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    Plan détaillé Texte intégral L'arc de la porte nord-est de Xanthos Le balanéion des femmes Le bouleutérion Le gymnase Le naos de César Le sarpédonéion Notes de bas de page

    Architecture romaine d’Asie Mineure

    Ce livre est recensé par

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    Annexe II. Édifices disparus, absents ou non encore localisés

    p. 113-116

    Texte intégral L'arc de la porte nord-est de Xanthos Le balanéion des femmes Le bouleutérion Le gymnase Le naos de César Le sarpédonéion Notes de bas de page

    Texte intégral

    L'arc de la porte nord-est de Xanthos

    1Lors d'une prospection de surface menée dans le secteur de la porte nord-est de la ville, nous avons pu identifier plusieurs claveaux qui témoignent de l'existence passée d'un arc dans ce secteur. Quelques blocs de corniches-simas à denticules gisent à proximité (pl. 21, fig. 65)

    PN002 : claveau (pl. 21, fig. 66)

    L conservée = 0,60 m

    P = 1,60 m

    H = 0,50 m

    2Le soffite du claveau est lisse. Chacune de ses têtes possède une mouluration d'architrave ionique à trois fasces croissantes vers le haut (0,08 m/0,11 m/0,14 m) surmontées d'un cavet et d'un bandeau. Aucune trace de scellement n'est visible.

    PN001 : Corniche-sima (pl. 21, fig. 67 et pl. 54, fig. 139)

    L visible = 0,57 m

    P au lit de pose visible = 0,66 m

    H = 0,44 m

    3Le larmier de PN001 possède des denticules assez larges et bas (l de la face = 0,065 m, H de la face = 0,02 m), de section oblique. Au-dessus des denticules prennent place une moulure en cyma reversa, surmontée du larmier lisse, puis une moulure en doucine et un bandeau vertical.

    4Le secteur de la porte n'a fait l'objet d'aucun dégagement et, si l’on peut voir que des blocs d'architecture gisent un peu partout au pied de la porte, il est difficile de les décrire, voire de les identifier, car ils sont en général pris dans un amoncellement de blocs plus ou moins reconnaissables. Parmi ces blocs, on trouve, outre les claveaux et les corniches-simas à denticules déjà cités, des éléments de tombe lycienne et des blocs rectangulaires. Les jambages de la porte elle-même sont encore en place. Si l’on en juge par sa position, il semble qu'un élément de tombe lycienne, qui gît actuellement à l'intérieur de la porte, ait été remployé comme linteau, à une époque indéterminée. La présence des claveaux, qui induit nécessairement l'existence d'un arc, a, en revanche, de quoi intriguer. En admettant que la porte ait été remaniée à l'époque tardive, ce qui expliquerait le bloc lycien remployé comme linteau, il me semble difficile d'admettre qu'un arc ait pris place au-dessus du linteau de la porte, même si l’on connaît cet usage à l'époque byzantine. La profondeur même des claveaux traversants retrouvés sur place (1,60 m) interdit cette hypothèse, les jambages de la porte n'étant profonds que de 1,32-1,36 m. Si l'on en juge maintenant par le grand nombre de blocs écroulés au pied de la porte, il est difficile d'imaginer qu'ils proviennent tous de celle-ci, ou de la muraille. Par ailleurs, la présence d'une série particulière de corniches-simas ioniques à denticules pousse à chercher un monument auquel elles pourraient appartenir.

    5Si l’on se souvient maintenant des aménagements qu'a subis la porte sud de la ville, (construction de l'arc de S. M. Priscus, puis réaménagement à l'époque byzantine), on peut se demander si voussoirs et corniches-simas ne proviendraient pas d'un autre arc, totalement disparu, à l'exception de ces quelques éléments et peut-être des blocs d'assise cités plus haut. Cet arc aurait, en son temps, constitué un symétrique à l'arc de S. M. Priscus, tout en accentuant l'importance symbolique de l'autre porte de la ville empruntée par tout voyageur se rendant à Xanthos.

    Le balanéion des femmes

    6On ne sait pas à quel édifice rattacher le don de 10 000 deniers mentionné dans la stèle du Létôon. S’il s’agissait d’un secteur réservé aux femmes dans un édifice, le don a pu concerner les thermes I, mais pas les thermes II qui sont sans doute bien postérieurs à l’inscription. S’il s’agissait d’un édifice autonome, il a peut-être complètement disparu.

    Le bouleutérion

    7La ville de Xanthos, qui n’était pas une cité d’origine grecque, possédait néanmoins un bouleutérion à l’époque romaine. L’inscription qui mentionne cet édifice le situe sur l’agora et indique qu’il a été construit entre 82 et 85, alors que C. Caristanius Fronto était gouverneur de la province de Lycie-Pamphylie1. Les fouilles n’ont pas encore localisé cet édifice.

    8Le seul bouleutérion provisoirement identifié comme tel (il s’agit peut-être d’un odéon qui cumulait les fonctions) dans la vallée du Xanthe se trouve dans la ville de Patara. Il s’agit d’un édifice de très grandes dimensions, situé à un jet de pierre du théâtre et actuellement non daté2. Pinara possédait également un bouleutérion, attesté par une inscription datable au plus tôt de la fin de l’époque hellénistique3 et qu’il faut peut-être reconnaître dans un édifice à gradins en hémicycle qui jouxte l’agora, bien que celui-ci-puisse également être identifié comme un odéon. L’agora et l’édifice de réunions de Pinara dateraient de l’époque flavienne4.

    Le gymnase

    9A. Farrington postule l’existence d’une palestre jouxtant, à l’est, les thermes II. Ce dispositif existe selon l’auteur dans huit villes de Lycie, mais si l’on en a conservé des vestiges dans quelques cas, on n’en voit aucun attribuable à coup sûr à ce type de dispositif à proximité des thermes II de Xanthos. Par ailleurs, l’aménagement d’une palestre nécessite que l’on dispose d’un espace plat de superficie suffisante. Or, le terrain à l’est du bâtiment est en pente et conviendrait difficilement à ce type d’aménagement, sauf à entreprendre des travaux de terrassement qui auraient probablement laissé des traces.

    10Mais nous savons par deux inscriptions que Xanthos a possédé un gymnase. La première inscription que l’on a évoquée plus haut nous apprend que 45 000 deniers ont été octroyés, dans les années 141-149, au gymnase et à l’établissement de bains qui s’y trouve incorporé. Une seconde inscription5 provenant elle aussi du Létôon mentionne Euclides, haut personnage de Xanthos deux fois bouleute, agoranome, prytane et gymnasiarque et qui fut chargé de superviser les travaux du gymnase “en ville”. A. Balland date cette dernière inscription “de la fin du Haut-Empire”.

    11On peut se demander s’il ne faudrait pas plutôt chercher ce gymnase à proximité des thermes I, construits comme on l’a vu sur un terrain plat qui conviendrait davantage à l’aménagement d’un tel édifice. Par ailleurs, si les thermes II datent bien de l’époque sévérienne, il ne peuvent pas être confondus avec les thermes pour lesquels l’évergète anonyme a donné 45 000 deniers entre 141 et 149.

    Le naos de César

    12Les temples romains semblent absents de la parure monumentale de Xanthos. On peut encore une fois penser qu’ils n’ont pas été découverts, mais l’examen des blocs d’architecture répertoriés ne laisse pas présager que des édifices de ce type aient été construits.

    13Cependant, un édifice de culte impérial existait bien à Xanthos. Il est attesté par une inscription qui mentionne un “naos” de César à l’intérieur d’un péribole6. Nous ne savons pas où se trouvait cet ensemble qui fût vraisemblalement élevé par les Xanthiens en l’honneur d’Octavien7 dans les années qui suivent Actium. Nous possédons un seul élément architectural peut-être datable de cette époque, le chapiteau de demi-colonne DEP001. Il est malheureusement trop isolé pour être attribué à l’édifice disparu, mais sa qualité tout à fait remarquable n’exclut pas une telle possibilité.

    14A l’époque impériale les temples semblent de toute façon rares en Lycie. En dehors de Patara qui compte deux temples : le présumé temple d’Apollon8, peut-être datable de l’époque antonine et un petit temple in summa cavea, découvert en 2001 lors du dégagement du théâtre et qui n’est pas encore étudié, on trouve un temple à podium à Pinara, peut-être datable au plus tôt de la deuxième moitié du iie siècle p.C.9, un temple à Sidyma, daté de l’époque de Claude10 et peut-être un temple à Tlos11. L’ethnikon Kaisareion attesté pour le Létôon de Xanthos et qui se trouvait peut-être dans le portique nord du sanctuaire n’est pas encore formellement identifié.

    Le sarpédonéion

    15Cet édifice dédié à Sarpédon, héros homérique qui avait sa tombe à Xanthos12, n’est connu que par un texte d’Appien13 qui mentionne en même temps une agora près de laquelle était construit ce monument. Se référant aux indications données par le texte d’Appien, A. Keen14 a proposé d’identifier l’édifice G de l’acropole lycienne comme l’hérôon de Sarpédon qui servit de refuge à des soldats romains mis en difficulté lors de la prise de la ville par Brutus, mais aucune découverte archéologique ne vient appuyer cette hypothèse.

    Notes de bas de page

    1 Robert 1951, 254.

    2 Ihḱ 2000, 129-130.

    3 Wurster 1978, 100-101.

    4 Id., ibid., 93.

    5 Balland 1981 no 78, 246 sq.

    6 IGR, III, 482. Magie 1950, II, 1386 n. 45 ; Balland 1981, 46-47.

    7 Hänlein-Schäfer 1985, 197.

    8 Pohl 2002, 210 et Abb. 29-2.

    9 Bean 1978, 77 ; Pohl 2002, 212 et Abb. 26-2.

    10 Dardaine & Frézouls 1985, 211-217 ; Pohl 2002, 217 et Abb. 20.

    11 Wurster 1976, 35-36.

    12 Il., 16.681-83.

    13 BC, 4.78-80.

    14 Keen 1996.

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    1 Robert 1951, 254.

    2 Ihḱ 2000, 129-130.

    3 Wurster 1978, 100-101.

    4 Id., ibid., 93.

    5 Balland 1981 no 78, 246 sq.

    6 IGR, III, 482. Magie 1950, II, 1386 n. 45 ; Balland 1981, 46-47.

    7 Hänlein-Schäfer 1985, 197.

    8 Pohl 2002, 210 et Abb. 29-2.

    9 Bean 1978, 77 ; Pohl 2002, 212 et Abb. 26-2.

    10 Dardaine & Frézouls 1985, 211-217 ; Pohl 2002, 217 et Abb. 20.

    11 Wurster 1976, 35-36.

    12 Il., 16.681-83.

    13 BC, 4.78-80.

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    Cavalier, L. (2005). Annexe II. Édifices disparus, absents ou non encore localisés. In Architecture romaine d’Asie Mineure. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ausonius.3303
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