Les réseaux d’une société savante : la Société d’émulation du Jura (1818-1939)
p. 23-32
Résumé
La communication exploite les listes des membres de la Société d’émulation du Jura, société savante départementale spécialisée dans l’histoire. Elle s’attache aux réseaux scientifiques interdépartementaux, interrégionaux et nationaux, tels que permettent de les repérer les listes des membres non résidants dans le département et les listes des membres correspondants. L’étude permet de dégager l’importance des réseaux interdépartementaux et provinciaux du début du xixe siècle aux années 1860. Dans la seconde moitié du xixe siècle, ces réseaux s’essoufflent au profit d’une part, d’une véritable départementalisation culturelle. Émergent au contraire des réseaux scientifiques nationaux et disciplinaires, notamment dans les domaines de l’archéologie, de la géologie et de l’histoire.
Texte intégral
1L’une des missions fondatrices du CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques), dès sa création en 1834, est la coordination des recherches des sociétés savantes. Aussi son activité est-elle fondée sur un fonctionnement en réseau destiné au maillage de l’espace national par la sociabilité savante.
2De ce fonctionnement, la base de données La France savante1 permet précisément de mieux saisir l’importance et l’évolution : en effet, elle souligne qu’un grand nombre d’érudits appartiennent non seulement à une société savante, mais à plusieurs, bien identifiées par chacune des fiches individuelles. Elle invite ainsi à l’étude des réseaux de relations entre cercles savants. Il s’agira donc ici non pas des réseaux de sociabilité au sein de chaque organisation – parentèles, camaraderies de collège et de faculté, amitiés, affinités électives – mais des rapports établis de société à société et de leur évolution au fil de deux siècles.
3En l’état actuel des recherches, force est de limiter l’investigation, qui a valeur de test, à une seule société, la Société d’émulation du Jura, choisie pour cette seule raison que plus de 700 fiches individuelles ont été dressées2. Elle constitue sans doute un bon observatoire du fonctionnement en réseau. Relativement ancienne − elle a été fondée en 1817 −, elle publie un volume annuel et elle est à l’origine du musée départemental, sa bibliothèque ayant été fusionnée avec celle de la ville. Le département dans le chef-lieu duquel elle a son siège se situe dans la moyenne nationale, si l’on se réfère à la géographie dressée par Jean-Pierre Chaline : le Jura est jugé « moyen » par le nombre des sociétés comme des sociétaires3. En 1828, la Société compte 68 membres résidants et 43 membres correspondants puis, en 1918, 109 titulaires et 55 correspondants, ces derniers étant respectivement 62 et 61 en 1938. Mais la Société figure parmi les 67 sociétés jugées « bonnes » par une enquête ministérielle conduite en 18754.
4Pour analyser son fonctionnement en réseau, deux indicateurs seront utilisés, qui semblent pertinents pour elle comme pour toutes ses homologues : en premier lieu, la liste et le nombre des sociétés correspondantes ; puis la multi-appartenance de ses membres.
Les sociétés correspondantes
5La liste des sociétés correspondantes, c’est-à-dire avec lesquelles sont échangées les publications, résulte d’un choix : elle est établie en fonction de l’intérêt porté aux Mémoires de chacune, et chaque séance débute par la présentation des publications reçues du réseau formalisé de la sorte. Ainsi est assurée la diffusion des résultats des recherches et des débats. Les réseaux sont donc électifs au sein des 390 sociétés savantes recensées en 1862, qui deviennent 680 en 1885, 758 vers 1910 et plus de 1 200 en 19315.
Des réseaux majoritairement provinciaux
6Un constat est frappant : le réseau des sociétés correspondantes de la Société d’émulation du Jura est provincial dans une proportion écrasante. Seules cinq institutions sont nationales (Tableau 1), et les liens avec le CTHS ne sont officiellement institués qu’avec retard, près de trente ans après la création de ce dernier, au terme de longs débats relatifs à son rival, l’Institut des provinces. Encore plus tardifs sont les échanges avec la Société nationale des antiquaires : ils ne débutent que soixante-dix ans après la création de la Société d’émulation. Le fait peut surprendre : quatre émulateurs en sont membres vers le milieu du xxe siècle. Il en va de même pour la Société géologique de France, créée en 1830, la Société française d’archéologie (1834) et la Société préhistorique de France. L’envol de la sociabilité savante est donc majoritairement provincial, et la Société d’émulation ne fait pas exception.
Des réseaux générés par une histoire commune
7La Société recherche en effet des liens avec des consœurs dont les statuts, les intérêts et les objectifs sont proches des siens : académies de province et sociétés d’émulation départementales sont les plus nombreuses dans son réseau. Ses choix doivent être examinés, car ils sont loin d’être dictés par la seule proximité ou par la nature des publications, qui demeurent jusqu’en 1863 au moins étrangères à toute spécialisation disciplinaire.
8La géographie des implantations éclaire les choix, notamment les choix lointains (fig. 1). Quatre noyaux de liens anciens, pérennes et denses apparaissent nettement (Tableau 2), qui suggèrent les critères sur lesquels se sont établies des relations privilégiées 6. La Franche-Comté, les anciens Pays-Bas, la Côte d’or et la Suisse concentrent près du tiers des sociétés correspondantes recensées entre 1818 et 1954, soit 19 sur 60.
9En tête, avec sept sociétés correspondantes, vient la Franche-Comté, avec deux puis trois départements – Doubs, Haute-Saône puis Territoire de Belfort. L’établissement des liens reflète bien l’envol de la sociabilité érudite, de l’académie provinciale, dès 1819, aux trois sociétés d’arrondissement – Montbéliard (Doubs), Poligny (Jura) et Gray (Haute-Saône) –, au fur et à mesure de leur fondation, mais non sans un certain décalage de plusieurs années. Ainsi resurgissent l’ancienne Séquanie et la province de Franche-Comté : la conscience d’une histoire commune joue plus que la proximité, qui demeure relative avec Montbéliard, Belfort et Vesoul (Haute-Saône).
10Immédiatement après apparaissent les anciens Pays-Bas autrichiens et six sociétés avec lesquelles les liens sont renouvelés en 1863 puis en 1930, à l’occasion du quatrième centenaire de la mort de Marguerite d’Autriche. Certes, il s’agit d’une région de forte densité dans l’implantation des sociétés savantes. Mais ces relations privilégiées attestent fortement la mémoire de l’âge d’or que fut pour la Comté le xvie siècle 7, lorsqu’elle gravitait dans la mouvance de l’empire des Habsbourg, de Marguerite d’Autriche à Charles Quint et aux archiducs. La cartographie reflète ainsi un régionalisme culturel fondé sur l’histoire et sur la conscience d’une appartenance historique commune 8.
11Quant aux liens établis avec la Bourgogne, ils sont institués précocement, dès 1820, sitôt après la création, avec l’Académie de Dijon. Ils sont renforcés jusqu’en 1851 par les échanges avec la Société centrale d’agriculture de la Côte d’or et, après 1851, par la correspondance avec la Société archéologique de Beaune. Si le voisinage peut les éclairer, ils reposent essentiellement sur le souvenir de la période pendant laquelle la Comté fut confiée à l’administration des ducs de Bourgogne, jusqu’au traité de Senlis, en 1493. Souvenir réactivé de 1836 à 1839 par la coopération, à l’initiative de Théophile Foisset et de ses amis bourguignons, au sein de la rédaction de la revue Les Deux Bourgogne9. Là encore, c’est l’histoire qui structure les réseaux de la sociabilité savante.
12Tardifs sont au contraire les échanges institués avec les sociétés suisses, en dépit de la proximité et d’une commune appartenance à la montagne jurassienne, mais au moment où les recherches géologiques renforcent la pertinence des échanges scientifiques.
13Ce sont donc l’identité historique de la province comtoise et le sentiment provincial qui organisent précocement – et durablement – la communication, avant même que la Société d’émulation du Jura ne se spécialise nettement dans l’histoire et l’archéologie, au dernier tiers du xixe siècle. Mais les échanges ne sont pas seulement de nature institutionnelle ; ils sont souvent renforcés et entretenus par des relations interpersonnelles. Cette situation, fréquente entre Bourgogne et Comté comme au sein de cette province, est illustrée de façon plus frappante lorsqu’il s’agit des anciens Pays Bas autrichiens.
Des réseaux confirmés par des relations interpersonnelles
14Ainsi, au début du xxe siècle, les archivistes-paléographes Jules Finot (1848-1908) et Max Bruchet (1868-1929), tous deux nés à Lons-le-Saunier (Jura) et tous deux émulateurs du Jura, achèvent leur carrière à Lille et font le lien entre la Société d’émulation de leur ville natale et les Archives départementales du Nord. Jules Finot cumule l’appartenance au CTHS, à la Société d’émulation du Jura, à la Société des sciences, agriculture et arts de Lille, qu’il préside, et à la Commission historique du Nord, dont il est vice-président 10. L’expérience acquise à la direction à la direction des Archives départementales du Jura et le travail considérable de classement opéré à Lille lui permettent de maîtriser une grande partie des fonds utiles à la connaissance du xvie siècle comtois et d’en saisir la complémentarité. Quant à Max Bruchet (1868-1929)11, il consacre son œuvre maîtresse à Marguerite d’Autriche, duchesse de Savoie12 mais aussi comtesse de Bourgogne et gouvernante des Pays-Bas, et il souligne qu’elle peuple son conseil privé des Comtois les plus brillants, dont Nicolas Perrenot. Dès 1920, il avait rencontré le président de la Société d’émulation du Jura, l’abbé Perrod, pour lui faire part de la richesse de la correspondance de Marguerite d’Autriche, conservée à Lille, en lui proposant de la publier dans les Mémoires de cette société13. Dans un tout autre milieu, un livre du Belge Georges Dansaert (1876-1960), référendaire aux preuves des Lignages de Bruxelles14, matérialise les relations nées de la confrontation des fonds d’archives et la nécessité du fonctionnement en réseau : dans les années 1930, son appartenance à la Société d’émulation du Jura s’explique par la préparation de la biographie de la comtesse de Lauraguais, héritière des Chalon-Arlay et titulaire de très grandes propriétés foncières tant dans le Jura que dans l’Artois et le Nord15. C’est dire que les relations de travail dans les archives sous-tendent et complètent les rapports institutionnalisés entre les sociétés savantes. L’analyse de la multi-appartenance des membres permet d’en préciser la connaissance tout en corroborant la première approche de la sociabilité érudite.
La multi-appartenance des membres
15L’utilisation de cet indicateur n’est pas encore automatisée dans la base de données La France savante. Faute d’une extraction informatisée, les recoupements nominatifs ont été opérés manuellement, société après société. Encore le travail doit-il être méticuleux : la présence d’un seul membre correspondant − le président d’une société nationale par exemple −, révèle parfois des rapports étroits de collaboration. Ainsi, en 1913, seules deux personnes cumulent une double appartenance entre le Jura et les anciens Pays-Bas autrichiens ; les relations savantes sont pourtant bien réelles, comme on vient de le voir. La Suisse est un peu mieux placée, avec six membres en double ou multi-appartenance à la même date. Dans la première moitié du xixe siècle, ce sont les sociétés du Doubs et l’Académie de Dijon qui font apparaître le plus grand nombre de doubles appartenances.
Apogée et relâchement des réseaux interprovinciaux
16En 1844, en effet, douze académiciens ou émulateurs, soit près d’un membre correspondant sur dix à la Société d’émulation du Jura, peuvent se prévaloir d’une double appartenance aux sociétés du Doubs et à celle du Jura (graph. 1). Les Dijonnais ne sont pas en reste : ils sont 10, soit 8,26 % des membres correspondants. Le milieu du xixe siècle voit culminer la courbe qui décrit ce phénomène entre le Jura et ces deux départements. La double appartenance renforce les échanges institutionnalisés entre les sociétés par des communications interpersonnelles entre érudits que favorise la proximité géographique. La courbe, qui dessine une cloche (graph. 1), décrit l’envol de la sociabilité érudite inter-provinciale, à l’âge d’or des régionalismes culturels fondés sur une histoire commune. Mais ces relations disparaissent presque totalement avec la première génération des émulateurs du Jura. La périodisation de l’évolution est très nette. La multi-appartenance s’effondre à partir des années 1880. La force de l’identité provinciale s’étiole et l’utopie des deux Bourgogne s’efface au profit d’une véritable départementalisation culturelle et savante.
Émergence de réseaux nationaux spécialisés dans une discipline
17Les sociétés nationales apparaissent également fort peu représentées au sein de la Société. Seul le CTHS compte un nombre important de membres correspondants ou titulaires parmi les 701 membres de la Société d’émulation du Jura16 pour lesquels une fiche individuelle a été dressée dans la France savante – et tous les auteurs d’une communication au moins sont compris dans ce nombre. L’indicateur qu’est la multi-appartenance manquerait-il de pertinence pour les sociétés d’envergure nationale ?
18Il n’en est rien. La Société géologique de France n’est pas société correspondante – comment le serait-elle de toutes les sociétés départementales ? Mais quatre de ses membres sont correspondants de la Société d’émulation du Jura : Marcel Bertrand, professeur à l’École des Mines ; Paul Choffat, professeur à l’École polytechnique de Zurich ; Lory, professeur de géologie à la Faculté de Grenoble ; et Perceval de Loriol, paléontologiste à Genève. Réciproquement, cinq émulateurs ont été reçus au sein de la Société géologique de France : l’abbé Bourgeat, docteur ès-sciences, professeur à l’Université catholique de Lille et futur vice-président de la Société géologique (1912) ; Frère Ogérien ; Louis Girardot, géologue et archéologue, et Bonjour, conservateur du musée de Lons, qui œuvrent à la connaissance du jurassique inférieur par leurs relevés ou leurs travaux ; enfin Emma Magaud, première femme membre de la Société, professeur à l’Athénée de Paris. Ces quelques liens personnels sont loin d’être négligeables, puisque la Société géologique tient dans le Jura, à Saint-Claude, le 27 août 1885, une séance publique sous la présidence de M. Bertrand. Bien plus, un modeste émulateur, professeur de dessin mais géologue amateur, Edmond Guirand, est proclamé président honoraire de cette séance, qui marque, trois ans avant sa mort, sa véritable consécration17.
19Sa nécrologie18 permet de découvrir la densité des relations de travail entre la Société géologique de France et la Société d’émulation du Jura. Peu nombreux, les émulateurs n’en accomplissent pas moins un travail décisif par leurs observations et leurs relevés. Ainsi le schéma qui suit (fig. 2) décrit les cercles concentriques des réseaux qu’E. Guirand fait bénéficier de ses relevés et de sa très belle collection de fossiles : celui des émulateurs, tout d’abord ; mais aussi celui des membres de la Société géologique qui appartiennent aussi à la Société d’émulation ; enfin plusieurs personnalités universitaires de France, de Suisse et d’Allemagne. Frappante est la distance qui existe entre de modestes émulateurs et les notoriétés scientifiques de la jeune discipline géologique. La pertinence de la multi-appartenance comme indicateur du fonctionnement en réseau des savants géologues n’en est que plus grande.
20Au sein de la Société d’émulation, Louis Girardot mobilise activement. Le président, E. Monot, professeur de rhétorique au lycée, est sollicité comme photographe. Quant aux autres collaborateurs, tous collectionneurs de fossiles, ils communiquent leur collection et leurs observations, qu’ils soient instituteurs de campagne ou rentiers, et le rôle du conducteur des Ponts et Chaussées, Henri Chevaux, est décisif dans les années de la réalisation du Plan Freycinet et des chemins de fer à voie étroite, qui provoque tranchées et saignées dans les gisements sédimentaires.
21Au-delà, E. Guirand a entretenu une correspondance suivie avec les géologues suisses et français déjà cités, mais aussi avec Ernest Chantre, directeur du Museum à Lyon ; Alphonse Favre, professeur à la Faculté des sciences de Genève ; Edmond Hébert, doyen de la Sorbonne, membre de l’Institut et directeur de la thèse de l’abbé Bourgeat, en dépit de leurs désaccords ; Dieulafait, professeur à la Faculté des sciences de Marseille ; Auguste Jaccard, professeur à la Faculté des sciences de Neuchâtel ; Zittel, enfin, professeur à l’Université de Munich.
22La conclusion de l’examen des listes des membres est la même pour le réseau qui est actif entre la Société d’émulation du Jura et la Société préhistorique française. Cette dernière n’est pas non plus société correspondante ; mais plusieurs émulateurs y sont membres correspondants et trois anciens présidents ou présidents de la Société préhistorique demeurent membres de la Société d’émulation du Jura en 1933 : Léon Coutil de l’Eure, Edmond Huë et Armand Viré, ces deux derniers l’étant déjà en 1913. Là encore, la pertinence de l’indicateur sort renforcée de la lecture des procès-verbaux de séance. En effet, le 9e Congrès préhistorique de France se tient à Lons-le-Saunier en juillet-août 1913 et il consacre la reconnaissance scientifique de l’œuvre de Louis Girardot, auquel est remis un diplôme d’honneur et qui est élu président d’honneur du Congrès. Le Congrès est reçu sur trois sites archéologiques nouvellement découverts et de première importance19.
23Telle est encore l’analyse pour une autre organisation nationale, la Société française d’archéologie qui, elle non plus, n’est pas société correspondante, mais à laquelle appartiennent sept émulateurs parmi les 701 étudiés. Les relations sont assez fortes pour que son 58e Congrès, qui se déroule en 1891 à Besançon, visite aussi dans le Jura les villes de Dole et de Salins.
24Modestement, cette étude a valeur de test : elle élabore une méthode de repérage et d’analyse des réseaux des sociétés savantes. Si le statut de société correspondante apparaît comme un indicateur pertinent, la multi-appartenance de quelques membres, même peu nombreux, l’est sans doute plus encore : elle permet d’affiner l’analyse et son croisement avec les comptes rendus des séances est particulièrement riche. La base de données La France savante apparaît donc comme un outil précieux, puisqu’elle permettra l’extraction automatique des individus que caractérise la multi-appartenance à plusieurs sociétés.
25Deux conclusions se dégagent par ailleurs. Tout d’abord, celle de l’affaissement, à partir des années 1880, des réseaux adossés aux régionalismes du premier xixe siècle, et la force de la départementalisation culturelle qu’atteste aussi la multiplication des sociétés locales. Second résultat : les réseaux provinciaux sont relayés dans le dernier tiers du xixe siècle et au début du xxe siècle par des réseaux spécialisés, animés par les sociétés nationales et capables de faire progresser l’avancement de la connaissance par la densité des relations personnelles entre notoriétés scientifiques et chercheurs locaux. Ces réseaux sont disciplinaires, et leur vitalité est particulièrement remarquable dans le domaine des sciences qui acquièrent un statut scientifique au xixe siècle : l’archéologie, la préhistoire et la géologie.
Bibliographie
C.-I. brelot, « La société savante d’une petite ville : la Société d’émulation du Jura de 1817 à 1939 », Bulletin de la Société libre d’émulation de la Seine-Maritime. Actes du Bicentenaire (1792-1992). Histoire des sociétés d’émulation. Colloque de Rouen, 17 octobre 1992, 1993, pp. 39-47.
C.-I. brelot, « Pour l’histoire récente des sociétés savantes : la rénovation de la Société d’émulation du Jura de 1947 à 1975 », dans Travaux (…) de la Société d’émulation du Jura (1992), 1993, pp. 139-155.
Jean-Pierre chaline, Sociabilité et érudition. Les sociétés savantes en France, Paris, Ed. du Comité des travaux historiques et scientifiques (Format, n° 31), 1998.
Lucien febvre, Histoire de la Franche-Comté, Paris, rééd. 1932, 307 p.
Louis girardot et A. billot, « Edmond Guirand, notice biographique pour servir à l’histoire des premières recherches géologiques dans les environs de Saint-Claude », Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1887, 1888, p. 27-60.
René locatelli, Claude-Isabelle brelot, Jean-Marc debard, Maurice gresset, Jean-François solnon, La Franche-Comté à la recherche de son histoire (1800-1914), Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté, n° 264, (Cahiers d’études comtoises, n° 31), Diffusion Paris, Belles-Lettres, 1982.
Annexe
Illustrations
Tableau 1 : Sociétés correspondantes (nombre total et sociétés nationales).
Sociétés correspondantes | Date de création | Date d’établissement des relations | Nombre total sociétés correspondantes | |
date | nombre | |||
Comité des sociétés savantes au ministère de l’Instruction publique | 1834 | 1863 | 1863 | 32 |
Institut des provinces | 1838 | 1863 | ||
Association philotechnique de Paris | 1848 | 1863 | 1887 | 65 |
Société philomatique de Paris | 1788 | 1887 | ||
Société nationale des antiquaires de France | 1804 | 1887 | ||
Soit < 10 % | ||||
Tableau 2 : Les sociétés correspondantes provinciales : le cœur des réseaux.
Sociétés correspondantes de la Société d’émulation du Jura | Date de création | Date d’établissement des relations | Nombre total sociétés correspondantes | |
date | nombre | |||
Académie de Besançon | 1752 | 1819 | ||
Académie de Dijon | 1725 | 1820 | ||
Société d’agriculture, lettres, sciences et arts de Haute-Saône | 1801 | 1821 | 1821 | |
Académie d’Arras | 1737 | 1863 | 1863 | |
Société d’émulation de Cambrai | 1804 | 1863 | ||
Société d’émulation du Doubs | 1840 | 1863 | 1864 | 32 |
Société d’émulation de Montbéliard | 1851 | 1874 | ||
Société belfortaine d’émulation | 1872 | 1875 | ||
Société archéologique de Genève | 1838 | 1875 | ||
Société d’agriculture de Poligny (Jura) | 1859 | 1865 | ||
Société grayloise d’émulation | 1897 | 1909 | 1890 | 65 |
Société neuchâteloise de géographie | 1885 | 1910 | ||
Société archéologique de Beaune | 1851 | 1913 | ||
Société d’histoire du canton de Fribourg | 1840 | 1913 | ||
Société des sciences, d’agriculture et des arts de Lille | 1802 | 1925 | ||
Société historique de Bâle | 1928 | |||
Cercle archéologique d’Ath (Hainaut) | 1911 | 1932 | ||
Académie royale de Belgique | 1769 | 1932 | ||
Institut archéologique liégeois | 1850 | 1951 | 1954 | 60 |
Récapitulation 1818-1954 | ||||
Pays-Bas | Pays-Bas | 6 | ||
Franche-Comté | Franche-Comté | 7 | ||
Suisse | Suisse | 4 | ||
Côte d’Or | Côte d’Or | 2 | ||
19 | 31,66 % | |||
Graphique 1 : La multi-appartenance entre Jura, Doubs et Côte d’Or.

1818 | 28 | 32 | 34 | 43 | 44 | 51 | 63 | 65 | 80 | 90 | 1900 | 12 | 13 | 1933 | |
MC total | 24 | 59 | 52 | 75 | 120 | 121 | 130 | 118 | 125 | 77 | 63 | 56 | 65 | 56 | 53 |
Habitant 21 | 2 | 7 | 8 | 9 | 10 | 7 | 4 | 4 | 3 | 1 | 1 | 2 | 2 | 2 | |
Habitant 25 | 9 | 11 | 11 | 14 | 13 | 12 | 11 | 9 | 13 | 2 | 1 | 1 | 5 | 5 | 5 |
MC : membres correspondants
Habitant 21 : habitant Dijon et la Côte d’Or
Habitant 25 : habitant Besançon et le Doubs
Figure 1 : Les sociétés correspondantes de la Société d’émulation du Jura en 1851 et 191420.

Figure 2 : Les réseaux d’Edmond Guirand, membre de la Société d’émulation du Jura.

Notes de bas de page
1 Recherche collective du CTHS, accessible sur le site de ce dernier.
2 C.-I. Brelot, « La société savante d’une petite ville : la Société d’émulation du Jura de 1817 à 1939 », pp. 39-47 ; « Pour l’histoire récente des sociétés savantes : la rénovation de la Société d’émulation du Jura de 1947 à 1975 », pp. 139-155.
3 J.-P. Chaline, Sociabilité et érudition. Les sociétés savantes en France, p. 158 (carte).
4 Ibidem, p. 288-289 : 40 sont considérées comme « les meilleures » et 67 comme « bonnes » parmi les 151 sociétés sélectionnées par l’enquête.
5 Ibidem, p. 48-53.
6 R. Locatelli (dir.) , La Franche-Comté à la recherche de son histoire (1800-1914), p. 80-81 notamment.
7 L. Febvre, Histoire de la Franche-Comté, p. 148-195, notamment p. 163.
8 C.-I. Brelot, « Le sentiment provincial en Franche-Comté pendant la première moitié du xixe siècle : persistances et sociologie », Provinces et États dans la France de l’Est, Annales littéraires de l’Université de Besançon, n° 216, Diffusion Paris, Belles-Lettres, 1979, pp. 109-126.
9 R. Locatelli (dir.), La Franche-Comté à la recherche…, p. 85-86 et 458.
10 Fiche Jules Finot, La France savante, site du CTHS. Il est aussi membre correspondant de la Société d’agriculture, belles-lettres, sciences et arts de la Haute-Saône.
11 Fiche Max Bruchet, La France savante, site du CTHS.
12 L’ouvrage est publié à Lille, imp. L. Danel, 1927, 496 p.
13 Séance du 18 novembre 1920, Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1921, p. XV-XVI.
14 Fiche Georges Dansaert, La France savante, site du CTHS.
15 Georges Dansaert, Une grande suzeraine au xviiie siècle : Élisabeth Pauline de Gand de Mérode-Isenghien, comtesse de Lauraguais, Bruxelles, Th. Dewarichet, 1943, 380 p.
16 À la date du 27 avril 2015.
17 La fiche de tous les noms cités pour la Société d’émulation figure dans La France savante, site du CTHS. Elle comporte biographie, liste des travaux et bibliographie de chacun. Ce sont Albini Cottez, Contant Epailly, instituteurs ; le docteur Coras ; le comte Théophile Berlier ; Adolphe Gerrier, rentier ; Joseph Thevenin, professeur de lettres et frère d’un cultivateur-géologue ; enfin Henri Chevaux, cité dans le texte.
18 L. Girardot et A. Billot, « Edmond Guirand, notice biographique pour servir à l’histoire des premières recherches géologiques dans les environs de Saint-Claude », p. 27-60.
19 E. Monot, « Discours prononcé à la séance d’ouverture du Congrès Préhistorique de France », Mémoires de la Société d’émulation du Jura, 1914, p. 1-22.
20 R. Locatelli (dir.), La Franche-Comté à la recherche… , ouv. cit., p. 81 et 82.
Auteur
-
Claude-Isabelle Brelot
Professeur émérite à l’Université Lyon 2, membre émérite du CTHS
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Signes et communication dans les civilisations de la parole
Olivier Buchsenschutz, Christian Jeunesse, Claude Mordant et al. (dir.)
2016
