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    Plan détaillé Texte intégral Face aux défaites, un changement de stratégie ? Une crise politique et sociale Servir les intérêts du peuple romain : deux interprétations concurrentes Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La République romaine face aux crises. Tome 1

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Changer de stratégie : le révélateur d’une “crise” plus complexe ? Le cas des atermoiements stratégiques des années 218-216 a.C.

    Sophie Hulot

    p. 79-92

    Texte intégral Face aux défaites, un changement de stratégie ? Une crise politique et sociale Servir les intérêts du peuple romain : deux interprétations concurrentes Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les débuts de la deuxième guerre punique se caractérisent par une série de défaites romaines infligées par Hannibal sur le sol italien : il s’agit principalement des batailles du Tessin (novembre 218), de la Trébie (décembre 218), de Trasimène (juin 217) et de Cannes (août 216) ainsi que de plusieurs escarmouches1. En l’espace de deux ans, les revers s’enchaînent pour Rome : la cité du Latium a subi, en moyenne, une défaite de grande ampleur tous les six mois, voire un revers militaire tous les trois mois si les défaites mineures sont prises en compte. Ces dysfonctionnements ouvrent donc à cette époque une profonde crise de l’efficacité militaire romaine, mais aussi une crise stratégique.

    2De fait, la mémoire romaine a retenu plusieurs couples de magistrats et de généraux dont les convictions stratégiques s’opposent dans les années 218-216 et dont les plus célèbres représentants sont sans doute Q. Fabius Maximus pour les dits défensifs, et C. Terentius Varro pour les dits offensifs. Les premiers prôneraient une attitude faite d’attente prudente et de préservation des troupes2 alors que les seconds adopteraient une conduite audacieuse de la guerre par l’engagement de batailles rangées décisives3. La cité peine donc à trouver un consensus sur la conduite militaire à tenir contre Hannibal.

    3Pour autant l’ouverture de cette crise stratégique est-elle le fruit de considérations exclusivement guerrières ? Les lignes qui suivent visent à explorer la réaction militaire de Rome face à la crise ouverte par les défaites à répétition. Il convient notamment de mieux saisir les antagonismes sociaux et politiques qui ont sous-tendu les revirements stratégiques des années 218-216, mais également de mener une réflexion sur les interprétations concurrentes de l’intérêt du populus Romanus, qui ont pu exister parmi les dirigeants romains à cette époque.

    Face aux défaites, un changement de stratégie ?

    4La série de défaites des années 218 à 216 a tout d’abord entraîné des réajustements significatifs dans les structures de l’armée. Rome augmente par exemple significativement ses effectifs militaires sur le sol italien. Malgré l’imprécision fréquente des sources, et en dépit des incertitudes relatives au taux de maintien des soldats vaincus, il faut souligner le remarquable effort de mobilisation consenti durant ces deux années4. Pour l’Italie, Rome lève en effet six légions en 218, en conserve quatre à la fin de 218, en réunit probablement six au début de 217, mobilise deux nouvelles légions et d’autres renforts après la défaite de Trasimène, puis enfin en rassemble huit en 216 avant la bataille de Cannes5. À ces unités, il faut également adjoindre de larges effectifs alliés. Pour preuve de cette intense mobilisation et de son poids sur la population (citoyenne ou non), les sources mentionnent le recours à des catégories d’hommes qui ne devaient pas être d’ordinaire sollicitées, comme celle des affranchis6. Rome ne devait donc pas être loin d’avoir atteint le plafond de ses capacités de mobilisation, comme le suggèrent parfois les sources elles-mêmes7.

    5Le pouvoir romain a également mis à contribution tous les types de magistrats (à imperium) pour commander l’armée romaine face à Hannibal : préteurs, consuls et dictateurs8. Le retour de la dictature et la nouvelle interprétation qui en est proposée (maîtrise de cavalerie disposant d’un imperium égal en rang) révèlent toutefois le caractère exceptionnel du moment9. Surtout, les dirigeants romains ont tâtonné sur le périmètre exact du pouvoir à conférer à ces magistrats. En 218 et en 217, les légions sont réparties entre les deux consuls10. Mais en 217, l’armée entière est réunie sous la houlette du seul dictateur11. Puis, les troupes sont de nouveau divisées entre deux magistrats. Cette dernière option s’est effectuée après négociation entre le dictateur et son maître de cavalerie afin de donner un contenu concret à l’égalité, inédite, de leur rang12. Une dernière solution retenue en 216 est l’alternance quotidienne du commandement entre les deux consuls13.

    6Au-delà de ces questions organisationnelles et institutionnelles, la tradition historiographique, qu’elle soit antique ou moderne, a surtout retenu un fort clivage dans les stratégies menées par ces magistrats en temps de crise14. S’opposeraient ainsi deux visions militaires antagonistes. La première, offensive, prônerait un recours rapide et massif à la bataille rangée pour achever la guerre15. La seconde, défensive, préconiserait l’abandon de toute forme de combat d’ampleur afin d’épuiser Hannibal par le manque de vivres et d’hommes16.

    7Pourtant, l’examen détaillé des opérations menées sur le terrain ne permet pas d’affirmer qu’un tel clivage ait bel et bien existé. Les principes d’engagement retenus par les Romains paraissent au contraire plutôt constants et cohérents. P. Cornelius Scipio n’est ainsi pas en soi opposé à la bataille rangée proposée par son collègue Tib. Sempronius Longus, mais fait valoir que les circonstances tactiques ne sont pas favorables au camp romain17. P. Erdkamp note avec raison que le maître de cavalerie M. Minucius Rufus adhère dans un premier temps à la stratégie d’évitement de Q. Fabius Maximus, et qu’il ne change que très progressivement d’avis18. Le dictateur, surnommé Cunctator, n’a pas stricto sensu pour objectif d’éviter la bataille, mais de chercher à rétablir les conditions favorables au déploiement de l’infanterie romaine, qui demeure alors supérieure à celle d’Hannibal19. Le même Q. Fabius Maximus n’hésite pas à tendre un piège à Hannibal dans un défilé et espère par ce stratagème pouvoir anéantir l’armée adverse en l’encerclant20. Il ne renonce donc pas à une puissante attaque qui permettrait d’anéantir Hannibal. Du côté des “offensifs”, ni Tib. Sempronius Longus, ni M. Minucius Rufus, ni C. Flaminius Nepos, ni encore C. Terentius Varro n’amorcent de but en blanc des batailles rangées. Ils se laissent plutôt entraîner dans un processus progressif qui, à cause de la grande proximité des camps ennemis et des escarmouches répétées, amène mécaniquement à un engagement massif de l’infanterie afin de soutenir les petites unités en péril et de laver l’affront des petites défaites précédentes21. Bien loin de mettre en application une stratégie préconçue, ils se retrouvent donc plutôt pris au piège de l’escalade mécanique de la violence22. Enfin, il faut également se poser la question du degré réel d’autonomie laissé sur le terrain aux généraux23. Ont-ils réellement toute liberté de mettre en application leurs propres vues stratégiques ? Selon Polybe, c’est en effet le Sénat qui ordonne d’abord aux consuls Cn. Servilius Geminus et M. Atilius Regulus de ne pas engager de combat d’ampleur, puis aux deux consuls C. Terentius Varro et L. Aemilius Paullus de mener une bataille rangée, à la condition de choisir le bon moment, ce qui laisse une marge étroite de décision aux généraux24.

    8En d’autres termes, la stratégie semble obéir moins à un clivage qu’au choix cohérent de saisir la bonne opportunité pour engager la bataille25. La crise stratégique porte donc moins sur les formes mêmes de l’activité militaire que sur sa temporalité26. L’antagonisme stratégique entre ces couples de commandants est davantage dû aux effets de réécritures de l’histoire qu’aux conséquences d’une réalité militaire de terrain. Une relecture a posteriori des faits, fondée notamment sur la conduite prudente de la guerre dans les années 215 à 212, sert en effet les positions des généraux attentistes27.

    9La crise militaire semble surtout avoir ouvert un temps de redéfinition des normes morales relatives au chef de guerre, mais aussi aux armées. Comme l’a suggéré J.-M. David, la déploration morale est en effet une des modalités privilégiées de réaction à la crise dans l’Antiquité28. Ainsi les généraux sont-ils présentés dans les sources selon un mode dichotomique. S’opposent trois couples de traits de caractère : prudence ou témérité29, expérience ou inexpérience30, et enfin intérêt pour la république ou ambition personnelle31. En fonction de la conjoncture, ces qualités et défauts sont en réalité réversibles : la fortune et le sort se chargent de sanctionner les qualités morales du général32. À ces traits de caractère principaux, s’adjoignent quelques jugements de valeurs complémentaires. Ainsi une précédente victoire est-elle souvent présentée comme un facteur psychologique défavorable dans les décisions des généraux “offensifs”33. Enfin, la capacité des généraux à s’entendre au lieu de se déchirer est louée34.

    10Outre ces réflexions d’ordre purement moral, et si l’on écarte également les considérations de piété ou d’impiété, des critères d’ordre politique ou pratique semblent émerger à la faveur de la crise. Le bon chef de guerre serait ainsi celui qui se soumet aux instructions du Sénat et lui rend compte de ses actions35, qui a déjà une expérience militaire ou a déjà revêtu une charge36, qui accepte de rester auprès de son armée en dehors de sa charge initiale37, qui partage le danger auprès de ses troupes38, qui prononce des paroles sensées et sincères39, qui enfin ne se résout pas à l’avance à livrer bataille, mais sait analyser avec à propos les circonstances40. En somme, un commandement fondé sur la raison et la technique est opposé à celui qui serait fondé uniquement sur la fortune et la chance41. Une même logique concerne l’évaluation de ce que devraient être des troupes efficaces. Une bonne armée est ainsi celle qui n’est pas composée uniquement de jeunes recrues42, celle qui “connaît” son chef et l’a “choisi”43, celle qui apprend à ne pas redouter l’ennemi et à reprendre courage44, celle qui n’est pas épuisée par une marche récente45, celle qui n’est pas lâche face aux dangers des combats46, celle qui sait opérer une retraite honorable et utile47.

    11Ce temps de crise militaire ouvre donc la voie à plusieurs types de solutions. Il s’agit d’abord d’explorer et d’exploiter au maximum les structures préexistantes de l’armée (diversité des magistratures et de leur périmètre d’action, montée en puissance des effectifs). La stratégie est ensuite remise en cause, non pas profondément quant à ses formes guerrières, comme on a pu le penser, mais plutôt pour ce qui est de sa temporalité. Enfin, c’est l’occasion d’une redéfinition plus précise des fondements moraux, pratiques et politiques de la culture de guerre romaine. En d’autres termes, la crise militaire n’ouvre pas un temps d’innovations révolutionnaires mais de recalibrage du dispositif militaire sur une trame préexistante. La clef de la résilience romaine se trouve probablement dans cet équilibre entre recompositions à la marge de ses structures et permanence des grands principes de ses techniques de guerre.

    Une crise politique et sociale

    12Si les défaites à répétition entraînent bien quelques changements d’ordre purement militaire, elles semblent surtout se traduire par l’ouverture d’une crise politique. Force est de constater que, loin de susciter une sorte d’“union sacrée”, les diverses défaites ont au contraire pour effet d’engendrer un regain affirmé de la compétition politique. Plutôt que d’avoir recours sans discussion à des chefs déjà expérimentés, les Romains maintiennent en effet coûte que coûte leurs élections48. C’est ainsi qu’à la fin de l’année 218, les Romains semblent particulièrement désireux d’organiser le vote malgré la crise ouverte par les défaites du Tessin et de la Trébie49. Le maintien des élections ne saurait d’ailleurs être de pure forme. L’année 216 voit s’affronter pas moins de six candidats pour deux charges de consuls, situation qui est présentée par les sources comme une compétition inhabituellement rude50. Ces mêmes élections donnent également matière au constat d’irrégularités institutionnelles : un dictateur est nommé sans avoir été choisi par un consul, l’élection est alors cassée par les augures, puis le choix est fait d’avoir recours à un interrègne51. L’existence de telles manœuvres politiques est le signe qu’aux yeux des Romains, les enjeux sont capitaux.

    13Surtout des campagnes de dénigrement des chefs militaires ont eu lieu à plusieurs reprises. En 218, on aurait reproché à P. Cornelius Scipio sa témérité lors de la bataille du Tessin52. L’année suivante, C. Flaminius Nepos se soucie des possibles sarcasmes et mécontentements du peuple53. Surtout, Q. Fabius Maximus fait l’objet de multiples calomnies et plaisanteries, que ce soit de la part du peuple ou de ses soldats54. Il subit aussi des discours agressifs prononcés par son maître de cavalerie Q. Minucius Rufus ou par le tribun de la plèbe M. Metilius55. Ces rebondissements sont donc bien la preuve que la vie politique est profondément agitée après les défaites, alors que le cadre de la compétition aristocratique semble immuable, voire perçu par les Romains comme l’une des solutions à la crise militaire.

    14Comment dès lors, expliquer cette rivalité accrue ? Il faut sans doute abandonner l’ancienne idée d’une compétition politique fondée principalement sur une concurrence entre divers “partis”, gentilices, comme le supposait par exemple H. H. Scullard56. Les études récentes ont au contraire montré à quel point la politique romaine est bien plus mouvante, et surtout qu’elle ne saurait résumer le rôle du peuple à une place d’arbitre entre des grandes gentes57. Il ne faudrait pas non plus souscrire à l’idée de l’existence dès cette époque d’un conflit entre optimates et populares qui serait anachronique58. Dès lors, quels éléments permettent d’interpréter cette crise politique ?

    15Si les élections sont plus âpres que jamais, c’est sans doute que le débat politique se clive, notamment autour de la place à accorder à l’“opinion” du peuple et des soldats sur la conduite de la guerre59. Q. Minucius Rufus prête par exemple une oreille attentive à ses soldats et aux critiques grandissantes envers la stratégie attentiste du dictateur60. Surtout, lors de l’élection consulaire pour l’année 216, C. Terentius Varro et le tribun de la plèbe M. Metilius se prévalent, à l’intérieur de Rome, de l’avis de leurs concitoyens, et, une fois sur le théâtre d’opérations, de celui de leurs soldats61. À ces occasions, les sources rapportent des discours qui semblent opposer des chefs souhaitant allonger leur temps de présence sur le théâtre des opérations, particulièrement quand l’imperium détenu est prestigieux (consulat, dictature), et des chefs énergiques qui prônent une action agressive et immédiate qui semble plus conforme aux volontés du “peuple” romain62.

    16Une difficulté demeure cependant : comment identifier avec précision le statut social des soldats et des électeurs que les chefs favorables à une prompte bataille rangée semblent écouter ? J. Lazenby souligne que le “peuple” mentionné par les sources comme soutien de C. Flaminius Nepos en 217 ne serait pas constitué de la partie la plus humble de la population romaine, mais bien de sa partie la plus aisée, celle qui votait aux comices centuriates63. De fait, le consul devait posséder la faveur des propriétaires et commerçants pour qui la lex Claudia de 218 était profitable d’un point de vue économique. Après la défaite de Trasimène en 217, Tite-Live précise également que des citadins se livrent aux supplications avec leurs femmes et leurs enfants, ainsi que des paysans fortunés64. Il semble donc que la partie du peuple concernée par les désastres de la guerre soit composée de citoyens à la fois urbains et ruraux, et notamment de propriétaires terriens aisés.

    17La montée en puissance de C. Terentius Varro permet également de mieux cerner la “base électorale” sur laquelle les généraux peuvent s’appuyer et ce, malgré le mépris de certains auteurs anciens pour les foules65. C. Terentius Varro est tout d’abord présenté comme “le fils d’un boucher” enrichi66. Son milieu d’origine est celui des petits et grands commerçants, dont les affaires sont particulièrement entravées par la guerre et l’insécurité qu’elle fait régner sur les échanges avec l’Étrurie, la Campanie ou l’Apulie. Il remporte également les élections consulaires avec une large avance, ce qui suggère qu’il devait posséder une assise relativement large dans les premières classes67. Ses soutiens devaient donc appartenir à la paysannerie libre aisée. Il est en outre loin d’être un inconnu dans le paysage politique. C. Terentius Varro a en effet patiemment gravi tous les échelons du cursus honorum, ce qui présuppose qu’il possède à la fois une puissante clientèle et une forte popularité68. Les textes antiques précisent d’ailleurs qu’il a non seulement le soutien de ses soldats, mais aussi celui des sénateurs et des chevaliers présents dans le commandement de son armée69. Enfin, Tite-Live laisse échapper a silentio qu’une partie du Sénat, à l’exception des plus grands patriciens, le soutient70. Polybe affirmait d’ailleurs déjà que la décision d’une offensive proviendrait du Sénat lui-même71.

    18L’ensemble de ces indices permet donc de déduire que le “peuple” dont C. Terentius Varro représente les intérêts, ne saurait en aucun cas être assimilé à la simple populace de Rome. Le consul s’appuie au contraire sur les (grands) commerçants et les propriétaires terriens, c’est-à-dire sans doute sur l’équivalent à cette époque de la plebs media, catégorie sociale puissante qui savait se faire entendre dans la vie politique en fonction de ses intérêts économiques et sociaux72. Cette large assise explique que, même après la défaite de Cannes, C. Terentius Varro soit accueilli favorablement par le peuple romain et le Sénat73, et qu’il poursuive par la suite une carrière honorable en obtenant une prorogation de son consulat jusqu’en 21374, un imperium pro praetore en 208-207 a.C75, deux légations en 203 et 200 et un triumvirat en 20076.

    19En somme, les périls militaires ont engendré une forte crise politique qui remet en cause la légitimité des autorités responsables ainsi que leur conduite de la guerre. Le maintien d’élections ouvertes semble néanmoins être la réponse privilégiée par les Romains afin de maintenir le débat. Celui-ci leur apparaît en effet comme le mieux à même de maintenir, sinon une forme de cohésion, à tout le moins un large consentement à la guerre.

    Servir les intérêts du peuple romain : deux interprétations concurrentes

    20Si les stratégies menées par les divers magistrats ne sont pas si opposées sur le terrain, un facteur crucial les distingue néanmoins : une vision antagoniste de la temporalité du conflit. Les généraux présentés par les textes comme défensifs semblent en effet développer une stratégie de long terme alors que ceux perçus comme offensifs organisent leurs opérations à l’horizon de la campagne annuelle. À la lumière des oppositions politiques présentées précédemment, ces visions stratégiques pourraient procéder du débat civique77.

    21L’enjeu est alors d’essayer de comprendre pour quelles raisons une large partie du peuple désire mettre un coup d’arrêt rapide à la guerre en dépit des risques que cela fait courir aux soldats de Rome78. Une telle position peut paraître d’autant plus contradictoire que les simples citoyens et les propriétaires sont les premiers à prendre des risques dans ce type de stratégie, notamment depuis les mobilisations massives de 217 et 21679. Diverses hypothèses méritent donc d’être avancées si l’on conserve à l’esprit qu’elles se complètent davantage qu’elles ne sauraient s’opposer.

    22Les tenants d’une intervention rapide ont peut-être en premier lieu pour objectif de livrer une aide rapide aux alliés. L’enjeu de la fides et de la réputation de Rome auprès de ses alliés, bien décrit par P. Erdkamp et A.-M. Sanz, est en effet décisif en ce début de guerre80. Rome se doit d’intervenir pour protéger les alliés dans le cadre du système d’alliance italiote81. Cette hypothèse trouve sans doute ses meilleures confirmations dans la grande attention que portent Tib. Sempronius Longus et C. Flaminius Nepos à la préservation des liens de Rome avec l’Étrurie et dans le comportement de Q. Fabius Maximus puis surtout de M. Minucius Rufus à l’égard de la Campanie82. Il est possible que certains Romains possédant de forts intérêts économiques dans la région aient souhaité également une intervention rapide car les activités économiques sont fortement perturbées à la fois par les déprédations d’Hannibal et par l’insécurité des voies de circulation83. Une offensive énergique mettrait donc fin à ce qui a pu être vu comme de substantielles pertes d’argent. Mais, dans le détail, on comprend que la protection des communautés italiennes est à géométrie variable en fonction, notamment, de leur statut et des menaces carthaginoises : l’intérêt semble plus fort pour les colonies qui abritent de nombreux citoyens, comme c’est notamment le cas à Sinuessa84. Ce fait prouve donc que l’attachement de Rome envers ces communautés n’est pas simplement stratégique ou économique, mais bien aussi, en quelque sorte, civique. En effet, plus largement, la présence d’Hannibal en Italie semble intolérable aux Romains85.

    23Une autre hypothèse permettant d’expliquer une volonté d’intervention rapide pourrait concerner la longueur non plus de la guerre, mais bien de la campagne elle-même. Compte tenu du rythme annuel des magistratures et des levées, c’est bien à l’échelle de la campagne que se concevait la guerre romaine à cette époque. Or, celle-ci a intrinsèquement partie liée avec le cycle agricole. En effet, à bien observer la temporalité des campagnes des années 217 et 216, il est possible de mieux percevoir les effets de cette pression du temps en relation avec l’année agricole. La question du ravage des terres et des ressources agricoles est par exemple au centre des ruses déployées par Hannibal86. Celui-ci épargne même à dessein les terres de Q. Fabius Maximus en Campanie afin de diviser son ennemi87. C’est pourquoi, en 217, on peut déceler une nette augmentation des mécontentements des soldats à mesure que l’été avance et que le pillage des récoltes alliées s’accentue88. Nul doute que les soldats romains et leurs alliés étaient très sensibles aux questions agricoles puisqu’ils restaient, en grande majorité, des paysans et qu’il peut être question de survie pour les populations89. Durant l’été 216, Hannibal se livre également à d’autres pillages90. Mais c’est surtout dès les élections précédentes que la pression du temps apparaît comme un sujet central. Cette année-là, il est par exemple reproché à C. Terentius Varro de promettre au peuple d’engager le combat le jour même où il verrait l’ennemi91. C. Terentius Varro aurait-il pu dès lors évoquer dans ses discours une date précise à laquelle mener une bataille ? Les sources suggèrent qu’il a fait une annonce du jour où le combat devrait se dérouler92. Mais il reste difficile d’évaluer avec certitude le degré de précision des propos de C. Terentius Varro et surtout son éventuelle référence à une date butoir formelle.

    24Certains indices permettent néanmoins d’avancer quelques hypothèses en la matière. Peu avant l’engagement de Cannes, la population restée à Rome semble percevoir une volonté de C. Terentius Varro d’en finir à très court terme93. Il est donc possible que la date de la bataille de Cannes soit relativement proche d’une date théorique ou butoir que C. Terentius Varro aurait pu évoquer avant même son départ. En réalité, à cause du décalage dans le calendrier de cette époque, le 2 août 216 correspond au 1er juillet 21694. Or, d’un point de vue astronomique, cette date se rapproche du solstice d’été qui avait lieu dans le dernier tiers du mois de juin et qui a dû correspondre approximativement à la date d’arrivée des armées consulaires en vue de l’ennemi95. Un tel rapprochement avec le calendrier astronomique pourrait surprendre. Pourtant, le calendrier agricole romain est à cette époque en grande partie fondé sur des repères astronomiques stables que sont les équinoxes et les solstices96. Or, Varron, dans son traité agricole, explique que la majorité des récoltes de céréales (principalement l’orge), ainsi que certains labours et semailles de légumineuses s’effectuent dans le mois suivant le solstice d’été97. En outre, la particularité de l’agriculture romano-italiote est sans nul doute sa polyculture98. Après cette première période, les travaux agricoles reprennent donc pour la moisson d’autres denrées, parmi lesquels le millet ou les fruits (olivier, vigne, figuiers). En clair, la fin du mois de juin, et, au plus tard, le début du mois de juillet ouvrent une période d’activités agricoles intenses et variées. C’est donc probablement une date butoir proche de ce moment clef qui a peut-être été évoquée par C. Terentius Varro.

    25Ces indices suggèrent en tout cas que C. Terentius Varro a conscience de ce qu’implique la mobilisation de nombreux citoyens au cours d’une campagne de longue durée. Livrer bataille au plus tôt permettait d’éviter les ravages agricoles des terres alliées où se trouvent Hannibal et ses alliés d’une part, et autorisait d’autre part le retour des paysans romains chez eux afin qu’ils procèdent aux divers travaux agricoles sans compromettre leurs revenus99. Il est donc possible que cette “promesse”100, ou tout au moins cette opération de communication politique ait eu pour enjeu un renvoi rapide des soldats dans leurs pénates depuis un théâtre d’opération proche : l’Italie101. À cet égard, une mention d’Appien semble bien résumer les raisons de la pression du peuple et de l’accord d’une partie des élites dirigeantes à ce sujet :

    […] καὶ αὐτοὺς παραπέµποντες ἐξιόντας ἐδέοντο κρῖναι τὸν πόλεµον µάχῃ, καὶ µὴ τὴν πόλιν ἐκτρύχειν χρόνῳ τε καὶ στρατείαις συνεχέσι καὶ ἐσφοραῖς καὶ λιµῷ καὶ ἀργίᾳ τῆς γῆς δῃουµένης102.

    26Ce sont donc bien les longues mobilisations, l’impression de sacrifier du temps utile, les taxes, mais aussi la peur de la famine et l’abandon du travail agricole qui semblent inquiéter les Romains, autant d’impératifs sociaux, économiques et donc politiques que la stratégie à court terme des généraux semble prendre en compte.

    27Mais les intérêts du peuple semblent avoir été interprétés d’une manière fondamentalement différente par les généraux dits défensifs. Les sources antiques lient en effet à plusieurs reprises la stratégie prudente de Q. Fabius Maximus à la question du coût humain, notamment après les premiers désastres de la deuxième guerre punique103. De ce point de vue, Frontin et Cassius Dion rapportent une anecdote, dans laquelle Fabius, pressé par son fils de s’engager dans une escarmouche dangereuse, refuse de sacrifier ses hommes104. Silius Italicus et Cassius Dion confirment d’ailleurs que ce même général veille particulièrement au salut de ses soldats dans le contexte des multiples défaites qui ont mené à une diminution du corps civique105. Une anecdote de Polyen au sujet de la rivalité entre Q. Fabius Maximus et Scipion l’Africain présente le général comme celui qui sait “conserver” ses troupes106. La scène qui suit l’embuscade perdue par M. Minucius Rufus, le présente même comme le “père” (pater) des soldats qu’il a protégés, ainsi que leur “patron” (patronus) ou “sauveur” (conseruator), transposant ainsi le titre de seruator ciuium à l’échelle de l’armée entière et instituant des liens de pietas entre lui et les soldats107. Enfin, son désir de racheter les prisonniers sur ses propres deniers est aussi fortement mis en valeur par les sources108. C’est pourquoi, par sa volonté affichée d’épargner les vies romaines, Q. Fabius Maximus semble incarner une image des élites attentives à la survie de leurs concitoyens. Ce constat corrobore un certain nombre d’études s’intéressant à l’image de Q. Fabius Maximus ainsi qu’aux enjeux politiques et moraux au cœur desquels il se trouve109.

    28B. Mineo reconnaît qu’une relecture a posteriori des faits a pu intervenir dès l’époque des guerres puniques110. M. Chassignet est d’avis qu’un auteur tel que Q. Fabius Pictor, d’ailleurs cité par Tite-Live et Appien, aurait pu jouer un rôle dans l’élaboration d’une vulgate dès les premières décennies du iie siècle et sous l’impulsion des alliés de Q. Fabius Maximus111. Cette théorie ne saurait dès lors invalider en aucune manière la thèse de l’existence d’une fracture politique réelle à Rome en 218-216. En effet, ces récits, loin d’avoir inventé de toute pièces une crise politique, l’ont plutôt définitivement dotée d’un sens favorable aux généraux victorieux et à l’autorité du Sénat112. La mémoire collective se serait ainsi figée autour des seules positions politiques triomphantes afin de surmonter la crise et de retrouver un certain équilibre politique et social113.

    29En somme, en 218-216, une crise a bien divisé Rome sur le rythme de la guerre. Mais les divergences sur le plan stratégique vont sans doute au-delà des simples préoccupations militaires et touchent plus fondamentalement aux sensibilités romaines en matière politique et sociale. Au fond, les difficultés extrêmes qu’affronte Rome dans les années 218-216 l’ont poussée à opérer un choix de société entre le coût économique et social de la campagne militaire annuelle d’une part et le coût humain de la guerre d’autre part.

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    Notes de bas de page

    1Revers mineurs : défaite de L. Manlius Vulso vers août 218, défaite de C. Centenius vers juin-juillet 217, défaite de M. Minucius Rufus vers novembre-décembre 217. Les dates proposées pour l’ensemble de ces défaites sont approximatives et proviennent de la reconstruction probable des faits telle que présentée dans la documentation littéraire (en particulier Tite-Live) et parfois dans Lazenby 1998.

    2P. Cornelius Scipio (cos.) pour 218, Cn. Servilius Geminus (cos.) pour 217, Q. Fabius Maximus (dic.), Cn. Servilius Geminus (cos.), M. Atilius Regulus (cos. suff.) pour 217 et L. Aemilius Paullus (cos.) pour 216.

    3Tib. Sempronius Longus (cos.) pour 218, C. Flaminius Nepos (cos.) pour 217, M. Minucius Rufus (maître de cavalerie) pour 217, C. Terentius Varro (cos.) pour 216.

    4Sur ces incertitudes : Lazenby 1998, 61. Tite Live semble lui aussi s’y perdre : Liv. 22.36.1-2.

    5Liv. 21.17.2 (218) ; Liv. 21.26.3 ; 21.63.15 ; 22.2.1 ; App., Hann., 5.31-32 (début 217) ; Liv. 22.11.2-9 (après Trasimène) ; Plb. 3.107.9-15 ; Liv. 22.36.1-5 ; App., Hann., 17.73 (début 216). E. Salmon 1960, 140 propose des chiffres plus élevés et constate un intense effort de mobilisation.

    6Liv. 22.11.9.

    7Liv. 21.57.1-2 ; App., Hann., 27.116.

    8Le récit exhaustif de Tite-Live suffit à s’en convaincre : Liv. 21.17.5-9 ; 21.26.2 ; 22.1.5 ; 22.8.5-6 ; 22.26.7 ; 22.27 ; 22.35.1-4.

    9Plb. 3.103.4-5 ; Liv. 22.25.10 ; 22.26.7 ; 22.27.5 ; Plut., Fab., 9.3 ; 10.1 ; App., Hann., 12.52 ; D.C. 14.57.16-17 (Zonar. 8.26). Sur cette exception institutionnelle, voir Bellomo 2018.

    10Liv. 21.17.5-8 ; 21.26.3 (218) ; Liv. 21.63.1 et 15 ; 22.2.1 ; 22.11.2 (217).

    11Liv. 22.12.1.

    12Plb. 3.103.7 ; Liv. 22.27.5-11 ; Plut., Fab., 10.5 ; D.C. 14.57.17 (Zonar. 8.26).

    13Plb. 3.110.4 ; Liv. 22.41.3 ; 22.45.5 ; Plut., Fab., 15.1.

    14Historiographie antique : voir infra, p. 82. Historiographie moderne : Salmon 1960, 141 ; Erdkamp 1992, 137 ; Mineo 1997, 114-115 ; Lazenby 1998, 67-68, 73-75 ; Roller 2011 ; Zimmermann 2011, 284.

    15App., Hann., 13.53.

    16Liv. 22.32.2 ; 22.39.11-15 ; Plut., Fab., 5.1 ; 14.1.

    17Plb. 3.70.3-6 ; Liv. 21.52.7. En dépit de sa blessure (Plb. 3.66.2 et 9), Scipion se prépare à combattre dans une grande bataille : Plb. 3.68.6. Il espère même y participer : Plb. 3.68.6 ; 3.70.5-7. Plus tard, en Hispanie, il engage une bataille rangée dans des circonstances favorables : Liv. 21.60.6. Enfin, selon Polybe, les Romains critiquent au contraire l’imprudence de P. Cornelius Scipio : Plb. 3.68.10.

    18Plb. 3.90.6 ; D.C. 14 (Zonar. 8.25) ; Erdkamp 1992, 130-131 et 138.

    19Erdkamp 1992, 137-138. Il est suivi par Zimmermann 2011, 285.

    20Plb. 3.93.1-2 ; Plut., Fab., 6.4.

    21Plb. 3.104.6-7 ; 3.110.4-7 ; 3.110.10 ; 3.111.1 ; 3.112.3-5 ; Liv. 21.46.3-4 ; 21.59.2-3 ; 22.24.4-11 ; 22.28.3-10 ; 22.41.1 ; 22.44.1-2 ; 22.45.3-5 ; Plut., Fab., 11.3-4. Sur le poids des opérations “mineures” et “irrégulières” dans la conduite de la deuxième guerre punique : Rawlings 2016.

    22Sur l’importance de la distance et de la pression du temps dans ce processus : Brecher 1996.

    23Cette question a été posée depuis longtemps par A. Eckstein et abordée récemment à propos de Fabius Maximus : Eckstein 1987 ; Schmitt 2022.

    24Plb. 3.107.7 ; 3.108.1-2. De fait, L. Aemilius Paullus n’apparaît jamais opposé au principe d’un combat de grande ampleur (Plb. 3.110.2). Sur cette question : Mineo 1997, 117 ; Lazenby 1998, 77-78.

    25Plb. 3.90.2 ; Liv. 22.39.21 ; D.C. 14 (Zonar. 8.25). Voir Erdkamp 1992, 138.

    26Plb. 3.69.12.

    27Sur ce revirement définitif de stratégie vers un modèle dit plus défensif : Zimmermann 2011, 286. Sur la relecture a posteriori de la stratégie fabienne : Schmitt 2022.

    28David 2003, 452.

    29Prudence : Plb. 3.89.3 ; 103.2-3 ; 105.8-9 ; 106.11 ; Liv. 21.52.2 ; 22.12.6 ; 22.14.14 ; 22.18.8 ; 22.23.1 ; 22.25.9 ; 22.38.11 ; 22.42.4 ; Plut., Fab., 3.7 ; 5.3 ; 7.3 ; D.C. 14 (Zonar. 8.26) ; 15.57.23 (Zonar. 9.1). Témérité : Plb. 3.80.4 ; 3.81.9 ; 3.104.1 ; 3.105.8 ; Liv. 21.52.2 ; 21.53.8 ; 21.57.3 ; 22.3.5 ; 22.3.14 ; 22.9.7 ; 22.24.23 ; 22.25.12 ; 22.28.2 ; 22.29.1 ; 22.40.1 ; 22.41.1 ; 22.41.4 ; 22.44.7 ; Val. Max. 4.5.2 ; Plut., Fab., 5.5 ; 12.2 ; 14.1 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25 ; 8.26) ; 15.57.24 (Zonar. 9.1).

    30Expérience : Plb. 3.107.8 ; Liv. 21.41.3-5 ; Liv. 22.35.7 ; Plut., Fab., 14.4 ; App., Hann., 17.74. Inexpérience : Plb. 3.80.3 ; 3.110.3 ; Plut., Fab., 14.2 ; App., Hann., 9.38 ; 13.55.

    31Intérêt pour la République : Plb. 3.64.10 ; Liv. 22.11.2 ; 22.39.2 ; Plut., Fab., 5.8 ; 10.3 ; 12.3 ; D.C. 14.57.16 ; 14.57.21. Ambition personnelle : Plb. 3.70.2 et 7-8 ; 3.80.4 ; 3.104.1 ; Liv. 21.53.6 ; 22.25.4 ; 22.34.4-11 ; 22.38.6 ; 22.42.12. ; Plut., Fab., 2.4 ; 5.5 ; App., Hann., 17.74 ; D.C. 14 (Zonar. 8.24 ; 8.25) ; 14.57.11. Voir également : Mineo 1997, 115.

    32Plusieurs sources notent cette proximité entre les vertus et les vices et l’usage politique qu’en faisaient eux mêmes les Romains : Liv. 22.12.12 ; 22.39.20 ; Plut., Fab., 17.5.

    33Plb. 3.70.1 ; Liv. 21.53.1 ; 22.3.4 ; 22.27.1 ; Plut., Fab., 2.3 ; 8.3 ; D.C. 14 (Zonar. 8.24) ; 14.57.18.

    34Liv. 22.32.1. B. Mineo interprète ce jugement comme le fruit d’une relecture livienne de l’histoire autour de l’enjeu (augustéen) de la concordia : Mineo 1997.

    35Plb. 3.107.6-7 ; 3.108.1-2 ; Liv. 21.40.3 ; 21.41.16 ; 21.63 ; 22.3.10 ; 22.23.5.

    36Liv. 21.41.3-5 ; 21.63.2 ; 22.35.7.

    37Plb. 3.64.10 ; 3.109.1 ; Liv. 21.40.4 ; 21.41.2 ; 22.41.2 ; 22.40.6 ; App., Hann., 18.79.

    38Plb. 3.109.1 ; Liv. 22.49.11.

    39Plb. 3.64.11 ; 3.70.7-8 ; 3.111.8 ; Liv. 21.41.1.

    40Plb. 3.70.7 ; 3.82.7 ; Liv. 21.54.6 ; 22.38.9-11 ; 22.39.6. Voir également Mineo 1997, 115.

    41Plb. 3.89.2 ; 3.94.4 ; 3.105.9 ; Liv. 22.3.4 ; 22.12.2 ; 22.12.10 ; 22.23.2 ; 22.25.14 ; 22.27.3-4 ; 22.29.9 ; 22.38.11 ; 22.39.21 ; Plut., Fab., 5.1 ; 12.1 ; App., Hann., 13.55. Voir ibid., 118.

    42Plb. 3.70.4, 3.70.10. ; 3.106.4-5 ; 3.108.6 ; 3.109.12 ; Liv. 21.39.3 ; 21.43.14 ; 21.53.9 ; 22.41.4-5 ; Plut., Fab., 2.4.

    43Liv. 21.40.4 ; 21.43.14-18.

    44Plb. 3.90.4 ; 3.108.3 ; Liv. 21.39.10 ; 21.53.2 ; 22.12.10 ; App., Hann., 16.69 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25).

    45Plb. 3.68.14 ; 3.108.8 ; 3.109.2-5 ; App., Hann., 9.38 ; 10.40.

    46Plb. 3.103.2.

    47Liv. 21.56.2-5 ; 22.6.8 ; 22.50 ; App., Hann., 26.113.

    48Rosenstein 1990, en particulier 323-326 (sur les élections pour 216).

    49Liv. 21.57.4.

    50Liv. 22.34.1-2 et 22.35.1-2.

    51Liv. 22.33.10-12 ; 22.34.1 ; 22.34.3 ; 22.34.9-11. Sur ces irrégularités : Dorey 1959 ; Sumner 1975 ; Gruen 1978 ; Twyman 1984 ; Evans 1991.

    52Plb. 3.68.10.

    53Plb. 3.80.4 ; 3.82.4-6. Sur la constitution de l’image de C. Flaminius Nepos : Caltabiano 1976 ; Feig Vishnia 2012.

    54Plb. 3.89.3 ; 3.90.6 ; 3.94.8 ; 3.103.1-3 ; Liv. 22.15.1 ; 22.23.3-4 ; 22.25.1 ; 22.25.12 ; 22.25.17 ; 22.26.5-6 ; 22.49.11 ; Plut., Fab., 5.3 ; 5.5-8 ; 7.5 ; Plut., Apopht., Fab., 1. et 2 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25) ; D.C. 14.57.2.

    55Plb. 3.90.6 ; Liv. 22.12.1 ; 22.12.11-12 ; 22.14 ; 22.15.5-6 ; 22.25.3-11 ; 22.27.2-4 ; Sil., Pun., 8.268 (en le prêtant à C. Terentius Varro) ; Plut., Fab., 5.5-8 ; 7.5 ; 8.4 ; App., Hann., 12.51-52 ; 13.55 ; D.C. 14 (Zonar. 8.26). Sur le ressort parfois humoristique de ces critiques : Montlahuc 2019, 138.

    56Scullard 1973. Sur les alliances familiales de ces années en lien avec la stratégie : Lazenby 1998, 58-60.

    57Sur le débat autour de la notion de démocratie à Rome voir en dernier lieu Hurlet 2012. Sur le rôle du peuple qui va au-delà de celui d’arbitre de la compétition politique : Courrier 2014.

    58Mineo 1997, 115-117.

    59Plb. 3.80.4 ; 3.82.4-6 ; 3.92.4-6 ; 3.103.4-5 ; 3.105.9-10 ; Liv. 22.14.1-4 et 15 ; 22.25.8-17 ; 22.34.11 ; 22.39.18 ; 22.40.3 ; 22.42.312 ; Plut., Fab., 8.4 ; App., Hann., 3.18. K. Zimmermann utilise le terme d’“opinion” comme élément d’explication des revirements de stratégie sans toutefois en préciser ni le sens, ni l’origine sociale : Zimmermann 2011, 285. Sur les intenses débats autour du terme d’“opinion publique” en histoire romaine, voir en dernier lieu Hurlet & Montlahuc 2018. Il est possible de reconnaître a minima une capacité du peuple romain et des soldats à faire valoir leurs idées auprès de leurs dirigeants.

    60Plut., Reg. apophth., 195 c et d.

    61Plut., Fab., 8.4 ; App., Hann., 18.82 ; 19.83-84.

    62Liv. 22.34.5-7 et 11.

    63Lazenby 1998, 58-59. Liv. 21.63.3-4.

    64Liv. 22.10.8.

    65Liv. 22.34.2. Selon Tite-Live, L. Aemilius Paullus considère C. Terentius Varro comme un personnage “séditieux” (Liv. 22.40.2). Sur l’image du consul dans l’historiographie : Zecchini 1976.

    66Liv. 22.25.18-19 ; 22.26.1 ; 22.34.2 ; Val. Max. 3.4.4 ; Sil., Pun., 8.242-249 ; Plut., Fab., 14.2 ; D.C. 15.57.24 (Zonar. 9.1).

    67Liv. 22.35.2.

    68Liv. 22.26.2-4 ; 22.34.2. Selon J. Lazenby le parcours de C. Terentius Varro ne saurait faire de lui un révolutionnaire : Lazenby 1998, 74.

    69Liv. 22.43.8 ; App., Hann., 18.82 ; 19.83-84.

    70Liv. 22.40.4.

    71Plb. 3.107.7 ; 3.108.1-2.

    72Courrier 2014, 314-409.

    73Liv. 22.61.14-15, 25.6.7-9 ; Val. Max. 3.4.4 et 4.5.2 (parlant d’un refus de dictature) ; Plut., Fab., 18.45. Voir l’article de M. Engerbeaud dans ce même volume, p. 273-288.

    74Liv. 23.25.11 ; 23.32.19 ; 24.10.3 ; 24.11.3 ; 24.44.5 ; 25.6.7.

    75Liv. 27.24.1 et 6 ; 27.35.2 ; 27.36.13.

    76Liv. 30.26.4 ; 31.11.18 ; 31.49.6.

    77A contrario, Erdkamp 1992, 139-140 minimise le poids du conflit politique.

    78Liv. 22.34.11.

    79217 : Liv. 22.11.8-9. 216 : Liv. 22.36.1-4. Tite-Live évoque aussi l’angoisse des nombreuses familles romaines de soldats ayant servi sous les ordres de C. Flaminius Nepos lors de la bataille de Trasimène (Liv. 22.7.10‑13).

    80Erdkamp 1992, 140-142 ; Sanz 2013, 376-389. Plb. 3.90.13 ; 3.107.6 ; Liv. 22.13.11.

    81Liv. 22.32.5.

    82Étrurie : Plb. 3.80.4 ; 3.82.3 ; Liv. 21.52.7 ; 22.3.7-10 ; 22.4.1 ; Plut., Fab., 2.4. Campanie : Plb. 3.92.4-6 ; Liv. 22.13.1 et 5 ; 22.14.1-4 ; 22.14.8 ; D.C. 14.57.8 (Zonar. 8.25).

    83Sur les liens forts entre Rome et la Campanie, voir Vallat 1983, 225-226.

    84Liv. 22.14.3-4 et 7.

    85Liv. 21.53.4 ; Sil., Pun., 8.268 ; App., Hann., 17.73.

    86Pour l’année 218 : territoires proches du Tessin (Liv. 21.45.2), région de Vibo (Liv. 21.51.4) ; territoire jusqu’aux rives du Pô (Plb. 3.69.6-7 ; Liv. 21.52.5) ; territoires non localisés (D.C. 14 [Zonar. 8.24]).

    87Liv. 22.23.4 ; 22.23.8 ; 22.25.7 ; Plut., Fab., 7.4-5 ; D.C. 14.57.15 (Zonar. 8.26). Silius Italicus y fait sans doute aussi allusion : Sil., Pun., 8.268.

    88Pillages de l’année 217 : Victimula durant l’hiver (Liv. 21.57.9-13) ; Étrurie vers juin (Plb. 3.82.10 ; Liv. 22.3.6 ; 22.4.1 ; Plut., Fab., 2.2 ; App., Hann., 9.36 ; D.C. 14. [Zonar. 8.25]) ; Ombrie et Picenum vers fin juin (Plb. 3.86.8-10 ; Liv. 22.9.2-3 ; D.C. 14. [Zonar. 8.25]) ; Prétuttiens, Marruciens, Frentaniens, Iapygie vers début juillet (Plb. 3.88.3 ; Liv. 22.9.5 ; App., Hann., 12.49) ; Daunie vers mi-juillet (Plb. 3.88.5‑6 ; Liv. 22.12.6) ; Bénévent et Vénouse vers fin juillet (Plb. 3.90.7-8 ; Liv. 22.13.1 ; 22.25.7) ; territoire de Falerne et Sinuessa à la mi-août (Plb. 3.90.10 ; 3.92.2-9 ; Liv. 22.13.9-10 ; 22.14.1 ; 22.25.7 ; D.C. 14 [Zonar. 8.25]) ; territoire des Paeligni en août (Liv. 22.18.6) ; Geronium fin août et début septembre (Plb. 3.100.1-8 ; 3.101.4 ; 3.101.9‑10 ; 3.101.2 ; 102.2-4 ; 102.11 ; Liv. 22.23.10 ; App., Hann., 15.66). La perte de productions particulièrement précieuses est explicitement évoquée : le vin vieux en Ombrie et dans le Picenum (Plb. 3.88.1) ; l’arboriculture du territoire de Falerne (Liv. 22.14.1 ; 22.15.2) ; les céréales (mil ?) et le fourrage de Geronium (Plb. 3.100.6-8 ; Liv. 22.23.9 ; 22.40.8 ; App., Hann., 15.66). Les soldats semblent satisfaits de l’initiative prise par C. Flaminius Nepos pour protéger l’Étrurie : Liv. 22.3.14. Le mécontentement des soldats paraît s’accentuer au mois d’août 217 : Plb. 3.92.4-5 ; Liv. 22.12.12 ; 22.14 ; 22.28.9, Plut., Fab., 5.3 ; 7.3-5.

    89Erdkamp 1992, 140-142.

    90Pillages de l’année 216 : Geronium début juillet (Plb. 3.107.1) ; Cannes durant le mois de juillet (Plb. 3.107.2-6 ; 3.110.11 ; 3.111.8).

    91Liv. 22.38.10.

    92Liv. 22.38.7 ; Liv. 22.39 ; Sil., Pun., 8.271-275 ; Plut., Fab., 14.2.

    93Plb. 3.112.6-8.

    94Derow 1976, 277.

    95Si l’on suit le récit d’Appien, cinq à six jours se sont écoulés entre l’arrivée des troupes et la bataille de Cannes : App., Hann., 18-19.

    96Voir Wenskus 1986 et Zannier 2007, 131 et 279-282.

    97Varro, Rust., 1.40.32 ; Zannier 2007, 281.

    98Vallat 1983, 225.

    99Tite-Live précise bien que, peu avant la bataille de Cannes, Hannibal aurait déplacé ses troupes plus au sud dans l’espoir d’atteindre une région plus chaude où la maturation des denrées était plus avancée (Liv. 22.43.5). La bataille de Cannes a donc dû se produire au tout début de la période des récoltes italiennes. Sur l’enjeu stratégique de la contribution alimentaire des cités italiennes lors des guerres : Bats 2009.

    100App., Hann., 17.74 : ὑπισχνουµενον.

    101Si les effectifs enrôlés en 216 ont été particulièrement importants, la levée a pu être longue et difficile, comme le suggère d’ailleurs Lazenby 1998, 76. La perspective d’un retour rapide à Rome peut permettre une meilleure adhésion des Romains au processus en évitant recours et dispenses.

    102App., Hann., 17.75 et 18.78-79 (trad. Gaillard-Goukowsky, D., Paris, 2015) : “Tout en escortant les consuls à la sortie de la Ville, ils leur demandaient de décider du sort de la guerre par une bataille sans épuiser la cité par les atermoiements, les expéditions continuelles, les contributions de guerre, la disette et l’abandon des terres ravagées par l’ennemi”.
    Le syntagme στρατείαις συνεχέσι dénote bien l’idée de campagne (traduction probable du latin militia) sans solution de continuité. Le problème principal semble donc être celui du maintien en service sur la longue durée. Sur ce sujet, voir Cadiou 2009, 166-167.

    103Plb. 3.89.2 ; 3.94.9 ; Liv. 22.25.15 ; Plut., Fab., 9.4-5 ; 10.7 ; 14.3 ; 29.2 ; D.C. 14.57.9-11 (Zonar 8.26).

    104Fron., Str., 4.6.1 ; D.C. 14.57.11 (Zonar 8.26).

    105Sil., Pun., 9.22-23 ; D.C. 15.57.26 ; Zonar. 8.26 ; 57.9-11.

    106Polyaen. 8.14.2.

    107Liv. 22.29.10-11 ; 22.30 ; Val. Max. 5.2.4 ; Plin., Nat., 22.5.10 ; Plut., Fab., 13.6 ; 27.3 ; 29.2. La distinction entre le seruator ciuium et le conseruator ciuium serait une question d’échelle. Là où le premier ne sauve qu’un seul citoyen, le second sauve un groupe entier : Alföldi 1952, 221.

    108Liv. 22.23.7-8 ; Plut., Fab., 7.7-8 ; D.C. 14.57.15.

    109Sur l’éthique ambivalente de l’attente : Roller 2011. Sur la construction de l’image de Q. Fabius Maximus en opposition à celle de C. Flaminius Nepos ou de Scipion l’Africain : Feig Vishnia 2012 ; Nardelli 2012. Sur l’humanitas de Q. Fabius Maximus envers ses concitoyens : Scuderi 2010.

    110Mineo 1997, 117. Il cite M. Rambaud qui a bien mis au jour l’existence d’une tradition favorable à l’autorité sénatoriale : Rambaud 1980, 121. En particulier, les extraits conservés des Annales d’Ennius semblent déjà louer la stratégie de Q. Fabius Maximus Cunctator.

    111Chassignet 1998, 56-65. Liv. 22.7.4 ; Plb. 3.8.1-8.

    112Sur l’idée de “groupe porteur” et de “récit maître” permettant à un peuple de surmonter un traumatisme collectif, voir Alexander 2004.

    113Sur le traumatisme collectif de cette guerre et la mémoire culturelle qui en découle, voir Beck 2006 ; Consoli 2010 ; Kubler 2018.

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    • Sophie Hulot
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    1Revers mineurs : défaite de L. Manlius Vulso vers août 218, défaite de C. Centenius vers juin-juillet 217, défaite de M. Minucius Rufus vers novembre-décembre 217. Les dates proposées pour l’ensemble de ces défaites sont approximatives et proviennent de la reconstruction probable des faits telle que présentée dans la documentation littéraire (en particulier Tite-Live) et parfois dans Lazenby 1998.

    2P. Cornelius Scipio (cos.) pour 218, Cn. Servilius Geminus (cos.) pour 217, Q. Fabius Maximus (dic.), Cn. Servilius Geminus (cos.), M. Atilius Regulus (cos. suff.) pour 217 et L. Aemilius Paullus (cos.) pour 216.

    3Tib. Sempronius Longus (cos.) pour 218, C. Flaminius Nepos (cos.) pour 217, M. Minucius Rufus (maître de cavalerie) pour 217, C. Terentius Varro (cos.) pour 216.

    4Sur ces incertitudes : Lazenby 1998, 61. Tite Live semble lui aussi s’y perdre : Liv. 22.36.1-2.

    5Liv. 21.17.2 (218) ; Liv. 21.26.3 ; 21.63.15 ; 22.2.1 ; App., Hann., 5.31-32 (début 217) ; Liv. 22.11.2-9 (après Trasimène) ; Plb. 3.107.9-15 ; Liv. 22.36.1-5 ; App., Hann., 17.73 (début 216). E. Salmon 1960, 140 propose des chiffres plus élevés et constate un intense effort de mobilisation.

    6Liv. 22.11.9.

    7Liv. 21.57.1-2 ; App., Hann., 27.116.

    8Le récit exhaustif de Tite-Live suffit à s’en convaincre : Liv. 21.17.5-9 ; 21.26.2 ; 22.1.5 ; 22.8.5-6 ; 22.26.7 ; 22.27 ; 22.35.1-4.

    9Plb. 3.103.4-5 ; Liv. 22.25.10 ; 22.26.7 ; 22.27.5 ; Plut., Fab., 9.3 ; 10.1 ; App., Hann., 12.52 ; D.C. 14.57.16-17 (Zonar. 8.26). Sur cette exception institutionnelle, voir Bellomo 2018.

    10Liv. 21.17.5-8 ; 21.26.3 (218) ; Liv. 21.63.1 et 15 ; 22.2.1 ; 22.11.2 (217).

    11Liv. 22.12.1.

    12Plb. 3.103.7 ; Liv. 22.27.5-11 ; Plut., Fab., 10.5 ; D.C. 14.57.17 (Zonar. 8.26).

    13Plb. 3.110.4 ; Liv. 22.41.3 ; 22.45.5 ; Plut., Fab., 15.1.

    14Historiographie antique : voir infra, p. 82. Historiographie moderne : Salmon 1960, 141 ; Erdkamp 1992, 137 ; Mineo 1997, 114-115 ; Lazenby 1998, 67-68, 73-75 ; Roller 2011 ; Zimmermann 2011, 284.

    15App., Hann., 13.53.

    16Liv. 22.32.2 ; 22.39.11-15 ; Plut., Fab., 5.1 ; 14.1.

    17Plb. 3.70.3-6 ; Liv. 21.52.7. En dépit de sa blessure (Plb. 3.66.2 et 9), Scipion se prépare à combattre dans une grande bataille : Plb. 3.68.6. Il espère même y participer : Plb. 3.68.6 ; 3.70.5-7. Plus tard, en Hispanie, il engage une bataille rangée dans des circonstances favorables : Liv. 21.60.6. Enfin, selon Polybe, les Romains critiquent au contraire l’imprudence de P. Cornelius Scipio : Plb. 3.68.10.

    18Plb. 3.90.6 ; D.C. 14 (Zonar. 8.25) ; Erdkamp 1992, 130-131 et 138.

    19Erdkamp 1992, 137-138. Il est suivi par Zimmermann 2011, 285.

    20Plb. 3.93.1-2 ; Plut., Fab., 6.4.

    21Plb. 3.104.6-7 ; 3.110.4-7 ; 3.110.10 ; 3.111.1 ; 3.112.3-5 ; Liv. 21.46.3-4 ; 21.59.2-3 ; 22.24.4-11 ; 22.28.3-10 ; 22.41.1 ; 22.44.1-2 ; 22.45.3-5 ; Plut., Fab., 11.3-4. Sur le poids des opérations “mineures” et “irrégulières” dans la conduite de la deuxième guerre punique : Rawlings 2016.

    22Sur l’importance de la distance et de la pression du temps dans ce processus : Brecher 1996.

    23Cette question a été posée depuis longtemps par A. Eckstein et abordée récemment à propos de Fabius Maximus : Eckstein 1987 ; Schmitt 2022.

    24Plb. 3.107.7 ; 3.108.1-2. De fait, L. Aemilius Paullus n’apparaît jamais opposé au principe d’un combat de grande ampleur (Plb. 3.110.2). Sur cette question : Mineo 1997, 117 ; Lazenby 1998, 77-78.

    25Plb. 3.90.2 ; Liv. 22.39.21 ; D.C. 14 (Zonar. 8.25). Voir Erdkamp 1992, 138.

    26Plb. 3.69.12.

    27Sur ce revirement définitif de stratégie vers un modèle dit plus défensif : Zimmermann 2011, 286. Sur la relecture a posteriori de la stratégie fabienne : Schmitt 2022.

    28David 2003, 452.

    29Prudence : Plb. 3.89.3 ; 103.2-3 ; 105.8-9 ; 106.11 ; Liv. 21.52.2 ; 22.12.6 ; 22.14.14 ; 22.18.8 ; 22.23.1 ; 22.25.9 ; 22.38.11 ; 22.42.4 ; Plut., Fab., 3.7 ; 5.3 ; 7.3 ; D.C. 14 (Zonar. 8.26) ; 15.57.23 (Zonar. 9.1). Témérité : Plb. 3.80.4 ; 3.81.9 ; 3.104.1 ; 3.105.8 ; Liv. 21.52.2 ; 21.53.8 ; 21.57.3 ; 22.3.5 ; 22.3.14 ; 22.9.7 ; 22.24.23 ; 22.25.12 ; 22.28.2 ; 22.29.1 ; 22.40.1 ; 22.41.1 ; 22.41.4 ; 22.44.7 ; Val. Max. 4.5.2 ; Plut., Fab., 5.5 ; 12.2 ; 14.1 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25 ; 8.26) ; 15.57.24 (Zonar. 9.1).

    30Expérience : Plb. 3.107.8 ; Liv. 21.41.3-5 ; Liv. 22.35.7 ; Plut., Fab., 14.4 ; App., Hann., 17.74. Inexpérience : Plb. 3.80.3 ; 3.110.3 ; Plut., Fab., 14.2 ; App., Hann., 9.38 ; 13.55.

    31Intérêt pour la République : Plb. 3.64.10 ; Liv. 22.11.2 ; 22.39.2 ; Plut., Fab., 5.8 ; 10.3 ; 12.3 ; D.C. 14.57.16 ; 14.57.21. Ambition personnelle : Plb. 3.70.2 et 7-8 ; 3.80.4 ; 3.104.1 ; Liv. 21.53.6 ; 22.25.4 ; 22.34.4-11 ; 22.38.6 ; 22.42.12. ; Plut., Fab., 2.4 ; 5.5 ; App., Hann., 17.74 ; D.C. 14 (Zonar. 8.24 ; 8.25) ; 14.57.11. Voir également : Mineo 1997, 115.

    32Plusieurs sources notent cette proximité entre les vertus et les vices et l’usage politique qu’en faisaient eux mêmes les Romains : Liv. 22.12.12 ; 22.39.20 ; Plut., Fab., 17.5.

    33Plb. 3.70.1 ; Liv. 21.53.1 ; 22.3.4 ; 22.27.1 ; Plut., Fab., 2.3 ; 8.3 ; D.C. 14 (Zonar. 8.24) ; 14.57.18.

    34Liv. 22.32.1. B. Mineo interprète ce jugement comme le fruit d’une relecture livienne de l’histoire autour de l’enjeu (augustéen) de la concordia : Mineo 1997.

    35Plb. 3.107.6-7 ; 3.108.1-2 ; Liv. 21.40.3 ; 21.41.16 ; 21.63 ; 22.3.10 ; 22.23.5.

    36Liv. 21.41.3-5 ; 21.63.2 ; 22.35.7.

    37Plb. 3.64.10 ; 3.109.1 ; Liv. 21.40.4 ; 21.41.2 ; 22.41.2 ; 22.40.6 ; App., Hann., 18.79.

    38Plb. 3.109.1 ; Liv. 22.49.11.

    39Plb. 3.64.11 ; 3.70.7-8 ; 3.111.8 ; Liv. 21.41.1.

    40Plb. 3.70.7 ; 3.82.7 ; Liv. 21.54.6 ; 22.38.9-11 ; 22.39.6. Voir également Mineo 1997, 115.

    41Plb. 3.89.2 ; 3.94.4 ; 3.105.9 ; Liv. 22.3.4 ; 22.12.2 ; 22.12.10 ; 22.23.2 ; 22.25.14 ; 22.27.3-4 ; 22.29.9 ; 22.38.11 ; 22.39.21 ; Plut., Fab., 5.1 ; 12.1 ; App., Hann., 13.55. Voir ibid., 118.

    42Plb. 3.70.4, 3.70.10. ; 3.106.4-5 ; 3.108.6 ; 3.109.12 ; Liv. 21.39.3 ; 21.43.14 ; 21.53.9 ; 22.41.4-5 ; Plut., Fab., 2.4.

    43Liv. 21.40.4 ; 21.43.14-18.

    44Plb. 3.90.4 ; 3.108.3 ; Liv. 21.39.10 ; 21.53.2 ; 22.12.10 ; App., Hann., 16.69 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25).

    45Plb. 3.68.14 ; 3.108.8 ; 3.109.2-5 ; App., Hann., 9.38 ; 10.40.

    46Plb. 3.103.2.

    47Liv. 21.56.2-5 ; 22.6.8 ; 22.50 ; App., Hann., 26.113.

    48Rosenstein 1990, en particulier 323-326 (sur les élections pour 216).

    49Liv. 21.57.4.

    50Liv. 22.34.1-2 et 22.35.1-2.

    51Liv. 22.33.10-12 ; 22.34.1 ; 22.34.3 ; 22.34.9-11. Sur ces irrégularités : Dorey 1959 ; Sumner 1975 ; Gruen 1978 ; Twyman 1984 ; Evans 1991.

    52Plb. 3.68.10.

    53Plb. 3.80.4 ; 3.82.4-6. Sur la constitution de l’image de C. Flaminius Nepos : Caltabiano 1976 ; Feig Vishnia 2012.

    54Plb. 3.89.3 ; 3.90.6 ; 3.94.8 ; 3.103.1-3 ; Liv. 22.15.1 ; 22.23.3-4 ; 22.25.1 ; 22.25.12 ; 22.25.17 ; 22.26.5-6 ; 22.49.11 ; Plut., Fab., 5.3 ; 5.5-8 ; 7.5 ; Plut., Apopht., Fab., 1. et 2 ; D.C. 14. (Zonar. 8.25) ; D.C. 14.57.2.

    55Plb. 3.90.6 ; Liv. 22.12.1 ; 22.12.11-12 ; 22.14 ; 22.15.5-6 ; 22.25.3-11 ; 22.27.2-4 ; Sil., Pun., 8.268 (en le prêtant à C. Terentius Varro) ; Plut., Fab., 5.5-8 ; 7.5 ; 8.4 ; App., Hann., 12.51-52 ; 13.55 ; D.C. 14 (Zonar. 8.26). Sur le ressort parfois humoristique de ces critiques : Montlahuc 2019, 138.

    56Scullard 1973. Sur les alliances familiales de ces années en lien avec la stratégie : Lazenby 1998, 58-60.

    57Sur le débat autour de la notion de démocratie à Rome voir en dernier lieu Hurlet 2012. Sur le rôle du peuple qui va au-delà de celui d’arbitre de la compétition politique : Courrier 2014.

    58Mineo 1997, 115-117.

    59Plb. 3.80.4 ; 3.82.4-6 ; 3.92.4-6 ; 3.103.4-5 ; 3.105.9-10 ; Liv. 22.14.1-4 et 15 ; 22.25.8-17 ; 22.34.11 ; 22.39.18 ; 22.40.3 ; 22.42.312 ; Plut., Fab., 8.4 ; App., Hann., 3.18. K. Zimmermann utilise le terme d’“opinion” comme élément d’explication des revirements de stratégie sans toutefois en préciser ni le sens, ni l’origine sociale : Zimmermann 2011, 285. Sur les intenses débats autour du terme d’“opinion publique” en histoire romaine, voir en dernier lieu Hurlet & Montlahuc 2018. Il est possible de reconnaître a minima une capacité du peuple romain et des soldats à faire valoir leurs idées auprès de leurs dirigeants.

    60Plut., Reg. apophth., 195 c et d.

    61Plut., Fab., 8.4 ; App., Hann., 18.82 ; 19.83-84.

    62Liv. 22.34.5-7 et 11.

    63Lazenby 1998, 58-59. Liv. 21.63.3-4.

    64Liv. 22.10.8.

    65Liv. 22.34.2. Selon Tite-Live, L. Aemilius Paullus considère C. Terentius Varro comme un personnage “séditieux” (Liv. 22.40.2). Sur l’image du consul dans l’historiographie : Zecchini 1976.

    66Liv. 22.25.18-19 ; 22.26.1 ; 22.34.2 ; Val. Max. 3.4.4 ; Sil., Pun., 8.242-249 ; Plut., Fab., 14.2 ; D.C. 15.57.24 (Zonar. 9.1).

    67Liv. 22.35.2.

    68Liv. 22.26.2-4 ; 22.34.2. Selon J. Lazenby le parcours de C. Terentius Varro ne saurait faire de lui un révolutionnaire : Lazenby 1998, 74.

    69Liv. 22.43.8 ; App., Hann., 18.82 ; 19.83-84.

    70Liv. 22.40.4.

    71Plb. 3.107.7 ; 3.108.1-2.

    72Courrier 2014, 314-409.

    73Liv. 22.61.14-15, 25.6.7-9 ; Val. Max. 3.4.4 et 4.5.2 (parlant d’un refus de dictature) ; Plut., Fab., 18.45. Voir l’article de M. Engerbeaud dans ce même volume, p. 273-288.

    74Liv. 23.25.11 ; 23.32.19 ; 24.10.3 ; 24.11.3 ; 24.44.5 ; 25.6.7.

    75Liv. 27.24.1 et 6 ; 27.35.2 ; 27.36.13.

    76Liv. 30.26.4 ; 31.11.18 ; 31.49.6.

    77A contrario, Erdkamp 1992, 139-140 minimise le poids du conflit politique.

    78Liv. 22.34.11.

    79217 : Liv. 22.11.8-9. 216 : Liv. 22.36.1-4. Tite-Live évoque aussi l’angoisse des nombreuses familles romaines de soldats ayant servi sous les ordres de C. Flaminius Nepos lors de la bataille de Trasimène (Liv. 22.7.10‑13).

    80Erdkamp 1992, 140-142 ; Sanz 2013, 376-389. Plb. 3.90.13 ; 3.107.6 ; Liv. 22.13.11.

    81Liv. 22.32.5.

    82Étrurie : Plb. 3.80.4 ; 3.82.3 ; Liv. 21.52.7 ; 22.3.7-10 ; 22.4.1 ; Plut., Fab., 2.4. Campanie : Plb. 3.92.4-6 ; Liv. 22.13.1 et 5 ; 22.14.1-4 ; 22.14.8 ; D.C. 14.57.8 (Zonar. 8.25).

    83Sur les liens forts entre Rome et la Campanie, voir Vallat 1983, 225-226.

    84Liv. 22.14.3-4 et 7.

    85Liv. 21.53.4 ; Sil., Pun., 8.268 ; App., Hann., 17.73.

    86Pour l’année 218 : territoires proches du Tessin (Liv. 21.45.2), région de Vibo (Liv. 21.51.4) ; territoire jusqu’aux rives du Pô (Plb. 3.69.6-7 ; Liv. 21.52.5) ; territoires non localisés (D.C. 14 [Zonar. 8.24]).

    87Liv. 22.23.4 ; 22.23.8 ; 22.25.7 ; Plut., Fab., 7.4-5 ; D.C. 14.57.15 (Zonar. 8.26). Silius Italicus y fait sans doute aussi allusion : Sil., Pun., 8.268.

    88Pillages de l’année 217 : Victimula durant l’hiver (Liv. 21.57.9-13) ; Étrurie vers juin (Plb. 3.82.10 ; Liv. 22.3.6 ; 22.4.1 ; Plut., Fab., 2.2 ; App., Hann., 9.36 ; D.C. 14. [Zonar. 8.25]) ; Ombrie et Picenum vers fin juin (Plb. 3.86.8-10 ; Liv. 22.9.2-3 ; D.C. 14. [Zonar. 8.25]) ; Prétuttiens, Marruciens, Frentaniens, Iapygie vers début juillet (Plb. 3.88.3 ; Liv. 22.9.5 ; App., Hann., 12.49) ; Daunie vers mi-juillet (Plb. 3.88.5‑6 ; Liv. 22.12.6) ; Bénévent et Vénouse vers fin juillet (Plb. 3.90.7-8 ; Liv. 22.13.1 ; 22.25.7) ; territoire de Falerne et Sinuessa à la mi-août (Plb. 3.90.10 ; 3.92.2-9 ; Liv. 22.13.9-10 ; 22.14.1 ; 22.25.7 ; D.C. 14 [Zonar. 8.25]) ; territoire des Paeligni en août (Liv. 22.18.6) ; Geronium fin août et début septembre (Plb. 3.100.1-8 ; 3.101.4 ; 3.101.9‑10 ; 3.101.2 ; 102.2-4 ; 102.11 ; Liv. 22.23.10 ; App., Hann., 15.66). La perte de productions particulièrement précieuses est explicitement évoquée : le vin vieux en Ombrie et dans le Picenum (Plb. 3.88.1) ; l’arboriculture du territoire de Falerne (Liv. 22.14.1 ; 22.15.2) ; les céréales (mil ?) et le fourrage de Geronium (Plb. 3.100.6-8 ; Liv. 22.23.9 ; 22.40.8 ; App., Hann., 15.66). Les soldats semblent satisfaits de l’initiative prise par C. Flaminius Nepos pour protéger l’Étrurie : Liv. 22.3.14. Le mécontentement des soldats paraît s’accentuer au mois d’août 217 : Plb. 3.92.4-5 ; Liv. 22.12.12 ; 22.14 ; 22.28.9, Plut., Fab., 5.3 ; 7.3-5.

    89Erdkamp 1992, 140-142.

    90Pillages de l’année 216 : Geronium début juillet (Plb. 3.107.1) ; Cannes durant le mois de juillet (Plb. 3.107.2-6 ; 3.110.11 ; 3.111.8).

    91Liv. 22.38.10.

    92Liv. 22.38.7 ; Liv. 22.39 ; Sil., Pun., 8.271-275 ; Plut., Fab., 14.2.

    93Plb. 3.112.6-8.

    94Derow 1976, 277.

    95Si l’on suit le récit d’Appien, cinq à six jours se sont écoulés entre l’arrivée des troupes et la bataille de Cannes : App., Hann., 18-19.

    96Voir Wenskus 1986 et Zannier 2007, 131 et 279-282.

    97Varro, Rust., 1.40.32 ; Zannier 2007, 281.

    98Vallat 1983, 225.

    99Tite-Live précise bien que, peu avant la bataille de Cannes, Hannibal aurait déplacé ses troupes plus au sud dans l’espoir d’atteindre une région plus chaude où la maturation des denrées était plus avancée (Liv. 22.43.5). La bataille de Cannes a donc dû se produire au tout début de la période des récoltes italiennes. Sur l’enjeu stratégique de la contribution alimentaire des cités italiennes lors des guerres : Bats 2009.

    100App., Hann., 17.74 : ὑπισχνουµενον.

    101Si les effectifs enrôlés en 216 ont été particulièrement importants, la levée a pu être longue et difficile, comme le suggère d’ailleurs Lazenby 1998, 76. La perspective d’un retour rapide à Rome peut permettre une meilleure adhésion des Romains au processus en évitant recours et dispenses.

    102App., Hann., 17.75 et 18.78-79 (trad. Gaillard-Goukowsky, D., Paris, 2015) : “Tout en escortant les consuls à la sortie de la Ville, ils leur demandaient de décider du sort de la guerre par une bataille sans épuiser la cité par les atermoiements, les expéditions continuelles, les contributions de guerre, la disette et l’abandon des terres ravagées par l’ennemi”.
    Le syntagme στρατείαις συνεχέσι dénote bien l’idée de campagne (traduction probable du latin militia) sans solution de continuité. Le problème principal semble donc être celui du maintien en service sur la longue durée. Sur ce sujet, voir Cadiou 2009, 166-167.

    103Plb. 3.89.2 ; 3.94.9 ; Liv. 22.25.15 ; Plut., Fab., 9.4-5 ; 10.7 ; 14.3 ; 29.2 ; D.C. 14.57.9-11 (Zonar 8.26).

    104Fron., Str., 4.6.1 ; D.C. 14.57.11 (Zonar 8.26).

    105Sil., Pun., 9.22-23 ; D.C. 15.57.26 ; Zonar. 8.26 ; 57.9-11.

    106Polyaen. 8.14.2.

    107Liv. 22.29.10-11 ; 22.30 ; Val. Max. 5.2.4 ; Plin., Nat., 22.5.10 ; Plut., Fab., 13.6 ; 27.3 ; 29.2. La distinction entre le seruator ciuium et le conseruator ciuium serait une question d’échelle. Là où le premier ne sauve qu’un seul citoyen, le second sauve un groupe entier : Alföldi 1952, 221.

    108Liv. 22.23.7-8 ; Plut., Fab., 7.7-8 ; D.C. 14.57.15.

    109Sur l’éthique ambivalente de l’attente : Roller 2011. Sur la construction de l’image de Q. Fabius Maximus en opposition à celle de C. Flaminius Nepos ou de Scipion l’Africain : Feig Vishnia 2012 ; Nardelli 2012. Sur l’humanitas de Q. Fabius Maximus envers ses concitoyens : Scuderi 2010.

    110Mineo 1997, 117. Il cite M. Rambaud qui a bien mis au jour l’existence d’une tradition favorable à l’autorité sénatoriale : Rambaud 1980, 121. En particulier, les extraits conservés des Annales d’Ennius semblent déjà louer la stratégie de Q. Fabius Maximus Cunctator.

    111Chassignet 1998, 56-65. Liv. 22.7.4 ; Plb. 3.8.1-8.

    112Sur l’idée de “groupe porteur” et de “récit maître” permettant à un peuple de surmonter un traumatisme collectif, voir Alexander 2004.

    113Sur le traumatisme collectif de cette guerre et la mémoire culturelle qui en découle, voir Beck 2006 ; Consoli 2010 ; Kubler 2018.

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    Hulot, S. (2023). Changer de stratégie : le révélateur d’une “crise” plus complexe ? Le cas des atermoiements stratégiques des années 218-216 a.C. In M. Bats, R. Laignoux, & J.-C. Lacam (éds.), La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f3c
    Hulot, Sophie. « Changer de stratégie : le révélateur d’une “crise” plus complexe ? Le cas des atermoiements stratégiques des années 218-216 a.C ». In La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f3c.
    Hulot, Sophie. « Changer de stratégie : le révélateur d’une “crise” plus complexe ? Le cas des atermoiements stratégiques des années 218-216 a.C ». La République romaine face aux crises. Tome 1, édité par Maria Bats et al., Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f3c.

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    Bats, M., Laignoux, R., & Lacam, J.-C. (éds.). (2023). La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions. https://doi.org/10.4000/16f4v
    Bats, Maria, Raphaëlle Laignoux, et Jean-Claude Lacam, éd. La République romaine face aux crises. Tome 1. Pessac: Ausonius Éditions, 2023. doi:10.4000/16f4v.
    Bats, Maria, et al., éditeurs. La République romaine face aux crises. Tome 1. Ausonius Éditions, 2023, https://doi.org/10.4000/16f4v.
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