Entretien avec Vinko Globokar*
p. 339-344
Extrait
1– Il existe, chez Holliger comme chez vous, une double approche possible : celle de l’interprète, qui par sa maîtrise représente en quelque sorte son instrument et reçoit l’approbation publique, et celle du compositeur qui va constamment aux limites de l’écriture et de l’expression, au risque de susciter une certaine méfiance…
2Je crois que Holliger, du fait qu’il est interprète et compositeur, est dans une situation un peu schizophrénique : lorsqu’il joue, l’esthétique du beau est complètement présente chez lui – et cela lui permet d’ailleurs de conquérir le cœur de son public ; mais en tant que compositeur, j’ai l’impression qu’il s’autodétruit, c’est-à-dire qu’il essaie de détruire cette image de l’interprète poli. Prenez par exemple une pièce comme Kreis : les sept instrumentistes sont disposés en cercle ; dans certains passages, ils jouent leurs propres instruments, et dans d’autres des instruments qu’on leur met dans les mains et qu’ils ne savent pas jouer. L’instrumenti
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