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    Plan détaillé Texte intégral Surfrappes, découpes et accommodements monétaires au temps de la guerre d’Hannibal Les espèces irrégulières de César à Auguste : l’exemple des ateliers lémaniques Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La République romaine face aux crises. Tome 1

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    “Mille manières de braconner”. Pratiques monétaires irrégulières et activités militaires en temps de crise

    Charles Parisot-Sillon

    p. 123-138

    Texte intégral Surfrappes, découpes et accommodements monétaires au temps de la guerre d’Hannibal Les espèces irrégulières de César à Auguste : l’exemple des ateliers lémaniques Un ensemble de monnaies plaquées à Genève Le coin monétaire de Gressy-Sermuz (Yverdon-les-Bains) Les “quinaires” de Lausanne-Vidy Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Le quotidien s’invente avec mille manières de braconner […]. Il faut faire avec.
    Dans ces stratagèmes de combattants, il y a un art des coups, un plaisir
    à tourner les règles d’un espace contraignant.
    Certeau 1990, 35-36.

    1Résilience, crise, adaptation constituent des notions familières aux spécialistes de l’histoire monétaire de la République romaine, dont la scansion particulière est indissociable de la succession des grands conflits qui ébranlent le fonctionnement des institutions de la cité1. De fait, la deuxième guerre punique et les guerres civiles suscitent un intérêt particulier dans le champ des études numismatiques républicaines, au point d’éclipser parfois le siècle et demi qui les sépare. En dépit de leurs natures et de leurs temporalités distinctes, ces deux séquences conflictuelles ont pour point commun d’éprouver durement les capacités financières de la République romaine et poussent son élite dirigeante à entreprendre des réformes monétaires de grande envergure. Au-delà des difficultés relatives à la datation ou à la localisation de certaines émissions, occasionnant parfois d’âpres débats entre spécialistes2, les effets de ces réformes sont bien documentés : la guerre d’Hannibal occasionne la conception puis la mise en œuvre à large échelle du système du denier entre environ 215-214 et 212-211 a.C.3. Ce système, simplifié à l’orée du iie siècle, connaît ensuite des modifications substantielles aux époques césarienne et triumvirale, qui préfigurent les réformes augustéennes4.

    2Ces vagues de réformes témoignent par elles-mêmes de la capacité d’adaptation de Rome en matière monétaire. Toutefois, à ne considérer que les contours de ces réformes pilotées d’en haut, tantôt par le Sénat, tantôt par des imperatores ou par leur état-major, on ne serait pas en mesure de restituer la diversité des opérations mises en œuvre au jour le jour pour accompagner ces transitions dans les différents territoires concernés par les conflits. Plus largement, les guerres mettent à l’épreuve la capacité des populations civiles et militaires à faire face à des dépenses variées comme à sécuriser leur épargne, les circonstances les poussant à adopter des pratiques d’échanges originales : elles exigent le recours à l’improvisation, à l’accommodement, en somme à certaines formes du “braconnage” certalien, et rendent donc visible, plus que d’autres périodes, la résilience des acteurs économiques de terrain. C’est à cette échelle d’analyse que j’aborderai dans cet article le cas des provinces occidentales à travers le rapprochement de quelques dossiers de recherche disjoints en apparence mais qui, abordés ensemble, me semblent particulièrement évocateurs.

    3Ces dossiers relèvent d’une catégorie que je propose de désigner sous le nom englobant de “pratiques monétaires irrégulières”, entendues comme l’ensemble des pratiques associées au domaine des activités monétaires (production, distribution, transactions ou thésaurisation) qui contreviennent aux normes juridiques ou socioculturelles en vigueur dans un environnement économique donné. Elles peuvent émaner d’acteurs variés, qu’il s’agisse de représentants subalternes du pouvoir romain, de contractants privés, d’usagers circonspects ou bien d’authentiques faux monnayeurs. Elles ne sont pas spécifiques aux périodes de crise, mais celles-ci présentent un contexte propice à leur généralisation et un régime documentaire spécifique qui accroît leur visibilité. Il s’agira d’aborder successivement des études de cas se rapportant au temps de la deuxième guerre punique, puis d’autres se rattachant à l’horizon des guerres civiles.

    Surfrappes, découpes et accommodements monétaires au temps de la guerre d’Hannibal

    4La deuxième guerre punique se déploie sur plusieurs théâtres d’opérations distincts présentant des logiques monétaires sinon autonomes, du moins spécifiques : de l’Étrurie à la vallée de l’Èbre, de l’Apulie à l’Afrique, la valeur accordée à chaque alliage, le volume et l’origine du numéraire en circulation, le taux de monétarisation des échanges ou les perspectives de butin constituent autant de paramètres dont les combinaisons orientent les solutions de financement immédiatement accessibles. En la matière, les défis à relever pour la cité romaine sont inédits et se rapportent tout à la fois à des questions de trésorerie, aux modalités pratiques de la production des monnaies civiques, aux convois de fonds ou à la distribution des espèces aux soldats. D’un territoire à l’autre, ces problèmes donnent lieu à l’emploi de solutions distinctes. En Italie et en Sicile, où s’opère un fort brassage de numéraire émanant de différentes autorités émettrices, où coexistent par ailleurs plusieurs étalons monétaires, le recours à la surfrappe de monnaies en alliages cuivreux, romaines ou non-romaines, est largement attesté5. Ce procédé, qui escamote l’étape habituelle de la refonte, permet de réaliser des économies substantielles en temps comme en ressources6 : il s’agit notamment de limiter la consommation de combustible, qui peut être employé à des fins plus utiles en temps de guerre. Pour autant, la surfrappe n’a pas été employée de manière systématique par les autorités romaines et la décision d’y avoir recours était peut-être prise localement sans que soient consultés les niveaux de commandement plus élevés.

    5À l’inverse, ce procédé n’est pas ou mal attesté à la même époque en péninsule Ibérique où s’imposent d’autres pratiques. Déployées loin de Rome, les armées romaines actives en Hispanie souffrent de problèmes chroniques d’approvisionnement monétaire depuis l’Italie pendant l’essentiel du conflit7. À partir de 211-210, Scipion doit composer avec le problème du versement des arriérés dus aux légionnaires mobilisés depuis 218. En dépit du redressement financier qui accompagne les succès militaires des années suivantes, la mutinerie de 206 témoigne du fait qu’à cette date encore, le versement du stipendium pose des difficultés en Hispanie8. Comme en Italie méridionale ou en Sicile, la production monétaire in situ offre aux responsables romains en Hispanie quelque moyen d’action supplémentaire, mais les émissions républicaines produites localement, mal connues, paraissent peu nombreuses et de faible envergure. Dès les premières années du conflit, les frappes romaines en péninsule Ibérique témoignent d’une certaine forme d’improvisation puisque certaines émissions ne présentent aucun équivalent dans les autres théâtres d’opérations9. Le constat est d’autant plus frappant pour les années suivantes. Si la date précise de la réforme du denier est encore discutée, les spécialistes s’accordent généralement pour considérer qu’elle intervient à peu près simultanément à Rome, en Italie et en Sicile, occasionnant dans chacun de ces espaces la frappe de diverses émissions d’or, d’argent et de bronze. Or ce cadre ne semble pas s’appliquer aux territoires ibériques où les séries locales s’inscrivant dans ce nouveau système sont frappées avec plusieurs années de décalage, probablement pas avant 20910. Des émissions d’argent restreintes sont alors produites sur place et révèlent de nouvelles originalités : le victoriat s’y voit adjoindre un multiple (un double victoriat) et une fraction (un hémi-victoriat), qui ne connaissent aucun équivalent ailleurs. En d’autres termes, l’image usuelle d’une réforme monétaire pilotée depuis Rome et appliquée de manière homogène dans l’ensemble des théâtres d’opérations ne tient pas au regard des ambiguïtés de la documentation ibérique.

    6En outre, ces émissions ne représentent qu’un aspect des activités de production de monnaies romaines en péninsule Ibérique. C’est du moins ce que pourrait suggérer le cas d’un outil de fabrication conservé à l’Instituto Valencia de Don Juan (Madrid), vraisemblablement mis au jour en Espagne. Il s’agit d’un hub en bronze, portant une gravure en relief, qui aurait servi à confectionner un ou plusieurs coins de victoriats d’une émission frappée en principe soit à Rome, soit en Italie11. Selon C. Stannard, cet objet aurait été produit à partir du moulage d’une monnaie officielle et documenterait les activités d’un atelier de faux monnayeurs, sans qu’il soit permis d’en préciser la chronologie. Cela dit, le victoriat occupant une place résiduelle dans le stock monétaire en circulation en péninsule Ibérique passé le premier quart du iie siècle, l’hypothèse la plus simple est celle d’une production irrégulière de victoriats dans le contexte de la guerre contre Carthage ou immédiatement après celle‑ci, lorsque débute la conquête romaine. Le cas échéant, l’origine et le statut des artisans responsables de cette production nous échapperaient encore, de même que l’identité de ses destinataires. Il n’en faut pas moins envisager la possibilité que certains exemplaires de cette série et d’autres séries romaines ou italiennes mis au jour en Hispanie, qu’ils soient plaqués ou non, aient été produits en contexte provincial12.

    7Par ailleurs, cette période se caractérise en péninsule Ibérique par un horizon monétaire composite qui voit des monnayages très différents circuler ou être thésaurisés conjointement. L’argent est l’alliage le plus employé, ce qui fait sens au sein de territoires possédant une tradition forte et ancienne de l’argent, monnayé et non-monnayé, comme étalon de valeur et intermédiaire des échanges. Le riche corpus des dépôts péninsulaires datés de cette période fournit ainsi des ensembles associant des monnaies locales et étrangères, des pièces de vaisselle ou d’orfèvrerie et des fragments d’argent débité (Hacksilber)13. Si les représentants du peuple romain n’ont pas introduit cette pratique en péninsule Ibérique, leurs soldats l’ont vraisemblablement adoptée, ce qui a pu diversifier la gamme des solutions de financement disponibles sur le terrain. Même lorsqu’il se présente sous forme monnayée, l’argent est alors employé au poids : dans ce contexte, cela assouplit les transactions et la répartition des butins. Il faut souligner la faible part jouée par les monnaies en général, romaines en particulier, dans la valeur totale des dépôts, ainsi que la surreprésentation en leur sein des exemplaires sectionnés : par exemple, le trésor de Driebes, qui se composait initialement de 14 kg d’argent, n’inclut que 19 monnaies, dont 13 romaines, et 12 d’entre elles sont en réalité des fragments de deniers sectionnés.

    8Une autre caractéristique des dépôts espagnols se rapporte à des pratiques spécifiques relatives à la vérification des espèces employées : le cas d’un lot récemment publié en fournit un exemple saillant14. Selon A. McCabe, ces monnaies seraient issues d’un dépôt espagnol, probablement mixte, dont l’enfouissement peut être daté entre environ 205 et 195. Il comprend 38 monnaies d’argent romaines, qui présentent toutes des entailles ou des coupes partielles faisant apparaître le cœur de l’alliage. Leur masse est anormalement élevée, de l’ordre de 4,38 g en moyenne, comme dans d’autres trésors espagnols de cette période, lorsque les ensembles italiens ou siciliens contemporains présentent des masses moyennes situées vers 4,1-4,2 g15. Ainsi, dans un environnement troublé par les effets de la guerre – celle qui oppose Rome à Carthage, puis la phase initiale de la conquête – et au sein duquel l’argent se pèse, plus qu’il ne se compte, ces différentes pratiques témoignent d’une attention privilégiée portée à la qualité de l’alliage. À ce titre, elles s’inscrivent dans le cadre de stratégies de maximisation de sa valeur d’échange et de thésaurisation à l’initiative des usagers eux-mêmes, qu’ils soient d’origine italique, ibérique ou celtique.

    Les espèces irrégulières de César à Auguste : l’exemple des ateliers lémaniques

    9Les années 49-30 présentent un cas de figure bien différent car les combats opposent alors des belligérants dont les soldats, de part et d’autre, sont pour la plupart familiers de la monnaie romaine. Les pratiques de vérification évoquées précédemment paraissent donc obsolètes et si des cas ponctuels de surfrappes ont été relevés, ils affectent principalement les monnayages en métaux précieux, la portée du phénomène demeurant marginale16. Si l’année 49 marque un tournant dans l’histoire monétaire de l’Occident romain, celui-ci n’en a pas moins été préparé par les conflits des décennies précédentes, de la guerre de Sertorius aux campagnes gauloises de César. Les difficultés associées à la logistique financière des opérations militaires menées dans les Gaules et les Hispanies ont en effet suscité de nombreuses expérimentations visant à organiser localement, au moins de manière temporaire, des structures viables pour la distribution et le recouvrement des espèces monnayées. Les convois de fonds depuis l’Italie n’ont pas été abandonnés mais les structures d’approvisionnement ont parfois été déstabilisées et les montants convoyés insuffisants17. Lorsque cela s’est avéré nécessaire, des magistrats ont été mandatés pour frapper monnaie en leur nom au sein des provinces, parfois de manière itinérante, comme en témoignent certaines émissions attribuées à des ateliers italiens ou provinciaux au tournant des années 80-7018. À la même période, les autorités romaines n’ont pas non plus manqué de s’immiscer dans les activités de certains ateliers celtiques et ibériques, ce qui n’était pas nouveau en Hispanie citérieure, mais l’était sans doute davantage en Gaule transalpine19.

    10Les années 49-30 sont ainsi caractérisées par le recours généralisé à la production monétaire in situ, mise en œuvre au nom des belligérants eux-mêmes, tandis que l’activité de l’atelier de Rome est régulièrement perturbée20. Il est possible que certains imperatores ou leur entourage se soient résolus à employer des pratiques monétaires irrégulières, par exemple en couvrant la production d’espèces plaquées en leur nom faute de disposer des ressources nécessaires à la frappe d’un volume suffisant de monnaies en métaux précieux21. Cela pourrait concerner le monnayage africain de Q. Cornuficius (RRC 509/1-5), car la part des deniers plaqués parmi l’ensemble des exemplaires documentés est singulièrement élevée22. Une telle pratique serait illicite au regard du droit romain et, bien que la légalité de la position institutionnelle de certains belligérants soit elle-même floue23, cela ne saurait être conçu que comme une solution de dernier recours, susceptible de fragiliser leur légitimité. Par-delà ce cas de figure marginal, la production d’espèces romaines irrégulières est largement attestée durant cette période. Les formes variées prises par ces monnaies paraissent traduire des intentions diverses, de sorte qu’il semble réducteur de toutes les identifier comme l’œuvre de faux monnayeurs. Inégalement répartie à l’échelle du monde romain, la documentation, qui regroupe à la fois des outils de fabrication et des produits finis, c’est-à-dire des monnaies irrégulières, n’a pas encore été rassemblée24. À titre exploratoire, je m’en tiendrai à l’examen d’une étude de cas régionale portant sur trois trouvailles effectuées en région lémanique, du Genevois aux abords du lac de Neuchâtel. La nature spécifique de ce dossier impose de considérer une séquence chronologique élargie, de la guerre des Gaules à l’aube du principat augustéen25.

    Un ensemble de monnaies plaquées à Genève

    11La première de ces trouvailles est ancienne mais n’a pas suscité l’attention qu’elle mérite : il s’agit d’un ensemble monétaire découvert en 1858 à l’occasion du démantèlement des fortifications de la ville de Genève. À proximité du Bastion du Pin, sur le site des Tranchées, des vestiges antiques ont été mis au jour, parmi lesquels un lot de monnaies républicaines, “quelques centaines” au minimum26. Elles ont été majoritairement dispersées après leur découverte mais une partie a été inventoriée : H. Fazy documente ainsi 111 monnaies, dont un ensemble de 85 deniers identifiés comme des exemplaires plaqués, qui se présentaient sous la forme d’une masse agrégée de monnaies oxydées associée à quelques exemplaires non agrégés27. Ces monnaies constituent donc tout ou partie d’un ensemble composé majoritairement, voire exclusivement d’espèces plaquées et reproduisent les types de deniers officiels dont le plus récent se rattache à une émission produite entre les années 61 et 58 (RRC 419/2)28. Certains exemplaires auraient intégré les collections du Musée d’Art et d’Histoire de Genève mais n’ont pas pu être identifiés dans les médailliers, à une exception près29.

    12L’échantillon décrit par H. Fazy documente 18 séries pour des effectifs compris entre 1 et 12 exemplaires (tab. 1). Les 12 deniers se rattachant à la série RRC 366/1-2 présenteraient tous une même lettre de contrôle n au droit, ce qui induit l’emploi d’un même coin de droit pour frapper l’ensemble des exemplaires. Il en va de même au sujet des 4 exemplaires de la série RRC 382/1b, qui présentent tous au revers la marque de contrôle cviii. En outre, la description de l’échantillon ne fait état d’aucune monnaie frappée sur des flans crénelés (denarii serrati), ce qui est en principe le cas des monnaies officielles des séries RRC 372/2 et RRC 382/1b. Plusieurs indices permettent ainsi de supposer que ces monnaies ont été produites dans un même atelier : le nombre restreint de séries documentées, le fait que trois d’entre elles soient représentées par 10 exemplaires ou plus et l’identification de liaisons de coins entre les monnaies d’au moins deux séries. Cet atelier pourrait se situer sur le site même des Tranchées, d’autant que les monnaies auraient été mises au jour à proximité de “fragments de briques et de creusets”, vestiges possibles d’un atelier de métallurgiste30. Ces 85 monnaies plaquées semblent ainsi constituer un lot cohérent, résultant d’une production locale, clairement distinct par sa structure et par son terminus post quem, de l’ensemble plus disparate des monnaies romaines officielles mises au jour sur le site des Tranchées31.

    Tableau 1. Composition du lot de monnaies plaquées des Tranchées de Genève32.

    nb. d’ex. Cote RRC Série reproduite Date (RRC) Date (Mattingly) Date (Hollstein) Date (Passehl)
    1 270/1 m·porc laeca 125 123 - 125
    11 277/1 q·minv rvf 122 120 - 120
    4 302/1 l·flamini cilo 109-108 106 - 107
    10 306/1 l·valeri flacci 108-107 107 - 105
    1 319/1 q·therm m·f 103 100 - 99
    6 342/2 c·vibivs c·f pansa 90 89 - 89
    5 342/5b c·vibivs c·f pansa 90 89 - 89
    9 343/1c m·cato 89 89 - 91
    3 351/1 m·fan, l·crit aed·pl 86 v. 85 - 86
    12 366/1-2 c·annivs t·f·t·n pro·cos 82-81 - - 82
    1 372/2 a·post a·f·s·n albin 81 - - 81
    4 382/1b c·nae balb 79 - - 79
    1 383/1 ti·clavd ti·f·ap·n 79 - - 78
    5 386/1 l·cassi q·f 78 - v. 76 77
    9 387/1 l·rvtili flac 77 - 77 76
    1 406/1 p·galb aed·cvr 69 - 69 69
    1 407/1-2 c·hosidi c·f geta iii·vir 68 - v. 64 65
    1 419/2 m·lepidvs 61 58 v. 59 59

    13Enfin, s’il s’agit bien d’une fraction du lot initial puisqu’une part non quantifiable de ces monnaies a été dispersée, l’échantillon documenté présente des caractéristiques similaires à celles du dépôt de deniers romains de la plaine de Grésigny, dans la contrevallation d’Alésia (tpq RRC 434/2, v. 55-54)33 : on remarque une même surreprésentation des émissions datées des années 109-107, 90-89, 82-81 et de la première moitié des années 70 et, à l’inverse, une absence complète des grandes séries frappées vers 74, fortement représentées dans les trésors italiens contemporains34. En revanche, l’ensemble genevois inclut un nombre réduit d’exemplaires produits dans la décennie précédant 58 et aucune monnaie ne se rattache à une série postérieure. En d’autres termes, sa composition est cohérente avec ce que l’on s’attendrait à observer au sein d’un dépôt associé aux mouvements de troupes romaines en Gaule interne vers le début des campagnes césariennes, ce qui suggère en outre que cet échantillon est statistiquement représentatif de la composition initiale de l’ensemble des monnaies plaquées mises au jour à Genève et ne devait pas inclure initialement des monnaies nettement postérieures à 58.

    14Ces monnaies plaquées constitueraient donc un ensemble cohérent, produit localement, constitué vers le début de la guerre des Gaules, probablement pas après 57-56. Elles documenteraient les activités d’un atelier monétaire, peut-être sur le site des Tranchées, dont la production prend au moins pour partie la forme de deniers républicains plaqués. Or les armées romaines sont alors présentes à Genève et dans son arrière-pays : c’est là que débutent les opérations contre les Helvètes à la fin du printemps 5835 et des légions sont certainement cantonnées dans la région durant les hivers suivants, tout du moins en 57-5636. En règle générale, les faciès antérieurs à la période césarienne en Gaule interne ne fournissent pas d’espèces romaines dans des quantités significatives ; en revanche, les monnaies celtiques plaquées sont nombreuses sur certains sites suisses, par exemple à Bâle37. La région lémanique et ses marges fournissent des vestiges variés d’activités de fabrication monétaire38 et le placage y constitue donc un procédé couramment employé à la fin de l’âge du Fer. L’implantation des armées romaines se traduirait alors par un afflux limité d’espèces républicaines, dont le faciès monétaire genevois révèle les caractéristiques, puis par une demande accrue de la part des usagers, militaires puis civils, à la faveur des échanges entre ces populations, particulièrement au moment des quartiers d’hiver. Les circuits d’approvisionnement officiels ne suffisant pas nécessairement à satisfaire cette demande, une telle situation serait propice au développement de la frappe de monnaies plaquées aux types de deniers romains, et non plus seulement d’émissions celtiques.

    15Se pose dès lors la question du statut de ces espèces plaquées et de l’identité des acteurs impliqués dans leur confection, puis dans leur mise en circulation. Le savoir-faire des artisans métallurgistes est certainement recherché par les autorités romaines au moment de l’occupation de Genève et, à titre particulier, les soldats peuvent aussi requérir leurs services. Or frapper monnaie n’est pas une activité discrète : les allées et venues, le stockage des outils et des produits finis, l’entretien d’un feu, le bruit des coups de masse donnent à penser qu’une telle activité, déployée dans l’enceinte de l’oppidum, ne pourrait indéfiniment échapper à la vigilance de l’occupant. Les représentants de César avaient-ils donc connaissance des activités de cet atelier ? Les ont-ils encouragées ou bien ont-ils tenté d’y mettre un terme et, le cas échéant, y sont-ils parvenus ? Y auraient-ils seulement accordé la moindre importance, compte tenu du fait que le contrôle de la qualité des monnaies en circulation sur les marchés d’une communauté alliée située aux confins de sa province ne constitue pas la préoccupation première d’un gouverneur en campagne ? Dans le cas où les autorités romaines n’auraient pas eu connaissance de ces activités, des soldats étaient-ils complices ? Le fait même que l’on ne soit en mesure de répondre à aucune de ces questions me semble révélateur des difficultés qui entourent l’interprétation des vestiges relevant de la zone grise des activités monétaires irrégulières.

    Le coin monétaire de Gressy-Sermuz (Yverdon-les-Bains)

    16Plus au nord, l’établissement fortifié de Gressy-Sermuz, situé à deux kilomètres au sud d’Yverdon-les-Bains, a lui aussi livré des vestiges associés aux activités de fabrication monétaire. Le site semble principalement occupé à la période triumvirale, durant laquelle il pourrait accueillir une garnison de troupes auxiliaires39. En janvier 2012, des prospections de surface ont mis au jour un coin monétaire en bronze à tige conique de 96 g40 (fig. 1), qui présente la gravure en creux du type de revers d’une émission de deniers serrati frappés à Rome vers 79 (RRC 382/1b c·nae·balb), soit probablement une trentaine d’années avant le début de l’occupation du site.

    Fig. 2. Comparaison de l’empreinte du coin monétaire RRC 382/1b C·NAE·BALB et d’un denier officiel.

    a/ Surface gravée avec dessin de l’empreinte. La ligne rouge matérialise l’empreinte du bord crénelé du denier moulé. b/ Dessin de l’empreinte. c/ Revers d’un denier RRC 382/1b à la lettre Q. Paris, BnF, Ailly 13070, REP-15371, 19 mm, 3,86 g, 7 h. Échelle 2:2.

    17Même si la gravure peut être rapprochée de celle de deniers authentiques41, il faut écarter l’hypothèse d’un coin officiel conservé à Rome puis transporté plus tard en Gaule : l’examen de la surface gravée révèle que cet objet a été produit à partir du moulage d’un denier authentique, le type en négatif obtenu ayant ensuite été retravaillé sur les bords et le grènetis regravé. La légende c·nae·balb, en principe inscrite sous la ligne de terre, est illisible et la partie inférieure de la roue n’est pas représentée (fig. 2).

    Fig. 3. Comparaison de l’empreinte du coin monétaire RRC 382/1b C·NAE·BALB et d’un denier officiel.

    a/ Surface gravée avec dessin de l’empreinte. La ligne rouge matérialise l’empreinte du bord crénelé du denier moulé. b/ Dessin de l’empreinte. c/ Revers d’un denier RRC 382/1b à la lettre Q. Paris, BnF, Ailly 13070, REP-15371, 19 mm, 3,86 g, 7 h. Échelle 2:2.

    18Ces éléments n’ont pas été retouchés après moulage42, mais devaient être hors champ sur le denier original : on distingue une partie du bord crénelé par-dessus le grènetis ajouté après coup. Cet outil présente une corrosion plus prononcée sur sa partie sommitale et diverses traces d’usure43 : il pourrait avoir été emmanché dans un cylindre en fer à l’occasion des opérations de frappe, suivant un procédé attesté par ailleurs. À ma connaissance, aucune monnaie produite avec ce coin n’a été répertoriée parmi les trouvailles locales ou régionales44.

    19Le même site a également livré, hors contexte, deux petits flans ou globules d’argent qui corroborent l’existence à Sermuz d’activités de métallurgie de l’argent. Dans l’état actuel de la documentation, le faciès de cet établissement présente en proportions à peu près équilibrées des monnaies celtiques (83 exemplaires), principalement du Plateau suisse et de Gaule du Centre-Est, et romaines (républicaines et augustéennes) ; les secondes sont majoritairement des as ou des fractions d’as, tandis que les dénominations d’argent représentent plus des trois quarts du numéraire celtique mis au jour45. Ce faciès présente ainsi de fortes analogies avec ceux d’autres établissements gaulois occupés pendant et après la conquête césarienne et pour lesquels une occupation militaire a été envisagée, par exemple à La Chaussée-Tirancourt (Somme)46. Par ailleurs, l’identification de liaisons de coins entre plusieurs monnaies d’argent celtiques mises au jour à Sermuz pourrait fournir un indice supplémentaire d’activités de fabrication monétaire in situ ou dans les environs47. Cet établissement aurait donc accueilli au moins un atelier, dont une partie de la production prenait la forme de monnaies aux types de deniers romains. Le site n’a pas fait l’objet d’un programme suivi de fouilles archéologiques au cours des dernières décennies et la chronologie précise de son occupation durant la seconde moitié du ier siècle nous échappe encore. Si l’on admet à titre d’hypothèse l’orientation militaire de cette occupation, les soldats de la garnison locale seraient probablement les destinataires des monnaies produites sur place. Le statut des pièces produites avec le coin républicain demeure énigmatique : on ignore si celles-ci étaient plaquées ou en argent, si les artisans responsables de leur frappe répondaient à une commande du ou des officiers à la tête de cette garnison48 et, le cas échéant, si leurs supérieurs et les autorités provinciales en avaient été informés. Dans l’état actuel des données disponibles, on ne peut donc écarter ni la piste d’un atelier de faux monnayeurs au sens plein du terme, ni celle d’une production affiliée à la gestion des finances de l’hypothétique garnison et peut-être faut-il envisager une solution intermédiaire.

    Les “quinaires” de Lausanne-Vidy

    20À mi-distance entre Genève et Sermuz, le site de Lausanne-Vidy, en bordure septentrionale du lac Léman, accueille également un atelier actif au plus tard vers le début de la période augustéenne49. Cette production est attestée par la découverte en 1938 d’un dépôt de 43 monnaies de cuivre mises au jour sous les fondations de la basilique impériale, dans un niveau précédant son érection50. Ces monnaies – et trois autres mises au jour postérieurement – sont conservées au Musée cantonal d'archéologie et d'histoire. Elles reproduisent les types de quatre séries de quinaires d’argent produits à Rome ou en Italie : RRC 333/1 (v. 97-94), 9 ex. ; RRC 340/2 (90), 8 ex. ; RRC 345/2 (88), 13 ex. ; ric I² Aug. 276 (v. 29‑26), 16 ex. L’échantillon des séries représentées dans cet ensemble n’a pas lieu de surprendre, puisque celles-ci sont attestées ailleurs en Gaule51.

    21L’étude du lot a permis de conclure qu’il s’agit de monnaies en cuivre non allié, frappées et non coulées. Aucune trace d’argent n’ayant été identifiée en surface, il ne devait pas non plus s’agir d’exemplaires plaqués dont la pellicule d’argent se serait dégradée52. Les masses moyennes relevées pour les quatre séries considérées sont respectivement de 1,14 g, 0,99 g, 1,00 g et 1,03 g, la masse médiane de l’ensemble du lot s’établissant vers 1,1 g53 : la réduction de la masse résultant de l’oxydation du cuivre ne suffit pas à expliquer un tel décalage par rapport à l’étalon pondéral du quinaire à la fin du ier siècle (v. 1,7-1,8 g). La facture locale de ces monnaies semble assurée : seule une paire de coins a été employée pour chacune des quatre séries représentées, à l’exception de la série ric I² Aug. 276, pour laquelle ont été identifiées deux paires de coins. Selon A. Geiser, tous seraient des coins de transfert obtenus à partir du moulage de quinaires officiels. Le coin de revers reproduisant celui de la série RRC 345/2 a par ailleurs été retouché de manière à substituer à la légende cn·lent un autre nom plus reconnaissable, Caesar54.

    22Il ne me semble pas permis de considérer ces monnaies comme des produits de l’activité de faux monnayeurs, car elles n’avaient ni l’aspect, ni la masse du quinaire d’argent : elles ne pouvaient pas être confondues avec celui-ci et n’évoquent pas davantage les caractéristiques du monnayage romain en alliage cuivreux disponible à la même période. Il faut donc plutôt y voir une production de petit numéraire (small change), ponctuelle et vouée à une circulation locale, s’apparentant à un monnayage d’imitation. Le contexte dans lequel s’insère cet ensemble est celui du développement urbain de Lousonna et de l’aménagement de ses berges à des fins commerciales à partir des années 40-2055. La référence monétaire à Rome – et au jeune César – peut alors apparaître d’autant plus désirable que le remaniement des modalités d’occupation du territoire entre le Plateau suisse et la moyenne vallée du Rhône s’opère rapidement : la fondation des trois colonies de Nyon, sur le lac Léman, d’Augst puis de Lyon entre 45 et 43 matérialise la forte présence du pouvoir romain dans cette région stratégique56.

    23La concentration géographique de ces trois cas d’étude me paraît ainsi témoigner de la vitalité des activités de production monétaire en pays lémanique, bien connue par ailleurs, et de l’appétit croissant des usagers locaux pour le numéraire romain durant la seconde moitié du ier siècle. La séquence chronologique qu’esquissent les dossiers de Genève, de Sermuz puis de Lausanne-Vidy, des prémices de la conquête césarienne aux débuts du Principat, met ainsi en évidence les étapes d’un processus d’intégration politique et économique qui recompose la gamme et le sens des pratiques monétaires irrégulières. À Genève, l’occupation suscite l’irruption du numéraire romain sur les marchés et l’installation d’une population militaire fortement monétarisée, propice à un redéploiement des activités locales de contrefaçon : aux espèces plaquées reproduisant les types de monnaies celtiques s’ajoutent désormais celles aux types de deniers romains. Une génération plus tard, le cas de Sermuz pourrait refléter à son tour la relation entre présence militaire et fabrication irrégulière de monnaies aux types de deniers : la nouveauté tiendrait dans ce cas au rôle spécifique des auxiliaires, porteurs d’une culture monétaire distincte, comme usagers si ce n’est comme commanditaires. À Lausanne-Vidy enfin, la frappe d’espèces en alliage cuivreux de petit module, fût-ce aux types de quinaires romains, n’évoque pas tant les caractéristiques d’une production de faussaires que les besoins d’un segment de la population provinciale affecté par la reconfiguration des réseaux d’échanges. D’une situation à l’autre, des savoir-faire analogues, comme la confection de coins de transfert, sont ainsi employés à des fins distinctes pour produire tantôt des monnaies plaquées, tantôt des monnaies de cuivre, tantôt peut-être des monnaies d’argent, au gré de la demande ou des ressources disponibles.

    24Au terme de cette étude, nécessairement parcellaire, il faut préciser que la plupart des pratiques irrégulières évoquées précédemment sont attestées durant chacune des deux périodes de crise considérées, dans une région ou une autre du monde romain. Si les solutions techniques ne semblent pas faire l’objet d’innovations majeures, c’est plutôt l’importance relative de ces procédés qui diffère d’une période à l’autre. La production d’imitations ou de monnaies plaquées paraît plus fréquente durant les guerres civiles ; à l’inverse, si le ier siècle ne voit disparaître ni les cas de surfrappes, ni l’attention portée à la masse des monnaies, ces procédés sont employés plus marginalement qu’au cours de la deuxième guerre punique. C’est donc que ces différentes pratiques s’inscrivent dans le cadre de stratégies d’accommodement, individuelles ou collectives, rendues nécessaires par des situations différenciées de crise militaire et financière. C’est dans cette perspective qu’il faut interpréter l’ambivalence apparente du comportement économique des usagers qui, d’une période et d’une région à l’autre, semblent tantôt se méfier de la qualité de l’alliage de leurs monnaies, tantôt se résoudre à employer des espèces contrefaites ou peut-être officieuses, au gré des circonstances.

    25Les zones d’ombre sont nombreuses : on perçoit mal, en particulier, la manière dont le personnel politique de la cité romaine appréhende ces pratiques irrégulières. L’illégalité de certaines d’entre elles au regard du droit romain paraît acquise, au moins à partir de la promulgation de la lex Cornelia de falsis57 ; pourtant la documentation ne permet pas de penser que le pouvoir romain cherche activement à faire respecter ces dispositions dans les provinces occidentales. Bien plus, les représentants subalternes de la cité durant la deuxième guerre punique, puis les notables gaulois employés comme officiers auxiliaires à l’époque des guerres civiles pourraient être responsables d’une partie de ces pratiques. Plus généralement, poser la question de l’identité des destinataires et des usagers de ces monnayages irréguliers plutôt que celle du statut des individus qui les produisent me semble autoriser un décentrement du regard : tout en affinant notre compréhension des enjeux liés à ces catégories de mobilier du point de vue des études numismatiques, un tel questionnement permet de prendre la mesure de l’inventivité des acteurs économiques de terrain au cœur des périodes de crise.

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    Notes de bas de page

    1J’adresse mes plus sincères remerciements à Julia Genechesi, directrice adjointe du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne, pour m’avoir fourni les indications et les ressources nécessaires à l’étude du coin monétaire conservé dans les collections dont elle a la charge. J’exprime également ma gratitude envers Camille Bossavit et Pierluigi Debernardi pour nos échanges fructueux, ainsi qu’à Arnaud Suspène qui m’a fait l’amitié de relire cet article.

    2La deuxième guerre punique en offre l’exemple le plus frappant : récemment encore, de nouvelles propositions de datation ont été formulées à propos de la création du denier ; surtout, une vive controverse est apparue à propos de la chronologie de séries plus anciennes : Woytek & Witschonke 2015, 162-163.

    3Woytek 2014, 210-211 ; Burnett 2017. Sauf mention contraire, les dates mentionnées par la suite se situent avant notre ère.

    4Woytek 2014, 2017 ; Suspène 2020.

    5McCabe 2018 ; McCabe & Montgomery 2020.

    6McCabe & Montgomery 2020, 279-280.

    7Cadiou 2008, 479-484. De tels problèmes sont attestés en Sicile et en Sardaigne en 215, voir Liv. 23.21.4‑5. Toutefois ces difficultés sont à la fois plus profondes et plus durables en péninsule Ibérique. 

    8Plb. 11.28.3-6 : voir Cadiou 2008, 481-482.

    9Voir le cas d’un demi-quadrigat probablement produit en péninsule Ibérique, qui présente au revers une scène de serment : en dernier lieu, García-Bellido & De Hoz 2018.

    10García-Bellido 2011 se fonde sur ce constat pour proposer d’abaisser jusqu’en 209 la création du denier, ce qui ne semble pas tenable au regard des données disponibles pour les autres théâtres d’opérations. L’hypothèse d’un décalage, esquissée ici, me semble donc préférable.

    11García-Bellido 1986 ; Stannard 1988. M. P. García-Bellido associe cet objet à la série RRC 44/1 mais cette classification n’est pas assurée. Selon Pierluigi Debernardi, le moulage aurait été effectué à partir d’une monnaie de la série RRC 58/1, dont il propose de situer la frappe à Larinum vers 207 (communication personnelle).

    12García-Bellido 1986, 81-82.

    13En dernier lieu, Chaves Tristán & Pliego Vázquez 2015.

    14McCabe 2015.

    15McCabe 2015, 226-227, 231-232.

    16McCabe 2018.

    17À propos du cas de Pompée en Hispanie en 75-74, voir notamment Crawford 1985, 211-212 ; Cadiou 2008, 484-490.

    18Voir les séries RRC 366/1-4, v. 81 et RRC 393/1a, v. 76-75 : respectivement, Antela Bernárdez 2012 ; Hollstein 1993, 64-65 et Mattingly 1995, 104-105.

    19Hiriart & Parisot-Sillon 2022.

    20Laignoux 2014 ; Woytek 2017.

    21Crawford 1968, 59 n. 1, n’écarte pas entièrement cette hypothèse : it is possible that certain irregular coinages, produced in periods of civil war, may include both pure silver pieces and plated pieces. Quelques années plus tard, il précise et nuance sa pensée dans Crawford 1974, i, 560 n. 2.

    22Campana 2018, 40-42, 47-50 ; sur cette question et pour une comparaison avec les émissions d’or, voir Suspène et al. 2020, 57-58. S’y ajoute le cas douteux d’un aureus plaqué, ibid., 61 n. 44.

    23Laignoux 2014, 150.

    24Pour un inventaire des trouvailles de coins, voir Malkmus 2008. Concernant la Dacie et la Mésie, voir Paunov 2014 à propos des outils monétaires. Les monnaies produites en Dacie au ier siècle reflètent l’extrême plasticité des solutions employées localement. Elles incluent des copies de deniers produites avec des coins de transfert, des imitations fidèles et d’autres qui ne le sont pas, des types hybrides, des deniers issus des mêmes paires de coins qui peuvent être frappés, ou non, sur des flans crénelés, et plus généralement des monnaies d’argent présentant des gammes de titre variables, associées elles-mêmes à des monnaies plaquées : voir Davis 2006.

    25Le rapprochement entre ces dossiers, préconisé par Geiser & Capt 2011, 12-13, n’a pas encore été mené de manière approfondie.

    26La découverte a été divulguée en premier lieu dans une correspondance datée du 15 septembre 1858, probablement rédigée par H. Fazy, dans la Gazette de Lausanne du 18 septembre 1858.

    27Fazy 1858, 530. Dans la correspondance mentionnée précédemment, il précise “qu’à côté d’un certain nombre de pièces isolées, on a trouvé, à Genève, une masse ou un culot de ces fausses monnaies à demi-fondues”.

    28Crawford 1974, I, 443-444, date cette série de 61, mais la chronologie établie par Mattingly 1995, 107 propose une datation un peu plus basse, et présumée plus fiable, en 58. Hollstein 1993, 222-237, 381 date cette série vers 59, de même que Passehl 2020. L’hypothèse d’un contexte de composition en relation avec la révolte de Catugnatos de 61, envisagée par Van der Wielen 1987, n’est pas à exclure mais les premiers temps de la guerre des Gaules constituent un horizon chronologique plus probable.

    29Campagnolo 2017, 130 fig. 156.

    30Fazy 1859, 530. Ces vestiges n’étant plus disponibles pour étude, il s’agit de considérer avec prudence l’hypothèse formulée par H. Fazy, d’autant que d’autres activités artisanales sont bien documentées sur ce site.

    31Pour une liste lacunaire, Fazy 1859, 541-542, 546. L’échantillon comprend plusieurs monnaies d’Antoine et une d’Auguste, reflétant un approvisionnement plus ou moins régulier du site jusqu’à la période augustéenne. Les exemplaires plus tardifs ne sont pas antérieurs au iie s. p.C.

    32Les dates se rapportent aux travaux suivants : Crawford 1974 ; Mattingly 1982, 1995, 1998 ; Hollstein 1993 ; Passehl 2020. Quelques corrections ont été apportées par rapport à l’inventaire de Van der Wielen 1987 : les 9 exemplaires de la série RRC 343 sont de la variante 1c et non 1a, en raison de la présence au revers de la légende st d’après Fazy 1859, 543 ; les deniers se rattachant à la série RRC 382 sont de la variante 1b et non 1a, car la marque de contrôle est au revers ; enfin, la description de la monnaie RRC 407 ne permet pas de trancher si l’exemplaire copié se rapporte à la variante 1 ou 2 : seuls les deniers de la première variante sont frappés sur des flans crénelés, mais il est possible qu’un tel exemplaire ait servi de modèle pour produire des espèces plaquées qui ne le sont pas.

    33Popovitch 2001, 74-76, 81-82, 85-92 ; Martin 2015, 97-104.

    34Lockyear 2007, 157-159.

    35Caes., Gal., 1.6.2-3, 1.7.1-1.8.2.

    36Caes., Gal., 3.6.4-5 ; D.C. 39.5.

    37Voir Burckhardt et al. 1994, 88-91 à propos de la collection du Musée Historique de Bâle, composée à peu près pour moitié d’exemplaires mis au jour jusqu’en 1990 lors des fouilles des sites de Gasfabrik et de Münsterhügel. L’auteur dénombre 202 monnaies celtiques en argent pour 51 monnaies plaquées ou présentant des traces de placage.

    38Malkmus 2008, 104, 113 ; Geiser & Capt 2011, 13-14 ; Ziegaus 2011, 289-290 ; Lauwers 2015, 58, 60.

    39Geiser 2017, suivant Brunetti 2007, 620. Les données disponibles, très lacunaires, ne permettent pas de tenir une telle occupation militaire pour assurée : cette hypothèse a principalement été formulée d’après la caractérisation du faciès monétaire et n’a pas encore été corroborée à partir de l’étude d’autres types de mobilier.

    40De manière générale, Geiser & Capt 2011.

    41Geiser & Capt 2011, 9 fig. 3. 

    42Contre Geiser & Capt 2011, 13, qui évoquent une légende “biffée ou inachevée”.

    43Geiser 2017, 124.

    44Geiser & Capt 2011, 8, évoquent un denier à la lettre de contrôle q mis au jour à Bruggen-Saint Gall, “peut-être frappé avec ce coin”. Cela semble impossible car cet exemplaire présente, là où devrait apparaître la partie inférieure du grènetis matérialisée sur le coin, une légende complète.

    45Geiser & Capt 2011, 10 ; Geiser & Genechesi 2013, 505-506 ; Geiser 2017.

    46Geiser & Genechesi 2013, 506 ; Martin 2015, 144-150, 158-160.

    47Geiser 2017, 124.

    48De tels individus, insérés dans la hiérarchie militaire romaine mais qui conservent les marques de prestige propres à des notables gaulois, apparaitraient le cas échéant comme les délégataires les plus crédibles de la capacité à frapper monnaie sur le terrain : voir Martin 2014 ; Martin 2015, 125-126, 158‑160.

    49Geiser 1999.

    50Geiser 1999, 54-56.

    51King 2007, 59-61, 74-75.

    52Geiser 1999, 56-58, 61-62.

    53Geiser 1999, 62-63.

    54Geiser 1999, 58-59.

    55En dernier lieu, voir Hervé 2017.

    56Schucany 2010.

    57Marlasca Martínez 2000.

    Auteur

    • Charles Parisot-Sillon
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    2006

    D’Homère à Plutarque. Itinéraires historiques

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    Recueil d'articles de Claude Mossé

    Claude Mossé Patrice Brun (éd.)

    2007

    Le problème du baptême dans le schisme donatiste

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    Pagus, castellum et civitas

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    Études d’épigraphie et d’histoire sur le village et la cité en Afrique romaine

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    2010

    Les mystères d’Andania

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    2006

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    2010

    Essai sur la société des épigrammes de Martial

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    André Balland

    2010

    Les médecins dans l’Occident romain

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    Bernard Rémy et Patrice Faure

    2010

    Prodosia

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    La notion et l’acte de trahison dans l’Athènes du ve siècle

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    1J’adresse mes plus sincères remerciements à Julia Genechesi, directrice adjointe du Musée cantonal d’archéologie et d’histoire de Lausanne, pour m’avoir fourni les indications et les ressources nécessaires à l’étude du coin monétaire conservé dans les collections dont elle a la charge. J’exprime également ma gratitude envers Camille Bossavit et Pierluigi Debernardi pour nos échanges fructueux, ainsi qu’à Arnaud Suspène qui m’a fait l’amitié de relire cet article.

    2La deuxième guerre punique en offre l’exemple le plus frappant : récemment encore, de nouvelles propositions de datation ont été formulées à propos de la création du denier ; surtout, une vive controverse est apparue à propos de la chronologie de séries plus anciennes : Woytek & Witschonke 2015, 162-163.

    3Woytek 2014, 210-211 ; Burnett 2017. Sauf mention contraire, les dates mentionnées par la suite se situent avant notre ère.

    4Woytek 2014, 2017 ; Suspène 2020.

    5McCabe 2018 ; McCabe & Montgomery 2020.

    6McCabe & Montgomery 2020, 279-280.

    7Cadiou 2008, 479-484. De tels problèmes sont attestés en Sicile et en Sardaigne en 215, voir Liv. 23.21.4‑5. Toutefois ces difficultés sont à la fois plus profondes et plus durables en péninsule Ibérique. 

    8Plb. 11.28.3-6 : voir Cadiou 2008, 481-482.

    9Voir le cas d’un demi-quadrigat probablement produit en péninsule Ibérique, qui présente au revers une scène de serment : en dernier lieu, García-Bellido & De Hoz 2018.

    10García-Bellido 2011 se fonde sur ce constat pour proposer d’abaisser jusqu’en 209 la création du denier, ce qui ne semble pas tenable au regard des données disponibles pour les autres théâtres d’opérations. L’hypothèse d’un décalage, esquissée ici, me semble donc préférable.

    11García-Bellido 1986 ; Stannard 1988. M. P. García-Bellido associe cet objet à la série RRC 44/1 mais cette classification n’est pas assurée. Selon Pierluigi Debernardi, le moulage aurait été effectué à partir d’une monnaie de la série RRC 58/1, dont il propose de situer la frappe à Larinum vers 207 (communication personnelle).

    12García-Bellido 1986, 81-82.

    13En dernier lieu, Chaves Tristán & Pliego Vázquez 2015.

    14McCabe 2015.

    15McCabe 2015, 226-227, 231-232.

    16McCabe 2018.

    17À propos du cas de Pompée en Hispanie en 75-74, voir notamment Crawford 1985, 211-212 ; Cadiou 2008, 484-490.

    18Voir les séries RRC 366/1-4, v. 81 et RRC 393/1a, v. 76-75 : respectivement, Antela Bernárdez 2012 ; Hollstein 1993, 64-65 et Mattingly 1995, 104-105.

    19Hiriart & Parisot-Sillon 2022.

    20Laignoux 2014 ; Woytek 2017.

    21Crawford 1968, 59 n. 1, n’écarte pas entièrement cette hypothèse : it is possible that certain irregular coinages, produced in periods of civil war, may include both pure silver pieces and plated pieces. Quelques années plus tard, il précise et nuance sa pensée dans Crawford 1974, i, 560 n. 2.

    22Campana 2018, 40-42, 47-50 ; sur cette question et pour une comparaison avec les émissions d’or, voir Suspène et al. 2020, 57-58. S’y ajoute le cas douteux d’un aureus plaqué, ibid., 61 n. 44.

    23Laignoux 2014, 150.

    24Pour un inventaire des trouvailles de coins, voir Malkmus 2008. Concernant la Dacie et la Mésie, voir Paunov 2014 à propos des outils monétaires. Les monnaies produites en Dacie au ier siècle reflètent l’extrême plasticité des solutions employées localement. Elles incluent des copies de deniers produites avec des coins de transfert, des imitations fidèles et d’autres qui ne le sont pas, des types hybrides, des deniers issus des mêmes paires de coins qui peuvent être frappés, ou non, sur des flans crénelés, et plus généralement des monnaies d’argent présentant des gammes de titre variables, associées elles-mêmes à des monnaies plaquées : voir Davis 2006.

    25Le rapprochement entre ces dossiers, préconisé par Geiser & Capt 2011, 12-13, n’a pas encore été mené de manière approfondie.

    26La découverte a été divulguée en premier lieu dans une correspondance datée du 15 septembre 1858, probablement rédigée par H. Fazy, dans la Gazette de Lausanne du 18 septembre 1858.

    27Fazy 1858, 530. Dans la correspondance mentionnée précédemment, il précise “qu’à côté d’un certain nombre de pièces isolées, on a trouvé, à Genève, une masse ou un culot de ces fausses monnaies à demi-fondues”.

    28Crawford 1974, I, 443-444, date cette série de 61, mais la chronologie établie par Mattingly 1995, 107 propose une datation un peu plus basse, et présumée plus fiable, en 58. Hollstein 1993, 222-237, 381 date cette série vers 59, de même que Passehl 2020. L’hypothèse d’un contexte de composition en relation avec la révolte de Catugnatos de 61, envisagée par Van der Wielen 1987, n’est pas à exclure mais les premiers temps de la guerre des Gaules constituent un horizon chronologique plus probable.

    29Campagnolo 2017, 130 fig. 156.

    30Fazy 1859, 530. Ces vestiges n’étant plus disponibles pour étude, il s’agit de considérer avec prudence l’hypothèse formulée par H. Fazy, d’autant que d’autres activités artisanales sont bien documentées sur ce site.

    31Pour une liste lacunaire, Fazy 1859, 541-542, 546. L’échantillon comprend plusieurs monnaies d’Antoine et une d’Auguste, reflétant un approvisionnement plus ou moins régulier du site jusqu’à la période augustéenne. Les exemplaires plus tardifs ne sont pas antérieurs au iie s. p.C.

    32Les dates se rapportent aux travaux suivants : Crawford 1974 ; Mattingly 1982, 1995, 1998 ; Hollstein 1993 ; Passehl 2020. Quelques corrections ont été apportées par rapport à l’inventaire de Van der Wielen 1987 : les 9 exemplaires de la série RRC 343 sont de la variante 1c et non 1a, en raison de la présence au revers de la légende st d’après Fazy 1859, 543 ; les deniers se rattachant à la série RRC 382 sont de la variante 1b et non 1a, car la marque de contrôle est au revers ; enfin, la description de la monnaie RRC 407 ne permet pas de trancher si l’exemplaire copié se rapporte à la variante 1 ou 2 : seuls les deniers de la première variante sont frappés sur des flans crénelés, mais il est possible qu’un tel exemplaire ait servi de modèle pour produire des espèces plaquées qui ne le sont pas.

    33Popovitch 2001, 74-76, 81-82, 85-92 ; Martin 2015, 97-104.

    34Lockyear 2007, 157-159.

    35Caes., Gal., 1.6.2-3, 1.7.1-1.8.2.

    36Caes., Gal., 3.6.4-5 ; D.C. 39.5.

    37Voir Burckhardt et al. 1994, 88-91 à propos de la collection du Musée Historique de Bâle, composée à peu près pour moitié d’exemplaires mis au jour jusqu’en 1990 lors des fouilles des sites de Gasfabrik et de Münsterhügel. L’auteur dénombre 202 monnaies celtiques en argent pour 51 monnaies plaquées ou présentant des traces de placage.

    38Malkmus 2008, 104, 113 ; Geiser & Capt 2011, 13-14 ; Ziegaus 2011, 289-290 ; Lauwers 2015, 58, 60.

    39Geiser 2017, suivant Brunetti 2007, 620. Les données disponibles, très lacunaires, ne permettent pas de tenir une telle occupation militaire pour assurée : cette hypothèse a principalement été formulée d’après la caractérisation du faciès monétaire et n’a pas encore été corroborée à partir de l’étude d’autres types de mobilier.

    40De manière générale, Geiser & Capt 2011.

    41Geiser & Capt 2011, 9 fig. 3. 

    42Contre Geiser & Capt 2011, 13, qui évoquent une légende “biffée ou inachevée”.

    43Geiser 2017, 124.

    44Geiser & Capt 2011, 8, évoquent un denier à la lettre de contrôle q mis au jour à Bruggen-Saint Gall, “peut-être frappé avec ce coin”. Cela semble impossible car cet exemplaire présente, là où devrait apparaître la partie inférieure du grènetis matérialisée sur le coin, une légende complète.

    45Geiser & Capt 2011, 10 ; Geiser & Genechesi 2013, 505-506 ; Geiser 2017.

    46Geiser & Genechesi 2013, 506 ; Martin 2015, 144-150, 158-160.

    47Geiser 2017, 124.

    48De tels individus, insérés dans la hiérarchie militaire romaine mais qui conservent les marques de prestige propres à des notables gaulois, apparaitraient le cas échéant comme les délégataires les plus crédibles de la capacité à frapper monnaie sur le terrain : voir Martin 2014 ; Martin 2015, 125-126, 158‑160.

    49Geiser 1999.

    50Geiser 1999, 54-56.

    51King 2007, 59-61, 74-75.

    52Geiser 1999, 56-58, 61-62.

    53Geiser 1999, 62-63.

    54Geiser 1999, 58-59.

    55En dernier lieu, voir Hervé 2017.

    56Schucany 2010.

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    La République romaine face aux crises. Tome 1

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    Parisot-Sillon, C. (2023). “Mille manières de braconner”. Pratiques monétaires irrégulières et activités militaires en temps de crise. In M. Bats, R. Laignoux, & J.-C. Lacam (éds.), La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f4q
    Parisot-Sillon, Charles. « “Mille manières de braconner”. Pratiques monétaires irrégulières et activités militaires en temps de crise ». In La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f4q.
    Parisot-Sillon, Charles. « “Mille manières de braconner”. Pratiques monétaires irrégulières et activités militaires en temps de crise ». La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats et al., Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f4q.

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    Bats, M., Laignoux, R., & Lacam, J.-C. (éds.). (2023). La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f4v
    Bats, Maria, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam, éd. La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f4v.
    Bats, Maria, et al., éditeurs. La République romaine face aux crises. Tome 1. Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f4v.
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