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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Augmenter l’expérience de la vie en diminuant la communication ? Des acceptabilités stratégiques aux particularités dialogiques de l’homme Donner un sens social aux accélérations « augmentatives » Décisions fondamentales via des visions interrelationnelles À la conquête de l’homme, mélanges terminologiques et théoriques Établir un lexique : un devoir sociétal Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L'humain augmenté

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L’homme étendu. Explorations terminologiques

    Colin T. Schmidt

    p. 137-155

    Note de l’éditeur

    Inédit

    Texte intégral Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En utilisant des techniques interventionnistes vis-à-vis du corps humain, les défenseurs de l’augmentation humaine – Kevin Warwick (2010), David Hanson (2009), Hiroshi Ishiguro (Guizzo, 2010 ; Whitehouse, 2005), et dans une certaine mesure Nick Bostrom (2005) – nuisent au statut dialogique de l’homme. Dans leurs approches, ils développent une conception purement informationnelle de l’homme où le récepteur est systématiquement coupé de son émetteur. L’esprit, quant à lui, est assimilé au cerveau, ce qui conduit à une théorie purement représentationaliste. La question que posent ici les sciences de la communication est : sommes-nous vraiment condamnés à ne plus communiquer comme avant ? Nous montrerons que la vision des défenseurs de l’augmentation humaine manque d’une fidélité au réel, ce qui sera esquissé dans les lignes à suivre.

    Augmenter l’expérience de la vie en diminuant la communication ?

    2Le développement de la notion d’« homme étendu » répond à une difficulté communicationnelle qui fait surface dans les travaux scientifiques sur la notion d’« homme augmenté » et de ses réalisations visibles. Ce nouveau champ d’étude a tendance à ne traiter que des fonctionnements informationnels de l’homme, laissant de côté le niveau plus complexe de l’existence sociale de l’être, davantage liée à ses rapports à autrui. Or, il nous semble que les avancées techniques seraient d’autant plus pertinentes si elles incluaient le propre de l’homme, ses relations avec ses semblables et son projet de partage communautaire. Augmenter l’homme sur les deux tableaux, physique (information) et intangible (communication), c’est étendre réellement ses capacités. À titre d’exemple, l’augmentation de la puissance musculaire d’un homme ou de ses capacités calculatoires n’est pas un projet collectif – c’est pour soi. À l’inverse, augmenter chez un individu la capacité à voir dans l’autre ou en tant que celui-ci – le relationnel – est un projet qui nécessite un abandon total des intérêts purement personnels. Si l’on diminue d’un côté, mathématiquement, l’autre côté augmente. Est-il alors possible d’avancer au même rythme sur les deux fronts ?

    3Vu les avancées sur le plan technique dans les domaines de la robotique, la cyborgisation* et la réalité virtuelle*, la réalité augmentée et récemment la réalité évoquée – concept défini comme une « illusion de réalité qui évoque une impression de présence dans nos esprits » (Pillai et al., 2013) –, nous sommes conduits à anticiper de probables changements majeurs dans la société. À titre d’exemple, ces changements sont mis en scène dans un nouveau genre de films angoissants – dits « eerie » – que l’on pourrait qualifier de docufictions et qui brouillent les pistes de la réalité des avancées scientifiques en mettant en scène de vrais universitaires d’époques différentes. Ainsi, Joseph Weizenbaum (1923-2008) et Hiroshi Ishiguro, tous deux scientifiques, « jouent » ensemble dans le documentaire Plug & Pray, gagnant du Grand prix du jury du festival Pariscience en 2010.

    4Les acceptabilités sociales et psychologiques des technologies prenant racine dans la notion de l’homme étendu demanderont des efforts à la société, des compromis. Néanmoins, nous repoussons dans le contexte actuel les limites de la technologie appliquée à l’homme, changeant par là même la constitution éthique et communicationnelle de ce dernier. La société cherche à développer l’innovation d’un meilleur mental, plus habile à traiter les informations technologiques. Mais que deviennent alors nos capacités communicationnelles typiquement humaines ?

    5Les développements technoscientifiques clefs depuis soixante-dix ans ne leur ont pas trouvé de place (l’informatique, l’intelligence artificielle, la robotique cognitive, les réalités virtuelles, et maintenant le transhumanisme*…). Et si nous acceptions désormais que l’esprit humain, dans son fonctionnement actuel, n’était plus nécessaire ? Que la recherche d’autres formes de communication, imposées par la technique, était devenue prioritaire et même stratégique ?

    Des acceptabilités stratégiques aux particularités dialogiques de l’homme

    6La question qui se pose ici, fondamentale pour notre société, est celle de la forme de nos interactions futures. Les domaines de recherche de l’intelligence artificielle et de la cyborgisation pourraient être qualifiés d’interdisciplinaires, et même d’épistémologiques : ils visent à estomper des déficiences conceptuelles vis-à-vis de l’homme en le considérant comme producteur de « communication accélérée ». C’est parce que, disent les défenseurs de ce courant, l’homme – l’humain communicant jusqu’à nos jours – ne sera plus, à l’issue du processus voulu, dans la même « configuration » qu’initialement. Une nouvelle espèce verra le jour. Mais la communication humaine pourrait-elle se passer de son aspect dialogique ? (cf. Schmidt, 1997, 2001 ; Jacques, 1979, 1985).

    7Par « communication accélérée » – ou bien « communication augmentée » –, il faut ici comprendre une accélération sur un plan fonctionnel, au point qu’elle ne pourrait plus être considérée comme dialogique. Selon cette conception, la perte de l’aspect dialogique de l’interaction est due au fait qu’on doit se débarrasser, dans la communication, de la lenteur provoquée par l’indécision, les états d’âme, etc., pour adopter un mode opératoire de type « computationnel » (émission d’un message informationnel). Cela équivaut à revenir aux bases purement physiques de la langue. Mais un résultat aussi réducteur n’est que faussement accélérateur puisqu’il perd l’essentiel de l’acte de communiquer (être ou agir ensemble). Une précision s’impose sur cette notion de « communication accélérée ». En effet, l’activité de la communication humaine est considérée comme étant suffisamment rapide au regard des attentes des spécialistes de la communication interpersonnelle (prises de décisions et de positions rapides – voire trop rapides –, changements de sujet, choix approximatifs du vocabulaire compte tenu du temps alloué, initiatives hâtives pour aller à l’essentiel, activités langagières même dans les situations indécidables, coordination du linguistique avec le gestuel pour accentuer/modifier un message, etc.). Il est peu probable que l’usage d’un langage artificialisé nous permette d’atteindre un niveau d’intercompréhension (Habermas, 1990) équivalent à celui de la communication humaine. Néanmoins, face à l’urgence des questions éthiques qui sont liées à cette accélération hors norme, nous partirons de l’hypothèse que c’est bel et bien le cas car attendre de voir si cette hypothèse se vérifie, c’est agir trop tard.

    Donner un sens social aux accélérations « augmentatives »

    8Explorer à l’heure actuelle la notion de l’homme étendu – l’être social de demain – est devenu une entreprise plus qu’essentielle. Elle est médiatiquement stratégique pour les institutions de la recherche acceptant de répondre à une très forte demande de la société : accélérer la communication. Elle permet aux décideurs, aux administrateurs comme aux scientifiques, de poser les bases d’interrogations visant l’amélioration du quotidien. Par exemple, quelle est cette société qui souhaite aller plus vite ? Aller plus vite, n’est-ce pas favoriser une approche fondée sur la quantité du contenu plutôt que sur la qualité des rencontres ? On réalise rapidement qu’avec l’aspiration à un « meilleur avenir », à un meilleur « soi » et à un meilleur mental, la découverte du sujet dans son entièreté évoque nécessairement des considérations éthiques au carrefour de l’information et de la communication.

    9En un sens, il est indéniable que les possibilités de communication artificielle – via son arte-factualisation par les machines – présentent parfois une amélioration fonctionnelle par rapport à la version humaine originale. Par exemple, aujourd’hui, commander une traduction technique dopée par la traduction automatique statistique donne des résultats corrects. Remplacer une partie endommagée du cerveau d’un patient par des éléments technologiques lui permet de mieux vivre au quotidien, voire de réintégrer la société comme auparavant. Mais peut-on et veut-on hybrider la communication afin de nous précipiter vers ce (supposé) bien-être communicationnel augmenté ? Quels seraient les risques à long terme pour la société ? Poser dès à présent la question de l’équilibre à adopter entre le rejet et l’acceptation de nouvelles pratiques de communication nous prépare à modéliser autrement la relation communicationnelle à des fins politiques ou philosophiques. Jusqu’à aujourd’hui, les exigences logiques de la cognition dialogique guident les chercheurs travaillant sur l’impact des représentations sociales des formes de communication en devenir. Doivent-ils poursuivre sur cette voie ? Quel équilibre établir entre l’information et la communication ? En tout état de cause, notre situation nécessite une réflexion transdisciplinaire sur ces changements, ainsi qu’une définition du bien-être communicationnel potentialisé par l’accès croissant à des technologies d’augmentation de l’humain.

    10Le carrefour où se rencontrent l’intelligence artificielle, l’humain et la robotique capable d’interactions gestuelles ou langagières, suscite un intérêt considérable au sein de la communauté scientifique. Dans la spéculation sur les points de convergence entre l’être humain et ses objets technologiques, on doit être capable d’assigner un sens social aux résultats. Or, ceci n’est pas toujours mis en avant chez certains transhumanistes. On doit être capable d’éviter certaines dérives telles que l’élaboration d’objets-personnes, de personnes-objets, de relations humaines altérées et méconnaissables, d’hybrides starifiés par un large public. Il s’agit de se fixer des objectifs plus modestes et acceptables fondés sur la communication technologique et la cognition interpersonnelle.

    Décisions fondamentales via des visions interrelationnelles

    11La dichotomie entre sciences humaines et sociales et sciences exactes est obsolète sur un tel sujet. La communication, la cognition et les considérations politico-éthiques sont inextricablement liées dans l’espace de l’augmentation humaine, donc dans la conceptualisation de l’homme étendu. Explorer cette notion impose également d’étudier les formes d’intelligence machinale en développement et leurs conséquences éthiques et épistémologiques. Par exemple, lors d’expériences réalisées avec des créations entièrement machiniques, telles que les robots humanoïdes, géminoïdes1 ou she-bots2, etc., on a montré qu’elles limitaient la communicabilité entre les individus humains, alors même que certains ergonomes prétendaient qu’elles devaient faciliter la communication. Une chose est sûre : les représentations sociales portant sur les connaissances relèvent au moins en partie de la responsabilité du scientifique, car c’est lui qui conçoit ces enquêtes et qui en propose un sens. Observer cette communication médiée par des artefacts technologiques ouvre la voie à une étude théorique sur les types de communication et de cognition plausibles, voire voulus, promulgués et mis en place.

    12La modélisation des théories et des pratiques cognitives de la communication – dont certaines n’existent pas encore – constitue le socle de telles recherches. L’interaction entre la société et ces objets présente des problèmes sur le plan logique : les objets faits par l’homme n’ont pas par nature un statut dialogique. Situations concrètes et quotidiennes, ces difficultés pour la modélisation d’une communication entre deux êtres de statuts différents (un humain et une machine) ne posent pas seulement des défis pour les scientifiques et les utilisateurs. En effet, les décideurs se heurtent eux aussi à ces entités inhabituelles (par exemple, l’objet artefactuel importé dans un milieu humain, tel le téléphone portable). Si la nouveauté peut paraître étrange au premier abord, il convient de l’analyser sous toutes ses dimensions (temporelle, culturelle, philosophique, etc.) et de comprendre, par exemple, comment l’être humain a pu s’adapter aussi vite à la communication asynchrone imposée par les réseaux sociaux. Le « bon sens » ne suffit plus, il nous est nécessaire d’élaborer une science de la communication adaptée et flexible pour des productions cognitives dans un monde de plus en plus technologisé. Ceci demande un effort en extrapolation épistémologique spécifique.

    13Nous ne pouvons pas penser sans écrire d’une manière ou d’une autre. Les formes futures de cognition et de communication, que nous souhaitons voir développées et soutenues par des projets financés sur les deniers publics, occasionnent des débats houleux dans les médias. « Mon fils ne sait plus écrire, il ne jure plus que par son téléphone portable », lit-on souvent, tant l’objet culte l’incite à écrire en SMS. Cette « textoisation » de la communication n’est pas qu’un moyen commode de transmettre des informations à un tiers, mais le signe de l’adaptation de l’être humain à une technologie nouvelle. Ici, la science est une application de la technologie : nouveau contexte, nouvelles pensées. Mais doit-on accepter la textoisation de la pensée ? Aujourd’hui, d’autres « nouveautés », fruits d’une commercialisation réussie, sont inscrites dans la pratique et il est trop tard pour remédier à leurs éventuels effets délétères. La science se doit d’aborder, en amont, des décisions concernant ces ingéniosités et les ramifications pour notre société de ce défi technologique galopant. C’est en reconstruisant le lien entre, d’un côté, de tels phénomènes et de l’autre, les tendances décisionnelles et inclinaisons stratégiques, que l’« observateur » (la « troisième personne » en psychologie) perçoit la posture scientifique qui consiste en l’application de la technologie à la pensée humaine. Par exemple, pour être bien compris par un système de reconnaissance vocale, l’interlocuteur humain doit parler en staccato. Pour ce faire, il abandonne (avec effort) son flux cognitif habituel, qui est plutôt en mode legato. Dans la recherche, les décisions en amont doivent être prioritaires. On ne remplace pas la recherche fondamentale par de la recherche et développement (R&D).

    14Greffe de téléphone portable, de bras robotique, de lames pour courir, de barres de mémoire pour ne pas oublier, de puce pour réfléchir, ou un simple changement de réseau social, c’est l’être humain qui change le contexte. C’est lui qui décide. Comment voudrions-nous communiquer demain ? Qui voudrions-nous devenir ? Voilà le type d’interrogation que nous nous devons de renforcer car, si l’on écoute certains propos tenus dans les médias concernant la technologie, nous ne sommes plus maîtres de notre situation3.

    À la conquête de l’homme, mélanges terminologiques et théoriques

    15Bien évidemment, il y a une distinction entre le fond et les formes de la communication. Toute personne est humainement disposée à attribuer de l’intentionnalité à des entités montrant ne serait-ce qu’une trace de ressemblance avec l’homme (il suffit de voir la façon dont nous communiquons avec nos animaux de compagnie). L’étude de l’humanisation des objets doués d’intelligence, comme un robot qui provoque un intérêt chez l’être humain, va de pair avec la personnification. Pourtant, les robots et machines n’ont pas accès à la dimension sociale de la langue, au mieux le concepteur ne peut que prêter de façon très explicite à ces entités machiniques quelques règles figées de la communication interpersonnelle. Le problème est que, dans l’acte de communication, les règles doivent être dynamiques, en constante révision face à autrui. Depuis Turing (1950), on désire posséder des machines et robots ayant ces pleines capacités, mais le contrôle de l’initiative dans le dialogue reste foncièrement humain. Toutes les possibilités du côté de la machine/robot dépendent de l’homme (voir Clark, 2008 ; Schmidt et Ruch, 1999).

    16Parmi les perspectives réalisables dans un futur proche, la communication hybridée constitue un fonctionnement communicatif qui n’est ni humain ni machinique. Elle peut prendre les éléments de ces deux modes interactionnels comme, par exemple, un être humain couplé à une interface modifiant ses émissions vocales naturelles en staccato pour être compris par des machines sans faire d’effort pour parler de façon non naturelle. On peut aussi imaginer implanter des organes humains dans des robots, dans l’optique de faire converger l’homme et la machine. Notons qu’une hybridation totale de la communication pourrait être totalement transparente pour l’être humain, mais ce ne serait plus une communication de type psychologique, sociale ou linguistique, mais uniquement mathématique et combinatoire, relevant seulement de l’échange d’informations.

    17Ce domaine de recherche ouvre sur une interrogation fondamentale qui concerne une société en devenir, impliquant des décisions politiques à long terme. La controverse est, ici, assurée. À juste titre, nous parlons des objets incitatifs tels les prothèses ou robots intelligents, de leur pouvoir attractif, du rejet dont ils font l’objet de la part de certains, etc. Aujourd’hui, dans les différents environnements (médicaux, collaboratifs entre l’homme et la machine, services publics, etc.), on peut passer de ce discours habituel – alternant pessimisme et optimisme technologiques – à la vitesse supérieure. En altérant la communication et en produisant une accélération fonctionnelle du dialogue par rapport à la version humaine originale. C’est là une valorisation possible pour les innombrables travaux en intelligence artificielle et (bientôt) en communication hybridée.

    18Quels sont les carcans théoriques qu’il faudra briser pour parvenir à valoriser le progrès dans ce domaine ? Le corpus de connaissances en science de l’information et de la communication, parfois positiviste, comporte un mélange malheureux des notions suivantes : communication, connaissance, information, intelligence. On assimile parfois la communication à de l’information (ou vice versa), alors que la multiplication des moyens pour transférer l’information ne garantit pas l’efficacité de la communication (Wolton, 2009). Après soixante ans de recherche en intelligence artificielle, ainsi que l’établissement de 230 laboratoires de robotique dans le monde4, est-il possible de réinventer l’Homo communicans ? Mon but est de montrer que non. Les contraintes logiques et les zones d’ombre dans l’analyse même des dialogues interhumains ne permettent pas aux machines ou aux robots d’entrer dans ce jeu de réciprocité. Reproduire les bases logiques de la relation communicationnelle n’est plus à l’ordre du jour. Le recours aux notions de référence et de dialogisme, au logos en tant que fondement de la communicabilité humaine, sert à indiquer d’autres chemins plus justes et plus fructueux pour la recherche et l’innovation ; pour l’homme étendu et ses façons de communiquer. Dans la société qui est la nôtre, le spectre techno du « toujours mieux communicatif » est là, il cherche à remplacer la convivialité traditionnelle de la communicabilité. Est-ce notre but ? Les scientifiques et les philosophes de l’information et de la communication ont tendance à diverger sur le type de réponse à cette question. Mais il faut privilégier la fabrication des interfaces et des robots qui mettent en valeur la communicabilité conviviale entre les personnes, même si cette tâche est moins facile que de copier grosso modo un comportement humain.

    Établir un lexique : un devoir sociétal

    19À l’heure actuelle, la notion d’augmentation humaine et les discours qu’elle génère impliquent une réduction de la communication à un simple échange d’informations. Mais en travaillant sur la terminologie d’un monde de liens humains, effectivement enhanced, et en pointant les entraves à l’encontre de la véracité de la relation communicationnelle posées par le scientifique et l’ingénieur, j’estime ici avoir apporté un éclairage terminologique sur ce sujet très spécifique.

    20En conclusion, la spéculation et l’extrapolation épistémologique sont donc nécessaires. Maintenant que se créent des lieux de communication scientifique traitant de la communication augmentée dans d’autres pays5, nous avons le devoir de répondre à ces interrogations qui relèvent de l’intérêt national du développement stratégique de la science, d’autant que ces constats et questions recèlent un fort potentiel en matière d’interrogations politiques. Ainsi, la notion d’homme étendu fait référence à un bien-être communicationnel augmenté rendu possible par les technologies émergentes tout en respectant la particularité d’être humain.

    Bibliographie

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    Format

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    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

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    Wolton, Dominique, Informer n’est pas communiquer, Paris, CNRS Éditions, coll. « Débats », 2009.

    Notes de bas de page

    1 De gemellus (jumeau), les géminoïdes sont des robots humanoïdes qui sont conçus pour ressembler physiquement, imiter la gestuelle et parler comme leur modèle humain. Le professeur japonais Hiroshi Ishiguro s’est notamment construit un géminoïde

    2 Robots humanoïdes à l’aspect féminin.

    3 Cf. par exemple « L’homme dépassé par la technologie », Courrier international no 1024 du 17 juin 2010 ; ou encore « Internet, cinquième puissance économique mondiale en 2016 », dans Les Échos du 20 mars 2012, titre qui montre par l’usage de la personnification qu’un outil technologique pourrait être aussi puissant qu’un pays.

    4 Recensé dans National Geographic Sciences, hors-série no 1, Ce que nous promet la médecine du futur, octobre-novembre 2011.

    5 Cf. par exemple les conférences Augmented Human : http://www.hcilab.org/ah2013

    Auteur

    • Colin T. Schmidt

      Diplômé de l’École polytechnique, de l’université de Manchester, de l’université de Grenoble et docteur de l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3. Penseur interdisciplinaire, il construit des passerelles conceptuelles entre l’intelligence artificielle, la philosophie, la robotique, et la communication modélisée. Actuellement maître de conférences à Arts et Métiers ParisTech (recherche), une vision à long terme du dialogue technologie-société guide ses recherches, ayant de plus en plus tendance à explorer le transhumanisme tout comme le changement programmé de la dimension cognitive de l’Homo communicans. Depuis l’an 2000, il est membre du comité de rédaction de la revue AI & Society chez Springer.

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    1 De gemellus (jumeau), les géminoïdes sont des robots humanoïdes qui sont conçus pour ressembler physiquement, imiter la gestuelle et parler comme leur modèle humain. Le professeur japonais Hiroshi Ishiguro s’est notamment construit un géminoïde

    2 Robots humanoïdes à l’aspect féminin.

    3 Cf. par exemple « L’homme dépassé par la technologie », Courrier international no 1024 du 17 juin 2010 ; ou encore « Internet, cinquième puissance économique mondiale en 2016 », dans Les Échos du 20 mars 2012, titre qui montre par l’usage de la personnification qu’un outil technologique pourrait être aussi puissant qu’un pays.

    4 Recensé dans National Geographic Sciences, hors-série no 1, Ce que nous promet la médecine du futur, octobre-novembre 2011.

    5 Cf. par exemple les conférences Augmented Human : http://www.hcilab.org/ah2013

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    • Darses, Françoise. (2016) Activity analysis: not what it was!. Le travail humain, Vol. 79. DOI: 10.3917/th.793.0193
    • Galinon-Mélénec, Béatrice. Dula, Daiana. (2017) L'Homme-trace. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.29836
    • Barraud, Boris. (2019) Algorithmes et décisions publiques. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.46182
    • Oliveri, Nicolas. (2017) Les SIC à l’heure du transhumanisme. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 10. DOI: 10.4000/rfsic.2658
    • Munier, Brigitte. (2013) Les utopies. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.19543
    • Gourinat, Valentine. (2021) Issanchou D., Perera É. (dir.), Corps, Sport, Handicaps . Tome 3. Expérimentations et expériences de la technologie , Paris, Téraèdre, 2020, 216 p.. Staps, n° 132. DOI: 10.3917/sta.pr1.0020
    • Andrieu, Bernard. (2016) Vers un éveil techno-émersif de l’humain : la cosmose de notre corps vivant. Le Portique, 37-38. DOI: 10.4000/leportique.2878
    • Lebovics, Herman. Boëtsch, Gilles. (2018) Biology and culture at the reinvented Musée de l’Homme. French Cultural Studies, 29. DOI: 10.1177/0957155818755609
    • Patiño-Lakatos, Gabriela. (2018) Image numérique interactive, articulation intersémiotique et construction subjective : une expérience pédagogique de visualisation du geste sonore. Cliopsy, N° 19. DOI: 10.3917/cliop.019.0047
    • Gautier, Stéphanie. Gauzente, Claire. Aikala, Maiju. (2016) Are AR shopping services valued the same way throughout Europe? A four-country Q-investigation. Systèmes d'information & management, Volume 21. DOI: 10.3917/sim.161.0069
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    • (2019) Le Moi-Cyborg. DOI: 10.3917/dunod.tordo.2019.01.0189
    • Séginger, Gisèle. (2016) Guide des Humanités environnementales. DOI: 10.4000/books.septentrion.19356
    • Danet, Didier. (2017) Guerre, armées et communication. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.21108
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    • Besnier, Jean-Michel. (2013) Les utopies. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.19549
    • do Kim, Sung. (2015) L'Homme-trace. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.25606
    • Carnis, Laurent. (2019) Algorithmes et décisions publiques. DOI: 10.4000/books.editionscnrs.46202
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    • Virmoux, Jérémie. (2017) Les représentations sociales et perspectives du sport augmenté par les équipages et les sponsors du Cybathlon. Recherches & éducations. DOI: 10.4000/rechercheseducations.2944
    • Parise, Fanny. (2018) Science, Technology and Innovation Culture. DOI: 10.1002/9781119549666.ch8
    • Gayon, Jean. Bateman, Simone. (2014) Nature et Artifice. DOI: 10.3917/herm.caros.2014.01.0226
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    • Les droits du patient en prison et en soins psychiatriques sans consentement. DOI: 10.70675/0d2eb991z37a2z4f79za4b1za1216504a992
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    • Protocoles d'interaction cerveau-machine pour améliorer la performance d'attention visuo-spatiale chez l'homme. DOI: 10.70675/53de0765z6540z463ezac62zdd6f5bb35152
    • Le dispositif posthumain comme vanité contemporaine. DOI: 10.70675/1dcd2dd6zffa0z4babzac02zc7f8bffde786
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    • Le Soi augmenté : les pratiques numériques de quantification de soi comme dispositif de médiation pour l'action. DOI: 10.70675/e13be0e9z3267z4e51z954czdeea257b3b9c

    Ce chapitre est cité par

    • Rialle, Vincent. (2019) Robotique humanitaire versus robotique suicidaire : ou comment ré-enchanter la « silver économie ». Droit, Santé et Société, N° 3-4. DOI: 10.3917/dsso.053.0017
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    • Une nouvelle littérature du travail en Italie au XXIe siècle : un engagement pour une éthique de la terre et des relations humaines ». DOI: 10.70675/3e81c85bz31d1z488fz850cz31dd824fa376

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    Schmidt, C. T. (2013). L’homme étendu. Explorations terminologiques. In Édouard Kleinpeter (éd.), L’humain augmenté. Paris: CNRS Éditions. https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.19686
    Schmidt, Colin T. « L’homme étendu. Explorations terminologiques ». In L’humain augmenté, édité par Édouard Kleinpeter. Paris: CNRS Éditions, 2013. doi:10.4000/books.editionscnrs.19686.
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    Kleinpeter, Édouard, éditeur. L’humain augmenté. CNRS Éditions, 2013, https://doi.org/10.4000/books.editionscnrs.19608.
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