• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16460 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16460 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions du Comité des travaux historiqu...
  • ›
  • Actes des congrès nationaux des sociétés...
  • ›
  • Constitution et mutations des périphérie...
  • ›
  • L’image des périphéries et ses transform...
  • ›
  • « Rénover » les quartiers périphériques ...
  • Éditions du Comité des travaux historiqu...
  • Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral D’espaces de modernité à des espaces de rejet : un héritage embarrassant Entre réhabilitation, démolition et rénovation, une transformation radicale pour un changement d’image Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    « Rénover1 » les quartiers périphériques en Politique de la ville pour un changement d’image

    Brigitte Bertoncello

    Résumé

    Après avoir été des espaces de modernité, les grands ensembles ont très vite fait l’objet de critiques nombreuses justifiant la mise en place d’une politique nationale spécifique destinée à revaloriser ces zones urbaines et à réduire les inégalités entre les territoires. Les orientations de cette politique, qualifiée d’innovante du fait de l’originalité de ses approches, ont pu évoluer au cours des quarante années d’intervention dans les quartiers d’habitat social en difficulté, majoritairement localisés en périphérie, avec cependant un axe indéfectible à savoir le changement d’image souhaité. Cet article interroge la manière dont cette politique a traduit cet objectif de changement d’image à travers la transformation physique de ces quartiers issus d’une planification normalisatrice. Il semble ici s’agir de « faire la ville » là où l’urbanisme a mal été sollicité, la question étant de comprendre comment, à partir d’une combinaison d’actions spectaculaires pour certaines et moins visibles pour d’autres, la ville y est produite, pour quel renouveau ?

    Remerciements

    L’auteur remercie Katia Magné et le Musée virtuel du logement social de l’Union sociale pour l’Habitat, Jeanine Fialon-Castel et Sandra Galland (Erilia), Laure Portalé (Métropole Aix-Marseille-Provence) et Thibaut Prévost (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) pour les illustrations fournies

    Texte intégral D’espaces de modernité à des espaces de rejet : un héritage embarrassant Des espaces de modernité, symbole du progrès social… … aux grands ensembles objets de nombreuses critiques Naissance et évolutions d’une politique nationale visant un changement d’image Entre réhabilitation, démolition et rénovation, une transformation radicale pour un changement d’image D’un objectif de réparation à une dynamique de renouvellement urbain Intégration des démolitions dans les projets de transformation des grands ensembles Un bilan quantitatif et qualitatif transformant les grands ensembles et leur image Faire la ville dans les quartiers de grands ensembles Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1S’intéresser aux grands ensembles mérite quelques précisions de contenu. Dans un article publié en 1963 dans le Bulletin de l’Association des géographes français, Yves Lacoste les présente comme « une unité d’habitat relativement autonome formée de bâtiments collectifs, édifiés en un assez bref laps de temps, en fonction d’un plan global qui comprend plus de 1 000 logements environ ». Mode de production, forme urbaine et critères quantitatifs semblent être au cœur de la définition. Aujourd’hui, il est commun de préciser que ces grands ensembles ne sont pas tous localisés en périphérie, ni tous de nature à accueillir des populations à faibles revenus. Bien que ces quartiers aient été symbole de confort et modernité à leur création, la majorité d’entre eux se sont dégradés et ont pu faire/et font encore l’objet des procédures de la Politique de la ville1, politique nationale de lutte contre les exclusions sociales et urbaines, dont un des objectifs consiste à en faire évoluer l’image.

    2Le présent article n’interroge pas l’image des quartiers, leurs représentations, la perception qu’en ont les habitants et les populations extérieures, ni ne décortique l’image véhiculée par les médias ou encore celles imaginées par les collectivités via le marketing territorial pour rendre leur territoire plus attractif. Il reprend les éléments du rapport Dubedout (1983), texte fondateur de la Politique de la ville, précisant que l’image puise sa source dans la réalité du quartier, les transformations spatiales étant plus visibles et « immédiatement tangibles » que la réalité sociale « perceptible de manière plus diffuse ». Nous nous centrerons ainsi seulement sur l’aspect physique des grands ensembles correspondant à de lourds investissements bien que le sujet concerne tout autant les questions sociales et économiques.

    3Il s’agit alors d’analyser les changements apportés aux composantes physiques de ces quartiers dont la programmation accompagne le passage du logement à l’habitat, préalable à la transformation de ces territoires en fragments de ville à part entière (hypothèse). Pour ce faire, le propos s’organisera en trois temps : le premier sera consacré au passage des grands ensembles perçus comme élément de modernité à des espaces de rejet, le deuxième examinera les trois grandes phases qui ont marqué ces transformations (réhabilitation, démolition, rénovation) intégrant progressivement l’environnement du logement et le troisième analysera comment les quartiers de grands ensembles tentent de faire ville.

    D’espaces de modernité à des espaces de rejet : un héritage embarrassant

    Des espaces de modernité, symbole du progrès social…

    4Lors de leur création influencée par les théories du Mouvement moderne, les grands ensembles devaient répondre à la pénurie et à la crise du logement d’après-guerre. Construits de manière ponctuelle, pour l’essentiel durant les trente glorieuses2, le plus souvent au gré des opportunités foncières, ils ont progressivement été soumis à un objectif de production de masse, une visée quantitative3 doublée d’une industrialisation de la construction (éléments préfabriqués, moulage du béton, chemin de grue, rationalisation technique des chantiers, répétitivité des plans…). Bien qu’il s’agisse de « construire vite et pas cher » pour satisfaire la demande dans l’urgence, un ensemble d’innovations destinées à améliorer le confort quotidien a toutefois été bien présent (chauffage central, salle d’eau, WC à l’intérieur, vide-ordures, ouverture/ensoleillement…). La course à la construction est facilitée par l’établissement en 1958 des procédures de ZUP (zones à urbaniser par priorité) permettant la production d’au moins 500 logements avec les équipements annexes (fig. 1 et 2). De 1959 à 1969, sont ainsi édifiées 197 ZUP regroupant 2,2 millions de logements, essentiellement des HLM (Fourcaut4).

    Fig. 1. – Cité du Grand Parc, Bordeaux, 1960.

    Carte postale, Édition Tito, M. Berjaud, Bordeaux, vers 1960.

    © Les Hlm en Expos – Musee-Hlm.fr.

    Fig. 2. – Le Haut du Lièvre, Nancy, 1960.

    Carte postale, Édition Sofer, 125 bis, rue Garibaldi, Saint-Maur, vers 1960.

    © Les Hlm en Expos – Musee-Hlm.fr.

    … aux grands ensembles objets de nombreuses critiques

    5Très vite, la forme urbaine des grands ensembles qui a permis de répondre au contexte de crise du logement en accueillant dans un même lieu de fortes concentrations de populations, fait l’objet de désaveux (Genestier, 1988, p. 13).

    6Dès les années 1960, il est question de la « sarcellite » (en référence aux grands ensembles de Sarcelles), une maladie générée par ces nouveaux lieux de vie pouvant rendre leurs habitants dépressifs, un mal de vivre principalement lié à l’ennui, notamment des femmes au foyer et des jeunes. L’image des grands ensembles s’altère dans les années 1970, les premières cités édifiées majoritairement dans l’urgence se dégradent, l’isolation phonique et thermique y est désastreuse, les espaces extérieurs le plus souvent immenses ne sont pas considérés, l’absence de végétation y est criante, leur localisation et leurs mauvaises accessibilités en font des lieux à part, « hors la ville ». À ceci s’ajoutent leur pauvreté architecturale, la répétitivité des plans, leurs monotonies héritées du mode de construction par le chemin de grue et leur difficile adaptation aux évolutions des populations en place et à de nouveaux modes de vie.

    7Construit dans l’urgence pour répondre à la crise du logement, ce parc immobilier s’est dégradé dans la dizaine d’années qui a suivi sa construction. Au niveau national, les critiques s’accompagnent de propositions et de possibles scénarios d’évolution : il est alors déjà question d’un renouvellement des grands ensembles en termes de conception et de contenu, mais aussi du spectre d’éventuelles démolitions. Deux illustrations peuvent en être proposées.

    8Olivier Guichard, ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Équipement, du Logement et du Tourisme, met fin aux grands ensembles en signant la circulaire du 21 mars 1973 relative aux formes d’urbanisation dites grands ensembles et à la lutte contre la ségrégation sociale par l’habitat. Dans une note adressée aux préfets (Journal officiel de la République française, 5 avril 1973 p. 3864. Circulaire du 21 mars 1973), le ministre constate que :

    « L’homogénéité des types et des catégories de logements réalisés, la monotonie des formes et de l’architecture, la perte de la mesure humaine dans l’échelle des constructions ou des ensembles eux-mêmes, l’intervention d’un maître d’ouvrage, d’un architecte ou d’un organisme gestionnaire sur de trop grands ensembles ne favorisent pas une bonne intégration des quartiers nouveaux dans le site urbain, ni celle des habitants nouveaux au sein de la commune qui les accueille. »

    9Il demande que « le renouvellement et la diversité de l’architecture [soient] assurés, spécialement dans les constructions aidées » et que soient encouragés « les maîtres d’ouvrage à faire appel aux techniques et aux concepts qui permettent de rompre avec l’uniformité et la monotonie, et les maîtres d’œuvre à exprimer leur imagination et leur talent ». Afin de pallier les défauts diagnostiqués, le nombre de logements construits par opération est limité et le développement d’autres fonctions urbaines que le logement favorisé.

    10En 1975, le livre blanc de l’Union nationale HLM s’interroge sur « Comment des millions d’hommes et de femmes accepteront-ils de vivre dans des immeubles de seconde zone, mal situés, à l’image de plus en plus douteuse ? » et évoque trois réponses jugées inquiétantes : la constitution de grands ghettos sociaux et raciaux, une révolte urbaine et la démolition qui serait « peut-être, au regard des autres perspectives, le plus souhaitable. Mais alors, quel gaspillage ! » (p. 33).

    11Si la première considération ne place pas le changement d’image au cœur de l’intervention, mais vise une « meilleure qualité de l’habitat et de l’urbanisme », la seconde – tout en faisant le constat d’une image problématique – évoque la gestion financière des possibles solutions à venir, dont la démolition.

    Naissance et évolutions d’une politique nationale visant un changement d’image

    12Considérée comme « ancêtre » (David, 2001, p. 1) de ce qui s’appellera plus tard la Politique de la ville, la procédure Habitat et Vie Sociale (HVS) dont l’objectif est d’« intervenir dans 50 zones urbaines – de type grands ensembles – qui présentent des signes de dégradation et de pauvreté sociale et culturelle », accompagne dès 1977 les premières opérations de réhabilitation. Elle permet aux bailleurs sociaux de « procéder à des travaux de rattrapage des retards de travaux d’entretien, de défauts d’équipements, et d’amélioration des conditions de confort des logements » (Berland-Berthon, 2004, p. 61).

    13Dès 1981, et suite aux rodéos de Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Vénissieux attirant l’attention sur la situation des grands ensembles, le président François Mitterrand tout récemment élu confie à Hubert Dubedout, alors maire de Grenoble, la rédaction d’un rapport sur le sujet. Publié en 1983, sous le titre « Ensemble refaire la ville », il fixe les grandes lignes d’une politique d’intervention dans les quartiers d’habitat social en appui sur des éléments de diagnostic. Il mentionne la « pauvreté de la conception rationalisée des grands ensembles » et propose d’« apporter un remède à l’amnésie de ces cités bâties sans référence à l’histoire des villes, sans fondation symbolique, dans la négation des valeurs urbaines, et sans capacité à susciter la vie collective » (p. 75). Le rapport Dubedout précise qu’il conviendra d’opter pour « des transformations spatiales profondes, et non sur un simple coup de peinture » (p. 76). Il s’intéresse à la question de « réhabiliter ou détruire ? » (p. 78) et penche pour la première option en précisant que la démolition ne peut s’envisager comme un effacement des erreurs du passé et doit si elle est utilisée au cas par cas « produire “un mieux” dans les quartiers ». Dans les faits, la politique conduite depuis plus de quarante ans dans ces quartiers s’est tournée progressivement vers une dynamique de requalification englobant réhabilitation, démolition, reconstruction, respiration, remodelant au cas par cas une forme urbaine héritée de la pensée du Mouvement moderne.

    Entre réhabilitation, démolition et rénovation, une transformation radicale pour un changement d’image

    D’un objectif de réparation à une dynamique de renouvellement urbain

    14Dans le cadre de cette politique de réhabilitation des grands ensembles, expression d’une grande phase de réparation, l’intervention est fortement centrée sur l’isolation thermique et phonique ainsi que l’étanchéité des bâtiments supposant un ravalement des façades qui renforce le plus souvent l’aspect spécifique de ces quartiers.

    15Après de nombreuses réticences sur le sujet, émergent les prémices d’un autre type d’action plus radical à savoir la démolition. À travers ce mode d’intervention, il peut s’agir de faire disparaître un héritage gênant que l’on ne parvient pas ou mal à traiter avec des images spectaculaires (fig. 3) accompagnant la volonté de tourner la page de manière catégorique. Il peut également faire partie d’un projet global de transformation et être convoqué au cas par cas en fonction des contextes en évitant de lui accorder la primeur.

    Fig. 3. – Travaux de démolition en cours, 2013.

    Cliché majabechert © Pixabay.

    16En 1983, avec l’appui du président de la République François Mitterrand, les architectes Roland Castro et Michel Cantal-Dupart créent la mission Banlieues 89 chargée de « faire participer pleinement les banlieues à la civilisation urbaine ». Cette mission considérée comme une « avant-garde urbaine » s’intéresse à la forme urbaine des banlieues qui doivent être aussi belles que la ville. La notion de projet qui apparaît ici s’apparente à une vision globale du développement d’un territoire intégrant la création d’un centre, de nouveaux lieux pour le commerce mais aussi pour la culture et les loisirs, la redécouverte d’un site, le désenclavement (« briser l’étanchéité des emprises »), la fabrication d’une ville avec le transport tout en requalifiant et (re)calibrant les routes, une diversification des types de logements construits… (Banlieues 89, 1989). Elle écarte le seul objectif de réparation : pour mener à bien le projet de transformation de ces quartiers sur un ensemble de communes, toutes les formes d’intervention ont leur place.

    17Au début des années 1990, la démolition est appréhendée comme un possible dans le cadre des Grands Projets Urbains (GPU) programmés dans une quinzaine de quartiers. Fin des années 1990, le renouvellement urbain tel qu’envisagé dans le cadre de la Politique de la ville à travers les Grands Projets de Ville (GPV), et les Opération de Renouvellement Urbain (ORU), renforce et banalise les démolitions.

    Intégration des démolitions dans les projets de transformation des grands ensembles

    18Les lois suivantes vont intégrer les démolitions dans les différents programmes d’intervention en cherchant à mieux les adapter à leur contexte. La notion de projet urbain y est confirmée et permet de dépasser le seul aspect des bâtiments (volumes, styles, couleurs…) pour considérer « leur capacité à créer des tissus urbains compatibles avec les dispositions courantes des villes », favorisant les appropriations et les adaptations (Mangin, Panerai, 1999, p. 9). Ces projets devraient permettre de combiner les propositions sociales, économiques, environnementales, infrastructurelles.

    19Avec la Loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine (loi Borloo), votée en 2003, la notion de démolition prend une autre tournure : il s’agit de penser l’intervention dans un cadre de vie, au service d’un double confort résidentiel et urbain. Sous le vocable « rénovation » apparaît une combinaison d’interventions avec des objectifs nationaux quantitatifs (200 000 logements démolis, 200 000 logements réhabilités et 200 000 nouveaux logements sociaux pour la période 2004-2008). Les projets inscrits dans le cadre du Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) permettent de créer, en plus d’une offre de logements diversifiée, des équipements publics (écoles, parcs, médiathèques…), des commerces, des transports tout en cherchant à désenclaver le quartier. Les enjeux sont résolument urbanistiques.

    20En 2014, la Loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine (loi Lamy) propose une intervention sur les grands ensembles à travers le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) avec une nouvelle approche de l’aménagement des territoires. Le passage de la rénovation urbaine au renouvellement urbain n’est pas anodin, il affirme l’échelle du quartier comme territoire d’intervention et propose une utilisation plus mesurée encore de la démolition.

    « Si le PNRU était focalisé sur des opérations massives de réaménagement des quartiers, privilégiant destruction d’immeubles dégradés, réhabilitations et reconstruction de nouveaux logements, le NPNRU mobilise tous les outils pour développer l’ensemble des fonctions économiques et sociales des quartiers, en accordant une place centrale aux habitants5. »

    21Il vise la réalisation de programmes immobiliers et d’aménagements urbains prenant en compte les usages et les enjeux de gestion et de sûreté tout en contribuant à la transition écologique des quartiers, ainsi que la mixité fonctionnelle et la consolidation du potentiel de développement économique. Ces objectifs ont vocation à être priorisés et adaptés au contexte local par les porteurs de projet.

    Un bilan quantitatif et qualitatif transformant les grands ensembles et leur image

    22Le PNRU, effectif de 2004 à 2020, a permis de transformer 600 quartiers (soit 4 millions d’habitants concernés) avec 160 000 logements locatifs sociaux démolis, 140 000 logements locatifs sociaux construits, 340 000 logements locatifs sociaux réhabilités, 80 000 logements en accession à la propriété construits, 520 équipements scolaires construits ou réhabilités (source site ANRU). Le NPNRU, quant à lui, concerne 216 quartiers d’intérêt national et 264 quartiers d’intérêt régional, soit une transformation profonde de 480 quartiers prioritaires de la Politique de la Ville (parmi les 1 514 QPV identifiés) dans lesquels résident 3 millions d’habitants.

    23L’ensemble de ces programmations tente de rendre aux grands ensembles un caractère urbain. Reste à trouver la marche à suivre la plus satisfaisante possible. Dans un entretien pour les Cahiers d’histoire, R. Castro constate en 2009 une « étrange parenté » entre Banlieues 89 et les projets de Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer. Il déclare alors :

    « J’adhère à l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain (ANRU), projet à l’échelle nationale, sorte de guichet unique, même si on y privilégie trop la démolition plutôt que le remodelage. » (Guillot, 2009)

    24Roland Castro et Sophie Denissof défendent l’idée de « (Re)modeler/Métamorphoser » les grands ensembles, sorte de « sculpture de l’existant », une approche au cas par cas plutôt que de privilégier la démolition-reconstruction qu’ils considèrent comme un événement douloureux. Depuis la loi Borloo de 2003 créant l’ANRU, le NPNRU a quelque peu fait évoluer les principes déployés dans le PNRU concrétisant le passage de la rénovation urbaine au renouvellement urbain. Des démolitions sont encore envisagées (plus de 100 000 logements – source ANRU) de manière moins précipitée, plus réfléchie, en fonction des territoires, des problématiques, des besoins locaux, intégrant une prise en compte de la qualité environnementale et associant les habitants aux programmes de renouvellement urbain. Le double passage du logement à l’habitat puis de la rénovation urbaine au renouvellement urbain amène à se rapprocher d’une intention de ville (fig. 4).

    Fig. 4. – Premier numéro du magazine de l’ANRU intitulé « En ville ».

    Agence Nationale de Renouvellement Urbain (ANRU) : https://www.anru.fr/.

    Faire la ville dans les quartiers de grands ensembles

    25Dans une charte des principes présidant à la reconstruction, Raoul Dautry, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (1944-1946) précisait :

    « Sachez donc être modernes en sauvegardant l’harmonie avec ce qui entoure votre édifice. Par contre dans les grands ensembles neufs, rien ne vous empêchera, et je vous y invite même, à rechercher des formes neuves, pourvu qu’elles soient rationnelles et belles. Vous atteindrez là le but cherché si vous savez, dans ces ensembles, atteindre la beauté tout en respectant l’ordre et l’harmonie. » (Pillement, 1957, p. 70)

    26Quelques décennies plus tard, le bilan de ces nouvelles constructions est sans appel : beauté, ordre et harmonie ne semblent pas refléter la situation des quartiers de grands ensembles. Tout en analysant la manière dont les grands ensembles ont été conçus, Annie Fourcaut affirme :

    « Ils ne sont pas le résultat d’une opération d’urbanisme planifié et ne sont pas pensés avec un projet d’aménagement du territoire ; privés d’équipements, leurs habitants ne peuvent recréer une vie urbaine ; ils constituent des cités-dortoirs, sans aucun souci de l’équilibre emploi-résidence, simple juxtaposition de logements par application rigide du zoning fonctionnaliste. » (Fourcaut, 2006, p. 5)

    27Après avoir tenté d’humaniser les grands ensembles, et ceci dès la création des ZUP en contrôlant et équipant ces nouveaux lieux de vie, il semble s’agir aujourd’hui de « faire la ville » là où l’urbanisme a mal été sollicité. La question est de comprendre comment, à partir d’une combinaison d’actions spectaculaires pour certaines et moins visibles pour d’autres, la ville y est produite, pour quel renouveau ?

    28Si dans un premier temps, il s’est agi de briser la monofonctionnalité en insufflant des activités économiques (zone franche urbaine-territoire entrepreneur), dans des quartiers dédiés au logement, l’action s’est ensuite portée sur l’habitat. Cette nouvelle approche a permis de considérer l’environnement du logement, à savoir les espaces extérieurs, les équipements, le cadre de vie. Afin de briser un paysage monolithique, les projets de rénovation urbaine recherchent la diversité (des formes d’habitat, des usages) tout autant que la mixité fonctionnelle. Une réflexion est ainsi engagée sur la rupture d’échelle et l’aspect massif de ces quartiers à partir d’interventions sur la taille et la forme des bâtiments. L’objectif est à terme d’effacer leur singularité de grands ensembles homogènes et de travailler la spécificité de chacun de ces quartiers. Banaliser ne signifie pas pour autant uniformiser.

    29Une analyse du vocabulaire utilisé6 pour qualifier les actions conduites dans ces quartiers permet de préciser la nature des interventions. Le vocabulaire appartient au registre de la composition urbaine dans un contexte de renouvellement urbain. Les opérations de démolitions, constructions ou réhabilitation sont au service d’un projet urbain dans lequel il s’agit de redimensionner (les voies), redessiner (le parcellaire), réorganiser, redéfinir (la propriété), clarifier (le statut des espaces), diversifier (l’offre en logements), requalifier (les espaces extérieurs), reconfigurer (les espaces publics, renouveler, étoffer, relier, remailler, restructurer (le réseau viaire), recomposer (les groupes scolaires), reconstituer (une offre d’habitat), améliorer (les performances énergétiques), créer (une nouvelle centralité, un pôle tertiaire), fédérer (les équipements), rééquilibrer, renforcer (le confort et la sécurité), réinsérer (le quartier dans la dynamique d’un secteur urbain), ouvrir (le quartier), réunifier (la ville), etc. Ces différents termes dont l’énumération reste partielle peuvent s’apparenter à l’idée d’« assembler des parties dans un tout » (Riboulet, 1998, préface) sans négliger une indispensable attention aux interrelations entre la partie et le tout (Thibaut, 2014, p. 31). Une autre manière d’intervenir dans les quartiers de grands ensembles et d’y faire la ville s’est progressivement affirmée.

    30Cette démarche soulève un ensemble de considérations dans un contexte de production urbaine modifié plus attentif aux considérations environnementales. Quatre d’entre elles seront retenues en dehors de toute analyse critique : un intérêt pour les enjeux d’ordre foncier à travers la reconsidération du parcellaire, un souci de gestion des territoires au plus près des habitants, l’identification d’un patrimoine et d’histoire(s) et une redéfinition des notions d’innovations et de modernité.

    31La première concerne l’aménagement des espaces extérieurs. Afin de faciliter le renouveau du tissu des quartiers de grands ensembles, une clarification du statut des espaces extérieurs et de leur prise en charge (commune, aménageur, bailleur…) s’est avérée indispensable. Elle a permis notamment de développer un processus de résidentialisation destiné à constituer des unités résidentielles à partir des immeubles en logement social afin de lutter contre le côté massif, uniforme et anonyme des grands ensembles. Ce processus s’apparente à une recherche d’identité, à la construction d’un environnement plus qualitatif, d’un lieu qui fasse sens pour les habitants. La résidentialisation tente de traiter ce qui a été oublié lors des réhabilitations, à savoir la requalification des espaces extérieurs en imaginant de nouvelles appropriations.

    32La deuxième soulève les questions de gestion. L’amélioration du cadre de vie a été pensée tant par un ensemble de transformations physiques que par leur gestion dans un territoire en projet de renouvellement urbain. La Gestion Urbaine de Proximité (GUP) visant initialement l’articulation des interventions des gestionnaires pour améliorer le quotidien des habitants est devenue un passage obligé dans tout projet urbain. Mettre en relation intervention sur le cadre bâti et amélioration des conditions de gestion du territoire constitue une réelle avancée, certes en période de chantiers mais aussi en vue de possibles ajustements du projet urbain aux besoins des habitants ou encore d’anticipation des évolutions de gestion liées à la transformation générée par le projet urbain.

    33La troisième considération concerne une réflexion sur la notion de patrimoine activée suite aux programmations de démolitions et/ou de travaux d’amélioration des performances énergétiques des bâtiments. Peut-on tout effacer ? N’y a-t-il pas dans ces quartiers un patrimoine à préserver ? Au-delà de la protection des œuvres d’architectes de renom (Jean Renaudie, Georges Candilis, Émile Aillaud…), la posture consiste à préserver des symboles tant d’une idée initiale de l’habitat social, d’un logement digne pour tous que d’une grande période de construction avec ses techniques innovantes qui a transformé les paysages français.

    34Par ailleurs, et toujours avec l’idée d’affirmer des identités de territoires, une valorisation des histoires tissées par des générations d’habitants doublée d’une recherche d’éléments patrimoniaux sont à l’ordre du jour. Après que les sites d’implantation des grands ensembles et leur environnement aient été ignorés, les acteurs de la transformation s’appuient sur l’existant, en cherchent les potentialités et reconnaissent ce qui est là. Il s’agit ainsi de faire émerger les mémoires des lieux sous toutes leurs formes.

    35La dernière concerne la définition de ce qui est considéré comme innovation, un terme très présent dans les différents documents publiés par l’ANRU. L’innovation est attendue dans un ensemble de domaines dont l’agriculture urbaine et la nature en ville, l’économie circulaire et la gestion des déchets, la construction/rénovation/exploitation, les performances énergétiques et environnementales, les modes d’habiter, l’urbanisme transitoire, la participation citoyenne… L’innovation est moins apparentée à des prouesses techniques, elle reste plus sensible à une créativité sur mesure au sujet de thématiques qui outrepassent le seul aspect physique et matériel des grands ensembles.

    36Ces différentes considérations inscrivent les grands ensembles dans une tout autre dynamique qui s’apparente à une fabrique urbaine à la fois classique et renouvelée. En 2012, dans un ouvrage intitulé Des grands ensembles aux cités. L’avenir d’une utopie, Pierre Merlin, après s’être intéressé aux programmes nationaux de rénovation urbaine, déclare que « le parc immobilier des grands ensembles sera, à son achèvement (probablement pas avant 2020), profondément modifié » (Merlin, 2012, p. 120). Au regard des résultats produits par le PNRU et le NPNRU, il est possible d’affirmer aujourd’hui que grand nombre des territoires concernés ont été profondément transformés générant de nouveaux paysages supports à un potentiel changement d’image (fig. 5 et 6). Ce qui a pu être perçu comme un « anti-paysage » (Pinson, 2000, p. 159) connaît, de par l’évolution de son apparence physique, un nouveau rapport à l’espace plus inclusif.

    Fig. 5. – Immeuble le Solaris, à l’entrée du quartier de Picon Busserine à Marseille (14e arr.).

    À l’entrée du quartier de Picon Busserine à Marseille (14e arr.), 25 logements neufs conçus par MAP Architecture et livrés en 2016.

    Source : © Erilia – MAP Architecture.

    Fig. 6. – Médiathèque Salim-Hatubou, Plan d’Aou à Marseille (15e arr.).

    La médiathèque de 900 m2 conçue par l’agence Land et Bag Architectes associés dans le cadre du programme PNRU, ouverte en 2020.

    Cliché L. Portalé ©.

    37La rénovation urbaine a généré des métamorphoses spectaculaires, mais les problèmes des grands ensembles ne peuvent être résolus par la seule voie de la transformation urbaine : rénover ne peut se penser sans un questionnement sur le peuplement de ces quartiers et la répartition des populations en place dans la ville. Bernard Reichen rappelle que « la forme urbaine n’est pas pathologique par elle-même » (Allix, 2005), ce qui est en cause c’est la pauvreté, l’absence de mixité… Autrement dit les transformations physiques vont de pair avec des questions sociales et économiques, une considération que la Politique de la ville tente de concrétiser depuis plusieurs décennies. Une tâche au demeurant complexe, Barbara Allen constatant qu’« avec un poids respectif qui a évolué au fil des politiques, le champ d’intervention dans ces quartiers a toujours été scindé entre le social d’un côté et l’urbain de l’autre » (Allen, 2009, p. 97).

     

    38Dans un contexte de changement d’image recherché à travers ces politiques nationales, la transformation des grands ensembles a connu des évolutions importantes. Après le passage de considérations centrées sur le logement à celles de l’habitat, l’évolution d’une dynamique de réparation urbaine au renouvellement urbain des territoires a permis une plus forte intégration de toutes les composantes de la ville dans les projets.

    39Les travaux de rénovation engagés dans les quartiers de grands ensembles ont remis en cause l’urbanisme de tours et de barres initialement programmé sur un mode standardisé. Ces constructions dont la densité à l’hectare est peu élevée ont pu être pour certaines remplacées, remodelées en petits immeubles collectifs d’une moindre hauteur ou encore par du logement individuel groupé, soit des types de construction bénéficiant d’une image plus valorisante.

    40La réussite principale de la rénovation urbaine est d’avoir amorcé un changement d’image des quartiers en modifiant leur échelle architecturale et urbaine et en cassant des représentations esthétiques typiques des quartiers de grands ensembles. Le fonctionnement en mode projet a permis de lier les quartiers à leur environnement proche, d’améliorer le cadre de vie via des logements, espaces publics, réseau viaire et accès requalifiés, des équipements et commerces renforcés, et des liaisons améliorées (transport collectif) ; une première étape nécessaire à la fabrication d’un fragment de ville, partie prenante de la civilisation urbaine, à relier à l’espace de la Cité.

    41Le construit n’est toutefois pas suffisant pour faire ville : les femmes et les hommes, les interactions sociales, les comportements, un « savoir-vivre ensemble » en sont une pièce essentielle. Autrement dit « faire la ville » (la concevoir) ne signifie pas pour autant « faire ville » (au sens de faire société). Le changement d’image généré par les transformations physiques de ces quartiers diversifiés et les paysages produits doit être notamment complété par la recherche d’urbanité7, permettant de s’accommoder de l’autre, de retrouver « le plaisir d’habiter là » (Castro, entretien Hantz 2015, p. 26) et de s’autoriser à y inviter. Au-delà de la restauration d’un lien social, la diversité et la densité recherchées à travers les programmes de rénovation urbaine ainsi que l’attention portée aux espaces publics et plus largement au cadre de vie, pourraient accompagner cette nécessaire production d’urbanité.

    Bibliographie

    Allen Barbara, 2013, Des quartiers comme les autres. La banalisation urbaine des grands ensembles en question, Paris, La Documentation française.

    Allen Barbara, 2009, « Prendre en compte la singularité de chaque quartier », dans Loche Bernard, Talland Chantal, Quand les quartiers réinventent la ville. Les acteurs de la rénovation urbaine, Paris, Éditions Autrement, p. 95-100.

    Allix Grégoire, 2005, « L’utopie manquée des cités-dortoirs », Le Monde, 6 décembre 2005.

    Berland-Berthon Agnès, 2004, « La démolition des immeubles de logements sociaux. L’urbanisme entre scènes et coulisses », thèse de doctorat en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Bordeaux III.
    URL : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00759732/document

    Castro Roland, Denissof Sophie, (Re)Modeler–Métamorphoser, 2005, Paris, Le Moniteur.

    David Jérome, 2001, « Politique de la ville : chronologie », Revue française des affaires sociales, éd. numérique, no 3, p. 15-22.
    URL : https://www.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales.htm

    Dubedout Hubert, 1983, Ensemble : refaire la ville. Rapport au Premier ministre du Président de la Commission nationale pour le développement social des quartiers, Paris, La Documentation française.

    Fédération nationale des offices d’HLM, 2007, La rénovation des quartiers d’habitat social. L’engagement des Offices dans les opérations de rénovation urbaine, Paris, La Découverte.

    Fourcaut Annie, 2006, « Les grands ensembles ont-ils été conçus comme des villes nouvelles ? », Histoire urbaine, éd. numérique, no 17, p. 7-25.
    URL : https://shs.cairn.info/revue-histoire-urbaine-2006-3?lang=fr

    Genestier Philippe, 1988, « Forme urbaine !… Formes urbaines ? », Villes en parallèle, no 12-13, p. 8-17.

    Guillot Pascal (Propos recueillis par), 2009, « À propos de Banlieues 89 : entretien avec l’architecte Roland Castro », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 109, p. 95-97.

    Hantz Thomas, 2015, « L’égalité de destin urbain est le 4e pilier de la République », Entretien avec Roland Castro, Revue Humanisme, no 306, p. 24-29.

    Lacoste Yves, 1963, « Un problème complexe et débattu : les grands ensembles », Bulletin de l’Association des géographes français, no 318-319, p. 37-46.

    Mangin David, Panerai Philippe, 1999, Projet urbain, Marseille, éditions Parenthèses.

    Merlin Pierre, 2012, Des grands ensembles aux cités. L’avenir d’une utopie, Paris, Ellipses.

    Mission Banlieues 89, 1989, Banlieues 89. 116 réalisations. Manière de dire, manières de faire, éditeur Banlieue 89.

    Pillement Georges, 1957, « L’urbanisme sous la IVe République », Preuves, no 76, p. 70-71.

    Pinson Daniel, 2000, Les grands ensembles comme paysage, Cahiers de la Méditerranée, no 60, 1, p. 157-178.

    Riboulet Pierre, 1998, Onze leçons sur la composition urbaine, Paris, Presses de l’école nationale des ponts et chaussées.

    Thibault Serge, 2014, « Composition urbaine, projets et territoires », dans Formes et échelles des compositions urbaines, actes du 137e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, « Composition(s) urbaine(s) », Tours, 2012, Paris, Éditions CTHS, p. 31-39.
    URL : https://www.persee.fr/doc/acths_1764-7355_2014_act_137_6_2673

    Union nationale des HLM, 1975, Propositions pour l’habitat, Livre blanc, supplément à la revue HLM no 244.

    Notes de bas de page

    1Le mot rénover est entre guillemets, repris ici non pas au sens premier (démolition-reconstruction) mais pour exprimer une dynamique plus large de requalification.

    1Sur 859 communes, 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) peuplés, au 1er janvier 2018, de 5,4 millions d’habitants, soit 8 % de la population française (rapport Cour des comptes, juin 2022).

    21,2 million de logements dans 300 cités, construits entre 1953 et 1973.

    3Le Plan Courant de 1953 prévoit la construction de 240 000 par an pendant 5 ans (alors que 82 000 logements seulement ont été produits en 1952) – source musée-hlm.fr. La Loi-cadre du 7 août 1957 programme quant à elle, 300 000 habitations en moyenne par an dans le cadre du troisième plan de modernisation et d’équipement.

    4A. Fourcaut, « Au sujet du Décret 58-1464 relatif aux ZUP », France archives. Consultable en ligne : https://francearchives.fr/fr/pages_histoire/39542

    5Consultable à l’URL : https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr/

    6L’analyse s’appuie sur l’ouvrage réalisé par la Fédération nationale des offices d’HLM, La rénovation des quartiers d’habitat social. L’engagement des Offices Dans les opérations de rénovation urbaine, ainsi que sur les guides et ouvrages de référence publiés par l’ANRU, consultable en ligne : https://www.anru.fr/actualites/quand-le-renouvellement-urbain-semploie-au-reemploi
    https://www.anru.fr/le-programme-national-de-renovation-urbaine-pnru#gallery-id-902
    https://www.anru.fr/le-nouveau-programme-national-de-renouvellement-urbain-npnru

    7L’urbanité est ici définie comme l’ensemble des compétences développées par les citadins pour établir des relations dans la ville. Elle concerne la politesse, l’accueil d’autrui, le partage… (Thierry Paquot). L’urbanité renvoie également aux dimensions matérielles et symboliques de l’espace, aux qualités le définissant comme urbain.

    Auteur

    • Brigitte Bertoncello

      Professeur émérite, Aix Marseille Université, UMR 151, Institut de recherche pour le développement (IRD), Laboratoire Population Environnement Développement (LPED)

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours

    Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours

    Nicole Lemaitre (dir.)

    2016

    Les langues savantes

    Les langues savantes

    Xavier Lafon (dir.)

    2017

    La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle)

    La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle)

    Jacques Verger (dir.)

    2017

    Langages et communication : écrits, images, sons

    Langages et communication : écrits, images, sons

    Mireille Corbier et Gilles Sauron (dir.)

    2017

    La traduction : sa nécessité, ses ambiguïtés et ses pièges

    La traduction : sa nécessité, ses ambiguïtés et ses pièges

    Michèle Coltelloni-Trannoy (dir.)

    2015

    Les acteurs du développement des réseaux

    Les acteurs du développement des réseaux

    Christiane Demeulenaere-Douyère (dir.)

    2017

    Contacts, conflits et créations linguistiques

    Contacts, conflits et créations linguistiques

    Guylaine Brun-Trigaud (dir.)

    2015

    Écriture et communication

    Écriture et communication

    Dominique Briquel et Françoise Briquel Chatonnet (dir.)

    2015

    Le rituel des cérémonies

    Le rituel des cérémonies

    Jean Duma (dir.)

    2015

    Signes et communication dans les civilisations de la parole

    Signes et communication dans les civilisations de la parole

    Olivier Buchsenschutz, Christian Jeunesse, Claude Mordant et al. (dir.)

    2016

    Langages et communication : espaces, territoires, pouvoirs

    Langages et communication : espaces, territoires, pouvoirs

    Cécile Souchon (dir.)

    2015

    Réseaux politiques et économiques

    Réseaux politiques et économiques

    Henri Bresc (dir.)

    2016

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours

    Réseaux religieux et spirituels : du Moyen Âge à nos jours

    Nicole Lemaitre (dir.)

    2016

    Les langues savantes

    Les langues savantes

    Xavier Lafon (dir.)

    2017

    La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle)

    La forme des réseaux : France et Europe (xe-xxe siècle)

    Jacques Verger (dir.)

    2017

    Langages et communication : écrits, images, sons

    Langages et communication : écrits, images, sons

    Mireille Corbier et Gilles Sauron (dir.)

    2017

    La traduction : sa nécessité, ses ambiguïtés et ses pièges

    La traduction : sa nécessité, ses ambiguïtés et ses pièges

    Michèle Coltelloni-Trannoy (dir.)

    2015

    Les acteurs du développement des réseaux

    Les acteurs du développement des réseaux

    Christiane Demeulenaere-Douyère (dir.)

    2017

    Contacts, conflits et créations linguistiques

    Contacts, conflits et créations linguistiques

    Guylaine Brun-Trigaud (dir.)

    2015

    Écriture et communication

    Écriture et communication

    Dominique Briquel et Françoise Briquel Chatonnet (dir.)

    2015

    Le rituel des cérémonies

    Le rituel des cérémonies

    Jean Duma (dir.)

    2015

    Signes et communication dans les civilisations de la parole

    Signes et communication dans les civilisations de la parole

    Olivier Buchsenschutz, Christian Jeunesse, Claude Mordant et al. (dir.)

    2016

    Langages et communication : espaces, territoires, pouvoirs

    Langages et communication : espaces, territoires, pouvoirs

    Cécile Souchon (dir.)

    2015

    Réseaux politiques et économiques

    Réseaux politiques et économiques

    Henri Bresc (dir.)

    2016

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    1Le mot rénover est entre guillemets, repris ici non pas au sens premier (démolition-reconstruction) mais pour exprimer une dynamique plus large de requalification.

    1Sur 859 communes, 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) peuplés, au 1er janvier 2018, de 5,4 millions d’habitants, soit 8 % de la population française (rapport Cour des comptes, juin 2022).

    21,2 million de logements dans 300 cités, construits entre 1953 et 1973.

    3Le Plan Courant de 1953 prévoit la construction de 240 000 par an pendant 5 ans (alors que 82 000 logements seulement ont été produits en 1952) – source musée-hlm.fr. La Loi-cadre du 7 août 1957 programme quant à elle, 300 000 habitations en moyenne par an dans le cadre du troisième plan de modernisation et d’équipement.

    4A. Fourcaut, « Au sujet du Décret 58-1464 relatif aux ZUP », France archives. Consultable en ligne : https://francearchives.fr/fr/pages_histoire/39542

    5Consultable à l’URL : https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr/

    6L’analyse s’appuie sur l’ouvrage réalisé par la Fédération nationale des offices d’HLM, La rénovation des quartiers d’habitat social. L’engagement des Offices Dans les opérations de rénovation urbaine, ainsi que sur les guides et ouvrages de référence publiés par l’ANRU, consultable en ligne : https://www.anru.fr/actualites/quand-le-renouvellement-urbain-semploie-au-reemploi
    https://www.anru.fr/le-programme-national-de-renovation-urbaine-pnru#gallery-id-902
    https://www.anru.fr/le-nouveau-programme-national-de-renouvellement-urbain-npnru

    7L’urbanité est ici définie comme l’ensemble des compétences développées par les citadins pour établir des relations dans la ville. Elle concerne la politesse, l’accueil d’autrui, le partage… (Thierry Paquot). L’urbanité renvoie également aux dimensions matérielles et symboliques de l’espace, aux qualités le définissant comme urbain.

    Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images

    X Facebook Email

    Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Bertoncello, B. (2025). « Rénover » les quartiers périphériques en Politique de la ville pour un changement d’image. In P. Zembri (éd.), Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/13tu7
    Bertoncello, Brigitte. « “Rénover” les quartiers périphériques en Politique de la ville pour un changement d’image ». In Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images, édité par Pierre Zembri. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025. doi:10.4000/13tu7.
    Bertoncello, Brigitte. « “Rénover” les quartiers périphériques en Politique de la ville pour un changement d’image ». Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images, édité par Pierre Zembri, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/13tu7.

    Référence numérique du livre

    Format

    Zembri, P. (éd.). (2025). Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/13tue
    Zembri, Pierre, éd. Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025. doi:10.4000/13tue.
    Zembri, Pierre, éditeur. Constitution et mutations des périphéries urbaines : fonctions, structures et images. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2025, https://doi.org/10.4000/13tue.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques

    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • X
    • Flux RSS

    URL : http://www.cths.fr

    Email : secretariat.general@cths.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement