur les affrontements communautaires de 1989-1991, au cours desquels les autorités expulsèrent plus de 100 000 concitoyens négro-africains au motif qu’ils n’étaient pas mauritaniens. C’est à cette époque, sous l’ère Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, que les courants nationalistes arabes furent les plus virulents. Aujourd’hui, même après les politiques de réconciliation nationale, la reconnaissance officielle des torts causés à ces populations, la réalisation de progrès démocratiques indéniables depuis la fin de la période Taya (1984-2005), et le délicat travail de rapatriement d’une partie des expulsés, les deux communautés semblent davantage se juxtaposer que « faire société ». Les réseaux de sociabilité quotidiens de l’une et de l’autre ne se croisent pas, ou peu ; la ville de Nouakchott, loin d’être un creuset, présente aujourd’hui des ségrégations ethno-spatiales importantes15, qui sont même plus marquées que par le passé. Même lors de la contestation sociale de 2011, on a vu à Nouakchott des étudiants négro-africains et beydan manifester16 à quelques centaines de mètres de distance sans jamais se mêler les uns aux autres.

    14Pourtant, malgré ces césures palpables pour quiconque séjourne en Mauritanie, le pays, création coloniale, a développé une identité propre, un vrai sentiment d’appartenance. De nombreux partis politiques mauritaniens comptent parmi leurs rangs des membres des deux communautés, les confréries (notamment la Qadiriya et la Tidjaniya) ont joué le rôle de ciment entre les différentes parties de la société, les forces politiques les plus radicales des milieux négro-africains, comme les Forces de libération africaines de Mauritanie (FLAM), réclament une plus grande intégration des citoyens africains de Mauritanie sans pour autant développer un discours sécessionniste. Enfin, l’émergence sociale, économique et politique des Haratines, citoyens d’origine africaine mais de culture arabe, est un phénomène qui contribue à asseoir la double identité du pays. Bien sûr, il ne faut pas filer trop loin la métaphore, mais la Mauritanie, avec toutes ses contradictions, est l’un des points de rencontre de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb.

    Notes de bas de page

    1 Maroc Hebdo, no 998, du 2 au 8 novembre 2012.

    2 « Des milliers de Subsahariens clandestins au Maroc. Ils vivent de mendicité, s’adonnent au trafic de drogue et à la prostitution. Ils font l’objet de racisme et de xénophobie. Ils posent un problème humain et sécuritaire pour le pays. »

    3 Cf. J. Valluy, « Algérie, Libye, Maroc : des camps européens au Maghreb », in O. Le Cour Grandmaison, G. Lhuillier et J. Valluy (dir.), Le retour des camps ? Sangatte, Lampedusa, Guantanamo..., Paris, Autrement, 2007, p. 139-152.

    4 Sont membres du CEMOC, outre l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger.

    5 Le 12 novembre 1984, le Maroc quitte l’Organisation de l’unité africaine (OUA, ancêtre de l’UA) pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de l’organisation continentale.

    6 Spécialistes du Maghreb et africanistes ont peu l’occasion d’échanger.

    7 S. Chikh (dir.), Le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, Paris, CNRS Éditions, 1980.

    8 Au même titre que les contacts maritimes entre la péninsule arabique et l’Afrique de l’Est.

    9 Autrepart, no 16, IRD/Éditions de l’Aube, 2000.

    10 Autrepart, no 36, IRD/Éditions de l’Aube, 2005.

    11 L. Marfaing et S. Wippel (dir.), Les relations transsahariennes à l’époque contemporaine. Un espace en constante mutation, Paris/Berlin, Karthala/ZMO, 2004.

    12 A. Antil et C. Lesourd, « Une hirondelle ne fait pas le printemps. Grammaire des mobilisations sociales et politiques et retour de la question négro-mauritanienne », L’Année du Maghreb, vol. VIII, 2012, p. 407-429.

    13 Les populations africaines, ou « négro-africaines », et les Haratines (anciennes couches serviles, de culture arabe, des populations maures) sont aujourd’hui majoritaires par rapport aux populations arabo-berbères (appelées Maures, ou Beydan).

    14 Les réformes du système d’enseignement, dans lequel l’arabe et le français cohabitent, ont toujours été l’objet d’enjeux politiques. Chaque fois qu’il a été question d’introduire plus massivement l’arabe dans l’enseignement, les milieux négro-africains, plus francophones, s’y sont opposés, craignant une marginalisation politique et administrative.

    15 Cf. à ce sujet les travaux de A. Choplin, notamment Nouakchott au carrefour de la Mauritanie et du monde, Paris, Karthala, 2009.

    16 Les premiers manifestaient à l’Université et les seconds à l’Institut supérieur des études et recherches islamiques (ISERI).

    Auteur

    • Alain Antil

      Chercheur, directeur du programme « Afrique subsaharienne » de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Docteur en géographie politique, il travaille sur l’évolution politique de la Mauritanie et les questions de sécurité au Sahel-Sahara.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    L'Asie-monde

    L'Asie-monde

    Chroniques sur l'Asie et le Pacifique 2002-2011

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2011

    La Turquie au Moyen-Orient

    La Turquie au Moyen-Orient

    Le retour d’une puissance régionale ?

    Dorothée Schmid (dir.)

    2011

    The Asian side of the world

    The Asian side of the world

    Editorials on Asia and the Pacific 2002-2011

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2012

    L'Asie-Monde - II

    L'Asie-Monde - II

    Chroniques sur l'Asie et le Pacifique 2011-2013

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2015

    The Asian side of the world - II

    The Asian side of the world - II

    Chronicles of Asia and the Pacific 2011-2013

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2015

    Le Président de la Ve République et les libertés

    Le Président de la Ve République et les libertés

    Xavier Bioy, Alain Laquièze, Thierry Rambaud et al. (dir.)

    2017

    De la volatilité comme paradigme

    De la volatilité comme paradigme

    La politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l'Inde et du Pakistan dans les années 1970

    Thomas Cavanna

    2017

    L'impossible Présidence impériale

    L'impossible Présidence impériale

    Le contrôle législatif aux États-Unis

    François Vergniolle de Chantal

    2016

    La révolution néolithique dans le monde

    La révolution néolithique dans le monde

    Jean-Paul Demoule (dir.)

    2010

    Sous les images, la politique…

    Sous les images, la politique…

    Presse, cinéma, télévision, nouveaux médias (xxe-xxie siècle)

    Isabelle Veyrat-Masson, Sébastien Denis et Claire Secail (dir.)

    2014

    Pratiquer les frontières

    Pratiquer les frontières

    Jeunes migrants et descendants de migrants dans l’espace franco-maghrébin

    Françoise Lorcerie (dir.)

    2010

    Les rhétoriques de la conspiration

    Les rhétoriques de la conspiration

    Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas (dir.)

    2010

    Voir plus de livres
    1 / 12
    L'Asie-monde

    L'Asie-monde

    Chroniques sur l'Asie et le Pacifique 2002-2011

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2011

    La Turquie au Moyen-Orient

    La Turquie au Moyen-Orient

    Le retour d’une puissance régionale ?

    Dorothée Schmid (dir.)

    2011

    The Asian side of the world

    The Asian side of the world

    Editorials on Asia and the Pacific 2002-2011

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2012

    L'Asie-Monde - II

    L'Asie-Monde - II

    Chroniques sur l'Asie et le Pacifique 2011-2013

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2015

    The Asian side of the world - II

    The Asian side of the world - II

    Chronicles of Asia and the Pacific 2011-2013

    Jean-François Sabouret (dir.)

    2015

    Le Président de la Ve République et les libertés

    Le Président de la Ve République et les libertés

    Xavier Bioy, Alain Laquièze, Thierry Rambaud et al. (dir.)

    2017

    De la volatilité comme paradigme

    De la volatilité comme paradigme

    La politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l'Inde et du Pakistan dans les années 1970

    Thomas Cavanna

    2017

    L'impossible Présidence impériale

    L'impossible Présidence impériale

    Le contrôle législatif aux États-Unis

    François Vergniolle de Chantal

    2016

    La révolution néolithique dans le monde

    La révolution néolithique dans le monde

    Jean-Paul Demoule (dir.)

    2010

    Sous les images, la politique…

    Sous les images, la politique…

    Presse, cinéma, télévision, nouveaux médias (xxe-xxie siècle)

    Isabelle Veyrat-Masson, Sébastien Denis et Claire Secail (dir.)

    2014

    Pratiquer les frontières

    Pratiquer les frontières

    Jeunes migrants et descendants de migrants dans l’espace franco-maghrébin

    Françoise Lorcerie (dir.)

    2010

    Les rhétoriques de la conspiration

    Les rhétoriques de la conspiration

    Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas (dir.)

    2010

    Voir plus de chapitres

    Le Sahel : une zone grise aux portes du Maghreb

    Alain Antil

    Voir plus de chapitres

    Le Sahel : une zone grise aux portes du Maghreb

    Alain Antil

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Maroc Hebdo, no 998, du 2 au 8 novembre 2012.

    2 « Des milliers de Subsahariens clandestins au Maroc. Ils vivent de mendicité, s’adonnent au trafic de drogue et à la prostitution. Ils font l’objet de racisme et de xénophobie. Ils posent un problème humain et sécuritaire pour le pays. »

    3 Cf. J. Valluy, « Algérie, Libye, Maroc : des camps européens au Maghreb », in O. Le Cour Grandmaison, G. Lhuillier et J. Valluy (dir.), Le retour des camps ? Sangatte, Lampedusa, Guantanamo..., Paris, Autrement, 2007, p. 139-152.

    4 Sont membres du CEMOC, outre l’Algérie, la Mauritanie, le Mali et le Niger.

    5 Le 12 novembre 1984, le Maroc quitte l’Organisation de l’unité africaine (OUA, ancêtre de l’UA) pour protester contre l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de l’organisation continentale.

    6 Spécialistes du Maghreb et africanistes ont peu l’occasion d’échanger.

    7 S. Chikh (dir.), Le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, Paris, CNRS Éditions, 1980.

    8 Au même titre que les contacts maritimes entre la péninsule arabique et l’Afrique de l’Est.

    9 Autrepart, no 16, IRD/Éditions de l’Aube, 2000.

    10 Autrepart, no 36, IRD/Éditions de l’Aube, 2005.

    11 L. Marfaing et S. Wippel (dir.), Les relations transsahariennes à l’époque contemporaine. Un espace en constante mutation, Paris/Berlin, Karthala/ZMO, 2004.

    12 A. Antil et C. Lesourd, « Une hirondelle ne fait pas le printemps. Grammaire des mobilisations sociales et politiques et retour de la question négro-mauritanienne », L’Année du Maghreb, vol. VIII, 2012, p. 407-429.

    13 Les populations africaines, ou « négro-africaines », et les Haratines (anciennes couches serviles, de culture arabe, des populations maures) sont aujourd’hui majoritaires par rapport aux populations arabo-berbères (appelées Maures, ou Beydan).

    14 Les réformes du système d’enseignement, dans lequel l’arabe et le français cohabitent, ont toujours été l’objet d’enjeux politiques. Chaque fois qu’il a été question d’introduire plus massivement l’arabe dans l’enseignement, les milieux négro-africains, plus francophones, s’y sont opposés, craignant une marginalisation politique et administrative.

    15 Cf. à ce sujet les travaux de A. Choplin, notamment Nouakchott au carrefour de la Mauritanie et du monde, Paris, Karthala, 2009.

    16 Les premiers manifestaient à l’Université et les seconds à l’Institut supérieur des études et recherches islamiques (ISERI).

    Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés

    X Facebook Email

    Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Antil, A. (2012). Introduction. In M. Mokhefi & A. Antil (éds.), Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.22830
    Antil, Alain. « Introduction ». In Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés, édité par Mansouria Mokhefi et Alain Antil. Paris: CNRS Éditions, 2012. doi:10.4000/books.editionscnrs.22830.
    Antil, Alain. « Introduction ». Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés, édité par Mansouria Mokhefi et Alain Antil, CNRS Éditions, 2012, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.22830.

    Référence numérique du livre

    Format

    Mokhefi, M., & Antil, A. (éds.). (2012). Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.22812
    Mokhefi, Mansouria, et Alain Antil, éd. Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés. Paris: CNRS Éditions, 2012. doi:10.4000/books.editionscnrs.22812.
    Mokhefi, Mansouria, et Alain Antil, éditeurs. Le Maghreb et son sud : vers des liens renouvelés. CNRS Éditions, 2012, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.22812.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    CNRS Éditions

    CNRS Éditions

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • X
    • Flux RSS

    URL : http://www.cnrseditions.fr

    Email : cnrseditions@cnrseditions.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement