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    Plan détaillé Texte intégral Le trouble identitaire Le trouble de l’identité sociale Le trouble de l’immersion sensorielle Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L'humain augmenté

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L’homme hybridé : mixités corporelles et troubles identitaires

    Bernard Andrieu

    p. 113-130

    Note de l’éditeur

    Inédit

    Texte intégral Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « La normalité est une expérience plus extrême que ce que les gens veulent communément admettre. »
    David Cronenberg à Télérama, 24 octobre 2001

    1L’hybridation est le mélange, par une connexion, de systèmes biologiques et de systèmes technologiques dans le corps humain. Cette mixité est une interaction efficace qui vient compenser un déficit biologique en améliorant la performance. Un déficit biologique produit un dysfonctionnement organique ou une déficience mentale en déséquilibrant l’unité corps-esprit. L’amélioration est une réparation qui en restaure le fonctionnement, mais par des fonctions artificiellement efficaces grâce à l’apport technologique. Cette délimitation entre la part naturelle et biologique et l’apport technologique pose le problème de l’identité personnelle : je ressens ou non, selon le degré d’implantation, sur ou dans mon corps, la présence d’une technologie. Cette restauration de la continuité fonctionnelle est certes favorisée par l’hybridation, mais repose désormais sur deux systèmes aux logiques propres et parfois incompatibles, comme en témoignent nombre de dysfonctionnements. Si l’hybridation restaure, c’est au prix d’une nouvelle dépendance et d’une autonomie toute relative.

    2L’homme hybridé n’est pas entièrement post-humain* ; il n’abandonne pas sa référence au corps biologique mais la complète par des augmentations fonctionnelles de capacités dont il ne dispose plus. Accidenté, vieillissant, déficitaire ou handicapé, le corps hybride ne retrouve pas l’intégralité de ses fonctions originelles mais peut disposer d’une autonomie améliorée. L’hybridation est une recomposition indéfinie et instable entre les matériaux biologiques et technologiques. Cette instabilité produit un état provisoire et fragile qui semble nous rendre dépendants des procédures technologiques : ainsi le dysfonctionnement d’une pile cardiaque provoque la mort immédiate.

    3L’hybridation se fonde sur les interactions et les interfaces des systèmes biologiques et des aides technologiques. Deux types de connexions directes et indirectes peuvent s’établir. Les lunettes établissent avec la vue une connexion indirecte par un dispositif qui vient corriger la vue de l’extérieur, à la différence d’une connexion directe sur un nerf, un muscle ou un gène comme dans la bionique ou la spécialisation de cellules souches implantées. L’hybridation produit une immersion sensorielle selon le degré plus ou moins invasif des technologies utilisées. Car l’hybridation nous place dans un corps mélangeant des données d’origines différentes. Ces techniques invasives provoquent des intrusions de l’enveloppe corporelle et participent aussi à la redéfinition du moi. La sensorialité et le sentiment de soi sont confrontés à une double information quand la technique est connectée indirectement au corps, comme dans le cas une prothèse mécanique. Mais lorsque la connexion est directe, comme dans le cas de l’implant cochléaire (implant électronique qui élève le niveau d’audition pour certaines personnes atteintes d’une surdité profonde) où les contacts de l’électrode stimulent directement les fibres nerveuses dans la cochlée, cela suscite une nouvelle activation cérébrale qui définit un schéma corporel.

    4En défendant la thèse de l’hybridation, nous décrivons ici une existence transcorporelle, qui intègre dans une nouvelle unité humaine les aspects technologiques et biologiques dans une interaction dynamique. Celle-ci ne réduit pas le sujet humain à une mécanisation de ses handicaps. Accepter l’hybridité, c’est admettre que le corps ne soit ni entièrement naturel, ni entièrement culturel. Être hybride, c’est posséder dans son corps deux aspects qui coexistent, parfois de manière contradictoire. Ce corps composite définit une vie originale qui isole le héros antique dans un destin fatal : ainsi le talon d’Achille lui donne un corps à la fois mortel et immortel, car trempé par Thétis dans l’eau du Styx : à la fois vulnérable et invulnérable, l’hybride, qui ne parvient pas à contrôler la dualité de son unité corporelle, est une mixité troublante.

    Le trouble identitaire

    5Le trouble identitaire est produit par le double référencement du sujet qui est, à la fois identifié à son corps biologique par son schéma corporel habituel, et augmenté par la technologie. Le trouble peut être augmenté si la prothèse n’est pas ressentie par la sensibilité du corps, car le sujet ne peut alors intégrer à son schéma corporel la fonction de la prothèse. Le schéma corporel peut être recomposé dans ces parties, comme la zone du bras perdu lors d’une amputation du membre qui sera réactivée lors de la greffe d’organe. Denis Chatelier, greffé des deux mains en 2000, pouvait dire « vivre avec les mains d’un autre » (alors que le tout premier greffé de la main en 1998 à Lyon, le néo-zélandais Clint Hallam, a demandé qu’on la lui retire), et révèle dans l’annexe de son livre à quel point son cerveau a réactivé les zones de la main (Chatelier, 2008). Si pour la conscience du corps propre, la dette du don d’organe maintient l’idée d’une impropriété des organes greffés, le cerveau, lui, les a incorporés dans une nouvelle activation de cette zone au sein du schéma corporel interne.

    6L’exemple du bateau de Thésée1 pose bien le problème de ce changement d’identité par le renouvellement des planches qui le composent. Cette expérience de pensée met en conflit les deux critères traditionnels de l’identité, la permanence et le temps, et caractérise ainsi parfaitement la problématique inhérente à l’identité numérique. Le bateau du légendaire roi d’Athènes, à cause de ses déplacements en mer fréquents, se voyait enlever progressivement de plus en plus de planches usagées qui étaient remplacées par des planches neuves. Trois bateaux peuvent ainsi être reconstitués : le bateau originel, celui qui préexistait avant les travaux (Thésée 1), le bateau sans cesse réparé (Thésée 2) et un troisième bateau que l’on aurait reconstitué avec les anciennes planches obsolètes récupérées de Thésée 1 (Thésée 3). La question se pose : parmi ces deux candidats (Thésée 2 et 3), quel est le vrai bateau numérique de Thésée ? Dans le cas de l’hybridation, même s’il s’agit de la même personne désignée par son nom, les nouveaux matériaux incorporés se mêlent aux différents programmes biologiques au point que, sans traceurs et analyse internes, il paraît difficile de distinguer ce qui provient de soi et ce qui a été introduit par les autres. La mixité est ici incarnée dans le mélange des matériaux.

    7Ainsi en 2005, une équipe de chercheurs2 a réalisé la première greffe partielle du visage au monde (greffe du triangle formé par le nez et la bouche) sur une femme de 38 ans, Isabelle Dinoire, dont la défiguration (elle a été mordue au visage par son chien) paraissait irréparable dans un premier temps. En acceptant le greffon d’une grande partie du visage d’une autre, elle se recompose en traversant à chaque instant trois visages : le visage originel, perdu physiquement mais encore présent dans le souvenir vécu et les photographies, le visage défiguré par l’accident, restant présent dans la trace et la cicatrice, et le visage hybride composé à la fois des restes de son visage et de l’addition d’une partie du visage de la donneuse.

    8Isabelle Dinoire se maintient, non pas dans un entredeux mais dans la présence de trois visages en elle : le philosophe Simone Romagnoli (2010) a démontré que le sujet devait être confronté ici à « des discordances du moi » car le conflit identitaire, pour vécu qu’il soit dans la sphère de la conscience de soi, est résolu par celle-ci dans une nouvelle recomposition identitaire au plan du corps biosubjectif : « Non. Quand je me regarde dans la glace, je vois que ce n’est pas mon vrai visage. Au début, j’évitais les glaces. Aujourd’hui, quand je croise mon reflet, je ne me retourne plus comme si ce n’était pas moi que je venais d’apercevoir. Je me suis appropriée ce nouveau visage, mais je sais qu’une partie n’est pas à moi » (Dinoire, 2009).

    9Ainsi, le trouble identitaire ne disparaît pas avec la connexion directe, car la mémoire corporelle conserve le souvenir du premier corps qui sera toujours comparé, comme les études sur la chirurgie esthétique en témoignent (Lantieri, 2012), avec la nouvelle apparence hybridée. Ce premier corps de référence est mentalement rémanent dans l’imaginaire et dans les rêves, comme le démontrent Anne Marcellini (2005) et Rémi Richard (2012) pour les personnes en fauteuils et d’autres pour les personnes qui portent une prothèse de la mâchoire (Pomar et al., à paraître en 2014).

    Le trouble de l’identité sociale

    10L’hybridation du corps biologique par l’augmentation technologique favorise une résilience personnelle, mais aussi une recomposition des normes sociales. Ainsi, en augmentant son corps de jambes et de bras artificiels, la personne déficitaire devient capable de réaliser des performances impossibles jusque-là. Philippe Croizon, amputé des quatre membres, vient de relier symboliquement à la nage les cinq continents en traversant les détroits, accompagné par Arnaud Chassery. Il écrit dans son livre J’ai décidé de vivre (2011) la façon dont les prothèses l’ont aidé à se convaincre qu’il n’était pas un handicapé comme les autres. L’augmentation des capacités par la technologie fait vivre au sujet hybridé le fait de changer de catégorie : l’handicapé rejoint plus facilement le monde des valides, se rend plus acceptable ou invisible en adoptant une apparence standard.

    11Oscar Pistorius, hybridé avec sa double prothèse, interroge l’imaginaire normatif du sport officiel et les limites de la classification du sport selon l’image du corps3. Cet athlète sud-africain de 26 ans, handicapé de naissance, a été l’une des stars des JO de Londres en 2012, prenant le départ avec les valides du 400 mètres et du 4 x 400 mètres. La mise en spectacle des Jeux olympiques, montrant Oscar Pistorius éliminé en demi-finale comme n’importe quel athlète valide, signe l’apogée d’une reconnaissance ou d’une banalisation du cyborg. Ce développement des pratiques mixtes par la présence côte à côte de sportifs valides et adaptés, est aussi un bouleversement de l’imaginaire du corps ; la difficulté est d’imaginer et d’accepter une nouvelle image du corps : car il est à la fois mixte par sa composition et mélangé avec d’autres, différents de lui, dans une même compétition, nous interrogeant ainsi sur la stigmatisation et la classification. Oscar Pistorius est devenu un acteur hybride incontournable de l’engagement éthique des acteurs du sport en interrogeant les normes de « l’handicapabilité4 ». Son cas est du ressort de la bioéthique puisqu’il interroge la définition même de l’être humain et les limites de l’humanité.

    12L’acceptabilité sociale de l’hybride met en cause le jugement discriminatoire de monstruosité qui touche, par exemple, les personnes défigurées. Les 21 et 22 janvier 2007, l’équipe du professeur Laurent Lantieri5 a réalisé la deuxième transplantation de la face, au cours d’une opération qui aura duré quinze heures. Le patient, âgé de 27 ans, souffrait d’une forme très grave de la maladie de Recklinghausen, une pathologie incurable, qui peut déformer le visage à tel point que le malade ne puisse plus affronter le regard des autres. Lors d’un débat organisé le 7 janvier 2011 à l’université Paris Descartes dans le cadre des Rencontres d’Hippocrate, le professeur Lantieri présenta un film d’un de ses patients greffé du visage se promenant dans la rue devant les vitrines des magasins à la période de Noël. L’indifférence des autres passants montrait à quel point l’acceptabilité sociale de la personne greffée avait progressé. En changeant une partie du visage, le vécu corporel et la réintégration dans les normes esthétiques sont améliorés, ce qui interroge le pouvoir des normes sur l’apparence corporelle.

    Le trouble de l’immersion sensorielle

    13Le troisième trouble de l’hybridation tient à la confusion entre le réel et le virtuel lors de l’immersion sensorielle dans des dispositifs invasifs (Boellstorff, 2013). Il y a alors une complémentarité entre trois corps : le corps physique, les objets connectés et l’avatar (notre projection dans le monde virtuel). En étant connecté directement, le sujet ne parvient plus à faire la différence entre ce qui provient de sa volonté et ce qui est programmé par la technique embarquée dans son corps (Perény, 2013). L’immersion sensorielle est si efficace, qu’à la différence du trouble identitaire qui conservait le corps de référence en mémoire, une hybridation complète tend à établir une continuité et une homogénéité entre réel et virtuel (Bouko et Bernas, 2012).

    14L’activation en temps réel du cerveau et de son système nerveux, dans un temps en dessous du seuil de 450 millisecondes6, produit une illusion imperceptible : celle d’agir immédiatement par son corps immergé par le dispositif dans le monde virtuel (Andrieu, à paraître). Ces nouveaux dispositifs immersifs (Andrieu, à paraître en novembre 2013) font basculer l’hybridation dans un vécu du corps en première personne : le corps vivant est plongé dans des dispositifs échappant à la volonté, au sein desquels le sujet perd le contrôle de son corps physique pour laisser émerger en lui les effets du corps virtuel. L’addiction aux avatars des réseaux naît de la possibilité de démultiplier son existence, d’en créer d’autres plus compatibles avec les imaginaires du sujet. En s’équipant de combinaisons sensorielles, le corps humain peut expérimenter des images mentales et des sensations via la stimulation artificielle des systèmes nerveux ; grâce au cyber-corps, nous pouvons éprouver des sensations virtuelles analogues aux sensations réelles du corps physique. Ce n’est pas une illusion, car le corps humain éprouve réellement les sensations, même si aucun objet tangible n’existe à l’extérieur. Le feed-back fait ressentir dans le corps physique les effets des avatars virtuels : les cybers-explorations, réalisées par Claire Sistach7 dans World of Warcraft en 2010, dans Minecraft en 2012 et dans Eve Online en 2013, décrivent des modes de persistance de l’identité virtuelle dans la vie quotidienne du corps physique.

    15Ces troubles d’immersion sensorielle proviennent aussi de la contradiction des informations reçues par le cerveau. Si le cerveau possède bien un schéma corporel inné, il doit traiter des informations perceptives contradictoires, par exemple dans le cas de l’amputation d’un membre. Le phénomène du « membre fantôme » que ressentent les amputés, généralement douloureux, est aujourd’hui bien connu. Le neurobiologiste Vilayanur S. Ramachandran (Ramachandran et Blakeslee, 2002) a mis au point une boîte équipée de miroirs qui donne à voir un membre virtuel dans l’image du miroir à la personne amputée (le reflet de son membre valide), abaissant ainsi, dans 30 % des cas, la souffrance du sujet. Tromper son cerveau en lui faisant croire que l’on dispose d’un corps entier alors que l’on est amputé peut diminuer le trouble mais ne le fait pas entièrement disparaître. La cyberpsychologie, avec les travaux de Hunter G. Hoffman (2004), a pu confirmer l’efficacité thérapeutique du traitement des angoisses et autres phobies, notamment après les attentats du 11 septembre 2001. Avec le Project Glass de Google, lunettes dotées d’une caméra, d’un pavé tactile situé sur l’une des branches, d’un micro, de haut-parleurs et de plusieurs capteurs (compas, gyroscope, accéléromètre), l’hybridation des espaces réel et virtuel sera simultanée et géosituée dans le déplacement du corps. La multiréférence des espaces informationnels va ainsi développer une mixité, sinon une surcharge cognitive.

    16Ces techniques immersives sont aussi implémentables sous la peau ou dans le crâne. On peut citer, par exemple :

    • les stimulateurs cardiaques ;
    • les prothèses auditives ;
    • les pompes d’administration de médicaments pour des patients atteints de sclérose en plaques ou de diabète ;
    • les technologies implantables de neurostimulation qui agissent sur l’activité électrique des nerfs (système nerveux central ou périphérique) ;
    • les électrodes implantées dans la rétine reliées à une paire de lunettes équipées d’une caméra miniature pour les personnes souffrant d’une rétinopathie pigmentaire ;
    • les technologies de stimulation cérébrale profonde, pour les cas de coma, des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer ;
    • les membres bioniques commandés par microprocesseur ;
    • les neuroprothèses commandant des bras robotiques.

    17Mais ces techniques ne sont pas sans défaillances, déjà inventoriées par le Groupe européen d’éthique des sciences et des nouvelles technologies auprès de la Commission européenne dans son rapport du 16 mars 2005 (Rodotà et Capurro, 2005) comme celles de « réaction tissulaire ; migration du transpondeur implanté ; sécurité des informations compromise ; défaillance du transpondeur implanté ; défaillance de l’applicateur ; défaillance du scanner électronique ; perturbations électromagnétiques ; risques électriques ; incompatibilité avec l’imagerie par résonance magnétique ; blessure par l’aiguille ».

    18En branchant directement notre cerveau sur des écrans, des ordinateurs et des robots, précise Laurent Bougrain, la neuroprothèse8 est une prothèse rattachée au système nerveux central ou périphérique : « Le principe de base des Brain-Machine Interfaces est d’analyser en temps réel la modulation de l’activité cérébrale afin de contrôler un actionneur. Les signaux électro-encéphalographies (EEG) de l’homme sont souvent utilisés pour contrôler le curseur d’un ordinateur ou d’autres dispositifs. Ces interfaces sont principalement destinées à rétablir la communication chez des personnes souffrant du syndrome d’enfermement ou locked-in patients et la restauration de fonctions motrices chez des personnes tétraplégiques ou amputées via des stimulations électriques ou un bras robotique » (Bougrain et al., 2012). Si un amputé est connecté directement à son aide technologique, il retrouvera des sensations et sera alors en mesure d’accepter plus facilement son nouveau membre. L’unité du corps propre sera favorisée par une hybridation intégrée.

    Conclusion

    19Si les progrès technologiques, en normalisant l’être handicapé comme un standard transhumain*, sont parvenus à reculer l’âge de la mort en améliorant les conditions mêmes de l’existence, cet allongement de la vie, du moins en Occident, repose sur un aménagement indéfini de l’handicapabilité par l’hybridation.

    20L’homme hybridé, s’il vient bouleverser les catégories du normal et du pathologique en retrouvant ce que le Philèbe de Platon appelait déjà la question du mixte, reste provisoire et incertain. Il doit éviter la stigmatisation en revendiquant sa mixité mais en refusant d’être réduit à la monstruosité. Il voudrait se rendre invisible en arborant une apparence corporelle standard. Mais nous avons démontré que pour le corps vécu en première personne (Depraz, 2012), l’hybridation démultiplie les références identitaires. Le trouble peut atteindre le sentiment d’intégrité de soi-même si l’hybridation est une intrusion trop intense. Mais elle peut aussi révéler à chacun de nous combien le corps humain est métissé (Younès, 2013).

    Bibliographie

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    Format

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    Richard, R. (2012). L’expérience sportive du corps en situation de handicap : vers une phénoménologie du fauteuil roulant. Staps, 98(4), 127. https://doi.org/10.3917/sta.098.0127
    Younès, C. (2013). Biosophie : quels espaces immersifs et partagés ?. Appareil, (11). https://doi.org/10.4000/appareil.1756
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    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

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    Notes de bas de page

    1 L’origine de l’exemple, bien qu’inauguré par Plutarque, trouve ses plus fins développements chez Hobbes dans son livre De Corpore. Merci à notre étudiant Silvère Lamaze, Changer d’identité ?, mémoire de master 2 philosophie, université de Lorraine, 2011.

    2 Les professeurs Bernard Devauchelle, Sylvie Testelin, les docteurs Christophe Moure, Cédric d’Hauthuille du CHU d’Amiens et le professeur Benoît Lengelé de l’université catholique de Louvain, en collaboration avec l’équipe du professeur Jean-Michel Dubernard du CHU de Lyon.

    3 Voir l’encadré « Oscar Pistorius ou une catégorie sportive impossible à penser » de Damien Issanchou et Éric de Léséleuc, p. 131.

    4 Par handicapabilité (handicap/ability), nous entendons une adaptation de la capacité fonctionnelle lorsque le développement ou l’état du corps physique trouve dans la technique et dans l’aménagement de l’environnement les moyens de l’hybridation du corps et de ses fonctions, trop souvent interprétée comme une déshumanisation. À la différence du handicap, l’handicapabilité, comme nouvelle « recatégorisation » de la performance handicapée, utilise la technique de manière performative en modifiant les limites, autant que possible, de la dépendance.

    5 CHU Henri-Mondor de Créteil.

    6 Délai entre l’activation neuronale du cerveau d’un individu et la prise de conscience du résultat de cette activation par cet individu.

    7 http://claire-sistach.blogspot.fr

    8 Je remercie ici Laurent Bougrain (équipe Cortex, Loria, Nancy) pour son accueil et les explications scientifiques de ses travaux présents sur ces neuroprothèses lors du colloque que nous coorganisions avec Nicolas Rougier (Inria, Nancy) et Christine Bourjot (MAIA, Loria, Nancy).

    Auteur

    • Bernard Andrieu

      Philosophe, professeur à la faculté du sport de l’université de Lorraine à Nancy et chercheur, EA 4360 APEMAC/EPSaM Metz et MSH 5 Lorraine USR CNRS 3221 et associé UMR 7268 CNRS ADÉS.

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    1 L’origine de l’exemple, bien qu’inauguré par Plutarque, trouve ses plus fins développements chez Hobbes dans son livre De Corpore. Merci à notre étudiant Silvère Lamaze, Changer d’identité ?, mémoire de master 2 philosophie, université de Lorraine, 2011.

    2 Les professeurs Bernard Devauchelle, Sylvie Testelin, les docteurs Christophe Moure, Cédric d’Hauthuille du CHU d’Amiens et le professeur Benoît Lengelé de l’université catholique de Louvain, en collaboration avec l’équipe du professeur Jean-Michel Dubernard du CHU de Lyon.

    3 Voir l’encadré « Oscar Pistorius ou une catégorie sportive impossible à penser » de Damien Issanchou et Éric de Léséleuc, p. 131.

    4 Par handicapabilité (handicap/ability), nous entendons une adaptation de la capacité fonctionnelle lorsque le développement ou l’état du corps physique trouve dans la technique et dans l’aménagement de l’environnement les moyens de l’hybridation du corps et de ses fonctions, trop souvent interprétée comme une déshumanisation. À la différence du handicap, l’handicapabilité, comme nouvelle « recatégorisation » de la performance handicapée, utilise la technique de manière performative en modifiant les limites, autant que possible, de la dépendance.

    5 CHU Henri-Mondor de Créteil.

    6 Délai entre l’activation neuronale du cerveau d’un individu et la prise de conscience du résultat de cette activation par cet individu.

    7 http://claire-sistach.blogspot.fr

    8 Je remercie ici Laurent Bougrain (équipe Cortex, Loria, Nancy) pour son accueil et les explications scientifiques de ses travaux présents sur ces neuroprothèses lors du colloque que nous coorganisions avec Nicolas Rougier (Inria, Nancy) et Christine Bourjot (MAIA, Loria, Nancy).

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    Ce livre est cité par

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    • Andrieu, Bernard. (2016) Vers un éveil techno-émersif de l’humain : la cosmose de notre corps vivant. Le Portique, 37-38. DOI: 10.4000/leportique.2878
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    • Andrieu, Bernard. (2020) Se détatouer : furtivité identitaire ou vivacité corporelle ?. Nouvelles perspectives en sciences sociales, 15. DOI: 10.7202/1068182ar
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    • Tordo, Frédéric. (2019) Qu’est la sexualité devenue ?. DOI: 10.3917/pres.schae.2019.01.0168
    • Tordo, Frédéric. (2020) Sensations, perceptions, images psychiques et représentations chez l’homme connecté. psychologie clinique. DOI: 10.1051/psyc/202049101
    • (2017) Bibliographie. Le Journal des psychologues, n° 350. DOI: 10.3917/jdp.350.0053
    • Pitteri-Ulcyfer, Aleksandra. (2026) The psychoanalytic framework and psychic functioning in the age of cyberculture. The example of teleconsultations and artificial intelligence. International Forum of Psychoanalysis, 35. DOI: 10.1080/0803706X.2025.2577151

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