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    Plan détaillé Texte intégral Organisation Monuments, usages, dialectes Une solennité grotesque Notes de bas de page Auteur

    Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale

    Ce livre est recensé par

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    L’Académie celtique : un essai non transformé

    Nicole Belmont

    p. 51-60

    Texte intégral Organisation Monuments, usages, dialectes Une solennité grotesque Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « M. Cambry vient d’être enlevé, par une mort prématurée, aux sciences, aux lettres et aux arts qu’il cultiva, avec succès, dès sa plus tendre jeunesse. Grand nombre de sociétés littéraires regretteront cet homme rare par le savoir, les talens et l’amabilité ; mais celles auxquelles sa perte est la plus sensible sont : l’Académie celtique, dont il fut un des fondateurs et le premier président ; la Société d’Agriculture de la Seine, dans laquelle il démontra que les Celtes, que d’ordinaire on représente comme des barbares, connaissaient éminemment le premier des arts, l’agriculture ; la Société philotechnique, si douloureusement affectée de sa perte inopinée […] ».

    1C’est ainsi que Michel-Ange de Mangourit, co-fondateur de l’Académie avec Éloi Johanneau et Jacques Cambry, commençait l’éloge funèbre de ce dernier, prononcé le 19 janvier 1808, soit moins d’un mois après sa mort1. Dès 1804, ils avaient conçu le projet de fédérer les recherches sur les antiquités celtiques et gauloises, leur « étude favorite ». L’Académie celtique tient sa séance inaugurale le 9 germinal an XIII (30 mars 1805). Le premier volume des Mémoires n’est publié qu’en 1807. Il en paraîtra cinq autres jusqu’en 1812. En 1814, les événements politiques et un peu de lassitude touchant la celtomanie entraînent un certain nombre de membres à se regrouper pour fonder la Société royale des Antiquaires de France2.

    2Pour la première fois en France, des savants, érudits, écrivains, se rassemblent et se donnent pour tâche de recueillir les traditions, les coutumes, les usages, les langues locales, en raison de leur intérêt et avant leur disparition supposée proche3. L’Académie se dote d’un outil de travail, un questionnaire dont A. Van Gennep avait vu l’importance puisqu’il l’avait reproduit dans son Manuel de folklore français contemporain, et qui témoigne du savoir folklorique de l’époque, non négligeable. Il devait être élaboré par une commission comprenant Cambry, un géographe, Mentelle, un philologue, E. Johanneau, deux « polygraphes », Denina et Dulaure4. À sa parution, il n’est signé que de ce dernier et de Mangourit, qui s’y était intéressé en envoyant d’abord des questions à la commission désignée. Aux yeux de Van Gennep, il constitue un cadre excellent, bien qu’y manque ce qui concerne la vie matérielle, les types de maisons, les arts populaires5. Il remarque également que peu de réponses envisagent toutes les questions posées. « Les recherches que j’ai faites, relativement aux questions que l’Académie a insérées dans ses Mémoires, ne pouvaient qu’être variées et peu susceptibles d’être traitées sous la forme d’un Mémoire, il m’a paru convenable de vous les présenter sous le titre de Notices. J’aurai la facilité de passer d’un objet à l’autre » déclare un des correspondants (Mémoires, tome IV).

    3Le questionnaire devait être envoyé aux « personnes les plus éclairées » de chaque département, les réponses communiquées lors des séances et publiées dans les Mémoires. Ce réseau de correspondants n’excluait pas les enquêtes directes. Éloi Johanneau évoque la possibilité de faire voyager tous les ans, dans l’empire français, quelques-uns des membres. Lui-même n’hésitera pas à explorer, durant quinze mois, le centre ouest de la France, « invoquant les traditions et les souvenirs, interrogeant, comparant, confirmant, et complétant les récits des uns par ceux des autres6 ». Et le prospectus qui annonce la publication des mémoires proclame « qu’on espère […] suppléer même au défaut de l’histoire et de tous les monuments écrits, en interrogeant les personnes et les lieux, les choses et les mots : en invoquant les traditions sur chaque lieu, sur chaque monument, sur chaque usage ; en recueillant tous les genres de renseignements, et en les recueillant dans chaque localité, seul moyen de découvrir les origines de tout ce qu’il y a de plus remarquable. » Dans un compte rendu de ce long périple, un membre non-résident, Pardessus, avocat, maire de Tours, témoigne en faveur de cette méthode : « Si ce mode de voir et d’interroger par soi-même est pénible, il a des avantages inappréciables : on saisit sur les lieux, dans la conversation, des faits, des nuances même, qu’on n’eût pas prévus en rédigeant des instructions, et dont un correspondant ne saurait deviner l’utilité7 ». Enquêtes de terrain, dirions-nous : s’agit-il de la première ethnologie de la France ? La structure de l’appareil oblige à quelques correctifs.

    Organisation

    4L’Académie est dirigée par un bureau, dont, en 1807, le président est Alexandre Lenoir8, qui a succédé à J. Cambry, le vice-président Aubert du Petit-Thouars9, le secrétaire perpétuel Éloi Johanneau, les secrétaires annuels Dulaure, Mangourit, Paroletti10 et Tourlet11, le trésorier Thomas de Saint-Mars12. En 1811, le président est Lanjuinais, sénateur, membre de l’Institut, le vice-président, Legonidec, ingénieur de la marine13, le secrétaire perpétuel reste le même comme il se doit, les secrétaires annuels sont Dulaure, Tourlet, de Noual de la Houssaye, chef au ministère du grand-juge ; l’archiviste Alexandre Lenoir. Le trésorier n’a pas changé.

    5Les membres sont distingués en résidents, non-résidents et étrangers14 : environ quatre-vingts pour la première catégorie, plus d’une centaine pour la seconde, une trentaine pour la troisième. On constate une augmentation sensible de ces chiffres en 1811. La dernière catégorie recouvre les « associés correspondants », dont le règlement dit ceci :

    « On fera en sorte de se procurer au moins un correspondant dans chaque arrondissement de l’Empire, afin de pouvoir réunir dans un centre commun, des renseignements sur les origines et les antiquités de chaque commune, de chaque localité ; à cet effet, tous les membres sont invités à faire connaître et à proposer les savants qu’ils croient capables d’honorer l’Académie, et de s’occuper efficacement de ses recherches. M.M. les Préfets et sous-préfets sont invités particulièrement à vouloir bien y coopérer, et à indiquer pour associés correspondants, les personnes les plus instruites et les plus zélées de leur préfecture ou de leur arrondissement ».

    6C’est donc un réseau d’informateurs que l’institution veut mettre en place, de façon à couvrir tout le territoire.

    7Les membres résidents appartiennent tous à l’élite de l’Empire. On y trouve des généraux, des conseillers d’État, le président du Corps législatif, des conservateurs de la Bibliothèque impériale, des membres de l’Institut, un conservateur des Médailles, des sénateurs… C’est également le cas des membres non-résidents, à ceci près qu’on y voit apparaître des préfets et sous-préfets, sur lesquels repose une partie de la charge de mise en réseau des enquêtes, des élites provinciales, maires, juges, médecins, chanoines. Le niveau social baisse pour ce qui est des associés correspondants, qui, cependant, appartiennent également aux élites locales, mais d’un rang social inférieur : médecins de campagne, curés, inspecteurs des impositions, professeurs, imprimeurs ; un certain nombre n’annonce aucune profession : sans doute rentiers et amateurs d’« antiquités »15.

    8« Établissement vraiment national, elle sera, pour notre histoire et notre mythologie, ce que l’Académie française est pour notre langue ; et l’intérêt à son accroissement, à ses succès, devient une sorte de devoir et de dette patriotique16. » Éloi Johanneau, de son côté, se montrait résolument optimiste, en augurant une multitude de réponses.

    Monuments, usages, dialectes

    9Le terme « monument » revient très souvent sous la plume des collaborateurs de l’Académie, désignant non seulement des vestiges archéologiques, mais aussi les traditions, les mœurs, les dialectes.

    « Il apparaîtra peut-être bizarre de présenter des mots comme des monumens antiques ; cependant les noms de lieux, les dialectes, le langage vulgaire qualifié de patois, pour n’avoir rien de matériel n’en sont pas moins de véritables restes qui, autant que des ruines, déposent pour l’histoire d’un pays17 ».

    10Le terme n’est pas choisi au hasard par ces érudits formés aux humanités. Monumentum est en latin tout ce qui rappelle quelqu’un ou quelque chose, tout ce qui en perpétue le souvenir. Le terme provient de moneo, « faire songer à quelque chose, faire souvenir et avertir, engager, donner des inspirations, instruire ». Le monument est la trace, non pas seulement matérielle ou architecturale, mais aussi verbale, mentale ou gestuelle, immatérielle dirions-nous de nos jours, de ce qui est passé, de ce qui n’existe plus. À cet égard le monument est comparable à la superstition qui est, selon son étymologie, ce qui survit à un état de choses disparu. Mais le terme devenu péjoratif n’est plus apte à désigner un objet d’étude nouveau et noble. L’état d’esprit a changé profondément depuis les compilations de croyances et de pratiques, telle celle de l’abbé Thiers au xviie siècle, aux fins de dénonciation et d’extirpation.

    11Il s’agit donc de recueillir les traces encore présentes d’un passé révolu, mais prestigieux, avant que les changements politiques, sociaux et économiques ne les balayent impitoyablement : est nommé par exemple le code Napoléon qui serait susceptible de faire disparaître les coutumes juridiques. Ces matériaux se voient investis d’un intérêt intrinsèque ; leur reconnaissance comme objets de recherche s’accompagne d’un souci de conservation, une quasi-muséographie. La question se pose de savoir pourquoi des érudits ont tourné un regard nouveau vers une culture qu’ils côtoyaient depuis toujours, puisque la plupart étaient issus de la noblesse ou de la grande bourgeoisie nécessairement terrienne. Un regard déjà ethnologique.

    12Non pas que la « réflexion ethnologique » ne se soit déjà manifestée, mais elle concerne depuis le xvie siècle les peuples lointains que la découverte du Nouveau Monde a révélés aux Européens. « L’Europe sait, désormais, qu’il y a d’autres formes de vie économique, d’autres régimes politiques, d’autres usages moraux et d’autres croyances religieuses que ceux qu’on avait cru jusqu’alors fondés sur un droit, et dont on pouvait seulement, soit jouir, soit en être privé18 ». On prend conscience que l’humanité peut être porteuse de diversité, mais cette altérité n’est concevable que si elle est exotique et lointaine. Comment expliquer alors que les membres de l’Académie celtique aient fédéré leurs efforts à l’échelle nationale afin d’entreprendre une collecte à l’intérieur de leur propre culture, alors qu’ils étaient tous des hommes formés par la philosophie des Lumières, elle-même incapable de surmonter l’absurdité des croyances et des pratiques populaires ?

    13À la lecture de leurs textes il apparaît que l’irrationalité des traditions qu’ils recueillent devient admissible à condition de les éloigner non pas dans l’espace géographique, mais dans le temps, de les attribuer à une histoire reculée. Il suffit de proclamer que ces croyances et ces coutumes « singulières », « bizarres », « absurdes » et même « grotesques » sont les fragments de l’antiquité de la France, des restes de la civilisation celtique. E. Johanneau déclare dans son Discours d’ouverture : « Ce que nous méprisons aujourd’hui comme des contes populaires, comme des monumens grossiers, sont des vestiges précieux de la sagesse de leurs anciens législateurs19 ». Le propos est unanime :

    « Combien d’usages abandonnés, parce qu’ils paraissaient bizarres, et qui ne paraissaient bizarres, que parce que leur source et leur objet sont inconnus ! Combien de monuments relégués dans les temps de la féerie, attribués au diable ou aux géants, qui sont autant de vestiges d’un peuple nombreux, civilisé, dont tout le code était dans des coutumes, toute la religion et l’histoire dans des monuments et des traditions. Ces coutumes ont survécu à l’existence de ce peuple ; ces monuments subsistent encore, mais la tradition qui les expliquait est ensevelie sous l’amas des fables populaires, comme les monuments eux-mêmes sous la terre qui les portait » (Mémoires, I, 1807, p. 385).

    14Posant l’hypothèse celte, les fondateurs de l’Académie rendaient acceptable tout l’irrationnel qu’ils pouvaient alors se donner pour tâche d’observer et de recueillir. L’idée celte s’épanouit en outre à une époque de revendication nationaliste. A. Lenoir proclame fièrement dans son Épître dédicatoire à Sa Majesté l’Impératrice et Reine : « Le désir de retrouver et de réunir les titres de gloire légués à leurs descendants par les Celtes, les Gaulois et les Francs, a fait naître l’Académie celtique. Un sentiment tout à la fois aussi noble et national a dû se manifester à une époque où les Français se montraient si dignes de leurs ancêtres20 ».

    15Première manifestation de la théorie des survivances, qui s’épanouira dans la seconde moitié du siècle avec l’école anthropologique anglaise, la démarche manque cependant d’assise conceptuelle : elle sera sapée non seulement par la celtomanie galopante de son secrétaire perpétuel, Éloi Johanneau, mais aussi – surtout peut-être – par la difficulté, l’impossibilité même, de surmonter l’irrationalité de ces croyances et pratiques21.

    Une solennité grotesque

    16À lire attentivement ces textes, on s’aperçoit du dédain dont les traditions populaires étaient parfois accablées. Ce mépris, plus ou moins sous-jacent, fut sans doute l’obstacle principal au développement d’une entreprise commencée sous d’heureux auspices, manifestant l’impossibilité d’admettre l’irrationnel des traditions populaires dans le présent, alors que, rejetées dans un passé lointain, elles suscitent le respect de leurs collecteurs.

    « Remontant d’âge en âge, [l’observateur] retrouve dans une solennité grotesque qui n’a pour ministres que quelques villageois en goguette, ou la trace d’une fête mythologique, ou le souvenir d’un fait important ; la reconnaissance ou la terreur a institué ce que l’ignorance a altéré, à mesure que les générations se sont avancées et se sont éloignées du point de départ » (Mémoires de la Société des Antiquaires, tome V, p. 379).

    17Croyances et pratiques sont fréquemment qualifiées de « singulières », « bizarres », « absurdes ». À propos d’une croyance jugée irrationnelle, un auteur déclare : « Ne pouvant convaincre ces imbéciles, il faut se taire ». Un autre raille un maire de village qui se croit un homme d’importance « parce qu’il est le seul dans la commune qui sache écrire son nom ». Plus juste dans ses considérations, Sébastien Bottin déclare, dans le Rapport annuel de la Société des Antiquaires, en 1823, à propos du mémoire présenté par M. Monnier, « Vestiges d’antiquité observés dans le Jurassien » :

    « Si chaque région de la France avait un écrivain observateur aussi zélé que M. Monnier, on aurait bientôt un bon travail et on reconnaîtrait probablement que partout l’esprit humain a ses maladies, ses infirmités. Nous y verrions surtout que la croyance aux fées, aux sorciers, aux revenants, à la baguette divinatoire, aux pressentiments, est toujours par-ci par-là, en France, la maladie des gens que le bienfait de l’instruction n’a pu encore guérir, et un instrument productif entre les mains de ceux qui exploitent la crédulité des simples ».

    18Pour A. van Gennep, l’échec de l’Académie celtique a pour raison le fait « que Dulaure et ses amis n’avaient pas donné de nom à leur entreprise. […] Comme ces savants n’avaient pas donné de nom à l’enfant, l’enfant souffrit et végéta : bien mieux, on le crut mort-né22 ». Sans doute leur était-il impossible de baptiser leur objet d’étude, puisqu’il relevait pour eux de l’archéologie et de l’histoire.

    19La publication des Mémoires de l’Académie celtique cesse en 1812. En 1814, certains membres se regroupent pour fonder la Société royale des Antiquaires de France qui publie un premier volume de mémoires en 1817, dont la Préface – non signée – explique pourquoi l’Académie celtique fit naufrage. À l’enthousiasme de ses débuts que confirme l’abondance des mémoires reçus, succéda un désintérêt marqué par une assiduité des plus réduites. C’est qu’en effet

    « […] des membres prépondérants conçurent, sur les Celtes, un système plus séduisant que solide. Pour l’appuyer, ils ne trouvèrent point, dans les notions que l’histoire nous fournit sur ce peuple, des preuves suffisantes ; alors ils se jetèrent dans le champ illimité des conjectures, champ semé d’incertitudes et d’erreurs. Les Celtes, suivant eux, s’étaient élevés au plus haut degré des sciences, des arts et de la civilisation ; ils soutenaient, ce qui est très douteux, que le dialecte des bas-Bretons était la langue que parlaient les Celtes. Ils s’égaraient dans de fausses routes, et avançaient ces paradoxes avec ce ton qui semble présager au contradicteur une lutte désagréable ; ce qui déplut à certains membres, qui aimèrent mieux s’éloigner que combattre23 ».

    20L’idée celte, qui a permis la première collecte sur le plan national des traditions populaires en France, entrave paradoxalement le développement et la pérennité de l’entreprise. La Société royale des antiquaires publiera durant quelques années des mémoires qui avaient été présentés à l’Académie celtique. La veine folklorique et ethnographique se tarira d’elle-même, cédant la place à toutes les disciplines historiques et seulement à elles. Il faudra attendre le dernier quart du xixe siècle pour que renaisse, à l’échelle nationale, l’intérêt pour ces matières, notamment grâce à la fondation par Paul Sébillot de la Revue des traditions populaires en 1886, et grâce, si un nom était nécessaire, à celui de folklore. Enfant non porté par ses pères sur les fonts baptismaux, enfant mort-né, c’est en tout cas un essai qui fut non transformé par ces élites intellectuelles, entre siècle des Lumières et romantisme.

    Notes de bas de page

    1Publié dans le tome I des Mémoires de l’Académie celtique, daté de 1807.

    2Le premier volume de mémoires paraît en 1817.

    3Aux sources de l’ethnologie française. L’Académie celtique, édité et préfacé par Nicole Belmont (Paris, Ed. du CTHS, 1995).

    4Jacques-Antoine Dulaure (1755-1835), ingénieur géographe, passionné d’archéologie, député à la Convention nationale parmi les Girondins, est l’auteur de nombreux ouvrages concernant entre autres l’histoire de Paris, ainsi que Des Divinités génératrices (1805) et Des Cultes qui ont précédé et amené l’idolâtrie ou l’adoration des figures humaines (1805).

    5Sans parler de la littérature orale, représentée seulement par un conte d’animaux « Le Rosignol et l’anvot », qualifié de « fable druidique » et mis en vers.

    6Mémoires, tome I, 1807, p. 380-384.

    7Mémoires, tome I, 1807, p. 582.

    8Alexandre Lenoir (1762-1839), créateur et administrateur du Musée des Monuments français installé en 1795 dans le couvent des Petits Augustins – où fut accueillie l’Académie celtique –, eut une intense activité d’archéologue, travaillant, entre autres, à la restauration des tombeaux de Saint-Denis.

    9Naturaliste.

    10Membre du Corps législatif.

    11Médecin et homme de lettres.

    12Avocat, chef de la troisième division de l’administration générale des hôpitaux civils.

    13Un beau mémoire, intitulé « Notice sur les cérémonies des mariages dans la partie de la Bretagne connue sous le nom de Bas-Léon », est présenté par lui à la séance du 9 août 1806 et publié dans le tome II des Mémoires, p. 362-374.

    14Jacob Grimm avait été élu membre étranger en 1811, son frère Wilhelm le fut en 1817, mais par la Société royale des Antiquaires.

    15L’appellation « antiquaire » revient fréquemment. Elle désigne le savant qui s’intéresse aux vestiges aussi bien matériels qu’immatériels laissés par les cultures disparues, et encore visibles, ici tout spécialement la culture celte.

    16Mémoires, tome I, 1807, p. 582-583.

    17L.-F. Lemaître, « Sur les monumens celtiques ou romains du département de l’Aisne », Mémoires de la Société des Antiquaires, IV, 1823, p. 49. L’attention à la langue est remarquable : on trouve souvent dans les Mémoires des vocabulaires recueillis avec soin par des correspondants locaux. Mieux encore un volume de la Société des Antiquaires (VI, 1824) est presque entièrement consacré à des traductions de la Parabole de l’enfant prodigue en dialectes, patois et idiomes de diverses régions de France. Ce texte avait été choisi en raison de la « juste étendue et de la simplicité de la plupart des expressions qu’elle renferme ».

    18C. Lévi-Strauss, « Les Trois sources de la réflexion ethnologique », Revue de l’Enseignement supérieur, n° 1, 1960, p. 46.

    19Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 62-63.

    20Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 62-63.

    21Il serait nécessaire de s’interroger également sur les changements politiques contemporains de la dissolution de l’Académie celtique (1814) : la royauté restaurée n’avait, sans doute, nul besoin de l’idée celte pour sa légitimité.

    22Manuel de folklore français contemporain, Paris, Picard, 1943, tome I, vol. 1, p. 32.

    23Préface, Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome I, 1817, p. III. L’auteur anonyme de cette préface ajoute que le titre de Société royale des Antiquaires de France « désigne des travaux moins bornés que celui d’Académie celtique ».

    Auteur

    • Nicole Belmont

      Directrice d'études en anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie, EHESS

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    1Publié dans le tome I des Mémoires de l’Académie celtique, daté de 1807.

    2Le premier volume de mémoires paraît en 1817.

    3Aux sources de l’ethnologie française. L’Académie celtique, édité et préfacé par Nicole Belmont (Paris, Ed. du CTHS, 1995).

    4Jacques-Antoine Dulaure (1755-1835), ingénieur géographe, passionné d’archéologie, député à la Convention nationale parmi les Girondins, est l’auteur de nombreux ouvrages concernant entre autres l’histoire de Paris, ainsi que Des Divinités génératrices (1805) et Des Cultes qui ont précédé et amené l’idolâtrie ou l’adoration des figures humaines (1805).

    5Sans parler de la littérature orale, représentée seulement par un conte d’animaux « Le Rosignol et l’anvot », qualifié de « fable druidique » et mis en vers.

    6Mémoires, tome I, 1807, p. 380-384.

    7Mémoires, tome I, 1807, p. 582.

    8Alexandre Lenoir (1762-1839), créateur et administrateur du Musée des Monuments français installé en 1795 dans le couvent des Petits Augustins – où fut accueillie l’Académie celtique –, eut une intense activité d’archéologue, travaillant, entre autres, à la restauration des tombeaux de Saint-Denis.

    9Naturaliste.

    10Membre du Corps législatif.

    11Médecin et homme de lettres.

    12Avocat, chef de la troisième division de l’administration générale des hôpitaux civils.

    13Un beau mémoire, intitulé « Notice sur les cérémonies des mariages dans la partie de la Bretagne connue sous le nom de Bas-Léon », est présenté par lui à la séance du 9 août 1806 et publié dans le tome II des Mémoires, p. 362-374.

    14Jacob Grimm avait été élu membre étranger en 1811, son frère Wilhelm le fut en 1817, mais par la Société royale des Antiquaires.

    15L’appellation « antiquaire » revient fréquemment. Elle désigne le savant qui s’intéresse aux vestiges aussi bien matériels qu’immatériels laissés par les cultures disparues, et encore visibles, ici tout spécialement la culture celte.

    16Mémoires, tome I, 1807, p. 582-583.

    17L.-F. Lemaître, « Sur les monumens celtiques ou romains du département de l’Aisne », Mémoires de la Société des Antiquaires, IV, 1823, p. 49. L’attention à la langue est remarquable : on trouve souvent dans les Mémoires des vocabulaires recueillis avec soin par des correspondants locaux. Mieux encore un volume de la Société des Antiquaires (VI, 1824) est presque entièrement consacré à des traductions de la Parabole de l’enfant prodigue en dialectes, patois et idiomes de diverses régions de France. Ce texte avait été choisi en raison de la « juste étendue et de la simplicité de la plupart des expressions qu’elle renferme ».

    18C. Lévi-Strauss, « Les Trois sources de la réflexion ethnologique », Revue de l’Enseignement supérieur, n° 1, 1960, p. 46.

    19Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 62-63.

    20Mémoires de l’Académie celtique, tome I, 1807, p. 62-63.

    21Il serait nécessaire de s’interroger également sur les changements politiques contemporains de la dissolution de l’Académie celtique (1814) : la royauté restaurée n’avait, sans doute, nul besoin de l’idée celte pour sa légitimité.

    22Manuel de folklore français contemporain, Paris, Picard, 1943, tome I, vol. 1, p. 32.

    23Préface, Mémoires de la Société des Antiquaires de France, tome I, 1817, p. III. L’auteur anonyme de cette préface ajoute que le titre de Société royale des Antiquaires de France « désigne des travaux moins bornés que celui d’Académie celtique ».

    Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale

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    Belmont, N. (2008). L’Académie celtique : un essai non transformé. In A. de Mathan (éd.), Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/13mf4
    Belmont, Nicole. « L’Académie celtique : un essai non transformé ». In Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale, édité par Anne de Mathan. Brest: Éditions du CRBC, 2008. doi:10.4000/13mf4.
    Belmont, Nicole. « L’Académie celtique : un essai non transformé ». Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale, édité par Anne de Mathan, Éditions du CRBC, 2008, https://doi.org/10.4000/13mf4.

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    de Mathan, A. (éd.). (2008). Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale. Brest: Éditions du CRBC. https://doi.org/10.4000/13mh3
    de Mathan, Anne, éd. Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale. Brest: Éditions du CRBC, 2008. doi:10.4000/13mh3.
    de Mathan, Anne, éditeur. Jacques Cambry (1749-1807). Un Breton des Lumières au service de la construction nationale. Éditions du CRBC, 2008, https://doi.org/10.4000/13mh3.
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