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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral A) Mme Vve Hilarion Surette, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E. B) Mme Alphée Déon, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E. C) Mme Vve André Chiasson, Lamèque (Gloucester), N.-B. D) M. Georges Comeau, Comeauville (Digby), N.-E. Notes de bas de page

    Trésors de la chanson populaire française. Autour de 50 chansons recueillies en Acadie

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    34. La maumariée tuée par son mari

    p. 216-218

    Texte intégral A) Mme Vve Hilarion Surette, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E. MÉLODIE 34-A B) Mme Alphée Déon, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E. MÉLODIE 34-B C) Mme Vve André Chiasson, Lamèque (Gloucester), N.-B. MÉLODIE 34-C D) M. Georges Comeau, Comeauville (Digby), N.-E. MÉLODIE 34-D Coupe strophique Parallèles FRANCE CANADA ACADIE Commentaire Notes de bas de page

    Texte intégral

    A) Mme Vve Hilarion Surette, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E.

    1946 : Recueillie en octobre 1946.

    1961 : Mélodie notée en 1961.

    MÉLODIE 34-A

    1. - A la vill’ de Saint-Antouène
    Il y-avait un’ demoiselle,
    Ell’ se marie en son joli logis,
    La belle en a bien du repenti’.

    2. - Elle avait une belle-mère,
    Un’ belle-mèr’ qui l’aimait guère,
    Tous les jours d’mandant à son fi’ :
    - Quand don’ la feras-tu mouri’ ?

    3. - Oh ! taisez-vous, ma mère,
    Oh ! taisez-vous, ma mère,
    Avant qu’il soit dimanch’ matin
    J’accomplirai votre dessein.

    4. - La bell’ s’en fut chez h-elle,
    S’en fut conter l’histouère :
    - Mon pèr’, vous m’avez donné-t-un mari,
    J’crois bien qu’il va me fair’ mouri’.

    5. - Oh ! taise-toi, Lisette,
    Oh ! taise-toi, Lisette,
    Retourn’-toi-z-en à ton joli logis,
    Demain j’irai parler à lui.

    6. - La belle a monté dans sa chambre,
    Toute sa chair y tremble.
    Ell’ se jeta sur le pied de son lit
    Mais ce n’était pas pour dormi’.

    7. - Son mari monte après h-elle
    - Levez-vous donc, la belle,
    Prenez de vos plus beaux habits,
    Nous irons voir tous nos amis.

    8. - Il la prit par sa main blanche,
    Sur son cheval la monte,
    Mais quand ils fur’ là-bas dans ces forêts
    Elle aperçut son tombeau tout fait.

    9. - Il faut aller chercher un prêtre
    Vitement qu’il me confesse,
    Que je reçoiv’ l’absolution,
    Que je reçoiv’ l’absolution.

    10. - Oh ! taise-toi, Lisette,
    Oh ! taise-toi, Lisette,
    Mon poignard s’ra ta confession
    Et mon épé’ ton absolution.

    11. - Quand ce qu’il vient à la barrière,
    Rencontrit trois de ses beaux-frères :
    - D’où viens-tu donc, beau-frère, appréhendant
    Que tes souliers sont pleins de sang ?

    12. - Je viens de la chasse
    Puisqu’il faut que tu le saches,
    Un lapin blanc je viens de tuer
    C’est ça qui m’a tout ensanglanté.

    13. - Tu as menti, faux traître !
    Tu viens de tuer ma sœur-e.
    Je connais bien par ta pâle couleur
    Que tu viens de tuer ma sœur.

    14.- Il faut aller qu’ri’ la justice,
    Vitement qu’ils le punissent.
    Les justiciers les avont emmenés,
    Lui et sa mèr’, les avont fait brûler.

    B) Mme Alphée Déon, Pubnico-Ouest (Yarmouth), N.-E.

    1946 : Texte recueilli en octobre 1946.

    1961 : Couplets 5 et 6 enregistrés en 1961.

    MÉLODIE 34-B

    1. - La belle montit dans sa chambre,
    Que toute sa chair y tremble.
    Ell’ se jeta su’ le pied de son lit
    Mais c’était pas pour y dormi’.

    2. - Son mari monte auprès h-elle :
    - Oh ! leuve-toi, Lisette,
    Prenez de vos plus bell’s habits en blanc
    Nous allons voir tout’ nos parents.
    3. -............................................................
    Mais quand c’qu’elle fut dans les forêts,
    Elle aperçoit son tombeau prêt.

    4. - Mais quand c’qu’il vient à la barrière
    Rencontre deux de ses beaux-frères :
    - D’où reviens-tu, beau-frère brigandin ?
    Car tes souliers sont pleins de sang.

    5. - Je deviens de la chasse,
    Puisque faut que tu le saches ;
    Un lapin blanc que je viens de tuer,
    C’est ça qui m’a tout ensanglanté.

    6. - Oh ! tu-as menti, beau-frère !
    - Oh ! tu-as menti, mon drôle !
    Je reconnais à tes pâles couleurs
    Que tu reviens de tuer ma sœur.

    7. - Il faut aller qu’ri’ la justice,
    Vitement que je le punisse.
    Les justiciers les avont condamnés,
    Lui et sa mèr’, les avont fait brûler.

    C) Mme Vve André Chiasson, Lamèque (Gloucester), N.-B.

    1946 : Recueillie en août 1946.

    1961 : Mme Chiasson étant décédée en 1953, la mélodie a été enregistrée de Mlle Isabelle Chiasson, sa fille.

    MÉLODIE 34-C

    1. - Si je viens de la chasse,
    Faut-il qu’ tout l’mond’ le sache ? Un lapin blanc que je viens de tuer Qui m’a tout ensanglanté.

    2. - Tu as menti, infâme,
    Tu as tué ta pauvre femme !
    Je reconnais par tes pâles couleurs
    Que c’est le sang d’ma pauvre sœur.

    D) M. Georges Comeau, Comeauville (Digby), N.-E.

    1961 : Enregistrée en 1961.

    MÉLODIE 34-D

    1. - Dans la vill’ de Saint-Antoine
    Il y a un’ demoiselle,
    Ell’ s’y mari’ à son joli louési’,
    Vraiment la belle a du repenti’.

    2. - Elle avait une bell’ mère
    Héla’ ! qui ne l’aimait guère,
    De tous les jours, ell’ disait h-à son fils :
    - Quand donc tu vas la faire mourir ?

    3. - Oh ! héla’ ! héla’ ! ma mère,
    Je ne tarderai gère,
    Avant qu’il souèye le dimanche au matin,
    J’accomplirai votre dessein.

    4. - La bell’ montit dans sa chambre,
    Tout le chare lui tremble,
    Mais se jetant sur le pied de son lit
    Mais ça n’était pas pour y dormir.

    5. - Son mari monte après h-elle,
    Il dit : -Hé là, la belle !
    Prenez, prenez vos plus beaux habits blancs
    Car il fait grand chaud dans les champs.

    6. - Ils ont monté le chevale
    Comm’ deux braves générales ;
    Mais tant qu’ils furent au milieu des forêts
    L’ont aperçu le trou tout fait.

    7. - Faut qu’on all’ chercher le prêtre,
    Vite, que j’me confesse,
    Un prêtre de confession
    Qu’il me donne l’absolution.

    8. - Ton absolution, Lisette,
    Je te la donnerai(e).
    Mon épée sera ta confession
    Et mon poignard ton absolution.

    9. - Quand il fut à la barrière,
    A t-aperçu son beau-frère :
    - D’où deviens-tu, beau-frère, maintenant,
    Tes souliers sont tout pleins de sang.

    10. - Oh ! je deviens de la chasse,
    Puisque faut qu’tu le save,
    Vingt lapins blancs que je viens de tuer,
    C’est c’qu’il m’a tout ensanglanté.

    11. - Non, tu as menti, faux-traître,
    Car tu es malhonnête,
    Je reconnais à tes blèmes couleurs
    Que tu viens de tuer ma sœur.

    12. - Faut qu’on alle chercher justice,
    Vite qu’on le punisse,
    Justice est là pour le faire mourir
    Lui et sa cruelle mère aussi.

    Coupe strophique

    La coupe à partir de laquelle s’organisent les divers couplets est : 6f1-6f1-10m2-10m2

    Cependant la longueur des vers est très irrégulière, les deux premiers ayant, au gré des couplets 6, 7 ou 8 pieds, les deux derniers en ayant 8, 9 ou 10. Les rimes sont également très irrégulières.

    [Coupe indexée : 4 ◊ FFMM ◊ 66AA.]

    Parallèles

    [Catalogues : Laforte, II, A-37.- Coirault, rubrique 96.]

    FRANCE

    PAYS MESSIN : Rolland, Ch. pop., chanson CXLV.

    VALOIS : Nerval, 22 ; reproduit dans Tiersot, Ch. pop. écriv. rom., 117.

    NORMANDIE : (Pays de Caux) R.T.P., IV, 133.

    LOIRE-ATLANTIQUE : (La-Chapelle-des-Marais ; Saint-Joachim) Coll. G. Massignon.

    VENDÉE : Trébucq, Pyr. Vendée, 292.-(L’île d’Elle) Coll. G. Massignon.

    POITOU : Mss Coirault.

    SAINTONGE : Bujeaud, II, 226.

    ANJOU : Simon (1927), 436.

    NIVERNAIS : Millien, I, 263, 2 versions.

    FOREZ & VELAY : Mss Smith, I, 120 : IV, 192 ; VI, 40, 163, 217 ; IX, 77, 278 ; XIV, 230 ; XV, 404 ; XVIII, 289 ; une de ces versions reproduite dans Romania, X, 197. JURA : (Valromey) Ahlbcon, Le patois de Ruffieu en Valromey, 1946, 169.

    CANADA

    Russel Scott Young, 78.

    ACADIE

    (Gaspésie acadienne) Coll. Barbeau, enr. 3501.

    Commentaire

    1Cette tragique chanson de maumariée n’a pas été l’objet d’interprétations ou d’adaptations littéraires comme ce fut le cas de La Maumariée sauvée par son frère. Contrairement à celle-ci, elle est entièrement confinée au domaine d’oïl1 et rares sont les versions où une localisation apparaît : Bujeaud appelle la victime « La fille de Saint-Martin de l’île » (Ile de Ré), mais ceci ne peut être considéré comme une indication historique, pas plus que « la ville de Saint-Antouène » que donne notre version acadienne A.

    2Cette chanson a l’allure d’une complainte criminelle et offre plus d’un point de ressemblance avec L’Écolier de Paris, (chanson 24). Dans les deux cas, le mari ou l’amant meurtrier a été poussé au crime par sa mère jalouse ; en outre les deux chansons suivent le même plan dans l’exposé des faits : promesse faite à la mère, invitation nocturne faite à la belle, annonce à celle-ci de sa mort prochaine, retour de l’homme après le crime, intervention des justiciers.

    3Dans les versions acadiennes, le meurtrier prétend que le sang dont il est taché est celui d’un lapin blanc ; certaines versions de France, dont celle rapportée par Nerval, disent « j’ai tant tué de lapins blancs », d’autres parlent du sang de pigeons blancs. A ce propos, Victor Smith2 rappelle la similitude de cette affirmation avec ce que dit l’assassin de La Filleule de Duguesclin dans la complainte publiée par La Villemarqué3 : Le seigneur, ayant jeté dans l’eau le cadavre de la jeune fille, rencontre Duguesclin et se justifie en ces termes : « Je reviens de la rivière, de noyer quelques petits chats ». Duguesclin n’est pas dupe : « Il n’est pas celui de chats noyés, le sang qui coule de votre panier !... Tu l’as tuée hier au soir ». Alors il tue le seigneur anglais et détruit la forteresse de Trogoff que celui-ci détenait en Bretagne.4

    Notes de bas de page

    1 Bien que la région où Smith a recueilli ses versions appartienne en grande partie au domaine occitan, toutes les versions qu’il a recueillies sont en français.

    2 Ms 6855, 250.

    3 La Villemarqué, I, 364.

    4 [Les versions E et F ont été chantées en 1961 par Mme Bastorache et par Mme Delphin Le Blanc, mais l’état des documents ne permet pas de savoir à laquelle attribuer la première version et à laquelle attribuer la seconde.]

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    1 Bien que la région où Smith a recueilli ses versions appartienne en grande partie au domaine occitan, toutes les versions qu’il a recueillies sont en français.

    2 Ms 6855, 250.

    3 La Villemarqué, I, 364.

    4 [Les versions E et F ont été chantées en 1961 par Mme Bastorache et par Mme Delphin Le Blanc, mais l’état des documents ne permet pas de savoir à laquelle attribuer la première version et à laquelle attribuer la seconde.]

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    Massignon, G., & Delarue, G. (1994). 34. La maumariée tuée par son mari. In Trésors de la chanson populaire française. Autour de 50 chansons recueillies en Acadie. Paris: Éditions de la Bibliothèque nationale de France. https://doi.org/10.4000/books.editionsbnf.498
    Massignon, Geneviève, et Georges Delarue. « 34. La maumariée tuée par son mari ». In Trésors de la chanson populaire française. Autour de 50 chansons recueillies en Acadie. Paris: Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 1994. doi:10.4000/books.editionsbnf.498.
    Massignon, Geneviève, et Georges Delarue. « 34. La maumariée tuée par son mari ». Trésors de la chanson populaire française. Autour de 50 chansons recueillies en Acadie, Éditions de la Bibliothèque nationale de France, 1994, https://doi.org/10.4000/books.editionsbnf.498.

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