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    Plan détaillé Texte intégral Le site dans son environnement Les vestiges archéologiques Les activités agricoles Céramique et datation du site Conclusion Bibliographie Auteurs

    Vivre à la campagne au Moyen Âge

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Jons, Les Mures

    Rhône

    Alegria Bouvier et Élise Faure-Boucharlat

    p. 292-300

    Texte intégral Le site dans son environnement Le cadre naturel Le contexte historique et archéologique Les vestiges archéologiques Les fosses de stockage ou silos Les fosses piriformes Les fosses cylindriques ou tronconiques Le comblement des silos Éléments de chronologie relative Les autres types de fosses Les activités agricoles Céramique et datation du site Conclusion Bibliographie Auteurs

    Texte intégral

    1. Le site de Jons, Les Mures, dans son environnement

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    1Le site de Jons, Les Mures, se développe sur une surface de 15 000 m2 qui inclut une zone apparemment stérile de 3 500 m2 (mais celle-ci n’a pas fait l’objet d’une surveillance archéologique continue, lors du décapage). Trente-sept fosses ont été mises au jour, regroupées dans trois secteurs bien distincts. La plupart de ces structures, assez bien conservées, sont interprétées comme des silos médiévaux et témoignent de pratiques agricoles communautaires. Aucune trace de constructions ou de niveaux d’occupation contemporains de leur utilisation n’a été reconnue. Etant donné la surface de l’emprise décapée et la localisation des vestiges mis au jour, on peut considérer que le site a été circonscrit. Le mobilier céramique situe le remplissage, et donc l’abandon des fosses, aux Xe-XIe s., après une durée de fonctionnement relativement brève.

    Le site dans son environnement

    Le cadre naturel

    2Le site se trouve dans la partie nord-est de la plaine de l’est lyonnais, décrite plus haut dans le chapitre 3 qui introduit les monographies consacrées à ce secteur. Il s’étend sur les territoires des communes de Jons et de Villette-d’Anthon, de part et d’autre d’un chemin rural qui matérialise la limite communale et départementale (fig. 1 et 2). A l’époque moderne, une bande de terrain constituée de galets noyés dans du sable, établie parallèlement à cette limite, a servi de cheminement. Celle-ci a été redécouverte lors des décapages archéologiques (fig. 3, zone I).

    2. Topographie de la zone explorée et emprise de la fouille

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    3. Situation des trois zones étudiées et localisation des vestiges

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    3Le secteur dans lequel s’inscrit le site se présente comme une zone déprimée entre les collines radiales de Jons, au nord, et de Pusignan, au sud. Le gisement occupe, sur la bordure ouest de cette zone, un des longs plans inclinés d’est en ouest, découpés en lanières par d’étroits chenaux qui se raccordent vers l’est aux moraines frontales de Grenay. Du fait de cette configuration, le site s’étage sur une faible pente (ouest-est), pour la partie située sur la commune de Jons ; la partie sud, sur la commune de Villette-d’Anthon, se trouve donc en contrebas. L’ensemble domine deux zones marécageuses : au sud, les marais de Charvas et, au nord, les anciens marais traversés par le ruisseau de la Chana. Le substrat d’alluvions fluvio-glaciaires est constitué de galets noyés dans une matrice limono-sableuse, parfois surmontés par du cailloutis, en bordure d’une grande nappe de limons (au nord) traversée par les chenaux précédemment évoqués.

    Le contexte historique et archéologique

    4Le site se trouve dans une zone presque inhabitée actuellement, à 2,5 km du centre "historique" du village de Jons, matérialisé par une ancienne motte castrale (cf. chapitre 3). Cependant, nombre de découvertes attestent l’ancienneté de la fréquentation de ce secteur. Au nord, dans la zone marécageuse, plusieurs sites pré-et protohistoriques ont été repérés et partiellement fouillés sur le tracé du TGV sud-est (vestiges datables du Néolithique final à Jons, Les Mures et Les Paisses, de la Préhistoire et de La Tène finale à Jons, sur Les Paisses, et des périodes du Bronze final IIa et du Hallstatt ancien à Jons, Les Batailles). Sur le gisement qui nous préoccupe ici, deux "foyers" protohistoriques ont été fouillés.

    5Dans la même zone marécageuse, des vestiges d’occupation gallo-romaine ont été reconnus (Jons, Les Batailles). Par ailleurs, à 400 m au sud-est, un gisement gallo-romain a fait l’objet d’une fouille de sauvetage (Villette-d’Anthon, Les Communaux d’Arésieux), tandis qu’à une centaine de mètres au sud-ouest, de nombreux points de découverte attestent l’existence d’un autre site de la même période (Villette-d’Anthon, Les Chapelles).

    6Pour l’époque médiévale, il faut signaler la trouvaille, non localisée précisément, d’un trésor monétaire du Xe s., sur le territoire de la commune de Villette-d’Anthon (Guigue 1866). Toujours à proximité du site, la toponymie témoigne de l’existence d’établissements médiévaux postérieurs aux structures fouillées : à 1,5 km au sud, la grange cistercienne de Charvas est à l’origine du hameau de L’Abbaye et du moulin de Charvas (à l’emplacement de l’actuelle ferme de Charvas), qui figurent sur la carte de Cassini (XVIIIe s.). Cette annexe de l’abbaye de Bonnevaux (maisonmère : Lieudieu en Dauphiné), fondée à la fin du XIIe s., oeuvra pour la mise en valeur des terres situées dans la zone marécageuse, après assèchement et défrichement. A 1,5 km au nord, le toponyme Saint-Georges rappelle l’existence d’une commanderie des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, située en bordure d’un ancien chemin dit de Pommiers. Le site fouillé est proche du carrefour de cette voie avec un autre chemin ancien (de Jonage à Decrozo et Anière).

    Les vestiges archéologiques

    Les fosses de stockage ou silos

    7Les fosses interprétées comme des structures destinées au stockage ou à la conservation des grains constituent l’essentiel des vestiges mis en évidence (20 des 36 structures). Elles se répartissent topographiquement dans trois secteurs séparés les uns des autres par de larges bandes de terrain vierge de tout vestige (fig. 3).

    8A l’intérieur de chacune de ces zones, les structures sont associées par groupes ou batteries (zone I : ensembles 1 et 2, zone II : ensembles 3 et 4 et 5, zone III : ensembles 6 et 7). Outre des fosses ou cuvettes peu profondes (11 ex.), deux types de volumes ont été identifiés : les fosses piriformes aplaties (13 ex.), les fosses cylindriques ou tronconiques (9 ex.). Les fosses piriformes constituent la majeure partie des vestiges mis au jour dans la zone I (fig. 4), tandis qu’elles ne représentent qu’un tiers des structures de la zone II (fig. 5 et 7) et qu’elles sont absentes dans la zone III (fig. 6). Nous présentons ici les caractéristiques de ces trois grandes catégories, tous secteurs confondus.

    4. Plan de détail des groupes de silos de la zone I

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    5. Plans de détail des groupes de silos de la zone II

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    Les fosses piriformes

    9Elles présentent toutes un profil en ampoule, de forme trapue, et un fond lenticulaire. L’épaulement et le goulot sont très marqués. Leurs dimensions sont modestes : le diamètre d’ouverture moyen est de 1 14 m pour un diamètre intérieur moyen de 1,37 m et une profondeur moyenne conservée de 0,65 m. Leur contenance moyenne est de 0,74 m3. L’une de ces fosses (20, ensemble 3) se distingue cependant par une profondeur plus importante (1,10 m) ainsi qu’un profil et un comblement indiquant la réutilisation d’un silo piriforme (fig. 9). Plusieurs fosses comportent les traces d’un aménagement lié à leur utilisation. Il s’agit, dans le cas des silos 5, 6, 14,15 (ensemble 1), 20 et 28 (ensemble 3), d’un dépôt argileux orange tapissant le fond des excavations (fig. 9). Dans le cas de 28. le "capitonnage" comporte un mélange de cendres et d’argile. Ce type d’aménagement du fond des silos correspond sans nul doute à la volonté de créer une isolation supplémentaire assurant une meilleure étanchéité de la structure de stockage. Dans le cas des structures 8 et 18 (ensemble 1), des trous de piquet ont été mis en évidence au fond de la fosse, en son centre (fig. 9) : ils pourraient être destinés au maintien d’un système de couverture ou au calage d’un dispositif d’accès amovible. La fosse 14 (ensemble 1), quant à elle, présente également le négatif d’un poteau fiché, non dans le fond de la fosse, mais dans le tapissage argileux déjà évoqué.

    6. Plans de détail des groupes de silos de la zone III

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    7. Vue d’ensemble de la zone II, ensemble 3, depuis le sud

    Image 10000000000006A500000461CDEC2B91.jpg

    Au premier plan, les fosses 22, 23 et 24

    Les fosses cylindriques ou tronconiques

    10Elles présentent des proportions comparables à celles des silos piriformes décrits ci-dessus (1,20 m de diamètre moyen d’ouverture ; 0,60 m de profondeur moyenne ; 0,65 m3 de contenance moyenne). Elles se distinguent de ces derniers par l’absence de goulot et par leurs parois plus ou moins verticales. Certaines fosses de ce type sont probablement des silos pririformes dont la partie supérieure a disparu. Deux de ces structures (4 et 26, ensemble 3) présentent, à l’instar de certains silos piriformes, un tapissage argileux. La fosse 4 comporte, en outre, un surcreusement central, qui traverse le dépôt isolant (fig. 9). De plan circulaire, de 0,50 m de diamètre, il peut être interprété comme l’emplacement d’un contenant. En effet, les proportions relatives du creusement et de la fosse dans laquelle il est aménagé excluent qu’il ait pu servir à caler une structure.

    8. Vue partielle de la zone I, ensemble 1, depuis l’est

    Image 10000000000006A50000046BABCC04B0.jpg

    Au premier plan, la fosse 14

    9. Différents types de profil de silos et stratigraphie simplifiée de leur comblement

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    Le comblement des silos

    11Les parois des silos sont bien conservées et ne présentent pas de traces d’effondrement qui indiqueraient un délai prolongé entre l’abandon et le comblement. A l’exception de la fosse 20, qui a fait l’objet d’un réaménagement, aucun indice de réutilisation n’a été observé. On peut éventuellement en déduire qu’ils étaient destinés à des stockages à long terme, ne donnant pas lieu à des manipulations répétées.

    12Les stratigraphies de comblement sont peu complexes : il s’agit, dans la majorité des cas, de couches d’abandon homogènes plus ou moins organiques, contenant quelques éléments de mobilier domestique, généralement en faible quantité. Seul, le remplissage de la fosse 5 (ensemble 1) renferme un mobilier relativement abondant. La fosse 19 (ensemble 3) est comblée par des rejets issus de vidanges de foyers : en témoignent les différentes couches très cendreuses comportant de nombreux nodules d’argile cuite, dont certains peuvent être interprétés comme des éléments de parois de fours ou de foyers. En tout état de cause, tous ces types de comblement suggèrent des habitations proches.

    Éléments de chronologie relative

    13Seules 4 fosses, localisées dans la zone II, permettent d’établir une chronologie relative : la fosse 22 coupe la fosse 23, et la fosse 34 coupe la fosse 35. Mais dans les deux cas, on peut supposer que ce recoupement est accidentel : mauvais calcul du diamètre des fosses. D’ailleurs, dans le cas des fosses 34 et 35, une pierre a été disposée de façon à obstruer la communication entre les deux cavités. Cette disposition laisse supposer que ces structures ont été utilisées en même temps ou à intervalle réduit.

    Les autres types de fosses

    • Trois fosses peuvent être interprétées comme des négatifs de support vertical. Il s’agit de deux fosses en cuvette ou tronconiques (26, ensemble 3, et 33, ensemble 4), résultant d’un avant-trou et d’un trou de poteau central. La troisième (3, ensemble 6) est une fosse en cuvette avec recreusement tronconique. Leur destination ne peut être assurée ; il n’est pas exclu que ces quelques négatifs soient en rapport avec des aménagements relatifs aux silos voisins.

    • Certaines fosses, dont la fonction reste indéterminée, se caractérisent par un diamètre à l’ouverture variable (entre 0,50 et 1,50 m), une faible profondeur (entre 0,10 et 0,50 m) et un profil en cuvette. Elles ne possèdent aucun aménagement intérieur et leur comblement n’apporte aucune information. L’une de ces fosses (2, ensemble 4) a été utilisée comme dépotoir domestique, fonction dont témoigne son comblement riche en mobilier, avec, en particulier, la seule forme archéologique complète de pot globulaire à bord en bandeau.

    Les activités agricoles

    14Si les restes de faune sont trop peu nombreux pour être étudiés, fort heureusement, des vestiges de flore renseignent en partie sur la végétation et les cultures pratiquées à Jons (rapport D. Iskandar, Archéolabs réf. ARC 90/R847P). Des prélèvements, effectués dans le comblement des silos 14 (zone I, ensemble 1), 7, 19 et 26 (zone II, ensemble 3), ont fait l’objet d’analyses palynologiques. Seuls les échantillons provenant de la zone II sont suffisamment riches pour être exploités. L’environnement végétal reflété par les pollens serait de type semi-ouvert à ouvert, dans un contexte humide, avec une végétation composée essentiellement de noisetier (Corylus) et d’aulne (Alnus), pour les arborés, et de plantes prairiales (Composées tubuliformes et Graminées, prairie à Cichoriées notamment en 7). La présence de céréales (en 19 et 26) et de témoins de chanvre et/ou de houblon (en 19), peut-être cultivé, atteste des pratiques agricoles. Les pollens de Nymphea (en 19) signalent vraisemblablement une zone humide et calme à proximité du site. Quant au pin (Pinus), il pourrait provenir de zones plus éloignées du site, comme les hauteurs avoisinantes. En outre, les fosses 26 et 19 présentent des spectres polliniques comparables, indiquant peut-être un comblement simultané. Cette observation renforce l’hypothèse d’un fonctionnement et d’un comblement synchrone des silos d’une même zone.

    15Les fosses silos sont généralement considérées comme des structures de stockage de céréales en grain, en milieu confiné, par opposition aux greniers aérés envisagés plutôt comme moyen de séchage et/ou de conservation de céréales en tiges ou de plantes fourragères. La variété de la forme et de la taille des silos mis au jour à Jons laisse envisager plusieurs pratiques :

    • la conservation de denrées différentes dans des types de silos différents, dont certains offraient une meilleure isolation que d’autres ;

    • l’utilisation des silos selon une répartition fonctionnelle qui se traduirait, entre autres, par une conservation à plus ou moins long terme. Les silos sans aménagement auraient contenu la part du grain de consommation courante ; les silos avec tapissage isolant auraient permis de conserver à plus longue échéance (excédents de récolte à des fins diverses). Quant aux fosses qui auraient abrité des récipients, elles auraient servi à stocker de petites quantités (part réservée à la semence ?), dans les meilleures conditions possibles, afin de préserver les propriétés germinatives des grains.

    Céramique et datation du site

    16Le mobilier recueilli est peu abondant, en regard du nombre et de la taille des structures mises au jour : 926 fragments de céramique médiévale pour 35 structures. Ce lot est tout à fait homogène et illustre parfaitement les productions régionales des environs de l’an mil, dites céramiques "à fond marqué", dont les caractéristiques sont maintenant bien connues et publiées. Il est donc inutile de procéder à une description détaillée de cet ensemble dont on notera simplement quelques spécificités.

    17Les fragments de céramique appartiennent exclusivement à des vases de forme fermée, cuits en athmosphère réductrice, dont témoigne la couleur gris sombre des pâtes, fines et bien cuites. Seuls 10 fragments portent les traces d’une réoxydation accidentelle. Il s’agit essentiellement de pots à cuire, sans col, munis de lèvres en bandeau (27 ex.) ou de lèvres évasées (8 ex.), directement rattachées à la panse. Seuls 8 fragments (becs ou anses) appartiennent à des cruches.

    18Les fonds (46 ex.) sont lenticulaires, à l’exception d’un cas douteux. Une arête marque leur liaison avec la panse. Certains de ces fonds (6 ex.) présentent des motifs en relief. Leur caractère fragmentaire ne permet pas de restituer les motifs dans leur intégralité. Ceux-ci représentent surtout des étoiles à branches multiples. Quant aux motifs secondaires, deux sont dits "à la clé".

    19La céramique recueillie à Jons est très proche de celle d’autres sites régionaux bien datés de la deuxième moitié du Xe et du XIe s. : la motte castrale de Décines-Charpieu, Rhône, datée de la fin du Xe s. et du début du XIe s., l’habitat de Charavines Colletière, qui appartient au premier tiers du XIe s., comme Le Châtelard de Chirens, Isère, occupé à la fin du XIe s. L’analyse comparée de la céramique issue de ces trois sites a permis de discerner des critères de chronologie relative. Parmi ceux-ci, la proportion relative des deux principaux types de lèvres montre que les rebords en bandeaux sont majoritaires sur les sites les plus anciens et sont progressivement supplantés par les lèvres éversées. Au regard de cet argument, le lot de Jons, avec une majorité de lèvres en bandeau, pourrait se rapprocher des sites considérés de peu antérieurs à l’an mil. Mais la faiblesse de l’échantillon fragilise cette hypothèse.

    Conclusion

    20Aucun témoin de bâtiment n’a été mis en évidence sur toute la surface explorée. Le site apparaît donc comme une zone d’activités spécialisées, réservée au stockage et à la conservation de produits agricoles. Le nombre de silos et leur regroupement en batteries suggèrent, en outre, des équipements à vocation collective. En cela, le site de Jons se rapproche de celui des Balmes à Rillieux-la-Pape, Rhône, qui, il est vrai, comporte d’autres types d’aménagement (fours, puits...).

    21Se pose, là aussi, la question de l’articulation de cette "aire agricole" avec le ou les habitats auxquels elle se rapporte. Les trois aires d’ensilage reconnues à Jons sont séparées par de larges espaces ; il serait donc plausible de situer des bâtiments dans ces espaces, à condition d’admettre que toute trace ait disparu ou que les constructions, particulièrement légères, n’aient pas nécessité de supports ancrés dans le sol (technique pourtant la plus répandue au Moyen Âge dans la région concernée), ni connu des soubassements à solins de pierre (dont quelques exemples sont attestés pour la même période). On a vu, à propos de Rillieux-la-Pape, que l’hypothèse d’aires de traitement des récoltes, situées à quelque distance des habitats proprement dits pouvait raisonnablement être envisagée [cf. monographie correspondante).

    22En tout état de cause, les vestiges de Jons reflètent quelques aspects des pratiques agricoles d’une communauté qui se traduisent, dans la topographie, par la dévolution d’espaces à des fonctions spécialisées. En l’occurrence, seules sont représentées, ou plus exactement décelées par l’archéologie, les structures de stockage et de conservation des récoltes en silos enterrés. Comme celles de Rillieux-la-Pape et de Meyzieu, cette aire agricole de plein air, aux confins des espaces cultivés, pourrait se situer en marge d’un habitat. Ces trois sites ont également en commun la relative brièveté de leur occupation, à la charnière des Xe et XIe s.

    Bibliographie

    Documentation

    Rapport Bouvier, Thollon-Pommerol 1990 : BOUVIER (Α.), THOLLON-POMMEROL (C.). — Archéologie préventive sur le tracé du TGV Rhône-Alpes. Rapport n° 1 : le site protohistorique et médiéval des Mures et des Chapelles à Villette-d’Anthon (Isère). Lyon : DRAC, DAH, Rhône-Alpes, SNCF, 1990, 25 p., 43 pl.

    Rapport Bouvier, Thollon-Pommerol 1990 : BOUVIER (A), THOLLON-POMMEROL (C.) — Rapport de prospections et de sondages sur le tracé du TGV sud-est de Jons à Diémoz. Lyon : DRAC, DAH Rhône-Alpes, SNCF, 1990.

    Auteurs

    • Alegria Bouvier
    • Élise Faure-Boucharlat
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    Table des matières

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    Alegria Bouvier

    Simandres, La Plaine

    Rhône

    Alegria Bouvier, Frédérique Blaizot, Élise Faure-Boucharlat et al.

    Communay, Charvas

    Rhône

    Alegria Bouvier, Élise Faure-Boucharlat et Vianney Forest

    Reyrieux, le bourg, l’école

    Ain

    Élise Faure-Boucharlat, Charles Caclin, Dominique Caclin et al.

    Trévoux, Prés de Corcelles

    Ain

    Élise Faure-Boucharlat, Charles Caclin, Jean-Claude Béal et al.

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    Rhône

    Alegria Bouvier et Élise Faure-Boucharlat

    Lyon, Vaise, Gorge de Loup (zone nord)

    Élise Faure-Boucharlat, Jacqueline Chastel et Franck Thiériot

    Lyon, Vaise, Gorge de Loup (zone sud)

    Élise Faure-Boucharlat, Jacqueline Chastel et Éric Plassot

    Avant-propos

    Élise Faure-Boucharlat

    Propos liminaire

    Élise Faure-Boucharlat

    Lugdunum christianum. Que sont tes monuments devenus ?

    Élise Faure-Boucharlat

    Préface

    Élise Faure-Boucharlat et Anne Pariente

    Chapitre 3. Le peuplement du Velin

    Archéologie et autres sources

    Alegria Bouvier

    Simandres, La Plaine

    Rhône

    Alegria Bouvier, Frédérique Blaizot, Élise Faure-Boucharlat et al.

    Communay, Charvas

    Rhône

    Alegria Bouvier, Élise Faure-Boucharlat et Vianney Forest

    Reyrieux, le bourg, l’école

    Ain

    Élise Faure-Boucharlat, Charles Caclin, Dominique Caclin et al.

    Trévoux, Prés de Corcelles

    Ain

    Élise Faure-Boucharlat, Charles Caclin, Jean-Claude Béal et al.

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    Ce livre est cité par

    • Guicheteau, Antoine. Marchaisseau, Vincent. (2021) La genèse du village. DOI: 10.4000/books.artehis.25629
    • Watteaux, Magali. (2003) À propos de la « naissance du village au moyen âge » : la fin d’un paradigme ?. Études rurales, 167-168. DOI: 10.4000/etudesrurales.8034
    • Poirier, Nicolas. (2024) Contribution of the Microhistorical Approach to Landscape and Settlement Archaeology: Some French Examples. Open Archaeology, 10. DOI: 10.1515/opar-2022-0351
    • Belmont, Alain. Duriez, Mathilde. Horry, Alban. Penon, Séverine. Schang, Pierre-Lou. (2023) Des meuniers aux charbonniers. Archéologie médiévale, 53. DOI: 10.4000/13jei
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    • Guicheteau, Antoine. Ahü-Delor, Anne. Beaudet, Alexandre. Brun, Céline. Bugnon, Anne-Lise. Cambou, David. Coubray, Sylvie. Daoulas, Geneviève. Delencre, Florent. Gouérou, Gaétan. Jaccottey, Luc. Sordoillet, Dominique. Thirion-Merle, Valérie. (2023) Les ateliers de potiers du haut Moyen Âge du 8 rue Georges Brusson à Sevrey (Saône-et-Loire). Revue archéologique de l’Est, Tome 72. DOI: 10.4000/vnx4
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    • Liegard, Sophie. Fourvel, Alain. (2010) L'établissement rural des ixe-xe siècles des “ Jeanrais ” à Saint-Prix (Allier). Revue archéologique du Centre de la France, Tome 49. DOI: 10.4000/jfrf
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    • Poirier, Nicolas. (2010) La dynamique du peuplement et des espaces agraires médiévaux en Berry : propositions pour une évaluation de l’opportunisme des sociétés anciennes. Archéologie médiévale, 40. DOI: 10.4000/archeomed.13503
    • Nüsslein, Antonin. Flotté, Pascal. Higelin, Mathias. Roth-Zehner, Muriel. (2020) Hameaux et villages paysans de la période romaine en plaine d’Alsace. Gallia, 77. DOI: 10.4000/gallia.5197
    • Peytremann, Édith. (2006) L’habitat déserté de Gungling à Grosbliederstroff (Moselle), ixe-début xvie siècle. Archéologie médiévale, 36. DOI: 10.4000/archeomed.47900
    • Burnouf, Joëlle. Arribet-Deroin, Danielle. Desachy, Bruno. Journot, Florence. Nissen-Jaubert, Anne. (2012) Manuel d'archéologie médiévale et moderne. DOI: 10.3917/arco.burno.2012.01.0369
    • Chevassu, Valentin. (2021) La genèse du village. DOI: 10.4000/books.artehis.25679
    • Viader, Roland. (2026) Les forges villageoises dans les coutumes de Languedoc et de Gascogne ( XII e - XV e siècle). Histoire & Sociétés Rurales, n° 65. DOI: 10.3917/hsr.065.0007

    Ce chapitre est cité par

    • Gabayet, Franck. Gauthier, Fabrice. Horry, Alban. Rodet-Belarbi, Isabelle. Gaime, Sébastien. (2005) Un établissement agricole du xiiie siècle à Beaumont, lieu-dit La Mouraude (Puy-de-Dôme). Archéologie médiévale, 35. DOI: 10.4000/archeomed.48091

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    Bouvier, A., & Faure-Boucharlat, Élise. (2001). Jons, Les Mures. In Élise Faure-Boucharlat (éd.), Vivre à la campagne au Moyen Âge. Lyon: Alpara. https://doi.org/10.4000/books.alpara.2023
    Bouvier, Alegria, et Élise Faure-Boucharlat. « Jons, Les Mures ». In Vivre à la campagne au Moyen Âge, édité par Élise Faure-Boucharlat. Lyon: Alpara, 2001. doi:10.4000/books.alpara.2023.
    Bouvier, Alegria, et Élise Faure-Boucharlat. « Jons, Les Mures ». Vivre à la campagne au Moyen Âge, édité par Élise Faure-Boucharlat, Alpara, 2001, https://doi.org/10.4000/books.alpara.2023.

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    Faure-Boucharlat, Élise (éd.). (2001). Vivre à la campagne au Moyen Âge. Lyon: Alpara. https://doi.org/10.4000/books.alpara.1978
    Faure-Boucharlat, Élise, éd. Vivre à la campagne au Moyen Âge. Lyon: Alpara, 2001. doi:10.4000/books.alpara.1978.
    Faure-Boucharlat, Élise, éditeur. Vivre à la campagne au Moyen Âge. Alpara, 2001, https://doi.org/10.4000/books.alpara.1978.
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