• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16459 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
Brepols Publishers
Brepols
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

  • Brepols Publishers
    Brepols
    • Accueil
    • Catalogue de 16459 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Artois Presses Université
  • ›
  • Études linguistiques
  • ›
  • L’Intraduisible : les méandres de la tra...
  • ›
  • L’intraduisible : au-delà de l’échec pro...
  • Artois Presses Université
  • Artois Presses Université
    Artois Presses Université
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Introduction1. Panorama des candidats2. De l’expertise des experts3. La carte d’identité du texte cible4. Le (non-) lieu de l’intraduisibleConclusion : au-delà de l’échec programmé Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    L’intraduisible : au-delà de l’échec programmé

    Lance Hewson

    p. 23-36

    Entrées d’index

    Mots-clés : intraduisible absolu, intraduisible relatif, realia, expertise, théoricien pur, théoricien-practicien

    Texte intégral Bibliographie Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Introduction

    1L’intraduisible n’est pas ce que l’on croit. Selon le Grand Robert, l’adjectif « intraduisible » correspond à ce « qu’il est impossible de traduire », c’est-à-dire quelque chose (un mot, un texte…) qu’aucun traducteur ne peut traduire. Or, sachant que l’on peut tout traduire – nous reviendrons à cette affirmation elliptique dans notre conclusion – il serait plus juste d’avancer que l’intraduisible ne correspond pas à l’impossibilité d’accomplir une tâche, mais se réfère plutôt à la non-adéquation entre une attente en amont et le résultat prévu ou effectif de l’opération traduisante, assimilé à un échec. Est intraduisible un texte qui, en traduction, ne ressemble (ou ressemblerait) pas à une traduction, et en tout cas pas à la traduction souhaitée. On rejoint ici la formulation avancée par B. Cassin dans le Vocabulaire européen des philosophes. Dictionnaire des intraduisibles : « l’intraduisible, c’est […] ce qu’on ne cesse pas de (ne pas) traduire » (Cassin, 2004 : xvii). Selon cette vision, le travail du traducteur est censé ne jamais aboutir (vraiment), et ce que l’on obtient, ce que l’on ne cesse d’obtenir à chaque reprise du travail, est par son essence même insatisfaisant. Le problème, dans cette optique, n’est pas tant l’intraduisible que le traduit – ou le traduit tel que le spécialiste de l’intraduisible prévoit qu’il sera (inéluctablement). A-t-on raison de brandir cette menace d’un échec programmé ? Nous tenterons, dans les lignes qui suivent, de démontrer que le postulat de l’intraduisible, qu’il se fonde sur l’hypothèse d’une « impossibilité » éminemment théorique ou d’un échec répété à l’infini, est potentiellement préjudiciable, car il freine la réflexion traductologique, tout en entravant le traducteur dans sa démarche.

    2L’intraduisible est-il un concept universel ? A. Chesterman (1997 : 12) donne un début de réponse à cette question lorsqu’il suggère que la notion trouve son origine dans des cultures qui privilégient le monolinguisme. Or, il n’est pas certain que, dans ces cultures, les mots évoquant l’intraduisible désignent exactement la même chose. Il est intéressant de noter que le français est particulièrement riche en la matière, disposant de plusieurs noms et adjectifs pour exprimer ce concept. Assez curieusement, les dictionnaires francophones consultés1 ne mentionnent que le terme « intraduisible » (adjectif et nom), sans signaler les autres termes utilisés par certains théoriciens (intraduisibilité, intraductible, intraductibilité)2. Il faudra se demander si cette abondance en français ne serait pas le reflet d’une richesse signifiante, ignorée des langues comme l’allemand ou l’anglais, qui ne disposent que d’une seule paire de termes3. Ces deux dernières langues seraient-elles incomplètes, incapables de traduire une nuance exprimée par la possibilité de paraphraser en français ? Quelle que soit la réponse à cette question (à laquelle nous reviendrons également à la fin de cet article), elle a le mérite de nous obliger à nous interroger sur la vision culturelle qui sous-tend toute langue naturelle, et à revisiter brièvement le débat qui oppose les tenants d’un intraduisible absolu à ceux qui prônent une impossibilité relative.

    3L’impossibilité (totale) de traduire, comme nous le rappelle T. Hermans (2009 : 300), découle de la vision du langage et de la signification que G. Steiner (1998 : 121) qualifie de « monadiste ». Celle-ci met en exergue la non-correspondance des langues et, partant, les différentes conceptions ou lectures du monde qu’ont les utilisateurs de ces langues. Dans sa formulation la plus extrême, on évoque non pas le monde dans lequel nous vivons et que nous interprétons, mais bien des mondes4. De nombreux chercheurs ont, cependant, relativisé cette position, en rappelant l’énorme potentiel qu’a chaque langue de représenter le monde5, ou en soulignant que l’intraduisible est un phénomène exceptionnel (Mounin, 1963 : 266) ou sporadique (Ricœur, 2004 : 13). Il est clair que, pour un traductologue, il serait illogique de poursuivre le fantasme d’un intraduisible absolu. Il convient, par conséquent, d’explorer la version « relative » du phénomène, afin de décider si la notion d’« intraduisible exceptionnel » ou d’« intraduisible sporadique » est acceptable pour une traductologie résolument tournée vers les réalités de la profession.

    4À première vue, l’intraduisible relatif semble être une formulation satisfaisante, qui limite les « impossibilités » à des cas ponctuels. Cependant, un examen attentif du cadre général qui sous-tend les arguments en faveur d’une telle position amène à revoir ce dogme de la traductologie. Par cadre général, nous entendons la typologie des « candidats » au statut d’intraduisible, l’identité de l’instance qui se prononce sur la question, le lien (ou l’absence de lien) avec les pratiques traduisantes, et les images présupposées, explicites ou implicites, du texte cible.

    1. Panorama des candidats

    5On a, de tout temps, identifié des candidats au statut d’intraduisible. Sachant que la liste des prétendants est longue et hétérogène, le chercheur doit essayer d’y mettre de l’ordre en distinguant, d’une part, ce qui relève d’une réflexion purement macrostructurelle, et, d’autre part, ce qui, sur le plan microstructurel, relève de la langue ou a trait à la culture. Les réflexions menées au niveau macrostructurel sont surtout orientées dans l’optique de l’intraduisible absolu. On va attirer l’attention sur un genre (la poésie est la candidate préférée), se référer à une langue particulière (en insistant sur la pauvreté de la langue cible, qui ne permettrait pas d’exprimer la richesse remarquable de la langue source), évoquer les mots conceptuels associés à une théorie6, ou expliquer comment les textes traitant de la religion ou de la philosophie ne peuvent être transposés de manière adéquate dans une autre langue. Le niveau microstructurel se prête plus facilement à une vision relative de l’intraduisible. On s’intéresse aux difficultés ponctuelles provenant de la non-compatibilité entre systèmes linguistiques ou culturels différents. Sur le plan linguistique, on évoque des difficultés comme l’ambiguïté, la polysémie ou les jeux de mots. Outre les travaux de G. Mounin, déjà mentionnés, il est intéressant de se pencher sur les écrits de J. C. Catford, publiés à la même période. Celui-ci souligne que l’intraduisible, lorsqu’il est constaté, découle de l’impossibilité de reproduire des traits que l’on juge pertinents dans la situation de communication7. Par conséquent, il note que, même si le russe et l’anglais présentent d’importantes différences linguistiques, celles-ci ne conduisent pas nécessairement à l’intraduisible8. Certains traductologues, en revanche, ne semblent pas vouloir nuancer leur discussion d’intraduisibles potentiels par la prise en compte d’une situation réelle de traduction ; ils arguent, en effet, en faveur d’un intraduisible de principe ou définitif. C’est le cas, par exemple, d’I. Balacescu et B. Stefanink : dans leur discussion portant sur la traduction française du terme allemand Nachvollziehbarkeit, ils relèvent les différentes lectures du terme allemand et de son équivalent français, en notant que

    la traduction par « plausibilité » restera toujours en deçà des implications du terme allemand : alors que « Nachvollziehbarkeit » est un terme motivé et transparent, le terme français reste abstrait, de même le terme allemand reflète une dynamique qui implique une participation active, de la part du récepteur – qui doit revivre au niveau virtuel le parcours effectué par celui dont il doit « nachvollziehen » les actions –, alors que le terme français est statique, le focus du terme français « plausibilité » est sur l’objet, alors que celui de « Nachvollziehbarkeit » est sur le récepteur.9

    6Le point de vue exprimé ici relève d’une vision étriquée de la traduction, sur le terme-à-terme, sans considération d’exemples de traductions publiées, ce qui limite sérieusement la discussion sur le phénomène. Nous tâcherons ci-après de nuancer de tels propos.

    7Passons maintenant au niveau culturel. On évoque volontiers toutes sortes d’incompatibilités culturelles, en particulier lorsqu’un texte fait référence à un élément qui est spécifique à une seule culture. Ce sont des realia, qui, selon la définition de Vlakhov et Florin, sont

    des mots (et des collocations) d’une langue nationale qui désignent des objets, des concepts ou des phénomènes propres à l’environnement géographique, à la culture, aux réalités quotidiennes ou aux spécificités socio-historiques d’un peuple, d’une nation, d’un pays ou d’une tribu et qui, de ce fait, sont empreints d’une couleur nationale, locale ou historique. Ces mots n’ont pas d’équivalents exacts dans d’autres langues.10

    8Mieux vaut toutefois ne pas établir une distinction trop rigide entre les niveaux linguistique et culturel, car le linguistique est bien souvent l’assise du culturel. Ainsi, pour reprendre un exemple que nous citons ailleurs (2012a : 49)11, dans le cadre du tournoi de chevalerie organisé chaque année dans la ville de Sinj, en Croatie, le terme consacré, Sinjska Alka, et l’événement culturel auquel il se réfère, sont inséparables, dans la mesure où l’expression croate est passée par emprunt dans d’autres langues12.

    9Il convient, avant de poursuivre cette discussion, de rappeler brièvement l’existence d’un autre « type » d’intraduisible, qui se situe sur le plan institutionnel. Il s’agit soit de la non-reconnaissance de la traduction, soit de l’impossibilité (matérielle) de traduire, imposées dans un cas comme dans l’autre par une instance extérieure. Pour ce qui concerne le premier cas, Hermans donne l’exemple du Coran, qui serait intraduisible « dans la mesure où une version écrite dans une autre langue ne peut pas être considérée comme faisant autorité sur le plan religieux dans le monde musulman » (Hermans, 2009 : 302)13. Pour le second cas, Hermans se réfère à l’impossibilité matérielle de (re)traduire Mein Kampf14. On peut, cependant, se demander si ces deux cas particuliers relèvent de l’intraduisible proprement dit. La non-reconnaissance n’implique pas une impossibilité de traduire ; quant à l’interdiction, elle fait référence à un état de fait circonscrit, qui dit beaucoup sur un cadre juridique et/ou idéologique, mais rien sur la possibilité (ou l’impossibilité) linguistique et culturelle de traduire le texte dans une autre langue. Il serait, par conséquent, plus utile dans ces cas particuliers de parler de non-reconnaissance et de non-traduction.

    10Que peut-on retenir de ce rapide tour d’horizon ? L’impression qui prédomine est celle d’un dogme de la traductologie15 qui, en dépit des efforts considérables de nombreux traducteurs, reste très présent dans les discours traitant de la traduction et dans les écrits traductologiques. Peut-on néanmoins proclamer un intraduisible de principe ? Et, si oui, sur quoi se fonde-t-il ? S’agit-il d’une véritable impossibilité ? Comment faire le lien entre une prise de position théorique et la réalité des pratiques traduisantes ?

    2. De l’expertise des experts

    11La question de recherche qui sous-tend cette section est la suivante : convient-il de prendre en considération la « carte d’identité » linguistique, culturelle et professionnelle de celui ou celle qui se prononce sur l’intraduisible ? Si, à première vue, cette interrogation peut sembler secondaire, nous essayerons de démontrer que, d’un point de vue strictement traductologique, elle est importante. Il ne s’agit pas de s’exprimer sur l’autorité d’un expert particulier, mais de déterminer dans quelle mesure cette « carte d’identité » peut influer sur la manière d’envisager un texte en vue de se prononcer sur son caractère éventuellement intraduisible. En premier lieu, nous allons nous interroger sur l’appartenance linguistico-culturelle de l’expert. On peut envisager quatre cas de figure : appartenance (i) à la langue-culture d’où est issu le texte (ou le concept, le terme, le mot…16) potentiellement intraduisible, (ii) à la langue-culture ciblée par une éventuelle traduction, (iii) à une troisième langue-culture, sans lien avec le texte source ou l’éventuelle cible, et (iv) aux langues-cultures source et cible (le cas de l’expert bilingue ou polyglotte). En second lieu, nous nous intéresserons à l’expérience du spécialiste en matière de traduction. Bien qu’il existe beaucoup de nuances entre les deux positions extrêmes, on peut estimer que certains experts n’ont pas de véritable pratique de la traduction à leur actif : ce sont, dans la section ci-après, des « théoriciens purs ». D’autres experts, au contraire, ont une véritable expérience de la traduction : ce sont des « théoriciens-praticiens ».

    12Le théoricien pur est donc celui dont l’expertise n’est nullement associée à une (véritable) pratique traductive. Il envisage donc l’intraduisible surtout comme un état ou un résultat simulé ou imaginé, sans lien direct avec une pratique et, par conséquent, abstraction faite des multiples phases de l’activité traduisante, qui présupposent une exploration des richesses de la langue cible. Rappelons l’une des caractéristiques les plus importantes de l’activité traduisante : la possibilité qu’a le traducteur de faire preuve d’inventivité et de créativité17. Rappelons également, avec A. Berman (1984 : 300), que la démarche du traducteur est éminemment réflexive. Prenons d’abord le premier cas de figure envisagé ci-dessus, celui du théoricien pur, dont la langue-culture maternelle correspond à celle du texte potentiellement intraduisible. Le jugement de cet expert repose en partie sur les connaissances, intimes, qu’il a de sa propre langue-culture ; il est fondé également sur sa vision théorique de la langue-culture étrangère. Cette vision est non seulement théorique, mais aussi extérieure : elle consiste à faire une projection vers la langue étrangère, qui, comme nous soulignerons plus tard, n’est pas la cible « naturelle » d’une activité traduisante. Il s’ensuit que le regard de cet expert n’est pas équilibré, car la langue cible n’a pas un statut équitable avec celui de la langue source. Par conséquent, la tentation de promouvoir la « supériorité » du texte (source) ou de la langue (source) et d’arguer en faveur d’un intraduisible est grande.

    13Dans notre deuxième cas de figure, le théoricien pur dont la langue-culture maternelle correspond à celle d’une éventuelle traduction se trouve dans la position diamétralement opposée à celle de son collègue essentiellement compétent dans la langue-culture source. Ses connaissances de la langue-culture source ne sont pas intimes, mais acquises. Son expérience de lecture reste extérieure, informée surtout par les repères linguistiques et culturels de sa langue maternelle. C’est ce que souligne J. H. Miller (1996 : 207) lorsqu’il commente l’expérience de lire des textes rédigés dans d’autres langues :

    [a] work is, in a sense, “translated,” that is, displaced, transported, carried across, even when it is read in its original language by someone who belongs to another country and another culture or to another discipline.18

    14Cette analyse est intéressante, car elle met en avant un autre niveau d’extériorité, celui qui caractérise toute lecture en dehors de sa propre discipline. Elle nous rappelle les dangers d’une compétence que l’on croit générale, voire universelle. Enfin, elle nous permet de conclure qu’un jugement en matière d’intraduisible, lorsqu’il émane du théoricien pur, reste prisonnier d’un positionnement qui n’en garantit aucunement la validité.

    15Les deux derniers cas de figure définis pour le théoricien pur concernent celui qui se dit bilingue (ou polyglotte) et celui dont la langue maternelle n’est ni la langue source, ni celle de l’éventuelle traduction. Ce sont les cas les plus extrêmes. Le premier, en principe, bénéficie d’un regard plus équilibré sur les deux langues – à condition, bien entendu, que son bilinguisme soit authentique, et non pas une posture. À condition également qu’il soit bilingue et biculturel, ce qui, dans l’optique de chercheurs comme D. Katan (1999 : 27), ne va pas de soi. Cet expert, bien que privé de l’apport d’une pratique régulière, est manifestement mieux « placé » pour se prononcer sur l’intraduisible que ses collègues monolingues. Enfin, le théoricien pur appartenant à une tierce langue-culture se retrouve dans une position excentrée, qui semble, sinon le disqualifier, du moins autoriser de sérieux doutes sur ses jugements.

    16Ces considérations pourraient donner l’impression qu’un théoricien, dès lors qu’il est également un praticien, est automatiquement qualifié pour se prononcer sur les cas d’intraduisible. Or, cette impression n’est que partiellement vraie. Examinons rapidement un cas de figure optimal, avant de nous pencher sur d’autres situations plus problématiques.

    17Le théoricien-praticien bénéfice à la fois de la richesse de la pratique traduisante et du recul instauré par la réflexion théorique. Le cas de figure optimal est celui du théoricien qui, en tant que praticien, traduit vers sa langue maternelle. Régulièrement confronté à des difficultés imaginables comme inimaginables, il peut compter sur sa riche expérience et sur son savoir-faire. Il sait, de par son expérience, qu’il est possible, au prix d’efforts considérables, de trouver des solutions inédites aux difficultés les plus extrêmes. De notre point de vue, il est plus qualifié que le théoricien-praticien dont la pratique correspond principalement à la traduction vers la langue étrangère. Certes, certains spécialistes militent en faveur de cette pratique traductive : N. Pokorn (2005), par exemple, se donne comme tâche de contester la supériorité du traducteur « traditionnel » qui traduit vers sa langue maternelle. Cependant, comme nous l’expliquons ailleurs (2013), la traduction vers la langue maternelle offre d’importantes garanties, tandis que la traduction vers la langue B reste – sauf dans des cas vraiment exceptionnels – une entreprise hasardeuse. En effet, dans la vaste majorité de cas, les traducteurs possèdent une compétence asymétrique : avoir une connaissance approfondie d’une langue étrangère n’implique pas de savoir traduire parfaitement vers cette langue.

    18Pour résumer, nous avons identifié un cas de figure optimal : celui du théoricien-praticien doté d’une considérable expérience de la traduction vers sa langue maternelle. Il serait cependant exagéré de prétendre que toute personne dans cette situation est qualifiée pour se prononcer sur des cas potentiels d’intraduisible. En effet, la réalité est plus complexe, car, comme le rappelle J.-R. Ladmiral (1995 : 416), tout un chacun peut s’improviser traducteur et promouvoir sa propre conception de la traduction… et de l’intraduisible :

    La traduction, en effet, « ça-va-de-soi ». Tout le monde sait ce que c’est (ou du moins chacun le pense-t-il). Tout le monde a traduit, au moins au collège (et chacun peut, à partir des ruines de ses souvenirs scolaires, se bricoler une « théorie » de la traduction) ; en cela, la traduction n’est qu’un cas particulier des phénomènes de langage, sur lesquels tout le monde a un avis, pour lequel il est prêt à se battre…

    19Il est effectivement utile de rappeler que les écrits traductologiques ont la fâcheuse habitude d’occulter l’inévitable subjectivité du traducteur et de construire leur discours sur une présomption de taille : que le traducteur – et, partant, le théoricien-praticien – est quelqu’un de totalement compétent, qui, par ailleurs, travaille dans de bonnes conditions. Or, tous les traducteurs ne sont pas égaux et les conditions de travail sont variables (Hewson, 2010). Peut-on raisonnablement attendre d’un théoricien-praticien de seconde zone qu’il émette un jugement valable sur ce qui est, et surtout sur ce qui n’est pas, traduisible ? Il faut non seulement répondre ici par la négative, mais aussi admettre que celui-ci, pour peu qu’il ne soit pas un traducteur avisé, risque d’échouer dans sa pratique, là où un traducteur réellement doué pourrait briller, en particulier lorsqu’il faut trouver une solution ingénieuse pour un élément ou une série d’éléments réputés intraduisibles. Il est légitime de se demander, lorsqu’on évoque une quelconque « impossibilité », de quel théoricien-praticien l’on parle, et dans quelles conditions celui-ci travaille.

    20Nous avons évoqué l’idée d’une carte d’identité de l’expert afin de suggérer que rares sont les spécialistes en mesure d’établir à proprement parler la possibilité ou l’impossibilité de traduire. Certes, les informations pertinentes sur les caractéristiques de l’expert nous sont généralement inaccessibles. Mais il faut rester vigilant, et ne pas accepter d’office un jugement qui, en fin de compte, engage l’expert et présuppose une compétence très particulière. Un jugement en matière d’intraduisible devrait toujours donner lieu à une série de questions : intraduisible pour qui, dans quelles circonstances et selon quels critères ? Force est de constater que, dans de nombreux cas, ces questions restent sans réponse.

    3. La carte d’identité du texte cible

    21L’objet de cette section est de démontrer que, bien souvent, une prise de position en matière d’intraduisible repose sur une image présupposée de la traduction-objet. Cette image reste souvent inexplorée, comme s’il allait de soi qu’une traduction devrait ressembler à son texte source. J.-R. Ladmiral (1995 : 417) va plus loin, en soulignant que le critère que l’on applique, sans y réfléchir, est celui de l’identité entre traduction et original : « … ceux qui critiquent une traduction le font en reprochant au traducteur de s’être écarté du texte original : comme si la traduction se trouvait inconsciemment définie en termes d’identité… ». Nous touchons ici à l’un des problèmes fondamentaux de la traduction, que la traductologie, faute de « solution », contourne avec plus ou moins de bonheur. Nous nous référons à la nécessaire non-identité entre source et cible, mise en exergue déjà en 1955 par G. Mounin19. Quelle que soit la façon dont on essaie de rendre compte de cet état de fait, on ne peut pas nier la réalité de la différence, parfaitement décrite par M. de Launay (2006 : 39) :

    Pour user d’une image qui s’appuie sur l’étymologie du terme de traduction, on aurait l’impression que les traducteurs seraient de négligents déménageurs qui abandonneraient au départ un certain nombre d’éléments du mobilier, ou en perdraient au cours du trajet, si bien que la reconstitution de l’intérieur original serait toujours impossible – le client averti ne se reconnaîtrait jamais tout à fait chez lui. La traduction« perdrait »donc une part de ce qui faisait la substance de l’original. Et il est indubitable que, vue sous cet angle à la fois spatial et substantiel, l’opération de traduction semble toujours vouée à l’échec.

    22Il va de soi que les tenants de l’intraduisible en font leurs choux gras. Que ce soit en amont (la traduction à venir) ou en aval (la traduction publiée), la caractéristique fondamentale de la traduction que l’on se plaît à souligner reste sa différence avec l’original. L’échec, dans cette optique, est inévitable.

    23Il ne suffit cependant pas d’adopter une position réaliste et d’accepter le principe de différence, car tout est une question de dosage et de degré. Quels écarts sont permis, et combien d’écarts sont acceptables ? Le traducteur a-t-il le droit d’intervenir sur le plan textuel ? Peut-il agir sur le plan paratextuel ? Enfin, dispose-t-il d’une marge de manœuvre en matière de créativité ? Si la réponse à ces questions est négative, si le traducteur doit se priver d’un certain nombre d’outils, les possibilités qui s’offrent à lui pour faire face à des difficultés sont très réduites, car il ne s’autorisera pas à dépasser les limites étroites des « équivalents établis » dans la langue cible20. L’intraduisible, dans ces conditions, serait l’inévitable résultat de ce positionnement. Si, en revanche, il travaille sans a priori sur ce qui est ou n’est pas acceptable, il s’octroie la possibilité d’aller au-delà d’une traduction standard et d’explorer diverses manières de « rendre » son texte. Quelles sont les possibilités à sa disposition ? Sur le plan textuel, le recours à l’explicitation et à l’addition permet de donner au lecteur cible un accès à des réalités prétendument inaccessibles, car relevant de la culture source21. L’ajout d’un paratexte permet de fournir des explications qui servent à guider le lecteur dans sa lecture, tout en expliquant certaines difficultés traductives. Enfin, une approche créative de la traduction reconfigure le rapport un peu figé entre source et cible, en vue de pallier les limites perçues de la langue-culture cible. Cependant, il reste une question de taille, qu’aucun traductologue ne peut régler une fois pour toutes : celle des limites acceptables. Certaines traductions sont des adaptations larvées, comme nous l’expliquons dans un article paru en 2004. La tentation du « dépassement » (Berman, 1999 : 40) reste grande, et le fait de disposer d’outils textuels et paratextuels n’en garantit en rien un usage rationnel. L’échec de certaines traductions est patent, mais un échec ne constitue en aucun cas une preuve d’intraduisible, comme nous allons tenter d’en faire la démonstration dans la section qui suit.

    4. Le (non-) lieu de l’intraduisible

    24L’objet de cette section est de démontrer qu’il n’existe pas de « lieu » où peut se manifester l’intraduisible. L’argument que nous souhaitons développer est le suivant. Si un théoricien (quel qu’il soit) déclare un texte intraduisible avant sa traduction, il émet un jugement qui n’est autre chose qu’une prédiction d’échec. Autrement dit, pour les raisons qu’il avance (ou qu’il n’avance pas), il annonce une impossibilité à venir. Même si elle est fondée sur une expérience de la traduction, cette prise de position reste éminemment théorique, tout simplement parce qu’elle n’est pas vérifiable dans les faits. Il n’existe pas de trace matérielle de l’échec, qui reste virtuel. L’autre cas de figure possible est celui d’un jugement en matière d’intraduisible qui se fonde sur une traduction publiée. Celle-ci, donc, est condamnée, jugée fautive, non équivalente, un échec matériel et vérifiable par toute personne susceptible d’entreprendre le travail de critique qui s’impose. On peut, certes, critiquer le jugement d’autrui, mais on ne peut enlever à qui que ce soit le droit de se prononcer sur le résultat de l’activité traduisante. Il existe, cependant, un problème de taille, qui décrédibilise largement ce jugement. En effet, la traduction ainsi jugée n’est qu’une traduction, et toute traduction – c’est-à-dire la réécriture en langue cible d’une interprétation, plus ou moins aboutie, d’un texte rédigé en langue source – est susceptible de disparaître au profit d’une nouvelle traduction. Cette dernière sera elle aussi éphémère, car le cycle de retraduction peut être quasiment infini. Dans cette optique, on voit que le texte cible n’est autre chose qu’une version (temporaire), produite à un moment historique par un traducteur (doué peut-être, ou moins doué…), travaillant dans des conditions particulières. En résumé : que l’on se prononce sur un texte source avant sa traduction ou sur un texte cible, un jugement portant sur l’intraduisible ne peut être que ténu, car il porte sur un non-lieu : inexistant dans le premier cas de figure, instable et fuyant dans le second cas de figure.

    Conclusion : au-delà de l’échec programmé

    25Nous souhaitons, en guise de conclusion, relier deux idées énoncées dans les premiers paragraphes de cet article. Nous avons noté dans notre introduction qu’aujourd’hui, tout est traduisible. Nous nous référons à la possibilité qu’a tout un chacun d’utiliser un logiciel de traduction automatique, afin d’obtenir la traduction d’un texte. Cette possibilité renforce, chez le grand public, l’impression que la traduction, toute traduction, est une simple affaire de quelques manœuvres informatiques. Or, il importe en traductologie de trouver une voie médiane entre une vision simpliste (considérant que tout est toujours traduisible et que la traduction ne pose aucun problème) et une vision alarmiste (considérant la menace d’un intraduisible constamment embusqué, minant le travail du traducteur). Traducteurs et traductologues s’accordent à dire que le travail du traducteur n’est jamais simple, qu’il demande toujours un grand investissement intellectuel. Cette prise de position permet de nuancer l’idée selon laquelle tout est « automatiquement » traduisible. Le résultat immédiat fourni par les algorithmes de la traduction automatique induit en erreur, car il cache l’essentiel, à savoir la démarche réflexive qui permet de produire et de comparer des versions différentes du texte cible en devenir. C’est en s’engageant dans une telle démarche que le traducteur peut estimer que tout est potentiellement traduisible, même si le résultat produit dans les conditions qui sont les siennes n’est pas toujours en adéquation avec son attente. Du point de vue du traducteur, l’intraduisible représente une menace inutile. La situation pour le traductologue est un peu différente, et il convient maintenant de revenir brièvement à l’autre idée esquissée en début d’article concernant l’universalité du concept d’intraduisible. Il nous semble, en effet, que la prolifération de synonymes en français est symptomatique d’un intérêt particulier au sein de la traductologie francophone. Il s’ensuit que intraductibilité et intraduisibilité traduisent une notion plus complexe, plus insaisissable peut-être, que untranslatability ou Unübersetzbarkeit. Nous retrouvons ici les différences fondamentales entre langues-cultures, différences qui ne rendent pas la traduction impossible, mais qui constituent l’essence même du travail du traducteur. La traductologie, en effet, a tout intérêt à construire sa réflexion non pas sur des impossibilités théoriques, mais sur des tentatives de solution, certes imparfaites, mais porteuses de l’espoir de combler l’écart entre des réalités linguistiques et culturelles différentes. Nous rejoignons ici la position que D. Bellos, traductologue et traducteur de Perec (notamment), a clairement exprimée dans le titre d’une conférence prononcée le 13 juin 2012 à la Faculté de traduction et d’interprétation de l’Université de Genève : « Georges Perec l’intraduisible – et pourtant traduit »22.

    Bibliographie

    Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA.

    Format

    Balacescu1, I., & Stefanink, B. (2004). Modèles explicatifs de la créativité en traduction. Meta, 48(4), 509-525. https://doi.org/10.7202/008723ar
    Presentation. (2009). In WPA Anthology of French Language Psychiatric Texts (pp. 15-17). John Wiley & Sons, Ltd. https://doi.org/10.1002/9780470986738.ch
    Benjamins Translation Library. John Benjamins Publishing Company. https://doi.org/10.1075/btl
    Détrie, C., Siblot, P., Verine, B., & Steuckardt, A. (Eds.). (2017). Termes et concepts pour l’analyse du discours. Honoré Champion. https://doi.org/10.14375/np.9782745331571
    Baker, M., & Saldanha, G. (Eds.). (2019). Routledge Encyclopedia of Translation Studies. Routledge. https://doi.org/10.4324/9781315678627
    Hewson, L. (2004). L’adaptation larvée : trois cas de figure. Palimpsestes, (16), 105-116. https://doi.org/10.4000/palimpsestes.1596
    Katan, D., & Taibi, M. (2021). Translating Cultures. Routledge. https://doi.org/10.4324/9781003178170
    Ladmiral, J.-R. (2002). Traduire, c’est à dire... Phénoménologies d’un concept pluriel. Meta, 40(3), 409-420. https://doi.org/10.7202/003369ar
    Molina, L., & Hurtado Albir, A. (2004). Translation Techniques Revisited: A Dynamic and Functionalist Approach. Meta, 47(4), 498-512. https://doi.org/10.7202/008033ar
    Mounin, G. (2016). Les belles infidèles. Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.76123
    Pokorn, N. K. (2005). Challenging the Traditional Axioms. John Benjamins Publishing Company. https://doi.org/10.1075/btl.62
    Ricoeur, P. (2016). Sur la traduction. Les Belles Lettres. https://doi.org/10.14375/np.9782251700083
    Shuttleworth, M. (2014). Dictionary of Translation Studies. Routledge. https://doi.org/10.4324/9781315760490
    Balacescu1, Ioana, and Bernd Stefanink. “Modèles Explicatifs De La créativité En Traduction”. Meta 48, nos. 4 (August 6, 2004): 509-25. doi:10.7202/008723ar.
    “Presentation”. In WPA Anthology of French Language Psychiatric Texts, 15-17. John Wiley & Sons, Ltd, 2009. doi:10.1002/9780470986738.ch.
    “Benjamins Translation Library”. []. John Benjamins Publishing Company. doi:10.1075/btl.
    Détrie, Catherine, Paul Siblot, Bertrand Verine, and Agnès Steuckardt, eds. Termes Et Concepts Pour l’analyse Du Discours. []. Honoré Champion, 2017. doi:10.14375/np.9782745331571.
    Baker, Mona, and Gabriela Saldanha, eds. Routledge Encyclopedia of Translation Studies. []. Routledge, 2019. doi:10.4324/9781315678627.
    Hewson, Lance. “L’adaptation larvée : Trois Cas De Figure”. Palimpsestes, nos. 16 (December 1, 2004): 105-16. doi:10.4000/palimpsestes.1596.
    Katan, David, and Mustapha Taibi. Translating Cultures. []. Routledge, 2021. doi:10.4324/9781003178170.
    Ladmiral, Jean-René. “Traduire, c’est à dire. Phénoménologies d’un Concept Pluriel”. Meta 40, nos. 3 (September 30, 2002): 409-20. doi:10.7202/003369ar.
    Molina, Lucía, and Amparo Hurtado Albir. “Translation Techniques Revisited: A Dynamic and Functionalist Approach”. Meta 47, nos. 4 (August 30, 2004): 498-512. doi:10.7202/008033ar.
    Mounin, Georges. “Les Belles infidèles”. []. Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.76123.
    Pokorn, Nike K. “Challenging the Traditional Axioms”. Benjamins Translation Library. John Benjamins Publishing Company, April 26, 2005. doi:10.1075/btl.62.
    Ricoeur, Paul. Sur La Traduction. []. Les Belles Lettres, 2016. doi:10.14375/np.9782251700083.
    Shuttleworth, Mark. Dictionary of Translation Studies. []. Routledge, 2014. doi:10.4324/9781315760490.
    Balacescu1, Ioana, and Bernd Stefanink. “Modèles Explicatifs De La créativité En Traduction”. Meta, vols. 48, nos. 4, Aug. 2004, pp. 509-25. Crossref, https://doi.org/10.7202/008723ar.
    “Presentation”. WPA Anthology of French Language Psychiatric Texts, John Wiley & Sons, Ltd, 2009, pp. 15-17. Crossref, https://doi.org/10.1002/9780470986738.ch.
    Benjamins Translation Library. [], John Benjamins Publishing Company. Crossref, https://doi.org/10.1075/btl.
    Détrie, Catherine, et al., editors. Termes Et Concepts Pour l’analyse Du Discours. [], Honoré Champion, 2017. Crossref, https://doi.org/10.14375/np.9782745331571.
    Baker, Mona, and Gabriela Saldanha, editors. Routledge Encyclopedia of Translation Studies. [], Routledge, 2019. Crossref, https://doi.org/10.4324/9781315678627.
    Hewson, Lance. “L’adaptation larvée : Trois Cas De Figure”. Palimpsestes, nos. 16, Dec. 2004, pp. 105-16. Crossref, https://doi.org/10.4000/palimpsestes.1596.
    Katan, David, and Mustapha Taibi. Translating Cultures. [], Routledge, 2021. Crossref, https://doi.org/10.4324/9781003178170.
    Ladmiral, Jean-René. “Traduire, c’est à dire. Phénoménologies d’un Concept Pluriel”. Meta, vols. 40, nos. 3, Sept. 2002, pp. 409-20. Crossref, https://doi.org/10.7202/003369ar.
    Molina, Lucía, and Amparo Hurtado Albir. “Translation Techniques Revisited: A Dynamic and Functionalist Approach”. Meta, vols. 47, nos. 4, Aug. 2004, pp. 498-12. Crossref, https://doi.org/10.7202/008033ar.
    Mounin, Georges. Les Belles infidèles. [], Presses universitaires du Septentrion, 2016. Crossref, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.76123.
    Pokorn, Nike K. “Challenging the Traditional Axioms”. Benjamins Translation Library, John Benjamins Publishing Company, 26 Apr. 2005. Crossref, https://doi.org/10.1075/btl.62.
    Ricoeur, Paul. Sur La Traduction. [], Les Belles Lettres, 2016. Crossref, https://doi.org/10.14375/np.9782251700083.
    Shuttleworth, Mark. Dictionary of Translation Studies. [], Routledge, 2014. Crossref, https://doi.org/10.4324/9781315760490.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    Bibliographie

    10.7202/008723ar :

    BALACESCU Ioana et STEFANINK Bernd, 2003, « Modèles explicatifs de la créativité en traduction », Meta, vol. 48, n° 4, p. 509-525.

    BERMAN Antoine, 1984, L’épreuve de l’étranger. Culture et traduction dans l’Allemagne romantique, Paris, Gallimard.

    — , 1999, La traduction et la lettre ou l’Auberge du lointain, Paris, Éditions du Seuil.

    10.1002/9780470986738.ch :

    CASSIN Barbara, 2004, « Présentation », in Barbara CASSIN (éd.), Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles, Paris, Éditions du Seuil/Dictionnaires Le Robert.

    CATFORD John C., 1963, A Linguistic Theory of Translation : An Essay in Applied Linguistics, Londres, Oxford University Press.

    10.1075/btl :

    CHESTERMAN Andrew, 1997, Memes of Translation, Amsterdam et Philadelphie, John Benjamins.

    10.14375/NP.9782745331571 :

    DÉTRIE Catherine, SIBLOT Paul et VÉRINE Bertrand, 2001, Termes et concepts pour l’analyse du discours : une approche praxématique, Paris, Honoré Champion Éditeur.

    10.4324/9781315678627 :

    HERMANS Theo, 2009, « Translatability », in Mona BAKER et Gabriela SALDANHA (éds), Routledge Encyclopedia of Translation Studies, Londres et New York, Routledge, p. 300-303.

    10.4000/palimpsestes.1596 :

    HEWSON Lance, 2004, « L’adaptation larvée : trois cas de figure », Palimpsestes 16, p. 105-116.

    — , 2010, « Ethics and choice », in Christine PAGNOULLE (éd.), Sur le fil – traducteurs et éthique, éthiques du traducteur, Liège, Université de Liège, p. 21-30.

    — , 2012a, « Still Life, nature morte : réflexions sur les encyclopédies du traducteur », in Nadia D’AMELIO (éd.), Au cœur de la démarche traductive : débat entre concepts et sujets, Mons, Éditions du CIPA, p. 43-56.

    — , 2012b, « Traduire : les limites de la créativité », in Annick ETTLIN et Fabien PILLET (éds), Les mouvements de la traduction, Genève, MétisPresses, p. 113- 128.

    — , 2013, « Is English as a Lingua Franca Translation’s Defining Moment ? », The Interpreter and Translator Trainer, vol. 7, n° 2, p. 257-277.

    JAKOBSON Roman, [1963] 2003, Essais de linguistique générale, traduit de l’anglais et préfacé par Nicolas RUWET, Paris, Les Éditions de Minuit.

    10.4324/9781003178170 :

    KATAN David, 1999, Translating Cultures, Manchester, St Jerome.

    KUSSMAUL Paul, 2000, Kreatives Übersetzen, Tübingen, Stauffenburg Verlag.

    10.7202/003369ar :

    LADMIRAL Jean-René, 1995, « Traduire, c’est-à-dire… phénoménologies d’un concept pluriel », Meta, vol. 40, n° 3, p. 409-420.

    LAUNAY Marc de, 2006, Qu’est-ce que traduire ?, Paris, Vrin.

    MILLER J. Hillis, 1996, « Border Crossings, Translating Theory : Ruth », in Sanford BUDICK et Wolfgang ISER (éds.), The Translatability of Cultures : Figurations of the space between, Palo Alto, Stanford University Press, p. 207-223.

    10.7202/008033ar :

    MOLINA Lucía et HURTADO ALBIR Amparo, 2002, « Translation Techniques Revisited : A Dynamic and Functionalist Approach », Meta, vol. 47, n° 4, p. 498- 512.

    10.4000/books.septentrion.76123 :

    MOUNIN Georges, [1955] 1994, Les Belles Infidèles, Lille, Presses Universitaires de Lille.

    — , 1963, Les problèmes théoriques de la traduction, Paris, Gallimard.

    PAVLOVIĆ Nataša, 2015, Uvod u teorije prevođenja, Zagreb, Leykam international.

    10.1075/btl.62 :

    POKORN Nike K., 2005, Challenging the Traditional Axioms, Amsterdam et Philadelphia, John Benjamins.

    10.14375/NP.9782251700083 :

    RICŒUR Paul, 2004, Sur la traduction, Paris, Bayard.

    SEGERS Winibert, 1994, « Traduire l’intraduisible. Les termes intraduisible(s), intraductible, intraduisibilité, intraductibilité dans les textes de Jacques Derrida », in Jorge GUILLÉN et Claude SIMON (éds), La traducción de lo inefable, Soria, Diputación Provincial de Soria, p. 45-54.

    10.4324/9781315760490 :

    SHUTTLEWORTH Mark et COWIE Moira, [1997] 1999, Dictionary of Translation Studies, Manchester, St. Jerome Publishing.

    STEINER George, [1975] 1978, Après Babel. Une poétique du dire et de la traduction, traduit par Lucienne LOTRINGER et Pierre-Emmanuel DAUZAT, Paris, Albin Michel.

    WILSS Wolfram, 1982, The Science of Translation, Tübingen, Gunter Narr Verlag.

    Notes de bas de page

    1 Il s’agit de l’édition électronique du Grand Robert, du Larousse et du Trésor de la langue française.

    2 Le premier terme est utilisé par des chercheurs comme Mounin (1963), Berman (1984) ou Ricœur (2004) ; l’étude de W. Segers (1994) analyse quantitativement et qualitativement l’usage de tous ces termes dans les écrits de J. Derrida.

    3 On pourrait éventuellement ajouter à la paire untranslatable et untranslatability le terme utilisé par Coleridge dans sa Biographia Literaria, à savoir untranslatableness. Le terme n’est pas exploité par les traductologues.

    4 Il s’agit ici de la célèbre « hypothèse de Sapir-Whorf ». Selon Sapir : « Les mondes où vivent des sociétés différentes sont des mondes distincts, pas simplement le même monde avec d’autres étiquettes » (traduction citée dans Détrie, Siblot, et Vérine, 2001 : 138).

    5 Selon R. Jakobson : « Toute expérience cognitive peut être rendue et classée dans n’importe quelle langue existante. » ([1963] 2003 : 81).

    6 J. Hillis Miller (1996) s’interroge sur le devenir des théories littéraires (et des théories en général) en traduction. Il note que, lorsqu’une théorie traverse une frontière, elle amène avec elle la culture de son écrivain d’origine [ « its originator »]. Il souligne l’intraduisibilité des mots conceptuels qui forment la base d’une théorie particulière, en citant comme exemple l’allégorie.

    7 Une position analogue est adoptée par Wilss : « [l]inguistic untranslatability occurs when the linguistic form has a function beyond that of conveying factual relationships and is therefore a constituent part of the functional equivalence to be achieved » [l’intraduisibilité linguistique survient lorsque la forme linguistique a une fonction qui dépasse la transmission de liens factuels ; par conséquent, elle fait partie intégrante de l’équivalence fonctionnelle à atteindre] (1982 : 49). Sauf précision contraire, les traductions sont de mon cru.

    8 Catford (1963 : 93) donne l’exemple du russe « ja prišla » [je suis arrivée], marqué pour le genre, par rapport à « I’ve arrived » [je suis arrivé(e)], non-marqué. Comme l’explique le linguiste écossais, dans beaucoup de contextes, l’information additionnelle contenue dans l’expression en russe n’est tout simplement pas pertinente eu égard à la situation de communication.

    9 Balacescu et Stefanink, 2003 : 511.

    10 Cité par Shuttleworth et Cowie ([1997] 1999 : 139-140). La traduction française est de Mathilde Fontanet.

    11 Cet exemple est également évoqué dans l’ouvrage de N. Pavlović (2015 : 39).

    12 Le site Internet de l’Unesco constitue un bon exemple de la manière dont on combine calque et « description » (Molina et Hurtado Albir, 2002 : 510). La page en français a comme titre « Le Sinjska Alka, un tournoi de chevalerie à Sinj », tandis qu’on lit sur la page en anglais « Sinjska Alka, a knights’ tournament in Sinj » [Le Sinjska Alka, un tournoi de chevalerie à Sinj]. Voir respectivement [Online], http://www.unesco.org/ culture/ich/fr/RL/le-sinjska-alka-un-tournoi-de-chevalerie-a-sinj-00357?RL=00357 et http://www.unesco.org/culture/ich/en/RL/sinjska-alka-a-knights-tournament-in-sinj- 00357, dernière consultation le 04.03.2016.

    13 Traduction française de Mathilde Fontanet.

    14 Le livre est désormais dans le domaine public.

    15 Antoine Berman (1984 : 298) écrit : « Le rejet de la traduction traverse toute l’histoire de l’Occident, avec le dogme, jamais explicité, sans cesse réfuté pratiquement, de l’intraduisibilité de la poésie, sans parler de la fameuse « objection préjudicielle » faite à la traduction en général… ».

    16 Pour simplifier la présentation qui suit, nous parlerons désormais uniquement de « texte ».

    17 Le potentiel créatif de l’acte traductif est exploré par de nombreux théoriciens, notamment dans les écrits de P. Kussmaul (on consultera en particulier son ouvrage de 2000). Dans notre article de 2012b, nous nous intéressons aux limites de la créativité dans un contexte de traduction.

    18 (« Pour quelqu’un qui appartient à un autre pays, et à une autre culture ou à une autre discipline, une œuvre est en quelque sorte “traduite”, c’est-à-dire déplacée, transportée, déménagée, même lorsqu’elle est lue dans sa langue d’origine. ») Traduction de Mathilde Fontanet.

    19 Voir la célèbre première phrase de cet ouvrage : « Tous les arguments contre la traduction se résument en un seul : elle n’est pas l’original » ([1955] 1994 : 13).

    20 Selon la définition qu’en donnent Molina et Hurtado Albir (2002 : 510), un équivalent établi est « a term or expression recognized (by dictionaries or language in use) », [un terme ou une expression reconnu(e) (par des dictionnaires ou par l’usage de la langue)].

    21 Dans Hewson 2012b, nous donnons des exemples d’explicitations qui permettent aux spectateurs francophones de comprendre l’importance de la topographie londonienne dans le théâtre de Harold Pinter.

    22 Nous souhaitons remercier Mathilde Fontanet de sa relecture de cet article et de ses propositions d’amélioration.

    Auteur

    • Lance Hewson

      Université de Genève
      Après avoir enseigné à l’Université Paul Valéry de Montpellier et Le Mirail à Toulouse, où il a été nommé professeur en 1998, Lance Hewson rejoint la Suisse en 2002 pour occuper un poste de professeur à la Faculté de traduction et d’interprétation de l’Université de Genève. Outre ses responsabilités au sein de l’Unité d’anglais qu’il dirige depuis 2002, il a assuré deux mandats en tant que doyen de la faculté (2005-2008 ; 2010-2014).
      Responsable de la mention « traductologie » de la maîtrise en traduction, Lance Hewson enseigne la traductologie ainsi que la traduction littéraire et pragmatique. Spécialiste de la critique des traductions, ses dernières recherches portent sur la créativité en traduction, les dangers de l’hybridité en traduction littéraire, les difficultés posées par les realia, l’implicitation et l’explicitation.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    La Négation

    La Négation

    Études linguistiques, pragmatiques et didactiques

    Jan Goes et Mariana Pitar (dir.)

    2015

    Discours et effets de sens

    Discours et effets de sens

    Argumenter, manipuler, traduire

    Carmen Pineira-Tresmontant (dir.)

    2015

    L’enseignement-apprentissage des langues étrangères à l’heure du CECRL

    L’enseignement-apprentissage des langues étrangères à l’heure du CECRL

    Enjeux, motivation, implication

    Denis Vigneron, Déborah Vandewoude et Carmen Pineira-Tresmontant (dir.)

    2015

    Le Verbe

    Le Verbe

    Perspectives linguistiques et didactiques

    Cécile Avezard-Roger et Belinda Lavieu-Gwozdz (dir.)

    2013

    Temps, aspect et classes de mots

    Temps, aspect et classes de mots

    Études théoriques et didactiques

    Eugénia Arjoca-Ieremia, Cécile Avezard-Roger, Jan Goes et al. (dir.)

    2011

    L’Intégration linguistique des migrants

    L’Intégration linguistique des migrants

    Jean-Marc Mangiante (dir.)

    2011

    Le Français sur objectif universitaire

    Le Français sur objectif universitaire

    Entre apports théoriques et pratiques de terrain

    Widiane Bordo, Jan Goes et Jean-Marc Mangiante (dir.)

    2016

    Le langage manipulateur

    Le langage manipulateur

    Pourquoi et comment argumenter ?

    Jan Goes, Jean-Marc Mangiante, Françoise Olmo et al. (dir.)

    2014

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    Sabrina Baldo de Brébisson et Stéphanie Genty (dir.)

    2019

    La phrase : carrefour linguistique et didactique

    La phrase : carrefour linguistique et didactique

    Cécile Avezard-Roger, Céline Corteel, Jan Goes et al. (dir.)

    2019

    Les mots de la Covid-19

    Les mots de la Covid-19

    Étude linguistique d’un corpus français et britannique

    Blandine Pennec

    2021

    Approches linguistiques contemporaines de la traduction

    Approches linguistiques contemporaines de la traduction

    Florence Lautel-Ribstein (dir.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 12
    La Négation

    La Négation

    Études linguistiques, pragmatiques et didactiques

    Jan Goes et Mariana Pitar (dir.)

    2015

    Discours et effets de sens

    Discours et effets de sens

    Argumenter, manipuler, traduire

    Carmen Pineira-Tresmontant (dir.)

    2015

    L’enseignement-apprentissage des langues étrangères à l’heure du CECRL

    L’enseignement-apprentissage des langues étrangères à l’heure du CECRL

    Enjeux, motivation, implication

    Denis Vigneron, Déborah Vandewoude et Carmen Pineira-Tresmontant (dir.)

    2015

    Le Verbe

    Le Verbe

    Perspectives linguistiques et didactiques

    Cécile Avezard-Roger et Belinda Lavieu-Gwozdz (dir.)

    2013

    Temps, aspect et classes de mots

    Temps, aspect et classes de mots

    Études théoriques et didactiques

    Eugénia Arjoca-Ieremia, Cécile Avezard-Roger, Jan Goes et al. (dir.)

    2011

    L’Intégration linguistique des migrants

    L’Intégration linguistique des migrants

    Jean-Marc Mangiante (dir.)

    2011

    Le Français sur objectif universitaire

    Le Français sur objectif universitaire

    Entre apports théoriques et pratiques de terrain

    Widiane Bordo, Jan Goes et Jean-Marc Mangiante (dir.)

    2016

    Le langage manipulateur

    Le langage manipulateur

    Pourquoi et comment argumenter ?

    Jan Goes, Jean-Marc Mangiante, Françoise Olmo et al. (dir.)

    2014

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    Sabrina Baldo de Brébisson et Stéphanie Genty (dir.)

    2019

    La phrase : carrefour linguistique et didactique

    La phrase : carrefour linguistique et didactique

    Cécile Avezard-Roger, Céline Corteel, Jan Goes et al. (dir.)

    2019

    Les mots de la Covid-19

    Les mots de la Covid-19

    Étude linguistique d’un corpus français et britannique

    Blandine Pennec

    2021

    Approches linguistiques contemporaines de la traduction

    Approches linguistiques contemporaines de la traduction

    Florence Lautel-Ribstein (dir.)

    2022

    Voir plus de chapitres

    Entre désir et contrainte

    Lance Hewson

    Voir plus de chapitres

    Entre désir et contrainte

    Lance Hewson

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Fourni par Brepols Publishers

    Acheter

    Édition imprimée

    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Il s’agit de l’édition électronique du Grand Robert, du Larousse et du Trésor de la langue française.

    2 Le premier terme est utilisé par des chercheurs comme Mounin (1963), Berman (1984) ou Ricœur (2004) ; l’étude de W. Segers (1994) analyse quantitativement et qualitativement l’usage de tous ces termes dans les écrits de J. Derrida.

    3 On pourrait éventuellement ajouter à la paire untranslatable et untranslatability le terme utilisé par Coleridge dans sa Biographia Literaria, à savoir untranslatableness. Le terme n’est pas exploité par les traductologues.

    4 Il s’agit ici de la célèbre « hypothèse de Sapir-Whorf ». Selon Sapir : « Les mondes où vivent des sociétés différentes sont des mondes distincts, pas simplement le même monde avec d’autres étiquettes » (traduction citée dans Détrie, Siblot, et Vérine, 2001 : 138).

    5 Selon R. Jakobson : « Toute expérience cognitive peut être rendue et classée dans n’importe quelle langue existante. » ([1963] 2003 : 81).

    6 J. Hillis Miller (1996) s’interroge sur le devenir des théories littéraires (et des théories en général) en traduction. Il note que, lorsqu’une théorie traverse une frontière, elle amène avec elle la culture de son écrivain d’origine [ « its originator »]. Il souligne l’intraduisibilité des mots conceptuels qui forment la base d’une théorie particulière, en citant comme exemple l’allégorie.

    7 Une position analogue est adoptée par Wilss : « [l]inguistic untranslatability occurs when the linguistic form has a function beyond that of conveying factual relationships and is therefore a constituent part of the functional equivalence to be achieved » [l’intraduisibilité linguistique survient lorsque la forme linguistique a une fonction qui dépasse la transmission de liens factuels ; par conséquent, elle fait partie intégrante de l’équivalence fonctionnelle à atteindre] (1982 : 49). Sauf précision contraire, les traductions sont de mon cru.

    8 Catford (1963 : 93) donne l’exemple du russe « ja prišla » [je suis arrivée], marqué pour le genre, par rapport à « I’ve arrived » [je suis arrivé(e)], non-marqué. Comme l’explique le linguiste écossais, dans beaucoup de contextes, l’information additionnelle contenue dans l’expression en russe n’est tout simplement pas pertinente eu égard à la situation de communication.

    9 Balacescu et Stefanink, 2003 : 511.

    10 Cité par Shuttleworth et Cowie ([1997] 1999 : 139-140). La traduction française est de Mathilde Fontanet.

    11 Cet exemple est également évoqué dans l’ouvrage de N. Pavlović (2015 : 39).

    12 Le site Internet de l’Unesco constitue un bon exemple de la manière dont on combine calque et « description » (Molina et Hurtado Albir, 2002 : 510). La page en français a comme titre « Le Sinjska Alka, un tournoi de chevalerie à Sinj », tandis qu’on lit sur la page en anglais « Sinjska Alka, a knights’ tournament in Sinj » [Le Sinjska Alka, un tournoi de chevalerie à Sinj]. Voir respectivement [Online], http://www.unesco.org/ culture/ich/fr/RL/le-sinjska-alka-un-tournoi-de-chevalerie-a-sinj-00357?RL=00357 et http://www.unesco.org/culture/ich/en/RL/sinjska-alka-a-knights-tournament-in-sinj- 00357, dernière consultation le 04.03.2016.

    13 Traduction française de Mathilde Fontanet.

    14 Le livre est désormais dans le domaine public.

    15 Antoine Berman (1984 : 298) écrit : « Le rejet de la traduction traverse toute l’histoire de l’Occident, avec le dogme, jamais explicité, sans cesse réfuté pratiquement, de l’intraduisibilité de la poésie, sans parler de la fameuse « objection préjudicielle » faite à la traduction en général… ».

    16 Pour simplifier la présentation qui suit, nous parlerons désormais uniquement de « texte ».

    17 Le potentiel créatif de l’acte traductif est exploré par de nombreux théoriciens, notamment dans les écrits de P. Kussmaul (on consultera en particulier son ouvrage de 2000). Dans notre article de 2012b, nous nous intéressons aux limites de la créativité dans un contexte de traduction.

    18 (« Pour quelqu’un qui appartient à un autre pays, et à une autre culture ou à une autre discipline, une œuvre est en quelque sorte “traduite”, c’est-à-dire déplacée, transportée, déménagée, même lorsqu’elle est lue dans sa langue d’origine. ») Traduction de Mathilde Fontanet.

    19 Voir la célèbre première phrase de cet ouvrage : « Tous les arguments contre la traduction se résument en un seul : elle n’est pas l’original » ([1955] 1994 : 13).

    20 Selon la définition qu’en donnent Molina et Hurtado Albir (2002 : 510), un équivalent établi est « a term or expression recognized (by dictionaries or language in use) », [un terme ou une expression reconnu(e) (par des dictionnaires ou par l’usage de la langue)].

    21 Dans Hewson 2012b, nous donnons des exemples d’explicitations qui permettent aux spectateurs francophones de comprendre l’importance de la topographie londonienne dans le théâtre de Harold Pinter.

    22 Nous souhaitons remercier Mathilde Fontanet de sa relecture de cet article et de ses propositions d’amélioration.

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    X Facebook Email

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis.

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    L’Intraduisible : les méandres de la traduction

    Vous pouvez suggérer l’acquisition de ce livre numérique à Brepols Publishers en utilisant le formulaire ci-dessous. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Hewson, L. (2019). L’intraduisible : au-delà de l’échec programmé. In S. Baldo de Brébisson & S. Genty (éds.), L’Intraduisible : les méandres de la traduction. Arras: Artois Presses Université. https://doi.org/10.4000/books.apu.19523
    Hewson, Lance. « L’intraduisible : au-delà de l’échec programmé ». In L’Intraduisible : les méandres de la traduction, édité par Sabrina Baldo de Brébisson et Stéphanie Genty. Arras: Artois Presses Université, 2019. doi:10.4000/books.apu.19523.
    Hewson, Lance. « L’intraduisible : au-delà de l’échec programmé ». L’Intraduisible : les méandres de la traduction, édité par Sabrina Baldo de Brébisson et Stéphanie Genty, Artois Presses Université, 2019, https://doi.org/10.4000/books.apu.19523.

    Référence numérique du livre

    Format

    Baldo de Brébisson, S., & Genty, S. (éds.). (2019). L’Intraduisible : les méandres de la traduction. Arras: Artois Presses Université. https://doi.org/10.4000/books.apu.19488
    Baldo de Brébisson, Sabrina, et Stéphanie Genty, éd. L’Intraduisible : les méandres de la traduction. Arras: Artois Presses Université, 2019. doi:10.4000/books.apu.19488.
    Baldo de Brébisson, Sabrina, et Stéphanie Genty, éditeurs. L’Intraduisible : les méandres de la traduction. Artois Presses Université, 2019, https://doi.org/10.4000/books.apu.19488.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Artois Presses Université

    Artois Presses Université

    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://apu.univ-artois.fr

    Email : apu@univ-artois.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement