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    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
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    Plan détaillé Texte intégral De la nécessité d’avoir une collection d’échantillons La collection de référence du LRMH La cathédrale Notre-Dame de Paris à l’origine de la méthode d’étude des pierres des monuments historiques L’exemple de la Porte-Rouge Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Collections de sciences naturelles : collecte, étude, conservation

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La collection d’échantillons de roche du Laboratoire de recherche des monuments historiques : outil d’évaluation de la ressource en pierre pour la restauration de Notre-Dame de Paris

    Annie Blanc et Lise Leroux

    Résumés

    L’identification des pierres en œuvre dans un monument est nécessaire avant toute restauration. Les géologues du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) étudient depuis plus de 70 ans les pierres des monuments historiques. Il est donc indispensable de posséder une collection d’échantillons de roche comme référence. La lithothèque du LRMH contient environ 6 000 échantillons provenant de carrières anciennes ou en activité, ainsi que des monuments historiques. Les carrières de calcaire lutétien du bassin de Paris ont été particulièrement étudiées. Plus de 200 coupes géologiques ont été relevées à partir de 1980, et près de 2 300 échantillons ont été prélevés. Cela a permis d’étudier la cathédrale Notre-Dame de Paris lors des divers travaux de restauration qui se sont succédé ces dernières années. À titre d’exemple, la restauration de la Porte-Rouge est présentée.

    Identification of building stones used in a monument is necessary before any restoration. The geologists of the “Laboratoire de recherche des monuments historiques” (LRMH) have been studying the building stones of monuments for over 70 years. It is therefore essential to have a collection of rock samples for reference. The LRMH stone collection contains about 6,000 samples from old or active quarries, as well as from monuments. The Lutetian limestone quarries of the Paris basin have been particularly studied. More than 200 geological sections were surveyed from 1980 onwards, and nearly 2,300 samples were collected. This made it possible to study the Notre-Dame de Paris cathedral during the various restoration works that followed last years. As an example, the restoration of the Porte-Rouge (Red Door) is presented.

    Texte intégral De la nécessité d’avoir une collection d’échantillons La collection de référence du LRMH Les échantillons Les dossiers Les bases de données numériques actuelles La cathédrale Notre-Dame de Paris à l’origine de la méthode d’étude des pierres des monuments historiques L’exemple de la Porte-Rouge Les pierres mises en œuvre à l’origine Les pierres utilisées lors des restaurations de la Porte-Rouge Détermination de la provenance de certaines pierres utilisées au xixe siècle par recoupement d’informations Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1De nos jours, constituer une collection d’échantillons de roche permet d’avoir un référentiel de comparaison permettant l’identification de la nature et des faciès des différents types de pierres mises en œuvre dans un monument, ce qui conduit parfois à la localisation des carrières d’origine, même très anciennement exploitées. La détermination pétrographique sur échantillon à l’aide d’appareils d’observation et d’outils analytiques présente deux intérêts majeurs.

    2Le premier intérêt porte sur la recherche en archéométrie. L’étude des matériaux lithiques mène à une meilleure connaissance des édifices et à leur intégration dans un contexte historique, au repérage des différentes étapes de construction de certains bâtiments qui ont eu parfois des utilisations multiples accompagnées de nombreuses modifications à travers les âges. Elle mène aussi à une meilleure compréhension du contexte social et économique, et révèle les grands chemins de circulation des matériaux de construction. La mise en évidence par la géoarchéologie, lors d’une étude archéologique du bâti, d’un matériau en œuvre en grande quantité sur un édifice donné, dont on connaît l’aire géographique de provenance, est une force de proposition d’un schéma économique, sachant que les voies d’eau ont été systématiquement privilégiées pour le transport des pondéreux et des gros volumes. Les résultats d’identification des pierres en œuvre par des géologues viennent enrichir les interprétations des historiens et des archéologues1. Ainsi, une recherche commune en géoarchéologie et en archéologie du bâti d’un bâtiment, en approchant son histoire par la détermination des phasages de construction, des campagnes de réparation et de restauration, est indispensable de nos jours2.

    3Le second intérêt concerne la restauration et la conservation actuelle d’un bâtiment. Cela nécessite souvent de trouver une pierre de substitution, identique ou équivalente à la pierre d’origine, compatible, parmi les carrières actuellement en activité ; c’est nécessaire également pour bien cibler les applications de traitements de consolidation ou de protection, de choisir et d’adapter les techniques de nettoyage aux différentes qualités de pierre en œuvre dans le bâtiment. La plupart des monuments français sont construits en calcaire bien que de nombreuses variétés de grès, de schistes, de granites et d’autres roches endogènes aient été aussi utilisées. Les bâtisseurs ayant souvent choisi leurs matériaux localement et en fonction de l’emplacement dans le monument, il est nécessaire de déterminer la nature des pierres utilisées, avant la restauration ou le nettoyage d’une façade, au cours d’une étude préalable de l’édifice. Les interventions de nettoyage ne seront pas faites avec les mêmes techniques sur des granites, des marbres, des calcaires tendres ou des calcaires durs. Lorsqu’il faut remplacer des éléments trop fragilisés pour être conservés en place, il est nécessaire de connaître les carrières d’origine afin d’aller y rechercher, tant que possible, des pierres pour les restaurations.

    4Cette étude des natures de pierre demande une observation minutieuse de chaque bloc, à partir d’un échafaudage, parfois d’une nacelle. Un ou deux petits fragments de pierre pour étude en laboratoire peuvent être prélevés dans des parties non visibles, mais les déterminations sont souvent faites à la loupe directement sur les parements, parfois difficilement, à cause des salissures et de la patine qui masquent la nature de la roche. On obtient ainsi un relevé lithologique, telle une carte géologique pierre par pierre d’une façade. Cette étude géologique n’est qu’un volet des études avant restauration, complétée par celles des altérations, des sels, des mortiers, des recouvrements biologiques, des restes de polychromie, etc.

    De la nécessité d’avoir une collection d’échantillons

    5Pour conserver, entretenir ou restaurer un monument, il est nécessaire de s’appuyer sur une documentation, de retracer son histoire, de connaître l’origine de ses matériaux. Dans cet esprit, hérité des grands architectes des siècles passés, dont Viollet-le-Duc, et de la compagnie des architectes en chef des Monuments historiques, le service des Monuments historiques a cherché à répondre à cette demande.

    6Sous l’égide du ministère des Beaux-Arts de l’époque, cette idée s’est imposée au cours des années 1940, concrétisée au palais de Chaillot dans le contexte de la création du musée des Monuments français, où a été créé un « office de documentation ». La documentation sur les matériaux des monuments, amassée au Palais de Chaillot, est devenue une section du Centre de recherche des monuments historiques dont le directeur Jean Taralon3, inspecteur général des Monuments historiques, a créé en 1968, le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH)4 à Champs-sur-Marne. Cette documentation ancienne, concernant les matériaux lithiques, est maintenant conservée au laboratoire.

    7À partir de 1969, une collaboration a été recherchée avec des universitaires pour travailler sur les carrières médiévales qui avaient fourni la pierre à des monuments tels que les cathédrales de Paris et de Chartres, ou la basilique de Saint-Denis. Les auteurs des cartes géologiques pour lesquelles les calcaires lutétiens5 étaient étudiés, Charles Pomerol, Léon Feugueur et Alphonse Blondeau, ont été sollicités. Des campagnes de terrain communes ont été organisées pour rassembler des coupes géologiques, des photos et des échantillons de pierre, et constituer ainsi des dossiers sur chaque carrière visitée. La fabrication de lames minces a permis de réaliser des études pétrographiques détaillées de ces échantillons de pierres de construction. Avec l’autorisation de l’Inspection générale des carrières de Paris, les calcaires lutétiens des anciennes carrières sous Paris et ses alentours ont été étudiés et collectionnés.

    8Dans les années 1980-2000, en coopération avec le LRMH, une équipe de chercheurs de l’université de Paris VI s’est constituée pour étudier spécifiquement les bassins carriers de Paris et de sa grande banlieue, bassins ayant exploités les calcaires du Lutétien6. Plus de 200 coupes géologiques ont ainsi été levées principalement dans les carrières souterraines sous la zone urbanisée de l’agglomération parisienne, représentant plus de 2 300 échantillons aujourd’hui versés à la collection de référence du LRMH7.

    9Du côté du service des monuments historiques, il est devenu évident qu’une étude préalable aux restaurations était nécessaire avant toute intervention. L’une des premières cartographies indiquant la nature des pierres, associée à la recherche des anciennes carrières, a ainsi été réalisée depuis les échafaudages de la façade occidentale de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers8. À la suite, l’étude des altérations et de la polychromie a été menée ainsi qu’une recherche documentaire dans les archives sur les anciennes restaurations, permettant d’expliquer certains phénomènes de dégradation de cette façade.

    10C’est ainsi que la collecte de données sur les carrières et les pierres de construction, la création de collections et les études d’identification des pierres en œuvre répondent à une préoccupation séculaire, formalisée pour le service des monuments historiques depuis le début des années 1940 par la mise en place de cet outil de référence.

    La collection de référence du LRMH

    Les échantillons

    11Afin d’obtenir un diagnostic fiable dans un temps d’étude court, une identification ponctuelle, sur simple échantillon, peut être réalisée en laboratoire, sans déplacement sur le terrain et grâce à une collection de référence. Dans tous les cas, il est nécessaire d’avoir à sa disposition une importante documentation écrite associée à des échantillons et des résultats d’analyses.

    12Ainsi, environ 6 000 échantillons de pierre sont actuellement conservés au LRMH. Ils proviennent majoritairement des carrières étudiées par des géologues au cours de nombreuses missions de reconnaissance9. Initialement ; dans les années 1940, la collection a été fondée sur environ 1 500 échantillons fournis par les carriers, souvent sous la forme de cubes de 10 cm de côté munis d’une étiquette indiquant la carrière de provenance, le nom commercial de la pierre, ses propriétés physiques (densité, résistance à l’écrasement en kg/cm2), provenant alors de carrières en activité ou abandonnées récemment. Elle a été enrichie de 2 500 échantillons issus des anciennes carrières, abandonnées parfois depuis plusieurs siècles, ou de carrières encore actives, ou réouvertes récemment. Une grande partie de la lithothèque est constituée également de prélèvements effectués sur des monuments (fig. 1).

    Fig. 1. – Exemple de tiroir contenant des échantillons provenant de carrières de pierre de taille en activité ou abandonnées, conservés dans la collection de référence (lithothèque) du LRMH.

    Cliché LRMH ©.

    13Des lames minces ont été taillées dans la plupart de ces échantillons et font l’objet d’une fiche de description, illustrée par des photographies, le tout classé dans le dossier « carrière » ou « monument » correspondant.

    14Il faut ajouter à cela une collection de 90 plaques polies représentant les principaux marbres et pierres marbrières français ou étrangers utilisés en décoration en France depuis plusieurs siècles, ainsi que divers matériaux utilisés en couverture (schistes ardoisiers, micaschistes, roches volcaniques, grès, calcaires…) provenant soit de monuments, soit de carrières.

    15Cette collection étant adaptée au fonctionnement du service des monuments historiques, elle est par conséquent essentiellement orientée sur les monuments et objets protégés au titre des monuments historiques en France. Certaines régions pour lesquelles il y a eu plus de demandes d’identification des pierres en œuvre de la part des architectes sont mieux pourvues que d’autres. À la suite de l’identification des matériaux lithiques, assortie autant que possible d’un relevé en œuvre apportant une meilleure connaissance des bâtiments, le comportement des pierres vis-à-vis des agents extérieurs – comme les conditions climatiques régionales, les expositions des parements et les pollutions –, est étudié. Ce travail réalisé en équipe avec les architectes et les restaurateurs permet aux praticiens d’adapter les techniques de conservation/restauration en fonction de la nature des pierres et de proposer les méthodes les plus pertinentes.

    Les dossiers

    16Des dossiers portant sur plus de 500 monuments et plus de 700 carrières regroupant des renseignements collectés dans la bibliographie, sur les cartes et au cours d’études et de missions ont été constitués. Ils regroupent des informations glanées dans une documentation variée, notamment les répertoires des carrières de pierre de taille10, des catalogues de carriers, des documents issus des archives départementales, des statistiques géologiques et minières départementales… À l’aide des cartes géographiques et géologiques au 1/50 000e et au 1/80 000e, au cours de missions sur le terrain (exploration en carrières abandonnées, chantier de restauration…), ces dossiers sont largement complétés par l’acquisition de nouvelles données. Ainsi, ils contiennent des plans, des coupes, des photographies, des observations de terrain, des descriptions de lames minces, des mesures des propriétés physiques des roches.

    Les bases de données numériques actuelles

    17Des bases de données ont été alimentées en partie par ces dossiers, à savoir :

    • MONUMAT : base de données essentiellement documentaire, regroupant les informations localisées au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) et au LRMH, pour les carrières et les monuments de l’ensemble du territoire français. Cette base de données, créée dans les années 1990, pionnière en la matière, nécessite une remise à niveau informatique qui permettra à nouveau de la consulter ;
    • PIERCENTRE : système d’information sur les pierres et monuments de la région Centre, disponible sur CD-Rom. Il a été réalisé par le BRGM, sur la base de la documentation localisée au BRGM et au LRMH, complété par la réalisation de missions de reconnaissance sur le terrain et d’analyses de laboratoire, notamment sur les caractéristiques pétrophysiques des pierres de carrières anciennes (porosité, résistance en compression) ;
    • PIERRESUD : système d’information sur les pierres et monuments des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, BRGM/CICRP11 ;
    • Corpus Lapidum Burgundiae : plateforme numérique mutualiste sur l’utilisation des matériaux pierreux en Bourgogne (édifices, lithothèques, dépôts lapidaires…), UFR Sciences de la Terre – Université de Bourgogne ;
    • Marmor : Collection de marbres issue de la lithothèque du LRMH12.

    La cathédrale Notre-Dame de Paris à l’origine de la méthode d’étude des pierres des monuments historiques

    18C’est à Notre-Dame de Paris que ces idées d’études préalables avaient germé en 1969 au moment du nettoyage de la façade occidentale13. La présence d’échafaudage avait permis l’observation des pierres, d’en déterminer la nature, les provenances, de caractériser les altérations et de révéler la présence d’une polychromie. L’étude des portails de la façade occidentale, en relation avec la documentation des travaux de Viollet-le-Duc a donné une publication de Jean Taralon14 qui a fait référence dans le domaine de la conservation/restauration naissant à l’époque.

    19Les travaux de nettoyage à l’intérieur de l’édifice en 1985-1986 ont permis d’effectuer les observations à partir des échafaudages15. Par la suite, les travaux sur la tour sud ont été suivis par les géologues et la documentation récoltée a été ajoutée au dossier du LRMH.

    20En 2008, sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte en chef des monuments historiques, les études de géoarchéologie ont été menées sur la Porte-Rouge, située sur le bas-côté nord de la nef16, en préalable à la restauration débutée en 2011. Cela représente un exemple du travail multidisciplinaire effectué à la fois sur le monument, dans les anciennes carrières et par une recherche documentaire, architectes, restaurateurs, géologues, conservateurs et documentalistes œuvrant en parallèle et en interaction.

    L’exemple de la Porte-Rouge

    21La Porte-Rouge s’ouvre dans l’une des chapelles latérales nord de la cathédrale, tout près du chœur. Construite vers 1270 par Pierre de Montreuil à la demande de Saint-Louis, cette porte reliant Notre-Dame et le quartier canonial était réservée aux chanoines. Au tympan, de part et d’autre du Christ et de la Vierge couronnée par un ange, seraient représentés Saint-Louis et son épouse, Marguerite de Provence. Les voussures illustrent la vie de saint Marcel, évêque de Paris.

    Les pierres mises en œuvre à l’origine

    22Les observations réalisées sur échafaudage lors de l’étude avant restauration de la Porte-Rouge de la cathédrale ont permis de repérer deux types de calcaire du Lutétien ayant été mis en œuvre avec certitude à l’origine, outre ceux des parements localisés de part et d’autre de la Porte-Rouge qui sont les calcaires utilisés pour la construction de la cathédrale, issus de carrières souterraines de Paris, dans les niveaux des Bancs Francs (fig. 2).

    Fig. 2. – Minute du relevé lithologique réalisé en 2008 par Annie Blanc, Lise Leroux (géologue et ingénieure de recherche au LRMH) et Olivier Rolland (restaurateur de sculpture).

    23Le tympan monolithe est sculpté dans un calcaire dur, appelé « Liais de Paris17 ». Très fin, très homogène car peu coquillier, c’est un excellent matériau de sculpture, permettant une grande finesse de trait, associé à une bonne aptitude à recevoir la polychromie. Il était très réputé au Moyen Âge, exporté sur un vaste territoire allant de Chartres à Auxerre, et, bien sûr, utilisé avec dextérité dans la sculpture de Notre-Dame de Paris. Dans la Porte-Rouge, le choix unique de cette pierre pour la réalisation du tympan participe à la valeur de la scène divine et royale qui y est représentée.

    24Le soubassement, dont une partie est sculptée en bas-relief, le parement des ébrasements, la sculpture des voussures, sont édifiés avec un calcaire fin et dur appelé « Cliquart ». Remarquons que les blocs dans les ébrasements sont assez systématiquement parcourus d’une fine bande d’altération en creux liée à une petite hétérogénéité de la roche. Ce Cliquart a été utilisé à bon escient dans l’œuvre de la Porte-Rouge. Il est bien adapté à la réalisation des ébrasements et à la sculpture de bas-reliefs non figuratifs, ou même des voussures sculptées, quoiqu’un peu plus coquillier et moins fin que le Liais. Il est plus facile à obtenir en carrière et probablement de moindre coût. Le banc de Cliquart était souvent plus épais que le banc de Liais, ce qui n’est pas sans importance dans la réalisation de voussoirs. Comme le Liais, cette pierre était exploitée au xiiie siècle dans les carrières souterraines de Paris.

    25Cet approvisionnement unique et homogène nous indique que la pierre du portail, hormis le tympan peut-être, a été prise dans une même carrière, et même très probablement dans un seul atelier d’extraction. La provenance exacte de ces pierres parisiennes ne peut pas être plus précisément déterminée en l’absence de textes, car de nombreuses carrières fonctionnaient alors sous les actuels 5e, 6e, 13e et 14e arrondissements de Paris, et aussi en dehors de Paris, comme à Charenton, à Conflans, au confluent de la Seine et de la Marne, où Pierre de Montreuil possédait une exploitation.

    26La Porte-Rouge n’échappe pas aux règles constructives de la cathédrale au xiiie siècle. Insérée dans un édifice en pierre calcaire exploitée dans le sous-sol parisien, cette œuvre est réalisée avec des matériaux locaux choisis pour leurs compétences. Ainsi, le Cliquart des carrières parisiennes ou de proche banlieue est mis en œuvre dans les ébrasements, utilisé pour la sculpture non figurative des bas-reliefs et les voussures qui nécessitent un volume de pierre adapté, tandis que le Liais, très réputé, est sélectionné pour le tympan. Dans la Porte-Rouge, le choix unique de cette pierre pour la réalisation du tympan participe à la valeur de la scène divine et royale qui y est représentée.

    Les pierres utilisées lors des restaurations de la Porte-Rouge

    27Les observations réalisées depuis l’échafaudage mis en place en 2008 ont permis de déterminer que six types de pierre différents ont été mis en œuvre lors de restaurations antérieures, et ce au moins en deux étapes (fig. 2). Les travaux menés dans la partie septentrionale de la cathédrale par Viollet-le-Duc entre 1858 et 1859 constituent la première phase de restauration détectée sur la Porte-Rouge. Malheureusement, les attachements de maçonnerie relatifs aux travaux exécutés18 ne contiennent aucun dessin ou document relatif à la Porte-Rouge. Seules quelques photographies antérieures et postérieures à l’intervention de Viollet-le-Duc nous renseignent sur la teneur de la restauration (Le Secq 1850, Marville 1851, vers 1860, 1893…).

    28Au moins deux interventions ont eu lieu au cours du xxe siècle, mais sont peu renseignées. Dans les années 1910-1920, une campagne a surtout concerné les parties hautes de l’œuvre, et comportait des travaux de maçonneries. En 1942, il y a eu un nettoyage des sculptures, a priori sans substitution de pierre.

    29La restauration parfaitement attribuable à Viollet-le-Duc est celle réalisée avec un calcaire très comparable à la pierre d’origine, un Cliquart parisien. En effet, des carrières localisées dans la banlieue sud de Paris, où l’on a pu tirer ce type de pierre encore au xixe siècle, n’étaient plus en activité au moment de la seconde intervention. Il est très difficile de différencier cette pierre de restauration de la pierre d’origine, si ce n’est par la qualité de la sculpture, la mise en œuvre et, dans certains cas, l’absence de la fine bande en creux, quoique cette absence ne soit pas une preuve absolue, mais simplement un indice.

    30Les travaux de Viollet-le-Duc avec cette pierre affectent les ébrasements, y compris la partie de soubassement sculptée en bas-relief, attribuable au sculpteur Geoffroy-Dechaume, ainsi que la sculpture des voussures et du tympan.

    31Une autre pierre peut être attribuée sans nul doute à l’intervention de Viollet-le-Duc. C’est celle qui est utilisée massivement dans le gable encadrant les voussures, dont une partie a sans doute ensuite été reprise lors de la restauration suivante. Cette pierre est aussi présente ponctuellement dans le parement et dans le soubassement à droite de l’escalier. C’est un calcaire d’âge lutétien contenant des fossiles silicifiés. Par son contenu fossile et son aspect, en comparaison avec les collections de référence, il est apparu possible que ce calcaire provienne de carrières situées dans l’Aisne.

    32Enfin, en soubassement, les toutes premières assises sont en calcaire oolithique du Jurassique provenant probablement de Bourgogne. Cette pierre est utilisée plus largement sur la façade de part et d’autre de la Porte-Rouge, dans le soubassement qui se poursuit au niveau des chapelles du bas-côté. De ce fait, il est attribuable aux travaux de Viollet-le-Duc.

    33Dans l’emmarchement, un calcaire lutétien dur contenant des cérithes a été mis en œuvre à une période difficile à estimer par la simple observation de la Porte-Rouge, mais qui sur la documentation photographique apparaît nettement située entre 1850 et 1860. Ce calcaire provient certainement des carrières de Bagneux, de Montrouge ou d’Arcueil.

    34Dans les pinacles, un calcaire à oolithes vacuolaires est très caractéristique des formations jurassiques affleurant dans la région de Savonnières (Meuse). Sa mise en œuvre est soit synchrone, soit postérieure au calcaire à fossiles silicifiés de l’Aisne.

    35En restauration de la sculpture des voussures, ainsi que dans les crochets du rampant et son fleuron sommital, a été utilisé un calcaire lutétien, fin, issu du « Vergelé » de la vallée de l’Oise, provenant probablement de Saint-Maximin. Sa mise en œuvre, postérieure à celle du calcaire de l’Aisne, est attribuable avec certitude à une seconde intervention, au xxe siècle.

    36De façon tout à fait anecdotique, un septième lithotype est utilisé : un unique bloc de calcaire d’âge lutétien contenant un petit fossile tubulaire appelé Ditrupa stangulata. Ce fossile est caractéristique d’un niveau géologique appelé banc de Saint-Leu du fait qu’il a surtout été exploité à Saint-Leu-d’Esserent dans la vallée de l’Oise. Ce bloc assez dur, pierre relativement bien conservée en dépit de sa mise en œuvre en glacis, ne semble pas provenir de la vallée de l’Oise, mais d’un niveau d’âge équivalent, dans une variété plus ferme, qui existe plutôt dans l’Aisne ou la Marne.

    37On notera enfin que la restauration de la Porte-Rouge diffère de celle des portails de la façade occidentale, car les réalisations en sculpture sont peu nombreuses ; les restitutions des rares parties manquantes sont des moulages ou modelages à l’aide un mortier rosâtre, sans doute de la main de Geoffroy Dechaume.

    Détermination de la provenance de certaines pierres utilisées au xixe siècle par recoupement d’informations

    38L’absence d’attachement de maçonnerie concernant spécifiquement la Porte-Rouge nous oblige à procéder par déduction afin de préciser la provenance de pierres utilisée lors du chantier du xixe siècle.

    39Le Cliquart utilisé en restauration des ébrasements ne fait pas grand mystère. Nous savons par sa pétrographie qu’elle a été exploitée dans la banlieue sud de Paris, et les nombreux attachements de maçonnerie des travaux effectués par Viollet-le-Duc citent de façon récurrente la pierre du Moulin des carrières d’Arcueil et les carrières de Bagneux.

    40Concernant les soubassements de la façade septentrionale de la nef, de part et d’autre de la Porte-Rouge, la pierre indiquée sur les attachements de maçonnerie est la « pierre de Cric19 ». Cette pierre était très appréciée sur le chantier de Notre-Dame pour une mise en œuvre dans les parties basses. Ainsi, elle est utilisée dans le soubassement de la fontaine de la cour de la nouvelle sacristie, édifiée en 1853. Le calcaire oolithique, supposé bourguignon, correspond à cette « pierre de Cric ». Précisons qu’il s’agit très certainement de la « pierre de Cry », c’est-à-dire de Cry-sur-Armançon, localité située dans l’Yonne, au sein d’un bassin carrier de grande ampleur, et en plein essor au milieu du xixe siècle.

    41Il est peu probable que la pierre de Savonnières ait été mise en œuvre par Viollet-le-Duc, car il apparaît, au travers de la lecture des attachements de maçonnerie, que c’est une pierre qu’il n’a pas utilisée autrement dans l’édifice. La photographie de Le Secq de 1850, antérieure à l’intervention de Viollet-le Duc, nous informe sur l’état dégradé des pinacles, en particulier des parties sommitales. Une photographie datant de 1893 montre qu’ils ont alors fait l’objet de restitutions. Il faut donc envisager que les pinacles ont été restaurés une première fois avec une pierre de nature inconnue (« Cliquart » comparable à celui utilisé dans les ébrasements ? Pierre de l’Aisne comme pour le gable ? Autre approvisionnement dont la durabilité s’est avérée faible ?). Ces pinacles ont ensuite fait l’objet d’une seconde intervention (1910-1920), surtout dans les parties hautes soumises aux intempéries, à l’instar des crochets du gable eux aussi remplacés. Sur une photographie datant de 1912, le pinacle ouest est manquant, probablement démonté pour permettre la mise en œuvre de sa base en pierre de Savonnières.

    42Les attachements de maçonnerie relatifs aux travaux réalisés par Viollet-le-Duc n’existant pas pour la Porte-Rouge, c’est par observation et déduction que la chronologie de mise en œuvre des six principaux types de pierres utilisées lors des deux restaurations de 1858-1859 et de 1910-1920 a pu être établie.

    43La pierre la plus énigmatique était en 2008 celle utilisée pour la réfection du gable par Viollet-le-Duc. S’il a pu être assez facilement établi que la pierre était issue du nord-est du bassin de Paris, et peut-être de l’Aisne, la présence de fossiles silicifiés renvoie à la question suivante : quelle est la provenance exacte de cette pierre si particulière, qui par ailleurs est utilisée dans certains grands édifices parisiens construits au xixe siècle comme le Pavillon de Marsan au Louvre, et surtout dans les restaurations de nombreux autres monuments (Sainte-Chapelle, Notre-Dame de Chartres…).

    44La lecture des attachements des travaux de maçonneries de Viollet-le-Duc concernant les travaux réalisés à Notre-Dame de Paris et des archives concernant les travaux de Boeswillwald à Notre-Dame de Chartres entre 1857 et 1896, ainsi que la liste des pierres utilisée au palais du Louvre par Lefuel, met en évidence un dénominateur commun : « Roche de Laversine ». Encore fallait-il déterminer si cela correspond aux carrières bien connues situées vers le château de Laversine sur la commune de Saint-Maximin dans l’Oise, ou aux carrières des Longues Raies localisées sur la commune de Laversine dans l’Aisne.

    45En 2011, une reconnaissance dans les carrières localisées sur le plateau à l’est de Laversine, dans l’Aisne, nous a confirmé l’existence de petites carrières où sont bien présents des bancs de calcaires assez durs contenant ces fossiles silicifiés. L’identification de cette pierre apporte beaucoup à la lecture des travaux du xixe siècle sur l’édifice. Ce chantier de 1858-1859 peut être mis en parallèle avec l’intervention de Viollet-le-Duc sur d’autres monuments où il a utilisé cette pierre : à Pierrefonds avec certitude à partir de 1860 avec l’entreprise Sauvage et Milon ainsi qu’à la basilique Saint-Denis entre 1860 et 1875. Cette découverte nous permet maintenant de mieux reconnaître les interventions xixe siècle sur d’autres édifices majeurs, en particulier sur les façades de la Sainte-Chapelle à Paris, où les calcaires à fossiles silicifiés sont présents aussi. Sans compter que depuis l’incendie du 15 avril 2019, la reconnaissance aisée de cette fourniture a été un élément essentiel dans le cadre du diagnostic des altérations et pour l’évaluation des besoins en termes de substitution au sein de la cathédrale.

    46À cela s’ajoute le fait que l’unique bloc contenant Ditrupa stangulata, fossile caractéristique du banc de Saint-Leu, mais dans un faciès assez dur, bien conservé en glacis, n’est pas si anecdotique que cela à l’échelle de l’édifice, du moins dans ses parties datant du xixe siècle. En effet, les observations récentes (2019-2021) menées sur l’édifice à la suite de l’incendie nous indiquent que la pierre de Soissons, notée sur de nombreux attachements de maçonnerie, peut contenir ce fossile. C’est le cas par exemple de certaines chimères du massif occidental ou du parement de la tour sud.

     

    47Conservatoire d’une riche documentation technique sur les matériaux et sur les travaux, acteur de multiples études scientifiques pluridisciplinaires depuis plus de 50 ans, le LRMH constitue une ressource unique, centralisée et pérenne. Cela concerne plus particulièrement la pierre de construction pour laquelle il est dépositaire d’une lithothèque et documentation associée datant des années 1940.

    48Cet outil s’inscrit dans une continuité de transmission des connaissances au service des monuments historiques, et se doit d’être alimenté pour garder son efficience. Ceci nécessite un travail conjoint du pôle documentation et des pôles scientifiques du LRMH, mais aussi une remontée d’information des chantiers de restauration (études de laboratoires privés, données scientifiques sur les matériaux, retours d’expérience sur des procédés de conservation, informations sur l’activité des carrières…).

    49Concernant plus particulièrement la cathédrale Notre-Dame de Paris, une étude avant restauration du chevet avait été menée en 2015 pour les travaux prévus à compter de 2019, et les relevés lithologiques réalisés alors sur les arcs-boutants s’inscrivent dans ce travail de documentation continue. Après l’incendie du 15 avril 2019, le LRMH a naturellement, du fait de sa fonction et son savoir-faire, été l’un des premiers intervenants scientifiques apportant données et conseils en vue de la sauvegarde de l’édifice, sur la base de cette documentation ancienne et récente. Dès les premières opérations de tri des vestiges, ont ainsi pu être récoltées des pierres tombées des voûtes, les natures de pierre identifiées, leurs altérations étudiées, permettant une sélection en vue de les conserver et si possible les remettre en place au moment du remontage. Sur les murs gouttereaux, le même type de travail a pu être effectué en collaboration avec les cordistes pour l’accès à ces endroits délicats. Il en résulte aussi une évaluation des besoins (nature, quantités, dimensions) en pierre de taille neuve, issue de carrières en activité, pour les parties hautes de l’édifice affectées par l’incendie.

    Bibliographie

    Anonyme, « In Memoriam, Jean Taralon (1909-1996) », Bulletin Monumental, tome 155, no 1, 1997, p. 7-9.

    Benoit Paul, Blanc Annie, Gély Jean-Pierre, Guini-Skliar Ania, Obert Daniel et Viré Marc, « La pierre de Paris. Méthode d’étude de la pierre à bâtir depuis son extraction jusqu’à sa mise en œuvre », dans Lorenz Jacqueline, Tardy Dominique et Coulon Gérard (éd.), Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, no 18, 2000, p. 121-158.

    Blanc Annie, Jaton Claude et Orial Geneviève, « Étude des matériaux et des altérations de la façade de Notre-Dame-la-Grande de Poitiers avant restauration », dans The conservation of stone, tome II : deterioration, Centro per la conservazione delle sculture all’ aperto, Bologna, 1981, p. 333-354.

    Blanc Annie et Lorenz Claude, « Observations sur la nature des matériaux de la cathédrale Notre-Dame de Paris », GESTA XXIX/1, The International Center of Medieval Art, 1990, p. 132-138.

    Blanc Annie et Lorenz Claude, « Étude géologique des anciennes carrières de Paris : son utilité pour la connaissance et la restauration des monuments », dans Marinos Paul G. et Koukis George C. (éd.), The engineering geology of ancients works, monuments and historical sites, Proceedings of an international symposium, Athens, 19 au 23 septembre 1988, A. Balkena, Rotterdam, 1990, p. 639-647.

    Blanc Annie, Lorenz Claude et Viré Marc, « Le liais de Paris et son utilisation dans les monuments », dans Lorenz Jacqueline et Benoit Paul (éd.), Carrières et constructions en France et dans les pays limitrophes, actes du 115e congrès national des Sociétés Savantes, Avignon, 1990, Paris, Éditions du CTHS, 1991, p. 247-259.

    Blanc Annie, Jaton Claude, Taralon Jean, « Les restaurations de Notre-Dame de Paris », dans Philippon Jacques, Jeannette Daniel et Lefèvre Roger-Alexandre (coord.), La conservation de la pierre monumentale, Paris, Presses du CNRS, 1992, p. 145-149.

    Blanc Annie, Lorenz Claude, Philippon Jacques, Blanc Philippe, Jeannette Daniel, Lorenz Jacqueline, Deroin Jean-Paul, Bozelec Jean-Pierre et Déotti Gérard, Nature et origine des pierres des monuments, Paris, GEOPRE Maison de la géologie, 1996, CD ROM et livret.

    Blanc Annie et Gély Jean-Pierre, « Le Lutétien supérieur des anciennes carrières de Paris et de sa banlieue : essai de corrélations lithostratigraphiques et application à l’Archéologie », dans Lorenz Jacqueline, Benoit Paul et Obert Daniel (éd.), 1997, p. 175-181.

    Blanc Annie et Leroux Lise, « L’identification géologique des matériaux de construction au Laboratoire de recherche des monuments historiques », Bulletin d’information des géologues du Bassin de Paris, vol. 43, no 4, 2006, p. 11-16.

    Blanc Annie et Leroux Lise, « Le rôle des géologues du Laboratoire de recherche des monuments historiques », dans Blary François, Gély Jean-Pierre et Lorenz Jacqueline (dir.), Pierres du patrimoine européen, économie de la pierre de l’Antiquité à la fin des Temps modernes, Archéologie et histoire de l’art 28, Paris et Château-Thierry, Éditions du CTHS et Patrimoine vivant, 2008, p. 445-451.

    Blanc Annie, Leroux Lise, Mayer Jeannie, Pillet Élisabeth, « Les grandes restaurations : xixe siècle », dans Cardinal André Vingt-Trois (dir.), La grâce d’une cathédrale, Notre-Dame de Paris, Strasbourg, édition La Nuée Bleue, 2012, p. 134-143.

    Büttner Stéphane, avec la collaboration de Leroux Lise, « La pierre : nature et approvisionnement du chantier », dans Sapin Christian (dir.), Saint-Étienne d’Auxerre : la seconde vie d’une cathédrale, Auxerre/Paris, Picard, 2011, p. 335-349.

    Gély Jean-Pierre et Leroux Lise, « Les pierres d’appareil du Lutétien du bassin de Paris : une ressource complexe et diverse », Bulletin d’information des géologues du Bassin de Paris, vol. 56, no 4, 2019, p. 26-39.

    Leroux Lise, « L’identification des pierres en œuvre dans le patrimoine bâti », dans Dillmann Philippe et Bellot-Gurlet Ludovic (dir.), Circulation et provenance des matériaux dans les sociétés anciennes, éditions des archives contemporaines, 2014, p. 35-55.

    Lorenz Claude et Lorenz Jacqueline, avec la collaboration de Blanc Annie, « Observations stratigraphiques et sédimentologiques sur le calcaire grossier lutétien des anciennes carrières du Val-de-Grâce à Paris », Bulletin d’information des géologues du Bassin de Paris, vol. 19, no 4, 1982, p. 3-13.

    Magnien Aline, « 1970-2020. Le laboratoire de recherche des monuments historiques. Un demi-siècle au service du patrimoine » (album patrimoine), Paris, Beaux-Arts éditions, 2020, 124 p.

    Noël Pierre, Les Carrières françaises de pierre de taille, Paris, éd. Société de diffusion des Techniques du bâtiment et des Travaux publics, 1970, 261 p.

    Sancholle-Henraux Bernard, Marbres, pierres, grès, granits de France. Essai de nomenclature, Cambrai, Imprimerie Henry Mallez & Cie, 1928, 271 p.

    Taralon Jean, « Observation sur le portail central et sur la façade occidentale de Notre-Dame de Paris », Bulletin Monumental, avec une étude des calcaires du portail central de la façade ouest de Notre-Dame de Paris, t. 149, IV, 1991, p. 414-417.

    Notes de bas de page

    1Büttner et coll., 2011.

    2A. Blanc et al. 1996 ; L. Leroux, 2014.

    3Anonyme, 1997.

    4A. Magnien, 2020.

    5J.-P. Gély et L. Leroux, 2019.

    6C. Lorenz et J. Lorenz, 1982 ; P. Benoit et al., 2000.

    7A. Blanc et C. Lorenz, 1988, 1990 ; A. Blanc et J.-P. Gély, 1997.

    8A. Blanc et al., 1981.

    9A. Blanc et L. Leroux, 2006, 2008.

    10Les plus récents répertoires édités sont : B. Sancholle-Henraux, 1928 ; P. Noël, 1970.

    11http://pierresud.brgm.fr/

    12https://www.marmor.fr/

    13A. Blanc et al., 1992.

    14J. Taralon, 1991.

    15A. Blanc et C. Lorenz, 1990.

    16A. Blanc et al., 2012.

    17A. Blanc et al., 1991.

    18Plans 58 à 65 – série partiellement datée de l’année 1858, signée par les entrepreneurs Sauvage et Milon, l’inspecteur Vila et l’architecte Viollet-le-Duc ; plans 84 à 101 – série concernant les travaux exécutés dans les années 1858-1859, signés par les entrepreneurs Sauvage et Milon, l’inspecteur Queyron et l’architecte Viollet-le-Duc. Archives de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, dorénavant Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP).

    19À titre d’exemple, on la trouve représentée en quatre assises de soubassement sur l’attachement 58.

    Auteurs

    • Annie Blanc

      Géologue, membre du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH, USR 3224, université Pierre-et-Marie-Curie/ministère de la Culture)

    • Lise Leroux

      Ingénieure de recherche, Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH, USR 3224, CRC, MNHN, CNRS, MCC)

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    1Büttner et coll., 2011.

    2A. Blanc et al. 1996 ; L. Leroux, 2014.

    3Anonyme, 1997.

    4A. Magnien, 2020.

    5J.-P. Gély et L. Leroux, 2019.

    6C. Lorenz et J. Lorenz, 1982 ; P. Benoit et al., 2000.

    7A. Blanc et C. Lorenz, 1988, 1990 ; A. Blanc et J.-P. Gély, 1997.

    8A. Blanc et al., 1981.

    9A. Blanc et L. Leroux, 2006, 2008.

    10Les plus récents répertoires édités sont : B. Sancholle-Henraux, 1928 ; P. Noël, 1970.

    11http://pierresud.brgm.fr/

    12https://www.marmor.fr/

    13A. Blanc et al., 1992.

    14J. Taralon, 1991.

    15A. Blanc et C. Lorenz, 1990.

    16A. Blanc et al., 2012.

    17A. Blanc et al., 1991.

    18Plans 58 à 65 – série partiellement datée de l’année 1858, signée par les entrepreneurs Sauvage et Milon, l’inspecteur Vila et l’architecte Viollet-le-Duc ; plans 84 à 101 – série concernant les travaux exécutés dans les années 1858-1859, signés par les entrepreneurs Sauvage et Milon, l’inspecteur Queyron et l’architecte Viollet-le-Duc. Archives de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, dorénavant Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP).

    19À titre d’exemple, on la trouve représentée en quatre assises de soubassement sur l’attachement 58.

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    Blanc, A., & Leroux, L. (2025). La collection d’échantillons de roche du Laboratoire de recherche des monuments historiques : outil d’évaluation de la ressource en pierre pour la restauration de Notre-Dame de Paris. In Éric Buffetaut & J. Tabouelle (éds.), Collections de sciences naturelles : collecte, étude, conservation. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/14zqg
    Blanc, Annie, et Lise Leroux. « La collection d’échantillons de roche du Laboratoire de recherche des monuments historiques : outil d’évaluation de la ressource en pierre pour la restauration de Notre-Dame de Paris ». In Collections de sciences naturelles : collecte, étude, conservation, édité par Éric Buffetaut et Jérôme Tabouelle. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025. doi:10.4000/14zqg.
    Blanc, Annie, et Lise Leroux. « La collection d’échantillons de roche du Laboratoire de recherche des monuments historiques : outil d’évaluation de la ressource en pierre pour la restauration de Notre-Dame de Paris ». Collections de sciences naturelles : collecte, étude, conservation, édité par Éric Buffetaut et Jérôme Tabouelle, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/14zqg.

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    Buffetaut, Éric, et Jérôme Tabouelle, éditeurs. Collections de sciences naturelles : collecte, étude, conservation. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/14zqq.
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