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    Plan détaillé Texte intégral Saint Jacques visité à Compostelle Chemineaux ou passagers embarqués ? Saint Yves prend ses quartiers à Rome Notes de bas de page Auteur

    Itinéraires et confins

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Compostelle et Rome. La présence bretonne dans deux hauts lieux du catholicisme à la fin du Moyen Âge

    Jean-Christophe Cassard

    p. 153-167

    Texte intégral Saint Jacques visité à Compostelle Destination Compostelle Chemineaux ou passagers embarqués ? Saint Yves prend ses quartiers à Rome Pourquoi Saint-Yves des Bretons à Rome ? La Compagnie Saint-Yves et son église Saint-Yves de Rome et la Bretagne Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans toute société, certains déplacements sont institutionnalisés, en rapport d’obligation avec l’état de ceux qui les effectuent, d’autres relèvent de l’initiative personnelle, ou du moins d’un agrément – tacite ou enthousiaste – donné à une entreprise collective : tels sont les pèlerinages, parfois imposés en expiation de ses fautes au criminel repenti, parfois entrepris en remerciement d’une grâce reçue, parfois exempts de toute intention particulière autre que la piété… ou le goût du voyage. Il semble donc naturel que l’on trouve trace de » marcheurs de Dieu »1 en provenance de l’Armorique bretonne dans ces deux hauts lieux du christianisme médiéval que sont Rome et Saint-Jacques de Compostelle.

    2L’attraction exercée par Rome n’appelle pas de commentaires particuliers tant elle s’impose partout, et sur des siècles, à travers le monde catholique jusqu’aux époques moderne et contemporaine. Celle de Compostelle relève d’une histoire plus courte puisque le corps de l’apôtre Jacques fut retrouvé, miraculeusement apporté en Galice, il y a un millénaire seulement, dans un contexte espagnol très spécifique. Rapidement le sanctuaire attira les foules pèlerines de toute l’Europe. Force est de reconnaître que les Bretons qui se dirigent vers Saint-Jacques aux XIVe et XVe siècles ignorent que jadis, alors que s’éboulait l’empire romain, une petite cohorte de leurs compatriotes vint s’établir près de là, y créa un » évêché » dont les actes du concile de Braga de 572 gardent le nom du pasteur, un certain Mailoc, en fait une sorte de grosse paroisse primitive à la bretonne qui fut définitivement balayée de l’histoire par suite d’un raid berbère en 7162. Tout empreints de légendes et d’exagérations épiques, les souvenirs sur le comte Roland sont à peine plus vivants en Bretagne quoique certains aient voulu faire de ce préfet de la marche un paladin autochtone, tombé à Roncevaux pour la défense de la foi3. Ces anciens horizons ibériques estompés à jamais, demeure l’appel universel au pèlerinage compostellan sur lequel des allusions plus récentes jettent quelques lueurs.

    Saint Jacques visité à Compostelle

    Destination Compostelle

    3Le duc de Bretagne ne saurait s’absenter trop longtemps de ses états pour se rendre en personne sur la tombe de saint Jacques, mais l’intention y est quand il y fait porter une offrande de trente écus comme le prescrit Jean V en 1434 ou lorsqu’il aide de ses deniers un pèlerin à gagner le sanctuaire de l’apôtre4. Son aide prend à l’occasion une forme indirecte lorsque le prince délivre à un voyageur étranger une » lettre de pas » lui assurant à la fois toute facilité de transit à travers ses domaines propres et l’introduisant auprès des souverains que son visiteur sera amené à rencontrer au fil de son périple vers Compostelle. François II délivre plusieurs documents de cette sorte à des hôtes de passage appartenant à la meilleure noblesse, un geste qui en retour ne peut que conforter sa réputation5.

     

    4Arnold von Harff, très riche chevalier originaire de Cologne, s’avère être le visiteur le plus intéressant : après un très long périple qui lui a permis de découvrir Rome, Venise, l’Orient ottoman et la Terre sainte, il revient en Occident par l’Espagne où il fait ses dévotions à Saint-Jacques-de-Compostelle, traverse le Pays basque, pénètre dans le royaume de France, remonte vers Bordeaux et La Rochelle pour atteindre Nantes et Rennes, et de là gagne Paris via la Normandie. Ce voyageur curieux arrive dans le duché juste après son rattachement au royaume, fin 14996. Il a laissé une très brève description des deux villes bretonnes, en allemand, et, surtout, un vocabulaire d’une quarantaine de mots et de cinq phrases élémentaires en breton guérandais, retranscrits durant son séjour nantais.

    5S’agissant des sujets du duc, la documentation ne laisse aucune place au doute : nous gardons le nom de plusieurs Bretons pèlerins à Saint-Jacques depuis un certain Guillaume, « Thelonarius », qui lègue en 1093 le tiers de ses biens à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé en vue de gagner le salut de son âme et contre l’assurance que les moines l’accueilleraient en cas de maladie ; en outre, s’il venait à partir vers Saint-Pierre (de Rome) ou Saint-Jacques (de Compostelle) ou vers n’importe quelle autre destination lointaine pour y parfaire ses oraisons, alors sa donation à Sainte-Croix s’appliquerait immédiatement et tous ses biens reviendraient, sans contestation possible, à l’abbé et à ses moines7. Bien plus tard dans le temps, Guillaume Ballech, paroissien de Kerrien en Cornouaille, paralysé d’une jambe, qui s’aidait de ses béquilles pour avancer et que saint Yves guérit de ses maux alors que Guillaume était déjà rendu au-delà de La Rochelle vers 13078. Quelques-uns gagnent le grand sanctuaire galicien et décèdent là-bas9 ; d’autres en reviennent pour réaliser que leurs affaires ont périclité dans l’intervalle10 ; tous bénéficient de la suspension des poursuites à leur encontre le temps que dure le voyage11. Naturellement, une approche quantitative de ces pieux déplacements s’avère impossible en ces siècles pré-statistiques faute de registres d’accueil conservés à Saint-Jacques12, et à la figure usuelle du pèlerin se dirigeant vers un tombeau renommé vient s’adjoindre parfois un personnage inattendu.

    6Ainsi Renaud de Bintin (ou Vincin) qui se détache en novembre 1365 de la troupe de Bertrand du Guesclin qu’il sert comme écuyer : accompagné de quelques autres Bretons, il allègue de son pèlerinage à Santiago pour porter un courrier à Charles dit le Mauvais, roi de Navarre, qui, en retour, le gratifie d’une « lettre de pas » car l’un de ses compagnons pourrait lui attirer des ennuis : Roland Bodin a en effet capturé l’un des meilleurs capitaines de l’armée anglo-normande, le captal de Buch, à Cocherel l’an d’avant et, ainsi formidablement enrichi par cette prise, il devient, et ses compagnons avec lui, une proie tentante pour tous les malandrins de rencontre13. Mais Jacques le Matamore n’est-il pas un saint militaire qui sait apprécier à sa juste valeur le courage guerrier et que les plus dévots des gens d’armes en mission se doivent d’honorer chez lui quand ils le peuvent14 ?

    Chemineaux ou passagers embarqués ?

    7Il ne fait pas bon discuter les évidences si bien ancrées que personne ne les remet plus en question : j’ai eu l’occasion de le constater après la parution dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère d’une courte note critique15, elle-même faisant suite à une démarche de l’Association bretonne des Amis de Saint-Jacques qui entendait baliser pour les futurs marcheurs ou randonneurs des chemins de Saint-Jacques au départ de la Bretagne – laquelle se voyait, qui plus est, amputée du comté nantais. La méthode choisie pour ce faire me surprit et m’inquiéta : il s’agissait de relier en forme d’itinéraires compostellans tous les lieux dédiés à l’apôtre dans la péninsule, sans souci de leur datation ni de leur importance relative. J’eus l’outrecuidance d’exprimer mes doutes sur le sérieux de la démarche, ce qui provoqua l’ire des responsables de l’Association et leur demande instante d’un droit de réponse – pratique tout à fait exceptionnelle s’agissant du bulletin d’une société savante16 !

    8Dans leur indignation, mes adversaires remarquèrent moins le fait que je mettais en cause aussi le credo comme quoi tous les chemins de Saint-Jacques empruntaient la voie de terre, et partant toutes les routes qu’ils avaient tracées démarraient curieusement d’un port de mer pour converger par l’intérieur vers le sud-est du duché et rejoindre en définitive, en Poitou, la plus occidentale des quatre voies vers Compostelle, telles que l’historiographie les a intégrées et cartographiées de longue date en reprenant les indications contenues dans le Guide du pèlerin de Saint-Jacques, rédigé vers 1130-1140, peut-être par Aimeri Picaud. Le plus logique ne serait-il pas, au contraire, que les pèlerins partissent d’un port breton pour gagner par la mer la Galice et finir à pied leur pèlerinage ? En supposant qu’ils aient bien existé, les putatifs itinéraires armoricains reconstitués par les Amis trouveraient là leur utilité propre, à savoir convoyer les pèlerins en instance de départ vers un port d’embarquement tout en leur procurant diverses haltes spirituelles, encore marquées dans la toponymie ou visibles dans le mobilier religieux, introductives, en quelque sorte, à l’étape terminale du voyage puisque déjà placées sous l’enseigne de saint Jacques de Galice17.

    9Certes, la plupart des allusions dont nous disposons ne précisent pas quel mode de déplacement choisirent les personnes concernées18, et il n’existe aucune raison de douter que nombre d’entre elles progressèrent à pied ou à cheval vers les cols des Pyrénées puis au long du Camino frances en Cantabrie. Mais d’autres, très probablement plus nombreuses, préférèrent sans nul doute un passage maritime, à la fois plus rapide et finalement plus sûr, que la promiscuité à bord et les aléas de la traversée contribuaient à rapprocher des mortifications appelées par l’esprit authentique du pèlerinage. Plusieurs textes sont explicites sur ce recours à la voie de mer.

    10Ce sont d’abord les soldats de la garnison anglaise de Brest qui se voient dénoncés en 1397 pour avoir indûment extorqué un droit de passage de 12 deniers à chaque pèlerin en partance pour Saint-Jacques19. Vingt ans plus tard, Jean V doit intervenir en personne à la requête de son sujet Jean Moysan, maître de la Notre-Dame de Tréguier : il adresse une longue missive au roi Henry VI d’Angleterre, le suppliant d’agir pour faire en sorte que les pèlerins bretons capturés en pleine mer peu avant la Toussaint dernière par un pirate de Plymouth nommément désigné, à leur retour de Galice, soient rendus à leurs foyers sans rançon, ainsi que le bateau et son équipage20. Comme pour faire bonne mesure et contrer le cas précédent, Pierre II ordonne en 1456 la libération des pèlerins anglais saisis par un équipage breton sur un navire de leur nation alors qu’il faisait voile vers Compostelle, ainsi que la restitution du navire et de tous les objets saisis à son bord ; un certain Jean Bartalote, son capitaine, atteste d’ailleurs par écrit de la bonne exécution de ces ordres le 18 décembre suivant21. Ces trois affaires, mêlant abus de pouvoir d’une soldatesque laissée à elle-même (en 1397, Brest va être rachetée par le duc) et actes de piraterie caractérisés, attestent que la mer a été mise à profit par un certain nombre de dévots de saint Jacques originaires d’une région littorale comme la Bretagne et pas seulement par les insulaires britanniques.

    11Un autre indice pourrait être décelé dans le très célèbre Itinéraire détaillé par Aimeri Picaud dans la première moitié du XIIe siècle, mais comme cet argument demeure indirect, il n’a pas valeur de preuve : en ignorant la Bretagne comme point de départ possible de l’une de ses routes compostellanes à travers l’espace gaulois, le natif de Parthenay-le-Vieux montre qu’il est un bon Poitevin et dédaigne plus ou moins ce qui se passe au nord de la Loire une fois passée la cité de Tours, métropole ecclésiastique de tout l’Ouest armoricain. Il pense peut-être aussi que les Bretons ne s’embarrassent pas tant de la voie de terre et lui préfèrent dès son époque celle de mer : j’avoue ne pas trop croire moi-même à cette extrapolation, le redémarrage de l’activité nautique en Armorique me paraissant n’intervenir que bien plus tard, vers la fin du XIIIe siècle22.

    12Reste que parmi les œuvres de charité traditionnelles au Moyen Âge figure l’aide à l’hospice de Roncevaux : dans son testament daté de 1215 Guillaume le Borgne, sénéchal de Goëlo, est le premier Breton à stipuler un legs de vingt sous à sa destination23 ; il faut ensuite attendre le règne de Jean V pour voir un duc intervenir en faveur de » l’ospital Notre Dame de Rencevaux » en publiant le 14 mai 1407 une lettre de sauvegarde pour Guillaume Nevoet et Henri Le Pluveric, clerc, « procureurs au fait de la queste et aumosne » destinée à ce célèbre établissement24. Les patronymes des deux bénéficiaires trahissent leur probable origine bas-bretonne, en tout cas bretonne assurément, et ce constat induirait à penser que certains sujets du duc se montrent pour le moins sensibilisés à la cause (après avoir éprouvé la difficulté du franchissement du col pyrénéen ?) au point de prendre à cœur sa publicité avec quelque espérance de réussite dans leur collecte.

    Saint Yves prend ses quartiers à Rome

    13Yves Hélori, un prêtre trégorrois, a été porté sur les autels en 1347 par Clément vi et adopté depuis comme leur patron par les gens de loi. L’achèvement des travaux de restauration de la façade de l’église Saint-Yves des Bretons à Rome en 2003 s’inscrivit dans le programme des célébrations appelées par le sept centième anniversaire de son trépas. Le dévoilement de l’édifice rénové attira à nouveau les regards sur un complexe cultuel quelque peu occulté depuis le rattachement de la Compagnie de la « nation » de Bretagne à Saint-Louis des Français en 1582 : si les circonstances de sa mise en place officielle par une bulle de Calixte iii en 1455 et son existence autonome plus que centenaire sont bien connues depuis l’étude de Barthélemy Pocquet du Haut-Jussé, alors membre de l’École Française de Rome25, ses antécédents demeurent largement dans l’ombre. Quelques éclairages médiévaux aideront peut-être à restituer Saint-Yves des Bretons dans son environnement historique immédiat comme dans ses précédents.

    14Si ses pas n’ont jamais conduit le futur saint vers Rome, l’un de ses acolytes, Hamon Toulefflam, devenu en 1330 un ermite « de bonne réputation » après avoir été deux années continues son collaborateur à Kermartin vers la fin de sa vie, dit avoir participé au jubilé romain de 130026. Auparavant Yves avait lui-même conseillé ou ordonné à plusieurs pécheurs, convaincus de faire acte de résipiscence, de se rendre dans la Ville éternelle afin d’y gagner la rémission apostolique de leurs crimes : on cite en particulier un noble lubrique, peut-être homicide, Derrien de Kergoat, et un clerc débauché, Aucrède Rimenton, lequel reçut la prêtrise à son retour, tous deux ses paroissiens à Louannec, qui changèrent ainsi du tout au tout leur style de vie27. Ces pénitents témoignent à l’évidence de l’attention portée par leur directeur de conscience à la capitale de la catholicité ; ils rappellent aussi que les Bretons n’ignoraient plus Rome depuis plusieurs siècles déjà.

    Pourquoi Saint-Yves des Bretons à Rome ?

    15Après un très haut Moyen Âge où les relations furent quasiment interrompues avec les pays de la Méditerranée, les exemples se multiplient des liens renoués avec Rome par les Bretons dès l’époque carolingienne : le prêtre Budworet gagne le siège de Saint-Pierre en 832, précédant d’une quinzaine d’années l’abbé de Redon Conwoion, qui reçoit à son retour la visite d’un diacre originaire de Spolète, meurtrier par accident de son frère, puis celle de Fromond, un noble franc, qui décède en Bretagne après avoir accompli un long pèlerinage expiatoire par toutes les rives et les déserts de la Méditerranée chrétienne. Le roi Salomon entretient au IXe siècle une active correspondance avec la papauté, tandis que l’abbé Gourdisten adresse à Jean, évêque d’Arezzo, une rédaction abrégée de la Vie de saint Guénolé, fondateur de son monastère de Landévennec. De façon plus sinistre, un certain Wiomar est dépêché vers 860 par l’évêque d’Alet (le futur siège malouin) auprès de Nicolas Ier afin d’implorer le pardon du souverain pontife pour avoir tué ses trois fils, un crime si horrible que l’ordinaire du lieu ne se sentait pas en droit d’en décider par lui-même.

     

    16Une fois surmontée la tourmente des incursions vikings, les grands du duché sont les premiers à reprendre la route des Alpes : le duc Geoffroy dès 1008, suivi par le comte de Cornouaille Alain Canhiard, en 1049 probablement, puis par Hoël, le fils de ce dernier, après 1072. Mais aussi de moindres seigneurs, et même d’humbles personnages qui trouvent bientôt à s’établir en Italie du sud et en Sicile sur les brisées de leurs voisins normands : leur nom ou une mention explicite de leur origine armoricaine permettent de les repérer aux XIe et XIIe siècles parmi les témoins des chartes dressées par les nouveaux maîtres du Midi de la péninsule. Même le roi Arthur se retrouve assigné par certaines traditions littéraires à séjourner sous les flancs de l’Etna. Plus tard enfin, la plupart des croisés bretons passent par l’Italie ou y font escale28.

    17Les clercs renouent également avec la papauté, accueillent des pèlerins en route vers l’Italie, franchissent les Alpes à leur tour et gagnent Rome. Si les récits de voyages prêtés à certains saints demeurent invérifiables29, ils suggèrent cependant avec force que les Armoricains n’entendent pas demeurer à l’écart des grands courants de l’histoire de la communauté catholique et qu’ils en épousent les inflexions majeures aux temps médiévaux, une pente naturelle vite accentuée par le renforcement de la centralisation pontificale. Des études précises pourraient sans trop de mal multiplier les attestations de déplacements romains vers la fin du Moyen Âge, d’autant que le pape s’est réservé dans le duché la nomination par alternance à un grand nombre de bénéfices ecclésiastiques30. À cela s’ajoute l’attraction exercée par les tombeaux des apôtres sur les âmes pieuses comme la réussite personnelle de plusieurs prélats promus au cardinalat. Enfin, le Saint-Siège ménage les derniers ducs et réserve à leur État un rang et une considération tels que la chancellerie apostolique les traite comme une entité bien distincte du royaume de France31.

     

    18Tout cela fait que les Bretons sont relativement nombreux à passer par Rome ou à y séjourner. Les données démographiques manquent pour les chiffrer même grossièrement, mais par-ci par-là on perçoit quelques échos de ces voyages outre-monts : ainsi en Trégor la réformation des feux de 1427 mentionne cinq cas de maisons désertées depuis que leurs anciens occupants ont disparu après avoir déclaré vouloir gagner Rome32. D’autres exemples se découvrent dans les Monts d’Arrée au XVe siècle33, et ils ne sont certes pas les seuls ni les premiers en date.

    La Compagnie Saint-Yves et son église

    19Il existait sur les bords du Tibre un hôpital propre aux Bretons bien avant 1455, quand ce modeste lieu d’accueil déjà placé sous le titre de saint Yves se trouve agrégé au patrimoine immobilier de la Compagnie des Bretons désormais en charge de l’antique église Saint-André dite de Marmorariis, qui tombait en ruines – demeuré centre paroissial jusqu’en 1824, situé dans le vicolo della Campana entre la place Navone et le Tibre, l’édifice primitif, jugé de peu d’intérêt archéologique et trop coûteux d’entretien, sera finalement rasé en 1875 –, laquelle prend alors le nom de Saint-Yves. La plus ancienne attestation de » l’hôpital Saint-Yves de Rome » résulte d’une bulle de Martin v en date du 7 juin 1428 accordant l’expectative de son rectorat à un clerc du diocèse de Rennes, Jean Guillayes, par ailleurs titulaire de la cure de Saint-Donatien de Nantes et aumônier du connétable Arthur de Richemont34. Dans l’état actuel de la documentation, il demeure cependant impossible de savoir à quand remonte la fondation de l’hôpital primitif qui, en tout état de cause, ne put être placé sous la protection de saint Yves qu’après 1347, date de sa canonisation. Le premier recteur de la paroisse romaine fut Guillaume du Hautbois, chanoine de Vannes, qui prit possession de l’église le 16 mai 145535.

    20Cette promotion a été rendue possible par l’entregent du cardinal Alain de Coëtivy († 1474) qui, dévot de saint Yves (c’est le seul saint breton mentionné sur son missel tant dans le calendrier que parmi les litanies) et résidant de façon à peu près continue dans la Ville éternelle, désirait favoriser ses compatriotes commensaux de la Curie : ce prélat avait en fait obtenu cette faveur de Nicolas v dès le 24 septembre 1454, mais le décès du pape a retardé la promulgation de la bulle de fondation qui est publiée le 20 avril 1455 seulement, le jour du couronnement de son successeur Calixte iii36. Sur la période de plein exercice de Saint-Yves des Bretons à Rome, on peut estimer les effectifs de la Compagnie entre une trentaine et une cinquantaine de résidents permanents au XVIe siècle (le chiffre maximal étant de 49 confrères en 1552), dont certains élisent leur église propre comme lieu de sépulture et y font élever un tombeau37. Le nombre des pèlerins accueillis à l’hôpital demeure malheureusement impossible à connaître – des archives ne sont conservées qu’à partir de 1508, et elles ne deviennent importantes qu’à compter de 154738.

    21La sociologie des curialistes qui ont laissé une trace tumulaire ouvre quelques perspectives intéressantes sur la provenance et la carrière de ces expatriés. À Saint-Yves sont enterrés à la fois des paroissiens, des Romains résidant sur son modeste territoire, et des clercs ou laïcs armoricains demeurant à Rome : toutefois, et à commencer par le cardinal de Coëtivy, tous les Bretons ne choisissent pas d’y reposer car ils n’ont aucune obligation de le faire39. Les catalogues de pierres tombales ont permis à Barthélemy Pocquet du Haut-Jussé de dresser une liste, sans aucun doute incomplète, de sept curiales armoricains médiévaux ensépulturés à Saint-Yves. Tous ont bénéficié d’une formation intellectuelle supérieure, attestée par des grades universitaires ; la plupart appartiennent à une famille de notables connus et ils gardent des liens forts avec leur pays de naissance, y possèdent des bénéfices ou y entretiennent des espérances. Leurs origines comme leurs charges spirituelles recouvrent l’ensemble de la Bretagne (à l’exception des évêchés de Léon, Saint-Malo et Dol), avec un avantage certain pour la Basse-Bretagne bretonnante des diocèses de Cornouaille et de Vannes, puisque deux individus seulement sont à coup sûr originaires de la Haute-Bretagne même si d’autres y sont bénéficiés. Les plates tombes du Vannetais Conan de Rieux († 1462) et du Cornouaillais Antoine Le Barbu († 1468) sont élevées respectivement par son cousin Jean et son frère Bertrand, un geste de piété familiale qui confirme sur la durée l’implantation bas-bretonne à Rome. Cette homogénéité est d’autant plus remarquable qu’elle se dégage d’un échantillon fort réduit et elle s’appliquerait aussi bien aux autres originaires du duché ayant alors ou au siècle suivant leur tombe dans la Ville éternelle. C’est donc toute la Bretagne des clercs instruits qui figure avec eux dans la capitale de la chrétienté.

    22Cette petite communauté d’expatriés se distingue nettement par son état ecclésiastique de l’autre rassemblement de Bretons placé sous l’égide de saint Yves, à Paris cette fois. Là leur confrérie est instaurée dès le lundi suivant l’Assomption de 1348 et sa chapelle, rue Saint-Jacques, rapidement édifiée grâce à des générosités privées et royales, est consacrée dès 1357 ; elle bénéficie des faveurs ducales au temps de Jean v qui s’y fait statufier sur la façade en 1413, encadrant saint Yves avec sa jeune épouse, la duchesse Jeanne de France, fille de Charles vi. Aux nombreux universitaires et anciens étudiants parisiens s’adjoignent très vite parmi les fondateurs et les donateurs une poignée de bourgeois enrichis sur les rives de la Seine, divers officiers de la Couronne et quelques nobles que la mort surprend dans la capitale du royaume : la sociologie des confrères y apparaît donc bien plus différenciée qu’à Rome et, surtout, leur nombre s’avère incommensurablement plus important avec environ 80 bienfaiteurs avérés pour les XIVe et XVe siècles40.

    23Paris a d’évidence une tout autre importance que Rome pour les Bretons et leur duc – chaque prince du royaume y possède d’ailleurs un hôtel occupé lors de ses fréquents séjours à la cour, alors qu’aucun duc ne s’est jamais rendu à Rome à la fin du Moyen Âge. Mieux dotée que son homologue romaine sans avoir la charge comme elle d’un hôpital des pauvres, la confrérie Saint-Yves à Paris survit jusqu’à la Révolution qui la supprime puis abat sa chapelle, certes déjà reconnue en mauvais état, en 179641. Enfin, pour boucler ce rapide panorama, dans les autres villes d’Europe où le culte de saint Yves est introduit, il semble attirer davantage universitaires et juristes plutôt que natifs du duché qui ne sont là, il est vrai, ni assez nombreux ni assez aisés sans doute pour constituer de véritables communautés, viables et durables, susceptibles d’être reconnues par les autorités du lieu.

    Saint-Yves de Rome et la Bretagne

    24La paroisse romaine comme l’hôpital des Bretons entretenaient-ils des liens particuliers avec le duché et ses dirigeants ? Faut-il plutôt y voir une simple association privée d’originaires de la province résidant à Rome et pour la plupart attachés aux services de la Curie ? Ce qui revient à poser la question du statut de Saint-Yves des Bretons à Rome dans le domaine des représentations politiques contemporaines du duché de plein exercice, puis lors de son effacement graduel.

    25On sait le rôle joué par Charles de Blois, l’un des protagonistes de la guerre de Succession, dans les ultimes étapes menant à la canonisation d’Yves Hélori : après avoir relancé une cause en latence depuis l’enquête de Tréguier en 1330, le prince aide de ses deniers l’autorité apostolique à se saisir de cette affaire et il a la satisfaction de pouvoir, bien que blessé et prisonnier, assister à l’élévation des reliques dans la cathédrale de Tréguier le 27 octobre 1347. Ensuite Charles demeure ostensiblement attaché au culte de son ami spirituel dont le souvenir, pense-t-il, sert bien sa propagande auprès du peuple : ainsi, à peine libéré des geôles anglaises et débarqué à La Roche-Derrien, gagne-t-il pieds nus Tréguier en 1356 en dépit de la froidure et des aspérités de la route afin de rendre grâce sur la tombe. Le prince se fait aussi le relais de la diffusion première du culte en dehors du duché en offrant des reliques de saint Yves à son cousin le roi de Chypre Hugues iv de Lusignan ou en léguant aux deux principales églises mendiantes de Bruges une image peinte le représentant42. Après sa disparition sur le champ de bataille d’Auray en septembre 1364, nombre de ses anciens compagnons d’armes regroupés autour de Sylvestre Budes vont se battre en Italie entre 1376 et 1379 au nom du pape d’Avignon : ils n’hésitent pas alors à invoquer saint Yves en leur aide43. D’une façon évidente le maître de Kermartin se trouve donc annexé au parti de Penthièvre lors de la guerre civile puis dans ses prolongements indirects.

    26Victorieux sur le terrain avec Jean iv, les Montforts ne lui abandonnent pas pour autant le saint de Tréguier dont la réputation d’intercesseur efficace s’accroît avec le temps, surtout Jean V qui témoigne d’une très grande révérence à son égard. Ce duc finance, outre l’embellissement de la chapelle parisienne, la construction d’un nouveau tombeau dans la cathédrale Saint-Tugdual à Tréguier, auprès de laquelle il se fait bâtir un hôtel particulier qui l’abrite chaque fois qu’il vient vénérer l’ancien aumônier de Kermartin et l’avocat des pauvres44. Dès lors saint Yves devient au vrai le saint national de la Bretagne et l’établissement d’une paroisse à son nom à Rome s’inscrit tout à fait dans ce mouvement en passe de devenir irrésistible, d’autant que les dirigeants n’ont pas hésité à puiser parmi les anciens curialistes un certain nombre de collaborateurs rodés aux techniques administratives les plus efficaces45. Il reste que les ducs n’ont apparemment pas contribué aux travaux de remise en l’état de l’antique église Saint-André de Marmorariis et l’on ignore si leurs ambassades de passage dans la Ville éternelle46 la fréquentaient à l’occasion. Tout suggère que la paroisse comme le petit hôpital dont elle a la charge demeurent la chose d’une association privée, la Compagnie Saint-Yves des Bretons à Rome.

    27Un indice de fort attachement peut néanmoins se laisser discerner parmi les héritiers d’une famille très liée aux Montforts : c’est l’élection de Saint-Yves pour lieu de son repos éternel par le cardinal, au titre de Sainte-Anastasie, Robert Guibé, lequel y est inhumé le 11 janvier 151447. Ce personnage n’est autre que le neveu du trésorier Pierre Landais, longtemps le principal inspirateur de la politique inconséquente de François II qui conduit à la rupture avec la France, entraînant dans son sillage l’effondrement inéluctable d’un duché isolé sur la scène européenne48, peu à même de résister à la pression royale49. En prenant ses dispositions ultimes, le cardinal – un protégé de la reine Anne à laquelle il était redevable en grande partie de sa brillante carrière dans l’Église, promu fort jeune au siège de Tréguier en mai 1483, puis appelé à succéder à son frère Michel à Rennes en 1502 tout en résidant presque constamment à Rome puisqu’il était chapelain du pape dès octobre 1472 – affirme sa fidélité à une institution communautaire qui exalte le particularisme des hermines de Bretagne. La reine et le prélat avaient aussi, le 8 avril 1513, obtenu de Léon X l’érection d’une confrérie spirituelle placée sous le titre de Saint-Yves, que le trépas du cardinal puis celui, quelques jours plus tard à peine, de la reine bretonne, condamnent vite à l’évanescence en dépit de l’étendue des privilèges accordés aux futurs confrères et consœurs50.

    28Des bribes d’informations signalent que jusqu’en 1575 – une année sainte qui porta un coup fatal à nombre de débordements romains – la Compagnie des Bretons organise sur le Testaccio, le jour du Carnaval, des réjouissances auxquelles ses membres convient voisins et amis, occasion de leur offrir des démonstrations de lutte bretonne ou gouren, auxquelles les curieux paraissent avoir porté un certain intérêt51. La réunion de la paroisse romaine à Saint-Louis des Français en 1582 sous Grégoire XIII ouvre la voie à certaines nostalgies, comme en expriment, à leur manière, au milieu du XIXe siècle les rares visiteurs bretons de l’antique église, navrés de la découvrir fermée la plus grande partie de la journée, la toiture crevée en 1856, réparée mais presque déserte dix ans plus tard, attendant comme résignée sa ruine finale, qui ne tarde effectivement pas52. Une modeste chapelle lui a succédé sur les plans de l’architecte Chiari en 1875, reconstruite sur une partie de l’ancien emplacement, toujours dépendance de Saint-Louis des Français, que la région Bretagne a aidé à rénover en 2003.

    29Le devenir moderne de saint Yves à Rome ne résulte donc plus du duché, devenu simple province quoique « réputée étrangère », bien incapable désormais d’empêcher l’inexorable : ce sont les gens de loi italiens qui se tournent vers l’avocat des pauvres, leur patron, et lui élèvent l’actuelle église Sant’ Ivo alla Sapienza, déjà presque achevée en 1649, honorée d’une relique du saint cédée de bonne grâce par l’évêque de Tréguier en 1657, consacrée en 1660 et aujourd’hui devenue le lieu de culte dominical des parlementaires italiens après avoir été longtemps l’église de la célèbre université de droit de la Sapience53. Mais qui désormais se souvient à Rome que saint Yves fut d’Armorique54 ?

    Notes de bas de page

    1Pierre-André Sigal, Les marcheurs de Dieu, Paris, 1974.

    2Gildas Bernier, Les chrétientés bretonnes continentales depuis les origines jusqu’au IXe siècle, Saint-Malo, 1982, p. 115-121.

    3Le souvenir de l’émir Aiquin, héros éponyme de la seule chanson de geste composée en Bretagne, est cultivé par la famille de Bertrand du Guesclin au témoignage de Jean Froissart : Jean-Christophe Cassard, « Froissart et la culture bretonne », dans Fañch Postic (dir.), Bretagnes. Du cœur aux lèvres (Mélanges Donatien Laurent), Rennes, 2009, p. 289-297.

    4René Blanchard, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne (5 vol. , Nantes, 1889 à 1895), t. IV, n° 2141 : mandement du 25 mars 1434 de débourser 30 écus correspondant à l’offrande du duc pour la fête de Pâques, plus 20 livres pour ses frais à l’ancien valet de l’échansonnerie chargé de les porter à Saint-Jacques en Galice ; t. I, n° 296, juin 1406 : don de 15 écus à Jean de l’Angle pour aller en pèlerinage à Saint-Jacques.

    5Arch. dép. de Loire-Atlantique, B 4, 4 mai 1466 : Friem Perg et Léon de Roznital, chevalier et baron du royaume de Bohême, passent par le duché en pérégrinant vers Jérusalem et Compostelle ; ibid., B 6, 1468 : le chevalier normand Guillaume de Bellegarde traverse la Bretagne sous la sauvegarde du duc à son retour de Compostelle avec une trentaine de personnes.

    6Christian-J. Guyonvarc’h, Aux origines du breton. Le glossaire vannetais du chevalier Arnold von Harff, voyageur allemand du XVe siècle, Cesson-Sévigné, 1984. Il fait preuve de la même curiosité linguistique en plusieurs étapes de sa pérégrination, et note quelques mots de basque notamment.

    7Léon Maitre et Paul de Berthou, Cartulaire de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, Paris-Rennes, 1904, n° LXXIX, p. 229-231.

    8Arthur de La Borderie, abbé Jean Daniel, Révérend Père Perquis, Daniel Trempier, Monuments originaux de l’histoire de saint Yves, Saint-Brieuc, 1887, témoin 151. Geoffroy, un aveugle de Plougrescant, ayant chuté au fond d’un puits et miraculé, s’est rendu à Compostelle conduit par un guide de Tréguier en 1330, l’année de l’enquête sur Yves : ibid., témoin 222.

    9Jacques Hérisson de Médréac gagne Compostelle avec sa femme, qui y meurt : Augustin Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris, 1620, p. 305.

    10René Blanchard, op. cit., n° 2181, du 6 février 1435 : décharge de 20 l. accordée à la veuve de l’ancien fermier du devoir sur les vins à Rennes, exposant que sa maison a brûlé après sa prise de ferme « Et emprès ce, ledit deffunt estoit allé à St Jame en Galice, et en voiage lui est prins de maladie et assez tost après sa venue dudit voiage alla de vie à trespassement, et est demourée lad. suppliante chargée de lad. ferme, qui n’a peu ne sceu cuillir led. devoir ».

    11Arch. dép. de Loire-Atlantique, B 2, f° 55 v°, en date du 20 juin 1462 : « Estat de causes pour le seigneur de Quintin jucques à trois moys prouchains parce que il vait à Saint Jacques en Galice ».

    12Georges Provost, La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1998. Cet ouvrage s’intéresse à une période beaucoup plus large que ne le suggère son titre et commence de fait vers la fin du Moyen Âge : le chapitre III, « Le révélateur du pèlerinage ‘au long cours’ », spécialement p. 124-131 dresse un bilan de l’attraction exercée par Rome et Compostelle sur les Bretons médiévaux.

    13Roland Delachenal, Histoire de Charles V, Paris, 1916, t. III, p. 332.

    14Selon Pierre Le Baud, André de Vitré, le beau-frère de Pierre Mauclerc, se serait rendu à Compostelle avant de se croiser et de partir pour l’Orient.

    15J.-C. Cassard, « Sur les mirages jacquiers récemment aperçus en Bretagne », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. cxxxii, 2003, p. 424-427.

    16Jean Roudier, « Réponse à un article de Jean-Christophe Cassard », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. cxxxiii, 2004, p. 185-186.

    17Une concentration significative de marques jacquaires relevée dans la région de Rieux-La Roche-Bernard (Georges Provost, op. cit., n. 3 p. 125) pourrait baliser un axe d’embarquement au débouché de la Vilaine.

    18Arch. dép. Loire-Atlantique, B 7, f° 139 : maître Jean de Partenay, le doyen du chapitre de Saint-Brieuc en 1473 ; accusé de viol, Henry Bris passe cent quarante jours dans la prison de Guingamp avant d’être relâché car une partie des témoins « estoient au pardon en Espaigne » : cité par Hervé Le Goff, Les riches heures de Guingamp, Guingamp, 2004, p. 139 et 731, d’après le compte du miseur Henry Le Querme.

    19Michael Jones, Recueil des actes de Jean IV, Paris, 1983, t. II, n° 1100, p. 655-656.

    20René Blanchard, op. cit., t. ii, n° 1269, p. 226-227, en date du 31 décembre 1417.

    21Arch. dép. de Loire-Atlantique, E 202, n° 6.

    22Jean-Christophe Cassard, Les Bretons et la mer, des origines au milieu du XIVe siècle, Rennes, 1998.

    23Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1750, (désormais Preuves), t. I, col. 828-829.

    24René Blanchard, op. cit., t. ii, n° 647, p. 42.

    25Barthélemy Pocquet du Haut-Jussé, « La Compagnie de Saint-Yves des Bretons à Rome », Mélanges d’Archéologie et d’Histoire publiés par l’École Française de Rome, t. XXXVII, 1918-1919, p. 201-283. D’autres approches du sujet : chanoine Toussaint Lecoqû, Saint Yves des Bretons à Rome (ouvrage posthume), Saint-Brieuc, 1947 ; G. Provost, « Le pèlerinage breton à Rome à l’époque moderne », dans Bretagne et religion, 2e volume, Rennes, 1997, p. 107-119.

    26Arthur de La Borderie, op. cit., témoin 20, p. 57-58 : « ... et post quasdam peregrinaciones quas fecit visitando anno jubileo et alia limina apostolorum Petri et Pauli visitando ».

    27Ibid., témoin 35 (Menguy Yvon), p. 87-88.

    28Je reprends ici des éléments développés dans mon livre L’Orient des Bretons, Morlaix, 2007, qui renferme les références et la bibliographie nécessaires au lecteur intéressé, notamment p. 59-82 et 176-183.

    29René Couffon, « Pèlerinages des Bretons à Rome et à Jérusalem du Ve au XIIe siècle. Influences orientales en Bretagne », Bulletin archéologique de l’Association Bretonne, t. XLIX, 1938, p. 1-25.

    30Jean-Pierre Leguay, Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale. 1213-1532, Rennes, 1982, p. 144-145 et 296-297.

    31B. Pocquet du Haut-Jussé, Les Papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État au Moyen Âge, Paris, 1928, n° 133 de la « Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome » (réédition avec une présentation de Jean Kerhervé, Spézet, 2000).

    32Georges Minois, L’évêché de Tréguier au XVe siècle, thèse dactylographiée, Rennes, 1974, p. 430-431.

    33Jeanne Laurent, Un monde rural en Bretagne au XVe siècle. La quévaise, Paris, 1972, p. 66 et 92 : un paysan de La Feuillée, dépendant des Hospitaliers, rappelle lors d’un procès en 1496 le souvenir du jubilé romain dont son grand-père serait revenu en 1400. Le » grant pardon de Romme » est aussi évoqué p. 259. Enfin, Anceau Le Rusquec s’empare du vicariat de La Feuillée à l’occasion d’un séjour romain (p. 357).

    34B. Pocquet du Haut-Jussé, « La compagnie... », article cité, p. 208.

    35Ibid., p. 210.

    36Ibid., p. 210.

    37Certaines plaques funéraires sont aujourd’hui conservées dans le Cortile de Saint-Louis des Français à Rome.

    38Ibid., p. 213, 215 et sq.

    39Ibid., p. 212-213.

    40Charles Vulliez, « Grands universitaires bretons dévots de saint Yves à Paris aux XIVe et XVe siècles », dans J.-C. Cassard et G. Provost (dir.), Saint Yves et les Bretons. Culte, images, mémoire (1303-2003), Rennes, 2004, p. 39-51 ; Michel Debary, « Le culte de saint Yves à Paris », ibid., p. 53-60.

    41René Couffon, « La confrérie de Saint-Yves à Paris et sa chapelle », Mémoires de la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, t. LXIV, 1932, p. 1-65.

    42Jean-Christophe Cassard, « Propagande partisane et miracles engagés dans la guerre de Succession de Bretagne », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 102/2, 1995, p. 7-24.

    43Les Gestes des Bretons en Italie de Guillaume de La Penne, dans Dom Morice, Preuves, t. II, col. 147-148.

    44Daniel Leloup, « La maison de Jean V : l’énigme d’un hôtel de Tréguier », ArMen, n° 57, 1994, p. 42-49.

    45Jean Kerhervé, L’État breton aux 14e et 15e siècles, Les ducs, l’argent et les hommes, Paris, 1987, en cite cinq p. 716.

    46B. Pocquet du Haut-Jussé, Les Papes..., op. cit., en cite en 1407, 1417, 1425, 1430, etc.

    47Ibid., « La Compagnie de Saint-Yves... », article cité, p. 234.

    48Jean Kerhervé et Tanguy Daniel (dir.), 1491. La Bretagne, terre d’Europe, Brest et Quimper, 1992.

    49Dominique Le Page et Michel Nassiet, L’union de la Bretagne et de la France, Morlaix, 2003.

    50Dom Gui-Alexis Lobineau, Histoire de Bretagne composée sur les titres et les auteurs originaux, enrichie de plusieurs portraits et tombeaux en taille douce ; avec les preuves et pièces justificatives, accompagnées d’un grand nombre de sceaux, Paris, 1707, col. 1575-1577. Traduction française par Yvonne Jouan, p. 63-65 de Armorik. Lettres, arts, traditions, n° 1, mai 2003.

    51B. PoCquet du Haut-Jussé, « La Compagnie de Saint-Yves… », article cité, p. 257-258.

    52Sigismond Ropartz, Histoire de Saint Yves, Saint-Brieuc, 1856, p. 329-338 ; abbé Amédée Guillotin de Corson, « Saint-Yves des Bretons à Rome », Revue de Bretagne et de Vendée, t. XIX, 1866, p. 5-15 et 101-110.

    53Bertrand Frélaut, « Aspects du culte de saint Yves en Italie », dans J.-C. Cassard et G. Provost, op. cit., p. 171-185.

    54Signalons qu’il existe à Rome, via del Seminario, un autre lieu de culte placé sous le titre d’un saint breton, Malo en l’occurrence, proche de l’église Saint-Ignace : cet édifice bâti au XIIe siècle, fut remanié en 1578 puis en 1730.

    Auteur

    • Jean-Christophe Cassard

      Professeur à l’université de Bretagne Occidentale

      ronan.cassard@orange.fr

      Professeur à l’université de Bretagne Occidentale depuis 2003, est spécialisé dans l’histoire de la Bretagne médiévale. Il a notamment publié : Les Bretons de Nominoë, 2e édition, Rennes, PUR, 2002 ; Saint-Yves de Tréguier. Un saint du XIIIe siècle, Paris, Beauchesne, 1992 ; Les Bretons et la mer au Moyen-Âge, Rennes, PUR, 1998.

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    1Pierre-André Sigal, Les marcheurs de Dieu, Paris, 1974.

    2Gildas Bernier, Les chrétientés bretonnes continentales depuis les origines jusqu’au IXe siècle, Saint-Malo, 1982, p. 115-121.

    3Le souvenir de l’émir Aiquin, héros éponyme de la seule chanson de geste composée en Bretagne, est cultivé par la famille de Bertrand du Guesclin au témoignage de Jean Froissart : Jean-Christophe Cassard, « Froissart et la culture bretonne », dans Fañch Postic (dir.), Bretagnes. Du cœur aux lèvres (Mélanges Donatien Laurent), Rennes, 2009, p. 289-297.

    4René Blanchard, Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne (5 vol. , Nantes, 1889 à 1895), t. IV, n° 2141 : mandement du 25 mars 1434 de débourser 30 écus correspondant à l’offrande du duc pour la fête de Pâques, plus 20 livres pour ses frais à l’ancien valet de l’échansonnerie chargé de les porter à Saint-Jacques en Galice ; t. I, n° 296, juin 1406 : don de 15 écus à Jean de l’Angle pour aller en pèlerinage à Saint-Jacques.

    5Arch. dép. de Loire-Atlantique, B 4, 4 mai 1466 : Friem Perg et Léon de Roznital, chevalier et baron du royaume de Bohême, passent par le duché en pérégrinant vers Jérusalem et Compostelle ; ibid., B 6, 1468 : le chevalier normand Guillaume de Bellegarde traverse la Bretagne sous la sauvegarde du duc à son retour de Compostelle avec une trentaine de personnes.

    6Christian-J. Guyonvarc’h, Aux origines du breton. Le glossaire vannetais du chevalier Arnold von Harff, voyageur allemand du XVe siècle, Cesson-Sévigné, 1984. Il fait preuve de la même curiosité linguistique en plusieurs étapes de sa pérégrination, et note quelques mots de basque notamment.

    7Léon Maitre et Paul de Berthou, Cartulaire de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, Paris-Rennes, 1904, n° LXXIX, p. 229-231.

    8Arthur de La Borderie, abbé Jean Daniel, Révérend Père Perquis, Daniel Trempier, Monuments originaux de l’histoire de saint Yves, Saint-Brieuc, 1887, témoin 151. Geoffroy, un aveugle de Plougrescant, ayant chuté au fond d’un puits et miraculé, s’est rendu à Compostelle conduit par un guide de Tréguier en 1330, l’année de l’enquête sur Yves : ibid., témoin 222.

    9Jacques Hérisson de Médréac gagne Compostelle avec sa femme, qui y meurt : Augustin Du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris, 1620, p. 305.

    10René Blanchard, op. cit., n° 2181, du 6 février 1435 : décharge de 20 l. accordée à la veuve de l’ancien fermier du devoir sur les vins à Rennes, exposant que sa maison a brûlé après sa prise de ferme « Et emprès ce, ledit deffunt estoit allé à St Jame en Galice, et en voiage lui est prins de maladie et assez tost après sa venue dudit voiage alla de vie à trespassement, et est demourée lad. suppliante chargée de lad. ferme, qui n’a peu ne sceu cuillir led. devoir ».

    11Arch. dép. de Loire-Atlantique, B 2, f° 55 v°, en date du 20 juin 1462 : « Estat de causes pour le seigneur de Quintin jucques à trois moys prouchains parce que il vait à Saint Jacques en Galice ».

    12Georges Provost, La fête et le sacré. Pardons et pèlerinages en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, 1998. Cet ouvrage s’intéresse à une période beaucoup plus large que ne le suggère son titre et commence de fait vers la fin du Moyen Âge : le chapitre III, « Le révélateur du pèlerinage ‘au long cours’ », spécialement p. 124-131 dresse un bilan de l’attraction exercée par Rome et Compostelle sur les Bretons médiévaux.

    13Roland Delachenal, Histoire de Charles V, Paris, 1916, t. III, p. 332.

    14Selon Pierre Le Baud, André de Vitré, le beau-frère de Pierre Mauclerc, se serait rendu à Compostelle avant de se croiser et de partir pour l’Orient.

    15J.-C. Cassard, « Sur les mirages jacquiers récemment aperçus en Bretagne », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. cxxxii, 2003, p. 424-427.

    16Jean Roudier, « Réponse à un article de Jean-Christophe Cassard », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. cxxxiii, 2004, p. 185-186.

    17Une concentration significative de marques jacquaires relevée dans la région de Rieux-La Roche-Bernard (Georges Provost, op. cit., n. 3 p. 125) pourrait baliser un axe d’embarquement au débouché de la Vilaine.

    18Arch. dép. Loire-Atlantique, B 7, f° 139 : maître Jean de Partenay, le doyen du chapitre de Saint-Brieuc en 1473 ; accusé de viol, Henry Bris passe cent quarante jours dans la prison de Guingamp avant d’être relâché car une partie des témoins « estoient au pardon en Espaigne » : cité par Hervé Le Goff, Les riches heures de Guingamp, Guingamp, 2004, p. 139 et 731, d’après le compte du miseur Henry Le Querme.

    19Michael Jones, Recueil des actes de Jean IV, Paris, 1983, t. II, n° 1100, p. 655-656.

    20René Blanchard, op. cit., t. ii, n° 1269, p. 226-227, en date du 31 décembre 1417.

    21Arch. dép. de Loire-Atlantique, E 202, n° 6.

    22Jean-Christophe Cassard, Les Bretons et la mer, des origines au milieu du XIVe siècle, Rennes, 1998.

    23Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, Paris, 1750, (désormais Preuves), t. I, col. 828-829.

    24René Blanchard, op. cit., t. ii, n° 647, p. 42.

    25Barthélemy Pocquet du Haut-Jussé, « La Compagnie de Saint-Yves des Bretons à Rome », Mélanges d’Archéologie et d’Histoire publiés par l’École Française de Rome, t. XXXVII, 1918-1919, p. 201-283. D’autres approches du sujet : chanoine Toussaint Lecoqû, Saint Yves des Bretons à Rome (ouvrage posthume), Saint-Brieuc, 1947 ; G. Provost, « Le pèlerinage breton à Rome à l’époque moderne », dans Bretagne et religion, 2e volume, Rennes, 1997, p. 107-119.

    26Arthur de La Borderie, op. cit., témoin 20, p. 57-58 : « ... et post quasdam peregrinaciones quas fecit visitando anno jubileo et alia limina apostolorum Petri et Pauli visitando ».

    27Ibid., témoin 35 (Menguy Yvon), p. 87-88.

    28Je reprends ici des éléments développés dans mon livre L’Orient des Bretons, Morlaix, 2007, qui renferme les références et la bibliographie nécessaires au lecteur intéressé, notamment p. 59-82 et 176-183.

    29René Couffon, « Pèlerinages des Bretons à Rome et à Jérusalem du Ve au XIIe siècle. Influences orientales en Bretagne », Bulletin archéologique de l’Association Bretonne, t. XLIX, 1938, p. 1-25.

    30Jean-Pierre Leguay, Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale. 1213-1532, Rennes, 1982, p. 144-145 et 296-297.

    31B. Pocquet du Haut-Jussé, Les Papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État au Moyen Âge, Paris, 1928, n° 133 de la « Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome » (réédition avec une présentation de Jean Kerhervé, Spézet, 2000).

    32Georges Minois, L’évêché de Tréguier au XVe siècle, thèse dactylographiée, Rennes, 1974, p. 430-431.

    33Jeanne Laurent, Un monde rural en Bretagne au XVe siècle. La quévaise, Paris, 1972, p. 66 et 92 : un paysan de La Feuillée, dépendant des Hospitaliers, rappelle lors d’un procès en 1496 le souvenir du jubilé romain dont son grand-père serait revenu en 1400. Le » grant pardon de Romme » est aussi évoqué p. 259. Enfin, Anceau Le Rusquec s’empare du vicariat de La Feuillée à l’occasion d’un séjour romain (p. 357).

    34B. Pocquet du Haut-Jussé, « La compagnie... », article cité, p. 208.

    35Ibid., p. 210.

    36Ibid., p. 210.

    37Certaines plaques funéraires sont aujourd’hui conservées dans le Cortile de Saint-Louis des Français à Rome.

    38Ibid., p. 213, 215 et sq.

    39Ibid., p. 212-213.

    40Charles Vulliez, « Grands universitaires bretons dévots de saint Yves à Paris aux XIVe et XVe siècles », dans J.-C. Cassard et G. Provost (dir.), Saint Yves et les Bretons. Culte, images, mémoire (1303-2003), Rennes, 2004, p. 39-51 ; Michel Debary, « Le culte de saint Yves à Paris », ibid., p. 53-60.

    41René Couffon, « La confrérie de Saint-Yves à Paris et sa chapelle », Mémoires de la Société d’Émulation des Côtes-du-Nord, t. LXIV, 1932, p. 1-65.

    42Jean-Christophe Cassard, « Propagande partisane et miracles engagés dans la guerre de Succession de Bretagne », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 102/2, 1995, p. 7-24.

    43Les Gestes des Bretons en Italie de Guillaume de La Penne, dans Dom Morice, Preuves, t. II, col. 147-148.

    44Daniel Leloup, « La maison de Jean V : l’énigme d’un hôtel de Tréguier », ArMen, n° 57, 1994, p. 42-49.

    45Jean Kerhervé, L’État breton aux 14e et 15e siècles, Les ducs, l’argent et les hommes, Paris, 1987, en cite cinq p. 716.

    46B. Pocquet du Haut-Jussé, Les Papes..., op. cit., en cite en 1407, 1417, 1425, 1430, etc.

    47Ibid., « La Compagnie de Saint-Yves... », article cité, p. 234.

    48Jean Kerhervé et Tanguy Daniel (dir.), 1491. La Bretagne, terre d’Europe, Brest et Quimper, 1992.

    49Dominique Le Page et Michel Nassiet, L’union de la Bretagne et de la France, Morlaix, 2003.

    50Dom Gui-Alexis Lobineau, Histoire de Bretagne composée sur les titres et les auteurs originaux, enrichie de plusieurs portraits et tombeaux en taille douce ; avec les preuves et pièces justificatives, accompagnées d’un grand nombre de sceaux, Paris, 1707, col. 1575-1577. Traduction française par Yvonne Jouan, p. 63-65 de Armorik. Lettres, arts, traditions, n° 1, mai 2003.

    51B. PoCquet du Haut-Jussé, « La Compagnie de Saint-Yves… », article cité, p. 257-258.

    52Sigismond Ropartz, Histoire de Saint Yves, Saint-Brieuc, 1856, p. 329-338 ; abbé Amédée Guillotin de Corson, « Saint-Yves des Bretons à Rome », Revue de Bretagne et de Vendée, t. XIX, 1866, p. 5-15 et 101-110.

    53Bertrand Frélaut, « Aspects du culte de saint Yves en Italie », dans J.-C. Cassard et G. Provost, op. cit., p. 171-185.

    54Signalons qu’il existe à Rome, via del Seminario, un autre lieu de culte placé sous le titre d’un saint breton, Malo en l’occurrence, proche de l’église Saint-Ignace : cet édifice bâti au XIIe siècle, fut remanié en 1578 puis en 1730.

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    Cassard, J.-C. (2011). Compostelle et Rome. La présence bretonne dans deux hauts lieux du catholicisme à la fin du Moyen Âge. In H. Bouget, M. Coumert, J.-C. Cassard, A. Chauou, & H. Tétrel (éds.), Itinéraires et confins. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/13c23
    Cassard, Jean-Christophe. « Compostelle et Rome. La présence bretonne dans deux hauts lieux du catholicisme à la fin du Moyen Âge ». In Itinéraires et confins, édité par Hélène Bouget, Magali Coumert, Jean-Christophe Cassard, Amaury Chauou, et Hélène Tétrel. Brest: Éditions du CRBC, 2011. doi:10.4000/13c23.
    Cassard, Jean-Christophe. « Compostelle et Rome. La présence bretonne dans deux hauts lieux du catholicisme à la fin du Moyen Âge ». Itinéraires et confins, édité par Hélène Bouget et al., Éditions du CRBC, 2011, https://doi.org/10.4000/13c23.

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    Bouget, H., Coumert, M., Cassard, J.-C., Chauou, A., & Tétrel, H. (éds.). (2011). Itinéraires et confins. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/13c1c
    Bouget, Hélène, Magali Coumert, Jean-Christophe Cassard, Amaury Chauou, et Hélène Tétrel, éd. Itinéraires et confins. Brest: Éditions du CRBC, 2011. doi:10.4000/13c1c.
    Bouget, Hélène, et al., éditeurs. Itinéraires et confins. Éditions du CRBC, 2011, https://doi.org/10.4000/13c1c.
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