Chapitre VII
Vivre en poste : le difficile établissement d’une vie de famille
p. 201-216
Texte intégral
Ma chère maman, la valise est arrivée avec deux jours de retard, avec quelle impatience je l’attendais ! Rien n’est bon comme ces grasses lettres ventrues, toute [sic] rondes, ah quel régal ! […] Elles me donnent un petit tour de clef indispensable en me faisant revivre avec un milieu calme et cher1.
Gabrielle Bompard à Berthe de Blignières.
1Le métier de diplomate occasionne des sacrifices sociaux importants. Une nomination à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de Paris distend en effet certains liens, à commencer par ceux liant les membres d’une même famille. De fait, l’installation de Maurice et Gabrielle Bompard en Russie a engendré une séparation physique avec leur fils, Henri, resté en France pour poursuivre sa scolarité : une partie de cette enfance est donc marquée par l’absence. Cette expérience est à l’opposé de celle de Marcelle Bompard, la fille du couple, qui accompagne ses parents en Russie. Leur proximité est toutefois relative, puisque le couple est souvent accaparé par ses devoirs professionnels et sociaux. À Saint-Pétersbourg, les obligations inhérentes au statut d’ambassadeur rendent assez rares les moments d’intimité et ont tendance à brouiller les frontières entre les sphères privée et publique, d’autant plus que le lieu de vie de la famille de l’ambassadeur est aussi le lieu de travail des diplomates. Par ailleurs, les espaces de vie échappent bien souvent aux tentatives d’appropriation des hôtes, ce qui tend à les rendre impersonnels. Enfin, Maurice et – surtout – Gabrielle Bompard souffrent de l’éloignement vis-à-vis de leurs proches. Tout porte donc à croire que le « moment Saint-Pétersbourg » est assez durement vécu du point de vue individuel par certains membres de la famille de l’ambassadeur, sans compter la rudesse du climat et les dépenses engagées pour satisfaire les impératifs professionnels. Ce chapitre tente de retracer le quotidien intime de la famille Bompard à Saint-Pétersbourg dans ses aspects les plus divers, aussi bien matériels que psychologiques.
L’impact des conditions climatiques sur les individus
2Un des aspects les plus marquants du séjour des Bompard tient aux conditions météorologiques auxquelles ils sont confrontés à Saint- Pétersbourg. La capitale est certes localisée aux confins occidentaux de l’empire des tsars, ce qui lui fait bénéficier d’un climat bien plus doux que celui des plaines sibériennes, mais elle souffre d’un taux d’humidité assez important – la ville a été construite sur des marécages et est entourée d’eau – et de fréquentes périodes de gel et de dégel. Il n’est pas rare non plus que les températures y descendent à plusieurs dizaines sous 0 °C. L’hiver, la ville est généralement recouverte par la neige, de sorte que l’absence de ce manteau blanc ne manque pas de retenir l’attention des habitants : « Nous ne sommes pas bien surs d’être en Russie. À peine de neige, pas de traînage et une glace si peu épaisse sur la Néva qu’on ne la traverse pas encore en voiture
2 »
, s’étonne Gabrielle à la fin de l’année 1904. Ces conditions météorologiques incitent les habitants de la capitale à se déplacer en traîneau et à utiliser la Neva gelée comme une voie de communication au cœur de la ville.
3Seulement, les organismes souffrent de ces changements soudains de températures, comme l’indique Gabrielle à sa belle-mère : « Le temps ne nous favorise guère, maussade, pluvieux, dégelant sans cesse, ce qui ne peut être sain
3 »
. Les diplomates français, habitués au climat doux d’Europe occidentale, supportent en effet assez mal le froid et l’humidité qui règnent sur la capitale de Pierre le Grand. Ces paramètres compliquent d’ailleurs le séjour de Maurice Bompard qui contracte plusieurs maladies, l’empêchant parfois d’exercer convenablement ses fonctions. La plus sévère d’entre elles – une forme grave d’influenza – survient en décembre 1903 et l’oblige à rester alité pendant de longues semaines, peu avant que le Japon et la Russie n’entrent en guerre. L’ambassadeur aurait même songé dès 1904 à quitter son poste pour des raisons de santé, sur l’avis de ses médecins4. Gabrielle Bompard semble mieux résister que son époux aux aléas climatiques, bien qu’elle en soit tout de même affectée psychologiquement. Il n’est pas rare, en effet, qu’elle se plaigne du climat et des intempéries dans sa correspondance : « Il fait un temps lamentable […] cela est bien malsain
5 »
. Les conditions météorologiques, notamment hivernales, tourmentent donc les corps et les esprits, jusqu’à saper le moral des individus.
Le coût de la vie en Russie
4Le séjour des Bompard en Russie s’avère ensuite particulièrement dispendieux. Les dépenses liées à l’exercice du métier de diplomate, notamment dans le domaine de la représentation, y sont pour beaucoup. Bien que le Quai d’Orsay prenne en charge une bonne partie de ces frais, l’ambassade de France en Russie a vu ses crédits fortement chuter, passant de 250 000 francs en 1885 à 170 000 francs au début du siècle. Le poste de Saint-Pétersbourg reste certes le mieux doté, mais son enveloppe a connu la réduction la plus sensible puisque, dans le même temps, celle de Londres est passée de 200 000 à 160 000 francs annuels, et celle de Berlin de 140 000 à 130 000 francs. Les avantages financiers du poste ont donc été restreints au tournant du siècle, alors même que la capitale russe, réputée onéreuse, rebute régulièrement les diplomates. Montebello, le prédécesseur de Bompard, devait vraisemblablement y dépenser 150 000 francs annuels en plus des indemnités d’État6. Quant à Bompard, l’idée se répand qu’il dépense chaque année près de 100 000 francs de ses deniers personnels en Russie7. La réalité montre que les sommes sont loin d’être aussi conséquentes, mais les charges qui pèsent sur les ressources de l’ambassadeur n’en sont pas moins durement ressenties. En 1907, Bompard profite d’un courrier personnel à Stephen Pichon, ministre des Affaires étrangères, pour l’alerter sur la situation financière du poste :
Déjà le département me laissait à couvrir annuellement un déficit de 10 à 11 mille francs sur les dépenses de cette ambassade qui sont à sa charge en vertu des règlements. Porter tout à coup à 15 000 francs la subvention que je suis condamné d’office à servir au budget du ministère des Affaires étrangères est un coup sensible. Je réitère mes instances pour que du moins vous n’empiriez pas la situation que j’ai trouvée à mon arrivée ici. Elle n’est pas déjà par ailleurs financièrement si brillante8 !
5Sachant que la rémunération d’un ambassadeur de France, sans distinction de poste, s’élève à 40 000 francs annuels, le diplomate est donc contraint de dépenser environ 35 % de son salaire pour couvrir les seules dépenses de son ambassade, auxquelles il faut ajouter les frais relatifs à la vie régulière. À cette époque, le coût de la vie en Russie est en effet perçu comme particulièrement élevé par la famille Bompard, c’est-à-dire par des membres de la bourgeoisie française. Gabrielle se plaint par exemple dans sa correspondance du prix exorbitant des produits du quotidien : « Tu ne peux croire à quel prix s’élèvent les moindres choses
9 »
, soupire-t-elle. Elle indique aussi avoir dépensé près de 10 000 francs de location de fleurs afin de décorer l’ambassade pour leur ricevimento, ainsi que 5 000 francs pour le seul buffet. Certaines fleurs ont même été commandées à Paris pour faire des économies. Enfin, Maurice et Gabrielle Bompard réclament parfois des objets à leur famille restée en France, sans doute en raison de leur prix de vente excessif en Russie. Gabrielle reçoit ainsi un porte-monnaie de la part de sa belle-mère, car elle n’« osai[t] plus sortir le [s]ien de [s]a poche
10 »
. Le couple ne s’interdit toutefois pas de faire des cadeaux en retour : ils achètent notamment « deux petits tabliers russes
11 »
à Berthe de Blignières en février 1905. Malgré tout, le couple sacrifie une partie de sa fortune durant les cinq années qu’il passe à Saint-Pétersbourg.
Vivre loin des siens : une sensation d’isolement
6Pour autant, Maurice Bompard semble apprécier son quotidien. En Russie, les responsabilités professionnelles qui lui incombent sont en adéquation avec ses aspirations personnelles : « Il est gai comme pinson le cher homme, se promène en traîneau, marche un peu, et a une bonne figure détendue qui fait plaisir à voir
12 »
, écrit son épouse quelques jours après leur arrivée en Russie. Par la suite, celle-ci donne régulièrement des nouvelles rassurantes de son époux, assure qu’elle est « contente de [lui]
13 »
et que « [s]a mine est bonne
14 »
, malgré l’« intensité
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de la vie qu’ils mènent. En revanche, Gabrielle se plaint régulièrement de son quotidien qui l’épuise aussi bien physiquement que moralement. Elle traverse même des périodes de déprime :
Je sens encore une fois mon cerveau liquide et mon courage à la dérive, je ne sais comment faire. Je suis certainement moins fatiguée que l’année dernière, mais combien je suis encore misérable ! cela m’ennuie pour bien des raisons ; la première c’est que j’en suis toute triste et que je crains de me laisser entraîner par cette disposition physique pour juger les choses et les gens. La seconde c’est que je ne suis pas à la hauteur de ma tâche et que cette lassitude me rend fort peu agréable. Or l’indulgence n’est pas de ce milieu-ci16.
7Gabrielle Bompard ne semble pas aussi épanouie que son mari en Russie. Les centaines de kilomètres qui la séparent des siens lui donnent parfois le sentiment de vivre à l’écart du monde : « Si tu savais comme nous sommes loin de tout ici ! les bruits qui nous arrivent sont comme des échos et nous vivons bien séparés des événements
17 ! »
, déplore-t-elle en 1903. Cette sensation d’isolement reflète de surcroît les sacrifices humains et sociaux qui pèsent sur les proches de l’ambassadeur. Gabrielle souffre intensément de la distance qui l’éloigne de ses proches et éprouve une forme de solitude : « Je suis si – si seule
18 ! »
, se lamente-t-elle au début de l’année 1904, alors qu’elle craint pour les jours de son époux, malade. Elle manque certainement d’amis pour se confier ou trouver du réconfort : « Ah les amis, les bons amis, ceux avec lesquels on peut gémir un peu, où êtes-vous
19 ? »
De plus, les moments passés en famille, avec sa fille Marcelle, ou entre époux sont rares : « Quel temps ai-je pour voir ma fille ? Le Matin, un peu – à peine le soir, entre les visites et le dîner. Dans cette organisation officielle, les instants consacrés à la vie de famille sont parcimonieusement distribués
20 »
. En somme, le couple ne semble pas être parvenu à établir une véritable vie de famille en poste, tant les activités officielles envahissent la sphère privée. Gabrielle Bompard déplore le manque d’intimité qui en découle et la vie de couple se distend. Le vide affectif qu’elle éprouve se transforme ainsi, du fait de la distance, en une sensation d’isolement vis-à-vis de ses proches : « Comme j’aurais voulu vous emporter tous avec moi comme je vous ai emportés dans mon cœur
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, soupire-t-elle encore. La mission confiée par le Quai d’Orsay à Maurice Bompard a donc provoqué une rupture brutale avec l’environnement social du couple, ce qui est ici très difficilement perçu par les proches de l’ambassadeur, à commencer par son épouse. Pour remédier à cette situation, celle-ci s’efforce d’écrire régulièrement à sa famille.
Garder contact à distance : les pratiques épistolaires de Gabrielle Bompard
8Au début du xxe siècle, le perfectionnement du réseau des postes permet tout de même de communiquer régulièrement, par courrier, d’un bout à l’autre du continent européen. Gabrielle Bompard entretient à ce titre une correspondance particulière très suivie avec sa belle-mère, Berthe de Blignières. Les lettres qu’elle envoie et qu’elle reçoit ont certes une charge émotionnelle très forte, mais elles jouent également un rôle de stabilisateur psychologique : « Oh oui j’ai du plaisir à voir ta bonne écriture, et je t’assure qu’il émane de tes lettres quelque chose d’indéfinissable, qui vous réconforte, vous rapproche, vous fait penser ou sourire. Ne m’en prive pas
22 »
. Ces missives lui offrent un support pour se confier ou s’épancher, afin de trouver du réconfort dans un environnement qu’elle trouve assez impersonnel. Cette activité épistolaire lui permet à vrai dire, tout en accordant de l’attention à ses proches, de se recentrer sur elle-même. Les sujets qu’elle aborde sont divers, allant de son quotidien en Russie aux événements politiques qui surviennent dans le pays :

Ill. 15 – Principaux thèmes abordés par Gabrielle Bompard dans sa correspondance avec Berthe de Blignières23.
© Corentin Morisot/Direction des Archives, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
9Cette activité est très chronophage. Gabrielle Bompard semble en effet s’y consacrer quotidiennement, Le Matin ou le soir avant de se coucher. Elle accorde une importance particulière à cette correspondance, ce qui explique la longueur de certains plis, dépassant parfois dix feuillets. Cependant, elle écrit de manière pressée, sans toujours respecter la ponctuation. Elle regrette elle-même de ne pas disposer d’assez de temps pour rédiger son courrier, quand elle n’est pas dérangée dans son écriture : « Voilà trois minutes que je suis à toi et il faut que je sorte après avoir reçu visite sur visite. Ah quel ennui
24 »
. Pour cette raison, beaucoup de lettres sont reprises sur plusieurs jours et il n’est pas rare qu’un seul courrier soit rédigé sur toute la semaine. L’épistolière en perd parfois le fil, au point de devoir réécrire entièrement certaines lettres : « Je m’aperçois en lisant ma lettre que ce n’est qu’un bafouillage auquel tu ne peux rien comprendre et je la recopie en la rectifiant un peu
25 »
.
10Du point de vue matériel, elle utilise le papier à lettres de l’ambassade, estampillé « Ambassade de France en Russie »
dans le coin supérieur gauche. Ce même papier à lettres est utilisé par Maurice Bompard pour sa correspondance personnelle avec le ministre des Affaires étrangères et ses collègues, ainsi que par Marcelle Bompard pour écrire à sa grand-mère. Cette utilisation donne une certaine unité et un caractère très officiel à la correspondance de la famille de l’ambassadeur, quand bien même celle-ci soit adressée à des proches ou à des amis. La matérialité des lettres peut donc créer un contraste assez fort avec leur contenu intime. Gabrielle Bompard utilise plus rarement un papier ordinaire, dépourvu de toute marque distinctive, ou des cartes postales lorsqu’elle est en déplacement.
11Pour expédier son courrier, elle utilise – sans doute pour des raisons de coût et de sécurité – la valise diplomatique, passant tous les quinze jours à Saint-Pétersbourg. Ses lettres devaient donc arriver par paquet à Paris, avant d’être redistribuées à sa belle-mère. Inversement, Gabrielle Bompard attend avec impatience la réception de la valise à l’ambassade : « Ce matin arrivée de la valise, […] l’espérance d’une lettre de toi, des petits paquets attendus. Mon attente n’est pas trompée et je lis et relis avec bonheur ces chères nouvelles
26 »
. La valise permet aussi de d’envoyer des présents. Berthe de Blignières offre ainsi à Maurice Bompard un humidificateur de timbres en cristal ou des objets introuvables en Russie, comme le livre L’Heureux ménage de Marcel Prévost, réclamé par l’ambassadeur durant sa convalescence27. L’utilisation de la valise diplomatique reflète finalement l’enchevêtrement des sphères privée et professionnelle au sein de l’ambassade et dans l’entourage des diplomates. Leurs pratiques professionnelles influencent ici les pratiques personnelles de Gabrielle Bompard, dont la correspondance privée est rythmée par le quotidien diplomatique : le temps privé se calque ici sur le temps professionnel.
12Enfin, Gabrielle Bompard utilise parfois le télégraphe de l’ambassade. Le format ne se prête pas à l’épanchement, mais les télégrammes permettent de braver plus rapidement les distances pour envoyer des messages pressants. Ainsi, en décembre 1903 et janvier 1904, tandis que Maurice est gravement malade, Gabrielle télégraphie régulièrement à sa belle-mère pour la renseigner de l’état de santé de son époux. Elle fait ainsi passer au moins 11 messages télégraphiques en l’espace de quelques semaines, en plus de sa correspondance personnelle. Il est toutefois difficile de savoir si elle maniait elle-même le télégraphe ou si elle se contentait de faire passer les messages à des diplomates qui se chargeaient ensuite de les expédier pour elle. Il n’en reste pas moins que la transmission de télégrammes et à des fins privées, à une époque où les diplomates y ont de plus en plus recours eux-mêmes dans l’exercice de leur métier, notamment en période de crise, témoigne de l’influence des pratiques diplomatiques sur les pratiques épistolaires de leur entourage. Gabrielle utilise elle-même ce moyen de communication en période de « crise » familiale. Finalement, l’utilisation du papier à lettres de l’ambassade, l’envoi du courrier par la valise diplomatique et l’usage du télégraphe nous renseignent sur la porosité des pratiques professionnelles et privées au sein de l’ambassade. Mais elles permettent surtout à Gabrielle de rester en contacts réguliers avec sa famille.

Ill. 16 – Carte postale photographique, 1903, recto, Vannes, Archives départementales du Morbihan, Fonds Blignières : 280 J.

Ill. 17 – Carte postale de Gabrielle Bompard à Berthe de Blignières, 16 mai 1903, recto, Vannes, Archives départementales du Morbihan, Fonds Blignières : 280 J.

Ill. 18 – Lettre de Gabrielle Bompard à Berthe de Blignières, 23 janvier/5 février 1904, premier feuillet, Archives départementales du Morbihan, Fonds Blignières : 280 J.
Le temps des retrouvailles : les retours en France
13Pour lutter à la fois contre l’éloignement et la solitude, Gabrielle et Maurice Bompard rentrent régulièrement en France pour profiter de leurs congés auprès de leurs proches. Au Quai d’Orsay, la durée réglementaire des congés est de quatre mois pour les agents servant en Europe. Ainsi, sur les 1 872 jours qui composent le séjour de Bompard, celui-ci en passe environ 1 400 en Russie, ce qui correspond à environ 75 % du temps total de sa mission. Le diplomate profite des 25 % restants, soit environ 470 jours, en France : cela représente entre 70 et 100 jours par an selon les années28.
14Maurice Bompard a l’habitude de demander des congés à intervalles réguliers et selon un schéma bien défini. Il bénéficie généralement de quinze jours au printemps, aux alentours de Pâques. Il prend ensuite deux mois de congés à la fin de l’été, lorsque Saint-Pétersbourg se dépeuple : « C’est ici en ce moment une envolée de moineaux : la moitié des ministres sont déjà partis pour l’étranger
29 »
, fait-il remarquer à Pichon au mois d’août 1907. Enfin, l’ambassadeur demande généralement deux semaines de congés à la fin du mois de décembre pour passer les fêtes de fin d’année en famille (sauf en 1904 et en 1905), avant de rentrer à Saint-Pétersbourg pour assister aux célébrations du Nouvel An julien. Ces retours permettent aux époux Bompard de retrouver les leurs.

Ill. 18 – Répartition, en pourcentage de jours, du temps passé en Russie et en France par Maurice Bompard durant sa mission comme ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg.
© Corentin Morisot/Direction des Archives, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
15En France, ils se rendent bien sûr à Paris, où ils rendent visite à Berthe de Blignières, mais ils apprécient aussi passer du temps en Bretagne et en Moselle où ils détiennent de belles propriétés, à savoir le château du Bot et le château de Volkrange, en territoire annexé30. N’étant pas concernée par les obligations réglementaires de congés fixées par le Département, Gabrielle prolonge parfois ses séjours et ne rentre à Saint-Pétersbourg que quelque temps après son époux. Elle peut ainsi profiter plus longuement des siens, et notamment de son fils, Henri, resté à Paris pour poursuivre sa scolarité.
L’expérience russe des enfants Bompard
L’éducation à distance d’Henri Bompard
16La mission de Maurice Bompard en Russie bouleverse le quotidien de ses enfants, Henri (1889-1930) et Marcelle Bompard (1893-1978), respectivement âgés de 14 et 10 ans lorsque le diplomate quitte Paris pour Saint-Pétersbourg. Cette affectation engendre en effet une reconfiguration des rapports entre les parents et les enfants. Henri et Marcelle vivent toutefois différemment cette période. Contrairement à sa sœur, Henri ne déménage pas en Russie, mais reste en France pour poursuivre ses études à l’école Bossuet31. Entre 1903 et 1908, il vit donc chez sa grand-mère, Berthe de Blignières, au 80 rue de Grenelle dans le 7e arrondissement de Paris. Ses oncles veillent également sur lui, mais les liens avec ses parents se distendent inévitablement du fait de la distance qui les sépare. Gabrielle Bompard vit assez difficilement le fait de ne pas voir grandir son fils à ses côtés et aimerait recevoir plus de nouvelles de sa part : « Voilà mon coquin de fils près de toi, je t’en prie fais-le écrire je reçois très peu de ses nouvelles tandis qu’il était convenu qu’il en enverrait au moins une fois par semaine, il peut le faire plus souvent maintenant qu’il est en vacances, il prend des habitudes d’indépendance par trop excessives et je pense qu’il dispose de plus de temps que moi
32 »
, écrit-elle à sa belle-mère en août 1903. Gabrielle se lamente en effet régulièrement du peu d’attention que lui porte son fils : « Pas de lettre d’Henri cette semaine ! Ah le petit monstre, si il savait comme elles sont attendues
33 ! »
Les sobriquets qu’elle attribue à Henri – elle le qualifie à plusieurs reprises de « gros bêta
34 »
– témoignent de la tendresse que voue cette mère à son fils.
17Même si Maurice et Gabrielle Bompard sont contraints de déléguer l’éducation de leur fils à leurs proches, ils tiennent malgré tout à surveiller ses études. Le diplomate regrette d’ailleurs qu’Henri appréhende sa scolarité avec une certaine « légèreté » :
Henri me préoccupe, non pour sa conduite qui me paraît plus maladroite que coupable, que pour son travail qui n’est pas satisfaisant. Avec les notes qu’il a à ce moment de l’année, l’année est à peu près perdue pour lui ; il va entrer en rhétorique à l’état de cancre ou peu s’en faut et se fera refuser au baccalauréat. […] Que faire35 ?
18En réalité, à Paris, Henri échappe en partie à l’autorité de ses parents. Ces derniers sont impuissants à agir efficacement sur lui. Gabrielle se contente le plus souvent de demander à sa belle-mère de veiller à ce que son fils se comporte convenablement : « Bien des tendresses à mon petit, […] qu’il soit sérieux et travailleur
36 »
. Malgré les inquiétudes de ses parents, Henri parvient tout de même à décrocher un diplôme en 1904. Il s’agit sans doute du brevet élémentaire. Gabrielle promet alors de « débouch[er] »
le « champagne
37 »
à son retour en France. Les périodes de congés sont en effet les seules occasions qu’ont Maurice et Gabrielle Bompard de voir leur fils, puisque ce dernier ne se rend vraisemblablement pas en Russie durant leur séjour.
Le quotidien de Marcelle Bompard en Russie
19L’expérience de Marcelle Bompard est bien différente de celle de son frère, puisqu’elle accompagne ses parents en Russie. À Saint-Pétersbourg, elle dispose d’une gouvernante française – recrutée par Gabrielle Bompard – qui s’occupe personnellement d’elle au quotidien. Celle-ci change régulièrement, en tout cas pas moins de trois fois entre 1903 et 1905 : d’abord Mme Varennes, puis Mlle Barraud et enfin Mlle Debord38. Dans ses courriers, Gabrielle Bompard se plaint du « peu d’autorité
39 »
qu’ont ces jeunes femmes sur sa fille : « [Marcelle] me donne beaucoup de soucis de caractère et je prévois de gros ennuis d’institutrice
40 »
, écrit-elle en 1904. Malgré la proximité physique des parents envers leur fille, leur autorité – surtout celle de Gabrielle – s’exerce ici par délégation, ce qui ne les empêche pas de la réaffirmer parfois sévèrement :
Marcelle aussi va bien sa figure devient une pleine lune rose, mais ces jours-ci elle est mauvaise comme la peste (Mlle Barraud a une grande patience). Je n’ai pu résister à lui administrer ce soir une maîtresse claque. Mes enfants ne me donnent pas beaucoup de plaisir41.
20À l’ambassade, la jeune Marcelle passe ses journées à étudier en compagnie de sa gouvernante, qui est aussi son institutrice particulière. Elle prend des leçons de piano et poursuit son éducation religieuse. Elle est en effet communiée à Saint-Pétersbourg en mai 190542, événement pour lequel Gabrielle Bompard tient à choisir avec délicatesse les vêtements de sa fille, pour la plupart achetés en France : « Marcelle est enchantée de tant de belles choses et nous avons essayé ce matin sa toilette. […] La robe va bien et le corsage a peu de chose à retoucher. Pour les gants et les souliers je les ferai faire ici
43 »
. Marcelle s’adonne aussi à des activités ludiques, comme la danse et le patinage sur les aux gelées de la Neva, sur laquelle donne l’ambassade : « Ici l’hiver a peine à commencer ; nous n’avons que quelques degrés de froid, juste ce qu’il faut à Marcelle pour patiner
44 »
. Si l’environnement social dans lequel évolue la jeune Marcelle réduit inévitablement ses contacts avec les enfants de son âge, elle joue parfois avec le jeune fils du représentant diplomatique japonais, dont la demeure est voisine de l’ambassade de France45. Elle se rend aussi de temps en temps chez des amis de ses parents, puisque Gabrielle indique en février 1903 avoir « été chercher [s]a fille qui folâtrait chez Madame Verstraete
46 »
. En Russie, Marcelle goûte même aux plaisirs du voyage, car elle accompagne parfois ses parents en déplacement dans l’Empire. Elle se rend par exemple en Finlande et à Moscou, où elle se fait dérober la montre en or que lui avait offerte son oncle pour sa communion47.
21Enfin, Marcelle Bompard entretient des liens étroits avec sa grand-mère maternelle, à laquelle elle rend régulièrement visite en France, sans être forcément accompagnée par ses parents. Il lui arrive en effet de réaliser le trajet en train avec des membres de la colonie française ou du personnel de l’ambassade. À Paris, elle prend des leçons de piano à la demande de sa mère48. Gabrielle veille aussi à garder contact avec sa fille lorsque cette dernière est en France : « Marcelle m’a écrit une lettre […] bien amusante, mais tellement criblée de fautes que c’en est vraiment honteux et d’une écriture de chat en colère
49 »
, indique-t-elle à sa belle-mère en avril 1905. De fait, Marcelle semble assez proche de sa grand-mère maternelle, puisqu’elle correspond avec elle depuis Saint-Pétersbourg. Il est d’ailleurs intéressant de constater que ces lettres, malgré le jeune âge de leur autrice, se conforment aux usages épistolaires de la haute bourgeoisie : Marcelle y raconte son quotidien, s’épanche sur les aléas climatiques et prend des nouvelles de ses proches. Ces courriers permettent donc à cette enfant de maintenir un contact au-delà des frontières avec sa famille, tout en s’exerçant aux pratiques sociales caractéristiques de son milieu.
22La jeune Marcelle apprécie son quotidien en Russie. C’est du moins ce que laissent penser plusieurs allusions de Gabrielle Bompard à sa fille dans son propre courrier. Quelques mois après leur installation, elle affirme que « Marcelle va vraiment bien et grandit à merveille
50 »
et garantit, l’année suivante, que sa fille est « superbe, grande, grasse et rose
51 »
. Du reste, l’enfance de Marcelle Bompard est certes atypique, du fait des obligations professionnelles de son père, mais elle n’est pas si différente de celle des jeunes filles de son âge à la même époque. Son quotidien à Saint-Pétersbourg est même presque totalement étranger à toute dimension politique. Seule la toile de Georges Becker pour laquelle Marcelle sert de modèle pour représenter une princesse russe, à la demande de Gabrielle, tend à lui faire incarner – sans doute inconsciemment – les liens entre la France et la Russie dans le décor de l’hôtel Pachkov.
La difficile appropriation de l’ambassade par la famille Bompard
23Le lieu de vie de la famille Bompard en Russie, à savoir l’hôtel Pachkov, est comparable à une sorte de petit musée d’arts décoratifs ayant pour objectif de vanter les différents savoir-faire français. Cet aspect rend le lieu assez impersonnel, d’autant plus que le passage successif des diplomates a tendance à générer une accumulation d’objets sans réelle cohérence stylistique. C’est la raison pour laquelle un nouvel ambassadeur procède généralement, dès son arrivée, au réaménagement des pièces. Cette restructuration esthétique ou pratique de l’espace témoigne d’une prise de possession – visible ou purement psychologique – des lieux. Pour le diplomate, c’est aussi une manière indirecte de signifier au personnel comme aux invités que son autorité s’est substituée à celle de son prédécesseur. Dès son arrivée en Russie, Gabrielle a donc procédé au réagencement de certaines pièces afin de s’y sentir plus à l’aise52.
24À l’ambassade, les touches personnelles sont assez rares, mais les diplomates savent user subtilement des images et des symboles. Maurice Bompard n’est pas indifférent à leur dimension politique. Au contraire, peu de temps après leur installation à Saint-Pétersbourg, l’ambassadeur et son épouse entendent commander un tableau glorifiant les relations franco-russes, tout en intégrant leur fille à ce projet. Ils se tournent pour cela vers le peintre français Georges Becker, avec lequel Montebello avait engagé un projet artistique. Le choix de l’artiste n’est pas laissé au hasard, puisque celui-ci est proche des souverains Alexandre III et Nicolas II qui l’ont tous deux chargé de représenter des moments importants de leurs règnes53. Dans un premier temps, le peintre aurait proposé de représenter l’accueil réservé par les marins russes à la flotte française à Cronstadt en 1891, l’événement étant devenu un symbole puissant de l’amitié entre les deux peuples. Mais Gabrielle, qui participe aux tractations, aurait suggéré à Georges Becker de représenter la première rencontre entre Henri Ier, roi de France, et Anne de Kiev, dont le mariage fut célébré à Reims en 1051 :
Je suis consultée gravement par un peintre, M. [Becker]54 chargé de faire un tableau commémoratif de l’entrevue de Cronstadt. Je suis écrasée par la banalité de la conception de cette toile. Si l’État veut que soit illustrée une rencontre franco-russe, ne pourrait-on pas chercher un sujet moins « vu », par exemple le premier contact de la France et de la Russie ? Il faut remonter loin dans l’histoire, le sujet n’en sera que plus amusant. […] M. [Becker] est enchanté et cherche des documents. […] L’histoire et l’imagination ont beau jeu et l’œuvre au moins ne sera pas banale55.
25Afin d’obtenir l’assentiment du ministre, Bompard insiste sur l’accueil enthousiaste que le tsar semble réserver à cette initiative : « M. Becker a eu l’occasion de faire part à Sa Majesté du projet de tableau qu’il destinait à l’ambassade de France. L’empereur a paru y prendre un grand intérêt
56 »
. L’accord du ministère des Beaux-Arts, nécessaire au lancement du projet, est obtenu en mars 1904 57. L’œuvre est réalisée dans la foulée58. Elle mesure 3,85 m de large et 2,60 m de haut, cadre compris. Son coût total s’élève à 14 000 francs59. Cette toile, qui a très vraisemblablement disparu depuis, permet à Maurice Bompard, par une habile manœuvre, de recueillir l’héritage de Montebello tout en endossant sa succession. Elle traduit en effet la volonté qui anime le nouvel ambassadeur de se placer à la fois dans la continuité de son prédécesseur, en reprenant son projet, et en rupture avec ce dernier, en modifiant la commande.
26Par ailleurs, le projet permet à la famille Bompard de s’immiscer dans l’histoire des relations franco-russes à travers un épisode historique propre à exalter les liens tissés entre les deux puissances, puisque Becker a représenté – sans doute sur la proposition de Maurice et Gabrielle – la princesse russe sous les traits de Marcelle Bompard : « Le peintre veut dans sa reconnaissance donner à ma fille, dont la gentille frimousse lui plaît, l’honneur de représenter la future reine, et le travail commence
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, se souvient Gabrielle. Finalement, cette initiative permet au nouvel ambassadeur d’incarner personnellement l’alliance franco-russe, par le biais de sa fille. Ici, l’intime est mis au service de la politique. Or, il ne peut servir efficacement d’arme politique que si l’image renvoyée n’entre pas en contradiction avec l’image que les autres – notamment les convives de l’ambassade de France – s’en font. Les Bompard n’auraient sans doute pas eu la prétention de commander une telle œuvre si la société russe n’avait pas elle-même conscience de leur statut particulier, du fait des rapports spéciaux unissant la France et la Russie. Cette toile peut donc être perçue comme un témoin de l’ancrage de l’alliance franco-russe dans les milieux diplomatiques et dans les mentalités de l’aristocratie pétersbourgeoise au début du xxe siècle. Elle prouve aussi que les diplomates, et en particulier l’ambassadeur, n’ont pas le monopole des relations diplomatiques entre la France et la Russie : les femmes – Gabrielle, qui supervise le projet, et Marcelle, qui sert de modèle – peuvent également incarner ces rapports. En plus de la symbolique qui s’y rattache, le tableau contribue aux efforts d’appropriation, voire d’incarnation, de l’hôtel Pachkov déployés par Maurice et Gabrielle Bompard. Avec cette œuvre, le couple saisit le peu de marge de manœuvre dont il dispose pour s’approprier les lieux. Il s’agit de l’une des rares touches personnelles qu’ils apportent à leur demeure, afin d’y manifester leur emprise. En ce sens, le tableau que Becker est chargé de réaliser pour Maurice et Gabrielle Bompard tente de remédier au manque d’intimité qui découle de la vie en ambassade, tout en faisant de l’hôtel Pachkov un support symbolique des relations bilatérales entre puissances alliées.
Notes de bas de page
1AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières » [mars 1903].
2Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 22 décembre 1903/4 janvier 1904.
3Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », janvier 1904.
4La Revue diplomatique, 7 août 1904.
5AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières » [janvier 1904].
6Information tirée de I. Dasque, Les diplomates de la République (1871-1914).
7BI, ms 4395, « C. Barrère à S. Pichon », 20 janvier 1908.
8Ibid., « M. Bompard à S. Pichon », 13 juillet 1907.
9AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières » [mars 1903].
10Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 10/23 décembre 1903.
11Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », février 1905.
12Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 12/25 février 1903.
13Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 1er août 1903.
14Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [1905].
15Ibid.
16Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 28 février 1905.
17Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 1er août 1903.
18Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [janvier 1904].
19Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 8 août 1904.
20CADLC, 417PAAP/71, « mémoires de G. Bompard », p. 262-263.
21AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières », 16 mai 1903.
22Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 23 janvier/5 février 1904.
23Ibid. Pourcentages établis à partir des 64 lettres conservées pour la période 1903-1905. Le fonds ne comprend aucune lettre pour la période 1906-1908.
24Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [février 1904].
25Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 12 août 1903.
26Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 28 février 1905.
27Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [janvier 1904].
28CADLC, 394QO/203 et 195CPCOM/82 ; étude de la presse (Le Figaro, Le Temps et Le Matin). Les résultats sont approximatifs, car la durée du trajet en Paris et Saint-Pétersbourg dure près de deux jours, mais la marge d’erreur est minime.
29BI, ms 4395, M. Bompard à S. Pichon, 24 août 1907.
30Barthélemy Bompard a acheté le château de Volkrange en 1840. Le bien revient à Victorine Bompard, puis à son fils, René-Barthélemy Marchal. Célibataire, ce dernier lègue à sa mort, en 1902, le château à son cousin Octave Bompard, le frère de Maurice. Lorsqu’Octave décède en 1913, la propriété revient à Jules Bompard, l’autre frère de Maurice. En 1944, il passe à Nicole Bompard, la fille de Jules Bompard. Le château est vendu à une congrégation religieuse dans les années 1950. En 1986, le domaine revient à la commune de Thionville.
31CADLC, 417PAAP/71, « mémoires de G. Bompard », p. 223.
32AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières », 1er août 1903.
33Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », février 1905.
34Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 11/23 mars 1905 (lettre originale du 18 mars).
35Ibid., M. Bompard à B. de Blignières, 19 mars 1903.
36Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 30 juillet et 12 août 1903.
37Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [1904].
38Les noms cités sont certainement mal orthographiés.
39AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières » [1905].
40Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 6 septembre 1904.
41Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [mars 1903].
42Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [1905].
43Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières » [1905].
44Ibid., M. Bompard à B. de Blignières, 3 janvier 1904.
45CADLC, 417PAAP/71, mémoires de G. Bompard.
46AD56, 280 J/257, « G. Bompard à B. de Blignières », 12/25 février 1903.
47Ibid., Marcelle Bompard à B. de Blignières, [1904].
48Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 11/23 mars 1905 (lettre originale du 18 mars).
49Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 7 avril 1905.
50Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 14 juillet 1903.
51Ibid., « G. Bompard à B. de Blignières », 28 juillet et 8 août 1904.
52CADLC, 417PAAP/71, « mémoires de G. Bompard », p. 228-232.
53G. Becker, Le couronnement de l’empereur Alexandre III et de l’impératrice Maria Feodorovna, 1888, huile sur toile, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage ; Id., Le couronnement de l’empereur Alexandre III et de l’impératrice Maria Feodorovna, 1883-1888, huile sur toile, Moscou, galerie Tretiakov ; Id., Cérémonie de réception de Nicolas II à Paris, s. d., huile sur toile, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage.
54Gabrielle Bompard ne se souvient pas du nom du peintre lors de la rédaction de ses mémoires.
55CADLC, 417PAAP/71, « mémoires de G. Bompard », p. 268.
56CADLC, 448QO/350, « M. Bompard à T. Delcassé », 16 juillet 1903.
57Ibid., « ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts à T. Delcassé », 30 mars 1904.
58Ibid., « T. Delcassé à M. Bompard », 20 avril, « M. Bompard à T. Delcassé », 27 mai 1904, et « T. Delcassé au ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts », 8 juin 1904.
59AN, F/21/4170, « dossier no 11, Georges Becker ».
60CADLC, 417PAAP/71, « mémoires de G. Bompard », p. 268.
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