L’argument ad hominem en communication politique
p. 77-95
Note de l’éditeur
Reprise1 du no 16 de la revue Hermès, Argumentation et rhétorique, vol. II, 1995.
Texte intégral
« La communication politique traduit l’importance de la communication dans la politique, non pas au sens d’une disparition de l’affrontement, mais au contraire au sens où l’affrontement qui est le propre de la politique se fait aujourd’hui dans les démocraties, sur le mode communicationnel, c’est-à-dire finalement en reconnaissant “l’autre” »
Dominique Wolton, 19892.
1De quoi est donc faite la communication politique ? Je dirais d’au moins trois constituants différents : l’image, l’argumentation « idéologique » et l’argumentation « périphérique ». Selon G. Achache3, l’image est l’objet du modèle de communication politique aujourd’hui dominant, le modèle « marketing ». Ce modèle se caractérise par sa nature essentiellement formelle : utilisant la publicité comme moyen privilégié, « ... il se présente comme un ensemble de techniques purement instrumentales... » (p. 110), dont l’application résulte en une « ... accumulation de traits qui, mis bout à bout, constituent ce qu’on appelle une image, ou plus psychologiquement, une personnalité. » (p. 111). L’image peut être composée d’un certain nombre de tels traits physiques (grandeur, faciès, habillement, etc.) ou psychologiques (attitudes et autres formes de comportement), qui rejoignent les citoyens-électeurs dans leur affectivité et non pas dans leur rationalité.
2En cela, le modèle « marketing » se distingue d’un autre modèle de communication politique identifié par G. Achache, le modèle dialogique, corrélatif à un second constituant de la communication politique que je voudrais spécifier : l’argumentation que j’appelle « idéologique ». Le modèle dialogique, tel que caractérisé par Achache, se particularise par un « ... échange de paroles et de rationalité à plusieurs... » (p. 104), qui circonscrit un espace public Dans cette perspective, la communication politique est ou peut être le domaine des idées et des idéologies. C’est cette dimension que je veux dénoter par l’argumentation idéologique4. Elle est cette partie de la communication politique où sont portés des diagnostics sur les questions sociales et proposées des solutions aux problèmes de la collectivité.
Argumentation idéologique/argumentation périphérique : la place de l’homme politique
3En marge de cette argumentation idéologique, la communication politique peut comporter un second type d’argumentation : l’argumentation « périphérique ». Je veux désigner, par cette expression, une classe d’arguments qui ne portent pas sur les enjeux idéologiques de la politique. Cette classe d’arguments comprend un certain nombre de procédés discursifs qui ont spécifiquement trait au troisième aspect fondamental de la communication politique mis en évidence par la définition de Wolton : le fait qu’elle consiste en un lieu d’affrontement de discours contradictoires, et à la seconde hypothèse heuristique* que je propose d’en dégager, à savoir que la communication politique est d’ordre polémique.
4Parce que la communication politique consiste en un rapport de confrontation, elle fait des acteurs qui s’y présentent des opposants engagés dans la « lutte » politique. Les protagonistes du « combat » politique sont donc structurellement amenés non seulement à tenter de faire prévaloir leurs idées sur celles de l’adversaire mais aussi, plus formellement, de sortir « vainqueurs » de cet affrontement. Ils ont pour cela recours, et souvent de façon déterminante, à des arguments qui ne soutiennent pas leur vision du monde mais se rapportent plutôt au cadre oppositionnel du politique. Par exemple, un homme politique peut chercher à mettre en question la valeur d’un adversaire en mettant en évidence quelque trait peu glorieux de son passé politique, quelque trait de sa vie privée ou encore les critiques dont il fait l’objet à l’intérieur de sa propre formation politique. C’est ce type d’arguments ayant trait exclusivement à la dimension conflictuelle de la communication politique que j’appelle « périphérique ». L’argumentation périphérique, c’est donc l’ensemble des procédés discursifs de la communication politique qui se rapportent formellement à sa nature polémique5.
5Quel est le champ d’application de l’argumentation périphérique ? Elle porte ou peut porter, entre autres choses, sur un aspect bien particulier du politique : l’homme politique. Il faut, évidemment, ici, comprendre le substantif homme comme un terme générique : il dénote tout aussi bien les femmes que les hommes politiques. Il désigne l’ensemble des facteurs relatifs aux individus susceptibles de jouer un certain rôle dans la confrontation politique. Curieusement, cet aspect de la communication politique a très peu été étudié. L’objet de ce texte est de combler ce déficit d’analyse.
La place de l’argument ad hominem
6Etymologiquement, ad hominem signifie « à l’homme ». La locution s’emploie essentiellement dans l’expression « argument ad hominem » pour signifier « qui s’adresse à l’homme ». L’argumentation ad hominem a donné lieu à de multiples considérations tout au long de l’histoire de la pensée. De l’ensemble des travaux qui lui sont consacrés, deux définitions paradigmatiques* peuvent être retenues de l’argument ad hominem qui mettent clairement en évidence l’ambiguïté de son extension : celle de Locke (1690), d’une part, et celle de Toulmin, Riecke et Janik (1984), d’autre part. Locke, qui est le premier à désigner comme tel l’argument ad hominem, le définit dans les termes qui suivent : « Un troisième moyen c’est de presser un Homme par les conséquences qui découlent de ses propres principes, ou de ce qu’il accorde lui-même. » (p. 573).
7Manifestement, ces deux définitions ne sont pas identiques : celle de Locke rapporte l’argument ad hominem à la relation d’une position (daim) à ses conséquences ; celle de Toulmin, Riecke et Janik à la relation entre une position et la personne qui l’affiche.
8Je voudrais ici proposer une caractérisation multiforme de l’argument ad hominem, suivie d’une illustration des principaux types d’arguments ad hominem employés dans la communication politique. Je suggère d’abord de considérer que l’argumentation ad hominem peut être de trois sortes distinctes : logique, circonstancielle et personnelle.
L’argument ad hominem logique
9Ce premier argument ad hominem est celui identifié par Locke. Il est ce procédé de mise en cause d’une position (d’une idée, d’un point de vue, d’une thèse, d’un avis) par incompatibilité formelle. Ainsi que Locke le caractérise, il consiste à faire valoir l’inconsistance qu’il y a à soutenir une position tout en refusant (ou en répugnant à) ses conséquences. Il s’agit donc ici de mettre en contradiction avec lui-même un locuteur en vertu de l’inférence logique entre les prémisses qu’il accorde (la position qu’il tient) et la conclusion qu’il rejette explicitement ou qu’on suppose qu’il ne voudrait pas accorder. On pourrait étendre cette caractérisation de l’argument ad hominem logique à toutes les formes d’incompatibilité formelle au lieu de la réserver à la seule relation entre prémisses et conclusion. Il apparaît tout à fait possible, par exemple, de chercher à confondre un locuteur en mettant en évidence la contradiction entre deux positions qu’il prétend soutenir simultanément.
10L’aspect essentiel de ce premier type d’argument ad hominem est qu’il repose sur une incohérence ou une inconsistance d’ordre formel : l’incompatibilité ou la contradiction logique entre différents éléments argumentatifs ou plus largement discursifs. Walton et Woods6 ont fort bien défini l’argument ad hominem logique dans le développement qu’ils consacrent à la « logical inconsistency ». Ce qu’il faut bien voir et comprendre, c’est que l’argument ad hominem logique résulte, sur le plan argumentatif bien sûr, d’une relation qui n’est pas elle-même de nature argumentative mais plutôt formelle. Ce trait peut être explicité par le recours à la distinction entre sémantique et pragmatique*.
11La contradiction logique peut être dite d’ordre sémantique : il y a incompatibilité intrinsèque entre une première proposition et sa négation propositionnelle (entre, par exemple « Il pleut » et « Il ne pleut pas »). En elle-même cette contradiction ne peut évidemment pas donner lieu à un argument ad hominem. C’est seulement sur un plan pragmatique, quand les deux propositions sont assertées simultanément par un locuteur, que ce dernier devient susceptible d’une attaque ad hominem : on peut chercher à mettre en cause l’une de ses positions en faisant valoir son incompatibilité logique avec quelque autre aspect pertinent. Autrement dit, la contradiction logique peut donner lieu à un argument ad hominem seulement quand elle est exprimée ou présupposée par un locuteur ; elle consiste alors à mettre ce locuteur en contradiction avec lui-même du fait qu’il endosse de quelque façon la contradiction logique. Il y a toutefois, dans l’argumentation ad hominem logique, une dépendance au raisonnement formel : c’est bien sur la base d’une incompatibilité proprement logique qu’elle peut se déployer. C’est dire qu’elle repose sur des traits ou aspects structuraux de tout système axiomatique* ou déductif.
12Cela peut donner lieu à des arguments ad hominem que d’aucuns qualifieraient de « formalistes ». Considérons le cas, fréquent dans le discours politique, de l’accusation d’avoir changé d’idée : par exemple, le reproche fait à un politicien de préconiser maintenant une mesure qu’il récusait dans le passé. Cette attaque ad hominem est relative disons globalement à la « règle » formelle de la « consistance temporelle » : sur le strict plan logique, l’incompatibilité entre deux positions se maintient à travers le temps. Mais la politique se pratique dans la temporalité et il peut apparaître incongru, parce que trop formaliste, de faire reproche à un politicien d’avoir changé d’idée.
L’argument ad hominem circonstanciel
13Un second type d’argument ad hominem est celui identifié par Toulmin, Riecke et Janik.
14Ainsi que ces derniers le caractérisent, il consiste à mettre en cause la position tenue par une personne en vertu de quelque trait de cette personne. Ce qu’on cherche ici à mettre en évidence, ce n’est pas une incompatibilité formelle, comme dans le cas de l’argument ad hominem logique, mais, pourrait-on dire, une incompatibilité d’ordre « psychologique » : il s’agit de s’attaquer à une idée en tentant de saper la crédibilité de celui qui la soutient.
15Le point essentiel à faire ressortir est que l’argumentation ad hominem circonstancielle est une tentative pour mettre en contradiction avec lui-même un locuteur du fait d’une incompatibilité entre la position qu’il affiche et quelque trait de sa personnalité ou de son comportement.
16On peut intuitivement pressentir qu’un grand nombre d’arguments ad hominem circonstanciels dans la communication politique reposent sur cette forme d’opposition entre le « dire » et le « faire » et non pas entre un « dire » et un autre « dire », comme dans le cas de l’argumentation ad hominem logique. En cela, l’argumentation ad hominem circonstancielle est plus immédiatement pragmatique que son pendant logique : la contradiction sur laquelle elle joue est celle entre une position affirmée et un comportement, une attitude ou un autre trait de la personne qui affiche cette position. On peut donc dire que la « personne » est plus au cœur de l’argument ad hominem circonstanciel que de l’argument ad hominem logique.
L’argument ad hominem personnel
17Il est possible d’identifier une troisième sorte d’argument ad hominem qui porte encore plus fondamentalement sur la personne du locuteur.
18Si l’on peut mettre en cause la personne du locuteur dans le but de s’attaquer à la position qu’il préconise, comme c’est le cas dans l’argument ad hominem circonstanciel, il arrive également qu’on s’attaque spécifiquement à la personnalité ou au comportement du locuteur, sans égard à une idée ou à un point de vue qu’il défend. Cette forme d’attaque ad hominem est d’ailleurs probablement particulièrement développée dans la communication politique, précisément, comme nous l’avons déjà indiqué, parce qu’un des enjeux de la politique est la lutte entre personnes : où il s’agit de déterminer quels hommes et quelles femmes doivent être nommés aux postes de direction de la société.
19Cette forme d’argumentation ad hominem, du genre « X est un incompétent ! » ou « Y ne mérite pas la confiance du peuple ! » ne cherche pas à discréditer une idée en faisant valoir un aspect négatif ou péjoratif de la personne qui la formule mais à s’en prendre directement à cette personne.
20Évidemment, comme dans tous les cas d’argumentation ad hominem dans la communication politique, il s’agit, ce faisant, de tenter d’empêcher l’homme ou la femme concerné d’exercer le pouvoir et d’ainsi éventuellement mettre en œuvre son programme politique. Mais la grande particularité de l’argument ad hominem personnel est qu’il consiste en une mise en cause frontale de la personne plutôt qu’en une opposition à son point de vue par une mise en cause par conséquent indirecte de sa personne. Dans les argumentations ad hominem logique et contextuelle, l’attaque de la personne est un moyen employé dans la poursuite de la finalité de discréditer une position. Dans l’argumentation ad hominem personnelle, l’attaque de la personne est une fin en elle-même. C’est sans doute ce qui explique le fait que l’argumentation ad hominem personnelle est souvent (toujours ?) marquée d’une grande part implicite : on n’explicite pas clairement en quoi le trait de la personne qui est mis en cause la discrédite politiquement.
21Soit, par exemple, une attaque ad hominem portant sur la vie sexuelle d’une personnalité politique. Elle implique ou présuppose seulement, sans que ce soit explicitement affirmé, que le type de comportement sexuel mis en cause est inapproprié à l’exercice de la responsabilité politique.
Les principaux arguments ad hominem en communication politique
22Certains arguments ad hominem sont certainement formulés, plus que d’autres, dans la communication politique. Il faudrait, pour en fournir un relevé exhaustif, mener un assez grand nombre d’études empiriques*. Je me contenterai ici d’esquisser une semblable catégorisation en identifiant et en caractérisant sommairement certains des arguments ad hominem dont la récurrence dans la communication politique apparaît, dans la littérature, faire l’objet d’un consensus.
L’argument de la girouette
23Cet argument, consiste à reprocher à quelqu’un d’avoir changé d’idée. Il est considéré et traité par quelques analystes dont Woods et Walton (1982), Engel (1982) et Gauthier7.
24Cet argument ad hominem logique peut prendre diverses formes : changer d’avis sur une mesure ou un type d’action, changer de politique générale ou changer de formation partisane. Il peut servir à attaquer un adversaire parce que la cohérence formelle, en politique comme ailleurs, constitue un critère d’appréciation. Comme je l’ai déjà souligné, l’argument de la girouette peut ne pas être très valide dans la mesure où, à tort, il fait abstraction du déroulement temporel dans lequel s’inscrit l’action politique : le temps passant et la situation et le contexte ayant évolué, il peut être tout à fait légitime, en politique comme dans tout autre secteur de l’activité humaine, de « changer son fusil d’épaule ». Il faut cependant constater que le changement est, en un premier temps, perçu négativement ou péjorativement (son auteur est immédiatement considéré comme un « vire-capot »), que le fardeau de la preuve revient, dans les faits, à celui qui l’effectue à qui il incombe de fournir une explication à ce retournement. À cet égard, il faut aussi noter que le changement peut être facilité par la crédibilité de la personne en cause.
L’argument du tartuffe
25Cet argument est de nature circonstancielle : il cherche donc à mettre en évidence la contradiction entre un « dire » et un « faire ». Plus précisément, l’argument du tartuffe consiste à faire reproche à un locuteur d’adopter une forme de comportement incompatible avec le discours qu’il tient.
26On pourrait subdiviser l’argument ad hominem du tartuffe en quelques sous-catégories.
27La première a trait à l’inconsistance entre ce qu’un locuteur affirme et ce qu’il fait ; la seconde à l’inconsistance entre ce qu’il avance et ce qu’il devrait faire. Les deux formes d’argumentation ad hominem du tartuffe se retrouvent assez aisément dans la communication politique. Un bon exemple est celui qui consiste à blâmer les parlementaires de se voter une augmentation de salaire au moment même où ils préconisent un gel généralisé des rémunérations.
L’argument de l’homme de paille
28Tel que caractérisé par Walton (1987), c’est ce procédé par lequel on attribue à un adversaire politique une position plus facile à attaquer que sa position effective. Selon Kahane (1988), l’argument de l’homme de paille consiste plus précisément soit à réduire la position adverse à sa version la plus faible et donc la plus contestable, soit à l’associer à un symbole détesté de façon à la déprécier. Une bonne part du jeu stratégique de la communication politique s’articule autour de ce procédé de mésinterprétation. Afin (ou même au lieu) de chercher à démontrer le bien-fondé de leur position, les politiciens choisissent en effet souvent de (plutôt) tenter de déprécier les vues de l’adversaire. La tentation est alors grande de proposer de ces dernières une présentation où elles prêtent flanc le plus possible à la critique.
29Une forme plus explicite de ce type d’argument de l’homme de paille est celle qu’on peut appeler du « danger du débordement » : l’évocation ou l’annonce qu’une position modérée sera supplantée par une position apparentée plus radicale.
L’argument de la culpabilité par association
30L’objectif de l’argument de culpabilité par association est de discréditer l’adversaire en le rendant en quelque sorte responsable d’une action supposément répréhensible commise par une autre personne à laquelle on relie l’opposant. Dans la communication politique, l’argument de culpabilité par association consiste souvent à associer un politicien à une doctrine ou à une idéologie impopulaire. Une autre attaque de culpabilité par association tente d’atténuer la valeur politique incontestée d’un adversaire en centrant l’attention sur la formation partisane, plus sujette à critique, à laquelle il appartient. Ce que l’on cherche alors à faire valoir, c’est que « qui se ressemble, s’assemble ! » ou, de façon moins brutale, que l’appartenance partisane l’emportera sur la valeur individuelle de l’opposant. Un argument de culpabilité par association encore plus « institutionnalisée » est celui qui consiste à rendre responsable un nouveau chef de gouvernement (nommé en cours de mandat) des erreurs commises par son prédécesseur ou son équipe dirigeante. Ici, on cherche vraiment à « faire porter le chapeau » par l’adversaire.
Conclusion : l’argument ad hominem : pseudo raisonnement ou vrai sujet d’étude ?
31La caractérisation qui précède de l’argumentation ad hominem dans la communication politique soulève plus de questions qu’elle n’en résout. En effet, l’argument ad hominem est souvent considéré comme une forme fallacieuse d’argumentation, une fallacie, pour utiliser le terme anglais employé pour le dénoter. L’étude des fallacies (ou pseudo-raisonnements), relancée à notre époque par Hamblin (1970) donne lieu à des développements théoriques aussi nombreux que variés. Dans la plupart des cas, il y est affirmé que l’argument ad hominem et, singulièrement les arguments de l’homme de paille et de la culpabilité par association, sont des fallacies. Or la question se pose de savoir s’il en est véritablement ainsi dans la communication politique où, comme nous l’avons déjà fait remarquer, l’homme est justement en cause. À ce problème d’évaluation formelle, pourrait s’ajouter un problème d’évaluation morale. Abstraction faite de leur cohérence logique, se pose en effet une question éthique : quand et suivant quels critères peut-il être justifié, eu égard à des principes d’action, de s’attaquer à la personne même des adversaires politiques ? Y aurait-il, par exemple, des arguments de l’homme de paille et de la culpabilité par association éthiquement valables et d’autres éthiquement condamnables ?
Bibliographie
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Références bibliographiques
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Notes de bas de page
1 Publié sous le titre « Un constituant de la communication politique est l’argumentation périphérique », p. 167.
2 Wolton, D., « La communication politique : construction d’un modèle », Hermès, no 4 : Le nouvel espace public, Paris, Éditions du CNRS, 1989, p. 27-42.
3 Achache, G., « Le marketing politique », Hermès. no 4 : Le Nouvel Espace Public. Paris, Éditions du CNRS, 1989, p. 103-112.
4 Le terme « idéologique » est sémantiquement surchargé. Il faut ici l’entendre dans un sens seulement technique : « qui a rapport aux idées et aux idéologies ».
5 Il est possible de fournir une définition formelle de l’argumentation périphérique. Telle qu’elle est ici caractérisée, elle recoupe assez bien deux des trois modes de persuasion identifiés par Aristote : l’évocation d’une crédibilité (ethos) et l’appel aux émotions (pathos) – l’autre, le recours à la raison (logos) étant plutôt relatif à l’argumentation idéologique. Les procédés argumentatifs se rapportant formellement à la nature conflictuelle du discours politique semblent en effet relever de la crédibilité ou de l’émotion. Voici donc, compte tenu de cette précision, la définition (provisoire) de l’argumentation périphérique qu’il apparaît possible de formuler dans des termes apparentés à ceux de van Eemeren, Grootendorst et Kruiger : « L’argumentation périphérique consiste en un ensemble organisé d’énoncés auquel un locuteur a recours afin de conforter sa crédibilité (ou de saper celle de l’adversaire) ou de susciter l’émotion de l’auditoire dans le but de gagner son adhésion. »
6 Walton, D., Woods, J., – « Ad Hominem », The Philosophical Forum, 8, 1977 a, p. 1-20.
7 Gauthier, G., « L’argumentation stratégique dans la communication politique : le débat télévisé L’Allier-Bertrand », Politique, 17, 1990, p. 113-141.
Auteur
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Gilles Gauthier
Professeur à l’Université Laval (Québec), Département d’information et de communication.
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