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    Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques
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    Plan détaillé Texte intégral Le « vin hygiénique » : naissance et diffusion primitive d’un concept (années 1820-années 1860) Le « vin hygiénique » et Pasteur : ressorts d’une instrumentalisation (années 1870-années 1930) Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Faux bruits, rumeurs et fake news

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons » : anatomie d’une légende (xixe-xxe siècles)

    Stéphane Le Bras

    Résumé

    Longtemps présenté comme une boisson parée de vertus thérapeutiques et bénéfiques pour la santé, le vin jouit d’un statut à part dans la culture française. Celui-ci est en partie fondé à l’époque contemporaine sur la phrase de Pasteur, « le vin est la plus saine et le plus hygiénique des boissons » (1866), qui lui octroie une légitimité sans pareille dans la filière des boissons alcoolisées et, par extension, dans l’opinion publique. Cet article vise à déconstruire la dimension légendaire de cette phrase, en la replaçant dans son contexte historique, puis en montrant les mécanismes qui ont participé à son exploitation et son instrumentalisation jusqu’à une époque toute récente.

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1À intervalles réguliers, la presse nationale se fait l’écho d’études scientifiques mettant en avant les bienfaits d’une consommation modérée et régulière de vin1. Ainsi, en août 2019, Sciences et Avenir titrait sur les effets bénéfiques du vin rouge sur nos intestins2 : l’article déroule alors un argumentaire bien connu, et régulièrement repris, sur « l’effet protecteur pour notre santé » du vin, ici en l’occurrence, l’action antioxydante et anti-inflammatoire d’un polyphénol sur le microbiote intestinal.

    2Si l’article de Sciences et Avenir garde une certaine réserve formelle par l’emploi du conditionnel, justifié par la faible ampleur de la population testée et les difficultés à prouver la causalité directe entre l’amélioration de l’état de l’intestin et la consommation de vin, le professeur Didier Raoult, spécialiste des maladies infectieuses, s’en affranchit. Dans une tribune du Point en 2011, après avoir évoqué les risques liés à une consommation excessive d’alcool, il promeut une étude scientifique liant consommation de vin et accroissement de l’espérance de vie, puis liste les apports bénéfiques du vin : protection contre les affections cardio-vasculaires, diminution des risques d’accidents vasculaires cérébraux, réduction de la mortalité3.

    3Et de conclure son intervention par un définitif :

    « Mon maître, le microbiologiste Louis Pasteur, dont les premiers travaux ont porté sur la fermentation des boissons alcoolisées, prétendait que le vin était la plus saine des boissons. »

    4Le recours à Pasteur (1822-1895) pour justifier les bienfaits des vins et faire acte d’argument d’autorité n’est pas là non plus une surprise. Le scientifique français, par son statut de pionnier de la microbiologie et dont les travaux sont loués, dès son vivant, dans le monde entier4, est une figure tutélaire de la propagande en faveur des vins, et la phrase « la plus saine et la plus hygiénique des boissons », citée partiellement par le professeur Raoult, s’avère un support utile pour la promotion de la filière vitivinicole.

    5Sans rentrer dans les débats qui opposent les partisans du mouvement antialcoolique et ceux du secteur du vin à l’époque contemporaine à propos des bienfaits réels ou supposés de la boisson, cet article vise à interroger la manière dont cette phrase a été investie par la propagande en faveur de ce dernier, quitte à en faire une légende, c’est-à-dire un repère culturel propre à convaincre et rassembler, mais également un objet aux contours finalement mal connus. Pour ce faire, nous nous attacherons à démontrer les mécanismes en œuvre, depuis le contexte historique de la formulation de cette phrase, jusqu’à son instrumentalisation dans les décennies qui suivent.

    Le « vin hygiénique » : naissance et diffusion primitive d’un concept (années 1820-années 1860)

    6Lorsque Pasteur s’intéresse plus particulièrement au vin, c’est avant tout comme spécialiste de la fermentation – dont il avait gagné les galons dans les années 1850 – et de ses conséquences sur la maturation des moûts5. Dans la première moitié des années 1860, il s’intéresse alors à ce qu’on appelle « les maladies des vins », qui les rendent impurs et donc impropres à la consommation dans un contexte où la demande est sans cesse croissante. Or, dans la filière, l’inquiétude est générale : en plus des maladies qui frappent depuis quelques années les vignes (l’oïdium est apparu en Europe au milieu des années 1840 ; le phylloxéra vient de faire ses premiers dégâts dans le sud de la France au début des années 1860), les stocks sont régulièrement gâtés ou perdus sans que l’on en comprenne les causes ni qu’on en trouve d’efficaces parades (acescence ou piqûre qui fait tourner le vin et le transforme en vinaigre ; casse ou oxydation qui troublent les vins par exemple). Dès 1863-1864, après des études sur les vins d’Arbois dans le Jura initiées à la demande de Napoléon III, qui s’inquiétait des conséquences dévastatrices des maladies des vins sur leur commerce, Pasteur est persuadé que ce sont des bactéries (« végétation » est le terme employé alors) microscopiques qui entraînent la dégradation des vins6. Il propose une mesure assez simple pour mettre un terme à l’altération des vins : les faire chauffer à 57° avant de les conditionner pour les stocker ou les expédier. Le principe de pasteurisation, reprenant des idées similaires chez Nicolas Appert et probablement chez Alfred de Vergnette de Lamotte7, est alors breveté puis popularisé, offrant à son auteur un surplus de notoriété.

    7Dans la continuité, Pasteur publie en 1866 l’ensemble de ses recherches sur le sujet dans un ouvrage devenu l’un des fondements scientifiques de l’œnologie moderne, intitulé Études sur le vin, ses maladies, causes qui les provoquent, procédés nouveaux pour le conserver et pour le vieillir. Il y explique le sens de sa démarche, ses motivations, sa méthode, ses résultats. Aux pages 55-56, il tient les propos suivants :

    « Plus on réfléchira aux causes des maladies des vins, plus on se convaincra que l’art de la vinification, et les soins que l’expérience des siècles a proclamés nécessaires, ont principalement leur raison d’être dans les conditions mêmes de la vie et de la manière d’agir des parasites du vin, de telle sorte que, si l’on pouvait arriver à supprimer par une opération pratique très-simple, les causes des altérations spontanées des vins, on pourrait, sans nul doute, fonder un art nouveau de faire le vin beaucoup moins dispendieux que celui qui est suivi depuis si longtemps, bien plus efficace surtout pour supprimer les pertes qu’occasionnent les maladies des vins, très-propre par conséquent à l’extension du commerce de cette denrée.
    Il est désirable que l’on atteigne ce but, car le vin peut être à bon droit considéré comme la plus saine, la plus hygiénique des boissons. Aussi, parmi celles qui sont connues aujourd’hui, c’est celle que l’homme recherche de préférence à toutes les autres, si peu que l’occasion lui ait été offerte de s’y habituer. »

    8Le contexte de rédaction et d’émergence de cette phrase, tout comme sa place dans l’ouvrage, sont clairs : le vin est une boisson saine lorsqu’on contrôle les parasites qui le composent, ce qui était la mission première de Pasteur. Il n’y a ici aucune ambiguïté sur le sens de cette expression : les vins sont sains lorsqu’ils ne sont pas malades ou altérés et bien faits.

    9Reste la question, bien plus centrale au regard de l’histoire, de l’adjectif « hygiénique ». Contrairement à ce qui peut parfois être entendu ou avancé, Pasteur n’est pas l’inventeur de l’expression « boisson hygiénique ». En effet, le terme d’« hygiénique » associé à une boisson semble apparaître dans les années 1820. En 1826 par exemple, dans les Considérations chimiques et médicales sur l’eau de Selters ou de Seltz naturelle8, les auteurs présentent « les effets salutaires comme boisson hygiénique » de l’eau de Seltz dont on souligne « l’efficacité dans un grand nombre de maladies déclarées » et sa réputation soutenue par de grands médecins. À la même période, de nombreux ouvrages médicaux ou paramédicaux reprennent l’expression « boisson hygiénique », dont la principale vertu est d’être favorable à la santé. En 1831, un fascicule sur le choléra propose comme méthode de prophylaxie la dissolution d’une dose modérée de nitre afin de transformer l’eau en « une boisson hygiénique très-salutaire pendant les fortes chaleurs9 ». De son côté, en 1832, une publicité du Courrier fait la liste de plusieurs eaux vendues par une maison pharmaceutique parisienne, et qui « prises en boisson hygiénique » permettent de lutter contre les maladies10. Dans les années qui suivent, le vocable sort du champ médical pour intégrer celui du commerce. Le Flâneur en octobre 1834 parle du thé comme une « boisson hygiénique agréable et exhilarante11 ». En 1844, dans une étude sur le potentiel de l’exploitation du thé toujours, les Annales de l’agriculture française le présentent comme une « boisson hygiénique, d’agrément ou médicamenteuse12 ».

    10La chronique juridique permet de mieux cerner la définition que s’en font les contemporains de l’époque. En 1845, le tribunal de police de Paris déboute la Société de prévoyance des pharmaciens dans une action en justice contre un certain M. Fèvre et une poudre de sa préparation13, commercialisée pour « entretenir le corps entier dans un bon état de santé ». Les arguments des pharmaciens sont récusés, car la poudre de M. Fèvre n’est pas « un remède à proprement parler, mais une boisson hygiénique et d’agrément ». La même année, les vins d’un négociant parisien, saisis par les autorités car gâtés et corrompus par suite de leur dégénérescence14, sont déclarés par les experts nommés par le tribunal correctionnel de la Seine :

    « Comme altérés et ne peuvent être regardés comme boisson hygiénique ; que ces vins, dans un semblable état, doivent être considérés comme gâtés et nuisibles. »

    11À la même période, le député de Dieppe Charles Levavasseur, dans une intervention à la Chambre sur l’imposition des alcools à Rouen, s’oppose à la surtaxation du vin, « une boisson hygiénique, fortifiante, utile à la santé15 ».

    12On le voit, dans les années 1830 puis 1840, l’emploi du terme « hygiénique » recouvre une acceptation relativement homogène, avec certaines nuances : il renvoie principalement à une perspective bienfaitrice pour la santé, même lorsqu’il est associé à une boisson alcoolisée comme le vin. Dans certains cas, il recoupe une dimension sanitaire, par exemple lorsque les vins sont altérés, frappés par une maladie, et que la justice considère alors qu’ils ne sont plus « hygiéniques ». Dès lors, dans les décennies qui suivent, cette association d’idées va se développer, appuyée donc sur un discours pseudo-scientifique et des références culturelles survalorisant les vins de France16, dans un contexte où l’approvisionnement en eau potable est compliqué, voire mortel17. Le registre thérapeutique lié à la consommation de vin s’ancre et s’enracine alors dans les différentes publications sur le sujet.

    13Par exemple, dans Le cuisinier médecin et le médecin cuisinier en 1855, on précise18 :

    « Le vin est un des meilleurs toniques connus ; pris avec modération, il est de toutes les liqueurs spiritueuses la plus utile à l’homme. Le vin est nourrissant, il développe de la chaleur. Excitant puissant, il facilite la digestion, ranime, réjouit et stimule les fonctions du cerveau. […] Il convient […] aux vieillards, aux estomacs débiles et, en général, à toutes les personnes dont les forces ont besoin d’être entretenues ou relevées. »

    14Ces considérations pseudo-médicales sont dès lors associées à l’adjectif « hygiénique », notamment dans les publications viticoles. Le professeur Jules Guyot (1807-1872), reconnu dans le milieu vitivinicole pour ses inventions et ses études des vignobles, utilise ainsi dans Culture de la vigne et vinification (1860) l’expression à plusieurs reprises. Abordant les revenus potentiels du commerce des vins, il rappelle « les effets hygiéniques et stimulants des forces physiques et intellectuelles » de différents vins19. Plus loin, il détaille l’« action hygiénique » des vins blancs et des vins rouges, justifiant son avis par « l’opinion commune […] fondée sur une expérience journalière20 » et ses propres études de médecine. La presse spécialisée n’est fort logiquement pas en reste. La même année, La Bourgogne. Revue œnologique et viticole estime que les vins rouges ordinaires de l’Hérault (10-12°), « forment une boisson hygiénique très recherchée des classes laborieuses21 », expression et argument repris quelques années plus tard par la plus importante des revues à l’échelon national, La Revue viticole22.

    15Lorsque Pasteur écrit en 1866 que le vin est « la plus saine » et « la plus hygiénique » des boissons, il s’inscrit donc dans un contexte, à la fois culturel et scientifique, vieux de plusieurs décennies qui l’ont à coup sûr influencé. S’il est toutefois difficile de savoir avec certitude quel est le sens exact qu’il donne à ces mots, il est certain qu’il les écrit dans une démarche – orientée par la tutelle impériale, elle-même conditionnée par des considérations économiques – de valorisation des vertus bienfaitrices du vin (« hygiénique »), si ce dernier est exempt de toute altération (« saine »). Ce qui est certain également, c’est que la phrase va devenir l’antienne des différents acteurs de la propagande en faveur du vin.

    Le « vin hygiénique » et Pasteur : ressorts d’une instrumentalisation (années 1870-années 1930)

    16La phrase de Pasteur prend une dimension proprement apologétique très rapidement. Car, au-delà de la situation sur le marché, le vin dispose d’une place spécifique et caractéristique dans la lutte antialcoolique.

    17Cette spécificité est particulièrement bien explicitée en 1845 dans l’allocution du député Levavasseur devant la Chambre. Ce dernier, alors qu’il intervient à propos d’une potentielle surtaxe des vins dans le port de Rouen, met en opposition le vin, « boisson hygiénique » et « les liqueurs alcooliques [qui] sont contraires à la santé de ceux qui en abusent23 ». Une vingtaine d’années plus tard, à l’époque même des travaux de Pasteur, La Revue viticole tient sensiblement le même discours, mettant cette fois en opposition les « petits vins », absorbés tous les jours dans le cadre de la consommation familiale, et ceux trop forts ou trop doux, bus dans les cabarets, responsables « d’une alcoolisation excessive24 ». Ces deux exemples, que l’on pourrait multiplier, indiquent qu’il existe dans l’opinion publique une croyance populaire – remontant à l’Antiquité et aux préceptes de certains auteurs de la période25 – faisant des vins ordinaires (qui titrent alors entre 7-9°) un moyen de lutter contre l’alcoolisme chronique, dont les symptômes ont été récemment mis en évidence par le Suédois Magnus Huss au tournant des années 185026. Les médecins eux-mêmes abondent dans ce sens. En 1862, le docteur Cruveilhier indique ainsi que :

    « Le moyen le plus efficace et le plus sûr de nous épargner l’alcoolisme, c’est le vin à bon marché, et la possibilité d’un usage habituel de ce précieux breuvage27. »

    18Abordant la question du vinage28, le docteur Bergeron présente en 1870 devant l’Académie impériale de médecine un rapport dans lequel il oppose très clairement le « vin naturel » (c’est-à-dire départi de fraudes et manipulations) et les boissons distillées dont il évoque les « ravages déjà produits »29.

    19Il faut dire que la période est celle d’une prise de conscience très nette des ravages de l’abus chronique de boissons fortement alcoolisées en France. Dans le sillage de Huss, dont les écrits se diffusent au début des années 1850 dans le pays, de nombreux travaux mettent en exergue les effets de l’absorption de plus en plus importante de boissons alcoolisées, telle la thèse du docteur Motet, Considérations générales sur l’alcoolisme en 1859, ainsi que nombre de rapports dans le Bulletin de l’Académie de Médecine. Tous dénoncent les ravages de ce nouveau « fléau » social, alimenté par le « poison » que constituent les spiritueux industriels et autres apéritifs à la mode alors. Ce message, initié dans les années 1820 par les médecins hygiénistes tels Villermé ou Esquirol30, prend, dans le contexte brûlant et tumultueux de l’après-guerre franco-prussienne, une nouvelle dimension. Alors qu’on recherche les raisons de l’échec militaire, un argument facile repose sur la trop grande alcoolisation des troupes françaises et du pays dans son ensemble. C’est sur ces bases que naît le mouvement antialcoolique français31, autour de plusieurs associations, parfois concurrentes, souvent complémentaires (Association patriotique de tempérance en 1871 ; Association française contre l’abus du tabac et des boissons alcooliques en 1872 ; Association française contre l’abus des boissons alcooliques en 1872, devenue Association française de tempérance en 1873), alors que l’État lui-même réagit en promulguant la première loi contre l’ivresse publique (1873). Fort de ces avancées, le mouvement antialcoolique se structure, se solidifie, se diversifie avant de s’unifier, à quelques exceptions près, dans La Ligne nationale contre l’alcoolisme en 1905.

    20C’est dans ce cadre que la phrase de Pasteur est réinvestie par de nombreux acteurs et scientifiques s’interrogeant sur les effets de l’intoxication alcoolique chronique. Elle commence à faire florès dans les années 1870 en raison de trois facteurs : tout d’abord, nous l’avons vu, cette décennie est celle d’une puissante et générale prise de conscience du mal endémique que représente l’alcoolisation abondante, excessive et continuelle d’une partie de la population française. Ensuite, singularité du cas français en Europe, les vins ne font pas partie – du moins ouvertement – des cibles du mouvement hygiéniste. Pour des raisons à la fois culturelles et économiques, les vins – tant qu’ils sont « loyaux et marchands », c’est-à-dire propres à la consommation – sont épargnés du discours antialcoolique français. Ce dernier, en effet et à la différence de ceux produits dans les autres pays occidentaux, adopte un argumentaire de tempérance et de modération, et non pas d’abstinence rigoriste comme dans les pays anglo-saxons ou nordiques. Surtout, nous l’avons vu également, les vins apparaissent comme un « rempart » contre l’alcoolisme32. Enfin, Pasteur jouit désormais d’une notoriété déjà importante dans les années 187033, sans pareille à compter des années 1880, à la suite de ses découvertes pour lutter contre la rage.

    21Sortie de son contexte de l’époque et portée par la gloire d’une des figures proéminentes de la science contemporaine (et donc de la modernité, de l’objectivité et de la raison), la phrase devient le slogan des promoteurs de la consommation de vin. Les circonstances et contextes de cette promotion sont divers et variés, mais ils imprègnent tous l’idée que la consommation de vin est bonne pour la santé. Ainsi, en 1876, le Guide médical pratique de l’officier présente l’éventail des « boissons alcooliques » et les « dangers de l’alcool34 ». Après avoir repris les quelques idées fortes de l’époque sur la question de l’alcoolisme (alcool-poison, ivrogneries aiguë et chronique, critique de l’absinthe), fondées sur des écrits médicaux abondamment cités, les auteurs en arrivent au vin qu’ils considèrent comme « la plus hygiénique des boissons alcooliques », valorisant notamment ses effets toniques et recommandant de « le voir adopter pour le soldat en campagne ». Le Journal des connaissances médicales pratiques va plus loin la même année35. Dans sa rubrique « Hygiène », il présente une étude du Dr Des Barres sur « Le rôle du vin dans la nutrition ». L’article commence d’emblée par la mise en avant de la citation de Pasteur, caution incontestable de l’argumentation qui suit. Celle-ci pose les bases de ce qui devient dans les décennies qui suivent le discours commun du prosélytisme en faveur des vins. Ceux-ci dans le cadre d’une démarche médicale prophylactique sont alors présentés comme des « analeptiques [c’est-à-dire des stimulants] par excellence ». Ainsi, le « bon vin » permet « de donner à l’homme une gaîté sobre et salutaire, en raffermissant le travail musculaire, et en donnant de l’énergie aux fonctions digestives ». Et l’article de lister les maladies prévenues et autres affections soignées par la consommation d’un « vin généreux », constatations confirmées par « les déductions de la physiologie » et « l’observation clinique », ainsi que par la pratique de nombreux collègues, cités également. Dépassant le simple besoin de désaltérer voire de nourrir36, le vin, « boisson hygiénique », est alors pleinement considéré comme une boisson utile au corps et entrant dans l’alimentation raisonnée des Français. Ce propos est d’ailleurs repris par certaines associations antialcooliques elles-mêmes, telle la Société française de tempérance. Dans son bulletin en 1875, le Dr Lunier indique ainsi en évoquant les travaux de Pasteur que le chauffage des vins permettra d’éviter l’altération des vins, favorisant leur consommation et donc éloignera les consommateurs des cabarets37. Deux ans plus tard, Lunier, membre de l’Académie de médecine, secrétaire général de la SFT, popularisera l’idée d’une opposition entre une France du Nord alcoolique et une France du Sud, viticole, sobre38. Cette acception, et cette conceptualisation, est entérinée par la présence de la phrase de Pasteur à l’entrée « Hygiène » dans le Dictionnaire encyclopédique universel de Camille Flammarion à la fin du siècle39, preuve de son enracinement dans l’opinion publique.

    22Fort logiquement, les acteurs de la filière vitivinicole ne ratent pas l’occasion d’exploiter la situation. Dès 1868, Le Journal de la viticulture pratique publie une série d’articles sur les vins « au point de vue de l’hygiène ». Son auteur, Pierre-Constant Guillory, compile son propos dans un guide du consommateur intitulé Les vins alimentaires considérés au point de vue hygiénique l’année suivante40. Proche des milieux viticoles41, il articule l’ensemble de son argumentation autour de la notion d’hygiène dont le mot (ou l’adjectif) se retrouve régulièrement dans les titres de chapitres où il loue les mérites thérapeutiques des vins de telle ou telle région. Incontestablement, le terme de « vin hygiénique » prend à cette époque une nouvelle dimension.

    23L’expression est alors abondamment exploitée. En 1880, dans le supplément à la statistique générale de Gironde consacré à la filière viticole, Édouard Féret, auteur de Bordeaux et ses vins classés par ordre de mérite, précise que les vins du Médoc ont acquis, depuis quelques années, la réputation « tout aussi noble et tout aussi glorieuse de vin hygiénique », procurant par-là, « le plaisir et la santé »41. Dans la décennie suivante, c’est Henri Marès, agronome réputé pour avoir vaincu l’oïdium et chez qui Pasteur réalisa certaines de ses expériences dans l’Hérault, qui évoque « la plus hygiénique des boissons alimentaires » dans sa Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France42. En 1907 enfin, lors d’une discussion au Sénat sur la loi de finances, on oppose spiritueux, apéritifs et boissons hygiéniques. Jules Pams, sénateur des Pyrénées-Orientales, proche des milieux viticoles dont il défend les intérêts au Parlement, insiste sur la qualité des « vins qui contribuent au bon renom de notre pays comme des produits très hygiéniques43 ».

    24Mais l’exploitation la plus directe et la plus visible de la phrase de Pasteur et de l’image du scientifique lui-même se retrouve dans les années 1920-1930. La consommation, dans un contexte commercial très aléatoire (années 1920) voire dégradé (années 1930), est alors encouragée par un mouvement propagandiste sans précédent organisé autour d’associations visant à faire la promotion des vins de France. La première, créée à Béziers au milieu des années 1920, est l’Association de propagande pour le vin. Elle finance à la fin de la décennie des publicités radiophoniques qui claironnent à la TSF que « le vin est la plus hygiénique des boissons ». Dans le même temps, elle crée cartes et flammes postales, très largement diffusées en France, vantant les vertus du vin ou la phrase de Pasteur (fig. 1 et fig. 2)44. En 1932, elle édite un fascicule, Pour le vin, pour l’hygiène, dans lequel elle présente un « Comité scientifique de l’hygiène du vin » composé de « sommités de nos facultés de médecines » qui donnent « le concours moral à la lutte contre l’alcoolisme » et dont chacun signe un petit laïus vantant les mérites – thérapeutiques ou antialcooliques – du vin45. Une étape supplémentaire est franchie avec le Comité national de propagande en faveur du vin, fondé en 1931 sous le patronage de l’État. Le portrait de Pasteur est alors régulièrement exploité, au même titre que sa citation. On les retrouve sur les cartes postales, les affiches, les bons points, les marque-pages que l’association diffuse à grande échelle (fig. 3 et fig. 4). Près de 40 ans après sa mort, Louis Pasteur devient alors l’instrument d’une propagande d’une intensité rare, le fondement d’un discours pseudo-scientifique visant à vanter les mérites de la consommation de vin (« il faut boire du vin pour bien se porter, vivre longtemps, être gai46 »), avec des conséquences majeures dans l’opinion publique, puisque les idées propagées par le CNPFV seront encore largement partagées jusque dans les années 1970 et 198047.

    Fig. 1. – Carte postale deux volets.

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    Association de propagande pour le vin, années 1920.

    Fig. 2. – Flamme postale.

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    Association de propagande pour le vin, 1929.

    Fig. 3. – Marque-page.

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    Comité national de propagande en faveur du vin (réalisé par l’Association de propagande pour le vin), années 1930.

    Fig. 4. – Couvre-livre.

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    Comité national de propagande en faveur du vin (réalisé par l’Association de propagande pour le vin), années 1930.

     

    25En définitive, l’exploitation de l’expression de Pasteur, rentrée dans le langage commun dès les années 1870, est un cas typique de citation hors contexte, instrumentalisée à des fins de propagande. Née dans des circonstances très précises, celles des maladies des vins elle s’inscrit dans une dynamique sanitaire et thérapeutique, autour du concept de « boissons hygiéniques » dont on cherche à promouvoir, empiriquement à l’époque, les effets sur la santé.

    26Elle dépasse son cadre originel lorsqu’elle est investie par un ensemble d’acteurs, aux intérêts parfois divergents, mais tous valorisant le vin pour en faire un tonifiant, un rempart contre l’alcoolisme ou une boisson aux vertus thérapeutiques. En quelques années, l’expression prend une dimension métonymique, visant à rassurer les consommateurs sur les bienfaits de la consommation de vin. À cet égard, elle brouille son sens originel en lui donnant une portée qu’elle n’avait pas à l’origine et une dimension légendaire à compter des années 1920-1930 quand elle devient le mantra des promoteurs officiels de la filière viticole. Elle surévalue également le legs pasteurien dont oublie l’échec du chauffage des vins, la pratique étant très vite abandonnée.

    27Par sa popularité, elle est en même temps vidée de son sens, reprise dans la promotion de quantité d’autres boissons : l’eau bien sûr, mais aussi le cidre mousseux, l’alcool de menthe Ricqlès, la bière ou même l’apéritif Marie-Brizard. Et, comble de l’ironie, lorsque le mouvement antialcoolique se restructure suite à l’action du président du conseil Pierre Mendès-France dans les années 1950, il exploite la figure de Louis Pasteur (fig. 5) dans une série de buvards consacrée à de grands personnages dont la première qualité fut… la sobriété48.

    Fig. 5. – Buvard, Les destins exemplaires, Pasteur.

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    Haut comité d’études et d’informations sur l’alcoolisme, fin années 1950-début années 1960.

    Bibliographie

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    Format

    Nourrisson, D. (1988). Aux origines de l’antialcoolisme. PERSEE Program. https://doi.org/10.3406/hes.1988.2392
    Nourrisson, Didier. “Aux origines de l’antialcoolisme”. Histoire, économie et société. PERSEE Program, 1988. doi:10.3406/hes.1988.2392.
    Nourrisson, Didier. “Aux origines de l’antialcoolisme”. Histoire, économie et société, vols. 7, nos. 4, PERSEE Program, 1988, pp. 491-06. Crossref, https://doi.org/10.3406/hes.1988.2392.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Jules Bergeron, « Rapport sur le vinage », Bulletin de l’Académie de Médecine, t. 35, 1870, p. 389-454.

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    Joseph-Bienaimé Caventou (et alii), Considérations chimiques et médicales sur l’eau de Selters, ou de seltz naturelle, comparée avec l’eau de Selters factice, Paris, Impr. De Fain, 1829.

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    Publicité « Eaux minérales naturelles », Le Courrier, 07/07/1832.

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    René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Paris, Hachette, 1900.

    Notes de bas de page

    1 Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche portant sur les achats alimentaires. Financé par la Fondation Nestlé et soutenu par le Centre d’histoire « Espaces et cultures » de l’UCA, il interroge les mécanismes et logiques concourant aux pratiques d’achats des produits alimentaires en France à l’époque contemporaine.

    2 N. Gutierez, « Le vin rouge aurait un effet bénéfique sur le microbiote, selon une étude ».

    3 D. Raoult, « Pasteur, le vin et la santé ».

    4 Il existe de nombreuses publications sur les travaux et la vie de Louis Pasteur ; citons par exemple à trois époques différentes : R. Vallery-Radot, La vie de Pasteur (1900), P. Langevin, « Pasteur, le savant et l’homme » (1946) ou P. Darmon, Pasteur (1995).

    5 Le moût est le jus de raisin qui n’a pas encore subi la fermentation alcoolique.

    6 R. Vallery-Radot, La vie de Pasteur, p. 137.

    7 Ce dernier publie un mémoire sur le même thème en 1850. Bien qu’il connaisse son auteur et ses travaux, Pasteur a toujours affirmé n’avoir eu connaissance de ce mémoire qu’en 1865.

    8 J.-B. Caventou (et alii), Considérations chimiques et médicales sur l’eau de Selters, p. 12.

    9 V. de Moléon, Du choléra-morbus : notice générale sur cette maladie, p. 89.

    10 Publicité « Eaux minérales naturelles », Le Courrier, 07/07/1832.

    11 « Du thé », Le Flâneur, un journal parisien, 30/10/1834.

    12 Dr Mérat, « Mémoire sur la possibilité de cultiver le thé en pleine terre et en grand en France », p. 42.

    13 « Chronique judiciaire », La Diligence : journal des voyageurs, p. 18.

    14 « Cour de cassation », Annales de la science et du droit commercial et maritime, p. 454.

    15 La Presse, 05/07/1845.

    16 Voir par exemple l’introduction d’A.-F. Joubert, Les vins : manière de les soigner et de les servir.

    17 Voir S. Frioux, Les batailles de l’hygiène. Villes et environnement de Pasteur aux Trente Glorieuses.

    18 L.-M. Lombard, Le cuisinier et le médecin et le médecin et le cuisinier…, p. 361.

    19 J. Guyot, Culture de la vigne et vinification, p. 78.

    20 Ibid., p. 291.

    21 « Note sur la richesse alcoolique des vins du département de l’Hérault », p. 406.

    22 L’expression revient à plusieurs reprises. Voir par exemple La Revue viticole, 1864, p. 295, 315 ou 400.

    23 La Presse, 05/07/1845.

    24 La Revue viticole, 1864, p. 295.

    25 Voir J. Jouanna, « Le vin et la médecine dans la Grèce ancienne ».

    26 Voir H. Bernard, « Alcoolisme et antialcoolisme en France au xixe siècle (autour de Magnus Huss) ».

    27 Dr L. Cruveilhier, Éléments d’hygiène générale, p. 142.

    28 Il s’agit d’une opération consistant à rajouter de l’alcool dans les moûts de vin, afin d’en relever son degré.

    29 J. Bergeron, « Rapport sur le vinage », p. 449-451.

    30 Voir D. Nourrisson, « Aux origines de l’antialcoolisme ».

    31 Sur le sujet, voir les ouvrages de B. Dargelos, La lutte antialcoolique en France depuis le xixe siècle ; D. Nourisson, Le buveur du xixe siècle ; P. E. Prestwich, Drink and the Politics of Social Reform: Alcoholism in France since 1870.

    32 Sur le sujet, voir T. Fillaut, « De l’allié d’hier à l’ennemi d’aujourd’hui : les luttes antialcooliques et le vin en France de la Belle Époque à nos jours ».

    33 En 1875, l’Assemblée nationale accorde au scientifique une pension à titre de récompense nationale pour le remercier des services rendus au pays. En 1878, il est fait Grand officier de la Légion d’honneur, puis il reçoit la grand-croix en 1881.

    34 A. Chassagne et É. Emery-Desbrousses, Guide médical pratique de l’officier, p. 95-96.

    35 « Du rôle du vin dans la nutrition », p. 348.

    36 Cf. le concept de « vin aliment » qui se développe également à compter des années 1860.

    37 Dr L. Lunier, « De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France », p. 39.

    38 Dr L. Lunier, De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France et de leur influence sur la santé physique et intellectuelle des populations.

    39 C. Flammarion, Dictionnaire encyclopédique universel, t. 5, p. 489.

    40 P.-C. Guillory, Les vins alimentaires considérés au point de vue hygiénique.

    41 É. Féret, Supplément à la statistique générale du département de la Gironde, p. 6.

    42 H. Marès, Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France, p. 22.

    43 Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Sénat, 24/01/1907, p. 297.

    44 Arch. nat., F 10/5385, Comité nationale de propagande en faveur du vin, correspondance et comptes rendus de séance, « Rapport Nougaret », s.d. (1932).

    45 Comité scientifique de l’hygiène du vin, Pour le vin, pour l’hygiène.

    46 Arch. nat., F 10/5385, Comité nationale de propagande en faveur du vin, Correspondance et comptes rendus de séance, « Rapport Nougaret », s.d. (1932).

    47 E. Maury, Soignez-vous par le vin (1974). L’ouvrage est réédité à plusieurs reprises dans les années 1980.

    48 Ce qui est peu probable pour Pasteur dont la passion pour le vin est largement documentée.

    Auteur

    • Stéphane Le Bras

      Maître de conférences en Histoire contemporaine à l’université Clermont-Auvergne, membre du Centre d’histoire « Espaces & Cultures »

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    Langages et communication : écrits, images, sons

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    1 Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche portant sur les achats alimentaires. Financé par la Fondation Nestlé et soutenu par le Centre d’histoire « Espaces et cultures » de l’UCA, il interroge les mécanismes et logiques concourant aux pratiques d’achats des produits alimentaires en France à l’époque contemporaine.

    2 N. Gutierez, « Le vin rouge aurait un effet bénéfique sur le microbiote, selon une étude ».

    3 D. Raoult, « Pasteur, le vin et la santé ».

    4 Il existe de nombreuses publications sur les travaux et la vie de Louis Pasteur ; citons par exemple à trois époques différentes : R. Vallery-Radot, La vie de Pasteur (1900), P. Langevin, « Pasteur, le savant et l’homme » (1946) ou P. Darmon, Pasteur (1995).

    5 Le moût est le jus de raisin qui n’a pas encore subi la fermentation alcoolique.

    6 R. Vallery-Radot, La vie de Pasteur, p. 137.

    7 Ce dernier publie un mémoire sur le même thème en 1850. Bien qu’il connaisse son auteur et ses travaux, Pasteur a toujours affirmé n’avoir eu connaissance de ce mémoire qu’en 1865.

    8 J.-B. Caventou (et alii), Considérations chimiques et médicales sur l’eau de Selters, p. 12.

    9 V. de Moléon, Du choléra-morbus : notice générale sur cette maladie, p. 89.

    10 Publicité « Eaux minérales naturelles », Le Courrier, 07/07/1832.

    11 « Du thé », Le Flâneur, un journal parisien, 30/10/1834.

    12 Dr Mérat, « Mémoire sur la possibilité de cultiver le thé en pleine terre et en grand en France », p. 42.

    13 « Chronique judiciaire », La Diligence : journal des voyageurs, p. 18.

    14 « Cour de cassation », Annales de la science et du droit commercial et maritime, p. 454.

    15 La Presse, 05/07/1845.

    16 Voir par exemple l’introduction d’A.-F. Joubert, Les vins : manière de les soigner et de les servir.

    17 Voir S. Frioux, Les batailles de l’hygiène. Villes et environnement de Pasteur aux Trente Glorieuses.

    18 L.-M. Lombard, Le cuisinier et le médecin et le médecin et le cuisinier…, p. 361.

    19 J. Guyot, Culture de la vigne et vinification, p. 78.

    20 Ibid., p. 291.

    21 « Note sur la richesse alcoolique des vins du département de l’Hérault », p. 406.

    22 L’expression revient à plusieurs reprises. Voir par exemple La Revue viticole, 1864, p. 295, 315 ou 400.

    23 La Presse, 05/07/1845.

    24 La Revue viticole, 1864, p. 295.

    25 Voir J. Jouanna, « Le vin et la médecine dans la Grèce ancienne ».

    26 Voir H. Bernard, « Alcoolisme et antialcoolisme en France au xixe siècle (autour de Magnus Huss) ».

    27 Dr L. Cruveilhier, Éléments d’hygiène générale, p. 142.

    28 Il s’agit d’une opération consistant à rajouter de l’alcool dans les moûts de vin, afin d’en relever son degré.

    29 J. Bergeron, « Rapport sur le vinage », p. 449-451.

    30 Voir D. Nourrisson, « Aux origines de l’antialcoolisme ».

    31 Sur le sujet, voir les ouvrages de B. Dargelos, La lutte antialcoolique en France depuis le xixe siècle ; D. Nourisson, Le buveur du xixe siècle ; P. E. Prestwich, Drink and the Politics of Social Reform: Alcoholism in France since 1870.

    32 Sur le sujet, voir T. Fillaut, « De l’allié d’hier à l’ennemi d’aujourd’hui : les luttes antialcooliques et le vin en France de la Belle Époque à nos jours ».

    33 En 1875, l’Assemblée nationale accorde au scientifique une pension à titre de récompense nationale pour le remercier des services rendus au pays. En 1878, il est fait Grand officier de la Légion d’honneur, puis il reçoit la grand-croix en 1881.

    34 A. Chassagne et É. Emery-Desbrousses, Guide médical pratique de l’officier, p. 95-96.

    35 « Du rôle du vin dans la nutrition », p. 348.

    36 Cf. le concept de « vin aliment » qui se développe également à compter des années 1860.

    37 Dr L. Lunier, « De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France », p. 39.

    38 Dr L. Lunier, De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France et de leur influence sur la santé physique et intellectuelle des populations.

    39 C. Flammarion, Dictionnaire encyclopédique universel, t. 5, p. 489.

    40 P.-C. Guillory, Les vins alimentaires considérés au point de vue hygiénique.

    41 É. Féret, Supplément à la statistique générale du département de la Gironde, p. 6.

    42 H. Marès, Description des cépages principaux de la région méditerranéenne de la France, p. 22.

    43 Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Sénat, 24/01/1907, p. 297.

    44 Arch. nat., F 10/5385, Comité nationale de propagande en faveur du vin, correspondance et comptes rendus de séance, « Rapport Nougaret », s.d. (1932).

    45 Comité scientifique de l’hygiène du vin, Pour le vin, pour l’hygiène.

    46 Arch. nat., F 10/5385, Comité nationale de propagande en faveur du vin, Correspondance et comptes rendus de séance, « Rapport Nougaret », s.d. (1932).

    47 E. Maury, Soignez-vous par le vin (1974). L’ouvrage est réédité à plusieurs reprises dans les années 1980.

    48 Ce qui est peu probable pour Pasteur dont la passion pour le vin est largement documentée.

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    Le Bras, S. (2021). « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons » : anatomie d’une légende (xixe-xxe siècles). In P. Bourdin (éd.), Faux bruits, rumeurs et fake news. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.15460
    Le Bras, Stéphane. « “Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons” : anatomie d’une légende (xixe-xxe siècles) ». In Faux bruits, rumeurs et fake news, édité par Philippe Bourdin. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021. doi:10.4000/books.cths.15460.
    Le Bras, Stéphane. « “Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons” : anatomie d’une légende (xixe-xxe siècles) ». Faux bruits, rumeurs et fake news, édité par Philippe Bourdin, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021, https://doi.org/10.4000/books.cths.15460.

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    Bourdin, P. (éd.). (2021). Faux bruits, rumeurs et fake news. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques. https://doi.org/10.4000/books.cths.15395
    Bourdin, Philippe, éd. Faux bruits, rumeurs et fake news. Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021. doi:10.4000/books.cths.15395.
    Bourdin, Philippe, éditeur. Faux bruits, rumeurs et fake news. Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2021, https://doi.org/10.4000/books.cths.15395.
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