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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’alerte : un acte de communication spécifique Justifier la divulgation d’informations La transformation du domaine de l’alerte Une forme individuelle de prise de parole aux conséquences stratégiques Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Guerre, armées et communication

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Guerre et information : l’exemple des lanceurs d’alerte

    Sébastien Schehr

    p. 99-114

    Texte intégral Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les révélations de l’analyste Edward Snowden concernant le mode opératoire de la National Security Agency (NSA), tout comme le procès du soldat Chelsea (ex-Bradley) Manning coupable d’avoir transmis à Wikileaks des documents classifiés, n’ont pas seulement suscité débats et controverses sur le fonctionnement des services de renseignement, les opérations militaires américaines ou la surveillance globale : ils ont aussi sensibilisé le public au cas des « lanceurs d’alerte » et mis en lumière leur rôle dans des milieux professionnels où prévalent habituellement discrétion, secret et devoir de réserve. C’est à ces individus et aux pratiques qui les caractérisent que nous nous intéresserons dans le cadre de cette contribution : nous montrerons que les fuites et les révélations dont ils sont à l’origine constituent un « problème » inédit pour les organisations militaires et les services de renseignement et surtout, que celles-ci ne sont pas sans conséquences sur l’action des États en matière de « guerre de l’information ».

    2Pour ce faire, il s’agira dans un premier temps de caractériser ce phénomène en nous focalisant sur les lanceurs d’alerte issus du renseignement ou des forces armées. Nous verrons qu’en dépit des différences existant dans leurs modes opératoires, tous ont pour point commun d’avoir été les auteurs d’un acte de communication spécifique visant à alerter l’opinion publique et impliquant la révélation d’informations classifiées. Nous montrerons que ces pratiques font l’objet de définitions concurrentes – trahisons pour les uns, elles apparaissent au contraire comme des actions éthiques et responsables pour les autres –, leur qualification étant source de rapports de force entre les diverses parties prenantes. Il s’agira ensuite de se pencher sur les conséquences sociales et stratégiques des alertes et des fuites, dans un contexte où elles se multiplient et se trouvent facilitées par les nouveaux moyens de communication et des dispositifs de type Wikileaks. Nous tenterons de déterminer dans quelle mesure l’émergence de cette forme singulière de prise de parole bouscule le fonctionnement de ces organisations et affecte en particulier l’ensemble des activités et des manœuvres visant à s’assurer une forme d’hégémonie informationnelle dans les conflits et les jeux de puissance contemporains.

    L’alerte : un acte de communication spécifique

    3En quoi consiste une alerte et quels sont les traits caractéristiques des lanceurs d’alerte issus du renseignement ou des forces armées ? Si l’on s’en tient à une rapide définition, on qualifiera de « lanceur d’alerte » tout individu qui – parce qu’il a été témoin dans le cadre de son activité professionnelle d’un acte délictueux, d’un dysfonctionnement ou d’une pratique susceptible de présenter un risque ou une menace pour la santé ou la sécurité de la collectivité – décide de révéler publiquement l’information qu’il détient. Les Anglo-Saxons parlent à ce sujet de « whistleblowing » pour qualifier cette pratique : il s’agit littéralement, pour un insider, de donner « un coup de sifflet » afin d’alerter les citoyens et les pouvoirs publics (Alford, 2001). Si cette caractérisation très générale permet une première approche du phénomène, d’en souligner les principaux traits et de prendre un peu de distance avec l’usage, fort extensif, qui est désormais fait du terme dans les médias et certains milieux militants1, elle ne rend pour autant pas vraiment compte de la diversité des situations et des modes opératoires des lanceurs d’alerte, notamment dans les domaines professionnels dont il est ici question.

    4En effet, si l’on se penche sur le cas des armées et des services de sécurité européens ou anglo-saxons, force est de constater deux choses : tout d’abord que ce phénomène – s’il n’est pas nouveau2 – n’est à l’évidence plus marginal et qu’il semble même, à lire certains rapports3 ou les comptes rendus de dépêches faisant état de poursuites judiciaires à l’encontre de militaires, de plus en plus fréquent au sein de ce type d’organisation. Ensuite, l’analyse des pratiques montre que l’on peut en fait différencier plusieurs formes d’alerte : certains militaires ou employés de services de renseignements font le choix de prendre la parole publiquement afin d’alerter leurs concitoyens tandis d’autres jugent nécessaire d’agir anonymement et d’alerter le public via des fuites et des relais4. Certains dénoncent une pratique illicite, un abus ou un dysfonctionnement dont ils ont été les témoins5 alors que d’autres se focalisent sur un risque ou une menace susceptible d’advenir dans un futur proche6.

    5Mais, au-delà de ces différences, une chose leur est bien commune : à partir du moment où ces militaires vont faire connaître publiquement les informations qu’ils détiennent (et être démasqués dans le cas de ceux qui ont agi anonymement), la réaction de leurs employeurs va généralement consister à exercer à leur encontre tout un arsenal de représailles et de sanctions. Toutes les enquêtes consacrées à ce sujet vont dans le même sens : la plupart d’entre eux seraient renvoyés à la vie civile ou forcés à démissionner, et cela indépendamment de la véracité des faits incriminés, y compris dans les cas où les informations révélées pourraient bénéficier à leur service ou à leur unité. Quant à ceux qui ne sont pas immédiatement congédiés, la plupart seraient mis « au placard » par leur hiérarchie, quand ils ne sont pas carrément mis aux arrêts. Ces réactions témoignent non seulement des préjudices subis par l’institution militaire ou le service qui les emploie, mais aussi de la manière dont leur prise de parole est perçue en interne : les recherches menées sur ce point montrent que celle-ci passe presque toujours pour une « trahison » (Schehr, 2008a). On comprend donc pourquoi les représailles touchant les lanceurs d’alerte apparaissent souvent démesurées : il s’agit non seulement de les sanctionner et de les discréditer pour leur faire payer leur transgression et atténuer les conséquences de leurs révélations, mais aussi d’envoyer un message fort à celles et ceux qui pourraient être tentés par ce type d’initiative.

    Justifier la divulgation d’informations

    6Afin de contrer les accusations de trahison et la stigmatisation qui en découle, les lanceurs d’alerte développent en général une stratégie de défense consistant à mettre en cause l’idée que leur action serait malveillante ou déloyale : il s’agira donc de se justifier publiquement afin de convaincre l’opinion et de s’assurer de soutiens (Schehr, 2008b). Si les raisons avancées par les lanceurs d’alerte peuvent varier d’un individu à l’autre, ils légitiment néanmoins presque toujours leur action au nom de l’intérêt général et du bien commun, arguant notamment de l’urgence de la situation ou de la gravité de la menace7. La divulgation d’informations est également souvent motivée par le fait que leur hiérarchie refuse de les écouter – de prendre en compte le problème posé – et qu’ils ne souhaitent plus être associés à des pratiques allant à l’encontre de leur système de valeurs8.

    7Par ailleurs, les lanceurs d’alerte font également valoir la dimension désintéressée de leur action ainsi que l’aspect moral et éthique de leur divulgation. Conscients que leur action est perçue comme une trahison, ils opposent à la loyauté au groupe – qui est une valeur cardinale dans ces milieux professionnels – leur fidélité à des principes supérieurs (bien commun, vérité, droits de l’homme, etc.). L’enjeu est donc de proposer au public un autre cadre d’interprétation de leur action et de montrer que l’alerte est une pratique rationnelle, éthique et légitime, y compris dans ces milieux professionnels (Ocqueteau et Pichon, 2011). Sur le plan imaginaire, l’opération revient donc à opposer à la figure du traître ou du délateur celle de la vigie, du « citoyen vertueux » ou du soldat loyal.

    8Si la perception puis l’évaluation par le public des raisons avancées par les lanceurs d’alerte vont en grande partie conditionner le soutien dont ils vont bénéficier, un autre facteur compte également, surtout dans les domaines où prévalent secret et confidentialité : c’est le caractère licite ou non de la révélation d’information qu’implique l’alerte. Ainsi, dénoncer une fraude lorsque l’on est en droit de le faire n’a pas la même incidence que révéler une information classifiée lorsque l’on est habilité ou tenu statutairement au devoir de réserve. L’alerte donnera lieu dans ce cas à des sanctions administratives et judiciaires, indépendamment de la véracité des faits allégués. Nombreux sont d’ailleurs les lanceurs d’alerte militaires ou travaillant dans les domaines de la Sécurité qui ont été inculpés pour manquement au « devoir de réserve », violation des secrets ou transmission d’information à des tiers non autorisés, tout en ayant raison sur le fond. Ces poursuites vont le plus souvent entacher leur réputation et compromettre leur avenir professionnel. Les obligations auxquelles ils se trouvent soumis dans le cadre de leur activité professionnelle (sujétions propres au statut militaire par exemple), tout comme l’arsenal législatif qui règlemente et encadre l’alerte et la divulgation d’information constituent donc des facteurs qui vont compter dans le rapport de forces qui va s’établir avec leur employeur9.

    9On ajoutera que le droit d’alerte, lorsqu’il existe, apparaît toujours limité : en France, les faits relevant de la sécurité publique sont pour la plupart exclus de ce droit, tandis qu’aux États-Unis, si celui-ci est formellement reconnu pour les militaires et les employés des agences de renseignement depuis 1998, il ne peut véritablement s’exercer car il se heurte à la question de la protection des secrets d’État10. Ce contexte peu favorable explique pourquoi il est fondamental pour ces lanceurs d’alerte de gagner des soutiens : l’appui des médias, d’associations ou de groupes de pression peut en effet contribuer non seulement au succès de l’alerte (à sa prise en compte) mais aussi à modifier la perception de la situation et à atténuer les sanctions. Le lanceur d’alerte peut alors passer – à l’instar de ce qu’il s’est produit pour E. Snowden – du statut de traître à celui de « victime » ou de « héros » lorsqu’il parvient à convaincre l’opinion publique du bien-fondé de son action.

    La transformation du domaine de l’alerte

    10Si l’on se penche maintenant sur l’évolution du phénomène et ses conséquences sur le plan sociétal et stratégique, plusieurs choses peuvent être soulignées. Tout d’abord, on peut clairement affirmer le caractère désormais inéluctable de cette forme de prise de parole, notamment dans le domaine du renseignement (civil ou militaire) : compte tenu de la place dévolue au cyber dans les opérations militaires et de renseignement, de la « massification » des secrets induite par le renseignement technique et du fait que les dispositifs actuels de collecte des données nécessitent un nombre important de personnes habilitées pour les traiter et les analyser (on parle de plusieurs centaines de milliers de personnes habilitées aux États-Unis, d’un droit d’accès aux bases de données sécuritaires étendu à 3 millions de personnes) ; compte-tenu aussi de la nature dématérialisée de ces données, de leur interconnexion (mise en commun des bases de données) et de la facilité avec laquelle elles peuvent être stockées et transmises, il apparaît clairement que les possibilités de fuites sont aujourd’hui bien plus grandes qu’à l’époque où il fallait photocopier ou photographier les documents que l’on souhaitait livrer à des tiers ou porter à la connaissance du public.

    11Par ailleurs, des facteurs sociologiques jouent aussi sur cette dynamique : l’individualisation de la condition militaire, l’érosion de certaines formes de loyauté, l’acculturation des générations actuelles aux technologies de l’information et de la communication, la porosité entre milieux civils et militaires, le travail en réseaux et l’horizontalité qu’il génère, l’idéologie de la transparence, etc. participent aussi de cette évolution. Tous ces éléments forment en tout cas un écosystème particulièrement favorable aux lanceurs d’alerte.

    12La multiplication de plates-formes de type Wikileaks, où les lanceurs d’alerte peuvent publier et divulguer des documents sensibles ou secrets tout en préservant leur anonymat, constitue un autre facteur à prendre en compte dans l’extension du phénomène. Cette forme de boîte aux lettres sécurisée présente en effet l’avantage de permettre aux lanceurs d’alerte d’éviter les représailles dont ils sont habituellement l’objet (du moins tant qu’ils ne sont pas identifiés). On peut penser que pour cette raison, nombreux seront les personnels des armées ou des services de renseignement qui préfèreront à l’avenir passer par ce type de dispositifs plutôt que de prendre le risque de s’exposer publiquement11. Cette voie sera d’ailleurs d’autant plus attractive (et problématique car elle facilitera les manipulations) que les protections juridiques dont ils peuvent parfois bénéficier se révèlent bien fragiles dès lors que leurs révélations mettent en jeu des secrets d’État (Foegle, 2015).

    Une forme individuelle de prise de parole aux conséquences stratégiques

    13Si l’on se place maintenant dans une autre perspective et que l’on envisage l’évolution du phénomène à l’aune de ses conséquences stratégiques (Michaud et Kempf, 2015), il apparaît clairement que le développement de telles pratiques est tout à fait susceptible d’affecter l’ensemble des activités visant à s’assurer une forme d’hégémonie informationnelle dans les conflits et les rapports de puissance contemporains12.

    14Ainsi, la multiplication des révélations dont les lanceurs d’alerte sont les auteurs interroge tout d’abord la nature intangible et pérenne des secrets et notamment des secrets d’États13 : puisque le contexte (sociopolitique, technique) s’avère désormais – pour toutes les raisons que nous avons évoquées – particulièrement favorable aux fuites et à cette forme de prise de parole, la sphère du secret s’en trouve de ce fait fragilisée et d’autant plus difficile à protéger et à sanctuariser (Huygue, 2013).

    15Ensuite, ces révélations ne sont (pour la plupart d’entre elles) pas sans conséquences sur les relations entre les États-nations et leurs stratégies d’influence : les informations dévoilées par les lanceurs d’alerte peuvent non seulement être exploitées par différents acteurs – États, organisations internationales, ONG, etc. – comme un avantage dans les rivalités qui les opposent (qu’elles concernent une technique de combat, une vulnérabilité, un mode opératoire, une politique, etc.) mais l’on peut aussi raisonnablement penser qu’elles compliqueront à l’avenir les diverses initiatives visant à construire un discours homogène sur les conflits et les opérations militaires. Comme en témoignent les réactions suscitées par la révélation des câbles diplomatiques américains ou des « Drone Papers », les États et leurs armées ne pourront plus se contenter d’essayer d’imposer leur version des évènements et de se confronter à celle de leurs adversaires : désormais, chaque protagoniste devra aussi tenir compte de la manière dont ces fuites et ces révélations affectent l’opinion publique (nationale et internationale) et sa perception de la situation.

    16Enfin, ces formes de prise de parole confrontent ces organisations à une « menace » peu familière : si la trahison est consubstantielle au renseignement et a toujours existé dans les forces armées (désertion, espionnage, passage à l’ennemi), on voit bien qu’avec le phénomène des lanceurs d’alerte, émerge quelque chose d’assez différent. La situation des lanceurs d’alerte n’est en effet pas assimilable à celle des agents ou des militaires habituellement poursuivis pour trahison : il n’y a pas, dans le cas de l’alerte, de transmission d’information à une puissance étrangère ou « d’intelligence avec l’ennemi », et peu nombreux sont les lanceurs d’alerte que l’on peut réellement suspecter de sympathie à l’égard des adversaires de leur pays. C’est d’ailleurs pour ces raisons que les accusations de trahison formulées à leur encontre – si elles permettent bien de les discréditer et de les marginaliser – finissent souvent par devenir vaines, notamment lorsque le lanceur d’alerte s’avère être un patriote convaincu et que l’information divulguée se révèle être utile à la collectivité ou à l’institution qui l’emploie.

    17Les organisations militaires sont donc confrontées à une nouvelle forme de prise de parole et à des fuites qu’elles ne peuvent plus négliger au regard de leur récurrence et de leurs nombreuses répercussions. Cependant – et l’évolution récente du phénomène en témoigne – elles ne pourront désormais se contenter d’y répondre par des sanctions (qui n’ont pas l’effet dissuasif escompté) ou par des mesures de sécurité censées en diminuer l’occurrence : il leur faudra en conséquence explorer d’autres voies pour gérer les alertes14 afin de cadrer, réguler et tirer parti de pratiques qui ne sont plus marginales dans ces milieux et qui apparaissent symptomatiques de l’individualisation contemporaine et de la réflexivité qui lui est propre.

    Bibliographie

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    Format

    Alford, C. F. (2016). Whistleblowers. Cornell University Press. https://doi.org/10.7591/9781501712937
    Foegle, J.-P. (2015). De Washington à Paris, la « protection de carton » des agents secrets lanceurs d’alerte. OpenEdition. https://doi.org/10.4000/revdh.1369
    Huyghe, F.-B. (2013). Alerte en sept leçons. Médium, 37-38(4), 126. https://doi.org/10.3917/mediu.037.0126
    Ocqueteau, F., & Pichon, P. (2011). Secret professionnel et devoir de réserve dans la police. Le pouvoir disciplinaire face aux lanceurs d’alerte. Archives de politique criminelle, n° 33(1), 113. https://doi.org/10.3917/apc.033.0113
    Schehr, S. (2008). L’alerte comme forme de déviance : les lanceurs d’alerte entre dénonciation et trahison. Déviance et Société, 32(2), 149. https://doi.org/10.3917/ds.322.0149
    Alford, C. Fred. “Whistleblowers”. []. Cornell University Press, January 1, 2016. doi:10.7591/9781501712937.
    Foegle, Jean-Philippe. “De Washington à Paris, La « protection De carton » Des Agents Secrets Lanceurs d’alerte”. Revue Des Droits De l’homme. OpenEdition, June 4, 2015. doi:10.4000/revdh.1369.
    Huyghe, François-Bernard. “Alerte en sept leçons”. Médium 37-38, nos. 4 (2013): 126. doi:10.3917/mediu.037.0126.
    Ocqueteau, Frédéric, and Philippe Pichon. “Secret professionnel et devoir de réserve dans la police. Le pouvoir disciplinaire face aux lanceurs d’alerte”. Archives de politique criminelle n° 33, no. 1 (2011): 113. doi:10.3917/apc.033.0113.
    Schehr, Sébastien. “L’alerte comme forme de déviance : les lanceurs d’alerte entre dénonciation et trahison”. Déviance et Société 32, nos. 2 (2008): 149. doi:10.3917/ds.322.0149.
    Alford, C. Fred. Whistleblowers. [], Cornell University Press, 1 Jan. 2016. Crossref, https://doi.org/10.7591/9781501712937.
    Foegle, Jean-Philippe. “De Washington à Paris, La « protection De carton » Des Agents Secrets Lanceurs d’alerte”. Revue Des Droits De l’homme, OpenEdition, 4 June 2015. Crossref, https://doi.org/10.4000/revdh.1369.
    Huyghe, François-Bernard. “Alerte en sept leçons”. Médium, vol. 37-38, nos. 4, 2013, p. 126. Crossref, https://doi.org/10.3917/mediu.037.0126.
    Ocqueteau, Frédéric, and Philippe Pichon. “Secret professionnel et devoir de réserve dans la police. Le pouvoir disciplinaire face aux lanceurs d’alerte”. Archives de politique criminelle, n° 33, no. 1, 2011, p. 113. Crossref, https://doi.org/10.3917/apc.033.0113.
    Schehr, Sébastien. “L’alerte comme forme de déviance : les lanceurs d’alerte entre dénonciation et trahison”. Déviance et Société, vols. 32, nos. 2, 2008, p. 149. Crossref, https://doi.org/10.3917/ds.322.0149.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Références bibliographiques

    10.7591/9781501712937 :

    Alford, Fred C., Whistleblowers : Broken Lives and Organizational Power, Ithaca, Cornell University Press, 2001.

    10.4000/revdh.1369 :

    Foegle, Jean-Philippe, « De Washington à Paris, la “protection de carton” des agents secrets lanceurs d’alerte », La revue des droits de l’homme [En ligne] : <https://revdh.revues.org/1369>, mis en ligne le 4 juin 2015.

    10.3917/mediu.037.0126 :

    Huyghe, François-Bernard, « Alerte en sept leçons », Médium, no 37-38, 2013/4-2014/1, p. 126-127.

    Michaud, Quentin et Kempf, Olivier, L’Affaire Edward Snowden, une rupture stratégique, Paris, Economica, 2015.

    10.3917/apc.033.0113 :

    Ocqueteau, Frédéric et Pichon, Philippe, « Secret professionnel et devoir de réserve dans la police. Le pouvoir disciplinaire face aux lanceurs d’alerte », Archives de politique criminelle, no 33, 2011, p. 113-132.

    Schehr, Sébastien, Traîtres et trahisons de l’Antiquité à nos jours, Paris, Berg International, 2008 (2008a).

    10.3917/ds.322.0149 :

    Schehr, Sébastien, « L’alerte comme forme de déviance : les lanceurs d’alerte entre dénonciation et trahison », Déviance et Société, vol. 32, no 2, 2008, p. 147-160 (2008b).

    Notes de bas de page

    1 Des journalistes, des militants associatifs, des hommes politiques, des experts de tout domaine revendiquent désormais cette « étiquette » pour évoquer leur action : alerter en ce sens, reviendrait à attirer l’attention du public sur un problème donné.

    2 On peut évoquer le cas bien connu de Daniel Ellsberg en 1971 qui révéla à la presse américaine des documents classifiés connus sous le nom de Pentagon Papers.

    3 Le rapport de l’United States Government Accountability Office intitulé « Whistleblower Protection. DOD Needs to Enhance Oversight of Military Whistleblower Reprisal Investigations » (daté de mai 2015) précise que 713 cas de lanceurs d’alerte auraient fait l’objet d’une investigation par l’inspection générale des armées entre 2013 et 2014.

    4 On peut à ce titre opposer le cas d’E. Snowden – qui a agi à visage découvert – à celui du soldat Chelsea Manning qui serait peut être resté anonyme s’il n’avait été dénoncé par un hacker à qui il s’était confié. Déployé en 2009 comme analyste du renseignement en Irak, il transmit en 2010 à Wikileaks un grand nombre de documents classifiés portant aussi bien sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan que sur la politique extérieure américaine (câbles diplomatiques). Il fût arrêté en juillet 2010 puis condamné en 2013 à 35 ans de prison sous divers chefs d’inculpation. Revendiquant l’étiquette de lanceur d’alerte, Manning a toujours affirmé avoir agi dans le but d’avertir l’opinion publique sur la réalité des interventions américaines et les coulisses de la diplomatie internationale.

    5 Le cas de Robert Harris est représentatif du « dénonciateur » : responsable de l’intendance au sein du Département américain de la Défense après avoir fait carrière dans l’Army, il alerta sans succès sa hiérarchie, l’inspecteur général des armées, un sénateur puis des journalistes sur l’existence de marchés truqués au profit d’une société informatique gérée par d’anciens militaires. À la suite de son action, il fût tout d’abord muté sur un autre poste puis licencié en 1994.

    6 Le cas de William McNeilly, sous-marinier dans la Royal Navy, apparaît typique. En mai 2015, celui-ci publia sur le site de Wikileaks un rapport de 18 pages dans lequel il dénonçait l’existence de failles dans les dispositifs de sécurité de la base de Clyde, près de Glasgow, où stationnent les sous-marins nucléaires britanniques. Se qualifiant de lanceur d’alerte, McNeilly précisa dans un entretien accordé à la BBC qu’il souhaitait avertir l’opinion publique du risque que représentaient ces failles au regard de la menace terroriste. Il fût relevé de ses fonctions en juin 2015 et renvoyé vers la vie civile après avoir été détenu un mois par la police militaire.

    7 C’est la raison avancée par le sous-marinier William McNeilly par exemple.

    8 On retrouve souvent ce type de justifications chez les militaires lanceurs d’alerte dénonçant des dysfonctionnements ou des abus.

    9 D’autant que le contexte juridique est très variable d’un pays à l’autre : en France, ce n’est que depuis 2013 qu’un droit d’alerte a été formellement reconnu et explicitement défini par une loi.

    10 Les révélations des lanceurs d’alerte du renseignement américain peuvent faire l’objet d’une ordonnance exigeant qu’elles restent secrètes, sous peine de lourdes sanctions. Le récent dispositif français censé protéger les lanceurs d’alerte du renseignement (adopté en 2015) se révèle pour la même raison tout aussi problématique.

    11 À l’exemple du whistleblower qui a transmis au site The Intercept les documents classifiés (Drone Papers) relatant les programmes militaires américains d’assassinats ciblés par drones armés. <https://theintercept.com/drone-papers/>.

    12 C’est ainsi que l’on peut sommairement définir la notion de « guerre de l’information ».

    13 Même lorsqu’elles ne mettent pas en jeu des informations explicitement classifiées, les révélations des lanceurs d’alerte portent toujours sur des informations que leurs employeurs souhaitent dissimuler à la connaissance des tiers.

    14 Ce qui passera vraisemblablement par la mise en place de dispositifs internes de traitement des alertes, capables de garantir de réelles protections aux lanceurs d’alerte et de susciter la confiance des personnels.

    Auteur

    • Sébastien Schehr

      Professeur en sociologie à l’université Savoie Mont Blanc (Laboratoire langages, littératures, sociétés. Études transfrontalières et internationales ; LLSETI – EA 3706). Ses dernières recherches portent sur la loyauté, la trahison et le phénomène des lanceurs d’alerte. Parmi ses publications, citons Traîtres et trahisons de l’Antiquité à nos jours (Berg International, 2008) et sous sa direction Les dynamiques sociales et leurs conflits : mobilisations, régulations, représentations (avec M. Klinger), Chambéry, Presses de l’Université de Savoie, 2014.

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    1 Des journalistes, des militants associatifs, des hommes politiques, des experts de tout domaine revendiquent désormais cette « étiquette » pour évoquer leur action : alerter en ce sens, reviendrait à attirer l’attention du public sur un problème donné.

    2 On peut évoquer le cas bien connu de Daniel Ellsberg en 1971 qui révéla à la presse américaine des documents classifiés connus sous le nom de Pentagon Papers.

    3 Le rapport de l’United States Government Accountability Office intitulé « Whistleblower Protection. DOD Needs to Enhance Oversight of Military Whistleblower Reprisal Investigations » (daté de mai 2015) précise que 713 cas de lanceurs d’alerte auraient fait l’objet d’une investigation par l’inspection générale des armées entre 2013 et 2014.

    4 On peut à ce titre opposer le cas d’E. Snowden – qui a agi à visage découvert – à celui du soldat Chelsea Manning qui serait peut être resté anonyme s’il n’avait été dénoncé par un hacker à qui il s’était confié. Déployé en 2009 comme analyste du renseignement en Irak, il transmit en 2010 à Wikileaks un grand nombre de documents classifiés portant aussi bien sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan que sur la politique extérieure américaine (câbles diplomatiques). Il fût arrêté en juillet 2010 puis condamné en 2013 à 35 ans de prison sous divers chefs d’inculpation. Revendiquant l’étiquette de lanceur d’alerte, Manning a toujours affirmé avoir agi dans le but d’avertir l’opinion publique sur la réalité des interventions américaines et les coulisses de la diplomatie internationale.

    5 Le cas de Robert Harris est représentatif du « dénonciateur » : responsable de l’intendance au sein du Département américain de la Défense après avoir fait carrière dans l’Army, il alerta sans succès sa hiérarchie, l’inspecteur général des armées, un sénateur puis des journalistes sur l’existence de marchés truqués au profit d’une société informatique gérée par d’anciens militaires. À la suite de son action, il fût tout d’abord muté sur un autre poste puis licencié en 1994.

    6 Le cas de William McNeilly, sous-marinier dans la Royal Navy, apparaît typique. En mai 2015, celui-ci publia sur le site de Wikileaks un rapport de 18 pages dans lequel il dénonçait l’existence de failles dans les dispositifs de sécurité de la base de Clyde, près de Glasgow, où stationnent les sous-marins nucléaires britanniques. Se qualifiant de lanceur d’alerte, McNeilly précisa dans un entretien accordé à la BBC qu’il souhaitait avertir l’opinion publique du risque que représentaient ces failles au regard de la menace terroriste. Il fût relevé de ses fonctions en juin 2015 et renvoyé vers la vie civile après avoir été détenu un mois par la police militaire.

    7 C’est la raison avancée par le sous-marinier William McNeilly par exemple.

    8 On retrouve souvent ce type de justifications chez les militaires lanceurs d’alerte dénonçant des dysfonctionnements ou des abus.

    9 D’autant que le contexte juridique est très variable d’un pays à l’autre : en France, ce n’est que depuis 2013 qu’un droit d’alerte a été formellement reconnu et explicitement défini par une loi.

    10 Les révélations des lanceurs d’alerte du renseignement américain peuvent faire l’objet d’une ordonnance exigeant qu’elles restent secrètes, sous peine de lourdes sanctions. Le récent dispositif français censé protéger les lanceurs d’alerte du renseignement (adopté en 2015) se révèle pour la même raison tout aussi problématique.

    11 À l’exemple du whistleblower qui a transmis au site The Intercept les documents classifiés (Drone Papers) relatant les programmes militaires américains d’assassinats ciblés par drones armés. <https://theintercept.com/drone-papers/>.

    12 C’est ainsi que l’on peut sommairement définir la notion de « guerre de l’information ».

    13 Même lorsqu’elles ne mettent pas en jeu des informations explicitement classifiées, les révélations des lanceurs d’alerte portent toujours sur des informations que leurs employeurs souhaitent dissimuler à la connaissance des tiers.

    14 Ce qui passera vraisemblablement par la mise en place de dispositifs internes de traitement des alertes, capables de garantir de réelles protections aux lanceurs d’alerte et de susciter la confiance des personnels.

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    Schehr, S. (2017). Guerre et information : l’exemple des lanceurs d’alerte. In Éric Letonturier (éd.), Guerre, armées et communication. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.21096
    Schehr, Sébastien. « Guerre et information : l’exemple des lanceurs d’alerte ». In Guerre, armées et communication, édité par Éric Letonturier. Paris: CNRS Éditions, 2017. doi:10.4000/books.editionscnrs.21096.
    Schehr, Sébastien. « Guerre et information : l’exemple des lanceurs d’alerte ». Guerre, armées et communication, édité par Éric Letonturier, CNRS Éditions, 2017, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.21096.

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    Letonturier, Éric (éd.). (2017). Guerre, armées et communication. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.21066
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    Letonturier, Éric, éditeur. Guerre, armées et communication. CNRS Éditions, 2017, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.21066.
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