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    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Statuts et usages d’objets inutiles Utilités et divertissements Objets de luxe ou objets ordinaires ? Catégories sociales des propriétaires d’animaux apprivoisés Vendeurs, acheteurs dans la presse Objets aimés ou animaux machine ? Sensibilité croissante ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L’animal : un sujet de loisirs

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La question de l’animal de compagnie au prisme des animaux apprivoisés au xviiie siècle

    Clotilde Boitard

    Résumé

    Cet article pose la question de l’éclosion du statut de l’animal de compagnie au xviiie siècle à travers le sort des multiples animaux apprivoisés. En marge des animaux communs, les foyers accueillent des singes, oiseaux, écureuils et autres. En témoignent des sources variées : annonces de presse, traités d’élevage, écrits naturalistes, portraits ou certains récits personnels. Cette contribution s’interroge sur les usages non utilitaires, de l’amusement à l’esthétique, de ces animaux qui n’ont pourtant pas de statut propre. Leurs propriétaires appartiennent plutôt à des catégories sociales supérieures. Cependant, ces animaux sont de plus en plus présents dans diverses couches sociales, notamment dans les milieux populaires urbains. Ces animaux familiers, considérés plus ou moins à tort comme des attributs féminins, sont de plus en plus estimés. Leur valeur affective provient ainsi de leur usage. À l’inverse, une sensibilité croissante remet en cause l’utilisation de ces bêtes, devenues, par là même, principalement compagnons des hommes.

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans son ouvrage, le Tableau de Paris, Sébastien Mercier peint une multitude de chiens et chats errants ou familiers. Au décor des appartements parisiens, il ajoute des oiseaux, singes, perroquets vivants…1. Dans la vie grouillante et foisonnante des villes se trouvent en effet des bêtes apprivoisées de toutes sortes, exotiques ou animaux des bois. Pour aborder la question de l’animal de compagnie au xviiie siècle, j’ai fait le choix d’évoquer cette ribambelle d’animaux apprivoisés qui sont mon sujet de recherche de doctorat. Cette présence animale, bien que marginale, n’est pas rare au xviiie siècle, période d’exploration tant de la nature environnante que de terres lointaines et inconnues. Dans ce contexte, tout animal capturé vivant, s’il n’est pas trop dangereux, peut ensuite vivre avec des hommes.

    2Considérer cette réalité permet ainsi de s’interroger sur la relation des hommes à la Nature en général, et sur leur familiarité avec les animaux en particulier. Cependant, le concept « animal de compagnie » utilisé pour caractériser le phénomène sans précédent des animaux familiers de nos sociétés actuelles ne peut être transposé à la période préindustrielle du xviiie siècle. Et si nous constatons une correspondance entre l’expression « nouvel animal de compagnie » (NAC), inventée vers 1980 par le vétérinaire Michel Bellangeon, et les animaux apprivoisés, nous ne pouvons confondre ces deux catégories. Les animaux apprivoisés sont les animaux qui, de sauvages, sont plus ou moins approchés par l’homme. Cette expression définit donc l’animal par sa situation vis-à-vis des hommes. Les NAC sont des animaux de compagnie n’entrant pas dans la sous-catégorie « ordinaire » des chiens et chats. Ce terme identifie ainsi des types d’espèces. Et par « animal de compagnie » en général, nous entendons « tout animal détenu ou destiné à être détenu par l’homme pour son agrément » selon l’article L214-6 du Code rural. Ce vocable recouvre ainsi une fonction. Notons le paradoxe de ce terme désignant à la fois un rôle, tenir compagnie, et un statut, s’opposant à celui des animaux utiles. Sans fonction économique, la relation affective entre l’animal et son propriétaire est en effet prééminente.

    3L’objet de cet article est donc de nous questionner sur les fondements de ce statut au travers du sort des animaux apprivoisés. Dans un premier temps, nous nous interrogerons sur la place des animaux non utilitaires au xviiie siècle, notre champ d’étude étant limité à l’espace francophone européen. Ensuite, nous tenterons de cerner les profils sociaux des propriétaires d’animaux non utilitaires. Enfin, nous nous demanderons si les sentiments vis-à-vis des animaux apprivoisés penchent vers une sensibilité croissante ou une indifférence de fait.

    Statuts et usages d’objets inutiles

    Lexicographies familières

    4Je n’ai pas trouvé trace de l’usage moderne de l’expression « animal de compagnie » avant le xixe siècle2. L’expression « bête de compagnie » désigne au xviiie siècle des animaux vivant en groupe tels les sangliers, ce sens étant d’ailleurs toujours en usage dans le monde de la chasse. L’absence du terme « animal de compagnie », aujourd’hui courant, révèle qu’il n’existe pas de catégories réellement différenciées d’animaux d’agrément. La majorité des animaux entourant les hommes sont en effet, à cette époque, des animaux utilitaires avec, en premier lieu, les animaux élevés pour leur viande et, en second lieu, les animaux de travail pour l’activité agricole, le transport, la chasse ou la prédation de nuisibles. Parmi ces animaux travailleurs, se trouve la majorité des animaux familiers. Cependant, à leur côté vivent des animaux sans utilité économique directe. Ces divers animaux, compagnons des humains, sont nommés et dotés de multiples adjectifs : doux, familier, caressant, privé, apprivoisé. Souvent les usages non utilitaires ne sont pas opposés aux autres usages des animaux. Par exemple, François Aygalenq, un vétérinaire lyonnais, écrit en 1801 :

    « […] ne conviendroit-il pas de s’occuper du soin de conserver les animaux qui nous sont utiles ? Les services continuels qu’ils rendent à l’Agriculture, aux Arts et au Commerce ; le besoin continuel que nous en avons dans la société, la part qu’ils ont à nos plaisirs, à nos amusements ; les avantages qu’en retire cet art meurtrier qui arme les hommes les uns contre les autres ; tout nous engage à faire une étude sérieuse de leur conservation3. »

    5Il place ainsi sur le même plan les usages agricoles et d’agrément. La valeur donnée aux animaux résulte de la différence entre le travail pour les apprivoiser et les avantages qu’on peut en tirer quels qu’ils soient. Les naturalistes intègrent dans la présentation des animaux cette perception utilitariste. Georges-Louis Leclerc de Buffon définit ainsi fréquemment les espèces par la facilité ou non à les apprivoiser et leurs usages. Par exemple, le caracal ne « s’apprivoise que très-difficilement ». Pourtant, si on en vient à bout, il pourra être utile à la chasse4. En revanche, les cochons d’Inde, quoique faciles à reproduire, ne sont pas nombreux :

    « Parce que les soins qu’ils demandent ne sont pas compensés par le profit qu’on en tire5. »

    6Pierre-Joseph Buch’oz, médecin lorrain, compilateur hétéroclite, a écrit divers traités d’élevage dénommant les animaux d’amusement6. Pièces vivantes de collections, ils sont aussi parfois des curiosités scientifiques. L’animal est donc utilisé, exploité pour de multiples fonctions, dont l’amusement. La récréation, le jeu peuvent être considérés comme futiles, inutiles mais non l’animal proprement dit, qui est instrumentalisé à cet usage. Cependant, on ne peut totalement confondre ce rôle, celui d’amuser, de divertir, avec celui de tenir compagnie.

    Utilités et divertissements

    7La presse d’annonces est une source précieuse pour cerner les différentes fonctions des animaux d’agrément. J’ai recensé, à ce jour, 1 074 annonces concernant des animaux apprivoisés dans des journaux, hebdomadaires, ou quotidiens, de dix-sept villes7, avec un essor dans la seconde moitié du xviiie siècle. Leurs rubriques comportent nombre de similarités d’une cité à l’autre. Elles égrènent ventes et locations immobilières puis les ventes d’effets, et enfin les objets perdus. Il existe néanmoins des variations entre des villes marchandes comme Lyon, où cette presse abonde en annonces de ventes, et d’autres feuilles comme celle de Poitiers, donnant plus de place à la vie culturelle locale. D’une manière générale, les annonces de transactions d’animaux utilitaires d’abord et d’amusement ensuite y sont multiples. J’y ai donc trouvé toute une palette d’annonces d’oiseaux et autres animaux, avec de multiples usages (fig. 1). La beauté est le premier argument avancé pour vendre les superbes perroquets aux couleurs irisées, les beaux singes impressionnants, les mignons écureuils et leur belle fourrure. Les talents de certains de ces animaux, tel le chant, la parole, sont également très prisés.

    8Ainsi, pour dix louis d’or, on peut acquérir à Lyon un « perroquet charmant, qui donne autant de plaisir à le voir qu’à l’entendre8 ». La familiarité, la douceur sont certes des arguments récurrents mais pas les plus fréquents. Cette qualité est souvent citée parmi les autres. Néanmoins, des exceptions existent. Ainsi en 1765, paraît par deux fois une annonce au sujet d’un serin à Orléans où il est précisé qu’une « Dame de qualité, voyageant sur la route de Paris à Orléans, a perdu un serin très privé, auquel elle étoit fort attachée9 ». Une « très-bonne récompense » est promise. Mais souvent, la familiarité est un argument de vente parmi les autres, une condition nécessaire, l’animal apprivoisé étant plus facilement malléable.

    Fig. 1. - Principales caractéristiques des animaux apprivoisés citées dans les annonces de presse (des caractères différents peuvent être énumérés dans une même annonce).

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    Doc. C. Boitard.

    9Inutiles et beaux, ces animaux sont prestigieux, un reflet de l’oisiveté aristocratique, tout en étant secondaires et futiles. À l’inverse, les animaux « de rente », majoritaires, sont méprisés, tout en étant essentiels au fonctionnement de la société. Ils sont, avec les chevaux, les uniques patients des vétérinaires, formés dans les écoles créées à Lyon, puis Paris dans la seconde moitié du xviiie siècle, pour pallier les épizooties aux fâcheuses conséquences économiques et sociales.

    10Ces animaux d’agrément n’ont donc pas de statut à proprement parler. Cela se traduit par des circuits d’approvisionnement de différents types d’animaux communs aux ménageries, aux spectacles ou aux animaux familiers. Par exemple, à Lyon, il est proposé à la vente « Deux jeunes Singes ». Pour les acquérir, il convient de « s’adresser dans la Baraque couverte, où l’on fait voir des Animaux, quai des Célestins10 ». Des bêtes de scène sont ainsi reconverties en mascottes de salons. D’ailleurs ces animaux d’agrément ne sont pas toujours protégés d’utilisations plus périlleuses pour leur vie. Un même type d’animal peut, en effet, subir des conditions très diverses au gré des circonstances. Dans le traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, l’auteur, énumérant les moyens d’élever ces animaux, y rajoute sans commentaire, les usages alimentaires de ces mêmes animaux… Par exemple, un de ses chapitres s’intitule « des propriétés alimentaires & médicinales du singe11 ».

    11Il serait donc anachronique d’évoquer un groupe réellement distinct d’animaux de compagnie au xviiie siècle. Il s’agit en fait d’une réalité mouvante et bigarrée avec d’innombrables animaux de toutes sortes. Admirés et négligeables, leur sort est précaire, sans protection spécifique bien que compagnons des hommes. Voyons donc maintenant à quels personnages ils tiennent compagnie.

    Objets de luxe ou objets ordinaires ? Catégories sociales des propriétaires d’animaux apprivoisés

    12Après avoir été piégés, capturés, enfermés, enchaînés, transbahutés, embarqués dans des navires, stockés dans des ports, posés sur des étals de boutiques, dressés, apprivoisés, dans quels foyers sont-ils offerts ou achetés, puis installés souvent dans des cages ou volières ?

    Parures de portraits

    13L’un des corpus pouvant aider à connaître les maîtres d’animaux apprivoisés est celui des portraits avec des animaux familiers recensés dans les bases de données des musées12. Le xviiie siècle constitue, en effet, l’âge d’or des portraits, avec une montée en puissance de l’intimité. Utilisés pour les mariages, les souvenirs ou l’apparat, ces tableaux doivent représenter les clients le plus fidèlement possible, tout en étant plutôt flatteurs. Tous types d’accessoires caractérisent ou enjolivent l’individu, qui une fleur, qui un livre, qui un animal. Chiens, chats, chevaux posent ainsi fréquemment. Mais les oiseaux, singes et autres bêtes abondent. À ce jour, j’ai recensé quatre-vingts portraits avec de telles bêtes, exécutés par des peintres exerçant dans la zone géographique francophone. Les maîtres portraiturés semblent principalement appartenir à des couches sociales supérieures. Si l’on en croit leur nom, sur trente-quatre, vingt-quatre appartiennent à l’aristocratie, ce qui représente 30 % des tableaux.

    14Plus largement, les décors opulents de nombreux tableaux de modèles non identifiés, ou leurs vêtements, induisent un rattachement aux milieux riches et aisés. Nous retrouvons ainsi maintes fois leurs compagnons à plumes ou à poils au milieu de robes et tissus de luxe, parfois associés à des membres célèbres de la grande aristocratie comme le montrent les tableaux de Pierre Gobert, François-Hubert Drouais, ou Élisabeth Vigée-Lebrun. Jean-Marc Nattier agrémente le portrait de Mathilde de Canisy, marquise d’Antin (fig. 2), avec une belle perruche. La comtesse de Fontenelle (fig. 3) est représentée avec différents attributs de sa supériorité sociale, le petit esclave noir attaché et un singe en arrière-plan.

    Fig. 2. - Portrait de Mathilde de Canisy, marquise d’Antin. Jean-Marc Nattier, 1738, Paris. Musée Jacquemart-André.

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    Domaine public

    Fig. 3. - Portrait présumé de la comtesse de Fontenelle et de son négrillon, attribué à Pierre Subleyras.

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    © Musée d’Aquitaine, Bordeaux.

    15Cette prédominance de la haute noblesse est à relativiser, les portraits de membres de la bourgeoisie pouvant aussi être agrémentés de compagnons familiers. Par ailleurs, les portraits bon marché de classes plus modestes, nombreux pourtant, sont moins bien conservés. Néanmoins, cette prévalence de la noblesse est significative quant au statut de ces animaux, compagnons et signes ostentatoires de richesse.

    Vendeurs, acheteurs dans la presse

    16Les annonces de presse nous donnent des renseignements sur les circuits marchands des animaux ainsi que sur le profil de leurs acquéreurs. Sur un total de 1 074 annonces, 1 048 proposent une transaction potentielle, qu’il s’agisse d’un achat ou de la récupération d’un animal (les 26 restantes étant des poèmes, anecdotes ou autres textes mettant en scène des animaux apprivoisés). Pour conclure l’affaire, différentes procédures sont définies (fig. 4). Nombreuses sont celles qui renvoient au bureau d’avis pour des raisons d’anonymat. Dans certains cas, il est proposé de se rendre dans des lieux tels des boutiques. Sinon, une personne précise est en charge de la transaction, soit avec l’indication du nom uniquement, soit avec sa profession. Nous constatons la présence de toute une palette de métiers urbains avec une majorité de professions strictement commerciales. Suivent les professions mêlant artisanat et commerce avec en premier lieu les métiers du textile, qui un tailleur, qui un fripier, qui un bademastier13.

    Fig. 4. - Indications sur l’interlocuteur principal des annonces dans la presse.

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    Doc. C. Boitard.

    17Mais nous retrouvons aussi des fabricants d’objets de luxe ou quotidiens, horlogers, bijoutiers. Enfin, aubergistes, perruquiers et autres sont des intervenants courants. Les élites sont également présentes avec des avocats, prêtres, officiers. Les aristocrates, s’ils sont plus rares, sont néanmoins probablement les réels protagonistes des annonces, avec des domestiques pour interlocuteurs. Enfin, des militaires et gens de robe appartiennent sans doute à la noblesse. Voici une annonce parue à Toulouse en 1785 concernant la perte d’un « arra, espece de très gros Perroquet ». On est prié de s’adresser « à Toulouse, chez le sieur Mathurin Mathieu, Marchand Frippier, place Saint-George, ou à Alby, chez Madame la Comtesse de Boyer14 ». Cette annonce est remarquable, car elle propose deux interlocuteurs à 75 km de distance et de conditions très différentes. Il est vraisemblable que l’oiseau rare et coûteux soit la propriété de la comtesse. L’ara a d’ailleurs été perdu près d’Albi, là où la comtesse se trouve. Elle met au jour des relations particulières entre milieux sociaux. D’une manière générale, il est important de noter que nombre d’acteurs des annonces jouent le rôle d’intermédiaires. Ils font écran aux réels protagonistes de l’affaire et révèlent en même temps une certaine sociabilité urbaine.

    18Des différences substantielles existent entre les annonces de ventes, désignant le vendeur ou son intermédiaire, et les plus rares avis de pertes ou les demandes d’achat, désignant les propriétaires ou leurs représentants (fig. 5). Les annonces de ventes sont plus largement dominées par les professions marchandes et artisanales.

    Fig. 5. - Principaux métiers des interlocuteurs des annonces de vente et des annonces de perte et demande d’achat dans la presse.

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    Doc. C. Boitard.

    19En revanche, dans les annonces de perte et les demandes d’achat, la part des professions de conditions plus aisées et prestigieuses tels les magistrats, les membres du clergé, est plus importante. Par ailleurs, au sein des annonces de vente nous ne trouvons qu’un négociant, commerçant plus important qu’un simple marchand alors qu’ils ne sont pas moins de treize dans les annonces de pertes. Ce constat est corroboré par des annonces qui indiquent un prix, hors de portée pour des gens de petite condition. Nuançons tout de même ce tableau avec des propriétaires d’animaux d’agrément parfois plus modestes, souvent avec des espèces plus accessibles tels des petits animaux sauvages locaux plus faciles à attraper ou des serins des Canaries élevés sans trop de peine. Sébastien Mercier affirme que :

    « Plus les gens sont pauvres à Paris, plus ils ont de chiens, de chats, d’oiseaux, & C. pêle-mêle dans une petite chambre. On les sent avant que d’entrer15. »

    20Les annonces de vente nous donnent également des indications sur les circuits économiques, avec quelques professionnels ayant un commerce quasi-exclusif d’animaux ou de produits liés à leur élevage, tels les grainetiers. Ainsi, il est indiqué dans la presse rouennaise :

    « Le sieur Chauvin, rue des Charetes, au coin de celle Harenguerie, vend des perroquets, perruches, serins, aras très-doux & des pigeons de toutes especes. II achete toutes sortes d’animaux16. »

    21Par deux fois, le sieur Colin, marchand d’oiseaux, annonce des arrivages importants d’animaux dans sa boutique17. Mais une majorité de vendeurs font de la vente d’animaux une activité annexe. Nombre de vendeurs aux métiers divers ne publient qu’un seul avis ou bien pour d’autres types de marchandises. Il n’est pas précisé si ces vendeurs occasionnels sont de simples propriétaires d’animaux dont ils veulent se défaire ou s’ils participent à un réseau commercial. Ce commerce est ainsi intégré au sein des maillages urbains y compris populaires et révèle un enracinement profond de ces animaux apprivoisés.

    22Ces animaux sont donc souvent les propriétés des élites aristocratiques ou bourgeoises. Cependant, leur présence dans des couches plus populaires est de plus en plus courante. Enfin, une fois installés au cœur de ces différents foyers, quelle place prennent-ils au sein de la famille et dans le cœur des individus ?

    Objets aimés ou animaux machine ?

    23Décrire l’affection entre hommes et animaux peut paraître illusoire. Comment cerner l’évolution générale de sentiments individuels ? Les historiens ne disposent pas des sentiments purs (!) mais de leurs expressions. Cette manifestation est par essence mise en scène. Il convient d’y cerner aussi le jeu social qui s’y révèle.

    Objets de luxe lointains et proches

    24Ces animaux, domestiqués ou non, ont une place particulière dans les demeures : souvent enchaînés ou encagés, ils sont un objet d’attraction au centre de la maison. Spectacles vivants, ils ne sont pas toujours individualisés, lointains tout en étant familiers, intégrés au quotidien des hommes. Cette proximité ne signifie pas promiscuité dans les milieux aisés où les basses œuvres sont confiées à des domestiques percevant ces bêtes comme une surcharge de travail. Le trio infernal maître/animal/domestique est même devenu un thème littéraire depuis le xviie siècle. Un épisode du roman Gil Blas de Santillane d’Alain-René Lesage porte sur le singe d’un aristocrate blessé à la suite d’une chute. Le comte furieux accuse ses employés devant soigner l’animal. Le narrateur, domestique à ce moment-là, peste :

    « En un mot, nous n’eûmes aucun repos dans l’hôtel, jusqu’à ce que la maudite bête, ne se ressentant plus de sa chute, se remît à faire ses bonds et ses culbutes ordinaires18. »

    25Il y a ici un contraste entre l’affection du maître envers son singe et sa dureté envers ses serviteurs. Le ressentiment de ces derniers porte d’ailleurs en retour sur l’animal.

    Compagnons de la gent féminine ?

    26Il peut arriver qu’un lien particulier unisse un membre précis de la famille à l’animal. Deux questions se posent : quels sont les profils des propriétaires ? Et cette possession induit-elle une relation plus forte ? Dans les portraits apparaissent des personnes de tous âges et des deux sexes, de la personne âgée (fig. 6) à l’enfant (fig. 7). Cependant au sein de cet éventail, un groupe domine : les jeunes femmes, entre l’enfance et l’âge adulte. Les animaux sont souvent peints en dehors de leur cage. Jeune fille et animal se touchent bien souvent, oiseau sur le doigt, singe dans les bras. Certains tableaux de demoiselles représentent la pureté de la jeunesse mêlée à la naissance de la volupté, l’oiseau étant porteur d’une forte symbolique sensuelle. L’animal enjolive la femme en floraison (fig. 8). Et l’oiseau qui est à la fois tenu par un ruban et qui s’échappe de la cage est une métaphore sexuelle à peine voilée. En revanche, d’autres portraits mettent en scène la personne nourrissant l’oiseau ou dans une posture attentionnée vis-à-vis de l’animal. Cette attitude suggère une image maternelle, généreuse et sensible comme celle de la marquise de Prie, semblant donner une leçon à son oiseau (fig. 9). Dans une période où la sensibilité est fortement valorisée, ces animaux considérés comme doux sont des accessoires picturaux d’une esthétique idyllique.

    Fig. 6. - Portrait de Mme veuve d’Estrancourt, anonyme, 1772.

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    © Musée Max Claudet (inv. S_82), Salins-les-Bains.

    Fig. 7. - Petite Fille tenant une poupée, d’Antoine Vestier, 1790.

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    © Musée de l’Avallonnais.

    Fig. 8. - Jeune fille délivrant un oiseau de sa cage de Jean-Honoré Fragonard, 1770-1775.

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    Domaine public

    Fig. 9. - Portrait de Jeanne Agnès Berthelot de Pléneuf, marquise de Prie, date inconnue, anonyme.

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    Domaine public

    27Mais la passion des femmes pour les animaux est aussi moquée. Un conte tragi-comique narre l’histoire d’une jeune fille folle de son perroquet. Le volatile est tué par l’Amour, incarné en insecte ridicule, jaloux de la passion que la jeune fille voue à son oiseau. Les sarcasmes à l’encontre de l’adolescente inconsolable et perçue comme frivole y abondent. L’auteur, le Chevalier de Saint-Hilaire, déclare :

    « Les femmes ne connoissent que deux espèces de maux : ou de voir diminuer le degré d’estime qu’on attache à leurs attraits ; ou de perdre les objets chéris de leurs goûts. »

    28Plus loin, décrivant la jeune fille inconsolable de la perte de son compagnon, il écrit ironiquement :

    « Son front, uni comme l’ivoire, sera bientôt couvert de sillons : traces redoutées de son sexe qui attestent une longue vie passée sans volupté, ou une courte vie passée avec la volupté. »

    29Il conclut en donnant une leçon de morale à « une jeunesse présomptueuse19 ». Ces discours sont ainsi un moyen de rappeler les fonctions et le rôle familial dévolus aux femmes. Sont-ils aussi liés à une plus grande part de femmes parmi les propriétaires d’animaux familiers et une adoration de celles-ci pour leurs bêtes ? Il convient de relativiser ces discours. Dans son ouvrage, l’historienne Louise E. Robbins considère que la part de la gent féminine parmi les propriétaires d’animaux est surévaluée par ces discours pour la plupart masculins, permettant de développer un propos péjoratif sur les femmes. L’analyse des annonces de perte parisiennes ne fait apparaître qu’un tiers d’annonces avec des femmes pour interlocutrices20. J’ai retrouvé le même type de proportions dans les annonces principalement parues en province, avec 138 hommes et 42 femmes recensés comme interlocuteurs pour le même type d’annonce. On peut néanmoins se demander si des hommes ne servent pas d’intermédiaires à des femmes ?

    30Il est par ailleurs probable que nombre de jeunes filles de condition aisée ou même de femmes plus âgées du même milieu compensent particulièrement leur ennui et leur oisiveté avec des petits compagnons affectueux, beaucoup d’entre elles y étant sincèrement attachées. Ainsi, la marquise du Deffand évoque dans sa correspondance Une dame près de la mort, donnant ses perroquets à ses amies21. Dans ce cas, ils ne sont plus un quelconque bien transmis au milieu d’un froid inventaire d’objets. La maîtresse se soucie de leur sort et ils deviennent par là même, une marque d’attachement et d’affection envers ses amies.

    Sensibilité croissante ?

    31Nous pouvons noter une convergence partielle entre les usages des animaux et un attachement pour ces animaux de valeur (y compris financière). Par exemple, les annonces de pertes contiennent de nombreuses précisions quant à la fuite avec l’heure précise, la description de l’animal. Parfois, le parcours de l’animal fugueur est reconstitué minutieusement. Dans une annonce indiquant la perte de deux serins à Bordeaux, il est indiqué :

    « […] l’un de ces oiseaux a été attrapé par un marin dans la rue de la Douane ; on lui offre une récompense, s’il en est encore possesseur, ou si seulement il veut indiquer la personne à qui il l’aurait donné ou vendu22. »

    32Ces éléments supposent une enquête de voisinage et révèlent ainsi un investissement conséquent à l’endroit de ces bêtes. Enfin, une récompense est souvent promise. Si le montant est rarement fixé, il arrive qu’il le soit, avec des sommes astronomiques. Ainsi, en 1790 à Paris, il est promis 24 livres à celui qui rapportera un perroquet gris échappé de sa cage23. Tous ces détails reliés entre eux dénotent une attention envers l’animal, tout comme les traités d’élevage, prolixes, par exemple, en consignes pour que l’oiseau de chant se sente bien, mange bien. Jean-Christophe Hervieux de Chanteloup préconise des cages suffisamment grandes pour que le serin puisse « se promener » et soit ainsi « content de sa belle prison24 ». Mais pour le faire chanter, on est parfois prêt à tout comme l’enfermer dans le noir ou même l’aveugler. Aussi sont-ils dès lors des machines à chanter.

    33Nous nous sommes questionnés sur une jonction entre les usages et une affection envers les animaux. Alors que l’utilité est particulièrement mise en valeur, ces animaux sont valorisés par leur fonction. Mais peut-on constater, à l’inverse, une tension entre les usages de ces animaux et le sentiment vis-à-vis d’eux ? De tels témoignages sont plus fréquents lors d’utilisations scientifiques : le dilemme entre la vie de l’animal et un usage scientifique se posant plus clairement, surtout dans le cadre d’expériences qui mettent l’animal en péril.

    34Les savants comme Georges Louis de Buffon se réfèrent couramment dans leurs descriptions à des animaux familiers. Ainsi un coaïta (sorte de singe) a été vu vivant chez le duc de Bouillon25. Un crik à gorge jaune (sorte d’oiseau) « est actuellement vivant chez le R. P. Bougot26 ». De ce fait, ces animaux et par ricochet leur propriétaire sont valorisés. Mais les savants rapportent épisodiquement un refus soudain du propriétaire de sacrifier l’animal à la science. L’affection est ainsi révélée et reconnue socialement. Le tableau de Joseph Wright of Derby, célèbre peintre du clair-obscur anglais (fig. 10), nous permet de conclure au-delà des frontières, l’essor des animaux familiers au xviiie siècle étant particulièrement important en Angleterre, comme l’a remarquablement démontré l’historien Keith Thomas27.

    Fig. 10. - Une expérience sur un oiseau dans une pompe à air, Joseph Wright of Derby, 1768. Londres, National Gallery.

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    Domaine public

    35Ce tableau illustrant l’histoire des sciences, montre aussi la condition des animaux. Au centre se trouve une pompe à air avec un perroquet prêt à être immolé. L’assemblée est constituée de spectateurs amusés pour certains ou attentifs à l’expérience pour d’autres. Deux fillettes semblent pourtant inquiètes pour l’oiseau. L’une d’elles terrifiée cache son visage, la seconde observant, partagée entre curiosité et anxiété pour le compagnon de la maison dont la cage est ouverte, à l’arrière-plan, tenue par un domestique. Le temps est suspendu, et le sort du perroquet, à l’image des animaux familiers de cette période, est à la croisée des chemins.

     

    36Au travers du sort des animaux apprivoisés, nous avons noté que le xviiie siècle est une période charnière pour les relations hommes-animaux. Les repères redessinant la place des animaux sont en constante évolution avec une part croissante d’animaux familiers variés dans les foyers.

    37Cette progression de l’animal de compagnie accompagne des bouleversements profonds en Occident. En effet, les richesses et la production marchande y sont en croissance exponentielle. Alors que les individus se retrouvent dans une société de masse, nombre d’entre eux se réfugient dans une intimité confortable où les animaux familiers ont une place de choix. Dans ce contexte général, la relation des hommes au monde est totalement modifiée avec d’un côté une exploitation à outrance de l’environnement et de l’autre une sensibilité croissante à la nature.

    38Presse : Annonces, Affiches, Nouvelles et Avis divers et/ou journaux divers (années consultées). Certaines années sont incomplètes :

    • Bordeaux : Entre 1758 et 1793 sauf 1770, 1774 à 1776 - 248 annonces

    39Presse conservée à la BM de Bordeaux et consultable sur la bibliothèque numérique de la BM à l’adresse : http://bibliotheque.bordeaux.fr/in/faces/browse.xhtml

    40Titres cités : Le Journal de Guienne

    • Caen : entre 1786 et 1800 - 22 annonces

    41Presse conservée aux AD Calvados et consultable sur son site à l’adresse : http://archives.numerisees.calvados.fr/cg14v3/presse.php

    42Titre cité : Affiches de la Basse-Normandie

    • Grenoble : entre 1774 et 1792 - 20 annonces

    43Presse conservée à la BnF (non numérisée)

    • La Rochelle, entre 1769 et juillet 1778 - 40 annonces

    44Presse conservée à la BM de La Rochelle (non numérisée)

    • Lausanne : entre 1764 et 1815 (sauf 1765, 1768, 1772 à 1778, 1780 - et de nombreuses années incomplètes) - 384 annonces

    45Presse conservée aux Archives Cantonales Vaudoises et consultable sur le site de la bibliothèque Cantonale Universitaire de Lausanne à l’adresse : http://scriptorium.bcu-lausanne.ch/browse - c=24heures

    • Metz : 1779 - 3 annonces

    46Presse conservée à la BM Metz et consultable à l’adresse : https://books.google.fr/

    • Lyon : Entre 1761 et 1773 (sauf 1767 et 1768) - 107 annonces

    47Presse conservée à la BM Lyon et consultable à l’adresse : https://books.google.fr/

    48Titre cité : Les Affiches de Lyon

    • Montpellier : entre 1770 et 1776 et 1780 et 1782 - 7 annonces

    49Presse conservée par la Société archéologique de Montpellier et consultable sur le site des AD Hérault à l’adresse : http://archives-pierresvives.herault.fr/archive/recherche/bibliotheque/

    • Nantes : Entre 1760 et 1799 - 23 annonces

    50Presse conservée à la BM Nantes et consultable sur le site des AD Loire-Atlantique, à l’adresse : https://archives.loire-atlantique.fr/44/accueil-archives/j_6

    • Orléans : entre 1764 et 1815 - 49 annonces

    51Presse conservée à la BM Orléans consultable sur le site de la bibliothèque numérique de la BM à l’adresse : http://aurelia.orleans.fr/wrap/mets-search-form.html?dform=mets

    52Titre cité : Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l’Orléanois

    • Neuchâtel : entre 1738 et 1815 (incomplet) - 71 annonces

    53Presse conservée à la Bibliothèque Publique et Universitaire de Neuchâtel et consultable à l’adresse : https://doc.rero.ch/ (Site officiel du Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale : RERO).

    • Paris : 1790 et 1793 (consulté succinctement) - 7 annonces

    54Presse conservée à la BnF consultable à l’adresse : http://gallica.bnf.fr/

    55Titre cité : Affiches, Annonces et Avis Divers ou Journal Général de France

    • Poitiers : entre 1773 et 1784 - 7 annonces

    56Presse conservée à la BnF consultable à l’adresse : http://gallica.bnf.fr/

    • Reims : entre 1772 et 1799 - 22 annonces

    57Presse conservée à la BM Reims et consultable sur le site de la BM à l’adresse : http://www.bm-reims.fr

    • Rouen : entre 1772 et octobre 1812 - 30 annonces

    58Presse conservée aux AD Seine-Maritime et consultable sur leur site à l’adresse : https://www.archivesdepartementales76.net/

    59Titre cité : Le journal de Normandie

    • Strasbourg : entre 1789 et 1791 - 13 annonces

    60Presse conservée à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg et consultable à l’adresse : http://gallica.bnf.fr/

    • Toulouse : entre 1775 et 1795 - 22 annonces

    61Presse conservée à la BM Toulouse et consultable sur le site de la BM numérique de Toulouse à l’adresse : http://rosalis.bibliotheque.toulouse.fr

    62Titre cité : Affiches, Annonces de Toulouse et du Haut-Languedoc

    Bibliographie

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    Format

    Buffon, G. L. L. (1785). Histoire naturelle, générale et particuliere. Chez Sanson & Compagnie,. https://doi.org/10.5962/bhl.title.60802
    Buffon, G. L. L. (1785). Histoire naturelle, générale et particuliere. Chez Sanson & Compagnie,. https://doi.org/10.5962/bhl.title.60802
    Pelosse, V. (1981). Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an X au législateur de 1850 (Ire partie). PERSEE Program. https://doi.org/10.3406/hom.1981.368231
    Pelosse, V. (1982). Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an x au législateur de 1850 (2e partie). PERSEE Program. https://doi.org/10.3406/hom.1982.368255
    Thomas, K. (1983). Dans le Jardin de la Nature. CAIRN. https://doi.org/10.3917/deba.027.0152
    Buffon, Georges Louis Leclerc. “Histoire Naturelle, générale Et Particuliere”. []. Chez Sanson & Compagnie, 1785. doi:10.5962/bhl.title.60802.
    Buffon, Georges Louis Leclerc. “Histoire Naturelle, générale Et Particuliere”. []. Chez Sanson & Compagnie, 1785. doi:10.5962/bhl.title.60802.
    Pelosse, Valentin. “Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an X au législateur de 1850 (Ire partie)”. L’Homme. PERSEE Program, 1981. doi:10.3406/hom.1981.368231.
    Pelosse, Valentin. “Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an x au législateur de 1850 (2e partie)”. L’Homme. PERSEE Program, 1982. doi:10.3406/hom.1982.368255.
    Thomas, Keith. “Dans le Jardin de la Nature”. Le Débat. CAIRN, 1983. doi:10.3917/deba.027.0152.
    Buffon, Georges Louis Leclerc. Histoire Naturelle, générale Et Particuliere. [], Chez Sanson & Compagnie, 1785. Crossref, https://doi.org/10.5962/bhl.title.60802.
    Buffon, Georges Louis Leclerc. Histoire Naturelle, générale Et Particuliere. [], Chez Sanson & Compagnie, 1785. Crossref, https://doi.org/10.5962/bhl.title.60802.
    Pelosse, Valentin. “Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an X au législateur de 1850 (Ire partie)”. L’Homme, vols. 21, nos. 4, PERSEE Program, 1981, pp. 5-33. Crossref, https://doi.org/10.3406/hom.1981.368231.
    Pelosse, Valentin. “Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an x au législateur de 1850 (2e partie)”. L’Homme, vols. 22, no. 1, PERSEE Program, 1982, pp. 33-51. Crossref, https://doi.org/10.3406/hom.1982.368255.
    Thomas, Keith. “Dans le Jardin de la Nature”. Le Débat, vols. 27, nos. 5, CAIRN, 1983, p. 152. Crossref, https://doi.org/10.3917/deba.027.0152.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Aygalenq François, Aperçu général sur la perfectibilité de la médecine vétérinaire, et sur les rapports qu’elle a avec la médecine humaine, par F. Aygalenq, médecin. Suivi d’un Projet d’organisation des écoles vétérinaires en France, présenté au Ministre de l’Intérieur ; par le même., Paris, impr. de Mme Huzard, 1801.

    Baratay Éric, Et l’homme créa l’animal : histoire d’une condition, Paris, France, O. Jacob, 2003.

    Bonduelle Patrick et Joublin Hughes, L’animal de compagnie, Paris, France, PUF, 1995.

    Buc’hoz Pierre-Joseph, Traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, savoir : le singe, le chien, le chat, l’écureuil, le perroquet… : la manière de les élever, de les nourrir, de les traiter dans leurs maladies, d’en tirer du profit & de l’amusement, Lamy, 1780.

    Buc’hoz Pierre-Joseph. Les amusemens innocens : contenant le traité des oiseaux de voliere, ou le parfait oiseleur… Chez P. Fr. Didot le jeune, 1774.
    http://archive.org/details/lesamusemensinn00bucgoog.

    Buc’hoz Pierre-Joseph, Amusemens des dames dans les oiseaux de volière, ou Traité des oiseaux qui peuvent servir d’amusemens au beau sexe, 1785.

    Buffon Georges-Louis Leclerc et Daubenton Louis-Jean-Marie, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 8, Paris, Impr. royale, 1749.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97497t.

    10.5962/bhl.title.60802 :

    Buffon Georges-Louis Leclerc, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 9, Paris, Impr. royale, 1749.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k974985.

    10.5962/bhl.title.60802 :

    Buffon, Georges-Louis Leclerc, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 15, Paris, Impr. royale, 1749.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k975048.

    Buffon, Georges-Louis Leclerc, Histoire naturelle des oiseaux, t. 6, Paris, Impr. royale, 1770.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k975106.

    Chanteloup J.-C. Hervieux de, Nouveau Traité des Serins de Canarie, contenant la manière de les élever, de les appareiller pour en avoir de belles races [Stances par Philemon Trotet], 1709.

    Cyrulnik Boris, Si les lions pouvaient parler : essais sur la condition animale, Paris, France, Gallimard, 1998.

    Digard Jean-Pierre, L’homme et les animaux domestiques : anthropologie d’une passion, Paris, France, Fayard, 1989.

    Du Deffand Marie, Correspondance complète de la Marquise Du Deffand avec ses amis le président Hénault, Montesquieu, d’Alembert, Voltaire, Horace Walpole, classée dans l’ordre chronologique et sans suppressions, augmentée des lettres inédites au chevalier de L’Isle, précédée d’une histoire de sa vie, de son salon, de ses amis, suivie de ses œuvres diverses et éclairée de nombreuses notes. t. 1/par M. de Lescure…, Paris, H. Plon, 1865.

    Franklin Alfred, La vie privée d’autrefois : arts et métiers, modes, mœurs, usages des Parisiens du xiie au xviiie siècle d’après des documents originaux ou inédits, E. Plon, Nourrit et Cie, 1897.

    Lesage Alain-René. Gil Blas de Santillane/Le Sage ; illustré par Vierge. Molinier, 1875.
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5836745m.

    Mercier Louis-Sébastien, Tableau de Paris, Virchaux & Compagnie, (tome second) 1781.

    Mercier Louis-Sébastien, Tableau de Paris. Nouvelle édition corrigée & augmentée, tome VIII, 1783.

    Pelosse Valentin, « Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an X au législateur de 1850 (Ire partie) », L’Homme, vol. 21, no 4, 1981, p. 5-33.

    10.3406/hom.1981.368231 :

    Pelosse Valentin, « Imaginaire social et protection de l’animal. Des amis des bêtes de l’an X au législateur de 1850 (2e partie) », L’Homme, vol. 22, no 1, 1982, p. 33-51.

    10.3406/hom.1982.368255 :

    Robbins Louise E., Elephant Slaves and Pampered Parrots: exotic animals in eighteenth-century France, Baltimore, The Johsons Hopkins University Press, 2002.

    Saint-Hilaire Le Chevalier de, Éloge funèbre de Coco, perroquet chéri, imité de l’allemand, S.l., à la Frivolité, 1775.

    Talin Christian, Anthropologie de l’animal de compagnie : l’animal, autre figure de l’altérité, La Ferté-Saint-Aubin, l’Atelier de l’archer, 2000.

    Thomas Keith, Dans le jardin de la nature : la mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne, traduit par Catherine Malamoud, Paris, France, Gallimard, 1985.

    10.3917/deba.027.0152 :

    Notes de bas de page

    1 L-S. Mercier, Tableau de Paris, p. 304 : « Au milieu de ce salmis de l’espèce humaine, on peut bien compter deux cent mille chiens & presque autant de chats, sans les oiseaux, les singes, les perroquets, & c. Tout cela vit de pain ou de biscuit ».

    2 La recherche systématique étant impossible, j’ai effectué une recherche dans les bases Gallica et Google books. Parallèlement, j’ai consulté la base des dictionnaires Classiques-Garnier. Nous trouvons à l’article compagnie dans l’édition du Dictionnaire de l’Académie de 1835 : « On le dit de même en parlant de certains animaux, par rapport aux personnes, ou par rapport à ceux de leur espèce. Son chien, son oiseau est pour elle une compagnie ».

    3 F. Aygalenq, Aperçu général sur la perfectibilité de la médecine vétérinaire (…), p. 50.

    4 G-L. Leclerc de Buffon et L.-J.-M. Daubenton, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 9, p. 265.

    5 Ibidem, t. 8, p. 2.

    6 P-J. Buc’hoz, Traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, (…).

    7 Ces villes sont : Bordeaux, Caen, Grenoble, La Rochelle, Lausanne, Metz, Lyon, Montpellier, Nantes, Orléans, Paris, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

    8 Les Affiches de Lyon, 19 août 1772, no 34, BM Lyon, 951.000.

    9 Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l’Orléanois, 16 septembre 1768, no 38, BM d’Orléans, E 5127.

    10 Les Affiches de Lyon, 10 janvier 1770, no 2, BM de Lyon, 951.000.

    11 P-J. Buc’hoz, Traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, sur le singe, p. 74.

    12 Par exemple, la base de données Joconde, le portail des Collections des musées de France.

    13 Bonnetier fabriquant des bas. Ces derniers sont tricotés de fil de laine.

    14 Affiches, Annonces de Toulouse et du Haut-Languedoc, 5 octobre 1785, no 40, BM de Toulouse, cote : Res. B XVIII 130.

    15 L- S Mercier, Tableau de Paris. Nouvelle édition corrigée & augmentée, p. 304.

    16 Le journal de Normandie, 11 mars 1789, no 20, Arch. dép. Seine-Maritime, BMR 260-4.

    17 Affiches de la Basse-Normandie, 5 août 1787, no 31 et 14 octobre 1787, no 41, Arch. dép. Calvados, 2 MX_JX_1273.

    18 A-R. Lesage, Histoire de Gil Blas de Santillane, p. 91-98.

    19 Le Chevalier de Saint-Hilaire, Éloge funèbre de Coco, perroquet chéri, imité de l’allemand, s.l., à la Frivolité, 1775, p. 6, 21 et 22.

    20 L. E. Robbins, Elephant slaves and pampered parrots: exotic animals in eighteenth-century France, p. 142 (note).

    21 M. Du Deffand, Correspondance complète de la Marquise Du Deffand avec ses amis le président Hénault, Montesquieu, d’Alembert, Voltaire, Horace Walpole… Lettre 230 du 31 mai 1767 de Madame la Marquise du Deffand à M. Horace Walpole.

    22 Journal de Guienne, 18 août 1789, no 230, BM Bordeaux, H 3442/11 Rés.

    23 Affiches, Annonces et Avis Divers ou Journal Général de France, 27 juillet 1790, no 208, BnF, département Littérature et art, V-28300-28576.

    24 J. -C. Hervieux de Chanteloup, Nouveau Traité des Serins de Canarie, contenant la manière de les élever, de les appareiller pour en avoir de belles races, p. 12.

    25 G- L. Leclerc de Buffon et L.-J.-M. Daubenton, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 15, p. 17.

    26 G- L. Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, t. 6, p. 223.

    27 K. Thomas, Dans le jardin de la nature : la mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne.

    Auteur

    • Clotilde Boitard

      Doctorante, laboratoire GRHIs (Groupe de Recherche d’Histoire) sous la direction de Michel Biard, université de Rouen-Normandie

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    1 L-S. Mercier, Tableau de Paris, p. 304 : « Au milieu de ce salmis de l’espèce humaine, on peut bien compter deux cent mille chiens & presque autant de chats, sans les oiseaux, les singes, les perroquets, & c. Tout cela vit de pain ou de biscuit ».

    2 La recherche systématique étant impossible, j’ai effectué une recherche dans les bases Gallica et Google books. Parallèlement, j’ai consulté la base des dictionnaires Classiques-Garnier. Nous trouvons à l’article compagnie dans l’édition du Dictionnaire de l’Académie de 1835 : « On le dit de même en parlant de certains animaux, par rapport aux personnes, ou par rapport à ceux de leur espèce. Son chien, son oiseau est pour elle une compagnie ».

    3 F. Aygalenq, Aperçu général sur la perfectibilité de la médecine vétérinaire (…), p. 50.

    4 G-L. Leclerc de Buffon et L.-J.-M. Daubenton, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 9, p. 265.

    5 Ibidem, t. 8, p. 2.

    6 P-J. Buc’hoz, Traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, (…).

    7 Ces villes sont : Bordeaux, Caen, Grenoble, La Rochelle, Lausanne, Metz, Lyon, Montpellier, Nantes, Orléans, Paris, Poitiers, Reims, Rouen, Strasbourg, Toulouse.

    8 Les Affiches de Lyon, 19 août 1772, no 34, BM Lyon, 951.000.

    9 Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de l’Orléanois, 16 septembre 1768, no 38, BM d’Orléans, E 5127.

    10 Les Affiches de Lyon, 10 janvier 1770, no 2, BM de Lyon, 951.000.

    11 P-J. Buc’hoz, Traité de l’éducation des animaux qui servent d’amusement à l’homme, sur le singe, p. 74.

    12 Par exemple, la base de données Joconde, le portail des Collections des musées de France.

    13 Bonnetier fabriquant des bas. Ces derniers sont tricotés de fil de laine.

    14 Affiches, Annonces de Toulouse et du Haut-Languedoc, 5 octobre 1785, no 40, BM de Toulouse, cote : Res. B XVIII 130.

    15 L- S Mercier, Tableau de Paris. Nouvelle édition corrigée & augmentée, p. 304.

    16 Le journal de Normandie, 11 mars 1789, no 20, Arch. dép. Seine-Maritime, BMR 260-4.

    17 Affiches de la Basse-Normandie, 5 août 1787, no 31 et 14 octobre 1787, no 41, Arch. dép. Calvados, 2 MX_JX_1273.

    18 A-R. Lesage, Histoire de Gil Blas de Santillane, p. 91-98.

    19 Le Chevalier de Saint-Hilaire, Éloge funèbre de Coco, perroquet chéri, imité de l’allemand, s.l., à la Frivolité, 1775, p. 6, 21 et 22.

    20 L. E. Robbins, Elephant slaves and pampered parrots: exotic animals in eighteenth-century France, p. 142 (note).

    21 M. Du Deffand, Correspondance complète de la Marquise Du Deffand avec ses amis le président Hénault, Montesquieu, d’Alembert, Voltaire, Horace Walpole… Lettre 230 du 31 mai 1767 de Madame la Marquise du Deffand à M. Horace Walpole.

    22 Journal de Guienne, 18 août 1789, no 230, BM Bordeaux, H 3442/11 Rés.

    23 Affiches, Annonces et Avis Divers ou Journal Général de France, 27 juillet 1790, no 208, BnF, département Littérature et art, V-28300-28576.

    24 J. -C. Hervieux de Chanteloup, Nouveau Traité des Serins de Canarie, contenant la manière de les élever, de les appareiller pour en avoir de belles races, p. 12.

    25 G- L. Leclerc de Buffon et L.-J.-M. Daubenton, Histoire naturelle générale et particulière : avec la description du Cabinet du Roy, t. 15, p. 17.

    26 G- L. Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, t. 6, p. 223.

    27 K. Thomas, Dans le jardin de la nature : la mutation des sensibilités en Angleterre à l’époque moderne.

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    Boitard, C. (2022). La question de l’animal de compagnie au prisme des animaux apprivoisés au xviiie siècle. In J. Förstel & M. Plouvier (éds.), L’animal : un sujet de loisirs. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.16146
    Boitard, Clotilde. « La question de l’animal de compagnie au prisme des animaux apprivoisés au xviiie siècle ». In L’animal : un sujet de loisirs, édité par Judith Förstel et Martine Plouvier. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2022. doi:10.4000/books.cths.16146.
    Boitard, Clotilde. « La question de l’animal de compagnie au prisme des animaux apprivoisés au xviiie siècle ». L’animal : un sujet de loisirs, édité par Judith Förstel et Martine Plouvier, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2022, https://doi.org/10.4000/books.cths.16146.

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    Förstel, J., & Plouvier, M. (éds.). (2022). L’animal : un sujet de loisirs. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.15971
    Förstel, Judith, et Martine Plouvier, éd. L’animal : un sujet de loisirs. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2022. doi:10.4000/books.cths.15971.
    Förstel, Judith, et Martine Plouvier, éditeurs. L’animal : un sujet de loisirs. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2022, https://doi.org/10.4000/books.cths.15971.
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