L’héritage de Cambry dans les monographies du Finistère au XIXe siècle
p. 161-176
Texte intégral
1L’avertissement au lecteur du Voyage de Cambry annoté par le chevalier de Fréminville en 1836 insiste par deux fois sur le caractère précurseur de l’ouvrage, recherché « avec avidité » car il est une véritable mine « féconde » pour tous ceux qu’attire l’étude de la Bretagne. Elle est devenue à la mode sous la Restauration. Mais parmi les auteurs qu’elle inspire, on distingue deux catégories :
une kyrielle de compilateurs fantaisistes, qui se contentent de copier Le Voyage dans le Finistère en 1794 en y apposant tout juste leur cachet parisien ;
ceux qui, tout en reconnaissant les mérites de l’œuvre, tentent de montrer ce qui a changé depuis la Révolution dans le département.
2Cambry reste une référence, mais il stimule l’esprit critique. Foin des pseudo-historiens qui « répètent après (lui), des fables et des mensonges, responsables de ce que pendant longtemps l’opinion publique soit restée peu favorable à la Bretagne1 » ! Ainsi, au xixe siècle, des Brestois de naissance ou d’adoption – Gilbert-Villeneuve, Jean-François Brousmiche, le chevalier de Fréminville, Édouard Vallin, Pol de Courcy – et un Morlaisien, Émile Souvestre, donnent la réplique au Lorientais du xviiie siècle.
3Outre l’amour « bien ardent2 » pour leur « merveilleux3 » pays, qu’est-ce qui persiste chez ces auteurs dans la mise en scène du Finistère et l’image qu’en a données Cambry ? Quels sont aussi les changements que nous proposent leurs monographies du département ?
Composition des voyages sur les pas de Cambry
4Bien que leur titre ne l’indique pas toujours, tous les ouvrages de notre corpus nous invitent à un voyage par procuration : les mots « route », « chemin », « itinéraire » jalonnent les textes.
Gilbert-Villeneuve. Itinéraire descriptif du département du Finistère
5C’est à un lecteur « voyageur » que s’adresse l’avocat brestois Gilbert-Villeneuve dans Itinéraire descriptif du département du Finistère, publié à Paris en 1828, dont le « but et l’esprit » se réclament de Cambry. Le lecteur entre dans le Finistère à une lieue du Ponthou par le grand chemin de Brest, rejoint dès le VIIe chapitre la rade, s’ancre jusqu’au xiiie chapitre dans le « magnifique port ». Mais là, lesté d’un précis historique sur la marine, il attendra vainement de larguer les amarres vers le sud, pas même dans un second tome. Le projet avorté prévoyait en sus des chapitres spéciaux de l’histoire à la botanique en passant par les coutumes, l’agriculture et la minéralogie.
J.-B. Brousmiche. Voyage dans le Finistère de 1829, 1830 et 1831
6Le parallélisme avec J.-F. Brousmiche est plus évident. Après avoir été percepteur4 à Lambézellec, puis à partir de 1827 secrétaire de l’Intendance sanitaire de Brest, J.-F. Brousmiche voyage beaucoup dans le Finistère durant trois années. Ses notes sont recopiées en 1889 par son fils Édouard sous le titre « Voyages dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831 », puis seront reproduites par la Société académique de Brest en 1891 en tant qu’« Une promenade dans le Finistère, il y a soixante ans ». Enfin elles seront rassemblées par l’éditeur Morvran en deux volumes en 1977 ; le premier titre est repris mais avec le singulier du Voyage de Cambry.
7Brousmiche se réfère sept fois à Cambry dont il admire l’esprit « judicieux » et « éclairé5 ». S’il s’intéresse surtout aux monuments qu’il expertise, comme Cambry il émaille son itinéraire de commentaires sur l’infrastructure et l’économie, d’informations historiques, d’indications ethnographiques, d’anecdotes, de légendes. En revanche, pas de discours sur la littérature bretonne ou de chansons citées. Pas de comparaison non plus avec les auteurs de l’Antiquité qui encombrent le texte de Cambry. Le style est différent également : Cambry est adepte des longues énumérations et ses phrases au rythme ternaire annoncent la marque de fabrique de l’écriture romantique du xixe siècle. « Les grandes phrases, les phrases ambitieuses m’épouvantent » écrit Brousmiche, qui préfère le rythme binaire et le caractère heurté de l’asyndète. Mais l’allure à la Montaigne à sauts et à gambades de leurs récits manifeste chez l’un comme chez l’autre un désir de liberté et de naturel : « Quand un fait se présente à ma mémoire, je le rapporte ; cette démarche en vaut une autre, elle s’éloigne au moins de l’uniformité, mère des dégouts et de l’ennui » se défend Cambry6. « C’est en flaneur que j’ai couru mon cher pays, [...] tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, j’ai porté mes pas au hasard7 » prévient Brousmiche qui propose une enfilade de 28 chapitres où le lecteur passe d’une commune à l’autre selon un parcours livré au hasard. Comme Cambry qui renâcle à « classer », Brousmiche ne s’est tracé aucun plan.
8Cambry réprouve ses dérapages digressifs8, non sans une ironie qui les justifie parfois : « Pardonnez-moi cet étalage d’érudition ; on est forcé de s’en excuser dans ce siècle, comme à la cour de disserter, comme à Paris d’avoir un caractère, comme d’employer près de certaines femmes le langage de la raison9 ». Brousmiche sait lui aussi désamorcer le reproche : « les digressions m’éloignent continuellement du but que je me suis assigné, mais elles naissent et je les récolte10 ». Tous deux glanent, et riche est leur moisson.
9Les humeurs du récit sont à l’image des imprévus de leurs « courses11 ». Cambry et Brousmiche sont deux routards finalement intrépides qui pestent souvent contre les « abîmes impraticables12 » que sont les chemins de traverse, surtout l’hiver. Cambry s’en plaint dix fois. Brousmiche n’est pas en reste, lui qui invective les maires des communes pour qu’ils y remédient et réclame un « atlas portatif » des chemins vicinaux13.
Le chevalier de Fréminville. Antiquités de la Bretagne. Finistère, I et II
10Dans les Antiquités de la Bretagne publiées de 1832 à 1835, Christophe de la Poix dit le chevalier de Fréminville, capitaine de frégate en retraite, consacre deux parties au Finistère, respectivement une tournée nord et une tournée sud. Il date les étapes de son premier parcours, qui commence sur le chemin de Lannion à Morlaix par une belle matinée de printemps, du 15 avril 1826 et s’achève à Brest à la fin du mois de juin. Comme Cambry, il fait part de ses tribulations de voyageur – « j’arrivais fort tard à Morlaix14 », « je partis de grand matin de Lesneven15 » – et touche parfois un mot de ses hôtes ou compagnons de route.
Émile Souvestre. Le Finistère en 1836
11La première phrase des Prolégomènes du Finistère d’Émile Souvestre définit l’objectif d’un ouvrage paru en 1838 et longtemps édité comme une deuxième partie du premier volet constitué par son édition du Voyage de Cambry en 1835 : « Cambry a donné, dans son Voyage, le tableau du Finistère en 93 et 94 ; nous voulons faire connaître l’état du même département en 183616 ». Un pendant et un complément.
12L’itinéraire dans l’ample premier chapitre, Topographie pittoresque et historique17, est balisé selon l’ordonnancement des districts que Souvestre adopte pour son édition du Voyage de Cambry, mais qui n’est pas celui de l’original. Il nous convie à un « rapide voyage18 » et renvoie trente-six fois à Cambry. Le plus souvent, Souvestre invite à le relire, se justifiant par un « il nous reste peu de choses à dire après Cambry19 », et s’évertue à éviter le plagiat en pratiquant la surenchère20. Dans le deuxième chapitre relatif aux mœurs, usages et superstitions, Souvestre fait quatre allusions au Voyage de 94 et appuie seulement « sur quelques coutumes importantes que (Cambry) a passées sous silence ou incomplètement décrites21 ». Le troisième chapitre Langue et Poésie reprend trois fois l’hypotexte.
13Souvestre compose un ouvrage qui, sans avoir la sécheresse du manuel scolaire, en a la clarté. Le territoire géographique prend figure de personnage pour lequel l’écrivain applique la technique du romancier : un portrait physique puis un portrait moral du Finistère. « Procéder par ordre22 » est l’obsession de Souvestre qui structure neuf chapitres – neuf comme les districts repères de Cambry – aux domaines d’investigation circonscrits avec rigueur, dont la diversité rappelle le souci d’exhaustivité du Voyage en 1794. Mais dans Le Finistère en 1836 on peut désormais « parcourir l’article propre à son état, à son génie, en négligeant ce qui convient le moins », ce que voulait éviter Cambry23.
Édouard Vallin. Voyage en Bretagne. Le Finistère
14Dans son Voyage en Bretagne. Le Finistère, publié en 1859, le journaliste Édouard Vallin fait précéder son itinéraire de quatre chapitres, dont deux concernant l’ethnographie. Le troisième réfléchit sur l’état de l’agriculture bretonne et le quatrième médite sur l’avenir de la Bretagne. Il reprend du Voyage de Cambry la longue description du vieux château de Carnoët et le résumé des tourments infligés par Conomore à son épouse Triphine, résumé qui ne mentionne d’ailleurs pas leurs noms24. Il fait également référence au Catalogue des objets échappés au vandalisme25.
Pol Potier de Courcy. La Bretagne contemporaine. Le Finistère
15Dans la partie « Finistère » de La Bretagne contemporaine, publiée en 1867, de nombreux passages sont empruntés à l’Itinéraire de Rennes à Brest et à Saint-Malo que Pol de Courcy avait fait éditer en 1864 par la maison Hachette.
16L’auteur renvoie explicitement quatre fois à Cambry et cite son texte, avec quelques coquilles néanmoins. Il choisit comme Cambry le découpage administratif mais déterminé depuis 1800 par les cinq arrondissements. Après un « Aperçu général du département » se succèdent la description et l’histoire de leurs chefs-lieux, celles de leurs cantons qui juxtaposent leurs propres chefs-lieux et leurs communes. Alors que les autres auteurs entrent dans le Finistère par le nord – la région de Morlaix ou celle de Brest –, Pol de Courcy, nature du plan oblige, commence par le chef-lieu du département, Quimper, et du sud remonte vers le nord pour terminer par l’arrondissement de Brest à l’intérieur duquel le trajet forme une boucle puisqu’il s’ouvre par son port et son château, et s’achève au pied des remparts. Là « s’arrête la Bretagne » ; « après avoir passé le pont-levis, c’est la France26 ».
17Contrairement au décousu des notations ethnographiques de Cambry, l’endroit détermine la nature du sujet : les foires sont décrites en arrivant à La Martyre parce que c’est là qu’a lieu la plus grande foire des chevaux du département.
Influences d’une lecture de Cambry
La vérité du témoignage
18Nos auteurs affirment avec force leur souci de vérité, somme toute à la manière de Cambry qui se pose en témoin de ce qu’il décrit : « Ne prenez pas pour des déclamations, pour des oppositions faciles ce récit vrai que je vous fais ; c’est là, sur un rocher que j’écrivis, et j’avois sous les yeux ce spectacle déchirant27 ». Ainsi Brousmiche se protège : « Avide de détails, je les ai tous recueillis (…) je cherche à être vrai28 ». En 1835, Souvestre avait brandi son certificat d’authenticité dans les Derniers Bretons et répète sa position d’observateur réel dans Le Finistère en 1836 lorsqu’il raconte en détail une des noces du pays auxquelles il a assisté.29 De même Pol de Courcy en appelle à l’observation directe : « Nous avons été bien des fois témoins (sic) de ces diverses scènes de mœurs30. »
19Et chacun de rappeler que « l’homme qui veut voir, qui veut observer » doit « se lancer à travers la campagne31 » et prendre les chemins de traverse (Brousmiche)32 et qu’il « faut s’écarter des sentiers battus » (Pol de Courcy)33. Et chacun d’insister sur le labeur de l’enquête, garantie d’un travail pris au sérieux : il a fallu à Vallin deux mois de traversée en tous sens et le plus souvent à pied pour se faire une idée nette du département34 ; « j’en ai parcouru toutes les parties » souligne Fréminville dans les Antiquités35.
Un cachet exotique
20De manière unanime, nos observateurs continuent à mettre en relief le cachet exotique du Finistère, même à leurs yeux bretons, où l’archaïsme remplace la distance géographique. Original, étranger, bizarre, antique, les adjectifs se font écho.
21Cambry a associé les conditions de vie primitives des Bretons à celles des Patagons, des Lapons et des Kamtchadales. Les comparaisons s’envolent vers des latitudes qui dépaysent. Brousmiche compare « le charbonnier des montagnes d’Arrez, monté sur son cheval étique à un cosaque des armées russes36 ». La vie que mènent les Bretons dans leurs habitations isolées, écrit Souvestre, rappelle celle des patriarches de la Mésopotamie et des arabes du désert37 ». Pour Pol de Courcy, les ablutions nocturnes des dévots autour de la fontaine de Saint-Laurent au Pouldour s’apparentent aux rites d’une « île sauvage de l’Australie38 ». Les braves gens de Paris, remarque Vallin, seraient moins étonnés des mœurs des Japonais ou des habitants du Kamtchatka (on retrouve le parallèle établi par Cambry39) qu’en apprenant les coutumes et les usages des sauvages habitants de Plounéour-Trez, de Guissény et de Kérity-Penmarc’h40 ».
Portrait du bas-breton : unicité dans la diversité
22Il s’agit pour les observateurs de peindre selon les mots de Brousmiche « les traits de la physionomie morale du bas-breton41 ». Ils passent très souvent comme Cambry d’un commentaire sur l’habitant d’une localité particulière à un élargissement au Breton en général, quand bien même ils en dénoncent les excès, tel Brousmiche : « Têtu comme un bas-breton est un proverbe aussi ancien que le monde ». Cependant, observe-t-il, le matelot armoricain est « l’homme le plus soumis au commandement que l’on puisse rencontrer42 ».
23Nos auteurs soulignent chez les paysans bretons cette ambivalence vue par Cambry, « un mélange singulier » qui allie à « la rudesse, à la grossièreté de leur extérieur, une extrême délicatesse, une grande sensibilité dans le tempérament43 » ; « si grossiers dans leurs orgies, si sauvages dans leur apparence, (ils) sont plein d’indulgence, d’imagination, de poésie » poursuit Souvestre44.
24« Ils sont des fous [...] ceux qui ne veulent pas croire à l’influence des climats sur l’homme45 », écrit Cambry comme en écho à Montesquieu. « L’homme ressent sous les rapports physiques et moraux l’influence du sol et des localités », confirme Gilbert-Villeneuve46. Comme le climat est moins rude à l’intérieur du département que sur la côte, Cambry en déduit deux types d’habitants. « L’homme des terres a le teint frais, de la mollesse dans sa démarche, une langue douce et sonore ; l’Armoricain a la voix dure, le regard perçant et assuré ; son front, ses joues sont sillonnées dès la jeunesse ; sa barbe est rude et son teint olivâtre47 ». Pour Brousmiche « les femmes des "pays tout couvert de bois, d’ombrage ", des cantons de Pleyben, Briec, Gouezec et de Fouesnant sont belles48 », contrairement à celles du littoral exposé aux intempéries, où elles ne sont pas jolies assure aussi Cambry49. Tous pensent comme Pol de Courcy que « les montagnards sont aussi sauvages que le pays qu’ils habitent50 ». La malpropreté, obsessionnellement dénoncée par Cambry et Brousmiche, est finalement relative à la fertilité du sol et à l’aisance des habitants. De même, l’esprit routinier est lié à l’ignorance, et l’ignorance à la misère. Un espoir chez Vallin : le Breton saura trouver son profit si on l’amène à bénéficier davantage de la « vigoureuse impulsion » donnée au « progrès de l’art agricole » sous le Second Empire51. Du temps de Cambry, dans le district de Lesneven, le paysan avait déjà montré en commençant à planter des pommes de terre, qu’il n’était pas « incorrigible52 ».
25Cambry s’est étonné « de l’incroyable différence que vingt lieues établissent quelquefois entre les hommes qui vivent sous le même ciel, sous les mêmes lois, sous la même religion.53 ». Il a aussi détecté la « grande différence de caractère entre (les) deux peuples séparés par une rivière54 », l’Élorn ou la rivière de Morlaix. On retiendra désormais avec Souvestre les nuances entre les habitants des quatre anciens évêchés de la Basse-Bretagne, qui structurent la première partie des Derniers Bretons, le Finistère étant concerné à lui seul par trois d’entre eux : « Le léonnard (sic) est grave et lent, le trégorrois gai, leste, sensuel ; le kernéwote rusé et paresseux55 ». Si les uns et les autres s’échangent allègrement des quolibets, sur le terrain de la « superstition effrénée (…) les champions fusionnent56 » pour dessiner le trait fondamental du paysan bas-breton type.
26Les stéréotypes ébauchés dans le Voyage de 1794 auront un bel avenir. Pour Cambry, la baie d’Audierne est un cimetière marin bien nourri et « l’impitoyable habitant de ses rives57 » s’abandonne à ses fureurs de pillage les jours de tempête. Après lui, Souvestre y déniche Philoppen, le loup-cervier de la côte58 et Broumische met en scène ses farouches habitants qui courent au bris comme à la curée59. Nos trois auteurs attribuent également de telles pratiques aux riverains de Guissény, Kerlouan, Plouguerneau. À l’instar des peintres du temps, Fréminville, Vallin se saisissent de la mine patibulaire des pagans, et Pol de Courcy nous en offre un magnifique morceau d’anthologie.
Une intertextualité multiforme
27La référence explicite à Cambry marque généralement un accord qui l’honore ou un désaccord qui porte un coup à sa crédibilité.60 Mais au-delà des données objectives, les récurrences comparatives qui tissent un lien d’un texte à l’autre suivent une trame littéraire à interroger. Un exemple : Gilbert-Villeneuve contemplant la côte méridionale de Plougastel-Daoulas rappelle l’exclamation de Cambry : « Vous n’êtes plus en Bretagne !61 » Comme lui, Brousmiche, Fréminville et Pol de Courcy y verront un « jardin » ; la « plume poétique de Cambry l’a parfaitement bien décrit » précise Fréminville dans les Antiquités62.
28L’étude du chassé-croisé entre nos auteurs montrerait comment fusionnent les lectures de l’époque. Vallin avoue avoir aussi emprunté aux Antiquités de Fréminville et au Finistère en 1836 de Souvestre. Ce dernier se sert, entre autres, pour son ouvrage des « curieuses notes » de Brousmiche qui a eu « la bonté » de les lui communiquer. C’est sans doute Pol de Courcy qui pratique le plus l’intertextualité, souvent implicite. La Légende de la ville d’Is racontée par lui emprunte à la fois au récit de Cambry, à la version qu’en donne Souvestre dans le Foyer Breton (1844) et à la submersion de la ville d’Is du Barzaz Breiz plus récemment édité.
Évolution des objectifs du voyage dans le Finistère
29La présentation et la nature des informations dépendent aussi de la finalité des textes. Le Finistère attire tous les ans sur son territoire un grand nombre d’étrangers, des Parisiens avides de nouveautés. Aussi La Bretagne contemporaine a-t-elle pour but, écrit son éditeur nantais Henri Charpentier, de « satisfaire les gens du monde qui aiment à visiter en observateurs une contrée, à l’explorer pour en admirer les richesses pittoresques, artistiques et monumentales, aussi bien que pour en étudier l’histoire et les usages locaux63 ». Et ces nouveaux explorateurs ont besoin d’un guide.
Le guide
30Les caractéristiques du guide se révèlent déjà dans les textes de Cambry et de Brousmiche d’une manière qu’on qualifierait aujourd’hui de « commerciale ».
31Cambry mentionne à l’approche de Roscoff, les rochers glissants et « des mares d’eau vaseuses [...] pour préserver les voyageurs de la peine qu’ils pourraient éprouver64 ». Et il vend son produit breton. « Venez errer sur nos rivages [...]. Je vous promets de grands tableaux, et des sensations nouvelles65 ». Brousmiche ameute aussi les chalands : « là fussiez-vous désenchanté de la vie, vous vous plairez à la sentir encore, car là tout est grand, tout est beau, tout est sublime66 ». Il serait stupide d’aller chercher ailleurs ce que l’on a à sa porte, conseille Cambry67. « On court souvent très loin pour voir des objets moins beaux, moins grandioses que le vaste tableau que l’on a ainsi près de soi » confirme Brousmiche68.
32Puis le récit de voyage est conçu pour préparer à voyager. Le chevalier de Fréminville fait paraître en 1844 Le Guide du voyageur dans le département du Finistère, un ouvrage « portatif » « que l’on puisse mettre facilement dans sa poche69 ». Le touriste – le mot est apparu en 1816 – guidé dans ses pérégrinations70 trouvera en fin de l’ouvrage tous les renseignements utiles pour son quotidien itinérant. De même Vallin rédige un chapitre informatif sur les horaires des moyens de transport, sur l’hôtellerie et sur la question des dépenses dont il faut s’occuper avant d’entreprendre un voyage.
L’album
33Henri Charpentier en faisant appel pour le Finistère à Pol de Courcy s’adresse certes à un écrivain breton du cru, né à Landerneau (en 1815) et ayant vécu sa jeunesse à Brest, mais surtout à un érudit féru d’archéologie et d’histoire, de science héraldique. Mais l’objectif de l’œuvre est d’éviter les dissertations comme chez Cambry et la « sécheresse obligée » que Souvestre admet dans un texte didactique : « ni un catalogue, ni un dictionnaire géographique ni une simple statistique mais un album71 ».
34La partie « Finistère » est richement illustrée de 54 planches inédites de magnifiques lithographies d’Hippolyte Lalaisse et de Félix Benoist, plus vivantes que les sept vignettes de Valentin gravées par l’Épine dans le Voyage de Cambry. Le texte met en valeur l’image autant que celle-ci l’illustre. Par exemple, Pol de Courcy évoque les réjouissances publiques que sont les courses en Cornouaille comme à Carhaix, puis s’efface avec modestie devant le talent d’Hippolyte Lalaisse : « Le dessin qui accompagne cette froide description rend bien mieux que nos paroles la physionomie de nos courses rurales72 ».
L’anecdotique l’emporte sur la réflexion
35On pourrait comparer les opinions de Cambry, Brousmiche et Souvestre sur plusieurs sujets : les foires, le déboisement, le domaine congéable, l’état déplorable de l’instruction ; leurs textes dénoncent les insuffisances, proposent des améliorations sur l’état du département. Les guides que sont les ouvrages de Fréminville, de Vallin et de Pol de Courcy privilégient l’anecdote historique empruntée au chanoine Moreau ou à Pierre Le Baud, à la légende compilée chez l’auteur de la Vie des Saints de Bretagne dont Cambry aimait la lecture73. Ajoutons la citation des chants populaires du récent Barzaz Breiz, véritable tic chez Vallin qui recommande au voyageur d’emporter l’ouvrage dans son périple ; ou la citation des poèmes de Brizeux qui côtoient des extraits de Chateaubriand chez Pol de Courcy.
Changements thématiques
36Le cours de l’Histoire influe évidemment sur les sujets traités.
Une nouveauté
37Les notations de Cambry sur l’habillement des bas-bretons sont assez sommaires. Mais après la Révolution et l’abolition des lois somptuaires, la période entre les premières années de la Restauration et les dernières années de la Monarchie de Juillet profite à la plus belle efflorescence du costume breton. Dix pages ne suffiraient pas à en rendre compte, reconnaît Souvestre74. Le pardon dont Cambry critiquait surtout les « bouffonneries75 » rituelles est désormais l’occasion du défilé des modes bretonnes : Brousmiche choisit Rumengol, Pol de Courcy opte pour Sainte-Anne-la-Palud.
L’avènement des antiquaires
38Dans la deuxième décennie du xixe siècle les antiquaires prennent le pas sur les académiciens du celtisme. La « sublime religion des Druides » que Cambry défend76 devient sous la plume de Brousmiche « le culte de dieux implacables qui voulaient le sang humain pour holocauste77 ». Les mégalithes, ces « pierres druidiques » qui transportent l’imagination de Cambry78, sont pour ce thuriféraire des vainqueurs de l’idolâtrie en Armorique, de « grossiers et informes débris » près desquels il passe, lui « comme un niais79 ». Fréminville et Souvestre décrivent des « antiquités gauloises », qui suscitent chez les Gilbert-Villeneuve, Vallin et Pol de Courcy méditation et rêverie. Sont-ils des « sanctuaires primitifs » ou des « monuments funéraires » ? Pol de Courcy en appelle à Ossian pour consacrer le souvenir du héros dont ils couvrent la dépouille80. Mais nos observateurs noteront la dégradation quelque peu triviale de la fonction religieuse des pierres sacrées. Les pierres vacillantes établies par les Druides pour servir à consulter le sort, comme le Men Doagan de Trégunc, servent à présent aux maris pour éprouver la vertu de leur femme.
39L’origine insulaire des Bretons se substitue à leur ascendance gauloise. L’explication donnée sur l’origine de la clameur que Cambry entendait dans les rues de Lesneven, « Guy na-né, voilà le guy », et qu’il lie à la cérémonie de la cueillette du gui par les druides, trouve avec Souvestre un détracteur : « la langue qui s’est conservée dans l’Armorique, est du bas-breton et non du français81 ». Cambry ne fait aucune allusion à l’histoire de Conan Mériadec, pourtant racontée par Albert Le Grand. Mais au xixe siècle la conquête de l’Armorique par les Bretons insulaires est désormais évoquée aux abords de la rivière de l’Aber Vrac’h où les légendaires pensent que Conan Mériadec aborda ou encore dans la cathédrale de Saint-Pol où ils placent son tombeau. Néanmoins Souvestre ne croit pas qu’il ait fait couper la langue aux femmes armoricaines82 ; Fréminville reste perplexe face aux grandes divergences dans ce qu’en ont dit les chroniqueurs83, et Pol de Courcy met en doute l’existence de ce héros mythique84, Arthur de La Borderie ayant confirmé la supercherie en 1850.
Perspectives idéologiques
40Au xixe siècle, le progrès souhaité par Cambry est loin d’être considéré comme une amélioration de l’ordre des choses.
Une reconstruction destructrice
41Tous déplorent le vandalisme révolutionnaire pour lequel Cambry avait été chargé de mission : Cambry critiquait parfois l’absence d’ornement et de décoration des bâtiments et des habitations de son temps et admirait « les artistes du temps passé (qui) tâchaient d’unir le merveilleux de l’architecture aux merveilles de l’imagination85 ». Au siècle suivant, « le mauvais goût se mêle partout » maugrée Gilbert-Villeneuve, surtout quand il recouvre d’ignobles barbouillages le beau Kersanton86. « Les modernes rapetissent ce qu’il y avait de grandiose dans les temples que nous ont laissés nos ayeux » déplore Brousmiche87. Ils sont « sans inspiration » écrit Souvestre88. Fréminville s’en prend à « la main vandale des industriels d’aujourd’hui, à leur âme étroite et desséchée89 ». Vallin vitupère « le zèle stupide des utilitaires qui grattent et badigeonnent (les) anciens monuments pour en faire des magasins à fourrage, des écuries ou des guinguettes90 », « ceux qui subsistent encore pourraient dire en défilant devant leurs juges : Morituri te salutant ! » écrit Pol de Courcy91 qui pleure aussi « ces médailles du temps passé92 », une expression à laquelle Cambry nous a habitués. C’est pourquoi les itinéraires privilégient les curiosités architecturales, ces Antiquités du Finistère dont Fréminville fit son ouvrage à succès.
L’arrêt de mort de la vieille Bretagne
42Ce qui vaut pour les monuments qu’on incite à voir une dernière fois vaut pour les mœurs et coutumes exposées à disparaître. C’est la nostalgie qui motive Fréminville en 1836 à éditer Cambry : il a recueilli celles qui ne sont déjà plus. Il faut étudier l’antique et vénérable, la vraie Bretagne dans nos fermes et nos villages, recommande Souvestre avant que l’influence grandissante des villes n’ait accompli son œuvre de destruction. Elle est déjà manifeste au début du xixe puisque Brousmiche relève à Brest et ses environs le déclin de la langue bretonne ; l’abandon de la coutume du Bazvalan plusieurs fois évoquée par Cambry, la fin des repas de noce en plein air, « à la Gargantua93 ». Il est significatif que dans le premier chapitre de son ouvrage qui concerne la topographie et non l’ethnographie, Souvestre cite un usage en voie de disparition, celui qui touche l’Oratoire de Plougasnou, où les jeunes filles qui veulent se marier dans l’année suspendent leurs chevelures, dont le nombre diminue chaque année. Ailleurs, il raconte de manière circonstanciée la foire aux filles sur le parapet du pont de Penzé, dont « la coutume antique a perdu de sa poésie94 ». « Ainsi tout dégénère », confirme Vallin car 25 ans plus tard les mariages sont devenus « de vrais contrats d’intérêt muris à l’avance95 ». De même, Pol de Courcy rapporte les usages tombés en désuétude comme les courses au clocher des noces de la banlieue de Quimper, désormais interdites, et se hâte de décrire les luttes pendant qu’on en voit encore. Cambry racontait aussi comment elles étaient pratiquées dans l’Ancien Régime.
43Plus radicale que la faux révolutionnaire, l’arrivée à toute vapeur de la civilisation du progrès au milieu des campagnes : la Compagnie de l’Ouest dont la tête de ligne est la gare Montparnasse construite en 1840 ; le chemin de fer atteint Quimper en 1863 puis Brest en 1865. C’est la fin de l’originalité bretonne, se lamente Vallin, un arrêt de mort, illustré dans le préambule de La Bretagne contemporaine par l’invitation adressée aux notabilités de Quimper, priées « d’assister au convoi funèbre des mœurs, coutumes, langage et traditions de la vieille Bretagne-Armorique » lors de la cérémonie de l’inauguration de la gare.
Ville sans foi, progrès sans loi
44L’invasion précipitée du modernisme contamine une ruralité primitive et pure par « l’effrayante immoralité » des mœurs citadines : femme qui trahit la foi conjugale sans rougir et fille déshonorée presque fière de son déshonneur (Brousmiche), ouvrier des faubourgs parisiens, paresseux et buveur, calamiteux modèle pour nos paysans (Vallin).
45Ah ! impudique progrès et sa compagne, « la froide indifférence religieuse, source d’égoïsme, « maladie funeste qui dessèche le cœur96 » ! Pour y mettre un frein ? Une « meilleure formation des prêtres qui exerceront une bonne influence sur les paysans », préconise Brousmiche.97 La chape de « balourdises » honnie par Cambry, qui maintient le peuple breton infortuné dans un état d’asservissement98, devient pour nos auteurs son vertueux bouclier. « Ah ! surtout, que le Breton n’aille pas oublier la religion de ses pères ! s’écrit Vallin, car Chateaubriand l’a dit : "le paysan breton sans religion est une bête féroce"99 ». Même le républicain Souvestre, qui se déclare par ailleurs homme de progrès, a en la matière des accents conservateurs : « Nous préférons, nous l’avouons, notre paysan tel qu’il est, avec ses vices et son frein religieux, au prolétaire déluré mais non éclairé, et qui n’a plus d’autre barrière que la crainte de la prison ou de la guillotine [...] nous déplorons la chute des croyances chrétiennes comme une destruction prématurée100 ».
46Ainsi, au xixe siècle, les pistes que propose le Voyage de Cambry sont encore suivies. Mais le département et ses habitants ont moins changé que l’angle sous lequel on les observe. Cambry regrettait que les préjugés et les anciens usages ne fussent point encore détruits dans la Bretagne ; il essayait d’aider le département à sortir de la barbarie. Désormais, c’est son antiquité que l’on désire préserver. Le Finistère où la civilisation moderne pénètre plus tardivement qu’ailleurs est désormais contemplé jusqu’au tournant du siècle suivant dans la ferveur embaumeuse d’un paradis breton perdu.
Notes de bas de page
1Édouard Vallin, Voyage en Bretagne. Le Finistère, Paris, Comptoir de la Librairie de Province, 1859, p. VI.
2Le mot est de Gilbert-Villeneuve, Itinéraire descriptif du département du Finistère, Paris, Delaunay, 1828, préface p. VIII.
3Émile Souvestre, Le Finistère en 1836, (1838), Paris, Le Livre d’histoire, 2004, p. 15.
4Jean-François Brousmiche est né en 1784 dans une famille de la bourgeoisie commerçante de Brest.
5Jean-François Brousmiche, Avertissement, Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831, Quimper, éd. Morvran, 1977, tome I, p. 37.
6Jacques Cambry, Voyage dans le Finistère, Quimper, Société archéologique du Finistère, 1999, p. 351.
7« C’est en flaneur que j’ai couru mon cher pays (…) tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, j’ai porté mes pas au hasard », Jean-François Brousmiche, op. cit., p. 2.
8« Mais revenons à la commune de Douarnenez au district de Pont-Croix dont je me suis trop longtemps écarté », op. cit., p. 336.
9Ibid., p. 377. En donne l’exemple le développement circonstancié sur Carnac et les mégalithes en général, jailli d’une rencontre avec des pierres druidiques aperçues à Plounéour (p. 372-377).
10Voyage dans le Finistère en 1829, 1830 et 1831, tome II, p. 276.
11Le mot est souvent employé par les deux auteurs.
12Jacques Cambry, op. cit., p. 32 et Jean-François Brousmiche, op. cit., tome I, p. 42.
13Jean-François Brousmiche, op. cit., tome II, p. 239.
14Chevalier de Fréminville, Antiquités de la Bretagne. Finistère, p. 10.
15Ibid., p. 124.
16Émile Souvestre, op. cit., p. 1.
1772 pages, alors que les huit chapitres suivants se partagent 178 pages.
18Émile Souvestre, op. cit., p. 15.
19« Nous conseillons de recourir toujours à la première partie et de relire le texte de Cambry et nos commentaires, lorsqu’on voudra avoir tous les documents relatifs à un lieu ou à un monument, la nécessité d’éviter des redites nous ayant forcé (…) à écourter certains détails et à scinder d’utiles renseignements », Ibid., p. 87.
20« Du Mont-Saint-Michel de Brasparts, écrit Cambry, l’aspect que l’on a de ces montagnes (d’Arès) est un des plus vastes du Finistère », (op. cit., p. 136). Souvestre surenchérit : « Le spectacle qui s’offre aux regards du haut de Saint-Michel est le plus vaste et le plus beau que présente toute la Bretagne » (op. cit., p. 68).
21Ibid., p. 91.
22Ibid., p. 15.
23Jacques Cambry, op. cit., p. 351.
24Édouard Vallin, op. cit., p. 286.
25Ibid., p. 244.
26Pol de Courcy, La Bretagne contemporaine. Le Finistère, Paris, éd. Henri Charpentier, 1867, p. 124.
27Jacques Cambry, op. cit., p. 83.
28Jean-François Brousmiche, tome I, op. cit., p. 75.
29Émile Souvestre, op. cit., p. 101.
30Pol de Courcy, op. cit., p. 36.
31Jean-François Brousmiche, tome I, op. cit., p. 12.
32« Ce n’est pas en parcourant les grands chemins que l’on peut prendre une idée de la physionomie du Finistère », tome II, op. cit., p. 277.
33Pol de Courcy, op. cit., p. 11.
34Édouard Vallin, op. cit., p. IX.
35Avant-propos, deuxième partie, p. II.
36Jean-François Brousmiche, tome II, op. cit., p. 198.
37« Lorsqu’ils se rassemblent lors des hivernales fileries pour goûter aux récits de leurs merveilleuses et poétiques légendes », op. cit., p. 104.
38Pol de Courcy, op. cit., p. 63.
39Jacques Cambry, op. cit., p. 183.
40Édouard Vallin, op. cit., p. VII.
41Jean-François Brousmiche, op. cit., p. 50.
42Ibid., p. 21.
43Jacques Cambry, op. cit., p. 193.
44Émile Souvestre, op. cit., p. 104.
45Jacques Cambry, op. cit., p. 165.
46Gilbert-Villeneuve, op. cit., p. 78.
47Jacques Cambry, op. cit., p. 165.
48Jean-François Brousmiche, op. cit., tome II, p. 196, 218, 248 et 293.
49Jacques Cambry, op. cit., p. 55 et 164-165.
50Pol de Courcy, op. cit., p. 48.
51Édouard Vallin, op. cit., p. 44.
52Jacques Cambry, op. cit., p. 160.
53Jacques Cambry, op. cit., p. 158.
54« Les Léonois sont plus mélancoliques que leurs voisins de la Cornouaille : ceux-ci sont moins actifs », Ibid., p. 264.
55Émile Souvestre, op. cit., p. 91.
56Édouard Vallin, op. cit., p. 2.
57Jacques Cambry, op. cit., p. 316.
58Jacques Cambry en parle dans sa note XIII, op. cit., p. 466.
59Jean-François Brousmiche, op. cit., tome II, p. 304.
60Un exemple offert par Pol de Courcy : « la récolte de goémon aux marées d’équinoxes, se fait, non au moment de la tempête, au coup de la pleine mer, dans la plus profonde obscurité, comme le dit Cambry, mais en plein jour et aux heures où la mer se retire le plus possible, en laissant son bassin à sec », op. cit., p. 69.
61Gilbert-Villeneuve, op. cit., p. 76.
62Op. cit., p. 279.
63Henri Charpentier, préface, op. cit., p. II.
64Jacques Cambry, op. cit., p. 78.
65Ibid., p. 62.
66À Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou, op. cit., tome II, p. 189.
67Jacques Cambry, op. cit., p. 280.
68Jean-François Brousmiche, op. cit., p. 53.
69Chevalier de Fréminville, Le Guide du voyageur…, p. II.
70Pol de Courcy : « le touriste ne doit pas quitter Carhaix sans visiter les mines de Poullaouen et du Huelgoat situées à huit kilomètres de Carhaix », op. cit., p. 54.
71Le mot « pittoresque » qui jalonne les écrits précédents répond ici au vœu de Brousmiche qui souhaite que les artistes et les dessinateurs trouvent avec les monuments religieux du département plus d’occupation pour leurs crayons. On remarquera qu’en 1845 Les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, album de Taylor, Nodier et Cailleux l’ont déjà exaucé.
72Pol de Courcy, op. cit., p. 54.
73Jacques Cambry, op. cit., p. 10.
74Émile Souvestre, op. cit., p. 97.
75Jacques Cambry, op. cit., p. 98.
76Jacques Cambry, op. cit., p. 173.
77Jean-François Brousmiche, op. cit., tome I, p. 23.
78Jacques Cambry, op. cit., p. 387.
79Jean-François Brousmiche, op. cit., tome II, p. 243.
80Pol de Courcy, op. cit., p. 119.
81Émile Souvestre, op. cit., p. 114.
82Ibid.
83Antiquités, tome I, p. 45.
84Pol de Courcy, op. cit., p. 72.
85Jacques Cambry, op. cit., p. 96.
86Gilbert-Villeneuve, op. cit., p. 55.
87Jean-François Brousmiche, op. cit., tome I, p. 96.
88Émile Souvestre, op. cit., p. 84.
89Chevalier de Fréminville, Antiquités, tome II, p. 31.
90Édouard Vallin, op. cit., p. 258.
91Pol de Courcy, op. cit., p. 81.
92Ibid., p. 8.
93Jean-François Brousmiche, op. cit., tome I, p. 47.
94Émile Souvestre, op. cit., p. 100.
95Édouard Vallin, op. cit., p. 12.
96Jean-François Brousmiche, op. cit., tome I, p. 48.
97Jean-François Brousmiche, op. cit., tome II, p. 228-229.
98Jacques Cambry, op. cit., p. 98.
99Édouard Vallin, op. cit., p. 54.
100Émile Souvestre, op. cit., p. 89.
Auteur
-
Joëlle Édon-Le Goff
Docteur en littérature française, IUT de Quimper ; CRBC, UBO
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