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    Plan détaillé Texte intégral Public actif contre public passif La presse La conversation L’opinion L’action Corps politique actif contre corps politique passif Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La réception

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Influence et réception chez Gabriel Tarde. Un paradigme pour la recherche sur l’opinion et les communications

    Elihu Katz

    p. 23-40

    Note de l’éditeur

    Reprise du no 11-12 de la revue Hermès, À la recherche du public, Réception, Télévision, Médias, 19931.

    Texte intégral Bibliographie Références bibliographiques Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Elihu Katz est le premier à affirmer que la presse alimente la conversation2, que la conversation façonne l’opinion, et que l’opinion déclenche l’action ? La réponse qui vient immédiatement à l’esprit serait : « Paul Lazarsfeld, dans ses études sur le vote ». Pourtant si vous aviez posé la question à Paul Lazarsfeld, celui-ci vous aurait répondu : « Gabriel Tarde, dans son essai, La conversation ». Avocat, fonctionnaire, statisticien, romancier, spécialiste d’histoire sociale, Gabriel Tarde avait l’âme d’un psychologue social féru de recherche empirique. On se souvient surtout aujourd’hui de l’adversaire malheureux de Durkheim et de son ouvrage Les Lois de l’imitation. J’ai le sentiment cependant qu’il mérite d’être mieux lu qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce dont je suis sûr, c’est que la plus grande attention doit être accordée à l’un de ses essais, quasiment inconnu, sur l’opinion et la conversation. Cet essai me paraît être le document fondateur de l’un des paradigmes* dans notre champ.

    2L’essai de Tarde de 1899 représente en effet un programme pour la recherche sur l’opinion publique et la communication de masse, aussi valide aujourd’hui qu’il l’était alors. Il soutient que les moyens de communication de masse n’ont qu’une faible influence directe sur l’opinion sauf lorsqu’ils sont repris comme sujets de conversation. Il ne s’agit pas véritablement du flux en deux étapes (two steps flow*) de The People’s Choice (Lazarsfeld et al., 1944). Dans cette approche, les messages politiques, s’ils accèdent aux réseaux interpersonnels, le font par l’intermédiaire d’une première étape : celle que constituent les membres de ces réseaux relativement les plus attentifs aux médias. Il est alors significatif que l’hypothèse de Tarde anticipe le réexamen dont a fait l’objet, et dont continue de faire l’objet, la thèse du flux en deux étapes. Chez Tarde, il s’agit en effet d’un flux d’influence, et non d’un flux d’information ; cela consiste à choisir le groupe comme unité d’analyse, plutôt que l’individu ; il s’agit enfin d’insister sur la réciprocité de la conversation, en rejetant l’image de ce simple relais que constitueraient les leaders d’opinions.

    3L’article de Tarde attira l’attention de Lazarsfeld, à un moment situé entre l’étude sur le vote de 1944 et celle de 1954 (Berelson et al., 1954). Il l’associa non pas avec le flux à deux étapes mais avec le rôle de l’influence interpersonnelle dans la formation de l’opinion et de la prise de décision. J’étais l’un de ses étudiants à l’époque, et je me souviens du vif intérêt qu’il manifesta pour cet essai, ainsi que la suggestion qu’il nous fit d’en extraire les propositions sous-jacentes, exercice qui illustrait la stratégie systématique par laquelle il nous apprenait – pour reprendre ses termes – « comment on lit un livre ». Un groupe d’étudiants et de collègues de l’Annenberg School effectue aujourd’hui ce que Paul Lazarsfeld aurait voulu que nous fassions. Nous nous demandons, cent ans après, ce qui, du programme de Tarde, a été réalisé3.

    Public actif contre public passif

    4L’étude de Tarde ne possède pas seulement un intérêt historique. Le fait de soutenir que la conversation joue un rôle fondamental dans le processus politique l’amène à poser avec force un problème contemporain : celui de la meilleure représentation d’un public, alternativement conçu comme « actif » ou comme « passif ». Depuis leur début, la théorie et la recherche sur l’opinion publique et la communication ne cessent de revenir à cette question : celle de savoir si les avocats et les spectateurs sont éveillés ou endormis.

    5Un camp peut ainsi « prouver » que le corps politique, à l’instar du public de la télévision, est mal informé, inattentif, anomique*, aliéné, apolitique, et vulnérable. L’autre camp peut aussi bien « prouver » que le citoyen ou le spectateur est attentif, informé, intégré dans une communauté d’interprétation, capable d’une relation critique vis-à-vis des médias et de ses pairs, susceptible d’influer effectivement sur la formation d’une opinion publique. Il est aisé de comparer les travaux de Kubey et Csikszentmihalyl (1990), dont la méthode consiste à arracher à coups de sonnettes les téléspectateurs à leur torpeur, à ceux de Livingstone (1991), ou Liebes et Katz (1990) où l’on voit les amateurs de feuilletons-télé interpréter en profondeur la structure de leurs séries préférées. Il est aisé d’opposer Converse, lequel renonce à trouver toute cohérence idéologique aux opinions du public4, à Gamson (1992) qui offre une démonstration des procédés par lesquels les citoyens les moins politisés structurent l’information politique. Un parallèle s’impose enfin entre les publics – victimes que l’on trouve chez Noëlle-Neumann (1986), Gerbner et Gross5 ou Gitlin6 – publics malmenés par des médias qui leur imposent ce qu’il ne faut pas dire et ce qu’il ne faut pas penser, et les récepteurs résistants que l’on trouve chez Morley7, ou chez Delli Carpini et Williams8, récepteurs cette fois-ci férus de lectures oppositionnelles ou capables de négocier le sens des émissions.

    6La conversation est une clé pour comprendre la différence entre l’actif et le passif : la presse n’exerce pas d’influence directe et autoritaire, elle anime plutôt le programme des conversations. « II suffit d’une plume pour mettre en mouvement un million de langues » dit Tarde. Celui-ci est sans conteste partisan de l’idée d’un public actif : il en est l’inventeur, lui qui prétend que la démocratie participative se définit par cette caractéristique9. Médias – conversation – opinion – action, sont les éléments constitutifs du modèle de Tarde, modèle qui fonctionne uniquement, selon lui, de manière linéaire : la conversation politique est nourrie par les journaux ; l’opinion est le résultat de la conversation ; l’action économique, politique et culturelle dépend des opinions.

    7Que Tarde se situe ou pas dans le camp victorieux du débat qui oppose tenants de l’actif à ceux du passif importe peu ici, puisque les années 1990 ne sont pas les années 1890. Mon objectif est plutôt de clarifier le sens qu’il confère à chaque élément constitutif de son paradigme, et d’explorer, tout du moins de manière préliminaire, les liens entre ces éléments, de façon à éclairer certaines de ses hypothèses sous-jacentes.

    La presse

    8Au niveau macro-social, Tarde pose, comme d’autres l’ont fait, que la presse a exercé une influence déterminante sur la montée des États-Nations. Avant l’apparition du journal, écrit Tarde, seul le monarque avait les moyens de dire ce que les gens pensaient dans les différents villages, et l’unité balbutiante de la nation convergeait en sa personne. Le journal s’arrogea et démystifia cette fonction royale. En présentant les uns aux autres des villages éparpillés, la presse devint elle-même le foyer et l’agent de l’intégration nationale. Tarde accorde aussi à la presse, toujours au niveau macro-social, d’avoir fourni un programme national au Parlement. Son regard sur la presse est moderne en ce qu’il la considère comme indépendante et critique, le légendaire chien de garde du gouvernement. Tarde met ainsi au crédit de la presse d’avoir rendu le Parlement supérieur au Roi.

    9Au niveau micro-social, Tarde estime que les journaux servent de menus aux conversations qui se déroulent dans les cafés, les gargotes et les salons. Il suggère ainsi que les clients trouvent deux cartes en s’asseyant à leur table – la première est celle des mets et des boissons ; la seconde est celle des problèmes sociaux offerts à l’attention et à la discussion.

    La conversation

    10Lorsqu’il évoque les cafés, les salons et les boutiques qui accueillent les conversations politiques, Tarde dit que « le pouvoir sort de là comme la richesse sort des manufactures et des usines ». La politique ne peut se passer de la conversation ni de la presse, et aucune de ces dernières ne peut se passer de l’autre. Sans la presse, écrit Tarde, la conversation ne se serait jamais élevée au-dessus du commérage, et sans la conversation « les journaux auraient beau paraître, ils n’exerceraient sur les esprits aucune action durable et profonde ». Telle est en somme la version offerte par Tarde des « deux étapes du flux de la communication », une version qui se démarque de celle proposée par Lazarsfeld, mais se rapproche par contre de celle qui s’est progressivement dégagée de ses révisions et améliorations. On y parle plus d’information, mais d’influence. C’est le groupe qui sert d’unité d’analyse, plutôt que l’individu. On étudie la réciprocité en jeu dans la conversation et non le relais leaders-suiveurs.

    11Pour Tarde, la conversation, telle que nous la connaissons, est un phénomène moderne. La parole qui s’échange, avant cette modernité, se rapprocherait plutôt de la pratique de l’orateur... Elle est hiérarchisée, déférentielle, cérémonielle, soumise à une visée définie, alors que la conversation moderne, se révèle, pour sa part, égalitaire, librement accessible, et sans but précis. Lorsqu’une même conversation occupe une communauté entière ou une nation, en raison de la rapidité avec laquelle la presse diffuse son programme, l’opinion publique se cristallise et débouche sur l’action. Les diverses dimensions de la conversation peuvent servir d’indicateurs sociaux de la structure, des valeurs et du bon fonctionnement des systèmes politiques. Tarde nous invite à mesurer l’importance de la conversation dans les différentes strates sociales, à mesurer l’homogénéité géographique des sujets débattus, le taux de change de ces sujets, la longueur et les règles de l’interaction conversationnelle, la rapidité d’élocution ; à identifier les locuteurs, et la logique de leurs échanges.

    12Les hypothèses que propose Tarde se prêtent à vérification empirique : il suggère, par exemple, que les cultures qui s’expriment lentement et cérémonieusement, les Japonais ou les Arabes, n’ont pas d’avenir au sein de la modernité ! Par ailleurs, Tarde estime que bourgeois et petits-bourgeois sont plus à même de discuter des nouvelles du jour. Opposant les paysans et fermiers aux ouvriers et commerçants, il avance que les premiers parlent essentiellement de la pluie et du beau temps, quand ils ne cancanent pas, tandis que les seconds incluent aussi dans leur discussion les sujets politiques développés par les quotidiens. « La météorologie politique s’est substituée à la météorologie céleste », remarque-t-il. La conversation des classes supérieures, plus philosophique, plus étendue, est également moins directement dépendante des journaux, exceptés « les jours où quelque nouvelle sensationnelle, quelque sensation obsédante remplit les journaux ». Parler la même langue, disposer de loisirs, posséder une éducation, être mobile et d’origine urbaine, autant de conditions nécessaires à l’existence et aux formes de la conversation. La nature de la conversation est même influencée par la doctrine religieuse.

    13L’influence exercée en face à face, dit-il, est la forme la plus efficace d’influence. Il n’existe pas d’autre médium – l’imprimé et le téléphone y compris – qui puisse capter l’attention à ce point. Les attributs non verbaux de l’interaction – les gestes, le ton, le charme – sont des éléments importants du processus de persuasion.

    L’opinion

    14L’opinion, selon Tarde, se forge dans la conversation10. Celui-ci n’approuverait pas Elisabeth Noëlle-Neumann (op cit., 1986) lorsqu’elle soutient que les individus choisissent librement d’exprimer ou de réprimer leurs propres opinions. Il y a bien plutôt chez Tarde cette idée moliéresque que la conversation abonde en surprises : chacun s’entend énoncer des opinions qu’il n’avait pas conscience de professer.

    15Dans l’esprit de Tarde, la conversation est le creuset de l’opinion. Et par opinion, il entend ce qui devrait être nommé « une opinion réfléchie ». Celle-ci diffère des réponses idéologiquement inconsistantes qu’enregistrent les sondages d’opinion bien qu’en fait de tels sondages soient aussi des conversations. Mais « l’opinion, dirons-nous, est un groupe momentané et plus ou moins logique de jugements, qui répondant à des problèmes actuellement posés, se trouvent reproduits en nombreux exemplaires dans des personnes du même pays, du même temps, de la même société »11.

    16L’opinion est donc pour Tarde une opinion sociale, un ensemble d’idées relatives à des problèmes d’actualité exprimées en public. « La transformation d’une opinion individuelle en une opinion sociale, en « l’opinion », est due à la parole publique dans l’antiquité et au Moyen-Âge, à la presse de nos jours, mais dans tous les temps et avant tout aux conversations privées... » Il est essentiel, continue-t-il, que chacune des personnes « ait une conscience plus ou moins nette de la similitude des jugements qu’elle porte avec les jugements portés par autrui ; car si chacune d’elles se croyait isolée dans son appréciation, aucune d’elles ne se sentirait et ne serait par là proche dans une association plus étroite avec ses pareilles ».

    17Moins éloigné de Durkheim qu’on ne le supposerait, Tarde croyait en l’émergence d’une opinion dominante au sein des opinions en concurrence. L’opinion devenue dominante requiert la conformité, et « devient d’autant plus forte et plus irrésistible que le public est plus nombreux ». Réfutant d’avance la notion d’« extro-détermination » avancée par David Riesman, Tarde pourrait – ou on pourrait lui faire – dire qu’un tel effet de conformité à fort peu à voir avec une quelconque force de caractère. Au contraire, c’est la diffusion massive et rapide de l’opinion par le biais de la presse et des réseaux interpersonnels qui est à incriminer.

    L’action

    18L’opinion réfléchie mène à l’action sociale. L’action, parfois, se révèle être radicale. Mais la plupart du temps, selon Tarde, elle n’est que l’expression quotidienne du choix, entre différents besoins, entre les moyens disponibles pour les satisfaire, entre les dirigeants politiques et leurs programmes, entre les doctrines religieuses et esthétiques.

    19Toute opinion est une évaluation. L’évaluation mène à la réputation, et c’est pour faire acte d’allégeance à des réputations nées de conversations apparemment futiles que l’on se rend sur les places des marchés et dans les bureaux de vote. C’est dire combien l’analyse tardienne de la structure politique est faible, ne retenant quasiment de celle-ci que les actions au cours desquelles des agrégats d’individus expriment leurs préférences. Néanmoins Tarde (qui n’est pas très impressionné par le pouvoir des parlements) croit que la conversation la plus triviale représente en elle-même un frein puissant au pouvoir gouvernemental, et ceci, dans une plus large mesure encore que la presse.

    Corps politique actif contre corps politique passif

    20Permettez-moi de revenir sur le débat actif-passif. Les détracteurs du citoyen actif à la Tarde avancent que :

    1. les médias ne sont pas indépendants ; en connaissance de cause ou pas, ils ne sont que des agents du pouvoir12 ;

    2. les médias sont tout-puissants ; la conversation n’est, au mieux, qu’un simple canal d’expression pour les messages hégémoniques des médias13 ;

    3. les médias sont aussi susceptibles de museler l’opinion dans la conversation que de la stimuler (Noëlle-Neumann, 1986) ;

    4. en fait, dans la plupart des cas, les médias jouent moins le rôle d’un stimulant que celui d’un soporifique (Kubey, Csikzentmihalyl, 1990) ;

    5. les opinions ne se forment pas dans la conversation (Noëlle-Neumann, op. cit., 1986) ;

    6. les opinions ne reposent pas sur un savoir informé (Neuman, 1988), et elles sont contradictoires14 ;

    7. si l’on concède néanmoins qu’il existe une opinion stimulée par les médias, cette opinion reste confinée aux limites de la salle de séjour15 ; et, pour couronner le tout,

    8. les lieux et les moyens institutionnels d’expression des opinions politiques sont inexistants ou bloqués (Wolsfeld, 1989).

    21Nous balançons entre plusieurs paradigmes, sans véritablement progresser. Il est temps d’effectuer quelques expériences cruciales et de nous mettre d’accord sur des méthodes appropriées de recherche plutôt que d’accumuler, dans nos banques de données, un trésor de références bibliographiques contradictoires. Il est temps de savoir si notre démocratie est une « démocratie sans citoyens »16. Il est urgent de revenir sur le problème de la conversation : qui parle à qui, où, à quelle fréquence, à propos de quoi ? Or, nous disposons aujourd’hui d’un allié potentiel au moins. Tandis que nous regardions ailleurs, une nouvelle discipline s’est constituée, dont l’objet principal est d’étudier la dynamique de la conversation : la sociolinguistique. Les sociolinguistes ne manifestent pas d’intérêt particulier pour la conversation politique, ou pour le rôle politique que peut jouer la conversation. La politique qui les intéresse est celle que met en œuvre tout participant à une conversation, quel qu’en soit le sujet. Il est clair que nous gagnerions à participer à leurs échanges, à nous joindre à leur propre conversation.

    22Nul doute qu’ils seraient heureux de découvrir Tarde, ni que Tarde eût aimé s’initier à leurs travaux. Quel que soit le sort de cette nouvelle approche, il est juste de reconnaître qu’elle avait un précurseur et que ce précurseur était Gabriel Tarde.

    Bibliographie

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    Format

    Kubey, R. (2013). Television and the Quality of Life. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203812266
    Lazarsfeld, P. F., Berelson, B., & Gaudet, H. (1968). The People’S Choice. Columbia University Press. https://doi.org/10.7312/laza93930
    Livingstone, S. (2013). Making Sense of Television. Routledge. https://doi.org/10.4324/9780203754559
    Kubey, Robert. Television and the Quality of Life. []. Routledge, 2013. doi:10.4324/9780203812266.
    Lazarsfeld, Paul F., Bernard Berelson, and Hazel Gaudet. “The People’S Choice”. []. Columbia University Press, December 31, 1968. doi:10.7312/laza93930.
    Livingstone, Sonia. Making Sense of Television. []. Routledge, 2013. doi:10.4324/9780203754559.
    Kubey, Robert. Television and the Quality of Life. [], Routledge, 2013. Crossref, https://doi.org/10.4324/9780203812266.
    Lazarsfeld, Paul F., et al. The People’S Choice. [], Columbia University Press, 31 Dec. 1968. Crossref, https://doi.org/10.7312/laza93930.
    Livingstone, Sonia. Making Sense of Television. [], Routledge, 2013. Crossref, https://doi.org/10.4324/9780203754559.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Références bibliographiques

    Berelson, B., Lazarsfeld, P.F. et Mc Phee, W., Voting, Chicago, University of Chicago Press, 1954.

    Entman, Democracy without citizens, Oxford, University Press, 1989.

    Gamson, W., Talking Politics, (ouvrage non publié), 1992.

    KATZ R., Divining the Powers of Music, New York, Pendragon, 1987.

    10.4324/9780203812266 :

    Kubey, R., et Csikzentmihalyl, M., Television and the Quality of Life, Erlbaum, 1990.

    10.7312/laza93930 :

    Lazarsfeld, P.F., Berelson, B., et Gaudet, H., The People’s Choice, New York, Duell, Sloan and Pearce, 1944 (seconde édition, New York, Columbia University Press, 1948).

    Liebes, T. et Katz, ., The Export of Meaning : Cross-CulturalReadings of Dallas, New York, Oxford University Press, 1990.

    10.4324/9780203754559 :

    Livingstone, S., Making Sense of television, Oxford, Pergamon Press, 1990.

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    Neuman R., Paradox of Mass Politics, Cambridge, Harvard, 1988.

    Riesman D., La Foule solitaire, Paris, Arthaud, 1964.

    ReyniÉ D., (éd.), Gabriel Tarde, L’opinion et la foule, Paris, P.U.F., 1989.

    Wolsfeld G., The Politics of Protest, New York, State University of New York Press, 1989.

    Notes de bas de page

    1 Publié sous le titre L’héritage de Gabriel Tarde. Un paradigme pour la recherche sur l’opinion et la communication. Traduit de l’anglais par Éric Maigret, et Daniel Dayan. Ce texte est une version étendue de la conférence donnée par l’auteur à l’occasion de la réception du prix Dinerman, à la conférence annuelle de la World Association for Public Opinion Research, à Luxembourg, en septembre 1991.

    2 « Vers le tournant du siècle, l’opinion publique cessa d’être un sujet de conversation et fit l’objet de monographies détaillées. Un certain nombre d’essais de Gabriel Tarde, le psychologue français, faisaient partie de ces premiers travaux. Dans l’un d’entre eux, Tarde aborda l’effet des influences indirectes, telles que celles exercées par les journaux, sur le processus de formation de l’opinion. Mais l’analyse qu’il jugeait cardinale était contenue dans son article, « La conversation ». Tarde était convaincu que les opinions se formaient véritablement à travers l’échange journalier et continu de commentaires et d’observations au sein de la population. Ses propositions étaient très proches de notre notion de « mise en œuvre » (implementation), ce processus de discussion qui permet peu à peu la cristallisation d’attitudes vagues en attitudes distinctes, menant à des actes ou à des votes ». Extrait d’un passage, vraisemblablement écrit par Paul Lazarsfeld, dans Berelson, Lazarsfeld et McPhee (1954). (...) Je remercie Durham Peters de l’Université de l’Iowa de m’avoir rappelé ce passage. Cet essai constitue la seconde partie du livre de Tarde (1901), L’Opinion et la foule, mais a été publié auparavant et séparément dans la Revue de Paris, 1899. Les citations de cet article proviennent de l’édition Reynié (1989).

    3 Je remercie les étudiants en doctorat de l’Annenberg School, qui ont travaillé avec moi sur ce projet, et particulièrement Sharon Docter, Jodi Gusek, Miriam Metzger, Jacqueline O’Connell, et Jane Stokes.

    4 Converse, P., « The Nature of Belief Systems in Mass Publics », in D. Apter éditeur, Ideology and Discontent, New York, Free Press, p. 238-245, 1964.

    5 Gerbner, G, et Gross, L., « Living with Television : The Violence Profile », in Journal of Communication no 26, 1976, p. 173-199.

    6 Gitlin, T., « Media Sociology : The Dominant Paradigm », Theory and society no 6, 1978, p. 205-253.

    7 Morley, D., « Changing Paradigms in Audience Studies », in E. Seiter et al., éditeurs (Remote Control : Television, Audiences and Cultural Power, Routledge), 1989.

    8 Delli Carpini, M. X., et Williams, B. A., « Methods, Metaphors, and Media Messages : The Uses of Television in Conversation about the Environment », (communication non publiée), American Political Science Association, Washington, D.C., 1991.

    9 Dans une correspondance personnelle, John Durham Peters objecte « que la quête de tout faire remonter à Tarde ne réussira jamais totalement, dès lors que Tarde lui-même cite Diderot comme source de cette idée, et que l’idée d’une victoire concomitante de la presse et de la discussion civique est l’un des thèmes centraux dans la théorie démocratique, et remonte au moins au xviiie siècle ». (...) Je fais le pari que les affirmations de Tarde se prêtent probablement plus facilement que les autres à la formulation d’énoncés précis et expérimentables.

    10 Tarde G., « L’Opinion et la Conversation », Revue de Paris, 15 août 1899 et 1er septembre 1899 ; réédité dans L’Opinion et la foule, Paris, Alean, 1901.

    11 Tarde oppose à l’opinion la « Tradition, extrait condensé et accumulé de ce qui fut l’opinion des morts », et la « Raison » des experts, qui dans le meilleur des mondes deviendrait « l’opinion de demain et la tradition d’après-demain ». Tarde craint, cependant, que l’opinion menace trop souvent la tradition et la raison.

    12 Hall, S., « Culture, the Media, and the Idelogical Effect », in Curran, J., Gurevitch, M. Etwoolacott, J., éditeurs, Mass Communication and Society, Beverly Hills, Sage, 1985.

    13 Gitlin, op. cit., 1978.

    14 Converse, op. cit., 1964.

    15 Voir Hallin, D. C., et Mancini, P. « Speaking of the President : Political Structure and Representational Form in U. S. and Italian Television News », Theory and Society, 1984, p. 829-850 ; voir aussi Lazarsfeld, P. F., et Merton, R. K., « Mass Communication, Popular Taste and Organised Social Action », in L. Bryson, éditeur, Communication of Ideas, New York, Harper and Row, 1948.

    16 J’ai joué ici avec le titre de l’ouvrage de Robert M. Entman (Democracy without Citizens). Mais de nombreux auteurs ont soulevé la même question, Neuman (1988) par exemple, ou même Berelson, Lazarsfeld et McPhee (1954).

    Auteur

    • Elihu Katz

      Professeur à Annenberg School for Communication (Université de Pennsylvanie), Professeur émérite à l’Université de Jérusalem et directeur scientifique de l’Institut Guttamn de recherches sociales appliquées. Ses principaux travaux portent sur les interactions entre médias, conversations, opinion publique et espace public.

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    1 Publié sous le titre L’héritage de Gabriel Tarde. Un paradigme pour la recherche sur l’opinion et la communication. Traduit de l’anglais par Éric Maigret, et Daniel Dayan. Ce texte est une version étendue de la conférence donnée par l’auteur à l’occasion de la réception du prix Dinerman, à la conférence annuelle de la World Association for Public Opinion Research, à Luxembourg, en septembre 1991.

    2 « Vers le tournant du siècle, l’opinion publique cessa d’être un sujet de conversation et fit l’objet de monographies détaillées. Un certain nombre d’essais de Gabriel Tarde, le psychologue français, faisaient partie de ces premiers travaux. Dans l’un d’entre eux, Tarde aborda l’effet des influences indirectes, telles que celles exercées par les journaux, sur le processus de formation de l’opinion. Mais l’analyse qu’il jugeait cardinale était contenue dans son article, « La conversation ». Tarde était convaincu que les opinions se formaient véritablement à travers l’échange journalier et continu de commentaires et d’observations au sein de la population. Ses propositions étaient très proches de notre notion de « mise en œuvre » (implementation), ce processus de discussion qui permet peu à peu la cristallisation d’attitudes vagues en attitudes distinctes, menant à des actes ou à des votes ». Extrait d’un passage, vraisemblablement écrit par Paul Lazarsfeld, dans Berelson, Lazarsfeld et McPhee (1954). (...) Je remercie Durham Peters de l’Université de l’Iowa de m’avoir rappelé ce passage. Cet essai constitue la seconde partie du livre de Tarde (1901), L’Opinion et la foule, mais a été publié auparavant et séparément dans la Revue de Paris, 1899. Les citations de cet article proviennent de l’édition Reynié (1989).

    3 Je remercie les étudiants en doctorat de l’Annenberg School, qui ont travaillé avec moi sur ce projet, et particulièrement Sharon Docter, Jodi Gusek, Miriam Metzger, Jacqueline O’Connell, et Jane Stokes.

    4 Converse, P., « The Nature of Belief Systems in Mass Publics », in D. Apter éditeur, Ideology and Discontent, New York, Free Press, p. 238-245, 1964.

    5 Gerbner, G, et Gross, L., « Living with Television : The Violence Profile », in Journal of Communication no 26, 1976, p. 173-199.

    6 Gitlin, T., « Media Sociology : The Dominant Paradigm », Theory and society no 6, 1978, p. 205-253.

    7 Morley, D., « Changing Paradigms in Audience Studies », in E. Seiter et al., éditeurs (Remote Control : Television, Audiences and Cultural Power, Routledge), 1989.

    8 Delli Carpini, M. X., et Williams, B. A., « Methods, Metaphors, and Media Messages : The Uses of Television in Conversation about the Environment », (communication non publiée), American Political Science Association, Washington, D.C., 1991.

    9 Dans une correspondance personnelle, John Durham Peters objecte « que la quête de tout faire remonter à Tarde ne réussira jamais totalement, dès lors que Tarde lui-même cite Diderot comme source de cette idée, et que l’idée d’une victoire concomitante de la presse et de la discussion civique est l’un des thèmes centraux dans la théorie démocratique, et remonte au moins au xviiie siècle ». (...) Je fais le pari que les affirmations de Tarde se prêtent probablement plus facilement que les autres à la formulation d’énoncés précis et expérimentables.

    10 Tarde G., « L’Opinion et la Conversation », Revue de Paris, 15 août 1899 et 1er septembre 1899 ; réédité dans L’Opinion et la foule, Paris, Alean, 1901.

    11 Tarde oppose à l’opinion la « Tradition, extrait condensé et accumulé de ce qui fut l’opinion des morts », et la « Raison » des experts, qui dans le meilleur des mondes deviendrait « l’opinion de demain et la tradition d’après-demain ». Tarde craint, cependant, que l’opinion menace trop souvent la tradition et la raison.

    12 Hall, S., « Culture, the Media, and the Idelogical Effect », in Curran, J., Gurevitch, M. Etwoolacott, J., éditeurs, Mass Communication and Society, Beverly Hills, Sage, 1985.

    13 Gitlin, op. cit., 1978.

    14 Converse, op. cit., 1964.

    15 Voir Hallin, D. C., et Mancini, P. « Speaking of the President : Political Structure and Representational Form in U. S. and Italian Television News », Theory and Society, 1984, p. 829-850 ; voir aussi Lazarsfeld, P. F., et Merton, R. K., « Mass Communication, Popular Taste and Organised Social Action », in L. Bryson, éditeur, Communication of Ideas, New York, Harper and Row, 1948.

    16 J’ai joué ici avec le titre de l’ouvrage de Robert M. Entman (Democracy without Citizens). Mais de nombreux auteurs ont soulevé la même question, Neuman (1988) par exemple, ou même Berelson, Lazarsfeld et McPhee (1954).

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    • Segré, Gabriel. (2013) Écouter les fans écouter. Volume !, 10 : 1. DOI: 10.4000/volume.3707
    • (2017) From Additive Manufacturing to 3D/4D Printing 1. DOI: 10.1002/9781119428510.ch2
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