Conclusion

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Texte intégral

1Durant la mission de Maurice Bompard à Saint-Pétersbourg, l’alliance franco-russe a donc été confrontée à plusieurs crises internationales qui en ont dévoilé les faiblesses. Le séjour du diplomate est en cela révélateur du manque de cohésion entre alliés sur la scène diplomatique. C’est pourquoi Bompard, tout en essayant de tirer profit de cette alliance, a contribué à la repenser. Ses recommandations, particulièrement franches, et son action, assez subtile, ont manifestement contribué à jeter les bases d’une entente à trois avec Londres dans un contexte de « polarisation du système géopolitique européen1 », rendant toujours plus exclusifs les rapports entre les puissances. S’il n’existe pas de liens réciproques entre la France, la Russie et le Royaume-Uni, force est de constater que leurs relations bilatérales se sont fortement améliorées entre 1903 et 1908, du fait de l’apaisement de leurs contentieux coloniaux respectifs. L’alliance franco-russe, l’Entente cordiale et les arrangements anglo-russes permettent en effet d’espérer une coopération entre Paris, Londres et Saint- Pétersbourg dans les années à venir. Cependant, cet exercice de « bloc » est encore largement embryonnaire lorsque Maurice Bompard quitte son poste en 1908, à la demande du pouvoir impérial qui peine à s’accommoder d’un ambassadeur vraisemblablement trop ouvertement libéral à son goût. Quoique ce rappel s’effectue dans des conditions tumultueuses, les liens qui lient Bompard à la Russie perdurent néanmoins bien au-delà du terme de la mission du diplomate.

Notes de bas de page

1Expression tirée de C. Clark, Les Somnambules…, p. 185.


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