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    Plan détaillé Texte intégral L’importance de la coopération militaire franco-péruvienne L’industrie aéronautique militaire française : un secteur bien réputé Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Périphérie(s) : les pays du Sud en question

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    Table des matières

    La percée de l’industrie française au Pérou : l’exemple de l’armement

    Getsiva Cayo Durand de Geist

    Résumé

    Tout au long du xxe siècle, le débat sur le déclin séculaire du commerce français sur les marchés latino-américains apparaît contrasté lorsqu’on étudie l’industrie de l’armement. La France a défendu sa position exceptionnelle de fournisseur dans ce domaine, devenant un concurrent des États-Unis. Profitant des coups d’État militaires en Amérique latine, qui se succèdent dans les années 1950 et 1960, et d’une vague d’anti-impérialisme dirigée contre l’influence américaine, la France a renforcé ses relations économiques et politiques avec la région. Cette étude se penche sur la coopération militaire entre la France et le Pérou, en mettant l’accent sur l’industrie de l’armement. L’objectif est de mesurer l’impact du transfert de technologies françaises au Pérou en se concentrant sur l’industrie de l’armement.

    Texte intégral L’importance de la coopération militaire franco-péruvienne L’industrie aéronautique militaire française : un secteur bien réputé Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Pendant les Trente Glorieuses, la liste de projets industriels français réalisés et de projets en étude au Pérou était abondante. Ils témoignaient de l’intérêt soutenu des entreprises françaises en vue de leur expansion. En 1956, le Pérou était l’un des pays d’Amérique latine les plus intéressants pour les investissements français à l’étranger1. En effet, tout au long des années 1950 et jusqu’à la fin des années 1960, l’industrie française fut très dynamique au Pérou. La présence des firmes industrielles françaises au Pérou influait sur les relations commerciales et financières. De même, elles exerçaient une influence sur le développement de la coopération technique (envoi de missions d’experts, exportation des savoir-faire). Certes, les données issues des archives n’ont pas toujours fourni d’information systématiquement ordonnée. Il a fallu de ce fait essayer de reconstituer ce puzzle, riche en informations, qui sont toutefois imprécises. Il en ressort cependant que les secteurs auxquels les entreprises françaises participaient étaient très diversifiés.

    L’importance de la coopération militaire franco-péruvienne

    2La coopération militaire entre la France et le Pérou fait partie des aspects les plus importants de l’histoire des relations franco-péruviennes2. Même si durant les Trente Glorieuses les relations militaires ne jouissaient pas de la même importance qu’au xixe siècle et durant la première moitié du xxe siècle, elles contribuèrent à l’insertion de l’industrie d’armement français au Pérou.

    3Pour comprendre l’importance de l’industrie d’armement français au Pérou, il convient de rappeler les fondements historiques des relations militaires entre ces deux pays. Tout au long du xixe siècle, les militaires et marins français résidant au Pérou étaient des agents du gouvernement français et aussi des entrepreneurs commerçants. Le contre-amiral Abel Nicolas Bergasse Dupetit-Thouars, commandant en chef de la division navale française du Pacifique, était à l’époque l’une des personnalités françaises les plus célèbres au Pérou3. La participation de Dupetit-Thouars à la défense de Lima lors du pillage des armées chiliennes en 1881 durant la Guerre du Pacifique (1879-1883) fut perçue comme un acte héroïque, qui resta dans la mémoire des Péruviens4.

    4Au lendemain de la Guerre du Pacifique, l’armée chilienne fit appel à la coopération militaire étrangère. L’armée péruvienne, étant dans un état pitoyable, suivit cet exemple. Le général français M. Mangin décrivait « le triste tableau de l’armée péruvienne après la guerre désastreuse menée contre le Chili en 18805 ». Face à cette réalité, le président péruvien, Nicolas de Piérola (1895-1899), décida de faire appel à la France. Ce dernier était un francophile ayant suivi une formation ad hoc. Il faut rappeler que le contrat Dreyfus, pour la concession du monopole d’exportation du guano, fut signé lorsque Piérola était ministre du Commerce. Lorsqu’il devint président, ses affinités envers la France furent déterminantes pour solliciter une première mission militaire française en 18956.

    5Dès lors, les relations militaires entre les deux pays se développèrent plus étroitement. Les missions militaires françaises furent appelées au Pérou pour aider à organiser l’armée de terre, la marine et l’aviation7. La mission du lieutenant-colonel Clément fut la première à se rendre au Pérou (1895-1902). Il fut nommé chef d’état-major de l’armée péruvienne en 1910 et chef de l’École de guerre péruvienne en 1922. Entre 1895 et 1940, sept missions françaises furent sollicitées. L’initiative du président Piérola marquait le début d’une tradition dans le domaine militaire. Cette tradition se maintint pendant un demi-siècle environ, excepté de la période 1923-1934 où la mission française fut remplacée par une mission allemande8.

    6En 1901, l’organisation de l’état-major et la création de l’École militaire de Chorrillos étaient dirigées par les militaires français9. De même, en 1911, l’organisation des unités de l’armée était issue des missions françaises. Le but était que celle-ci soit moins politique et plus technique. En 1934, la réorganisation de l’armée en divisions légères et la réorganisation des écoles militaires et de transmissions se firent sous l’instruction française10. Dans ce même contexte, les missions navales de la France au Pérou se multiplièrent à la fin du xixe et au début du xxe siècle11.

    7S’agissant des relations militaires aéronautiques, en 1919, la première mission militaire d’aviation française fut envoyée au Pérou. Composée de vétérans de la Première Guerre mondiale, elle débuta l’organisation de l’armée de l’air péruvienne. Parmi eux, le commandant Jules de Beadiez, le lieutenant Albert Chabrier et le lieutenant Romanet étaient des membres du groupe « Les Cigognes12 ». Lorsque les actions de l’aviation franco-péruvienne ont été évoquées, il était important de rappeler les missions spectaculaires de Jorge Antonio Chávez Dartnell, précurseur de l’aviation péruvienne. Chávez était né à Paris de parents péruviens et bénéficiait de la double nationalité française et péruvienne. Élève de l’École d’ingénieurs en génie des systèmes industriels, il fut le premier aviateur à franchir la barrière sud des Alpes par la voie des airs en 1910. La prouesse de Jorge Chávez fut l’objet de divers hommages, après le transfert de sa dépouille de Paris à Lima en 1957. Ce héros binational demeure un symbole de la relation aéronautique franco-péruvienne13. En 1969, l’ambassadeur français Guy Dorget soulignait que :

    « […] les forces armées péruviennes gardent, depuis Dupetit-Thouars et depuis les missions militaires françaises qui, jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, les ont si profondément marquées, une affection profonde, parfois même un véritable culte pour la France14. »

    8Il est vrai qu’un certain respect et une admiration pouvaient être relevés lors de ces décennies d’intense coopération. Néanmoins, l’influence des États-Unis provoqua des conséquences directes sur les bonnes relations militaires franco-péruviennes. Les relations militaires franco-péruviennes, jusqu’ici basées sur des relations amicales de longue date, se refroidirent brusquement avec la Seconde Guerre mondiale. Les missions militaires françaises furent renouvelées jusque dans les années 1940. Après la victoire de l’armée péruvienne contre l’Équateur en 1941, les relations militaires se dégradèrent15. Les liens traditionnels entre ces deux pays n’avaient pas complètement disparu. Aux yeux des militaires péruviens, le matériel d’armement fourni par la France jouissait d’une réputation beaucoup plus grande que celui fourni par les États-Unis16.

    9Les liens militaires franco-péruviens étaient très influencés par les relations académiques, culturelles et politiques. La présence d’officiers péruviens formés dans des écoles militaires françaises représentait aussi un avantage dans les affaires militaires. Tel a été le cas en 1957. En effet, le général Romero Pardo était favorable au projet visant à augmenter le nombre de stages effectués en France par les officiers péruviens. De même, le général Romero recommandait la restauration de la pratique d’envoi par la France d’officiers instructeurs dans les écoles militaires péruviennes notamment à l’École de Guerre17. Le rapprochement militaire entre ces deux pays fut progressif jusqu’aux années 1960.

    10En 1970, l’ambassadeur Guy Dorget effectuait une analyse comportant l’état des relations franco-péruviennes dans son ensemble. Malgré les expériences nucléaires françaises dans le Pacifique (30 mai 1970), les relations entre ces deux pays étaient restées stables, voire fraternelles. Quant aux relations militaires franco-péruviennes, il souligna qu’il existait un « attachement réel et particulier » entre les deux pays18.

    11En 1955, les conflits territoriaux entre le Pérou et l’Équateur encouragèrent la rénovation de l’armée péruvienne. La France fut l’un des premiers pays sollicités par le gouvernement péruvien dans le cadre de la coopération militaire. En septembre de la même année, le commandant de la division blindée de Lima, le général Mendoza, et le ministre de la Guerre, le général Minano, étaient vus comme les principaux promoteurs du renforcement des relations militaires franco-péruviennes. L’envoi d’un délégué de la SOFMA au Pérou avait pour but d’examiner la vente de 40 chars AMX au gouvernement péruvien19.

    12L’influence militaire française continua à s’étendre au cours des années 1960. Ainsi, en 1964 l’armée péruvienne était formée par les militaires français. Même si durant cette mission, aucune bataille n’eut lieu, l’admiration des Péruviens pour la France dans ce domaine fut confirmée par le conseiller culturel Marx Scherer. Pour lui, « le culte de la France » manifesté par les Péruviens lors de la mission militaire pouvait jouer en faveur des Français20. La coopération militaire entre ces deux pays se fit aussi par l’échange de coopérants du service militaire. Entre 1965 et 1968, 39 jeunes diplômés furent envoyés en mission au Pérou. Ensuite, ils furent sollicités par des universités et organismes péruviens renouvelant ainsi parfois leurs contrats de séjour. La jeunesse française était ainsi bien représentée dans les milieux militaires du Pérou21.

    13Les gouvernements militaires étaient perçus comme une opportunité permettant de renforcer les relations politiques et diplomatiques entre la France et le Pérou. Après le coup d’État militaire de Velasco Alvarado en 1968, le gouvernement péruvien se montra favorable à un rapprochement politique avec la France. En mai 1969, une délégation française, présidée par le général Guillebon, se rendit à Lima. Les envoyés furent chaleureusement accueillis au Pérou. À cette occasion, le président Velasco, rappelant l’achat des chars AMX et des Mirages V, s’exprima discrètement sur l’importance de « l’appui que la France serait susceptible d’offrir à son pays22 ».

    14Ce rapprochement était aussi souhaité par le gouvernement français. Par exemple, en 1970, G. Dorget affirma que le coup d’État du général Velasco était une révolution originale largement influencée par la pensée française. Selon lui, une profonde influence avait été exercée par certaines personnalités françaises. Le Père Lebret, le professeur François Perroux, enseignant au Collège des hautes études militaires, ainsi que M. Jean-Jacques Servan-Schreiber, auteur du livre Le Défi américain, auraient marqué les militaires péruviens23.

    15L’ambassadeur de France soulignait que les idées politiques du général de Gaulle avaient beaucoup influencé les membres de la junte du général Velasco. Il faut rappeler que ce dernier était attaché militaire à Paris de mars 1960 à janvier 1964. Son intérêt et son admiration pour le général de Gaulle furent remarqués à plusieurs reprises24. Dans ce contexte, G. Dorget insista sur l’idée de soutenir le gouvernement militaire de Velasco25. Les bonnes relations militaires se réalisèrent de plusieurs manières. Néanmoins, il faut s’intéresser aussi à l’aspect commercial en se focalisant sur l’industrie d’armement français au Pérou26. Les négociations franco-péruviennes dans le domaine militaire étaient régulières, mais incertaines à cause de contraintes de tout ordre. Depuis novembre 1955, la cession de 40 chars AMX était examinée. Des facteurs financiers et administratifs retardèrent cette commande. Malgré la volonté des autorités péruviennes et les facilités de crédits français proposés, le prix fixé à environ 5 millions de dollars ne fut pas en mesure d’être complètement financé. De plus, le remplacement du général Minano, militaire péruvien jugé pro-français, joua en défaveur du règlement de cette affaire27. Il fallut attendre le mois de février 1956 pour connaître les résultats de ce projet. Au lieu des 40 chars, un contrat de livraison de 30 chars fut conclu entre la firme SOFMA et l’armée péruvienne. Les fonds financiers péruviens ne permettaient pas d’effectuer un achat complet. En contrepartie, une future commande de 30 chars fut promise par le gouvernement péruvien28.

    16C’est ainsi qu’en août 1959, la SOFMA avait demandé une garantie à la COFACE pour la fourniture de 20 chars AMX au gouvernement péruvien. Étant donné que l’économie péruvienne traversait des difficultés dues à la chute internationale des prix des matières premières, l’avis des autorités françaises fut contradictoire. D’un côté, le conseiller commercial, Raymond Haas, exigeait des conditions de crédit strictes et similaires à celles de 195629. De l’autre côté, l’ambassadeur Léon Brasseur se montrait plus favorable. Il insistait sur l’importance de l’influence des généraux Mendoza et Indacochea pour la finalisation de cette affaire. La visite en France de ces deux personnages, à différentes dates, fut importante pour la conclusion de l’achat des chars français. La COFACE fut finalement favorable à cette affaire30.

    17Les demandes du gouvernement péruvien pour l’obtention de cession d’armes françaises étaient diverses. Le tableau ci-dessous montre quelques exemples des projets de cession dont la livraison ne put être totalement vérifiée. Néanmoins, l’avis de la direction d’Amérique et celui de la direction des affaires économiques et financières étaient, pour la plupart, favorables. Ce qui permit leur livraison probable. Malgré la préférence des Péruviens pour l’industrie d’armement français, l’acquisition de ce type de matériel au Pérou connut quelques obstacles. En 1957, le général Romero constatait que le matériel d’artillerie français, déjà vendu en Amérique latine, connaissait une pénurie en raison de la suspension de sa fabrication en France. En vue d’assurer le ravitaillement des armées latino-américaines, le général Romero avait suggéré la possibilité de transférer les usines pour la production de ce matériel d’artillerie31. Malheureusement, la fabrication du matériel d’armement français au Pérou n’était une priorité pour aucun des deux gouvernements.

    Tabl. 1. – Projets de cession d’armes françaises livrées au Pérou (1945-1975).

    Date de la demandeProjet de cession d’armes sollicitéesSociété française engagéeAvis des autorités françaises
    13 juillet 1955

    Projectiles de mortier partiellement chargés : 754 projectiles de 60 mm et

    1 047 projectiles de 81 mm

    Société BrandtFavorable
    21 décembre 19556 tubes réducteurs pour mortiers de 120 mm ; projectiles récupérables de 30 mm ; 3 000 charges complètes comprenant chacune : 1 cartouche propulsive, 1 cartouche fumigène et 2 relais propulsifsSociété LosfeldFavorable
    9 juillet 19561 pistolet automatique calibre 22 short6c. Mod. E/4 marque « Olympic » et deux pièces détachéesManufacture d’armes des Pyrénées françaises Favorable
    16 juillet 195635 pistolets automatiques 6,35 et 7,65Société M.A.B.Favorable
    9 novembre 1956100 munitions d’exercice de 75 VO 1 000SofmaFavorable
    18 décembre 1956184 kg de pièces de rechange diverses pour chars de combatSofmaFavorable
    5 février 195710 projectiles éclairants de 60 mm avec fusée, une cartouche et 3 relais ; 10 projectiles éclairants de 81 mm avec fusée, une cartouche et 4 relaisÉtablissements BrandtFavorable
    11 février 19573 pistolets automatiques cal. 22 short, canon long, avec frein de bouche mod. E/4 marque « Olympic »M.A./P.F.Favorable
    12 février 195725 pistolets automatiques 6,35 court et 5 chargeurs, 10 pistolets automatiques 7,65 court et 2 chargeursM.A.B.Favorable
    Août 1959Fourniture de 20 chars AMXSofmaDéfavorable
    Mars 1962Fourniture de 8 obusiers-Favorable
    Décembre 1969Fourniture de 5 machines-outils spéciales destinées à la Fabrique de munitions de l’Armée péruvienne (FAME)ManurhinFavorable

    Source : Archives AMAE, Série B-Amérique : Pérou (36), Pérou (37) et Pérou (6032).
    Doc. G. Cayo Durand de Geist ©.

    L’industrie aéronautique militaire française : un secteur bien réputé

    18Grâce aux bonnes relations militaires, le commerce d’armement entre la France et le Pérou était privilégié33. Au sein des affaires commerciales, ces livraisons étaient considérées comme des ventes extraordinaires. Elles altéraient la balance commerciale française en créant des ventes importantes temporaires. En 1957, l’armée de l’air péruvienne réalisait la commande d’un premier hélicoptère Alouette II34. Quelques années plus tard, le nombre s’accrut. En mai 1960, le contrat d’achat de cinq hélicoptères s’effectuait avec succès. L’envoi d’un officier instructeur français était de même prévu pour effectuer les services après-vente ainsi que pour renforcer les tâches de l’attaché militaire français dans le domaine de l’aviation35. Le contrat fut conclu entre Panindustria et le ministère de l’Air au Pérou. L’outillage, les pièces de rechange pour 600 heures, l’équipement optionnel et deux turbines Turbomeca de rechange ainsi que les intérêts atteignirent la somme totale de 577 milliards de dollars (CIF Callao36).

    19Cette affaire a semblé avoir été conclue à des conditions avantageuses. Les conditions de paiement étaient fixées à 10 % à la commande, 10 % payables par crédit documentaire et 80 % payables en 8 semestrialités égales. Le début des échéances était fixé lors de l’embarquement du troisième hélicoptère Sud-Aviation et de l’embarquement pour les deux parties des turbines Turbomeca. La totalité des traites devait être remise au Crédit lyonnais au titre de trustee suivant la signature du contrat. Quant aux paiements, ils étaient effectués par la Banque centrale de réserve du Pérou. Le conseiller Pierre Lefort notait à ce propos que :

    « Ce succès mérite d’être souligné, car il a été acquis malgré les réactions défavorables manifestées par les autorités péruviennes lorsqu’elles ont eu connaissance de notre intention de suspendre nos achats de charbon dans leur pays37. »

    20La livraison de ce matériel aéronautique était très liée à l’achat de charbon péruvien en France. En effet, dans la liste des précontrats élaborée entre les deux pays après la visite du président Prado en France, cette affaire était évoquée. Même si tous les projets ne virent pas le jour, la vente de ces cinq hélicoptères fut possible grâce à Manuel Prado, homme fortement francophile. Les affaires convenues dans le secteur industriel pendant les deux dernières années du gouvernement de Prado étaient constamment confrontées à un certain nombre d’ambiguïtés relatives à des promesses inachevées. Cela était dû au contexte politique38.

    21L’achat des Mirages V par l’armée péruvienne eut un impact politique majeur39. Les États-Unis s’opposèrent fermement à cette affaire : ils avaient même menacé, comme le constatait G. Dorget, de supprimer leur aide au gouvernement péruvien. Malgré la pression exercée par les Nord-Américains, l’acquisition de matériel français eut finalement lieu. Cette décision de l’État péruvien allait à l’encontre de la volonté des États-Unis. En juin 1967, le gouvernement français décida d’orienter l’effort de prospection commerciale pour la vente de matériel militaire, de manière préférentielle, vers l’Amérique latine. Suivant l’exemple brésilien, J. Chapelle suggéra que les fournitures importantes de matériels militaires au Pérou soient comptabilisées hors plafond40. A priori, sa recommandation ne fut pas sérieusement examinée.

    22Dans la même période, un contrat concernant l’industrie aéronautique fut conclu entre la société Dassault et le gouvernement péruvien. L’achat de 16 avions Mirage V fut réalisé. Le premier avion fut livré en mai 1968, la remise de la première moitié du contrat étant prévue pour juillet 1969. Cette livraison eut un écho important sur les relations militaires franco-péruviennes. La vente de ce matériel aéronautique fut célébrée de manière enthousiaste par les autorités françaises. De même, ce renforcement de la coopération militaire franco-péruvienne était étroitement lié au développement des relations économiques et techniques41.

    23L’achat d’avions militaires français par le gouvernement de Velasco n’eut pas de répercussions que dans le domaine commercial, mais également dans le milieu politique. L’affaire des Mirages V contribua à affermir la position politique de la France au Pérou en tant que troisième voie. À la suite de ce contrat, les flux commerciaux augmentèrent. Néanmoins, les relations économiques dans l’ensemble étaient encore loin d’être privilégiées42. De même, l’ambassadeur G. Dorget avait souligné que la vente des Mirages V était une affaire dans laquelle la réputation de l’aéronautique française n’était pas le seul aspect important. Pour lui, les militaires péruviens s’étaient tournés vers la France parce qu’il était « le seul pays du monde libre qui se voulait vraiment indépendant des États-Unis43 ». Il est donc intéressant de saisir à quel point une affaire commerciale, surtout militaire, peut faire rebondir des critères idéologiques soit en faveur ou en défaveur de ses partenaires.

     

    24À la suite d’une nouvelle commande de 10 Mirages V faite par le gouvernement péruvien, il y eut des désaccords internes entre les délégués français. D’une part, le conseiller commercial de M. Debré était favorable à la réalisation de cette commande, d’autre part M. Jean Chapelle, directeur de la DREE, s’y opposait fermement. Finalement, les commandes furent acceptées et les risques de garanties évaluées par la COFACE atteignirent presque 400 millions de francs44.

    25Les achats dans le secteur militaire du gouvernement de Velasco augmentèrent les chiffres absolus des échanges franco-péruviens. En revanche, le surcroît des affaires militaires se fit au détriment des possibilités de vente du secteur civil. Une grande partie des engagements français au Pérou était monopolisée par la fourniture des Mirages, ce qui limitait la réalisation d’autres affaires45. En 1968, la conclusion de plusieurs affaires importantes, dont faisaient partie 78 chars AMX, 12 Mirages V et des équipements sidérurgiques, augmenta considérablement les risques sur le Pérou. Par conséquent, il fut décidé de porter, à brève échéance, les risques français à près de 400 millions de francs et d’accroître encore la part relative des affaires militaires par rapport aux projets civils46.

    Bibliographie

    Barjot Dominique et Cayo Durand de Geist Getsiva, « Les échanges économiques entre la France et l’Amérique latine pendant la présidence du général de Gaulle : une première approche » dans de Gaulle et l’Amérique latine, Maurice Vaïsse (dir.), Presses Universitaires de Rennes, Fondation Charles de Gaulle, Rennes, 1er semestre 2014, p. 177-195.

    Cayo Durand de Geist Getsiva, Les relations économiques et financières entre la France et le Pérou : diplomatie économique, coopération technique et stratégie des entreprises françaises (1945-1975), thèse de doctorat, Sorbonne Université, 2019.

    Cayo Durand de Geist Getsiva, « Le développement économique péruvien (années 1950 et 1960) », dans Barjot Dominique, Schroeter Harm G. & Yago Kazuhiko (eds.), Theory and Empirical Performance. Economic Paradigm and performance in the long run (18th to 21st century) – Théorie et performance empirique. Paradigme économique et performance à long terme (du xixe au xxie siècle), Paris, Éditions SPM, 2022, p. 361-384.

    Novak Talavera Fabián, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), Lima, PUCP, 2005.

    Notes de bas de page

    1« Affaires d’équipement réalisées par l’industrie française », Léon Brasseur, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 188, série B-Amérique (1945-1952), Pérou (12), questions économiques, AMAE, Lima, 27 février 1956, fol. 2.

    2F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 156.

    3Né à Bordeaux-les-Ronches (Loiret) en 1832, Dupetit-Thouars arriva en 1880 à Valparaiso après avoir réalisé une expédition de pacification dans les îles Marquises. Lorsque la Guerre du Pacifique éclata entre le Pérou et le Chili, l’amiral décida de soutenir le Pérou en s’engageant dans la Légation de France à Lima. Le rôle que ce Français joua à la fin de la guerre dans la protection de la ville de Lima resta dans la mémoire des Péruviens. Annexe no 2 : intervention de l’amiral Dupetit-Thouars à Lima en 1881. « Relations historiques entre la France et le Pérou », note sans numéro, (n.s.no), série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), questions économiques, AMAE, 22 mai 1964, fol. 1-2.

    4« Relations franco-péruviennes », note numéro (n.no)/AM, cote : 0061 432/1, CAEF, 15 décembre 1971, fol. 5.

    5« Relations historiques entre la France et le Pérou », annexe III : missions militaires françaises au Pérou (1895-1940), n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 1.

    6Ibid., fol. 2.

    7« Relations franco-péruviennes », n.no/AM, cote : 0061 432/1, CAEF, 15 décembre 1971, fol. 5-6.

    8« Relations historiques entre la France et le Pérou », annexe III : missions militaires françaises au Pérou (1895-1940), n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 2.

    9F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 154.

    10Ibid.

    11« Exposé du général Romero Pardo », annexe I de la lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 1.

    12« Relations historiques entre la France et le Pérou », n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 5-6.

    13« Traslación restos Jorge Chávez. Iniciación del trámite de traslado de los restos del precursor de nuestra aviación », embajada del Perú en Francia, oficio no 5-14-A/267, ACMRE, agosto de 1946, fol. 1 ; « Ceremonias en honor de Jorge Chávez », no 5-14-A/204, embajada del Perú en Francia, ACMRE, septiembre de 1957, fol. 1 ; « Homenaje radial a Jorge Chávez. Radio de Lyon, a la hazaña que realizara en 1910, al ser el primero en cruzar los Alpes de Brigue a Domodosola », Le Dauphiné libéré, samedi 3 juin 1961.

    14« Le gouvernement révolutionnaire et les relations franco-péruviennes », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 74, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 14 janvier 1969, fol. 3-4.

    15F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 160.

    16Ibid.

    17« Exposé du général Romero Pardo », annexe I de la lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 1.

    18« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 6 juillet 1970, fol. 3-4.

    19« Projet de cession de matériel blindé au gouvernement péruvien », Raymond Grière, attaché commercial auprès de l’ambassade de France au Pérou à M. le secrétaire d’État aux affaires économiques, DREE, lettre no 1179, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, Paris, 4 novembre 1955, fol. 2.

    20« Complément d’information et remarques sur un projet de mission pédagogique au Pérou », Marc Scherer, conseiller culturel auprès de l’ambassade de France au Pérou, lettre no 229, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 23 mai 1964, fol. 7.

    21« Le Pérou et la France », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 673, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 3 mai 1968, fol. 7.

    22« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 3-4.

    23« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, le 6 juillet 1970, fol. 6.

    24Ibid.

    25Ibid., fol. 7.

    26« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 1-2.

    27Ibid.

    28« Cession de matériel blindé », Léon Brasseur, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 123, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, Lima, 8 février 1956, fol. 1.

    29Les conditions de crédit de 1956 étaient fixées ainsi : 15 % dans les 15 jours de la signature, 10 % trois mois plus tard, 75 % en 10 traites semestrielles, dont la première viendrait à échéance 6 mois après le commencement des livraisons. « Confidentiel. Pérou », Raymond Haas à la COFACE, lettre no 2378, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 13 août 1959, fol. 2.

    30« Exportation de chars AMX », l’ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 555, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 17 août 1959, fol. 1-2.

    31« Exposé du général Romero Pardo », annexe I, lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques (1952-1957), AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 2.

    32Voir AMAE : n.no 1086 du 21 juillet 1955, n.no 2656 du 21 décembre 1955, n.no 1394 du 24 juillet 1956, n.no 1363 du 19 juillet 1956, n.no 1882 du 9 novembre 1956, n.no 2049 du 18 décembre 1956, n.no 14/AM du 5 février 1957, n.no 26 du 11 février 1957, n.no 27 du 12 février 1957 (Série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), Questions économiques (1952-1957). Voir aussi AMAE : no 3330 du 3 décembre 1969 (Série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), Relations avec la France, lettre no 181, Série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), Questions économiques).

    33« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 2.

    34« Commande d’avions et d’hélicoptères », l’ambassadeur de France au Pérou à M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 502, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 9 août 1957, fol. 1.

    35« Achat de 5 hélicoptères », l’ambassadeur de France au Pérou à M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 348, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 15 juin 1960, fol. 1-2.

    36Pour connaitre les détails de livraison, voir : « Commande de 5 hélicoptères Alouette. Contrat Interetud-Sud-Aviation », Pierre Lefort, conseiller commercial auprès de l’ambassade de France au Pérou à M. le directeur des relations économiques extérieures, lettre no 1362, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 9 juin 1960, fol. 1.

    37Ibid., fol. 2.

    38Ibid.

    39« Le Pérou et la France », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 673, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 3 mai 1968, fol. 11-13.

    40« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », note pour le ministre du Pérou, n.no 522, cote : B-54915, CAEF, Paris, 7 mars 1968, fol. 1-2.

    41« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 2.

    42« Le Pérou et ses relations avec la France », no 3, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 21 août 1969, fol. 2-3.

    43« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 6 juillet 1970, fol. 3-4.

    44« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », note pour le ministre du Pérou, n. no 522, cote : B-54915, CAEF, Paris, 7 mars 1968, fol. 1.

    45« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », lettre no 522, cote : B-54915, CAEF, 7 mars 1968, fol. 1-3.

    46Ibid., fol. 1-2.

    Auteur

    • Getsiva Cayo Durand de Geist

      Docteure en histoire, chercheure associée au Centre Roland Mousnier (CRM), UMR 8596 Sorbonne Université, CNRS

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    1« Affaires d’équipement réalisées par l’industrie française », Léon Brasseur, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 188, série B-Amérique (1945-1952), Pérou (12), questions économiques, AMAE, Lima, 27 février 1956, fol. 2.

    2F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 156.

    3Né à Bordeaux-les-Ronches (Loiret) en 1832, Dupetit-Thouars arriva en 1880 à Valparaiso après avoir réalisé une expédition de pacification dans les îles Marquises. Lorsque la Guerre du Pacifique éclata entre le Pérou et le Chili, l’amiral décida de soutenir le Pérou en s’engageant dans la Légation de France à Lima. Le rôle que ce Français joua à la fin de la guerre dans la protection de la ville de Lima resta dans la mémoire des Péruviens. Annexe no 2 : intervention de l’amiral Dupetit-Thouars à Lima en 1881. « Relations historiques entre la France et le Pérou », note sans numéro, (n.s.no), série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), questions économiques, AMAE, 22 mai 1964, fol. 1-2.

    4« Relations franco-péruviennes », note numéro (n.no)/AM, cote : 0061 432/1, CAEF, 15 décembre 1971, fol. 5.

    5« Relations historiques entre la France et le Pérou », annexe III : missions militaires françaises au Pérou (1895-1940), n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 1.

    6Ibid., fol. 2.

    7« Relations franco-péruviennes », n.no/AM, cote : 0061 432/1, CAEF, 15 décembre 1971, fol. 5-6.

    8« Relations historiques entre la France et le Pérou », annexe III : missions militaires françaises au Pérou (1895-1940), n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 2.

    9F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 154.

    10Ibid.

    11« Exposé du général Romero Pardo », annexe I de la lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 1.

    12« Relations historiques entre la France et le Pérou », n.s.no, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 22 mai 1964, fol. 5-6.

    13« Traslación restos Jorge Chávez. Iniciación del trámite de traslado de los restos del precursor de nuestra aviación », embajada del Perú en Francia, oficio no 5-14-A/267, ACMRE, agosto de 1946, fol. 1 ; « Ceremonias en honor de Jorge Chávez », no 5-14-A/204, embajada del Perú en Francia, ACMRE, septiembre de 1957, fol. 1 ; « Homenaje radial a Jorge Chávez. Radio de Lyon, a la hazaña que realizara en 1910, al ser el primero en cruzar los Alpes de Brigue a Domodosola », Le Dauphiné libéré, samedi 3 juin 1961.

    14« Le gouvernement révolutionnaire et les relations franco-péruviennes », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 74, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 14 janvier 1969, fol. 3-4.

    15F. Novak Talavera, Las relaciones entre Perú y Francia (1827-2004), p. 160.

    16Ibid.

    17« Exposé du général Romero Pardo », annexe I de la lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 1.

    18« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 6 juillet 1970, fol. 3-4.

    19« Projet de cession de matériel blindé au gouvernement péruvien », Raymond Grière, attaché commercial auprès de l’ambassade de France au Pérou à M. le secrétaire d’État aux affaires économiques, DREE, lettre no 1179, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, Paris, 4 novembre 1955, fol. 2.

    20« Complément d’information et remarques sur un projet de mission pédagogique au Pérou », Marc Scherer, conseiller culturel auprès de l’ambassade de France au Pérou, lettre no 229, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 23 mai 1964, fol. 7.

    21« Le Pérou et la France », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 673, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 3 mai 1968, fol. 7.

    22« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 3-4.

    23« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, le 6 juillet 1970, fol. 6.

    24Ibid.

    25Ibid., fol. 7.

    26« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 1-2.

    27Ibid.

    28« Cession de matériel blindé », Léon Brasseur, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 123, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, Lima, 8 février 1956, fol. 1.

    29Les conditions de crédit de 1956 étaient fixées ainsi : 15 % dans les 15 jours de la signature, 10 % trois mois plus tard, 75 % en 10 traites semestrielles, dont la première viendrait à échéance 6 mois après le commencement des livraisons. « Confidentiel. Pérou », Raymond Haas à la COFACE, lettre no 2378, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 13 août 1959, fol. 2.

    30« Exportation de chars AMX », l’ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 555, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 17 août 1959, fol. 1-2.

    31« Exposé du général Romero Pardo », annexe I, lettre no 28, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques (1952-1957), AMAE, Lima, 15 octobre 1957, fol. 2.

    32Voir AMAE : n.no 1086 du 21 juillet 1955, n.no 2656 du 21 décembre 1955, n.no 1394 du 24 juillet 1956, n.no 1363 du 19 juillet 1956, n.no 1882 du 9 novembre 1956, n.no 2049 du 18 décembre 1956, n.no 14/AM du 5 février 1957, n.no 26 du 11 février 1957, n.no 27 du 12 février 1957 (Série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), Questions économiques (1952-1957). Voir aussi AMAE : no 3330 du 3 décembre 1969 (Série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), Relations avec la France, lettre no 181, Série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), Questions économiques).

    33« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 2.

    34« Commande d’avions et d’hélicoptères », l’ambassadeur de France au Pérou à M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 502, série B-Amérique (1952-1963), Pérou (36), questions économiques, AMAE, Lima, 9 août 1957, fol. 1.

    35« Achat de 5 hélicoptères », l’ambassadeur de France au Pérou à M. le ministre des Affaires étrangères, direction des affaires économiques et financières, lettre no 348, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 15 juin 1960, fol. 1-2.

    36Pour connaitre les détails de livraison, voir : « Commande de 5 hélicoptères Alouette. Contrat Interetud-Sud-Aviation », Pierre Lefort, conseiller commercial auprès de l’ambassade de France au Pérou à M. le directeur des relations économiques extérieures, lettre no 1362, série B-Amérique (1958-1963), Pérou (37), questions économiques, AMAE, Lima, 9 juin 1960, fol. 1.

    37Ibid., fol. 2.

    38Ibid.

    39« Le Pérou et la France », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 673, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 3 mai 1968, fol. 11-13.

    40« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », note pour le ministre du Pérou, n.no 522, cote : B-54915, CAEF, Paris, 7 mars 1968, fol. 1-2.

    41« Relations franco-péruviennes », n.no 160, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, 3 juillet 1969, fol. 2.

    42« Le Pérou et ses relations avec la France », no 3, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 21 août 1969, fol. 2-3.

    43« La France et le Pérou », Guy Dorget, ambassadeur de France au Pérou à son excellence M. le ministre des Affaires étrangères, direction d’Amérique, lettre no 1001, série B-Amérique (1964-1970), Pérou (60), relations avec la France, AMAE, Lima, 6 juillet 1970, fol. 3-4.

    44« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », note pour le ministre du Pérou, n. no 522, cote : B-54915, CAEF, Paris, 7 mars 1968, fol. 1.

    45« Prise en considération d’un projet de sucrerie au Pérou », lettre no 522, cote : B-54915, CAEF, 7 mars 1968, fol. 1-3.

    46Ibid., fol. 1-2.

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    Cayo Durand de Geist, G. (2025). La percée de l’industrie française au Pérou : l’exemple de l’armement. In D. Barjot & R. Perron (éds.), Périphérie(s) : les pays du Sud en question. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/1586k
    Cayo Durand de Geist, Getsiva. « La percée de l’industrie française au Pérou : l’exemple de l’armement ». In Périphérie(s) : les pays du Sud en question, édité par Dominique Barjot et Régine Perron. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025. doi:10.4000/1586k.
    Cayo Durand de Geist, Getsiva. « La percée de l’industrie française au Pérou : l’exemple de l’armement ». Périphérie(s) : les pays du Sud en question, édité par Dominique Barjot et Régine Perron, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/1586k.

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    Barjot, D., & Perron, R. (éds.). (2025). Périphérie(s) : les pays du Sud en question. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/1586p
    Barjot, Dominique, et Régine Perron, éd. Périphérie(s) : les pays du Sud en question. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025. doi:10.4000/1586p.
    Barjot, Dominique, et Régine Perron, éditeurs. Périphérie(s) : les pays du Sud en question. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/1586p.
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