Cambry : des Lumières vers la lumière
p. 23-30
Texte intégral
1Généralement ignoré des manuels de littérature, Jacques Cambry (1749-1807) n’en est pas moins un auteur qui compte. Pas seulement aux yeux des Bretons qui ont vite fait du Voyage dans le Finistère en 1794-1795 un livre culte et vu dans Cambry l’inventeur de Carnac, sans compter ce qu’il a pu écrire sur les Celtes et son rôle dans la fondation en 1805 de l’Académie celtique. Mais ce massif breton ne fait pas oublier le reste : une étude sur Poussin, quelques poèmes et quelques contes, des essais de circonstance sur le magnétisme et les sépultures, des textes politiques, d’autres récits de voyages. Tous ces fragments plus ou moins importants qui nous sont parvenus étaient à intégrer dans le vaste projet d’une Histoire de l’esprit humain où l’imagination joue le rôle d’un contre-pouvoir. C’est que Cambry est de la dernière génération des Lumières, en même temps que de la première génération du romantisme tentée par des sommes et des questions de ce genre. Mais l’œuvre de l’écrivain est évidemment inséparable de l’activité du politique et de l’engagement dans les administrations. C’est qu’à ce point de vue Cambry est aussi un excellent témoin du passage de l’Ancien Régime à la Révolution et à l’Empire. Ainsi l’écrivain et le politique se rejoignent dans un même élan historique, dans une sorte de foi commune mais qui aura sa particularité propre. Pour en retracer la trajectoire j’ai naturellement privilégié l’écrivain des Lumières mais pour en montrer l’étonnante dynamique. Car cette trajectoire se définit sur le mode ascensionnel. On voit, en effet, notre praticien des Lumières s’élever à une véritable métaphysique des Lumières, qui n’est autre que l’accès à une autre lumière. Telle est la trajectoire que j’essaierai de suivre en prenant pour point de départ le Voyage dans le Finistère, point de départ d’un voyage intérieur.
*
2Portrait de Cambry en écrivain des Lumières : cinq traits caractéristiques dont je me contente ici de présenter des esquisses. Avec pour principal terrain d’expérimentation le Finistère dont il dresse l’état en 1794-1795, moment crucial de la Convention thermidorienne où la nation entre en convalescence.
Le premier trait renvoie à Voltaire
3Pour Cambry, Voltaire est très tôt une idole et tant mieux, proteste-t-il, si tous ses parents l’envoient alors au diable. C’est ici, à Quimperlé, qu’à l’ombre d’un hêtre il s’est amusé à faire des contes comme son « bon curé Jeannot et sa servante » qu’il a adressé le 1er juillet 1776 à Voltaire avec une belle lettre d’adoration1, qu’il rêvait de Voltaire, qu’il a juré de visiter un jour Ferney, ce qu’il fera, et si le maître est mort depuis dix ans, il emportera du moins en trophée son bénitier.
4Mais c’est surtout parce que Voltaire était un extraordinaire nettoyeur de superstitions. Aussi le voltairien Cambry se régale-t-il de tout ce qu’on peut croire dans le Finistère des pouvoirs miraculeux des saints bretons et autres, tout en s’indignant du terrorisme intellectuel exercé par les prêtres qui formaient barrage contre toute lumière (p. 98)2. Ajoutons que le déisme de Cambry doit beaucoup, comme le siècle tout entier, à l’Anglais Pope, autre idole, et que traduisit Voltaire.
5Voltaire enfin est un modèle de l’engagement des Lumières, dont la devise est : « J’écris pour agir ». La tactique de ce praticien des Lumières est de convaincre ceux qui peuvent changer les choses, les hommes de pouvoir. À cet exemple, le Voyage dans le Finistère est aussi un projet pour l’administration centrale.
Le deuxième trait renvoie tout aussi naturellement à Rousseau
6Rousseau ne peut qu’enthousiasmer Cambry par ses attaques contre l’orgueil des grands, la morgue de la cour, les privilèges des puissants (p. 396). La permanente humiliation (p. 262) dont les Bretons se sentaient l’objet poussait naturellement à l’insurrection, faisait la Révolution.
7Doué pour l’art oratoire Cambry est là encore influencé par Rousseau. Mais aussi quelle leçon de sensibilité pour notre homme qu’on voit pleurer dans le Valais en souvenir de La Nouvelle Héloïse ! Et rappelons tous les efforts du préfet de l’Oise pour ramener les restes de Rousseau à Ermenonville.
8Autres références : le goût de la nature, le penchant à la rêverie sans mélancolie, qui fait entrer la Bretagne de Cambry dans le romantisme des Lumières ; tout cela qui débouche sur la nostalgie de l’énergie primitive, et qui chez Cambry ramène aux forêts druidiques et aux Celto-Gaulois dont dans la France le peuple breton est le pur héritier.
9Plus politique : la rencontre avec Auguste, le duc de Saxe qui s’instruit au pays de Rousseau auprès des jeunes républicains3.
Le troisième trait renvoie au « porte-lumière »
10L’expression est tirée d’une épigramme qui veut tout dire contre le procureur de la Commune de Lorient en 1792 :
« Combien de gens ont applaudi / Aux captieux discours de Cambry / Gros charlatan porte-lumière / Mais en bon sens homme ordinaire / Malgré que son pompeux jargon / Fût comme il disait la R R Raison4 ».
11Cambry veut éclairer sur les Bretons qui ne paraissent contre-révolutionnaires que pour la question du clergé des campagnes et la levée en masse : « Généralement, dit-il, les paysans n’ont regretté ni le roi ni les nobles » (p. 45). En réalité, ils sont pour les idées nouvelles. Mais toute l’humanité de Cambry se révolte contre les atrocités de la Terreur et au souvenir de ses amis fédéralistes guillotinés.
12À l’image de l’autodidacte rencontré à Brest, les Bretons ont « besoin de lumières ». D’où la priorité de l’éducation, particulièrement technique, car sans éducation, lance-t-il aux représentants du peuple, « vous assassinez la liberté » (p. 44).
13Rappelons enfin que tout le projet du Voyage dans le Finistère est un vaste programme pour faire entrer un département qui en a les possibilités dans la modernité et le monde du progrès.
14Concluons ce chapitre qui laisse volontairement de côté la carrière politique de Cambry, engagé dès le début dans la Révolution, par le tableau symbolique de Valentin offert à la Convention et qui illustra la première édition du Voyage : « La philosophie versant sur Paris la lumière qui pénètre dans les départements ».
Le quatrième trait renvoie à l’encyclopédiste
15L’encyclopédiste est d’abord celui qui fait le tour des connaissances sur un sujet. Cambry fait le tour (il ne procède pas thématiquement) du Finistère pour en dresser un état complet, exhaustif. Avec statistiques, classement de plantes, liste des toiles, prix des denrées, etc.
16L’encyclopédiste est surtout celui qui a l’ambition de faire partout le tour de toutes les connaissances : la simple lecture du Voyage suffit à illustrer tout un savoir encyclopédique qui, d’ailleurs, relève souvent de la compilation. Mais quand l’auteur essaie par exemple de mettre les traditions bretonnes en relation avec les autres traditions (danses bretonnes et danses de l’ancienne Grèce par exemple), il réagit tout à fait dans l’esprit de curiosité débridée de la dernière génération des Lumières. Dans le même esprit, il s’affilie à d’innombrables académies et à de nombreuses sociétés secrètes, ces captateurs et transmetteurs d’énergie.
17Enfin, cherchant le lien unificateur entre les hommes, Cambry se relie au groupe des savants bretons et étrangers qui ont trouvé dans la langue bretonne, tant du point de vue alphabétique que du point de vue numérique, la langue mère. En témoignent les propres travaux de l’auteur lui-même comme son Vocabulaire polyglotte5. Cette « utopie de la rationalité » comme on a appelé ce mouvement aboutit à la création de l’Académie celtique. Or cette Académie est bien une Fondation Cambry.
Le cinquième trait renvoie au voyageur
18Le siècle des Lumières renoue avec les grandes expéditions dont beaucoup partent de Brest et surtout de Lorient, sa ville natale, ce port des Lumières auréolé de la Compagnie des Indes.
19Voyages qui ont donné lieu à des récits : Angleterre en 1788, Finistère en 1794-1795, Suisse et Italie en 1801, Oise en 1803.
20Mais voyages évoqués, et commencés tôt : « J’ai fait le tour du monde » : Hollande, Amérique du Nord, Saint-Domingue où il découvre avec horreur le système colonial, les Indes orientales.
21Voyage dans le passé des civilisations : c’est le grand projet des monuments celtiques, son obsession continue.
22Voyage en utopie : l’île bleue des Fragments du dernier voyage de La Pérouse, 1797.
23Cette passion des voyages chez notre écrivain est un trait fondamental : comme si ses voyages terrestres n’étaient qu’une propédeutique, une initiation au voyage vers la vraie lumière.
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24Vers la lumière : deux sortes d’illuminations pour illustrer cette démarche. La première : la voie d’ici-bas ; la seconde, la voie de l’au-delà. Deux démarches qui témoignent pour cette génération 1780-1800 de ce que j’appellerai une convulsion des Lumières et qui trouve sa source dans le vaste territoire ouvert à l’imagination des âmes pour remplacer la religion traditionnelle par le déisme de ces mêmes Lumières.
Les illuminations d’ici-bas
L’illumination de la raison
25L’homme de Raison : vie privée, vie publique, fondement philosophique de l’homme des Lumières.
26But de son Histoire de l’Imagination : un petit livre de raison dans la somme de nos folies.
27Mais génération qui vit dramatiquement les insuffisances de la Raison : les Lumières s’exacerbent en « illuminisme », comme chez Cambry.
L’illumination du druidisme
28Cambry marqué au signe de l’illumination druidique : religion de la nature, musique des sphères, immortalité de l’âme. Portrait de Cambry en druide.
29Voyage dans le Finistère : les Druides maîtrisaient « jusqu’aux écarts de l’imagination » et dominaient toute « métaphysique » (p. 173).
30Ce que dit Meister dans Correspondance littéraire, 1788 : « Nous savons qu’il est occupé depuis plusieurs années d’un grand ouvrage sur les plus anciens monuments de notre Histoire. »
De deux textes initiatiques (entre autres)
31Dans le Voyage dans le Finistère (p. 89-92), le conte du prince de Léon qui, abandonné sur le rivage, d’éclair en lueur, voit une gigantesque déesse à la ceinture brodée des signes du zodiaque qui le fait mourir pour qu’accompagné de son fils le zéphyr, il s’envole dans les airs jusqu’à l’océan du soleil, « demeure des bienheureux, des sages, des amis de l’humanité ».
32Fragments du dernier voyage de La Pérouse : l’accession dans l’île bleue à son centre où une société primitive, sauvée par la science de quatre Bretons accompagnés d’un musicien de Paris et par l’apprentissage des outils constructeurs, présente aux initiés l’image de la cité idéale6.
Un encyclopédisme initiatique
33Dans les Indes orientales, avant 1788 : à Surate, d’après Mangourit, « il fut initié dans la religion des Brames ».
34Dans Voyage dans le Finistère, « attributs de la Franc-maçonnerie sur un autel du Folgoët » (p. 180)7. Cambry maçon dans la vague des Celtophiles8.
35Même si la Franc-maçonnerie sera le lieu syncrétique, dont l’Académie celtique sera comme me l’écrit mon ami et spécialiste Charles Porset, « le cheval de Troie », Cambry, comme tant d’autres, est saisi d’une véritable fureur initiatique. Magasin encyclopédique, 1809 (p. 54) : « Il s’était fait initier dans tous les mystères des Martinistes, des Swedenborgiens, des Rose-Croix, de toutes les espèces d’illuminés répandus en Europe ».
36Un exemple encore de cet encyclopédisme initiatique en quête de synthèse maçonnique : la signature d’initiales majuscules entrecoupée des trois points et qu’on restitue ainsi de Joseph Lavallée à la cérémonie en l’honneur de Cambry : Grand Frère Souverain Prince Rose-Croix Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir.
Les illuminations de l’au-delà
371. La sépulture : Cambry meurt à Paris le 30 décembre 1807, mois noir, temps des sépultures de lumière, du retrait du soleil. Il sera enterré selon son vœu : son « champ de repos », comme il dit, sera dans le parc de la propriété familiale de Bièvres, dans « un triangle défensif » de gazon formé par des rosiers, des lilas, des arbustes portant ses parfums préférés (Fête funèbre, 1809).
382. L’éloge de l’Académie celtique à son fondateur : il est fait dans son enceinte au Louvre par Michel-Ange de Mangourit le 19 janvier 1808. On retiendra ce moment de la mort soudaine de Cambry en plein travail sur la recherche des origines de la France : « il soupçonna qu’un pays tel que le nôtre n’avait fait que changer de nom, sans perte d’origine ; remontant vers cette source à travers les ténèbres les plus épaisses, il entra dans un pays éclatant de lumière : c’était la tranquille Celtique, habitée par des sages, des héros et des hommes de bien ».
393. Un an plus tard, le 27 janvier 1809, l’apothéose maçonnique « en mémoire du R. Commandeur-fondateur Jacques de Cambry » : étudions le cadre, le cérémonial, la thématique de cette « fête funèbre » qui à travers le héros consacre la parenté de l’Académie celtique et de la maçonnerie.
40Le cadre : la loge maçonnique des Commandeurs du Mont-Thabor, du nom de l’hospice des Alpes, en référence à la montagne de la Transfiguration. Affiliée au Grand Orient de France, elle fonctionne en autonomie à la fois pour les hauts grades comme celui de Commandeur et le « rit » qui est dit « écossais philosophique » par référence au monde celtique et aux hommes des Lumières. Officiellement fondée le 6 novembre 1808 par Mangourit, elle a été portée à sa « clé de voûte » par Cambry comme le marque le titre de la relation. Le temple est situé place du Palais de justice à Paris. Habitué aux réunions de lumière à midi, il est aujourd’hui en deuil pour l’anniversaire d’une mort dont les circonstances feront une « fête funèbre ».
41Le cérémonial : paroles et musique. Discours d’ouverture par J. Lavallée, Vénérable en exercice. Stances funèbres : paroles, musique, chants accompagnés de la harpe. Éloge funèbre, qui est le morceau de bravoure, de Mangourit, orateur. Stances funèbres, paroles et musique. Chant funèbre, paroles et musique : chœur, récitatif, air, chœur, air, coryphée, l’ange de la mort avec bruit de tonnerre, coryphée, chœur, récitatif, duo, chœur.
42La thématique de la partie musicale : elle vient après le discours d’ouverture pour succéder à l’éloge de Mangourit sous forme de stances. Se déploie alors pour terminer tout un chant funèbre qui a la forme d’un oratorio. Encadré par le lamento du début « Pleurons, enfants de la lumière » et le lamento final « Pleure, Patrie... Hymen, pleurez... Talents, pleurez », l’ensemble interpelle le destin pour célébrer l’immortalité du héros.
43La thématique de l’éloge funèbre : à « la pompe du cœur » souhaitée par Cambry pour redonner leur sens aux funérailles, l’orateur de la fête funèbre répond par la pompe du style. L’orateur est le grand-prêtre de la même religion que le héros célébré : grand-prêtre du syncrétisme religieux, il se présente, je syncrétise, comme un druide d’Égypte qui s’épanouit au déisme des Lumières. Tout son discours, qui s’étend dans l’imprimé sur 38 pages, développe l’ascension à travers des ténèbres vers la lumière. Mais la destinée portait la victoire. Celle-ci était déjà inscrite dans le cadre favorisé de l’enfance et de la jeunesse : c’est là que le héros fut « électrisé » à la passion des voyages. Ni l’épreuve de la Révolution, ni les violentes attaques dont il sera l’objet n’ont ralenti sa marche à la gloire, bien au contraire. C’est au moment d’entrer au Sénat présenté par son département du Morbihan que la mort frappe Cambry mais pour le faire entrer dans une autre gloire, une gloire impérissable. Car son œuvre et son action d’homme des Lumières au service de la lumière du cœur en font le « parfait élu ». Comme le prince de son conte il a perdu « sa terrestre enveloppe » pour, selon le dernier vers du chant final, plonger « dans l’océan de l’immortalité ».
44Si donc, une fois encore, et plus que jamais, ces voyages au loin dans l’espace et dans le temps n’étaient qu’un voyage au fond de soi, au fond de l’Histoire ? Écoutons à notre tour cette strophe du Chant funèbre à l’adresse de Cambry :
Aux nocturnes clartés des célestes flambeaux
Le Druide, peut-être, ennemi du repos,
Dans la sombre épaisseur de ses forêts antiques,
Des Celtes te redit les immenses travaux :
Ou bien, foulant le sol des peuples armoriques,
D’un œil religieux cherches-tu leurs tombeaux !
45Dans sa sépulture de lumière le voyageur entend-il enfin la parole confirmant la maçonnerie originelle et voit-il de ses yeux ouverts à l’éternel les monuments témoignant de sa quête ? D’où nous sommes venus : éternelle question. Mais si les initiés du Mont-Thabor, ces « enfants de la lumière », ont ainsi célébré Cambry, c’est qu’il fut d’abord, et pleinement, un homme des Lumières. Mais mieux que le prince de son conte il a recherché la lumière primitive pour qu’à travers ses successeurs elle participe aussi à la construction du Nouveau monde providentiellement ouvert par l’Histoire9.
Notes de bas de page
1Correspondance de Voltaire, édition Bestermann, D 20196.
2Nous renvoyons à l’édition de Dany Guillou-Beuzit, Quimper, Société archéologique du Finistère, 1999.
3Voir le Voyage pittoresque en Suisse et en Italie. Non seulement Cambry et le duc de Saxe se rencontrèrent mais ils s’écrivirent : à quand des recherches sur la correspondance de Cambry ? Rappelons aussi cette confidence de Cambry, témoignant de ses relations philosophiques, à propos de ses vers cités devant lui « chez d’Alembert en présence de d’Argental, Condorcet, Chamfort, La Rochefoucault, Tressan… ».
4Édit. D. Guillou-Beuzit, p. XXII, avec cette note accompagnant l’épigramme : « Il avait toujours le mot de raison à la bouche dont il traînait l’r d’une manière ridicule. »
5Sont proposés en sept langues (dont le breton) 1 329 mots avec le chiffrant et le déchiffrant suffisant à celui qui possède une langue pour se faire entendre de six autres !
6Fragment qui constitue un tout, édité à Quimper en 1797, et que J. Gury attribue avec force raisons à Cambry. D. Guillou-Beuzit y ajoute ses arguments (p. XXVI). Complétons, pour notre part, par ce passage de Mangourit dans son Discours funèbre à propos de Cambry : « soit qu’il transporte une société choisie dans des régions enchantées par sa baguette ».
7Même si ce n’est pas une preuve : il s’agirait pour C. Porset d’une mise en scène d’un seigneur pour impressionner ses vassaux.
8Le vers du chant funèbre « Talents, pleurez l’enfant des neuf Sœurs » renvoie évidemment aux Muses, mais si l’on sous-entend le nom de la loge qui reçut Voltaire, on peut se demander si ce n’est pas là un signe de l’initiation maçonnique de Cambry. En réalité, on ne sait rien de la date et des circonstances de son initiation. Ce qu’on peut affirmer, c’est combien dans le cadre de la Société philotechnique et de l’entourage de Mangourit qui, à Rennes, dès 1766, fondait le Souverain Conseil des Sublimes Élus de la Vérité, la Franc-maçonnerie recrute et recrutera.
9On ne s’étonnera pas que le dernier et grand ouvrage de Cambry, Les Monuments celtiques soit dédié à l’empereur qui pour les initiés de l’Académie celtique apparaît comme un miracle de l’Histoire.
Auteur
-
Jean Balcou
Professeur émérite en littérature française, CRBC, UBO
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