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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Données sur l’Acadie du Nouveau-Brunswick 2. Formation en traduction à l’Université de Moncton Annexe Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Enseigner la traduction dans les contextes francophones

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Enseigner la traduction en milieu minoritaire francophone : le cas de l’Acadie du Nouveau-Brunswick

    Julie Arsenault et Matthieu LeBlanc

    p. 199-218

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Au Canada, la traduction vers le français joue un rôle de premier plan dans l’aménagement de la langue ; en fait, dans certains cas précis, presque tout l’aménagement passe par la traduction. Au-delà de sa fonction utilitaire, la traduction est, dans les régions francophones à l’extérieur du Québec, un moteur de francisation qui, dans une certaine mesure, permet de faire contrepoids à l’anglais, langue majoritaire du pays. Dans ce contexte, l’enseignement de la traduction joue un rôle on ne peut plus important, et ce tout particulièrement au Canada francophone hors Québec où le français est presque toujours minoritaire.

    2Dans ce chapitre, nous proposons d’articuler nos propos autour de deux pôles : les données sur l’Acadie du Nouveau-Brunswick1 et la formation en traduction à l’Université de Moncton. Le premier pôle est l’occasion de présenter la composition démolinguistique, l’évolution de la société acadienne et le rôle de la traduction dans l’aménagement du français au sein de la province, alors que le second permet d’aborder les particularités de la clientèle étudiante, les défis liés à la clientèle étudiante, les programmes, les stratégies pédagogiques et la place d’un stage dans un programme de traduction à l’Université de Moncton. Enfin, nous conclurons en rappelant l’importance de conscientiser les étudiants au fait que la traduction instaure des modèles linguistiques français dans un milieu fortement dominé par l’anglais ; la nécessité d’assurer la progression vers l’égalité des communautés linguistiques ; le devoir de concevoir la traduction comme un moyen, mais non une fin, de dépasser l’illusion d’égalité avec la majorité anglophone.

    1. Données sur l’Acadie du Nouveau-Brunswick

    3Avant de nous pencher sur la formation des traducteurs, il importe de bien situer le milieu d’étude, le Nouveau-Brunswick. Le Nouveau-Brunswick est l’une des treize entités administratives (dix provinces et trois territoires) qui composent le Canada. La province, qui fait partie des Maritimes2, se situe à l’est du Québec et est l’une des plus petites du pays avec sa superficie de 72 908 km2 (comparativement, la France métropolitaine a une superficie totale de 551 695 km2). Elle est au huitième rang des provinces canadiennes avec quelque 747 000 habitants (voir annexe). Environ 300 000 personnes vivent dans les trois plus grandes villes de la province – Moncton, Saint John et Fredericton –, dont environ 140 000 dans le Grand Moncton, ce qui en fait la plus importante ville de la province et la deuxième des Maritimes.

    1.1. Composition démolinguistique

    4Le Nouveau-Brunswick compte deux grands groupes linguistiques répartis selon la langue maternelle, à savoir les anglophones et les francophones. Les anglophones, qui constituent le groupe majoritaire, représentent 64,2 % de la population, alors que la proportion de francophones s’élève à 31,4 % (Statistique Canada 2016a). Les langues tierces ne représentent que 4,4 % de la population3 (Statistique Canada 2016a). Au cours des dernières années, l’immigration a connu une augmentation notable. Le Nouveau-Brunswick connaissant d’importants défis démographiques, l’immigration « joue un rôle important dans les efforts que déploie la province pour maintenir sa croissance démographique et soutenir la prospérité économique de toutes ses régions et de l’ensemble de toutes ses communautés linguistiques » (Nouveau-Brunswick 2014 : 5). Il est tout de même plus difficile d’attirer des immigrants francophones, car 14 % seulement des nouveaux arrivants choisissent le français comme leur langue officielle de choix (ibid.).

    1.2. Évolution de la société acadienne

    5Le Nouveau-Brunswick est la seule province officiellement bilingue du Canada. Depuis la promulgation de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick en 19694 – année où est également adoptée la Loi sur les langues officielles du Canada5 –, les progrès réalisés par les francophones du Nouveau-Brunswick, ou les Acadiens, ont été considérables, tant sur les plans social et économique que linguistique. Pour des raisons sociohistoriques et juridiques, les francophones ont, jusqu’aux années 1970, accusé un retard important par rapport à la majorité anglophone, leur langue n’ayant jamais eu de statut officiel. Mais grâce à l’adoption de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick et à l’adoption de mesures de rattrapage à partir de la fin des années 1960, les francophones ont gagné du terrain. Les transformations sur le paysage social, économique et linguistique ont, en effet, été profondes : instauration de la dualité linguistique dans le système scolaire en 1979, consolidation du système d’enseignement postsecondaire, intensification des activités de développement économique dans les régions acadiennes, puis renforcement des secteurs artistique et culturel. Aujourd’hui, le français occupe une place beaucoup plus importante qu’il n’occupait dans les années soixante et soixante-dix, grâce au cadre législatif ainsi qu’à la création d’institutions francophones dans le domaine de l’éducation, de la santé, des médias et de la culture.

    6Néanmoins, malgré les progrès réalisés, la société acadienne n’est pas à l’abri des difficultés qui la guettent (Forgues, Beaudin et Béland 2006). Sur le plan socioéconomique, l’exode des jeunes et des moins jeunes n’est pas sans avoir de répercussions sur la composition démographique du territoire. S’ajoute à cela le problème posé par l’assimilation linguistique et la dénatalité. Comme le précisent Landry et Lang :

    [d]urant la deuxième moitié du xxe siècle, l’Acadie se trouve dans une situation paradoxale. C’est-à-dire qu’à mesure qu’elle réalise des progrès politiques, sociaux et économiques, elle doit lutter contre un déclin persistant de ses effectifs humains. La baisse de natalité représente sans contredit le plus grand défi à relever à l’aube du millénaire. (2001 : 308)

    7De 2011 à 2016, le Nouveau-Brunswick a perdu 0,5 % de sa population, l’équivalent d’à peu près 4 000 habitants (Statistique Canada 2016a). Sur le plan linguistique, le français demeure non seulement une langue minoritaire sur le plan démographique, mais aussi, « dans une certaine mesure, une langue minorisée sur le plan social, ses locuteurs, pour des raisons éminemment historiques et sociopolitiques, lui attribuant dans les marchés linguistiques une valeur moindre que la langue de la majorité » (Dubois et LeBlanc 2014 : 116). De plus, le français est rarement employé comme langue de travail6 (sauf dans les institutions et établissements francophones), et l’on assiste à une réelle répartition fonctionnelle des langues dans certains domaines d’usage, répartition typique des régions caractérisées par la diglossie (Boudreau 2016 ; Calvet 1999). Par « diglossie », nous entendons les situations où « deux ou plusieurs langues ou variétés sont en usage dans une société, avec des domaines d’emploi différents, ces différences entraînant des différences de prestige, voire de statut » (Kremnitz 1996 : 246).

    8Enfin, malgré les efforts déployés pour sauvegarder le français en Acadie, le contact prolongé avec la majorité anglophone – et donc avec l’anglais – a entraîné un certain degré d’anglicisation de la langue française, anglicisation caractérisée entre autres par les alternances codiques7, d’une part, et par le mélange de codes8, d’autre part. Dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, au français et à l’anglais vient s’ajouter le vernaculaire chiac, variété du français qui résulte du contact intense entre l’anglais et le français et qui se caractérise par l’intégration et la transformation, dans une matrice française, de formes lexicales, syntaxiques, morphologiques et phoniques de l’anglais (Perrot 2006). Bien sûr, les degrés d’anglicisation varient d’un locuteur à l’autre et selon les situations de communication. Il s’agit d’une variété qui est surtout parlée par les jeunes, mais non de façon exclusive. Elle est depuis longtemps stigmatisée, bien qu’on semble reconnaître le rôle que puisse jouer cette variété dans la production artistique et culturelle (Perrot 2006 ; Boudreau 2016).

    1.3. Rôle de la traduction dans l’aménagement du français au Nouveau-Brunswick

    9Les fonctions que remplit la traduction varient selon la société et le contexte au sein desquels elle se pratique. Comme l’a illustré notre collègue Lise Dubois dans une étude sur le rôle et la place de la traduction au Nouveau-Brunswick, la traduction joue ici un rôle de premier plan dans l’aménagement du français. Dans son étude réalisée au sein de la fonction publique du Nouveau-Brunswick, elle montre que la traduction constitue la principale modalité d’aménagement de cette langue minoritaire, dans la mesure où c’est la traduction qui donne au français presque toute sa visibilité et donc sa vitalité (Dubois 1999 ; Dubois et LeBlanc 2014). Il faut comprendre que, dans la fonction publique du Nouveau-Brunswick, les « flux » de traduction sont pour le moins asymétriques, en ce sens que 88 % des textes sont traduits de l’anglais vers le français (voir annexe). Ce déséquilibre révèle bien des choses : langue minoritaire et langue minorisée, le français est rarement langue de travail, langue de conception, langue des débats. Autrement dit, elle n’est pas souvent la langue des échanges entre la majorité et la minorité. Néanmoins, « la traduction a permis au français d’être utilisé dans des domaines où il ne se pratiquerait pas autrement. La traduction opère à titre d’agent de francisation de l’administration provinciale et instaure, par ricochet, des modèles linguistiques là où il n’y en aurait pas » (Dubois et LeBlanc 2014 : 118). La traduction est ainsi un instrument de diffusion de la langue minoritaire et contribue à son épanouissement, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de la fonction publique (Toury 1985). Somme toute, la traduction vers le français a, au Nouveau-Brunswick, un rôle éminemment sociolinguistique (Juhel 1982) et fait ainsi partie des stratégies d’aménagement du français. Dans un article sur le rôle de la traduction dans la société canadienne, Annie Brisset (1991) abonde dans le même sens en soulignant le rôle positif qu’y a joué la traduction, véritable moteur de la francisation dans certains grands domaines d’activités jusque-là dominés par l’anglais.

    2. Formation en traduction à l’Université de Moncton

    2.1. Particularités de la clientèle étudiante

    10Au Canada, onze universités offrent des programmes de baccalauréat en traduction9. Les premiers programmes de formation universitaire en traduction ont vu le jour vers la fin des années soixante, et le nombre s’est multiplié rapidement à la fin des années soixante-dix (Mareschal 2005 : 250). Il importe de préciser que :

    [c]ette brusque multiplication des programmes de traduction répondait à une demande issue d’un vaste mouvement législatif en matière linguistique, tant au fédéral qu’au provincial, qui allait avoir des retombées importantes pour la traduction. Adoptée en 1969 par le Parlement canadien, la Loi sur les langues officielles [du Canada] institue un bilinguisme officiel au fédéral en accordant des droits égaux à l’anglais et au français. La fonction publique fédérale se voit désormais obligée de fournir des services bilingues à l’ensemble de la population canadienne. (ibid. : 250)

    11Au Nouveau-Brunswick, la situation est presque identique. Dans la foulée de la promulgation de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick en 1969, la demande de traducteurs a connu une augmentation considérable. C’est ainsi que l’Université de Moncton instaure, en 1972, un programme de baccalauréat spécialisé en traduction et interprétation10 ; la première cohorte de diplômés remonte à 1974.

    12Seule université des Maritimes à offrir une formation en traduction, l’Université de Moncton accueille encore aujourd’hui une clientèle étudiante principalement issue de la province, c’est-à-dire environ deux tiers des étudiants. L’autre tiers se répartit, dans des proportions plutôt égales, entre les étudiants provenant des autres provinces maritimes (surtout de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard), des autres provinces du pays (surtout du Québec) et de l’international (surtout des pays francophones de l’Afrique). Bien que les étudiants soient surtout originaires de l’Acadie, leurs compétences linguistiques varient énormément. Nous avons même à l’occasion des étudiants issus des programmes d’immersion française11. Il faut également savoir que les étudiants internationaux ne connaissent que très rarement le français canadien, car ils arrivent presque toujours directement de l’étranger, où le français de France est en général enseigné. De plus, ils ont souvent des connaissances limitées en anglais. En d’autres mots, la clientèle étudiante est très hétérogène. À l’instar de nos collègues français Tiffane Levick, Clíona Ní Ríordáín et Bruno Poncharal (premier chapitre dans ce volume), nous estimons que notre connaissance de la clientèle de notre enseignement est essentielle à la conception des cours de version.

    2.2. Défis liés à la clientèle étudiante : perfectionnement en français

    13Au Nouveau-Brunswick, le contact intense entre l’anglais et le français se caractérise parfois, comme nous l’avons mentionné plus haut, par des emprunts à l’anglais, tant à l’oral qu’à l’écrit, voire par des alternances codiques ou des mélanges de codes. Étant donné que le niveau de maîtrise du français varie d’un étudiant à l’autre à son arrivée dans le programme et que l’exercice de la profession de traducteur exige une maîtrise des diverses variétés du français, notamment la variété standard canadienne, les étudiants suivent dès leur première année des cours de perfectionnement en français qui visent à leur permettre d’exploiter pleinement les différentes ressources expressives du français, d’une part, et à leur apprendre à reconnaître les erreurs les plus fréquentes engendrées par le contact des langues12 ou le non-respect de certaines règles, d’autre part. L’objectif est de leur permettre de bien dissocier les deux langues et de renforcer leurs compétences langagières. Cette mise à niveau profite à l’ensemble des étudiants qui, à l’issue de la formation, maîtrisent différents registres et variétés, ce qui s’avère fort utile une fois sur le marché du travail. En effet, le travail du traducteur étant de plus en plus diversifié, la maîtrise de différents registres et variétés lui permet de faire des choix éclairés en fonction des différents types de documents qu’il est appelé à traduire, qu’il s’agisse par exemple de mails, de gazouillis, de billets ou de documents plus traditionnels. Cette mise à niveau fait également diminuer de façon importante l’insécurité linguistique dont souffre un grand nombre des étudiants car en étant bien outillés du point de vue linguistique, ils n’ont plus l’impression que leur français n’est pas à la hauteur du travail à effectuer ou ne leur permet pas d’exprimer toutes les nuances qu’ils souhaitent exprimer.

    14Cette prise en charge des défis des étudiants par le corps professoral n’est bien évidemment possible que parce que les cohortes sont de petite taille, soit environ dix étudiants, et que le corps professoral est convaincu de ses effets bénéfiques13. Mais c’est plus qu’une conviction, car, après leur entrée dans la vie active, des diplômés ont confirmé l’importance de la mise à niveau reçue durant leur formation universitaire14.

    2.3. Programmes (B. Trad., B. Trad. – régime coopératif et B. Trad. – programme accéléré)

    15L’Université de Moncton est composée de trois constituantes : le campus de Moncton (le plus important par sa taille, son nombre de programmes offerts et son nombre d’étudiants), et les campus de Shippagan et d’Edmundston. Seul le campus de Moncton offre l’intégralité des programmes de traduction, les deux autres campus ne dispensant que les cours de première année. En tout, le Département de traduction et des langues propose trois programmes de premier cycle de traduction de l’anglais au français : le B. Trad.15, le B. Trad. – régime coopératif et le B. Trad. – programme accéléré. Le B. Trad. et le B. Trad. – régime coopératif s’adressent aux étudiants qui ont complété leur secondaire et ils s’échelonnent sur 4 ans. Le B. Trad. – régime coopératif ne se distingue du B. Trad. que par ses trois stages qui sont effectués durant l’été à partir de la fin de la deuxième année. Quant au B. Trad. – programme accéléré, il s’adresse aux étudiants qui ont déjà un baccalauréat et il s’échelonne sur deux ans. Les trois programmes ont 17 cours obligatoires de traduction et trois cours à option de traduction, à l’exception du B. Trad. – programme accéléré qui en compte 2. Les cours de niveau 1000 sont normalement suivis en 1re année ; ceux de niveau 2000, en 2e année ; ceux de niveau 3000, en 3e année ; ceux de niveau 4000, en 4e année. La formation en traduction s’articule autour de trois axes : le transfert linguistique, les connaissances générales sur la traduction et l’approfondissement des connaissances linguistiques. Ces trois axes permettent d’offrir la formation la plus complète possible, et de former des traducteurs qui auront toutes les connaissances et les compétences nécessaires pour répondre aux différents besoins des employeurs une fois sur le marché du travail. De plus, ces axes correspondent grosso modo aux principaux regroupements des activités d’apprentissage caractéristiques de programmes de baccalauréat en traduction au Canada (Valentine 2003).

    2.3.1. Axe 1 : Transfert linguistique

    16L’axe principal, le transfert linguistique, qui consiste en des cours de version correspondant aux principaux domaines de la traduction pragmatique pratiquée au pays, comprend 8 cours obligatoires : TRAD2510 Traduction générale I, TRAD2520 Traduction générale II, TRAD3525 Traduction administrative, TRAD3560 Traduction économique, TRAD4525 Traduction technique, TRAD4575 Traduction spécialisée avancée, TRAD4580 Traduction commerciale et TRAD4590 Pratique de la révision. Ces cours assurent aux étudiants une formation dans les principaux domaines de la pratique professionnelle. De plus, cinq cours à option sont offerts : deux sont des stages en milieu professionnel réservés aux étudiants des programmes régulier et accéléré (le TRAD4730 Stage en partenariat – stage non rémunéré – et le TRAD4750 Stage – stage rémunéré) et 3 sont des ateliers avancés en rédaction ou en traduction pour les étudiants des 3 programmes (TRAD3745 Atelier de rédaction/traduction I, TRAD4755 Atelier de rédaction/traduction II, TRAD4765 Atelier de rédaction/traduction III).

    Tableau 1 : Contenu de l’axe « transfert linguistique »

    Image

    17Cet axe correspond à ce que Valentine appelle la compétence centrale de niveau 1, laquelle est « directement liée au savoir-traduire et correspond au noyau des programmes. Ce noyau ou tronc commun est constitué par des cours de traduction, principalement vers la langue A […] de type général ou spécialisé » (2003 : 26). Il correspond également à ce que Valentine appelle la compétence pratique, à savoir « les activités qui fournissent à l’étudiant l’occasion de travailler en situation réelle » ou en situation de simulation, le plus souvent en fin de parcours de formation » (ibid.).

    2.3.2. Axe 2 : Connaissances générales sur la traduction

    18Le deuxième axe, les connaissances générales sur la traduction, est constitué de 4 cours obligatoires qui permettent aux étudiants d’acquérir des connaissances générales (la traduction professionnelle ; les professions langagières ; les associations professionnelles ; le code déontologie ; l’organisation et l’évolution de la profession) sur la traduction (TRAD2130 Initiation à la traduction), des connaissances historiques et théoriques sur la traduction (TRAD4210 Histoire et théories de la traduction), des compétences complémentaires nécessaires à la pratique professionnelle (TRAD3120 Documentation et terminologie) et des compétences complémentaires nécessaires à l’application de la technologie (TRAD3130 Technologies et traduction). Cet axe est enrichi par 4 cours à option : TRAD3730 Traduction littéraire, TRAD3780 Traduction et interculturalité, TRAD4720 Terminologie et lexicographie et TRAD4780 Travail dirigé. Tous ces cours ont pour but d’approfondir des connaissances liées de près à la pratique de la traduction, mais qui, faute de temps, ne peuvent être abordées dans les cours de transfert linguistique.

    Tableau 2 : Contenu de l’axe « connaissances générales sur la traduction »

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    19Cet axe correspond en gros à ce Valentine appelle la compétence centrale de niveau 2 : « Terminologie, documentation, langue de spécialité, révision, éléments qui visent le développement de la multicompétence traductionnelle. » (2003 : 26) Valentine ajoute que « cette compétence centrale périphérique […] renforce la capacité traductionnelle » (ibid.).

    2.3.3. Axe 3 : l’approfondissement des connaissances linguistiques

    20Le troisième axe, l’approfondissement des connaissances linguistiques, est constitué de cours qui visent à approfondir et consolider les connaissances linguistiques des étudiants. Un ensemble de 5 cours obligatoires est consacré à cet objectif : TRAD2410 Stylistique comparée I, TRAD2420 Interférences linguistiques, TRAD2535 Rédaction et traduction, TRAD3410 Stylistique comparée II et TRAD3620 Thème anglais.

    Tableau 3 : Contenu de l’axe « approfondissement des connaissances linguistiques »

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    21Cet axe correspond à ce que Valentine appelle la compétence prétraductionnelle, soit les apprentissages préparatoires à la traduction proprement dite (cours généralement offerts en début de parcours) : grammaire, rédaction, stylistique comparée, analyse et résumé de texte. Ces apprentissages contribuent à la consolidation des connaissances des langues de départ et d’arrivée de l’aspirant traducteur et au renforcement des capacités de réception et de production, ainsi qu’au renforcement de la culture générale (2003 : 26).

    22Il importe de préciser qu’aux cours de traduction (TRAD) précités viennent s’ajouter des cours de français (FRAN) – un cours de français écrit, un cours de français oral et un cours de techniques d’analyse de texte – et des cours d’anglais (ANGL). L’approfondissement des connaissances linguistiques et des compétences rédactionnelles fait partie des objectifs de formation de tous les programmes de formation des traducteurs au Canada. Comme le précise Mareschal, les « compétences rédactionnelles sont le complément indispensable des compétences linguistiques et des compétences traductionnelles. Elles doivent permettre au traducteur d’exprimer avec clarté, précision et justesse un contenu donné dans une langue donnée, en respectant les caractéristiques inhérentes au texte et à la langue » (2005 : 256). Les cours « contrastifs » ou « différentiels » (Interférences linguistiques, Stylistique comparée I et II), pour leur part, permettent de sensibiliser les étudiants aux différences entre l’anglais et le français, différences qui ne sont pas toujours perçues par les étudiants ayant grandi dans un milieu bilingue sans jamais avoir appris à dissocier les langues. Comme le précise Darbelnet, « [s]a fonctionnalité [du bilingue] présente cette caractéristique que quand il parle l’une des deux langues, il ne pense pas à l’autre. Il ne les compare jamais, pour la simple raison qu’il n’en éprouve pas le besoin. Il lui arrive donc assez couramment de les confondre, surtout quand il s’agit de deux langues aussi paronymiques que le français et l’anglais » (1988 : 133). L’étude de la stylistique comparée permet d’apporter un « correctif à cette situation parce qu’elle habitue le sujet parlant à s’interroger sur la façon dont il parle, à prendre conscience des ressources dont il dispose » (ibid.).

    2.3.4. Axe 4 : les stages en milieux de travail

    23Pour le B. Trad. – régime coopératif, un quatrième axe s’ajoute : les stages obligatoires rémunérés, mais non crédités, en milieu de travail : TRAD3000 Stage I, TRAD4000 Stage II et TRAD4500 Stage III. Effectués pendant l’été, les stages, d’une durée minimale de 12 semaines chacun, commencent après la deuxième année. Les stages visent essentiellement à permettre aux étudiants de se familiariser avec les réalités professionnelles de la traduction (domaines de travail, contacts avec les clients, outils informatiques, terminologie, révision, etc.) et les exigences du métier. Parmi les organismes assurant l’encadrement des étudiants figurent les fonctions publiques fédérale et provinciale, les entreprises privées et les cabinets de traduction.

    Tableau 4 : Contenu de l’axe « stage en milieu de travail »

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    24Le bien-fondé de ces axes est indéniable ; cependant, les processus d’auto-évaluation, puis d’évaluation, qui ont commencé il y a environ deux ans ont permis d’envisager des solutions pour bonifier les programmes. Au Canada, les programmes universitaires sont soumis, tous les cinq à dix ans, à une évaluation externe faite par une équipe d’évaluation constituée de professeurs de traduction d’autres universités canadiennes. Cette évaluation est précédée d’une auto-évaluation produite par le Département qui dispense les programmes à évaluer. L’ensemble du processus vise à s’assurer que la formation offerte est toujours pertinente et adéquate.

    1. D’abord, le cours sur les interférences linguistiques et le cours d’introduction à la traduction seront dorénavant donnés en première année, plutôt qu’en deuxième, afin d’encore mieux consolider les acquis linguistiques et de donner la chance aux étudiants de suivre des cours de leur programme dès leur arrivée à l’Université.
    2. Ensuite, afin de diversifier l’offre de cours et d’augmenter les échanges, les cours de troisième et de quatrième années seront décloisonnés.
    3. Des cours de traduction publicitaire, scientifique, médicale et juridique seront créés afin de diversifier l’offre de cours.
    4. L’accent sera mis sur l’importance d’un stage ou d’un mentorat dans la formation. Nous y reviendrons.
    5. Des visites sur le terrain et l’accueil d’invités de l’industrie en salle de classe seront ajoutés à la formation afin que les étudiants saisissent mieux les réalités professionnelles auxquelles ils seront exposés une fois sur le marché du travail16.
    6. Enfin, des ententes de mobilité seront conclues pour donner la chance aux étudiants d’aller passer un semestre ou une année à l’étranger. L’exposition à d’autres réalités ne peut que venir enrichir la formation.
    7. Il faudra également modifier la structure des programmes à la lumière des derniers développements importants dans le domaine de l’intelligence artificielle. En effet, l’entreprise technologique DeepL (anciennement Linguee, fondée en 2009) a annoncé le lancement de DeepL Traducteur le 29 août 2017, puis celui de DeepL Pro le 20 mars 2018. Ces deux services de traduction neuronale ont indubitablement repoussé les limites de l’intelligence artificielle, « offrant une précision largement supérieure à celle de ses concurrents » (DeepL 2018) et « un service de traduction en ligne optimisé » (ibid.).

    25En ce moment, le Bureau de traduction est en train de mettre en place un nouveau système d’exploitation, qui sera dorénavant accessible à ses employés et à ses fournisseurs, dont une des composantes est la traduction neuronale. Ainsi, il est indéniable que les professions langagières sont en pleine transformation et que, pour la traduction générale et certains domaines de la traduction spécialisée (le Bureau de traduction teste actuellement des moteurs de traduction neuronale dans différents domaines), les traducteurs formés par les universités feront surtout de la révision et de la post-édition. En d’autres mots, il faudra mettre l’accent sur ces deux activités non seulement dans le cadre de cours particuliers, mais dans l’ensemble des cours.

    2.4. Stratégies pédagogiques

    26La formation en traduction fait appel à une gamme de stratégies d’enseignement qui varient selon la nature des cours et les objectifs visés. Outre les ateliers et les cours magistraux, les professeurs font reposer leur enseignement sur, entre autres, l’apprentissage par problème et par projets, la démonstration théorique du professeur ou de l’étudiant, la discussion en classe, l’enseignement par les pairs, l’exercice de synthèse, l’exposé oral, le préceptorat, le questionnement en classe, la recherche descriptive, le séminaire et le travail en équipe. Quant au cours sur les outils informatiques, il se déroule de façon interactive, en laboratoire. Grosso modo, nous insistons largement sur les étapes de la méthode de travail, d’une part, et sur l’adéquation des activités d’apprentissage avec la réalité du marché du travail.

    27Les activités d’apprentissage sont également variées : lectures et analyses de textes, dissertations, comptes rendus et travaux pratiques divers (travaux de longue haleine, fichiers terminologiques, travaux hebdomadaires, etc.). S’ajoutent à cela les stages en milieu de travail et les stages en partenariat. Enfin, les étudiants ont toujours la possibilité d’effectuer un travail dirigé dans le domaine de la traduction, de la traductologie ou de la terminologie. Il s’agit, pour eux, d’une occasion unique de travailler en étroite collaboration avec un professeur pour mener à terme un projet qui leur tient à cœur et qui, le plus souvent, découle d’une problématique abordée en classe qu’ils aimeraient approfondir.

    28Qu’il s’agisse d’approches pédagogiques ou d’activités d’apprentissage, la formation se veut, avant tout, pratique. Par exemple, dans les cours de version, les professeurs donnent des textes qui ressemblent à ceux à traduire sur le marché du travail et les corrigent comme le font les réviseurs, c’est-à-dire en mode « Suivi des modifications » dans Word lorsqu’ils corrigent à l’écran ou en se servant des signes conventionnels utilisés en révision linguistique (Horguelin et Pharand 2009) lorsqu’ils corrigent une copie papier. La traduction peut aussi, en tout ou en partie, être faite en salle de classe en temps réel. Ce type d’exercice permet aux étudiants de mieux saisir leurs limites et leur apprend à résoudre de façon efficace les problèmes auxquels ils font face. Il s’agit d’une excellente préparation aux épreuves en temps limité, aux examens d’agrément et au marché du travail.

    29Bref, dans la mesure du possible, les étudiants sont placés « dans des situations de simulation des conditions d’exercice de la profession » (Durieux 2005 : 42), que ce soit en salle de classe, pendant les « ateliers » de traduction, ou encore lors des épreuves en temps limité en laboratoire. Qui plus est, dans les cours de version, nous travaillons, autant que faire se peut, sur des « textes authentiques, intégraux, constituant des sortes d’exemples représentatifs des textes auxquels ils seront confrontés dans leur vie active » (ibid. : 42-43).

    2.5. Place d’un stage ou d’un mentorat dans un programme de traduction

    30Étant la porte d’entrée à la profession de traducteur, les programmes canadiens de premier cycle en traduction se veulent pratiques. Dans ce contexte, il est indéniable qu’un stage ou un mentorat supervisé par une corporation ou un ordre professionnel17 a toute sa place dans la formation. En mettant l’accent sur l’importance d’un stage ou d’un mentorat, nous espérons convaincre la majorité des étudiants de poursuivre l’une ou l’autre activité durant leur formation en traduction. Bien que cela mette une pression supplémentaire sur la direction du Département, nous pensons être en mesure de répondre aux attentes des étudiants et ce pour plusieurs raisons. D’abord, les cohortes sont de petite taille, ce qui signifie qu’il est plus facile de trouver un stage pour chaque étudiant. Ensuite, le régime coopératif et certains partenaires garantissent année après année quelques stages. Puis, le Bureau de traduction a relancé à l’automne 2019 son programme de stages en partenariat, rebaptisé Programme de formation collaborative, et le nouveau programme institutionnel axé sur l’apprentissage expérientiel permet depuis l’hiver 2019 de financer quelques stages. Il ne faut pas non plus oublier que les étudiants pourront faire appel à leur entourage pour se trouver leur propre stage. Enfin, le marché est plus dynamique18. Pour preuve, 8 stages ont été obtenus pour l’été 2018 et 11 pour l’été 2019. Si un programme de mentorat voyait le jour, il semble raisonnable d’imaginer que quelques membres de la Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick accepteront de devenir mentor.

    31Il est tout de même utopique de croire qu’il est possible d’obtenir des stages pour tous les étudiants chaque année. Ainsi, afin d’assurer la pérennité de cette nouvelle exigence, il apparaît nécessaire de créer un stage interne. Celui-ci ne serait mis à l’horaire que lorsqu’il y aurait des étudiants qui, arrivés vers la fin de leur parcours universitaire, n’auraient pas encore obtenu de stage. Ce cours pourrait, en partie, se dérouler sous forme de simulation en temps réel de telle sorte que les étudiants vivraient une expérience se rapprochant de celle vécue en stage.

    32À première vue, il est vrai que les programmes que nous venons de décrire ressemblent aux programmes de formation des traducteurs offerts dans les autres universités canadiennes. Or, il n’en est rien. Comme nous l’avons montré, la particularité de la clientèle étudiante pose un certain nombre de défis, ce qui nous oblige à insister, tout au long de la formation, sur le rôle que joue la traduction vers le français dans la société acadienne. Véritable moteur de la francisation, notamment dans la fonction publique, la traduction instaure des modèles linguistiques français dans un milieu fortement dominé par l’anglais. Elle s’impose donc comme principale modalité de l’aménagement du corpus et, dès lors, permet au gouvernement de s’acquitter de ses obligations linguistiques à l’endroit de la minorité francophone. Comme l’explique Toury :

    […] translating may […] serve as a means for both actual preservation and development of a language – and enhancing self-esteem in its speakers, which is a necessary prerequisite for successful results: it is no doubt a good and highly economical way of developing new linguistic forms to their full utilization for all communicative purposes, but it may also be a reassurance for the community and its individual members that everything that has or can be formulated in other languages can also be formulated in the minority language in question, which may well be a cause for great comfort and real encouragement. (1985 : 7)

    33Cronin abonde dans le même sens, à cette différence qu’il fait ressortir le rôle paradoxal que joue la traduction pour les locuteurs de langues minoritaires :

    Minority languages have a fundamentally paradoxical relationship with translation. As languages operating in a multilingual world with vastly accelerated information flows from dominant languages, they must translate continually in order to retain their viability and relevance as living languages. Yet, translation itself may endanger the very specificity of those languages that practise it, particularly in situations of diglossia. The situation of translation in the culture of a minority language is therefore highly ambiguous. The ambiguity is partly related to the functions of translation in the minority language culture. (1998 : 9)

    34C’est ainsi qu’il importe de bien conscientiser les étudiants au rôle social du traducteur, bref au rôle sociolinguistique de la traduction, dans ce contexte particulier, en insistant notamment sur les limites de la traduction pour la société minoritaire, qui doit elle aussi être une société « d’expression » où l’on produit et l’on rédige également en français. Autrement dit, à elle seule, la traduction ne suffit pas. Contrairement au Québec, qui s’est doté d’un organisme d’aménagement de la langue, en l’occurrence l’Office québécois de la langue française, le Nouveau-Brunswick fait piètre figure en ce sens. L’absence d’un organisme du genre et d’une politique linguistique qui donnerait aux fonctionnaires le droit de travailler en français exerce une pression considérable sur les services de traduction et donc, sur les traducteurs. Si l’on cherche à assurer la progression vers l’égalité des deux communautés linguistiques, il est primordial que celles-ci soient des sociétés d’expression et que le français soit lui aussi, à l’instar de l’anglais, langue de communication, langue de rédaction, bref, langue d’expression. La traduction, si nécessaire soit-elle, ne peut être le seul et unique véhicule de diffusion du français en contexte linguistique minoritaire. Pratiquée à dose massive de manière unidirectionnelle, c’est-à-dire vers la langue de la minorité, la traduction ne fait que maintenir une illusion d’égalité, ce qui est, somme toute, contraire à la lettre et l’esprit de la politique linguistique du Nouveau-Brunswick.

    Annexe

    1. Superficie et population des entités administratives canadiennes

    SuperficieNombre d’habitants
    Canada9 984 670 km2 (100 %)35 851 800 (100 %)
    Terre-Neuve-et-Labrador405 212 km2 (4,1 %)527 000 (1,5 %)
    Île-du-Prince-Édouard5 660 km2 (0,1 %)146 400 (0,4 %)
    Nouvelle-Écosse55 284 km2 (0,6 %)943 000 (2,6 %)
    Nouveau-Brunswick72 908 km2 (0,7 %)753 900 (2,1 %)
    Québec1 542 056 km2 (15,4 %)8 236 000 (23,0 %)
    Ontario1 076 395 km2 (10,8 %)13 792 100 (38,5 %)
    Manitoba647 797 km2 (6,5 %)1 293 400 (3,6 %)
    Saskatchewan651 036 km2 (6,5 %)1 133 600 (3,2 %)
    Alberta661 848 km2 (6,6 %)4 196 500 (11,7 %)
    Colombie-Britannique944 735 km2 (9,5 %)4 683 100 (13,1 %)
    Yukon482 443 km2 (4,8 %)37 400 (0,1 %)
    Territoires du Nord-Ouest1 346 106 km2 (13,5 %)44 100 (0,1 %)
    Nunavut2 093 190 km2 (21,0 %)36 900 (0,1 %)

    2. Traductions en langues officielles

    35Voici les données relatives aux mots traduits dans chaque langue officielle au Bureau de traduction et au Bureau de la traduction, pour l’année 2017-18, à titre comparatif.

    Nombre de mots traduits vers le françaisNombre de mots traduits vers l’anglaisNombre total de mots traduits
    Bureau de traduction

    (Nouveau-Brunswick)

    12 126 735 mots

    (87,9 %)

    1 673 654 mots

    (12,1 %)

    13 800 389 mots

    (100 %)

    Bureau de la traduction

    (Canada)

    248 046 779 mots

    (89,2 %)

    30 173 741 mots

    (10,8 %)

    278 220 520 mots

    (100 %)

    Bibliographie

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    Format

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    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

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    Notes de bas de page

    1 Par « Acadie du Nouveau-Brunswick », nous entendons la communauté de langue française du Nouveau-Brunswick. Nous y reviendrons.

    2 Les « Maritimes » ou « provinces maritimes » comprennent le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

    3 Les principales langues maternelles tierces sont, dans l’ordre : l’arabe, le mandarin, le mi’kmaq, l’allemand et le coréen.

    4 Proclamée en 1969, la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick énonce que l’anglais et le français sont les deux langues officielles de la province. Elle reconnaît le droit fondamental des citoyens de la province de recevoir des services du gouvernement dans la langue officielle de leur choix. De plus, elle reconnaît que « la communauté linguistique française et la communauté linguistique anglaise du Nouveau-Brunswick ont un statut et des droits et privilèges égaux dont notamment le droit à des institutions d’enseignement distinctes et aux institutions culturelles distinctes nécessaires à leur protection et à leur promotion » (Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick).

    5 Promulguée en 1969, la Loi sur les langues officielles du Canada reconnaît l’égalité de statut du français et de l’anglais dans toutes les institutions fédérales. Plus précisément, elle a pour objet d’assurer le respect du français et de l’anglais à titre de langues officielles du Canada, leur égalité de statut et l’égalité de droits et privilèges quant à leur usage dans les institutions fédérales, notamment en ce qui touche les débats et travaux du Parlement, les actes législatifs et autres, l’administration de la justice, les communications avec le public et la prestation des services, ainsi que la mise en œuvre des objectifs de ces institutions ; d’appuyer le développement des minorités francophones et anglophones et, d’une façon générale, de favoriser, au sein de la société canadienne, la progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais ; et de préciser les pouvoirs et les obligations des institutions fédérales en matière de langues officielles » (Loi sur les langues officielles du Canada).

    6 Au Nouveau-Brunswick, 89 % des habitants utilisent l’anglais au moins régulièrement au travail, contre 36,7 % pour le français (Statistique Canada 2016a).

    7 Exemple : « Les cours finissent à 11 heures, so I’m going to have lunch early. »

    8 Exemple : « Il y a des teenagers qui se promènent en car dans la rue. »

    9 Il s’agit de l’Université de Moncton, l’Université Laval, l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université de Montréal, l’Université Concordia, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke, l’Université d’Ottawa, l’Université du Québec en Outaouais, l’Université York (Collège Glendon) et l’Université de Saint-Boniface. La majorité des programmes de baccalauréat sont orientés vers le français du fait que « les communications se font d’abord et principalement en anglais et que le gros de la demande de traduction se situe vers le français » (Mareschal 2005 : 252).

    10 À l’époque, certains programmes de 1er cycle proposaient une formation en traduction et en interprétation. Aujourd’hui, la formation des interprètes est assurée uniquement au 2e cycle, c’est-à-dire au niveau de la maîtrise.

    11 Ces étudiants se retrouvent dans la même position de ceux de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis qui, comme l’explique Aly Sambou dans cet ouvrage, dans leurs cours de version, traduisent vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle.

    12 Nous faisons référence ici aux interférences linguistiques, qu’elles soient lexicales, sémantiques, syntaxiques ou phonétiques. Exemples : l’emploi du mot « pamphlet » en français pour traduire pamphlet ; l’emploi de l’expression « être familier avec » (to be familiar with) au lieu de « être familiarisé avec ».

    13 Une partie de cette prise en charge se fait lors des heures de consultation hebdomadaire. Durant ces six heures, les professeurs encadrent les étudiants, selon leurs besoins. Une autre partie se fait en salle de classe. Entre autres, les professeurs mettent à contribution les connaissances des étudiants les plus forts pour expliquer différentes notions, incitent ces derniers à travailler avec des étudiants plus faibles ou encouragent les étudiants à faire part de leurs différentes expériences de traduction (des étudiants effectuent un ou des stages ou acceptent différents petits contrats).

    14 Les cohortes étant petites, les diplômés des programmes restent souvent en contact avec les membres du corps professoral et la direction. De plus, le Département a des liens étroits avec les milieux professionnels (ministères gouvernementaux, entreprises de traduction, services internes, etc.) et les associations professionnelles.

    15 B. Trad. est la forme abrégée de baccalauréat spécialisé en traduction, le baccalauréat étant le premier grade universitaire dans le système de formation postsecondaire nord-américain. Le baccalauréat nord-américain correspond à la licence française et est la porte d’entrée à la profession, alors que la maîtrise nord-américaine est l’équivalent du Master 1 et du Master 2 français.

    16 Nous avons déjà commencé à mettre en œuvre cette façon de bonifier nos programmes. En effet, durant la session d’hiver 2019, nous avons obtenu une subvention institutionnelle pour effectuer des visites chez les trois plus importants employeurs de nos diplômés et à la session d’automne 2019, le Département a accueilli trois conférenciers.

    17 Au Québec, toutes les universités qui offrent des programmes de traduction (l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université du Québec en Outaouais et l’Université du Québec à Trois-Rivières) ont signé une entente avec l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec qui permet aux membres de l’Ordre de devenir mentors et aux étudiants de faire partie de l’Ordre au terme du mentorat, s’ils satisfont aux exigences de l’Ordre. La Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick et l’Université de Moncton examinent la possibilité de mettre en place un programme similaire au Nouveau-Brunswick. Les avantages d’un programme sont nombreux, les principaux étant de faire vivre une expérience de travail authentique aux étudiants et de redynamiser un ordre ou une corporation (l’arrivée de nouveaux membres est un facteur de stimulation important).

    18 En 2011, le Bureau de la traduction, qui est le plus important employeur de langagiers au Canada et qui compte parmi les dix plus importants au monde, a procédé à une restructuration massive qui a, bien évidemment, eu des répercussions sur l’industrie de la langue et les programmes canadiens de traduction. En effet, les salaires des pigistes ont été réduits considérablement (certains pigistes ne touchant plus que le quart de ce qu’ils gagnaient quelques mois plus tôt), les processus d’embauche ont été suspendus et l’encadrement des stages a cessé, et ce, pendant plus de cinq ans. En fait, la reprise s’est faite de façon graduelle : le programme de stages a été relancé en 2016 et l’embauche, en 2018, et chaque année le nombre de stagiaires et de nouveaux employés augmente. Cette reprise a également eu des effets bénéfiques sur l’industrie, les salaires des pigistes s’élevant pour presque revenir à ce qu’ils étaient en 2011.

    Auteurs

    • Julie Arsenault
    • Matthieu LeBlanc
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    Table des matières

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    1 Par « Acadie du Nouveau-Brunswick », nous entendons la communauté de langue française du Nouveau-Brunswick. Nous y reviendrons.

    2 Les « Maritimes » ou « provinces maritimes » comprennent le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

    3 Les principales langues maternelles tierces sont, dans l’ordre : l’arabe, le mandarin, le mi’kmaq, l’allemand et le coréen.

    4 Proclamée en 1969, la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick énonce que l’anglais et le français sont les deux langues officielles de la province. Elle reconnaît le droit fondamental des citoyens de la province de recevoir des services du gouvernement dans la langue officielle de leur choix. De plus, elle reconnaît que « la communauté linguistique française et la communauté linguistique anglaise du Nouveau-Brunswick ont un statut et des droits et privilèges égaux dont notamment le droit à des institutions d’enseignement distinctes et aux institutions culturelles distinctes nécessaires à leur protection et à leur promotion » (Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick).

    5 Promulguée en 1969, la Loi sur les langues officielles du Canada reconnaît l’égalité de statut du français et de l’anglais dans toutes les institutions fédérales. Plus précisément, elle a pour objet d’assurer le respect du français et de l’anglais à titre de langues officielles du Canada, leur égalité de statut et l’égalité de droits et privilèges quant à leur usage dans les institutions fédérales, notamment en ce qui touche les débats et travaux du Parlement, les actes législatifs et autres, l’administration de la justice, les communications avec le public et la prestation des services, ainsi que la mise en œuvre des objectifs de ces institutions ; d’appuyer le développement des minorités francophones et anglophones et, d’une façon générale, de favoriser, au sein de la société canadienne, la progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais ; et de préciser les pouvoirs et les obligations des institutions fédérales en matière de langues officielles » (Loi sur les langues officielles du Canada).

    6 Au Nouveau-Brunswick, 89 % des habitants utilisent l’anglais au moins régulièrement au travail, contre 36,7 % pour le français (Statistique Canada 2016a).

    7 Exemple : « Les cours finissent à 11 heures, so I’m going to have lunch early. »

    8 Exemple : « Il y a des teenagers qui se promènent en car dans la rue. »

    9 Il s’agit de l’Université de Moncton, l’Université Laval, l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’Université de Montréal, l’Université Concordia, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke, l’Université d’Ottawa, l’Université du Québec en Outaouais, l’Université York (Collège Glendon) et l’Université de Saint-Boniface. La majorité des programmes de baccalauréat sont orientés vers le français du fait que « les communications se font d’abord et principalement en anglais et que le gros de la demande de traduction se situe vers le français » (Mareschal 2005 : 252).

    10 À l’époque, certains programmes de 1er cycle proposaient une formation en traduction et en interprétation. Aujourd’hui, la formation des interprètes est assurée uniquement au 2e cycle, c’est-à-dire au niveau de la maîtrise.

    11 Ces étudiants se retrouvent dans la même position de ceux de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis qui, comme l’explique Aly Sambou dans cet ouvrage, dans leurs cours de version, traduisent vers une langue qui n’est pas leur langue maternelle.

    12 Nous faisons référence ici aux interférences linguistiques, qu’elles soient lexicales, sémantiques, syntaxiques ou phonétiques. Exemples : l’emploi du mot « pamphlet » en français pour traduire pamphlet ; l’emploi de l’expression « être familier avec » (to be familiar with) au lieu de « être familiarisé avec ».

    13 Une partie de cette prise en charge se fait lors des heures de consultation hebdomadaire. Durant ces six heures, les professeurs encadrent les étudiants, selon leurs besoins. Une autre partie se fait en salle de classe. Entre autres, les professeurs mettent à contribution les connaissances des étudiants les plus forts pour expliquer différentes notions, incitent ces derniers à travailler avec des étudiants plus faibles ou encouragent les étudiants à faire part de leurs différentes expériences de traduction (des étudiants effectuent un ou des stages ou acceptent différents petits contrats).

    14 Les cohortes étant petites, les diplômés des programmes restent souvent en contact avec les membres du corps professoral et la direction. De plus, le Département a des liens étroits avec les milieux professionnels (ministères gouvernementaux, entreprises de traduction, services internes, etc.) et les associations professionnelles.

    15 B. Trad. est la forme abrégée de baccalauréat spécialisé en traduction, le baccalauréat étant le premier grade universitaire dans le système de formation postsecondaire nord-américain. Le baccalauréat nord-américain correspond à la licence française et est la porte d’entrée à la profession, alors que la maîtrise nord-américaine est l’équivalent du Master 1 et du Master 2 français.

    16 Nous avons déjà commencé à mettre en œuvre cette façon de bonifier nos programmes. En effet, durant la session d’hiver 2019, nous avons obtenu une subvention institutionnelle pour effectuer des visites chez les trois plus importants employeurs de nos diplômés et à la session d’automne 2019, le Département a accueilli trois conférenciers.

    17 Au Québec, toutes les universités qui offrent des programmes de traduction (l’Université Concordia, l’Université Laval, l’Université McGill, l’Université de Montréal, l’Université de Sherbrooke, l’Université du Québec en Outaouais et l’Université du Québec à Trois-Rivières) ont signé une entente avec l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec qui permet aux membres de l’Ordre de devenir mentors et aux étudiants de faire partie de l’Ordre au terme du mentorat, s’ils satisfont aux exigences de l’Ordre. La Corporation des traducteurs, traductrices, terminologues et interprètes du Nouveau-Brunswick et l’Université de Moncton examinent la possibilité de mettre en place un programme similaire au Nouveau-Brunswick. Les avantages d’un programme sont nombreux, les principaux étant de faire vivre une expérience de travail authentique aux étudiants et de redynamiser un ordre ou une corporation (l’arrivée de nouveaux membres est un facteur de stimulation important).

    18 En 2011, le Bureau de la traduction, qui est le plus important employeur de langagiers au Canada et qui compte parmi les dix plus importants au monde, a procédé à une restructuration massive qui a, bien évidemment, eu des répercussions sur l’industrie de la langue et les programmes canadiens de traduction. En effet, les salaires des pigistes ont été réduits considérablement (certains pigistes ne touchant plus que le quart de ce qu’ils gagnaient quelques mois plus tôt), les processus d’embauche ont été suspendus et l’encadrement des stages a cessé, et ce, pendant plus de cinq ans. En fait, la reprise s’est faite de façon graduelle : le programme de stages a été relancé en 2016 et l’embauche, en 2018, et chaque année le nombre de stagiaires et de nouveaux employés augmente. Cette reprise a également eu des effets bénéfiques sur l’industrie, les salaires des pigistes s’élevant pour presque revenir à ce qu’ils étaient en 2011.

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    Arsenault, J., & LeBlanc, M. (2021). Enseigner la traduction en milieu minoritaire francophone : le cas de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. In T. Levick & S. Pickford (éds.), Enseigner la traduction dans les contextes francophones. Arras: Artois Presses Université. https://doi.org/10.4000/books.apu.26280
    Arsenault, Julie, et Matthieu LeBlanc. « Enseigner la traduction en milieu minoritaire francophone : le cas de l’Acadie du Nouveau-Brunswick ». In Enseigner la traduction dans les contextes francophones, édité par Tiffane Levick et Susan Pickford. Arras: Artois Presses Université, 2021. doi:10.4000/books.apu.26280.
    Arsenault, Julie, et Matthieu LeBlanc. « Enseigner la traduction en milieu minoritaire francophone : le cas de l’Acadie du Nouveau-Brunswick ». Enseigner la traduction dans les contextes francophones, édité par Tiffane Levick et Susan Pickford, Artois Presses Université, 2021, https://doi.org/10.4000/books.apu.26280.

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    Levick, T., & Pickford, S. (éds.). (2021). Enseigner la traduction dans les contextes francophones. Arras: Artois Presses Université. https://doi.org/10.4000/books.apu.26145
    Levick, Tiffane, et Susan Pickford, éd. Enseigner la traduction dans les contextes francophones. Arras: Artois Presses Université, 2021. doi:10.4000/books.apu.26145.
    Levick, Tiffane, et Susan Pickford, éditeurs. Enseigner la traduction dans les contextes francophones. Artois Presses Université, 2021, https://doi.org/10.4000/books.apu.26145.
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