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    Plan détaillé Texte intégral Circonstances de la découverte Composition du trésor Les monnaies antérieures au règne de Gordien III Gordien III Philippe Ieret alii Trajan Dèce etalii Trébonien Galle et Volusien Métrologie Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Trésors monétaires XXV

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Étude

    Vincent Drost

    p. 1-22

    Résumés

    Découvert en 1995, le trésor de Saint-Jean-d’Ardières (Rhône) fait partie de ces thésaurisations du milieu du iiie siècle après J.-C. qui se focalisent sur l’antoninien, espèce créée en 215. Constitué de plus de 4 100 antoniniens, auxquels se mêlent 3 deniers, cet ensemble est d’une qualité et d’une ampleur exceptionnelles. Le trésor s’ouvre avec les premières séries d’antoniniens émises sous le règne de Caracalla pour se clore dans le courant du règne conjoint de Trébonien Galle et de Volusien, en 252. L’accumulation ne débute véritablement qu’à partir de 238. Les monnaies de Gordien III (238-244) et de Philippe Ier (244-249) représentent plus de 80 % de l’ensemble. Le ralentissement du rythme de thésaurisation qui intervient dès 251, sous le règne de Trajan Dèce, coïncide avec une dépréciation accrue du poids et du titre de l’antoninien. Ce trésor offre l’occasion de revenir sur le classement, toujours perfectible, des antoniniens frappés entre 238 et 252. Le monnayage de Philippe fait notamment l’objet d’une attention particulière. Par ailleurs, la date de clôture du trésor offre des éléments décisifs quant au classement d’une problématique émission aux noms de Trébonien Galle et de Volusien.

    Discovered in 1995, the Saint-Jean-d’Ardières Hoard (Rhône) is one of those mid-3rd Century hoards which focuses on radiates. This very large find is made up of more than 4 100 antoniniani to which may be added 3 denarii. It starts with the first series of radiates struck under the reign of Caracalla and ends in 252 AD under the joint reign of Trebonianus Gallus and Volusian. The hoarding process really starts from 238 AD. The coinages of Gordian III (238-244 AD) and Philip I (244-249 AD) form more than 80 % of the hoard. The rhythm of storage slows down from 251 AD in connexion with the increasing depreciation of the radiate’s weight and alloy. This hoard gives rise to a reconsideration of the classification of antoniniani struck between 238 and 252 AD. The coinage of Philip I is the subject of a particular focus. In addition, the terminal date offers conclusive evidence as for the classification of a problematic series struck under Trebonianus Gallus and Volusian.

    Entrées d’index

    Mots-clés : Empire romain, iiie siècle apr. J.-C., Rome, Antioche, Gordien III, Philippe Ier, Trajan Dèce, Trébonien Galle, Volusien

    Keywords : Roman Empire, Third Century AD, Rome, Antioch, Gordian III, Philip I, Trajan Decius, Trebonianus Gallus, Volusian

    Texte intégral Circonstances de la découverte Composition du trésor Les monnaies antérieures au règne de Gordien III Gordien III Rome Antioche Philippe Ieret alii Rome Émission 1 Émission 2 Émission 3 « Émission spéciale » Émission 4 Émissions 5 et 6 Émissions 7/8 Antioche Trajan Dèce etalii Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Trébonien Galle et Volusien Métrologie Bibliographie Bibliographie des trésors cités Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Circonstances de la découverte

    1En septembre 1995, un ensemble constitué de plus de 3 500 monnaies fut mis au jour au cours de travaux de construction d’un hangar effectués par M. Lorin pour le compte de l’entreprise Rol sur le terrain de M. Grizard, au lieu-dit « Les Granges » sur la commune de Saint-Jean-d’Ardières (département du Rhône, arrondissement de Villefranche-sur-Saône, canton de Belleville). Les monnaies auraient été contenues dans au moins deux vases dont la trace a été perdue1. Le service régional de l’archéologie (SRA) n’ayant été avisé de la découverte qu’une fois les terrassements achevés, le contexte archéologique de la trouvaille demeure largement méconnu. Suite à la déclaration de découverte faite par l’inventeur auprès de la gendarmerie, Robert Royet, conservateur du patrimoine au SRA Rhône-Alpes, a tout de même pu procéder à un tamisage des terres environnantes. L’opération a permis la découverte de 471 nouvelles monnaies. Par ailleurs, des tranchées qui n’avaient pas encore été rebouchées ont été observées et plusieurs fours non datés ont été recoupés.

    2En juin 1996, l’ensemble des monnaies a été confié pour expertise à Michel Dhénin, conservateur au département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France. Un petit lot a alors été nettoyé afin de pouvoir déterminer la nature du dépôt. La majeure partie du trésor a ensuite été rapatriée au SRA Rhône-Alpes avant d’être redéposée au Cabinet des médailles pour restauration et étude complète en février 2005. Au moment de sa découverte, le trésor se présentait sous la forme de petits blocs de monnaies agglomérées. Le nettoyage de l’ensemble du trésor a été effectué par Francine N’Diaye au laboratoire de restauration du département des Monnaies, Médailles et Antiques de la BNF. Un échantillon témoin constitué d’une quinzaine de monnaies a toutefois été conservé en l’état (fig. 1).

    Figure 1 – Bloc témoin non restauré (échelle 1:1)

    Image 10000000000003520000027E0EB9731B.jpg

    Composition du trésor

    3Les monnaies du trésor s’échelonnent de la fin du règne de Caracalla (215 apr. J.-C.) au courant du règne conjoint de Trébonien Galle et de Volusien (252 apr. J.-C.) (tableau 1). Les dépôts dont le terminus se situe sous ce règne sont disséminés sur l’ensemble du territoire de l’Empire. Les cas sont par exemple fréquents en Mésie2, où ces trésors sont globalement à resituer dans un contexte d’instabilité alors que la région du Bas-Danube était menacée par les Goths3. L’insécurité est une explication moins évidente pour ce qui est des trésors gaulois, lesquels sont pourtant nombreux. Rien que pour la France, J.-P. Callu répertoriait, en 1969, 17 dépôts s’achevant par des monnaies de Trébonien Galle et de Volusien ou d’Émilien4. À l’échelle de la région Rhône-Alpes, le trésor de Saint-Jean-d’Ardières est le second ensemble monétaire d’importance majeure de cette époque, après celui de Viuz-Faverges (Haute-Savoie). Habituellement, les trésors dont le terminus se situe sous Trébonien Galle/Volusien sont de taille plutôt modeste, comptant quelques dizaines, voire quelques centaines d’exemplaires. Avec plus de 4 000 monnaies représentant un poids total après nettoyage avoisinant les 16,7 kg, le trésor de Saint-Jean-d’Ardières est d’une ampleur assez exceptionnelle. Près de deux fois moins fourni, avec environ 2 300 exemplaires, le trésor de Viuz-Faverges vient en deuxième position des trésors dont nous avons connaissance pour le règne de Trébonien Galle et de Volusien5. Ces chiffres sont toutefois à relativiser puisque nous sommes loin des 20 000 monnaies contenues dans le trésor de Dorchester (Grande-Bretagne), clos quelques années plus tard.

    Tableau 1 – Composition du trésor de Saint-Jean-d’Ardières

    Rome

    Antioche

    Imitations

    Total

    Den.

    Ant.

    Ant.

    Ant.

    CARACALLA règne seul (212-217)

    34

    34

    Caracalla

    24

    24

    Julia Domna

    10

    10

    ÉLAGABALE (218-222)

    58

    58

    Élagabale

    53

    53

    Julia Maesa

    5

    5

    BALBIN/PUPIEN (238)

    11

    11

    Balbin

    7

    7

    Pupien

    4

    4

    GORDIEN III (238-244)

    3

    1 730

    146

    2

    1 881

    PHILIPPE Ier/PHILIPPE II (244-249)

    1 534

    11

    8

    1 553

    Philippe Ier

    1 056

    11

    7

    1 074

    Philippe II

    245

    245

    Otacilia Severa

    233

    1

    234

    TRAJAN DÈCE (249-251)

    519

    1

    520

    Trajan Dèce

    326

    1

    327

    Hérennius Étruscus

    61

    61

    Hostilien

    12

    12

    Hérennia Étruscilla

    106

    106

    Divi

    14

    14

    TRÉBONIEN GALLE/VOLUSIEN (251-253)

    53

    53

    Trébonien Galle

    40

    40

    Volusien

    13

    13

    TOTAL

    3

    3 939

    157

    11

    4 110

    4Les trésors de Viuz-Faverges et de Saint-Jean-d’Ardières correspondent à deux types de thésaurisations diamétralement opposés (tableau 2). Le premier est caractéristique de ces ensembles constitués sur le long terme qui renferment une part majoritaire de deniers, espèce en voie de disparition mais qui conserve tout son prestige. Le trésor de Saint-Jean-d’Ardières ne compte en revanche que trois deniers et constitue un exemple particulièrement évocateur de thésaurisation centrée sur l’antoninien et entamée pas avant 238, date à partir de laquelle l’espèce radiée s’est imposée aux dépens du denier.

    Tableau 2 – Proportion de deniers dans quelques trésors enfouis entre 251 et 2536

    Viuz- Faverges

    Wiesbach-

    Mangelhausen

    Düren

    Metz

    Brigetio

    Serbie

    Sterrebeck

    Saint-Jean-

    d’Ardières

    % de deniers

    77,2

    63,7

    59,2

    48,9

    3,7

    1,1

    0,3

    0,07

    Nb total d’ex.

    2 306

    380

    1 702

    436

    508

    348

    358

    4 110

    5Les monnaies les plus anciennes du trésor se rattachent aux premières émissions d’antoniniens, espèce créée par Caracalla en 215. L’interruption de la frappe de la nouvelle espèce radiée dès 219 explique le hiatus qui s’observe dans le trésor entre cette date et l’année 238 qui voit la réintroduction de l’antoninien sous le règne conjoint de Balbin et de Pupien. Comme dans la plupart des trésors constitués essentiellement de billon radié, l’apport est faible jusqu’en 238 (2,5 %). Les monnayages de Gordien III et de Philippe Ier représentent l’essentiel du trésor (83,6 %). Le même constat s’applique globalement aux dépôts d’antoniniens enfouis en Gaule au début des années 250 (tableau 3). Le règne de Trajan Dèce (12,7 %) est représenté dans des proportions relativement faibles comme c’est généralement le cas des trésors occidentaux, contrairement à ce qui peut s’observer dans certains dépôts balkaniques comme celui de Cuprija (Serbie) par exemple. La très faible quantité de monnaies de Trébonien Galle et de Volusien dans le trésor de Saint-Jean-d’Ardières (1,3 %) tient au fait que la clôture du dépôt est intervenue dans le courant de ce règne.

    Tableau 3 – Composition des trésors de comparaison (en %)

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Mont-Cauvaire

    Brigetio

    Cuprija

    Sterrebeck

    Nanterre

    Dorchester

    Souzy-la-Briche

    Avant 238

    2,5

    8,2

    3,7

    1,7

    3,9

    11,9

    1,1

    4,8

    Gordien III (238-244)

    45,8

    52,1

    26,6

    26,5

    54,7

    36,4

    42,9

    39,3

    Philippe I et II (244-249)

    37,8

    28,3

    22,4

    25,2

    31,3

    30

    33,7

    29,7

    Trajan Dèce (249-251)

    12,7

    11

    26

    45

    7,3

    14

    11,2

    11,1

    Trébonien Galle et Volusien (251-253)

    1,3

    0,5

    21,3

    1,7

    2,5

    6,4

    6,8

    9

    Après 253

    0

    0

    0

    0

    0,4

    1,3

    4,4

    6,2

    Nombre total d’exemplaires

    4 110

    219

    508

    1 325

    358

    1 862

    20 748

    5 446

    Terminus

    252

    251/3

    251/3

    251/3

    253

    254/5

    257/8

    266/7

    6Dans la première moitié du iiie siècle, la production d’antoniniens émane quasi exclusivement de l’atelier de Rome, d’où provient donc naturellement l’essentiel des monnaies du trésor (95,9 %). La question de l’existence d’ateliers d’appoint a fait l’objet de nombreux débats7. En définitive, hormis peut-être une hypothétique série produite à Viminacium après la chute de Pacatien en 2488, les seuls antoniniens à avoir été frappés hors de Rome au cours de la période 238-252 le furent à Antioche. Les premiers antoniniens orientaux furent en grande partie destinés à financer la campagne de Gordien III contre les Perses. L’important contingent de monnaies d’Antioche relevé pour le règne de Gordien (7,8 %) ne constitue en rien une spécificité du trésor de Saint-Jean-d’Ardières puisque des proportions similaires se retrouvent généralement dans les dépôts gaulois9. Cet afflux de numéraire oriental en Gaule est certainement lié, pour une large part, au retour des troupes qui avaient été prélevées sur le Rhin à l’occasion de l’expeditio orientalis lancée par Gordien au printemps 24210. L’apport en provenance d’Antioche s’interrompt brutalement dans le trésor dès le début du règne de Philippe Ier, une fois la paix conclue avec les Perses. Par ailleurs, le trésor contient une infime proportion d’imitations (0,3 % de l’ensemble), pour la plupart fourrées. Leur caractère frauduleux a été révélé par le fait que la pellicule d’argent recouvrant l’âme en métal vil n’a pas résisté aux bains dans lesquels les monnaies ont été plongées. Il convient de signaler qu’un certain nombre d’exemplaires présentent un alliage de qualité assez médiocre, critère qui ne nous a toutefois pas semblé suffisant pour justifier un classement parmi les imitations.

    Les monnaies antérieures au règne de Gordien III

    7Les 34 monnaies aux noms de Caracalla et de Julia Domna (cat. 1-34) se rattachent aux trois dernières émissions du règne solitaire de Caracalla. L’émission 7, au cours de laquelle l’antoninien est institué, n’est en revanche pas représentée dans le trésor. Les outils que sont le RIC IV/111 et l’ouvrage de P. V. Hill12 sont assez imprécis pour ce qui est de la typologie des bustes de Caracalla. Un certain nombre de variétés représentées dans le trésor ne sont pas répertoriées dans l’un ou l’autre de ces ouvrages, les cat. 9 et 24 manquent même aux deux. Le classement des 58 monnaies aux noms d’Élagabale et de Julia Maesa (cat. 35-92) suit les groupes isolés par F. Dieulafait d’après l’évolution des titulatures13. Nous n’avons pas opéré ici l’habituelle distinction entre buste cuirassé et drapé et buste simplement drapé car la différence entre ces deux types de bustes est souvent très ténue. Enfin, le court règne conjoint de Balbin et de Pupien est représenté par 11 exemplaires, 7 pour le premier (cat. 93-99) et 4 pour le second (cat. 100-103).

    Gordien III

    8Avec 1 881 exemplaires, dont les 3 seuls deniers du trésor, les monnaies à l’effigie de Gordien III représentent près de la moitié de l’ensemble (45,8 %). Le classement de ce monnayage ne pose pas de difficultés fondamentales. La classification adoptée pour l’atelier de Rome par H. Mattingly dans le RIC IV/314 demeure assez satisfaisante tandis que la connaissance du monnayage d’Antioche bénéficie du remarquable travail effectué par R. Bland en la matière15.

    Rome

    9En se fondant sur le très abondant matériel fourni par le trésor de Dorchester, H. Mattingly a démontré de façon convaincante que la production de l’atelier de Rome sous le règne de Gordien III s’organise autour de six officines16. Cette vision a été confirmée par la suite par P. Le Gentilhomme à partir du trésor de Nanterre17. Plus récemment, S. K. Eddy proposait de ramener le nombre des officines romaines à trois18. Cette solution ne semble pas nécessaire puisque, au sein des différentes émissions, six grands types de revers sont représentés dans des proportions plus ou moins équivalentes. Les chiffres livrés par le trésor de Saint-Jean-d’Ardières confortent l’idée d’une organisation en six officines que nous conserverons donc, tout en suivant la séquence des émissions telle qu’elle est établie dans le RIC IV/319. Il faut néanmoins souligner les limites de cette classification qui se contente de lister les différents revers de chaque émission par ordre alphabétique.

    10L’important contingent de monnaies de Rome dans le trésor de Saint-Jean-d’Ardières (1 733 ex., cat. 104-1836) ne fait qu’apporter un élément de comparaison supplémentaire quant à l’organisation de l’atelier de l’Urbs sous le règne de Gordien III. La répartition des monnaies par émission est tout à fait classique (tableau 4), avec une nette surreprésentation des deux dernières émissions, les plus longues, et en particulier de la quatrième, de laquelle émanent les trois deniers du trésor (cat. 978, 1232 et 1476). À ce sujet, il est à noter que le trésor n’a livré aucun denier appartenant à l’émission spéciale de 241 qui est pourtant la plus prolifique en espèces laurées20. Au sein de chaque émission, les rapports entre les six officines sont équilibrés (tableau 5). La seule exception ici est la sous-représentation de l’officine ayant employé le type FIDES MILITVM au cours de la première émission. Le fait est propre au trésor de Saint-Jean-d’Ardières puisque, dans les autres trésors, ce type de revers est globalement représenté dans des proportions équivalentes aux autres types de l’émission21.

    Tableau 4 – Gordien, Rome : représentation des émissions dans d’importants trésors gaulois (en %)

    Ém. 1

    Ém. 2

    Ém. 3a

    Ém. 3b

    Ém. 3c

    Ém. spéciale

    (deniers)

    Ém. 4

    Ém. 5

    Nb d’ex.

    Saint-Jean-d’Ardières

    9,1

    3,1

    8,5

    2,6

    11,5

    0

    44,5

    20,7

    1 732

    Éauze

    10,2

    2,3

    8,1

    2,6

    9,9

    5,2

    42,2

    19,2

    3 173

    Souzy-la-Briche

    10,2

    3,3

    10,4

    2,5

    10,8

    0,5

    39,6

    22,7

    2 027

    Tableau 5 – Gordien, Rome : représentation des types de revers dans le trésor de Saint-Jean-d’Ardières

    Émissions

    Types de revers (6 officines)

    Nb d’ex.

    Total

    Ém. 1

    FIDES MILITVM

    12

    157

    IOVI CONSERVATORI

    35

    PAX AVGVSTI

    32

    PROVIDENTIA AVG

    24

    VICTORIA AVG

    26

    VIRTVS AVG

    28

    Ém. 2

    P M TR P II COS P P (Fides)

    7

    52

    P M TR P II COS P P (Jupiter)

    9

    P M TR P II COS P P (Pax)

    12

    P M TR P II COS P P (Providentia)

    10

    P M TR P II COS P P (Victoire)

    7

    P M TR P II COS P P (Virtus)

    7

    Ém. 3a

    AEQVITAS AVG

    27

    148

    CONCORDIA AVG

    25

    LIBERALITAS AVG II

    23

    P M TR P II COS P P (Empereur)

    21

    ROMAE AETERNAE

    22

    VIRTVS AVG

    30

    Ém. 3b

    AEQVITAS AVG

    5

    45

    CONCORDIA AVG

    6

    LIBERALITAS AVG II

    10

    P M TR P II COS P P (Empereur)

    10

    ROMAE AETERNAE

    7

    VIRTVS AVG

    7

    Ém. 3c

    AEQVITAS AVG

    32

    199

    CONCORDIA MILIT

    33

    LIBERALITAS AVG (II et III)

    32

    P M TR P (II et III) COS P P (Empereur)

    33

    ROMAE AETERNAE

    40

    VIRTVS AVG

    29

    Ém. 4

    AETERNITATI AVG

    125

    772

    IOVI(S) STATOR(I)

    149

    LAETITIA AVG N

    112

    P M TR P (III à VI) COS II P P (Apollon)

    134

    P M TR P (III à VI) COS II P P (Empereur)

    125

    VIRTVTI AVGVSTI

    127

    Ém. 5

    FELICITAS TEMP(ORVM)

    63

    359

    FORT(VNA) REDVX

    60

    MARTEM PROPVGNATOREM, MARS PROPVG(NAT) et

    P M TR P VII COS II P P (Mars)

    51

    PROVID(ENTIA) AVG

    61

    SECVRIT(AS) PERP(ETVA)

    62

    VICTOR(IA) AETER(NA)

    62

    11Un seul exemplaire ne trouve pas sa place dans ces émissions régulières (cat. 1836). Il porte, au droit, la titulature de la fin du règne IMP GORDIANVS PIVS FEL AVG. Au revers se trouve la légende VIRTVS AVGG couplée à l’image de Virtus debout à gauche tenant un bouclier et une haste. Si ce type de revers a bien été employé sous le règne de Gordien III, la légende est normalement déclinée au singulier tandis que la titulature est celle du début du règne (cf. cat. 233-260). La légende VIRTVS AVGG se retrouve quant à elle associée à ce même type de revers sur de rarissimes deniers de Gordien II (RIC IV/2, no 3) et, surtout, sur des antoniniens de Volusien (RIC IV/3, no 186). D’assez nombreux hybrides associant le portrait de Gordien III à des revers propres à des règnes postérieurs allant jusqu’à celui de Valérien sont signalés dans le RIC, où ils sont attribués à l’atelier d’Antioche22. Si le revers VIRTVS AVGG ne figure pas dans cet ouvrage de référence, un exemplaire identique, issu du même coin de revers, se retrouve dans le trésor d’Éauze, où il est également classé à Antioche23. Toutefois, le style du droit comme celui du revers ne se distingue guère des productions de l’atelier de Rome et rien ne semble justifier une attribution à l’atelier d’Antioche, si ce n’est l’incohérence de la légende de revers. Il est difficile d’expliquer l’existence de tels hybrides, sinon par des pratiques frauduleuses. La relative usure qui caractérise l’exemplaire du trésor de Saint-Jean-d’Ardières va toutefois à l’encontre de l’idée d’une production tardive.

    Antioche

    12La majorité des antoniniens de la première émission d’Antioche, datée entre la fin de l’été 238 et la fin 23924, présente des droits (titulature IMP CAES M ANT GORDIANVS AVG, buste cuirassé et drapé vu de trois quarts en arrière) et des revers identiques à ceux de Rome. Dans ce cas, la distinction entre les deux ateliers ne peut se faire que sur des critères stylistiques qui ont été définis par R. Bland25. Alors que l’aspect des portraits est assez homogène à Rome, Antioche présente une grande diversité de styles et c’est souvent par défaut que se fait l’attribution à Antioche. Pour leur part, les revers de l’atelier oriental présentent un style laborieux et peu naturel tandis que la graphie est moins régulière qu’à Rome. Ainsi, 26 exemplaires du trésor peuvent être rattachés à la première émission d’Antioche (cat. 1837-1862). Parmi les monnaies les plus rares, le cat. 1854 porte la légende de revers P M TRI P CON P P. Celle-ci est associée ici à l’image de Sol debout à gauche, levant la main droite et tenant un globe de la main gauche, comme c’est le cas sur un exemplaire conservé à Vienne qui est issu du même coin de droit mais d’un coin de revers différent (Bland, 30/1). La même légende encadre également les images de l’empereur sacrifiant (Bland, 29) et de Sérapis (Bland, – ; vente Lanz 112, 25/11/2002, no 767). Si la titulature IMP CAE M ANT GORDIANVS AVG qui caractérise le cat. 1862 est connue par plusieurs coins de droit pour les revers CONCORDIA AVG (Bland, 7/25) et PAX AVGVSTI (Bland, 21/33-34), elle ne l’est apparemment pas pour le revers P M TR P II COS P P (Providentia debout à gauche, tenant un globe de la main droite et un sceptre de la main gauche) auquel elle est associée ici.

    13Marquant la reprise de la frappe d’antoniniens à Antioche après une interruption, la seconde émission est située entre la fin de l’année 242 et la mort de Gordien III dans les premiers mois de l’année 24426. Les monnaies qui s’y rattachent, au nombre de 120 (cat. 1863-1982), présentent un buste cuirassé vu de trois quarts en arrière qui n’est alors usité qu’à Antioche. Le style de portrait de l’atelier oriental est désormais bien spécifique. Il faut enfin signaler la présence dans le trésor d’une imitation (cat. 1984) qui n’est apparemment pas fourrée, dont le revers s’inspire du type ORIENS AVG propre à la seconde émission d’Antioche (Bland, 79). Le droit présente en revanche un buste cuirassé et drapé qui n’est qu’exceptionnellement employé à Antioche dans la seconde partie du règne et qui n’est pas connu avec ce type de revers.

    Philippe Ier et alii

    14Le classement du monnayage de Philippe présente un certain nombre de difficultés. La principale question qui se pose est celle des ateliers qui frappèrent des antoniniens sous ce règne. Les 1 553 monnaies du trésor (cat. 1985-3537) sont l’occasion de revenir sur les différentes hypothèses qui ont été émises à ce sujet. Outre l’atelier principal de Rome, l’activité à Antioche ne fait pas de doute alors que l’idée de l’existence d’un second atelier oriental a même parfois été suggérée. Après bien des débats, il semble que l’atelier de Viminacium ne se consacra à la production d’antoniniens qu’à partir de l’usurpation de Pacatien en 248. Enfin, certains types se situent en marge de la production de Rome et doivent être placés, dans le cadre de cet atelier, au sein d’une « émission spéciale ». Par ailleurs, nous nous efforcerons de situer en parallèle, au sein de chaque émission, les monnaies de Philippe Ier, de Philippe II et d’Otacilia Severa, chose qui ne va pas toujours de soi et qui comporte une part de subjectivité.

    Rome

    15Dans la continuité de l’organisation qui prévalait sous le règne de Gordien III, l’atelier de Rome fonctionna tout au long du règne avec six officines. C’est du moins ce qu’indiquent les deux émissions signées de la fin du règne. Les volumes de production des différentes officines sont équilibrés au sein de ces émissions 5 et 6. Nous partirons donc du postulat qu’il en est de même pour les émissions qui ne comportent pas de marque d’officine. Afin de comparer les quantités produites par chaque officine, nous nous appuierons sur six trouvailles majeures qui fournissent, au total, un échantillon constitué de plus de 15 000 monnaies frappées sous le règne de Philippe. Pour chaque émission, un tableau répertorie le nombre d’exemplaires par type de revers. Le code utilisé pour décrire les légendes de droit des différents corégents est le suivant :

    Philippe Ier :

    Ph. I (1) : IMP M IVL PHILIPPVS AVG

    Ph. I (2) : IMP PHILIPPVS AVG

    Philippe II :

    Ph. II (1) : M IVL PHILIPPVS CAES

    Ph. II (2) : IMP M IVL PHILIPPVS AVG

    Ph. II (3) : IMP PHILIPPVS AVG

    Otacilia Severa :

    O. (1) : MARCIA OTACIL SEVERA AVG

    O. (2) : M OTACIL SEVERA AVG

    O. (3) : OTACIL SEVERA AVG

    16Les auteurs du RIC ont isolé huit émissions27. Cette organisation demeure, dans ses grandes lignes, tout à fait pertinente. Il nous a néanmoins paru nécessaire d’intercaler une « émission spéciale » entre les émissions 3 et 4. Certaines interrogations subsistent par ailleurs en ce qui concerne la structure des deux dernières émissions. Quoi qu’il en soit, la représentation respective des différentes émissions dans le trésor est parfaitement conforme à ce qui s’observe dans les trésors gaulois avec, notamment, une troisième émission dont est issue près de la moitié des monnaies du règne (tableau 6).

    Tableau 6 – Philippe, Rome : représentation des émissions dans d’importants trésors gaulois (en %)

    Ém. 1

    Ém. 2

    Ém. 3

    « Ém.

    spéciale »

    Ém. 4

    Ém. 5-6

    Ém. 7-8

    Nb d’ex.

    Saint-Jean-d’Ardières

    11,2

    12,3

    43,4

    3,7

    9,9

    8,7

    10,8

    1 524

    Éauze

    12,0

    13,1

    43,7

    3,6

    7,9

    9,1

    10,6

    2 474

    Souzy-la-Briche

    11,5

    12,2

    45,6

    3,3

    9,0

    7,9

    10,5

    1 563

    Émission 1

    17Philippe Ier accéda au pouvoir début 24428. Jusqu’à l’été de la même année, date de la nomination de Philippe II au rang de César, l’atelier de Rome semble n’avoir frappé monnaie qu’au nom de Philippe père, qui est d’abord désigné par la titulature longue IMP M IVL PHILIPPVS AVG. Un type de revers spécifique est employé d’emblée par chacune des six officines. Dans le courant de l’émission, l’iconographie des revers évolue et, dans certains cas, les légendes se raccourcissent. D’après les chiffres obtenus à partir de six trouvailles majeures (tableau 7), il ressort une nette sous-représentation des deux variantes du type SALVS AVG. Le fait est en grande partie lié à un phénomène de thésaurisation propre au dépôt de Dorchester, lequel compte anormalement peu d’exemplaires de ce type. En mettant la trouvaille anglaise de côté, nous obtenons des chiffres moins déséquilibrés (Fides : 166 ex. ; Laetitia : 163 ex. ; Pax : 162 ex. ; Salus : 131 ex. ; Victoria : 174 ex. ; Virtus : 155 ex.). Il ne semble donc pas nécessaire de proposer, comme le faisaient les auteurs du RIC29, de compléter la production de l’officine qui a frappé le type SALVS AVG par une partie des exemplaires aux types SECVRIT ORBIS ou FELICITAS TEMP. Qui plus est, ces derniers revers ne sont pas couplés à des portraits rappelant ceux de Gordien III tels qu’il s’en retrouve dans la première émission.

    Tableau 7 – Philippe, Rome : émission 1

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Ph. I (1)

    FIDES MILITVM (Fides 1)

    34b

    23

    5

    7

    2

    2

    5

    290

    Ph. I (1)

    FIDES MILIT (Fides 1)

    32b

    98

    23

    32

    9

    9

    27

    Ph. I (1)

    FIDES MILIT (Fides 2c)

    33

    26

    2

    9

    1

    5

    5

    Ph. I (1)

    LAET FVNDATA (Laetitia 1b)

    35b

    11

    4

    1

    0

    5

    2

    335

    Ph. I (1)

    LAETIT FVNDAT (Laetitia 1b)

    36b

    132

    21

    40

    8

    18

    31

    Ph. I (1)

    LAETIT FVNDAT (Laetitia 1c)

    37b

    29

    6

    14

    2

    5

    6

    Ph. I (1)

    PAX AETERNA (Pax 4)

    42

    21

    4

    9

    1

    5

    3

    320

    Ph. I (1)

    PAX AETERN (Pax 4)

    41

    102

    15

    35

    8

    22

    20

    Ph. I (1)

    PAX AETERN (Pax 1)

    40b

    35

    7

    14

    5

    7

    7

    Ph. I (1)

    SALVS AVG (Salus 4)

    47

    18

    16

    30

    7

    22

    24

    178

    Ph. I (1)

    SALVS AVG (Salus 2)

    46b

    29

    3

    8

    0

    8

    13

    Ph. I (1)

    VICTORIA AVG (Victoire 8)

    49b

    127

    20

    35

    9

    26

    31

    344

    Ph. I (1)

    VICTORIA AVG (Victoire 3)

    50

    43

    8

    13

    2

    19

    11

    Ph. I (1)

    VIRTVS AVG (Virtus 10)

    53

    98

    25

    35

    8

    22

    22

    306

    Ph. I (1)

    VIRTVS AVG (Virtus 4a)

    52

    53

    11

    16

    2

    5

    9

    Émission 2

    18Au cours de la deuxième émission, Philippe II et Otacilia Severa font leur apparition dans le monnayage. L’une des six officines leur est consacrée : la troisième pour Philippe II et la quatrième pour Otacilia, si l’on en croit l’ordre qui sera adopté lors des émissions 5 et 6. L’accession au césarat de Philippe II explique la forme plurielle que prennent désormais certaines légendes de revers associées à Philippe père et fils. Les légendes attribuées à Otacilia Severa sont en revanche déclinées au singulier puisqu’il est fait référence ici à la Pietas et à la Pudicitia de l’Augusta elle-même. Pour Philippe Ier, les revers ADVENTVS AVGG et LIBERALITAS AVGG II ainsi que FELICITAS TEMP et SECVRIT ORBIS sont à rattacher à la deuxième émission. Le monnayage au nom de Philippe César, proclamé Auguste à la fin de l’été 247, correspond quant à lui, dans sa globalité, aux émissions 2 et 3. En nous fondant sur des critères stylistiques assez subjectifs, nous proposerons de rattacher à la deuxième émission les revers PIETAS AVGVSTOR, PRINCIPI IVVENT(VTIS) (Prince 3a, 5 et 6a-b30) et SPES PVBLICA. Ceux-ci sont souvent associés à des portraits juvéniles au visage poupin. Il est à noter que le portrait du cat. 2272, couplé au revers PIETAS AVGVSTOR, rappelle celui de Gordien III. Les exemplaires avec la titulature longue d’Otacilia Severa et les légendes au singulier viendraient logiquement compléter cette émission qui, ainsi reconstituée, présente des chiffres relativement équilibrés pour les différentes officines (tableau 8).

    Tableau 8 – Philippe, Rome : émission 2

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Ph. I (1)

    ADVENTVS AVGG

    26b

    155

    29

    48

    8

    29

    49

    318

    Ph. I (1)

    FELICITAS TEMP

    31

    151

    19

    43

    6

    21

    42

    282

    Ph. I (1)

    LIBERALITAS AVGG II

    38b

    178

    35

    67

    12

    36

    44

    372

    Ph. I (1)

    SECVRIT ORBIS

    48b

    167

    34

    70

    8

    33

    45

    357

    Ph. II (1)

    PIETAS AVGVSTOR

    215

    9

    1

    3

    1

    1

    0

    315

    Ph. II (1)

    PRINCIPI IVVENTVTIS

    220b

    11

    3

    3

    0

    4

    2

    Ph. II (1)

    PRINCIPI IVVENT (Prince 5)

    216c

    132

    27

    39

    4

    25

    33

    Ph. II (1)

    PRINCIPI IVVENT (Prince 6)

    217

    3

    4

    2

    1

    1

    0

    Ph. II (1)

    SPES PVBLICA

    221

    5

    1

    0

    0

    0

    0

    O. (1)

    PIETAS AVG (Pietas 2)

    120b

    6

    1

    3

    2

    2

    0

    337

    O. (1)

    PIETAS AVG (Pietas 4)

    121/122b

    16

    2

    6

    3

    3

    2

    O. (1)

    PVDICITIA AVG

    123c

    134

    32

    40

    12

    35

    38

    Émission 3

    19Au cours de la troisième émission, Philippe Ier conserve la titulature longue IMP M IVL PHILIPPVS AVG. Les quatre officines qui lui sont attribuées emploient l’une des légendes suivantes : AEQVITAS AVGG, ANNONA AVGG, P M TR P (II à IIII) COS (II) P P et ROMAE AETERNAE. L’iconographie des revers évolue en cours d’émission, ceci de manière parfois subtile. Il faut reconnaître à J. Fitz le mérite d’avoir isolé les différentes variantes31. Toutefois, l’hypothèse d’une ventilation de celles-ci entre les ateliers de Rome et de Viminacium envisagée par cet auteur est à écarter32. F. Dieulafait a bien établi l’ordre de succession de ces différentes variantes au sein des émissions 3 et 433. Concernant Philippe II, les abondantes monnaies portant au revers la légende PRINCIPI IVVENT associée à l’image du prince debout à gauche avec globe et haste verticale ainsi que, parfois, un captif à ses pieds, trouvent naturellement leur place au sein de cette troisième émission. Si la titulature revêt toujours la forme M IVL PHILIPPVS CAES, le style des portraits montre ici une évolution par rapport à l’émission précédente : les visages sont globalement plus matures, le menton est souvent légèrement prognathe, l’arête du nez est moins marquée que précédemment. Par ailleurs, le cat. 2902, au nom du César, porte au revers le type PAX AETERNA qui est habituellement associé à des monnaies de Philippe II Auguste. Un second exemplaire en mains privées répond également à cette description et est issu de la même paire de coins34. L’existence de telles monnaies nous a engagé à classer au sein de cette troisième émission les rares exemplaires associant cette fois le revers PAX AETERNA et la première titulature attribuée au jeune Auguste, IMP M IVL PHILIPPVS AVG (cat. 2903-2905). À noter enfin que le cat. 2906 associe un droit de Philippe II César et le revers AEQVITAS AVGG propre à Philippe Ier. Ce type d’hybridation est bien répertorié pour le revers en question mais seulement avec un droit de Philippe II Auguste. Dans ce cas, une attribution à l’atelier d’Antioche est généralement retenue (RIC IV/3, 246). En revanche, l’atelier oriental n’a, semble-t-il, jamais frappé de monnaies au nom du César. L’exemplaire du trésor de Saint-Jean-d’Ardières, en état fragmentaire, ne semble pas être une imitation et doit donc être classé à Rome. Ceci impliquerait que des échanges de coins aient pu intervenir ponctuellement entre deux officines puisque les monnayages de Philippe père et fils sont théoriquement issus d’officines distinctes. Quant à Otacilia Severa, nous avons classé au sein de cette troisième émission les monnaies associant le revers CONCORDIA AVGG et les titulatures longue (MARCIA OTACIL SEVERA AVG) et intermédiaire (M OTACIL SEVERA AVG). Les exemplaires dotés de la première titulature trouveraient tout aussi bien leur place dans l’émission précédente, classement qui a été retenu dans le RIC35. Nous avons toutefois opté pour les situer ici, solution qui présente l’avantage d’atténuer le déficit quantitatif de l’officine dévolue à Otacilia Severa. Pour le reste, la représentation respective des différentes officines dans les trésors est tout à fait équilibrée (tableau 9).

    Tableau 9 – Philippe, Rome : émission 3

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Ph. I (1)

    AEQVITAS AVGG

    27b

    526

    118

    175

    42

    125

    170

    1 156

    Ph. I (1)

    ANNONA AVGG

    28c/29

    510

    97

    168

    36

    119

    177

    1 107

    Ph. I (1)

    P M TR P II COS P P (Empereur)

    2b

    151

    22

    41

    12

    30

    56

    1 091

    Ph. I (1)

    P M TR P III COS P P (Felicitas)

    3

    191

    61

    95

    10

    50

    66

    Ph. I (1)

    P M TR P IIII COS II P P (Felicitas)

    4

    118

    38

    50

    15

    36

    49

    Ph. I (1)

    ROMAE AETERNAE

    45

    506

    119

    188

    37

    115

    170

    1 135

    Ph. II (1)

    PRINCIPI IVVENT (Prince 1)

    218d

    483

    104

    202

    47

    122

    145

    1 129

    Ph. II (1 et 2)

    PAX AETERNA

    227

    5

    4

    6

    2

    4

    5

    O. (1 et 2)

    CONCORDIA AVGG

    119b/125c/126

    483

    98

    156

    37

    112

    128

    1 014

    « Émission spéciale »

    20Dans son étude du trésor de Smyrne, S. K. Eddy proposait d’exclure les monnaies portant au revers les types VICTORIA AVGG et AETERNIT IMPER de la production de l’atelier de Rome36. Le type VICTORIA AVGG, réservé à Philippe Ier, trouve effectivement difficilement sa place dans les deuxième ou troisième émissions de Rome où ses légendes de droit et de revers le situeraient37. Pour ces émissions, quatre grands types de revers sont déjà répartis entre les quatre officines romaines qui œuvrent pour Philippe père. Qui plus est, le volume de la série au type VICTORIA AVGG, relativement peu important, ne cadre pas avec les quantités frappées par les officines lors de l’émission 2, et encore moins lors de l’émission 338. Il faut toutefois admettre que le style de portrait de ces monnaies est assez proche de celui de la troisième émission de Rome : les bustes sont de petite taille, l’air est mature et sévère, le nez est aquilin. Certains exemplaires au nom de Philippe II Auguste portant au revers la légende AETERNIT IMPER se distinguent en revanche des productions romaines par des bustes particulièrement larges. Ces portraits présentent d’évidentes similitudes avec ceux qui sont associés au type IOVI CONSERVAT(ORI), propre à Philippe II César, que les auteurs du RIC envisageaient de rattacher à l’atelier d’Antioche39. Les recherches actuelles portant sur l’atelier d’Antioche sous le règne de Philippe excluent en revanche ce type40. Les mêmes problématiques s’appliquent au type IVNO CONSERVAT(RIX), qui est le pendant pour Otacilia Severa du type précédent. Ce revers est couplé à de larges portraits grossièrement exécutés qui se caractérisent par une démarcation très angulaire entre le sommet du crâne et le chignon.

    21Par effet d’entraînement, les quatre types VICTORIA AVGG, AETERNIT IMPER, IOVI CONSERVAT(ORI) et IVNO CONSERVAT(RIX) (cat. 3005-3061) semblent donc se situer en marge de la production de l’atelier de l’Urbs. Ils forment un groupe cohérent au sein duquel les volumes de production pour Philippe Ier, Philippe II et Otacilia Severa sont assez équilibrés. Reste à en déterminer le lieu de production. Leur représentation dans les trésors clos après la chute de Philippe diverge assez sensiblement d’une région à l’autre (tableau 10). Dans les dépôts gallo-britanniques, l’apport de ce groupe se limite à environ 3 % des monnaies du règne. Il en va de même dans le trésor de Krog en Slovénie ou bien dans celui de Smyrne en Turquie. Dans les trésors de Nagyvenyim en Hongrie ou de Plevna en Bulgarie, les proportions se situent autour de 5 %. Mais c’est dans les trésors serbes que la concentration de ces monnaies est la plus forte : 7,2 % dans le trésor de Cuprija, 8,3 % dans celui de Smederevo et jusqu’à 12,2 % dans celui de Belgrade. Ces observations orienteraient a priori vers la piste d’un atelier balkanique. Dans ce sens, S. K. Eddy situait la production des monnaies aux types VICTORIA AVGG et AETERNIT IMPER à Viminacium, capitale de la province de Mésie supérieure41. La question de l’inauguration des frappes d’antoniniens à Viminacium, où des bronzes provinciaux furent produits dès 239, a suscité de nombreuses discussions42. W. Szaivert démontrait au final que les premiers antoniniens de Viminacium sont au nom de Pacatien, usurpateur porté au pouvoir en 248 par les troupes danubiennes43. Plus récemment, un petit groupe d’antoniniens à l’effigie de Philippe Ier présentant des similitudes stylistiques avec les bronzes provinciaux de Viminacium a néanmoins été identifié44. Les exemplaires répertoriés reprennent des revers empruntés à Gordien, à Philippe et à Pacatien. Si l’atelier de Viminacium a peut-être frappé des antoniniens pour Philippe, cette production n’intervint qu’après la chute de Pacatien. L’hypothèse de S. K. Eddy selon laquelle l’atelier de Viminacium frappa du billon radié dès les années 245-247 ne peut donc raisonnablement être retenue.

    Tableau 10 – Philippe, Rome : « émission spéciale »

    Ph. I (1)

    Ph. II (1)

    Ph. II (2)

    O. (2)

    Total « émission spéciale »

    %

    VICTORIA AVGG

    %

    IOVI CONSERVAT(ORI)

    %

    AETERNIT IMPER

    %

    IVNO CONSERVAT(RIX)

    %

    Réf.

    RIC

    51

    213/214

    226

    127/128

    Dorchester (Grande-Bretagne)

    75

    1,1

    26

    0,4

    39

    0,6

    57

    0,8

    197

    2,9

    Éauze (France)

    31

    1,3

    7

    0,3

    26

    1,1

    25

    1,0

    89

    3,6

    Souzy-la-Briche (France)

    22

    1,4

    4

    0,3

    5

    0,3

    20

    1,3

    51

    3,3

    Saint-Jean-d’Ardières (France)

    16

    1,0

    13

    0,9

    12

    0,8

    16

    1,0

    57

    3,7

    Krog (Slovénie)

    1

    0,2

    4

    0,9

    5

    1,1

    4

    0,9

    14

    3,1

    Nagyvenyim (Hongrie)

    9

    2,8

    3

    0,9

    2

    0,6

    5

    1,5

    19

    5,8

    Belgrade (Serbie)

    18

    3,0

    14

    2,3

    17

    2,8

    24

    4,0

    73

    12,2

    Smederevo (Serbie)

    69

    3,4

    28

    1,4

    22

    1,1

    49

    2,4

    168

    8,3

    Cuprija (Serbie)

    9

    2,7

    2

    0,6

    7

    2,1

    6

    1,8

    24

    7,2

    Plevna (Bulgarie)

    8

    1,7

    3

    0,6

    4

    0,9

    6

    1,3

    21

    4,5

    Smyrne (Turquie)

    6

    1,3

    3

    0,6

    3

    0,6

    1

    0,2

    13

    2,8

    Nb d’ex.

    264

    249

    213

    726

    22Une autre solution pourrait être envisagée : celle d’un « branch mint » qui aurait mis à contribution des graveurs romains et qui aurait eu pour vocation à financer la campagne contre les Carpes45. Nous avons opté pour maintenir cette série à Rome tout en l’isolant sous l’appellation « émission spéciale »46. Quant à situer cette production dans le temps, les titulatures employées permettent de proposer une datation assez précise par comparaison avec la structure des émissions de Rome. Les titulatures IMP M IVL PHILIPPVS AVG pour Philippe père et M OTACIL SEVERA AVG pour Otacilia Severa ont été utilisées à Rome au cours des trois premières émissions, ceci jusque vers l’automne 247. Philippe II est désigné dans ce groupe à la fois comme César et comme Auguste, titre qu’il prit peu avant la fin août 247. Cette série autonome s’achèverait donc vers la fin de l’été ou le début de l’automne 247. En fonction de son ampleur limitée, nous serions tenté de situer son inauguration vers le début de l’année 247.

    Émission 4

    23La typologie des revers de la quatrième émission se situe dans la continuité de l’émission 3. Pour Philippe père, dont la titulature prend désormais la forme IMP PHILIPPVS AVG, se retrouvent les revers AEQVITAS AVGG, ANNONA AVGG, P M TR P (IIII ou V) COS (II ou III) P P et ROMAE AETERNAE. Le rare type VICTORIA CARPICA (cat. 3159-3160), frappé de façon très ponctuelle, est généralement classé au sein de l’émission 4, ce qui situerait la date de la victoire contre les Carpes vers l’automne 247 ou le début 248 et justifierait l’interruption de l’« émission spéciale ». Le type VICTORIA CARPICA viendrait logiquement s’agréger à la production de l’une des quatre officines œuvrant pour Philippe Ier. Seule la découverte de liaisons de coins de droit avec des exemplaires portant d’autres types de revers de la quatrième émission permettrait d’identifier l’officine en question. La recherche que nous avons menée en ce sens est restée infructueuse47. Le revers VICTORIA CARPICA pourrait éventuellement accompagner le type P M TR P (IIII ou V) COS (II ou III) P P qui est généralement sous-représenté dans les trésors (tableau 11). Il faut par ailleurs signaler la présence de deux exemplaires anachroniques qui associent la nouvelle titulature IMP PHILIPPVS AVG, apparue à partir de la fin 247, et le revers P M TR P III COS P P, qui date de l’année 246 (cat. 3062-3063). Ces deux monnaies, de même qu’une troisième qui se trouve dans une collection privée48, sont issues d’un seul et unique coin de revers. Il s’agit manifestement d’un cas isolé de coin resté en usage par erreur. De même que son père, Philippe II adopte la titulature IMP PHILIPPVS AVG et l’emploi du revers PAX AETERNA se poursuit depuis l’émission précédente. La titulature d’Otacilia Severa prend quant à elle la forme courte OTACIL SEVERA AVG tandis que le revers CONCORDIA AVGG est repris.

    Tableau 11 – Philippe, Rome : émission 4

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Ph. I (2)

    AEQVITAS AVGG

    57

    83

    28

    38

    6

    22

    21

    198

    Ph. I (2)

    ANNONA AVGG

    59

    91

    26

    37

    9

    26

    25

    214

    Ph. I (2)

    P M TR P IIII COS II P P (Felicitas)

    5

    67

    13

    18

    5

    14

    20

    149

    Ph. I (2)

    P M TR P V COS III P P (Felicitas)

    6

    6

    0

    1

    0

    3

    2

    Ph. I (2)

    ROMAE AETERNAE

    65

    94

    28

    34

    11

    21

    26

    214

    Ph. I (2)

    VICTORIA CARPICA

    66

    5

    2

    1

    0

    1

    0

    9

    Ph. II (3)

    PAX AETERNA

    21

    114

    21

    32

    7

    28

    24

    226

    O. (3)

    CONCORDIA AVGG

    129

    80

    33

    34

    5

    27

    13

    192

    Émissions 5 et 6

    24La structure de ces émissions ne pose pas de difficultés puisque les officines sont signées, en chiffres latins pour la cinquième émission (I à VI) et en lettres grecques pour la sixième (A à E). Il faut toutefois souligner que les arguments manquent pour établir de manière définitive leur place l’une par rapport à l’autre49. Une chose est sûre : elles sont postérieures à l’émission 4 et datent toutes deux de 248. La mention de la cinquième puissance tribunitienne et du troisième consulat dans l’émission 6 le confirme. Par le biais de la seule légende SAECVLARES AVGG accompagnée d’un bestiaire, l’émission 5 témoigne des festivités liées aux jeux célébrant le millième anniversaire de Rome, le 21 avril 248. En marge du matériel issu de ces émissions, le cat. 3536 porte au droit la titulature obsolète IMP M IVL PHILIPPVS AVG. Son coin de revers se singularise par une gravure particulièrement grossière et par la présence d’un B rétrograde dans le champ. Il s’agit manifestement là d’une imitation50.

    Tableau 12 – Philippe, Rome : émissions 5 et 6

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Émission 5

    Ph. I (2)

    SAECVLARES AVGG (Lion)

    12

    62

    20

    19

    4

    10

    15

    130

    Ph. I (2)

    SAECVLARES AVGG (Louve)

    15

    56

    13

    32

    8

    13

    12

    134

    Ph. I (2)

    SAECVLARES AVGG (Cerf)

    19

    60

    14

    21

    6

    12

    19

    132

    Ph. I (2)

    SAECVLARES AVGG (Antilope)

    21

    72

    13

    21

    3

    13

    14

    136

    Ph. II (3)

    SAECVLARES AVGG (Chèvre)

    224

    62

    14

    21

    9

    15

    8

    129

    O. (3)

    SAECVLARES AVGG (Hippopotame)

    116b

    73

    18

    24

    5

    21

    6

    147

    Émission 6

    Ph. I (2)

    P M TR P V COS III P P (Mars)

    7

    37

    8

    15

    3

    4

    10

    77

    Ph. I (2)

    TRANQVILLITAS AVGG

    9

    29

    3

    13

    3

    10

    15

    73

    Ph. I (2)

    VIRTVS AVGG (Empereurs)

    10

    39

    8

    7

    1

    4

    12

    71

    Ph. I (2)

    NOBILITAS AVGG

    8

    27

    7

    14

    4

    6

    8

    66

    Ph. II (3)

    VIRTVS AVGG (Virtus)

    223

    32

    13

    20

    5

    8

    7

    85

    O. (3)

    PIETAS AVGG

    115

    26

    8

    18

    3

    7

    9

    71

    Émissions 7/8

    25Une fois les six premières émissions organisées, un certain nombre de types restent à situer les uns par rapport aux autres. Selon toute vraisemblance, ce groupe est postérieur aux émissions marquées. On y retrouve la mention du troisième consulat, magistrature exercée par Philippe Ier en 248 et en 249. L’ampleur de ces séries engage à les situer à partir du courant de l’année 248 jusqu’à la chute de Philippe père et fils au cours de l’été 249. L’ultime groupe de monnaies à l’effigie de Philippe Ier pose des difficultés puisque sept types de revers sont à répartir sur quatre officines (tableau 13). S. K. Eddy résolvait ce problème en attribuant les types FELICITAS IMPP, FIDES EXERCITVS (Fides) et FORTVNA REDVX à l’atelier de Milan51. Selon cet auteur, l’ouverture d’un atelier en Italie du Nord serait à resituer dans le contexte de la guerre contre les Carpes. Si commode soit-elle, cette solution ne peut être retenue. Elle a d’ailleurs été prestement rejetée par V. Kondic qui doute de l’opportunité de l’ouverture d’une nouvelle Moneta à Milan à ce moment52. Plus objectivement, nous remarquerons que les coins de droit associés à ces revers sont indéniablement l’œuvre de graveurs romains (comparer les droits des fig. 2-3, 5-6 et 7-8). Qui plus est, les mêmes scalptores semblent être à l’origine de coins utilisés par différentes officines romaines (fig. 2-4).

    Tableau 13 – Philippe, Rome : émissions 7/8

    Réf. RIC

    Dorchester

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Éauze

    Nanterre

    Souzy-la-Briche

    Smederevo

    Nb d’ex.

    Ph. I (2)

    AETERNITAS AVGG

    58

    93

    15

    26

    5

    18

    17

    174

    Ph. I (2)

    FORTVNA REDVX

    63b

    34

    11

    9

    3

    10

    9

    76

    Ph. I (2)

    FELICITAS IMPP

    60

    37

    11

    10

    0

    2

    4

    64

    Ph. I (2)

    SAECVLVM NOVVM

    25b

    88

    17

    30

    6

    28

    13

    182

    Ph. I (2)

    FIDES EXERCITVS (Fides)

    61

    42

    10

    11

    3

    5

    12

    83

    Ph. I (2)

    FIDES EXERCITVS (Enseignes)

    62

    113

    17

    36

    10

    21

    17

    214

    Ph. I (2)

    SAECVLARES AVGG COS III

    24c

    135

    32

    55

    8

    38

    32

    300

    Ph. II (3)

    LIBERALITAS AVGG III

    230

    111

    27

    40

    8

    16

    27

    229

    O. (3)

    PIETAS AVGVSTAE

    130

    114

    25

    45

    9

    26

    17

    236

    Figure 2 (cat. 3387)

    Image 100000000000012200000244E9933DBC.jpg

    Figure 3 (cat. 3406)

    Image 100000000000011500000259A6488D84.jpg

    Figure 4 (cat. 3455)

    Image 100000000000011900000251EA3FB888.jpg

    Figure 5 (cat. 3382)

    Image 100000000000011C0000024915598B89.jpg

    Figure 6 (cat. 3403)

    Image 100000000000011A00000243E888A625.jpg

    Figure 7 (cat. 3414)

    Image 100000000000010E00000249F6B9EA96.jpg

    Figure 8 (cat. 3362)

    Image 100000000000012300000259F06CDA6A.jpg

    26Le problème de la répartition par officine des derniers types de revers de Philippe Ier reste donc entier. L’une des officines pourrait avoir employé exclusivement le type SAECVLARES AVGG COS III, de loin le plus abondant. Afin d’obtenir des chiffres équilibrés pour les différentes officines, les auteurs du RIC proposaient d’associer plusieurs types de revers au sein de chacune d’entre elles : AETERNITAS AVGG et FORTVNA REDVX ; FIDES EXERCITVS (Fides et enseignes) ; SAECVLVM NOVVM et FELICITAS IMPP53. Si l’on se fie aux chiffres qui ressortent de ce schéma, le nombre de monnaies rattaché à chaque officine apparaît de cette manière assez équilibré (tableau 13). D’autres combinaisons sont toutefois envisageables. La situation est en revanche claire en ce qui concerne les monnayages de Philippe II et d’Otacilia Severa puisqu’un seul type de revers leur est respectivement attribué : LIBERALITAS AVGG III pour le premier et PIETAS AVGVSTAE pour la seconde.

    Antioche

    27Les antoniniens frappés à Antioche sous le règne de Philippe sont répartis dans le RIC sur deux émissions54. La première émission, datée du tout début du règne, est représentée dans le trésor par 11 exemplaires (cat. 3519-3529). Sa typologie est bien spécifique, renvoyant à l’accord conclu avec les Perses, notamment par le biais de la légende de revers PAX FVNDATA CVM PERSIS ou des lettres P M en fin de titulature, vraisemblablement pour Persicus Maximus. La seconde émission reprend en revanche des types romains, ceci de façon souvent assez approximative. Nous n’avons pas relevé dans le trésor d’exemplaires qui pourraient s’y rattacher.

    Trajan Dèce et alii

    28Le trésor de Saint-Jean-d’Ardières contient 520 monnaies frappées sous le règne de Trajan Dèce, toutes sorties de l’atelier de Rome (cat. 3538-4057). Le monnayage d’Antioche est absent tandis que la possibilité que les ateliers de Milan et de Viminacium aient pu produire du billon radié sous ce règne est à exclure55. L’important trésor de Plevna (Bulgarie), clos en cours de règne, apporte des indications essentielles quant à la chronologie d’ensemble de ce monnayage56. Il reste néanmoins difficile d’avoir une vision claire de la division du travail selon les officines romaines pour le monnayage de Trajan Dèce et de sa famille. À défaut de disposer d’un schéma plus précis, les monnaies seront ici réparties sur trois groupes qui reprennent, dans les grandes lignes, la classification adoptée dans l’étude du trésor d’Éauze57. À Saint-Jean-d’Ardières, le troisième groupe est sous-représenté par rapport à ce qui s’observe dans des trésors plus tardifs tels que ceux de Dorchester ou d’Éauze (tableau 14). Qui plus est, des anomalies ressortent ici de la représentation respective des membres de la Domus impériale (tableau 15) : les monnaies de Trajan Dèce, frappées tout au long du règne, représentent près des deux tiers de l’ensemble à Saint-Jean-d’Ardières, contre moins de la moitié à Dorchester et à Éauze. Parallèlement, les monnayages aux noms d’Hérennius Étruscus, d’Hostilien, d’Hérennia Étruscilla et des empereurs divinisés, introduits en cours de règne, sont assez nettement sous-représentés ici. Alors que le profil des émissions de Philippe était tout à fait régulier à Saint-Jean-d’Ardières, ce n’est clairement plus le cas ici. Ceci témoigne manifestement d’un ralentissement de la thésaurisation dès le courant du règne de Trajan Dèce.

    Tableau 14 – Trajan Dèce, Rome : groupes 1 à 3

    Trajan

    Dèce

    Hérennius
    Étruscus

    Hostilien

    Hérennia
    Étruscilla

    Divi

    % du total

    Groupe 1

    Plevna

    2

    x

    x

    x

    x

    0,2

    Saint-Jean-d’Ardières

    20

    x

    x

    x

    x

    3,8

    Dorchester

    57

    x

    x

    x

    x

    3,3

    Éauze

    25

    x

    x

    x

    x

    2,3

    Groupe 2

    Plevna

    725

    127

    x

    353

    x

    99,4

    Saint-Jean-d’Ardières

    288

    34

    x

    88

    x

    78,8

    Dorchester

    629

    145

    x

    419

    x

    68,4

    Éauze

    379

    87

    x

    289

    x

    68,6

    Groupe 3

    Plevna

    0

    0

    3

    0

    2

    0,4

    Saint-Jean-d’Ardières

    18

    27

    12

    18

    15

    17,3

    Dorchester

    116

    120

    69

    104

    85

    28,3

    Éauze

    76

    66

    41

    67

    70

    29,1

    Tableau 15 – Représentation des membres de la Domus impériale dans les trésors (en %)

    Saint-Jean-d’Ardières

    Dorchester

    Éauze

    Trajan Dèce

    62,9

    46,0

    43,6

    Hérennius Étruscus

    11,7

    15,2

    13,9

    Hostilien

    2,3

    4,0

    3,7

    Hérennia Étruscilla

    20,4

    30,0

    32,4

    Divi

    2,9

    4,9

    6,4

    Nb. d’ex.

    520

    1 744

    1 100

    Groupe 1

    29Les premières monnaies émises après la prise de pouvoir de Trajan Dèce seraient logiquement celles qui, dans la continuité du règne précédent, présentent un buste cuirassé et drapé vu de trois quarts en arrière et la titulature IMP TRAIANVS DECIVS AVG, laquelle prend la suite de la titulature IMP PHILIPPVS AVG. Si le volume de ce premier groupe est réduit (tableau 14), il faut remarquer que le trésor de Plevna est anormalement peu fourni en la matière. Sept types de revers sont associés aux droits précédemment décrits alors que six officines sont, a priori, toujours en activité à Rome. Afin de résoudre ce problème, les auteurs du RIC ont proposé de rattacher les types PANNONIAE et VIRTVS AVG à la même officine. Il est par ailleurs envisageable que le monnayage à l’effigie d’Hérennia Étruscilla ait été introduit au cours de ce groupe et que, de ce fait, une partie des monnaies de l’impératrice soit à situer ici58.

    Groupe 2

    30Le deuxième groupe rassemble la majeure partie des monnaies du règne. La titulature de Trajan Dèce prend la forme IMP C M Q TRAIANVS DECIVS AVG et le buste est désormais simplement cuirassé. De même que dans le groupe précédent, sept principaux types de revers sont dévolus à l’Auguste. Nous situons dans ce groupe les premières frappes au nom d’Hérennia Étruscilla. F. Dieulafait a clairement mis en évidence l’ordre de succession des revers dévolus à l’impératrice59. Si sa titulature demeure invariable tout au long du règne, deux types de coiffures sont à distinguer : la chevelure plate précède la chevelure ondulée. Dans le trésor de Plevna, seul le revers PVDICITIA AVG est représenté pour Hérennia Étruscilla. L’absence, dans ce même trésor, de tout exemplaire du troisième groupe pour Trajan Dèce engage à placer les exemplaires au type PVDICITIA AVG au sein du groupe 2. Quant à Hérennius Étruscus, dont les droits ne montrent pas d’évolution manifeste, les trois types de revers représentés dans le trésor de Plevna (PIETAS AVGVSTORVM, PRINCIPI IVVENTVTIS et SPES PVBLICA) peuvent être, de la même manière, situés ici. L’examen du nombre d’exemplaires aux noms des différents corégents dans les trésors est susceptible d’apporter certaines indications sur la date à laquelle les monnayages aux noms d’Hérennia Étruscilla et d’Hérennius Étruscus ont été introduits. Dans le groupe 3, le nombre de monnaies aux noms de d’Hérennius Étruscus, de son père et de sa mère est équilibré. Dans le groupe 2 au contraire, plus de la moitié des exemplaires est à l’effigie de Trajan Dèce, contre seulement le tiers pour Hérennia Étruscilla et un peu plus de 10 % pour Hérennius Étruscus (tableau 14). Ces déséquilibres laissent penser que l’introduction des monnaies à l’effigie d’Hérennia Étruscilla et d’Hérennius Étruscus est intervenue successivement dans le courant du groupe 2.

    Groupe 3

    31Nous avons placé dans ce groupe une petite partie des exemplaires de Trajan Dèce portant la titulature IMP C M Q TRAIANVS DECIVS AVG, laquelle est pourtant caractéristique du groupe précédent. En effet, les variantes concernées (Dacie 1a, Génie 1a, Pannonies 2) sont, de manière anormale, absentes du trésor de Plevna. Les mêmes types de revers se retrouvent associés à la titulature IMP CAE TRA DEC(IVS) AVG. Les exemplaires portant cette nouvelle titulature ont fait l’objet de discussions et ont parfois été attribués à l’atelier de Milan60, voire à celui de Viminacium61. Or, K. J. J. Elks a mis en évidence l’existence de liaisons de coins de revers entre des exemplaires portant au droit les titulatures IMP C M Q TRAIANVS DECIVS AVG et IMP CAE TRA DEC AVG, prouvant ainsi que l’ensemble de ces monnaies émane d’un seul et même atelier, en l’occurrence celui de Rome62. Le fait que les titulatures IMP CAE TRA DECIVS AVG et IMP CAE TRA DEC AVG ne sont pas représentées dans le trésor de Plevna implique que celles-ci ornent les dernières monnaies frappées à Rome pour Trajan Dèce. Parallèlement, la série en l’honneur des Divi doit être attribuée à l’atelier de l’Urbs. La présence de deux exemplaires appartenant à cette série de consécration à Plevna prouve que celle-ci fut lancée à la fin du règne Trajan Dèce63. Outre la poursuite des frappes à l’effigie d’Hérennia Étruscilla et d’Hérennius Étruscus, le monnayage au nom d’Hostilien est introduit au cours du groupe 3. C’est du moins ce que laisse penser le fait que les monnaies au nom du jeune César sont nettement moins nombreuses que celles à l’effigie de sa mère et de son frère (tableaux 14 et 15). Néanmoins, la présence de trois antoniniens d’Hostilien dans le trésor de Plevna est surprenante puisque ce trésor ne contient aucun exemplaire des autres corégents pour le troisième groupe. Enfin, il faut signaler qu’un antoninien au nom d’Hérennius Étruscus César a été surfrappé sur un denier de Sévère Alexandre (cat. 4012). Cette pratique est bien attestée sous le règne de Trajan Dèce64.

    Trébonien Galle et Volusien

    32Les monnaies de Trébonien Galle et de Volusien sont, en proportion, particulièrement peu nombreuses à Saint-Jean-d’Ardières (53 ex., cat. 4058-4110). Leur ratio par rapport aux monnaies de Trajan Dèce n’est que de 9,3 % alors que, dans les trésors enfouis sous Valérien/Gallien, ce chiffre se situe entre 30 et 50 %65. Le terminus de notre trésor se situe donc clairement au cours du règne de Trébonien Galle/Volusien. De fait, ce dépôt apporte certaines informations d’importance pour ce qui est de la séquence des premières émissions du règne.

    33La courte première émission du règne est nettement surreprésentée à Saint-Jean-d’Ardières par rapport à ce qui s’observe habituellement dans les trésors (tableau 16). Le fait s’explique aisément par le terminus précoce du trésor. Quatre exemplaires sont au nom de Trébonien Galle, un autre est au nom de Volusien. Hostilien, qui figure également au sein de cette émission, n’est pas représenté ici. Ce qui est habituellement qualifié de deuxième émission est en revanche très nettement sous-représenté à Saint-Jean-d’Ardières et la clôture du dépôt est manifestement à situer au cours de celle-ci. Cette émission peut être subdivisée en deux phases, en fonction de la présence ou non d’une étoile dans le champ à droite. L’absence de tout exemplaire avec étoile qui s’observe ici confirme le classement adopté par les éditeurs du trésor de Cunetio, à savoir que la série sans étoile constitue la première phase de l’émission66.

    Tableau 16 – Trébonien Galle / Volusien, Rome : représentation des émissions (en %)67

    Saint-Jean-
    d’Ardières

    Brigetio

    Glibovac

    Solymár

    Dorchester

    Éauze

    Ém. 1

    9,4

    0

    0

    1,3

    2,6

    2,0

    « Ém. spéciale »

    73,6

    91,4

    83,3

    66,6

    24,3

    21,6

    Ém. 2a

    9,4

    7,4

    11,1

    9,2

    27,6

    20,8

    Ém. 2b

    0

    1,2

    3,7

    6,6

    11,6

    11,5

    Ém. 3

    0

    0

    1,9

    7,9

    22,2

    25,9

    Ém. 4

    0

    0

    0

    3,9

    10,8

    17,8

    Hybrides

    7,5

    ?

    ?

    ?

    0,9

    0,5

    Nb d’ex.

    53

    81

    54

    76

    1 327

    1 704

    34La série qui porte au droit les titulatures IMP C C VIB TREB GALLVS AVG et IMP C C VIB VOLVSIANVS AVG est particulièrement bien représentée dans le trésor de Saint-Jean-d’Ardières (73,6 %). Elle se démarque des autres émissions romaines non seulement par la titulature employée mais aussi par le fait que quatre types de revers y sont attribués à Trébonien Galle contre deux à Volusien alors que la répartition est habituellement de trois officines pour chacun des corégents. Le classement de cette émission a fait l’objet de débats. Elle a notamment été placée à Milan par H. Mattingly68 et à Viminacium par J. Fitz69, dans la continuité des hypothèses formulées par ces auteurs à propos des règnes précédents. Comme l’a remarqué R. A. G. Carson, l’existence de nombreux hybrides associant des droits « romains » à des revers « milanais » – l’inverse est plus rare – montre que l’ensemble de la production émane bien de l’atelier de Rome70. Le trésor de Saint-Jean-d’Ardières contient quatre de ces hybrides avec la titulature IMP CAE C… et des revers dits « milanais » (nos 4107-4110). Tous sont au nom de Trébonien Galle mais l’un d’entre eux porte au revers le type FELICITAS PVBL propre à Volusien71.

    35R. A. G. Carson classait l’émission avec les titulatures débutant par IMP C C VIB en dernière position à Rome et la datait du début de l’année 25372. Si les éditeurs du trésor de Cunetio la qualifient également de cinquième et dernière émission romaine, ils soulignent néanmoins qu’un certain nombre d’indices fragilise cette idée (style des portraits de Volusien, typologie des hybrides ou revers employés)73. Le trésor de Saint-Jean-d’Ardières permet d’abonder dans le sens de E. Besly et R. Bland selon qui cette « émission spéciale », pour reprendre la formule employée par F. Dieulafait74, serait contemporaine de la deuxième émission. Dans les dépôts dont le terminus se situe sous Trébonien Galle/Volusien et qui contiennent un nombre non négligeable de monnaies de ce règne (tableau 16 : Saint-Jean-d’Ardières, Brigetio, Glibovac, Solymár75), l’apport de l’« émission spéciale » est largement majoritaire. Celle-ci fournit les trois quarts des monnaies du règne à Saint-Jean-d’Ardières et plus de 90 % à Brigetio. Or, dans des trésors dont le profil pourrait être considéré comme régulier tels que ceux de Dorchester ou d’Éauze, les proportions de l’« émission spéciale » ne dépassent pas le quart de l’ensemble. Le contraste est tel qu’il est même envisageable que cette série soit antérieure à la première phase de l’émission 2. La proportion particulièrement importante d’hybrides inter-émissions dans le trésor de Saint-Jean-d’Ardières laisse penser que ces hybridations intervinrent principalement dans une période de transition entre l’émission spéciale et la première phase de l’émission 2.

    36Si l’on considère cette « émission spéciale » comme étant originaire de Rome, il faut toutefois remarquer qu’elle est souvent très nettement surreprésentée dans les trésors de Mésie76. Nous faisions le même constat à propos de l’« émission spéciale » produite sous le règne de Philippe77. E. Besly et R. Bland proposent d’expliquer cette particularité en envisageant la possibilité qu’une partie des monnaies de cette émission ait eu les Balkans pour destination prioritaire. Ils évoquent également l’hypothèse de la mise en service d’un « branch mint » qui aurait utilisé des coins fabriqués à Rome. L’idée d’un atelier auxiliaire est toutefois fragilisée par le fait que l’« émission spéciale » et l’émission 2 semblent s’être succédé dans le temps.

    37Afin de déterminer la date approximative de clôture du dépôt, il faut tenter d’estimer la durée respective de l’émission 1, de l’« émission spéciale » et de la première phase de l’émission 2 dans le cadre d’un règne qui dura environ deux ans, de la mi-251 à la mi-253. H. Mattingly estimait à juste titre que la brève première émission ne dépassa pas l’été 251. Quant à l’« émission spéciale », elle fournit environ le quart des monnaies dans d’importants trésors occidentaux tels que ceux d’Éauze et de Dorchester, clos après la chute de Trébonien Galle et de Volusien (tableau 16). Sa durée pourrait ainsi être estimée à environ six mois et elle se serait donc achevée vers la fin de l’année 251 ou le début de l’année suivante. Étant donné que la thésaurisation s’interrompt alors que la deuxième émission débute à peine, il semble possible de situer le terminus du trésor au début de l’année 252. L’enfouissement n’a donc pu avoir lieu qu’à partir du courant de l’année 252, en tenant compte de l’inévitable délai nécessaire à l’acheminement des monnaies les plus récentes depuis Rome jusque dans le Rhône.

    Métrologie

    38Le trésor de Saint-Jean-d’Ardières livre un matériel homogène et abondant qui se prête parfaitement à l’étude métrologique78, d’autant plus que les monnaies ont été intégralement nettoyées et que leur degré d’usure est dans l’ensemble minime, voire inexistant. D’une manière générale, le poids des antoniniens va décroissant tout au long de la période couverte par le trésor (tableau 17 et graphique 1).

    Tableau 17 – Métrologie des antoniniens du trésor de Saint-Jean-d’Ardières

    Règne

    Atelier

    Émission

    Poids moyen

    Poids médian

    Variance

    Écart-type

    Nb d’ex.

    Caracalla

    Rome

    Émissions 8-10

    5,03

    5,02

    0,12

    0,35

    34

    Élagabale

    Rome

    Groupes 1-3

    4,81

    4,81

    0,25

    0,50

    58

    Balbin/Pupien

    Rome

    Émission 2

    4,57

    4,57

    —

    —

    11

    Gordien III

    Rome

    Émission 1

    4,38

    4,35

    0,26

    0,51

    157

    Émission 2

    4,27

    4,23

    0,39

    0,62

    52

    Émission 3a

    4,32

    4,24

    0,24

    0,49

    148

    Émission 3b

    4,39

    4,27

    0,93

    0,96

    45

    Émission 3c

    4,18

    4,20

    0,35

    0,59

    199

    Émission 4

    4,14

    4,14

    0,32

    0,56

    769

    Émission 5

    4,06

    4,09

    0,28

    0,53

    359

    Antioche

    Émission 1

    4,34

    4,30

    —

    —

    26

    Émission 2

    4,24

    4,26

    0,32

    0,56

    120

    Philippe Ier

    Rome

    Émission 1

    4,12

    4,14

    0,27

    0,52

    170

    Émission 2

    4,07

    4,08

    0,25

    0,50

    188

    Émission 3

    3,92

    3,92

    0,23

    0,48

    664

    « Ém. spéciale »

    4,01

    4,07

    0,25

    0,50

    57

    Émission 4

    3,82

    3,83

    0,32

    0,57

    151

    Émissions 5-6

    3,95

    3,94

    0,25

    0,50

    139

    Émissions 7/8

    3,91

    3,94

    0,28

    0,53

    165

    Antioche

    Émission 1

    4,09

    4,10

    —

    —

    11

    Trajan Dèce

    Rome

    Groupe 1

    3,98

    3,90

    —

    —

    20

    Groupe 2

    3,85

    3,84

    0,32

    0,57

    410

    Groupe 3

    3,51

    3,46

    0,27

    0,52

    89

    Trébonien/

    Volusien

    Rome

    Émission 1

    3,02

    3,07

    —

    —

    5

    « Ém. spéciale »

    3,20

    3,17

    0,36

    0,60

    39

    Émission 2

    3,02

    3,11

    —

    —

    5

    Graphique 1 – Évolution de la métrologie de l’antoninien d’après les monnaies du trésor de Saint-Jean-d’Ardières79

    Image 1000000000000396000001CFFD0E8B22.jpg

    39Lors de sa création sous Caracalla, l’espèce radiée pèse autour de 5 g. Au moment de la reprise de la frappe en 238, le poids des antoniniens de Balbin et de Pupien se situe autour de 4,50 g, soit une diminution de plus de 10 %. La chute se poursuit de manière régulière tout au long du règne de Gordien III pour aboutir, avec la dernière émission du règne, à un poids moyen à peine supérieure à 4 g. Il est à noter que la métrologie des antoniniens de Gordien frappés à Antioche se maintient à un bon niveau, notamment en ce qui concerne la seconde émission qui présente un poids moyen (4,24 g) nettement supérieur à celui des émissions contemporaines de Rome (émissions 4 et 5 : 4,14 et 4,06 g). Les débuts de règnes de Philippe Ier et de Trajan Dèce marquent des efforts de stabilisation sans lendemain. À la fin du principat de Trajan Dèce, en 251, le poids moyen de l’antoninien est tombé autour de 3,50 g. La chute s’accentue encore sous le règne de Trébonien Galle et de Volusien. Parallèlement, la courbe du titre de l’espèce radiée évolue à la baisse, ceci sans corrélation étroite avec celle du poids. Toutefois, comme pour le poids, un décrochage s’observe au début des années 25080. Or, c’est justement dans le courant du règne de Trajan Dèce, vers 251, que s’observe à Saint-Jean-d’Ardières un ralentissement du rythme d’accumulation. Il faut peut-être voir dans l’accentuation du processus de dépréciation de l’antoninien l’un des facteurs qui ont pu conduire, environ un an plus tard, à l’arrêt définitif de la thésaurisation. Ceci ne saurait en revanche expliquer l’enfouissement de cette épargne et encore moins sa non-récupération, compte tenu de l’importante valeur métallique qu’elle représentait.

    Bibliographie

    Bibliographie des trésors cités

    Abrud
    E. Petac, A. Vertan, « Tezaurul monetary descoperit la Abrud, com Adamclisi, jud. Constanţa », Simpozionul de numismatică organizat în memoria martirilor căzuţi la Valea Albă, la împlinirea a 525 de ani (1476-2001), Chişinău 13-15 mai 2001.

    Bavai
    J. Gricourt, « Petit dépôt de monnaies romaines trouvées à Bavai en 1945 », Revue du Nord 38, 1956, p. 307-320.

    Belgrade
    V. Kondic, The Singidunum Hoard of Denarii and Antoniniani, Belgrade, 1969.

    Brigetio
    R. Aladar, « Nehany adat a consecratios ermekhez », NK 44-45, 1945-1946, p. 6-12.

    Budaörs
    M. Kaba, « III. Századi éremlelet Budaörsröl », NK 82-83, 1983-1984, p. 7-17.

    Cuprija
    B. Saria, « Aus dem Belgrader Nationalmuseum. 1. Ein Fund römischer Antoniniane aus Serbien », NZ 57, 1924, p. 90-96.

    Dorchester
    H. Mattingly, « The Great Dorchester Hoard of 1936 », NC 1939, p. 21-61.

    Düren
    J. Hagen, « Münzfund römischer Denare und Antoniniane aus der zweiten Hälfte des 3. Jahrhunderts aus der Umgegend von Düren », Zeitschrift des Aachener Geschichtsvereins 51, 1929, p. 344-366 ; suppléments dans Bonner Jahrbücher 155-156, 1955-1956, p. 550-552.

    Éauze
    D. Schaad (dir.), Le trésor d’Éauze, bijoux et monnaies du iiie siècle après J.-C., Toulouse, 1992.

    Glibovac
    J. Petrović, « Münzfund aus Glibovac bei S. Palanka », Starinar 3/5, 1928-1930, p. 88-119.

    Krog
    FMRSl II, p. 393-395, no 466.

    Lukovit
    T. Gerasimov, « Trouvailles collectives de monnaies romaines », BIAB 18, 1952, p. 402-403.

    Metz
    F. Möller, « Ein Nymphaeum in Sablon bei Metz », Westdeutsche Zeitschrift 2, 1883, p. 249-287.

    Mont-Cauvaire
    A. Blanchet, Les trésors de monnaies romaines et les invasions germaniques en Gaule, Paris, 1900, no 1117.

    Nanterre
    P. Le Gentilhomme, « La trouvaille de Nanterre », RN 1946, p. 15-114.

    Nagyvenyim
    J. Fitz, « Antoninianus éremlelet Nagyvenyimböl », NK 88-89, 1990, p. 13-39.

    Noyers-sur-Serein
    G. Fabre, M. Mainjonet, « Trésor de Noyers-sur-Serein (Yonne) », RN 1953, p. 131-142.

    Plevna
    H. Mattingly, F. S. Salisbury, « A Find of Roman Coins from Plevna in Bulgaria », NC 1924, p. 210-238.

    Serbie
    W. Kubitschek, « Ein Fund römischer Antoniniane aus Serbien », NZ 32, 1900, p. 185-194.

    Smederevo
    J. Petrovic, « Münzfund aus Smederevo », Starinar 6, 1931, p. 32-77.

    Solymár
    F. Rómer, « Solymári római ezüstéremletet », AÉrt 2, 1869, p. 77-84.

    Souzy-la-Briche
    B. Foucray, « Le trésor de deniers et d’antoniniens de La Grosse Haie à Souzy-la-Briche », TM XV, 1995, p. 35-70.

    Sterrebeck
    J. Lallemand, « Trésor d’antoniniens à Sterrebeck (Caracalla-Émilien) », RBN 106, 1960, p. 21-60.

    Viuz-Faverges
    H.-G. Pflaum, H. Huvelin, « Le trésor de Viuz-Faverges », TM III, 1981, p. 33-76.

    Wiesbach-Mangelhausen
    E. Dehnke, « Der römische Münzfund von Wiesbach-Mangelhausen (Saar) », GNS 18, 1954, p. 37-44.

    Notes de bas de page

    1 Sur les circonstances de la découverte, voir Bilan scientifique 1995, DRAC Rhône-Alpes, 1996, p. 167 et O. Faure-Brac, Carte archéologique de la Gaule, Le Rhône 69/1, Paris, 2006, p. 386. Certaines informations complémentaires nous ont été fournies par Mme Anne Le Bot-Helly, conservatrice régionale de l’archéologie de la région Rhône-Alpes.

    2 C. Găzdac, Monetary Circulation in Dacia and the Provinces from the Middle and Lower Danube from Trajan to Constantine I (AD 106-337), Cluj-Napoca, 2010, Cédérom (dossier Hoards from Moesia Inferior, p. 21-22 et Hoards from Moesia Superior, p. 4-5) répertorie sept trésors enfouis sous Trébonien Galle et Volusien pour la Mésie inférieure, contre huit pour la Mésie supérieure.

    3 Ibid., p. 84-85.

    4 J.-P. Callu, La politique monétaire des empereurs romains de 238 à 311, Paris, 1969, p. 255-256.

    5 Parmi les ensembles les plus importants clos sous ce règne, ceux d’Abrud (Roumanie) et de Budaörs (Hongrie) dépassent tout juste les 2 000 unités. Ceux de Düren (Allemagne), de Cuprija (Serbie), de Lukovit (Bulgarie) comptent entre 1 000 et 2 000 exemplaires.

    6 Pour plus de détails, voir R. Bland, « The Development of Gold and Silver Coin Denominations, AD 193-253 », C. E. King, D. G. Wigg (éd.), Coin Finds and Coin Use in the Roman World, The 13th Oxford Symposium on Coinage and Monetary History, SFMA 10, Berlin, 1996, p. 84-90, table 3 qui donne les proportions de deniers et d’antoniniens dans 119 trésors clos entre 218 et 274.

    7 Pour un aperçu synthétique de ces débats et un point sur la question, voir notamment R. A. G. Carson, « Mints in the Mid-Third Century », R. A. G. Carson, C. M. Kraay (éd.), Scripta Nummaria Romana, Londres, 1978, p. 65-74.

    8 Voir infra, § 21.

    9 Les proportions d’exemplaires d’Antioche pour le règne de Gordien relevées dans différents trésors occidentaux par J. Lallemand, « Trésor d’antoniniens à Sterrebeck (Caracalla-Émilien) », RBN 106, 1960, p. 33-34 sont les suivantes : Sterrebeck : 7,1 % ; Bavai : 6,3 % ; Noyers-sur-Serein : 6,8 % ; Dorchester : 6 %. Sur les proportions de monnaies d’Antioche dans les trésors bretons et gaulois, voir aussi C. Howgego, « The Circulation of Silver Coins, Models of Roman Economy and Crisis in the Third Century AD : Some Numismatic Evidence », C. E. King, D. G. Wigg (éd.), op. cit., p. 226, table 2a et 2b.

    10 Sur l’expeditio orientalis, voir X. Loriot, « Les premières années de la grande crise du iiie siècle : de l’avènement de Maximin le Thrace (235) à la mort de Gordien III », ANRW II/2, 1975, p. 765-766.

    11 H. Mattingly, E. A. Sydenham, Roman Imperial Coinage, IV1. Pertinax to Géta, Londres, 1936.

    12 P. V. Hill, The Coinage of Septimius Severus and his Family of the Mint of Rome, AD 193-217, Londres, 1977.

    13 D. Schaad (dir.), Le trésor d’Éauze, bijoux et monnaies du iiie siècle après J.-C., Toulouse, 1992, p. 209-229.

    14 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, Roman Imperial Coinage, IV3. Gordian III to Uranius Antoninus, Londres, 1949, p. 4-12.

    15 R. Bland, The Coinage of Gordian III from the Mints of Antioch and Caesarea, Thèse de doctorat, Institute of Archaeology, University College, Londres, manuscrit inédit, 1991. La publication de cette thèse est en préparation. Le même auteur est également en charge de la révision du RIC IV/3.

    16 H. Mattingly, « The Great Dorchester Hoard of 1936 », NC 1939, p. 21-61.

    17 P. Le Gentilhomme, « La trouvaille de Nanterre », RN 1946, p. 29-35.

    18 S. K. Eddy, The Minting of Antoniniani AD 238-249 and the Smyrna Hoard, NNM 156, 1967, p. 51-83.

    19 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 4-12.

    20 Dans les trésors, les deniers de l’émission spéciale de 241 sont généralement près de deux fois plus nombreux que ceux de l’émission 4. Voir D. Schaad (dir.), op. cit., p. 245, tabl. 51 et 52a.

    21 Voir notamment les décomptes donnés par P. Le Gentilhomme, loc. cit., tabl. entre les p. 30 et 31.

    22 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 39-41.

    23 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 164, no 759.

    24 R. Bland, op. cit., p. 100-104.

    25 Ibid., p. 72-76.

    26 Ibid., p. 244.

    27 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 56-59. Voir également le tableau récapitulatif proposé par D. Schaad (dir.), op. cit., p. 246-248, qui reprend les différentes propositions de classement.

    28 Sur la chronologie du règne, voir X. Loriot, « Chronologie du règne de Philippe l’Arabe (244-249 apr. J.-C.) », ANRW II/2, 1975, p. 788-797.

    29 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 56-57.

    30 Sur le cat. 2306, le prince tient un parazonium de la main gauche. Cette variante n’est pas répertoriée dans le RIC IV/3. Le no 846 du trésor d’Éauze répond à la même description.

    31 J. Fitz, Der Geldumlauf der römischen Provinzen im Donaugebiet Mitte des 3. Jahrhunderts, Budapest-Bonn, 1978, p. 863 et 866.

    32 J. Fitz, op. cit., p. 641. Sur l’éventualité que des antoniniens aient été frappés à Viminacium sous le règne de Philippe, voir infra, p. 12.

    33 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 252-253.

    34 Coll. Thibaut Marchal, consultable en ligne <http://marchal.thibaut.free.fr>. Un troisième exemplaire du même type était mentionné dans l’inventaire du trésor de Souzy-la-Briche mais, en l’absence d’illustration, sa lecture n’a pu être confirmée par l’auteur (B. Foucray, loc. cit., p. 42).

    35 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 57.

    36 S. K. Eddy, op. cit., p. 88-90.

    37 Dans le catalogue du trésor d’Éauze, ce type est classé à la fin du catalogue des monnaies de Rome dans une émission indéterminée (D. Schaad (dir.), op. cit., p. 166). Il n’en est, en revanche, pas question dans le commentaire ni dans les tableaux récapitulatifs.

    38 Les six trésors utilisés dans le cadre des tableaux 8 et 9 comptent 223 exemplaires au type VICTORIA AVGG.

    39 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 95, n. 213-214. Le pas est franchi par S. K. Eddy, op. cit., p. 90 qui entérine cette attribution à Antioche.

    40 F. Òvari, « Philippus antiochiai veretű antoninianusairól », NK 88-89, 1989-1990, p. 41-48. On pourra par ailleurs se reporter à l’inventaire inédit dressé par R. Bland qui est consultable en ligne <http://ettuantiquities.com/Philip_1/Philip1-Bland-list.htm>.

    41 S. K. Eddy, op. cit., p. 88-90.

    42 Pour un aperçu synthétique de ces débats, voir notamment V. Kondic, op. cit., p. 185-192.

    43 W. Szaivert, « Der Beginn der Antoninianprägung in Viminacium », Litterae Numismaticae Vindobonenses 2, 1983, p. 61-67.

    44 Voir à ce sujet la note rédigée par C. Clay dans le catalogue de la vente Berk 96, 18/06/1997, no 621. C. Clay répertoriait alors cinq exemplaires de Philippe frappés à Viminacium. J. Muona, « The Antoniniani of Philip the Arab », The Celator 16/2, 2002, p. 10, a par la suite signalé un sixième exemplaire.

    45 Cette solution a déjà été suggérée de manière informelle par C. Clay sur un forum en ligne <http://www.forumancientcoins.com>. Cet auteur rattachait également à ce « branch mint » les types VICTORIA AVGG, AETERNIT IMPER, IOVI CONSERVAT(ORI) et IVNO CONSERVAT(RIX). Ce n’est qu’après avoir isolé ces quatre types de manière indépendante que nous avons pris connaissance de cette position de C. Clay qui rejoint la nôtre.

    46 Le même traitement est réservé à une série particulière produite sous le règne de Trébonien Galle et de Volusien, voir infra, § 37.

    47 Cette recherche, loin d’être exhaustive, porte sur un total de 21 exemplaires au type VICTORIA CARPICA. Au sein de cet ensemble, 16 coins de droit sont représentés. Le cat. 3160 est par exemple issu du même coin de droit qu’un exemplaire en mains privées <http://dougsmith.ancients.info>.

    48 Coll. Thibaut Marchal <http://marchal.thibaut.free.fr>.

    49 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 62-63, envisagent la possibilité que les deux émissions soient concomitantes.

    50 Le trésor d’Éauze contient également deux exemplaires avec un B rétrograde (D. Schaad (dir.), op. cit., p. 204, n. 811). Ceux-ci portent en revanche la titulature IMP PHILIPPVS AVG et sont classés parmi les monnaies officielles.

    51 Pour ce faire, S. K. Eddy, loc. cit., p. 91, s’appuyait sur la représentation irrégulière de ces types dans les trésors.

    52 V. Kondic, The Singidunum Hoard of Denarii and Antoniniani, Belgrade, 1969, p. 172-173.

    53 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 59.

    54 Il est parfois considéré que ces deux séries au profil bien différent sont issues de deux ateliers distincts. F. Òvari, « Adatok az antiochiai verde mukodesehez III. Gordianus es Philippus alatt », Magyar NumTarDev, 1980, p. 37-48, a notamment montré que la composition métallique des monnaies appartenant aux deux groupes diverge sensiblement.

    55 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 68.

    56 H. Mattingly, F. S. Salisbury, « A Find of Roman Coins from Plevna in Bulgaria », NC 1924, p. 210-238.

    57 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 254-256.

    58 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 111.

    59 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 254.

    60 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 107-108.

    61 Voir notamment K. Pink, « Aufbau der römischen Münzprägung in der Kaiserzeit », NZ 69, 1936, p. 14-15 et J. Fitz, op. cit., p. 643-662.

    62 K. J. J. Elks, « Reattribution of the Milan Coins of Trajan Decius to the Rome Mint », NC 1972, p. 111-115.

    63 Ibid., p. 114. L’existence d’exemplaires hybrides, conservés au Cabinet des médailles de la BNF et au British Museum, associant un droit d’Auguste divinisé et le revers IVNO MARTIALI propre au règne de Trébonien Galle et de Volusien permet d’envisager que la série des Divi se soit poursuivie sous ce règne.

    64 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. xxii-xxiii.

    65 B. Foucray, « Le trésor de deniers et d’antoniniens de La Grosse Haie à Souzy-la-Briche », TM XV, 1995, p. 38, tabl. 3.

    66 E. Besly, R. Bland, The Cunetio Treasure, Londres, 1983, p. 19. Leur argument principal tient au fait que des hybrides couplent des droits d’Hostilien et de Volusien César à des revers de la deuxième émission, tous sans marque dans le champ. H. Mattingly, « The Reigns of Trebonian Gallus and Volusian and of Aemilian », NC 1946, p. 40, hésitait sur la séquence des revers avec ou sans étoile au sein de l’émission 2.

    67 Les chiffres concernant les trésors de Brigetio, Glibovac et Solymár sont tirés des décomptes effectués par J. Fitz, op. cit., p. 380-407. À noter que nous avons classé les monnaies hybrides douteuses parmi les séries régulières.

    68 H. Mattingly, loc. cit., p. 42-43. P. Le Gentilhomme, loc. cit., p. 65-66, situe également cette production en Italie du Nord mais penche davantage pour Aquilée que pour Milan.

    69 J. Fitz, op. cit., p. 720 et 726.

    70 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 68-70.

    71 Sur les types hybridés et leur fréquence, voir E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 20-21, tabl. 5.

    72 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 70.

    73 E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 21.

    74 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 258.

    75 Dans la même idée, voir E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 22, tabl. 6.

    76 Voir notamment R. A. G. Carson, loc. cit., p. 71 et D. Schaad (dir.), op. cit., p. 258, tabl. 85.

    77 Voir supra, p. 12.

    78 Sur l’évolution métrologique de l’antoninien, voir notamment J.-P. Callu, op. cit., p. 243, fig. 2.

    D. Hollard, M. Amandry, B. Foucray, « Le trésor d’antoniniens de Reignac (Charente) », TM XIX, 2000, p. 11 et p. 13, fig. 2, ont par la suite établi que, entre la prise de pouvoir de Gordien III et la fin du règne de Trébonien Galle, le poids et le titre de l’antoninien ont chacun connu une baisse d’environ 20 %. Plus significatif, le poids de fin de l’espèce radiée a, dans le même temps, chuté d’environ 37 %.

    79 Pour les différentes périodes définies, les chiffres concernent les émissions suivantes : 215-219 : Caracalla et Élagabale (92 ex.) ; 238-239 : Balbin/Pupien et Gordien III, ém. 1-2 (211 ex.) ; 240 : Gordien III, ém. 3 (391 ex.) ; 241-243 : Gordien III, ém. 4 (771 ex.) ; 243-244 : Gordien III, ém. 5 (359 ex.) ; 244-245 : Philippe Ier, ém. 1-2 (358 ex.) ; 245-247 : Philippe Ier, ém. 3 et « ém. spéciale » (719 ex.) ; 247-249 : Philippe Ier, ém. 4-8 (455 ex.) ; 249-251 : Trajan Dèce, groupes 1-2 (430 ex.) ; 251-252 : Trajan Dèce, groupe 3 et Trébonien Galle/Volusien (141 ex.).

    80 J.-P. Callu, op. cit., p. 249, fig. 3.

    Auteur

    • Vincent Drost

      Vincent Drost, Centre d’étude et de publication des trouvailles monétaires, Bibliothèque nationale de France.

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    1 Sur les circonstances de la découverte, voir Bilan scientifique 1995, DRAC Rhône-Alpes, 1996, p. 167 et O. Faure-Brac, Carte archéologique de la Gaule, Le Rhône 69/1, Paris, 2006, p. 386. Certaines informations complémentaires nous ont été fournies par Mme Anne Le Bot-Helly, conservatrice régionale de l’archéologie de la région Rhône-Alpes.

    2 C. Găzdac, Monetary Circulation in Dacia and the Provinces from the Middle and Lower Danube from Trajan to Constantine I (AD 106-337), Cluj-Napoca, 2010, Cédérom (dossier Hoards from Moesia Inferior, p. 21-22 et Hoards from Moesia Superior, p. 4-5) répertorie sept trésors enfouis sous Trébonien Galle et Volusien pour la Mésie inférieure, contre huit pour la Mésie supérieure.

    3 Ibid., p. 84-85.

    4 J.-P. Callu, La politique monétaire des empereurs romains de 238 à 311, Paris, 1969, p. 255-256.

    5 Parmi les ensembles les plus importants clos sous ce règne, ceux d’Abrud (Roumanie) et de Budaörs (Hongrie) dépassent tout juste les 2 000 unités. Ceux de Düren (Allemagne), de Cuprija (Serbie), de Lukovit (Bulgarie) comptent entre 1 000 et 2 000 exemplaires.

    6 Pour plus de détails, voir R. Bland, « The Development of Gold and Silver Coin Denominations, AD 193-253 », C. E. King, D. G. Wigg (éd.), Coin Finds and Coin Use in the Roman World, The 13th Oxford Symposium on Coinage and Monetary History, SFMA 10, Berlin, 1996, p. 84-90, table 3 qui donne les proportions de deniers et d’antoniniens dans 119 trésors clos entre 218 et 274.

    7 Pour un aperçu synthétique de ces débats et un point sur la question, voir notamment R. A. G. Carson, « Mints in the Mid-Third Century », R. A. G. Carson, C. M. Kraay (éd.), Scripta Nummaria Romana, Londres, 1978, p. 65-74.

    8 Voir infra, § 21.

    9 Les proportions d’exemplaires d’Antioche pour le règne de Gordien relevées dans différents trésors occidentaux par J. Lallemand, « Trésor d’antoniniens à Sterrebeck (Caracalla-Émilien) », RBN 106, 1960, p. 33-34 sont les suivantes : Sterrebeck : 7,1 % ; Bavai : 6,3 % ; Noyers-sur-Serein : 6,8 % ; Dorchester : 6 %. Sur les proportions de monnaies d’Antioche dans les trésors bretons et gaulois, voir aussi C. Howgego, « The Circulation of Silver Coins, Models of Roman Economy and Crisis in the Third Century AD : Some Numismatic Evidence », C. E. King, D. G. Wigg (éd.), op. cit., p. 226, table 2a et 2b.

    10 Sur l’expeditio orientalis, voir X. Loriot, « Les premières années de la grande crise du iiie siècle : de l’avènement de Maximin le Thrace (235) à la mort de Gordien III », ANRW II/2, 1975, p. 765-766.

    11 H. Mattingly, E. A. Sydenham, Roman Imperial Coinage, IV1. Pertinax to Géta, Londres, 1936.

    12 P. V. Hill, The Coinage of Septimius Severus and his Family of the Mint of Rome, AD 193-217, Londres, 1977.

    13 D. Schaad (dir.), Le trésor d’Éauze, bijoux et monnaies du iiie siècle après J.-C., Toulouse, 1992, p. 209-229.

    14 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, Roman Imperial Coinage, IV3. Gordian III to Uranius Antoninus, Londres, 1949, p. 4-12.

    15 R. Bland, The Coinage of Gordian III from the Mints of Antioch and Caesarea, Thèse de doctorat, Institute of Archaeology, University College, Londres, manuscrit inédit, 1991. La publication de cette thèse est en préparation. Le même auteur est également en charge de la révision du RIC IV/3.

    16 H. Mattingly, « The Great Dorchester Hoard of 1936 », NC 1939, p. 21-61.

    17 P. Le Gentilhomme, « La trouvaille de Nanterre », RN 1946, p. 29-35.

    18 S. K. Eddy, The Minting of Antoniniani AD 238-249 and the Smyrna Hoard, NNM 156, 1967, p. 51-83.

    19 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 4-12.

    20 Dans les trésors, les deniers de l’émission spéciale de 241 sont généralement près de deux fois plus nombreux que ceux de l’émission 4. Voir D. Schaad (dir.), op. cit., p. 245, tabl. 51 et 52a.

    21 Voir notamment les décomptes donnés par P. Le Gentilhomme, loc. cit., tabl. entre les p. 30 et 31.

    22 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 39-41.

    23 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 164, no 759.

    24 R. Bland, op. cit., p. 100-104.

    25 Ibid., p. 72-76.

    26 Ibid., p. 244.

    27 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 56-59. Voir également le tableau récapitulatif proposé par D. Schaad (dir.), op. cit., p. 246-248, qui reprend les différentes propositions de classement.

    28 Sur la chronologie du règne, voir X. Loriot, « Chronologie du règne de Philippe l’Arabe (244-249 apr. J.-C.) », ANRW II/2, 1975, p. 788-797.

    29 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 56-57.

    30 Sur le cat. 2306, le prince tient un parazonium de la main gauche. Cette variante n’est pas répertoriée dans le RIC IV/3. Le no 846 du trésor d’Éauze répond à la même description.

    31 J. Fitz, Der Geldumlauf der römischen Provinzen im Donaugebiet Mitte des 3. Jahrhunderts, Budapest-Bonn, 1978, p. 863 et 866.

    32 J. Fitz, op. cit., p. 641. Sur l’éventualité que des antoniniens aient été frappés à Viminacium sous le règne de Philippe, voir infra, p. 12.

    33 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 252-253.

    34 Coll. Thibaut Marchal, consultable en ligne <http://marchal.thibaut.free.fr>. Un troisième exemplaire du même type était mentionné dans l’inventaire du trésor de Souzy-la-Briche mais, en l’absence d’illustration, sa lecture n’a pu être confirmée par l’auteur (B. Foucray, loc. cit., p. 42).

    35 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 57.

    36 S. K. Eddy, op. cit., p. 88-90.

    37 Dans le catalogue du trésor d’Éauze, ce type est classé à la fin du catalogue des monnaies de Rome dans une émission indéterminée (D. Schaad (dir.), op. cit., p. 166). Il n’en est, en revanche, pas question dans le commentaire ni dans les tableaux récapitulatifs.

    38 Les six trésors utilisés dans le cadre des tableaux 8 et 9 comptent 223 exemplaires au type VICTORIA AVGG.

    39 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 95, n. 213-214. Le pas est franchi par S. K. Eddy, op. cit., p. 90 qui entérine cette attribution à Antioche.

    40 F. Òvari, « Philippus antiochiai veretű antoninianusairól », NK 88-89, 1989-1990, p. 41-48. On pourra par ailleurs se reporter à l’inventaire inédit dressé par R. Bland qui est consultable en ligne <http://ettuantiquities.com/Philip_1/Philip1-Bland-list.htm>.

    41 S. K. Eddy, op. cit., p. 88-90.

    42 Pour un aperçu synthétique de ces débats, voir notamment V. Kondic, op. cit., p. 185-192.

    43 W. Szaivert, « Der Beginn der Antoninianprägung in Viminacium », Litterae Numismaticae Vindobonenses 2, 1983, p. 61-67.

    44 Voir à ce sujet la note rédigée par C. Clay dans le catalogue de la vente Berk 96, 18/06/1997, no 621. C. Clay répertoriait alors cinq exemplaires de Philippe frappés à Viminacium. J. Muona, « The Antoniniani of Philip the Arab », The Celator 16/2, 2002, p. 10, a par la suite signalé un sixième exemplaire.

    45 Cette solution a déjà été suggérée de manière informelle par C. Clay sur un forum en ligne <http://www.forumancientcoins.com>. Cet auteur rattachait également à ce « branch mint » les types VICTORIA AVGG, AETERNIT IMPER, IOVI CONSERVAT(ORI) et IVNO CONSERVAT(RIX). Ce n’est qu’après avoir isolé ces quatre types de manière indépendante que nous avons pris connaissance de cette position de C. Clay qui rejoint la nôtre.

    46 Le même traitement est réservé à une série particulière produite sous le règne de Trébonien Galle et de Volusien, voir infra, § 37.

    47 Cette recherche, loin d’être exhaustive, porte sur un total de 21 exemplaires au type VICTORIA CARPICA. Au sein de cet ensemble, 16 coins de droit sont représentés. Le cat. 3160 est par exemple issu du même coin de droit qu’un exemplaire en mains privées <http://dougsmith.ancients.info>.

    48 Coll. Thibaut Marchal <http://marchal.thibaut.free.fr>.

    49 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 62-63, envisagent la possibilité que les deux émissions soient concomitantes.

    50 Le trésor d’Éauze contient également deux exemplaires avec un B rétrograde (D. Schaad (dir.), op. cit., p. 204, n. 811). Ceux-ci portent en revanche la titulature IMP PHILIPPVS AVG et sont classés parmi les monnaies officielles.

    51 Pour ce faire, S. K. Eddy, loc. cit., p. 91, s’appuyait sur la représentation irrégulière de ces types dans les trésors.

    52 V. Kondic, The Singidunum Hoard of Denarii and Antoniniani, Belgrade, 1969, p. 172-173.

    53 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 59.

    54 Il est parfois considéré que ces deux séries au profil bien différent sont issues de deux ateliers distincts. F. Òvari, « Adatok az antiochiai verde mukodesehez III. Gordianus es Philippus alatt », Magyar NumTarDev, 1980, p. 37-48, a notamment montré que la composition métallique des monnaies appartenant aux deux groupes diverge sensiblement.

    55 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 68.

    56 H. Mattingly, F. S. Salisbury, « A Find of Roman Coins from Plevna in Bulgaria », NC 1924, p. 210-238.

    57 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 254-256.

    58 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 111.

    59 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 254.

    60 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. 107-108.

    61 Voir notamment K. Pink, « Aufbau der römischen Münzprägung in der Kaiserzeit », NZ 69, 1936, p. 14-15 et J. Fitz, op. cit., p. 643-662.

    62 K. J. J. Elks, « Reattribution of the Milan Coins of Trajan Decius to the Rome Mint », NC 1972, p. 111-115.

    63 Ibid., p. 114. L’existence d’exemplaires hybrides, conservés au Cabinet des médailles de la BNF et au British Museum, associant un droit d’Auguste divinisé et le revers IVNO MARTIALI propre au règne de Trébonien Galle et de Volusien permet d’envisager que la série des Divi se soit poursuivie sous ce règne.

    64 H. Mattingly, E. A. Sydenham, C. H. V. Sutherland, op. cit., p. xxii-xxiii.

    65 B. Foucray, « Le trésor de deniers et d’antoniniens de La Grosse Haie à Souzy-la-Briche », TM XV, 1995, p. 38, tabl. 3.

    66 E. Besly, R. Bland, The Cunetio Treasure, Londres, 1983, p. 19. Leur argument principal tient au fait que des hybrides couplent des droits d’Hostilien et de Volusien César à des revers de la deuxième émission, tous sans marque dans le champ. H. Mattingly, « The Reigns of Trebonian Gallus and Volusian and of Aemilian », NC 1946, p. 40, hésitait sur la séquence des revers avec ou sans étoile au sein de l’émission 2.

    67 Les chiffres concernant les trésors de Brigetio, Glibovac et Solymár sont tirés des décomptes effectués par J. Fitz, op. cit., p. 380-407. À noter que nous avons classé les monnaies hybrides douteuses parmi les séries régulières.

    68 H. Mattingly, loc. cit., p. 42-43. P. Le Gentilhomme, loc. cit., p. 65-66, situe également cette production en Italie du Nord mais penche davantage pour Aquilée que pour Milan.

    69 J. Fitz, op. cit., p. 720 et 726.

    70 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 68-70.

    71 Sur les types hybridés et leur fréquence, voir E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 20-21, tabl. 5.

    72 R. A. G. Carson, loc. cit., p. 70.

    73 E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 21.

    74 D. Schaad (dir.), op. cit., p. 258.

    75 Dans la même idée, voir E. Besly, R. Bland, op. cit., p. 22, tabl. 6.

    76 Voir notamment R. A. G. Carson, loc. cit., p. 71 et D. Schaad (dir.), op. cit., p. 258, tabl. 85.

    77 Voir supra, p. 12.

    78 Sur l’évolution métrologique de l’antoninien, voir notamment J.-P. Callu, op. cit., p. 243, fig. 2.

    D. Hollard, M. Amandry, B. Foucray, « Le trésor d’antoniniens de Reignac (Charente) », TM XIX, 2000, p. 11 et p. 13, fig. 2, ont par la suite établi que, entre la prise de pouvoir de Gordien III et la fin du règne de Trébonien Galle, le poids et le titre de l’antoninien ont chacun connu une baisse d’environ 20 %. Plus significatif, le poids de fin de l’espèce radiée a, dans le même temps, chuté d’environ 37 %.

    79 Pour les différentes périodes définies, les chiffres concernent les émissions suivantes : 215-219 : Caracalla et Élagabale (92 ex.) ; 238-239 : Balbin/Pupien et Gordien III, ém. 1-2 (211 ex.) ; 240 : Gordien III, ém. 3 (391 ex.) ; 241-243 : Gordien III, ém. 4 (771 ex.) ; 243-244 : Gordien III, ém. 5 (359 ex.) ; 244-245 : Philippe Ier, ém. 1-2 (358 ex.) ; 245-247 : Philippe Ier, ém. 3 et « ém. spéciale » (719 ex.) ; 247-249 : Philippe Ier, ém. 4-8 (455 ex.) ; 249-251 : Trajan Dèce, groupes 1-2 (430 ex.) ; 251-252 : Trajan Dèce, groupe 3 et Trébonien Galle/Volusien (141 ex.).

    80 J.-P. Callu, op. cit., p. 249, fig. 3.

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