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    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Alliances familiales et stratégies matrimoniales : sources et méthodes de l’analyse réticulaire Un réseau tissé génération après génération qui s’impose dans l’élite protestante lyonnaise Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Solidarités familiale et confessionnelle et positions de pouvoirs : le réseau des protestants lyonnais au milieu du xixe siècle 

    Justine Tentoni

    p. 71-83

    Résumé

    En étudiant les conseillers municipaux lyonnais au xixe siècle, on constate que l’appartenance à un réseau conditionne l’obtention d’une charge. Parmi les sous-groupes mis en évidence, l’un d’entre eux se caractérise par un lien fort entre ces positions et le protestantisme : sept conseillers protestants constituent un groupe dont des liens familiaux intenses sont dégagés à la lumière de l’analyse réticulaire. S’illustrent ainsi des solidarités locales tissées autour de la religion réformée : le réseau se tisse autour d’un ensemble de familles où la religion (et les positions de pouvoir au sein des instances confessionnelles) a un rôle pivot. On s’interroge alors sur la patrimonialisation des fonctions locales et les liens étroits qui mêlent héritage familial, stratégies matrimoniales, solidarité confessionnelle et cumul dans le temps et dans l’espace de positions de pouvoir, permettant d’appréhender un vaste réseau au sein des instances locales.

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Au cœur du xixe siècle comme à d’autres moments de l’histoire, l’origine familiale et les relations sociales conditionnent souvent le parcours individuel. L’idée selon laquelle « l’élection n’est que la reconnaissance d’une position1 » s’applique ainsi particulièrement à cette période qui, si elle instaure l’élection comme principe, n’entraîne pas pour autant de profondes modifications dans les règles de transmission du pouvoir. Bien connue des politologues, cette thèse se défend aussi dans l’histoire municipale lyonnaise du xixe siècle.

    2Étude des carrières, activités et réseaux des élus municipaux de Lyon et des faubourgs entre 1830 et 1870, mes recherches analysent, suivant cette problématique, le parcours des différents détenteurs d’une charge municipale dans une période instable et propice à la transformation des élites2. En effet, si sous l’Ancien Régime, vénalité et hérédité des offices garantissent la cession familiale pour une série de fonctions, les périodes suivantes ne le permettent plus. Pour autant, on constate que, dans certains cas, la transmission du poste de conseiller municipal reste bien souvent effectuée dans le cadre de réseaux familiaux ou clientélaires. Cette période correspond pourtant historiographiquement au renouvellement des élites : le contexte est en effet on ne peut plus mouvant. L’industrialisation transforme le paysage économique et donne naissance à de nouvelles notabilités : les négociants, industriels et banquiers côtoient désormais les anciennes élites issues de la noblesse et des professions libérales.

    3Politiquement, les changements de régime transforment les règles d’accession aux fonctions nationales comme locales. Ainsi, à l’échelle de la municipalité lyonnaise, la monarchie de Juillet (1830-1848) nomme ses conseillers municipaux en 1830 puis instaure un suffrage censitaire élargi à partir de 18313 ; lui succède le suffrage universel avec la Seconde République (1848-1852), puis de nouveau un système de nomination sous le Second Empire (1852-1870) où, comme à Paris et contrairement au reste du pays, les conseillers municipaux sont nommés par le pouvoir central et régis par le préfet, avec la disparition du poste de maire4. Ces modifications de la vie politique laissent imaginer de profonds bouleversements dans les figures désignées pour représenter la municipalité de Lyon et des faubourgs (il s’agit ici des communes indépendantes limitrophes de Vaise, la Croix-Rousse et La Guillotière, rattachées à la municipalité lyonnaise en mars 1852). En y regardant de plus près, cette remarque est vraie, mais en partie seulement, la position au conseil municipal étant souvent isolée tant dans la durée que dans l’espace. C’est notamment le cas pour la période de la Seconde République, sorte de parenthèse dans la vie locale et moment de repli pour les élites traditionnelles de la monarchie constitutionnelle. C’est le cas également dans les faubourgs, plus populaires. Pour le reste, on constate que si les règles électorales changent, la figure de l’éligible (et à fortiori celle de l’élu) reste plutôt stable, ce qui explique que certaines familles, certains réseaux parviennent à se maintenir et à cumuler tant dans le temps que dans l’espace des positions de pouvoir ; illustrant ainsi l’idée selon laquelle « la politique est une partie complexe qui se noue entre l’individu, les réseaux, les circonstances et les tiers, ceux […] qui sont sommés d’arbitrer le jeu5 ». Ainsi, sur les 575 conseillers municipaux étudiés, 56 % sont liés par des relations d’amitiés, de solidarités confessionnelles, professionnelles ou familiales. Ne perdant pas de vue l’idée que la sociabilité et les positions lui étant liées supposent et suscitent concomitamment le réseau, il est néanmoins pertinent d’interroger les relations que ces individus entretiennent entre eux.

    4L’angle réticulaire apparaît comme très pertinent pour l’analyse des édiles locales, tant sont nombreuses les occurrences où la prise de fonction municipale s’inscrit dans une stratégie parentélaire davantage qu’individuelle. On constate en effet que l’appartenance formelle ou informelle à un réseau conditionne souvent l’obtention d’un mandat. Se dégagent alors différents réseaux familiaux, de parentèles plus larges ou clientélaires dont les logiques dépassent le seul cadre municipal. Cette thèse se vérifie en effet particulièrement en élargissant les horizons de la recherche à d’autres sphères et en prenant la question dans un enjeu de cumuls de pouvoirs et de multipositionnalité dans le temps et dans l’espace : positions économiques de premier plan, autres responsabilités politiques, responsabilités professionnelles, activités caritatives ou de sociabilité, etc. Ainsi, analyser les détenteurs du pouvoir municipal sous le prisme de leur réseau acquis, construit et enrichi permet une redéfinition du paradigme du renouvellement des élites municipales au xixe siècle, où les positions de pouvoir des uns et des autres résultent alors de stratégies plus collectives qu’individuelles et où fonctions économiques, sociales et politiques s’épaulent mutuellement.

    5Parmi les sous-groupes mis en évidence, l’un d’entre eux se caractérise par un lien fort entre ces positions de pouvoir et le protestantisme : sept conseillers municipaux protestants constituent en effet un groupe très soudé dont des liens familiaux intenses sont dégagés à la lumière de l’analyse des réseaux. S’illustrent ainsi des solidarités locales tissées autour de la religion réformée. On s’interroge alors sur l’idée d’une patrimonialisation des charges municipales en cherchant à comprendre en quoi l’on peut parler d’une occupation réticulaire de ces fonctions à partir de ce dernier exemple.

    6L’objet du présent article est de présenter le cas de conseillers municipaux lyonnais pour lesquels l’analyse réticulaire prouve sa pertinence, et ici plus précisément les liens entre la religion réformée et les réseaux qu’elle suscite localement d’une part et la fonction de conseiller municipal d’autre part. L’enjeu de la question est de comprendre les modalités de transmission des charges municipales, et au-delà comment s’illustrent les stratégies matrimoniales, à partir d’un exemple, pour saisir au final en quoi l’analyse des réseaux éclaire les positions de pouvoir au niveau municipal à Lyon dans le deuxième tiers du xixe siècle. Après un rapide point sur les questions méthodologiques et les sources dans le cadre de l’analyse des réseaux familiaux, l’exemple du réseau des conseillers municipaux protestants sera explicité.

    Alliances familiales et stratégies matrimoniales : sources et méthodes de l’analyse réticulaire

    7La méthode prosopographique sur laquelle se fonde l’analyse met en évidence des systèmes complexes d’interrelations, préalables à l’analyse des réseaux. C’est en effet cette méthode qui a été retenue pour permettre une analyse réticulaire fine à partir des figures municipales : il s’agit ainsi de brosser un portrait de groupe dans lequel collectif et individuel s’entremêlent et à travers lequel des sous-groupes peuvent apparaître. La prosopographie permet ainsi de comprendre comment les membres de chaque famille participent à la construction de la trajectoire familiale dont dépend ensuite le parcours individuel, autour de la notion de projet familial bâti sur plusieurs générations.

    8Parmi les stratégies mises en œuvre, le choix du conjoint est particulièrement éclairant, comme moment clé de façonnement du réseau, comme occasion s’il en est d’enrichir celui-ci par l’apport de celui du conjoint. Moments centraux de la vie familiale, les noces revêtent un caractère particulièrement important, comme clé de voûte du système de reproduction sociale. Dans la société du xixe siècle, et notamment dans le monde des notables, le choix du conjoint comme le moment de l’union ne sont pas laissés au hasard. En effet, la peur du mauvais choix régit la plupart des alliances :

    « Le mariage représente une des occasions principales de conserver, d’augmenter ou d’amoindrir (par la mésalliance) le capital d’autorité que confère une forte intégration et le capital de prestige attaché à un réseau d’alliés étendu6. »

    9Derrière l’union de deux individus, ce sont deux familles qui fusionnent leur(s) réseau(x) : le mariage est à ce titre « créateur de parenté7 » et les négociations l’entourant sont alors l’affaire de tout le groupe, le conjoint choisi se devant d’apporter avec lui ses propres ressources, réelles comme symboliques. Ainsi « tout choix matrimonial dépend, directement ou indirectement de la position des partenaires potentiels dans un espace modelé par des liens de parenté et d’affinité8 ».

    10L’étude des contrats et actes de mariage, des témoins, des signataires, des conditions de l’alliance sont des éléments d’informations essentiels pour comprendre comment se tisse le réseau. Le parcours des différents conjoints permet ensuite de voir à quel point chacun répond aux espoirs qui ont été fondés en lui et ses capacités à mobiliser par la suite ses relations personnelles : s’illustrent alors des stratégies de positionnement plus ou moins conscientes par lesquelles le nouvel arrivant, apportant avec lui ses liens familiaux, amicaux et clientélaires, doit permettre l’extension du réseau initial par un effet multiplicateur davantage qu’additionnel.

    11Pour l’étude des réseaux des conseillers municipaux protestants de Lyon et des faubourgs au cœur du xixe siècle, l’analyse matrimoniale se révèle très pertinente : dans notre cas on relie sept conseillers protestants entre eux par des alliances et des ré-enchaînements d’alliances sur au moins quatre générations. L’étude prosopographique montre ainsi que les secondes noces, les mariages des enfants ou neveux, sont des occasions de réinvestir des liens existants. Dans la société des notables protestants, l’entre-soi est une caractéristique majeure du groupe. En effet, l’appartenance confessionnelle joue fortement dans la constitution du réseau familial, comme le note par ailleurs Gabrielle Cadier-Rey : « L’étude des généalogies montre ces alliances endogamiques qui consolident des solidarités confessionnelles et financières9 ». On s’épouse, on se côtoie professionnellement (notamment dans le négoce de la soie ou dans le milieu bancaire), on vit dans le même quartier (à Lyon, c’est surtout sur les quais du Rhône dans le quartier Saint-Clair) et on occupe simultanément ou non des postes à responsabilités politiques comme celui de conseiller municipal. Il s’agit pour les protestants, minoritaires mais devenus acteurs importants de la vie politique et économique lyonnaise, de préserver leur position et leur pratique religieuse ; il paraît donc logique que les intérêts familiaux et confessionnels se rejoignent. Le cas de conseillers municipaux siégeant simultanément ou après une brève période au sein des instances locales est alors fréquent dans le Lyon du milieu du xixe siècle : on retient par exemple le cas d’une famille, les Vachon, qui entre 1830 et 1870 envoie huit de ses membres siéger à Lyon et dans deux des trois faubourgs ; on observe encore des fils, neveux ou gendres succédant à leur père, oncle ou beau-père directement ou après un moment de latence.

    12La particularité du réseau des protestants lyonnais est l’intensité et la fidélité des alliances entre ces familles, mises en perspective avec le cumul des fonctions occupées. L’analyse réticulaire nous montre un réseau qui ne se tisse non pas autour d’une famille centrale, mais d’un ensemble de familles où la religion (et les positions de pouvoir au sein des instances confessionnelles) a un rôle pivot. S’y ajoute une volonté de peser sur les décisions locales avec un siège au conseil municipal, notamment sous la monarchie de Juillet, où ces familles sont fortement représentées dès 1830. Occupant déjà certains postes à responsabilités sous l’Empire et la Restauration, les protestants sont très actifs dans les journées révolutionnaires de 1830 à Lyon et il paraît alors assez logique de les retrouver dans les premiers conseils municipaux d’après la révolution.

    Un réseau tissé génération après génération qui s’impose dans l’élite protestante lyonnaise

    13Le réseau mis ici en exergue se compose de sept individus issus de la même parentèle, chacun d’entre eux étant lié par au moins une relation matrimoniale avec le reste du groupe, plusieurs étant ramifiés par de nombreux liens antérieurs, simultanés ou postérieurs. Chacun de ces membres a également la caractéristique de cumuler à lui seul plusieurs postes à responsabilités dans des domaines divers, essentiellement au niveau local, mais aussi d’occuper des fonctions dans les sphères confessionnelles, notamment au consistoire de Lyon (tableau 1).

    Tabl. 1. – Le cumul de responsabilités des conseillers municipaux.

    Fonctions

    Conseil Municipal

    Fonctions
    confessionnelles

    Fonctions politiques

    Fonctions caritatives

    Fonctions de sociabilité

    Fonctions éco-Pro

    Autre

    Elisée DEVILLAS

    Lyon 1830-1831

    Vaise 1843-1845

    - société de charité maternelle, instruction publique, arts sciences

    - l’académie de Lyon

    - conseil académique

    censeur et administrateur de la Banque de France

    Jean Auguste BONTOUX

    Lyon 1830-1831

    Banquier

    Haut négoce

    chef de la garde nationale

    Frédéric Guillaume BRÖLEMANN

    Lyon 1830-1831

    Consistoire protestant

    - conseiller municipal de St-Didier-au-Mont d’or

    - conseiller général du Rhône

    Haut négoce de soie

    Emile Thierry BRÖLEMANN

    - Guillotière 1846-1848

    - Lyon 1853-1859 (vice-pdt puis pdt du conseil)

    Consistoire protestant (secrétaire)

    Vice-pdt de la société des amis des arts

    Haut négoce de soie

    Arthur Paul T. DE CAZENOVE

    - Lyon : 1830-1837

    (adjoint au maire)

    Consistoire protestant

    - conseiller général du Rhône

    - Légion d’honneur

    - chevalier du lys

    - Garde nationale 1830

    Etienne EVESQUE

    Lyon 1830-1831

    Ancien du Consistoire de l’Eglise réformée

    Conseiller municipal (et adjoint) sous la Restauration

    chambre de commerce

    - Légion d’honneur

    Jean Georges HOFFET

    Croix-Rousse 1843-1848

    Pasteur - Chef d’institution protestante

    Fondateur de la société d’éducation protestante

    Fondateur de la SPA lyonnaise

    14La représentation graphique du réseau (fig. 1) nous montre les relations entretenues entre ces sept personnalités. On visualise d’ores et déjà des individus pivots (comme Élisée Devillas ou les Brölemann) et d’autres plus excentrés (Jean-Georges Hoffet, Étienne Evesque). La grande fidélité à la parentèle préexistante lors du moment du choix du conjoint explique que certains de ces individus soient rattachés par des liens multiples à la fois de cousinage, d’alliance et de parenté. Pour comprendre comment se construisent ces relations et pourquoi on peut parler d’un cumul de positions de pouvoir à l’échelle individuelle et réticulaire, chacune de ces sept personnalités doit être décrite plus amplement.

    Fig. 1. – Le réseau des protestants lyonnais.

    Image 10000201000002EB000002CD3765A0AB.png

    Trait épais : lien de premier degré ; trait fin : lien de second degré (avec intermédiaire).

    Doc. J. Tentoni.

    Les Brölemann : l’oncle et le neveu au centre du réseau

    15Premières figures centrales du réseau familial, Frédéric Guillaume et son neveu Émile Thierry Brölemann (fig. 2) occupent des fonctions municipales sous la monarchie de Juillet puis sous le Second Empire. Famille protestante originaire d’Allemagne, les Brölemann s’installent au début du xixe siècle à Lyon et y fondent une maison de soierie qui devient très prospère au début des années 183010. S’y ajoutent à la même époque des activités bancaires de premier plan. Auguste Brölemann, frère aîné de Frédéric Guillaume, est déjà conseiller municipal sous la Restauration et membre de la chambre de commerce.

    Fig. 2. – Frédéric-Guillaume et Émile-Thierry Brölemann. Généalogie.

    Image 10000201000004CA000003178DE1A6E6.png

    En orange : autres conseillers municipaux lyonnais.

    Doc. J. Tentoni.

    16Dès les premiers jours de la monarchie de Juillet, Frédéric Guillaume Brölemann est présent dans les instances municipales et occupe la fonction de conseiller municipal de Lyon jusqu’aux élections de novembre 1831, à la suite desquelles il n’est pas élu. Il cumule ensuite d’autres fonctions à responsabilités : conseiller municipal à Saint-Didier-au-Mont-d’Or, en périphérie lyonnaise, où il est grand propriétaire, conseiller général du Rhône, il est au tournant du siècle membre du consistoire protestant jusqu’à sa mort en 1864. Il épouse Pierrette Julie Boissière, appartenant par son père à une famille protestante de premier ordre et liée notamment aux Devillas à la génération précédente11. Siégeant au conseil en 1830-1831, il y côtoie plusieurs membres de sa famille : son neveu par alliance Arthur Paul Théophile de Cazenove (époux de sa nièce) et Élisée Devillas, à qui il est lié notamment par sa femme et par sa belle-sœur.

    17Une autre de ses nièces, Marie-Antoinette Morin, fille de sa sœur Marie-Antoinette Brölemann, épouse en 1829 Jean Georges Hoffet, non lié à cette parentèle jusque-là mais destiné au moment du mariage à une belle carrière liée au protestantisme : après avoir été professeur à Paris et à Lyon, il est fait pasteur cette même année 1829. Dans les années suivantes, il fonde une des principales institutions protestantes lyonnaises et est élu conseiller municipal à la Croix-Rousse, où il siège entre 1843 et 1848. On ne retrouve dans l’étude des mariages de cette parentèle qui, à cette époque, pratique une endogamie et un entre-soi poussés à l’extrême, que peu de cas où l’époux choisi n’est pas relié directement ou indirectement par une alliance antérieure à la parentèle. Jean Georges Hoffet apporte donc du sang neuf. Ce choix s’explique clairement ici par la position occupée par cet individu dans la sphère protestante locale, ses fonctions de pasteur et de chef d’institution apportent alors à la parentèle une influence importante et assurent la continuité confessionnelle du groupe.

    18Émile Thierry Brölemann, neveu de Frédéric Guillaume (fils de son frère Arthur) appartient à la génération suivante : né en 1800 alors que la famille est déjà bien installée dans la notabilité locale, c’est lui qui a la plus grande carrière politique à Lyon, principalement réalisée sous l’Empire. Brièvement conseiller municipal à La Guillotière à la fin de la monarchie de Juillet, élu entre 1846 et 1848, la Seconde République est pour lui une période de relatif sommeil politique, qui lui permet en revanche d’occuper d’autres fonctions localement : président de la Société des amis des arts, il est, dans les mêmes années, membre puis secrétaire adjoint du consistoire protestant. Le Second Empire lui offre de nouvelles perspectives : engagé dans le bonapartisme, il est nommé en 1853 vice-président de la commission de la nouvelle municipalité lyonnaise, qui réunit désormais la ville et ses trois faubourgs. Dans le même temps, il est aussi membre du conseil d’administration de la caisse de retraite pour les ouvriers et président de la commission de surveillance des musées. Dix ans plus tard, il est choisi pour être président du conseil municipal après la démission d’Adrien Devienne. À une époque où la fonction de maire n’existe plus, il occupe donc la tête de la municipalité, seconde le préfet et jouit par là d’une influence et d’un pouvoir certains, ce qui lui vaut la décoration de chevalier de la Légion d’honneur en 1868, où on dit de lui qu’il est : « un des membres les plus assidus et les plus laborieux, les plus utiles. Il a souvent présidé avec une véritable distinction12. » Il reste président du conseil jusqu’à sa mort en 1869 à Berne, alors qu’il est en cure thermale, laissant une fortune supérieure à deux millions de francs et léguant la somme de 15 000 francs à l’Église réformée de Lyon13. Émile Thierry Brölemann est l’un des membres les plus reliés aux autres conseillers municipaux protestants évoqués ici : il a pour oncles Élisée Devillas et Frédéric Guillaume Brölemann, pour beau-frère Arthur Paul Théophile de Cazenove, pour cousin par alliance Jean Georges Hoffet, et sa fille épouse en 1853 Adolphe Bontoux, fils de Jean Auguste Bontoux, protestant lyonnais et associé à la parentèle depuis plusieurs générations.

    Élisée Devillas : figure du protestantisme local, notable actif et ancrage familial multiple et ancien

    19Élisabeth Jean (dit Élisée) Devillas occupe au sein du réseau des protestants lyonnais de la première moitié du xixe siècle une position centrale (fig. 3). Sa famille est en effet présente depuis plusieurs générations dans cette parentèle et les alliances matrimoniales entre des membres de la famille Devillas et les autres familles présentes ici sont multiples : par sa mère, Victoire Julie Boissière, il est lié à Frédéric Guillaume Brölemann14 ; par son père, Paul Devillas, il est lié aux Bontoux, puisque sa tante Magdeleine Élisabeth Devillas est la grand-mère de Jean Auguste Bontoux. Les alliances matrimoniales au sein du réseau se poursuivent à la génération suivante : sa sœur aînée, Élisabeth Pierrette Devillas, épouse Quirin Henri de Cazenove, mariage dont est issu Arthur Paul Théophile, qui est ainsi le neveu d’Élisée Devillas. Sa seconde sœur, Pauline Jeanne, lie à nouveau les Devillas aux Brölemann, puisqu’elle se marie en 1799 avec Arthur Brölemann : Élisée Devillas est donc également le beau-frère par alliance de Frédéric Guillaume Brölemann et l’oncle maternel d’Émile Thierry.

    Fig. 3. – Élisabeth-Jean dit Élisée Devillas. Généalogie.

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    En orange : autres conseillers municipaux lyonnais.

    Doc. J. Tentoni.

    20Enfin, par sa femme Julie Darnal, Elisée Devillas est lié à Étienne Evesque15, qui appartient lui aussi à une famille protestante très active à Lyon, étant lui-même ancien du consistoire depuis 1809, adjoint au maire entre 1818 et 1822, membre de la chambre de commerce ; il siège également en 1830 au conseil municipal de Lyon. De cette alliance avec Julie Darnal, Élisée Devillas a une fille unique, Clémentine, née en 1810, et qui épouse en 1832 son cousin Arthur Paul Théophile de Cazenove, liant ainsi à nouveau ces familles.

    21D’un point de vue personnel, Élisabeth Jean Devillas est négociant, commissionnaire en soierie, censeur et administrateur de la Banque de France. Il occupe d’autres postes à responsabilités en étant nommé au conseil municipal de Lyon en 1830 : au sein de cette institution, il siège donc aux côtés de ses beaux-frères Étienne Evesque et Frédéric Guillaume Brölemann, d’Auguste Bontoux et de son neveu (et futur gendre) Arthur Paul Théophile de Cazenove. Non réélu en 1831, il est à la décennie suivante élu conseiller municipal à Vaise, où il possède une vaste propriété, de 1843 à sa mort en 1845. Il est également membre de la Société de charité maternelle, membre de l’Académie de Lyon. Par testament, il lègue notamment mille francs au consistoire de Lyon16.

    La famille de Cazenove, la noblesse protestante triomphante

    22Arthur Paul Théophile de Cazenove est né en 1795. Son père, Quirin Henri, est ancien maître de camp puis lieutenant, et il est fait marquis au début de la Restauration : l’accession à la noblesse de la famille est donc très récente. Retraité de l’armée, il est ensuite banquier. Arthur Paul Théophile de Cazenove opte lui aussi dans un premier temps pour une carrière militaire en devenant lieutenant du roi dès 1814. Au moment des journées de Juillet, il est actif dans la formation du nouveau régime, notamment comme lieutenant de l’escadron de la Garde nationale à cheval de Lyon. Dans le même temps, il est désigné comme conseiller municipal par la nouvelle préfecture orléaniste. Élu au suffrage censitaire aux élections de 1831, il devient adjoint au maire ; fonctions qu’il occupe pendant trois ans, et où il a notamment dû gérer la première révolte des canuts17. Son action durant cette période de troubles lui vaut la décoration de chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1832. À la même époque, il est également conseiller général du Rhône (entre 1831 et 1835) et membre puis président du consistoire de l’Église réformée de Lyon. Non réélu à la suite du renouvellement municipal de 1837, il quitte alors les fonctions politiques et vit de ses rentes entre ses propriétés de l’Ain18 et Lyon où il meurt en 1841, léguant une petite somme au consistoire19.

    23D’un point de vue familial (fig. 4), nous avons vu qu’il est lié par sa mère à Élisée Devillas (qui est son oncle) et aux Brölemann20. Il réinvestit ces liens avec cette dernière famille en épousant en 1824 sous le régime dotal (avec une dot de 95 000 francs21) Elfride Brölemann, sa cousine germaine, fille d’Henri Auguste et de Pauline Devillas. Quatre ans plus tard, Elfride Brölemann décède en donnant naissance à leur fille, Quirina Pauline Hélène, en octobre 1826. Les secondes noces d’Arthur Paul Théophile de Cazenove sont l’occasion là encore de se lier avec un membre de la parentèle : il choisit cette fois la fille de son autre oncle maternel, en épousant en 1832 Clémentine Devillas, fille d’Élisabeth Jean. Ce mariage, où la dot est encore considérable (100 000 francs22), soude donc à nouveau, une génération plus tard, les familles de Cazenove et Devillas. L’année précédant le mariage, l’oncle et le neveu se côtoient également au conseil municipal de Lyon. Puisqu’il a épousé successivement deux cousines issues de sa mère, le cas d’Arthur Paul Théophile de Cazenove illustre à quel point les alliances sont nouées dans des limites réduites et les transferts matrimoniaux réels (dots) comme symboliques (patrimoine familial) restent donc effectués dans un cadre très restreint, ne sortant que peu de la parentèle initiale. Pour autant, les Cazenove n’oublient pas les liens intenses qui existent avec la famille Brölemann et la fille issue des premières noces d’Arthur Paul Théophile. Quirina Hélène de Cazenove épouse en 1843 le fils de Frédéric Guillaume Brölemann, Étienne Léopold.

    Fig. 4. – Arthur-Paul-Théophile de Cazenove. Généalogie.

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    En orange : autres conseillers municipaux lyonnais.

    Doc. J. Tentoni.

    Jean Auguste Bontoux, une élite économique de premier plan

    24Enfin, Jean Auguste Bontoux est le dernier membre de ce réseau à occuper des responsabilités municipales. Marchand de soie et banquier lyonnais, il est issu d’une famille protestante originaire de Genève qui a fait fortune dans le grand milieu de la banque suisse. La famille est en 1830 déjà bien ancrée dans la vie lyonnaise : son père, Jean Bontoux, est conseiller municipal à Lyon sous la Restauration au sein du conseil. Il occupe notamment le poste d’adjoint au maire. Jean Auguste Bontoux est nommé au conseil municipal de Lyon dès les premiers jours d’août 1830, où il est le plus jeune conseiller. Peu présent dans d’autres sphères politiques, il appartient surtout à l’élite économique locale. Associé aux affaires familiales dans le milieu du négoce et de la banque en 1810 (il a alors 26 ans), il prend la tête de l’entreprise à la mort de son père, en 1830.

    25Au cours des décennies suivantes, il y ajoute d’autres activités, notamment dans la navigation. En 1835, il cofonde la Banque de Lyon et quelques années plus tard fonde la société civile l’Omninium23. Il est également un grand propriétaire terrien, possédant un vaste domaine en Suisse et une maison de campagne dite « La Paisible » à Vaise. Ses liens avec le réseau des protestants lyonnais sont mis en évidence dès le xviiie siècle puisque son grand-père a épousé une Devillas, ce qui fait de Jean Bontoux, père de Jean Auguste, le cousin germain d’Élisée Devillas (fig. 5). Jean Auguste Bontoux épouse quant à lui en 1810 Jeanne Allut, avec laquelle il a cinq enfants, dont Adolphe qui épouse Louise Albertine Brölemann, fille d’Émile Thierry Brölemann et de Louise Chion. À sa mort en 1862, il laisse une fortune de plus de trois millions de francs24 et lègue dix mille francs à différentes structures protestantes25.

    Fig. 5. – Jean-Auguste Bontoux. Généalogie.

    Image 10000201000004CC000002F2DAC134E6.png

    En orange : autres conseillers municipaux lyonnais.

    Doc. J. Tentoni

    26En analysant ce réseau familial via chacune de ces personnalités, dont le point commun est d’occuper des fonctions de conseiller municipal dans le deuxième tiers du xixe siècle, on se rend compte à quel point le réseau tissé, au maillage fin, ne laisse que peu de place au hasard. On mesure ainsi combien chaque membre de cette parentèle élargie agit à la fois individuellement, par un cumul de positions de pouvoir, et collectivement en mettant ses ressources au profit de tout le groupe. On perçoit aussi combien les noces témoignent d’une grande fidélité à ces parents plus ou moins proches, avec une impression au final que « tout le monde cousine avec tout le monde26 ». Par l’étude des signataires des actes et contrats de mariage, on constate ainsi qu’à chaque alliance ou presque, au moins un membre de chaque patronyme est présent.

    27Sur l’ensemble de la période étudiée (1830-1869), les fonctions occupées sont multiples (fig.1) : cinq sont membres du conseil municipal dès 1830 (ce qui en fait alors un groupe dominant au sein de l’institution locale27), deux se maintiennent au-delà des élections de 1831, auxquels s’ajoutent d’autres personnalités au cours de la monarchie de Juillet et dans les faubourgs. La période de la Seconde République marque pour la parentèle un sommeil relatif, sans aucune fonction municipale occupée. Sous l’Empire, seul Émile Thierry Brölemann retrouve des fonctions municipales de premier ordre en étant vice-président puis président du conseil municipal. En effet, si le poste de simple conseiller n’est pas en lui-même porteur d’un pouvoir local fort, les postes d’adjoint ou de président de conseil le sont.

    28D’autre part, c’est bien à la lumière du cumul des fonctions occupées qu’il faut lire la position de la parentèle dans l’espace social lyonnais : positions économiques de premier plan dans le négoce de la soie et dans la banque, siège au conseil général pour deux de ses membres, responsabilités caritatives et présence dans les associations porteuses de notabilité locale, sans oublier des fonctions de premier ordre dans les instances protestantes. La religion marque ainsi un élément unificateur de ce groupe, base des relations et des alliances : le consistoire apparaît alors comme lieu de réunion et d’union de ce groupe familial, les legs au moment de la mort de certains d’entre eux en témoignent.

    29Enfin, le biais imposé par cette étude, qui se limite aux personnalités ayant eu des fonctions municipales, ne doit pas masquer la position de certaines autres personnalités de la parentèle dans l’espace local : le fils d’Arthur Paul Théophile de Cazenove, Jules Raoul, est en effet un grand érudit local, membre de l’académie et de très nombreuses sociétés d’histoire et de sciences. Son cousin, Léonce de Cazenove, est quant à lui très actif dans le Lyon du Second Empire comme avocat, docteur en droit, chevalier de la Légion d’honneur et membre de nombreuses sociétés savantes. Leur autre cousin, Arthur Brölemann, fils d’Émile Thierry, est lui aussi un notable local à la fin du siècle : il reprend en effet le négoce familial, préside le tribunal de commerce, et est décoré en 1875 de la Légion d’honneur.

    *

    30Au final, l’analyse parentélaire nous montre un réseau familial étendu qui fait de chaque couple un maillon d’un ensemble de familles étroitement imbriquées à une échelle qui va au-delà des frontières locales, et où le cumul est la force. Exigences professionnelles, homogénéité résidentielle, forte endogamie, complicité confessionnelle marquent la cohérence de la communauté protestante au sein de l’élite lyonnaise. Pour autant, ce réseau ne recoupe pas entièrement les liens qu’entretiennent la religion réformée et les instances municipales : dès 1830 en effet, d’autres personnalités du protestantisme lyonnais sont nommées au conseil municipal et n’ont aucun lien avec la parentèle analysée ici. Parmi eux, on retrouve Barthélemy Arlès-Dufour et Louis Pons, personnalités de très haut rang dans le Lyon et la France de la monarchie de Juillet et de l’Empire.

    31Toujours est-il que l’analyse réticulaire permet de mettre en évidence un ensemble familial cohérent occupant une surface sociale importante et où l’alliance agit comme effet multiplicateur davantage qu’additionnel : ici, la religion, même si elle n’est pas toujours mise en avant, joue dans l’alliance et dans le réseau acquis par celle-ci et garantit aussi des positions de pouvoir. L’étude des détenteurs d’une charge municipale par l’angle de leur réseau illustre une dynamique relationnelle et indique des stratégies de positionnement plus ou moins conscientes.

    32Cet exemple de mise en évidence d’un réseau familial inséré dans les sphères locales vient nous montrer que les fonctions municipales peuvent être appréhendées de façon réticulaire, autour du questionnement de la patrimonialisation des mandats. L’appartenance au réseau sert à l’accession et/ou au maintien de positions de pouvoir dans des domaines variés, à une époque où élites économiques et élites politiques se confondent souvent. Se révèle ici une transmission réticulaire du pouvoir municipal, même si les stratégies analysées doivent être comprises dans un sens plus global, l’occupation de fonctions communales n’étant qu’un élément parmi d’autres. Les responsabilités municipales ne sont pas toujours prestigieuses en tant que telles, notamment dans les faubourgs dans une période où les décisions se prennent à l’échelon supérieur. Cela dit, mesuré à l’échelle réticulaire et autour du questionnement de la multipositionnalité des postes de pouvoir et de l’idée d’une ubiquité sociale – dans le sens où les membres de la parentèle semblent interchangeables – ces fonctions deviennent des positions stratégiques dans le placement des familles dans les affaires publiques.

    33En définitive, l’héritage familial, les trajectoires et stratégies matrimoniales, le cumul de positions de pouvoir et l’enjeu confessionnel sont alors autant d’éléments qui permettent d’appréhender les réseaux qui traversent le conseil municipal lyonnais.

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    Jeudy, H. P. (Ed.). (1990). Patrimoines en folie. Éditions de la Maison des sciences de l’homme. https://doi.org/10.4000/books.editionsmsh.3764
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    Hamberger, K., & Daillant, I. (2010). L’analyse de réseaux de parenté: concepts et outils. CAIRN. https://doi.org/10.3917/adh.116.0013
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    Hamberger, Klaus, and Isabelle Daillant. “L’analyse De réseaux De parenté: Concepts Et Outils”. Annales De démographie Historique. CAIRN, January 4, 2010. doi:10.3917/adh.116.0013.
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    Bourdieu, Pierre. “Le sens pratique”. Actes de la recherche en sciences sociales, vols. 2, no. 1, PERSEE Program, 1976, pp. 43-86. Crossref, https://doi.org/10.3406/arss.1976.3383.
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    Abélès Marc, « Rituels de l’héritage politique », dans Jeudy Henri-Pierre (dir.), Patrimoines en folie, Paris, Maison des sciences de l’Homme, 1990, p. 127-147.

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    Pourcher Yves, « L’enfant du pays, l’exemple de la Lozère, xixe-xxe siècles », dans Patriat Claude et Parodi Jean-Louis, l’hérédité en politique, actes du colloque de Dijon 14-15 mars 1991, Paris, Economica, 1992, p. 101-107.

    Tentoni Justine, « Entre ville, faubourg et campagne : prosopographie des conseillers municipaux (Lyon et communes fusionnées, 1830-1870) », thèse de doctorat (soutenance le 1er décembre 2017), Université Lyon 2.

    Notes de bas de page

    1 Y. Pourcher, « L’enfant du pays, l’exemple de la Lozère, xixe-xxe siècle », p. 106.

    2 Thèse de doctorat en cours, « Entre ville, faubourg et campagne : prosopographie des conseillers municipaux (Lyon et communes fusionnées, 1830-1870) ».

    3 Après la loi du 21 mars 1831, les élections municipales se font au suffrage censitaire élargi en fonction de la taille de la municipalité. À Lyon, les 3 % les plus riches votent. Maires et adjoints sont nommés parmi le conseil élu.

    4 À Lyon, après la réunion des faubourgs, la municipalité nouvelle est nommée par les pouvoirs centraux, alors qu’ailleurs le suffrage universel s’applique. La commission municipale de 1852 est sous le contrôle direct du préfet, qui devient maire effectif.

    5 M. Abélès, « Rituels de l’héritage politique », p. 146.

    6 P. Bourdieu, Le sens pratique, p. 23.

    7 V. Gourdon, « Aux cœurs de la sociabilité villageoise » p. 61.

    8 K. Hamberger, I. Dailant, « L’analyse de réseaux de parenté : concepts et outils », p. 15.

    9 G. Cadier-Rey « La haute société protestante, origine et mode d’action au xixe siècle », p. 115.

    10 Cette famille a notamment été étudiée par S. Chassagne dans P. Cayez et S. Chassagne, Les patrons du Second Empire, t. 9, Lyon et le Lyonnais.

    11 Jean-Louis Boissière, père de Pierrette Julie, est en effet le frère de Victoire Julie Boissière, épouse de Paul Devillas, père d’Élisée.

    12 Arch. mun. Lyon, 1M245 (dossier de Légion d’honneur).

    13 Arch. dép. Rhône, 3E25068 (testament).

    14 Elle est en effet la tante paternelle de Pierrette Julie Boissière, épouse de Guillaume-Frédéric Brölemann.

    15 Ce dernier a épousé en secondes noces, après un divorce en 1805, la sœur de sa femme, Élisabeth Darnal. Étienne Evesque devient donc le beau-frère d’Élisée Devillas.

    16 Arch. dép. Rhône, 3E29681 (testament).

    17 Au moment de l’insurrection des canuts lyonnais, en novembre 1831, le maire Gabriel Prunelle est absent et ce sont les adjoints qui gèrent la crise.

    18 Il possède en effet deux vastes domaines à Montluel et Trévoux.

    19 Il lègue, par testament 300 francs au consistoire de Lyon, auxquels s’ajoutent 600 francs pour les pauvres protestants de Lyon : Arch. dép. Rhône, 3E29673 (testament).

    20 Sa tante Pauline Devillas a épousé Henri Auguste Brölemann, frère de Frédéric Guillaume et père d’Émile Thierry.

    21 Arch. dép. Rhône, 3E29673 (contrat de mariage reproduit dans l’inventaire après décès).

    22 Ibid.

    23 P. Cayez et S. Chassagne, Les patrons du Second Empire, t. 9, Lyon et le Lyonnais.

    24 Arch. dép. Rhône, 52Q61 et 53Q09 (déclarations de mutation).

    25 Ses legs consistent en 6 000 francs à l’Église réformée de Lyon, 2 000 francs aux œuvres de l’Église pour les pauvres et 2 000 francs pour les salles d’asiles de la société de l’Église réformée (Arch. dép. Rhône, 3E29731, testament).

    26 G. Cadier-Rey, « La haute société protestante, origine et mode d’action au xixe siècle », p. 115.

    27 Le conseil municipal de Lyon compte en 1830 40 membres, la parentèle représente donc un huitième des conseillers.

    Auteur

    • Justine Tentoni

      Doctorante en histoire contemporaine
      LER-SEREC, Université Lumière Lyon 2

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    1 Y. Pourcher, « L’enfant du pays, l’exemple de la Lozère, xixe-xxe siècle », p. 106.

    2 Thèse de doctorat en cours, « Entre ville, faubourg et campagne : prosopographie des conseillers municipaux (Lyon et communes fusionnées, 1830-1870) ».

    3 Après la loi du 21 mars 1831, les élections municipales se font au suffrage censitaire élargi en fonction de la taille de la municipalité. À Lyon, les 3 % les plus riches votent. Maires et adjoints sont nommés parmi le conseil élu.

    4 À Lyon, après la réunion des faubourgs, la municipalité nouvelle est nommée par les pouvoirs centraux, alors qu’ailleurs le suffrage universel s’applique. La commission municipale de 1852 est sous le contrôle direct du préfet, qui devient maire effectif.

    5 M. Abélès, « Rituels de l’héritage politique », p. 146.

    6 P. Bourdieu, Le sens pratique, p. 23.

    7 V. Gourdon, « Aux cœurs de la sociabilité villageoise » p. 61.

    8 K. Hamberger, I. Dailant, « L’analyse de réseaux de parenté : concepts et outils », p. 15.

    9 G. Cadier-Rey « La haute société protestante, origine et mode d’action au xixe siècle », p. 115.

    10 Cette famille a notamment été étudiée par S. Chassagne dans P. Cayez et S. Chassagne, Les patrons du Second Empire, t. 9, Lyon et le Lyonnais.

    11 Jean-Louis Boissière, père de Pierrette Julie, est en effet le frère de Victoire Julie Boissière, épouse de Paul Devillas, père d’Élisée.

    12 Arch. mun. Lyon, 1M245 (dossier de Légion d’honneur).

    13 Arch. dép. Rhône, 3E25068 (testament).

    14 Elle est en effet la tante paternelle de Pierrette Julie Boissière, épouse de Guillaume-Frédéric Brölemann.

    15 Ce dernier a épousé en secondes noces, après un divorce en 1805, la sœur de sa femme, Élisabeth Darnal. Étienne Evesque devient donc le beau-frère d’Élisée Devillas.

    16 Arch. dép. Rhône, 3E29681 (testament).

    17 Au moment de l’insurrection des canuts lyonnais, en novembre 1831, le maire Gabriel Prunelle est absent et ce sont les adjoints qui gèrent la crise.

    18 Il possède en effet deux vastes domaines à Montluel et Trévoux.

    19 Il lègue, par testament 300 francs au consistoire de Lyon, auxquels s’ajoutent 600 francs pour les pauvres protestants de Lyon : Arch. dép. Rhône, 3E29673 (testament).

    20 Sa tante Pauline Devillas a épousé Henri Auguste Brölemann, frère de Frédéric Guillaume et père d’Émile Thierry.

    21 Arch. dép. Rhône, 3E29673 (contrat de mariage reproduit dans l’inventaire après décès).

    22 Ibid.

    23 P. Cayez et S. Chassagne, Les patrons du Second Empire, t. 9, Lyon et le Lyonnais.

    24 Arch. dép. Rhône, 52Q61 et 53Q09 (déclarations de mutation).

    25 Ses legs consistent en 6 000 francs à l’Église réformée de Lyon, 2 000 francs aux œuvres de l’Église pour les pauvres et 2 000 francs pour les salles d’asiles de la société de l’Église réformée (Arch. dép. Rhône, 3E29731, testament).

    26 G. Cadier-Rey, « La haute société protestante, origine et mode d’action au xixe siècle », p. 115.

    27 Le conseil municipal de Lyon compte en 1830 40 membres, la parentèle représente donc un huitième des conseillers.

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    Tentoni, J. (2017). Solidarités familiale et confessionnelle et positions de pouvoirs : le réseau des protestants lyonnais au milieu du xixe siècle . In J. Verger (éd.), La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle). Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.701
    Tentoni, Justine. « Solidarités familiale et confessionnelle et positions de pouvoirs : le réseau des protestants lyonnais au milieu du xixe siècle  ». In La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle), édité par Jacques Verger. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2017. doi:10.4000/books.cths.701.
    Tentoni, Justine. « Solidarités familiale et confessionnelle et positions de pouvoirs : le réseau des protestants lyonnais au milieu du xixe siècle  ». La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle), édité par Jacques Verger, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2017, https://doi.org/10.4000/books.cths.701.

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    Verger, J. (éd.). (2017). La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle). Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.636
    Verger, Jacques, éd. La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle). Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2017. doi:10.4000/books.cths.636.
    Verger, Jacques, éditeur. La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle). Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2017, https://doi.org/10.4000/books.cths.636.
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