Restaurer les couvents des ordres mendiants en Auvergne au XIXe siècle. Jalons pour une enquête
Résumés
Cette contribution à l’examen des restaurations effectuées au XIXe siècle dans les couvents des ordres mendiants, érigés du début du XIIIe siècle à la fin du XVe siècle dans les diocèses de Clermont, du Puy et de Saint-Flour, vise à caractériser le corpus et à dresser un premier bilan de la documentation traitant des restaurations réalisées au lendemain de la Révolution française. En identifiant les modalités de déroulement des chantiers, leurs acteurs et leurs enjeux, il met en exergue les limites de l’analyse dans le cas auvergnat et propose des perspectives de recherches méthodologiques à partir des données disponibles. Il apparaît en effet que cette étude ne peut faire l’économie d’un dépouillement problématisé des sources et d’un examen approfondi du bâti. En procédant ainsi, les choix archéologiques et artistiques opérés par les initiateurs des campagnes de rénovation et les restaurateurs pourront être précisés et replacés dans le temps long du monument, rendant possible l’évaluation de la pérennité des restaurations.
This contribution to the examination of the restorations carried out in the 19th century in the convents of the mendicant orders, erected from the early 13th century to the late 15th century in the dioceses of Clermont, Le Puy and Saint-Flour, aims at characterizing the corpus and delivering an initial assessment of the documentation dealing with the restorations made following the French Revolution. By identifying the modalities of conducting the building sites, their actors and their stakes, it highlights the limits of the analysis in the case of Auvergne and proposes methodological research perspectives based on the available data. In fact, it appears that this study cannot proceed without a problematic analysis of the sources and an in-depth examination of the buildings. In doing so, the archaeological and artistic choices made by the initiators of the renovation campaigns and the restorers will be clarified and placed in the long-term context of the monument, making it possible to assess the durability of the restorations.
Entrées d’index
Mots-clés : restauration, couvents, ordres mendiants, Auvergne, Moyen Âge, XIXe siècle
Keywords : restoration, convents, mendicant orders, Auvergne, Middle Ages, 19th century
Texte intégral
1« Notre siècle est le premier qui se soit piqué de réparer les édifices des siècles passés sans les défigurer ». Cette phrase introductive de l’article intitulé « La restauration de nos monuments historiques devant l’art et le budget », publié par l’historien Anatole Leroy-Beaulieu (1842-1912) dans la Revue des deux mondes en 1874, est révélatrice de l’attention croissante portée aux édifices anciens par les érudits depuis le début du XIXe siècle, de la prise de conscience progressive de la nécessité de leur entretien, mais également des interrogations soulevées par les restaurations contemporaines sur les monuments1. Les travaux menés par M. Phalip sur les édifices religieux médiévaux d’Auvergne ont constitué un terreau fertile pour le développement de ces problématiques depuis les années 2000. Si les campagnes de restauration de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont et des grands sanctuaires romans au XIXe siècle sont désormais bien connues2, celles des églises gothiques paroissiales3 et des complexes religieux nécessitent encore d’être approfondies, tant en Auvergne que dans le reste de l’espace français4. Cet état de l’art s’explique sans doute par un paradoxe structurel et fonctionnel. Supprimés par décret de l’Assemblée constituante le 13 février 1790, les ensembles conventuels ont été divisés en lots, puis vendus, voire détruits au tournant des XVIIIe et XIXe siècles5. Ainsi, dans le cas des couvents des ordres mendiants, l’archéologue et l’historien de l’art doivent prendre en considération l’évolution de la fonction des espaces sacrés et les aménagements liturgiques afférents, ce qui rend l’analyse architecturale délicate. Le propos qui suit constitue donc une contribution à l’examen des restaurations effectuées au XIXe siècle dans les couvents mendiants fondés entre le début du XIIIe siècle et la fin du XVe siècle dans les diocèses de Clermont, du Puy et de Saint-Flour (après 1317). Il vise à caractériser le corpus et à dresser un premier bilan de la documentation traitant des restaurations réalisées au lendemain de la Révolution française. Il ambitionne également d’identifier les modalités de déroulement des chantiers, leurs acteurs et leurs enjeux. Il a enfin pour objectif de mettre en exergue les limites d’une telle entreprise dans le cas auvergnat et de proposer des perspectives de recherches à partir des données disponibles.
1. Le corpus et la documentation
2Le corpus se compose de vingt-sept couvents : dix-sept relèvent de l’ordre franciscain (branche masculine et féminine), trois de l’ordre dominicain, trois des Carmes, deux des Ermites de Saint-Augustin et deux des Frères de la Pénitence de Jésus-Christ (ou Sachets) (Fig. 1).

Fig. 1. Les couvents des ordres mendiants dans les diocèses de Clermont, du Puy et de Saint-Flour en 1789 (DAO C. Bourguignon, 2020 - Université Clermont Auvergne).
3Au XIXe siècle, la plupart des ensembles conventuels ont fait l’objet de réhabilitations entraînant des restaurations. Parmi ceux-ci, sept ont conservé une fonction religieuse en étant réoccupés par d’autres congrégations (couvents des Franciscains à Montferrand et à Aurillac, des Carmes à Clermont et au Puy, des Dominicains à Clermont, au Puy et à Saint-Flour), sept ont été convertis en exploitations ou en logements privés (enclos des Franciscains de Brioude, Le Puy-en-Velay, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Souvigny, des Clarisses d’Aigueperse et de Clermont, des Augustins d’Ennezat), un est devenu le siège de la préfecture du Puy-de-Dôme (second complexe franciscain (II) de Clermont)6, un autre a été réhabilité en hôpital psychiatrique (couvent des Franciscains colétans de La Cellette), un dernier a été transformé en prison (enclos des Franciscains de Riom) (Fig. 2).

Fig. 2. Fonction des couvents des ordres mendiants d’Auvergne au XIXe siècle (DAO C. Bourguignon, 2023 - Université Clermont Auvergne).
4Les réaffectations des couvents mendiants d’Auvergne en centres de détention ou en asiles ne constituent pas un cas isolé (citons l’exemple du couvent franciscain de Troyes devenu la maison d’arrêt Hennequin), puisque divers complexes religieux réguliers ont fait l’objet de transformations similaires au cours de leur histoire (abbaye de Fontevraud, abbayes cisterciennes de Clairvaux et Noirlac, couvent de la Visitation au Mans…). Ces nouveaux usages relèvent ainsi pleinement des problématiques récemment développées sur l’enfermement dans les espaces conventuels et les espaces carcéraux à la suite des travaux de Michel Foucault7.
5La protection patrimoniale des couvents mendiants fut tributaire de l’évolution des fonctions du bâti conventuel après la Révolution française. L’examen du statut des édifices montre en effet que seule l’église Saint-Laurent du Puy-en-Velay figurait sur la liste des Monuments historiques dressée par Prosper Mérimée en 18408. Celle-ci fut classée au titre des Monuments historiques le 21 mai 1906. La dernière décision de protection, datée du 13 janvier 2020, concerna le second couvent franciscain de Riom, transformé en prison à l’aube du XIXe siècle, actuellement en cours de réhabilitation (Fig. 3).

Fig. 3. Protection patrimoniale des couvents des ordres mendiants d’Auvergne (DAO C. Bourguignon, 2023 - Université Clermont Auvergne ; source : Base Mérimée).
6Les restaurations contemporaines des couvents mendiants bénéficient d’une documentation variée (correspondances, rapports, devis, mémoires, littérature érudite locale, etc.) conservée dans les fonds publics (archives nationales, départementales et municipales, médiathèque du patrimoine et de la photographie, service régional de l’inventaire, bibliothèques patrimoniales) dont le dépouillement nécessite d’être problématisé et approfondi. Les actes émanant de l’administration centrale des Monuments historiques renseignent rarement l’état et les interventions effectuées sur les établissements mendiants. Ainsi, la consultation des Lettres de Mérimée à Ludovic Vitet9, de La correspondance Mérimée-Viollet-le-Duc10 et des Procès-verbaux de l’Académie des beaux-arts11 se révèlent peu fructueuses. Plus remarquables, les Notes d’un voyage en Auvergne, consignées par Prosper Mérimée dans un rapport adressé au ministre de l’Intérieur12, brossent à grands traits l’histoire et l’aspect des édifices ainsi que leurs aménagements intérieurs (autels, enfeus) et sont accompagnées de jugements critiques. L’inspecteur général des Monuments historiques évoque par exemple l’ancienne église des Dominicains de Clermont en ces termes :
« Église des Jacobins : […] Construite évidemment dans la période bysantine, et autant que j’en puisse juger vers le milieu du XIIe siècle, elle paraît avoir été achevée ou réparée à la fin du XIIIe siècle, puis retouchée au XVe siècle, car c’est à cette époque seulement que peuvent se rapporter quelques détails d’ornementation, espèces de hors-d’œuvre bien évidemment ajoutés après-coup, longtemps après l’achèvement de l’édifice. Au milieu de ces changements, il ne paraît pas que le plan primitif se soit altéré : c’est une basilique à une seule nef, sans apside, et l’on ne peut douter que cette disposition ne soit ancienne, car la muraille orientale est percée de fenêtres ornées dans le style bysantin. Les autres fenêtres ont également conservé leur forme en plein cintre. […] Les chapiteaux des colonnes engagées dans les murs latéraux de la nef appartiennent au gothique primitif mais sont travaillés avec la plus grande recherche et aussi riches qu’élégants. On voit de chaque côté de cette nef une niche surmontée d’un pinacle fort orné, et dans l’intérieur de laquelle quelques restes de peintures à fresque percent à travers une couche de badigeon : probablement ces niches renfermaient autrefois des tombeaux ; on y a placé des autels »13.
7Force est de constater qu’en Auvergne, seuls trois anciens couvents mendiants ont attiré son attention ; encore, celle-ci s’est-elle essentiellement concentrée sur les sanctuaires (l’ancien couvent des Franciscains d’Aurillac et les églises dominicaines de Clermont et du Puy-en-Velay). Aux textes officiels, il convient d’ajouter les articles et les notices publiés dans des revues et des ouvrages de synthèses rédigés par et à destination de l’érudition locale. Citons le cas de la notice consacrée à l’église paroissiale Saint-Laurent du Puy, reconstruite par les Dominicains aux XIIIe et XIVe siècles, insérée par Frédéric-Guillaume Deribier de Cheissac dans le Dictionnaire statistique du département de la Haute-Loire14.
8La documentation graphique produite lors de projets de restauration constitue une source importante. Elle renseigne en effet sur les étapes de construction et d’entretien des édifices, mais également sur l’état et la disposition intérieure et extérieure du bâti peu après la Révolution française. À Riom par exemple, la réhabilitation du couvent franciscain en prison à partir de 1820 a entraîné la levée de plans de l’église et des différents niveaux d’élévation des anciens bâtiments conventuels et l’élaboration de coupes de l’église par les architectes C.-F.-M. Attiret, G. Degeorge, M. A. Richier et P. Rousseau entre 1819 et 1828 (Documentation planimétrique : Riom) (Fig. 4).

Fig. 4. Maison centrale de détention de Riom (Puy-de-Dôme). Plan du rez-de-chaussée (état projeté), P. Rousseau, 1819, sans échelle, lavis rose et violet, encre noire, Archives Départementales du Puy-de-Dôme, 4 N 0346, Charenton-le-Pont, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Base Mémoire.
9Ces plans sont précieux car les différentes parties du couvent ont fait l’objet de nombreux remaniements dans le deuxième tiers du XIXe siècle, à la fin des années 1980 et 2000, lesquels n’ont pas été accompagnés d’études archéologiques. Ils sont donc riches d’enseignements quant à l’évolution de la structure du bâti dans le parcellaire, l’organisation interne des édifices et des espaces de circulation, mais aussi sur l’aspect de l’église avant son cloisonnement interne en quatre niveaux d’élévation, l’effondrement d’un contrefort et de voûtains en 1987 et sa rénovation extérieure à l’aide d’un bardage en bacs acier à la fin des années 2000 (Fig. 5).

Fig. 5. Vue de l’ancienne église des Franciscains (II) dans la Maison centrale de détention de Riom (Puy-de-Dôme) depuis l’angle des rues de l’Hôtel des Monnaies et Soubrany en 1984 et en l’état actuel (cl. R. Choplain et R. Maston, Charenton-le-Pont, Médiathèque du patrimoine et de la photographie, Base Mémoire, NUMI 19846301463V (1984) ; C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
10La production de documents iconographiques qui se développa au cours du XIXe siècle fournit d’autres données intéressantes. Les gravures, les lithographies, les cartes postales et les dessins réalisés à cette période permettent en effet de préciser la datation de certaines restaurations en l’absence de sources textuelles précises. La documentation disponible pour la ville du Puy-en-Velay est ainsi riche d’informations concernant les restaurations effectuées aux couvents des Dominicains et des Carmes. Outre les gravures publiées au XIXe siècle dans les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France15 ou dans l’Album archéologique de la ville du Puy16, il convient de signaler les ouvrages de synthèses publiés dans les années 1970-1980 réunissant près d’une centaine de gravures, dont les vues réalisées par P. Giriat au tournant des XVIIIe et XIXe siècles et les dessins de M. Imbard effectués vers 182017.
11Les catalogues des collections des musées, rédigés dès la seconde moitié du XIXe siècle, permettent également d’identifier certaines campagnes de restauration par les donations d’éléments lapidaires. Au Puy-en-Velay, la destruction de la façade ouest de l’église Saint-Pierre-des-Carmes puis sa reconstruction entre 1863 et 1866 ont entraîné la découverte et la dépose de deux blasons : le premier en brèche, datant sans doute du Bas Moyen Âge ou du début de l’époque moderne (armes de la famille de Coubladour ?) ; le second en arkose de Blavozy ou de Brives, aux armes de la ville du Puy, datant du dernier quart du XVIe siècle ou du premier quart du XVIIe siècle. Ces deux éléments sont aujourd’hui conservés au musée Crozatier18.
2. Les restaurations des églises mendiantes : modalités, acteurs et enjeux
12Dans le corpus étudié, les restaurations des églises mendiantes revêtirent différentes formes. Plusieurs projets ont visé à modifier le plan des sanctuaires afin de répondre à des aménagements urbanistiques réalisés aux abords de l’édifice ou à la croissance démographique. À Clermont par exemple, le percement de la rue Godefroy de Bouillon dans le premier tiers du XIXe siècle a entraîné la suppression de plusieurs travées occidentales du vaisseau méridional de la chapelle de la Visitation (ancienne église des Dominicains)19. À Aurillac, divers projets d’agrandissement de l’église Notre-Dame-aux-Neiges, ancien sanctuaire des Franciscains, furent envisagés en 1827, 1842 et avant 1870. L’un d’eux consistait en l’ajout de deux vaisseaux au nord et au sud de la nef existante. Aucun de ces projets ne fut néanmoins mis à exécution20. Au Puy-en-Velay en revanche, deux collatéraux ont été ajoutés de part et d’autre de la nef unique de l’église Saint-Pierre-des-Carmes en 1840-1846, augmentant sensiblement le volume de l’édifice et, partant, le nombre de fidèles accueillis (Fig. 6).

Fig. 6. Collatéraux nord (à g.) et sud (à dr.) de l’église Saint-Pierre-des-Carmes du Puy-en-Velay (Haute-Loire) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
13La plupart des projets de restauration ont consisté à remanier ou à reconstruire les élévations existantes, en particulier le clocher et la façade d’entrée des églises. À Clermont au début du XIXe siècle, le portail principal de l’église Saint-Genès-des-Carmes, sans doute érigé au cours du deuxième ou troisième tiers du XVe siècle sur la façade nord, fut déplacé et réaménagé dans la façade sud de la première travée occidentale. Il constitue encore aujourd’hui l’entrée principale de l’église rue Neuve des Carmes (Fig. 7).

Fig. 7. Portail sud de l’église Saint-Genès-des-Carmes de Clermont (Puy-de-Dôme) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
14La façade ouest de l’ancienne église des Dominicains de Clermont fut également reconstruite au début du XIXe siècle à la suite du percement de la rue Godefroy de Bouillon. Il en alla de même au Puy-en-Velay où dès 1840, l’architecte M. Berry et le sculpteur A. Préault (1809-1879)21 proposèrent trois projets de restauration de la façade ouest de l’église Saint-Laurent en style néo-gothique22. Le portail médiéval, érigé autour du dernier quart du XVe siècle dans la façade sud de la première travée occidentale23, fut transféré sur la façade ouest de l’église Saint-Laurent au cours des années 1840-1850. Il fut flanqué de deux portails latéraux de même structure, mais de dimensions plus modestes, dont les tympans brisés sont ornés en leur centre d’un blason couronné encadré par une arcature trilobée. Les blasons comportent des initiales pouvant être attribuées au nord à Pierre-Marie-Joseph Darcimoles, évêque du Puy (1840-1847), et au sud à son successeur Joseph Auguste Victorin de Morlhon (1847-1862) (Fig. 8).

Fig. 8. Façade ouest de l’église Saint-Laurent (ancienne église des Dominicains) du Puy-en-Velay (Haute-Loire) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).

Fig. 9. Coupe nord-sud de la façade ouest de l’église Saint-Pierre-des-Carmes du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en 1862 (DAO C. Bourguignon, 2020 - Université Clermont Auvergne ; d’après coupe D’Elklemaire publiée dans : Falarz R., Ville du Puy-en-Velay, église Saint-Pierre des Carmes, Notice historique, 2003, Chadrac, R. Falarz architecte D.P.L.G., pl. 7).
15Quelques années plus tard, la façade ouest de l’église Saint-Pierre-des-Carmes fut démolie puis reconstruite de 1863 à 1866 en style néo-gothique (Fig. 9 et Fig. 10).

Fig. 10. Façade ouest de l’église Saint-Pierre-des-Carmes du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en 2016 (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
16Cette façade comportait alors des pinacles et des acrotères et deux hautes tours, lesquels sont en cours de restauration. Le couvrement des édifices a également fait l’objet de modifications structurelles et esthétiques. La charpente et la toiture de l’église Saint-Pierre-des-Carmes du Puy-en-Velay furent restaurées au début des années 1870. La charpente fut rehaussée et les tuiles canal furent remplacées par des ardoises (Fig. 11).

Fig. 11. Projet de rénovation de la toiture de l’église Saint-Pierre-des-Carmes du Puy-en-Velay (Haute-Loire) vers 1870 (DAO C. Bourguignon, 2020 - Université Clermont Auvergne : d’après dessin de D’Elklemaire publié dans : Falarz R., Ville du Puy-en-Velay, église Saint-Pierre des Carmes, Notice historique, 2003, Chadrac, R. Falarz architecte D.P.L.G., pl. 9).
17À Clermont, l’organisation interne de l’église et des bâtiments conventuels du couvent franciscain (II) fut remaniée afin d’accueillir les locaux de la Préfecture à partir de l’été 1801. Un projet de réaménagement fut notamment déposé par l’architecte riomois M. A. Richier (1754-1836). L’église, désaffectée, fut cloisonnée et divisée en plusieurs étages en 1806, tandis que le voûtement fut partiellement détruit vers 185424.
18Outre les élévations, certains éléments de décor ont fait l’objet d’une attention particulière lors des chantiers de restauration. À Clermont dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’architecte A.-G. Mallay a réalisé plusieurs aquarelles de peintures murales visibles dans le cloître de l’ancien couvent franciscain (II). Celles-ci, datant des périodes médiévale et moderne, montraient des microarchitectures ainsi que des frises à motifs géométriques. L’architecte a procédé de même pour deux fragments de peintures modernes conservés dans le réfectoire figurant les symboles de l’ordre franciscain25. Au début des années 1880, d’autres fragments représentant saint François recevant les stigmates, datés du tournant des XVIe et XVIIe siècles, ont été donnés au Musée d’Art de Clermont26. À la même époque néanmoins, les religieuses de l’ordre de la Visitation de Sainte-Marie peignirent l’ensemble des élévations intérieures du vaisseau méridional de l’ancienne église des Dominicains (murs gouttereaux, supports, croisées d’ogives et voûtains). Cette campagne de restauration, en cours d’étude27, rend aujourd’hui complexe l’examen de la structure des maçonneries (Fig. 12).

Fig. 12. Parement interne de la façade ouest de la chapelle de la Visitation (ancienne église des Dominicains) de Clermont (Puy-de-Dôme) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
19Le remplacement des vitraux anciens ou endommagés constitua un autre enjeu des restaurations réalisées au XIXe siècle. À Clermont par exemple, le chœur, la nef et les chapelles latérales de l’église Saint-Genès, ancienne église des Carmes, abrite un ensemble de vitraux réalisés par É. Thibaud, C. Desgranges, A. Champrobet et L. Chatain entre 1840 et 187528. Les vitraux de l’église Notre-Dame-aux-Neiges d’Aurillac, ancienne église du couvent franciscain, ont également été mis en place au XIXe siècle29.
20Dans certains cas, les travaux effectués au XIXe siècle à des fins cultuelles ont profondément modifié l’aspect du chœur des églises mendiantes. À Aurillac, le curé A. Picou (1849-1863) s’attela à remplacer les stalles du chœur dont il confia la réalisation à un sculpteur de Salers nommé Puech pour un montant de 3 300 francs30. Dans l’ancienne église des Carmes de Clermont, un nouveau maître-autel fut réalisé par le sculpteur clermontois J. Mombur en 187731. Les boiseries et les stalles du chœur ont quant à elles été conçues en 1900-1901 par l’architecte L. Jarrier (1862-1932)32 (Fig. 13).

Fig. 13. Maître-autel, stalles et boiseries (1877-1901) installés dans le chœur de l’église Saint-Genès-des-Carmes de Clermont (Puy-de-Dôme) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
21Des locaux annexes ont également été aménagés aux abords du chœur. C’est le cas au Puy-en-Velay où une nouvelle sacristie fut élevée au nord-est de l’église Saint-Pierre-des-Carmes avant 186233.
22Les chantiers de restauration précédemment évoqués mettent en exergue différents acteurs relevant de l’administration des Monuments Historiques, du monde laïc et du clergé. Les architectes diocésains semblent avoir joué un rôle notable dans la mise en place des projets de restauration, mais également dans leur financement et leur conduite34. Dans le Puy-de-Dôme par exemple, il convient de rappeler les chantiers conduits par A.-G. Mallay, architecte diocésain de Clermont, du Puy-en-Velay et de Saint-Flour à partir de 1849, dans l’ancien couvent franciscain (II) durant les premières décennies d’installation de la Préfecture. Il dirigea également la reconstruction du clocher de l’église Saint-Genès-des-Carmes en 1849. Son fils J.-B.-É. Mallay fut en charge de la restauration de l’ancienne église des Franciscains de Riom en 186435. À Aurillac, la partie sommitale du clocher de l’église Notre-Dame-aux-Neiges, qui s’élève à 35 m de hauteur, est l’œuvre de T. Carriat, architecte en chef du département du Cantal de 1850 à 1863 et des édifices diocésains de Saint-Flour de 1850 à 1865 (Fig. 14).

Fig. 14. Clocher de l’église Notre-Dame-aux-Neiges d’Aurillac (Cantal) (ancienne église des Franciscains) (3e quart du XIXe siècle) (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
23La restauration de la salle du chapitre et ses combles ainsi que la sacristie de l’église est l’œuvre d’É. Aiguesparse, nommé architecte diocésain le 7 décembre 186436. Il convient également d’évoquer l’action des architectes locaux tels M. Bellut, architecte de la ville du Puy-en-Velay, qui établit un devis des réparations à effectuer dans l’église Saint-Laurent le 27 septembre 1841 (restauration des piliers et consolidation des contreforts de la façade ouest)37. Les curés des lieux de culte mendiants devenus paroissiaux furent fréquemment à l’initiative des chantiers de restauration de leurs églises. Évoquons à nouveau A. Picou, curé de l’église Notre-Dame-aux-Neiges d’Aurillac, qui organisa le remplacement des stalles du chœur dans le troisième quart du XIXe siècle38. Le curé Eynac de l’église Saint-Laurent au Puy-en-Velay fut particulièrement actif. Il fut notamment à l’origine de la restauration des contreforts de la façade ouest avant 184039 et du dallage de l’église en 1848. Dans cette dernière démarche, il bénéficia du soutien de l’évêque Joseph Auguste Victorin de Morlhon.
24Les chantiers réalisés au XIXe siècle s’inscrivirent dans une pratique d’entretien ancienne des édifices, concernant en particulier les églises conventuelles. Force est en effet de constater que dès la fin du Moyen Âge, plusieurs sanctuaires mendiants ont fait l’objet d’importantes campagnes de restauration en raison du délabrement des maçonneries, voire de l’effondrement du voûtement. Au Puy-en-Velay, ce fut le cas des trois églises mendiantes masculines. Le voûtement de l’église franciscaine s’effondra au mois de février 151140. La nuit du mardi 13 novembre 1525, la voûte du chœur de l’église dominicaine s’effondra à son tour, entraînant la réfection du dallage et la reconstruction du couvrement et de la toiture de l’église41. Un incident similaire se produisit à l’église des Carmes en 1596. La faiblesse structurelle des églises conventuelles et leur consolidation régulière depuis l’époque moderne constituent donc une première explication aux campagnes de restauration menées au XIXe siècle. Mais d’autres raisons ont mené à la mise en œuvre de ces chantiers. Dans la première moitié du siècle, la remise en état des anciennes églises conventuelles fut nécessitée par la réouverture des sanctuaires au culte après un changement de fonction durant la Révolution française. À Clermont par exemple, l’église des Carmes fut cédée à la ville en 1794, laquelle l’utilisa notamment comme lieu de stockage du fourrage puis comme réserve de salpêtre. La destruction du clocher le 10 février 1794 dégrada la toiture, l’entablement et la partie supérieure des baies. L’église fut réaffectée en 1801-1802. Elle accueillit le siège d’une paroisse et prit la titulature de Saint-Genès-des-Carmes42. Dans le cas où les couvents mendiants furent réhabilités, les chantiers lancés au cours du siècle visèrent également à adapter le bâti existant aux nouvelles fonctions des complexes religieux. À Montferrand, le couvent franciscain fut cédé en 1816 à Mère Barbin, supérieure de la congrégation de Saint-Joseph du Bon Pasteur. Il abrita un hôpital. En 1869, deux étages furent ajoutés à l’aile nord-est qui flanquait l’église au nord, tandis que les autres bâtiments furent agrandis. Qui plus est, à partir du milieu du XIXe siècle, les travaux d’entretien des édifices diocésains se multiplièrent. En témoigne l’exemple du Puy-en-Velay où, outre les églises Saint-Laurent et Saint-Pierre-des-Carmes, la cathédrale Notre-Dame-de-l’Annonciation fit l’objet de plusieurs campagnes de restaurations, notamment sous la houlette des architectes A.-G. Mallay à partir de 1842 et M.-É. Mimey de 1865 à 186943. Ces restaurations acquirent également une dimension symbolique forte. Pour les contemporains, les églises conventuelles mendiantes étaient les marqueurs monumentaux des ordres religieux d’Ancien Régime. Les modifications, reconstructions et adjonctions effectuées sur le bâti au XIXe siècle à l’instigation du clergé séculier, bénéficiant du concours d’un nouveau corps d’architectes, ont donné une nouvelle image des pratiques dévotionnelles associée à la modernité44. L’utilisation privilégiée de certains matériaux en constitue sans doute l’un des aspects. Au Puy-en-Velay, la modification de la façade ouest de l’église Saint-Laurent entreprise dans les années 1840-1850, et la reconstruction de la même façade à l’église Saint-Pierre-des-Carmes entre 1863 et 1866, ont été réalisées en brèche du Mont Denise, un volcan surplombant la ville du Puy (892 m), dont l’extraction était alors en plein essor. Or, l’essentiel des édifices laïcs et religieux médiévaux et modernes ponots ont été construits en brèche du Mont Corneille45.
3. Limites de l’étude et perspectives de recherches
25L’analyse des restaurations effectuées au XIXe siècle dans les couvents mendiants se heurte à plusieurs difficultés. Dans de nombreux cas, l’étude du bâti est rendue complexe par leur changement de fonction qui a pu entraîner le remaniement des espaces de vie et de circulation tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des édifices, voire la destruction d’éléments de décor ou de bâtiments. Ainsi, du couvent franciscain colétan de La Cellette, réhabilité en hôpital psychiatrique le 9 juillet 183046 – aujourd’hui le Centre Hospitalier du Pays d’Eygurande – subsistent deux portails et deux ouvertures brisées médiévales, deux bases et fûts de colonnes et un modillon modernes disséminés dans le bâti hospitalier. En l’état actuel, aucun indice ne permet de connaître leur emplacement initial ni de dater précisément d’éventuels remaniements ou déplacements au cours des XIXe-XXe siècles (Fig. 15).

Fig. 15. Vue du Centre Hospitalier du Pays d’Eygurande (ancien couvent franciscain colétan de La Cellette (Corrèze) depuis le sud-ouest (cl. C. Bourguignon - Université Clermont Auvergne).
26Un autre obstacle réside dans le volume et la qualité de la documentation textuelle, planimétrique et graphique conservée. Certains complexes religieux se caractérisent par une documentation particulièrement lacunaire, tant pour l’époque médiévale que pour les périodes moderne et contemporaine. Peu de données informent donc sur le devenir de ces établissements au lendemain de la Révolution française, et en particulier de l’église lorsque celle-ci a été détruite. Le manque de sources concernant la réhabilitation de l’ancien couvent franciscain de Saint-Pourçain en exploitation agricole et les réaménagements consécutifs entrepris sont particulièrement représentatifs de ces difficultés. D’autres établissements mendiants disposent au contraire de fonds d’archives relativement abondants relatifs aux réfections opérées durant la période révolutionnaire et les décennies suivantes. À cette documentation textuelle s’ajoutent divers plans levés au cours de la décennie 1790 et au XIXe siècle et un ensemble de coupes dessinées préalablement ou postérieurement aux campagnes de restaurations. C’est le cas de l’ancien couvent des Franciscains (II) de Clermont, dont les fonds conservés et la réhabilitation effectuée à l’aube du XIXe siècle (le complexe conventuel a accueilli la Préfecture du Puy-de-Dôme) ont permis la production d’études historiques et architecturales sur celui-ci au cours du XIXe siècle47. La documentation disponible pour le couvent franciscain de Riom (II), converti en centre de détention à partir de 1820, et le bâti préservé en élévation, de volume et de qualité similaires au second couvent franciscain de Clermont, n’ont pas fait l’objet d’une attention comparable.
27Malgré ces limites, communes dans ce type d’étude, les perspectives de recherche sont multiples. Il conviendrait en premier lieu d’affiner l’analyse des restaurations réalisées au XIXe siècle dans le bâti médiéval et moderne du corpus étudié à l’instar des travaux de plusieurs chercheurs auvergnats sur les grandes églises romanes d’Auvergne48. Le choix des matériaux employés dans les restaurations, leur qualité, les techniques de taille, nécessitent aussi d’être précisés. Au Puy-en-Velay par exemple, il serait intéressant de comparer la qualité de la brèche du Mont Denise, utilisée dans le réaménagement de la façade ouest de l’église des Dominicains et dans la reconstruction de celle des Carmes au milieu du XIXe siècle, à celle mise en œuvre dans les restaurations contemporaines au Puy et en Haute-Loire. L’inventaire des sources textuelles gagnerait en deuxième lieu à être approfondi et étoffé. L’enquête récemment publiée par Arnaud Timbert concernant les travaux d’Eugène Viollet-le-Duc sur les complexes religieux de la Bourgogne de 1840 à 187949 ou le mémoire d’Habilitation à diriger des recherches en cours réalisé par Stéphanie Diane Daussy portant sur le Journal des travaux de Notre-Dame de Paris (Daussy, en cours) démontrent par exemple l’importance de l’analyse des écrits et des correspondances des architectes, des inspecteurs et des membres de la commission des Monuments historiques. Les données recueillies permettraient sans doute de replacer les chantiers de restauration des églises mendiantes d’Auvergne dans l’œuvre des architectes diocésains, comme l’a souligné M. Phalip50, mais également dans le fonctionnement de l’administration centrale des Monuments historiques tel que l’a défini Jean-Michel Léniaud51. Le récolement et l’examen de la documentation planimétrique et graphique mériteraient également d’être détaillés, notamment dans le cas des couvents des Franciscains et des Carmes de Clermont. Les résultats d’un doctorat débuté en 2018 traitant de la bibliothèque de l’architecte L. Jarrier apporteront certainement de précieuses informations sur les pratiques de l’architecte (Lavenu, en cours). Un dernier volet concernerait l’examen de la perception des restaurations par les contemporains, tant laïcs qu’ecclésiastiques. Les réfections réalisées dans les couvents des ordres mendiants offrent en effet un corpus intéressant de témoignages bienveillants ou acrimonieux égrenés au fil des rapports et des correspondances. Citons par exemple l’avis de L. de Ribier et de l’abbé Peschaud concernant la reconstruction de la partie sommitale du clocher de l’église Notre-Dame-aux-Neiges d’Aurillac :
« Pourquoi faut-il que le zèle pieux mais peu artistique d’un curé ait doté vers 1840 Notre-Dame-aux-Neiges d’un vilain clocher à prétention Renaissance, qui dépare cette église »52.
28Un autre exemple éclairant est celui de la restauration de la façade ouest de l’église Saint-Laurent au Puy-en-Velay. Dans une lettre adressée au préfet de la Haute-Loire datée des années 1840, l’abbé Eynac avance divers arguments structurels et stylistiques afin de répondre aux reproches formulés par la Direction des Beaux-Arts53. L’analyse du contenu et de la terminologie des discours fournirait certainement des données exemplaires quant à la réception des chantiers de restauration dans l’Auvergne du XIXe siècle.
29Au terme de cette brève présentation, il appert que l’étude des restaurations opérées dans les ensembles conventuels mendiants d’Auvergne au XIXe siècle ne peut faire l’économie d’une analyse du bâti et d’un dépouillement problématisé et approfondi des sources textuelles, planimétriques et graphiques. Ébauchés à grands traits dans la présente contribution, ceux-ci permettront de préciser les choix archéologiques et artistiques effectués par les commanditaires des campagnes de rénovation et les restaurateurs. Ainsi identifiés, ces choix pourront être replacés dans le temps long du monument et le contexte local et rendront possible l’évaluation du critère d’authenticité et de la pérennité des restaurations. L’absence des couvents mendiants dans l’exposition 1913-2013. Monuments historiques d’Auvergne, hier et aujourd’hui et dans les publications récentes de la DRAC, telle la collection « Patrimoines en chantier en Auvergne-Rhône-Alpes »54, montre qu’une histoire des chantiers de restauration serait opportune pour nourrir la réflexion sur les rénovations actuelles ou à venir de ces édifices55.
Notes de bas de page
1 Leroy-Beaulieu A., « La restauration de nos monuments historiques devant l’art et devant le budget », Revue des deux mondes, t. VI, XLIVe année, troisième période, 1874, p. 605-625.
2 Aycoberry F., La restauration des églises en Auvergne au XIXe siècle : principes et applications, mémoire pour le Diplôme d’Études Supérieures, sous la direction de Fournier G., Clermont-Ferrand, université Blaise Pascal, 1967, vol. 1 ; Simon H. dir., Clermont, l’âme de l’Auvergne, Strasbourg, La Nuée bleue/DNA, La grâce d’une cathédrale, 2014 ; Timbert A. dir., Chartres : construire et restaurer la cathédrale, XIe-XXIe siècles, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2014 ; Phalip B., Luneau J.-F. dir., Restaurer au XIXe siècle, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, Histoires croisées, 2012 ; Phalip B, Luneau J.-F. dir., Restaurer au XIXe siècle, actes de la table ronde du 11 septembre 2013, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, Histoires croisées, 2017 ; Phalip B., Luneau J.-F., Chevallier F. dir., Restaurer au XIXe siècle, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, Histoires croisées, 2022 ; Phalip B., « La face cachée des églises restaurées : des questions d’authenticité », Anastasis. Research in Medieval Culture and Art, vol. IV-2, 2017, p. 9-20.
3 Foucart B., Noël-Bouton V., « Saint-Nicolas de Nantes : bataille et triomphe du néo-gothique », in Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, 1968, Paris, Société Française d’Archéologie, 1973, p. 137-181 ; Dufieux P., Un siècle d'architecture religieuse à Lyon (1840-1940). De Bossan à la reconstruction, thèse de doctorat, sous la direction de Leniaud J.-M., Paris, École Pratique des Hautes Études, 2000 ; Rey-Bogey A., Du Piémont à la France. Du concordat à la rupture. Un siècle de construction et décoration des églises paroissiales en Savoie (1802-1905) (Diocèse de Chambéry, Maurienne et Tarentaise), thèse de doctorat, sous la direction de Fossier F., université Lumière Lyon II, 2002, 4 vol.
4 Leniaud J.-M., Fallait-il achever Saint-Ouen de Rouen ? Débats et polémiques, 1837-1852, Rouen, ASI Éditions, 2002 ; Leniaud J.-M., La basilique royale de Saint-Denis : de Napoléon à la République, Paris, Picard, 2012 ; Nomblot C., De la destruction de Cluny à la reconstruction du diocèse d’Autun : le néo-roman en Saône-et-Loire au XIXe siècle, mémoire de DEA, sous la direction de Fossier F., université Lumière Lyon II, 2004 ; Prin M., L’ensemble conventuel des Jacobins de Toulouse : son histoire, son architecture, son sauvetage et sa renaissance. Regard et description, Toulouse, Amis des archives de la Haute-Garonne, 2007 ; Belhoste J.-F., Le Gonidec N. dir., Royaumont au XIXe siècle : les métamorphoses d’une abbaye, Paris, Creaphis éditions, 2008 ; Mehu D., Cluny après Cluny. Constructions, reconstructions et commémorations, 1790-2010, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Histoire, 2013 ; Vingtain D., Le Palais des papes d’Avignon, XVIIIe-XXe siècle : l’invention d’un monument historique français, Arles, Éditions Honoré Clair, 2015.
5 Voir notamment : Bodinier B., Teyssier E., L’événement le plus important de la Révolution : la vente des biens nationaux (1789-1867), Paris, Société des études robespierristes, Éditions du CTHS, Mémoires et documents d’histoire de la Révolution française, 2000 ; Bourdin P., Boutry P., « L’Église catholique en Révolution : l’historiographie récente », Annales historiques de la Révolution française, 355, 2009 ; Latreille A., L’église catholique et la Révolution française, Paris, Les éditions du Cerf, Lexio, 1946-1950, rééd. 2019, 2 vol.
6 (I) et (II) désignent les deux sites d’implantation d’une communauté mendiante lorsque ceux-ci ont fait l’objet d’un transfert au sein d’un centre urbain.
7 Heullant-Donat I., Claustre J., Lusset E. dir., Enfermements I. Le cloître et la prison (IVe-XVIIIe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, Homme et Société, 38, 2011 ; Heullant-Donat I., Claustre J., Lusset E., Bretschneider F. dir., Enfermements II. Règles et dérèglements en milieu clos (IVe-XIXe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, Homme et Société, 49, 2015 ; Id., Enfermements III. Le genre enfermé : hommes et femmes en milieux clos (XIIIe-XXe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, Homme et Société, 54, 2017 ; Blin O. dir., « Archéologie de la réclusion et de la détention », Les Nouvelles de l’archéologie, 143, 2016 [en ligne] https://journals.openedition.org/nda/3288.
8 Merimee P., Monuments historiques : rapport au ministre de l’Intérieur, Paris, Imprimerie royale, 1840, p. 25.
9 Parturier M., Berce F. éd., Lettres de Mérimée à Ludovic Vitet, introduction et notes de M. Parturier, avant-propos de l’édition de F. Berce, Paris, Éditions du CTHS, Format, 30, 1998.
10 Berce F. éd., La correspondance Mérimée - Viollet-le-Duc, préface et édition de Berce F., Paris, Éditions du CTHS, Format, 42, 2001.
11 Leniaud J.-M. éd., Procès-verbaux de l’Académie des beaux-arts, Paris, École des Chartes/Académie des beaux-arts, 2001-2018, 11 vol.
12 Merimee P., Notes d’un voyage en Auvergne : extrait d’un rapport adressé à M. le ministre de l’Intérieur, Paris, H. Fournier, 1838.
13 Ibid., p. 310-311.
14 Deribier de Cheissac F.-G., Description statistique du département de la Haute-Loire, Paris, Belin-Leprieur, 1824, p. 242-243.
15 Nodier C., Taylor J., de Cailleux A., Voyages pittoresques et romantiques de l’ancienne France : Auvergne, Montpellier, Presses du Languedoc, 1827, rééd. 1987.
16 Virlogeux L., Album archéologique de la ville du Puy, Le Puy-en-Velay, Imprimerie A. Prades-Freydier, 1895.
17 Pandraud E., Le Puy et ses environs vus par d'anciens artistes, Le Puy, Les Arts graphiques, 1975-1976, 2 vol. ; id., La Haute-Loire vue par d’anciens artistes, Le Puy, Les Arts graphiques, 1979 ; id., Le Puy et la Haute-Loire vue par d’anciens artistes, Lantriac, Élie Pandraud, 1985.
18 S. N., « Résumé des séances », Annales de la société d’agriculture, sciences, arts et commerce du Puy, t. XXVII, 1864-1865, p. 38 ; Gounot R., Collections lapidaires du Musée Crozatier du Puy-en-Velay. Essai de catalogue des fragments, accompagné de notes sur leurs contextes archéologiques et sur les monuments d’où ils proviennent, Le Puy-en-Velay, Musée Crozatier, Musée et monuments de France, 1957, p. 266-267.
19 Courtille A., Auvergne, Bourbonnais, Velay gothiques, les édifices religieux, Paris, Picard, Les monuments de la France gothique, 2002, p. 574.
20 Joubert E., Notre-Dame-aux-Neiges, 1802-1964, Aurillac, Imprimerie Poirier-Bottreau, 1964, p. 37, p. 46-47.
21 Mower D., « Antoine-Augustin Préault », The Art Bulletin of New York, 63, 1981, p. 288-307 ; Millard C. W. dir., Auguste Préault : sculpteur romantique (1809-1879), catalogue de l’exposition, Paris, Gallimard, Réunion des Musées Nationaux, 1997.
22 Berce F., Les premiers travaux de la commission des Monuments historiques 1837-1848 : procès-verbal et relevés d’architectes, Paris, A. et J. Picard, 1979 : pl. 25, fig. 26 ; documentation iconographique : église Saint-Laurent.
23 Archives Départementales de la Haute-Loire, 6 H 11 et 6 H 14 ; Jacotin A. éd., Preuves de la maison de Polignac, 5 vol, Le Puy-en-Velay, 1898-1906, vol. 2, p. 325-329, p. 343.
24 Seve R., « Histoire de la Préfecture du Puy-de-Dôme », Revue d’Auvergne, LXVI, 1952, p. 3-51 ; Mathian N., « Clermont-Ferrand, un ensemble conventuel réutilisé », Monuments historiques, 178, 1991, p. 76-79.
25 Tardieu A., Histoire de la ville de Clermont-Ferrand, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Moulins, Éditions de la Tour Gile, 1870-1871, 2 vol. Une copie de ces aquarelles est conservée à Clermont-Ferrand au service régional de l’inventaire.
26 S. N., « Fresques du couvent des Cordeliers de Clermont », Revue d’Auvergne, t. II, 1885, p. 364 : sur l’attention portée aux peintures murales au XIXe siècle, voir récemment : Jeannest E., « "Découvrir" la peinture murale au XIXe siècle : le rôle pionnier du Comité historique des Arts et Monuments dans la connaissance, la diffusion et la conservation du décor peint (1835-1852) », in La peinture murale : héritage et renouveau, In Situ. Revue des patrimoines, 22, 2013 [en ligne] http://journals.openedition.org/insitu/10832.
27 Medieval art across Time. Erudition and restorations on medieval works of art (17th-19th centuries), programme interdisciplinaire Émergence de l’IdEx de l’Université Bordeaux Montaigne , sous la direction de Morvan H. Description du projet : [en ligne] https://ausonius.u-bordeaux-montaigne.fr/recherche/axes-de-recherche/gestes-techniques-gestes-rituels-pratiques-sociales/9-axes/175-medieval-art-across-time-erudition-and-restorations-on-medieval-works-of-art-17th-19th-centuries. Voir également : Morvan H., Mounier A., Mulliez M., « Restaurer les églises médiévales en Auvergne au XIXe siècle : l’atelier de Maurizio Belli, peintre-plâtrier (1816-1873) », in Jurković M., Scirocco E., Timbert A. dir., Repenser l'histoire de l'art médiéval en 2023. Recueil d'études offertes à Xavier Barral i Altet, Zagreb, Université de Zagreb, IRCLAMA, 2023, p. 735-744.
28 Mérimée P., Notes d’un voyage…, op. cit., p. 371-373 ; Fray-Lepoittevin B., Gibert F., Les vitraux de l’église Saint-Genès-les-Carmes, Clermont-Ferrand, Paroisse Notre-Dame de Clermont, 2018, 6 p.
29 Joubert E., Notre-Dame-aux-Neiges…, op. cit., p. 31 ; Moulier P., « Panorama de l’art du vitrail dans le Cantal : à la découverte d’un patrimoine oublié », Patrimoine en Haute-Auvergne, 15, 2011, p. 5-38.
30 Joubert E., Notre-Dame-aux-Neiges…, op. cit., p. 40.
31 Sarrazin M., « Centenaire de la mort du statuaire Jean Ossaye Mombur : 1850-1896 », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Vichy et des environs, 128, 1996, p. 23-32.
32 Piera P., Louis Jarrier, architecte à Clermont-Ferrand (1862-1932), Lyon, Lieux-dits Éditions, Œuvres d’architectes, 4, 1995, p. 69.
33 Plan de l'église Saint-Pierre-des-Carmes en 1862, D’Elklemaire, 1862, Archives Municipales du Puy-en-Velay. Plan publié dans : Falarz R., Ville du Puy-en-Velay, église Saint-Pierre des Carmes, Notice historique, 2003, Chadrac, R. Falarz architecte D. P. L. G., pl. 6, Archives Municipales du Puy-en-Velay, OM 4.
34 Sur le rôle et les prérogatives de l’architecte diocésain, voir Leniaud J.-M., Les cathédrales au XIXe siècle : étude du service des édifices diocésains, Paris, Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites, Economica, Histoire, 1993, p. 157-224.
35 Bauchal C., Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, A. Daly fils, 1887, p. 695-696 ; Mallay A.-G., Études sur les maisons d’arrêt, de correction et de justice du département du Puy-de-Dôme. Rapport de l’architecte départemental, Clermont-Ferrand, Typ. Mont-Louis, 1876, 43 p., 4 pl.
36 Leniaud J.-M. dir., Répertoire des architectes diocésains du XIXe siècle, Paris, Éditions en ligne de l’École des Chartes [en ligne] http://elec.enc.sorbonne.fr/architectes.
37 Chanal A., Saint-Laurent : son église et son couvent, Le Puy-en-Velay, Imprimerie Jeanne d’Arc, 1941, p. 56.
38 Joubert E., Notre-Dame-aux-Neiges…, op. cit., p. 40.
39 Chanal A., Saint-Laurent : son église…, op. cit., p. 55.
40 Chassaing A. éd., Chroniques d’Étienne Médicis, bourgeois du Puy, Le Puy-en-Velay, Marchessou, Recueil des chroniqueurs du Puy-en-Velay, 1869, t. 1, p. 280.
41 Ibid., p. 301 ; Levesque J.-D., « Notes historiques sur le couvent des Dominicains du Puy-en-Velay (XIIIe-XVIIIe siècles) », Cahiers de la Haute-Loire, 1982, p. 67-95 ; voir ici p. 82-83.
42 Du Ranquet H., « Notice sur l’église paroissiale de Saint-Genès-les-Carmes », Annuaire paroissial pour 1910. Paroisse de Saint-Genès des Carmes, Clermont-Ferrand, Librairie catholique, 1910, p. 135-178 ; voir ici p. 140-141.
43 Corvisier C., « Trois siècles de chantiers en la cathédrale du Puy : doctrines et réalisations », Cahiers de la Haute-Loire, 1993, p. 153-198 ; Barral i Altet X. dir., La cathédrale du Puy-en-Velay, Paris, Éditions du Patrimoine, 2000, p. 357-390.
44 Carlier A., Les Anciens Monuments dans la civilisation moderne, Paris, 1920-1928, 4 vol. ; Auduc A., Quand les monuments construisaient la Nation. Le service des Monuments historiques de 1830 à 1940, Paris, Comité d’histoire du ministère de la Culture, La Documentation française, Travaux et documents, 25, 2008.
45 Mergoil J., « Les volcans du Mont Denise », Cahiers du Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement du Velay, 1, 1987, n. p. ; Borget J.-N., Mergoil J., « Pierres volcaniques du Velay et Haut-Vivarais : diversité des roches et des usages, lieux d’extraction et d’utilisation », in Lorenz J. dir., Carrières et constructions en France et dans les pays limitrophes, actes du 117e congrès national des sociétés savantes, section d’histoire des sciences et des techniques, Clermont-Ferrand, 1992, Paris, Éditions du CTHS, 1993, t. II, p. 323-336.
46 Longy F., Notice sur l’asile d’aliénés de la Cellette (Corrèze), Tulle, Imprimerie E. Crauffon, 1873, p. 48.
47 Seve R., « Histoire de la Préfecture…, op. cit. ; Mathian N., « Clermont-Ferrand…, op. cit., p. 76-79.
48 Phalip B., J.-F. Luneau dir., Restaurer au XIXe siècle…, op. cit., 2012, p. 15-34, p. 61-68.
49 Timbert A., Restaurer et bâtir : Viollet-le-Duc en Bourgogne, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, Architecture et urbanisme, 2013.
50 Phalip B., J.-F. Luneau dir., Restaurer au XIXe siècle…, op. cit., 2012, p. 7.
51 Leniaud J.-M., Les cathédrales au XIXe siècle…, op. cit., p. 25-82.
52 de Ribier L., Peschaud A. F., Vieilles églises et vieux châteaux (histoires et légendes) de la Haute-Auvergne, Aurillac, éditions Union Sociale de la Haute-Auvergne, L’Auvergne, 3, 1930, p. 85.
53 Chanal A., Saint-Laurent : son église…, op. cit., p. 55-56.
54 Daguerre de Hureaux A. dir., Monuments historiques 2013-2014. Deux années de protections, Lyon, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Conservation Régionale des Monuments Historiques, 2015 ; Prosic M. dir., Monuments historiques : chantiers récents en région Auvergne-Rhône-Alpes, Lyon, Direction Régionale des Affaires Culturelles, Conservation Régionale des Monuments Historiques, 2016.
55 Noppen L., Coomans T., Drouin M. dir., Des couvents en héritage/religious houses : a legacy, Québec, Presses de l’Université du Québec, Patrimoine urbain, 2015.
Auteur
-
Claire Bourguignon
Doctorante en histoire de l’art et archéologie médiévale. Thèse en cours intitulée : « Implantation et architecture des Ordres mendiants dans les diocèses de Clermont, du Puy et de Saint-Flour (après 1317) ». Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (CHEC) – EA 1001. Université Clermont Auvergne.
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