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    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
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    Plan détaillé Texte intégral Exploitation médicinale des animaux dans les pharmacopées traditionnelles et populaires Exploitation médicinale des animaux dans les pharmacopées savantes et officielles Recherche et exploitation des animaux médicinaux Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde

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    Table des matières

    Les animaux médicinaux dans les pharmacopées traditionnelles, populaires, savantes et officielles : exploitation ou sauvegarde ?

    Élisabeth Motte-Florac

    Résumé

    Les pharmacopées animales sont encore d’actualité dans diverses régions du monde, variant quantitativement et qualitativement selon l’environnement naturel et le mode de vie de la société considérée. Dans les pays dits « occidentaux », les produits animaux ont presque totalement disparu de l’arsenal thérapeutique. Cependant, ces dernières années, scientifiques et industriels recommencent à les considérer avec intérêt. Des recherches de plus en plus nombreuses ont pour but de valider et valoriser les remèdes d’origine animale. Les animaux présentent-ils des potentialités vraiment inégalées en thérapeutique qui justifient ce choix ? Ne vaudrait-il pas mieux abandonner définitivement le recours aux animaux quand une menace d’extinction pèse sur de plus en plus d’espèces ? Pour répondre à ces questions, sera explorée la place occupée par les animaux dans les pharmacopées de tradition orale, dans les pharmacopées de tradition écrite, puis seront appréciés les résultats des recherches actuelles à l’aune des problèmes que pose l’emploi de tels remèdes.

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les animaux, comme les végétaux et les minéraux, ont été exploités par l’homme à des fins médicinales. Leur utilisation thérapeutique est vraisemblablement aussi ancienne que celle des plantes, mais les preuves sont beaucoup plus difficiles à établir. Quelle que soit leur profondeur historique, les pharmacopées animales sont encore d’actualité dans diverses régions du monde, variant quantitativement et qualitativement selon l’environnement naturel et le mode de vie de la société considérée. Dans les pays dits « occidentaux », les produits animaux ont presque totalement disparu de l’arsenal thérapeutique, réprouvés et ridiculisés par les praticiens et les chercheurs au cours des deux derniers siècles. Cependant, ces dernières années, scientifiques et industriels recommencent à les considérer avec intérêt. Des recherches de plus en plus nombreuses ont pour but de valider et valoriser les remèdes d’origine animale traditionnels ou anciens. Ce regain d’intérêt pour les animaux médicinaux pose de nombreux problèmes. Les animaux présentent-ils des potentialités vraiment inégalées en thérapeutique qui justifient ce choix ? Méritent-ils vraiment l’intérêt qu’on leur porte ? Ne vaudrait-il pas mieux abandonner définitivement le recours aux animaux quand une menace d’extinction pèse sur des espèces de plus en plus nombreuses ?

    2Pour pouvoir répondre à ces questions, il est nécessaire d’explorer la place occupée par les animaux dans les pharmacopées de tradition orale et de tradition écrite au cours du temps, et de considérer les résultats des recherches actuelles à l’aune des problèmes que pose l’emploi de tels remèdes.

    Exploitation médicinale des animaux dans les pharmacopées traditionnelles et populaires

    3Les qualificatifs « traditionnelle » et « populaire » évoquent généralement une médecine de tradition orale. Bien qu’utilisés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ils posent de nombreux problèmes en raison de l’hétérogénéité des réalités qu’ils recouvrent, et de la constante évolution des savoirs et pratiques, souvent syncrétiques comme c’est le cas au Soudan où traditions africaines, arabes et islamiques se conjuguent1.

    Les pharmacopées traditionnelles

    4De nos jours, la médecine « traditionnelle » est la seule qui soit à la disposition d’un grand nombre de personnes dans les pays « du Sud ». Le recours à des produits naturels pour la préparation de remèdes y est encore fréquent. Les anciens écrits de voyageurs, naturalistes, commerçants, missionnaires, etc., et plus tard les travaux d’ethnographie en témoignent. Malheureusement les données concernant le règne animal sont rares et imprécises.

    5Lorsque l’ethnozoologie s’est développée à la fin du xixe siècle, des relevés un peu plus détaillés ont commencé à être réalisés. L’étude par cette discipline de « tous les liens établis entre l’homme et les […] animaux dans les diverses sociétés et traditions culturelles tout au long de l’histoire de l’humanité2 » a permis d’aborder les animaux médicinaux en prenant en compte les conceptions et représentations qu’en ont les populations locales. Cependant, contrairement aux plantes, les animaux médicinaux n’ont pas – ou peu – retenu l’attention des chercheurs à cette époque (voir infra) et, en conséquence, les informations ont continué à être anecdotiques et approximatives, donnant de la réalité une image peu fiable.

    « Les données fournies sur la participation des différents groupes d’animaux étaient probablement biaisées ab initio en privilégiant les produits proposés à la vente ou ceux qui étaient les plus familiers aux chercheurs ou encore ceux qui étaient les plus aisément accessibles. Par ailleurs, les interviewés, fréquemment des commerçants, n’étaient pas toujours capables de fournir des informations pertinentes sur les différentes espèces animales ou leurs produits dérivés3. »

    6Ces dernières années, comme on peut le constater dans le Journal of Ethnopharmacology, ou le Journal of Ethnobiology and Ethnomedecine les études sur les animaux médicinaux se multiplient et sont plus détaillées ; ils ne sont plus envisagés comme des éléments secondaires de remèdes locaux. Le développement de cet axe de recherche pousse certains auteurs à en faire une discipline à part entière, mais les dénominations qui pourraient être envisagées pour la désigner, prêtent à confusion avec d’autres domaines connexes. Ainsi, le néologisme « ethnozoopharmacologie » pourrait convenir si la « zoopharmacologie » – parfois « zoopharmacognosie » – ne faisait pas référence à la façon dont les animaux se soignent eux-mêmes (généralement par les plantes). Il en va de même pour « ethnozoothérapie ». La dénomination « zoothérapie » (très utilisée en anglais à propos de l’utilisation de produits animaux pour traiter des maladies chez l’homme ou l’animal4) ne peut convenir dans la mesure où elle est couramment utilisée pour parler de « médiation par l’animal », c’est-à-dire de l’utilisation d’un animal vivant pour diminuer les états de mal-être chez les personnes souffrant de troubles physiques, psychologiques ou mentaux.

    7Quel que soit le nom donné à cette discipline, la façon dont les animaux (le plus souvent morts et réduits à une de leur partie) – parfois leurs sécrétions ou productions – sont utilisés pour soigner un être humain ou un animal, peut être abordée à partir d’angles d’attaque très divers. Certains relevés sont réalisés sur la base géographique de territoires plus ou moins vastes, comme un pays ou une région (p. ex. Nordeste au Brésil5), ou à l’échelle limitée d’une ville (p. ex. Mapimi, État de Durango, Mexique6). Selon l’importance de l’aire étudiée, la biodiversité disponible peut varier considérablement, modifiant de façon conséquente l’apport respectif de chacune des grandes catégories animales à la pharmacopée locale. La façon de vivre d’une population est tout aussi déterminante sur les résultats comme le révèlent les travaux centrés sur une ethnie particulière, comme ceux de Deb et Haque7 qui soulignent à propos de l’utilisation médicinale des poissons et animaux aquatiques chez des pêcheurs du Bangladesh :

    « Le proverbe “Riz et poisson font un Bengali” permet de mesurer l’importance des poissons dans la vie quotidienne des Bengalis. [La considérable biodiversité du Bangladesh en poissons, crevettes, écrevisses et langoustines] a poussé les Bengalis à concevoir de nombreuses utilisations d’organismes aquatiques, au-delà de leur simple utilisation alimentaire. […] Il est difficile de déterminer une ligne de démarcation précise entre “poisson à usage alimentaire” et “poisson à usage médicinal” en raison du chevauchement dans leurs utilisations, de la complexité des systèmes de soin dans le monde rural et des normes socioculturelles locales. »

    8D’autre part, dans une même société, espèces, produits ou modes d’utilisation peuvent différer considérablement selon les informateurs sollicités, à la fois au niveau qualitatif (exactitude des données zoologiques comme précision des données thérapeutiques – affection traitée, mode de conservation, détails de la préparation, etc.) et au niveau quantitatif (importance de l’utilisation d’un animal, d’un produit ou d’une pratique). Ainsi, en thérapeutique familiale, le savoir détenu par les hommes et les femmes n’est pas le même. Pour les hommes, il est généralement lié à leur domaine d’activité ; chasseurs, pêcheurs, pasteurs, cueilleurs, cultivateurs, etc., ne mettent pas à profit les mêmes produits animaux et/ou ne les utilisent pas pour soigner les mêmes pathologies. Les mères de famille, pour leur part, utilisent un grand nombre de produits alimentaires pour faire face aux maladies les plus communes. Pour ce qui est des thérapeutes « professionnels », hommes ou femmes, généralistes ou spécialistes, ils définissent le champ de leur pratique et le recours aux produits médicinaux d’origine animale en fonction de leur formation, de leurs intérêts et de leur histoire de vie. La plupart des drogues8 qu’ils utilisent sont sélectionnées dans leur environnement proche. Toutefois, il en est toujours quelques-unes, d’origine « lointaine » ou rare, qui rehaussent leur thérapeutique grâce au pouvoir – supérieur à celui de toutes les autres – qui leur est accordé.

    9Enfin, les personnes faisant partie du circuit commercial suivi par les produits médicinaux d’origine animale (marchands de boutiques spécialisées, de marchés par terre9, etc.) détiennent parfois des informations originales, bien qu’elles soient souvent très incomplètes.

    10Les animaux médicinaux peuvent également être explorés à partir d’une approche zoologique. L’attention est alors focalisée sur une catégorie d’animaux (les insectes10, les poissons11) ou un animal particulier, comme le scorpion en Espagne12. Dans ce pays, les informations proviennent alors de pharmacopées dites « populaires ».

    Les pharmacopées populaires

    11Le qualificatif « populaire » a été très utilisé dans la seconde moitié du siècle dernier pour parler des pratiques thérapeutiques de tradition orale utilisées dans les zones rurales de pays disposant d’une médecine « savante » de tradition écrite. En France, les travaux sur la médecine populaire ont été particulièrement nombreux dans les années 197013 et dans d’autres pays au cours des années 1980-1990. Toutefois, les animaux médicinaux étant alors déconsidérés par la médecine savante, les informations sont le plus souvent rudimentaires et centrées sur des pratiques « magiques », un thème récurrent à cette époque14.

    12La médecine populaire a toujours entretenu des rapports très étroits avec la médecine savante15, et les emprunts de l’une à l’autre se sont faits de façon permanente et dans les deux sens. En France, almanachs et autres textes diffusés par les colporteurs ont permis de faire circuler des savoirs et des pratiques de la médecine savante (souvent avec quelques décennies ou siècles de retard). Les personnes instruites résidant dans les campagnes (instituteurs, religieux, personnes de la haute société pratiquant la charité…) y ont également contribué. En sens inverse, de nombreux médecins n’ont pas hésité à attirer l’attention de leurs confrères sur certaines pratiques utilisées en zones rurales.

    « De l’Auvergne, [Jacques Despars16] rapporte un usage médical qui consiste à provoquer une succion à l’aide de cornes, pour éviter le recours aux saignées ou aux ventouses : cette pratique se trouve décrite également, à propos de l’aspiration des venins, sans connotation régionale, chez un auteur originaire du Massif central, le célèbre chirurgien du xive siècle Guy de Chauliac17. »

    13Et lorsque les traitements habituels étaient tenus en échec, certains praticiens n’hésitaient pas à se servir de recettes que leurs employés de maison connaissaient pour être pratiquées dans leur campagne, comme en témoignent de nombreux écrits du xixe siècle. Il n’est donc pas étonnant de constater que la plupart des produits animaux utilisés encore récemment en zone rurale sont identiques à ceux des savoirs savants des siècles passés, comme le montre une enquête réalisée en 1968 dans les Cévennes18.

    Exploitation médicinale des animaux dans les pharmacopées savantes et officielles

    Les pharmacopées savantes et officielles « occidentales »

    14Les premiers « recueils » de formules médicinales dont on dispose, sont des tablettes d’argile datant de l’époque sumérienne. Les animaux médicinaux étaient alors importants puisqu’ils composaient le quart de l’ensemble de la pharmacopée19 utilisée par les thérapeutes.

    15Dans l’Égypte ancienne, les produits animaux sont également très nombreux. Le papyrus d’Ebers (vers 1550 av. J.-C.) décrit plus de 700 préparations réalisées par les médecins. Un grand nombre d’entre elles comportent des produits d’origine animale parmi lesquels dominent les graisses (de 32 animaux différents), le sang (de 31 animaux différents) et les excréments (de 24 animaux différents)20.

    16Plus tard, les médecins de l’Antiquité gréco-latine continuent à accorder une grande importance au monde animal. Au ve siècle av. J.-C., la Collection hippocratique fait état de l’exploitation médicinale d’un grand nombre de produits qui se retrouvent sous la plume de Dioscoride. Une centaine de remèdes d’origine animale (soit 11 % des entrées) figurent dans son De materia medica.

    17Quant à Pline l’Ancien, il consacre à la même époque cinq livres aux animaux médicinaux, sur les 37 que comporte son Histoire naturelle. Nombre d’autres auteurs sauvegarderont dans leurs écrits des usages de leur époque, malheureusement, le plus souvent de façon très brève.

    18Après la chute de l’Empire romain, cet héritage médical sera perpétué en Orient par plusieurs traditions (byzantine et grecque dans l’Empire d’Orient, arménienne et latine à Ravenne, perse en Iran, syriaco-arabe à partir du viie siècle dans le monde arabe). À partir de là, ces savoirs d’origine gréco-latine seront utilisés, réinterprétés, amendés, traduits et transmis dans les pays du Moyen-Orient et du pourtour méditerranéen. Dans le même temps, en Occident, la médecine monastique laissera peu de place aux animaux médicinaux, les jardins de simples fournissant l’essentiel des médicaments utilisés et les animaux étant déconsidérés malgré la symbolique très positive accordée à certains d’entre eux.

    19Au ixe siècle, la création à Salerne d’une école accueillant des médecins de tous horizons et de toutes confessions permettra le développement d’une médecine scolastique. Des ouvrages y seront publiés comme, au xiie siècle, le Liber de simplici medicina ou Circa instans dans lequel les produits animaux sont encore peu nombreux (14 entrées sur un total de 373). Au xiiie siècle, on assiste à :

    « La fusion définitive de deux courants scientifiques, le courant oriental des Arabes et des Napolitains (Royaume des Deux-Siciles) et le courant scolastique occidental21. »

    20À cette époque, l’importance prise par les épices est telle qu’elles occupent une place prépondérante chez les apothicaires, les produits animaux ne correspondant qu’à moins de 10 % du fonds de commerce22. Toutefois, divers écrits vont remettre en mémoire les savoirs médicinaux concernant de nombreux animaux, comme l’Hortus sanitatis publié pour la première fois en Allemagne en 1485. Les produits animaux les plus recherchés à cette époque sont les bézoards ainsi que divers produits odorants23 dont l’utilisation est aussi appréciée que celle des épices.

    21Le xvie siècle voit fleurir des pharmacopées qui sont écrites par des médecins et quelques représentants des apothicaires. Elles ont pour but d’homogénéiser les savoirs et pratiques en fixant les médicaments simples et composés que les apothicaires d’une ville doivent tenir en leur boutique et les procédures qu’ils doivent suivre pour les confectionner correctement. Les produits et médicaments d’origine animale cités dans ces ouvrages officiels vont être de plus en plus nombreux, ainsi que dans les ouvrages de référence que possèdent tous les apothicaires, comme les Commentaires sur Dioscoride que Matthiole fait paraître en 1544.

    22Au xviie siècle, les animaux médicinaux sont à nouveau plébiscités. Pierre Pomet, Marchand Epicier & droguiste, publie à Paris en 1694 une Histoire générale des drogues dans laquelle sont décrites les drogues animales les plus vendues par lui-même et ses confrères. Y figurent de nombreux produits exotiques aux provenances les plus diverses. Et quatre ans plus tard, l’apothicaire Nicolas Lémery fait paraître un Traité universel des drogues simples dans lequel 25 % des entrées correspondent à des animaux ou à des drogues animales.

    23Au cours du xviiie siècle, apothicaires, médecins et naturalistes vont avoir à cœur de mieux connaître les produits naturels. Les dénominations et déterminations vont être de plus en plus précises, de même que vont être détaillés tous les facteurs susceptibles d’intervenir sur leur efficacité thérapeutique (époque à laquelle l’animal doit être chassé ou prélevé, précautions à prendre pour la préparation, conditions de conservation, éventuelles adultérations, etc.). Ces données vont être influencées par le développement des différentes disciplines scientifiques concernées par l’exploitation d’animaux médicinaux.

    « La plupart des ouvrages récents où il est question de drogues d’origine animale ont été écrits par des zoologistes ; ce sont des Traités de “Zoologie médicale24” et non des Traités de “Matière médicale”. Nous avons voulu, au contraire, nous limiter à l’étude des animaux ou des substances d’origine animale utilisées en médecine et développer plus spécialement le côté anatomique de leur histoire qui est précisément le plus négligé dans les ouvrages de Zoologie médicale25. »

    24La fin du xixe siècle voit l’apparition de l’opothérapie (terme créé à partir de oπóς « suc » et ϑεραπεία « traitement ») qui correspond à l’utilisation thérapeutique d’organes ou d’extraits d’organes d’origine animale. Le premier à promouvoir cette nouvelle discipline est C.-É. Brown-Séquard, titulaire de la chaire de médecine expérimentale au Collège de France. En quelques années, l’utilisation de poudres d’organes et de tissus animaux va se multiplier en même temps que se développe l’exploration des pathologies endocriniennes et des hormones. Puis l’évolution des disciplines médicales, pharmaceutiques et chimiques provoquera le bannissement des produits d’origine animale qui seront violemment critiqués par les scientifiques.

    « La philosophie du siècle a remis tout à sa place, et a fait justice de ces animaux immondes auxquels l’ignorance des temps avait accordé des propriétés miraculeuses. Les matières médicales des pharmacopées légales publiées de nos jours sont remarquables par leur simplicité, surtout dans ce qui concerne les médicamens tirés du règne animal. On trouve néanmoins çà et là quelques traces de cette grossière ignorance dans plusieurs pages estimables, et l’on apprendra sans doute avec regret que le Codex medicamentarius (Pharmacopée française) n’est pas entièrement dégagé de ces substances médicamenteuses dont les vertus imaginaires ne sont fondées que sur l’empirisme. […] Heureusement que ces taches sont peu nombreuses, et qu’une nouvelle édition les verra disparaître26. »

    25Les drogues anciennes, ridiculisées sur la foi de simples a priori (aux antipodes d’une attitude scientifique qui aurait exigé une vérification par différents tests), vont disparaître.

    « En France, et dans la presque totalité de l’Europe, [on] chercherait vainement aujourd’hui dans nos officines l’album graecum, nom ridicule et bizarre sous lequel on désigne les excrémens des chiens nourris exclusivement avec des os ; l’album nigrum, nom absurde donné aux crottes de souris ; l’huile de petits chiens, qui devait ce nom au principal agent médicamenteux, les petits chiens, qu’on plongeait vivans dans l’huile bouillante, où ils expiraient dans d’horribles convulsions. Les graisses d’ours, de blaireau, de hérisson, de marmotte, sont rejetées de l’usage. On ne fait plus brûler les souris pour les administrer contre l’incontinence d’urine. Les bézoards sont relégués, dans les collections de matière médicale, avec l’ongle d’élan, l’os de cœur de cerf, les égagropiles de chamois, les os de merlan, le scinque, où ils seront bientôt rejoints par les cloportes, le corail, la corne de cerf, le ver terrestre, l’os de seiche et le sang de bouquetin, qu’on s’étonne de voir figurer dans la plupart des pharmacopées du xixe siècle27. »

    26Lors de la mise à jour de la Pharmacopée française en 2002, les produits d’origine animale ne représentaient plus que 1,8 % des drogues allopathiques et 3,8 % des produits homéopathiques28.

    La pharmacopée chinoise, traditionnelle et officielle

    27Malgré sa dénomination, la médecine « traditionnelle » chinoise ou MTC est de tradition écrite et savante. Elle présente la particularité de compter de nombreux produits naturels qui, bien que n’ayant pas encore été validés scientifiquement, sont vendus au même titre que les médicaments industriels. Certains de ces produits, d’origine animale, sont connus et utilisés depuis de nombreux siècles dans les pays occidentaux et plus récemment, les grandes expositions universelles et coloniales de la fin du xixe siècle ont été l’occasion d’en découvrir nombre d’autres comme le yarsagumba, une chenille parasitée par un champignon, récoltée sur les hauts plateaux himalayens, un tonique qui est actuellement le remède naturel le plus cher au monde. En effet, la médecine « moderne » ayant été confrontée à ses limitations, une grande valeur est accordée aux remèdes de la MTC, dont l’ancienneté est, pour de nombreuses personnes, un gage d’efficacité. Aussi, la demande est actuellement en constante augmentation, surtout lorsqu’il s’agit de produits qui ont la réputation de traiter des affections graves (comme le cancer) ou les problèmes de santé des personnes âgées (comme les aphrodisiaques29, les antirhumatismaux, etc.). Par ailleurs, ces produits médicinaux étant culturellement très marqués, les Chinois émigrés en sont très demandeurs et ceux qui ont fait fortune sont prêts à payer des prix exorbitants pour en obtenir, même lorsque leur exploitation pose de graves problèmes environnementaux ou éthiques.

    Recherche et exploitation des animaux médicinaux

    28Les travaux menés pour valider l’utilisation d’animaux à des fins thérapeutiques s’avèrent souvent complexes, en particulier pour des raisons méthodologiques. Du fait de leur mobilité (et donc des changements d’alimentation), les animaux sont susceptibles de subir d’importants changements influant sur leurs effets thérapeutiques. Il arrive ainsi qu’un produit comestible se transforme en produit dangereux comme l’ont expérimenté au xixe siècle des soldats français en stationnement en Algérie. Ayant consommé des grenouilles capturées dans des marécages voisins, ils présentèrent des symptômes30 connus pour être ceux d’un empoisonnement à la cantharidine, une substance synthétisée par deux coléoptères qui fournissaient l’essentiel de leur subsistance aux grenouilles. Insensibles à la cantharidine, celles-ci l’avaient accumulée dans leur chair.

    29Il est également parfois difficile de déterminer quelle est la part de l’action thérapeutique due à l’animal vivant et celle à mettre au crédit des substances naturelles qu’il contient ou sécrète. Ainsi, l’efficacité des larves de mouches31 utilisées en milieu hospitalier pour soigner des plaies difficiles à traiter est due non seulement aux produits qu’elles sécrètent (dont l’allantoïne), mais aussi à leur action mécanique de détersion et à l’effet stimulant déclenché par leurs mouvements32.

    30Les résultats d’analyse peuvent aussi se révéler difficiles à interpréter comme l’a montré le travail entrepris sur un moyen anticonceptionnel rapporté dans des papyrus égyptiens : une méthode consistant à utiliser un tampon de fibres végétales imprégnées de selles de crocodile. Selon les chercheurs, ces dernières « ne semblent avoir aucune influence directe sur les spermatozoïdes dans les conditions méthodologiques choisies33 », mais pourraient avoir une action indirecte : l’application locale de ces selles, même pendant un temps réduit, en provoquant une infection limitée et localisée au niveau des trompes, aurait comme effet un processus inflammatoire empêchant la migration de l’ovocyte, ce qui le rendrait infécondable. Cette technique est très risquée, car elle peut occasionner une stérilité définitive ou un sepsis sévère, mais d’autres études ont également révélé une activité antibactérienne des selles du crocodile du Nil et la présence d’une quantité non négligeable de vitamine E (à activité antivirale et utilisée dans certains traitements anti-infectieux en gynécologie). L’effet contraceptif pourrait donc s’expliquer par une obstruction d’origine inflammatoire mais à effet réversible34.

    Multiplication des recherches

    31Les recherches en chimie permettent de reconnaître l’intérêt thérapeutique de nombreux produits animaux. D’après des travaux plus ou moins anciens, on sait que la présence de carbonate de calcium dans les écailles d’huître, coquilles d’œufs et de limaçons, concrétions stomacales d’écrevisses, cendres d’animaux (hérisson, lièvre, taupe, hirondelle, roitelet, etc.)… justifie leur utilisation comme antiacide ; que l’activité enzymatique de la bave d’escargot propre à dissoudre le mucus et à faciliter l’expectoration35 légitime son emploi comme antitussif ; que l’intérêt des sorcières pour les crapauds peut s’interpréter à la lumière de la présence de bufoténine, un alcaloïde à effets hallucinogènes ; que l’emploi d’excréments de chauve-souris pour soigner certains problèmes oculaires s’explique par la présence de vitamine A (en quantité trois fois plus importante que dans l’huile de foie de morue) ; que l’utilisation de castoréum pendant plusieurs millénaires pour soigner fièvre et maux de tête est justifiée par sa richesse en acide salicylique ; etc.

    32Ces dernières années, les recherches se multiplient, en particulier sur les animaux marins en raison de l’engouement pour ce milieu naturel encore mal connu ainsi que sur les animaux venimeux ou toxiques (serpents36, scorpions, grenouilles37, etc.), le venin de plusieurs animaux s’étant révélé très efficace dans le traitement de maladies cardiaques, nerveuses, etc. Les résultats obtenus, très prometteurs, retiennent l’attention du monde de la recherche et de l’industrie car les perspectives d’innovation pharmaceutique sont incomparables, de même que l’originalité des molécules chimiques découvertes, qu’aucun cerveau humain ne saurait imaginer. Des études sont également menées sur des produits dont l’utilisation est quasi universelle comme le miel, et/ou qui présentent un réel intérêt économique.

    « C’est le cas des fourmis en Chine où de nombreuses poudres, liqueurs, infusions, sont vendues. Des recherches sur l’espèce la plus utilisée (Polyrhachis vicina) ont mis en évidence la présence de nombreuses protéines, vitamines, substances actives, qui permettent de comprendre son intérêt dans le traitement d’inflammations, de convulsions, d’ulcère, de douleur, d’excès de cholestérol, etc.38 »

    33Les résultats obtenus sur ces différents produits incitent les chercheurs à engager des recherches de plus en plus nombreuses sur l’efficacité des produits animaux utilisés dans les thérapeutiques traditionnelles (par exemple sur un lézard au Brésil, sur la corne de rhinocéros39 ou les vésicules biliaires d’ours en Chine40). Se multiplient également les travaux de praticiens qui réintègrent l’utilisation d’animaux dans les pratiques hospitalières (larvothérapie, utilisation de sangsues, de miel en chirurgie41).

    34Quelle que soit l’importance des découvertes portant sur les principes actifs de ces produits animaux, on ne saurait pour autant abandonner l’idée qu’un effet psychologique puisse venir renforcer (et parfois remplacer ?) l’action biologique des substances naturelles. Ce problème est récurrent pour un grand nombre d’animaux investis d’une valeur symbolique forte42 ou ceux dont certains comportements très particuliers rappellent la théorie des signatures. Ainsi, la femelle du tlacuache ou oppossum mexicain43 utilisé au Mexique pour accélérer les accouchements, met bas après seulement une semaine ou deux de gestation.

     

    Exploitation ou sauvegarde ?

    35Si de nos jours nombre de produits médicinaux d’origine animale sont réhabilités par des recherches prouvant combien la plupart des condamnations émises au cours des derniers siècles manquaient de discernement, leur utilisation n’est pas sans conséquences et s’avère souvent problématique.

    36D’une part, les animaux médicinaux sont, à l’instar d’un grand nombre d’espèces animales, de possibles vecteurs d’agents pathogènes. Il en est ainsi des sangsues qui doivent être impérativement tuées après avoir été utilisées pour éviter la transmission de maladies. Les animaux morts (parfois aussi leurs excréments) peuvent être tout aussi dangereux comme les chauves-souris, véritables réservoirs de nombreux virus émergents (en particulier le coronavirus proche de celui qui est responsable du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) chez l’homme).

    37D’autre part, l’utilisation d’animaux dont le commerce se fait à l’échelle mondiale – en particulier via Internet – et non plus dans les limites restreintes d’une région, fait peser une menace d’extinction sur de nombreuses espèces comme le rhinocéros dont la corne dite « aphrodisiaque » est vendue de 30 000 à 50 000 dollars le kilo, les hippocampes dont 150 millions d’individus sont capturés par an pour être revendus comme « tonique » ou encore les holothuries dont, depuis 2013, seize espèces figurent sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), neuf sont considérées comme « vulnérables » et sept « en danger ou à forte probabilité d’extinction ». Malgré les interdictions diverses, leur récolte continue à être en constante augmentation pour répondre à la demande des industries pharmaceutiques et cosmétiques qui l’utilisent pour la préparation de médicaments soignant des maladies très diverses : régulation immunitaire, cancer, diabète, thrombose, maladies de la prostate, maladies cardiaques, arthrite, etc.

    38Enfin, le rapport à l’animal a beaucoup changé au cours des dernières décennies et de nombreuses associations de protection des animaux dénoncent des procédés de récolte répréhensibles, par exemple ceux qui sont pratiqués pour l’obtention de bile d’ours dans certaines fermes d’élevage.

    39Si l’exploitation du monde animal à des fins thérapeutiques est à nouveau d’actualité, il devient urgent d’en définir les modalités.

    Bibliographie

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    Notes de bas de page

    1 H. H. El-Kamali, « Folk medicinal use of some animal products in Central Sudan ».

    2 É. Motte-Florac, « Introduction », p. 9.

    3 A.A. Sowunmi, « Fin-fishes in Yorùbá natural healing practices from southwest Nigeria », p. 72.

    4 E. Medeiros Costa-Neto, « Healing with animals in Feira de Santana City, Bahia, Brazil » ; E. Lev, « Traditional healing with animals ».

    5 R.R.N. Alves et I.L. Rosa, « Zootherapeutic practices among fishing communities in North and Northeast Brazil : A comparison ».

    6 M. del R. Jacobo-Salcedo et al., « Folk medicinal use of fauna in Mapimi ».

    7 A.K. Deb et C.E. Haque, « “Every mother is a mini-doctor” », p. 259.

    8 Au sens pharmaceutique de matière première d’origine naturelle susceptible d’être transformée en médicament simple ou composé.

    9 S. Tchibozo et É. Motte-Florac, « Animaux médicinaux du Bénin » ; M.E. Taylor et J. Fox, « The fetish market, Lomé ».

    10 R. Lupoli, L’insecte médicinal.

    11 A.A. Sowunmi, « Fin-fishes in Yorùbá natural healing practices from SW Nigeria ».

    12 J.A. González et J.R. Vallejo, « The scorpion in Spanish folk medicine ».

    13 A. Julliard et R. Luneau, « La Médecine populaire dans les campagnes françaises aujourd’hui ».

    14 G. Benítez, « Animals used for medicinal and magico-religious purposes in western Granada Province ».

    15 F. Loux, « Las relaciones entre medicina tradicional y medicina oficial: la medicina popular en Francia ».

    16 Maître régent de la Faculté de médecine de Paris au xve siècle.

    17 D. Jacquart, « Le regard d’un médecin sur son temps », p. 45.

    18 É. Motte-Florac, « Les animaux dans les pharmacopées savantes et traditionnelles ».

    19 R.C. Thompson, Assyrian Medical Texts from the originals in the British museum.

    20 É. Motte-Florac, « Entre oralité et écriture ; les drogues animales/humaines dans les pharmacopées savantes, officielles, populaires, traditionnelles ».

    21 D. Frelon, À la recherche du pharmacien, quelques éléments historiques et littéraires sur l’homme et son image, p. 7.

    22 J.-P. Bénézet, Pharmacie et médicament en Méditerranée occidentale.

    23 É. Motte-Florac, T. Gaslonde et P. Galanopoulos, Drogues animales odorantes.

    24 G. Carlet, Précis de zoologie médicale ; P. Girod, Leçons de zoologie médicale ; P. Gervais, Zoologie médicale ; etc.

    25 H. Beauregard, Matière médicale zoologique, p. VII.

    26 A.L.A. Fée, Cours d’histoire naturelle pharmaceutique, p. 1.

    27 Ibid., p. 2-3.

    28 É. Motte-Florac, « Les drogues animales, richesses et curiosités du droguier de la faculté de Pharmacie ».

    29 É. Motte-Florac, « Les insectes aphrodisiaques, entre mets délicats et remèdes ».

    30 G. Lemoine, « Des grenouilles aphrodisiaques ».

    31 Lucilia sericata (Meigen, 1826), Diptera : Calliphoridae.

    32 P. Toussaint, « La larvothérapie ».

    33 R.-A. Jean et A.-M. Loyrette, « À propos des textes médicaux des papyrus du Ramesseum Nos III et IV.I : la contraception », p. 571.

    34 Ibid.

    35 B. Bonnemain, « Hélices et médicaments ».

    36 Développement du Prohanin, antalgique cent fois plus puissant que la morphine dérivé d’une toxine provenant du venin de cobra royal ; toxine botulique du venin de cobra pour syndromes de contractions involontaires (paupières, cou, strabisme) et réduction des rides par effet paralysant des muscles faciaux.

    37 Un alcaloïde analgésique, l’épibatidine, deux cents fois plus puissant que la morphine mais malheureusement toxique, a été découvert dans la peau d’une grenouille d’Amérique du Sud (A. Jeanblanc, « Médicaments : les voies naturelles »).

    38 É. Motte-Florac, « Insectes et thérapeutique ».

    39 F.S. Ferreira et al. « Is the body fat of the lizard Tupinambis merianae effective against bacterial infections? » ; P.P.H. But et al., « Ethnopharmacology of rhinoceros horn. I » et « II ».

    40 Y.W. Li et al., « Ethnopharmacology of bear gall bladder: I. ».

    41 G. Pautard, R. Lupoli et F. Quero, « L’usage du miel en cicatrisation ».

    42 É. Motte-Florac, « Animaux médecines ».

    43 Marmosa mexicana (Merriam, 1897), Didelphidae.

    Auteur

    • Élisabeth Motte-Florac

      Ethnopharmacologue, retraitée de l’Université de Montpellier

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    Signes et communication dans les civilisations de la parole

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    Langages et communication : espaces, territoires, pouvoirs

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    1 H. H. El-Kamali, « Folk medicinal use of some animal products in Central Sudan ».

    2 É. Motte-Florac, « Introduction », p. 9.

    3 A.A. Sowunmi, « Fin-fishes in Yorùbá natural healing practices from southwest Nigeria », p. 72.

    4 E. Medeiros Costa-Neto, « Healing with animals in Feira de Santana City, Bahia, Brazil » ; E. Lev, « Traditional healing with animals ».

    5 R.R.N. Alves et I.L. Rosa, « Zootherapeutic practices among fishing communities in North and Northeast Brazil : A comparison ».

    6 M. del R. Jacobo-Salcedo et al., « Folk medicinal use of fauna in Mapimi ».

    7 A.K. Deb et C.E. Haque, « “Every mother is a mini-doctor” », p. 259.

    8 Au sens pharmaceutique de matière première d’origine naturelle susceptible d’être transformée en médicament simple ou composé.

    9 S. Tchibozo et É. Motte-Florac, « Animaux médicinaux du Bénin » ; M.E. Taylor et J. Fox, « The fetish market, Lomé ».

    10 R. Lupoli, L’insecte médicinal.

    11 A.A. Sowunmi, « Fin-fishes in Yorùbá natural healing practices from SW Nigeria ».

    12 J.A. González et J.R. Vallejo, « The scorpion in Spanish folk medicine ».

    13 A. Julliard et R. Luneau, « La Médecine populaire dans les campagnes françaises aujourd’hui ».

    14 G. Benítez, « Animals used for medicinal and magico-religious purposes in western Granada Province ».

    15 F. Loux, « Las relaciones entre medicina tradicional y medicina oficial: la medicina popular en Francia ».

    16 Maître régent de la Faculté de médecine de Paris au xve siècle.

    17 D. Jacquart, « Le regard d’un médecin sur son temps », p. 45.

    18 É. Motte-Florac, « Les animaux dans les pharmacopées savantes et traditionnelles ».

    19 R.C. Thompson, Assyrian Medical Texts from the originals in the British museum.

    20 É. Motte-Florac, « Entre oralité et écriture ; les drogues animales/humaines dans les pharmacopées savantes, officielles, populaires, traditionnelles ».

    21 D. Frelon, À la recherche du pharmacien, quelques éléments historiques et littéraires sur l’homme et son image, p. 7.

    22 J.-P. Bénézet, Pharmacie et médicament en Méditerranée occidentale.

    23 É. Motte-Florac, T. Gaslonde et P. Galanopoulos, Drogues animales odorantes.

    24 G. Carlet, Précis de zoologie médicale ; P. Girod, Leçons de zoologie médicale ; P. Gervais, Zoologie médicale ; etc.

    25 H. Beauregard, Matière médicale zoologique, p. VII.

    26 A.L.A. Fée, Cours d’histoire naturelle pharmaceutique, p. 1.

    27 Ibid., p. 2-3.

    28 É. Motte-Florac, « Les drogues animales, richesses et curiosités du droguier de la faculté de Pharmacie ».

    29 É. Motte-Florac, « Les insectes aphrodisiaques, entre mets délicats et remèdes ».

    30 G. Lemoine, « Des grenouilles aphrodisiaques ».

    31 Lucilia sericata (Meigen, 1826), Diptera : Calliphoridae.

    32 P. Toussaint, « La larvothérapie ».

    33 R.-A. Jean et A.-M. Loyrette, « À propos des textes médicaux des papyrus du Ramesseum Nos III et IV.I : la contraception », p. 571.

    34 Ibid.

    35 B. Bonnemain, « Hélices et médicaments ».

    36 Développement du Prohanin, antalgique cent fois plus puissant que la morphine dérivé d’une toxine provenant du venin de cobra royal ; toxine botulique du venin de cobra pour syndromes de contractions involontaires (paupières, cou, strabisme) et réduction des rides par effet paralysant des muscles faciaux.

    37 Un alcaloïde analgésique, l’épibatidine, deux cents fois plus puissant que la morphine mais malheureusement toxique, a été découvert dans la peau d’une grenouille d’Amérique du Sud (A. Jeanblanc, « Médicaments : les voies naturelles »).

    38 É. Motte-Florac, « Insectes et thérapeutique ».

    39 F.S. Ferreira et al. « Is the body fat of the lizard Tupinambis merianae effective against bacterial infections? » ; P.P.H. But et al., « Ethnopharmacology of rhinoceros horn. I » et « II ».

    40 Y.W. Li et al., « Ethnopharmacology of bear gall bladder: I. ».

    41 G. Pautard, R. Lupoli et F. Quero, « L’usage du miel en cicatrisation ».

    42 É. Motte-Florac, « Animaux médecines ».

    43 Marmosa mexicana (Merriam, 1897), Didelphidae.

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    Motte-Florac, Élisabeth. (2021). Les animaux médicinaux dans les pharmacopées traditionnelles, populaires, savantes et officielles : exploitation ou sauvegarde ?. In A.-M. Flambard-Héricher & F. Blary (éds.), L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.15780
    Motte-Florac, Élisabeth. « Les animaux médicinaux dans les pharmacopées traditionnelles, populaires, savantes et officielles : exploitation ou sauvegarde ? ». In L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde, édité par Anne-Marie Flambard-Héricher et François Blary. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021. doi:10.4000/books.cths.15780.
    Motte-Florac, Élisabeth. « Les animaux médicinaux dans les pharmacopées traditionnelles, populaires, savantes et officielles : exploitation ou sauvegarde ? ». L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde, édité par Anne-Marie Flambard-Héricher et François Blary, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021, https://doi.org/10.4000/books.cths.15780.

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    Flambard-Héricher, A.-M., & Blary, F. (éds.). (2021). L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.15485
    Flambard-Héricher, Anne-Marie, et François Blary, éd. L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021. doi:10.4000/books.cths.15485.
    Flambard-Héricher, Anne-Marie, et François Blary, éditeurs. L’animal et l’homme : de l’exploitation à la sauvegarde. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021, https://doi.org/10.4000/books.cths.15485.
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