Génération 2017… des parcours professionnels marqués par la crise sanitaire de 2020
p. 7-28
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Mots-clés : enquête Génération, crise sanitaire, emploi des jeunes, chômage des jeunes, cheminement professionnel, relation formation-emploi
Keywords : Génération survey, sanitary crisis, youth employment, youth unemployment, occupational paths, relationship between training and employment
Texte intégral
Introduction
1Au début de l’année 2020, le monde a vu la diffusion rapide d’un nouveau virus qui a entraîné, selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 263 millions de contaminations et plus de 5 millions de décès1 (Soares & Berg, 2022). En France, en mars‑avril 2020, un surcroît de 27 000 décès (+ 27 %) est survenu, toutes causes confondues, par rapport à la même période en 2019, essentiellement en raison de la surmortalité provoquée par ce virus (Barhoumi et al., 2020). Les mesures de confinement entraînées par la crise du COVID-19 ont eu de fortes répercussions sur le plan économique. Le premier confinement imposé à partir du 17 mars 2020 a constitué un moment de bascule, à la fois collectif et individuel (Cardon et al., 2023). En France, comme dans la plupart des pays, le gouvernement a adopté des mesures exceptionnelles marquées par différentes formes de restrictions et de contraintes inédites (Bidart et al., 2023) conduisant à une réduction ou à l’arrêt des activités dans de nombreux secteurs, notamment dans ceux de l’hôtellerie et restauration, du tourisme, des activités culturelles, des services aux ménages et aux entreprises, du transport… Ainsi, 700 000 emplois ont été détruits au 1er semestre 2020 (Barhoumi et al., 2020). Les individus en emploi ont donc été confrontés, selon les cas, à une interruption ou à une réduction de leur activité, à une mise au chômage partiel ; au contraire, pour celles et ceux exerçant des emplois dits de première et de deuxième ligne, le temps de travail a pu rester stable ou augmenter. Enfin, quand le travail a pu se poursuivre à distance, la mise en place du télétravail a représenté un gain de temps de transport, mais estompé la frontière entre les domaines privé et professionnel (Pailhé et al., 2022). Plusieurs recherches ont montré combien la crise du COVID-19 a accentué les inégalités déjà existantes (Bidart et al., 2023) car, si elle a eu un impact énorme sur les économies du monde entier (Verick et al., 2022), les retombées de la pandémie sur le marché du travail ont été extrêmement variables selon les pays et selon les populations : elles ont particulièrement affecté les travailleurs et travailleuses déjà fragilisé·es sur le plan professionnel, les moins diplômé·es, les femmes et les jeunes (Soares & Berg, 2022). C’est à cette dernière catégorie que va s’intéresser cet article, et ce, en deux temps.
2Nous verrons dans la première partie, dans quelle mesure des jeunes entré·es récemment sur le marché du travail ont été impacté·es par la crise sanitaire : quelles ont été les conséquences de cette crise sur leur taux de chômage (1.1) et, pour celles et ceux qui étaient en emploi, sur leurs conditions de travail ? (1.2). Nous identifierons également les profils des jeunes concerné·es par la perte de leur emploi au cours de cette période (1.3). Dans la seconde partie, nous nous intéresserons à celles et ceux qui, en emploi à la veille du premier confinement, ont continué à l’occuper pendant la crise sanitaire. Nous verrons selon le type d’emploi et le secteur d’activité (2.1), comment se sont modifiées leurs conditions de travail et comment ont été vécues ces modifications (2.2 et 2.3).
1. L’impact du premier confinement sur l’activité des jeunes
1.1. Un rebond immédiat du chômage
3Pour les jeunes qui étaient entré·es sur le marché du travail trois ans auparavant, cette crise a un effet immédiat sur l’accès à l’emploi : dès le mois de mars, un rebond du taux de chômage intervient pour l’ensemble de la Génération 2017, quel que soit le niveau de sortie : entre mars et mai 2020, ce taux augmente de 3 points en moyenne (graphique 1). Pour autant, cet impact est resté relativement contenu du fait d’une politique de compensation déployée par l’État. En effet, pour atténuer le choc d’activité sur les entreprises, des mesures ont été mises en place par le gouvernement, avec notamment des moratoires sur la dette, des reports fiscaux, etc. (Demmou et al., 2022), ainsi qu’une extension inédite dans son ampleur du dispositif de chômage partiel (Jugnot & Vignale, 2022). Ces mesures d’activité partielle ont ainsi protégé les contrats de travail des salarié·es des entreprises dont l’activité a été interrompue ou réduite, même pour celles et ceux entré·es depuis peu dans l’entreprise (DEPP, 2021).
Graphique 1 ● Évolution du taux de chômage au cours des trois premières années de vie active

Lecture : en mai 2020, 21 % de l’ensemble de la Génération 2017 étaient au chômage, c’était le cas de 54 % des jeunes sorti·es du système scolaire sans diplôme et de 9 % des diplômé·es de l’enseignement supérieur long.
Champ : jeunes sorti·es du système éducatif en 2017.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
1.2. Une variation très inégale du volume de travail
4Afin de mesurer l’impact de l’arrivée de la crise sanitaire du COVID-19 sur les modalités d’emploi, les jeunes de la Génération 2017 ont été interrogé·es sur la variation de leur volume de travail pendant le premier confinement. Celui-ci a pu rester inchangé, augmenter, diminuer, voire disparaître. Cette question, posée à celles et ceux qui étaient en emploi en mars 2020, permet de connaître non seulement les potentielles modifications de leurs conditions de travail, mais aussi leur éventuel retrait de l’activité professionnelle au cours de cette période. En effet, la diminution ou la cessation du travail ont pu s’inscrire dans le cadre d’un contrat de travail inchangé, d’un placement en activité partielle, d’une diminution de la quotité de travail pour les non-salariés ou d’une raréfaction, voire une absence, de missions d’intérim. Elle peut donc agir à la fois sur les conditions de travail – en créant une surcharge ou, inversement, un moment de « souplesse » – mais aussi sur l’emploi lui-même – avec la perte ou l’arrivée de nouveaux clients, d’employeurs occasionnels, la modification des revenus, etc.
5Parmi les jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi en mars 2020, 30 % déclarent avoir travaillé pendant le premier confinement autant qu’avant, 21 % plus qu’avant, 22 % moins qu’avant et 27 % n’avoir pas travaillé du tout (graphique 2). Ce volume du travail a varié de façon très différenciée selon le niveau de diplôme : par exemple, s’il est resté inchangé pour seulement 24 % des non-diplômé·es, cela a été le cas pour 38 % des diplômé·es du supérieur long. Au total, ce sont six non-diplômé·es sur dix qui ont moins ou n’ont plus du tout travaillé, contre un peu plus de trois diplômé·es du supérieur long sur dix.
Graphique 2 ● Variation du volume de travail durant le premier confinement selon le niveau de sortie, parmi les jeunes en emploi en mars 2020

Lecture : parmi les jeunes sorti·es sans diplôme du système scolaire en 2017 et qui occupaient un emploi en mars 2020, 42 % n’ont pas du tout travaillé pendant le premier confinement.
Champ : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
6Ce lien s’explique en partie par les types d’emplois occupés et surtout les secteurs d’activité dans lesquels ils sont exercés. Dans ce contexte de pandémie, des différences y apparaissent en effet très nettement : les jeunes exerçant dans les activités de santé humaine déclarent fréquemment une augmentation du volume de travail tandis que celles et ceux exerçant dans les domaines de l’hébergement-restauration ou des arts et spectacles ont été les plus touché·es par une interruption totale du travail durant le premier confinement (graphique 3).
Graphique 3 ● Variation du volume de travail durant le premier confinement selon le secteur d’activité, parmi les jeunes en emploi en mars 2020

Lecture : parmi les jeunes sorti·es du système scolaire en 2017 qui occupaient un emploi en mars 2020, 15 % de celles et ceux officiant dans l’industrie agroalimentaire ont complètement cessé de travailler pendant le premier confinement.
Champ : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017 en emploi en mars 2020.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
1.3. Ces jeunes qui ont quitté leur emploi pendant ou après le premier confinement
7Entre le début du premier confinement et la date d’interrogation (entre septembre 2020 et mars 2021), 37 % des jeunes ont quitté l’emploi qu’iels occupaient en mars 2020. Cette proportion varie considérablement selon le bagage scolaire qu’iels possédaient avant leur entrée sur le marché du travail : elle s’élève à 59 % pour les non-diplômé·es contre 20 % chez les diplômé·es de l’enseignement supérieur long (tableau 1).
Tableau 1 ● Évolution de la situation d’emploi entre mars 2020 et la date d’interrogation

Lecture : parmi les jeunes sorti·es en 2017 et qui étaient en emploi en mars 2020, 59 % des non-diplômé.es ont quitté cet emploi entre mars 2020 et la date de l’interrogation. Parmi celles et ceux-ci, 60 % occupaient à nouveau un emploi en octobre 2020.
Champ (1) : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi en mars 2020.
Champ (2) : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi en mars 2020 et l’ayant quitté ensuite.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
8Parmi ces 37 %, la grande majorité occupait, lors de l’interrogation, un nouvel emploi (72 %) tandis que 20 % étaient au chômage ; là encore, des variations s’observent entre niveaux de diplômes (tableau 1).
9Une première régression logistique binomiale (annexe 6) a été exécutée sur le champ des jeunes qui occupaient un emploi au début du confinement en mars 2020 ainsi qu’à la date d’interrogation, pour estimer les probabilités d’avoir changé d’emploi au cours de cette période. Elle montre une moindre tendance à la mobilité des femmes (par rapport aux hommes), des cadres (par rapport aux autres PCS) ainsi que des personnes occupant un EDI au début du confinement (par rapport à celles ayant tout autre type d’emploi). Les jeunes qui travaillaient dans le secteur public au début du confinement, ou qui ont connu un accroissement de leur volume de travail pendant le confinement, sans expérience du chômage partiel, ont également eu davantage de chances de rester dans le même emploi pendant les mois suivants, jusqu’à la date d’interrogation.
10Une seconde régression (annexe 6) estime les probabilités de ne plus occuper d’emploi à la date d’interrogation, parmi les jeunes qui en occupaient un en mars 2020. Elle montre que les femmes ont été plus concernées par la perte de leur emploi que les hommes, dans les mois ayant suivi le premier confinement. Il en va de même pour les jeunes sortis sans diplôme du système éducatif trois ans plus tôt, les jeunes qui travaillaient dans le secteur de l’hébergement restauration ou encore celles et ceux qui ont connu, pendant le confinement, le chômage partiel ou une modification de leur volume de travail. Inversement, les jeunes qui travaillaient en mars 2020 dans le secteur public, en EDI ou en tant que cadre ont plus souvent conservé leur emploi.
2. Un bouleversement des conditions de travail pendant le premier confinement
11En mars 2020, à la veille du premier confinement en France, 70 % des jeunes sorti·es du système scolaire en 2017 étaient en emploi. Parmi elles et eux, 63 % ont gardé ce même emploi jusqu’à la date de l’enquête. C’est à cette sous-population que nous allons maintenant nous intéresser.
12Selon leur bagage scolaire, mais aussi selon leur type d’emploi et leur secteur d’activité, l’impact de la crise sanitaire n’a pas été le même ; si la plupart de ces jeunes a connu des modifications effectives de leur activité, les modalités d’emploi ainsi que le ressenti des conditions de travail n’ont pas été uniformément bouleversées.
13Pour appréhender l’ensemble de ces dimensions, nous décrirons dans un premier temps, les modifications qu’ont pu subir les conditions de travail des jeunes qui étaient en emploi durant toute la période du premier confinement (2.1). Nous analyserons ensuite une typologie retraçant les différents types d’expériences vécues par ces jeunes (2.2). Pour compléter ce tableau descriptif, une série de régressions logistiques a été exécutée pour comprendre et confirmer les liens entre les différentes modifications de l’activité et, in fine, leur effet sur le risque de dégradation des conditions de travail (2.3).
2.1. L’impact du confinement sur les conditions de travail
Un impact variable selon le capital scolaire des jeunes
14Globalement, l’usage du télétravail pendant le confinement augmente considérablement avec le niveau de diplôme : c’est seulement 6 % des non-diplômé·es contre 77 % des diplômé·es de bac+5 et plus qui ont pu y avoir recours (tableau 2). Cependant, les diplômé·es de l’enseignement supérieur ne sont pas tous et toutes logé·es à la même enseigne : les sortant·es des spécialités industrielles, scientifiques et techniques y ont eu moins souvent accès que leurs homologues des spécialités tertiaires ou des lettres et sciences humaines ; de même, assez logiquement, les diplômé·es du secteur de la santé, en particulier au niveau doctorat, en ont fait très peu usage relativement aux autres diplômé·es de niveau comparable (Épiphane, Merlin & Wierup, 2023).
15Pour les jeunes occupant un emploi salarié, l’obligation faite par l’employeur de prendre des congés payés s’est particulièrement manifestée auprès des diplômé·es de l’enseignement supérieur long, en particulier des écoles d’ingénieurs ou de commerce. Supposé répondre à un besoin similaire, à savoir une baisse de l’activité constatée par l’organisme employeur, le placement en activité partielle a concerné en revanche au premier chef, les jeunes les moins diplômé·es. En conséquence, ce sont les mêmes qui ont le plus souvent déclaré avoir subi une baisse de revenus2 pendant le premier confinement. Moins concerné·es par une réduction de leur activité et/ou une baisse de leurs revenus, les jeunes diplômé·es de l’enseignement supérieur ont pourtant, plus que les autres, déclaré avoir ressenti une dégradation de leurs conditions de travail (tableau 2).
Tableau 2 ● Impact du premier confinement sur le travail, selon le plus haut diplôme

Lecture : parmi les jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, qui étaient en emploi en mars 2020 et pendant le premier confinement, 6 % des non-diplômé·es ont pratiqué le télétravail.
Champ (colonne 1 à 4) : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi en mars 2020 et ayant continué de travailler pendant le premier confinement.
Champ (colonne 5) : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, occupant lors de l’enquête le même emploi qu’en mars 2020.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Un impact variable selon le type d’emploi occupé
16En examinant ces mêmes variables en fonction cette fois du genre et des caractéristiques de l’emploi occupé en mars 2020, des liens plus nets encore se dessinent, avec notamment, la pratique très inégalement répartie du télétravail en fonction de la catégorie socioprofessionnelle : 79 % des cadres ont télétravaillé alors que c’est le cas de seulement 16 % des employé·es et 2 % des ouvrier·es.
17Si les femmes semblent avoir plus télétravaillé que les hommes, ces derniers ont légèrement plus souvent fait l’expérience des congés imposés, du chômage partiel et de la baisse des revenus. En revanche, elles sont nettement plus nombreuses à déclarer une dégradation de leurs conditions de travail et les deux secteurs d’activité qui se distinguent particulièrement comme étant ceux où ces conditions ont été le plus dégradées – ceux de la santé humaine et de l’enseignement – sont aussi ceux, où les femmes sont particulièrement présentes.
18Ces variations sont donc essentiellement dues aux différents types d’activité, de professions et de secteurs dans lesquels les jeunes travaillaient. C’est ce à quoi nous allons maintenant nous intéresser en regardant comment, et avec quelle ampleur, se sont modifiées les conditions de travail selon les différents types d’activité.
2.2. Des expériences professionnelles très différentes pendant la crise sanitaire
19Les jeunes qui occupaient un emploi en mars 2020 et qui ont continué à travailler pendant le premier confinement ont donc connu des expériences très diverses. Si certain·es ont fait partie des travailleurs et travailleuses de « première ligne » et ont dû, malgré le confinement généralisé, continuer d’exercer leur activité en présentiel, d’autres ont été, au contraire, contraint·es d’assurer leurs tâches à distance, avec ou sans modification de leur charge de travail. Selon les situations, ces jeunes ont donc vécu plus ou moins facilement cette période et ont déclaré plus ou moins fréquemment une détérioration de leurs conditions de travail. À partir d’une série d’indicateurs, plusieurs types de situations peuvent être déclinés (cf. encadré méthodologique).
Les travailleurs et travailleuses du « front » : une activité en présentiel assortie d’une augmentation du volume de travail (classe 1)
20Ce premier groupe rassemble 20 % des jeunes concerné·es par l’analyse. Ces travailleurs et travailleuses ont exercé leur activité exclusivement en présentiel et ont donc été, physiquement, exposé·es au virus ou à ses conséquences, tout en travaillant davantage qu’en temps normal. En effet, la plupart (70 %) ont connu, pendant ce premier confinement, une augmentation du volume de travail. Il s’agit, de loin, du groupe qui a été le plus impacté par une détérioration des conditions de travail (73 %). On retrouve dans ce groupe les salarié·es de « 1re et 2e ligne » assurant souvent des « missions essentielles », selon les expressions employées dans le débat public à ce moment-là. Ainsi, les jeunes exerçant dans le secteur de la santé y sont largement surreprésenté·es (représentant 33 % de cette classe versus seulement 13 % de l’ensemble des jeunes concerné·es par la typologie) ainsi que, dans une moindre mesure, le secteur du commerce. Il s’agit principalement d’employé·es, dont les contrats de travail à durée déterminée (EDD) sont plus fréquents que dans l’ensemble.
21Ce groupe rassemble une majorité de femmes et des jeunes les moins diplômé·es ; plus on est doté scolairement, plus la probabilité d’y figurer est mince. Une exception cependant : les diplômé·es du secteur de la santé, qui, même au niveau doctorat y sont surreprésenté·es. Néanmoins, ce sont surtout les professionnel·les de santé de niveau bac+2 à bac+4 qui sont fortement concerné·es par ces conditions de travail (trois fois plus que la moyenne).
Des télétravailleurs et télétravailleuses surchargé·es (classe 2)
22Cette classe rassemble 16 % des jeunes. La majorité a également connu une augmentation du volume de travail (62 %). À l’instar de la classe précédente, ces jeunes ont travaillé plus que d’habitude et n’ont connu ni chômage partiel, ni congés imposés, ni baisse de revenus. En revanche, une chose les distingue : le télétravail, qui les a tous et toutes concerné·es.
23Ces jeunes ont été particulièrement sujet·tes à une dégradation des conditions de travail, puisque 69 % l’ont déclarée. Bien que protégé·es physiquement et financièrement, l’accroissement de leur volume de travail a pu engendrer un sentiment de surcharge, en particulier quand il était assorti, pendant cette période, d’une augmentation du travail domestique. En effet, dans ce groupe, les femmes sont surreprésentées et l’on sait que l’essentiel du travail domestique a continué d’être assuré principalement par elles (Barhoumi et al., 2020). Globalement, le confinement n’a pas redéfini les rôles de genre au sein des couples, la répartition des tâches s’est révélée inégalitaire et la pandémie, loin d’avoir été un accélérateur de convergence entre les sexes, a vu au contraire les inégalités entre les sexes s’y maintenir, voire augmenter (Champeaux & Marchetta, 2022 ; Charlap, 2021 ; Pailhé et al., 2022).
24La détérioration exprimée peut aussi potentiellement s’expliquer chez certain·es par un mauvais équipement nécessaire au travail à distance. En effet, dans certains secteurs, comme celui de l’enseignement, ce premier confinement a profondément déstabilisé bon nombre d’enseignant·es, dont la plupart ont été contraint.es, du jour au lendemain, de transformer leurs pratiques pédagogiques et de s’approprier des outils numériques qu’iels n’utilisaient pas jusqu’alors (Poullaouec, 2021 ; Chauvel et al., 2021). Il s’avère en effet que le secteur de l’enseignement y est fortement représenté (16 % contre 5 % en moyenne). Viennent ensuite d’autres activités tertiaires comme les activités juridiques et comptables ou autres activités de services, ainsi que l’information et la communication.
25On retrouve ici les jeunes issu·es d’un milieu social favorisé – quasiment la moitié a au moins un parent cadre, contre à peine un tiers de l’ensemble – ainsi que les plus diplômé·es. Par voie de conséquence, les cadres sont particulièrement présent·es dans ce groupe (annexe 3).
Des travailleurs et travailleuses « non confiné·es » au travail inchangé (classe 3)
26Dans cette classe qui regroupe 14 % de notre population, le volume de travail est resté inchangé pendant le premier confinement pour huit jeunes sur dix. Leurs revenus ont été globalement préservés, de même que leurs congés. Le chômage partiel est resté rare et le télétravail inexistant. Finalement, on retrouve ici des jeunes qui ont travaillé pendant le premier confinement, comme si rien n’avait changé.
27Bien qu’ayant été physiquement exposé·es à la pandémie, ces jeunes ne se déclarent pas concerné·es par une dégradation de leurs conditions de travail (seulement 3 %). Sont ici particulièrement représentés, les secteurs de l’agroalimentaire, de l’administration publique, du commerce et des transports. Dans cette classe, comme dans la première, les emplois à durée déterminée (EDD) sont légèrement plus fréquents que dans l’ensemble.
28Surtout, cette classe est caractérisée par une forte présence et surreprésentation des employé·es (34 % versus 23 %) et plus encore, des ouvriers (32 % versus 13 %). Ce sont en effet les niveaux de diplôme les moins élevés, en l’occurrence inférieur ou égal au baccalauréat, qui sont les plus représentés dans ce groupe. L’origine sociale y est également moins favorisée : seul·es 24 % des jeunes de cette classe ont au moins un parent cadre, contre 35 % dans la moyenne des six classes. Dans ce groupe, les hommes sont largement plus présents que les femmes.
Des télétravailleurs et télétravailleuses aux conditions de travail et d’emploi protégées (classe 4)
29Dans cette classe figurent 13 % des jeunes dont à nouveau, huit sur dix ont vu leur quantité de travail rester identique et aucun ne l’a vu augmenter. Leurs revenus, comme leurs congés, ont été préservés et le chômage partiel est resté marginal. À la différence de la classe précédente, ces jeunes ont tout de même connu, pendant ce confinement, un changement notable dans l’exercice de leur activité, avec une expérience généralisée du télétravail. Ces jeunes ont été physiquement et financièrement protégé·es, sans connaître de surcharge de travail et leurs conditions de travail semblent avoir été préservées, puisqu’aucun·e ne fait état de leur dégradation. Au sein de ce groupe, les cadres, les hommes et les personnes issues d’un milieu socio-économique favorisé sont surreprésentés.
30On trouve ici essentiellement des secteurs de services comme l’information et la communication, les activités juridiques ou comptables, d’architecture ou d’ingénierie, mais aussi, de l’enseignement. On voit donc que tous les salarié·es de ce dernier secteur n’ont pas traversé le premier confinement dans les mêmes conditions. Le fait d’être enseignant·e dans le premier ou second degré, dans le supérieur, tout comme le fait d’être ou non en charge d’élèves, de faire partie du personnel administratif ou de recherche n’a pas mis les individus face aux mêmes exigences et surcharge de travail. À noter aussi que dans cette classe, qui apparaît comme particulièrement protégée des effets immédiats de la pandémie, le secteur d’emploi public n’y est pas plus représenté que dans la moyenne des six classes.
Une baisse de l’activité et des revenus (classe 5)
31Cette classe rassemble 20 % des jeunes, dont la grande majorité (83 %) a connu une baisse d’activité via une mise au chômage partiel (87 %). En dépit de ce dispositif de soutien, et bien que le télétravail ait été répandu (48 %), plus des deux tiers des jeunes de cette classe ont vu leurs revenus baisser durant cette période et un tiers a fait l’expérience des congés imposés. Le premier confinement a donc engendré un véritable bouleversement dans leurs modalités de travail, ainsi que de leurs conditions d’emploi que l’on peut qualifier d’objectivement dégradées (baisse des revenus et perte de congés) ; d’ailleurs plus d’un tiers de ces jeunes a déclaré avoir ressenti une dégradation de leurs conditions de travail sur cette période.
32Cette classe rassemble essentiellement des jeunes exerçant dans le secteur d’emploi privé (97 %), souvent en emploi à durée indéterminée, avec davantage d’ouvriers qu’en moyenne et, dans une moindre mesure, de professions intermédiaires. Elle concerne également plus spécifiquement les jeunes en emploi non salarié, qui sont deux fois plus présent·es dans ce groupe que dans l’ensemble. Le secteur de l’hôtellerie-restauration est ici fortement présent, de même que les secteurs d’activité industrielle comme la fabrication d’équipements ou la construction. D’autres secteurs comme celui des activités de soutien administratif aux entreprises ou celui des arts et spectacles ont été également exposés à ces baisses de revenus.
33Les hommes sont surreprésentés dans ce groupe ainsi que les titulaires de diplômes de la voie professionnelle et notamment, des spécialités de formation industrielles ou techniques.
Les congés imposés et du télétravail (classe 6)
34Rassemblant 18 % des individus, cette classe se caractérise essentiellement par les congés imposés, dont la quasi-totalité (98 %) des jeunes a fait l’expérience. Un peu moins de la moitié des jeunes de la classe déclare une dégradation des conditions de travail, soit légèrement plus que dans l’ensemble (45 % versus 41 %).
35Pour une majorité des jeunes de cette classe, ces congés ont été imposés par l’employeur sans que la quantité de travail ait diminué : ainsi 53 % déclarent que leur volume d’activité n’a pas changé et 26 % mentionnent même qu’il a augmenté. En outre, cette imposition de jours de congé n’a pas été systématiquement assortie d’un recours au chômage partiel, puisque ce dispositif a été mobilisé pour seulement 21 % des jeunes de cette classe. Dans ce contexte, le recours par l’employeur aux congés imposés ne paraît pas avoir été, dans tous les cas, sous-tendu par une baisse d’activité. Ainsi, pour les salarié·es, involontairement confiné·es à domicile avec la même quantité de travail, il a pu alors être vécu comme une double peine.
36Ici se trouvent plus de cadres qu’en moyenne (45 % versus 31 %), exerçant pour beaucoup dans le secteur tertiaire (information communication ; activités financières, d’assurance et immobilières ; activités juridiques et comptables ; architecture et ingénierie) mais aussi dans la fabrication d’équipements industriels. L’administration publique est également un secteur particulièrement représenté. Les diplômé·es d’école de commerce ou d’ingénieurs ainsi que de master dans les spécialités littéraires ou tertiaires y sont surreprésenté·es.
2.3. Quels déterminants de ces bouleversements ?
37Dans l’ensemble, les femmes sont surreprésentées dans les groupes ayant le plus souvent déclaré une dégradation de leurs conditions de travail : celui du « travail du front » mais surtout dans celui du « télétravail et surcharge ». Les hommes, quant à eux, sont surtout présents dans la classe du « travail non confiné », dans celle du « télétravail protégé » mais aussi dans celle ayant connu une « baisse des revenus liée à une baisse d’activité ». Les jeunes d’origine modeste sont, étant donné leur niveau de formation moins élevé et les emplois qu’iels occupent, surreprésenté·es dans les deux classes où les activités se sont exercées en présentiel ; a contrario, les jeunes d’origines sociales plus aisées ont plus souvent été soumis·es au télétravail, que celui-ci ait été ou non assorti d’une augmentation du volume de travail. La dégradation ressentie des conditions de travail apparaît fortement liée à l’augmentation du volume de travail, au fait d’avoir vu ses revenus baisser ainsi que s’être vu imposer un chômage partiel. Et si le secteur privé est quasiment le seul à avoir été concerné par une dégradation des revenus, le secteur public quant à lui est surreprésenté dans les groupes où s’exprime plus qu’ailleurs une dégradation des conditions de travail ; c’est également dans le public que les salarié·es se sont vu·es davantage dans l’obligation de poser des congés.
38Les liens entre les variables actives constitutives de cette typologie, mais aussi la pertinence des variables illustratives (secteur d’activité, PCS, etc.) sont confirmés en modélisant la probabilité de connaître les différents types de modalités. Si le volume du travail est fortement corrélé avec le secteur d’activité, la PCS et le type de contrat de travail, les congés imposés et la baisse des revenus sont quant à eux, assez logiquement, fortement liés au fait d’avoir connu une baisse du volume de travail et/ou le chômage partiel, lui-même fortement lié au secteur d’activité. Ce dernier a également un fort impact sur la probabilité d’avoir été en télétravail, tout comme le niveau de diplôme, les diplômé·es du supérieur long télétravaillant bien plus que les diplômé·es du secondaire ou les non-diplômé·es.
39Pour expliquer la dégradation ressentie des conditions de travail, le niveau de diplôme joue finalement très peu lorsque l’on compare des individus exerçant dans des emplois similaires. Deux secteurs d’activité apparaissent particulièrement exposés à la dégradation des conditions de travail : l’enseignement et les activités relatives à la santé humaine. Le premier renvoie au bouleversement total et soudain des modalités du travail expérimentées par les enseignant·es ; le second confirme la situation spécifique, particulièrement en ce début de crise sanitaire, des jeunes soignant·es, par rapport à leurs homologues entré·es la même année sur le marché du travail dans d’autres domaines. En effet, les modifications des modalités du travail ont considérablement influencé la dégradation ressentie. Le modèle estimant la probabilité d’avoir ressenti une telle dégradation (annexe 8), fait ressortir le caractère protecteur du télétravail et du chômage partiel, puisqu’ils diminuent tous les deux la probabilité d’avoir ressenti une dégradation des conditions de travail lors du premier confinement. A contrario, avoir connu des congés imposés, une augmentation du volume de travail ou une baisse de salaire augmente fortement cette probabilité. L’augmentation de la quantité du travail et le recours aux congés imposés ont plus particulièrement concerné les jeunes cadres ; cela explique sans doute que ces dernier·es aient davantage ressenti une dégradation de leurs conditions de travail par rapport aux ouvrier·es, employé·es ou professions intermédiaires. Enfin, et toujours en contrôlant le secteur d’activité, le niveau de diplôme et la modification des modalités du travail, les femmes ont plus souvent déclaré que les hommes une dégradation de leurs conditions de travail.
Conclusion
40Classiquement, les différents travaux du Céreq sur l’insertion professionnelle montrent que le niveau de diplôme et le type de formation suivie (spécialité de formation, alternance ou voie scolaire, secteur d’enseignement…) ont un impact très fort sur les premiers pas sur le marché du travail (Céreq, 2022). Bon nombre d’indicateurs (taux de chômage, d’activité, trajectoires suivies durant des trois premières années de vie active…) sont fortement corrélés aux caractéristiques sociales et scolaires des jeunes. Néanmoins, au cours de cette période exceptionnelle qu’a connu notre société en général et le marché du travail en particulier, la grille de lecture du positionnement des un·es et des autres vis-à-vis de l’emploi et du travail a été modifiée. Ainsi, les caractéristiques du plus haut diplôme ne suffisent pas à expliquer la dégradation des conditions de travail endurée par les jeunes au début de la crise sanitaire. Cette dégradation s’avère expliquée principalement par la modification des modalités du travail à l’occasion du premier confinement, elle-même liée aux types d’emploi occupés en début de carrière. En définitive, le phénomène a pu s’ancrer dans la durée puisque bon nombre de jeunes ayant déclaré une dégradation de leurs conditions de travail signalent qu’elle persiste après six mois de crise sanitaire (Épiphane, Merlin & Wierup, 2023). Par ailleurs, un tiers des jeunes de cette génération déclare que la crise les a conduit·es à repenser leur projet professionnel (Jugnot & Vignale, 2022). La réinterrogation en 2023 de cette cohorte sera donc l’occasion de suivre l’évolution de leurs trajectoires, six ans après la sortie des études et permettra, notamment, d’appréhender dans la durée l’effet de cette crise sur l’emploi, les trajectoires des jeunes et leur rapport au travail. Elle permettra également d’affiner l’analyse des déterminants des trajectoires d’insertion, à travers des questions plus détaillées sur la situation familiale et sur les diplômes éventuellement obtenus en formation post-initiale.
Bibliographie
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Jugnot, S. & Vignale, M. (2022). Enquête 2020 auprès de la Génération 2017. La crise sanitaire suffit-elle à expliquer les souhaits de réorientation des jeunes ? Céreq Bref, 424.
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Annexe
Annexe 1. ACM : description des axes et représentation en plan
L’analyse des correspondances multiples est exécutée sur quatre axes qui récupèrent 71,79 % de l’inertie totale.
ACM : variables et modalités structurant les axes

Les modalités des variables actives sont représentées sur les axes 1 et 2 dans la figure 1.1, puis sur les axes 3 et 4 dans la figure 1.2. Les modalités des variables supplémentaires sont également projetées sur le plan.
Le tableau suivant présente les effectifs non pondérés des classes.
Distribution non pondérée de la typologie

Figure 1.1. ● Représentation des modalités actives et supplémentaires dans le plan selon les axes 1 & 2

Figure 1.2. ● Représentation des modalités actives et supplémentaires dans le plan selon les axes 3 & 4

Annexe 2.
Classification : modifications du travail pendant le premier confinement (variables actives)

Lecture : parmi les jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, qui étaient en emploi en mars 2020 et l’occupaient toujours lors de l’interrogation, 20 % appartiennent à la classe 1. Au sein de cette classe, 70 % des jeunes ont travaillé plus pendant le 1er confinement qu’auparavant.
Champ : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi pendant le premier confinement.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 3.
Classification : caractéristiques socio-scolaires

Lecture : 56 % des jeunes de la classe 1 sont des femmes ; c’est plus que parmi l’ensemble de la population visée par la typologie, où elles sont 49 %.
Champ : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi pendant le premier confinement.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 4.
Classification : emploi occupé au début du premier confinement

* Les catégories « agriculteur », « indépendant » et « non codé » ne figurent pas dans ce tableau d’effectifs.
Lecture : 4 % des jeunes de la classe 1 exerçait en mars 2020 un emploi non salarié, c’est le cas de 8 % de la classe 5.
Champ : jeunes sorti·es du système scolaire en 2017, en emploi pendant le premier confinement.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 5.
Classification : PCS détaillée

Ce tableau présente une sélection des PCS dont les effectifs sont suffisants pour produire un pourcentage robuste ; elles représentent seulement 19 des 33 PCS détaillées sous ce format.
Lecture : 5 % des jeunes de la classe 2 étaient cadres de la fonction publique en mars 2020 ; c’est plus que parmi l’ensemble de la population visée par la typologie, où ils sont 2 %.
Champ : jeunes sortis en 2017, en emploi en mars 2020, qui ont travaillé pendant le confinement et qui occupent toujours ce même emploi à date enquête (n=11582).
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 6.
Probabilités d’avoir changé de situation après le début du premier confinement

Lecture : parmi les jeunes qui occupaient un emploi en mars 2020, à profil comparable, les femmes ont eu moins de chances que les hommes de changer d’emploi entre le début du confinement et la date de l’enquête (premier modèle). En revanche, elles ont eu davantage de probabilités que ces derniers de perdre leur emploi sur la même période (second modèle).
Champ : jeunes sortis du système éducatif en 2017, en emploi en mars 2020 pour le modèle 2 (n=18 524) et toujours en emploi à date enquête pour le modèle 1 (n=16 765).
Profil de référence : le plus fréquent (n=170). Homme diplômé du sup long, cadre, en EDI dans l’information & communication dans le secteur privé, ayant travaillé autant pendant le confinement qu’avant et sans chômage partiel. La variable d’origine sociale (avoir un parent cadre versus aucun) n’étant déterminante d’aucun des deux événements modélisés, elle a été retirée des estimations afin de réduire le bruit.
Pondération normalisée.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 7.
Probabilités d’appartenir à une classe plutôt que n’importe quelle autre

Lecture : parmi les jeunes concernés par la typologie (voir champ), à profil comparable, la classe 1 ne concerne pas plus ou moins les hommes que les femmes (premier modèle). En revanche, les femmes ont davantage de probabilités que les hommes d’appartenir à la classe 2 (deuxième modèle) et moins que ces derniers de faire partie de la classe 3 (troisième modèle).
Champ : jeunes sortis du système éducatif en 2017, en emploi en mars 2020, ayant travaillé pendant le premier confinement et occupant toujours le même emploi à la date de l’enquête (n=11 582).
Profil de référence : le plus fréquent (n=354). Homme diplômé du sup long, cadre, en EDI dans l’information & communication dans le secteur privé.
La variable d’origine sociale (avoir un parent cadre versus aucun) n’étant déterminante de l’appartenance à aucune des six classes, elle a été retirée des estimations afin de réduire le bruit.
Pondération normalisée.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Annexe 8.
Probabilité de déclarer une dégradation de ses conditions de travail pendant le premier confinement

Lecture : parmi les jeunes ayant travaillé pendant le premier confinement et qui occupaient toujours le même emploi à la date de l’enquête, à profil comparable, les femmes ont eu davantage de probabilités que les hommes de connaître une dégradation subjective de leurs conditions de travail pendant le confinement.
Champ : jeunes sortis du système éducatif en 2017, en emploi en mars 2020, ayant travaillé pendant le premier confinement et occupant toujours le même emploi à la date de l’enquête (n=11 582).
Profil de référence : le plus fréquent (n=49). Homme diplômé du supérieur long, cadre dans l’info com secteur privé, a travaillé autant qu’avant le confinement, a gagné pareil ou plus, n’a connu ni le chômage partiel ni les congés imposés mais a télétravaillé, habitait seul pendant le confinement.
Source : Céreq, enquête 2020 auprès de la Génération 2017.
Notes de bas de page
Auteurs
-
Dominique Épiphane
Céreq
-
Fanette Merlin
Céreq
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