47. Nouvelle qui est agréable
p. 274-275
Texte intégral
A) Mme Xavier Martin, Sainte-Anne (Madawaska), N.-B.
1946 : Recueillie et enregistrée en juin 1946, disque XIV ◊ B ◊ 5.
MÉLODIE 47-A
1. - Nouvell’ qui est agréabl’,
Que l’on dit tous les jours :
Quel plaisir c’est d’être à table,
Chacun boire à son tour.
Prends ton verr’, cher camarade,
Oh ! mettons-nous en train,
Buvons du jus de la tonne
Qui bénit1 les chagrins.
2. - L’vin n’est pas pour ces dames,
Il-n-est pour son mari,
Ça les rendrait trop folles
Devers leurs maris.
On vous servira, madame,
Avec de l’eau de puits,
Ça les rendra tout’ faciles
Envers leurs maris.
3. - Quand j’vais voir ma maîtresse,
La seul’ qu’j’ai tant aimé’,
Je m’assis auprès d’elle,
Cela lui fait plaisi’.
Tous les discours qu’all’ peut dir’
Sont des discours fins,
Quantité de paraboles
Qui me revient par le vin.
4. - On n’apprend pas à lire
En boivant du vin,
Encor bien moins écrire
Et à parler latin.
Papillon sur la chandell’
Tempête il souhait’-t-i’ ?
Ça prendrait qu’une étincelle
Pour lui ôter la vi’.
Coupe strophique
6f1-6m1-6f1-6m1-7f2-6m2-7f2-6m2 D’après la mélodie, deux des rimes féminines s’élident.
[Coupe indexée : 8 ◊ FMFMFMFM ◊ 66667676.]
Parallèles
CANADA
Coll. Barbeau, disque LXXXVII.B.4, enr. 2486.
Commentaire
1Cette chanson à boire est l’un des rares spécimens de ce genre qui nous ait été chanté en Acadie. Contrairement à la province de Québec - où l’on ne cultive pas la vigne, mais où Marius Barbeau n’a pas recueilli moins de six cents chansons où l’on célèbre la vigne et le vin - ce genre est très peu représenté en Acadie. Cette impression est confirmée par la collection acadienne de Jean-Thomas Le Blanc, aussi pauvre que la nôtre en chansons à boire. Peut-être faut-il attribuer ce fait aux tribulations, génératrices de tristesse et de misère, dont furent victimes les ancêtres des Acadiens d’aujourd’hui. Une chose est certaine, c’est que le pêcheur ou le fermier acadien se livre moins à la boisson que le bûcheron des « chantiers » forestiers du Québec.
2Comme beaucoup de chansons à boire, celle-ci est une chanson d’hommes, affirmant leur désir de boire entre eux, disant du mal de leurs femmes, mais se vantant de leurs maîtresses. Le trait final du papillon brûlant ses ailes à la chandelle rappelle une autre chanson à boire recueillie par Lallement en Argonne et Marius Barbeau au Canada2. Voici, mis en vis à vis, leur couplet relatif au papillon :
Lallement
Le papillon suit la chandelle
Comme un amant suit la beauté,
Le papillon brûle ses ailes,
Et l’amant perd sa liberté.
Barbeau
Le papillon suit la chandelle
Comm’ les jeun’ fill’ font leur beauté
Souvent, il se brûle les ailes,
Aussi ell’ perdent leur liberté.
Notes de bas de page
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Trésors de la chanson populaire française. Autour de 50 chansons recueillies en Acadie
Geneviève Massignon et Georges Delarue
1994
La Musique à Venise et l’imaginaire français des Lumières
D’après les sources vénitiennes conservées à la Bibliothèque nationale de France (XVIe-XVIIIe siècle)
Sylvie Mamy
1996
