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    Plan détaillé Texte intégral La dictature de Fabius Maximus : une magistrature indéterminée Les dictatures exceptionnelles de Iunius Pera et Fabius Buteo L’abus des dictatures comitiorum habendorum causa Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La République romaine face aux crises. Tome 1

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    L’usage de la dictature durant la deuxième guerre punique

    Alexis Mészáros

    p. 199-216

    Texte intégral La dictature de Fabius Maximus : une magistrature indéterminée Les dictatures exceptionnelles de Iunius Pera et Fabius Buteo L’abus des dictatures comitiorum habendorum causa Les raisons de la dictature de M. Livius Salinator La dernière dictature Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les auteurs anciens1 décrivent un usage fréquent de la dictature pendant la période archaïque, au moment de la conquête romaine de l’Italie, puis son abandon après 201 a.C. Alors qu’elle est décrite comme le remède utilisé par les Romains pour résoudre une situation de crise2, la dictature sous sa forme classique n’est pas utilisée dans les périodes qu’ils considèrent précisément comme des périodes de crise, entre 133 et 30 a.C., hormis les exceptions notables de Sylla et César, dont les magistratures ont été attribuées par la force des légions plutôt que par un Sénat unanime (une grande partie du Sénat de leur époque étant, au moment de leur désignation, ou en fuite ou décédée). Si certains auteurs indiquent que la dictature a été envisagée à quelques reprises (pour Scipion Émilien3 ou Pompée4 par exemple), cette solution n’a pas été retenue, ce qui peut s’expliquer par le fait que, comme le montre son usage pendant la deuxième guerre punique, la dictature romaine n’avait pas vocation à régler ces crises, mais plutôt à offrir une réponse provisoire et technique à un problème institutionnel. Loin d’attendre le salut de la République d’un homme providentiel auquel un pouvoir absolu était confié par dérogation aux institutions classiques, les Romains semblent avoir conservé une confiance dans leurs institutions, y compris – voire surtout – en période de crise.

    2Les dictatures héroïques, comme celles de Cincinnatus, avaient fourni aux historiens de l’Antiquité des exempla de comportements de détenteurs désintéressés d’un pouvoir absolu dont ils n’auraient en aucun cas abusé. Ils formaient ainsi des contre-modèles historiques à Sylla et à César. Aucun des historiens de la fin de la République et du début de l’Empire n’avait toutefois connu de telles dictatures. Seuls ceux de la première génération, comme Fabius Pictor ou Cincius Alimentus, avaient pu être témoins de la dictature romaine traditionnelle, dans le cadre de la deuxième guerre punique et rapporté les faits dans leurs Histoires. Alors que l’historiographie fait état de quatre-vingt-cinq dictatures entre 501 et 201, cette magistrature apparaissait déjà comme un archaïsme pour Polybe et les historiens du iie siècle. Seuls Fabius Pictor, Ennius et Caton l’Ancien5 l’avaient connue mais ce qui subsiste de leur œuvre ne permet pas de connaître leur propos exact sur les dictatures archaïques ni même sur celles qui leur furent contemporaines.

    3Fabius Pictor6 évoquait ainsi la dictature de L. Papirius Cursor, dont Q. Fabius Maximus Rullianus était le maître de cavalerie7. Ce récit, qui n’apporte aucun détail précis sur l’exercice de cette magistrature, reste spécifique car il fut peut-être rédigé pour offrir un précédent historique à la dictature de Q. Fabius Maximus en 2178.

    4Dans un fragment cité par Festus, abrégé par Paul, Ennius évoquait la dictature : Vel tu dictator uel equorum equitumque magister / Esto uel consul9. Ce passage pourrait faire référence à M. Minucius10 ou à Scipion l’Africain, auquel la dictature aurait été proposée, mais qui l’aurait refusée11.

    5Le terme dictateur apparaît également dans trois fragments des Origines de Caton :

    Lucum Dianium in nemore Aricino Egerius Baebius Tusculanus dedicauit dictator Latinus.12
    Igitur dictatorem Carthaginiensium magister equitum monuit : “Mitte mecum Romam equitatum ; die quinti in Capitolio tibi cena cocta erit”.13

    Deinde dictator iubet postridie magistrum equitum arcessi : “Mittam te, si uis, cum equitibus. – Sero est”, inquit, magister equitum, “iam resciuere”.14

    6Il ne s’agit en aucun cas de références à la dictature romaine, puisqu’Egerius Bæbius est dictateur des Latins et Caton attribue à Hannibal le titre de dictateur15. Ainsi, aucune référence à la dictature romaine n’apparaît donc clairement avant Polybe, si ce n’est la reconstruction de celle de Papirius Cursor par Fabius Pictor.

    7Durant la deuxième guerre punique, onze dictatures sont rapportées pour une période de dix-sept années, ce qui pourrait se justifier par l’urgence.

    Les dictatures durant la deuxième guerre punique16

    8Le principe de la situation exceptionnelle justifiant une magistrature adaptée trouve parfaitement sa place dans le contexte de cette guerre marquée par les défaites successives face à Hannibal. Cependant, en dépit de ces situations considérées comme critiques, on constate cependant que les Romains eurent alors très peu recours à la dictature en dehors des dictatures pour l’organisation des comices, justifiées par l’absence des consuls : seuls Q. Fabius Maximus et M. Iunius Pera sont décrits comme ayant été nommés pour commander des armées. Les débats historiographiques concernant ces deux dictatures incitent cependant à une grande prudence dans leur étude.

    La dictature de Fabius Maximus : une magistrature indéterminée

    9Le récit traditionnel de la dictature de Fabius Maximus peut être résumé ainsi : après la défaite de C. Flaminius à Trasimène et celle de C. Centenius en Ombrie, devant la menace d’Hannibal qui marchait sur Rome, les Romains désignèrent Fabius Maximus comme dictateur afin de sauver l’État menacé en recourant à une procédure inhabituelle qui s’expliquerait par l’indisponibilité du consul survivant Cn. Servilius : l’élection du dictateur et du maître de cavalerie17. Fabius Maximus prit les mesures religieuses et militaires jugées nécessaires pour le salut de l’État, puis partit à la poursuite d’Hannibal sans l’affronter. Après avoir obtenu du Sénat et du peuple des pouvoirs équivalents à ceux du dictateur, le maître de cavalerie, M. Minucius, plus imprudent, affronta Hannibal et aurait été défait sans l’intervention salvatrice de Fabius Maximus. Après six mois de dictature, son mandat arrivant à expiration et la situation ayant été rétablie, ce dernier abdiqua sa magistrature et remit les armées aux consuls Cn. Servilius et M. Atilius – lequel avait été désigné par une élection que Fabius Maximus avait présidée18. Chaque point du récit est discutable, ce qui amène à reconsidérer le caractère salvateur de cette dictature qui aurait été instituée dans une situation de crise consécutive à deux défaites.

    10La situation des armées romaines en 217 est relativement confuse et résulte de la présentation par une partie de l’historiographie de la responsabilité de C. Flaminius19. Ni les mouvements d’Hannibal ni ceux des armées romaines ne sont connus avec certitude ; or ils permettraient d’éclairer les motivations et les événements de la dictature de Fabius Maximus20. Ainsi, les auteurs précisent que Fabius Maximus avait été élu dictateur – procédure exceptionnelle – parce qu’il était impossible de communiquer avec le consul survivant. Cependant, dans la mesure où le consul Servilius avait pu conduire rapidement son armée à Ocriculum – à la demande du dictateur, ce qui permet d’envisager que la communication était très vite redevenue possible – il semblerait qu’Hannibal avait déjà quitté la région pour gagner la côte adriatique21. De ce fait, non seulement les procédures d’urgence ne se justifiaient plus, mais le consul survivant devenait accessible.

    11Le motif et la nature même de sa magistrature sont débattus : les Fastes présentent une dictature interregni causa, tandis que les auteurs semblent décrire une dictature rei gerundae causa22. Tite-Live indique également qu’une partie de historiens précédents – auxquels il choisit finalement de se rallier – précisait qu’il s’agissait d’une pro-dictature, signifiant que Fabius Maximus avait agi comme un dictateur sans en avoir le titre. La raison de cette distinction entre dictature et pro-dictature serait liée au mode de désignation : ayant été élu par le peuple, Fabius Maximus n’aurait pas pu porter le titre de dictateur23. Il semble donc que les auteurs romains aient rencontré des difficultés pour définir à la fois la nature et la causa de la dictature de Fabius Maximus.

    12L’état de la documentation ne permet pas de savoir avec exactitude quelle avait été cette magistrature. Toutefois, les incohérences présentes dans le récit pour justifier la situation d’urgence, ainsi que les indices laissés par les auteurs permettent d’écarter la possibilité d’une dictature rei gerundae causa et d’émettre l’hypothèse d’une dictature latine.

    13À propos de la dictature de Fabius Maximus, Tite-Live indique précisément que les Romains n’avaient pas recouru à ce remède depuis longtemps24, ce qui semble en contradiction avec les dictatures mentionnées pour les années 246, 231, 224 et 222. Celles-ci étaient cependant des dictatures comitiorum habendorum causa et non rei gerundae causa comme semble l’être celle de Fabius Maximus d’après Tite-Live. La dernière dictature de ce type semble en effet remonter à celle de C. Atilius Caiatinus en 249 – une génération plus tôt – dont le caractère rei gerundae causa est lui-même contestable25.

    14Parmi les autres incohérences du récit figurent l’ordre donné de couper les ponts sur le fleuve au moment où Hannibal est déjà sur la rive gauche du Tibre26, ou la position de l’armée d’Hannibal qui, si elle s’était avancée en direction de Rome et avait tenté de prendre Spolète, serait nécessairement tombée sur l’armée de Servilius en provenance d’Ariminum. Hannibal semble avoir rapidement renoncé au projet de marcher sur Rome – s’il l’avait eu –, puisqu’il atteignit la côte adriatique en peu de temps27. Enfin, Tite-Live mentionne le trajet de Q. Fabius Maximus pour rejoindre l’armée de Cn. Servilius à Ocriculum, par la via Flaminia. Un tel trajet ne semble pas envisageable si, dans l’urgence, le dictateur avait obéi à l’ordre donné par le Sénat de couper les ponts28.

    15Aux côtés de la dictature romaine – ou la précédant – existait une dictature latine, magistrature religieuse et militaire de la Ligue latine29, que les Romains n’avaient pas oubliée à l’époque de la deuxième guerre punique30. Cette dictature ancienne, peut-être tombée en désuétude à cette époque, pourrait avoir été réactivée en raison de la situation militaire après Trasimène et la défaite de Centenius. La résurgence d’autres pratiques anciennes et italiques est également mentionnée à ce moment, comme la décision d’organiser un printemps sacré31. Une dictature latine, elle-même archaïque, pourrait également se comprendre dans un contexte qui rendait nécessaire le rappel aux alliés de leurs liens aux Romains.

    16Une autre particularité de cette dictature est le rôle du maître de cavalerie, M.  Minucius, dont les pouvoirs auraient été, par vote du peuple, égaux à ceux du dictateur. Cette situation inhabituelle a permis à G. V. Sumner d’envisager une dictature interregni causa, ainsi qu’on la trouve sur les Fastes capitolins, où le dictateur et le maître de cavalerie auraient remplacé les consuls égaux durant cet interrègne : leurs pouvoirs auraient reproduit la collégialité consulaire32. Outre le fait que cette situation aurait créé un collège de trois hommes (Cn. Servilius étant toujours consul) et qu’un quatrième serait apparu par l’élection de M. Atilius Regulus pour remplacer C. Flaminius33, ces pouvoirs particuliers du maître de cavalerie pourraient plutôt s’expliquer par la nature latine de la dictature revêtue par Q. Fabius Maximus. Les magistrats de la ligue militaire latine étaient en effet désignés par deux, sans qu’il y ait eu de différence de pouvoir entre les deux34. Si la dictature latine avait alors été réactivée, elle aurait nécessité la désignation de deux dictateurs, comme le furent Q. Fabius Maximus et M. Minucius. De plus, Tite-Live évoque l’impression provoquée par cette dictature sur les citoyens romains, ainsi que sur les alliés, qui n’y étaient plus habitués35. Le propos de Tite-Live se comprend d’autant mieux s’il s’agissait d’une dictature de type archaïque, latine, engageant les alliés latins. La dictature romaine, elle-même, n’était pas si rare. Le rassemblement des troupes romaines et alliées, sous le commandement de Q. Fabius Maximus, ne se fit pas à Rome mais à Tibur, cité latine, l’une des rares à ne pas avoir été intégrée à la ciuitas romaine après la défaite des Latins en 33836. Dans la mesure où le dictateur entraîna ensuite ses armées par la via Latina, Tibur et Préneste ne constituaient pas les étapes les plus attendues.

    17Enfin, la procédure de désignation par l’élection, décrite comme exceptionnelle pour un dictateur romain est habituelle pour la désignation d’un dictateur latin : l’élection par l’assemblée des Latins si le dictateur choisi était d’origine latine, par les instances romaines – lesquelles ne sont pas précisées mais pourraient être les comices –, si le dictateur des Latins était romain37.

    18Une dictature latine exercée par Q. Fabius Maximus et M. Minucius n’exclut pas la possibilité d’une dictature romaine la même année, qu’elle fût interregni causa ou comitiorum habendorum causa. La mission du dictateur aurait alors été de désigner un collègue pour Cn. Servilius après la mort de C. Flaminius. D’après les auteurs anciens, c’est en effet le dictateur qui présida l’élection et non le consul survivant.

    Les dictatures exceptionnelles de Iunius Pera et Fabius Buteo

    19Plus obscures encore sont les dictatures de M. Iunius Pera et de M. Fabius Buteo en 216. La première n’est mentionnée que par Tite-Live et serait également rei gerundae causa. À nouveau, Tite-Live insiste sur le rôle des alliés lors de la campagne du dictateur : M. Iunius Pera accomplit essentiellement des devoirs religieux hormis quelques actions autour de Casilinum qui était assiégée. La cité était tenue par des soldats de Préneste – autre cité latine non intégrée en 348 – jusqu’à leur reddition en l’absence du dictateur et sans action particulière du maître de cavalerie Ti. Sempronius Gracchus, pourtant proche de la cité38. Ainsi, d’après Tite-Live, la seule action du dictateur consista à organiser les élections consulaires pour l’année 215, ce qui correspondrait mieux à une dictature comitiorum habendorum causa transformée par la tradition annalistique en dictature rei gerundae causa, compréhensible après le désastre de Cannes mais pour laquelle les données factuelles manquaient.

    20La technique historiographique visant à transformer une dictature comitiorum habendorum causa en dictature rei gerundae causa, plus glorieuse, semble également avoir été utilisée pour celle de P. Sulpicius Galba Maximus en 203, laquelle apparaît uniquement comme dictature comitiorum habendorum causa sur les Fastes capitolins39.

    21De la même façon, la dictature de M. Fabius Buteo, qui paraît plus exceptionnelle encore que toutes les autres, n’est donnée que par Tite-Live40 : il ne fut pas choisi par le consul – selon la procédure habituelle – mais désigné en fonction d’un sénatus-consulte contraignant le choix du consul41 ; il ne reçut pas de maître de cavalerie42 ; il fut désigné senatus legendi causa43, ce qu’aucun dictateur avant lui – ni après lui – ne fut chargé de faire ; il fut dictateur en même temps qu’un autre dictateur44 ; il reçut des pouvoirs si exorbitants que lui-même les désapprouva (tout en les exerçant)45.

    22Devant tant de données suspectes, il convient de ne pas pousser plus loin l’analyse de cette dictature qui semble être une création historiographique destinée à justifier la légalité – par l’existence d’un précédent – des pouvoirs censoriaux attribués à Sylla, à César ou à César Octavien, notamment la désignation de sénateurs46.

    23Hormis ces trois dictatures exceptionnelles à plus d’un titre, toutes les autres dictatures mentionnées pour la période furent des dictatures comitiorum habendorum causa. L’abus politique de ce type de dictature par les consuls soucieux d’influencer le résultat des élections consulaires, pourrait avoir entraîné sa disparition après 201.

    L’abus des dictatures comitiorum habendorum causa

    24L’époque de la deuxième guerre punique compte un certain nombre de dictatures comitiorum habendorum causa relativement régulières dans leurs motifs et leurs résultats : en 216, L. Veturius Philo, qui avait été nommé dictateur, dut démissionner ; l’interroi qui présida les comices, P. Cornelius Scipio Asina favorisa l’élection de L. Æmilius Paulus et C. Terentius Varro ; en 212, C. Claudius Centho, dictateur, permit l’élection d’Ap. Claudius Pulcher et de Q. Fulvius Flaccus, son maître de cavalerie47 ; le même Q. Fulvius Flaccus, dictateur en 209 avec P. Licinius Crassus Dives pour maître de cavalerie, favorisa sa propre élection au consulat, avec Fabius Maximus pour collègue48 ; les élections consulaires furent à nouveau organisées par un dictateur en 207 en raison de l’état physique du consul survivant49 ; de la même façon, au début de l’année 203 puisque le consul P. Licinius était malade et son collègue Scipion était absent50, les Romains eurent recours à la dictature, ainsi qu’en 201, dernière année de la guerre, en raison de l’éloignement des consuls51.

    25Deux dictatures comitiorum habendorum causa sont particulières : celle de M. Livius Salinator, alors même que ce dernier était consul donc en mesure d’organiser l’élection et celle de C. Servilius Geminus, qui passa la plus grande partie de son année de consulat à Rome et nomma un dictateur à la fin de son mandat, juste avant son départ pour l’Étrurie. La première s’explique par le triomphe des deux consuls, lequel avait éteint leur imperium, la seconde par la volonté du consul d’organiser les élections le plus tard possible afin de permettre à P. Cornelius Scipio de vaincre Hannibal sans être soumis à la concurrence d’un autre magistrat. Ces deux dictatures avaient également pour but d’empêcher les incertitudes d’un interrègne.

    Les raisons de la dictature de M. Livius Salinator

    26De prime abord, la dictature de 207 se comprend difficilement : les deux consuls (C. Claudius Nero et M. Livius Salinator) étaient présents à Rome et C. Claudius Nero nomma son collègue M. Livius Salinator dictateur. T. R. S. Broughton l’explique par la volonté de Nero, senior consul, de céder sa place d’organisateur de l’élection au vainqueur du Métaure52. Cependant, les élections consulaires sont décrites par Tite-Live après le triomphe des deux consuls de l’année, lesquels revinrent conjointement à Rome53. L’habitude des magistrats victorieux était en effet de célébrer leur triomphe dans les derniers jours de leur magistrature, ou dans le dernier mois, car le franchissement de la limite du pomerium éteignait l’imperium qui leur avait été confié pour mener la campagne militaire54. Le triomphe étant la manifestation d’une campagne victorieuse, donc achevée, il n’était plus nécessaire pour le consul de disposer d’une armée. C’est cependant grâce à ce même imperium que pouvaient être convoqués les comices centuriates55, le corps civique en armes, réunis exclusivement à l’extérieur du pomerium56. La justification de la dictature de 207 pourrait donc être l’extinction de l’imperium consulaire qui rendait impossible la convocation et la réunion des comices, sauf à reprendre l’imperium. Pressés par le temps et par la fin de l’année qui approchait, les consuls auraient préféré utiliser la dictature plutôt que d’avoir recours à l’interrègne, plus aléatoire, puisque la nomination d’un dictateur ne nécessitait que deux actions : la réunion du Sénat et la désignation d’un dictateur, ce que les consuls pouvaient effectuer en vertu de la consularis potestas, sans détenir un imperium.

    27Tite-Live indique la chronologie des triomphes avec une grande précision pour la période de la deuxième guerre punique et des années postérieures57 : il est possible de les confronter aux dates des comices. Ainsi, en 218, c’est au cours de la campagne qu’eurent lieu les comices consulaires pour l’année 217, organisés par Ti. Sempronius Gracchus58. La même procédure fut utilisée en 216 : le dictateur M. Iunius Pera fut rappelé à Rome, fit élire les consuls pour 215 et repartit en campagne59. Pour l’année 214, Tite-Live décrit précisément le parcours de Q. Fabius Maximus, consul chargé de la réunion des comices :

    Exitu anni eius Q. Fabius ex auctoritate senatus Puteolos, per bellum coeptum frequentari emporium, communiit praesidiumque imposuit. Inde Romam comitiorum causa ueniens in eum quem primum diem comitialem habuit comitia edixit atque ex itinere praeter urbem in campum descendit.60

    28Afin de ne pas éteindre son imperium, Fabius Maximus évita donc soigneusement d’entrer dans le pomerium et réunit les comices sur le Champ de Mars. Il entra ensuite dans la Ville (la première séance du Sénat de l’année est située sur le Capitole61), puis il dut prendre les auspices afin de repartir en campagne, une fois remplies ses obligations religieuses et il présida les comices censoriaux62.

    29Le même procédé semble utilisé pour les élections suivantes, au cours desquelles aucune rupture de commandement n’est connue entre la province initiale du consul, les élections et son retour en campagne63. En 193, les deux consuls, C. Cornelius Cethegus et Q. Minucius Thermus triomphèrent, l’un selon la procédure habituelle, l’autre sur les Monts Albains64. Tite-Live précise que les élections eurent lieu secundum triumphum65 (“après le triomphe”) mais sans préciser lequel des deux consuls les présida. Dans la mesure où Q. Minucius Thermus avait triomphé sur les Monts Albains et n’avait donc pas franchi le pomerium, il est probable qu’il ait organisé les élections plutôt que son collègue.

    30L’analyse des lieux de réunion du Sénat pour les demandes de triomphe entre 211 et 44 démontre qu’un magistrat revenu de campagne réunissait systématiquement le Sénat en dehors du pomerium s’il demandait le triomphe ou s’il devait repartir en campagne, afin de ne pas voir éteindre son imperium66. Le cas de l’élection pour l’année 184 démontre également l’incompatibilité entre la présence d’un consul dans le pomerium et la réunion par lui-même des comices centuriates67 : le sort avait désigné M. Sempronius Tuditanus pour organiser les élections consulaires et c’est bien lui qui les organisa68. Si Ap. Claudius put parcourir le forum sine lictoribus, c’est parce que son imperium s’était éteint quand il avait franchi le pomerium : il n’avait aucune raison de le conserver dans la mesure où les élections étaient organisées par son collègue.

    31À quatre reprises, Tite-Live précise les dates des élections consulaires : le 18 février 18769 et le 10 mars 17970, le 18 février 17171, le 28 janvier 16972. Les comices pour l’année 179 sont remarquables car ils furent organisés par Q. Fulvius, consul, qui venait de triompher : secundum triumphum comitia edixit73. Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées pour expliquer cette exception : la première serait liée à la distinction entre comitia edicere (“convoquer les comices”) et comitia habere (“tenir les comices”). L’un des deux actes nécessiterait un imperium, l’autre non. Si la convocation par édit nécessite l’imperium, Q. Fulvius avait pu le prendre avant le triomphe, ce qui paraît peu probable d’après la formulation de Tite‑Live. Si les deux actes sont dissociés, il est également possible que Q. Fulvius ait édicté la convocation et que son collègue L. Manlius Acidinus Fulvianus ait organisé l’élection. Le plus probable reste cependant qu’en cette circonstance, le consul qui n’avait plus d’imperium avait dû le prendre à nouveau74. La date tardive des comices, relevée par Tite-Live, serait alors due à la nécessité pour le consul de procéder à deux opérations : le vote d’une lex curiata lui conférant l’imperium, puis le vote des centuries lui-même75. Chacun de ces actes aurait nécessité un trinundinum entre la convocation et le vote, soit deux fois dix-huit jours76.

    32Le même problème se posa en 176 :

    C. Claudius consul ad urbem uenit ; cui, cum in senatu de rebus in Histria Liguribusque prospere gestis <disseruisset>, postulanti triumphus est decretus. Triumphauit in magistratu de duabus simul gentibus. […] <Cum is> triumphus de Liguribus agebatur, Ligures postquam senserunt non consularem tantum exercitum Romam abductum, sed legionem ab Ti. Claudio Pisis dimissam, soluti metu, clam exercitu indicto, per transuersos limites superatis montibus in campos degressi, agrum Mutinensem populati, repentino impetu coloniam ipsam ceperunt. Id ubi Romam allatum est, senatus C. Claudium consulem comitia primo quoque tempore habere iussit creatisque in annum magistratibus in prouinciam redire et coloniam ex hostibus eripere. Ita, uti censuit senatus, comitia habita. Consules creati Cn. Cornelius Scipio Hispallus Q. Petilius Spurinus. Praetores inde facti M. Popilius Laenas P. Licinius Crassus M. Cornelius Scipio L. Papirius Maso M. Aburius L. Aquilius Gallus.77

    33Le premier jour possible, indiqué par Tite-Live, pourrait tenir compte du trinundinum nécessaire à l’organisation des comices. C. Claudius Centho triompha le premier jour du mois intercalaire78. S’il avait besoin de dix-huit jours pour reprendre l’imperium, puis à nouveau de dix-huit jours pour organiser les élections, il pouvait organiser les élections au plus tôt le 10 mars, jour comitial79, soit avant l’entrée en fonction des nouveaux magistrats prévue le 15.

    34En 207, lorsque M. Livius Salinator et C. Claudius Nero rentrèrent à Rome pour triompher, ils ne disposaient peut-être pas de trente-six jours avant la fin de l’année. L’urgence et la volonté d’éviter un interrègne durent les pousser à demander la nomination d’un dictateur comitiorum habendorum causa, qui pouvait se soustraire au trinundinum requis pour le vote de la lex curiata (auquel le dictateur n’était pas soumis) et peut-être au trinundinum requis entre la convocation et la réunion des comices centuriates80.

    35Cette dictature n’était donc justifiée par aucune urgence politique et militaire mais seulement par la volonté des consuls de conserver l’organisation des élections. Ce fut également le cas pour la dernière dictature, qui eut lieu au début de l’année 20181, dans la dernière année de la deuxième guerre punique. Après elle, la procédure fut abandonnée, peut-être en raison de son utilisation abusive par les différentes factions politiques.

    La dernière dictature

    36Les tentatives de reconstruction de la chronologie des années 202/201 n’ont pu donner aucune conclusion satisfaisante82. La plupart des études se fondent, en effet, sur la mention d’une éclipse solaire le jour le plus marquant de l’année (lors de la bataille de Zama), qui a été identifiée comme l’éclipse du 19 octobre 202. Or seul Zonaras évoque cette éclipse83 qui pourrait être un simple lieu commun – une éclipse le jour d’une bataille considérée comme décisive – et ne pas correspondre à l’éclipse du 19 octobre. Celle-ci semble en effet avoir été particulièrement visible dans les régions tropicales84 mais beaucoup moins dans la zone de Carthage, en tout cas pas au point de mériter l’appellation ὁ ἥλιος σύµπας.

    Visibilité de l’éclipse du 19 octobre 20285

    37Si l’éclipse mentionnée par Zonaras était bien celle du 19 octobre 202, la donnée ne serait d’ailleurs d’aucune aide en raison du décalage du calendrier romain par rapport au calendrier astronomique et par manque de date romaine qui aurait permis de calculer ce décalage. L’absence de Zama des Fastes d’Ovide permet tout au plus de considérer que la bataille n’avait probablement pas eu lieu dans les six premiers mois de l’année86.

    38Tite-Live indique cependant quatre dates au cours de ce consulat : le départ des consuls pour la guerre, peu après les ludi Apollinares87 (13 juillet), la bataille contre Vermina le premier jour des Saturnalia88 (17 décembre), le début de la dictature avant la veille des ides de mars89 (avant le 14 mars) et sa fin après les ludi Ceriales90 (19 avril). La difficulté du récit livien réside dans l’alternance des événements africains et des événements italiens qui se chevauchent chronologiquement. Ainsi, les jeux organisés par les consuls avant leur départ sont racontés au début de l’année91, puis repris après le récit des batailles africaines92.

    39L’année 202 fut principalement occupée à Rome par le conflit entre partisans et opposants de Scipion. Les premiers souhaitaient qu’il conservât le commandement des armées d’Afrique jusqu’à la conclusion de la paix, les seconds au contraire voulaient que le commandement lui fût ôté ou, à défaut, qu’il fût au moins partagé. Pour éviter cette attribution, les partisans de Scipion, grâce à l’action de Q. Caecilius Metellus, et probablement assistés du consul M. Servilius firent voter un plébiscite attribuant la conduite de la guerre en Afrique à Scipion93. Les opposants, quant à eux, utilisèrent la crainte née du débarquement d’Hannibal en Afrique pour obtenir que l’un des consuls partît l’assister parique imperio cum Publio Scipione94.

    40Tite-Live attribue au consul Ti. Claudius Nero les retards dans son expédition vers l’Afrique, en raison de sa mauvaise volonté95, dont la cause est indiquée par l’auteur :

    Romae ad nuntium primum rebellionis Carthaginiensium trepidatum fuerat iussusque erat Ti. Claudius mature classem in Siciliam ducere atque inde in Africam traicere, et alter consul M. Seruilius ad urbem morari donec quo statu res in Africa essent sciretur. Segniter omnia in comparanda deducendaque classe ab Ti. Claudio consule facta erant quod patres de pace Scipionis potius arbitrium esse quibus legibus daretur quam consulis censuerant.96

    41Cependant, le pouvoir de faire la paix n’avait pas encore été attribué. Une première tentative l’année précédente avait abouti à un échec97 et Ti. Claudius disposait d’un pouvoir équivalent à celui de Scipion. Le consul était parvenu à se faire attribuer la province d’Afrique au début de l’année et aucune loi n’était venue ensuite indiquer lequel des deux serait en droit de dicter les conditions de la paix : cette loi ne fut proposée et adoptée que l’année suivante98. Si Ti. Claudius avait été si peu pressé de passer en Afrique, il aurait prétexté la mauvaise saison pour différer sa traversée et n’aurait pas pris la mer à ce moment.

    42Les raisons du retard de Ti. Claudius sont plutôt à chercher du côté de l’obstruction systématique pratiquée par les partisans de Scipion. Q. Cæcilius Metellus, veilla à ce que Scipion conservât son commandement : aux consuls échurent la province d’Étrurie (Servilius) et celle d’Afrique (Claudius). Pour retarder encore le départ de Claudius pour l’Afrique, les Scipionarii rappelèrent aux consuls leurs multiples obligations religieuses, notamment la nécessité de célébrer les jeux voués par le dictateur T. Manlius quelques années plus tôt99. Tite-Live nous apprend également que les consuls ne gagnèrent leur province qu’après les ludi Apollinares, célébrés à la mi-juillet. Ces obligations religieuses avaient probablement été rappelées par le pontifex maximus, P. Licinius Crassus Dives, qui avait été le collègue de Scipion au consulat en 205. Crassus, assisté des decemuiri sacris faciundis, était probablement aussi à l’origine des nombreuses expiations rendues nécessaires par les prodiges observés opportunément à l’annonce de la rupture de la trêve par les Carthaginois100 : ainsi, l’un des prodiges observés réclamait la célébration d’un sacrifice novendial, ce qui maintint encore les consuls à Rome pendant neuf jours. À force de retards, le consul Tiberius Claudius Nero partit de Rome vers l’Afrique probablement à la fin du mois de juillet, après les ludi Apollinares101. Loin de parvenir dans sa province, il essuya de nombreuses tempêtes entre Cosa, le port de départ en Étrurie, et Caralis au sud de la Sardaigne. Tandis qu’il était encore dans l’attente d’un nouveau départ, son mandat arriva à expiration, ce qui semble signifier que son expédition avait duré huit mois102.

    43L’action de l’autre consul, M. Servilius, semble également avoir été dictée par une tentative d’obstruction dans le but de retarder au maximum les élections consulaires :

    M. Seruilius, ne comitiorum causa ad urbem reuocaretur dictatore dicto C. Seruilio Gemino, in prouinciam est profectus ; dictator magistrum equitum P. Aelium Paetum dixit. Saepe comitia indicta perfici tempestates prohibuerunt ; itaque cum pridie idus Martias ueteres magistratus abissent, noui suffecti non essent, res publica sine curulibus magistratibus erat.103

    44Dans la mesure où le consul M. Servilius était à Rome et où la province d’Étrurie ne méritait pas de sa part une attention particulière, le précédent consul C. Servilius ayant été prorogé104, il devait avoir tout le loisir d’organiser les élections consulaires. La manœuvre visait donc à retarder la tenue des comices en attendant les derniers moments de l’année pour nommer un dictateur absent et permettre ainsi d’arriver au 15 mars – début de la nouvelle année – sans nouveau magistrat et sans interrègne. L’obstruction fut encore prolongée par les tempestates105 et d’autres recours : le décret du Sénat ordonnant au dictateur de célébrer les Cerealia prolongeait sa magistrature au moins jusqu’au 19 avril et repoussait encore les élections. C’était un mois supplémentaire donné à Scipion pour ne pas être menacé par un nouveau consul pressé de profiter de sa victoire.

    45Au cours de la dictature, la nouvelle de la victoire de Scipion à Zama arriva à Rome, portée par L. Veturius Philo. Il annonça par la même occasion la victoire sur Vermina106. Les deux nouvelles parvinrent donc à Rome après les ides de mars ce qui ne paraît pas en accord avec la chronologie fixée par Tite-Live :

    Inde procedentibus ad Tynetem nuntius allatus Verminam Syphacis filium cum equitibus pluribus quam peditibus uenire Carthaginiensibus auxilio. Pars exercitus cum omni equitatu missa, Saturnalibus primis agmen adgressa, Numidas leui certamine fudit.107

    46Le dernier combat aurait eu lieu le premier jour des Saturnales108, soit le 17 décembre. Cependant, il est peu probable que la nouvelle ait mis trois mois à parvenir à Rome, même si la navigation était difficile comme le montre l’odyssée de Ti. Claudius. Pour des raisons liées à la datation longtemps admise de la bataille de Zama le 19 octobre, le texte a été corrigé par de nombreux éditeurs. Saturnalibus primis est ainsi devenu turmalibus primis (“au premier combat”) ou maturantibus primis (“en toute hâte”)109. Le texte tient en effet difficilement mais en raison de l’annonce de la victoire en février/mars et non en raison de la date (inconnue) de Zama. Si l’on tient cependant à conserver l’idée d’une date, le texte peut être corrigé en terminalibus primis, ce qui mènerait au 23 février110. Quelle qu’ait été la date de l’annonce de la victoire de Scipion, elle intervint lors de la dictature de C. Servilius Geminus, avant les comices. Ces derniers purent alors avoir lieu sans crainte pour Scipion et virent l’élection au consulat de Cn. Cornelius Lentulus et P. Ælius Pætus, qui était maître de cavalerie de Servilius111.

    47Sur les onze dictatures connues pendant la deuxième guerre punique – les mieux documentées des dictatures classiques – huit avaient pour but d’organiser des élections. Les trois autres restent douteuses (celle de Fabius Buteo) ou indéterminées (probablement la dictature latine pour Fabius Maximus et la dictature comitiorum habendorum causa pour Iunius Pera). Loin d’avoir été le remède utilisé par les Romains pour répondre à une situation de crise et sauver la République en cas de péril – notamment militaire –, cette magistrature avait un simple aspect institutionnel nécessaire à la réunion des comices.

    48Les dernières dictatures, notamment celles de M. Livius Salinator et de C. Servilius Geminus avaient été institutionnellement inutiles. Elles avaient servi les intérêts d’un clan, ce qui a pu conduire les sénateurs à éviter, pour l’avenir, de recourir à cette magistrature exceptionnelle, une fois le danger carthaginois écarté.

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    Notes de bas de page

    1Toutes les traductions des citations latines sont personnelles.

    2D.H., Ant. Rom., 5.77.3.

    3Sur cette question, voir Nicolet 1964, 212-230, Beness 2005, 37-48, Hillard 2005, 344-348 et Stevenson 2005, 140-152.

    4Pour un point récent sur cette question, voir Ramsey 2016, 298-324.

    5On peut également citer Cincius Alimentus, Publius Scipio, Postumius Albinus et d’autres auteurs généralement considérés comme représentant l’annalistique ancienne. Les fragments subsistant de leurs ouvrages ne mentionnent cependant aucune dictature. Les historiens postérieurs, tels Lucius Pison ou Cœlius Antipater, n’avaient pour leur part connu aucun dictateur vivant.

    6Tite-Live indique Fabio auctori, ce qui pourrait également renvoyer à Q. Fabius Maximus Servilianus, mais dans la mesure où ce dernier n’est jamais cité par Tite-Live, qui par ailleurs se réfère à plusieurs reprises à Fabius Pictor en le désignant seulement par son nomen, il est probable que ce soit également le cas pour ce fragment. Tous les compilateurs de fragments (Peter, Chassignet, Cornell) classent celui‑ci parmi les fragments de Fabius Pictor.

    7FRHist 1 F 17 = Fabius Pictor fr. 24 Chassignet [= Liv. 8.30.3-10].

    8Il présentait l’exemplum du dictateur en conflit avec son maître de cavalerie, à l’image de Q. Fabius Maximus avec M. Minucius. T. J. Cornell indique en outre que l’épisode rapporté devait être une tradition familiale des Fabii non mentionnée dans les archives officielles (Cornell 2013, 34).

    9Ennius, Annales, 8 fr. 3 Skutsch [= Festus, p. 507 Lindsay] : “Sois ou dictateur ou maître de cavalerie ou consul” (toutes les traductions sont personnelles). Le terme equorum equitumque magister pourrait être une redondance due à la construction du vers (Skutsch 1985, 440).

    10Skutsch 1985, 438-439.

    11Liv. 38.56.12. Cette proposition a été considérée comme une reconstruction, pour en faire une attaque envers Sylla (De Sanctis 1936, 189-190), une allusion aux honneurs accordés à César (Mommsen 1879, 502-510), ou un exemple de moderatio suivie par César Auguste (Briscoe 2008, 200-201).

    12Cat., Orig., 2 fr. 28 Chassignet [= Fest. p. 128 Lindsay] : “Egerius Bæbius le Tusculan, dictateur latin, consacra le bois de Diane dans le bois d’Aricie”.

    13Cat., Orig., 4 fr. 13 Chassignet [= Gell., NA, 10.24.7] : “Ainsi, le maître de cavalerie annonça au dictateur des Carthaginois : ‘Envoie-moi à Rome avec la cavalerie ; au cinquième jour, ton dîner sera prêt sur le Capitole’”.

    14Cat., Orig., 4 fr. 14 Chassignet [= Gell., NA, 2.19.9] : “Ensuite, le dictateur ordonne le lendemain de faire venir le maître de la cavalerie : ‘Je t’enverrai, si tu veux, avec la cavalerie – Trop tard, répondit le maître de la cavalerie, ils savent déjà’”.

    15Le maître de la cavalerie évoqué pourrait, quant à lui, être Maharbal, Magon ou Hannon. Voir à ce sujet : Cornell 2013, 127.

    16Les dates indiquées sont généralement en décalage d’une année avec celles données par T. R. S. Broughton qui les mentionne au cours des années consulaires. Ainsi, la date de la dictature de C. Servilius Geminus donnée pour 202 (Broughton 1951, 316) alors qu’elle eut lieu au début de l’année 201, en raison du début de l’année romaine fixée à la mi-mars. Les différentes causae données par les documents sont : interregni causa (“en raison de l’interrègne”) ; comitiorum habendorum causa (CHC) (“en raison des comices devant être organisés”) ; rei gerundae causa (RGC) (“en raison des affaires à gérer”) ; senatus legendi causa (SLC) (“en raison du Sénat à choisir”) et ludorum faciendorum causa (LFC) (“en raison des jeux à organiser”). Pour l’année 207, A. Degrassi, très confiant, indique une dictature rei g(erund(ae) et c(omitiorum) [h(abendorum) causa], à la faveur du sommet d’un EI pour REI. Toutefois, l’état de la pierre ne permet de distinguer aucune lettre après DICT.

    17Liv. 22.8.5-6.

    18Par exemple chez Polybe (Plb. 3.87-88 ; 103-105) ou Tite-Live (Liv. 22.8.1-18.10 ; 23.1-31.11).

    19Briscoe 2020, 145-146, suivant Walbank 1957, 192-193, lui-même s’appuyant sur Gelzer 1933, 50 et Klotz 1940, 156. Il n’existe toutefois aucune preuve que cette tradition repose sur Fabius Pictor.

    20Voir sur ce sujet les difficultés mises en évidence par Walbank 1957, 410-411.

    21D’après Polybe, il atteignit la côte adriatique au dixième jour après Trasimène (Plb. 3.88.8).

    22Le terme n’est jamais indiqué par les auteurs mais les actions du dictateur semblent a priori correspondre à ce type de dictature.

    23Liv. 22.31.8-11.

    24Liv. 22.8.5.

    25Polybe n’évoque pas cette dictature. Pour Zonaras, si Atilius fut dictateur, il n’accomplit aucune action mémorable (Zonar. 8.15) ce qui pourrait laisser penser à une classique dictature comitiorum habendorum causa.

    26Liv. 22.8.7 : J. Briscoe écarte la possibilité que le fleuve en question soit le Nar, trop loin pour être accessible à temps (Briscoe 2020, 176-177) ; en outre, la largeur moyenne du Nar ne semble pas nécessiter pour un général motivé par l’idée de prendre Rome un pont afin de le traverser.

    27Briscoe 2020, 177.

    28Sur le nombre de ponts à traverser pour rejoindre Ocriculum, voir Ballance 1951, 78-117.

    29Bourdin 2012, 289-292.

    30Voir Cat., Orig., 2 fr. 28 Chassignet [= Fest. p. 128 Lindsay].

    31Liv. 22.10.9-10. Il s’agit de la seule attestation d’un ver sacrum romain. Sur ce printemps sacré, voir : Heurgon 1957, 36-51.

    32Sumner 1975, 250-259.

    33Plb. 3.106.1 ; Liv. 22.25.16.

    34Bourdin 2012, 296.

    35Liv. 22.11.6.

    36Bourdin 2012, 294-295. On notera que les deux étapes de l’armée de Fabius Maximus sont Tibur, puis Préneste (Liv. 22.12.1), qui forment avec Lavinium les trois cités qui demeurent des socii.

    37Sur la désignation du dictateur des Latins, voir Sanchez 2014, 19-20. La procédure de désignation des commandants de l’armée de la ligue n’est pas connue mais il n’est pas impossible de désigner deux Romains : d’après Tite-Live, le cas s’était produit, avec le commandement de L. Annius et L. Numisius, deux citoyens de colonies romaines (Liv. 8.3.9). Il est également possible de désigner un commandant qui n’exerçait aucune fonction politique ou militaire à Rome, comme T. Quinctius l’avait été (Liv. 3.4.10).

    38Liv. 23.19.1-12.

    39InscrIt.,13.1, 47.

    40La mention par Plutarque (Fab., 9.4-5) provient probablement de Tite-Live et Jean le Lydien ne donne pas de noms pour les dictateurs de la deuxième guerre punique. Il paraît dès lors aventureux d’assimiler l’un des deux à Fabius Buteo (contra Broughton 1951, 248).

    41Liv. 23.22.10.

    42Liv. 23.22.11.

    43InscrIt., 13.1, 47.

    44Liv. 23.23.1.

    45Liv. 23.23.1-9.

    46Sur les problématiques contemporaines de la dictature de Buteo dans le récit de Tite-Live, voir Levene 2010, 40-41.

    47Liv. 25.2.3-5.

    48Liv. 27.5.14-19.

    49Liv. 27.33.6-35.2.

    50Liv. 29.10.1-3.

    51Liv. 30.24.3-4.

    52Broughton 1951, 298, avec la bibliographie (ancienne) sur le sujet. Hypothèse contestée par F. Pina Polo (Pina Polo 2011, 192-193 n. 6), sans offrir de meilleure explication.

    53Sur les circonstances et la chronologie de ces triomphes particuliers, voir : Bastien 2007, 198-201.

    54Sur la question de l’imperium et du triomphe, voir Drogula 2017, 419-452.

    55Déjà Mommsen 1887b, 399-400. Sur le rôle des comices centuriates, populus en armes, voir : Sandberg 2001, 123-131.

    56Gell., NA, 15.27.5.

    57Les cas de doubles triomphes consulaires ne sont pas rares : 505, 503, 462, 459, 449, 360, 343, 338, 329, 322, 311, 304, 294, 293, 275, 272, 268, 267, 266, 241, 233, 223, 187, 175, 166, 155 (InscrIt., 13.1, 65-87), L’analyse du lien chronologique entre le triomphe et les comices centuriates est cependant rendu difficile par l’absence générale de données sur les dates de ces derniers. La chronologie pour ces années est particulièrement incertaine et les dates de triomphes pourraient ne pas correspondre aux fins d’années consulaires : on en trouve en janvier, en février, en mai et en septembre. Il est difficile d’essayer d’en tirer quelque conclusion sur les pratiques comitiales.

    58Liv. 21.15.6 ; 21.57.3-4.

    59Liv. 23.24.1-5.

    60Liv. 24.7.10-12 : “Cette année arrivant à son terme, Quintus Fabius, sur ordre du Sénat, fortifia Pouzzoles, comptoir fréquenté durant la guerre, et imposa une garnison. Puis, venant à Rome en raison des comices, il les convoqua pour le premier jour comitial et se rendit au Champ de Mars, sans entrer dans la Ville”.

    61Liv. 24.10.1.

    62Liv. 24.11.1-6.

    63Par exemple : Liv. 29.38.1-5. En 199, le consul Lentulus ne fit aucune campagne : il fut occupé par les comices censoriaux, puis par les comices consulaires, sans qu’on note entre les deux élections le moindre événement qui dût l’obliger à revenir dans le pomerium (Liv. 32.7.1-11). De même, en 194, le consul L. Valerius ne revint à Rome que pour les comices et repartit immédiatement après (Liv. 34.42.2‑4) et en 188 pour M. Fulvius Nobilior (Liv. 38.35.1-3).

    64Liv. 33.23.1-9.

    65Liv. 33.24.1.

    66Bonnefond-Coudry 1993, 137-151.

    67Liv. 39.32.5-13.

    68Briscoe 2008, 330-333.

    69Liv. 38.42.1-2.

    70Liv. 40.59.4-5.

    71Liv. 42.28.4.

    72Liv. 43.11.5.

    73Liv. 40.59.4 : “À la suite du triomphe, il convoqua les comices”.

    74Reprendre l’imperium qui avait été éteint pour des raisons diverses est possible : ainsi, en 266, les deux consuls triomphèrent donc perdirent leur imperium, puis avaient probablement dû le reprendre pour mener une nouvelle campagne et triompher à nouveau.

    75Dans l’étude du droit public romain, la lex curiata et son lien avec l’imperium relèvent généralement de la conviction personnelle de l’historien, plus ou moins fondée sur les auteurs anciens, et aboutissent à l’établissement de règles constitutionnelles fondées sur quelques cas admettant de nombreuses exceptions afin de faire admettre la règle (voir l’état de la question par Stasse 2005, 375-400). A. Magdelain avait noté la difficulté pour un magistrat de réunir les comices curiates pour recevoir l’imperium en faisant voter une loi en vertu d’un imperium qu’il ne possédait donc pas encore (Magdelain 1968, 26-35). Cependant, la réunion des comices curiates, au contraire de celle des comices centuriates, n’est pas un acte militaire nécessitant l’imperium. C’est donc en vertu de sa potestas consulaire que le consul pouvait convoquer les comices curiates qui pouvaient ensuite lui conférer l’imperium. Le jour de ces comices curiates n’était pas nécessairement celui de l’entrée en charge des consuls : ils avaient, avant de partir en campagne, de nombreuses actions à effectuer, y compris dans l’enceinte du pomerium, qui ne nécessitaient pas d’imperium, comme la réunion du Sénat. D’autres théories indiquent la possibilité, pour les consuls, de réunir les comices curiates le jour de leur entrée en charge, en supposant que l’imperium n’était pas lié à la lex curiata et que le trinundinum ne s’appliquait pas pour les lois curiates (van Haeperen 2012, 92, suivant Magdelain 1968, 27 n. 2, suivant Mommsen 1887a, 610 n. 5). Cette absence de trinundinum pour la lex curiata n’est cependant pas attestée pour les interrois et les dictateurs. Il est permis d’envisager que la convocation des comices par un interroi ou par un dictateur n’était pas soumise à la règle du trinundinum, puisque l’interroi n’aurait jamais été en mesure de présider les élections qu’il avait convoquées. La plupart des interrègnes durèrent certes plus de quatre interrois (durée minimale pour inclure un trinundinum), mais certains d’entre eux, bien qu’archaïques, ne durèrent que le temps de deux (D.H., Ant. Rom., 8.90.5 ; Liv. 10.11.10 ; également Liv. 7.22.2-3 : le cas est ici litigieux puisque l’interrègne suit une dictature ayant tenté d’organiser les comices consulaires, comme Liv. 9.7.15) ou trois interrois (Liv. 5.17.3), sauf à considérer que Tite-Live et Denys d’Halicarnasse ou leurs sources aient oublié des interrois ou aient eu accès à une liste fragmentaire. On conçoit cependant difficilement qu’une charge ait existé dont la durée d’exercice empêchait le succès de l’unique objet la justifiant.

    76Lintott 1965, 281-285.

    77Liv. 41.13.6 ; 41.14.5 : “Le consul C. Claudius vint à Rome ; quand il eut fait le compte rendu de ses actions en Histrie et chez les Ligures, on lui accorda le triomphe sur sa demande. Il triompha pendant sa magistrature sur ces deux peuples en même temps. […] Comme on triomphait des Ligures, ceux-ci après avoir constaté non seulement qu’on avait ramené à Rome l’armée consulaire mais que la légion de Pise avait été démobilisée par Ti. Claudius, ainsi libérés de leur crainte, recrutèrent secrètement une armée et reprirent la colonie, après avoir traversé les montagnes par des sentiers obliques et dévasté la campagne de Modène. Quand cela fut connu à Rome, le Sénat ordonna au consul C. Claudius de réunir les comices au plus vite et ayant fait élire les magistrats de l’année, de retourner dans sa province et de reprendre la colonie aux ennemis. Ainsi, comme le Sénat l’avait ordonné, les comices furent tenus. Cn. Cornelius Scipio Hispalus et Q. Petilius Spurinus furent élus consuls. Ensuite, furent élus préteurs : M. Popilius Laenas, P. Licinius Crassus, M. Cornelius Scipio, L. Papirius Maso, M. Aburius et L. Aquilius Gallus”.

    78InscrIt. 13.1, 81.

    79Tout comme les 11 et 12 mars (Brind’Amour 1983, 221).

    80D’après cette hypothèse, le double triomphe de Livius et Claudius aurait eu lieu entre le 4 février et le 10 mars 206.

    81La plupart des auteurs, à l’image de T. R. S. Broughton, la place en 202, puisqu’elle est indiquée par Tite‑Live comme ayant eu lieu sous le consulat de M. Servilius Geminus et Ti. Claudius Nero (Broughton 1951, 315-316) mais les élections eurent probablement lieu dans les derniers mois de ce consulat, soit au début de l’année 201.

    82Voir les résultats contradictoires dans Marchetti 1973, 473-496 ; Brind’Amour 1983, 167-174.

    83Zonar. 9.14.

    84Espanak 2009, A-74.

    85L’année 0201 correspond à l’année 202 (les calculs astronomiques incluent une année 0).

    86Il est également possible que la donnée n’ait pas intéressé le poète.

    87Liv. 30.27.11 ; 30.39.1.

    88Liv. 30.36.8.

    89Liv. 30.39.5.

    90Liv. 30.39.8.

    91Liv. 30.27.11-12.

    92Liv. 30.38.10-12.

    93Liv. 30.27.1-3.

    94Liv. 30.27.5 : “avec un pouvoir égal à celui de P. Scipion”. Cette crainte était née des paroles de Quintus Fabius Maximus (mort depuis), probablement rappelées opportunément par un opposant (Liv. 30.28.2-3).

    95Liv. 30.38.7.

    96Liv. 30.38.6-7 : “Aux premières nouvelles de la reprise des hostilités par les Carthaginois, l’inquiétude gagna Rome et il fut ordonné à Tiberius Claudius de conduire promptement la flotte en Sicile et de là de la faire passer en Afrique. À l’autre consul Marcus Servilius, il fut ordonné d’attendre dans la Ville, jusqu’à ce que l’on sache la marche des événements en Afrique. Toutes les opérations, dans la préparation et la conduite de la flotte, furent menées avec lenteur par le consul Tiberius Claudius, parce que le Sénat avait décidé que le pouvoir de faire la paix serait attribué à Scipion plutôt qu’au consul”.

    97Liv. 30.23.1-8.

    98Liv. 30.43.1-13.

    99Liv. 30.27.11. Pour le vœu de Titus Manlius : Liv. 27.33.8.

    100Liv. 30.38.8-11.

    101Il s’agit de sa dernière action à Rome, mais il y resta peut-être encore quelques temps.

    102D’après Zonaras, cependant, il put passer en Sicile où il apprit la nouvelle de la victoire de Scipion et rentra ensuite à Rome (Zon. 9.14).

    103Liv. 30.39.4-5 : “M. Servilius, ayant nommé C. Servilius Geminus dictateur pour ne pas être rappelé à Rome pour tenir les comices, partit en direction de sa province. Le dictateur nomma P. Ælius Pætus maître de cavalerie. À de nombreuses reprises, le temps qu’il faisait empêcha la tenue des comices jusqu’à leur terme ; ainsi, comme la veille des ides de mars les anciens magistrats étaient sortis de charges et les nouveaux remplaçants n’étaient pas élus, l’État se trouva sans magistrat curule”.

    104Liv. 30.27.6.

    105Les tempestates peuvent être les intempéries (difficilement contrôlables) mais également des calamités diverses, peut-être laissées à l’appréciation des prêtres.

    106Liv. 30.30.1-3. Ces nouvelles permettaient également de faire voter trois jours de supplications, retardant encore les comices.

    107Liv. 30.36.7-8 (édition Conway 1935) : “Ensuite, revenant vers Tynes, la nouvelle leur parvint que Vermina, le fils de Syphax, venait en aide aux Carthaginois avec une cavalerie plus grande que l’infanterie. Une partie de l’armée envoyée, avec toute la cavalerie, l’attaque le premier jour des Saturnales et dispersa les Numides dans un bref combat”.

    108Liv. 30.36.8.

    109Voir pour ce débat : Moore 1949, 552-554 ; Brind’Amour 1983, 173-174.

    110Le sens de primis serait toutefois différent, puisque les Terminalia ne duraient qu’une seule journée. Il faudrait alors entendre “aux premiers temps des Terminalia” ou “au tout début des Terminalia”. Le sens pourrait être le même pour les Saturnalia dans la mesure où à l’époque de la deuxième guerre punique – et encore à celle de la possible source de Tite-Live – les Saturnalia ne duraient qu’une journée (voir à ce propos l’explication dans l’édition Weissenborn-Müller).

    111Liv. 30.40.5.

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    • Alexis Mészáros
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    1Toutes les traductions des citations latines sont personnelles.

    2D.H., Ant. Rom., 5.77.3.

    3Sur cette question, voir Nicolet 1964, 212-230, Beness 2005, 37-48, Hillard 2005, 344-348 et Stevenson 2005, 140-152.

    4Pour un point récent sur cette question, voir Ramsey 2016, 298-324.

    5On peut également citer Cincius Alimentus, Publius Scipio, Postumius Albinus et d’autres auteurs généralement considérés comme représentant l’annalistique ancienne. Les fragments subsistant de leurs ouvrages ne mentionnent cependant aucune dictature. Les historiens postérieurs, tels Lucius Pison ou Cœlius Antipater, n’avaient pour leur part connu aucun dictateur vivant.

    6Tite-Live indique Fabio auctori, ce qui pourrait également renvoyer à Q. Fabius Maximus Servilianus, mais dans la mesure où ce dernier n’est jamais cité par Tite-Live, qui par ailleurs se réfère à plusieurs reprises à Fabius Pictor en le désignant seulement par son nomen, il est probable que ce soit également le cas pour ce fragment. Tous les compilateurs de fragments (Peter, Chassignet, Cornell) classent celui‑ci parmi les fragments de Fabius Pictor.

    7FRHist 1 F 17 = Fabius Pictor fr. 24 Chassignet [= Liv. 8.30.3-10].

    8Il présentait l’exemplum du dictateur en conflit avec son maître de cavalerie, à l’image de Q. Fabius Maximus avec M. Minucius. T. J. Cornell indique en outre que l’épisode rapporté devait être une tradition familiale des Fabii non mentionnée dans les archives officielles (Cornell 2013, 34).

    9Ennius, Annales, 8 fr. 3 Skutsch [= Festus, p. 507 Lindsay] : “Sois ou dictateur ou maître de cavalerie ou consul” (toutes les traductions sont personnelles). Le terme equorum equitumque magister pourrait être une redondance due à la construction du vers (Skutsch 1985, 440).

    10Skutsch 1985, 438-439.

    11Liv. 38.56.12. Cette proposition a été considérée comme une reconstruction, pour en faire une attaque envers Sylla (De Sanctis 1936, 189-190), une allusion aux honneurs accordés à César (Mommsen 1879, 502-510), ou un exemple de moderatio suivie par César Auguste (Briscoe 2008, 200-201).

    12Cat., Orig., 2 fr. 28 Chassignet [= Fest. p. 128 Lindsay] : “Egerius Bæbius le Tusculan, dictateur latin, consacra le bois de Diane dans le bois d’Aricie”.

    13Cat., Orig., 4 fr. 13 Chassignet [= Gell., NA, 10.24.7] : “Ainsi, le maître de cavalerie annonça au dictateur des Carthaginois : ‘Envoie-moi à Rome avec la cavalerie ; au cinquième jour, ton dîner sera prêt sur le Capitole’”.

    14Cat., Orig., 4 fr. 14 Chassignet [= Gell., NA, 2.19.9] : “Ensuite, le dictateur ordonne le lendemain de faire venir le maître de la cavalerie : ‘Je t’enverrai, si tu veux, avec la cavalerie – Trop tard, répondit le maître de la cavalerie, ils savent déjà’”.

    15Le maître de la cavalerie évoqué pourrait, quant à lui, être Maharbal, Magon ou Hannon. Voir à ce sujet : Cornell 2013, 127.

    16Les dates indiquées sont généralement en décalage d’une année avec celles données par T. R. S. Broughton qui les mentionne au cours des années consulaires. Ainsi, la date de la dictature de C. Servilius Geminus donnée pour 202 (Broughton 1951, 316) alors qu’elle eut lieu au début de l’année 201, en raison du début de l’année romaine fixée à la mi-mars. Les différentes causae données par les documents sont : interregni causa (“en raison de l’interrègne”) ; comitiorum habendorum causa (CHC) (“en raison des comices devant être organisés”) ; rei gerundae causa (RGC) (“en raison des affaires à gérer”) ; senatus legendi causa (SLC) (“en raison du Sénat à choisir”) et ludorum faciendorum causa (LFC) (“en raison des jeux à organiser”). Pour l’année 207, A. Degrassi, très confiant, indique une dictature rei g(erund(ae) et c(omitiorum) [h(abendorum) causa], à la faveur du sommet d’un EI pour REI. Toutefois, l’état de la pierre ne permet de distinguer aucune lettre après DICT.

    17Liv. 22.8.5-6.

    18Par exemple chez Polybe (Plb. 3.87-88 ; 103-105) ou Tite-Live (Liv. 22.8.1-18.10 ; 23.1-31.11).

    19Briscoe 2020, 145-146, suivant Walbank 1957, 192-193, lui-même s’appuyant sur Gelzer 1933, 50 et Klotz 1940, 156. Il n’existe toutefois aucune preuve que cette tradition repose sur Fabius Pictor.

    20Voir sur ce sujet les difficultés mises en évidence par Walbank 1957, 410-411.

    21D’après Polybe, il atteignit la côte adriatique au dixième jour après Trasimène (Plb. 3.88.8).

    22Le terme n’est jamais indiqué par les auteurs mais les actions du dictateur semblent a priori correspondre à ce type de dictature.

    23Liv. 22.31.8-11.

    24Liv. 22.8.5.

    25Polybe n’évoque pas cette dictature. Pour Zonaras, si Atilius fut dictateur, il n’accomplit aucune action mémorable (Zonar. 8.15) ce qui pourrait laisser penser à une classique dictature comitiorum habendorum causa.

    26Liv. 22.8.7 : J. Briscoe écarte la possibilité que le fleuve en question soit le Nar, trop loin pour être accessible à temps (Briscoe 2020, 176-177) ; en outre, la largeur moyenne du Nar ne semble pas nécessiter pour un général motivé par l’idée de prendre Rome un pont afin de le traverser.

    27Briscoe 2020, 177.

    28Sur le nombre de ponts à traverser pour rejoindre Ocriculum, voir Ballance 1951, 78-117.

    29Bourdin 2012, 289-292.

    30Voir Cat., Orig., 2 fr. 28 Chassignet [= Fest. p. 128 Lindsay].

    31Liv. 22.10.9-10. Il s’agit de la seule attestation d’un ver sacrum romain. Sur ce printemps sacré, voir : Heurgon 1957, 36-51.

    32Sumner 1975, 250-259.

    33Plb. 3.106.1 ; Liv. 22.25.16.

    34Bourdin 2012, 296.

    35Liv. 22.11.6.

    36Bourdin 2012, 294-295. On notera que les deux étapes de l’armée de Fabius Maximus sont Tibur, puis Préneste (Liv. 22.12.1), qui forment avec Lavinium les trois cités qui demeurent des socii.

    37Sur la désignation du dictateur des Latins, voir Sanchez 2014, 19-20. La procédure de désignation des commandants de l’armée de la ligue n’est pas connue mais il n’est pas impossible de désigner deux Romains : d’après Tite-Live, le cas s’était produit, avec le commandement de L. Annius et L. Numisius, deux citoyens de colonies romaines (Liv. 8.3.9). Il est également possible de désigner un commandant qui n’exerçait aucune fonction politique ou militaire à Rome, comme T. Quinctius l’avait été (Liv. 3.4.10).

    38Liv. 23.19.1-12.

    39InscrIt.,13.1, 47.

    40La mention par Plutarque (Fab., 9.4-5) provient probablement de Tite-Live et Jean le Lydien ne donne pas de noms pour les dictateurs de la deuxième guerre punique. Il paraît dès lors aventureux d’assimiler l’un des deux à Fabius Buteo (contra Broughton 1951, 248).

    41Liv. 23.22.10.

    42Liv. 23.22.11.

    43InscrIt., 13.1, 47.

    44Liv. 23.23.1.

    45Liv. 23.23.1-9.

    46Sur les problématiques contemporaines de la dictature de Buteo dans le récit de Tite-Live, voir Levene 2010, 40-41.

    47Liv. 25.2.3-5.

    48Liv. 27.5.14-19.

    49Liv. 27.33.6-35.2.

    50Liv. 29.10.1-3.

    51Liv. 30.24.3-4.

    52Broughton 1951, 298, avec la bibliographie (ancienne) sur le sujet. Hypothèse contestée par F. Pina Polo (Pina Polo 2011, 192-193 n. 6), sans offrir de meilleure explication.

    53Sur les circonstances et la chronologie de ces triomphes particuliers, voir : Bastien 2007, 198-201.

    54Sur la question de l’imperium et du triomphe, voir Drogula 2017, 419-452.

    55Déjà Mommsen 1887b, 399-400. Sur le rôle des comices centuriates, populus en armes, voir : Sandberg 2001, 123-131.

    56Gell., NA, 15.27.5.

    57Les cas de doubles triomphes consulaires ne sont pas rares : 505, 503, 462, 459, 449, 360, 343, 338, 329, 322, 311, 304, 294, 293, 275, 272, 268, 267, 266, 241, 233, 223, 187, 175, 166, 155 (InscrIt., 13.1, 65-87), L’analyse du lien chronologique entre le triomphe et les comices centuriates est cependant rendu difficile par l’absence générale de données sur les dates de ces derniers. La chronologie pour ces années est particulièrement incertaine et les dates de triomphes pourraient ne pas correspondre aux fins d’années consulaires : on en trouve en janvier, en février, en mai et en septembre. Il est difficile d’essayer d’en tirer quelque conclusion sur les pratiques comitiales.

    58Liv. 21.15.6 ; 21.57.3-4.

    59Liv. 23.24.1-5.

    60Liv. 24.7.10-12 : “Cette année arrivant à son terme, Quintus Fabius, sur ordre du Sénat, fortifia Pouzzoles, comptoir fréquenté durant la guerre, et imposa une garnison. Puis, venant à Rome en raison des comices, il les convoqua pour le premier jour comitial et se rendit au Champ de Mars, sans entrer dans la Ville”.

    61Liv. 24.10.1.

    62Liv. 24.11.1-6.

    63Par exemple : Liv. 29.38.1-5. En 199, le consul Lentulus ne fit aucune campagne : il fut occupé par les comices censoriaux, puis par les comices consulaires, sans qu’on note entre les deux élections le moindre événement qui dût l’obliger à revenir dans le pomerium (Liv. 32.7.1-11). De même, en 194, le consul L. Valerius ne revint à Rome que pour les comices et repartit immédiatement après (Liv. 34.42.2‑4) et en 188 pour M. Fulvius Nobilior (Liv. 38.35.1-3).

    64Liv. 33.23.1-9.

    65Liv. 33.24.1.

    66Bonnefond-Coudry 1993, 137-151.

    67Liv. 39.32.5-13.

    68Briscoe 2008, 330-333.

    69Liv. 38.42.1-2.

    70Liv. 40.59.4-5.

    71Liv. 42.28.4.

    72Liv. 43.11.5.

    73Liv. 40.59.4 : “À la suite du triomphe, il convoqua les comices”.

    74Reprendre l’imperium qui avait été éteint pour des raisons diverses est possible : ainsi, en 266, les deux consuls triomphèrent donc perdirent leur imperium, puis avaient probablement dû le reprendre pour mener une nouvelle campagne et triompher à nouveau.

    75Dans l’étude du droit public romain, la lex curiata et son lien avec l’imperium relèvent généralement de la conviction personnelle de l’historien, plus ou moins fondée sur les auteurs anciens, et aboutissent à l’établissement de règles constitutionnelles fondées sur quelques cas admettant de nombreuses exceptions afin de faire admettre la règle (voir l’état de la question par Stasse 2005, 375-400). A. Magdelain avait noté la difficulté pour un magistrat de réunir les comices curiates pour recevoir l’imperium en faisant voter une loi en vertu d’un imperium qu’il ne possédait donc pas encore (Magdelain 1968, 26-35). Cependant, la réunion des comices curiates, au contraire de celle des comices centuriates, n’est pas un acte militaire nécessitant l’imperium. C’est donc en vertu de sa potestas consulaire que le consul pouvait convoquer les comices curiates qui pouvaient ensuite lui conférer l’imperium. Le jour de ces comices curiates n’était pas nécessairement celui de l’entrée en charge des consuls : ils avaient, avant de partir en campagne, de nombreuses actions à effectuer, y compris dans l’enceinte du pomerium, qui ne nécessitaient pas d’imperium, comme la réunion du Sénat. D’autres théories indiquent la possibilité, pour les consuls, de réunir les comices curiates le jour de leur entrée en charge, en supposant que l’imperium n’était pas lié à la lex curiata et que le trinundinum ne s’appliquait pas pour les lois curiates (van Haeperen 2012, 92, suivant Magdelain 1968, 27 n. 2, suivant Mommsen 1887a, 610 n. 5). Cette absence de trinundinum pour la lex curiata n’est cependant pas attestée pour les interrois et les dictateurs. Il est permis d’envisager que la convocation des comices par un interroi ou par un dictateur n’était pas soumise à la règle du trinundinum, puisque l’interroi n’aurait jamais été en mesure de présider les élections qu’il avait convoquées. La plupart des interrègnes durèrent certes plus de quatre interrois (durée minimale pour inclure un trinundinum), mais certains d’entre eux, bien qu’archaïques, ne durèrent que le temps de deux (D.H., Ant. Rom., 8.90.5 ; Liv. 10.11.10 ; également Liv. 7.22.2-3 : le cas est ici litigieux puisque l’interrègne suit une dictature ayant tenté d’organiser les comices consulaires, comme Liv. 9.7.15) ou trois interrois (Liv. 5.17.3), sauf à considérer que Tite-Live et Denys d’Halicarnasse ou leurs sources aient oublié des interrois ou aient eu accès à une liste fragmentaire. On conçoit cependant difficilement qu’une charge ait existé dont la durée d’exercice empêchait le succès de l’unique objet la justifiant.

    76Lintott 1965, 281-285.

    77Liv. 41.13.6 ; 41.14.5 : “Le consul C. Claudius vint à Rome ; quand il eut fait le compte rendu de ses actions en Histrie et chez les Ligures, on lui accorda le triomphe sur sa demande. Il triompha pendant sa magistrature sur ces deux peuples en même temps. […] Comme on triomphait des Ligures, ceux-ci après avoir constaté non seulement qu’on avait ramené à Rome l’armée consulaire mais que la légion de Pise avait été démobilisée par Ti. Claudius, ainsi libérés de leur crainte, recrutèrent secrètement une armée et reprirent la colonie, après avoir traversé les montagnes par des sentiers obliques et dévasté la campagne de Modène. Quand cela fut connu à Rome, le Sénat ordonna au consul C. Claudius de réunir les comices au plus vite et ayant fait élire les magistrats de l’année, de retourner dans sa province et de reprendre la colonie aux ennemis. Ainsi, comme le Sénat l’avait ordonné, les comices furent tenus. Cn. Cornelius Scipio Hispalus et Q. Petilius Spurinus furent élus consuls. Ensuite, furent élus préteurs : M. Popilius Laenas, P. Licinius Crassus, M. Cornelius Scipio, L. Papirius Maso, M. Aburius et L. Aquilius Gallus”.

    78InscrIt. 13.1, 81.

    79Tout comme les 11 et 12 mars (Brind’Amour 1983, 221).

    80D’après cette hypothèse, le double triomphe de Livius et Claudius aurait eu lieu entre le 4 février et le 10 mars 206.

    81La plupart des auteurs, à l’image de T. R. S. Broughton, la place en 202, puisqu’elle est indiquée par Tite‑Live comme ayant eu lieu sous le consulat de M. Servilius Geminus et Ti. Claudius Nero (Broughton 1951, 315-316) mais les élections eurent probablement lieu dans les derniers mois de ce consulat, soit au début de l’année 201.

    82Voir les résultats contradictoires dans Marchetti 1973, 473-496 ; Brind’Amour 1983, 167-174.

    83Zonar. 9.14.

    84Espanak 2009, A-74.

    85L’année 0201 correspond à l’année 202 (les calculs astronomiques incluent une année 0).

    86Il est également possible que la donnée n’ait pas intéressé le poète.

    87Liv. 30.27.11 ; 30.39.1.

    88Liv. 30.36.8.

    89Liv. 30.39.5.

    90Liv. 30.39.8.

    91Liv. 30.27.11-12.

    92Liv. 30.38.10-12.

    93Liv. 30.27.1-3.

    94Liv. 30.27.5 : “avec un pouvoir égal à celui de P. Scipion”. Cette crainte était née des paroles de Quintus Fabius Maximus (mort depuis), probablement rappelées opportunément par un opposant (Liv. 30.28.2-3).

    95Liv. 30.38.7.

    96Liv. 30.38.6-7 : “Aux premières nouvelles de la reprise des hostilités par les Carthaginois, l’inquiétude gagna Rome et il fut ordonné à Tiberius Claudius de conduire promptement la flotte en Sicile et de là de la faire passer en Afrique. À l’autre consul Marcus Servilius, il fut ordonné d’attendre dans la Ville, jusqu’à ce que l’on sache la marche des événements en Afrique. Toutes les opérations, dans la préparation et la conduite de la flotte, furent menées avec lenteur par le consul Tiberius Claudius, parce que le Sénat avait décidé que le pouvoir de faire la paix serait attribué à Scipion plutôt qu’au consul”.

    97Liv. 30.23.1-8.

    98Liv. 30.43.1-13.

    99Liv. 30.27.11. Pour le vœu de Titus Manlius : Liv. 27.33.8.

    100Liv. 30.38.8-11.

    101Il s’agit de sa dernière action à Rome, mais il y resta peut-être encore quelques temps.

    102D’après Zonaras, cependant, il put passer en Sicile où il apprit la nouvelle de la victoire de Scipion et rentra ensuite à Rome (Zon. 9.14).

    103Liv. 30.39.4-5 : “M. Servilius, ayant nommé C. Servilius Geminus dictateur pour ne pas être rappelé à Rome pour tenir les comices, partit en direction de sa province. Le dictateur nomma P. Ælius Pætus maître de cavalerie. À de nombreuses reprises, le temps qu’il faisait empêcha la tenue des comices jusqu’à leur terme ; ainsi, comme la veille des ides de mars les anciens magistrats étaient sortis de charges et les nouveaux remplaçants n’étaient pas élus, l’État se trouva sans magistrat curule”.

    104Liv. 30.27.6.

    105Les tempestates peuvent être les intempéries (difficilement contrôlables) mais également des calamités diverses, peut-être laissées à l’appréciation des prêtres.

    106Liv. 30.30.1-3. Ces nouvelles permettaient également de faire voter trois jours de supplications, retardant encore les comices.

    107Liv. 30.36.7-8 (édition Conway 1935) : “Ensuite, revenant vers Tynes, la nouvelle leur parvint que Vermina, le fils de Syphax, venait en aide aux Carthaginois avec une cavalerie plus grande que l’infanterie. Une partie de l’armée envoyée, avec toute la cavalerie, l’attaque le premier jour des Saturnales et dispersa les Numides dans un bref combat”.

    108Liv. 30.36.8.

    109Voir pour ce débat : Moore 1949, 552-554 ; Brind’Amour 1983, 173-174.

    110Le sens de primis serait toutefois différent, puisque les Terminalia ne duraient qu’une seule journée. Il faudrait alors entendre “aux premiers temps des Terminalia” ou “au tout début des Terminalia”. Le sens pourrait être le même pour les Saturnalia dans la mesure où à l’époque de la deuxième guerre punique – et encore à celle de la possible source de Tite-Live – les Saturnalia ne duraient qu’une journée (voir à ce propos l’explication dans l’édition Weissenborn-Müller).

    111Liv. 30.40.5.

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    Mészáros, A. (2023). L’usage de la dictature durant la deuxième guerre punique. In M. Bats, R. Laignoux, & J.-C. Lacam (éds.), La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f4e
    Mészáros, Alexis. « L’usage de la dictature durant la deuxième guerre punique ». In La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f4e.
    Mészáros, Alexis. « L’usage de la dictature durant la deuxième guerre punique ». La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats et al., Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f4e.

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    Bats, M., Laignoux, R., & Lacam, J.-C. (éds.). (2023). La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f4v
    Bats, Maria, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam, éd. La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f4v.
    Bats, Maria, et al., éditeurs. La République romaine face aux crises. Tome 1. Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f4v.
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