Discussion
p. 716-717
Texte intégral
Influences méditerranéennes en domaine atlantique
H. Camps-Fabrer
1A propos de l’abri de Bocas au Portugal, je veux signaler les ressemblances qui existent entre certains tessons que l’on retrouve totalement identiques dans les céramiques des grottes d’Oranie, en particulier les grottes de Noiseux, du Polygone par exemple, mais aussi dans certains gisements du Sahara atlantique, je pense par exemple au Rio de Oro. Il s’agit de décors qui sont obtenus par impressions de coins qui sont appliqués normalement à la surface du vase, et qui sont disposés en pseudo-rameaux et ces décors n’ont absolument rien à voir avec des décors à la coquille, la coquille de cardium. Ils sont tout à fait différents et ils sont vraiment très caractéristiques pour que l’on signale cette ressemblance.
A. Benac
2Mme Larroque, pensez-vous que les influences du Néolithique roucadourien sont venues de l’Est ou du complexe capsien de l’Afrique du Nord-Ouest ? M. Villes, vous avez, sur les poteries de la culture de Chambon, un motif circulaire avec des rayons. S’agit-il d’un simple motif ou est-ce des symboles du soleil, astraloï-des ? De même ces cordons relevés ne peuvent-ils être des décors simplifiés de bovidés ? Ces deux motifs en effet peuvent être associés dans le domaine danubien.
J. Roussot-Larroque
3Je ne crois pas avoir dit que les ressemblances que l’on pouvait remarquer dans le cycle roucadourien prouvaient qu’il y avait une venue d’Est en Ouest. Je suis même de l’avis contraire. Il y a un problème qui n’a pas été soulevé, c’est quelle est la signification des complexes à trapèzes ? Représentent-ils seulement des évolutions locales à partir du Sauveterrien en Aquitaine, à partir de l’épi-Gravettien ou de l’épi-Romanellien ailleurs, à partir d’autres substrats ou bien s’agit-il d’une nappe qui correspond à l’arrivée du Néolithique ? Je suis personnellement beaucoup plus encline à le croire, car il y a tout de même un problème important, c’est qu’on finit par se demander d’où vient ce Néolithique puisque tout le monde se le renvoie. En fait je ne crois pas que chez nous ça vienne de l’Adriatique. Je constate qu’il existe souvent un substrat précéramique qui correspond souvent à cette phase d’intense navigation qui a peuplé par exemple la Corse. Et je crois que tout cacher derrière les origines du Cardial, ce serait vraiment restreindre le problème et le placer beaucoup plus tard dans la chronologie.
G. Camps
4Lors de la communication de Mme Larroque, j’avais vraiment l’impression qu’elle avait pris une position très ferme en faveur d’une évolution sur place, même pour la céramique cardiale. En ce qui concerne la technique même du décor cardial, il peut y avoir, pour employer un terme moderne, un transfert de technologie fait par deux ou trois personnes, cela suffit pour introduire une technique aussi simple. On ne peut pas imaginer que cette décoration soit née spontanément ; elle a bien dû naître spontanément en un ou plusieurs points, mais si elle devait, par une espèce de programme génétique naître spontanément, elle aurait dû apparaître sur tous les littoraux où il y a des coquilles de cardium, c’est-à-dire tout autour de la Méditerranée. Or ce n’est pas le cas. On est donc bien amené à penser à un transfert de technique, même si cela ne représente qu’une très faible influence ou apport humain.
J.-P. Pautreau
5A propos du groupe de Chambon, on dit que ce n’est pas un groupe mais une culture alors que nous n’avons que trois vases. Il ne faut quand même pas exagérer, d’autant qu’on ne sait même pas où les placer chronologiquement.
A. Villes
6Je réponds d’abord à M. Benac, à propos de la question des motifs. Sur deux poteries, celle de Lublé et celle de Chambon, il y a un décor qui ressemble à un motif solaire très nettement ; il y a donc un caractère idéologique vraisemblable. D’autre part ces deux poteries complètes présentent dans chaque cas six fois la répétition du cercle imprimé. En ce qui concerne la chronologie du groupe de Chambon il faut être prudent bien sûr, mais certains caractères typologiques permettent de le situer grosso modo à la charnière néolithique ancien-néolithique moyen. Il s’agit d’un groupe dont la répartition géographique peut être provisoirement assez bien centrée sur l’espace de la Touraine ou du Nord du
7Poitou. D’autre part on ne dispose pas que de trois vases mais d’une bonne trentaine et ils sont complets, ce qui est assez rare dans une aire géographique de cette taille.
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