• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16478 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16478 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Éditions du CRBC
  • ›
  • Histoires des Bretagnes
  • ›
  • Conservateurs de la mémoire
  • ›
  • Enjeux et ambitions de la mémoire
  • ›
  • Le dilemme des auteurs de réécritures ar...
  • Éditions du CRBC
  • Éditions du CRBC
    Éditions du CRBC
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Médiateurs et/ou faussaires de la mémoire arthurienne ? Merlin, archétype des agents de mémoire ? Les voix vives ou la mémoire au risque du tombeau Notes de bas de page Auteur

    Conservateurs de la mémoire

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le dilemme des auteurs de réécritures arthuriennes : conservateurs ou faussaires de la mémoire, monument ou mémoire vive ?

    Fabienne Pomel

    p. 67-82

    Texte intégral Médiateurs et/ou faussaires de la mémoire arthurienne ? L’héritage assumé La posture patrimoniale de Markale : le guide érudit qui se rêve en médiateur transparent Roubaud ou le modèle assumé du conteur-médiateur déjà faussaire dans la tradition médiévale L’héritage refusé La posture affichée du fils sacrilège chez Rio : un leurre conscient ? Cocteau ou la mémoire déniée : l’idéal médiumnique Merlin, archétype des agents de mémoire ? Les voix vives ou la mémoire au risque du tombeau Le dilemme entre fixation monumentale et voix vive chez Rio Merlin constructeur de tombeaux : Stonehenge et le mausolée d’Arthur chez Rio Merlin, la mémoire vivante ou les cavernes de la mémoire : « Merlin » et « La Terre Gaste » Merlin au tombeau chez Apollinaire : le maître de la mémoire sacrifié pour libérer la voix transcendante et oraculaire Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Bon nombre d’auteurs des xxe et xxie siècles ont réécrit la matière médiévale dite « arthurienne » ou de Bretagne. Pourtant, ils adoptent des positions très variables face au processus de mémoire, entre héritage assumé et revendiqué, parfois simultanément subverti, ou inversement renié ou dénié. La pratique même de la réécriture met en œuvre la mémoire de l’auteur de textes médiévaux et du lecteur de la réécriture. Cette mémoire est essentiellement textuelle, mais éventuellement élargie à d’autres arts, notamment l’opéra et le cinéma. On pourrait plus largement parler de mémoire mythique lorsque le contenu est passé dans la culture collective. Si les auteurs de réécriture sont de fait des agents de cette mémoire, peut-on pour autant les qualifier et se qualifient-ils eux-mêmes de « conservateurs de mémoire » ? Conserver suppose de maintenir l’objet de mémoire dans son état, dans une logique qu’on dirait aujourd’hui « patrimoniale », au risque de creuser une distance de respect et de vénération qui le fossilise comme monument : conserver fidèlement serait raconter la matière à l’identique – est-ce même possible ? –, et par conséquent, entériner sa mise au tombeau, alors qu’une forme de trahison par le renouvellement s’avère salutaire et permet de conserver la matière vive… Toute réécriture (comme toute lecture) modifie ainsi son objet par une appropriation subjective et une actualisation. L’auteur de réécriture se trouve fatalement comme le traducteur, dans le rôle de l’infidèle, voire potentiellement, du sacrilège.

    2Toute mémoire suppose donc le filtre d’une subjectivité, comme le sait bien l’historien, et en ce sens conserve un matériau tout en le reconfigurant et l’infléchissant déjà. C’est précisément le positionnement de la subjectivité médiatrice de l’auteur de réécriture qui nous intéressera ici chez quelques auteurs emblématiques de réécritures arthuriennes des xxe et xxie siècles, entre l’apparent effacement subjectif du clerc-médiateur, humble chaînon d’une transmission de la mémoire arthurienne, et la figure du sacrilège, rompant et mutilant les données de la tradition dans un rapport transgressif à l’héritage et la filiation. Jean Markale, qui se projette volontiers dans la figure du médiateur, et Michel Rio1 dans celle du fils sacrilège, offrent deux cas assez caractéristiques de ces postures opposées. Jean Cocteau dans Les Chevaliers de la Table Ronde2 offre une troisième posture, celle du déni de mémoire. La polarisation affichée entre vénération respectueuse et transgression n’est pourtant pas sans effets de trompe-l’œil : Jacques Roubaud, en endossant le rôle d’un conteur médiéval déjà faussaire, trouve dans l’humour et l’ironie un compromis entre legs assumé et mise à distance ; M. Rio et J. Cocteau, tout en affichant une posture sacrilège, transmettent un héritage littéraire qu’ils maintiennent vivant par sa transformation même.

    3On tentera également de voir comment la figure de Merlin, personnage ambivalent dans son rapport à la filiation et au temps, apparaît comme un archétype possible des agents de la mémoire, dans lequel romanciers et poètes se projettent volontiers. Fils sans père, doté d’une connaissance du passé dès la version de Robert de Boron, paradoxalement mort et vivant depuis sa mise au tombeau, Merlin est à la fois associé à la falsification de la filiation et à la transmission de la mémoire. Guillaume Apollinaire, dans L’Enchanteur pourrissant3, et M. Rio dans La Terre Gaste, interrogent ainsi chacun à leur manière le rapport de Merlin à la mémoire, mais peut-être pour mieux souligner une impasse et le nécessaire relais par la voix vive, qui passe paradoxalement par une violence exercée sur un héritage.

    Médiateurs et/ou faussaires de la mémoire arthurienne ?

    L’héritage assumé

    La posture patrimoniale de Markale : le guide érudit qui se rêve en médiateur transparent

    4L’introduction et l’avertissement qui ouvrent le premier volume du Cycle du Graal écrit par J. Markale, La naissance du roi Arthur, en 19924, mettent clairement en lumière sa posture patrimoniale. L’introduction, intitulée « Aux sources vives de la tradition européenne » commence par évoquer « le patrimoine » que constituent les œuvres « véhiculées de génération en génération par la mémoire collective des peuples » (p. 5) qui ont permis la survie des mythes « sans cesse réactualisés au cours des siècles par des récits mythologiques, épopées ou sagas, sous lesquels se dessinent les schémas les plus archaïques, adaptés aux conditions matérielles, psychologiques et intellectuelles des groupes humains qui les ont recueillis et conservés » (p. 5). Regrettant la discrétion des récits celtiques dans ce qu’il appelle le « grand livre d’heures de la mémoire universelle » (p. 6), il se propose de « leur rendre leur dimension originelle en tant que témoignage d’une tradition européenne trop longtemps mise en sommeil » (p. 8). Il se pose donc lui-même comme maillon-témoin, au rang des « transcripteurs de données antérieures constamment remises à jour selon les circonstances » (p. 8), mais aussi comme guide du lecteur dans une tradition labyrinthique et obscure comparée à la forêt de Brocéliande5. L’introduction propose donc un repérage érudit dans cette tradition arthurienne et présente le projet de mettre à jour le sens du mythe : « comment faut-il recevoir l’immense message que les Temps obscurs nous ont légué ? » (p. 19). L’auteur de réécriture veut donc élucider un matériau mémoriel hérité, dans une quête de « cohérence » et de « reconstitution », sur les pas d’un Joseph Bédier explicitement évoqué6. L’avertissement, relayé ensuite par les notes de bas de page, affiche en outre une volonté de transparence à l’égard des sources :

    « […] par souci d’honnêteté, pour chacun des épisodes, référence précise sera faite aux œuvres dont ils sont inspirés, de façon que le lecteur puisse, s’il le désire, compléter son information sur les originaux. Une œuvre d’art est éternelle et un auteur n’en est que le dépositaire temporaire ». (Avertissement, p. 21).

    5La mention du lieu d’écriture, Poul Fétan7, en fin d’introduction, vient lester le projet d’une légitimité par l’identité bretonne. Markale se positionne ainsi clairement comme héritier, « dépositaire » et médiateur d’une mémoire. S’il insiste sur les variations des récits mythiques, on peut s’interroger toutefois sur le leurre d’une transparence et sur l’invariabilité et l’unicité ou l’universalité du sens recherché. Toute réécriture est déjà une lecture subjective et chaque récit propose un point de vue spécifique comme le suggère la métaphore plus modeste du promeneur et de l’éclairagiste, employée par J. Gracq dans son Avant-Propos au Roi pêcheur8 :

    « Le cycle de la Table Ronde appartient à l’espèce des mythes la plus haute : il est par essence un de ces carrefours dont j’ai parlé plus haut où de très petits déplacements du promeneur correspondent à chaque fois à un foisonnement de perspectives nouvelles […]. C’est de ce changement de perspective que je m’autorise pour le titre que j’ai donné à cette pièce. Dans ce nouvel éclairage, il m’a paru qu’il pouvait n’être pas sans intérêt de suivre une fois de plus le héros […] » (p. 15-16).

    Roubaud ou le modèle assumé du conteur-médiateur déjà faussaire dans la tradition médiévale

    6J. Roubaud investit lui aussi la posture du médiateur, ultime maillon d’une chaîne de transmission9, mais d’une manière plus subtile et ironique dont on peut se faire une idée à partir du paratexte d’un de ses romans, Le Chevalier Silence. Une aventure des temps aventureux, paru en 199710. Le narrateur paradoxalement à la fois identifié et démarqué du nom d’Heldris de Cornouailles, auteur médiéval de la source principale de Roubaud, y fait ironiquement porter sur Chrétien de Troyes l’accusation d’être un « faussaire médiocre » (p. 9) qui aurait usurpé et mal traduit son texte en français, justifiant qu’il propose à nouveau lui-même une traduction française en prose. La quatrième de couverture et la note de l’éditeur s’emploient à brouiller toute filiation claire par l’évocation plus ou moins falsifiée de transferts multiples – copies, traductions et éditions scientifiques en amont du roman, pour mieux remettre en question le mythe de « la véritable version » (p. 10). Roubaud opère ainsi un brouillage par la multiplication des intermédiaires, parfois clairement fantaisistes. Ainsi, au conteur gallois de l’an mille, qu’on pourrait être tenté d’assimiler à Heldris de Cornouailles si ce n’était la chronologie, s’ajoutent un certain troubadour traducteur nommé Rubaut et un J. Roubaud traducteur-adaptateur de la fin du xxe siècle…

    « Cette jeune fille est l’héroïne de ces aventures véridiques, qu’Heldris de Cornouailles a écrites en gallois, que mon ancêtre le troubadour Rubaut traduisit en provençal et que j’ai, à mon tour, à l’approche du troisième millénaire, mises en langue française, en les adaptant légèrement » (4e de couverture).

    7Un autre intermédiaire, l’« éditeur moderne du conte » qui rédige une Note en fin de volume et qui pourrait se confondre avec J. Roubaud, distingue quant à lui une version A et une version B, dont seule la première serait éditée et traduite en américain, et dont la seconde est donnée par ses caractéristiques intertextuelles comme source principale datée du treizième siècle, mais hybridée avec la version A : édition scientifique et réécriture sont ici confondues, pour parachever la confusion… Le « chapitre 39, ou postlogue » en donnant le récit comme « la seconde version » d’Heldris, écrite 73 ans après la première11, invite enfin à se demander si ces deux rédactions correspondent ou non aux versions A et B, qui sont elles-mêmes sans articulation chronologique avec le conteur gallois de l’an mille…

    8Roubaud s’installe donc, avec son narrateur homodiégétique et son paratexte, comme maillon ultime dans une posture de conteur masqué et duplice, exhibant ironiquement une chaîne de transmission à traçabilité subvertie. Les anachronismes affichés de langage et de culture qui parsèment le roman s’inscrivent dans le même jeu de l’appropriation libre du matériau médiéval : l’humour est ainsi le moyen d’assumer un legs dans le plaisir de la familiarité alliée à la distanciation.

    9Si l’on retrouve chez Roubaud comme chez Markale la prétention à l’élucidation de la matière, avec la figure de l’herméneute, c’est sur le mode de l’esquive permanente de la révélation du sens, y compris par l’inachèvement de l’œuvre : on ignore, avec le narrateur, ce qu’est devenue Silence, emportée dans le tourbillon des antipodes, de même que la dixième branche de Graal Théâtre promettant « le mystère du mystère » et la « révélation »12 n’apparaît toujours pas dans la nouvelle version parue en 2005.

    10Roubaud installe donc bien sa réécriture dans une mémoire dont il se veut un maillon, mais dans une mémoire labyrinthique, falsifiée à escient et volontairement vacillante, à l’image de celle du narrateur intradiégétique dont la « mémoire vacille » en peinant à fixer des repères chronologiques (p. 147) : ce faisant, il revendique la réécriture fictionnelle comme mensonge et falsification joyeuse et libre, mais aussi comme faculté de communion et d’identification ludique avec les pères littéraires à travers les siècles, puisque la falsification reconduite aux origines lui permet de s’installer dans une fidélité paradoxale de la falsification. La mémoire textuelle se fait ainsi continuum non pas sur le mode de la vénération mais de la complicité dans le jeu de la fiction, où la survie de la dynamique et de l’esprit du récit importe autant que le matériau narratif transmis. C’est cette continuité et complicité que Michel Rio prétend mettre à mal.

    L’héritage refusé

    La posture affichée du fils sacrilège chez Rio : un leurre conscient ?

    11Une déclaration de l’auteur, en annexe du premier roman de la trilogie, Merlin, affichait explicitement une posture sacrilège à l’égard de l’héritage arthurien, diamétralement opposée à la posture d’héritier de Markale :

    « Disons qu’il s’agit, par rapport au récit qui précède, d’un complément systématique, mais de même nature, c’est-à-dire fondé sur un imaginaire personnel qui fait de mon entreprise une scandaleuse appropriation, une trahison réduite dans l’espace, mais illimitée dans l’esprit, consistant à accaparer sans la moindre pitié une grande légende, la plus belle peut-être, la plus brouillonne et inégale assurément, qui fût jamais, non dans une intention culturelle, esthétique ou didactique, ou toute autre intention louable inspirée par le bien public et la dévotion à notre héritage, mais à mon seul profit » (Merlin, Annexe, p. 155).

    12Insistant à la fois sur l’irrespect des données et sur l’appropriation personnelle et subjective de la matière par l’usage insistant des déterminants possessifs – « ma propre chronologie et ma propre géographie du cycle arthurien […], pour ma commodité et mon plaisir […], à mon seul profit » –, Rio se plaçait sur la défensive face à « la férocité des érudits » et face au « spécialiste » qui ne s’autoriserait pas un tel « exercice de logique sur la fiction et l’histoire ». Il mettait ainsi l’accent, à l’inverse encore de Markale, sur l’effet déformant et défigurant de la subjectivité sur le matériau antérieur. Pourtant, on note l’effacement progressif de cette posture : dans Morgane, sa formulation est résumée en à peine quatre lignes introduisant les tableaux chronologiques et cartes :

    « Ma chronologie et ma géographie du cycle arthurien, mélange de légende et de fiction, de chroniques anciennes et d’archéologie moderne, et surtout de logique et d’imaginaire personnels » (Morgane, Annexe, p. 199).

    13Cette introduction disparaît à son tour dans Arthur (2001), puis dans la refonte de la trilogie, Merlin, le faiseur de rois (2006). Rio revient même sur ses propos, en incluant en annexe d’Arthur une interview au Magazine littéraire datée de décembre 1999 où il revendique inversement une forme de fidélité :

    « J’ai dit dans ma postface de Merlin que je m’étais livré à une trahison illimitée. Ce n’est après tout qu’à demi vrai. J’ai été fidèle aux potentialités du cycle qui s’y inscrivent dès ses commencements, fidèle à l’idée en germe, du moins celle que j’ai cru y lire, celle d’un monde qui se pense et qui en fin de compte ne se fait pas, et aux seuls vrais personnages liés à cette idée ; Merlin ou l’utopie, Morgane ou la révolte, Arthur ou l’exercice du pouvoir, c’est-à-dire du compromis. […] J’ai trahi tout le reste, les “galipettes”, donc la majeure partie du cycle » (Arthur, Annexe, p. 168).

    14Rio se donne donc comme un herméneute rationaliste par une lecture allégorique et un ordonnancement systématique du matériau et des principaux personnages arthuriens, mais aussi comme auteur de fiction « comblant par l’imaginaire les silences de l’histoire » (p. 169). La trahison reste assumée dans l’élimination du « bric-à-brac médiéval » (p. 168) associé au merveilleux et au chevaleresque et dans le déplacement chronologique vers une période antérieure permettant le recours au modèle historiographique.

    15Ces paratextes contradictoires affichent donc une difficulté de positionnement par rapport à l’héritage arthurien, et le dilemme dans lequel tout praticien de la réécriture se trouve pris, entre trahison et fidélité revendiquée. La posture du fils sacrilège entre plus particulièrement en écho chez Rio avec la figure de Merlin et la thématique récurrente du parricide13. Cocteau manifeste un même embarras, exprimé tout autrement quoique de manière assez radicale.

    Cocteau ou la mémoire déniée : l’idéal médiumnique

    16Dans la préface de sa pièce, Les Chevaliers de la Table Ronde (1937), comme dans des entretiens, Cocteau s’est employé à dénier le processus même de mémoire à l’œuvre dans la réécriture pour lui substituer un travail de l’inconscient et du corps dans un état pathologique combinant insomnie et maladie :

    « En 1934, j’étais malade. Je m’éveillai un matin, déshabitué de dormir, et j’assistai d’un bout à l’autre à ce drame dont l’intrigue, l’époque et les personnages, m’étaient aussi peu familiers que possible. Ajouterai-je que je les tenais pour rébarbatifs.
    C’est trois ans après, lorsque Markévitch me força affectueusement la main, que j’arrivais à sortir l’ouvrage du vague où je le tenais en marge, comme il nous arrive, malades, le matin, de prolonger nos rêves, de barboter entre chien et loup et d’inventer un monde intermédiaire qui nous évite le choc de la réalité » (p. 72).

    « […] toute l’œuvre me fut donnée, je le répète, par moi-même. Il ne faut voir dans ce don aucun privilège » (p. 72).

    17Il faut rappeler que Cocteau était alors en cure de désintoxication de l’opium, et qu’il use lui-même de ce motif de la drogue comme métaphore, pour décrire l’action menée par Galaad afin de désamorcer l’action nocive de Merlin dans le château d’Artus14. Cette allusion biographique à la drogue renforce le motif de l’hallucination, nouvel avatar de l’inspiration ou de la révélation.

    « Qu’on ne cherche pas une louange indirecte dans le fait que je m’en rends irresponsable. L’inspiration n’arrive pas nécessairement de quelque ciel. […] Le rôle du poète est humble. Le poète est aux ordres de sa nuit » (p. 71-72).

    Si des lectures sont bien évoquées, elles ne seraient intervenues qu’a posteriori :

    « Une fois la pièce écrite, je me documentai, et me trouvai en face de mes fautes de fabuliste et je décidai de m’y tenir » (p. 72).

    Il indiquera à M. Schneider quelques sources, mais toujours dans la même logique rétrospective :

    « Quand j’ai écrit Les Chevaliers, je n’avais lu que Tristan et Iseut. Une fois la pièce achevée, pour confirmer certains détails, j’ai avalé coup sur coup les Romans de la Table Ronde dans la version Boulenger, La Queste du Graal dans celle de Pauphilet et Perceval le Gallois dans celle de je ne sais qui15. »

    18Dans Le cordon ombilical (1962), le propos est encore repris : « Les héros des Chevaliers de la Table Ronde, qui m’étaient complètement étrangers, firent irruption dans la chambre de la rue Vignon16 ». La pièce pourrait donc apparaître comme le retour d’une mémoire arthurienne refoulée17. On est tenté de trouver cette profession d’ignorance de Cocteau fabulée plutôt que crédible. Pourquoi surtout une telle posture de déni de mémoire consciente ? Elle semble lui permettre d’abord de désamorcer d’emblée l’accusation d’infidélité en soulignant tout en s’en déresponsabilisant ses « fautes de fabuliste18 ».

    « Il serait fou de s’appuyer sur la fable et sur l’exactitude, la source d’une œuvre de cet ordre étant l’inexactitude même et l’exactitude n’y trouvant plus sa place que sous les formes secrètes du nombre, de l’équilibre, des perspectives, des poids et mesures, des charmes… » (p. 71).

    19Dénier toute mémoire arthurienne consciente dans la genèse du texte, c’est d’une certaine façon s’assurer une totale liberté, sans comptes à rendre à quelque autorité antérieure. C’est aussi mettre d’emblée à distance un matériau qu’il semblait considérer lui-même comme dégradé en un pittoresque grotesque, tout en s’autorisant par le biais de l’humour le plaisir qu’il ménage. Mais c’est paradoxalement aussi permettre un réinvestissement sérieux et dramatique des personnages arthuriens, puisque le mélodrame se mêle au drame voire au tragique, tandis que se formule une autobiographie voilée en même temps qu’une réflexivité sur l’art du dramaturge et du poète19.

    20Dans ce déni, Cocteau réinvestit d’ailleurs subtilement le topos médiéval du songe, qui prétend attribuer la genèse d’un texte à un rêve, en jouant ainsi le double jeu de la pure subjectivité (dont les défauts sont excusés par la nature onirique du propos) et de la caution par la révélation transcendante.

    21Or Cocteau se rêve volontiers en medium et en voix oraculaire : ainsi, le trou du souffleur, d’où part l’arbre généalogique du décor20 renvoie à une origine obscure et souterraine de la voix, à laquelle fait écho la question de la filiation brouillée des enfants de Guenièvre, Blandine et Ségramor, entre deux pères possibles, Arthur et Lancelot. Dans la préface, s’opère de même un brouillage de l’origine du texte : le rapport de filiation aux antécédents littéraires est brouillé et falsifié par le déni de mémoire. C’est encore ce même processus de brouillage qui est mis en scène dans les métamorphoses d’identité troublantes qui s’opèrent dans l’alcôve, lorsque les enfants réapparaissent sous les traits de Guenièvre et Lancelot21, ou lorsque Ginifer imite Gauvain ou la reine dans un registre qui sonne faux et se trahit notamment par sa prononciation fautive des x devenus s. La falsification à l’œuvre dans la genèse et dans l’opération même de réécriture se trouve ainsi thématisée dans l’intrigue et dans le traitement du personnage de Ginifer22. La genèse plus ou moins fabulée du texte sous la forme de la révélation onirique libère donc la création de l’héritage23, la débarrasse d’une forme de mauvaise conscience ou de répugnance à se placer dans la lignée des auteurs médiévaux, implicitement esthétiquement ou socialement dévalorisée, et confère même à la réécriture l’aura d’une manifestation surnaturelle.

    22Les auteurs de réécritures apparaissent donc comme des fils qui doivent composer avec l’héritage des pères littéraires : la mémoire arthurienne est ainsi vécue de manière apaisée ou inversement problématique et conflictuelle, dans la construction d’une identité d’auteur qui se définit en continuité ou en rupture avec le passé.

    Merlin, archétype des agents de mémoire ? Les voix vives ou la mémoire au risque du tombeau

    23Robert de Boron a attribué à Merlin la connaissance du passé, mais non sans ambiguïté puisqu’elle lui viendrait de son origine diabolique, contrebalancée par la connaissance du futur, venue de Dieu… Souvent dans les romans médiévaux, Merlin dicte à son scribe Blaise les événements arthuriens pour en transmettre la mémoire. L’épisode des pierres d’Irlande fait aussi de Merlin un constructeur de monument. Comme victime de Viviane, mis et demeuré vivant au tombeau, il incarne encore une voix vive, transcendant le temps. Merlin offre ainsi une possible figure archétypale des agents de la mémoire et une voix victorieuse sur le temps. Rio dans sa trilogie et dans La Terre Gaste, et Apollinaire dans L’Enchanteur pourrissant, s’emparent l’un et l’autre de la question de la mémoire autour de Merlin en exploitant la tension entre tombeau et voix vive, retour sur le passé et nécessaire réorientation vers le futur ; ils soulignent comment, paradoxalement, la transcendance par rapport au temps passe par une forme de violence, voire de mise à mort.

    Le dilemme entre fixation monumentale et voix vive chez Rio

    Merlin constructeur de tombeaux : Stonehenge et le mausolée d’Arthur chez Rio

    24Chez Rio, le fils incestueux et sacrilège, qui a trahi l’idéal de la force qu’incarnaient son père et grand-père par la mise en œuvre d’une utopie de la loi, est pourtant aussi l’agent d’une mémoire arthurienne comme constructeur de tombeaux arthuriens qui se font écho : Stonehenge et le mausolée d’Arthur commandé par Morgane. Ce mausolée constitue une œuvre de mémoire, cherchant à « fixer à jamais24 » les traits des principaux personnages arthuriens par le travail d’une mémoire sélective : Merlin, architecte et sculpteur, retient en effet les images des personnages sous leur meilleur jour, « au moment de leur vie choisi par [s]a mémoire25 », son grand-père en géant emblématique du monde de la prédation et de la violence, sa mère lors de leur première rencontre, Morgane dans sa beauté, etc. Le monument signerait la victoire de la mémoire sur la mort :

    « La renaissance de la légende par la fiction littéraire, c’est le mausolée d’Arthur et de Morgane élevé par Merlin en Avalon, disant cette histoire légendaire de Logres ainsi léguée au futur, histoire d’un échec grandiose changé en succès par la fortune de l’art. Rêve inlassable de vaincre la mort, toujours assassiné par les choses, toujours renaissant par l’esprit. Pour moi, c’est cela, avant tout, la littérature » (Le Magazine littéraire, cité dans Arthur, p. 169).

    25Merlin, artisan du mausolée d’Arthur, fait donc figure de double pour l’auteur de réécriture dans la pratique commune du recyclage (recyclage des matériaux du palais de Morgane ou des textes antérieurs), de la mise en ordre ternaire (trois murs du mausolée et trois temps du récit), de la complémentarité et plus largement de la réanimation illusoire par l’art. Merlin incarne ainsi une victoire de la mémoire et de l’art sur le temps, par le monument architectural ou le texte comme mémoire objectivée. Mais cette victoire est dérisoire et fragile, car le monument est lui-même soumis au temps et à la ruine, comme le souligne le premier roman dès le début :

    « Ainsi, tout ce que j’aperçois ici des traces de l’homme, aussi loin que peut porter l’œil, est-il lié à la ruine et à la disparition » (Merlin, p. 12).

    26La clôture même du tombeau (ou du texte) signe la mort, et souligne les limites de l’idéal monumental. Viviane, qui revendique un « tombeau ouvert », « craignant la claustration jusque dans le néant » (Merlin, p. 151), incarne ce refus de la clôture, que manifeste justement l’auto-réécriture comme autre antidote à la mort chez Rio. La continuation du premier roman en trilogie, puis la refonte en un seul roman, avec les variations de points de vue narratifs associés, sont autant de moyens de faire renaître la fiction sous des voix narratives diverses. C’est la voix narrative, toujours à réanimer, qui assure in fine le travail de la mémoire, tout en cherchant à impliquer le lecteur dans le jeu de la « remémoration nostalgique26 ». C’est dans cette tension entre idéal monumental et voix vive que se développe la réécriture arthurienne chez Rio27.

    Merlin, la mémoire vivante ou les cavernes de la mémoire28 : « Merlin » et « La Terre Gaste »

    27La caverne comme lieu de mémoire est le lieu où s’origine la parole dans Merlin et dans La Terre Gaste. C’est de sa caverne, hors-monde et hors-temps que Merlin contemple les ruines arthuriennes et nous raconte le monde arthurien en se le remémorant. C’est sous la montagne abritant la caverne de la machine-Mémoire, à laquelle Merlin parvient à accéder, que se déploie un dialogue entre un Moi qui s’avère être celui de Merlin et la machine-Mémoire dans un temps post-apocalyptique. Dans ce dialogue, s’affrontent deux mémoires surhumaines en miroir, à la fois doubles et apparemment contraires, l’une subjective incarnée dans Merlin29, l’autre objective, incarnée dans une machine enregistreuse30, dotée à la fois d’une logique et de la parole. Mais si Merlin peut apparaître comme gardien de la machine-Mémoire qu’il active, la mémoire technique semble finalement elle-même subjectivisée, sollicitant sur le mode affectif une autre visite de Merlin31. Le paradoxe dans ce monde de la mort, déserté par l’homme, réside donc dans la transcendance de la mémoire hors de l’homme, sous la double forme de la technique et de la fiction : Merlin, « aberration biologique » (p. 12), transcende la captivité dans laquelle se trouve la machine par l’exploration libre d’un univers, exploration mentale prospective et rétrospective. Ce qui le différencie de la machine, c’est précisément sa puissance de création, la machine constatant qu’elle ne possède au contraire que « des traces de mémoire, pas de création vive » (p. 63).

    28Merlin figure ainsi la voix toujours renaissante de la fiction qu’évoque Rio à la fin de Morgane, alors qu’il vient de refermer la grande porte du rempart et quitte l’« île-forteresse close » qui contient le « tombeau colossal où étaient ensevelis Logres, la Table Ronde et lui-même, Merlin, morts ici et maintenant, par le fait de l’histoire et des choses, avant de renaître ailleurs et à jamais par la parole et la légende32 ».

    29La voix vive prend donc son essor d’un tombeau, prenant acte de la mort tout en tentant de la nier. Cette tension entre mort et vie dans la tentative de dépasser le tombeau se retrouve déclinée différemment chez Apollinaire, où la mise à mort de Merlin semble la condition de l’essor de la voix onirique du poète.

    Merlin au tombeau chez Apollinaire : le maître de la mémoire sacrifié pour libérer la voix transcendante et oraculaire

    30L’Enchanteur pourrissant d’Apollinaire, texte hétérogène et composite à l’image du monstre Chapalu, centré sur la mise au tombeau de Merlin par Viviane, met l’accent sur le paradoxe d’une mort qui est simultanément renaissance de l’enchanteur en voix oraculaire. En ce sens, il reformule les enjeux identitaires paradoxaux de l’auteur de réécriture, devant nécessairement passer par une forme de violence voire de mise à mort symbolique du matériau mythologique hérité. Le rituel funéraire déployé autour de la tombe de Merlin, avec tous les êtres animaux, humains ou fantastiques qui y convergent en quête de l’enchanteur, est en effet qualifié à plusieurs reprises par la formule oxymorique de « Noël funéraire33 », dans un renversement parodique du modèle christique. Le salut de Merlin passe d’abord par une violence manifeste : une âme pure, celle d’Angélique, violée et mise à mort, semble damnée à sa place34. Tandis que les animaux s’activent pour accélérer la décomposition du cadavre de l’enchanteur, dans une débauche d’activités alimentaires et copulatives, dans le dernier chapitre intitulé « Onirocritique », s’exprime une voix échappée du tombeau, un « je » qui semble transcender toutes les limites spatiales, temporelles et identitaires. Les métaphores du chant, de la fécondité, de la métamorphose et de la renaissance ou encore de la démultiplication, associées à l’affirmation réitérée de liberté, contrastent avec l’inquiétante et étouffante forêt-bibliothèque, réservoir d’êtres mythiques mise en scène auparavant. Cette voix onirique qui apparaît comme celle d’un Merlin désormais métamorphosé et désincarné, représente peut-être la voix du poète, à la fois nourrie et émancipée de l’héritage littéraire antérieur : la mise à mort de Merlin apparaît ainsi comme un passage obligé dans la naissance du poète à sa propre voix et identité, comme s’il fallait parcourir toutes les expériences de l’enchantement, à la fois comme acteur et comme victime avant de trouver sa propre voix : victime de la femme enchanteresse, enchanteur des êtres à l’image de Tyolet qui charme les animaux mais sans comprendre leur langage, pour pouvoir devenir enfin voix désincarnée et quasiment oraculaire. Mise au tombeau et survie sous une forme métamorphosée : Apollinaire suggère ici le processus même de la mémoire vive à l’œuvre dans la réécriture en même temps que le dilemme de l’auteur face à l’héritage littéraire, sur lequel il doit paradoxalement exercer une violence pour le maintenir vivant, à la fois même et autre.

    31Cocteau, par son déni de mémoire, rejoint curieusement à certains égards Apollinaire : le déni s’apparente à une mise à mort symbolique de l’héritage, qui autorise une métamorphose des personnages arthuriens à une identité autre, en même temps qu’il esquisse par la mise en avant du travail de l’inconscient la figure d’un poète-médium.

     

    32Plutôt que comme conservateurs de mémoire, les auteurs de réécriture se présentent donc davantage comme médiateurs d’une mémoire mythique et textuelle, engagés dans un processus qui allie paradoxalement transmission et défiguration, conservation et falsification, soulignant que la médiation est subjective et jamais neutre. Leur souci semble d’ailleurs moins de conserver que de redonner vie et sens à un matériau, tout en construisant leur propre identité d’auteur, romancier ou poète. Face au monument comme métaphore de l’œuvre de réécriture, c’est la voix vive qui se veut le meilleur véhicule de la mémoire, mais d’une mémoire échappant au risque de fossilisation et de sclérose par sa subjectivité et son orientation dynamique vers un futur et un renouveau.

    Notes de bas de page

    1M. Rio, Merlin, Points Seuil, 1989 ; Morgane, Points Seuil, 1999 ; Arthur, Seuil, 2001 ; Merlin, le faiseur de rois, Fayard, 2006. La Terre Gaste, Paris, Seuil, 2003.

    2J. Cocteau, Les Chevaliers de la Table Ronde, Théâtre, t. 1, nrf Gallimard, 1948, p. 71. C’est l’édition utilisée ici. La pièce se lit aussi dans Jean Cocteau, Théâtre complet, nrf Gallimard, La Pléiade, dir. M. Decaudin, 2003, p. 575-658. Voir sur cette réécriture Robert Baudry, « Le Lancelot-Guenièvre de Jean Cocteau ou les avatars du Mythe. Amours, sosies et substitutions », dans Cahiers de Recherches Médiévales, 2, 1996, p. 37-49.

    3G. Apollinaire, L’Enchanteur pourrissant, nrf Gallimard, 1972 (1re éd. 1921).

    4J. Markale, La naissance du roi Arthur, Paris, Pygmalion, 1992.

    5Il évoque un « corpus inorganisé » (p. 8) ou encore « les inextricables halliers d’une mythique forêt de Brocéliande » (p. 9) dans lesquels « il n’est guère aisé de s’y reconnaître » (p. 9).

    6Voir p. 20. La démarche de Markale est en effet reconstructive, comme celle de Bédier, visant une cohérence face à un matériau jugé fragmenté et dispersé.

    7On retrouve cette mention à la fin de certains romans, comme La fille de Merlin, Pygmalion, Paris, 2000.

    8J. Gracq, Le Roi pêcheur, Paris, José Corti, 1948, reprint 2002.

    9Florence Delay évoque cette chaîne et le mélange de fidélité et d’infidélité dans « Entrée dans l’univers médiéval : l’expérience de Graal théâtre », Perspectives médiévales, n° 9, juin 1983, Paris, p. 75 : « Comment ne pas souhaiter prendre le relais et devenir les nouveaux scribes, aussi infidèles que constants, aussi inconstants que fidèles. »

    10Le Chevalier Silence. Une aventure des temps aventureux, Haute Enfance, Gallimard, 1997.

    11Le Chevalier Silence, p. 146.

    12Graal Théâtre, Préface, Gallimard, 1977, p. 11.

    13Voir F. Pomel, « La naissance de Merlin chez Michel Rio ou la réécriture palimpsestueuse et spéculaire », dans Michel Rio : les réécritures arthuriennes, Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, n° 19, 2010, p. 207-222, et dans le même numéro sur Rio les articles de B. Ribémont, H. Bouget, I. Langlet et A. Besson.

    14« le château désensorcelé – j’allais dire désintoxiqué » (Préface, p. 73). La métaphore est filée dans le résumé proposé de la pièce (p. 73-74). Voir Milorad, dans « Le rôle occulte de l’opium dans Les Chevaliers de la Table Ronde et Renaud et Armide », Cahiers Jean Cocteau, X, p. 267-280 et J.-M. Magnan, « Les Chevaliers de la Table Ronde. Pièce d’une désintoxication », Cahiers Jean Cocteau, n° 5, Gallimard, 1975.

    15Marcel Schneider, « Cocteau et le Moyen Âge », Cahiers Jean Cocteau, X, p. 259-265 (p. 261).

    16Cité dans la notice Pléiade, p. 1704.

    17Cocteau était curieux du Moyen Âge : il connaissait le groupe de théâtre dirigé par Gustave Cohen à la Sorbonne et avait vu jouer le Miracle de Théophile en 1933, et plus tard le Jeu d’Adam. Il reviendra au Moyen Âge avec Renaud et Armide (1941) et L’Éternel Retour (1943). Voir Fleur Vigneron, « L’Éternel retour de Jean Delanoy et Jean Cocteau : le Moyen Âge passé et présent », dans Images du Moyen Âge, dir. Isabelle Durand-Le Guern, Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 311-320.

    18Marcel Schneider, « Cocteau et le Moyen Âge », art. cit., p. 261.

    19Voir la lecture de Milorad, art. cit. et F. Pomel, « L’espace-coulisse et l’enchantement théâtral dans Les Chevaliers de la Table Ronde de Cocteau. Portes, fenêtres et rideaux », dans Mélanges Michel Rousse, Le Jeu et l’Accessoire, Mélanges, contributions réunies par Marie Bouhaïk-Gironès, Denis Hüe et Jelle Koopmans, Garnier, 2011, p. 265-278 ; Idem « Figures du faussaire et de l’enchanteur dramaturge. Réécriture, falsification et théâtralité dans Les Chevaliers de la Table Ronde de Cocteau », Cahiers de Recherches Médiévales, n° 18, 2009, p. 367-386.

    20« La salle du théâtre doit être décorée de bois de cerfs, de banderoles ; et le cadre de la scène entouré d’un arbre généalogique qui prend racine dans le trou du souffleur et dont le feuillage de plâtre couvre le manteau d’Arlequin et le départ du balcon à gauche et à droite » (notices, p. 77).

    21P. 171. Cette métamorphose suggère que le vrai père est Lancelot.

    22Catherine M. Bones, dans « S/X Fictions of embodiment in Cocteau’s Chevaliers de la Table Ronde », The French Review, LXXII, 4, 1999, p. 687-695, a bien repéré ce jeu, par exemple sur les noms propres, avec la métathèse sur le nom de Sagremor/Ségramor, emblématique d’une imitation défigurante, qui permet le jeu du même et de l’autre dans la reprise. Un même jeu est pratiqué par Roubaud dans le Roman de Silence, avec la paternité obscure de Wallwein et la topique de la réduplication manifeste dans les noms aussi bien que la topique de la gémellité, qui déclinent la question de l’identité et de l’altérité.

    23Umberto Eco évoque ses propres masques et le scénario de la chaîne de transmission depuis le manuscrit d’Adso jusqu’à lui (« ma version italienne d’une obscure version néo-gothique française d’une édition latine du xviie siècle d’un ouvrage écrit en latin par un moine allemand vers la fin du xive siècle ») comme une façon d’être « libre de raconter, par simple goût fabulateur » (Le Nom de la Rose, Paris, Grasset, 1980, trad. J.-N. Schifano, Préface p. 12 et 14) et un processus de distanciation. Voir aussi Apostille au nom de la rose, Paris, Grasset, 1985, p. 24-26.

    24Merlin, p. 147.

    25Ibid.

    26La formule est proposée par Mireille Séguy dans « ‘Ce qui aurait pu être, ou ce qui fut et qui est’. Temps du monde et temps du mythe dans le Merlin de Michel Rio », La trace médiévale et les écrivains d’aujourd’hui, ouvrage dirigé par M. Gally, Presses Universitaires de France, collection « Perspectives littéraires », 2000, p. 143-155.

    27Voir F. Pomel, Ibid., « Michel Rio et le modèle textuel médiéval : filiation et paternité littéraires », dans Images du Moyen Âge, sous la direction d’Isabelle Durand-Le Guern, Rennes, PUR, 2006, p. 137-147.

    28Voir F. Pomel, « Cavernes, tombeaux et voix d’outre-tombe dans Merlin et La Terre Gaste de Michel Rio : variations sur l’enserrement de Merlin », Colloque international arthurien, juillet 2008, Rennes 2, organisé par Christine Ferlampin-Acher et Denis Hüe, en ligne sur le site du CETM/CELAM de Rennes 2 : http:/www.uhb.fr/alc/ias/actes/index.htm.

    29« Ta mémoire, sans être comparable à la mienne, a accumulé plus d’informations qu’un cerveau humain standard n’en pourrait assimiler dans une durée de cent vies » (La Terre Gaste, p. 24).

    30La machine possède « la collection encyclopédique d’une culture érudite dans ses plus infimes détails, occupation de base de la mémoire » (La Terre Gaste, p. 19) mais développe aussi une logique de raisonnement à partir des données.

    31« La MÉMOIRE : Tu reviendras ? MOI : Ce n’est pas là une question de machine. Je reviendrai, évidemment » (p. 67). Elle contredit ainsi ses affirmations antérieures : « “je” est pour moi une simple commodité grammaticale d’échange » (p. 37) ; « je suis dans une neutralité complète, que vous nommez affectivement indifférence » (p. 38).

    32Morgane, p. 195.

    33P. 38, 39, 40, 49. Voir F. Pomel, « L’enserrement de Merlin selon Apollinaire : “le bonheur d’un antiquaire” ? », dans L’Homme dans le texte. Mélanges offerts à Stoyan Atanassov à l’occasion de son 60e anniversaire, Presses Universitaires de Sofia, Saint Clément d’Ohrid, 2008, p. 269-278.

    34Voir p. 49.

    Auteur

    • Fabienne Pomel

      Fabienne Pomel, maître de conférences en langue et littérature du Moyen Âge à l’université de Rennes 2 (CELLAM-CETM), travaille sur la littérature allégorique narrative et notamment le Roman de la Rose et ses réécritures, les figures de l’écrivain et du lecteur dans l’esthétique allégorique et les variations sur la topique du songe-cadre. Outre Les voies de l’au-delà et l’essor de l’allégorie au Moyen Âge (Champion, 2001), elle a coordonné plusieurs volumes d’articles aux Presses Universitaires de Rennes (le dernier : Cloches et horloges dans les textes médiévaux. Mesurer et maîtriser le temps, 2012) et co-organisé un colloque sur Guillaume de Digulleville à Cerisy-La Salle. Elle s’intéresse également aux réécritures arthuriennes au xxe siècle.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les mythes fondateurs

    Les mythes fondateurs

    Magali Coumert, Hélène Tétrel, Hélène Bouget et al. (dir.)

    2010

    Itinéraires et confins

    Itinéraires et confins

    Hélène Bouget, Magali Coumert, Jean-Christophe Cassard et al. (dir.)

    2011

    La Petite Saga de Tristan et autres sagas islandaises inspirées de la matière de Bretagne

    La Petite Saga de Tristan et autres sagas islandaises inspirées de la matière de Bretagne

    Ásdís Rósa Magnúsdóttir et Hélène Tétrel (dir.)

    2012

    Conservateurs de la mémoire

    Conservateurs de la mémoire

    Hélène Bouget, Amaury Chauou, Cédric Jeanneau et al. (dir.)

    2013

    En marge

    En marge

    Hélène Bouget, Magali Coumert, Gary German et al. (dir.)

    2015

    Quel Moyen Âge ? La recherche en question

    Quel Moyen Âge ? La recherche en question

    Hélène Bouget et Magali Coumert (dir.)

    2019

    Voir plus de livres
    1 / 6
    Les mythes fondateurs

    Les mythes fondateurs

    Magali Coumert, Hélène Tétrel, Hélène Bouget et al. (dir.)

    2010

    Itinéraires et confins

    Itinéraires et confins

    Hélène Bouget, Magali Coumert, Jean-Christophe Cassard et al. (dir.)

    2011

    La Petite Saga de Tristan et autres sagas islandaises inspirées de la matière de Bretagne

    La Petite Saga de Tristan et autres sagas islandaises inspirées de la matière de Bretagne

    Ásdís Rósa Magnúsdóttir et Hélène Tétrel (dir.)

    2012

    Conservateurs de la mémoire

    Conservateurs de la mémoire

    Hélène Bouget, Amaury Chauou, Cédric Jeanneau et al. (dir.)

    2013

    En marge

    En marge

    Hélène Bouget, Magali Coumert, Gary German et al. (dir.)

    2015

    Quel Moyen Âge ? La recherche en question

    Quel Moyen Âge ? La recherche en question

    Hélène Bouget et Magali Coumert (dir.)

    2019

    Accès ouvert

    Accès ouvert

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Acheter

    Édition imprimée

    Éditions du CRBC
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr

    1M. Rio, Merlin, Points Seuil, 1989 ; Morgane, Points Seuil, 1999 ; Arthur, Seuil, 2001 ; Merlin, le faiseur de rois, Fayard, 2006. La Terre Gaste, Paris, Seuil, 2003.

    2J. Cocteau, Les Chevaliers de la Table Ronde, Théâtre, t. 1, nrf Gallimard, 1948, p. 71. C’est l’édition utilisée ici. La pièce se lit aussi dans Jean Cocteau, Théâtre complet, nrf Gallimard, La Pléiade, dir. M. Decaudin, 2003, p. 575-658. Voir sur cette réécriture Robert Baudry, « Le Lancelot-Guenièvre de Jean Cocteau ou les avatars du Mythe. Amours, sosies et substitutions », dans Cahiers de Recherches Médiévales, 2, 1996, p. 37-49.

    3G. Apollinaire, L’Enchanteur pourrissant, nrf Gallimard, 1972 (1re éd. 1921).

    4J. Markale, La naissance du roi Arthur, Paris, Pygmalion, 1992.

    5Il évoque un « corpus inorganisé » (p. 8) ou encore « les inextricables halliers d’une mythique forêt de Brocéliande » (p. 9) dans lesquels « il n’est guère aisé de s’y reconnaître » (p. 9).

    6Voir p. 20. La démarche de Markale est en effet reconstructive, comme celle de Bédier, visant une cohérence face à un matériau jugé fragmenté et dispersé.

    7On retrouve cette mention à la fin de certains romans, comme La fille de Merlin, Pygmalion, Paris, 2000.

    8J. Gracq, Le Roi pêcheur, Paris, José Corti, 1948, reprint 2002.

    9Florence Delay évoque cette chaîne et le mélange de fidélité et d’infidélité dans « Entrée dans l’univers médiéval : l’expérience de Graal théâtre », Perspectives médiévales, n° 9, juin 1983, Paris, p. 75 : « Comment ne pas souhaiter prendre le relais et devenir les nouveaux scribes, aussi infidèles que constants, aussi inconstants que fidèles. »

    10Le Chevalier Silence. Une aventure des temps aventureux, Haute Enfance, Gallimard, 1997.

    11Le Chevalier Silence, p. 146.

    12Graal Théâtre, Préface, Gallimard, 1977, p. 11.

    13Voir F. Pomel, « La naissance de Merlin chez Michel Rio ou la réécriture palimpsestueuse et spéculaire », dans Michel Rio : les réécritures arthuriennes, Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, n° 19, 2010, p. 207-222, et dans le même numéro sur Rio les articles de B. Ribémont, H. Bouget, I. Langlet et A. Besson.

    14« le château désensorcelé – j’allais dire désintoxiqué » (Préface, p. 73). La métaphore est filée dans le résumé proposé de la pièce (p. 73-74). Voir Milorad, dans « Le rôle occulte de l’opium dans Les Chevaliers de la Table Ronde et Renaud et Armide », Cahiers Jean Cocteau, X, p. 267-280 et J.-M. Magnan, « Les Chevaliers de la Table Ronde. Pièce d’une désintoxication », Cahiers Jean Cocteau, n° 5, Gallimard, 1975.

    15Marcel Schneider, « Cocteau et le Moyen Âge », Cahiers Jean Cocteau, X, p. 259-265 (p. 261).

    16Cité dans la notice Pléiade, p. 1704.

    17Cocteau était curieux du Moyen Âge : il connaissait le groupe de théâtre dirigé par Gustave Cohen à la Sorbonne et avait vu jouer le Miracle de Théophile en 1933, et plus tard le Jeu d’Adam. Il reviendra au Moyen Âge avec Renaud et Armide (1941) et L’Éternel Retour (1943). Voir Fleur Vigneron, « L’Éternel retour de Jean Delanoy et Jean Cocteau : le Moyen Âge passé et présent », dans Images du Moyen Âge, dir. Isabelle Durand-Le Guern, Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 311-320.

    18Marcel Schneider, « Cocteau et le Moyen Âge », art. cit., p. 261.

    19Voir la lecture de Milorad, art. cit. et F. Pomel, « L’espace-coulisse et l’enchantement théâtral dans Les Chevaliers de la Table Ronde de Cocteau. Portes, fenêtres et rideaux », dans Mélanges Michel Rousse, Le Jeu et l’Accessoire, Mélanges, contributions réunies par Marie Bouhaïk-Gironès, Denis Hüe et Jelle Koopmans, Garnier, 2011, p. 265-278 ; Idem « Figures du faussaire et de l’enchanteur dramaturge. Réécriture, falsification et théâtralité dans Les Chevaliers de la Table Ronde de Cocteau », Cahiers de Recherches Médiévales, n° 18, 2009, p. 367-386.

    20« La salle du théâtre doit être décorée de bois de cerfs, de banderoles ; et le cadre de la scène entouré d’un arbre généalogique qui prend racine dans le trou du souffleur et dont le feuillage de plâtre couvre le manteau d’Arlequin et le départ du balcon à gauche et à droite » (notices, p. 77).

    21P. 171. Cette métamorphose suggère que le vrai père est Lancelot.

    22Catherine M. Bones, dans « S/X Fictions of embodiment in Cocteau’s Chevaliers de la Table Ronde », The French Review, LXXII, 4, 1999, p. 687-695, a bien repéré ce jeu, par exemple sur les noms propres, avec la métathèse sur le nom de Sagremor/Ségramor, emblématique d’une imitation défigurante, qui permet le jeu du même et de l’autre dans la reprise. Un même jeu est pratiqué par Roubaud dans le Roman de Silence, avec la paternité obscure de Wallwein et la topique de la réduplication manifeste dans les noms aussi bien que la topique de la gémellité, qui déclinent la question de l’identité et de l’altérité.

    23Umberto Eco évoque ses propres masques et le scénario de la chaîne de transmission depuis le manuscrit d’Adso jusqu’à lui (« ma version italienne d’une obscure version néo-gothique française d’une édition latine du xviie siècle d’un ouvrage écrit en latin par un moine allemand vers la fin du xive siècle ») comme une façon d’être « libre de raconter, par simple goût fabulateur » (Le Nom de la Rose, Paris, Grasset, 1980, trad. J.-N. Schifano, Préface p. 12 et 14) et un processus de distanciation. Voir aussi Apostille au nom de la rose, Paris, Grasset, 1985, p. 24-26.

    24Merlin, p. 147.

    25Ibid.

    26La formule est proposée par Mireille Séguy dans « ‘Ce qui aurait pu être, ou ce qui fut et qui est’. Temps du monde et temps du mythe dans le Merlin de Michel Rio », La trace médiévale et les écrivains d’aujourd’hui, ouvrage dirigé par M. Gally, Presses Universitaires de France, collection « Perspectives littéraires », 2000, p. 143-155.

    27Voir F. Pomel, Ibid., « Michel Rio et le modèle textuel médiéval : filiation et paternité littéraires », dans Images du Moyen Âge, sous la direction d’Isabelle Durand-Le Guern, Rennes, PUR, 2006, p. 137-147.

    28Voir F. Pomel, « Cavernes, tombeaux et voix d’outre-tombe dans Merlin et La Terre Gaste de Michel Rio : variations sur l’enserrement de Merlin », Colloque international arthurien, juillet 2008, Rennes 2, organisé par Christine Ferlampin-Acher et Denis Hüe, en ligne sur le site du CETM/CELAM de Rennes 2 : http:/www.uhb.fr/alc/ias/actes/index.htm.

    29« Ta mémoire, sans être comparable à la mienne, a accumulé plus d’informations qu’un cerveau humain standard n’en pourrait assimiler dans une durée de cent vies » (La Terre Gaste, p. 24).

    30La machine possède « la collection encyclopédique d’une culture érudite dans ses plus infimes détails, occupation de base de la mémoire » (La Terre Gaste, p. 19) mais développe aussi une logique de raisonnement à partir des données.

    31« La MÉMOIRE : Tu reviendras ? MOI : Ce n’est pas là une question de machine. Je reviendrai, évidemment » (p. 67). Elle contredit ainsi ses affirmations antérieures : « “je” est pour moi une simple commodité grammaticale d’échange » (p. 37) ; « je suis dans une neutralité complète, que vous nommez affectivement indifférence » (p. 38).

    32Morgane, p. 195.

    33P. 38, 39, 40, 49. Voir F. Pomel, « L’enserrement de Merlin selon Apollinaire : “le bonheur d’un antiquaire” ? », dans L’Homme dans le texte. Mélanges offerts à Stoyan Atanassov à l’occasion de son 60e anniversaire, Presses Universitaires de Sofia, Saint Clément d’Ohrid, 2008, p. 269-278.

    34Voir p. 49.

    Conservateurs de la mémoire

    X Facebook Email

    Conservateurs de la mémoire

    Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Conservateurs de la mémoire

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Pomel, F. (2013). Le dilemme des auteurs de réécritures arthuriennes : conservateurs ou faussaires de la mémoire, monument ou mémoire vive ?. In H. Bouget, A. Chauou, C. Jeanneau, J.-C. Cassard, M. Coumert, G. German, & H. Tétrel (éds.), Conservateurs de la mémoire. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/14ncv
    Pomel, Fabienne. « Le dilemme des auteurs de réécritures arthuriennes : conservateurs ou faussaires de la mémoire, monument ou mémoire vive ? ». In Conservateurs de la mémoire, édité par Hélène Bouget, Amaury Chauou, Cédric Jeanneau, Jean-Christophe Cassard, Magali Coumert, Gary German, et Hélène Tétrel. Brest: Éditions du CRBC, 2013. doi:10.4000/14ncv.
    Pomel, Fabienne. « Le dilemme des auteurs de réécritures arthuriennes : conservateurs ou faussaires de la mémoire, monument ou mémoire vive ? ». Conservateurs de la mémoire, édité par Hélène Bouget et al., Éditions du CRBC, 2013, https://doi.org/10.4000/14ncv.

    Référence numérique du livre

    Format

    Bouget, H., Chauou, A., Jeanneau, C., Cassard, J.-C., Coumert, M., German, G., & Tétrel, H. (éds.). (2013). Conservateurs de la mémoire. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/14ncj
    Bouget, Hélène, Amaury Chauou, Cédric Jeanneau, Jean-Christophe Cassard, Magali Coumert, Gary German, et Hélène Tétrel, éd. Conservateurs de la mémoire. Brest: Éditions du CRBC, 2013. doi:10.4000/14ncj.
    Bouget, Hélène, et al., éditeurs. Conservateurs de la mémoire. Éditions du CRBC, 2013, https://doi.org/10.4000/14ncj.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Éditions du CRBC

    Éditions du CRBC

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Flux RSS

    URL : https://www.univ-brest.fr/crbc-editions/fr

    Email : editionscrbc@univ-brest.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement