Du corps pesant au corps léger : approche anthropologique des formes
p. 53-59
Texte intégral
1L’obésité est un concept défini par le monde biomédical occidental actuel selon des critères bio-mathématiques (l’IMC ou Indice de Masse Corporelle B [poids en kg] divisé par T au carré [hauteur en cm au carré] : si cela dépasse 24 pour les femmes et 26 pour les hommes on est obèse) ; comme s’il existait sur la planète un être mythique appelé homo sapiens sapiens moyen à l’aune duquel se calculent toutes les mesures « idéales ». Les efforts de standardisation, comme nous l’avons vu dans l’exemple précédent, se sont poursuivis sur toutes sortes de mesures, les plus connues étant les « normes » nutritionnelles longtemps utilisées par l’OMS pour définir les besoins nutritionnels minima des êtres humains selon l’âge, le sexe et la stature. Ces tables se sont avérées souvent peu utilisables dans certains contextes. Des nutritionnistes ont démontré qu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée, par exemple, certaines populations vivent en excellente santé avec des consommations protidiques significativement inférieures aux « besoins » spécifiés par l’OMS (Hipsley et Kirk, 1965). Il apparaît que la diversité humaine est telle qu’une standardisation planétaire d’un être physique représentatif de l’ensemble des populations est à peu près impossible. Cette diversité est un des sujets d’étude de l’anthropologie, et un des postulats de cette discipline, qu’elle soit biologique ou culturelle, est de replacer les individus dans leur contexte (et ces derniers varient grandement aussi) : physique, environnemental et culturel. Je voudrais discuter ici des différentes représentations des images et valeurs données au corps « gros » et au corps « mince », à la fois dans le temps et dans l’espace.
2Une de nos plus anciennes représentations sculptées d’êtres humains en Occident est féminine : la Vénus de Lespugue : obèse ou belle ? Elle est caractéristique de toutes les statuettes féminines de l’Aurignacien (Leroi-Gourhan, 1964). Il est significatif que les chercheurs du xixe siècle la qualifièrent de « Vénus », déesse de l’amour, et épitomé de la beauté. Si ces Vénus ont été supposées belles pour leurs créateurs par leurs découvreurs, c’est sans doute qu’ils partaient du principe que si l’on représentait une forme féminine, elle devait être nécessairement « belle », sinon, on n’en ferait pas des statues : postulat quelque peu ethnocentrique au sens large du terme... Le ventre énorme, les cuisses massives, les fesses ballonnées sont peut-être symbole de fertilité et d’abondance ? Il se peut qu’elles soient la forme d’une idée plutôt que d’une image corporelle considérée comme esthétiquement désirable. Existait-il des femmes de cette forme ou s’agit-il d’une image idéalisée ? Nous ne le saurons jamais, mais retenons le fait que de lointains ancêtres se sont donné le mal de sculpter des formes féminines énormes, probablement pas par hasard.
3Dans le monde occidental la corpulence semble être un attribut plutôt positif jusqu’à une époque récente. Selon les standards actuels, pour ce qui est de la perfection sculpturale des corps humains représentée par les artistes de la Grèce antique, si les hommes nous paraissent beaux, les femmes, y compris la célèbre Vénus de Milo, qui, si on mesurait son tour de hanches, de taille et de poitrine, devrait faire un grand 441 dans nos tailles vestimentaires, ne serait pas considérée aujourd’hui comme un exemple de beauté parfaite : trop massive.
4Mais, au cours des siècles, il y eut cependant de notables fluctuations dans les idéaux esthétiques, que nous pouvons analyser, comme le fait J.-L. Flandrin (Flandrin, 1989), à partir de données iconographiques, pour la période entre le xiie et le xviiie siècle. Jusque dans les années 1500, pour l’élite de la société occidentale, les aristocrates, voire les ecclésiastiques, l’idéal esthétique est une minceur élégante. Les hommes et les femmes représentés, dans les dessins ou les tableaux (notamment ceux du peintre Cranach), sont jeunes et longilignes. Les femmes ont de petits seins, hauts placés, des tailles fines, un petit ventre agréablement rond, un cou mince et un port de tête gracieux. Les hommes ont les épaules développées, la taille mince, les jambes longues et bien proportionnées. Or, ce qui est frappant dans cet idéal esthétique, c’est qu’il correspond à une cuisine et une alimentation que l’on pourrait de nos jours qualifier de « légère », peu de lipides, peu ou pas de sucre. En effet, ce que l’on sait de la consommation alimentaire des élites, qui ont laissé des textes écrits de recettes, de menus, de conseils diététiques, c’est que leurs plats, très aromatisés par des épices, signe de statut et de richesse, ne comprennent ni beurre ni crème, un peu de lard, des huiles végétales, et utilisent des techniques de cuisson permettant une cuisson « légère », dont les grillades et les cuissons à l’étouffée. Le gibier et surtout tous les volatiles sont leurs viandes privilégiées, ainsi que les légumes et les fruits poussant au-dessus du sol, des produits de « couches supérieures » pour êtres « supérieurs ». Aux manants et paysans, les cochons, les grosses viandes de bovin, les racines et tubercules (Laurioux, 1989). Le paysan est vu comme un être physiquement grossier, trapu, épais, laid. Et il est certain que les différences en régime alimentaire suffisent à expliquer les différences en aspect physique. Cet aspect massif se retrouve dans les tableaux de Breughel le Vieux. Lorsqu’il dépeint une société paysanne du xvie siècle, ses personnages sont gros : dans un tableau au musée de la Ville de Bruxelles, représentant une noce villageoise, la mariée, aux joues rouges et rebondies, est tout à fait obèse. Or dans cette même classe de la société, le gros est beau, valorisé : un autre tableau du même Breughel montre un pauvre hère, maigre, étique, chassé par une famille d’obèses rebondis s’empiffrant de saucisses et jambons dans une joyeuse ambiance d’abondance alimentaire que nous qualifierions d’hyperlipidique, sans doute rare ou discontinue pour cette classe de personnes et à cette époque.
5Mais l’aristocratie européenne, avec la fin des féodalismes, la centralisation grandissante des États, le plus grand développement de l’agriculture, transforme aussi sa manière de vivre, de manger, et cela a des conséquences sur son apparence physique. C’est en effet le début de l’invention de la grande cuisine classique française, qui ira conquérir les tables royales du monde entier, et sévira en dictature gastronomique jusqu’à la moitié du xxe siècle. C’est l’apparition du beurre et de la crème, des sauces veloutées, nappantes, du sucre, des techniques de cuisson exigeantes en lipides, et d’une surabondance de mets sur les tables des grands de ce monde. Dès la fin du xvie siècle, les images nous montrent des individus qui ont pris du poids, et la corpulence, tant chez les femmes que chez les hommes devient un critère esthétique important : un bon exemple en est le tableau de Rubens Les Trois Grâces. Il ne s’agit pas vraiment d’obésité, mais d’une corpulence que nos nutritionnistes contemporains trouveraient très excessive et que la presse féminine qualifierait « d’invasion de cellulite ». Le changement de cuisine inverse les valeurs esthétiques : le corps grossit pour être beau chez les nantis. Ils étalent leur richesse et leur bien-être non plus seulement dans de somptueux banquets où l’on nourrit des centaines de personnes, comme cela se faisait au Moyen Âge, mais en montrant à travers une image étoffée du corps un statut social élevé. On assiste à une forme plus égocentrique et plus hiérarchisée de la représentation du pouvoir.
6Nous suivons le déroulement de l’histoire, et avec le développement des classes bourgeoises, celles-ci vont prendre pour modèle « de distinction » les classes aristocratiques. La classe « inférieure » sera avide de prendre les caractéristiques physiques des classes « supérieures ». Cette projection d’une corpulence idéale opulente est maintenue et se perpétue jusque dans la bourgeoisie du xixe siècle. La grosseur, voire l’obésité sont un signe de richesse et de succès. La réussite matérielle ne peut qu’être ventripotente.
7Ce phénomène a été fort bien étudié pour notre époque par Pierre Bourdieu (Bourdieu, 1990).
8Il montre comment les goûts alimentaires, les types de plats, les techniques culinaires, sont utilisés pour une progression « ascendante » des couches inférieures de notre société vers l’idéal « supérieur». Il est clair que le régime alimentaire des cadres supérieurs et des grands bourgeois est nettement moins calorique et moins abondant que celui des manœuvres ou des ouvriers. Encore une fois, nous assistons à une répercussion sur l’apparence corporelle : l’idéal contemporain du jeune cadre dynamique mince, de la jeune femme longiligne, de l’individu débarrassé de la moindre couche adipeuse, devient un but à atteindre, qui mérite tous les efforts des « socialement ascendants ».
9On pourrait comprendre l’engouement pour les corps gros de la part des populations, pauvres ou paysannes, jusqu’au début de notre siècle. Rien ne garantissait l’abondance alimentaire à ces catégories d’individus. Les famines furent nombreuses, la sous-nutrition fréquente. Être gros signifiait aussi être riche, ou avoir des réserves sur lesquelles survivre. Gros et fort étaient des adjectifs souvent couplés, objectifs désirés, forcément « beaux ». De nos jours, le terme fort est un euphémisme pour gros.
10Mais voilà que paradoxalement, en Occident, c’est dans un monde de pléthore alimentaire que le balancier revient vers une esthétique des corps longilignes, voire étiques. Jamais les pays industrialisés n’ont connu une telle abondance de nourriture. Non seulement des produits de base tels que céréales, beurre, viandes, sucre, sont en surplus, mais le marché, grâce à l’industrie agro-alimentaire, permet une vaste distribution, dans les moindres coins perdus, de tous les aliments ou presque produits sur la planète. Pour très peu d’argent, on peut manger à sa faim. Lipides et glucides sont présents partout : le risque d’obésité est grand, et certaines couches de la population des pays industrialisés, notamment en Amérique du Nord, développent des générations d’obèses. Mais cette fois-ci, il s’agit d’une obésité des classes plutôt défavorisées, et une obésité redoutée pour ses conséquences sur la santé et abhorrée esthétiquement. La minceur devient alors signe de succès, de prospérité, voire de richesse. Le corps gros est l’attribut des pauvres qui ont une alimentation plus « grossière », qui se « laissent aller ». Il est bien entendu moins cher de se nourrir de « fast food » hyperlipidiques et sucrés que de salades et sushi2 japonais !
11Les médias ne cessent de projeter cette image mince, sportive, hyperactive, d’hommes et de femmes éternellement jeunes, même une fois retraités, comme un idéal esthétique et moral.
12Or, en même temps, la société occidentale n’a jamais autant produit de littérature, de films, de revues concernant la cuisine et la gastronomie. La nourriture est devenue un thème central pour des écrivains, des journalistes, des chercheurs en sciences sociales, voire des politologues ! La production de livres de cuisine dépasse quasiment toutes les autres : la plupart des femmes et des hommes en achètent, non pas pour les utiliser mais pour les lire, comme on lirait des contes de fées. Nous vivons dans une obsession alimentaire comme jamais auparavant. Jamais nous n’avons eu autant de nourritures offertes et disponibles, de grands et de petits restaurants. Nous avons fait des héros nationaux de certains cuisiniers, la perte ou le gain d’une étoile au Guide Michelin devient une affaire nationale... Et dans tout cela, il faut rester filiforme mais musclé, mince et élégant : au-delà d’une taille 44, une femme est vouée à l’enfer des « grosses ». La cuisine a, comme par le passé, suivi le mouvement (on pourrait parfois se demander si elle ne l’a pas initié ?). Dans notre modernité, où le pendule semble revenir à des critères de beauté que l’on pourrait qualifier de moyenâgeux, une révolution culinaire eut lieu avec l’invention de la Nouvelle Cuisine. Ce fut une réforme complète de la cuisine classique, inaugurée par Guérard, cuisinier vedette des années 70 et 80, utilisant des techniques et des plats beaucoup moins lipidiques, souvent moins sucrés et certainement moins copieux. Cette nouvelle philosophie culinaire a envahi toute la grande restauration, et fut suivie de près par la cuisine quotidienne des ménages. La « lipiphobie» (Fischler, 1990) s’est généralisée et se trouve particulièrement bien adaptée à notre nouvelle image du corps idéal, et à nos obsessions de santé.
13Ces phénomènes, plaçant les individus dans une position contradictoire, abondance et refus physique de cette abondance, donnent lieu à des désordres bio-sociaux touchant plus particulièrement les jeunes femmes. Je veux parler de l’anorexie mentale et de la boulimie, phénomènes presque inexistants dans d’autres cultures de la planète, mais qui atteignent chez nous des proportions très alarmantes. Car poussée jusqu’au bout, la logique du corps mince devient celle du corps léger, du corps « pur » : manger devient un acte obscène. Ce phénomène existait dans les siècles passés, mais était en quelque sorte réservé aux saintes, comme sainte Catherine de Sienne. Ce glissement vers un désir constamment dominé de nourriture, ou non dominé mais où l’on rejette physiquement ce que l’on a avalé (boulimie), cet usage de la nourriture en période de pléthore pour exprimer un mal-être, sont caractéristiques de nos sociétés industrielles. Cet état de fait accompagne logiquement l’esthétique du corps léger, donc beau, donc désirable. Il accompagne aussi un narcissisme croissant, un amour de l’image de soi, un amour de son propre corps que l’on va modeler à son gré, pour que l’image que nous renvoie le miroir corresponde aux critères esthétiques établis par notre système culturel.
14La préoccupation des Occidentaux sur la forme et l’image que donne leur corps à la société est-elle un phénomène apparu à partir du moment où le grand miroir devient un objet courant dans toutes les couches sociales ? V. Nahoum (Nahoum, 1979) explique dans un article sur « la Belle Femme », que jusqu’à ce que les grands miroirs deviennent monnaie courante, on ne voyait que son visage, dans de petites glaces. L’image du reste du corps n’était en fait reflétée que par le regard des autres, qui était le vrai miroir social. Jusqu’au milieu du xxe siècle, le miroir, en zone rurale ou en milieu populaire, était minuscule, on y voyait le visage, pour que les hommes puissent se raser, tout au plus la moitié supérieure du corps.
15Il faut peut-être chercher dans le miroir, tout comme dans l’abondance alimentaire, la forme élaborée de narcissisme et d’obsession envers son corps qui se manifeste dans nos sociétés. Celle-ci va peut-être aussi de pair avec les préoccupations majeures que sont aujourd’hui le maintien de la santé, de la forme et l’activité physique. Ce désir d’éternelle jeunesse viendrait-il remplacer l’idée religieuse de salut pour la vie éternelle ? Il nous faut un corps léger de forme mince, sain, et jeune jusqu’à 120 ans.
16Est-ce une nouvelle conception de l’immortalité ?
17D’autres cultures humaines ont valorisé les gros. Souvent comme signe de statut, de pouvoir et de richesse. Et dans bien des cas, pour des raisons esthétiques. Les jeunes femmes de l’île de Djerba, pour atteindre à une parfaite beauté, étaient engraissées avant leur mariage. Enfermées et suralimentées, jusqu’à l’obésité désirée. L’abandon relativement récent de cette coutume s’est fait sous la pression des femmes tunisiennes, à qui la constitution donne le droit de vote et d’expression, leur permettant de refuser « la coutume ». Mais aussi parce que les critères esthétiques ont radicalement changé avec l’adoption d’une image beaucoup plus proche de l’idéal occidental.
18Parmi les populations touarègues, les femmes nobles, de par leur statut, se devaient d’être obèses. Nourries et oisives, leur rôle était de perpétuer la lignée. En Asie, l’iconographie ancienne nous donne à voir les portraits de grandes beautés japonaises ou chinoises, et on remarque que ces jeunes femmes, abondamment vêtues, nous révèlent double, voire triple mentons, et mains très potelées.
19Igor de Garine, dans une étude des Massa du Cameroun (Garine et Koppert, 1991), a montré qu’il existait pour certains jeunes gens de cette population un rituel d’engraissement. À certaines périodes, de jeunes garçons pubères étaient gavés de lait, suralimentés jusqu’à en vomir, afin d’acquérir un embonpoint impressionnant. Ils devenaient des lutteurs, des champions, et il s’ensuivait des grands jours de fête, et les corps gros de ces jeunes leur conféraient la beauté et l’attrait sexuel. Dans ce cas cependant, l’obésité est passagère. Les jeunes perdent graduellement leur graisse, et ne participent plus au rituel d’engraissement les années suivantes. Comme si le beau corps gros existait pour initier le cycle de fertilité et de reproduction.
20Les lutteurs sumos du Japon sont encore un exemple d’obésité valorisée. Ces jeunes gens aux formes énormes, suralimentés, massés, soignés avec attention, sont de véritables héros nationaux lorsqu’ils deviennent des champions, et exercent un attrait très fort sur les jeunes femmes. Leur corpulence est « admirable » et attirante, esthétiquement et sexuellement3.
21L’idéal esthétique, masculin ou féminin varie autour du monde, du maigre au gros, et il varie aussi, nous l’avons vu plus haut, dans le temps. Ces variations sont dues à des transformations dans la société, liées à des modifications dans les habitudes alimentaires et les techniques culinaires. L’image idéalisée est également étroitement liée à celle de l’élite, des groupes dirigeants. Pour se différencier, pourrait-on dire que l’élite d’une société se donne une image corporelle en contraste avec les ressources alimentaires, gros en temps de manque et mince en temps d’abondance ? Corps gros et corps maigres projettent des signes identitaires et esthétiques, négatifs ou positifs selon les cultures ou les époques.
22Ce qui apparaît en tout cas, c’est qu’à travers la projection de cette image idéale s’exerce un contrôle social. Il définit le modèle auquel il faut se conformer ou vers lequel tendre, pour être totalement reconnu et accepté par la culture, ses valeurs esthétiques, voire morales. Ce contrôle est d’autant plus insidieux qu’il touche à des comportements intégrés, incorporés dans le subconscient des individus, ancrés dans le biologique : la faim, la satiété, l’appétence. Cela démontre, s’il en était encore besoin, que biologie et culture sont étroitement imbriquées.
Notes de bas de page
1 En France, la taille 44 semble marquer la frontière entre le « normal » et le « grandes tailles », autrement dit, vêtements pour grosses femmes, qualifiées par l’euphémisme de « fortes ».
2 Plat japonais, le sushi est une sorte de petite tartine de riz aromatisé au vinaigre et recouverte d’une tranche de poisson cru. Il en existe de nombreuses variétés, comprenant de tous les produits de la mer, y compris des algues. Très en vogue actuellement aux États-Unis, le sushi est un aliment comportant très peu de lipides, et ces derniers sont de « bons » lipides, puisque mono-insaturés de type oméga 3. Ils peuvent réduire la production de cholestérol.
3 Notre collègue Patrick Pasquet m’a fait une intéressante observation : ces hommes obèses sont des lutteurs et des champions, ils sont admirés pour leur force et leur « héroïsme ». Il s’agirait d’un concept transculturel. Un autre exemple en est chez les Polynésiens anciens le physique admiré des chefs : grands et gros. Cet idéal esthétique se retrouve encore aujourd’hui à Samoa, tant pour les hommes que pour les femmes.
Auteur
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1999
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2004
