Philippe Fénelon. Quatuor à cordes n° 3
Commande du Festival d’Automne à Paris, à l’occasion de la vingtième édition, 1991
p. 139
Texte intégral
1L’hommage réciproque de Maderna et de Berio avait suscité l’écriture d’une pièce pour violoncelle seul, Dédicace (1982), suivie de celle d’un quatuor à cordes, Per archi (1983). Dans ces pièces, qui utilisent d’une façon très libre les matériaux des quatuors des deux compositeurs, j’avais essayé de créer une rupture avec la rigidité sérielle, typique des œuvres du milieu des années 50, en faisant alterner des structures rigoureusement écrites avec des grandes parenthèses aléatoires.
2(…)
3Le Quatuor à cordes n° 3 est une réécriture de Per archi (œuvre que je ne voulais pas laisser dans son premier « état »), et sa réorganisation est totale. De ce fait, les données des œuvres de Maderna et de Berio sont encore plus bouleversées, mais cette distance qui sépare des esthétiques si différentes laisse supposer, malgré tout, une certaine filiation dans ces trois quatuors. Il persiste, même fragmentairement, un travail important sur la mémoire, et cette « déviation provoquée » rend ainsi les compositeurs complices d’une histoire.
4(…)
5Philippe Fénelon, lettre à M. B., Barcelone, mai 1991.
Auteur
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